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Société et Faits divers (3254)

La Fédération « Pencum Ndakaru », en partenariat avec Child Fund, a célébré, hier, la Journée de l’enfant africain. Une occasion pour les nombreux enfants venus de la région de Dakar de rendre hommage aux milliers de jeunes élèves sud-africains noirs tués pour avoir exigé le respect de leurs droits.

Le mois de  juin de chaque année est célébré, en souvenir des centaines de jeunes garçons et filles sud-africains noirs qui ont été tués et blessés au cours de deux semaines de protestation pour réclamer leurs droits. C’est dans ce cadre que la Fédération « Pencum Ndakaru », en partenariat avec Child Fund, a célébré, hier, la Journée de l’enfant africain. Le thème retenu pour cette année : « La participation des enfants : que les enfants soient vus et entendus ». Ont participé à cette manifestation  près de 800 enfants venus de la région de Dakar. Ces jeunes, arborant des tee-shirts blancs, ont condamné, à travers des pancartes, l’exploitation des enfants, les abus, le non-respect de leurs droits. Aussi, ont-t-ils plaidé la protection des enfants, le retrait de ces derniers de la rue, mais surtout le respect de leurs droits, conformément au principe fondamental de la Convention relative aux droits de l’enfant et de la Charte africaine des droits et du bien-être que la Sénégal a ratifiées. Selon la présidente de l’association 1347, partenaire locale de Child Fund et membre de la Fédération « Pencum Ndakaru », Ngoné Sarr, cette activité entre dans le cadre de la promotion des droits des enfants. « La Fédération Pencum Ndakaru, à travers ses associations, veut être un leader en matière de protection de l’enfant. C’est dans ce cadre qu’elle a organisé plusieurs activités qui ont trait à la promotion et à la protection des droits, notamment la protection des droits de l’enfant dont elle a fait son cheval de bataille », a indiqué N. Sarr qui a préconisé la sensibilisation. Parlant au nom  du club jeune de l’association 1347, Oumou Kalssom Diop a relevé l’intérêt de cette journée. Non sans inviter les parents à respecter leurs droits. « Nous sommes l’avenir de demain. C’est pourquoi nos parents doivent nous aider à protéger nos droits et les faire valoir », a laissé entendre ce jeune leader de 16 ans qui s’est réjoui de la réussite de l’événement. La cérémonie s’est déroulée en présence du Diaraf de Ouakam, des associations et groupements de femmes de la localité. Suffisant pour le secrétaire général des délégués de quartiers de Ouakam, Mamadou Kane, de dire toute sa satisfaction. Toutefois, il a recommandé aux jeunes de s’approprier les valeurs des anciens.

Tata SANE

Le président du Syndicat des pharmaciens privés du Sénégal a soutenu que le phénomène des médicaments de la rue n’est pas en passe de disparaître dans notre pays. Pire, la cité religieuse de Touba et Keur Serigne Bi, dans la capitale, restent des hauts lieux de ce trafic illicite qui met en péril la santé des populations.

Le phénomène des médicaments de la rue continue de hanter l’esprit des autorités sanitaires du Sénégal. Alors qu’on croyait  la pratique circonscrite avec le démantèlement de Keur Serigne Bi et les opérations coup de poing menées dans la cité religieuse de Touba, les trafiquants semblent reprendre du poil de la bête. Du moins, tel est le sentiment exprimé par les professionnels du secteur de la distribution des médicaments réunis, vendredi dernier, dans la capitale du Saloum. Venu prêter mains fortes à ses camarades de Kaolack, le Dr Assane Diop, président du Syndicat national des pharmaciens privés du Sénégal, est plutôt sceptique. «  Le trafic des médicaments de la rue demeure plus que jamais préoccupant et pose un sérieux problème de santé publique. Des études ont montré qu’à Touba, la majorité des cas de consultation sont notés en néphrologie et le lien serait établi avec l’usage de médicaments  de la rue qui foisonnent dans cette cité religieuse ainsi qu’à Keur Serigne Bi, à Dakar », a-t-il fustigé, en marge d’une conférence publique initiée par la section régionale du Syndicat unique des travailleurs de la santé du Sénégal (Sutsas). Dans la foulée, le technicien a pointé du doigt certains hauts lieux de ce trafic. « A Touba , on compte près de 300 dépôts contre une quarantaine d’officines. Des pharmaciens, qui avaient ouvert leur officine, ont été obligés de les fermer et se retrouvent au chômage  à cause  de la prolifération des médicaments de la rue. A Keur Serigne Bi, après la descente des services de sécurité, il y a eu une courte période d’accalmie. Mais, par la suite, le trafic a fonctionné en plein régime. Seul le modus operandi a changé. Ces deux pôles concentrent  l’essentiel de ce trafic illicite de médicaments pour lequel on a l’impression que l’Etat s’est résigné  »,  a poursuivi le Dr Dop.
Pour rappel, cette conférence publique fait partie intégrante du plan d’actions du Sutsas dans la région de Kaolack.

Elimane FALL  

 

Dans le cadre de la 28ème édition de la Journée de l’enfant africain (Jea), l’Ong Education et développement de l’enfant (Eden) a organisé la 16ème édition du festival des clubs d’éducation aux droits de l’enfant (clubs Eden), qui a planché sur le thème « Aucun enfant laissé pour compte pour le développement de l’Afrique ».

Comme chaque année, le festival des clubs Eden, marquant la clôture de leurs activités scolaires, coïncide avec la célébration de la Journée de l’enfant africain (Jea). Le thème de cette année s’appuie sur l’élan créé par celui de la Jea de l’année 2017 intitulé « L’agenda 2030 pour le développement durable des enfants en Afrique : accélérer la protection, l’autonomisation et l’égalité des chances ». Ainsi, le thème de cette année met-il l’accent sur la nécessité d’intégrer les droits de l’enfant dans tous les programmes de développement (agenda 2030) mis en œuvre par les Etats membres.

Chargé de programmes à Eden, Massamba Mbaye a rappelé qu’au Sénégal, les pouvoirs publics se sont dotés, en 2014, d’un document de politique  économique et sociale dénommé Plan Sénégal émergent (Pse) qui vise l’émergence à l’horizon 2035. Il a précisé que ce  référentiel accorde une place importante à l’amélioration des conditions d’existence des groupes vulnérables (dont les enfants) dans un contexte mondial marqué par une crise socioéconomique qui exerce un impact négatif sur leur bien-être. « Forts de toutes ces considérations, les acteurs œuvrant en faveur de l’enfance mettent à profit la célébration de la Jea pour susciter le dialogue entre les différents intervenants du secteur pour accélérer la protection, l’autonomisation et l’égalité de leurs chances au Sénégal  d’ici à 2030», a-t-il déclaré.

Le festival des clubs Eden est l’occasion pour les enfants de présenter toutes leurs réalisations dans le domaine de la promotion de leurs droits à la déclaration à l’état civil, l’accès à une éducation de qualité inclusive et équitable, la protection contre les violences, abus et négligences à travers des sketchs, poèmes, expositions, chorégraphies, etc. Bref, ils ont interpellé les autorités, sensibilisé les communautés ainsi que leurs camarades sur les objectifs de développement durables. Leur engagement vise à donner aux individus les moyens de vivre une vie saine en promouvant le bien-être de tous les âges, en veillant à ce que tous puissent suivre une éducation de qualité dans des conditions d’équité, en développant les opportunités d’apprentissage tout au long de la vie, en réalisant l’égalité des sexes et en autonomisant  toutes les femmes et les filles.

Abdou DIOP

Le Programme alimentaire mondial (Pam) préconise l’autonomisation des femmes pour l’atteinte de l’Objectif de développement durable (Odd) 2, qui consiste à arriver à une faim zéro à l’horizon 2030.

La directrice adjointe pour la région Afrique de l’Ouest Onu-Femmes, Mme Oulimata Sarr, est d’avis que les Objectifs de développement durable (Odd) ne peuvent être atteints à l’horizon 2030 sans l’implication des femmes. Intervenant, hier, à l’occasion d’une conférence organisée par le Programme alimentaire mondial (Pam) sur le « genre, les marchés et les données », Mme Sarr milite en faveur de l’autonomisation économique des femmes pour atteindre les Odd. Les femmes, si elles sont autonomes, peuvent nourrir toute la famille grâce à la production et à la commercialisation des produits. Cependant, pour aider cette couche vulnérable, il est nécessaire de les appuyer dans le domaine de l’agriculture. Les femmes ont besoin d’avoir accès à la terre, aux semences de qualité, aux engrais, aux financements, aux infrastructures et aux marchés. Tous ces facteurs réunis peuvent les aider à développer une agriculture résiliente aux changements climatiques. « Si on aide les femmes à avoir des terres, des financements et à trouver des marchés, l’atteinte de l’Odd 5, qui parle d’égalité des genres et de l’autonomisation des femmes, est largement à notre portée », a souligné Mme Sarr. Le renforcement de la prise de décision et de résilience des femmes pourra aider, à son avis, à l’atteinte de l’Odd, 2 qui consiste à arriver à une faim zéro à l’horizon 2030. « L’égalité entre les sexes est le reflet d’une économie intelligente, mais pour la concevoir, nous devons comprendre les obstacles qui nous empêchent de l’atteindre », a déclaré Abdou Dieng, directeur régional du Pam pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre.

Ces obstacles, renseigne-t-il, sont, entre autres, l’accès aux terres et la sécurité foncière des femmes, l’accès aux activités à valeur ajoutée et aux marchés. En Afrique, certaines lois coutumières empêchent les femmes d’hériter de la terre de leurs parents ou de leurs maris. Pourtant, dans la région du Sahel, les femmes représentent 75% de la main-d’œuvre agricole. Malheureusement, elles gagnent 19% de moins que les hommes. Elles sont moins productives car n’ayant pas accès aux facteurs de production. Selon les données du Pam, la discrimination à l’égard des femmes concernant l’accès au foncier et aux intrants entraînent des pertes de 120 milliards de dollars par an en Afrique de l’Ouest. C’est pourquoi, à l’occasion de cette conférence, les acteurs du secteur humanitaire, du développement, les chercheurs ont réfléchi sur comment mettre en place des politiques et programmes en faveur des hommes, des femmes, des garçons et des filles qui ont un fort potentiel pour la sécurité alimentaire. D’ailleurs, pour aider ces femmes à avoir accès aux marchés, le Pam invite les différents acteurs à investir massivement dans l’innovation. Toutefois, O. Sarr rappelle qu’il y a nécessité d’avoir une approche intégrée et de s’attaquer rapidement aux lois et normes qui entravent l’autonomisation des femmes.

Aliou Ngamby NDIAYE

 

«La décision de la Cour de la Cedeao ne remet nullement en cause l’autorité de la chose jugée»

«La décision de la Cour de Justice de la Cedeao, rendue le 29 juin 2019, ne concerne pas le fond de l'affaire et ne remet nullement en cause l'autorité de la chose jugée qui s'attache aux décisions rendues par le Tribunal de Grande instance hors classe de Dakar le 02 février 2018 sur les exceptions et le 30 mars 2018 sur le fond ainsi que celles prononcées par la Chambre d'accusation et la Cour suprême», a déclaré, hier, le gouvernement du Sénégal. Cette sortie fait suite à l’arrêt rendu  le 29 juin 2018, par la Cour de Justice de la Cedeao dans l'affaire opposant Khalifa Ababacar Sall et 05 autres à la République du Sénégal.

 Dans le communiqué publié, le gouvernement précise également que «la décision de la cour ne remet absolument pas en cause la détention en cours de Khalifa Ababcar Sall, pas plus que les faits relatifs à sa condamnation à une peine ferme de 5 ans pour délits de faux et usage de faux en écriture de commerce, de faux et usage de faux dans les documents administratifs et d’escroquerie portant sur des deniers publics pour la somme d’un milliard huit cent trente-mille de FCfa». En outre, a indiqué le gouvernement, «la cour a débouté Khalifa Sall et les 5 requérants de leurs demandes de cessation des poursuites et de libération immédiate ».

Le gouvernement rappelle que «dans leur requête en date du 05 janvier 2018, Khalifa Ababacar Sall et les 5 requérants ont sollicité de la cour notamment : ordonner la cessation immédiate des illégalités et des poursuites initiées à l’encontre du requérant, en joindre à l’Etat du Sénégal de procéder à la libération immédiate de Monsieur Khalifa Sall». Selon le gouvernement, en réponse, la Cour de Justice de la Cedeao n’a pas accédé à ces demandes et a décidé de débouter les requérants du surplus de leurs prétentions. En conséquence, a précisé le gouvernement, la décision rendue le 29 juin 2018 ne concerne pas le fond de l’affaire. Dans un communiqué, les avocats de Khalifa Sall ont indiqué que leur client a gagné son procès contre l'État du Sénégal devant la Cour de justice de la Cedeao. Cette cour a été saisie pour contester la régularité des procédures judiciaires ayant abouti à la condamnation de leur client à 5 ans de prison. Selon les avocats, la cour a considéré que «le droit à l'assistance d'un conseil, le droit à la présomption d'innocence et le droit à un procès équitable des requérants ont été violés» et, à cet effet, a condamné l’Etat du Sénégal « à payer 35 millions de FCfa à titre de réparation ».

Babacar DIONE

 

En prenant prétexte de l’année sociale décrétée par le Président Macky Sall, l’ambassade d’Israël vient d’octroyer une soixantaine de chaises roulantes aux hôpitaux sénégalais. Accueillant des enfants à mobilité réduite, le Centre Talibou Dabo a reçu une bonne partie de ce don.

Les pensionnaires du Centre Talibou Dabo de Grand-Yoff étaient en liesse, hier matin, quand ils recevaient un important lot de chaises roulantes de la part de l’ambassade d’Israël au Sénégal. En tout, c’est une soixantaine de voiturettes à ventiler dans plusieurs établissements hospitaliers du pays. Mais, la part belle est réservée au Centre Talibou Dabou qui a reçu 48 chaises roulantes. « La chaise de l’espoir ou « Wheelchair of hop » vous libère doublement. Elle offre la mobilité de la petite enfance, facilite l’intégration sociale et ouvre les portes d’une meilleure éducation. En donnant accès à l’éducation, nous créons une nouvelle génération consciente, compétente et confiante », a expliqué Mme Shir Gideon, chef de mission adjoint de l’ambassade d’Israël au Sénégal.  La représentation diplomatique israélienne à Dakar met cette action sociale dans le cadre de la célébration des 70 ans d’existence de son Etat. « Par ce geste, nous renforçons les relations entre nos deux peuples et la vision de nos gouvernants. Le Sénégal a déclaré 2018, année sociale, et l’ambassade d’Israël au Sénégal l’a placée année de l’enfance, de la santé et de l’éducation », a ajouté Mme Gideon. Le directeur du Centre Talibou Dabo, Mademba Sow, s’est réjoui de ce geste, estimant que « c’est un don qui vient à son heure ». Car, selon lui, leur principal problème porte sur la mobilité. « Nous hébergeons des enfants à mobilité réduite. Forcément, il y a lieu de les appareiller au même titre que les personnes valides. Ils ont besoin de bouger, d’aller en classe et de faire des visites à domicile », a indiqué M. Sow. Quant au directeur national des Etablissements de santé, Dr Mor Diaw, venu représenter le ministre de la Santé et de l’Action sociale, il a salué « le partenariat fécond » qui existe entre le Sénégal et l’Etat d’Israël. Un partenariat basé sur des relations diplomatiques solides, un échange d’expériences dans les domaines économique, social, agricole et médical. Se prononçant sur le don, il a estimé que celui-ci entre dans le sillage tracé par le Président Macky Sall qui a décrété 2018, année sociale. En plus des chaises roulantes, l’ambassade d’Israël a offert des bourses d’études à deux étudiantes de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, apporté son soutien à deux orphelinats et centres d’accueil pour enfants et jeunes filles en détresse et envoyé une dizaine d’enfants sénégalais atteints de cardiomyopathie à Tel-Aviv pour y subir l’opération à cœur ouvert.

Maguette NDONG

 

L’universitaire français Jean François Bayart était, hier, à l’Institut fondamental d’Afrique noire (Ifan) de l’Université Cheikh Anta Diop (Ucad) où il a défendu qu’il n’y a jamais eu de guerre de religions en Afrique. Ce qu’il y a, a-t-il soutenu, ce sont des mouvements armés d’orientation religieuse.

De nombreuses crises en Afrique sont présentées comme des guerres de religions. « Ce n’est pas vrai », a fait savoir, « formel », le politologue Jean François Bayart qui animait, hier, à l’Institut fondamental d’Afrique noire de l’Université Cheikh Anta Diop (Ifan Ucad) une conférence sur le thème « Religion et violence ». Devant ses collègues de l’Ucad et un parterre d’étudiants, l’universitaire français a soutenu que les conflits enregistrés, ces dernières années, sur le continent, n’ont pas eu pour raison première « les logiques intrinsèques » de la foi. « Donc, pas de guerre de religions. C’est clair. En revanche, ce que nous avons en Afrique, ce sont des mouvements armés d’orientation religieuse qui ont, sur certains endroits, occasionné des milliers de morts », a-t-il dit.

Tout part, à son avis, de la conquête du pouvoir et de son contrôle par une minorité. « Je veux simplement dire que les conflits ont avant tout des connotations politiques. Ce sont des guerres de positionnement, des guerres politiques ayant pour objet le contrôle de l’Etat et l’accumulation que permettrait la maîtrise du pouvoir. » M. Bayart de citer les graves crises notées dans certains pays du continent : Rwanda, Ouganda, Rdc, Congo-Brazzaville, Cameroun, Centrafrique, Tchad, Nigéria, Côte d’Ivoire, Libéria, Sierra Léone, Guinée-Bissau, Sahara occidental, Ethiopie, Libye. « Dans tous ces pays, ce n’est jamais la religion qui a été le fait déclencheur. Mais toujours une logique de conquête du pouvoir et de le préserver », a-t-il analysé.

Par exemple, la guerre de sécession du Sud-Soudan, a dit Bayart, ne s’est jamais réduite à un affrontement entre musulmans du Nord et non musulmans du Sud. De même,  a-t-il ajouté, la dissidence casamançaise a été d’abord régionaliste, quelle qu’ait été la part des catholiques en son sein tout comme celle du Nord du Mali ou du Niger. Revenant sur le thème de la conférence, Jean François Bayart a rappelé que c’est justement parce ce que le fait religieux est inséré dans les autres logiques de la société  qu’il se trouve  mis en relation avec la pratique de la violence. « La violence est d’abord le fait de l’homme avant même toute adhésion à une doctrine religieuse », a expliqué Jean François Bayart qui a, toutefois, relevé que des entrepreneurs n’ont pas hésité à actionner des religieux pour prendre possession des ressources.

«Jihad, simple avatar de la guerre»

« Cela a été observé dans plusieurs pays subsaharienne. » Toujours dans cette même logique, Bayart dont l’historicité est au cœur de sa réflexion, a battu en brèche l’idée selon laquelle le Jihad est le prototype de la « guerre religieuse ». « Ce sont des idées reçues, des stéréotypes. C’est comme quand j’entends des gens dire que l’islam est une religion de violence. Non, ce n’est pas juste. L’islam n’a pas le monopole de la violence. Le christianisme colonial a, lui aussi, été iconoclaste en détruisant des objets religieux, comme ce que l’on a vu récemment à Tombouctou », a recadré le conférencier pour qui « le Jihad n’est rien d’autre qu’un simple avatar » du phénomène politique et social de la guerre. Lui, qui est souvent défini comme « penseur de la complexité », ou « l’intellectuel spécifique », ne comprend pas, par contre, que des individus se servent de la religion pour commettre des actes de violence. « Cela est regrettable et inacceptable », a-t-il dénoncé. Et avant de conclure, Bayart a tenu à relever deux éléments qui aident à comprendre son discours : la laïcité à la sénégalaise et le discours politique universel du fondateur du mouridisme. Sans renier l’apport de la colonisation, a fait remarquer Bayart, la laïcité telle que vécue au Sénégal est une réponse à l’historicité propre  des sociétés politiques sénégambiennes. Et Cheikh Ahmadou Bamba, a-t-il résumé, a été bien inspiré en menant un combat non violent contre l’envahisseur. « Bamba n’a pas fait recours à la violence, à des armes, alors qu’il était persécuté. Et pourtant, tout le monde peut aujourd’hui mesurer la portée universelle de son combat », a souligné, visiblement séduit, Jean François Bayart qui a aussi partagé une conviction : « la première violence en Afrique, c’est la violence de l’Etat ; la violence sous toutes ses formes ».

 

«Les sciences sociales, c’est le berceau de la démocratie»
En France, au Sénégal et un peu partout à travers le monde, un discours dominant tente de reléguer les sciences sociales au second plan, en mettant en avant les mathématiques et les sciences de l’ingénierie. Ce qui, naturellement, inquiète le politologue et spécialiste de la sociologie historique comparée de l’Etat, Jean François Bayart, qui a dit et répété que les sciences sociales sont indispensables à la démocratie. « Elles sont le berceau de la démocratie parce qu’elles permettent à nos sociétés de se mettre en perspective pour se critiquer et progresser », a soutenu Bayart qui ne s’imagine pas un monde sans les sciences sociales.  « Ce serait la catastrophe »,  a averti le directeur de recherche de classe exceptionnelle au Centre national de la recherche scientifique (Cnrs) en France. Il faut dire que Jean François Bayart est un « africaniste », passionné des  sciences sociales. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages sur l’Afrique subsaharienne et sur l’historicité du politique. Egalement fondateur des revues « Politique africaine » (1980) et « Critique internationale » (1998) et de la collection « Recherches internationales » (1998 aux éditions Karthala), Bayart est, depuis 2015, professeur à l’Institut universitaire des hautes études internationales et du développement de Genève (Suisse).                                      

Abdoulaye DIALLO

Dans le cadre de la Semaine nationale de lutte contre les stupéfiants, l’Ong Jamra a primé 12 élèves méritants ayant participé au concours national de poèmes de sensibilisation sur la drogue. La cérémonie de remise des prix a été précédée par une marche.

De jeunes écoliers, avec leurs pancartes, ont marché de l’immeuble Peytavin au ministère de l’Intérieur. A l’arrivée, ces élèves, accompagnés des membres de l’Ong Jamra, ont été reçus par le directeur de cabinet du ministre de l’Intérieur. Après l’entrevue avec les autorités du ministère, les enfants, toujours avec leurs pancartes avec des slogans comme « Je ne touche pas à la drogue », « Mobilisons-nous pour une école à l’abri de la drogue », « Pour ma santé, non à la drogue », ont continué la marche jusqu’au Théâtre national Daniel Sorano où devait se dérouler la cérémonie de remise des distinctions.  Les récompenses sont allées à 12 élèves issus des écoles de Dakar. Les trois premiers de ce concours national de poèmes de sensibilisation sur la drogue sont Lat-Dior Ndiaye de l’école Cheikh Abdou Aziz Sy Dabakh de Guédiawaye, Ndèye Anta Seck du Cem Ousmane Socé Diop et Idrissa Sané du Cem Alioune Diop de Grand-Dakar. Pour la 30ème fois, l’Ong Jamra organise le concours national de poèmes de sensibilisation sur la drogue et le Vih/Sida. A travers ce concours, celle-ci veut sensibiliser les jeunes sur les méfaits de l’utilisation des stupéfiants. Cette drogue, selon le directeur exécutif de Sida services, est le premier produit de contrebande au niveau mondial. C’est pourquoi Daniel Sarr a indiqué qu’il est nuisible à nos économies et à notre jeunesse.

« Lutter contre la drogue, c’est protéger notre économie, notre jeunesse. Le rôle de l’Etat doit être de protéger notre jeunesse contre la drogue et tous les autres abus. Le seul combat qui vaille aujourd’hui est celui de la protection de nos enfants », a dit M. Sarr. Et la Semaine nationale de lutte contre la drogue est une occasion, pour les différents acteurs, de sensibiliser les jeunes sur la consommation des stupéfiants. Le représentant du Conseil national de lutte contre le Sida, Abdoulaye Ka, a rappelé que la consommation abusive de la drogue a des effets néfastes sur la santé physique et mentale de notre jeunesse. Ce qui fait que celle-ci n’est plus apte à travailler.

Cependant, M. Ka a informé que l’élimination du Vih/Sida à l’horizon 2030 nécessite une réponse globale en intégrant les consommateurs de drogues injectables. Ces derniers, a-t-il renseigné, constituent une cible prioritaire du Plan stratégique de lutte contre le Vih/Sida. Le directeur exécutif de l’Ong Jamra, Bamar Guèye, a invité l’ensemble des acteurs à s’approprier le Plan stratégique national de lutte contre les drogues. Après avoir magnifié les actions de l’Etat dans la lutte contre ce fléau, il a néanmoins interpellé les autorités ainsi que les partenaires techniques et financiers en leur demandant de mobiliser les moyens nécessaires pour la mise en œuvre de ce Plan stratégique.  Le directeur de Cabinet du ministre de l’Intérieur, Makhtar Dop, a réitéré l’engagement de l’Etat et du Comité interministériel de lutte contre les drogues  à toujours soutenir les actions de Jamra.

Aliou Ngamby NDIAYE

 

Dans le cadre du Programme de gouvernance urbaine des jeunes intitulé « Villes amies des enfants et des jeunes », un atelier s’est tenu à Diamaguène Sicap Mbao et un autre à Djeddah Thiaroye Kao à l’effet de réconcilier les jeunes avec leur environnement.

Le programme en question vise à lutter contre la pauvreté et l’exclusion de la jeunesse urbaine en contribuant au développement de villes dans lesquelles ces deux franges de la société jouissent de leurs droits et participent activement à la transformation de leur environnement urbain. Il s’agit d’identifier et de responsabiliser les jeunes leaders et leurs organisations dans la réalisation d’activités de  mobilisation communautaire autour des questions de développement local pour identifier et mettre en débat les changements qu'ils souhaiteraient voir se réaliser dans leur communauté urbaine. Il est établi que ces processus de mobilisation communautaire jouent un rôle important dans l’encouragement de la participation des jeunes et des membres du groupe social dans les processus de prise de décision au niveau des communes d’intervention du projet.

Coordonnateur du projet, Cheikh Aliou Bèye, considère que les problématiques de développement urbain se posent réellement dans les collectivités territoriales des villes de Pikine et de Guédiawaye. « Cela justifie amplement que les jeunes et les membres de leurs organisations jouent un rôle central dans la facilitation de la concertation entre les autorités locales détentrices du pouvoir de décision et les autres citoyens autour de la recherche de solutions consensuelles et durables autour de plusieurs types de préoccupations comme l’environnement,  la citoyenneté active, le cadre de vie et la participation », souligne-t-il. D’après lui, l’objectif général  de ces  ateliers est d’engager un dialogue entre les jeunes et les autorités dans l’optique d’arriver à des consensus  sur les initiatives d’aménagement d’espace ou  d’autres réalisations  envisagées dans les localités visées.

Ces ateliers s’inscrivent dans le cadre de la mise en œuvre des activités du Programme de gouvernance urbaine des jeunes intitulé « Villes amies des enfants et des jeunes», initié par Plan international et ses partenaires Eve et Admg, pour une durée de trois ans, au niveau de cinq pays d'Afrique subsaharienne dont le Sénégal. Ce programme est coordonné  par Plan Danemark, avec le soutien financier de Danida (agence danoise pour le développement). 

Abdou DIOP

 

L’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (Onudc) a publié, hier, son rapport mondial 2018 sur les drogues. Il ressort de celui-ci que la tendance globale de la consommation de drogues dans le monde a connu une augmentation au cours de l’année 2016 dans les régions Afrique de l’Ouest et Amérique du Nord.

Le représentant régional de l’Onudc qui a partagé les résultats de ce rapport, déplore, toutefois, l’absence de données spécifiques pour les pays africains. D’après Pierre Laparque, ceux-ci ont tendance à ne pas transmettre leurs données en matière de trafic, de transit et de consommation de drogues. Ou, s’ils communiquent ces données, elles ne sont pas souvent « fiables ». Cela explique, selon lui, que l’Onudc ne dispose pas de toutes les informations spécifiques sur l’Afrique. Pourtant, il est important de savoir dans chaque pays quels sont les consommateurs de la drogue et quelle est la quantité de drogues consommée par an. « Il faut en parler, il ne faut rien cacher. C’est une thématique sur laquelle il faut être transparent », invite M. Laparque. Malgré l’absence de données spécifiques pour le continent, il informe que l’Afrique est aujourd’hui « une zone de trafic et de consommation de toutes les drogues ». D’après le rapport 2018 sur les drogues, les principales saisies d’opioïdes en 2016 ont été opérées en Afrique de l’Ouest, du Centre et du Nord. La preuve, 87% du total mondial des saisies d’opioïdes en 2016 ont eu lieu dans ces trois régions. Pour la cocaïne, le nombre de saisies a augmenté en Afrique en 2016, surtout en Afrique du Nord. D’après Pierre Laparque, l’Afrique reste le centre de trafic et de transit de cocaïne dans le monde. « Le véritable marché actuel et futur des drogues n’est plus en Europe ni en Amérique Latine mais en Afrique. L’Afrique est la zone de transit et de consommation de toutes les drogues », informe-t-il.

Si cette problématique n’est pas réglée par les pouvoirs publics, elle risque de porter préjudice à la jeunesse africaine. La chance de l’Afrique, dit M. Laparque, est sa jeunesse. Mais à condition que cette dernière soit saine et capable de travailler. A force de consommer la drogue, renseigne-t-il, ces millions de jeunes devindront des toxicomanes. D’après ledit document, les dommages liés à la consommation de la drogue sont les plus élevés chez les jeunes que chez les personnes âgées.

Aliou Ngamby NDIAYE

1 031 PERSONNES TRAITÉES AU SÉNÉGAL
Le Centre de prise en charge intégrée des addictions de Dakar (Cepiad) a accueilli, depuis son ouverture, 1.031 personnes, a informé, hier, le représentant régional de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (Onudc), Pierre Laparque. Le Cpiad est le premier centre de traitement de la toxicomanie au Sénégal. Selon M. Laparque, parmi les personnes qui ont fréquenté le centre, 70 sont des femmes. Cette forte affluence est la preuve que le nombre de consommateurs de drogues injectables a été sous-évalué au Sénégal. Majoritairement, ces drogués sont des Sénégalais. Par contre, il y a d’autres nationalités qui fréquentent le centre, notamment des Maliens, Guinées et Français.

Sur un autre registre, Pierre Laparque informe qu’il y a une augmentation des drogués au Sénégal. Selon lui, la drogue la plus consommée reste de loin le « yamba », suivi d’autres types comme la cocaïne et l’héroïne. Une nouvelle drogue comme le haschich est de plus en plus consommée au Sénégal, révèle M. Laparque. « Le Sénégal, comme tous les autres pays de l’Afrique, est en train d’être touché par toutes les drogues », souligne le représentant régional de l’Onudc. Toutefois, il salue l’engagement des services de sécurité (police et gendarmerie) à lutter contre le trafic de ces produits stupéfiants.

A. Ng. NDIAYE

Mme Amelie Soukossi Hessou, directrice générale de Plan/Sénégal, et son représentant régional à Saint-Louis, Cheikhou Ndiaye, se sont réjouis du choix porté sur Mme Khoudia Mbaye. Maire de la commune de Gandon et ministre de la Promotion des investissements, des Partenariats et du Développement des télé-services de l’Etat, elle a été la marraine de la Journée de l’enfant africain, organisée au campus pédagogique de l’Université Gaston Berger par les responsables du Forum régional des jeunes et enfants leaders de Saint-Louis (Forjel).

En présence des autorités administratives et universitaires, de la première adjointe au maire de Saint-Louis, Mme Aïda Mbaye Dieng, et de plusieurs autres invités, Mme Amelie Soukossi Hessou a vivement félicité Mme Khoudia Mbaye, qui s’est encore adressée aux jeunes filles membres du Forjel, pour les encourager et les exhorter à redoubler d’efforts pour être plus performantes, plus ambitieuses, dans le dessein de devenir des femmes leaders capables de prendre des décisions au même titre que les hommes. Au nom du Président Macky Sall, elle s’est déclarée satisfaite de « l’engagement de ces jeunes filles à se ceindre les reins, à se retrousser les manches pour relever les défis de la parité, de l’autonomisation et de la responsabilisation des femmes sur tous les plans et à tous les niveaux ». Quant à la directrice générale de Plan/Sénégal, elle a rendu un vibrant hommage au Forjel pour les sujets pertinents qu’il a développés avec brio à l’auditorium de l’Ugb, en relation avec le thème de la Journée de l’enfant africain (Jea) de cette année. Elle a rappelé que celle-ci a été instituée par les chefs d’Etats africains en mémoire du massacre des enfants de Soweto, en Afrique du Sud. Mme Amelie Soukossi Hessou a aussi souligné que « la Jea commémore la lutte de tous ceux qui se sont battus et se battent aujourd’hui encore pour la protection et la promotion des droits des enfants, contre l’exploitation, la mendicité forcée et la traite des enfants, contre les différentes formes de violences faites aux filles et aux enfants, etc. Selon elle, le Forjel a démontré qu’il connaît les fléaux qui gangrènent la vie des jeunes et compromettent leur épanouissement.

« Ce qui me réconforte est cette mobilisation de tous et qui laisse apparaître une détermination collective pour éliminer ces fléaux. A Plan international, nous pensons qu’en s’alliant avec les enfants, et particulièrement avec les filles, la situation pourrait beaucoup changer en leur faveur », a-t-elle lancé. Mme Amelie Soukossi Hessou a enfin déclaré que la stratégie mondiale de son Ong, intitulée « 100 millions de raisons », qui s’applique de juillet 2017 à juin 2022, aspire à un monde où les enfants vulnérables, en particulier les filles, apprennent, dirigent, décident et s’épanouissent.

Mbagnick Kharachi DIAGNE

Le rapatriement des migrants sénégalais se poursuit. Hier, 180 personnes, en provenance de la Libye, ont atterri à l’Aéroport international Blaise Diagne. Ce qui porte le nombre total de Sénégalais rapatriés à 1 074, pour le premier semestre de 2018.

Ils sont 180 migrants en provenance de la Libye à avoir débarqué cette nuit à l’Aéroport international Blaise Diagne de Diass (Aibd). Cette opération impulsée par le gouvernement du Sénégal, à travers le Comité national chargé de la gestion des réfugiés, des rapatriés et des personnes déplacées (Cnrrpd), avec l’appui de l’Organisation internationale pour les migrations (Oim), n’est pas à sa première expérience. En mars dernier, le même nombre avait été accueilli.

Comme pour les précédentes opérations, ces migrants ont été identifiés grâce à une collaboration avec la représentation consulaire du Sénégal pour la Libye, basée en Tunisie. Ensuite, leur retour volontaire et humanitaire a été facilité par l’Oim, dans le cadre de « l’initiative Fonds fiduciaire de l’Union européenne-Oim pour la protection et la réintégration des migrants ». Mais, leur rapatriement ne s’arrête pas à un retour au bercail. En effet, après leur accueil, l’enregistrement et le profilage de ces migrants de retour seront coordonnés par le Cnrrpd, en relation avec l’Oim et la Croix rouge sénégalaise, avant leur acheminement vers les localités de provenance.

Et c’est à partir de là que la Direction générale des Sénégalais de l’extérieur (Dgse) et l’Organisation internationale pour les migrations interviennent. Elles vont accompagner les migrants de retour dans leurs communautés d’origine, en les assistant dans leur réintégration et en travaillant avec les autorités et les communautés locales pour la mise en œuvre d’activités de réintégration, effectives et durables. Selon le communiqué dont copie nous est parvenue, « l’initiative Fonds fiduciaire de l’Union européenne-Oim pour la protection et la réintégration des migrants est un projet régional dont l’objectif est de renforcer la gouvernance des migrations et de contribuer à la réintégration durable des migrants dans leur pays d’origine ».
« Au Sénégal, ce projet est mis en œuvre, conjointement, par l’Oim et la Dgse, en étroite collaboration avec le Cnrrpd », lit-on.

Oumar FEDIOR

Dakar va bientôt changer de visage. Le préfet de Dakar a démarré les opérations de déguerpissement en plusieurs endroits de la capitale sénégalaise.

Le préfet du département de Dakar, Alioune Badara Samb, a démarré les opérations d’enlèvement des épaves de véhicules sur les Allées Pape Guèye Fall, les alentours de la Rts et dans certaines rues de la Médina. Dans un communiqué, publié la semaine dernière, le préfet avait sommé « les propriétaires ou détenteurs d’objets encombrants, notamment les épaves de véhicules situés sur les emprises des axes routiers, à procéder à leur enlèvement sans délai ». Alioune Badara Samb et ses équipes sont donc passés à la vitesse supérieure.

« Tout le monde a constaté qu’il y a une congestion de la circulation à Dakar. C’est en ce sens que le ministère des Infrastructures et des Transports terrestres a instruit le Conseil exécutif des transports urbains de Dakar (Cetud), en collaboration avec l’Ageroute, pour pouvoir renverser la tendance », a déclaré le préfet de Dakar, à l’issue de cette première opération. Le déguerpissement passera, selon lui, par plusieurs opérations dont l’enlèvement des épaves de véhicules. A cela viendront s’ajouter, a-t-il assuré, d’autres activités dont le démantèlement des garages flottants de clandos et le contrôle de la circulation des véhicules de transport en licence interurbaine à Dakar.

Ces opérations, a poursuivi Alioune Badara Samb, se feront en parfaite synergie avec les différentes composantes, à savoir, le Cetud et l’Ageroute, pour un « impact positif » sur les difficultés du transport urbain à Dakar. La réussite de ces opérations nécessite, d’après lui, une collaboration avec les collectivités territoriales. M. Samb lance un appel pour que chaque entité essaye de s’y mettre. « Dakar étouffe aujourd’hui, en termes de congestion due souvent à une certaine indiscipline et à un manque de conscience qui impactent négativement sur la circulation », regrette le préfet de Dakar. « Ce qui est dommage pour notre économie et pour le bien-être des Dakarois », dit-il.

Souleymane Diam SY

La clôture, à Dakar, de la campagne mondiale d’action en faveur des migrants, a été une tribune pour revisiter le message du Christ, mais aussi l’opportunité de lancer un appel à solidarité internationale. L’église Saint Joseph de Médina a abrité la manifestation marquée par une messe dirigée par abbé Alphonse Seck, secrétaire général de Caritas Sénégal. Des migrants participants ont exprimé toute leur reconnaissance aux organisateurs.

Face à des dizaines de migrants venus prendre part à la messe de clôture de la campagne « sharejourney », célébrée à la paroisse Saint Joseph de Médina, l’abbé Alphonse Seck a appelé les fidèles et les hommes de bonne volonté à partager le chemin avec les migrants, à la manière de Jésus avec les disciples d’Emmaüs. « Jésus avait rejoint les disciples sur la route d’Emmaüs pour être avec eux, leur manifester sa compassion, leur apporter la lumière dans leur doute, les faire entrer dans l’espérance que la vie a triomphé de la mort. Dans la résurrection du Christ, un autre jour se lèvera toujours pour ceux qui gardent confiance », a-t-il dit. Leur portail caritas.sn, revenant sur cette cérémonie, souligne que le secrétaire général de Caritas a, par la suite, dénoncé, à l’instar du Pape François, « la mondialisation de l’indifférence ».

Il encourage la promotion de « la culture de la rencontre entre les communautés, les migrants et les réfugiés ; une culture qui rendra à chaque personne sa dignité, combattra les préjugés et rendra les sociétés plus inclusives ». Reconnaissants, les migrants n’ont pas manqué de témoigner, à leur tour, leur satisfaction du chemin partagé avec Caritas Sénégal depuis leur arrivée en terre sénégalaise. Selon le compte-rendu de cette cérémonie, ils ont été nombreux à manifester leur gratitude pour les gestes d’accueil, d’intégration et de promotion exprimés à leur égard par les autorités et familles sénégalaises, sans oublier Caritas Sénégal, en particulier.

Ces gestes se sont traduits par la prise en charge des soins médicaux, l’éducation des enfants, la formation professionnelle, les secours d’urgence, etc. Inscrite dans le cadre global de la Semaine d’action mondiale (17-24 juin) consacrée aux migrants et initiée par Caritas internationalis, la campagne a été lancée à Dakar le 19 juin 2018 par Caritas Sénégal. Les principaux objectifs étaient de sensibiliser et plaider en faveur des migrants, de favoriser la culture de la rencontre et de la solidarité, mais surtout de soutenir les personnes vivant les conditions particulièrement difficiles de la migration.

Fara Michel DIEYE

Le « boukoutt » ou initiation en pays diola a débuté à Djibabouya, chef-lieu de la commune rurale éponyme, en présence du ministre Papa Gorgui Ndong. Cette manifestation, dont la dernière édition est célébrée il y a 22 ans, permet de regrouper plusieurs individus dans le « bois sacré », ce passage obligé pour intégrer la communauté des adultes, c’est-à-dire la haute instance de décision dans la société traditionnelle.

Le ministre de la Jeunesse, de la Construction citoyenne et de la Promotion du volontariat, à la tête d’une forte délégation, a rehaussé de sa présence la cérémonie du « boukoutt » de Djibabouya, organisée 22 ans après la dernière édition. Reçu dans la pure tradition diola ponctuée de chants, danses et exhibitions de plusieurs facettes de la riche culture de la communauté, Papa Gorgui Ndong a été très sensible à cet accueil coloré. Le président du comité d’organisation, Souleymane Tamba, est largement revenu sur le sens du « boukoutt » qui réside dans le fait de préparer l’entrée harmonieuse de l’individu dans la communauté des adultes où il aura droit de parole et de prise de décision. Egalement, c’est là que l’on apprend à cultiver les bonnes relations qui doivent exister entre les membres d’une même communauté,  mais aussi entre celle-ci et les autres. Bref, on y apprend toutes les bonnes pratiques.

Cette éducation dans le « bois sacré » fait partie des objectifs du ministère de la Jeunesse, de la Construction citoyenne et de la Promotion du volontariat. Ce que Papa Gorgui Ndong a fait savoir en ces termes : « l’initiation, telle que pratiquée en milieu diola, constitue le soubassement d’une valeur réelle pour la formation de citoyens aptes à construire une nation de paix et de développement ». Dans le « boukoutt », l’esprit de la paix universelle se cultive. En un mot, celui-ci constitue un régulateur social en milieu  diola. Malgré le puissant vent du modernisme qui souffle, sa pratique est toujours en cours et garde toute son originalité.

Malamine KAMARA  

Le Dr Djibril Diallo, président et directeur général du Réseau de la  renaissance africaine et de la diaspora network (Ardn), est le lauréat du prix international humanitaire 2018 qui récompense son « leadership mondial constant et exceptionnel » au service de l’humanité.

Le président et directeur général du Réseau de la  renaissance africaine et de la diaspora network (Ardn), le Dr Djibril Diallo, est le lauréat du Prix humanitaire international 2018 de la Rainbow Push Coalition. Selon un communiqué parvenu à notre rédaction, le Dr Diallo a reçu, le 15 juin dernier, son prix des mains du révérend Jesse L. Jackson Sr, fondateur de Rainbow Push lors de la 47ème Convention annuelle international Rainbow Push à Chicago (Usa). D’après la même source, ce prix est une récompense au « leadership mondial constant et exceptionnel » du Dr Djibril Diallo qui est toujours engagé à « faire de la maison commune de l'humanité un meilleur endroit, grâce à plus de trois décennies de service aux Nations Unies ».

« C'est un honneur et un privilège d'avoir reçu le Prix international humanitaire de 2018 pour mon service aux Nations Unies », a déclaré M. Diallo, rapporte le communiqué. « Ceci est particulièrement important car l'Ardn est désormais à la tête du Pathway to Solutions », un projet spécial pour les Nations Unies visant à vulgariser les objectifs de développement durable et à veiller à ce que les personnes vulnérables soient soulevées et que personne ne soit laissé derrière », a-t-il ajouté. « Le leadership mondial inlassable et exceptionnel de Djibril continue de faire de notre village global un meilleur endroit pour tous », a déclaré le révérend Jackson avant de saluer « l’engagement du Dr Djibril Diallo à servir et ainsi sauver l'humanité ».

La présidente du conseil d'administration de l'Ardn, Mme Constance B. Newman a, pour sa part, témoigné que « la réception de ce prix prestigieux par Djibril est bien méritée ». La Rainbow Push Coalition (Rpc), qui a son siège à Chicago et lutte pour le changement social, est une organisation multinationale multiraciale, multi-issue, progressiste et internationale. Quant au Réseau de la renaissance africaine et de la diaspora (Ardn) dirigé par le Dr Djibril Diallo, c’est une Ong internationale dont le siège est à New York.

Aliou Ngamby NDIAYE

Dakar abrite depuis, hier, un atelier de trois jours sur la prévention de l’extrémisme violent par l’éducation. Formateurs et experts, issus de sept pays de la sous-région, prennent part aux travaux.

L’éducation peut être un excellent moyen de lutte contre l’extrémisme violent et le terrorisme. Mais, en Afrique de l’Ouest et dans le Sahel, les formateurs et les acteurs de l’éducation ne sont pas souvent outillés. Ils rencontrent des difficultés et peinent à assurer leurs missions. Le besoin de les former est donc réel. C’est ce qu’a compris l’Unesco en organisant cet atelier de renforcement des capacités pour la prévention de l’extrémisme violent par l’éducation (Pev-e). Sept pays participent à la rencontre : Burkina Faso, Gambie, Niger, Guinée-Bissau, Mali, Côte d’Ivoire et Sénégal.

Pendant trois jours, les participants auront l’occasion d’apprendre, d’échanger et de partager leurs expériences. Comme l’a dit, Mamadou Ndoye, ancien ministre du Sénégal, l’idée est de « préparer les enseignants à préparer  les jeunes »  dans un contexte mondial marqué par des messages de propagande et de radicalisation. C’est que, pour l’Unesco et ses partenaires, l’éducation est un rempart contre l’extrémisme violent. « L’éducation peut apporter des réponses durables en offrant aux jeunes des possibilités d’apprentissage pertinentes et opportunes afin de leur permettre d’acquérir les connaissances, les compétences et les attitudes qui les aideront à renforcer leur résilience face à l’extrémisme violent », a fait savoir le directeur par intérim du Bureau régional de l’Unesco pour l’Afrique de l’Ouest (Sahel), Gwang-Chol Chang.

Selon lui, les enseignants et les éducateurs ont un rôle central à jouer dans cette lutte parce qu’ils sont en contact direct avec les jeunes. « Ils peuvent constituer des modèles d’identification, des agents du changement et des médiateurs favorisant le dialogue et instaurant un respect mutuel. Ils peuvent également être les premiers à repérer des signes de radicalisation menant à la violence et à y répondre », a-t-il indiqué. « Les enseignants et les éducateurs doivent également être formés à créer un climat qui contribue à un dialogue respectueux, à la libre discussion et à la réflexion critique, notamment sur des questions potentiellement polémiques et conflictuelles », a insisté Gwang-Chol-Chang. L’atelier de Dakar s’inscrit dans une démarche logique.

L’Unesco et son partenaire, l’Organisation internationale de la Francophonie (Oif), veulent ainsi donner suite à une précédente rencontre de renforcement des capacités sur l’intégration de la Pev-e dans les politiques et les pratiques éducatives organisée conjointement en mai 2017, toujours à Dakar. L’organisme onusien reste fidèle à son objectif : accompagner les pays à mettre en place des programmes éducatifs qui contribuent à renforcer la résilience des apprenants face à l’extrémisme violent et atténuent les éléments qui alimentent ce phénomène.

Abdoulaye DIALLO

La quantité de drogue, saisie, ces jours-ci, à Dakar, connaît une nette diminution. Une situation due notamment au travail opéré par la police et la gendarmerie. Le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, ayant procédé, hier,  à l’incinération de 1,7 tonne de cannabis à la Sococim, souhaite une implication des populations dans la traque des délinquants.

Les efforts consentis par les services de l’Etat dans la lutte contre la drogue commencent à payer. C’est du moins l’avis du ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Aly Ngouille Ndiaye, lors de la séance d’incinération de drogue dans les fours de Sococim industries. « En tout cas, cela s’améliore. Vous savez qu’à chaque fois que l’on fait un pas, les délinquants font également d’autres pas. Mais, il faut reconnaître que des pas importants ont été faits. Au mois de décembre, nous étions à plus de quatre tonnes. Donc, nous avons une bonne baisse », a souligné le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique qui a procédé à l’incinération de 1,7 tonne de cannabis saisie dans la région de Dakar.

Cette diminution des saisies est due en grande partie au travail effectué par les forces de l’ordre pour traquer les délinquants. « La police et la gendarmerie se battent à tous les niveaux pour détruire les productions qui ne sont pas encore arrivées à destination. Aujourd’hui, les dealers utilisent toutes sortes de méthodes  pour échapper à la vigilance des forces de l’ordre », a fait savoir Aly Ngouille Ndiaye. Seulement, il est malheureux de constater l’omniprésence de la drogue partout dans le pays. Et à ce niveau, il y a lieu, selon lui, d’impliquer la population dans la lutte. « Aujourd’hui, la drogue, elle est partout, il faut oser le dire. C’est pourquoi nous pensons qu’il faut impliquer les populations. Il faut sensibiliser les jeunes dans les écoles (…) C’est un combat qui n’est pas facile à mener parce que c’est un combat avec des géants », a reconnu Aly Ngouille Ndiaye.

A Rufisque, celui-ci est revenu sur le projet de construction de nouveaux commissariats annoncé depuis le meurtre du bébé Fallou Diop. Le commissariat du quartier Gouye Mouride sera fonctionnel au mois de juillet. « J’ai déjà instruit le préfet. Et la convention avec le bailleur devrait être signée. Je pense qu’au mois de juillet prochain, le poste devrait être déjà occupé par la police. Au niveau de Rufisque, nous avons également un autre terrain. Il est juste situé sur la route nationale.  Nous espérons démarrer dans les deux mois », a-t-il dit.

Maguette NDONG

GROSSE QUANTITÉ DE CHANVRE INDIEN
A la date du 25 juin, les différents services impliqués dans la lutte contre la drogue ont fait le point. Un total de 1.734,6615 kg de drogues saisie a été incinéré. Celles-ci vont du chanvre indien à l’héroïne en passant par le haschich, la cocaïne et divers comprimés. La quantité de chanvre indien saisie est la plus grosse opération avec un total de 1.732, 405 kg. Il est suivi du haschich avec 500 grammes et la cocaïne avec 165,5 grammes. Les services compétents ayant opéré ces saisies sont principalement la gendarmerie nationale, les douanes sénégalaises et les services de police.

M. NDONG

L’association ImagiNation Afrika a lancé, hier, une campagne de sensibilisation destinée aux parents et aux collectivités locales, en vue de mettre en relief l’importance du jeu dans l’éducation des enfants. En choisissant le thème « Jouer est essentiel », les membres de ladite association tiennent à ce que les tout-petits soient de réels acteurs de l’émergence.

Permettre aux enfants sénégalais d’acquérir des compétences nécessaires pour contribuer à l’émergence du pays, c’est à cet exercice que compte s’atteler l’association ImagiNation Afrika, qui fait partie d’un mouvement mondial dédié à l’apprentissage par le jeu. Son objectif majeur est de « donner aux enfants africains les outils nécessaires pour devenir, à travers le jeu et grâce à des activités de leadership qui favorisent le développement de l’intelligence pratique et émotionnelle, des acteurs du changement ». ImagiNation Afrika et ses partenaires prévoient, à cet effet, de mener dans le cadre de cette campagne, des tournées en bus, de créer des espaces de jeu et d’organiser des sessions de formation pour les parents ainsi que de nombreuses autres activités.

Ainsi, veulent-ils encourager les parents et l'ensemble de l'écosystème de la petite enfance au Sénégal à s'engager pour le développement positif des enfants. Dans un communiqué de presse, cette organisation, qui propose de nouvelles approches pour éveiller l’esprit critique des enfants, stimuler leur créativité et leur leadership, souligne que « plusieurs études ont démontré que l’apprentissage par le jeu constitue une dimension fondamentale et vitale du plaisir de l'enfance, ainsi qu'une composante essentielle du développement physique, social, cognitif, émotionnel et spirituel de l’enfant ».

Par ailleurs, pour ses membres, cette démarche permettra de renforcer des acquis surtout que, notent-ils, «  le Sénégal a une riche culture de jeu et c’est à travers des jeux comme Wouré, Langa Buri, Kotti Kotti Yolli Yolli que les enfants apprennent à entretenir leur corps, à résoudre des problèmes, la maîtrise de soi et la sociabilité, des compétences nécessaires pour l’émergence du Sénégal », a fait savoir Karima Grant, la fondatrice d’ImagiNation Afrika, dans le document susmentionné. En guise d’exemple, elle a rappelé que des chercheurs ont démontré que 88% des enfants d'âge préscolaire jouant avec des blocs ont assimilé des compétences en mathématiques comme la comparaison des tailles et le comptage.

Dans l’optique de sensibiliser une frange importante de la population sur l'importance du jeu comme un outil de croissance et de développement de l’enfant, elle compte mettre à contribution les collectivités locales sur le besoin d’espaces de jeu publics. La fondatrice de l’association envisage également de créer une synergie avec toutes les institutions locales travaillant dans le développement de la petite enfance.

Matel BOCOUM

La Rencontre des acteurs et mouvements pour l’émergence (Rampe) a célébré, samedi dernier, au Grand théâtre, la Journée internationale de la veuve et de l’orphelin.

La cérémonie a commencé par un récital de coran en la mémoire de tous les disparus, suivi d’une prestation des enfants orphelins de Thiaroye. Ils sont une dizaine d’enfants, filles et garçons, qui ont en commun la perte d’un être qui leur est cher : le papa. Nombreux parmi ces gamins n’ont pas eu la chance de connaître leurs parents qui tentaient de rejoindre l’Europe dans le seul but d’aider la famille. Malheureusement, l’aventure a mal tourné car nombre d’entre eux sont morts en mer en laissant derrière eux des orphelins sans soutien.

Les enfants, dans leur prestation, ont  invité ceux qui n’ont pas encore vécu cette expérience à ne pas tenter l’aventure. Le message est poignant. Il a ému plus d’un dans une salle du Grand théâtre archicomble.
La mort d’un père entraîne, pour la plupart des cas, la dislocation de la cellule familiale. La veuve, seule, doit faire face à toutes les charges : éducation, santé et autres besoins sociaux.
Les enfants orphelins et les veuves sont des couches vulnérables, a fait savoir le coordonnateur de la Rampe, Hamady Dieng. Pour les venir en aide, la Rampe a convié à cette rencontre 4.000 veuves et orphelins à qui elle a distribué des kits composés de vivres.

Celle-ci célèbre, pour la troisième année consécutive, cette journée dédiée à la veuve et à l’orphelin. En 2016, elle avait distribué des kits à 500 veuves et orphelins. L’année suivante, elle est passée à 2.000 veuves.
D’après M. Dieng, la Rampe travaille avec 6.000 veuves et orphelins rien que dans les  quatre départements de la région de Dakar. Elle est en train de réaliser une enquête nationale pour recenser les veuves et orphelins sur l’ensemble du territoire national.

Ces données seront une sorte de miroir pour la Rampe qui s’inscrit dans une logique de soutenir toutes les couches vulnérables de la société, plus particulièrement les orphelins et leurs mamans. Toutefois, Hamady Dieng plaide pour que le 23 juin soit institué dans le calendrier républicain comme la Journée de célébration de la veuve et de l’orphelin.  Pour rappel, la présente édition a été présidée par le ministre de la Santé et de l’Action sociale, Abdoulaye Diouf Sarr.

AliouNgamby NDIAYE

Une occasion saisie par la vingtaine de « saltigués » ou voyants de prédire un hivernage pluvieux et une bonne moisson. Ainsi, s’agissant de l’hivernage qui commence à s’installer, le prétexte même de l’organisation d’un « khoye » chez les sérères, les « saltigués » ont conseillé aux paysans de semer outre le mil et l’arachide, du riz car, ont-ils annoncé, « d’importantes quantités de récoltes seront enregistrées cette année ». « Même si l’espoir restera mitigé dans certaines zones à cause d’une mauvaise répartition des pluies dans le temps et dans l’espace », ont-ils ajouté. Les premières pluies, d’ailleurs, selon certains « saltigués », devraient intervenir dans la première semaine du mois de juillet, un jour de mardi ou de vendredi. Mais, il faudrait attendre ce que Dieu réserve aux producteurs qui s’activent déjà dans le Sine sur les premiers semis de mil. Au plan politique, les « saltigués » du Centre Malango, comme maman Khane Diouf de Diadiack, Latyr Ndiaye de Niakhar, entre autres, ont prédit que l’actuel Président du Sénégal, Macky Sall, rempilera en février 2019 pour un second mandat. Mais, une réélection qui sera émaillée de troubles sociaux. Le « saltigué » Latyr Ndiaye est allé plus loin pour affirmer que le Président Sall sera remplacé au terme de ce second mandat « par un autre candidat qui lui sera proche ». Des recommandations pour des sacrifices ont été faites par les dépositaires du savoir pour éviter ces éventuels troubles.

Egalement, les « saltigués » qui ont déploré la recrudescence des accidents sur nos routes, surtout les axes  Mbour-Fatick-Kaolck, Fatick-Niakhar-Bambey, recommandent également des sacrifices à faire. Les jeunes n’ont pas été oubliés au cours de cette séance de divination. Ainsi, le « saltigué » Djesse Ndiaye de Simal a souligné la nécessité de protéger cette frange de la population face aux mauvais esprits qui les hantent et leur jettent de mauvais sorts.

Hier, à la cérémonie officielle de restitution, on a noté la présence d’une délégation conduite par l’adjoint au gouverneur chargé du développement, Cheikh Ahmadou Ndoye, de l’adjointe au maire de Fatick, Aida Diouf, en présence du représentant du ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche ainsi des responsables de l’Ong Prometra international dont le directeur et promoteur du « khoye », Erick Gbodossou. Il faut remarquer que cette séance de prédication et de divination enregistre de plus en plus de jeunes « saltigués », illustration parfaite d’une relève qui se profile à l’horizon. Quand on sait que certains « saltigués », comme les dames  Khane Diadiack et Amy Faye, ont marqué de leur emprunte ce « khoye » traditionnel de Malango.

Mohamadou SAGNE

 

Le ministre de l’Elevage et des Productions animales, Aminata Mbengue Ndiaye, a procédé, samedi dernier, à Oulampane (Bignona), à la remise de bergeries, de poulaillers et de cheptel aux bénéficiaires du Projet de contribution à la résilience des populations, au renforcement de la sécurité alimentaire, à la promotion de l’emploi rural, à travers l’amélioration de l’élevage des petits ruminants et de la volaille en Casamance (Presaec).

La cérémonie s’est déroulée en présence de l’ambassadeur du Royaume d’Espagne au Sénégal, Alberto Virella Gomes, et d’un parterre de personnalités. Le Presaec est financé par la coopération espagnole pour un montant de 200.000 euros, soit 131 millions de FCfa. Il a pour objectif général de contribuer à l’augmentation du capital productif de la population. Sa finalité est l’amélioration de la sécurité alimentaire et nutritionnelle des populations de la région naturelle de Casamance, ainsi que la création de revenus par la mise en place d’exploitations améliorées d’élevage d’espèces à cycle court. Selon le ministre, l’originalité de ce projet réside dans son approche holistique, qui intègre à la fois la résilience des communautés face aux changements climatiques, la sécurité alimentaire et nutritionnelle, la lutte contre la pauvreté, le renforcement de capacités pour les acteurs et la promotion de l’emploi des jeunes et des femmes.

Le Presaec intervient dans les communes de Niaming (région de Kolda) et de Bona (région de Sédhiou) ainsi dans les villages de Silinkine et de Mampalago situés dans la municipalité d’Oulampane (région de Ziguinchor). Ce projet constitue, par son caractère pilote, un modèle d’expérimentation qui pourrait être étendu à d’autres localités s’il se révèle concluant. Pour Aminata Mbengue Ndiaye, cette initiative, considérée comme une forme de protection sociale, basée sur la mise à disposition d’infrastructures d’élevage et de capital productif, « contribuera au renforcement de la résilience des populations cibles et accompagnera, plus tard, les zones couvertes, vers l’émergence ». Selon elle, les nombreuses réalisations faites en si peu de temps, en sont une preuve suffisante. Entre autres réalisations, elle a cité la construction de 80 bergeries, 60 poulaillers équipés et la formation de 140 bénéficiaires sur les bonnes pratiques d’élevage. La tutelle n’a pas occulté la fourniture de 80 géniteurs ovins, 160 brebis, de coqs raceurs, de poules, d’aliments de bétail et de volaille. Il y a eu également la fourniture de 50.000 doses de vaccins contre la peste des petits ruminants, de 50 doses de vaccins contre la maladie de Newcastle et de 50.000 doses de vaccins contre la variole aviaire. A cela, il faut ajouter la fourniture de déparasitant pour les moutons et la volaille. Pour tous ces efforts, la ministre a invité les populations à « respecter scrupuleusement le contrat qu’elles ont signé avec le ministère », de même que le « contrat moral » qui les lie avec le partenaire qu’est le Royaume d’Espagne. Quant à l’ambassadeur du Royaume d’Espagne au Sénégal, il a réitéré l’accompagnement de son pays au gouvernement du Sénégal, dans la mise en œuvre du volet « élevage » du Pse.                                                                                                                 

 

Le royaume d’Espagne invité
à financer l’élevage en Casamance

Lors de la cérémonie de remise de bergeries, de poulaillers et de cheptel aux bénéficiaires du Presaec, samedi dernier, à Oulampane (Bignona), la ministre de l’Elevage et des Productions animales, Aminata Mbengue Ndiaye, a invité l’ambassadeur du royaume d’Espagne au Sénégal, Alberto Virella Gomes, à étudier les possibilités de financement du projet de développement de l’élevage en Casamance.

La ministre a expliqué que le projet de développement de l’élevage en Casamance est spécifique pour cette partie méridionale du Sénégal. Elle a indiqué que ce projet pourrait être exécuté selon une approche holistique, et il faudrait renforcer les acquis obtenus dans le cadre du Projet d’appui à la sécurité alimentaire et à l’élevage (Pasa-El) et du Projet de contribution à la résilience des populations, au renforcement de la sécurité alimentaire, à la promotion de l’emploi rural, à travers l’amélioration de l’élevage des petits ruminants et de la volaille en Casamance (Presaec).

El Hadj Moussa SADIO

Onu Femmes et le Conseil de concertation pour l’approvisionnement en eau et l’assainissement (Wsscc) ont réuni,  pendant deux jours, les pays concernés par le programme Wash (Eau Assainissement Hygiène) dont le bilan, établi après son lancement il y a quatre ans, a fait état d’avancées notables, même s’il reste encore des défis à relever.

Mis en œuvre sur trois pays en Afrique de l’Ouest (Sénégal, Niger et Cameroun) sur la période 2014-2018, le programme Eau Assainissement Hygiène (Wash en anglais)  avait pour objectif de renforcer les politiques de santé, d’hygiène et d’assainissement pour les femmes et les filles en Afrique de l’Ouest et du Centre. Et quatre ans après, les résultats sont plus que probants. Selon Madame Oulimata Sarr, directrice régionale adjointe d’Onu Femmes pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, s’il est vrai qu’il faut continuer à investir dans le triptyque Genre Hygiène et Assainissement, il faut aussi souligner des progrès significatifs qui ont été enregistrés durant ces quatre dernières années.

En effet, avec un budget modeste (2,65 millions de dollars), le programme a contribué au renforcement des capacités de près de 90 agents des ministères et environ 30 Ong dans toute la région Afrique de l’Ouest et du Centre. « Le rapport de l’évaluation du programme estime que les 620 formateurs/formatrices, formé (e)s depuis le début de l’intervention en 2014, ont touché 26 344 personnes avec des sensibilisations. Des femmes et des filles qui, auparavant, cachaient leurs matériels hygiéniques sous des matelas (et risquaient de ce fait des infections), ou abordaient les menstruations comme un phénomène tabou, ont été capables d’en parler, de briser le silence, de changer leurs pratiques.  

Plusieurs lois et règlements ont été modifiés dont la nouvelle lettre de politique sectorielle du Sénégal adoptée en 2017 par le gouvernement afin de mieux prendre en compte les besoins des femmes et des filles. « La gestion de l’hygiène menstruelle y figure comme élément incontournable lors du design et de la mise en œuvre des programmes Wash », indique le communiqué dont nous avons reçu copie. Selon Mme Sarr, ce programme s’aligne sur la prise en compte des questions d’équité et d’égalité des sexes dans le secteur de l’eau et de l’assainissement.

D’un côté, Wsscc apporte l’expertise technique en eau et assainissement dans divers pays d’Afrique et d’Asie et, de l’autre, Onu Femmes en assure le rayonnement régional et l’expertise dans le domaine du plaidoyer sur le genre et les droits de la personne du point de vue opérationnel ». Pour rappel, le Wsscc a pour mission d’assurer un assainissement durable, une meilleure hygiène et de l’eau potable pour tous, en mettant l’accent sur les membres les plus pauvres et les plus marginalisés de la société en Afrique et en Asie.  

Oumar FEDIOR

L’Ecole d’application de l’infanterie (Eai) de Thiès a abrité, hier, la cérémonie marquant la fin de la formation de futurs commandants d’unité, chefs de section d’infanterie et d’unité blindée. Les stagiaires ont reçu leur parchemin, en présence des autorités militaires, du corps diplomatique et des encadreurs.

Plus de 25 ans après sa création, l’Ecole d’application de l’infanterie (Eai) de Thiès, où 1.663 officiers ont été instruits, a fini de consolider sa réputation de creuset de formation pointue de cadres militaires africains et malgaches. Spécialisée, jusqu’à une période récente, au cours d’application des futurs commandants d’unité, l’Eai s’est engagée, depuis les années 2015-2016, à la formation des futurs commandants d’unité blindée au profit de  15 stagiaires en provenance du Sénégal et de pays amis africains et malgaches.

«  En plus, nous allons conduire concomitamment le cours d’application des chefs  de section infanterie et deux cours de futurs commandants d’unités d’infanterie, soit 80 officiers », a indiqué le colonel Ousmane Aly Kane, actuel commandant de l’Eai. Une montée en puissance dans la diversification des formations qui prévoit,  pour l’année académique 2020-2021, le premier cours d’application de l’artillerie au Sénégal. Dans ce sillage, vers sa vocation « inter armes », le général de brigade Cheikh Wade, chef d’Etat-major de l’Armée de terre, venu présider la cérémonie de clôture des  cours de futurs commandants d’unité blindée et chefs de section d’infanterie, s’est réjoui des progrès notables accomplis par l’Eai dans la formation des cadres militaires africains et malgaches. « Au nom du chef d’Etat-major général des Armées, nous magnifions la vigueur de la coopération militaire française et de tous nos autres partenaires engagés à nos côtés », a-t-il dit. Selon lui, l’élargissement de cette formation à d’autres spécialités militaires est une belle manière de placer l’Eai au cœur des besoins de formation des  futurs cadres militaires. Aux stagiaires, le général  Wade a rappelé qu’ils sont aptes à conduire des hommes en période de paix tout comme de crise. «  Pendant 10 mois, on vous a inculqué les aptitudes et le professionnalisme qui ont fini de vous faire franchir un palier de plus dans vos carrières d’officiers. Alors, vous êtes suffisamment outillés pour remplir pleinement vos missions », a-t-il ajouté.

Mbaye BA

 

Le Garde des Sceaux, ministre de la Justice a estimé que « les droits des enfants sont un pilier essentiel pour promouvoir une politique d’émergence ». Ismaila Madior Fall était à Fatick où, en compagnie de son collègue Mbagnick Ndiaye, en charge de l’Intégration africaine. Il a présidé la Journée de l’enfant africain.

La Journée de l’enfant africain, instituée pour se souvenir du massacre, par le régime blanc sud-africain, des écoliers noirs de Soweto, le 16 juin 1976, a été célébrée, cette année, à Fatick. Le tort de ces victimes innocentes de l’apartheid : une marche pour dénoncer les discriminations dont elles sont l’objet dans l’enseignement marqué par une mauvaise qualité des cursus. Bref, les écoliers de Soweto réclamaient le droit à un meilleur enseignement. Une bonne raison pour le ministre de la Justice, s’adressant aux enfants venus de toutes les régions du Sénégal, de souligner que « cette journée, qui vous est consacrée, doit nous faire prendre conscience que vos droits sont un pilier autour duquel les politiques de l’Etat en matière de développement devront s’articuler pour promouvoir une politique d’émergence ».

Selon Ismaila Madior Fall, l’importance de ces droits est la raison d’être de cette belle manifestation rehaussée par la présence des plus hautes autorités judiciaires, administratives, religieuses et coutumières des régions de Fatick,

Kaffrine et Kaolack. Le thème « Aucun enfant laissé pour compte pour le développement de l’Afrique » a été retenu, cette année, par l’Union africaine, pour évaluer sur l’ensemble du continent les progrès réalisés en faveur des droits de l’enfant. Pour M. Fall, il s’agit d’une obligation de redevabilité à laquelle chaque Etat est astreint envers sa jeunesse afin d’adresser les questions et les problématiques les plus urgentes, les plus prégnantes et d’y apporter des solutions pertinentes. Car l’Afrique compte une jeunesse dynamique constituant la moitié de sa population et dont les besoins en termes d’éducation, de santé, de formation, d’encadrement, etc., sont immenses. D’après lui, le Sénégal, qui n’est pas épargné par cette réalité, tente d’y faire face autant que ses moyens le lui permettent.

Approche-droit
En témoigne l’inscription de son système de protection sociale dans une perspective approche-droit, conforme à la convention des droits de l’enfant afin d’offrir à celui-ci des paquets de services et de transferts de nature à lui procurer une couverture maladie universelle sur des points liés à la prise en charge des médicaments, du traitement et de la vaccination, la gratuité des soins, les subventions et la garantie des mutuelles de santé. Aussi, a-t-il salué les efforts dans la recherche systématique de l’atteinte des Objectifs de développement durable (Odd) relatifs à l’amélioration de la santé de la mère et de l’enfant, l’amélioration de la nutrition et de l’alimentation scolaire, la mise en place d’une politique nationale de développement intégré de la petite enfance de zéro à six ans, la protection sociale de l’enfance en danger.

Selon le ministre de la Justice, le Sénégal place l’enfant au cœur de ses programmes et politiques de croissance inclusive et de développement durable afin de renforcer leur résilience face aux chocs conjoncturels en assurant un maillage satisfaisant du territoire national en institutions de prise en charge des enfants vulnérables. Parmi ces institutions, il y a la Direction de l’éducation surveillée et de la protection sociale qui joue un rôle important dans le rayonnement du service public de la justice. Sa directrice, Mme Ndèye Abibatou Youm Siby, a fait noter que 5.400 enfants ont été pris en charge dans le cadre de la protection sociale de l’enfance. Auparavant, le premier président de la Cour d’Appel de Kaolack, Ousmane Kane, avait évoqué les nombreux cas d’inceste et de pédophilie concernant des enfants dans des zones à vocation touristique et commerciale.

Mohamadou SAGNE   

Affaire de l’etudiant Elhadji Fallou Sene
«Le dossier suit son cours»

L’affaire Elhadji Fallou Sène, du nom de l’étudiant décédé lors d’une manifestation à l’université Gaston Berger de Saint-Louis, s’est invitée à la cérémonie de lancement de la Journée de l’enfant africain. Interpellé, Ismaila Madior Fall a fait savoir que « le dossier suit son cours ». « Le procureur de la République attend d’avoir des informations complémentaires pour poursuivre le travail qu’a commencé le procureur de Saint-Louis », a-t-il ajouteé. Selon lui, le temps de la justice n’est pas le temps ordinaire. « Les enquêtes doivent parfois prendre du temps. Mais, l’engagement que je prends, c’est qu’au niveau de la justice, ce qui doit être fait va être fait. Cela va se faire selon le temps de la justice et non pas de façon précipitée », a précisé Ismaila Madior Fall. « La justice œuvre pour la manifestation de la vérité. On doit être éclairé sur les conditions dans lesquelles cela a pu se faire. Et c’est à partir de ce moment que les décisions, qui doivent être prises au niveau de la justice, vont l’être », a-t-il indiqué.

M. SAGNE  

 


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