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Enfants déficients intellectuels : Appel à l’Etat pour une école plus adaptée

03 Juil 2018
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Manque de moyens, d’outils adaptés, d’encadreurs spécialisés, etc. Les handicaps sont nombreux au Centre Aminata Mbaye où la prise en charge des enfants déficients intellectuels est un sérieux problème dont la solution nécessite l’intervention de l’Etat.

La Journée Aminata Mbaye, organisée par le centre éponyme en charge des enfants déficients intellectuels, a rompu, cette année, avec les activités festives. Les responsables de l’établissement, réunis dans le cadre de l’Association sénégalaises de protection des enfants déficients mentaux (Asedeme) à l’origine de la création du centre, ont profité, cette fois-ci, de l’événement pour se pencher sur les difficultés qu’il rencontre dans la prise en charge des pensionnaires. Selon M. Moustapha Bâ, président de l’Asedeme, l’idée de son association est née du constat que les enfants déficients intellectuels étaient exclus du système scolaire sénégalais, alors que la Constitution leur garantit le droit à l’éducation.

C’est ainsi qu’ils ont créé l’Asedeme en 1998 et ouvert le Centre Aminata Mbaye en 2003. Aujourd’hui, même si 130 enfants déficients viennent y suivre des enseignements adaptés, l’établissement rencontre tout de même des difficultés réelles. « Nous ne recevons pas de subvention de l’Etat. Il a seulement mis deux instituteurs à notre disposition. C’est faible comme soutien. Rien que les charges salariales nous coûtent six millions de FCfa par mois. C’est pourquoi nous sommes obligés de faire payer les enfants qui le peuvent. Ceux qui n’ont pas les moyens, leurs cas sont étudiés par un comité social et ils ne paient rien », informe Moustapha Bâ. Ce manque de moyens fait que le Centre Aminata Mbaye ne peut pas satisfaire tous les demandeurs.  « La preuve est que nous avons, l’année dernière, refusé 40 enfants. Aujourd’hui, ces enfants ont besoin d’orthophonistes parce qu’ils ont un trouble du langage. Présentement, nous avons un seul orthophoniste pour 130 enfants. Nous avons besoin d’un psychomotricien, mais nous n’en avons pas. Nous faisons avec les moyens du bord pour améliorer leur mobilité », renseigne-t-il. Même si l’Asedeme organise régulièrement un tournoi de golf qui lui permet de couvrir le tiers de ses charges, le soutien de l’Etat est de plus en plus demandé. Selon Aziz Dia, responsable pédagogique du Centre Aminata Mbaye, un autre problème porte sur le manque de documents adaptés aux enfants déficients. « Nous sommes obligés de créer les supports. Le marché ne tient pas compte de la situation de ces enfants. Nous demandons aux autorités compétentes de nous venir en aide », dit-il.

Premier directeur du Centre Aminata Mbaye, Claude Sarr estime qu’il ne faut pas occulter le problème des formateurs. « Les éducateurs qui sont ici ne sont pas formés pour la prise en charge de ce type d’enfants. Il faut aussi vulgariser ce que la loi a prévu pour ces enfants en mettant à la disposition du centre un personnel qualifié et des moyens adéquats. Sans le soutien de l’Etat, c’est compliqué », fait-il savoir. En attendant, le Centre Aminata Mbaye fonctionne avec les moyens du bord. Actuellement, ils sont près de 15 pensionnaires à avoir un contrat à durée déterminée (Cdd) ou un contrat à durée indéterminée (Cdi) dans des entreprises qui les forment et les recrutent dans le cadre de la Responsabilité sociale d’entreprise (Rse).

Oumar FEDIOR

DROIT DE REPONSE
L'Asedeme, par la voix de son président et du bureau, tient à faire usage de son droit de réponse suite à l'article du Soleil d'Oumar Fedior paru lors de la Journée Aminata Mbaye du 30 Juin 2018 organisée au Centre Aminata Mbaye de Dakar.

Le Président et le Bureau de l'Association Sénégalaise pour la protection des Enfants Déficients Mentaux (ASEDEME) ont pris connaissance avec une vive surprise du reportage d'Oumar Fédior, paru récemment à la suite de la Journée Aminata Mbaye et de la conférence du Dr Seck, le 30 juin dernier, sur les troubles du langage dont il ne parle d'ailleurs même pas. Ils s'insurgent contre l'incompréhension du journaliste et regrettent que son article ne leur ait pas été soumis auparavant. Le journaliste a notamment cru bon interviewer l'ancien directeur du Centre Aminata Mbaye, parti à la retraite en 2014, et bien évidemment plus au fait de la gestion du Centre et des avancées significatives obtenues depuis. Il aurait pu interroger la coordinatrice adjointe du Centre, présente à cette conférence.

L'Asedeme tient à souligner qu'elle se réjouit évidemment de l'intérêt que le Président de la République et son gouvernement ont manifesté d'une manière significative à son égard. Faut-il rappeler le décret du 20 décembre 2017 reconnaissant l'association d'utilité publique? Est-il nécessaire d'évoquer les discussions actuelles au ministère de la Fonction publique ? Faut-il encore rappeler les déclarations du Président de la République à propos du versement des droits d'auteur de son dernier livre à l'Asedeme, évènement que Le Soleil a pourtant bien fait écho dans son édition du 26 mai.

Mamadou Moustapha BA
Président Association
Sénégalaise pour la protection
des Enfants Déficients Mentaux (ASEDEME)

25 juillet 2018


PRECISIONS
Notre rédaction juge nécessaire de vous faire un certain nombre de précisions. Présent sur place bien avant le démarrage du programme, notre reporter a pris la peine de rencontrer le président de l’association (M. Moustapha Bâ) avant même le début de la conférence parce qu’il devait s’absenter pour aller à la levée du corps d’un de ses amis décédé le même jour. L’entretien a permis à notre reporter de se faire une idée des quelques difficultés que rencontrait le centre et que le président de l’association a bien pu lui lister. Le choix de l’angle de traitement étant laissé à l’appréciation du reporter, il a jugé pertinent d’orienter son article sur les problèmes que rencontrait le centre, notamment dans la prise en charge de ses pensionnaires.

C’est ainsi qu’il a souhaité rencontrer le responsable pédagogique (Aziz Dia) que le président lui-même a bien voulu lui présenter. S’en est suivi un entretien dans le bureau de M. Dia. Et pour remonter l’histoire du centre, le reporter a jugé intéressant d’interroger son premier directeur et non moins membre fondateur pour avoir son avis sur l’évolution de l’établissement. Par ailleurs, vous avez déploré le fait que l’article ne vous ait pas été soumis avant publication. La rédaction tient à vous préciser que jamais un article n’a été envoyé avant publication, à moins qu’il s’agisse d’un publi-reportage. Aussi, nous tenons à vous préciser que, marqué par les efforts des responsables du centre et de la noblesse de la cause, notre reporter avait même émis l’idée d’y retourner pour un reportage plus large sur le centre et les difficultés de prise en charge des enfants déficients intellectuels. Une initiative que vous aviez d’ailleurs bien saluée. La rédaction vous dit toute sa désolation de lire une telle réponse.

La rédaction

Last modified on mercredi, 25 juillet 2018 10:02
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