banner home page1

Pour vos insertions, contactez la Régie publicitaire de la SSPP Le Soleil

Procès de l’Imam Ndao et co-accusés : L’acquittement de Matar Diokhané demandé par son avocat

30 Mai 2018
583 times

Malgré la lourdeur de la peine requise contre Matar Diokhané, l’avocat de celui-ci se dit serein. Ayant fait sa plaidoirie, hier, Me Alassane Cissé a informé qu’il n’a vu « aucun élément à charge démontré pour condamner Matar Diokhané à la perpétuité ». Le conseil de la défense n’a aucun doute sur l’acquittement très probable de son client.

Me Alassane Cissé, avocat de Matar Diokhané, ne peut pas concevoir que son client soit considéré comme le sergent recruteur des présumés terroristes qui ont effectué le voyage au Nigéria.

Devant la barre, il s’est attelé, pendant sa plaidoirie, à démonter le réquisitoire du représentant du ministère public. Celui-ci a requis les travaux forcés à perpétuité contre M. Diokhané pour les délits d’actes de terrorisme en relation avec une entreprise terroriste, de financement du terrorisme et d’apologie du terrorisme. Malgré la lourdeur de la peine demandée et les nombreuses infractions retenues par le procureur, Me Cissé se dit serein car il ne voit « aucun élément à charge démontré pour condamner Matar Diokhané à la perpétuité ».

« M. le président, je pense que votre juridiction n’aura aucune difficulté à l’acquitter », dit-il, avant de demander au juge de bien motiver la décision qu’il va prendre. Selon lui, l’infraction d’actes de terrorisme ne peut être retenue contre son client. A ses yeux, cela constitue « une défaillance du dossier » car Matar Diokhané, pendant tout son parcours, du Sénégal au Nigéria en passant par la Mauritanie où il a eu à séjourner, « n’est complice à un quelconque acte terroriste ». « Le terrorisme suppose un élément matériel dont l’existence doit être démontrée. Aucun acte n’a été imputé à Matar Diokhané. Son intention de commettre un acte est absent dans ce dossier », clame Me Cissé. Selon lui, un acte terroriste doit avoir un théâtre d’opération. Ce qui, à son avis, n’est pas le cas dans ce dossier.

Au-delà de son client Matar Diokhané, Me Alassane Cissé a demandé au juge d’acquitter tous les accusés de ce délit d’actes de terrorisme en relation avec une entreprise terroriste. « Rien n’a été établi. Si les actes ne peuvent être situés ni dans le temps ni dans l’espace, comment une juridiction peut-elle entrer en voie de condamnation ? », se demande Me Cissé. Celui-ci d’ajouter que depuis l’ouverture de ce procès, aucune victime des actes de terrorisme pour lesquels les accusés sont poursuivis n’a été trouvée.

« Précipitation »
Concernant le délit d’apologie du terrorisme, l’avocat de la défense a estimé qu’il n’a pas sa raison d’être parce qu’il «n’est pas constitué en ce qui concerne Matar Diokhané ». Le seul tort que son client aurait commis est d’avoir connu Abu Hamza Ndiaye qui avait menacé le président de la République, Macky Sall, à travers un message posté sur sa page Facebook. « Personne n’a jamais entendu Matar Diokhané faire l’apologie du terrorisme. Il n’a jamais tenu un discours intimidant à l’encontre de qui que ce soit », précise l’avocat qui indique ensuite que le délit d’apologie du terrorisme a été pris avec « précipitation » dans cette affaire pour être appliqué à tous les accusés.

Me Alassane Cissé fait remarquer que le délit de financement du terrorisme retenu contre son client par le procureur « n’est pas avéré ». Matar Diokhané, qui avait négocié le retour des « combattants » sénégalais avec le chef de Boko Haram, Aboubakr Shekau, avait reçu 6 millions de nairas de celui-ci pour les frais de transport des présumés djihadistes. Dans son réquisitoire, le procureur a soutenu que cet argent de Shekau était destiné à financer le projet d’installation d’un camp djihadiste au Sénégal. Un argument « trop léger », d’après Me Cissé, qui soutient que cette « somme dérisoire, qui ne permet même pas au groupe des Sénégalais de sortir du Nigéria », ne peut pas financer l’implantation d’une cellule djihadiste au Sénégal. « Si on finançait le terrorisme avec cette somme dérisoire, il ne réussirait pas au Sénégal », réplique l’avocat.

Aliou Ngamby NDIAYE

Rate this item
(0 votes)


AVERTISSEMENT

La SSPP « Le Soleil » met en garde et interdit formellement aux responsables et gestionnaires de sites d’informations, établis au Sénégal ou ailleurs, de poster les articles publiés sur le portail Internet du « Soleil », à l’adresse www.lesoleil.sn. La SSPP « Le Soleil » ne tolérera aucune entorse à cette interdiction. Seule est permise la publication de liens directs pour rediriger l’internaute vers l’adresse www.lesoleil.sn

PARTENARIATS

Les gestionnaires de sites qui le souhaitent peuvent adresser une demande de partenariat avec la SSPP « Le Soleil » qui en définira les modalités et fixera les conditions d’utilisation des articles, photos, logos de son portail Internet. En cas de manquements, la SSPP « Le Soleil » se réserve le droit d’engager immédiatement des poursuites judiciaires envers les contrevenants, pour violation du respect des droits d’auteurs.