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Arts et Culture (1924)

L’Union africaine de radiodiffusion (Uar) en collaboration avec l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (Ompi) tient, depuis hier, à Dakar, un séminaire sur la protection juridique des organismes de radiodiffusion et le numérique. L’objectif est d’améliorer les méthodes de gestion des droits pour renforcer le développement de l’industrie et de la production audiovisuelle africaine.

Le numérique change tout. Il est aussi à l’origine de nouvelles mutations auxquelles presque tous les secteurs sont obligés de s’adapter ou disparaître à petit feu. Dans le continent, l’avènement des Technologies de l’information et de la communication (Tic), à l’origine de la transition de l’analogie vers le numérique, font que les télévisions africaines se heurtent à une multitude d’enjeux et de défis par rapport, entre autres, à l’encadrement du secteur, le financement des contenus audiovisuels et le rôle du droit d’auteur pour le développement du secteur de la radiodiffusion.

Le séminaire sur la protection juridique des organismes de radiodiffusion et le numérique permet aux acteurs « de mieux comprendre et mieux utiliser la propriété intellectuelle et d’améliorer leurs méthodes de gestion des droits pour renforcer le développement de l’industrie et de la production audiovisuelle africaine ».

Selon Grégoire Ndjaka, directeur général de l’Union africaine de radiodiffusion (Uar), la place des droits d’auteurs dans les médias a été amplifiée par la migration de l’analogie au numérique et elle est devenue aujourd’hui une « question centrale » dans la problématique du financement des productions audiovisuelles. « Depuis la libéralisation de l’audiovisuel en Afrique, de nombreux acteurs sont entrés en jeu. Des chaines de radio et Tv privées ont vu le jour. Celles-ci diffusent à longueur de journée des films, des pièces de théâtre, des clips audio et vidéo, des documentaires très souvent produits par des particuliers et dans des conditions extrêmement difficiles », a-t-il indiqué, précisant que les auteurs de ces œuvres doivent être rémunérés. Or la contrepartie n’est pas toujours assurée par certains médias privés.

D’après lui, actuellement, les internautes ne se privent plus de télécharger et de diffuser sur les sites de « productions réalisées par « nos » chaines de radio et télévision et déjà protégées, très souvent au grand mépris du respect de celui ou ceux qui ont réalisé ces travaux ».

« Je ne parlerai pas ici de la contrepartie financière qui n’est jamais reversée à l’auteur du travail encore moins au média ayant acquis l’exclusivité de la diffusion et le droit d’appartenance de ces productions », a-t-il déploré.

Pour Carole Croella de l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (Ompi), l’approche du passage au tout numérique en 2020, avec plus d’un millier de chaines de Tv annoncées sur le continent, constitue un défi d’autant plus grand que la régulation du secteur est un domaine encore jeune en Afrique.

Viabilité du secteur audiovisuel
De son point de vue, la propriété intellectuelle constitue une composante im portante pour l’encadrement du secteur et pour atteindre certains objectifs tels que la promotion de contenus locaux, la mise en place de conditions propices à assurer la production et la diffusion de ces contenus locaux. « La radiodiffusion est une industrie dont le modèle économique repose sur le droit d’auteur et les droits voisins. L’exploitation du portefeuille de droits de propriété intellectuelle contribue à l’écosystème de l’audiovisuel et relie dans une chaine qui devrait être vertueuse, l’auteur, l’artiste interprète, le producteur et l’organisme de radiodiffusion », a-t-elle souligné, ajoutant que la juste rémunération de la créativité est indispensable pour assurer viabilité du secteur audiovisuel et de la radiodiffusion. Le secrétaire général du ministère de la Culture, qui a présidé la rencontre, considère que les mutations « en cours, qui vont bouleverser profondément le secteur de la radiodiffusion, présentent des enjeux techniques, économiques, culturels et sociétaux importants, mais aussi de redoutables enjeux juridiques ». Si le numérique présente un certain nombre d’opportunités, Birane Niang a informé qu’il s’accompagne aussi de menaces.

« Les accessibilités faciles qu’il offre, la concurrence accrue et l’appât du gain facile font subir le fléau de la contrefaçon aux organismes de radiodiffusion, fléau qui frappe aussi de plein fouet les autres acteurs de la chaine créative que les auteurs, les artistes interprètes et les producteurs », a-t-il fait savoir. M. Niang a relevé la nécessité de trouver des solutions pour faire face à ce défi.

D’où l’urgence, de son avis, d’adapter les structures de lutte contre la contrefaçon, jadis installées en contemplation de l’analogique, au nouvel environnement numérique.

Ibrahima BA


Le Sénégal, à travers l’Autorité de régulation des télécommunications et des postes (Artp), abrite, depuis hier et ce jusqu’à aujourd’hui, la huitième réunion du Comité des régulateurs nationaux de télécommunications (Crtel) de l’Union économique et monétaire ouest africaine (Uemoa). Cette rencontre est destinée à examiner des avant-projets de textes communautaires.

L’économie numérique est une des priorités de la commission de l’Uemoa guidée par le souci d’accompagner les Etats dans la mise en place des conditions d’optimisation de la contribution des télécommunications à la création de richesses pour le bien-être des populations. Cela s’est traduit par la création de la Direction de l’économie numérique. Cette huitième réunion du Crtel s’inscrit dans cette dynamique. Elle est destinée à examiner des avant-projets de textes communautaires. Il est question de l’homologation des équipements hertziens et terminaux de télécommunication et la reconnaissance mutuelle de leur conformité. Le cadre de coordination et de partage des fréquences radioélectriques dans les zones transfrontalières et maritimes est également inscrit dans les axes de réflexion. Il en est de même de la validation du document cadre relative à l’harmonisation des numéros d’urgences et des cadres d’accès à certains services, notamment la consultation de la messagerie vocale, la recharge de crédit et la consultation du solde de crédit.

Cette rencontre est d’autant plus importante qu’elle contribue largement à l’atteinte d’objectifs déjà fixés. « Elle favorise les échanges et la coopération entre les différents membres en vue de promouvoir l’intégration régionale, le développement des réseaux et les échanges intra-communautaires », indique Abdou Karim Sall, directeur général de l’Artp, pour qui cette rencontre témoigne de l’intérêt et de l’adhésion des régulateurs des Etats membres au processus d’intégration dans la sous-région.

Adhésion du Bénin au projet « Free roaming »
Il a ensuite magnifié les acquis engrangés avec le Crtel depuis sa création. Il est, à ses yeux, une tribune privilégiée pour les régulateurs et un creuset qui, au fil des années, est devenu indispensable pour conjuguer les efforts afin d’aller vers une meilleure harmonisation des législations et pratiques de régulation.

En marge de cette huitième réunion du comité des régulateurs nationaux de Télécommunications de l’Uemoa, le Bénin a officialisé son adhésion au projet de « Free roaming » en Afrique de l’Ouest, piloté par le Sénégal. Cinq adhésions avaient été jusqu’ici enregistrées sur les huit pays membres de l’Uemoa : Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Mali, Sénégal et Togo. Des discussions seront entamées avec la Guinée Bissau et le Niger dans les prochains jours pour l’intégralité du « Free roaming » dans l’espace Uemoa.

Alassane Aliou MBAYE

La 10ème édition du festival « Koom-Koom » se déroule, du 12 au 17 décembre, à Ziguinchor. Un événement culturel de dimension sous-régionale, à l’initiative du Gie « Goorgoorlou », placé sous le signe du cousinage à plaisanterie et de la promotion de la destination touristique de Casamance.

Les différentes délégations sont attendues ce mercredi, à Ziguinchor, pour le démarrage de la 10ème édition du festival « Koom-Koom » qui se déroule du 12 au 17 décembre. Les activités du festival démarrent demain, jeudi, avec la rencontre entre acteurs culturels, Sodav, Cmu, consultants et experts, suivie d’une présentation de spectacles des terroirs et communautés à la Place Bambaya, site du festival au quartier Peyrissac de Ziguinchor. Le lendemain, vendredi, deux rencontres dont une sur le cousinage à plaisanterie et une autre sur la grappe : tourisme, industries culturelles, artisanat et environnement (Ticae) précéderont l’ouverture officielle qui sera suivie du vernissage de l’exposition sur la calebasse et autres.

L’ambition des organisateurs du festival « Kom Kom » est, selon Khalifa Dramé, à travers ces deux sujets de discussions, « d’accompagner les politiques gouvernementales sur les deux secteurs clés que sont la culture et le tourisme mais également sur l’environnement et l’artisanat ». Selon M. Dramé, le Sénégal étant une terre de culture et d’échanges, l’événement « contribue ainsi à l’édification d’un monde de paix et de justice fondé sur le respect des différences, expressions plurielles de valeurs fondamentales communes à toute l’humanité et pour lesquelles le cousinage à plaisanterie peut jouer un grand rôle ».

Par ailleurs, ajoute le promoteur du festival, au plan touristique, « la destination de la Casamance dont le chef de l’Etat s’est engagé à faire une zone à vocation touristique prioritaire, a plus que besoin d’une bonne politique de promotion en tenant compte des statistiques et prévisions de l’Omt sur les destinations à vocation culturelle ».

Les organisateurs restent convaincus que pour un tourisme durable en Casamance, il faut renforcer la culture, l’artisanat et l’environnement. Ainsi, à travers le festival « Kom Kom », le Gie « Goorgoorlou » veut apporter sa contribution au développement durable en Casamance en impliquant les autorités régionales pour la réussite du festival. L’édition de cette année sera marquée par plusieurs manifestations, dont un week - end presse et Eductour, carnavals des cultures et de la diversité, spectacles, concerts, expositions et fora sur les sujets précités.

Mouhamadou SAGNE, Envoyé spécial

La cérémonie de remise des Grands prix du président de la République pour les Arts et les Lettres est prévue le 19 décembre au Grand Théâtre national. En prélude à cet événement, le comité d’organisation a dévoilé, hier, la liste des candidats nominés dans ces deux sphères d’expression et de créativité au cours d’une conférence de presse.

Chapeauté par le ministère de la Culture, la remise des Grands prix du président de la République pour les Arts et les Lettres, qui n’a pas été organisé depuis 2012, célèbre la créativité artistique et littéraire. L’édition 2017 ne s’affranchit pas de cette tradition. Elle s’inscrit dans le cadre de l’année internationale de la culture. Le ministère de la Culture a mis en place un dispositif et constitué un jury pour les Arts et un autre pour les Lettres composé de personnes tirant leur légitimité de leurs parcours louables et de leurs expériences considérables. Le premier est présidé par le metteur en scène Jean Pierre Leurs et le second par le professeur Alioune Badara Diané.

En ce qui concerne les Lettres, 66 œuvres ont été reçues. Dix d’entre elles ont été nominées. Il s’agit de « La fileuse d’amour » d’Andrée-Marie Diagne Bonané, « Les trésors du chaos » d’Habib Demba Fall, « La malédiction de Raabi » de Moumar Guèye, « Errance » d’Ibrahima Hane, « Sabaru Jinne. Les tam-tams du diable » de Pape Samba Kane, « Un indigène à Gorée » de Moustapha Ndéné Ndiaye, « Les marrons glacés » de Samba Ndiaye, « Les songes de Nseka » de Jules Ndotty, « L’écharde des jumelles » de Mamadou Samb et « Fergo. Tu traceras ta route » de Rahmatou Samb Seck.

Pour le Grand prix des Arts, il y a eu plus de 300 candidats avec les rubriques suivantes : musique, mode et stylisme, cinéma et audiovisuel, arts visuels, arts dramatiques, cultures urbaines, danse. Cinq postulants ont été nominés. L’artiste musicien Baaba Maal, le cinéaste Ousmane William Mbaye, la styliste Stéphanie Yandé Sène, le peintre Amary Sobel Diop et la comédienne et metteur en scène Assy Dieng Bâ.

Les deux Prix des Arts (le Grand Prix et celui d’encouragement) sont dotés de 10 millions FCfa. Il en est de même pour les prix des Lettres.

A. Aliou MBAYE

A l’initiative l’Organisation internationale de la Francophonie (Oif), Dakar accueille, jusqu’au 16 décembre, un atelier régional de formation de journalistes culturels d’Afrique de l’Ouest sous le thème: « La critique face aux enjeux culturels ». Ce séminaire se veut un cadre d’échanges et de partage d’expériences, mais également une opportunité de renforcement de compétences.

La promotion de la diversité culturelle est au cœur du projet francophone. Dans cette logique, l’Organisation internationale de la Francophonie (Oif) cherche à renforcer son offre en formations à destination des journalistes culturels. C’est dans cette dynamique que s’inscrit l’atelier régional regroupant une vingtaine de participants venus de 9 pays sous le thème: « La critique face aux enjeux culturels ». Hier, à la cérémonie d’ouverture, Toussaint Tiendrébéogo, spécialiste de programme, chargé des politiques de développement des industries culturelles à l’Oif, a rappelé qu’« il ne peut y avoir de diversité culturelle que dans l’égale dignité et respect des cultures et qu’à la condition que toutes les cultures aient la capacité de s’exprimer avec la même vigueur ». Dans ce processus, a-t-il poursuivi, le rôle des journalistes est d’une importance capitale. « Vous êtes des acteurs incontournables pour contribuer à l’amélioration du niveau de compréhension des enjeux culturels auprès des décideurs publics et des populations et pour faire reconnaître la contribution des arts et la culture dans la transformation des sociétés et le développement de vos pays », a lancé T. Tiendrébéogo à l’endroit des participants. Sur la même ligne, il a souligné : « Décrypteur du travail des artistes ou des manifestations culturelles, le journaliste culturel, par son regard, son analyse, peut avoir une influence (positive ou négative) plus ou moins importante sur l’accueil que recevra un projet artistique ou un évènement culturel auprès du public ».

Présidant la cérémonie d’ouverture, le ministre sénégalais de la Culture, Abdou Latif Coulibaly, a relevé : « Il est essentiel que tous les acteurs qui ont pour missions de parler de la culture, de l’étudier, de rendre compte de ses diverses expressions, puissent être outillés pour que les publics cibles deviennent des publics avertis et enclins à respecter et à défendre la culture et les arts ».

Au regard de M. Coulibaly, « l’art et la culture sont des miroirs des individus et des peuples ; le journaliste culturel contribue à réfracter ce miroir pour qu’il soit plus éclatant ». Pour lui, il s’agit surtout d’appréhender tous les enjeux actuels de la culture devenue un secteur encore plus complexe en raison des mutations induites par le développement du numérique, lequel a des incidences énormes sur l’économie de la culture.

Au bout de 6 jours d’atelier, il s’agira d’améliorer le niveau d’information et de compréhension des journalistes sur les enjeux culturels, de transmettre des outils d’analyse critique d’œuvres culturelles. Ce, dans l’optique de renforcer leur travail de médiation auprès des publics.

E. M. FAYE

Le week-end dernier a été mis à profit par la communauté sérère Ndut de la commune de Montrolland et environs, pour revisiter, le temps des journées culturelles, le patrimoine matériel et immatériel de leur culture. Des moments intenses de communion entre les anciens, les jeunes et les femmes.

Lancées sur la place publique de la commune de Montrolland, vendredi, les journées culturelles au pays sérère Ndut ont fini de requinquer une génération qui n’a pas eu la chance de vivre avec les anciens, gardiens du patrimoine culturel local. Face au public, Thomas Gana Douf, chercheur en tradition orale du Ndut, est revenu sur l’historique d’un groupe qui a su conserver son autonomie, son indépendance totale par rapport aux royaumes du Cayor et du Baol. Une prouesse réussie grâce au choix de l’implantation de leurs villages au cœur d’une forêt, jadis très dense, protégée par des collines difficiles d’accès, d’après le colonisateur français. « Cette barrière naturelle a aidé nos anciens à garder intact un système social bâti sur le matrilignage tout comme l’organisation familiale et villageoise axés sur l’autorité des chefs de lignages mais aussi leur propre langue qui témoigne encore de l’originalité du groupe Ndut », a-t-il indiqué.

Dans cet espace, au nord-ouest du Sénégal, parsemé de 23 villages entre la falaise de Thiès et le lac Tanma, s’étend le pays « Ndut » jusqu’à l’océan Atlantique. Là, un mode de vie et de production s’est développé, conservé et aspire, aujourd’hui, à être légué aux générations futures, celles du numérique.

Selon Thomas Gana Diouf, sachant qu’au rendez-vous du donner et du recevoir, chaque groupe, chaque peuple doit venir avec ses us et coutumes, bref, sa plus-value culturelle, c’est toute la quintessence de la tenue des journées culturelles du « Ndut ».

Dans la prestation de la troupe de Montrolland, au-delà des belles chansons entonnées, de l’accoutrement, des outils exhibés ; la chorégraphie entamée soutenue par un gestuel expressif, permet aux spectateurs de comprendre qu’il s’agit de la danse d’après-récoltes. Une manière de rendre grâce à Dieu pour avoir béni l’hivernage.

Habillés de pagnes tissés traditionnels cousus à la main, les hommes, coiffés de chapeaux confectionnés à partir de feuilles de rônier, les femmes drapées de boubous en coton teints à l’indigo, des colliers de perles autour du cou, calebasse sur la tête, ont tenté de replonger les jeunes Ndut dans l’atmosphère de leur culture ancestrale. Au cours de la soirée culturelle, toutes les autres étapes qui ponctuent la vie du Ndut, garçons, hommes, filles et femmes ont été revisitées. Fatou Diouf, une jeune fille, tablette en main, a tenu à filmer tout cela pour, dit-elle, « garder ces moments en archives, apprendre les chansons mais aussi le cérémonial des préparatifs d’une fille épousée pour la nuit nuptiale ». Etant née à Thiès et grandie à Dakar, elle se souvient, vaguement, toute petite, que sa grand-mère lui racontait souvent cette étape ô combien importante dans la vie d’une jeune fille. « Je compte partager cela, une fois de retour à Dakar, avec mes amies qui n’ont pas pu faire le déplacement à Montrolland pour vivre ces journées culturelles », a-t-elle ajouté.

S’approprier sa culture
En bon Hal Pulaar, Mouhamadou Sow, adjoint du sous-préfet de l’arrondissement de Pambal, s’est basé sur le cousinage à plaisanterie entre Sérère, Diola et Pulaar pour délivrer son message, en tant que représentant de l’autorité administrative locale. « La culture est le socle, la plateforme de la Nation sénégalaise car elle fait de notre diversité une force de convergence, de stabilité politique, sociale et économique, source de tout développement », a-t-il déclaré.

Dans ce chantier de la construction nationale, Mouhamadou Sow a invité les jeunes et les femmes du pays Ndut à s’approprier l’héritage culturel que leurs aînés tentent de les imprégner. « En vous mettant au-devant de la scène, ils veulent galvaniser et conscientiser davantage la jeunesse dans sa position avant-gardiste de future dépositaire du patrimoine culturel Ndut, a-t-il noté.

Sur le même tempo, Yves Lamine Ciss, maire de la commune de Montrolland, a exhorté la jeunesse à cultiver la fraternité, la sportivité en toute circonstance. « Car, à travers les séances de lutte traditionnelle, les anciens cultivaient certes la bravoure, mais surtout le respect de l’adversaire et du public par un comportement exempt de tout reproche dans la victoire tout comme dans la défaite », a-t-il rappelé. C’est pourquoi, le maire a invité la jeunesse actuelle à faire siens ces comportements exemplaires partout sur le champ social.
Les journées culturelles de Montrolland ont été clôturé dimanche, par une séance de lutte.

Mbaye BA

Publié à la maison d’édition Edilivre de France, « Exemple de développement » est le tout premier essai de l’infirmier Pierre Gnougane Diène. L’ouvrage propose des pistes de solutions pour l’émergence économique du Sénégal d’ici les cinq prochaines décennies.

Jeune diplômé dans le domaine de la santé, Pierre Gnoungane Diène a décidé de sortir des sentiers battus pour explorer l’univers complexe et tumultueux des théoriciens du développement. En publiant « Exemple de développement », il a voulu apporter sa pierre à la construction d’un Sénégal émergent à l’orée des 5 prochaines décennies. Cet essai édité par la maison d’édition française Edilivre offre des arguments, critiques et solutions dans l’objectif de bâtir un modèle de développement en conformité avec nos réalités sociales ainsi que nos atouts dans les différents domaines. « Le développement, c’est le fait qu’un pays puisse s’autogérer dans le domaine économique, social, politique et culturel. C’est aussi une façon, pour ce pays, de pouvoir satisfaire les besoins fondamentaux de sa population », soutient l’auteur.

D’emblée, Pierre Gnougane Diène invite à un changement de mentalité pour poser les véritables jalons de cet essor économique. Pour ce faire, il reste convaincu qu’il faut mettre l’accent sur l’éducation, prioriser la santé et la culture, tout en cultivant l’entre-aide entre les différentes couches de la société. L’écrivain exhorte également à contrôler les naissances pour harmoniser la situation économique des familles. Sur le plan agricole, la mise en place d’une plan quinquennal dénommé « Plan doundal sama rew », selon lui, permettra à notre pays d’atteindre l’autosuffisance alimentaire. L’ouvrage donne aussi des solutions face à l’exode rural. En effet, pour lutter contre ce phénomène, Pierre Gnoungane Diène juge nécessaire de procéder à l’élargissement de la capitale, en créant d’autres métropoles « très » importantes sur le plan économique, social et culturel.

Ibrahima BA

La 3ème édition des « Talents d’or » se tient samedi, 16 décembre, sur l’esplanade du Grand Théâtre de Dakar. L’événement vise à faire la promotion des jeunes talents sénégalais dans plusieurs secteurs des arts et spectacles.

Papa Alioune Sakho dit « Fata », promoteur de la manifestation, a indiqué, hier, que le concept des « Talents d’or » vise à promouvoir les jeunes. Pour chaque année, de grands artistes sont choisis pour animer cet évènement riche et composé de diverses prestations. Il y aura les concours « Miss », d’éloquence, de « break dance » et de roller, pour 140 personnes mises en compétition et à prendre en charge par le comité d’organisation.

Cette année, la journée nationale verra la participation des 14 régions. Pour la sélection des artistes, les organisateurs sont aidés par les bureaux Cultures urbaines installées dans chaque région. Mais, Papa Alioune Sakho et son équipe comptent se rendre dans toutes les régions du Sénégal pour procéder aux présélections lors des éditions prochaines. « Il y aura un concert, en première partie avec Jessica Loraine, Sidy Diop, El hadji Keïta, Momo Dieng et Bidew Bu Bess, qui sera clôturé par Viviane Chidid », a précisé M. Sakho. Il a, à l’occasion, tiré un bilan satisfaisant des deux précédentes éditions. « Nous voulons pérenniser cette activité qui va nécessiter un budget global de 22.200.000 FCfa », a-t-il laissé entendre non sans dire que leur défi : atteindre dix mille personnes samedi, à l’esplanade du Grand Théâtre. L’entrée est gratuite.

Serigne Mansour Sy CISSE

L’Organisation des professionnels des technologies de l’information et de la communication (Optic) a organisé, hier, une journée de réflexion sur « Le rôle du secteur privé des Tic dans le développement de l’économie numérique au Sénégal ». La rencontre a été présidée par le ministre de la Communication, des Télécommunications, des Postes et de l’Economie numérique, Abdoulaye Baldé.

L’apport du secteur privé dans le développement des Technologies de l’information et de la communication semble être primordial. C’est, sans doute, la raison pour laquelle l’Etat du Sénégal, dans le cadre de la Stratégie Sénégal numérique 2025 (Sn 2025), dont l’ambition est d’arriver à 300 milliards d’augmentation de Pib par effet d’entrainement sur les autres secteurs, a décidé que plus de 70% des 1.300 milliards de FCfa de ce projet soient financés par le privé. Il s’agit donc de faire du privé l’acteur et le contributeur principal de ce programme constituant un catalyseur pour les autres secteurs d’activités de notre pays.

L’Organisation des professionnels des technologies de l’information et de la communication (Optic), a avancé son président, doit être au cœur de la transformation digitale au Sénégal pour accompagner la mise en œuvre de la Sn 2025. Antoine Ngom, qui s’est exprimé dans le cadre de la journée de réflexion sur « Le rôle du secteur privé des Tic dans le développement de l’économie numérique au Sénégal », a exhorté le privé à prendre des initiatives après que l’Etat a donné des orientations. Il a appelé ses homologues à améliorer le rassemblement pour une plus grande représentativité. M. Ngom, qui s’est félicité, entre autres, de la démarche inclusive de la tutelle dans le cadre de la Stratégie Sénégal numérique 2025, la création du Conseil national du numérique, les licences d’opérateurs mobiles virtuels (Mvno). Mais aussi la mise en place du Fonds universel des télécommunications, l’ouverture des télécommunications de nouveaux acteurs à travers les Fai (Fournisseurs d’accès Internet).

SN 2025 bientôt mis en œuvre
Toutefois, Antoine Ngom a tenu à rappeler la nécessité de procéder à un certain nombre d’améliorations dans la Sn 2025. Il s’agit notamment de la mise en place rapide d’un comité interministériel de pilotage du projet, du rythme d’avancement des travaux du Parc des technologies numériques de Diamniadio. « Les acteurs ne sont pas satisfaits de la manière dont le projet est mené. On n’a pas de temps à perdre. Il faut qu’on améliore notre capacité d’exécution », a-t-il soutenu.

Le ministre de la Communication, des Télécommunications, des Postes et de l’Economie numérique, qui a présidé l’ouverture de cette journée dont l’objectif est de permettre à l’ensemble des entreprises du secteur de se réunir autour d’une réflexion commune sur les grands enjeux du numérique et formaliser la contribution du secteur privé dans la mise en œuvre de la stratégie Sn 2025, a tenu à rassurer par rapport à la volonté de l’Etat de favoriser le partenariat avec le secteur privé national. Abdoulaye Baldé a annoncé l’engagement « sans faille » de son département à apporter des « réponses idoines » aux préoccupations des acteurs. « Le secteur des Tic représente une part importante de l’économie nationale avec une contribution de plus de 12% aux recettes budgétaires de l’Etat », a informé M. Baldé. D’ailleurs, d’après lui, c’est pourquoi le gouvernement a adopté la Stratégie Sénégal numérique 2025 articulée autour de 28 réformes et 69 projets innovants pour un budget de plus 1.361 milliards de FCfa dont 76% attendus du secteur privé. « La promotion d’une industrie du numérique innovante et créatrice de valeur ajoutée pour un meilleur épanouissement du secteur privé des Tic au Sénégal passe par la mise en œuvre de productions susceptibles de booster les investissements dans le secteur de l’économie numérique », a dit le ministre.

Abdoulaye Baldé a indiqué que la Sn 2025 sera bientôt mise en œuvre. Il a relevé la nécessité de créer un environnement favorable pour attirer les investisseurs. C’est ce qui justifie, a-t-il avancé, l’engagement de son ministère, en procédant à des mesures incitatives favorables à l’investissement privé dans l’économie numérique et en encourageant le renforcement des capacités en ressources humaines. Mais également en travaillant à la promotion du haut débit et l’accès à Internet sur tout le territoire national ainsi que la mise en place d’une réglementation propice à l’entrée de nouveaux acteurs et en garantissant les conditions d’une saine concurrence.

Ibrahima BA

La région de Kolda sera représentée à la 10ème édition du Fesnac, prévue du 20 au 23 décembre à Louga, par le groupe « Foyre Fouladou » de Pakour et les troupes « Jalaba » et « Fankanta ».

Les troupes artistiques devant représenter la région de Kolda à la 10ème édition du Festival national des arts et de cultures (Fesnac), prévue du 20 au 23 décembre, à Louga, sont désormais connues. Il s’agit, pour la musique, du groupe « Foyre Fouladou » de Pakour, dans le département de Vélingara, de « Jalaba » de Kolda pour le théâtre et de « Fankanta » pour la danse. Elles ont été sélectionnées par un jury régional chargé d’évaluer les prestations artistiques des représentants de la région de Kolda à cette grande manifestation culturelle et artistique. Au total, 8 groupes ont été auditionnés par les membres du jury dans les départements de Kolda et de Vélingara. Pour les critères d’évaluation, le jury s’est focalisé sur le jeu de l’acteur, le décor et la mise en scène pour le théâtre, tandis que pour la musique, il s’est basé sur les efforts dans les compositions, la qualité vocale et l’harmonie entre les instruments. Pour la danse, le jury a mis l’accent sur la précision des mouvements, la rythmique, le respect du thème de la présente édition du Fesnac et l’occupation de l’espace.

« Nous avons eu à effectuer des auditions régionales dans chaque capitale départementale. D’abord, nous avons commencé par l’étape de Kolda avec les troupes de danse et de théâtre, malheureusement pour la musique, les musiciens ne se sont pas présentés malgré la large diffusion de l’information que nous avons faite et la tenue des Cdd de sensibilisation dans les trois départements », déclare Abdoulaye Lamine Baldé, directeur du Centre culturel régional de Kolda.

Par contre, à l’étape de Vélingara, les différentes expressions artistiques (danse, musique et théâtre) étaient toutes représentées alors qu’à Médina Yoro Foulah, les artistes ont brillé par leur absence. Une situation que déplore le directeur du Centre culturel régional de Kolda qui espère, tout de même, que les trois représentants du Fouladou à cette 10ème édition du Fesnac vont décrocher des prix dans la capitale du Ndiambour. Il faut dire que le choix de ces groupes ne s’est pas fait au hasard.

La troupe « Fankanta » est un habitué du Fesnac dont elle a participé à toutes les éditions. Idem pour « Jalaba » dont certains artistes ont souvent été sélectionnés pour renforcer l’ossature de la troupe régionale qui représentait le Fouladou aux différentes éditions du Fesnac.

Le groupe « Foyre Fouladou » de Pakour bien que novice des grands rendez-vous culturels et artistiques, avait décroché le 3ème prix en musique à la dernière édition du Fesnac tenue en 2016 à Kolda.

Mamadou Aliou DIALLO

Devant donner un concert à la Place du souvenir africain samedi dernier, l’artiste ivoirien, Dj Arafat, a fait faux bond au public dakarois. Il a refusé de monter sur scène à la suite de désaccords avec les promoteurs de cet événement.

Sur sa page officielle Facebook, l’artiste ivoirien, Dj Arafat, a motivé son refus de monter sur scène par la mauvaise promotion de l’événement par l’organisateur Defko Africa. Ange Didier Houon, son nom à l’état civil, fait également grief au promoteur du concert de ne lui avoir pas payé l’intégralité de son cachet. Dans un communiqué qui nous est parvenu, Defko Africa s’est défendu contre ces accusations. « Nous avons tenu tous nos engagements contrairement à ce qui a été déclaré par l’artiste qui s’est empressé de faire un direct sur sa page Facebook au moment où il devait être sur scène », réfute-t-il tout en présentant ses excuses au patient et indulgent public à qui les modalités de remboursement ont été communiquées.

En ce qui a trait à la promotion de l’événement, les organisateurs indiquent avoir investi tous les supports susceptibles de toucher le maximum de personnes (campagnes digitales, affichages 6X3, audiovisuelles). Par ailleurs, Defko Africa et ses partenaires ont tenu à préciser que Dj Arafat, un des ambassadeurs du « Coupé-décalé », a reçu la moitié de son cachet depuis le 3 octobre 2017 à Abidjan, date de la signature du contrat ; l’autre partie lui devant être remise une fois à Dakar suivant des clauses insérées dans le contrat. Il devait percevoir la moitié du reliquat une fois arrivé et le reste avant de monter sur scène. Une kyrielle de « couacs » qui incomberaient à cet artiste fantasque a conduit à la confusion ce qui devait être une fête.Malgré le « non-respect de ses engagements », l’artiste aurait demandé de recevoir le reliquat, sans avoir au préalable réparé les préjudices, avant de monter sur scène. Pour rappel, depuis le 07 décembre, Dj Arafat devait être à Dakar, animer une conférence de presse le lendemain, participer à des émissions dont un live sur une radio, rencontrer des ressortissants ivoiriens… « Il a choisi de venir le jour même du concert après avoir changé deux fois de vol aux frais du promoteur. Ce qui a perturbé tout le programme au point que plusieurs personnes ont douté de la tenue de ce concert... », déplorent les promoteurs.

Le public, d’une affluence peu flatteuse, grelottant de froid et ressassant les antécédents de cet « ampoulé » artiste, s’est contenté des belles prestations des artistes locaux Safari, de la prometteuse chanteuses Abiba, et de quelques amusants « acrobates ». Aux alentours d’une heure du matin, lasse d’attendre, l’assistance s’est éclipsée. L’enthousiasme suscité par la venue du récidiviste artiste a fait place à la rouspétance.

Alassane Aliou MBAYE

Dans le cadre de la 4ème édition du Festival du film documentaire de Saint-Louis, Mamadou K. Gueye a présenté son court-métrage « Kédougou » en compétition. Titulaire d’un certificat de maîtrise en histoire, M. K. Gueye se souvient que lors des cours, les étudiants étaient admiratifs lorsque le Professeur Ibrahima Thioub évoquait les événements de 1962. Fasciné par cette histoire post-indépendance, le jeune réalisateur est allé à la prison de Kédougou où Mamadou Dia était détenu. Ce qui intéressait Mamadou K. Gueye, c’était le rapport entre les populations locales et ce lieu de détention. Enfant, pour le réalisateur, Kédougou était synonyme d’éloignement, de chaleur, de punition. Sur place, il a visité la prison et rencontré Ibrahima, le personnage principal du film. Il squatte et vit dans ce qui fut un lieu de détention. A travers la fonderie, il travaille dur pour gagner difficilement sa vie. L’idée du réalisateur est de combiner la grande histoire de Mamadou Dia et la petite, celle d’Ibrahima dans un film politico-social. Comme un écho, la voix de Mamadou Dia résonne dans les murs de la prison avec une mise en scène de la parole au travers des discours de l’homme politique.

E. M. FAYE

Avec la 4ème édition du Festival du film documentaire de Saint-Louis, organisé du 4 au 9 décembre, ce genre cinématographique a retrouvé un regain d’intérêt. D’où le choix de la réalisatrice Safi Faye comme invitée d’honneur.

L’évènement est d’envergure internationale. Le 4ème Festival du film documentaire de Saint-Louis, qui s’est déroulé du 4 au 9 décembre, a servi de pont de convergence annuelle des professionnels du film documentaire africain et des cinéastes en provenance du monde entier ayant tourné sur le continent. Pour les organisateurs, Docmonde, les Films de l’Atelier, Sunuy films, Krysalide Diffusion, Lumière du Monde, en partenariat avec l’Université Gaston Berger, l’Institut français de St-Louis.., « au-delà de l’intérêt cinématographique du festival qui est évidemment essentiel, cet événement vise à soutenir avec conviction le dialogue interculturel. Il s’agit bien de contribuer en priorité au rayonnement de la culture documentaire africaine sur l’ensemble du continent et au-delà ». Ce rendez-vous annuel réunit plus de 80 de professionnels du cinéma et de l’audiovisuel africains et européens autour de rencontres de coproduction, d’ateliers d’écritures et de conférences. Des cinéastes, des producteurs, des diffuseurs (télévisions, festivals), des institutionnels, ainsi que des journalistes africains et européens. Ces professionnels sont venus, cette année, de 14 pays : Algérie, Belgique, Bénin, Burkina Faso, Burundi, Cameroun, Côte d’Ivoire, France, Mali, Maroc, Niger, Sénégal, Suisse et Togo.

Cette 4ème édition du Festival a été rythmée par des projections-débats en plein air dans une dizaine de quartiers de la ville, dans des établissements scolaires, au Crds, au Château, à l’Institut français et à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis autour d’une programmation de 50 films documentaires, d’hier et d’aujourd’hui, dont une sélection officielle compétitive. Des projections-débats qui rassemblent tous les ans près de 10.000 spectateurs.

18 projets de films présentés
Le Festival, c’est également les 15e Rencontres « Tënk » de coproduction autour de 18 nouveaux projets de films-documentaire en écriture portés par de jeunes auteurs africains. Sur ce registre, le Sénégalais Mamadou Moustapha Sangharé a présenté son projet de film intitulé « Sur le chemin d’Haïti ». Le jeune réalisateur y évoque la détresse des enfants en difficulté scolaire. Ainsi, la trame du film repose sur la place de l’enfant, de l’adolescent dans le système éducatif.

« Haïti nous renvoie à tout le système scolaire sénégalais secoué par les grèves répétitives, les classes surchargées, le manque de formation des professeurs, les abris provisoires devenus salles de classe, etc. Dans son dispositif de tournage, Sangharé va s’appuyer sur son expérience d’enfant en difficulté en faisant une immersion au cœur des préoccupations de ces jeunes avec des discussions. « Je vais raconter mon histoire et celle de ces enfants », a expliqué le réalisateur.

Pour l’enseignant, critique cinéma, Baba Diop, « l’intérêt du film est de donner toute la parole aux élèves qui analysent, jugent avec leur point de vue, leur regard sur le système scolaire ». Pour sa part, le producteur Sébastien Tendeng a jugé que le film est éminemment politique car interrogeant le contenu que l’on enseigne depuis la colonisation et qui n’est pas adapté aux enfants. De quoi ajouter au coup de gueule de Sangharé. « Nous n’apprenons pas suffisamment sur nous-mêmes. Nous apprenons plus sur les autres », a-t-il déploré.

Autre préoccupation de réalisateur, celle du Togolais Yannick Edoh Glikou. Il braque sa caméra sur la problématique de l’émigration au travers de son film « Shengen, ouvre-toi ». La trame se déroule entre frustrations, colère, joie, avec des parcours contrariés.

A Lomé, la capitale togolaise, les agences d’émigration pullulent dans chaque quartier et à tous les carrefours. Pour mieux analyser le phénomène, Yannick E. Glikou pose son poste d’observation dans celle de Fo Mike. Il est « facilitateur » et « négociateur ». Son travail consiste à instruire les dossiers des candidats à l’émigration auprès des chancelleries occidentales (France, Usa, Canada, etc.) Entre les quatre murs de l’agence, le réalisateur pose sa caméra pendant plusieurs jours et recueille les histoires des candidats. « Ce dispositif nous permet de croiser différents destins et d’entendre des histoires qui nous parlent de la situation du pays et du continent », a commenté Yannick E. Glikou. Pour porter le mécontentement des différentes candidatures, le réalisateur utilise beaucoup de plans fixes car les gens seront dans la confidence. Pour sa part, le réalisateur algérien Redha Menassel a posé un regard sur le rétroviseur avec son film « Black decade, musica non grata » en référence à la décennie sombre que l’Algérie a vécu dans les années 1990.

En 1991, Redha a 12 ans quand il découvre les rythmes endiablés de la musique métal au moment même où les premières exactions du Fis (Front islamique du salut) terrorisent la capitale. Peu à peu, il se laisse submerger par cette musique alors que les attentats et assassinats sèment l’horreur dans toute l’Algérie. Comme un exutoire, les jeunes s’orientent de plus en plus vers cette expression artistique. C’est dans ce climat de terreur et parallèlement à la montée en puissance des intégristes religieux barbus que le mouvement des métaux chevelus investit la place publique. Aujourd’hui, Redha est journaliste et toujours fan de musique « Metal ». Il souhaite revenir, avec les principaux protagonistes de l’époque, sur ce mouvement de résistance culturelle qui a opposé deux conceptions, deux idéologies. « Le terrorisme a été vaincu militairement mais pas dans les esprits », a lancé le réalisateur qui s’est donné comme crédo : la musique pour oublier l’horreur.

Par E. Massiga FAYE

Je n’entendais plus rien… Je voulais qu’ils s’en aillent, qu’ils sortent de chez moi et me laissent seule. De toutes les façons je n’irai pas là-bas.Je suis retournée retrouver les enfants dans ma chambre, regardant un dessin animé. Ils étaient baignés et avaient mangé, j’étais reconnaissante envers leur nounou qui avait pris soin d’eux. Je refermais la porte de ma chambre et montais sur le lit avec eux. Nous nous sommes endormis ainsi tous les 3. Je me suis réveillée ankylosée vers 2h du matin, les enfants, eux dormaient. J’ai aperçu mon père endormi sur canapé du salon en allant chercher de l’eau. Il n’y avait plus personne. Je suis allée lui chercher une couverture et un oreiller dans la chambre d’amis. J’achevais cette nuit entre pleurs et prières… Plus résolue que jamais à ne pas me plier au dictat de la société, cette même société qui m’a rejetée. Cette même société qui nous a refusé le bonheur au grand jour et nous a condamné à vivre cachés. C’est devant cette société qu’aujourd’hui on souhaite m’exhiber comme un butin de guerre. Nous avions choisi de vivre en marge de son regard, même si nous en avons soufferts. Ce ne sera pas aujourd’hui que cela va changer. La sonnette de l’entrée m’a tirée de mon sommeil, 6h02 sur le réveil de la table de chevet. Qui cela pouvait-il être à cette heure ? Mon père m’a précédée à la porte et tombe nez à nez devant une femme d’âge mûr. Grande et mince, très claire. Vêtue d’une robe brodée blanche avec un grand châle sur la tête et un chapelet à la main, les yeux rouges et enflés, de trop de pleurs et pas assez de sommeil. J’ai su qui elle était avant même que mon père ne lui pose la question. « Laisse-la entrer papa, c’est la mère de Demba »


Elle entre dans l’appartement sous le regard incrédule de mon père et s’arrête dans le vestibule ne sachant où aller. J’entre dans le salon où je l’invite à me suivre et lui indique un fauteuil. Elle y prend place et je m’installe en face d’elle. Le silence devient pesant. Mon père a préféré se réfugier dans la cuisine. Je sens l’odeur du café. Coumba Ly Sow, dans mon salon ! La mort de Demba était la seule chose capable de faire se produire un tel événement. N’était-elle pas celle qui disait dans un passé récent « tant que je serai en vie, je ne partagerai pas la même pièce avec cette griotte, à plus forte raison des liens de parenté. Nous n’avons qu’un seul rapport avec des gens comme elles, leur donner de l’argent quand ils chantent nos louanges » Qu’est ce qui a bien pu lui faire changer d’avis ? Ah oui, Demba était mort ! Son tout ! Le silence dans la pièce est assourdissant. Seul le ronronnement apaisant de la machine à café dans la cuisine, le brise. J’ai beau être tendue et sur mes gardes, je ne peux m’empêcher de voir la grande ressemblance entre elle et son fils. Il était sa version masculine. Tout en elle me rappelait Demba. Ses yeux, ses lèvres, ses mains, sa manière de se tenir droite… Je n’arrivais pas à détacher mon regard d’elle. Je revoyais Demba, un flot de souvenirs m’envahissait. Cette première rencontre… Ce premier baiser… Notre départ catastrophe à la clinique pour la naissance de notre aîné, j’avais perdu les eaux à la maison. Lui, changeant les couches des enfants… Faisant les couettes à la petite dernière. L’annonce de ma deuxième grossesse, 5 mois après mon accouchement. Les messages à 3 h du matin, les fous rire rien qu’en se regardant. Je n’ai pas senti mes larmes couler et pourtant je souriais. Mon masque est entrain de craquer et mes nerfs me lâchent. Je pleure. J’essaie de me recomposer une mine tant bien que mal. Elle a dû sentir mes yeux posés sur elle ou a-t-elle entendu mes pleurs, nos regards se croisent. Elle est digne et froide dans sa douleur. Elle se décide enfin à prendre la parole. Elle a un sourire mi-triste, mi-amer : « Tu dois te demander ce que je fais chez toi… Tu t’en doutes déjà de toutes les façons. Je suis au courant de ton union avec Demba depuis le premier jour. J’ai préféré fermer les yeux et ne pas la voir. Sa voix s’insinue en moi… J’étais au courant… J’ai refusé de l’accepter. Demba ne pouvait pas me faire un tel affront en face, il a préféré me le cacher, je ne sais pas ce qui est pire. Tu es mère comme moi, non ? (Elle n’attendait aucune réponse de ma part). A quel moment ton enfant se rend-il compte qu’il ne peut plus compter sur toi ? N’est-on pas parent pour leur garantir d’être là en toute circonstance. Je n’ai pas su être là pour lui, j’ai abandonné mon enfant. Je l’ai sacrifié allègrement, en mon âme et conscience, pour rester dans le moule de cette société. Pour moi, il a toujours été normal qu’un enfant obéisse à ses parents quoiqu’il advienne, qu’il fasse ce qu’on attend de lui sans poser de question.

A suivre

Le festival « Métissons » a débuté hier, par une série de concerts dans les boites, bars et hôtels de Saint-Louis. Cette manifestation a pour but de faire la promotion de la ville et, en même temps, accompagner les réceptifs dans les animations.

Les enfants sont à l’honneur de la 8ème édition du festival « Métissons » de Saint-Louis, avec trois spectacles présentés par le centre d’hébergement « La Liane », les collégiens de l’école Saint Exupéry et la chorale du « Petit Prince ». La diaspora africaine sera également de la partie avec Dawda Jobarthé, un artiste gambien vivant au Danemark. Issu de la tradition mandingue, Jobarthé a créé dans ce pays scandinave une musique contemporaine, largement inspirée de ses racines africaines.

Le groupe Afrotysonia, trio finlandais avec l’ex-percussionniste de Takeïfa (Macoumba), est également de la partie. Dans leur musique, le Sénégalais Macoumba donne le tempo avec le kantela, « instrument traditionnel de la Finlande très proche de la kora), avant que la voix soul de Sonja ne vienne habiller ces notes. Aussi, cette huitième édition du festival « Métissons » va enregistrer la présence de l’artiste dakarois Sahad et son groupe Naatal, avant la belle découverte d’une autre chanteuse, Njaaya, originaire de la Médina de Dakar et qui a débuté sa carrière avec le Pbs. La chanteuse Mama Sadio, une artiste locale, est également au programme du festival.

Lancé en 2010, le festival «Métissons» a ses entrées gratuites. Pour Jean Michel, organiseur de ces activités culturelles, « nous allons, malgré les problèmes de budget, proposer sur trois jours, une palette d’artistes aux Saint-Louisiens ».

La programmation du festival « Métissons », partagée entre artistes nationaux, africains et européens, permet ainsi de faciliter les échanges. Pour cette édition, 13 concerts ont lieu dans 9 endroits différents. Dans le cadre de la délocalisation, trois manifestations « Métissons » sont aussi organisées au Fort de Dagana, à l’hôtel les Flamboyants de Saly et à l’Institut français de Dakar.

A. M. NDAW

Le Théâtre national Daniel Sorano a été illuminé, mercredi dernier, par l’ensemble autrichien, « Accio Piano Trio » lors de son concert de musique classique. La visite de ces trois musiciens de l’Académie musicale « Mozarteum » de Salzbourg a été possible grâce à la collaboration entre l’ambassade d’Autriche au Sénégal et le ministère sénégalais de la Culture à travers l’Ecole nationale des arts où se déroulent les « Journées de la musique classique ».

Des mélodies qui gouvernent le temps, emplissent l’espace et répriment l’ennui pour créer des instants dédiés aux divinités des rythmes. Des sentiments en naissent. Sous une lumière complice de la scène mythique du Théâtre national Daniel Sorano, on entremêle la douceur et la fureur des instruments devant un public cosmopolite valsé entre les partitions du piano et les cordes dociles du violon et du violoncelle. Et les âmes silencieuses s’en enchantent ; sauf celle-là trop bruyante qui n’a pu se retenir de briser la cadence par son émerveillement trop véhément devant le génie de l’ensemble musical autrichien « Accio Piano Trio ». Sénégalais, Autrichiens et diverses autres nationalités ont applaudi ensemble ce concert d’une heure sans entracte. Il n’y a eu que des croisements d’harmonies, des saveurs « exotiques » de la terre des belles notes de la musique classique, l’Autriche. Christina Scheicher, pianiste de talent, le violoniste Clemens Böck et le violoncelliste Leo Morello ont assuré une prestation digne des meilleurs éloges. Ils ont revisité de grands classiques de la musique autrichienne sortie de l’imagination enchanteresse des compositeurs Franz Schubert et Gerald Resch et du Russe Dimitri Chostakovitch.

Pouvait-on attendre moins de ces fils de cette Nation d’Europe centrale dont « la musique classique est un des éléments identitaires de sa culture. Elle y est fortement ancrée et prisée », confie Caroline Gudenus, ambassadeur de la République d’Autriche au Sénégal, toute heureuse de cette communion entre les deux pays autour du rythme évocateur. Cette rencontre des identités a été également utile aux élèves de l’Ecole nationale des arts car elle offre des opportunités d’échanges sur des pratiques culturelles, sur le patrimoine traditionnel. « Lorsqu’il y a eu cet échange entre les élèves et les musiciens, certains professeurs sont intervenus pour leur faire comprendre qu’il y a bien une possibilité de faire valoir le patrimoine traditionnel local, nos instruments, à travers une formulation classique. Il y a de plus en plus des ensembles de fusion qui se font avec des instruments traditionnels avec leurs sonorités propres et avec ceux-là européens classiques arrimés à leurs spécificités », indique Bernard Bangoura, directeur par intérim de l’Ecole nationale des arts. Il a manifesté la volonté de cet établissement historique de poursuivre ce partenariat qui s’inscrit dans une dynamique de relance des instruments de musique classique mais aussi de la composition et de l’interprétation des œuvres.

Génies en itinérance
Le trio autrichien « Accio Piano Trio » a été créé en 2013 par la pianiste Christina Scheicher et le violoniste Clemens Böck. Ils ont ensuite été rejoints par le violoncelliste italien Leo Morello. Ces trois jeunes musiciens de talent font leurs études à l’académie musicale « Mozarteum » dans la ville autrichienne de Salzbourg. Depuis 2014, ils enchantent le monde avec les nombreux concerts qu’ils ont illuminés de leur génie et avec les concours auxquels ils ont participé.
 
Christina Scheicher, née en 1992 à Vienne, en est la pianiste. Elle a à plusieurs reprises gagné le premier prix dans le concours « Prima la Musica » en Autriche. Elle a joué comme soliste avec des orchestres et accompagné la chanteuse Angelika Kirchshlager dans le théâtre « Felsenreitschule » à Salzbourg. Le talent de Leo Morello a également été précoce. Né en 1994 en Italie, il s’intéresse particulièrement à la musique contemporaine. Il est le cofondateur du « New Art and Music Ensemble Salzbourg ». L’Italien du groupe, qui a aussi un attrait pour la musique de chambre, a participé à plusieurs festivals dans le monde avec de grands orchestres. Le dernier de cet ensemble est multiple lauréat du concours « Prima la Musica ». Avec l’ensemble Ceit-Quartett, Clemens Böck, né en 1991, a gagné le premier prix et un prix spécial dans un concours à Klagenfurt en Autriche. En 2012, il se produit comme soliste dans plusieurs pays. Outre l’Accio Piano Trio, il est aussi membre de l’ensemble Caprea Quartett. Des génies en itinérance.
 
Alassane Aliou MBAYE

Cinq ans après la sortie de son premier opus, « Saaraba », la chanteuse Aïda Samb a sorti, jeudi 7 décembre, un nouvel album, « Woyalma », chez le label Prince Arts. Lors d’une séance d’écoute organisée à l’occasion, l’artiste a abordé les thématiques de ce nouveau produit riche en sonorités, les pratiques mystiques, l’amour, ses amis d’enfance, entre autres. Elle a aussi précisé que son statut de choriste au sein du groupe « Super Etoile de Dakar » n’entrave en rien sa carrière solo.

ALBUM « WOYALMA » ET CHAUDES LARMES
Mercredi 6 décembre, dans un dancing de la place, la chanteuse Aïda Samb a offert l’exclusivité des titres de son nouvel album « Woyalma » à la presse. Ils ont pour noms : « Lan La », « Love », « Bul Ko Sank », « Mame Dabakh Da Bakh », « Déguena », « Dalé », « Djolof-Djolof », « Yaw Rekk’ ». De ces huit titres, y sortent des thématiques renvoyant à l’amour, les relations heurtées en vie conjugale ou amicale. « Déguena est une ode dédiée à mes amis d’enfance à qui je rends hommage », explique la chanteuse.

En donnant les explications des titres de ses chansons, Aïda Samb a montré qu’elle est touchée par certains phénomènes de société. Des moments d’émotion donc. L’artiste n’a pu retenir ses larmes en réécoutant la chanson « Bul ko sank ». La chanteuse affirme s’être inspirée d’une histoire vraie dont elle a été témoin.

« Dans cette chanson, je raconte l’histoire d’un jeune homme de 20 ans qui a été victime de pratiques mystiques et il est devenu fou. Il avait un bon travail, mais a tout perdu à cause de la jalousie », dit-t-elle, après avoir versé de chaudes larmes. « «Boul ko sank» est l’un des morceaux qui m’a le plus marqué dans cet album. Nous sommes dans un monde poinçonné par la mystique. Cela incite certains à détruire d’autres, pourtant innocents », déplore Aïda, le cœur meurtri par cette narration.

« L’homme dont je parle voyageait au niveau international. Un moment, il s’est fait adopté par un couple européen. En quelques mois, il a été détruit à cause de pratiques mystiques. Il est devenu fou. Sa mère fut désemparée. Je l’ai vécu. Le mysticisme est un phénomène que beaucoup de familles sénégalaises connaissent. Aujourd’hui, nombreux sont les personnes qui sont perdues à cause du maraboutage. Certaines sont devenues folles, mortes ou désertent leur famille pour ne jamais revenir », relate Aïda Samb, la gorge nouée par le récit.

TRAVAIL DE STUDIO ET DUO AVEC WIZKID
« Je suis très touchée par l’accueil que les Sénégalais ont réservé à mon nouveau single « Yaw rek » où je suis en featuring avec le chanteur Nigérian Wizkid. A peine deux jours après sa sortie, ils l’ont tous adopté. Sur Youtube, le nombre de vues ne cesse d’augmenter », constate Aïda Samb.

Dans le tube, elle chante que sa vie est tributaire de l’amour. « Je pense que c’est tout à fait normal, c’est une suite logique. Lorsqu’on fait de la musique, il faut toujours privilégier l’ouverture. Je suis jeune et j’essaie au maximum d’explorer d’autres styles. C’est très important », indique l’artiste.

« La chanson est une histoire d’amour. Pour être plus précise, c’est une personne qui vante les mérites de celui qu’elle a choisi. Il y a, bien entendu, des critères qui te poussent à choisir quelqu’un, comme l’amour de ta vie », détaille la chanteuse.
 
Revenant sur le morceau « Dalé », l’artiste affirme qu’elle le dédie à sa grande sœur Khady Sall qui s’investit corps et âme pour elle. « Nous sommes inséparables. Les matériels de ce bas-monde ne peuvent pas avoir raison sur notre complicité. Elle me considère comme sa petite-sœur. C’est pourquoi, je lui ai rendu hommage », déclare la musicienne. Elle précise que le choix de mes thèmes est le fruit de la contribution de tout le monde.

« Cela ne relève pas du travail exclusif de Aïda Samb, je pense que tout le monde m’a aidé dans la préparation de cet album. Je remercie mes parents et proches, parce que l’on ne peut atteindre ses objectifs sans eux. Ils m’ont soutenue », affirme celle qui a un goût prononcé pour l’instrument musical « Xalam ».

Aïda Samb dit avoir souffert pour pouvoir mettre sur le marché « Woyalma ». « Il est temps que les Sénégalais sachent ce que les chanteurs endurent pour sortir un produit. Depuis « Saaraba », je n’ai pas sorti certes un album, mais pour celui-ci, j’ai pleuré, crié, demandé de l’aide... afin d’arriver à sa finition. Ceux ou celles qui vont écouter l’album sauront que Aïda Samb a grandi en maturité. Je remercie Ibrahima Ndour, qui a permis la réalisation de «Woyalma». Parfois, nous étions à couteaux tirés, mais nous avons vite trouvé un terrain d’entente. Il y a beaucoup de variétés dans cet album. C’est juste pour montrer aux Sénégalais que Aïda Samb ne fait pas seulement de la musique traditionnelle, même si c’est ma base musicale », confie la choriste du groupe «Super Etoile de Dakar». Elle ajoute que « nous y avons ajouté d’autres sonorités pour avoir un album de couleurs ».

Poursuivant, elle révèle : « J’appelais à n’importe quelle heure Ngoné Ndour. Je pleurais à cause de mes fans qui me mettaient la pression. Mais, à chaque fois, c’est elle qui me ramenait à la raison ».
 
CHORISTE AU «SUPER ETOILE» ET GRAND THEATRE
« Ma relation avec le groupe «Super Etoile» se porte à merveille. Je suis dans cet orchestre pour apprendre davantage. Cette collaboration n’entrave en rien ma carrière personnelle. C’est une école et une famille pour moi. Cela ne m’empêche pas d’honorer mes contrats et continuer mon travail en solo », explique la chanteuse.

Interpellée sur l’organisation d’une soirée au Grand Théâtre, Aïda Samb renvoie la balle à ses fans. « Cela dépend d’eux, je suis prête dès qu’ils le sont », feint-t-elle. Pour répondre à une question sur son célibat, Aïda dit vouloir régler un préalable avant une quelconque union. « Je vous demande d’abord de me trouver un homme vertueux et je pourrais savoir après, la date du mariage. Dans la vie, tout est amour. C’est pourquoi, nous l’avons encore chanté dans «Yaw rekk» ».

Propos recueillis par Serigne Mansour Sy CISSE

Dans le cadre de la sixième édition du « Partcours » (l’art dans la cité), le Musée Théodore Monod d’art africain de Dakar propose, du 3 au 16 décembre, l’exposition « De l’autre côté…» du jeune artiste Sandiry Niang. Témoin des scènes quotidiennes en banlieue dakaroise, le pensionnaire du Village des arts de Dakar dépeint la concentration humaine, la fragilité ainsi la précarité dans ces quartiers de la capitale sénégalaise.

Jeune peintre, originaire de Kaolack, Sandiry Niang fait partie de cette nouvelle génération d’artistes sur laquelle l’art plastique sénégalais peut compter pour s’assurer d’un futur flamboyant. La peinture, il l’a appris d’abord sur le tas avant d’intégrer des ateliers de formation. Depuis 2013, il est pensionnaire du Village des arts de Dakar. Les œuvres qu’il expose au Musée Théodore Monod d’art africain, dans le cadre de la sixième édition du « Partcours », reflète l’identité de sa palette trempée à l’encre de l’humaine condition. Comme le montre son travail, Sandiry est un humaniste tout court. Un passeur d’amour et d’émotion, d’harmonie et de plénitude.

L’artiste dépeint la vie en société avec un optimisme contagieux, même s’il arrive qu’il parle de sujets anéantissant la dignité humaine comme le chômage et la promiscuité. Il nous sert des réalités crues, fruit d’une banalité quotidienne devenue presque anodine. Le peintre mène depuis des années un travail exceptionnel sur la concentration humaine, caractéristique de la cohabitation en banlieue dakaroise. Entre précarité et fragilité faisant l’identité de la vie dans ces espaces réduits, Sandiry Niang décrit avec justesse cette cohabitation à travers une mise en scène de portraits anonymes, de visages tronqués et mystérieux.

A ce spectacle d’une certaine curiosité, s’ajoute un défilé d’animaux baignés dans un jeu de lumières et d’un assemblage de couleurs. En lieu et place de dénoncer ce problème social, ce côté bizarre de la vie dans ces chaumières, il cherche plutôt à montrer le côté affectif qui y dégage ; cette ramification des liens familiaux assurant la beauté de ces cohabitations. Curieusement, le peintre redore le blason à ces endroits au cadre de vie débridé où l’incivisme s’impose parfois. « Des personnes translucides aux visages énigmatiques trônent dans tous les tableaux. Souvent au nombre de trois, ils fonctionnent comme des marqueurs visuels. Les individus qu’ils surplombent sont rarement isolés. Main dans la main, procession infinie, face tournée vers l’incertain, ils affrontent des cités encombrés, des espaces vides et chaotiques », soutient El Hadji Malick Ndiaye, commissaire d’exposition.

Questionnement sur la vie
« De l’autre côté… », thème cette exposition, est aussi une façon de faire un clin d’œil à des thématiques d’actualité à l’image de la problématique de l’émigration clandestine. « Périple des jeunes », « La traversée des frontières » ou encore « Les déplacés » est un hommage à tous ceux qui ont quitté leur terroir à la quête d’un mieux-être. « Je n’aime pas le mot émigration. Le problème des déplacements ne concerne pas uniquement les Africains. Il s’agit d’un phénomène qui touche l’ensemble des êtres à travers le monde, les animaux y compris », souligne Sandiry Niang. Son approche provoque donc « une réflexion sur une aspiration à un ailleurs situé toujours de l’autre côté des murs de la maison, du quartier, du pays ou de la mer. Le désir de partir est assumé par une jeunesse sous le poids du désespoir ».

L’œuvre de Sandiry, c’est aussi et surtout ce questionnement sur la vie et sur l’homme d’une manière générale. Les titres des toiles : « Qui sommes-nous ? », « Origine », « Kii Kana ? »… interrogent l’existence humaine sous un angle philosophique. Les réponses à ces questionnements hantent la destinée humaine. Mais ce n’est pas tout, l’artiste parle également du « Dialogue identitaire », lequel est une invite à l’endroit des populations africaines qui doivent lever les barrières linguistiques, commerciales et frontalière afin de fédérer leurs forces pour la construction d’une Afrique unie et forte. Composée, au total, de 77 toiles, l’exposition « De l’autre côté… » est à découvrir jusqu’au 16 décembre prochain au Musée Théodore Monod d’art africain de l’Ifan.

Ibrahima BA

Les journées culturelles de Montrolland (Thiès) s’ouvrent aujourd’hui, vendredi 8 décembre. Une occasion saisie par les organisateurs pour faire vibrer les festivaliers au rythme des traditions sérères du « Ndút » des profondeurs.

Depuis 1976, les Sérères du «Ndút» de la commune de Montrolland et ses environs organisent des journées culturelles pour célébrer leurs valeurs traditionnelles. « Parce que nous avons compris très tôt que la culture est au début et à la fin du développement », a souligné Thomas Gana Diouf, le président du comité scientifique des journées culturelles de Montrolland (Thiès).

Selon ce dernier, cet événement se déroule, cette année, dans un contexte de découverte et de réécriture de l’histoire du Sénégal. Depuis l’édition de 2015, qui avait été présidée par le ministre de la Culture d’alors, Mbagnick Ndiaye, il avait été décidé, souligne M. Diouf, que ces journées culturelles soient organisées tous les deux ans et intégrées dans le calendrier culturel national.

Cette biennale prévue du 08 au 10 décembre et dont le thème est « S’enraciner pour mieux développer son terroir », est placée sur le socle du cousinage, de la promotion de certaines valeurs participant à la consolidation de l’unité nationale, au développement. L’édition 2017 qui est réservée à l’ethnie dominante composée de 23 villages répartis dans 3 communes du terroir de Montrolland, sera marquée par d’importantes manifestations, dont une exposition-vente des artistes plasticiens. Mais également, un panel avec des sous thèmes, un forum des jeunes sur la santé, des visites de sites, des prestations folkloriques, la grande soirée culturelle et une séance de lutte traditionnelle pour mettre un terme au programme, dimanche.

Mohamadou SAGNE

Louga accueille, du 20 au 23 décembre, la 10ème édition du Festival national des Arts et Cultures (Fesnac) sur le thème : « Culture et émergence des territoires ». La cérémonie d’ouverture officielle est prévue le jeudi 21 décembre, à 17 heures au stade Alboury Ndiaye, sous la présidence effective du ministre de la Culture, Abdou Latif Coulibaly, et de Moustapha Diop, ministre de l’Industrie et de l’Emploi et maire de Louga.

L’édition 2017 du Festival national des Arts et Cultures, prévue du 20 au 23 décembre, à Louga, constitue la 10ème d’une série de festivals organisés par l’Etat du Sénégal, depuis la tenue à Kaolack, en 1994, du colloque portant sur « Les convergences culturelles au sein de la Nation sénégalaise ». Depuis cette date, la tenue du Fesnac, service rattaché au cabinet du ministère de la Culture, a permis d’organiser, tous les deux ans en année impaire et depuis l’année dernière annuellement, le festival, dans une région du pays.

Le Festival national des Arts et Culture a pour but d’encourager l’expression des spécificités culturelles de la Nation, tout en mettant en exergue leurs éléments de convergence pour la sauvegarde de l’unité nationale.

L’objectif visé à travers le choix du thème « Culture et émergence des territoires » est de faire du secteur culturel un des leviers majeurs de la croissance économique et de la promotion sociale. Il s’agira, en fouillant dans les gisements culturels que concentrent les terroirs, en interrogeant les politiques publiques et en explorant les opportunités de financement local, national et international, d’aller vers l’élaboration de stratégies permettant de répondre à la question de l’emploi des jeunes et du mieux-être des communautés. Toute cette problématique sera abordée par des spécialistes pendant le colloque scientifique.


En dehors du colloque, les activités vont tourner autour des compétitions en danse, musique et théâtre entre les différentes troupes venues des 14 régions du pays. Le programme prévoit aussi des expositions, des visites de sites du patrimoine culturel, des séances de contes, de graffiti et de workshop avec les enfants en collaboration avec l’Organisation internationale de la Francophonie (Oif).

Des troupes de la sous-région notamment du Mali et de la Guinée prendront part au Fesnac et des experts venus du Togo vont participer au colloque.

(Infos Ministère de la Culture)

Il est évident que le développement du continent ne peut se réaliser sans une conscientisation des masses à travers la culture comme facteur. Cette réflexion a été partagée par Mohamed El Chaferi, au cours d’un échange avec des professionnels des médias dans le cadre de la 50e session de formation des journalistes, organisée par l’Union des journalistes africains en partenariat avec le ministère égyptien de l’Information et de la Communication.

L’Afrique regorge des potentialités culturelles énormes. Après près de 60 ans d’indépendance, le développement du continent reste encore timide, alors que la culture constitue un facteur de développement économique de l’Afrique et un moteur de croissance durable. Elle est capable de régler le problème des économistes et des hommes politiques. C’est la conviction de l’Egyptien Mohamed El Chaferi qui s’exprimait au cours d’une rencontre d’échanges avec des journalistes africains, dont le thème portait sur « La culture, source de développement économique de l’Afrique ».
Le constat est que malgré le fait que le continent renferme des hommes d’affaires très riches, la pauvreté reste une réalité. La valorisation et la promotion de l’héritage africain constitue dès lors une source de richesse et de prospérité, dit-il. A ce propos, a souligné M. El Ghaferi, le cinéma, encore moins les autres facteurs culturels, ne doivent pas être perçus comme des arts de divertissement. Dans le passé, ajoute-t-il, le cinéma occupait la deuxième source de production après le coton.

Pour lui, la culture au sens large du terme doit être perçue comme une source économique. « Si la politique et l’économie ne peuvent pas nous rassembler, la culture constitue un moyen de cohésion sociale car étant strictement liée à l’éducation, à la sensibilisation et la conscientisation des masses », explique-t-il. M. El Chaferi estime que tout cela doit se réaliser « dans l’union et sans complexe ».

Les journalistes ne doivent pas, à son avis, jouer les seconds rôles. Leur mission va consister à davantage sensibiliser les populations, les politiques et les hommes d’affaires sur l’intérêt de promouvoir et de soutenir la culture en tant que facteur de développement économique du continent. « Ils doivent être critiques et exercer une sorte de pression sur eux afin qu’ils fassent de la culture une opportunité de développement », soutient Mohamed El Ghaferi. De l’avis de ce dernier, « les journalistes ne doivent pas être des professionnels des relations publiques ».
Les grands leaders africains ont influencé le reste du monde par leur histoire car ils étaient très cultivés et avaient une vision prospective et patriotique. « La culture est un produit magnifique qui participe à la prospérité des Nations et reste un facteur d’humanisation », estime-t-il. C’est dans ce cadre que s’inscrit le geste du fondateur de Facebook, Mark Zuckerberg, consistant à céder une partie de sa fortune aux pauvres. « S’il n’était pas cultivé et humain, il n’allait pas le faire », apprécie le conférencier.

En Afrique, de part et d’autre, il existe des tentatives visant à saisir les opportunités qu’offre la culture. Aucune communauté ne peut se développer en vase clos. Seulement, il faut s’enraciner avant de s’ouvrir comme l’a dit le président-poète Léopold Sédar Senghor. Quelque part, c’est l’articulation entre les deux qui fait défaut.

Dans certains pays au sud du Sahara, on imite mal. Ce qui fait que les cultures étrangères sont en train de prendre le dessus sur celles locales. Pour y faire face, il faut que l’intégration africaine tant chantée soit une réalité.

Souleymane Diam SY, Envoyé spécial au Caire

Ancien Directeur Général de Ibm au Sénégal, avant d’entamer sa carrière internationale au sein d’Ibm, Baba Zoumanigui, est aujourd’hui en charge de la Direction générale de la zone Afrique francophone, de la compagnie informatique américaine. Ce sénégalais, diplômé de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar et de l’Université du Québec (Canada), revient dans cette interview sur son rôle et les grands projets d’Ibm pour l’Afrique.

Vous êtes le directeur général de Ibm en Afrique francophone. En quoi consiste exactement votre rôle ?
Mon rôle est de trois niveaux. Le premier niveau, c’est que nous essayons d’accompagner à la fois les clients et les administrations dans leur développement en utilisant la technologie comme étant un levier de croissance. La deuxième partie de mon rôle est  de faire émerger une nouvelle génération de compétences et de leaders africains pour supporter cette croissance. Ce n’est un secret pour personne que l’Afrique a un grand déficit de compétences et donc nous essayons aider à faire développer ces compétences à la fois directement par les personnes que nous embauchons et indirectement avec notre soutien que nous apportons au monde de l’éducation. La troisième partie de mon rôle, c’est que nous avons la conviction que l’entreprise doit être citoyenne, c’est-à-dire doit contribuer au développement du pays par un certain nombre d’initiatives. Nous avons un grand rôle à jouer, c’est pourquoi nous sommes un peu présents dans la région. Lorsque l’on parle d’Ibm, la plupart des gens pensent spontanément aux ordinateurs, serveurs  et autres matériels informatiques. Mais Ibm a amorcé, depuis plusieurs années déjà, un virage stratégique mettant en place la transformation d’une compagnie centrée sur la vente de matériel informatique vers une multinationale qui a pour cœur de métier les  logiciels et les services, pour devenir, aujourd’hui, un leader du cloud, du cognitif, de l’intelligence artificielle.

Votre compagnie est en train de développer des projets en Afrique comme « Ibm Digital Nation Africa ». Pourquoi ce projet et en quoi peut-il avoir un impact sur la culture du numérique en Afrique ?
D’abord, il faut définir c’est quoi le cloud. C’est d’abord de l’énergie informatique. De la même manière quand quelqu’un a besoin d’électricité, il ne fabrique pas une petite centrale pour lui tout seul. Aujourd’hui, les gens font de l’informatique localement  avec ce qu’il faut. Imaginons, demain, pour avoir à la fois du stockage, de la puissance de calcul, de l’impression, vous avez juste à planter une prise et à bénéficier de ses ressources-là qui sont installées quelque part dans le continent ou en dehors. C’est  cela le cloud. Dans un monde où il y a un déficit d’infrastructure, le fait de pouvoir concentrer une certaine ressource et puissance de calcul dans un endroit et donner aux gens l’utilisation, et à la demande, c’est formidable. C’est un accès à des données,  à une puissance de calcul, etc. Les projets de type « Ibm Digital Nation Africa » n’ont pas d’autre vocation que de dire que nous prenons cette puissance de calcul, cette ressource, pour la mettre au service de maximum d’Africains pour que chacun puisse se  connecter et faire quelque chose, c’est-à-dire apprendre un métier, apprendre à programmer. Nous en sommes à une phase d’investissement, de design. C’est un projet de longue haleine. Ce n’est pas demain que tout va être disponible, mais nous y travaillons  sérieusement avec des partenaires, des pays, de manière à offrir, dans les années à venir, à tous les Africains, quel que soit le lieu géographique, la capacité d’utiliser cette ressources. « Ibm Digital Nation Africa » a été lancé en début d’année. Il s’agit  d’un investissement de 70 millions de dollars pour le développement des compétences technologiques en Afrique autour du numérique, du cloud et du cognitif. Ce programme offre une plateforme d’apprentissage gratuite basée sur le cloud Ibm Bluemix, qui hébergera  des programmes éducatifs destinés à 25 millions de jeunes africains durant les cinq prochaines années. Cette initiative va permettre aux citoyens, aux entrepreneurs ainsi qu’aux différentes communautés africaines de disposer des outils et technologies pour  développer et lancer leurs propres solutions digitales.

Concrètement, comment des pays comme le Sénégal pourrait gagner dans ce projet de « Ibm Digital Nation Africa » ?
Je lisais dernièrement que la construction d’une classe dans une école coûtait 7 millions de FCfa. Si c’est pour un collège, ce sera vers une quarantaine de millions.

Compte tenu de la raréfaction des ressources, est-ce qu’on ne peut pas avoir une approche du développement qui ne consiste qu’à construire des classes et y mettre des tables-bancs et des professeurs sans compter les coûts ?
Aucun pays ne peut se permettre cela avec la raréfaction des ressources. A partir du moment où nous pouvons mettre des moyens  centralisés, efficaces, à la demande, en fonction des profils des gens, on offre à chaque individu, en fonction de son métier et du portefeuille de métiers qui existe, la possibilité d’apprendre à son domicile ou bien dans des pôles informatiques. Le coût  moyen du transfert de l’éducation par individu s’en trouve nécessairement amoindri. C’est ce débat qu’il faut poser sur la table.
 
L’informatique doit aller dans ce sens-là ; quand nous constatons aujourd’hui que le coût ne cesse de baisser et les capacités  de stockage phénoménales. Je lisais dans le projet du Plan Sénégal émergent quelques volets du «Sénégal Numérique» qui sont très forts avec un premier point qui est l’accès au réseau. C’est un premier point très important ; la création de valeur là où l’informatique  peut faire de la différence, notamment dans les domaines du commerce, de la médecine, etc. L’autre aspect qui est la diffusion d’outils de programmation de développement, d’éducation à travers des réseaux, sont des axes forts du Plan Sénégal émergeant qui  ne peuvent être soutenus que par le numérique.

Propos recueillis par Oumar NDIAYE

Ses fans pleurent « une bête de scène », ses enfants expriment leur « douleur immense » et le président, au diapason de la classe politique, salue « un héros français » : la France est en deuil après le décès de sa star nationale, le chanteur Johnny Hallyday.

« L’idole des jeunes », aux dizaines de tubes, est mort à 74 ans des suites d’un cancer des poumons dans la nuit de mardi à mercredi dans sa maison de Marnes-la-Coquette, près de Paris, a annoncé son épouse Laeticia à l’Afp par un communiqué transmis à 02h34 du matin.

(AFP)

Yakham Mbaye, Journaliste, est nommé, hier, lors du Conseil des ministres, Directeur général de la Société SSPP « Le Soleil ». Il remplace ainsi l’ancien Dg, Cheikh Thiam, qui est à la tête du quotidien national depuis septembre 2009. M. Mbaye a été secrétaire d’Etat à la Communication de juillet 2014 à septembre 2017.

Yakham Mbaye a, auparavant été directeur général du groupe de presse privée Com7 de 2002 à 2010, dont il a démissionné en mars 2010 avant de créer le quotidien « Libération » en octobre 2011. Interrogé par une radio de la place, le nouveau directeur général a promis de « renforcer la confiance au sein du Soleil » où il connaît de nombreux confrères depuis plus de 20 ans.

Toutefois, il ne peut pas se prononcer sur certaines questions tant qu’il n’aura pas pris les rênes du journal. Il a exprimé son engagement et sa loyauté à l’égard du chef de l’Etat, Macky Sall.

La sixième édition du cycle de conférences « Les Mardis du Numérique » a été une occasion, hier, pour les experts, de s’interroger sur la place du digital dans la création d’emplois. Si le secteur des Technologies de l’information et de la communication (Tic) a contribué à la création de nouveaux postes, il demeure néanmoins un moyen de réduction d’emplois au sein des entreprises s’inscrivant dans un impératif de transformation numérique, surtout dans les pays en voie de développement.

L’impact des nouvelles Technologies de l’information et de la communication (Tic) sur le marché du travail est réel. Une étude, parue en 2017, fait état de moins de 10% des emplois menacés en France par « la robotique, l’intelligence artificielle et les technologies liées à l’Internet ». Dans les pays en voie de développement comme le Sénégal, certains emplois ne sont pas épargnés par cette logique de transformation imposée par l’urgence de la compétitivité en milieu d’entreprise. Laquelle a été activée par les bouleversements que le numérique a fini d’engendrer.

Pour Ibrahima Nour Eddine Diagne, président de « African performance institut » (Api), une certaine catégorie d’emplois est, aujourd’hui, transposable, à travers les nouvelles technologies. Toutefois, a-t-il noté, s’il y a de nouvelles opportunités créées autour de petites entreprises qui finissent par avoir une croissance exponentielle par rapport aux nouveaux besoins de service dans certains pays, au Sénégal, l’enjeu est différent.

« Ici, nous n’avons pas beaucoup d’entreprises qui sont de très grosses employeuses. Elles sont soumises à l’impératif de transformation digitale, laquelle se traduit soit par une réduction des recrutements, soit par une diminution des effectifs », a souligné M. Diagne, précisant que parallèlement, il y a derrière une économie faite autour de leur écosystème qui va émerger. En décidant de s’inscrire dans cette sphère d’automatisme, les entreprises font appel, de moins en moins, à la force humaine. Une situation qui peut susciter une certaine appréhension chez les milliers de jeunes devant intégrer le marché de l’emploi, chaque année.

Anticiper la transformation digitale
« Le danger est, aujourd’hui, autour des jeunes qui recherchent de l’emploi parce qu’ils doivent être dans une logique pour avoir des compétences afin de se maintenir dans les évolutions numériques », a avancé Ibrahima Nour Eddine Diagne.

Par ailleurs, il a tenu à rassurer sur le fait que certains emplois ne sont pas actuellement immédiatement menacés. En effet, les professions touchant « les besoins vitaux seront transformées plus lentement ». Par contre, « dans l’industrie des services, il y aura forcément des bouleversements dans la manière de produire, de transformer et de consommer », a-t-il expliqué. C’est pourquoi, selon lui, ces secteurs doivent impérativement anticiper leur transformation digitale ou disparaitre. « Aujourd’hui, le défi est de maintenir les entreprises en vie et de garantir leur croissance afin de pouvoir garder l’emploi. L’entreprise va se robotiser parce qu’elle doit être compétitive pour survivre et optimiser son coût. C’est un mouvement qu’on ne peut pas retenir. L’enjeu, aujourd’hui, est de voir les nouvelles opportunités d’emplois qui doivent exister », a-t-il relevé, ajoutant que le rôle d’un Etat est de soutenir l’émergence de ces entreprises.

Gorgui Ndiaye, secrétaire général du ministère de l’Emploi, de l’Insertion professionnelle et de l’Intensification de la main d’œuvre a indiqué que les Tic constituent un point d’ancrage pour la création d’emplois et de richesse dans notre pays. « Le numérique est une niche de création d’emplois. Il s’agit d’un secteur déterminant dans le développement économique et social », a-t-il informé. A l’en croire, au Sénégal, les perspectives d’emplois dans le secteur du numérique sont favorables. Et dans la Stratégie Sénégal numérique 2025, il est prévu la création de 3. 000 emplois qualifiés et 35.000 emplois directs et 100.000 indirects, à travers la mise en place du Parc des technologies numériques de Diamniadio.

Ibrahima BA

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