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Un an après le chavirement d’une pirogue qui a coute la vie a une vingtaine de femmes : Le port du gilet de sauvetage rendu obligatoire à Bettenty

08 Jui 2018
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A Bettenty, une véritable prise de conscience s’est instaurée dans les îles du Saloum depuis le chavirement d’une pirogue, en avril 2017, qui avait provoqué la disparition d’une vingtaine de femmes de ce village. Depuis lors, l’utilisation systématique du gilet de sauvetage est au bout des lèvres des populations

Dans cette île où nous nous sommes rendus, samedi dernier, les populations, principalement les femmes, parlent de l’utilisation systématique du gilet de sauvetage dans toutes leurs activités. Surtout les femmes du groupement « Yirwa » de 175 membres qui s’activent, depuis plus d’une quinzaine d’années, pour promouvoir le développement de leur terroir. Notamment à travers la transformation des produits halieutiques, l’ostréiculture par les  guirlandes, le reboisement de la mangrove, l’organisation fréquente d’opérations de nettoiement dans le cadre de l’assainissement du village et la participation aux activités liées à l’écotourisme.

Dans ces îles en général, les femmes sont connues pour leur bravoure et  engouement dans les activités quotidiennes d’exploitation des produits halieutiques, particulièrement la cueillette des huîtres. Un travail très prisé où la pirogue est couramment utilisée pour circuler à travers la mangrove non seulement pour la cueillette ou la pêche mais aussi pour le transport des personnes et des biens d’une île à une autre. La pêche constitue l’activité principale qui fait vivre les populations. Les femmes, en première ligne, s’adonnent, de manière artisanale, à la cueillette des huîtres et la transformation des produits halieutiques toutes espèces confondues. Mais, ce sont les insulaires, en général, qui n’avaient pas ce réflexe du port de gilet de sauvetage, une fois dans une pirogue, sans doute pour des considérations culturelles.

Rendre obligatoire le port du gilet
Les souvenirs sont restés vivaces qu’au moment du chavirement de leur pirogue sous l’effet d’un vent violent, les femmes de Bettenti, parties à la cueillette des huîtres ce jour-là, étaient environ 70 personnes à bord avec seulement deux hommes et aucun parmi ces passagers n’avait par devers lui un gilet de sauvetage. « A notre arrivée au poste de contrôle des pêches qui a été créé au lendemain de cette catastrophe, nous nous sommes attelés à rendre obligatoire le port du gilet de sauvetage par les populations insulaires avec une première dotation à l’époque d’une centaine de gilets par le ministère de l’Economie maritime. Ceci a suscité un certain engouement, installant une nette prise de conscience des populations, particulièrement les femmes », souligne M. Coly. Le chef du poste de contrôle des pêches de Bettenty d’indiquer le travail de sensibilisation qui a été mené jusqu’ici et de noter « que les hommes ont commencé à adopter les mêmes habitudes que les femmes sur le port systématique du gilet de sauvetage ».  

A cet effort des autorités du ministère de la Pêche, est venu s’ajouter l’appui des partenaires au développement comme le Fonds pour l’environnement mondial (Fem). Dans la mise en œuvre de ses projets financés pour la restauration de la biodiversité de l’écosystème de la mangrove, la dotation en gilets de sauvetage aux bénéficiaires figure en bonne place.

C’est le cas du Gie de femmes « Yirwa »  de Bettenti exécutant, depuis l’année dernière, un programme similaire à qui le Fem a attribué une centaine de gilets de sauvetage pour leur sécurité en mer. « Un geste que nous avons accueilli avec enthousiasme car, depuis le naufrage de Bettenty qui a endeuillé tout le Sénégal, nous avions décidé de ne plus aller à la cueillette des huîtres sans porter des gilets de sauvetage », déclare Mme Fatou Mané, la présidente de ladite organisation.

Des propos confirmés par Mme Saly Sène qui met en exergue l’importance du gilet. « Je n’avais plus le courage dans l’activité de cueillette des huîtres. Mais, aujourd’hui, grâce à ce projet financé par le Fem, nous avons la conscience tranquille », témoigne-t-elle. Ainsi, peut-on dire que le port du gilet de sauvetage a fini de s’imposer dans les mentalités des habitants de Bettenti et même dans d’autres localités où la pêche occupe le quotidien des populations.

L’espoir renaît à Bettenty
C’est le cas dans le village de Banny, à quelques encablures de Toubacouta, qui bénéficie également de ce même programme de restauration de la mangrove, exécuté par le groupement de femmes « Jambars ». La présidente de celui-ci, Mme Aminata Sarr, manifeste sa satisfaction. « Les gilets nous permettent de mieux nous protéger pendant les activités de cueillette des huîtres. Mais, notre seule préoccupation est de disposer d’une pirogue qui nous est propre. Car nous marchons à chaque fois à travers les bolongs pour cueillir les huîtres, ce qui est encore plus dangereux. La pirogue va nous permettre de mieux nous concentrer, mais surtout de produire des guirlandes pour accroître nos productions. »

Le Projet de micro financement du Fonds pour l’environnement mondial, qui intervient dans la zone insulaire du Delta du Saloum, est mis à profit, selon le coordonnateur Khatary  Mbaye, « pour doter les femmes de gilets de sauvetage ». « Cela veut dire que c’est important pour elles. L’espoir commence à renaître à Bettenti où nous avons constaté que le projet se déroule correctement.

Les femmes ont eu le courage, malgré toutes les difficultés, de s’organiser et de mener toutes les activités. Et d’après ce que nous avons entendu, il ressort qu’à la fin du projet, elles sont prêtes à poursuivre les activités même si elles n’ont pas de partenaire », fait-il savoir.


Reportage de Mohamadou SAGNE

 

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