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Collectif des sinistrés de Ouest-Foire : Pour l’application des recommandations de l’Ige

24 Juil 2018
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Collectif des sinistrés de Ouest-Foire : Pour l’application des recommandations de l’Ige Photo d'archives

Il y a de cela 12 ans, l’Etat du Sénégal décidait de démolir 171 maisons situées à Ouest-Foire, sur la bande verte. Les autorités d’alors avaient expliqué la mesure par la proximité des habitations avec l’aéroport Léopold Sédar Senghor aujourd’hui fermé. Les propriétaires des maisons démolies estiment devoir être rétablis dans leurs droits comme le recommande l’Inspection générale d’Etat (Ige).

«L’argument qui avait motivé les démolitions n’existe plus. Aujourd’hui, avec l’aéroport qui est délocalisé à 50 kilomètres, la servitude aéroportuaire devient caduque», indique le communiqué du collectif des sinistrés d’Ouest-Foire. Réunis en assemblée générale samedi dernier, ils ont tiré la sonnette d’alarme. Selon eux, au moment où ils sont en train de mener le combat, le site, qui abritait leurs maisons démolies, est en train d’être viabilisé avec des niches déjà installées. Le collectif des sinistrés fait savoir, dans un mémorandum qu’un « promoteur immobilier a déjà viabilisé des terrains et a commencé à vendre les parcelles. Nous détenons des preuves sur l’existence d’un plan d’aménagement de la zone qui comporte 1090 parcelles, alors que nous n’en réclamons que 171 ».

Loin de verser dans la querelle, le collectif des sinistrés d’Ouest-Foire ne réclame qu’une seule chose : « Que l’on nous rétablisse dans nos droits, comme le stipule le rapport de l’Inspection générale d’Etat (Ige). Selon le mémorandum, en 2004, le président Abdoulaye Wade avait instruit l’Ige d’enquêter sur l’affaire et donner des recommandations.

Manque d’infrastructures de base
Les conclusions sont consignées dans le rapport N°10/2006 remis au président Wade qui avait instruit son Premier ministre d’alors, Macky Sall, de rétablir les victimes dans leurs droits. Mais, 12 ans après le dépôt du rapport, rien n’a été fait malgré les nombreuses démarches que nous avons menées », lit-on dans le mémorandum.

Tout en se réjouissant du rétablissement des résidents de la Cité Tobago dans leurs droits, Tidiane Diop, président du collectif des résidents d’Ouest-Foire, réclame le même traitement pour son groupe dont les membres réclament, eux aussi, leurs parcelles suite au morcellement en cours sur le site. Avec plus de 54 cités, construites sur plus de 176 hectares, Ouest-Foire est une zone qui manque de certaines structures de base comme un marché, un hôpital, des écoles, etc. «Aucune des maisons n’a des papiers dignes de ce nom. Parce que c’était une zone de cultures appartenant à la communauté « léboue » et régie par la loi coutumière. C’est sur cette base que les gens vendaient les terrains », fait savoir Tidiane Diop.

Selon lui, c’est le gouverneur de Dakar qui, au début des années 2000, délivrait des permis d’occuper sur la base de certificats administratifs que les « Lébous », dépositaires du droit coutumier, émettaient pour faire valoir les transactions. C’est comme ça qu’on a acheté nos terrains. On nous avait promis un plan d’aménagement, mais depuis plus d’un an nous l’attendons. Nous avons eu des informations selon lesquelles d’autres maisons seront démolies à Ouest-Foire.  Nous souhaitons que ceux dont les maisons seront détruites ne soient relogés sur la bande verte. Parce que celà va augmenter le nombre de sinistrés », alerte-t-il.

Oumar FEDIOR

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