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Tribune du Ramadan : Les quatre grands compagnons du Prophète de l'humanité

I - ABOU BAKR

3- Ses missions et responsabilités spécifiques
En l'an IX de l’Hégire, Abou Bakr reçut du Prophète, l'ordre de conduire la caravane officielle des premiers pèlerins à La Mecque afin, d’une part, de les initier aux modalités d’accomplissement du cinquième et dernier pilier de l’Islam et, d’autre part, de préparer le grand et ultime voyage du Chef suprême de la Communauté musulmane en ce lieu saint de l’Islam, l’année suivante. Un jour, le Messager de Dieu tomba malade. Il désigna alors Abou Bakr pour diriger la prière à la Mosquée, à sa place. D'aucuns perçurent cette désignation comme le signe précurseur du rôle qu'il allait jouer à la suite de la disparition de l'Envoyé d'Allah qui avait dit, par ailleurs : « Celui qui guide les autres dans la prière, doit être le plus savant d’entre eux ». S'y ajoutèrent deux autres signaux forts, verbal et factuel :

- Lorsque l’état de santé du Prophète commença à se dégrader, il dit : « Abou Bakr fait partie de ceux à qui je fais confiance, eu égard aussi bien à la manière dont il m'a accompagné qu’à la mise de son argent au service du Messager d’Allah. Si j'avais à trouver un ami intime autre que mon Maître, c'est Abou Bakr que j’aurais pris comme tel. Cependant, la fraternité et l'affection fondées sur l'Islam suffisent. Fermez-moi toutes les portes des demeures qui donnent à l’intérieur de la Mosquée, hormis celle d’Abou Bakr ».

- Une femme vint trouver le Prophète malade pour lui soumettre un problème personnel. Il l’invita à revenir une autre fois. En des termes allusifs, elle lui exprima sa crainte de ne plus le retrouver. Ayant bien saisi le sens de son propos, il lui demanda de s’adresser, le cas échéant, à Abou Bakr. Le Messager avait une profonde estime pour son fidèle et sincère compagnon. Il lui témoignait une grande confiance, en le consultant en toute chose.

4- Son accession au califat
Peu après le décès du Prophète, les deux groupes de fidèles que furent, d’une part, les Mouhâjirounes (les immigrés de la Mecque) et, d’autre part, les Ansârs (les autochtones, à savoir les Médinois), tinrent une assemblée générale au hangar des Banou Sâ’ida, en vue de l'élection d'un premier Calife de l’Islam. Les Ansârs considéraient que la direction de la Communauté ne pouvait pas être l'apanage des Qourayches et que le califat devait leur revenir en raison du soutien décisif qu'ils apportèrent au Messager, citant notamment le refuge qu'ils lui accordèrent et les moyens humains, matériels et financiers qu’ils mirent à sa disposition. Aussi Abou Bakr leur rappela-t-il la parole du Noble Prophète : « Les Imams sont issus des Qourayches ». En d’autres termes, le pouvoir suprême est réservé aux membres de la coalition tribale qui dirige La Mecque depuis des temps immémoriaux. Les participants à l'assemblée, comprenant les plus éminents Compagnons de l’Envoyé de Dieu, connus pour leur piété et leur loyauté à son égard, n'hésitèrent pas à adhérer à l’argument d'Abou Bakr, eu égard au respect et à la considération qu'ils vouaient à ce plus proche collaborateur du Prophète ainsi qu’à leur souci de maintenir l'unité et la cohésion de la Communauté. En conséquence, les musulmans s’empressèrent de lui faire allégeance.

A cet égard, il convient de souligner la déception qui régna au sein du clan des Banou Haschim qui nourrissait l'espoir de voir Ali ibn Abi Talib assurer le califat, du fait notamment de sa proche parenté avec le Prophète. Par ailleurs, Fatima, la fille du Messager, épouse d'Ali, eut un différend avec Abou Bakr, au sujet de l'héritage de son père. En effet, elle requit de lui, sa part de l’oasis de Fadak et le reliquat du cinquième du butin de l’expédition de Khaybar. Abou Bakr lui répondit, en citant ce dire de son illustre père : « Nous (les Prophètes), nous ne laissons aucun bien en héritage. Tout ce que nous laissons est aumône ». Il ajouta : « La famille de Mouhammad ne consomme que des biens qui lui reviennent (de droit). Au Nom d'Allah. Je ne délaisserai jamais une pratique admise par le Prophète. Je m’y conformerai par crainte de m’égarer si je m’en éloigne ! ».

Cette réponse fut mal accueillie par Fatima qui évita tout contact avec lui durant les six mois qui lui restèrent à vivre. A la suite de son décès, son mari l'enterra nuitamment sans aviser le Calife. Sa disparition créa un vide autour d'Ali qui éprouva le désir de retrouver Abou Bakr qui jouissait de la confiance de la quasi-totalité des Compagnons. Il l'invita alors chez lui, sous réserve qu'il s’y rendît seul. Abou Bakr accepta en dépit de l'opinion défavorable d'Omar ibn al-Khattab. Dès son arrivée, Ali lui tînt un discours certes court mais franc dans lequel : - il reconnaît le mérite de son interlocuteur, digne de la confiance de tous, - il lui reproche de ne pas l'avoir préalablement consulté, - il explique qu’il estimait à tort ou à raison que sa proche parenté avec le Messager lui conférait un droit de préséance. Abou Bakr pleura avant de lui dire : « Je donne la priorité aux proches parents du Messager d'Allah sur mes propres parents. Toutefois, s'agissant du malentendu qui m'a opposé à vous, à propos des biens laissés par le Prophète, je ne les gère que comme il le faisait ». Sur la base de ces considérations, Ali lui donna rendez-vous à la Mosquée, à l'occasion de la première prière de l'après-midi. Après avoir dirigé celle-ci, le Calife monta sur la chaire pour lui rendre hommage et faire part de ses explications concernant le délai enregistré dans son ralliement. Ali élucida ensuite les raisons de son attitude et prêta serment d'allégeance à Abou Bakr. Cet acte suscita une joie immense au sein des musulmans et accrut fortement la popularité d'Ali. A cet égard, il convient de noter qu’il ne s’est jamais ouvertement opposé au nouveau Calife et assistait régulièrement à la prière en commun sous sa direction.

Par Docteur Khadim MBACKÉ de l’Ifan

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