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Migrations mixtes : Pour une gestion concertée des flux en Afrique de l’Ouest

02 Jui 2018
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Les migrants et les réfugiés quittent leurs pays pour des motifs variés et complexes. Ces différentes composantes de la notion des migrations mixtes illustrent la richesse de celle-ci. Et l'un de ses principaux intérêts est de fournir des outils conceptuels pour une meilleure compréhension du caractère complexe, changeant et multiple de la migration. La Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) s’attelle, avec ses partenaires, à développer une approche commune pour une meilleure gestion du phénomène.

Bien comprendre la notion de migration mixte pour mieux prendre en compte les préoccupations des voyageurs et en tirer le meilleur profit. Tout en veillant à leur protection ! C’est ce qui a motivé la tenue d’une rencontre internationale organisée par la Commission de la Cedeao, avec le soutien de l’Organisation internationale des migrations (Oim) et du programme Fmm, qui entend ainsi former des experts nationaux sur le concept des migrations mixtes. Les participants seront ensuite utilisés comme une ressource pour faciliter les formations et renforcer la coordination sur les migrations mixtes dans la région. La rencontre vise, selon les initiateurs, à « sensibiliser et à améliorer la coordination régionale sur les migrations mixtes à travers des actions spécifiques », en particulier l’encadrement des fonctionnaires sur le manuel et le kit de formation sur les migrations mixtes ou encore, la création d’un groupe de travail régional du Dialogue sur la migration en Afrique de l’Ouest sur les migrations (Midwa). Sur le premier point, les participants seront sélectionnés parmi les principales agences nationales des États membres de la Cedeao et de la Mauritanie en charge de l’aide humanitaire, de la protection et/ou des droits des migrants. Des agences identifiées en fonction de leur mandat et de leur expérience ou de leur rôle potentiel dans la gestion des flux migratoires mixtes. Après la formation des formateurs, les experts nationaux constitueront un groupe régional afin de renforcer la coordination, l’harmonisation des méthodologies et la sensibilisation aux flux migratoires mixtes. A la charge du groupe d’approuver les termes de référence, d’élaborer une base de référence sur la situation actuelle dans chaque pays, d’en déduire les défis communs afin d’élaborer un plan d’actions de deux ans pour le groupe et soutenir l’élaboration d’une stratégie régionale.

Une approche globale pour gérer le phénomène
« Les migrations mixtes constituent une notion complexe dont une meilleure compréhension permettra l’adoption et la mise en œuvre de mécanismes cohérents et adaptés pour la protection des migrants et des réfugiés », a expliqué la directrice adjointe du bureau régional de l’Oim pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, Sophie Nonnenmacher. Elle a félicité la Cedeao qui s’attelle à mettre en place les ressources régionales afin d’améliorer la coordination régionale sur le phénomène en Afrique de l’Ouest. Ainsi, l’atteinte de ces résultats permettrait, selon elle, « d’accroître l’expertise disponible au sein de la Cedeao et en Mauritanie, mais également d’avoir une meilleure maîtrise des tendances migratoires complexes, une évaluation des besoins en termes d’assistance et de protection afin de pouvoir fournir un soutien adéquat aux migrants vulnérables ». Patrice Desbonnes, conseillère en migration à la Délégation de l’Union européenne, a, pour sa part, souligné que la migration est quelque chose de transversale et que « vu l’importance du flux migratoire actuellement sur le continent africain, la mixité de ces migrations est assez importante en fonction des pays ». « Puisqu’il y a des pays qui ont des problèmes de sécurité liés à l’économie, à l’insécurité, à l’instabilité politique, mais aussi des problèmes environnementaux. » D’où la nécessité de coordonner les actions pour prendre en compte les raisons qui poussent les gens à migrer. Une approche commune à laquelle appelle également Erika De Bona Fofana, spécialiste en gestion des migrations à l’Oim. Pour lui, le cadre général de la politique régionale sur les migrations est dérivé de l’approche commune de la Cedeao de 2008 et qui a pour finalité de s’attaquer à des problèmes spécifiques afin de donner une direction aux Etats membres, pour une harmonisation et une coordination des interventions. Et ainsi de pouvoir continuer ensemble sur cette intégration régionale et la gestion de cette migration au sein de la région..

Lanfia Diane, coordonnateur du processus d’élaboration de la politique nationale des migrations
«Les migrations présentent plusieurs avantages»S’ils sont bien exploités, les flux de personnes à travers le monde présentent plusieurs avantages, selon Lanfia Diané, coordonnateur du processus d’élaboration de la politique nationale des migrations du Sénégal. Pour lui, ces avantages sont multiformes et prennent en compte plusieurs aspects de la vie. « Si vous regardez ces dix dernières années, de 2008 à 2017, on a en moyenne par an 930 milliards de FCfa en transferts. Ce qui n’est pas négligeable si l’on sait l’impact de ces transferts sur le bien-être des ménages bénéficiaires », a dit M. Diané. Il a plaidé pour qu’une partie des transferts soit orientée davantage vers l’investissement productif pour contribuer à la création d’emplois, donc à la lutte contre le chômage, de manière générale.

Egalement, il a souligné la dimension transfert de connaissances « parce que les migrants, qui sont dans la diaspora, peuvent participer, à distance ou à leur retour définitif, au renforcement du capital humain national ou local ». Ce qui lui fait dire que la migration est importante à plus d’un titre et cela a poussé l’Etat du Sénégal à élaborer une politique nationale migratoire « pour permettre d’apporter des réponses cohérentes et durables à la problématique de plus en plus complexe ». Il a renseigné que de 1960 à 2018, le Sénégal n’avait pas de politique nationale de migration. Alors que l’importance d’une telle trouvaille, c’est de « donner une vision commune à l’ensemble des acteurs, avec des orientations stratégiques consensuelles qui vont permettre d’être plus efficaces et de ne pas cautionner les redondances et les inefficacités ».

C’est ainsi que, selon lui, les pouvoirs publics ont élaboré une politique nationale qui a été actée par un comité de pilotage et le processus de validation politique est en cours. Il a alors estimé que les migrations sont un phénomène qui est au cœur des préoccupations de toutes les nations, qu’elles soient des pays d’origine ou de départ, des pays de transit ou encore un pays de destination ou d’accueil.

Ousseynou POUYE

 

Last modified on samedi, 02 juin 2018 12:52
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