banner home page1

Pour vos insertions, contactez la Régie publicitaire de la SSPP Le Soleil

Arts et Culture (1157)

En conférence de presse, hier à Dakar, Sahad and the Nataal patchwork a informé de la sortie de son premier album « Jiw » (graine, semence).

« Jiw » est un album qui s’enracine dans le terroir avant de s’ouvrir sur le monde. Pendant huit ans, l’artiste Abdou Karim Sahad Sarr l’a préparé pour sortir cet album de 13 titres parmi lesquels « Salaamaleg jiw », « Irafama » feat Souleymane Diamanka, « Njaay Gayndé », « Indépendance », « Ker Keraan », « Faatu Mayga », « Rog told me », « I don’t know » etc. Pour l’artiste Sahad Sarr, qui était en conférence de presse au Goethe Institut, « on est dans un environnement socio-musical qui n’est pas facile, car on est appelé à s’auto-produire. Il y a des gens qui chantent super bien, mais l’environnement ne leur donne pas tous les moyens quand ils veulent sortir un album. »

D’ailleurs, il révèle que depuis deux ans, « Jiw » devait être disponible sur le marché, mais la qualité demande la patience. « Cet album enregistré au Sénégal est d’un haut niveau de production réalisé par des labels qui produisent Salif Keïta, Manu Dibango. On a pris une semaine pour faire un enregistrement en live même si les albums ne se vendent plus dans notre pays. On a pris ce risque », affirme-t-il. Sahad est issu d’une famille où l’on écoutait plusieurs sonorités musicales qui ont influencé sa touche personnelle. « Aujourd’hui, un morceau de Mickaël Jackson est écouté jusqu’au village ; on peut ne pas comprendre le message, mais on saisit le sens. Pourquoi ne pas faire pareil ? Si on ne fait pas attention, on risque de renoncer à nos identités culturelles. Le Nigeria est en train de s’imposer sur la scène internationale avec la world music, qui est définie par un système. Moi, je fais de l’afro-fusion musicale : une musique cosmopolite, mixée au solo, au jazz », confie-t-il. Pierre Chevalier, chargé de mission à l’Institut français, apprécie beaucoup l’influence afro beat de Sahad & le Nataal. « Cela nourrit sa musique et à la fois, on crée sur la tradition », déclare-t-il, après avoir écouté quelques morceaux.

L’album dupliqué à 1.000 exemplaires et qui s’échange à 5.000 FCfa marque l’aboutissement d’un engagement spirituel, énergétique, artistique de la nouvelle génération. Car les thèmes abordés sont le panafricanisme, la liberté, la vie... Le groupe musical a choisi l’Institut français de Dakar, pour lancer l’album « Jiw » aujourd’hui, à partir 20h30.

S. M. S. CISSE

Elage Diouf se décrit lui-même comme un « Québégalais ». Il a passé vingt ans au Sénégal et vingt autres de sa vie au Québec, sa terre d’adoption. En ce sens, il représente parfaitement les liens qui unissent ces deux cultures au sein du grand ensemble que représente la Francophonie. Sa musique exemplifie la force de la diversité canadienne. L’artiste qui aura bientôt 42 ans, a bien voulu répondre à nos questions.

Quel est le sentiment qui vous anime après ce concert à Dakar ?
Ce moment est vraiment important pour moi, parce que ce jour célèbre le 150e anniversaire de la Confédération canadienne. Si on qualifie un artiste de Sénégalo-canadien, c’est une fierté. Cela signifie que le pays que j’ai choisi pour immigrer m’a rendu honneur. Cela fait 20 ans que je vis au Canada, ma terre d’adoption, mais l’autre moitié de ma vie, je l’ai passée au Sénégal.

Cela explique-t-il que votre répertoire musical assez varié ?
Je ne vais pas me priver des autres sonorités de la musique. Je fais de la salsa, du yéla, du diambadong, du bougarabou, du blues, du jazz, du reggae et toutes autres styles.

Malgré cette diversité musicale, vous n’êtes pas encore assez connu des mélomanes sénégalais…
Pour moi, cela est normal, car je suis un musicien qui vient juste de naître. Mais, si je marche dans la rue, je vois une fierté. Ma particularité, c’est d’apporter quelque chose ; j’essaie de ne pas suivre les autres avec une musique classique. Cela est ma vision. C’est pourquoi je travaille sur un répertoire assez varié. A la longue, le public va apprécier. Je pense que je suis en train de gagner du terrain. Car, depuis 2010, les gens qui m’ont découvert connaissent qui est Elage Diouf.

Chez vous, la musique relève-t-elle d’un héritage, de l’apprentissage ou des deux pour vous ?
La musique, c’est toujours de l’apprentissage, parce qu’on ne fait pas des choses déjà faites. J’ai fait plusieurs concerts différents. Je suis plus pour la création avec une écoute intelligente musicalement. C’est la manière dont je vois la musique qui détermine ma façon de faire la musique. Quand je chante et que le public reprend mes chansons, à part quelques personnes qui ne parlent pas le wolof, cela est une confirmation que les gens adorent ce que je fais. Je dirai que c’est une mission accomplie pour moi. Je suis satisfait et rassuré de ce que je vois. Je profite de l’occasion pour dire que ce n’est pas la première fois que je me produis à l’Institut français de Dakar, même si cela fait très longtemps. C’était dans le cadre d’autres projets. Je peux citer celui de Mbaye Dièye Faye du vieux Sing Sing Faye.

Où est-ce que vous tirez votre inspiration ?
Je la tire de mon ouverture, de la vie et de la musique tout court. J’adore fusionner les cultures, ce qui est vécu. J’ai la curiosité d’aller découvrir ce que l’autre fait. Cela est un gain pour moi.

D’où est venu le déclic qui vous a incité à faire la musique ?
Mon environnement familial a été un déclic pour moi. Je suis né dans une famille de dix personnes, Machallah. Mes frères et sœurs ont commencé à écouter la musique mandingue et autres sonorités ; je pense que le déclic est venu de là-bas. C’est depuis l’âge de 10 ans. Et maintenant, j’existe dans l’actualité de la musique sénégalaise.

Que vous inspirent les jeunes pousses du métier ?
J’adore Kane Diallo, fils du défunt Oumar Mbassou Niang ; je suis Momo Dieng et les autres, également d’autres rappeurs.

Si on vous demandait de nous décrire un musicien idéal à quoi aurait-il ressemblé ?
Nous sommes tous différents ; l’émotion nous différencie, le talent, notre manière de faire la musique (arrangements, sonorités). Une chanson peut être très bien composée et mal arrangée. Si on réussit des albums, c’est parce qu’il y a des gens qui nous ont bien orienté, des réalisateurs qui nous poussent à réaliser nos rêves. Il ne s’agit pas de dire qu’on fait plusieurs prestations dans la semaine pour se considérer comme un artiste idéal.

Quels sont vos projets et perspectives à l’horizon ?
J’aimerais avoir plus de pieds au Sénégal parce que cela me permettrait de faire des évènements. J’envisage de faire des duos avec des artistes que j’aime tels que Youssou Ndour, Fata, Kane Diallo, Pape Ndiaye « Thiopet », Abou Thioubalo, Dip Doundou Guiss, Fou Malade et les chanteurs traditionnels qui font du Yéla, du « tassu ».

 

Recueillis par Serigne Mansour Sy CISSE

En prélude à la célébration de la Journée internationale du théâtre, prévue ce lundi 27 mars, le Centre culturel Blaise Senghor a abrité, hier, une table ronde sur le thème : « Des planches aux séries télévisées : parcours atypique du théâtre sénégalais ». Ce moment de réflexion a été une occasion pour les acteurs d’attirer l’attention sur la déliquescence du spectacle sur scène au profit des séries télévisées.

Fini le temps où le Théâtre national Daniel Sorano faisait courir les amoureux du quatrième art. La montée en puissance de séries télévisées, ces dernières années, a voué aux gémonies le spectacle sur scène au grand dam des artistes comédiens. Un vent nouveau a fini d’emporter une partie du pouvoir des planches. L’avènement des séries télévisées dans notre pays a ainsi sonné le glas à un art « total » tant du point de vue des rudiments que sur le plan des dispositions techniques.

Pour l’artiste comédien Ibrahima Mbaye Sopé, qui prenait part à la table ronde sur le thème : « Des planches aux séries télévisées : parcours atypique du théâtre Sénégalais », organisée en prélude à la célébration de la Journée international du théâtre, la télévision a « déjà tué » le théâtre tel que conçu par les Sénégalais. Les artistes des planches perdent leur popularité au profit d’un nouveau type de comédien fabriqué à l’aide de la magie du petit écran. Pour montrer l’ampleur du pouvoir des séries télévisées au Sénégal depuis ces trois dernières années, il a cité un travail qu’il a réalisé, il y a deux ans, et qui a porté sur 18 sketches « Ndogou » produits tous pendant la période du Ramadan.

Nouveau type de comédien
« Les gens pensent que le théâtre sur scène est un produit de luxe. Pour le faire, il faut aller à Sorano et payer un ticket. En plus, ils croient que ce qu’ils cherchent à Sorano, ils l’ont déjà chez eux. A mon avis, c’est ce qui a contribué à tuer le théâtre », a-t-il laissé entendre. Selon lui, la production de séries télévisées est devenue actuellement un business.

« Auparavant, les séries du mardi ne duraient qu’une heure, avec pratiquement un seul sponsor. Mais, aujourd’hui, elles ont gagné en maturité, en sponsoring et en mode de marketing. Le monde a changé, les gens n’ont plus le temps de rester des heures et des heures à consommer un produit », a soutenu M. Mbaye. La déliquescence du théâtre sénégalais est liée également à une sous-représentation des productions scéniques, contrairement à certains pays où un spectacle peut être joué plusieurs fois dans le même endroit. C’est d’ailleurs, cette situation qui pousse les artistes comédiens à se ruer vers les télévisions pour des raisons économiques. « Au Sénégal, on fait une création avec 6 mois de répétition qui n’est montré qu’une fois et c’est fini. Par contre, en Europe, une création peut être présentée sur 30 ou 50 dates dans une seule salle de théâtre. Chaque spectacle est comptabilisé et c’est ce qui fait vivre les comédiens », a souligné Ibrahima Mbaye Sopé.

Dans le même ordre d’idées, le comédien Leyti Fall a parlé de l’éclosion d’un nouveau type de comédien au sein de ces séries télévisées, non sans insister sur la nécessité d’apprendre certains rudiments du métier. De son côté, le producteur Oumar Sall est revenu sur le lien entre le cinéma et le théâtre. A son avis, le quatrième art est l’épine dorsale du cinéma. Pour preuve, a-t-il ajouté, le théâtre avec ses comédiens a joué un rôle déterminant dans le succès du film « Félicité » d’Alain Gomis qu’il a lui-même produit. Ce faisant, M. Sall a invité les acteurs à mener le combat de la structuration du secteur pour arriver à créer un modèle économique durable.

Ibrahima BA

Le Musée de l’Ifan de Dakar abrite, depuis jeudi et ce, jusqu’au 23 avril, une exposition sur l’art rupestre. Un évènement organisé par l’institut Frobenius de Francfort en Allemagne, en partenariat avec l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. L’exposition regroupe les créations de trois artistes sénégalais qui se sont inspirés des travaux de l’ethnologue allemand Léo Frobenius, réalisés lors de ses voyages en Afrique du Nord et du Sud du Sahara.

Le Musée Théodore Monod de l’Ifan sera un point de convergence des passionnés d’art, surtout de l’art rupestre. En effet, c’est le lieu choisi par le comité d’organisation de l’exposition d’art africain pour exhiber de belles collections de l’une des plus anciennes formes d’arts, l’art rupestre.

Organisé sous le thème « Art rupestre africain. De la contribution africaine à la découverte d’un patrimoine universel », l’exposition vise à attirer l’attention sur un aspect méconnu de l’histoire de la production des copies rupestres voulues par Léo Frobenius. Ainsi, elle met en lumière par le filtre de photographies historiques le rôle important mais souvent ignoré des intermédiaires, guides, traducteurs et accompagnateurs africains sans lesquels l’accès aux sources serait presque impossible. La rencontre peut être aussi un cadre où historiens, ethnologues, philosophes et artistes rendent un hommage mérité à l’ethnologue allemand Léo Frobenius. Durant son séjour en Afrique, il était toujours accompagné d’artistes peintres qui établissaient des copies de fresques d’art rupestre qui renseignaient, à bien des égards, sur l’âme de la culture africaine, sur la richesse de l’histoire africaine. Ce capital d’informations et de découvertes amassé lors de ses voyages en Afrique a permis d’établir une des plus riches collections au monde, avec plus de 5.000 tableaux d’art rupestre. Ils sont tous restés fidèles aux originaux de la préhistoire, en couleur, en taille et en formes.

Pour mieux vulgariser cet art et montrer toute son importance d’hier et d’aujourd’hui, Richard Kuba, Hélène Ivanoff de l’Institut Frobenius et le Professeur Maguéye Kassé de l’Ucad ont conçu cette exposition au Sénégal.

Cette manifestation est financée dans le cadre du projet de recherches Antropos, par la Deutsche Forschungsgemeinschaft et l’Agence nationale pour la recherche. Pendant un mois, les murs du Musée Théodore Monod de l’Ifan seront occupés par une trentaine de copies d’art rupestre, une vingtaine de photocopies des expositions de Léo Frobenius. A leurs côtés ont accrochés les neuf tableaux des trois artistes sénégalais sélectionnés pour produire des œuvres d’art rupestre, en s’inspirant du catalogue réalisé à partir des travaux de Léo Frobenius.

En ouvrant les travaux, le commissaire sénégalais de l’exposition, le Professeur Maguéye Kassé a remercié les autorités du Musée Théodore Monod, le ministère de la Culture à travers le directeur de la Cinématographie pour leur soutien, sans oublier la communauté universitaire de Dakar et l’Institut Frobenius de Francfort pour leur contribution.

Pape Coly NGOME

Faire éclore l’art contemporain à Ngaye Mékhé. C’est le pari de l’artiste El Hadji Moussa Babacar Sy, « El Sy », qui procédera au vernissage de son exposition « Dissoo » destinée surtout à renforcer les liens entre une riche tradition artisanale de ce terroir et la création artistique.

La mairie de Mékhé et la société Grande Côte Opérations SA se sont associées pour soutenir la tenue de l’exposition « Dissoo » de l’artiste El hadji Sy. Ainsi, l’emblématique gare ferroviaire rénovée par Gco et le nouvel Hôtel de ville de Mékhé accueille l’exposition ce samedi de 70 œuvres de l’artiste El Sy. Le public aura à découvrir en plus des ateliers qui seront animés pendant toute la durée de l’exposition par l’artiste, en compagnie de Fodé Camara.

Ils porteront sur le transfert de savoir-faire manipulatoire réservé aux jeunes artisans pour ainsi booster la créativité et favoriser des retombées structurelles durables. L’expo dont le thème « Dissoo » renvoie à la notion de rencontre des cultures et de l’art, devrait donner l’occasion aux organisateurs de célébrer l’universalité au cœur des baobabs millénaires du Cayor. El Sy se dit « très heureux d’avoir eu l’opportunité d’instaurer le dialogue artistique et social en plein cœur du Sénégal ». Le public est donc convié à cette grande exposition d’art jamais organisée dans l’arrière-pays au Sénégal et qui devrait contribuer largement à revitaliser l’art en milieu rural. D’ailleurs, le maire de la commune, Magatte Wade, soutient que « ce rendez-vous sera celui de l’art et de l’artisanat dont la symbiose posera les jalons de la création de l’École de Mékhé ».

Mohamadou SAGNE

Les fans attendaient cela depuis 38 ans : quatre jours après sa disparition, une chanson inédite du pionnier du rock’n roll Chuck Berry a été dévoilée, mercredi 22 mars, par sa maison de disques Dualtone Records.

Savant mélange de guitare électrique, de blues et de country, « Big Boys » est le premier single d’un album complet du guitariste de génie qui sortira le 16 juin 2017. Sobrement intitulé Chuck, il s’agira du premier album studio du natif de Saint-Louis depuis Rock It en 1979. « Big Boys » rappelle Johnny B. Goode, l’un des plus grands succès de l’artiste. Accompagnée d’un piano très rock, la chanson présente une mélodie classique des années rock’n roll avant un solo final joué par un autre grand guitariste,Tom Morello, du groupe américain Rage against the machine.

La mise à jour permanente des données constitue un défi majeur pour l’Agence de l’informatique de l’État (Adie) qui a initié un séminaire pour la pré-validation des démarches identifiées et leur mise à jour après huit mois de collecte sur le portail Service public.

L’objectif visé à travers ce séminaire est de mettre à jour les démarches administratives du portail servicepublic.gouv.sn après cinq mois de collecte. Depuis mai 2006, l’Agence de l’informatique de l’État (Adie) a lancé ce site web exclusivement dédié à la réalisation de démarches administratives par les citoyens et les entreprises. Aujourd’hui, il compte près de 700 démarches administratives en ligne pour les particuliers comme pour les professionnels. Pendant ces trois jours, les participants à cette session auront à traiter des fiches issues de la collecte avec les structures transversales afin d’avoir une version pré-validée des démarches qui feront l’objet d’une validation officielle des autorités compétentes. Les démarches ciblées concernent celles facilitant l’environnement des affaires et les procédures administratives des ministères de l’Économie et des Finances, de la Santé et de l’Action sociale, de la Justice et de la Gouvernance locale.

Pour le secrétaire général de l’Adie, la tenue de cette rencontre est la preuve de la volonté du Gouvernement du Sénégal d’atteindre une plus grande efficacité de l’Administration au service du citoyen et de l’entreprise. A travers la vision « Sénégal Numérique 2025 », a rappelé M. Alyoune Badara Diop, l’usager est placé au cœur du dispositif de l’État en vue de lui offrir un service public de qualité et même d’en faire un client. « C’est dans ce cadre que le portail servicepublic.gouv.sn a été mis en place pour rendre l’information administrative simple, fiable et accessible », a-t-il indiqué.

« Le site web des démarches administratives lancé depuis 2006 a évolué pour devenir, en 2012, le portail du service public en intégrant les télé-procédures administratives et un espace e-citoyen. Aujourd’hui, il convient de signaler qu’une bonne partie des démarches en ligne sont obsolètes du fait des changements institutionnels intervenus et des réformes en cours », a-t-il soutenu. Dès lors, a-t-il noté, il s’avère judicieux, de concert avec le réseau des correspondants établis au niveau des ministères, de procéder à une opération de mises à jour. En outre, a fait savoir le secrétaire général de l’Adie, le portail service public participe à l’assainissement de l’environnement des affaires par la mise à disposition, de façon transparente, des procédures en vigueur et des étapes à suivre pour les investisseurs. « C’est une vitrine qui permet aussi de vulgariser les réformes dans le cadre du Doing business et accompagner les initiatives et efforts de l’État dans l’amélioration du climat des affaires », a relevé M. Diop.

En outre, a laissé entendre le secrétaire général de l’Adie, ce site compte aujourd’hui près de 700 démarches administratives en ligne pour les particuliers comme pour les professionnels et un taux de fréquentation d’environ 2.500 visiteurs par jour. « Sur un bon nombre des procédures identifiées et mises en ligne, la prochaine étape consistera à leur dématérialisation », a-t-il noté.

« A l’instar du concours de l’École nationale d’administration (Ena), du permis de construire et plus récemment du certificat de conformité et du certificat d’urbanisme, la plateforme TeleDAc (TéléDemande d’Actes administratifs) de l’Adie a pour mission spécifique de dématérialiser au moins 20 procédures administratives issues du portail du service public par an », a assuré Alyoune Badara Diop.

Avec cet outil, a-t-il soutenu, les usagers pourront accéder sans entrave à une information administrative et connaître mieux leurs droits et obligations. De même, a-t-il noté, les agents des services centraux, des services déconcentrés et décentralisés peuvent aussi y trouver les informations administratives, les textes de référence ou les formulaires dont ils ont besoin.

S. O. FALL

Le Théâtre national Daniel Sorano abrite, demain, un hommage au guitariste André Fara Biram Lô, décédé il y a vingt-trois ans. Avec Ousmane Sow Huchard dit Soleya Mama, le défunt artiste-musicien a co-fondé l’orchestre Waatoo Sita (signifiant il est temps, en langue mandingue).

Sur initiative de son ami et collègue Ousmane Sow Huchard dit Soleya Mama, co-fondateur de l’orchestre Waatoo Sita (signifiant il est temps, en langue mandingue), le Théâtre national Daniel Sorano accueille, demain, un hommage au défunt journaliste, artiste-musicien André Fara Biram Lô co-fondateur du même orchestre. Cette formation musicale est présentée comme le premier groupe de recherche de rupture et de fusion du Sénégal.

« Le répertoire de Waatoo Sita illustrait la diversité culturelle, le dialogue des cultures à travers les instruments de musiques traditionnelles africaines et européens modernes », explique un communiqué. Cette symbiose artistique, souligne le document, ouvrait ainsi la voie à une nouvelle musique et des danses sénégalaises. « Cet hommage, je le dois à André. Il fallait le faire, car il est décédé en 1994 à Mexico. Les jeunes musiciens ne le connaissent pas, a expliqué Soleya Mama. C’est pourquoi j’ai tout fait pour avoir le film « Le Bracelet de Bronze » du réalisateur Tidiane Aw dont nous avons fait la musique du film. On y voit André Lô en train de jouer avec le Waatoo Sita dans le film et Issa Niang danser au club Jinder, ancien Kilimanjaro ».
Au programme de cet hommage, il est prévu des prestations d’artistes : Ismaïla Lô, Baaba Maal, Souleymane Faye, entre autres. Il y aura des témoignages et la projection du film « Le Bracelet de Bronze ».

Après le départ de Soleya Mama pour le Canada pour sa formation en anthropologie et en muséologie dans le cadre du Musée des civilisations noires, André Lô est allé à Mexico sur invitation du président mexicain Luis Echivéria Alvarez comme suite à la tournée qu’ils avaient effectuée à Mexico en compagnie de l’équipe africaine d’athlétisme. Il y est resté pour faire de la musique avec son groupe Eku Kale.

Un regard dans le rétroviseur, Michaël Soumah, qui fut pensionnaire du Waatoo Sita 2, a estimé que le groupe de Soleya Mama et André Lô ont changé l’orientation de la musique en l’épousant avec des instruments traditionnels. Son frère François Lô entonne le même refrain. « André a participé à impulser une nouvelle dynamique à la musique sénégalaise. Soleya Mama et André Lô ont inspiré beaucoup de musiciens comme Ouza Diallo, Ismaïla Lô, Bassirou Lô (un cousin).

Virtuose de la guitare
« En bon ambassadeur, Watoo Sita a bien représenté le Sénégal partout dans le monde avec une rare originalité », a souligné M. Soumah qui officie à la radio Dakar Fm. L’animateur retient du défunt artiste-musicien : « Il était un excellent guitariste qui a fait des émules. D’où l’intérêt de le faire connaître à la jeune génération. Il était comparé à Jimmy Hendrix ».

Dans son parcours, avait écrit Joe Raman Jelissa Samb, critique, conseiller et culturel, « Waatoo Sita a beaucoup voyagé : participations au 1er festival panafricain de Tunis ; au festival international de la Jeunesse de Berlin en août 1973 ; tournée au Canada pendant la Superfrancofête en août 1974 à Québec ».

La trajectoire du groupe, c’est également une grande comédie musicale montée au Théâtre national Daniel Sorano intitulée « Sur les chemins de l’unité africaine ». En sortant leurs premiers disques, fruit de trois années de recherches, les membres du groupe espéraient réveiller les consciences africaines sur les richesses que constitue la musique traditionnelle des peuples d’Afrique.

E. M. FAYE

Le séminaire de recherche sur les politiques culturelles du Musée Théodore Monod d’art africain a porté, hier, sur le thème « Plan Sénégal émergent : quelles solutions pour la danse ». Cette rencontre a permis à Jean Tamba et Gacirah Diagne, danseurs et chorégraphes, de s’exprimer et de débattre sur l’amélioration de l’environnement professionnel dans le secteur de la danse à travers l’examen des diverses problématiques, à savoir la formation, l’infrastructure, la production et le financement.

La danse a connu ses lettres de noblesse avec la création de Mudra Afrique qui a sorti les premières promotions de chorégraphes et de danseurs professionnels sénégalais, mais aussi avec le ballet la Linguère du Théâtre national Daniel Sorano dont les danseurs ont été pendant de longues années des ambassadeurs culturels et ont largement contribué à faire connaître le Sénégal dans le monde. Aujourd’hui, face à la mondialisation de l’art en général, les acteurs du secteur de la danse s’interrogent sur quelques maux qui gangrènent le secteur et préconisent, par la même occasion, des solutions  afin que les danseurs puissent être des acteurs productifs qui apportent une plus-value non seulement culturel mais aussi économique dans la société.

Lors du séminaire de recherche de l’Ifan, hier, sur les politiques culturelles, la danseuse et chorégraphe Gacirah Diagne a porté sa réflexion sur le thème : « Le secteur de la danse face aux défis du développement : l’approche des danses urbaines ». Elle révèle qu’il y a  au moins 400 danseurs dans le genre Danses urbaines du Sénégal.  D’où cette nécessité de leur accorder une attention particulière par la formation technique professionnelle que Gacirah Diagne juge quasi inexistante dans le domaine.

« A Dakar, c’est à partir de 2005 que quelques initiatives offrent des ateliers de formation de manière sporadique, souvent rattachés à des événements de danse. Cette carence est, pour l’instant, contournée par des offres de formation techniques courtes se déroulant sous forme de stages et d’ateliers, mises en place par des initiatives privées de la place telles l’association Kaay Fecc, l’Ecole des Sables de Germaine Acogny, le festival Arts Hip Hop à Kaolack, le festival Chemins croisés de Louga, le Festival Duo solo de Saint-Louis, entre autres », informe-t-elle.
Aussi, souligne Mme Diagne, trop peu d’acteurs sont impliqués dans les métiers connexes de la danse, dont l’offre de formation officielle existe depuis près de cinq ans sous la forme du programme de Master multidisciplinaire incluant des enseignements théoriques et pratiques dans le domaine des arts et de la culture.

Gacirah Diagne ne manquera pas d’évoquer l’insuffisance de financement. Toutefois, reconnaît-elle, la donne est en train de changer avec la mise en place de fonds spécifiques, tels que le Fonds d’appui aux cultures urbaines et le Fonds de développement des cultures urbaines, dont  la mise en place devrait être effective en fin d’année 2017.
A l’en croire, ces fonds ne s’adressent qu’aux acteurs reconnus juridiquement, poussant ainsi à la formalisation. « Ils vont permettre aux acteurs de la danse hip hop de développer des projets structurants. Ils représentent un apport qui vient compléter les fonds récoltés via d’autres partenariats », dit-elle.
 
Fonds et infrastructures
Concernant les infrastructures, la présidente de l’Association Kaay Fecc indique qu’aucune infrastructure spécifique n’existe pour la danse hip hop. « A ce jour, les danseurs utilisent les espaces culturels existant (Centre culturel Blaise Senghor, Grand Théâtre national, Place du Souvenir, Centres socio-culturels, Ecole des Sables, Asc Sacré-Cœur, Studios de danse) ce qui provoque une surcharge et souvent des conflits de calendrier avec la programmation de ces lieux.

« La salle de danse en cours de construction à la Maison des cultures urbaines (Mcu) permettra de répondre à une partie des attentes. Elle compte offrir des espaces de formation, de répétitions et de résidences de création. Mais une Maison pour la danse serait bienvenue. Constituée d’espaces conçus pour la danse, elle permettrait de regrouper tous les genres de danse et de mener des activités structurantes pour le secteur », argue-t-elle. Sans saluer la reconnaissance, par les autorités étatiques, du potentiel de contribution au développement économique du Sénégal des acteurs des danses urbaines.

Pour sa part, le danseur  et chorégraphe Jean Tamba a échangé autour du thème « Plan Sénégal émergent : quelles solutions pour la danse ». Selon lui, au moment où on parle de plus en plus du Plan Sénégal émergent, il serait judicieux de pouvoir traduire toute l’énergie des jeunes qu’on voit dans les rues, à la télévision, dans les cours des écoles, dans les lieux de répétition en une opportunité qui matérialiserait la vision des autorités de l’apport de la culture au Pse.

« En effet, ces jeunes qui dansent par simple passion peuvent être convertis en danseurs professionnels évoluant dans des compagnies de danse structurées et reconnues. Ainsi, ce qui, à l’origine, n’était qu’une simple passion, pourra se traduire en un métier à vie », dit-il.
Jean Tamba ne manquera pas aussi d’évoquer le manque de formation des acteurs et des formateurs du secteur de la danse et le chômage galopant des danseurs et chorégraphes sortis de l’École nationale des arts.
Aussi, exige-t-il des acteurs du secteur de la danse une bonne production.

« Quand il n’y a pas une bonne production, on ne peut pas faire circuler l’œuvre car elle n’est pas de bonne qualité. D’où l’importance, pour les danseurs, de bien se former », affirme-t-il. Non sans déplorer l’absence de fonds pour soutenir la circulation des œuvres.

Maguette Guèye DIEDHIOU

Le Cnra, s’exprimant sur les violations des dispositions du cahier des charges récemment constatées, dans un communiqué qui nous est parvenu, attire l’attention des titulaires d’autorisation de diffusion de programmes audiovisuels sur leur responsabilité relative aux contenus des émissions proposées au public. Il a adressé des observations-mises en garde à Walf TV et à la Sen TV.

« La conception de la programmation de telles émissions doit se faire dans le respect de la règlementation qui assujettit à un profond sens de la responsabilité et une préparation particulière de la part des intervenants à l’antenne, particulièrement lorsqu’il s’agit de sujets sensibles ou d’affaires objet de procédures judiciaires en cours », a d’emblée rappelé le Cnra. Toutefois, ces exigences, a constaté l’organe de régulation, « ne sont pas toujours respectées dans les médias audiovisuels ». C’est pourquoi, il a adressé des observations-mises en garde à Walf TV et à la Sen TV, respectivement, le 14 mars et le 15 mars 2017.

Il est reproché à Walf TV d’avoir proposé au public, le samedi 11 mars dernier, de 16h à 19h18mn, en synchronisation avec Walf FM, et en direct, une émission mettant en vedette son Président directeur général (Pdg). Selon le Cnra, le format de l’émission et le discours tenu par le Pdg dudit Groupe « appellent plusieurs observations » au regard du cadre juridique applicable aux médias audiovisuels.
L’organe de régulation fait remarquer que sur le format, « la conception de la programmation audiovisuelle ne saurait, en aucun cas, inclure la réservation de plages horaires importantes dédiées aux propriétaires ou dirigeants de chaînes de télévision ou de radio pour servir de tribune à la propagation de leurs idées, convictions ou prises de position à caractère personnel » comme le stipule l’article 16 du Cahier des charges : « le titulaire veille à ce que les émissions d’information politique et générale qu’il diffuse soient réalisées dans des conditions qui garantissent l’indépendance de l’information, notamment à l’égard des intérêts économiques de ses actionnaires ».

Attaques outrancières
Le Cnra poursuit que le contenu de l’émission a débouché sur des « attaques outrancières » à l’encontre de personnalités qui incarnent des Institutions de la République, particulièrement le président de la République et le président de l’Assemblée nationale. Or, « l’article 9 de la loi 2006-04 du 04 janvier 2006 oblige les titulaires d’autorisation de diffusion de programmes audiovisuels, à respecter dans la programmation des différents médias audiovisuels, autant les règles d’éthique et de déontologie, que les Institutions de la République », dit le Cnra.
Quant à Sen TV, il lui est reproché d’avoir introduit de la politique dans la retransmission en direct d’une manifestation sportive consacrée à la lutte. « Les animateurs-commentateurs ont fait valoir des propos personnels, leurs sentiments sur des sujets à caractère politico-judiciaire concernant Khalifa Sall et Bamba Fall, respectivement maires de la ville de Dakar et de la Commune de la Médina.

De telles pratiques, fait remarquer le Cnra, « constituent une violation de la règlementation et des principes régissant les acteurs des médias, notamment l’article 18 du Cahier des charges précité et l’article 17 du même texte », qui stipule que « les journalistes, présentateurs, animateurs ou collaborateurs d’antenne veillent à respecter une présentation honnête, impartiale et objective des questions et sujets traités et assurer l’expression des différents points de vue ».

D. MANE

L’ombre du chanteur Ablaye Mbaye a plané, dimanche dernier, au club Just4 U, à Dakar. L’artiste très tôt disparu a reçu un hommage mérité lors d’un concert de solidarité initié par la plateforme « MusikBi ».

Pour fêter sa première année d’existence, « MusikBi », la plateforme de téléchargement de musique, a organisé dimanche dernier, un concert au Just 4 U. Une occasion pour rendre hommage au regretté chanteur Ablaye Mbaye, décédé récemment. Un moment pour le public d’écouter ses titres comme « Aduna », « Intérêt général », « Sopeyi », « Parfum », « Moytoul », « Boudone deug », « Khamaneté naniou », entre autres. Selon Moustapha Ndiaye, son manager, le défunt chanteur était connu pour son bon vivre, d’où le respect que lui vouaient ses confrères artistes mais aussi le climat cordial qui existait au sein de son groupe « Jamm ». A l’en croire, une tournée est envisagée pour faire la promotion de l’album posthume, à Saint-Louis et dans d’autres localités du pays. « Les recettes de cette soirée seront versées aux membres de sa famille », indique M. Ndiaye.

A l’appel de la plateforme « MusikBi », étaient présents le rappeur Dip Doundou Guiss, Fallou Dieng, Habib Faye, le groupe Jamm, Abdou Khadre Mbengue dit « Zipkha ». Ce dernier, chanteur vivant avec un handicap visuel, a d’ailleurs fait un duo avec le défunt Ablaye Mbaye à travers le morceau « Guissatouma ». Dans le tube, en refrain, le rappeur chante qu’on ne peut échapper à son destin.
Ablaye Mbaye est décédé le lundi 9 janvier dernier, à la suite d’un malaise. Il est tombé en pleine répétition en studio. Plusieurs témoignages l’ont décrit comme étant « un être chaleureux et lumineux ». Sa voix touchée par la grâce ne laissait personne indifférente.

Serigne Mansour Sy CISSE

Le séminaire de recherche sur les politiques culturelles du Musée Théodore Monod d’art africain a porté, hier, sur le thème « Plan Sénégal émergent : quelles solutions pour la danse ». Cette rencontre a permis à Jean Tamba et Gacirah Diagne, danseurs et chorégraphes, de s’exprimer et de débattre sur l’amélioration de l’environnement professionnel dans le secteur de la danse à travers l’examen des diverses problématiques, à savoir la formation, l’infrastructure, la production et le financement.

La danse a connu ses lettres de noblesse avec la création de Mudra Afrique qui a sorti les premières promotions de chorégraphes et de danseurs professionnels sénégalais, mais aussi avec le ballet la Linguère du Théâtre national Daniel Sorano dont les danseurs ont été pendant de longues années des ambassadeurs culturels et ont largement contribué à faire connaître le Sénégal dans le monde. Aujourd’hui, face à la mondialisation de l’art en général, les acteurs du secteur de la danse s’interrogent sur quelques maux qui gangrènent le secteur et préconisent, par la même occasion, des solutions  afin que les danseurs puissent être des acteurs productifs qui apportent une plus-value non seulement culturel mais aussi économique dans la société.

Lors du séminaire de recherche de l’Ifan, hier, sur les politiques culturelles, la danseuse et chorégraphe Gacirah Diagne a porté sa réflexion sur le thème : « Le secteur de la danse face aux défis du développement : l’approche des danses urbaines ». Elle révèle qu’il y a  au moins 400 danseurs dans le genre Danses urbaines du Sénégal.  D’où cette nécessité de leur accorder une attention particulière par la formation technique professionnelle que Gacirah Diagne juge quasi inexistante dans le domaine.

« A Dakar, c’est à partir de 2005 que quelques initiatives offrent des ateliers de formation de manière sporadique, souvent rattachés à des événements de danse. Cette carence est, pour l’instant, contournée par des offres de formation techniques courtes se déroulant sous forme de stages et d’ateliers, mises en place par des initiatives privées de la place telles l’association Kaay Fecc, l’Ecole des Sables de Germaine Acogny, le festival Arts Hip Hop à Kaolack, le festival Chemins croisés de Louga, le Festival Duo solo de Saint-Louis, entre autres », informe-t-elle.
Aussi, souligne Mme Diagne, trop peu d’acteurs sont impliqués dans les métiers connexes de la danse, dont l’offre de formation officielle existe depuis près de cinq ans sous la forme du programme de Master multidisciplinaire incluant des enseignements théoriques et pratiques dans le domaine des arts et de la culture.

Gacirah Diagne ne manquera pas d’évoquer l’insuffisance de financement. Toutefois, reconnaît-elle, la donne est en train de changer avec la mise en place de fonds spécifiques, tels que le Fonds d’appui aux cultures urbaines et le Fonds de développement des cultures urbaines, dont  la mise en place devrait être effective en fin d’année 2017.
A l’en croire, ces fonds ne s’adressent qu’aux acteurs reconnus juridiquement, poussant ainsi à la formalisation. « Ils vont permettre aux acteurs de la danse hip hop de développer des projets structurants. Ils représentent un apport qui vient compléter les fonds récoltés via d’autres partenariats », dit-elle.
 
Fonds et infrastructures
Concernant les infrastructures, la présidente de l’Association Kaay Fecc indique qu’aucune infrastructure spécifique n’existe pour la danse hip hop. « A ce jour, les danseurs utilisent les espaces culturels existant (Centre culturel Blaise Senghor, Grand Théâtre national, Place du Souvenir, Centres socio-culturels, Ecole des Sables, Asc Sacré-Cœur, Studios de danse) ce qui provoque une surcharge et souvent des conflits de calendrier avec la programmation de ces lieux.

« La salle de danse en cours de construction à la Maison des cultures urbaines (Mcu) permettra de répondre à une partie des attentes. Elle compte offrir des espaces de formation, de répétitions et de résidences de création. Mais une Maison pour la danse serait bienvenue. Constituée d’espaces conçus pour la danse, elle permettrait de regrouper tous les genres de danse et de mener des activités structurantes pour le secteur », argue-t-elle. Sans saluer la reconnaissance, par les autorités étatiques, du potentiel de contribution au développement économique du Sénégal des acteurs des danses urbaines.

Pour sa part, le danseur  et chorégraphe Jean Tamba a échangé autour du thème « Plan Sénégal émergent : quelles solutions pour la danse ». Selon lui, au moment où on parle de plus en plus du Plan Sénégal émergent, il serait judicieux de pouvoir traduire toute l’énergie des jeunes qu’on voit dans les rues, à la télévision, dans les cours des écoles, dans les lieux de répétition en une opportunité qui matérialiserait la vision des autorités de l’apport de la culture au Pse.

« En effet, ces jeunes qui dansent par simple passion peuvent être convertis en danseurs professionnels évoluant dans des compagnies de danse structurées et reconnues. Ainsi, ce qui, à l’origine, n’était qu’une simple passion, pourra se traduire en un métier à vie », dit-il.
Jean Tamba ne manquera pas aussi d’évoquer le manque de formation des acteurs et des formateurs du secteur de la danse et le chômage galopant des danseurs et chorégraphes sortis de l’École nationale des arts.
Aussi, exige-t-il des acteurs du secteur de la danse une bonne production.

« Quand il n’y a pas une bonne production, on ne peut pas faire circuler l’œuvre car elle n’est pas de bonne qualité. D’où l’importance, pour les danseurs, de bien se former », affirme-t-il. Non sans déplorer l’absence de fonds pour soutenir la circulation des œuvres.

Maguette Guèye DIEDHIOU

Ancien membre de l’armée de l’air sénégalaise, Xavier Diatta a décidé de témoigner sur la crise casamançaise qui date de 35 ans. Il a publié un ouvrage, sous forme d’enquête, « Fiju Di Terra » (le fils du terroir en créole), édité chez Injé Ajamaat/Kmanjen Productions pour raconter le conflit casamançais à ses enfants.

« Cela suffit. Les lobbies ont suffisamment profité de la crise casamançaise. Du côté des rebelles comme du côté de l’État sénégalais ». Xavier Diatta a décidé de témoigner sur la crise casamançaise qui date de 35 ans. L’ancien membre de l’armée de l’air sénégalaise a publié un récit, sous forme d’enquête, « Fiju Di Terra » (le fils du terroir en créole), chez Injé Ajamaat/Kmanjen Productions pour raconter le conflit casamançais à ses enfants. « Le propos n’est pas d’en faire un brulot mais de poser le débat sur une crise qui dure depuis 35 ans », a précisé M. Diatta.

Il a détaillé la signification du titre de l’ouvrage expliquant le fait que les Diolas ne sont pas les premiers occupants de la ville de Ziguinchor. Avec la présence portugaise, le créole était la langue usuelle. Selon l’auteur de « Fiju Di Terra », l’intitulé du livre peut être ressenti de différentes manières. « Les natifs de Ziguinchor sont fiers d’être les dépositaires de la culture de cette ville tandis que ceux qui vivent en milieu rural les considèrent comme des acculturés », a estimé Xavier Diatta.

Cet antagonisme l’a inspiré comme auteur. « Il est temps qu’un fils pur souche de la Casamance puisse parler de la crise comme témoin », a avancé l’ancien militaire. Celui-ci témoigne sur ce conflit car ayant assisté aux prémices dans les années 1970 jusqu’en  1982, période d’éclatement du conflit. Ironie du sort, ce fils de la Casamance sera au cœur sous sa casquette de mécanicien d’avion de chasse de l’armée sénégalaise. En 2001, il quitte la grande muette à sa demande pour se reconvertir dans l’aéronautique civile.

Dans sa démarche, Xavier Diatta replace la crise dans son contexte avec force détails. Sur ce registre, le professeur El Hadji Songdé Diouf  soutient dans la préface : « (…) Fiju Di Terra » n’est pas une de ces rengaines faussement savantes sur la crise casamançaise mais un diagnostic rigoureux, documenté, averti, fondant son propos à la fois sur les ressources de la psychologie, de la socio-anthropologie mais aussi sur le vécu personnel de l’auteur (…) ».

D’où cette interpellation de Xavier Diatta : « Les populations subissent, écoutent. Il est temps que les protagonistes de cette crise les écoutent pour vider les rancœurs qui demeurent quantifiables et perceptibles ». Sans parti pris, l’ancien militaire relate les faits avec une analyse politique très documentée.

Pour exorciser le mal, Diatta évoque l’expérience d’une Commission vérité, réconciliation et pardon. « (…) Tout risque de germination d’éventuelles futures dissensions de notre Sénégal devrait être écarté aujourd’hui et maintenant », a souligné l’auteur, ajoutant que le Sénégal, plus particulièrement la Casamance, a besoin de cette « thérapie de nation ».

E. M. FAYE

Au regard de sa croissance, de son intelligentsia dynamique et de son actualité, l’Afrique d’aujourd’hui, portée par plus d’un milliard d’habitants, mérite une plateforme numérique riche et interactive à rayonnement panafricain et qui porte ses ambitions.

Le lancement de la plateforme numérique d’informations continentales, « Vonews », lundi dernier à Dakar, est un pas nouveau allant dans ce sens.

Elle vient répondre, selon ses promoteurs, à cette ambition partagée de faire de l’Afrique le continent en émergence et en mouvement et se met en première ligne pour servir de plateforme à cet élan optimiste. C’est une tribune, à en croire le rédacteur en chef, Mamadou Kassé, interactive de dialogue entre l’Afrique et le monde. « C’est une maquette moderne, élégante et interactive.

Vonews.net veille prioritairement à livrer l’actualité continentale et internationale du moment et s’appuie sur une équipe pluridisciplinaire et confirmée de professionnels, de journalistes, de correspondants, relatant une information contrôlée sur les thématiques diverses et actuelles », ajoute-t-il.
Elle s’est engagée, à l’instar des autres continents développés, dans la maîtrise des Nouvelles technologies de l’information et de la communication dont l’outil principal est devenu le numérique qui relate l’actualité en temps réel. Fabienne Diouf Guillabert, en est la directrice générale.

Alassane Aliou MBAYE

Le centre régional culturel Blaise Senghor de Dakar a abrité, vendredi dernier, la cérémonie de présentation du livre « Soleil Voilé » de Jean Dib Ndour. Une seconde œuvre dans laquelle l’auteur, Sénégalais d’origine sérère, et vivant en France, chante l’enracinement et l’ouverture.

« Soleil Voilé » chante le retour aux sources. Une invite à ceux qui ont du mal à se situer dans la société française à davantage s’imprégner de certaines assises culturelles qui peuvent parfois leur faire défaut. C’est également un appel au dialogue des cultures, un champ pour le raffermissement des civilisations. Niowi, le personnage principal du livre, est un nom puisé dans la tradition sérère, et par le biais de qui l’auteur pioche pour expliquer des prénoms en Afrique. A travers ce personnage, il relate la vie d’un villageois parti poursuivre ses études en France, la tête pleine d’espoir. Dans cette grande mégalopole et ses tentations, Niowi n’a pas fait le choix de se fondre dans la masse ou de s’assimiler, quitte à perdre son identité culturel. Loin s’en faut car il réussit à s’enraciner dans ses valeurs, aidé en cela par son éducation purement traditionnelle, et à s’ouvrir au reste du monde.

Ainsi, Niowi réussit, toutefois, à se frayer un chemin entre le choc des cultures, de l’intégration ou de l’assimilation. L’œuvre est un récit initiatique qui apparaît pour le lecteur comme une solution aux problèmes identitaires nourris quelques fois par les élites. Une leçon de vie racontée par Jean Dib Ndour, originaire de Nguéniène, une localité située à quelques encablures de Joal-Fadiouth dans la région de Thiès. Si l’on en croit l’auteur, l’intitulé « Soleil Voilé » est un oxymore entre le soleil qui signifie lumière, espoir d’une vie meilleure, voilé par cette quête existentielle.

Pour cet hôtelier de formation, « c’est un livre qui parle de la problématique de la quête de soi et il s’inscrit dans une logique de partage, de dialogue des cultures ou de ce vivre ensemble pour un monde meilleur. Raphaël Ndiaye, directeur général de la Fondation Léopold Sédar Senghor, a abondé dans le même sens. Pour lui, « les diversités culturelles et civilisationnelles sont un legs que l’on doit préserver. Mais si celles-ci ne sont pas nourries par le dialogue, nous auront des éléments en parallèle qui ne s’interpénètrent pas. Le dialogue des cultures et des civilisations doit donc partir de la reconnaissance de l’imminente dignité de tous les hommes et de toutes les femmes ».

Les rapports entre les Nations, les pays et les personnes sont des plus difficiles en cette période actuelle mais l’enracinement et l’ouverture théorisés à l’époque par le premier président du Sénégal, Léopold Sédar Senghor, constituent, toutefois, un solide rempart au choc des civilisations.

Mouhamadou Lamine DIOP
 (stagiaire)

La restitution de la performance vidéo mapping « Leral Thiossane » s’est faite vendredi dans l’enceinte de la structure « Kër Thiossane ». L’œuvre a été réalisée en décembre 2016 au siège de l’Unesco de Paris par quatre artistes sénégalais.

La 10ème session ordinaire du Comité inter-gouvernemental sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles s’est tenue au siège de l’Unesco de Paris, en décembre 2016. A cette occasion, la structure dédiée aux arts numériques, « Kër Thiossane », a été invitée à y présenter une performance de vidéo mapping intitulée « Leral Thiossane ». Trois mois après cette prestation, « Kër Thiossane » a tenu, vendredi, à faire la restitution de cette nouvelle discipline réalisée par quatre artistes-graphistes-vidéastes, à savoir Djiby Ba, Seydou Keita, Lamine Diémé et Eti Athiase.

Selon  la commissaire de l’exposition, Marion Louisgrand Sylla, par ailleurs directrice de « Kër Thiossane », ils ont tenu à restituer les temps forts de ce qui s’était passé au siège de l’Unesco à Paris, pour faire découvrir aux gens le travail talentueux de jeunes artistes sénégalais et surtout leur faire découvrir la technique du vidéo mapping, une nouvelle discipline, une projection illusionniste qui,  d’après Marion L. Sylla, permet de faire des jeux de lumière, de jouer avec les formes architecturales, d’avoir des effets optiques pour immerger le public.

D’après Mme Sylla, l’Unesco les a identifiés lors de la dernière Biennale de Dakar pendant laquelle ils assuraient le commissariat de l’événement « Carrefour des cultures » autour du mapping qui avait permis à des artistes étrangers et de jeunes créateurs sénégalais de mettre en valeur des bâtiments de Dakar.

« Pour la 10ème édition du comité intergouvernementale, ils nous ont demandé de faire, à nouveau, une prestation de vidéo mappinp au siège de l’Unesco à Paris. Nous avons choisi trois artistes sénégalais qui avaient participé à « Carrefour des cultures », en plus de la Ghanéenne Esi Athiase et l’artiste Ibaaku connu pour faire de la musique électronique à Dakar. Ces derniers ont réalisé une performance mapping intitulée « Leral Thiossane » qui illustrait tous les propos de la convention de 2005 tels que la liberté d’expression, la mobilité des artistes, la créativité en détournant les images du wax en leur donnant une vie sur les murs du siège de l’Unesco », fait savoir Marion Sylla. En effet, affirme-t-elle, c’était une occasion de montrer au public qui défilait à longueur de journée au siège de l’Unesco, que le Sénégal et l’Afrique étaient aussi au diapason en termes de création numérique.

Selon Djiby Bâ, graphiste-designer, avec cette prestation, il en est à sa deuxième expérience de vidéo mapping. Il reconnaît que c’est un travail colossal car pour la performance « Leral Thiossane », ils ont travaillé deux mois en amont de la  projection. Toutefois, Djiby souligne que l’expérience était géniale. Aussi, souhaite-t-il que d’ici à 2 ans, il ait une explosion du mapping à Dakar. Pour sa part, la Sénégalo-ghanéenne, Esi Athiase, seule femme de l’équipe, indique qu’à travers cette  installation de vidéo mapping de trois jours, leur équipe a voulu montrer une nouvelle image de l’Afrique et du tissu africain par la déformation, les animations, par le changement de couleur.

Maguette Guèye DIEDHIOU

La Poste et Jumia, un centre commercial en ligne dans le domaine du commerce électronique, ont procédé, hier, à une signature de convention. Cette collaboration avec La Poste permet d’optimiser la livraison des commandes effectuées en ligne par les clients de Jumia, offrant à ces derniers un envoi plus rapide. Une coopération qui encourage la proximité.

Ce partenariat, souligne la directrice de Jumia Sénégal, Mme Sassoum Niang, promeut le e-commerce sur l’ensemble du territoire en vue de favoriser la livraison des colis dans toutes les régions de notre pays avec la même fluidité et le même niveau de service dans la capitale. « Le partenariat entre La Poste et Jumia confirme l’importance stratégique et la santé du marché du e-commerce au Sénégal ; marché qui pourra atteindre un taux de croissance de 75% en nombre de transactions d’ici à 2020 », a-t-elle poursuivi.

Dame Fall, directeur du Courrier et de la Production de La Poste (Dcp) a indiqué que le e-commerce est au cœur de la distribution.
Le service postal est élargi à 230 points couvrant tout le Sénégal. Ce partenariat, informe Sacha Poignonnec, directeur général de Jumia Afrique, sera gagnant-gagnant pour les clients qui sont exigeants, le business et le Sénégal.

Serigne Mansour Sy CISSE

Le premier petit déjeuner des Instituts culturels nationaux de l’Union européenne s’est tenu, vendredi dernier, à l’Institut Cervantes de Dakar, avec la présentation du livre « Acaba cuando llego » de Polo Vallejo et de Carmen Ballvé. Cet « album » de voyage explore l’univers du peuple Wagogo de la Tanzanie. Cette rencontre a permis également de découvrir sa musique polyphonique enregistrée par l’ethnomusicologue Polo Vallejo qui a passé une vingtaine d’années à sillonner l’Afrique.

Polo Vallejo est un musicien espagnol. Il est de ces êtres en itinérance non pas pour prêcher leur doctrine mais pour apprécier la beauté que donne à voir la diversité du monde. En 1988, il débarque au Sénégal et découvre la Casamance. C’est le début d’une idylle avec le continent africain et ses couleurs et surtout ses rythmes. La Côte d’Ivoire, le Burkina Faso, le Cameroun… aiguisent sa curiosité. Le musicien classique se lance alors dans la recherche avec une attirance particulière pour la musique polyphonique. La Tanzanie lui en donne à suffisance.
« Ils ont une manière très raffinée de faire de la musique. C’est un univers musical fascinant où l’on utilise beaucoup la voix », s’enthousiasme l’ethnomusicologue. Les enregistrements dont il a gratifié le public donnent sens à sa grande admiration pour cette forme de musique. C’est pourquoi, il estime nécessaire de préserver ce patrimoine en le consignant car la mémoire est faillible. Son œuvre y participe largement.

Cet État de l’Afrique orientale a été si fascinant qu’il a exploré, dans un travail de collaboration avec la photographe espagnole Carmen Ballvé, son univers visuel, à travers un livre, « Acaba Cuando llego ». Les images qu’il contient mettent en évidence le peuple Wagogo vivant au centre de la Tanzanie. La modernité y côtoie indifféremment la tradition. Carmen Ballvé y déploie une esthétique particulière d’un peuple en harmonie avec lui-même dans la foi de son destin. Ce qui s’apparente à la pauvreté ici, elle l’appelle beauté car elle traduit une fidélité dans la représentation d’une vie quotidienne loin d’être morose. La joie transparaît sur les visages. Le « noir et blanc » met davantage en exergue l’émotion qu’elle capte pour montrer « l’essentiel ». A travers la culture africaine, « je perce davantage la mienne malgré les différences évidentes », soutient Carmen Ballvé.
Le rite de l’initiation ne traduit pas seulement, ici, une perpétuation d’un legs. Il est une célébration de la vie dans ce qu’elle offre à découvrir et à vénérer ; comme cet arbre majestueux qui finit par être plus qu’un banal et grand végétal. L’univers de la campagne est fascinant en cela qu’elle bouillonne de vie, de couleurs et de rythmes. La prouesse de Carmen Ballvé et de Polo Vallejo est justement d’avoir mis cela en lumière par la magie de l’image. On y tambourine, siffle, écrit, bouge…Le mouvement est déterminé par les circonstances et les âges. Par le temps aussi.

Alassane Aliou MBAYE

Sous l’autorité de la Direction de la cinématographie, des acteurs du cinéma et de l’audiovisuel se sont rassemblés, hier, dans les locaux de l’ex-Service d’Hygiène sis à l’Avenue Blaise Diagne de Dakar, pour réclamer cet édifice qui leur a été affecté depuis 2012 par l’État. Ces locaux doivent servir à la mise en place d’un centre technique destiné à la cinématographie et à l’audiovisuel.

Après une participation remarquable à la 25ème édition du Fespaco de Ouaga, les acteurs du cinéma et de l’audiovisuel sénégalais exigent que les locaux de l’ex-Service d’Hygiène sis à l’Avenue Blaise Diagne leur soient affectés conformément à la décision de l’Agence de gestion du patrimoine bâti de l’État (Agpbe). En effet, l’Agpbe a affecté, en 2012, les locaux de l’ex-Service régional de l’Hygiène à la Direction de la cinématographique pour l’érection d’un Centre technique de la cinématographie et de l’audiovisuel. Toutefois, a informé le directeur de la Cinématographie, Hugues Diaz, le maire de Dakar-Plateau s’était opposé à l’exécution du projet.  « Ce site a été octroyé en 2008 à la communauté cinématographique du Sénégal par l’ex-président de la République, Me Abdoulaye Wade. Je pense que l’occasion, à laquelle il avait pris cette décision, fut symbolique, puisque c’était lors du premier anniversaire du décès de Sembène Ousmane », a-t-il expliqué.

Selon lui, ses prédécesseurs à la Direction, notamment Tidiane Niangane et Fidèle Diémé, ont mis toutes leurs énergies à contribution pour faire démarrer le Centre technique de la cinématographie et de l’audiovisuel. « En 2012, nous avons été concrets, connaissant nos faiblesses dans la conduite des travaux, notamment ce qui touche au mobilier, nous avons fait appel à l’expertise de l’Agetip… En novembre 2013, tous les  plans et les moyens nécessaires ont été déterminés. Pour une première estimation de 300 millions de FCfa, cette somme a été mobilisée. Mais le projet en tant que tel coûte 1 milliard de FCfa  », a-t-il ajouté.

Par ailleurs, a indiqué le directeur de la Cinématographie, en juin 2015, pour démarrer les travaux, le maire de Dakar-Plateau leur a adressé une correspondance ainsi qu’à la tutelle pour leur signifier que ces locaux lui ont été affectés par l’Acte 3 de la décentralisation. « Notre projet est antérieur à l’Acte 3 de la décentralisation », a-t-il informé, précisant détenir des papiers en bonne et due forme du Patrimoine bâti de l’État datant de 2012.

Postproduction
Hugues Diaz, qui a estimé avoir saisi les autorités pour ce dossier, a appelé à la restauration du droit.  « Il faudrait que force reste à la loi, parce que nous avons été très poli, patient et respectueux.  Lorsqu’il y a eu ce problème, nous avons attendu que le problème soit vidé avec les différentes parties. Le ministre de la Culture a fait ce qu’il devait faire en convoquant toutes les parties prenantes pour discuter et trouver une voie. Mais, on s’éternise, alors que pour  nous, il s’agit d’une urgence », a-t-il souligné.

Le Centre technique de production cinématographique et audiovisuel permettra au Sénégal de résoudre définitivement ces problèmes de postproduction. « La postproduction est un aspect de cinématographie que nous n’avons pas encore. Pour faire nos films, nous dépensons beaucoup d’argent. Les cinéastes sont obligés d’aller le faire à l’extérieur, en France, au Maroc, au prix d’énormes sacrifices », a regretté M. Diaz, interpellant les autorités au plus haut niveau. Pour le jeune cinéaste Abdoulaye Seck, aujourd’hui, 70% du budget d’un film va dans la postproduction. Ce faisant, a-t-il poursuivi, sur le milliard de FCfa que l’État met à la disposition du secteur, 700 millions de FCfa sont versés à l’étranger parce que notre pays ne dispose pas de centre de postproduction. « Le secteur du cinéma et de l’audiovisuel peut aider l’État du Sénégal dans son ambition de créer des emplois au profit des jeunes. Si les autorités investissent dans le cinéma, elles vont créer plus d’emplois par rapport même à ce qu’elles ont prévu dans leurs politiques », a-t-il fait comprendre.

Ibrahima BA

Le public dakarois peut encore visiter, au jardin du Jet d’Eau de la Sicap, l’exposition « Cavale » de l’artiste plasticienne Claire Lamarque.
« La réalisation de cette œuvre s’inscrit dans le cadre de la 2ème édition de « Sargal Fass » en cours actuellement à Kër Thiossane, à la Sicap Liberté. L’évènement intéresse les chevaux de charrettes et la prévention auprès des charretiers pour leur bientraitance », indique Claire Lamarque. A l’en croire,  l’œuvre proposée met en scène un cheval de charrette qui est plus ou moins bien traité vu la sculpture faite à base de papiers mâchés et peinte en patine bronze. « Dans ma représentation, j’ai choisi de mettre aussi à côté de ce cheval un enfant talibé ou de la rue de Dakar qui unissent leur sort d’enfant et d’animal maltraité pour décider qu’un jour, leur rêve de fuite à travers une chevauchée, une cavale telle le titre de l’exposé, puissent se réaliser », argue-t-elle.
Précisant qu’elle est passée par la technique de praxinoscope qui est un jeu qui date du début du cinéma. Celle-ci consiste à faire refléter un enchaînement d’images sur le même centre d’un cercle à travers un jeu de miroir. « J’ai 10 postures de chevaux en sculpture qui vont se refléter au centre des miroirs et vont donner l’impression d’un mouvement avec les 3 allures que sont le trot, le galop et le saut qui s’enchaînent à l’infini puisque ça tourne à l’infini », informe Claire Lamarque.

M. G. DIEDHIOU

La levée du corps de l’instrumentiste sénégalais Cheikh Tidiane Tall, décédé vendredi dernier, a été un moment riche d’émotion. Les autorités étatiques, ses collègues artistes et sa famille lui ont rendu un hommage et ont mis en exergue les valeurs humaines du défunt, au-delà du talent qui lui est reconnu.

Le temps ensoleillé se noie dans la chaleur des âmes compatissantes aux visages à la fois sereins et attristés. Elles encerclent le cercueil couvert d’un tapis évoquant l’image lugubre de la perte d’un être cher. Cheikh Tidiane Tall a émerveillé le monde par son génie que son œuvre continuera d’entretenir. Les témoignages prononcés à son égard montrent qu’il était plus qu’un virtuose. Le membre fondateur du groupe Xalam II était une généreuse âme que les éloges d’admirateurs n’ont pas déviée de son chemin d’excellence. Ceux avec qui il l’arpentait étaient presque là pour l’accompagner à sa dernière demeure. Plusieurs  artistes et amis ont tenu à partager la peine de famille éplorée et digne face à l’inexorable destin. Celui qui a parlé en son nom, El Hadj Amadou Tall, son grand-frère, a rappelé l’intelligent élève que le défunt a été et le virtuose qui a rendu fière la famille. « C’est un homme respectueux et pieux qui aimait son métier », confie-t-il non sans saluer la bienveillance dont ont fait montre le président de la République, Macky Sall et la Première dame Mariame Sall à l’égard de Cheikh Tidiane Tall durant l’épreuve de sa maladie.

Le visage recouvert de ses lunettes de soleil, l’air « sonné », Souleymane Faye, avec qui il a cheminé pendant longtemps dans le Xalam II, « pleure » la perte de « l’irremplaçable, de l’homme exceptionnel qui manquera à la musique sénégalaise ». Il y en a qui, gagnés par l’émotion, n’ont pu placer un mot. Le musicien Idrissa Diop en est un. Les propos d’Aziz Samb, animateur, devraient le consoler. Son ami a bien rempli sa vie sur terre. « C’est un aîné, un grand musicien qui est parti mais son œuvre continuera de diffuser une lumière éclatante ». Celle-ci a jailli parce que le monument qu’il est ne s’est jamais égaré dans sa longue carrière musicale. En cela, l’ancien musicien du « Sahel » est « une source d’inspiration pour les artistes et les jeunes. Ces arrangements musicaux sont un délice. Cet homme sincère qui vient de nous quitter a beaucoup apporté à la musique sénégalaise. Il répétait avec Kiné Lam chez moi », rappelle le musicien Ouza Sow. Avant que l’oraison funèbre ne soit prononcée, parents et amis ont magnifié la générosité, l’humilité et la piété du défunt. Son œuvre parlera désormais pour lui.

Alassane Aliou MBAYE

Message du ministre de la culture lu par Seydou Gueye

« Son œuvre le rattache à l’immortalité »

« Les artistes n’existent qu’à travers leurs œuvres, c’est ce qui les rattache à l’immortalité lorsqu’ils sont pétris de talents, Cheikh Tidiane Tall était de ceux-là. Il était un homme de conviction et d’engagement, qui a traversé son temps non seulement en témoin, mais aussi en acteur d’événements historiques et culturels de premier plan où il a su jouer sa partition de façon magistrale, à l’image du maître qu’il a toujours été et qu’il continuera d’être au panthéon de nos trésors humains. Ceux qui ont connu Grand Cheikh se souviennent d’un artiste intransigeant, à la rigueur métronomique, qui ne rechignait pas à reprendre ou faire reprendre, autant de fois que nécessaire une phrase musicale dans la recherche obsessionnelle de la perfection ».


Henri Guillabert du Xalam

« Le meilleur musicien du continent africain »

« Cheikh était un homme généreux qui a su nous accompagner avec patience. On se connaît depuis très jeunes. Il était honnête dans son métier. Quand le travail n’était pas bien fait, il n’hésitait pas à le faire savoir. Il incitait les gens à être professionnels et menait son travail avec rigueur. Bien qu’étant dans un milieu égoïste, il partageait son savoir. C’est le meilleur musicien de tous les temps sur le continent africain. Dans les années 1970, le saxophoniste Manu Dibango a voulu l’emmener pour une tournée, il a refusé. L’opportunité s’est aussi présentée avec Miriam Makeba. Pourtant, ils étaient au sommet de leur art.
Mais, lui, il a voulu rester au Sénégal pour accompagner les artistes. Cheikh avait une riche palette ».


Youssou Ndour, artiste chanteur

Les témoignages sont assez éloquents. Ils attestent de la dimension de l’homme. C’est notre maître qui est parti. Tous les hommes de l’art le voulaient auprès d’eux pour porter un regard sur leur travail. Quand on commençait à faire de la musique, ses encouragements nous confortaient dans nos choix parce que c’était la parole du maître.
Le maître la musique sénégalaise moderne est parti. Il nous a donné le courage de poursuivre l’aventure. Il a su parler aux jeunes, les encourager à redoubler d’effort.
Il avait compris que la musique est un échange. Il avait des connaissances pointues qu’on lui reconnaît bien ».


Ousmane Sow Huchard, artiste et ethno-musicologue

« Il a participé à la valorisation de la musique
traditionnelle »

« C’est un frère, un condisciple. Nous avons partagé la scène. J’ai commencé à jouer avec lui depuis 1966 du temps du Grand Xalam. Nous avons été ensemble sur des plateaux de musique et allions découvrir le Sénégal. C’est un de nos plus grands instrumentistes. Il est passé par tous les instruments. Il a commencé par les congas avant de virer ensuite avec l’un de ses maîtres, Tapha Sall et avec le ministre Sakhir Thiam. Cheikh Tidiane Tall a participé à la valorisation de la musique traditionnelle en encadrant des divas de la chanson. Il a été à la base de beaucoup d’expériences. C’est un grand témoin de l’évolution de la musique sénégalaise qui part.
C’est un grand livre de la musique sénégalaise qui se ferme et un autre qui s’ouvre avec des jeunes qu’il a accompagnés ».

Propos receuillis par A. A. MBAYE

A la Galerie Kemboury (Point E, Rue du Canal IV X Rue des écrivains), la célébration du mois de la femme se décline par l’exposition sous le thème « Harmonie ». A voir jusqu’au 31 mars, elle regroupe six artistes de sensibilité féminine : Fatim Mbengue, Nathalie Guironnet, Félicité Kodjo, Yanne Senghor, Betty Kandé et Djeynaba S. Baldé.

Elles sont six artistes femmes. Elles viennent d’horizons différents. Elles ont diverses approches de l’art plastique. Dans le sillage de la célébration du mois de mars dédié à la femme, la directrice de la Galerie Kemboury a fait le pari d’« offrir plus de visibilité » à ces créatrices au travers de l’exposition « Harmonie ». Elle donne à voir un art visuel qui se dessine au féminin. Thérèse Turpin Diatta est partie de ce constat : « Les femmes sont peu représentées dans ce sous-secteur de la culture. Il fallait aussi sortir des sentiers battus ».

Pour cela, la plasticienne Fatim Mbengue a présenté trois peintures à la tonalité mi-abstraite, mi-figurative avec un soupçon de suggéré, notamment sur les tableaux « Braconnage », « Fissure ». Celui-ci se lit dans deux sens : en horizontal, en vertical avec en toile de fond des faits sociaux. « On ne peut pas tout savoir, tout dire. Forcément, il y a quelque chose qui nous échappe », a expliqué Fatou Mbengue.
De son côté, la photographe Nathalie Guironnet a promené son objectif sur le registre du reportage, du documentaire au détour de huit photographies. Guironnet a fait le choix d’approfondir tous les sujets qui l’intéresse. C’est ainsi qu’elle a immortalisé le dynamisme des pécheurs de Kayar dans l’œuvre intitulée « L’enthousiasme ». La joie se lit sur le visage des jeunes qui portent à bout de bras leur pirogue.

« J’ai du mal à dissocier Kayar du Sénégal de cette activité économique, cette dynamique, cette vie autour de la pêche et de l’horticulture », a expliqué la photographe. Elle s’est également intéressée à l’appel de la confrérie « Layennes » à Yoff, comme en témoigne cette vidéo qui illustre « l’ambiance, l’harmonie, dans la foi ». Dans la région de Kédougou, c’est la « Ruée vers l’or » que Nathalie Guironnet évoque dans ces photographies.

Dans son écriture photographique, Nathalie Guironnet met en veilleuse toute visée esthétisante. Prises sur le vif, les images se singularisent par leur spontanéité. Cela dynamise la photo. Nathalie cherche à extraire de l’émotion dans des scènes de vie. Ces émotions qui arrivent sont liées à des regards, des positions, des ombres, des endroits.

Pour sa part, Félicité Kodjo s’est attardée sur la condition dans son double dimension : réussite et échec. Le crédo de la plasticienne se situe dans l’art comme thérapie avec un portrait écorché de gens en souffrance. Dans son travail en mouvement, Kodjo aime évoluer dans un univers de labyrinthe, une ambiance floue, avec comme perspective le mystère. « Dans la souffrance, il y a la beauté », a estimé Félicité Kodjo.
Avec une lueur d’espoir dans le tableau « Dina Baax », Dieynaba Baldé surprend et séduit avec des aplats de couleurs à dominante rouge qui se dégradent par endroit sur des tons bleu, jaune. Dans un jeu de couleurs et de formes, le style est à mi-chemin entre l’abstrait et le figuratif. « On s’affirme ainsi », a lancé la plasticienne.

Inspiration féminine
Venu présider le vernissage de l’exposition « Harmonie », le directeur des Arts s’est exprimé au nom du ministre de la Culture et de la Communication. Abdoulaye Koundoul a salué la générosité de la directrice de la Galerie Kemboury. « Thérèse Turpin Diatta œuvre beaucoup en rendant hommage à des artistes mais également en participant à la promotion de jeunes talents », s’est réjoui le directeur des Arts. Dans son propos, il a invité à « réinterroger l’histoire de l’art pour une prise en compte de la spécificité féminine dans la créativité.

Avec un regard distancié, le critique d’art Massamba Mbaye avance que l’inspiration est féminine. « Mais est-elle réellement sexuée ? », s’interroge-t-il. Question bien futile et utile en même temps, aux yeux du critique d’art. Selon lui, il n’est de réel lien esthétique que devant une œuvre d’art quelle que soit sa présentation. « Être femme ne prédispose pas nécessairement à la créativité, au partage plastique d’un senti », a analysé M. Mbaye. Pour lui, au Sénégal, « il semble bien difficile d’ailleurs pour une femme artiste de faire carrière ». Le critique d’art appuie son propos en se référant aux pionnières autoproclamées qui n’ont pas nécessairement tracé école.
L’exposition « Harmonie » est à voir jusqu’au 31 mars à la Galerie Kemboury.

E. Massiga FAYE

La série « Idoles », qui en est à sa première saison, explore le monde de la presse pour « raconter » la société sénégalaise et montrer ses tares avec subtilité. Il s’agit, pour la production, de dérouler des faits de société communs à toutes les corporations, à tous les êtres humains, en prenant prétexte des attitudes observées dans l’univers de la presse au Sénégal. Cette œuvre propose des énigmes, pose la réflexion sur des pratiques courantes et réussit une savante alchimie entre jeunes comédiens et vieux briscards. Le choix des acteurs donne une indication sur la dimension du projet auquel a participé la défunte chroniqueuse, Aminata Sophie Guèye dite Ndèye Taxawalou. Nous sommes allés à la découverte de quelques comédiens de la série.

Comment est né le projet « Idoles » ?
A la base, nous sommes des publicitaires et avons notre matériel de tournage. Nous avions l’habitude de travailler avec des comédiens grâce à notre structure de production, « Event Prod ». C’est un projet que nous avons mûri depuis longtemps. Il fallait juste attendre le bon moment, et en fonction des opportunités, nous lancer dans cette aventure à la fois exaltante et difficile. Nous sommes partis sur fonds propres contrairement aux autres productions. D’ailleurs, nous continuons de tourner avec nos propres moyens. Tout cela a été possible grâce à mon grand frère qui y a cru et mis les ressources nécessaires à notre disposition. Même si l’idée originale vient de moi, c’est feue Aminata Sophie Dièye plus connue sous le nom de Ndèye Taxawalou, chroniqueuse, qui a écrit le projet. Son écriture épousait ce que nous voulions faire. En sus, elle avait un pied dans le milieu de la presse. Même si nous n’avions pas tout fini à cause de son décès, l’essentiel avait été déjà fait. De temps en temps, en fonction de l’actualité, nous nous conformons à l’évolution des choses.

Les difficultés sont inhérentes à un projet de cette envergure. Quelles sont celles-là majeures que vous avez rencontrées ?
Les difficultés ont principalement trait aux ressources financières. Heureusement que nous avons le matériel qui amoindrit un peu les charges. Nous disposons également de notre propre studio de montage. C’est presque une évidence, les comédiens coûtent très chers parce que c’est un travail qui n’est pas simple. Là, vous nous avez trouvés à un tournage de l’après-midi. Il y a toute une logistique, des techniciens et le transport à payer. Dans d’autres circonstances, les charges de fonctionnement de la journée qui n’ont rien avoir avec la paie des comédiens tournent entre 250.000 et 300.000 FCfa par journée. Il faut aussi louer le local avec toutes les contraintes qu’il y a autour.

La presse est le fil conducteur de « Idoles ». Pourquoi cette option ?
Il faut d’abord préciser que cette série n’est pas destinée à vouer aux gémonies la presse nationale. Celle-ci nous permet, au contraire, de représenter notre société grâce aux maux qu’elle relate. Et cette presse est partie intégrante de cette société. Nous avons trouvé que la presse, en tant que courroie de transmission, est au centre de toute cette réalité qu’elle relate. Elle offre donc une large vue sur la société pour aborder les sujets mis en exergue dans cette série. Et comme dans tout métier, il y a des hommes intègres et des brebis égarées. Je suis heureux quand des journalistes émettent des avis techniques sur ce que nous faisons et nous suggèrent même quelquefois des thèmes à aborder. L’un d’eux m’a parlé de per diem par exemple. Tout cela est constructif. L’idée est de parler des problèmes qui corrompent la société sénégalaise et ce serait injuste de les circonscrire à la presse. Nous ne nous érigeons point en donneurs de leçons.

Quelles sont les prochaines étapes ?
Nous voulons que cette série passe sur d’autres chaînes au-delà même de notre espace géographique. Pour l’instant, nous n’avons pas sollicité les structures. Il est d’abord nécessaire de proposer un bon produit pour les inciter à s’intéresser à ce que nous faisons. Pour la première saison, nous nous étions fixés un objectif de 52 épisodes. Cela va se terminer au mois de mai. Un bilan lucide sera fait et une réflexion engagée pour se fixer de nouveaux objectifs.

Babacar Oualy : Le jeune chevronné
Le piroguier qui rêvait de grand amour et d’une carrière de footballeur dans le film à succès de Moussa Touré, « La pirogue », nous fait découvrir la richesse de sa palette dans la série « Idoles ». Il y interprète le rôle d’un inconvenant fils de ministre. Bâti à chaux et à sable, disposant d’une « couverture » de fils de…, le chichiteux garçon fait parade du statut de père. Babacar Oualy porte le manteau de rejeton de ministre à merveille. Ironie du destin, ce jeune de 28 ans, né à Dakar et originaire de Tambacounda. En classe de première, au lycée Maurice de Lafosse, il se libère du carcan académique pour investir le monde du théâtre. Et sa mère le trouvait assez charismatique pour y faire carrière ! Elle a été bonne prophétesse. Le jeune homme, au début timide, fait son trou et empile les rôles aussi bien dans le théâtre que dans le cinéma : « Le sacre du ceddo », « Simba Le roi lion », « L’homme de Satan », « Le sacrifice de Yacine Boubou », « La pirogue », « C’est la vie »... Il devient une belle tête de gondole publicitaire. « Je suis dans un perpétuel apprentissage », dit-il. Il passe un casting de doublage pour films chinois pour élargir son champ d’expression artistique. Un tour en Asie pour redécouvrir son art. La série « Idoles » est un pas de plus dans sa longue marche. Les vieux briscards comme le comédien Bass Diakhaté, qui a suggéré son nom, se trompent si peu…

Mouhamed Touré : Conseiller en communication, comme par hasard !
Des élèves l’interpellent dans la rue pour une embauche dans sa « rédaction » ! Mouhamed Touré, conseiller en communication dans un département ministériel (dans la vraie vie !) en sourit. Le personnage de Grand Laay, directeur de publication sans noblesse, coureur de jupons, lui colle à la peau.
 
L’amalgame est à la mesure de l’admiration que lui vouent ceux qu’il enchante dans les chaumières. « Moi, je ne suis pas un Don Juan » ! rassure-t-il. Pour son épouse avec qui il regarde la série, nul besoin de s’épancher. La bonne dame en rit, elle aussi. Essaie-t-il juste de répondre aux attentes de la production en s’emmitouflant cet ignoble manteau qui lui vaut quolibets mais aussi éblouissement de ceux qui savent se délecter des prouesses des génies.

Mouhamed Touré a été acteur de spot publicitaire. Pour davantage s’imprégner du cinéma, il a subi une formation de directeur d’acteurs. Avant « Idoles », il a assuré quelques rôles dans certains films.

Mody Fall : La fraîcheur de l’ancien
Dans le téléfilm « La collégienne », Mody Fall avait ravi son monde par la maîtrise de son art. Dans « Idoles » où il interprète le personnage de Tonton Sène, rédacteur en chef d’une grande probité morale. Il nous revient moins jeune certes, mais dégage une certaine fraîcheur. Dans le paysage culturel sénégalais, Mody Fall fait partie de ceux qui ont blanchi sous le harnais. Il est riche d’une expérience culturelle et artistique de plus de quatre décennies.
Il a titillé la scène au début des années 1970. Il a cheminé avec le « Diamono tey » pendant ses premières années de théâtre par le biais du comédien Abou Camara avant de créer sa propre troupe. Plusieurs téléfilms produits par la Rts sont sortis de sa sublime inspiration : « La bonne particulière », « Sëyu tey », une série de sketches. En outre, sa formation académique à l’École nationale des arts pendant cinq ans lui confère une posture professionnelle qu’il met généreusement au service des jeunes comédiens de la série « Idoles » sans aucune condescendance. Car, pour lui, « l’art est un échange ».

Dieynaba Ngom : La polyvalente
Dieynaba Ngom passe indifféremment de la réalisation à la lumière de l’écran. Membre de Ciné-Banlieue, elle a déjà réalisé un film, « La linguère », qui lui confère la légitimité de dire que la série « Idoles » est « du point de vue du contenu et de l’écriture une belle œuvre ». Elle y assure le rôle de Binta, fille de Grand Laay, directeur de publication peu scrupuleux. Elle est éperdument amoureuse du jeune et intègre journaliste Malick qui n’est pas si emballé par les promesses de cet amour. Binta abat son orgueil et se bat avec acharnement pour vivre avec l’homme qu’elle aime. Dieynaba Ngom aurait certainement été moins accrocheuse ! « Ce rôle, c’est tout ce que je déteste dans la vraie vie. Ce n’est pas moi ». Mais la prouesse du comédien est aussi de se mettre dans la peau du personnage en dépit de ses convictions profondes. Et dans la rue, Binta prend de plus en plus le dessus sur Dieynaba.

Par Alassane Aliou MBAYE

La Galerie nationale d’art de Dakar a accueilli, jeudi, le vernissage de l’artiste peintre Théodore Felix Ngome. Intitulée « Portraits de champions », cette exposition, à découvrir jusqu’au 16 mars, nous plonge dans l’univers de la lutte sénégalaise à travers la présentation des portraits des plus grands champions de ce sport national.

C’est un voyage particulier dans l’univers de la lutte sénégalaise que propose l’exposition de l’artiste peintre Théodore Felix Ngome. A travers 35 œuvres, ce travail présente des visages célèbres de l’arène nationale. A découvrir jusqu’au 16 mars à la Galerie nationale d’art, « Portraits de champions », titre de cette exposition, est un regard singulier sur ce sport faisant l’identité de notre pays. Ici, l’on est très loin du milieu controversé de la lutte où une violence « folle » tourne parfois en tragédie. Felix Ngome se propose d’offrir un autre regard sur la lutte, en célébrant des champions : des pionniers à la nouvelle génération de lutteurs.

C’est ainsi qu’à côté des portraits des jeunes (Ama Baldé, Gouye Gui, Modou Lô, Tapha Tine, Balla Gaye 2…), l’on retrouve ceux qui ont contribué à bâtir et à porter très haut le flambeau de la lutte. Les images de Double Less, Robert Diouf, Mbaye Guèye ou encore Balla Gaye 1 s’affichent fièrement sur les cimaises de la galerie. Théodore Felix Ngome s’est intéressé, dans son travail, à plusieurs générations de lutteurs, pour ne pas dire tous ceux qui ont eu à marquer de leur empreinte cette discipline. Moustapha Guèye, Manga 2, feu Toubabou Dior, Mouhamed Ndao Tayson, Yakhya Diop Yékini, Bombardier… l’artiste reproduit avec une rare précision le portrait de tous ces champions.

L’exposition fait également un clin d’œil aux grands chroniqueurs de la lutte sénégalaise à l’image de Bécaye Mbaye, Khadim Ndiaye, El Hadji Malick Thiadioum. Leurs portraits ajoutent un complément à cet univers de lutte que tente de reconstituer Théodore Felix Ngome dans la plus grande perfection. Aussi, au-delà de ces visages bien connus des Sénégalais, l’artiste rentre dans un jeu de détails intéressants. Il montre par moment l’arsenal mythique accompagnant la fièvre et la ferveur qui entourent les préparatifs des combats de lutte.

Hommage aux lutteurs
Né en 1974 à Dakar, Théodore Felix Ngome a commencé à taquiner la peinture depuis très jeune. Artiste autodidacte, après avoir tenté à deux reprises sans succès le concours de l’École des Beaux-Arts de Dakar, il part s’installer à Joal, un terroir fertile de lutte. Son projet d’exposer des portraits de lutteurs est, selon lui, un devoir de mémoire du fait de la courte carrière des « champions ». C’est aussi est une façon de rendre hommage aux acteurs de la lutte qui ont beaucoup œuvré pour le développement de la discipline et participer ainsi à la mise en place d’une banque picturale autour de ce sport. « Les lutteurs représentent la culture dans son ensemble. C’est pourquoi, j’invite les gens, à travers mon travail, à voir un autre regard sur la lutte », soutient-t-il. Prenant part au vernissage de l’exposition, Rémi Sagna, directeur de cabinet du ministre de la Culture et de la Communication, a salué le talent « remarquable » du peintre. « L’artiste m’a beaucoup impressionné. C’est un grand technicien de la peinture », a-t-il déclaré, ajoutant que le rôle du ministère de la Culture est d’accompagner les créateurs.

Ibrahima BA

« Inspirations et Zikr dans l’empire des chapelets » est un roman de Mamadou Sow, un professeur de Physique et Chimie, très ancré dans la religion. Son ouvrage fait comprendre l’importance du « Zikr » pour les individus et les nations, son impact pour le déclenchement de la bonne inspiration, des intelligences innovatrices pour les grands progrès de l’humanité.

Les thèmes principaux du livre du professeur Mamadou Sow, « Inspirations et Zikr dans l’empire des chapelets », publié aux Editions Dieylani, sont abordés dans une dualité qui oppose foi et athéisme, soufisme et terrorisme, Satan et Miséricorde divine, inspiration, le djihad par la science et djihad par les armes et enfin, science et Coran. Qui aurait pensé que ce scientifique au parcours sans fautes avec un penchant avéré pour les sciences va avoir le temps du roman ?

Mais oui car, dit-on, les meilleurs scientifiques sont des littéraires, les meilleurs. Son essai s’appuie sur la biographie d’un personnage principal pour aborder plusieurs facettes de la vie d’un fils de marabout devenu écolier. Sans perdre ses racines culturelles et spirituelles, le héros exprime son point de vue sur plusieurs aspects de la vie des hommes en général et surtout des spécificités sénégalaises, à la lumière d’une éducation bipolaire qu’il a reçue au cours de son parcours scolaire et universitaire d’une part et à la formation religieuse coranique doublée du soufisme d’autre part.

Ce livre est écrit dans un style simple et accessible aux élèves du moyen et du secondaire avec plusieurs types de texte (descriptif, narratif, argumentatif explicatif, etc.). De nombreux thèmes dont les principaux y sont abordés dans une dualité qui oppose foi et athéisme, soufisme et terrorisme, Satan et Miséricorde divine, inspiration et « zikr », indiscipline et culpabilité, djihad par la science et djihad par les armes et, enfin, science et Coran.

L’objectif principal de cet ouvrage est de faire comprendre l’importance du « zikr » pour les individus et les nations, son impact pour le déclenchement de la bonne inspiration, le diamant des intelligences innovatrices et des décisions salutaires pour les grands progrès de l’humanité. L’auteur, Mamadou Sow, a fait ses premières classes à l’école Nord de Tambacounda appelée maintenant Kandioura Noba. Puis il est allé au lycée à Saint-Louis. Boursier en internat, l’élève Mamadou Sow a décroché son Bac avant de faire cap sur l’Université de Dakar, au département de Physique et chimie pour devenir ensuite professeur. M. Sow a exercé au collège Moriba Diakhité, avant de prendre la direction d’un collège à Sinthiou Maleme à 26 km de Tambacounda. L’auteur est devenu depuis conseiller pédagogique auprès de l’Inspection d’académie de Tambacounda.

Pape Demba SIDIBE

CanGabon90x700ok


AVERTISSEMENT

La SSPP « Le Soleil » met en garde et interdit formellement aux responsables et gestionnaires de sites d’informations, établis au Sénégal ou ailleurs, de poster les articles publiés sur le portail Internet du « Soleil », à l’adresse www.lesoleil.sn. La SSPP « Le Soleil » ne tolérera aucune entorse à cette interdiction. Seule est permise la publication de liens directs pour rediriger l’internaute vers l’adresse www.lesoleil.sn

PARTENARIATS

Les gestionnaires de sites qui le souhaitent peuvent adresser une demande de partenariat avec la SSPP « Le Soleil » qui en définira les modalités et fixera les conditions d’utilisation des articles, photos, logos de son portail Internet. En cas de manquements, la SSPP « Le Soleil » se réserve le droit d’engager immédiatement des poursuites judiciaires envers les contrevenants, pour violation du respect des droits d’auteurs.