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Arts et Culture (2433)

L’humoriste d’origine sénégalaise, Boucar Diouf, est aimé et respecté au Canada où il est désormais citoyen. Ce Sérère bon teint remplit les salles de spectacles du Québec mais n'a rien oublié de ses origines du Sine-Saloum. Il a tellement assimilé la culture de son pays d'adoption qu’il pourrait changer de viatique. Après sa maîtrise en Biologie et son doctorat en Océanographie, il a quitté les amphithéâtres des universités canadiennes, où il a enseigné pendant huit ans, pour se consacrer entièrement au spectacle.  

La comédie, l’humour, l’enseignement et le rappel de faits historiques sont très présents dans les spectacles de Boucar Diouf. A travers un accent québécois, ou parfois africain, teinté de lettres, de styles métaphoriques ou d’une vulgarisation scientifique, on remarque que cet humoriste est une tête bien faite. Les paroles des griots qui entouraient son père l’ont bien influencé. Aussi bien dans ses publications que dans son art oratoire, il séduit. Il a tellement réussi sa symbiose culturelle que ce citoyen canadien d’origine sénégalaise fascine. Au deuxième jour de son spectacle, au Monument national de Montréal où nous l’avons rencontré, il lève un coin du voile sur sa vie, ses voyages et ses expériences culturelles. De Fatick à Rimouski en passant par Québec et Montréal, il poursuit une carrière d'humoriste que rien ne lui prédestinait. Boucar est un personnage multidimensionnel qui brille et vit de son art, sans tambour ni trompette. « Magtogoek, ou le chemin qui marche », est le nom du nouveau spectacle qu’il présente actuellement dans plusieurs villes.

A l’âge de 26 ans, il a quitté sa terre natale du Sénégal pour s’établir au Québec, où il vit depuis autant d’années. Cet homme de 52 ans égrène des défis, les relève et allie l'utile à l'agréable. Il se rappelle encore son hiver de canard, en 1991, date de son arrivée au Québec et se souvient de ses années d'enseignant à l'Université de Rimouski. Après un doctorat en Océanographie, un dilemme puis un choix définitif. Il produit des émissions et troque savamment son diplôme pour une vulgarisation scientifique dans ses spectacles et productions médiatiques. Depuis, beaucoup d'eau a coulé sous les ponts. L'animateur et humoriste a su garder ses racines tout en se plaisant dans la culture québécoise, d'où son hybridité identitaire. La longue marche de Boucar Diouf, immigrant, humoriste et conteur, se poursuit en couleurs. Il s’est lancé, depuis 1991, dans un processus de rapprochement inter-culturel bien apprécié au Québec. Cela a un impact favorable car des touristes canadiens visitent chaque année sa région natale, son royaume d'enfance au paysage de baobabs si caractéristique. Réciproquement, des Sénégalais et d'autres peuples ont appris, grâce à ses spectacles, le nom que les Algonquins avaient donné au fleuve Saint-Laurent bien avant l'arrivée de Jacques Cartier.

Boucar Diouf 252 ANS DONT 26 PASSES  AU QUÉBEC
Boucar Diouf est un immigrant qui s'est bien intégré au Canada. « Lorsque je veux me concentrer avant de monter sur scène, je psalmodie des chansons du parolier sénégalais Ndiaga Mbaye pour évacuer le stress », nous confie-t-il derrière son sourire. Lui qui est issu d'un couple d'analphabètes et d'une fratrie de neuf âmes, a grandi dans un environnement traditionnel qui a bercé son enfance. Les récits héroïques des griots, véritables maîtres de la parole, qui galvanisaient les dignitaires de son village, l’inspirent toujours dans ses spectacles.

Boucar Diouf est titulaire d'une maîtrise en Biologie et d'un doctorat en Océanographie. Il est parvenu à exploiter un talent d’animateur que ses étudiants de l'Université du Québec à Rimouski avaient décelé. Ses cours d'enseignement étaient souvent ponctués d'histoires racontées pour les motiver. De fil en aiguille, cette générosité dans la transmission des connaissances a donné naissance à une bonne adaptation. Un test réussi dans un concours d'humour a révélé son art oratoire et lui a valu plusieurs distinctions au fil du temps.

Même si Boucar Diouf est influencé par sa terre natale, sa province d'adoption du Québec lui a tout donné : une épouse, des enfants, des diplômes et une célébrité. Une ascension sereine qui s’est faite dans la sensibilisation et la vulgarisation des sciences. Une estime également de ses lecteurs comme Paul Murray, étudiant en Actuariat : « J'aime ce que fait Boucar. Je suivais ses émissions à la télévision. J’ai lu tous ses livres et j'apprends dans ses écrits et sa culture africaine ». Les spectateurs, aussi bien à Montréal qu’au Québec, rient aux éclats et ne s'ennuient pas quand il se produit. De son Sine-Saloum natal au sud de la Petite Côte sénégalaise, à l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar en passant par Québec et Montréal, il est resté enraciné, persévérant, travailleur et amoureux de la Francophonie. Le fils de Yaye Ndew (sa mère) semble triompher sans jubiler. Un aboutissement, selon Ndèye Dieynaba Ndiaye, doctorante en Droit international : « Boucar Diouf est un ambassadeur sans lettres de créance, un exemple d’immigrant, qui a bien réussi son intégration ». Pourtant, rien ne semblait prédire l’aura de « bête de scène » pour ce fils de cultivateur « sauvé » par l’école. Durant son enfance, il suivait les vaches de son père et était alors très loin des lampions des plus célèbres théâtres du monde. 

1991, DÉBUT D'UNE BELLE CARRIÈRE
De son premier hiver en terre canadienne, précisément à Rimouski, à son nouveau spectacle, « Magtogoek, ou le chemin qui marche », bien des choses se sont passées. De par son itinéraire et son intégration, Boucar Diouf reste le fruit d'une inter-culturalité aboutie. Rimouski est fier de son étudiant d'alors, le Québec de son idole, le Canada de son citoyen et le Sénégal de son fils. De la génétique, de la physiologie humaine à la biologie adaptative, en passant par l'océanographie, la biochimie structurale et le métabolisme énergétique, que de connaissances scientifiques et pas des moindres qu’il vulgarise avec aisance, le sourire aux lèvres.

L'homme est un chroniqueur qui a impressionné dans ses productions de télévision, de Radio-Canada et de Tv5. Il est également l'auteur de cinq publications : « Sous l'arbre à palabres », « Mon grand-père disait... », « Le brunissement des baleines blanches », « Rendez à ces arbres ce qui appartient à ces arbres » et « Boucar disait... ». Cet homme de teint noir, cheveux en dreadlocks, est un père de famille comblé et un artiste engagé pour le rapprochement culturel. Sa passion pour la paix et le développement témoignent aussi de son altruisme.

Par Mamadou Aïcha NDIAYE

Il y a justement 8 ans que le rossignol de Somb a cessé définitivement de chanter. Emportée par la faucheuse au royaume de l’éternité, Yandé Codou Sène s’est tue à jamais. La célébration de l’anniversaire de son décès, ce 15 juillet, réveille chez beaucoup de Sénégalais qui ont eu la chance d’être bercés par la voix de la cantatrice du Sine-Saloum le souvenir d’une chanteuse éclectique rappelant les prodiges du pays sérère.

Deux ans avant sa mort, en 2008, Yandé Codou Sène recevait l’un des derniers hommages de sa vie à travers le remarquable et touchant film documentaire de la réalisatrice sénégalaise Angèle Diabang Brener. « Yandé Codou, la griotte de Senghor », l’intitulé de cette production cinématographique consacrait, dans un  décor alliant poésie et tristesse, l’un des derniers mohicans ayant vécu comme témoin d’une partie si importante de l’histoire du Sénégal.

Yandé Codou Sène, décédée le 15 juillet 2010 à l’âge de 78 ans, a construit sa gloire autour de sa voix, de ses envolées lyriques et polyphoniques qui séduisaient tant le Président Léopold  Sédar Senghor. Cela, à tel point qu’elle devint la griotte attitrée du poète-président avec qui elle effectua de nombreuses tournées à  l’intérieur du pays. L’artiste se servait parfois de sa puissante voix pour traduire en sérère les messages de Senghor qu’elle seule pouvait interrompre les discours pour entamer un chant de louange.

La voix de Yandé Codou n’était ni aiguë, ni grave. Elle était exceptionnelle et avait cette puissance surnaturelle qui plaisait à tout le monde. C’est sans doute la raison pour laquelle, près d’une décennie après sa disparition, sa musique agrémentée par du riti, de la guitare et du tambour, continue de traverser le temps et les générations. Les chants de la diva étaient uniques en leur genre. Ils sont composés avec une infusion omniprésente du souvenir, en rappelant la profondeur des terroirs sérères  encore rebelles au train de la modernité, ces villages enchevêtrés dans des bosquets vierges et reliés par des pistes bordées de végétation qui font le charme du pays sérère. Mais également la richesse des cérémonies initiatiques dans le royaume du Sine-Saloum de naguère, les rites et pratiques religieuses de ces contrées perdues.

Née en 1932 à Somb, région de Fatick, département de Gossas, Yandé Codou Sène a très tôt été nourrie par la chanson sérère, du fait de ses origines griottes. Seulement, rien ne lui présageait un parcours musical de cette envergure. C’est à l’âge de 15 ans précisément qu’elle commença sa carrière dans les kassacks ou cérémonies d’initiation pour les circoncis. Toutefois, ce n’est qu’à 65 ans, en 1997, qu’elle va mettre sur le marché son premier album (Night sky in Sine-Saloum). Une production de 9 titres, dont « Salmon Faye », « Gaïndé », « Keur Mang Codou » ou encore le rythmique morceau « Gnaka Gniore Ndianesse », reflétant l’immensité de son talent. Flirtant avec la musique moderne, au début des années 1990 à la suite de sa rencontre avec Youssou Ndour, la dame aux lunettes noires a continué à inspirer la musique sénégalaise.

Yandé Codou Séne, ce n’est pas seulement une voix. C’est un élément du patrimoine culturel sénégalais. Un symbole de l’immortalité qui mérite d’être inscrit au panthéon des grands Hommes.

Porte-étendard de la culture sérère, la griotte était plus qu’un artiste. Elle avait cette chose que les autres n'ont pas et qui fait le génie. Son répertoire est d'une richesse prodigieuse. Et son chef d'œuvre tout simplement inimitable.

Ibrahima BA

Le musicien Yoro Ndiaye a fait escale à Saint-Louis pour une prestation à l’Institut français de la ville. Entre répétitions et repos, le folk-singer sénégalais est exténué, mais espère produire une bonne prestation. En attendant, il a bien voulu répondre à nos questions : Mbacké sa ville natale, ses projets, son amour pour Saint-Louis...  

De Mbacké, ville à la lisière de Touba la capitale  du Mouridisme, à la scène, cela n’a pas été évident…
C’est vrai, rien ne me prédestinait à la musique car qui dit Mbacké, dit naturellement Touba, la ville de Khadimou Rassoul. Mon père fréquentait toujours les « dahiras » (associations confrériques) et le reste de ma famille s’identifiait au Mouridisme. Dans notre famille, il n’y a personne qui joue un instrument. Comme j’ai l’habitude de le dire, la musique est venue vers moi et c’est un destin que j’assume pleinement.
 
Malgré tout, il y a toujours cette influence de Mbacké dans votre répertoire.
Vous savez, c’est le milieu qui détermine l’individu. Dans mes chansons, on retrouve des thématiques qui ont trait au Mouridisme. On sent également mon attachement à cette communauté religieuse dans mes propos et idées. Même au-delà, je revendique un esprit Baye Fall (ndlr : la voie créée par Cheikh Ibra Fall, un compagnon de Khadim Rassoul, fondateur du Mouridisme). De plus, les qualités comme l’humilité et la disponibilité sont le socle de cet état d’esprit qui rime avec le respect et la « positive attitude » ; des vertus importantes pour toute personne.

Yoro Ndiaye 2

Parlez-nous de vos projets ?
J’ai senti la nécessité, à un moment donné, de m’organiser. C’est ainsi que j’ai mis en place une maison de production dénommée « Afrique mélo », pour intensifier la production. A travers ce label, nous avons décidé de donner une chance à une dizaine de jeunes artistes autour d’un concept appelé « Sunu folk ». Un projet en partenariat avec l’Organisation internationale de la Francophonie  (Oif) qui nous a beaucoup soutenus. Dans ce cadre, nous avons agrandi nos locaux et  renouvelé nos outils de travail car, au début, j’avais juste un home studio.


En quoi consiste le label « Sunu folk »

C’est ce genre d’initiative qui m’a permis de bien entamer ma carrière. Un projet initié par les frères Guissé et qui s’appelait « Sénégal folk » m’a ainsi mis sous les feux de la rampe.  Par la suite, nous avons voulu, nous aussi, accompagner les jeunes. C’est dans ce sillage que « Sunu folk » est né. Une vision panafricaine composée de jeunes artistes : un Mauritanien, un Burkinabé,  une Camerounaise… L’un de mes rêves est d’aider les nouveaux talents à se hisser au niveau de la scène musicale internationale.  J’ai envie de voyager également avec ces jeunes, de faire le tour du Sénégal avec eux pour montrer au public ce que nous avons réussi.

Pouvez–vous revenir sur le projet Sénégal folk ?
« Sénégal folk » était une initiative des frères Guissé. Ces artistes avaient bénéficié du financement du Programme de soutien aux initiatives culturelles (Psic), un fonds initié par l’Union européenne, à la fin des années 1990, et qui a permis de réaliser une compilation dont je faisais partie. C’est la même approche que l’on va reproduire. Seulement, la différence réside dans notre volonté de faire, avec « Sunu folk », un festival afin que cette dizaine de jeunes ait un cadre de promotion. Comme parrain, nous avons choisi Ismaël Lô, un pionnier du folk africain. Puis, il s’agira aussi de rendre hommage à ceux qui jouent à la guitare et qui chantent également.
 
Votre carrière est-elle en stand-by ?
Je l’ai mise entre parenthèses en attendant de terminer avec la promotion des jeunes. J’ai en ligne de mire un album international pour montrer toutes ces expériences acquises au fil des ans. A travers mes voyages et rencontres, je veux partager tout cela dans cette production à venir.
 
 Comment voyez-vous la musique folk de nos jours ?
Le folk est une musique qui n’est pas soutenue au Sénégal, notamment du point de vue médiatique. Elle est diffusée généralement durant les heures de pause. Les heures de grande écoute sont monopolisées par le mbalax, ce qui freine le développement du folk. C’est pourquoi bon nombre de musiciens folk sont happés par le mbalax qu’ils jouent pour exister artistiquement.
 
Vous êtes de plus en plus fréquent à Saint-Louis. Qu’est-ce qui vous lie à cette ville ?
C’est vrai que Saint-Louis reste une ville que je ne découvre que pour le travail, mais elle est attirante en termes de culture et de patrimoine. C’est un endroit propice à la recherche et à l’émulation de tout artiste. Je pense que je vais désormais consacrer une semaine pour venir m’y ressourcer. Les organisateurs du Festival de jazz m’approchent souvent,  mais je n’ai jamais eu l’occasion de m’y produire. J’ai espoir de jouer un jour pour ce prestigieux événement et ce serait avec plaisir. Cela pourrait, peut-être, se faire l’année prochaine.

Propos recueillis par Amadou Maguette NDAW

Les musiciens, Les Frères Guissé,  en partenariat avec la commune de Hann Bel-Air et le ministère de l’Environnement et du développement durable, ont procédé, hier, à l’ouverture de la 13ème édition du FestiVert. Un festival organisé au Parc zoologique de Hann et qui met en exergue la culture au service de l’environnement pour la promotion de l’éco-citoyenneté..

La cérémonie d’ouverture du FestiVert, initiative des Frères Guissé, s’est tenue, hier, au Parc zoologique de Hann. Activité culturelle et environnementale, le lancement s’est déroulé en présence du secrétaire du ministère de l’Environnement et du développement durable, Amadou Lamine Guissé, du maire de la commune de Hann-Bel Air, Babacar Mbengue, du commandant de la Gendarmerie et du directeur du Parc national zoologique de Hann.

Cette ouverture du FestiVert a regroupé cent récipiendaires issus de trente-deux écoles de la commune de Hann-Bel Air, qui ont obtenu les meilleurs résultats du concours du Centre d’éducation et de la formation environnementale. En effet, le Centre avait organisé des sessions en amont pour choisir les meilleurs élèves durant la formation. Sur 650 élèves concourus, 100 sont admis et primés.

Par ailleurs, cette 13ème édition du FestiVert est l’occasion de rappeler à la nouvelle génération l’importance de la nature, mais aussi l’historique environnemental de la commune de Hann-Bel Air. Auparavant, la baie de Hann faisait partie des cinq baies les plus belles du monde, mais malheureusement, cet effet de beauté s’est évaporé à cause de la dégradation et de la pollution.
L’objectif de cette manifestation culturelle et environnementale est de conscientiser ces élèves sur leur responsabilité et leur devoir d’entretenir, de surveiller et de revaloriser l’environnement. En plus de ce devoir, les Frères Guissé ont insisté sur l’orientation de ce programme vers les enfants afin de les inscrire dans une optique d’écosystème.

« Nous renouvelons notre engagement citoyen. Le choix est porté sur ces enfants parce que nous sommes conscients de ce qu’ils peuvent devenir demain. Donc mieux vaut les mettre sur les pistes dès maintenant pour assurer la protection et la sauvegarde de l’environnement », a lancé Djiby Guissé.Dans cette optique, ce dernier a introduit une chanson intitulée « Dina dieumbeutt gaarap » pour parler du reboisement, dans un rythme binaire pour faire chanter les enfants et les informer des dégâts liés au déboisement et à la pollution. Cependant, le Sg du ministère de l’Environnement, Amadou Lamine Guissé, confirme que l’Etat du Sénégal est plus que jamais engagé à accompagner ces activités qui sont à la fois, culturelles et citoyennes. « Nous renouvelons la lutte contre le projet de dépollution de la baie de Hann. Une campagne sera bientôt lancée. L’alerte est donnée et cela devient une leçon assimilée. Notre présence confirme que l’Etat du Sénégal encourage cette belle initiative et est prêt à changer l’approche de l’enseignement environnemental en inculquant les valeurs citoyennes », a déclaré le représentant du ministre de l’Environnement.

A leur niveau, les élèves ont présenté un sketch qui véhiculait un message fort sur la pollution, l’exploitation minière illégale, le déboisement et la dégradation climatique et environnemental pour interpeller tout un chacun. La cérémonie d’ouverture du FestiVert des Frères Guissé s’est tenue dans un cadre d’échange, d’interpellation et surtout citoyen, pour confirmer l’apport de la culture dans la promotion de l’éco-citoyenneté. Place aux concerts et aux séances de lutte, aujourd’hui et demain au Parc de Hann.

Baye Ndongo FALL (stagiaire)

Le ministre de l’Intégration africaine, du Népad et de la Francophone, Mbagnick Ndiaye, a procédé, hier, à l’installation du comité scientifique chargé des préparatifs de la première édition du Forum francophone de Dakar. Prévue dans le courant du mois de novembre prochain, cette rencontre permettra au Sénégal de consolider sa place de pays phare au sein de cette organisation internationale.

« La Francophonie comme facteur d’intégration par l’innovation numérique : enjeux et perspectives ». Tel est le thème de la première édition du Forum francophone de Dakar dont le comité scientifique vient d’être installé par le ministre de l’Intégration africaine, du Népad et de la Francophonie. Au total, c’est une dizaine de membres qui composent ce comité, devant se charger des préparatifs de cette rencontre internationale prévue, dans le courant du mois de novembre prochain. Le forum de Dakar, comme l’a rappelé Mbagnick Ndiaye, compte se positionner en vue d’être une plateforme de proposition et de prospective, sur le devenir de l’espace francophone. Evénement innovant qui compte renforcer la vocation francophone du Sénégal ; il va réunir, « selon une périodicité annuelle ou biennale, des décideurs institutionnels du secteur privé et du monde de l’économie, des acteurs de la société civile et du monde associatif, des intellectuels et des chercheurs ».

L’installation du comité scientifique conduit par le professeur Mbaye Thiam, est d’après le ministre, la première étape vers la tenue de ce forum « inédit » qui ,pendant trois jours , réunira des experts autour de 5 tables rondes consacrées à des thématiques liées, entre autres, à l’éducation et à la formation, à l’information, aux médias et communication, également à la culture et à la créativité.

« Nous essayons de nous inscrire dans les orientations fixées par son Excellence Monsieur le Président de la République, visant autant à renforcer le pôle francophone de Dakar et à contribuer au rayonnement de notre pays et de la sous-région (l’Afrique de l’ouest). Et, quelle plus grande légitimité pour cela, que la Francophonie, née en Afrique de l’Ouest, et dans le développement de laquelle de hautes personnalités de notre pays et de notre sous-région ont joué des rôles éminents», a dit le ministre Mbagnick Ndiaye.

Se prononçant sur le thème du Forum, le professeur Mbaye Thiam a indiqué que le numérique comporte des enjeux sur le plan géopolitique, économique et social. Ce qui, de son point de vue, appelle à des démarches nouvelles, des ajustements et des orientations afin de positionner davantage la Francophonie dans les questions et politiques internationales. Par rapport à l’organisation du Forum, il a annoncé la mise en place d’une stratégie, dès la semaine prochaine.

Ibrahima BA

La Fondation Léopold Sédar Senghor a organisé, mercredi, à Dakar, la remise des prix du concours de poésie « haïku » sous le thème « Les espèces vivantes ». Cette occasion a été choisie pour récompenser les grands gagnants de cette deuxième édition.

C’est dans la salle principale de la Fondation que s’est tenue la cérémonie de remise des prix. Les murs sont ornés de photos et d’articles de presse retraçant l’histoire du premier Président de la République du Sénégal, Léopold Sédar Senghor. Ce n’est pas un hasard si la Fondation a été désignée pour organiser un tel évènement. En 1980, l’ambassadeur du Japon à Dakar, Sonoo Uchida, a proposé à l’homme politique de faire participer son pays au concours de « poésie "haïku" des enfants du monde entier ». Depuis, le Sénégal met à l’honneur la culture japonaise par cet exercice d’écriture.

Retour aux sources
Cette tradition poétique existe au Japon, depuis le huitième siècle. L’ambassadeur Sonoo Uchida écrivait, en 1980 : « Le "haïku" nous apprend à écouter attentivement, à regarder, à bien observer notre cadre de vie réel et à parler de la nature avec sincérité, avec bon goût et avec le sens du concret ». Le poème « haïku » est court (trois vers comprenant cinq, sept et cinq syllabes chacun), s’accompagne d’un dessin d’illustration et celui qui l’écrit doit déclencher une émotion chez celui qui l’écoute. Pour Raphael Ndiaye, directeur de la Fondation Léopold Sédar Senghor à Dakar, « ce type de poème demande une certaine discipline par sa concision et de l’imagination par son aspect figuratif ». Partant du principe que « toutes les inventions humaines ne sont qu’une imitation imparfaite de la nature », il compare le poème « haïku » à un « retour aux sources ». En 2015, la « Japan Fundation » propose à la Fondation Léopold Sédar Senghor d’organiser un concours à l’échelle nationale. La première édition 2015-2016 voit le jour et le Sénégal devient le premier pays d’Afrique coopté pour cet évènement. Une lettre d’information est alors envoyée aux établissements scolaires et tous les élèves âgés entre 9 et 15 ans peuvent y participer. C

Vingt lauréats cette année
Cette année, pour l’édition 2017-2018, sept établissements ont pris part à la compétition et plus de 555 poèmes ont été envoyés aux membres du jury, ayant pour thème « Les espèces vivantes ».

Le jury se compose de Joseph Pierre Ndiaye (directeur du cabinet du ministre de l’Education nationale), d’Amadou Ly (Professeur de Lettres modernes à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar), d’Annie Coly (proviseur au lycée d’application Seydou Nourou Tall) et de Raphael Ndiaye (directeur de la Fondation). Parmi toutes les candidatures, ils ont sélectionné 20 lauréats. Durant la remise des prix, des diplômes ont été distribués à tous les établissements participants et un sac rempli de matériel de dessin est offert aux grands gagnants, après la lecture de leurs poèmes par le maître de cérémonie. Seul le premier lauréat, André Debergé, a eu l’occasion de lire lui-même son poème au public : « Rouge fleur de l’amour, couleur coulant sur des ailes, le papillon tendre ». C’est sur cette mélodie, qui laissa le public rêveur, que la cérémonie prit fin.

Aurélia VALARIE (stagiaire)

Lors d’une conférence de presse, l'ambassade de la Côte d'Ivoire au Sénégal a annoncé la tenue de l'édition de la Semaine ivoirienne de Dakar (Sim), du 06 au 12 août 2018. Un rendez-vous majeur du savoir-faire ivoirien dans sa diversité, relancé après plusieurs années d’absence.

L'ambassade de la Côte d'Ivoire au Sénégal a annoncé l’organisation d’une Semaine ivoirienne de Dakar (Sim), prévue du 06 au 12 août 2018. L'Egypte sera le pays invité d'honneur. Selon M. Gogoa Blé, conseiller chargé d'affaires à l’ambassade ivoirienne, la problématique de « La monnaie électronique, moteur de développement de l’inclusion financière dans la zone Uemoa : cas de la Côte d’Ivoire et du Sénégal » sera le thème principal de cette édition.

A l'ère digitale, les transactions par mobiles et plateformes électroniques sont de plus en plus adaptées, d'où la nécessité d'un consensus. D’ailleurs, une conférence sera tenue pour expliquer les enjeux. La Côte d'Ivoire et le Sénégal seront en coopération Sud-Sud, par le biais d'une foire commerciale, gastronomique et culturelle. « Bienvenue en Côte d'Ivoire, les nouvelles sont bonnes parce que faire la promotion de notre pays fait partie de nos missions », a ajouté Agoussi Serge Pacôme, chargé des Affaires économiques, commerciales et communication.

Par soucis d'élargissement d'horizons et de présence sur le marché, « les entreprises, la culturel et les mets ivoiriens ont besoin de se faire connaître davantage », a affirmé le modérateur Charles Bogou Sakré. En ce sens, les activités de la Semaine ivoirienne à Dakar s'ouvrent à plusieurs secteurs d'activités car étant un événement institutionnel. La Côte d'Ivoire est déjà présente au Sénégal, mais il faut le formaliser afin d'encourager la coopération sud-sud (Sénégal-Côte d'Ivoire), selon le modérateur de la conférence. Le programme de la Semaine ivoirienne sera également articulé autour du business-entreprises ; animations-shopping-gastronomie ; tourisme-artisanat ;  conférences-ateliers-rencontres B to B ; agroalimentaire-agrobusiness ;  mode-beauté et bien-être. 

La Place du Souvenir de Dakar abritera un défilé, des expositions-ventes, un concours culinaires, une journée des Tic, banques et finances pour la promotion des activités et de la culture ivoirienne. Une journée d'échanges est également dédiée à la communauté étrangère et à la diaspora ivoirienne vivant au Sénégal. Un concert de clôture est prévu avec des artistes de renommée ; un autre trait d'union entre les deux pays.

Yaye Awa Ly Ngoné SARR (stagiaire)

Le rapport  final  de l’étude sur l’actualisation du Service universel  a été présenté hier. Ce projet d’actualisation, confié au Groupement défis et stratégies/Titane conseil, avait pour mission de mener une étude sur le plan technique, économique, juridique et institutionnel afin de permettre une actualisation adaptée et cohérente de la stratégie d’accès au Service universel des télécommunications du Sénégal.

Pour  actualiser  le Service universel des télécommunications du Sénégal, une étude  a  été commanditée  et confiée au Groupement défis et stratégies. L’atelier de validation du rapport  final  de cette étude s’est ouvert, hier,  à Dakar, avec la participation des acteurs concernés. Selon le président du  Fonds de développement  du service universel des télécommunications (Fdsut), Aly Coto Ndiaye, la réactualisation du Service universel permettra, entre autres, de revoir  les limites de celui-ci, de  prendre en compte l’évolution des besoins et des technologies pour une meilleure qualité de service et lui donner davantage de poids en définissant clairement la vision et la stratégie globale pour le Fonds de développement du service universel.

A l’en croire,  la stratégie de Service universel devra être régulièrement contextualisée en fonction des évolutions technologiques et des besoins. Mais aussi pour une meilleure intégration des populations défavorisées dans le développement socio-économique afin de favoriser leur épanouissement. Toutefois,  a reconnu  Aly Coto Ndiaye, la bataille ne saurait être circonscrite à la seule stratégie ; il reste le défi de son financement. « Je voudrais attirer l’attention des uns et des autres sur le fait que l’année 2017  a marqué un tournant qui, sauf un réaménagement, risque de constituer une limite  dans l’expansion du Service universel des télécommunications. En effet, depuis sa création, la taxe sur le chiffre d’affaires des opérateurs téléphoniques pour le développement du  Service universel n’a rien versé dans les comptes du Fdsu », a déploré Aly Coto Ndiaye.

A  son avis,  cet infléchissement dans la courbe d’approvisionnement plonge le Fdsut  dans une situation de perplexité, d’incertitude et de questionnement. « Par nos soins, l’attention des décideurs  en charge des finances  a été attirée sur la question afin qu’une rectification soit apportée  pour permettre au Service universel de continuer sa mission dans les zones rurales et urbaines démunies. J’ose espérer que notre plaidoyer va prospérer au risque d’annihiler tous les efforts fournis jusque-là », a-t-il argué.

Le représentant de l’Union internationale des télécommunications (Uit) pour l’Afrique de l’Ouest, Ali Drissa Badiel a, remercié les autorités pour l’initiative prise  d’actualiser le Service universel  des télécommunications. Pour M. Badiel, le Service universel est plus qu’une nécessité, pour avoir des Tic inclusifs conformément à l’une des recommandations phares du sommet mondial sur la société de l’information.

Présidant l’ouverture des travaux de l’atelier de validation de l’étude sur l’actualisation du Service universel, le ministre  de la Communication, des Télécommunications, des Postes et de l’Economie numérique,  Abdoulaye Baldé, a indiqué que le développement du Service universel des télécommunications met un caractère particulier à l’un des objectifs de la Stratégie Sénégal numérique 2025 et précisément l’axe stratégique numéro 1, relatif à « un accès ouvert et abordable aux réseaux et services numériques ».

De plus,  il  a souligné que l’actualisation du Service universel est en droite ligne des recommandations de la Cedeao et de l’Union internationale des télécommunications (Uit). A l’en croire, les politiques du Service universel ont généralement pour but de promouvoir ou de maintenir la connectivité universelle de tous les foyers aux installations et services de réseau public, à des prix abordables.

« Aujourd’hui, les moyens de communication se sont diversifiés et différents types d’infrastructures doivent être mises en service le plus efficacement possible pour permettre d’atteindre l’ensemble des populations visées. C’est ainsi que, depuis une date relativement récente, la définition de l’accès universel englobe les services innovants tels que l’Internet », a expliqué M. Baldé.

Pour  le ministre des Télécommunications, cette étude est le meilleur guide, un mode d’emploi pour mener, de manière efficiente, leur politique d’inclusion numérique. En ce sens qu’il appelle toutes les parties prenantes de la société de l’information : pouvoirs publics à travers surtout les responsables du Fonds de développement, membres du secteur privé et de la société civile, universitaires et experts techniques des organisations internationales. Il vise à encourager et à continuer d’accompagner les efforts allant dans le sens de la généralisation des usages numériques par les populations, surtout celles qui accèdent difficilement aux réseaux.

Maguette Guèye DIEDHIOU

Le Festival national des arts et cultures (Fesnac) s’est imposé, au fil du temps, comme un rendez-vous incontournable des arts populaires, mais, depuis quelques temps, il peine à attirer les meilleurs artistes des régions. Pour ranimer la flamme autour de ce festival, qui fête sa dixième édition, le ministère de la Culture avait convié les acteurs, hier, autour d’un atelier d’évaluation.

Lancé en 1997, pour "permettre aux Sénégalais de mieux se connaître, de savoir tout ce qui les rapproche et de contribuer à la consolidation de l’unité nationale", le Festival national des arts et cultures (Fesnac) a servi de formidable cadre d’expressions des arts populaires. Cependant, en dépit du « succès » noté, lors de la dernière édition organisée à Louga, en décembre 2017, le festival a beaucoup perdu de son lustre. Entre la faible implication des collectivités locales et l’insuffisance du budget alloué par l’Etat, l’organisation demeure un défi, chaque année. Résultat ? Les meilleurs artistes des régions ne participent plus au Fesnac, constate un responsable du ministère de la Culture. Pour ranimer la flamme autour du festival, le ministre de la Culture, Abdou Latif Coulibaly avait convié, hier, directeurs des centres culturels régionaux, acteurs culturels et représentants des collectivités territoriales autour d’une réunion d’évaluation pour dresser le bilan de la 10ème édition et, plus globalement, réfléchir sur les perspectives du Fesnac.

« Il y a deux problématiques majeures qui se posent, aujourd’hui », explique le ministre. La première est liée à la gouvernance du Fesnac, ses rapports avec les collectivités locales et les moyens de participation. Ces relations n’ont toujours pas été planifiées de la meilleure des façons, reconnaît M. Coulibaly, disant espérer une solution à la suite de ces débats. La deuxième problématique, c’est qu’à l’origine, le Fesnac a été conçu pour être une biennale. Le ministre s’interroge s’il ne faudrait pas revenir à cette périodicité, qui permettrait d’être plus efficace et plus efficient tant du point de vue de l’animation scientifique, artistique ; que du point de vue des résultats globaux et de l’accompagnement des lauréats. Sur cette question, Ibrahima Wane de l’Ecole doctorale arts, cultures et civilisations (Arciv) à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, est d’avis qu’il faut revenir au triptyque (bisannualité, itinérance, cadre d’expressions des arts populaires) qui fonde l’identité du festival. « Le Fesnac a toujours posé des questions transversales, c’est pourquoi tous les acteurs s’y retrouvent », relève-t-il, invitant à préserver cette spécificité et donner « plus de dignité » au Fesnac. « Il y a de la dignité, mais peut-être pas assez de moyens », répond Abdou Latif Coulibaly, se disant favorable à un retour au principe biannuel pour une utilisation rationnelle des maigres moyens dédiés. Il regrette que l’accompagnement du secteur privé ne soit « pas à la hauteur » des ambitions et des attentes des autorités. Un mal général. En réalité, la culture est « assez abstraite », dans la tête de beaucoup de responsables d’entreprises qui ne voient pas la rentabilité qui pourrait y avoir, constate M. Coulibaly. D’autres estiment, enfin, que la restitution du patrimoine culturel ne doit plus être une fin en soi pour le Fesnac, mais une source d’inspiration.

Seydou KA

Dans le cadre de la mise en œuvre du projet des Centres multimédia communautaires (Cmc), le ministère de la Communication, des Télécommunications, des Postes et de l’Économie numérique a remis, hier, des lots de matériels composés de radios communautaires, d’équipements informatiques et de systèmes solaires aux bénéficiaires de ce programme. Cet appui vise à réduire la fracture numérique.

Cette remise de dons est destinée à réduire la fracture numérique en mettant les Technologies de l’information et de la communication au service du développement des communautés, un peu en retrait dans ce domaine. Les Centres multimédia communautaires (Cmc), installés par le gouvernement du Sénégal avec l’appui de partenaires nationaux et internationaux, contribuent, de manière décisive, à la lutte contre la fracture numérique.

Pour le ministre de la Communication, des Télécommunications, des Postes et de l’Économie numérique, Abdoulaye Baldé, un « Cmc, constitué d’une composante radio communautaire et d’une salle multimédia logées dans une même enceinte, occupe une place importante dans le réseau national des systèmes de communication ».

Ce projet, démarré depuis 2005, a permis la formation de plus de 1000 personnes en production radiophonique, en informatique, en multimédia et en gestion administrative, technique et financière des Centres. Le Sénégal compte, à ce jour, 49 Cmc répartis sur l’ensemble du territoire national avec l’implémentation en cours de huit autres. En sus, « neuf Cmc, déjà opérationnels, vont bénéficier d’un appui en équipements radios communautaires et informatiques », indique-t-il, tout en insistant sur les défis auxquels font face les Cmc. Ils sont surtout liés à la maintenance et à la vétusté du matériel. Dans un souci de pérennisation, son département a prévu d’organiser des visites et échanges au niveau des Cmc déjà installés, pour une meilleure prise en charge.

En outre, un atelier de restitution sera organisé, à cet effet, avec les parties prenantes afin d’élaborer, d’une part, un document de revue globale sur la situation des équipements et du personnel des centres et, d’autre part, un document d’étude de faisabilité pour la généralisation de ces centres dans toutes les zones rurales.

C’est pourquoi, pour la sélection des futurs bénéficiaires du programme, la tutelle privilégiera ces critères technico-sociaux : absence de services Cmc dans la zone, l’articulation avec la stratégie nationale « Sénégal numérique 2025 », la disponibilité de fréquence Fm de radio communautaire et la prise en compte des femmes, des jeunes, des personnes vivant avec un handicap et des populations défavorisées des zones rurales et péri-urbaines.

Parlant au nom des maires, Pape Aly Dièye, l’édile de Guéoul, voit, à travers cette action, une volonté de l’autorité centrale de promouvoir le développement des collectivités territoriales grâce à un accompagnement multiforme. Il a, par ailleurs, sollicité un accompagnement plus conséquent de l’Etat pour l’amélioration des conditions de travail du personnel des Cmc. Il lui semble opportun que les différentes sociétés nationales, dans le cadre de la responsabilité sociétale d’entreprise, soient d’un plus grand apport.

Alassane Aliou MBAYE

Le groupe «Les Frères Guissé» organise la 13ème édition du FestiVert, du 13 au 15 juillet, au Parc de Hann. L’ouverture est prévue aujourd’hui, à 10h, sous la présidence effective du ministre de l’Environnement et du Développement durable, Mame Thierno Dieng, et du maire de la commune de Hann-Bel Air, Babacar Mbengue. Plusieurs artistes musiciens sont attendus dont Demba Guissé, Sidy Diop, Canabass, Safari, Bideew Bu Bess pour animer des spectacles concerts au Parc de Hann, du 13 au 15 juillet. En partenariat avec la Commune de Hann, le Parc de Hann, la Ville de Dakar et le ministère de l’Environnement, les Frères Guissé, à travers le FestiVert, participent à mettre la culture au service de l’environnement, pour la promotion de l’éco-citoyenneté.

Diplômé en commerce international, Cheikh Ahmed Tidiane Gaye est l’initiateur du projet « Youléeb », qui est une interface web et un réseau de diffusion de contes africains et d’échange d’expériences culturelles. Ce projet fait partie des lauréats de la première édition de la Teranga Tech.

Cheikh Ahmed Tidiane Gaye, plus connu sous le sobriquet de Cheikh Mara, est  un homme passionné. Depuis plusieurs années, il a mis tout son cœur et son énergie au service de ses rêves : ceux de participer à l’épanouissement de chaque être humain en lui proposant des produits et services qui vont améliorer considérablement sa qualité de vie et son quotidien. C’est en 2012 que tout a commencé. Titulaire d’une licence en Commerce international, il se lance dans des projets éducatifs  comme « Les coins magiques » (ateliers de contes et de travaux manuels), « Les petit-fils » (camp de vacances). Aux yeux de Cheikh, cette démarche d’éducation et de solidarité est l’une des caractéristiques fondamentales de l’engagement  au service d’une éthique démocratique et citoyenne. Cheikh Mara est, aujourd’hui, à l’origine de « Youléeb », récemment choisi parmi les 6 projets lauréats de Teranga Tech (première communauté Tech franco-sénégalaise) qui devront bénéficier d’un accompagnement à la création d’entreprise.

Inscrit dans la catégorie des industries culturelles et créatives, « Youléeb » compte proposer des contes africains, recréer les harmonies nécessaires à la prise en charge, par les citoyens eux-mêmes, de leur avenir. Il s’agit aussi, selon son initiateur, d’une plateforme qui permet, en même temps, un  échange d’expériences culturelles. Le projet répond à l’exigence de l’affirmation d’une certaine idée  de « l’homme comme individu solidaire et comme citoyen », d’une certaine idée de la culture en tant que vecteur d’identité et de liberté. Mais également à l’affirmation d’une certaine idée de la démocratie au service du développement des territoires. « C’est cette conscience qui est au cœur de l’éducation: celle qui consiste à essayer de transformer certaines conditions sociales, notamment l’accès à la culture, en faisant des individus les véritables acteurs non seulement de cette culture mais, à long terme, de leur vie toute entière », explique Cheikh Mara pour qui cette démarche d’éducation et de solidarité est l’une des caractéristiques fondamentales de l’engagement de « Youléeb » au service d’une éthique démocratique et citoyenne. Cette plateforme ambitionne de mettre en place une dynamique politique fondée  sur des valeurs humanistes universelles comme la lutte contre le racisme, la défense des droits des enfants, le respect de la diversité … Et cela, avec la conviction selon laquelle « la culture peut offrir des solutions aux défis mondiaux actuels dans les domaines du développement durable, de la cohésion sociale, de la construction de la paix et dans la prévention des conflits ».  

Interface web, « Youléeb » est aussi un réseau de diffusion de contes. Elle met à la disposition des familles, particulièrement des enfants, une plateforme de diffusion de contes et de programmes audiovisuels à la fois pédagogiques et ludiques. « Aujourd’hui, grâce au numérique, l’apprentissage en mouvement et par les sens est de plus en plus facile à mettre en place, d’autant que la technologie devient mobile. Les outils numériques, spécialement les tablettes, peuvent aider les enseignants et les élèves à redécouvrir des manières traditionnelles d’enseigner qui font appel au toucher, au mouvement, au son et à la vision », soutient Cheikh Mara.

Outil pédagogique
Une des caractéristiques de Youléeb consiste à permettre aux élèves « d’écouter et de suivre des enregistrements disponibles en format vidéo, de regarder un discours historique ou une interview d’un personnage illustre, pour intégrer le contexte et mieux éclairer leur point de vue sur l’Histoire, de manière intransmissible par la lecture ».  

Spécialisé dans l’intermédiation, la recommandation, le conseil et l’assistance pour des Pme/Pmi, des professionnels et des particuliers dans les domaines de la vente, du marketing et de l’événementiel, Cheikh Mara totalise une expérience de treize ans dans ce domaine. Il a également travaillé pour des entreprises nationales et internationales telles que Afrik Annonces, la Radio Top Fm, Procter & Gamble, Nestlé, Vivo Energie, Jumia… Aussi,  Cheikh a conseillé et assisté des artistes et des hommes de culture comme La Fouine, Vieux Mac Faye, Pacotille, l’association italiano-sénégalaise Jahkarlo, Doudou Ndiaye Rose entre autres.

Ibrahima BA

 

Le Rassemblement des artistes et musiciens de Sédhiou vient de bénéficier de 7 millions de FCfa du Fonds des cultures urbaines pour la réalisation du projet intitulé « Création d’un Centre de formation aux métiers des arts urbains ».

La convention d’attribution de 7 millions de FCfa aux artistes et musiciens de Sédhiou vient d’être signée. C’était entre le directeur du Centre culturel régional de Sédhiou, Aliou Kéba Badiane, représentant le ministère de la Culture où est logé le Fonds de développement des cultures urbaines, et le président du Rassemblement des artistes et musiciens de Sédhiou, Kélountang Danfa.  Le directeur du Centre culturel régional a particulièrement insisté sur la tenue de la comptabilité conformément au cahier des charges. Pour éviter que ce financement tombe dans ce travers, la convention énumère, de façon claire et précise, la manière dont le projet doit être géré. Pas question de détournement d’objectifs, des pièces justificatives doivent accompagner toute dépense.

Même si les bénéficiaires peuvent manquer de formation en matière de gestion, et du coup pourrait faire des erreurs dans de gestion, des mesures ont étéprises pour éviter pareille mésaventure selon le directeur du Centre culturel régional. « Ils seront non seulement encadrés par nous-même, mais également par d’autres techniciens pour, au moins, que la gestion de ce fonds soit un exemple à suivre dans la région », a précisé Aliou Badiane.
Le développement de l’industrie culturelle, objectif de ce projet, doit connaître une réussite. Le président du Rams a également rappelé que ce financement n’est pas obtenu uniquement pour les artistes et musiciens de la commune de Sédhiou, mais aussi pour tous ceux de la région qui veulent faire la promotion de l’industrie culturelle.

Le Centre des métiers aux arts urbains de Sédhiou appelé à former dans toutes les spécialités, devra connaître une bonne fréquentation et un bon calendrier de formation pour un renforcement de capacités synonyme de performances pour chacun dans son secteur. Et comme ailleurs, la culture étant facteur de développement, il devrait en être  de même  pour  les œuvres d’artistes de type nouveau, dans  cette zone citée en exemple par le passé pour son rayonnement culturel.

Malamine KAMARA

 

Le directeur général de l’Autorité de régulation des télécommunications et des postes (Artp), Abdou Karim Sall, a procédé hier, au lancement du  dégroupage de la Boucle locale au Sénégal. Il est un levier important de développement de la concurrence et la promotion de services innovants dans les télécommunications et particulièrement  sur le marché de l’Internet  haut débit  et  très haut débit fixe.

Dans le but d’amorcer une nouvelle dynamique dans le secteur des télécommunications et de promouvoir l’innovation, l’Autorité de régulation des télécommunications et postes (Artp) a initié un certain nombre d’actions pour soutenir le développement du marché de l’Internet. Ces  actions s’élargissent avec le lancement  hier,  du  dégroupage de la boucle locale au  Sénégal. Selon le directeur de l’Artp, Abdou Karim Sall,  avec la boucle locale,  une nouvelle ère s’ouvre pour de nombreux  acteurs,  en particulier les opérateurs  de réseaux de télécommunications ouverts au public dont Sonatel, Tigo et Expresso ainsi que les Fournisseurs  d’accès  à Internet (Fai) à savoir Waaw, Arc informatique et Africa Access.

C’est une opération technique qui  consiste à permettre  à un opérateur alternatif d’utiliser la boucle locale cuivre de l’opérateur historique Sonatel pour accéder  directement aux utilisateurs finaux et  leur offrir  des services.

A l’en croire,  l’objectif du découplage de la boucle locale est de  renforcer la concurrence sur le marché de l’Internet et de promouvoir  le développement des usages  pour toutes les catégories  de clientèle, en l’occurrence  les individus, les ménages et les entreprises. « La boucle  locale  est une  infrastructure qui appartient à l’opérateur historique Sonatel. Elle  est considérée comme essentielle  dans la mesure où les conditions économiques et techniques de sa réplicabilité sont  difficiles voire impossible. De ce fait, le Code  des télécommunications impose le partage de telles infrastructures à des conditions techniques et tarifaires définies par l’Autorité de régulation », a  fait savoir  le directeur général de l’Artp.

M. Sall a également précisé  que  ledit processus a été consensuel  en cela qu’il a été mené de concert  avec les parties prenantes, notamment les opérateurs. « Le processus  a impliqué des travaux poussés, avec les acteurs qui ont favorisé, à la fois, l’investissement  et le partage des infrastructures. Nous  nous en félicitons  et remercions les opérateurs pour leur ouverture d’esprit  et leur  collaboration franche tout au long du processus », a-t-il informé.

Maguette Guèye DIEDHIOU

Le Sénégal abrite, depuis hier, la 15ème édition de la conférence West Africa Com. Cet événement rassemble les opérateurs de télécommunications de toute l’Afrique de l’Ouest, les régulateurs régionaux et les entreprises innovantes. Face à la transformation numérique, ils se sont assignés comme principal objectif de définir les enjeux de l’heure en portant la réflexion sur ce thème : « connecter l’Afrique de l’Ouest aux nouveaux marchés numériques ».

La transformation numérique est devenue, en Afrique, une réalité complexe à laquelle devraient être sensibilisés les Africains et tous ceux qui se meuvent dans cet univers plein de promesses et d’enjeux. La 15ème édition de West Africa Com s’est donné comme ambition, au cours de deux jours, de répondre à une importante question. Comment la chaîne de valeur des télécommunications peut tirer parti de ses atouts pour fournir des services numériques et de connectivité haut débit à bas prix aux consommateurs et aux entreprises d’Afrique de l’Ouest ?

Aux yeux de Chris Read, gestionnaire de portefeuille (Connecting Africa), le domaine des télécommunications et de la technologie ouvre beaucoup de brèches dans lesquelles il faut s’engouffrer pour envisager l’avenir socio-économique de l’Afrique de l’Ouest avec plus de sérénité. « Il y a aussi beaucoup de possibilités de réseautage pour se connecter avec de nouveaux contacts d’affaires et de rattraper les anciens amis de l’industrie », souligne-t-il non sans rendre hommage aux sponsors et aux exposants pour leurs contribution à cette plateforme qui rassemble les leaders les plus influents des télécoms, des technologies de l’information et de la communication et des médias en Afrique de l’Ouest.

Russell Southwood, président-directeur général de Balancing Act, estime, quant à lui, que la transformation numérique, en plus de faciliter le quotidien des citoyens et malgré quelques controverses, est au centre des changements se produisant en Afrique et aiguille le mode de fonctionnement de l’industrie. Elle implique également de nouveaux investissements et de nouvelles frontières. Faudrait-il juste, de son point de vue, réfléchir sur la législation surtout avec les nouvelles menaces dont la plus pesante est celle des pouvoirs publics et leurs taxes.

Le directeur de cabinet du ministre de la Communication, des Télécommunications, des Postes et de l’Economie numérique, Souleymane Diallo, a mis en relation les objectifs que s’assigne cette conférence et les réalisations et ambitions de l’Etat du Sénégal. Celui-ci veut faire du numérique un véritable levier du développement économique et social. La stratégie « Sénégal Numérique 2025 » en est une illustration achevée.

Conseil du numérique
Comme pour dissiper les craintes de Russell Southwood, il a insisté sur le volet réglementaire et législatif du projet pour indiquer ceci : « des réformes majeures ont été entreprises, notamment à travers la simplification des conditions de fourniture de services Internet ». En ce qui a trait aux perspectives, l’Etat a engagé d’importants chantiers dans le secteur. L’actualisation du cadre juridique y occupe une importante place. Il s’agit, ici, de faire face aux enjeux liés à l’évolution du marché des communications électroniques, aux nouveaux usages. Par ailleurs, la mise en place du Conseil national du Numérique, organe consultatif qui regroupera l’ensemble des acteurs du secteur, témoigne d’une claire conscience des enjeux de l’heure et de demain.

M. Diallo s’est aussi appesanti sur la nécessité de renforcer la coopération entre toutes les parties prenantes du secteur du numérique pour l’édification d’une société de l’information inclusive et durable pour tous.

Alassane Aliou MBAYE

Chargé par les autorités de réfléchir sur la faisabilité du Fonds de développement numérique (Fdn), le cabinet Performances Group a organisé, hier, un atelier de validation du rapport de son étude. Celle-ci évalue à 100 milliards de FCfa les besoins de financement pour la période 2019-2023.

Le secteur numérique représente 5% du Pib du Sénégal, mais l’innovation technologique reste extrêmement faible. Plus de 75% des activités se concentrent essentiellement dans des segments à faible valeur ajoutée, notamment les télécommunications. Pour inverser cette tendance, la Stratégie « Sénégal numérique 2025 » recommande d’aller vers des secteurs beaucoup plus innovants comme le block-chain, la nanotechnologie ou l’intelligence artificielle. Mais il se pose l’épineuse question du financement. Chargé de réfléchir sur la faisabilité d’un Fonds de développement numérique (Fdn), le cabinet Performances Group a partagé les conclusions de son étude lors d’un atelier organisé, ce mardi 10 juillet, à Dakar.

L’étude en question a permis de déterminer les différentes phases d’évolution d’une start-up. Mais entre l’idée et la phase de maturité, en passant par l’amorçage et le développement, plus de 83% des start-ups auront traversé la « vallée de la mort ». Faute de mécanismes de financement adéquats pour passer chaque étape. Pourtant, les besoins de financement sont souvent dérisoires, surtout au début. On estime à environ 10 millions de FCfa les besoins de financement pour la première phase (entre l’idée et le lancement), entre 10 et 50 millions de FCfa pour la phase amorçage et 50 millions FCfa pour la phase développement.

Pour développer l’écosystème du numérique au Sénégal, l’étude de Performances Group évalue à 100 milliards de FCfa les besoins du Fdn sur cinq ans (2019-2023). Un bench-marking réalisé dans un certain nombre de pays (Afrique du Sud, Rwanda, Maroc, France, Israël) a permis de constater qu’il faut une forte implication de l’Etat. Sauf pour le cas du Rwanda où le secteur privé est en première ligne. L’essentiel du financement du Fdn devrait provenir de la Contribution du secteur des télécommunications (Cst). « C’est l’option de financement la plus pertinente », explique Babacar Bâ, associé chez Performances Group et coordonnateur de l’étude.

L’objectif est de faire émerger  600 promoteurs de projets Tic viables et de financer 1 500 start-ups et 70 programmes de renforcement du capital humain sur cinq ans.

D’après les prévisions, grâce à son effet de levier, le Fdn devrait générer 47,5 milliards de FCfa d’investissements, 166 milliards de chiffre d’affaires, 59 milliards de valeur ajoutée et 5 400 emplois dans le secteur du numérique.

Seydou KA

BABACAR BA, ASSOCIÉ CHEZ PERFORMANCES GROUP : « CRÉER UN EFFET DE LEVIER »
Vous estimez à 100 milliards de FCfa les besoins du Fdn sur cinq ans. Est-ce suffisant pour le développement du secteur ?
C’est une évaluation de ce que peut être un soutien fort de l’Etat pour impulser une dynamique de croissance dans le secteur. Mais, bien sûr, les besoins du secteur ne s’arrêtent pas à 100 milliards de FCfa, ils sont beaucoup plus importants, parce que nous parlons d’un secteur qui demande des investissements importants ne serait-ce que dans les infrastructures, sans parler des services à valeur ajoutée. Donc, les 100 milliards de FCfa, ce n’est qu’un volet pour soutenir l’accélération dans le secteur numérique. 

Donc il s’agit de créer un effet de levier ?
Exactement. Parce qu’autant c’est un secteur d’activité qui, lui-même, génère des emplois et de la valeur ajoutée, autant il renforce la productivité des autres secteurs. Donc, en favorisant son développement, on favorise la croissance des autres secteurs. 

Comment remédier au fait que l’écrasante majorité des start-ups meurent quelques temps après leur lancement ?
C’est un secteur extrêmement fragile et beaucoup d’initiatives n’arrivent pas au bout de l’expérience. Ce qui veut dire qu’il faut reprendre de bout en bout tout le cycle de développement des start-ups et bien comprendre les réels obstacles à leur croissance. A travers cette étude, nous nous sommes rendu compte que ces start-ups bénéficient de peu de soutien financier lors de la première phase de développement. C’est une phase où on doit les aider à bien formuler l’idée, à lancer les prototypes et à garantir les conditions de succès. Souvent, les porteurs de projets n’ont pas toutes les capacités techniques, organisationnelles ou marketing. Après, on doit les accompagner vers la mise en place d’une structure viable, pour la phase d’amorçage, qui a besoin de capitaux longs, de fonds propres. Sur ce point, on manque cruellement de structures financières adaptées. C’est pourquoi l’Etat doit remplir un véritable rôle de service public. Dès lors qu’on dépasse cette phase de développement, le secteur privé peut prendre le relais.

Propos recueillis par S. KA

Ryan Coogler, 31 ans, a déjà trois longs métrages à son actif : Fruitvale Station, qui avait été en sélection officielle à Cannes, Creed, L’Héritage de Rocky Balboa (2015), un épisode de la série Rocky sur la boxe avec Sylvester Stallone, et la sensation Black Panther, produit par le studio Marvel, qui s’est hissé à la 5e place de l’histoire du box-office Us dès le premier week-end de sa sortie et a eu un succès retentissant dans le monde entier, spécialement en Afrique. Le film a été projeté au « cinéma de la plage » au dernier festival de Cannes et Ryan Coogler invité à donner une master-class, dans un entretien avec le critique noir-américain Elvis Mitchell.

Fruitvale Station était une histoire vraie, sur les 24 heures qui ont précédé l'assassinat d'Oscar Grant, 22 ans, par la police dans le métro new-yorkais le 1er janvier 2009 au matin. Creed porte sur une relation père-fils et sur ce qu'il se serait passé si les choses avaient été différentes. Et Black Panther continue sur ce thème. « La relation que j'ai eue avec mon père, mes parents, est ce qui a été le plus important dans ma vie jusqu'à mon mariage », dit Ryan Coogler.

Ses parents l'ont introduit au cinéma. Il avoue adorer James Bond et cite Casino Royal, Goldfinger, mais aussi Le Parrain qui l'a beaucoup inspiré dans sa façon de traiter d'un homme entre deux mondes. Il cite aussi La Haine et surtout Timbuktu, notamment pour sa musique. « La musique me touche beaucoup, dit-il. J'en ai beaucoup écouté avec mon père, ma mère. Beaucoup de réalisateurs traitent le son de façon révolutionnaire. J'essaie de m'en inspirer. Dans Black Panther, la musique nous permet d'entrer dans un nouveau monde. Elle remplit toute la salle. La musique aide à raconter l'histoire. »

Black Panther a des acteurs qui viennent de toute la diaspora. « On a tous notre accent », dit-il. L'un a des racines kényanes comme Lupita Nyong’o, l'autre a grandi au Zimbabwe comme Danai Gurira… Du coup, « on avait l'impression de faire partie de quelque chose de plus grand que nous ». « Je voulais, dit-il encore, que Black Panther soit un film africain à tous égards, que le site soit à la fois ancien et très nouveau, que le passé rejoigne le présent pour se tendre vers l'avenir. J'ai parlé à l'équipe pour essayer de créer cette dimension dans toute la musique, et qu'elle représente toute la diaspora. »

Faire ce film l'a ramené à son enfance : « J'ai relu les bandes dessinées que j'avais lues quand j'étais jeune. Je faisais l'aller-retour entre l'école et le terrain de basket et, comme on n'avait pas beaucoup d'argent, c'est à la bibliothèque que je pouvais lire, jusqu'à ce qu'on me mette dehors. J'en avais marre de lire des bandes dessinées faites par des Blancs avec seulement des personnages blancs. On m'a dit qu'il y avait Black Panther, et c'est comme ça que tout a commencé ! »

Prééminence des femmes
Coogler a toujours choisi des directrices de la photo. « Il n'y a pas besoin d'en faire un plat mais c'est vrai que c'est assez rare ! », lâche-t-il. Il est vrai que les femmes ont dans ses films des caractères très prononcés. « Dans la communauté noire, on trouve beaucoup de femmes fortes, des chefs de famille, dit-il. C'est dans ce monde que j'ai grandi. » Le royaume de Wakanda a comme base que chacun peut réaliser son propre potentiel, hommes ou femmes.

« L'Afrique est un continent captivant », dit-il. Dans le film, un personnage parle xhosa. Il est donc d'abord allé en Afrique du Sud, puis au Lesotho, puis au Kenya. Il voulait aller en Afrique de l'Ouest, mais est tombé malade et a dû revenir. « Je me sentais vraiment chez moi en Afrique ! » Il a essayé de mettre dans Black Panther les sentiments éprouvés en Afrique.

Il fallut convaincre le studio Marvel, mais il a été écouté. « Le cinéma est un business, une industrie », dit Coogler. « Elle a grandi sur la colonisation, le racisme, les préjugés. Pourquoi pas plus de Noirs à la réalisation, alors que les films des Noirs ont leur public ? »

Black Panther est l'histoire d'un homme qui avait une vision idéalisée de son père et de son pays, que cette vision avait été brisée en mille morceaux et pour la rassembler, il est obligé de mourir pour devenir lui-même. « C'est une idée qui m'habite, peut-être en tant qu'Africain-Américain. On est entouré de la mort. Quand j'ai eu 30 ans, j'ai eu une sorte de crise car je ne m'étais jamais imaginé atteindre cet âge ! Il y a tant qui ont été assassinés ou jetés en prison. Nos ancêtres esclaves devaient mourir en tant qu'individu.

» Killmonger est le pur produit de cet état de fait : c'est tout ce qu'il connaît. L'idée était de le confronter et de le faire dialoguer avec T'Challa, personnage hors du commun car il n'est issu ni de l'esclavage ni de la colonisation.

Car au fond, Killmonger n'est pas intrinsèquement mauvais. « C'est une version un peu pauvre de Batman. Il essaye de se racheter, n'a absolument pas peur de la mort, il en accepte l'idée, c'est triste ! ».

Une correspondance d’Olivier BARLET

La soirée anniversaire de la chanteuse Aïda Samb, au Grand Théatre de Dakar, a été une occasion, samedi, de rendre un hommage à son grand-père, le musicien Samba Diabaré Samb. Mais également une confirmation face à son public.

La soirée « Sargal » à son grand père Samba Diabaré, également le premier anniversaire musical de la chanteuse Aïda Samb s'est tenue à guichet fermé, samedi, au Grand Théâtre de Dakar. L’artiste native du Djolof a relevé le défi et a fait de « chaque morceau un spectacle », comme promis lors d’un point de presse. Aïda Samb s'est illustrée en trait d'union entre l'ancienne et la nouvelle génération musicale. Des chants dans la lignée des griottes Gawlo, son identité, ont conquis le public euphorique et en admiration devant l'artiste.

Aïda Samb valse entre voix aigües et graves, une démonstration de sa puissance vocale. « Ma voix sera mise en valeur » ; la prévision de l'artiste s'est confirmée lors du spectacle. Un public est synchronisé aux rythmes et lyrics, reprenant en chorus les titres de la chanteuse sans fausse note. Les fans répondent à l'appel du « Sargal » en tenue traditionnelle et moderne reflétant l'image de leur vedette.

Accompagnée par l'orchestre du Super Etoile, Aïda s'est révélée en bête de scène. Le titre « Bour daly » donne le signal. Majestueuse dans son boubou, l’artiste en toute complicité avec les doyennes chanteuses, Soda Mama Fall, Kiné Lam, Ndèye Diouf et de grandes figures de la musique traditionnelle, ont replongé le public dans l'ambiance du Théâtre Sorano de jadis. Aïda Samb entonne « Saraaba » en fusion total avec ses « mamans ». La musique mandingue également était de la partie, le Grand Théâtre de Dakar a enregistré un spectacle grandiose.

Du classique à la modernité
La chanteuse telle une fée dans une robe à caractère féerique enchante les fans par coup de voix. Par ses chansons, elle fait un tour dans des foyers religieux avec les titres « Niety Abdou » et « Sunu Sangue ». A la fin de ce dernier titre, avec renfort d'une dizaine de percussionnistes à l'orchestre, Aïda Samb embarque les spectateurs dans l'ambiance d'un « Thiant » avec « Ila Touba » un titre rythmé. Ce dernier titre pousse l'agitation du public au summum de l'ambiance, en extase. Délire totale avec l'annonce du musicien Sidy Diop, qui s'est encore démarqué par son style, en danseur hors pair. Les passages de grands noms tels Yoro Ndiaye, Daba Sèye, Doudou Ndiaye Mbengue, El Hadji Faye, percussionniste, Pape Thiopet s'inscrivent sur cette lancée. Plusieurs artistes ont répondu à l'appel de la petite-fille du musicien Samba Diabaré. Même si une question de timing se posait pour leur différent passage, le public garde une belle image de l'anniversaire, « Aïda était magnifique » s’enthousiasme un spectateur par-ci ; « Aïda s'est ornée en véritable Gawlo, oh sa voix ! » un autre par-là. La satisfaction de son public était l’objectif de la soirée « Sargal ».

Les fans sont venus du Djolof, du Baol, de Dakar, de Mbour, de Thiès afin de voir leur idole se produire. Ainsi, Aïda Samb s'est vue honorée par son public, à qui elle voulait rendre hommage à la base, en plus du « Sargal » à son grand père. La petite-fille du musicien Samba Diabaré Samb confirme par ce spectacle sa notoriété, mais surtout s'inscrit dans la liste des soirées réussies du Grand Théâtre de Dakar.

Yaye Awa Ly Ngoné SARR (stagiaire)

Les membres de l’Association des femmes sénégalaises Tic (Festic) veulent s’appuyer sur les nouvelles technologies pour aider leurs camarades à profiter des métiers du digital. Ainsi, le Festic annonce qu’une Maison, espace pour la formation de ces dernières dans divers domaines, sera bientôt fonctionnelle à Dakar.

Les membres de l’association des femmes sénégalaises Tic (Festic) ont procédé vendredi 06 juillet, à Dakar, au lancement de la Maison de la femme entrepreneur digital (Keur festic). La présidente du Festic, Bitilokho Ndiaye indique que cette maison existe déjà puisque l’association dispose d’un local. « Nous voulons seulement l’agrandir pour pouvoir offrir aux femmes des formations en numérique, en entrepreneuriat et en gestion financières », a soutenu Mme Ndiaye. Elle a indiqué que l’association a des partenaires qui sont prêts à l’accompagner pour qu’elle puisse offrir à ses membres des formations dans divers domaines. Elle a invité des femmes entrepreneurs à s’approprier de cette maison afin de bénéficier des opportunités qui seront mises à leurs dispositions.

Bitilokho Ndiaye est consciente cependant qu’il y a encore une réelle facture numérique qui touche des femmes en particulier analphabètes. « Pour utiliser le Tic, il faut savoir écrire et lire mais surtout maîtriser la langue française puisque beaucoup de contenus informatiques viennent d’ailleurs. Nous devons aider les femmes analphabètes à mieux connaître le numérique en français mais aussi dans leurs langues locales », a-t-elle souligné. Elle a ajouté que le Festic cible d’ailleurs les femmes qui sont dans la zone rurale et qui s’adonnent aux activités agricoles, à la pêche et au commerce, en essayant d’offrir à ces dernières des sessions de renforcement de capacités pour qu’elles utilisent le digital pour écouler leurs produits et participer à des activités économiques de leurs choix. L’association est en train aussi de travailler pour disposer d’une page facebook qui permettrait aux femmes de partager certaines informations. « Déjà beaucoup de femmes utilisent WhatsApp pour communiquer. Mais nous devons encadrer les femmes qui ne savent pas lire ni écrire à profiter des avantages du digital », a indiqué la présidente du Festic.

L’association est née en 2016 et compte 76 femmes membres qui exercent dans divers domaines. La présidente promet d’élargir l’association dans les régions en créant des antennes locales. En attendant, elle a invité les partenaires qui œuvrent dans la réduction de la facture numérique du genre à soutenir le Festic.

Eugène KALY

L’Institut français de Dakar a célébré, samedi, les lauréats de la Semaine de la francophonie. Ladite journée était précédée d’une tournée nationale auprès des 12 lauréats issus des différentes régions du Sénégal.

Samedi, lors d’une cérémonie présidée par le directeur national de la Francophonie, Maguèye Touré, et l’ambassadeur de la France au Sénégal, Christophe Bigot, l’Institut français de Dakar a réservé une distinction honorable aux douze lauréats qui ont su s’imposer et s’affirmer lors de la Semaine de la Francophonie, célébrée du 15 au 24 Mars 2018. Ces lauréats ont été primés dans différents programmes : dictée, expression orale…

Christophe Bigot a exprimé sa satisfaction sur le déroulement et le contexte de cette journée de distinction. « C’est une belle journée. C’est très important de récompenser en octroyant des prix à tous ceux qui ont montré un amour et une curiosité à la langue française », a-t-il dit.

Par ailleurs, l’Institut français dans sa mission de vulgariser et de faire connaître l’importance de la langue française, a imprimé sa vision à cette journée qui est à la fois un culte de l’excellence mais aussi une motivation pour les différents acteurs de l’éducation.

Dans cette optique, les professeurs et les encadreurs ont été également honorés. Le Premier prix de dictée, qui est un texte de quatre pages tirées d’un roman de l’écrivaine sénégalaise, Fatou Diome, est décerné à Mme Begbowé Huguette, professeur de français. Cette dernière, récompensée dans le cadre de la partie orthographe Adulte, apprécie avec humilité cette distinction. « Je suis très satisfaite de ce prix et je n’en fais pas un complexe. Un professeur est toujours un étudiant qui a envie d’apprendre et de persévérer », a souligné Mme Begbowé Huguette.

La finale du concours d’éloquence a clôturé cette journée de remise de prix. C’est ce qui a d’ailleurs permis d’encourager les étudiants à maîtriser, développer et révéler l’art oratoire en eux afin de convaincre en toute élégance avec une cohérence dans le discours.

« Nous sommes très contents qu’il y ait des enfants d’un peu partout et que les domaines d’interventions soient variés. L’écrit et l’oral ont eu à la fois leur place respective. C’est ce qui fait le charme… », a conclu, l’ambassadeur Christophe Bigot.

Baye Ndongo FALL

Son visage est familier aux Sénégalais. L’homme, qui dispose d’un solide capital-expérience, a su s’imposer très tôt dans le 7ème art. C’est à 13 ans, dans les années 1970, que Mody Fall a intégré ce milieu, en pratiquant le théâtre radiophonique. Une époque bien lointaine, rappelle Mody Fall alias Tonton Sène, personnage central de la célèbre série télévisée « Idoles », actuellement au programme d’une chaîne de la place.

Quand il entamait sa carrière d’artiste, la télévision n’existait pas encore au Sénégal. C’était dans les années 1970. Mody Fall, acteur-comédien, peut, dès lors, être classé dans la catégorie des doyens. Juste que son visage n’est pas trahi par des rides, même s’il a une barbe touffue de cheveux blancs. Avec une fière allure de jeunesse, quoique tenant sur ses 59 berges, il s’est décidé à épouser toutes les époques avec un réel dynamisme. Son ardeur au travail, connue de tous, lui a certainement permis de se maintenir.

L’homme brille également par son engagement pour l’essor du théâtre sénégalais mais aussi pour la cause sociale. Il est tout heureux de constater que la série télévisée actuelle « Idoles », dans laquelle il incarne le rôle central de Tonton Sène, a connu un grand succès au Sénégal. En témoigne leur nomination, au mois de mai dernier, comme meilleure série sénégalaise par la Calebasse de l’excellence célébrée, selon ses explications, aux Etats-Unis, en Afrique et en Europe.

« Cela traduit une appréciation positive des téléspectateurs sénégalais. Laquelle doit nous pousser à proposer des films qui cadrent avec nos réalités avec une haute portée pédagogique ».  Pour le comédien, qui s’est également construit une popularité grâce à l’adaptation du roman de Marouba Fall, « La collégienne », les acteurs sont dans l’obligation de jouer leur partition dans la conscientisation des masses.

Il souligne, dans le même registre, que la série « "Idoles" reflète des réalités de la société sénégalaise à travers ses tares et ses charmes. Elle contribue aussi à valoriser notre cinéma. Dans ce téléfilm, je défends les valeurs morales et déontologiques qui entourent le journalisme. Mais il faut reconnaître que la série prend comme prétexte la presse pour décliner une vision critique sur la société et susciter la réflexion auprès du public. »

Comme il est souvent de coutume, dans les séries, Mody Fall y arbore le manteau du stabilisateur, du régulateur. Un profil qui semble cadrer avec sa personnalité, surtout qu’il essaie, dans la vie courante, d’apporter quiétude et réconfort à son entourage dit-il. Une fontaine de sagesse ?

« Nous ne nous donnons pas en exemple, nous ne nous considérons pas comme des personnes parfaites, mais nous estimons que nous devons faire le maximum pour rendre service à la Nation et tendre vers un véritable développement. Dans tous les domaines de la vie, nous tenons à œuvrer pour un monde meilleur, un monde plus juste », précise l’artiste comédien.

Il souligne que son rayon d’action est très large. Nommé très tôt délégué de quartier, Mody Fall porte aussi la casquette de moniteur de collectivités éducatives. Il est dans toutes les « sauces ». « Suite à des séries de formations sanctionnées de diplômes dans les domaines du paludisme, du sida, de la tuberculose, dans la santé de la reproduction, je participe à des tournées dans le cadre de programme de sensibilisation ou d’exécution de programme sanitaire… », explique M. Fall.

Le fait d’avoir arrêté les études en classe de Seconde n’a jamais altéré son engagement citoyen qui a toujours guidé ses choix professionnels. Mody Fall qui projette l’image d’un esprit réfléchi, traîne aussi un lourd bagage intellectuel. La profondeur de ses pensées qui dénote d’une vaste culture générale singularise cet homme qui se prononce avec aisance sur tous les sujets d’actualité. Une belle intonation de sa voix traduit son côté artistique qui a été bien modulé par des professionnels du 7e art depuis ses débuts, il y a plus de vingt ans. Il cite avec fierté toute une liste de comédiens et d’artistes de renommée qui ont contribué à sa formation.

ENGAGEMENT CITOYEN
« J’ai été quelque part un ouvrier de la scène qui s’est cultivé à travers le théâtre et l’art, pour donner l’impression de l’intellectuel que je suis. Il faut aussi reconnaître que la formation à l’Ecole des arts est l’équivalent de la formation universitaire », ajoute-t-il.

S’il a démarré sa carrière d’artiste en 1972, avec une trajectoire professionnelle assez riche, c’est en 1993 qu’il a eu la chance d’intégrer la division scénique de l’Ecole nationale des arts. « J’ai pu suivre une formation professionnelle de quatre ans dans cette prestigieuse école, précédés par une année d’observation en 1992. Vu que je ne disposais pas du niveau du bac pour intégrer l’Ecole des arts, je suis passé par cette année d’observation pour sortir avec un diplôme d’Etat de l’école nationale en tant qu’acteur comédien professionnel », relate-t-il.

Et quand Mody Fall raconte les grandes dates qui ont marqué sa trajectoire, il y a des risques de perdre le fil. L’homme qui est passé par la Troupe « Juboo » de Grand Dakar, nous décline un parcours professionnel assez riche. De la création de sa troupe théâtrale tout au début de sa carrière, à ses passages à la troupe « Jamoney Tey » puis « Daray kocc », son partenariat avec la Rts et des personnalités influentes, un parcours assez mouvementé qui lui a permis de connaître le succès. Ombre au tableau, son projet avorté de s’inscrire au Conservatoire de Paris en 1984. C’est le début de périodes ténébreuses en France, puis retour à Dakar.

« Cela avait coïncidé avec la période d’austérité ; Abdou Diouf avait bloqué les bourses étrangères. Du coup, je suis resté en France avec le statut d’émigré. Ce fut une expérience assez dure mais enrichissante qui m’a beaucoup apporté dans le domaine de l’art. J’ai pu rencontrer de grands hommes du théâtre comme le défunt Youssoupha Dione, l’un des précurseurs du théâtre professionnel, Seyba Traoré… », raconte l’artiste comédien.

Mody Fall exprime sa fierté d’avoir bénéficié de l’encadrement et de la générosité des anciens tels Abou Camara, Kido Kounta, Mbagnick Dioum, ou encore son professeur de chorégraphie Abdou Bâ, qui est maître chorégraphe, de Mamadou Diop, Jean Pierre Leurs, présenté comme l’un des meilleurs metteurs en scène en Afrique.

Pour autant, l’homme qui affiche une sérénité laissant entrevoir une stabilité financière souligne que les artistes sénégalais ne vivent toujours pas de leur art.

Lui parvient à tirer son épingle du jeu, mais demande au gouvernement de relever le niveau de vie des artistes, surtout que certains croupissent dans la misère. « Il peut certes arriver que dans les films sénégalais l’on perçoit entre 50.000 FCfa et 100.000 FCfa par jour, mais ce sont des opportunités qui ne se présentent qu’une ou deux fois par an », note-t-il. Comme alternative, Mody Fall propose au gouvernement sénégalais de confier les plages publicitaires aux comédiens professionnels pour leur offrir une bouffée d’oxygène. Le frère de la célèbre comédienne Thiaba Ndiaye, que nous avons rencontrée sur un plateau de tournage, n’a pas encore dit son dernier mot…

Par Matel BOCOUM

Le Musée de la Femme Henriette Bathily accueille, jusqu’au 31 août, l’exposition « Beauté intemporelle ». Cette esthétique traverse les âges, les époques.

Le lieu est symbolique. Les maîtres-mots sont : ingéniosité, créativité, esthétique. Ici, un doux parfum d’élégance flotte autour de l’exposition « Beauté intemporelle ». Elle est à voir jusqu’au 31 août au Musée de la Femme Henriette Bathily (Place du Souvenir africain, corniche ouest). Mercredi, lors du vernissage, la directrice des Relations publiques du Musée, Marie-Pierre Mbaye-Myrick, dans son mot de bienvenue, est revenue sur l’articulation de cette initiative. « L’élaboration de l’exposition s’est  déroulée  comme en ouvrant une poupée russe. Nous sommes dans l’air du temps ! Nous découvrons un artiste puis un autre et par hasard, ils ont tous un lien de sang ! C’est une histoire de famille ».

Au regard de Mme Mbaye-Myrick, cette exposition permet aussi de mettre en exergue les liens avec le Mali, car trois des artistes sont Maliens et ils sont liés au Sénégal. Ce sont : Tamara Touré, Tamacali et Koké. Et les deux autres sont des Français qui vivent au Sénégal depuis plusieurs années : Claire et Guillaume Lamarque. En franchissant l’entrée principale de la salle d’exposition, l’œil du visiteur tape sur ce propos d’une rare justesse d’Amadou Hampaté Bâ : « Une chose qui n’a pas remué en toi une beauté, ne peut pas remuer la beauté en un autre quand il la regarde ». Sur ce registre, l’artiste-plasticien Koké est inspiré par les femmes dans leur beauté éternelle. « Il stylise ou surcharge selon l’inspiration, le modèle dont il veut souligner le trait essentiel et la ressemblance frappante », explique Madeleine Deves Senghor, co-commissaire de l’exposition avec Fatou Kandé Senghor. La performance de Koké se décline au travers d’un coup de crayon feutre sur une feuille cartonnée qui donne à voir des portraits vivants. En toute simplicité, la beauté devient intemporelle devant cette galerie de portraits : « Beauté peule », « Une bourgeoise du 19ème siècle », « Femmes africaines », entre autres œuvres.

Elégance féminine
Tout aussi étincelants, les bracelets d’Afrique de la collection de Tamaro Touré donnent du relief à l’exposition. Ces accessoires sont présentés comme des objets d’art qui remplissent différentes fonctions selon leurs origines, les techniques de fabrication ou les populations qui les portent. Les bracelets ont des fonctions multiples : esthétique, sociale, thérapeutique. Ils sont en ivoire, en bronze, en argent et proviennent de pays comme le Cameroun, le Mali, la Côte d’Ivoire, le Burkina Faso. Ils se portent au poignet, à la cheville, à l’avant-bras. Les bracelets sont décorés avec délicatesse sur des formes, des couleurs qui subliment avec éclat l’élégance féminine.

C’est dans ce même élan que s’inscrit le travail de Tamacali. La nièce de Tamaro Touré met en valeur des colliers qu’elle confectionne en mêlant harmonieusement les perles anciennes et modernes et aussi des éléments de sculptures anciens et modernes. « L’effet est « bluffant », se réjouit Madeleine Deves Senghor relevant que Tamacali est aussi créatrice de ce que la co-commissaire de l’exposition appelle « des décorations de cou ». « Pour rendre éternelle cette beauté intemporelle, il faut qu’elle soit célébrée par tout humain, homme ou femme, sans distinction, dans la réciprocité et l’harmonie », suggère M. D. Senghor. C’est dans ce sillage que situe le travail de la mère et du fils, Claire Lamarque et Guillaume Lamarque. Claire, la maman, présentée comme une portraitiste hors pair et surtout sculptrice renommée, offre à notre regard admiratif ses « Humains élégants » sur lesquels sont exposés bracelets et pectoraux, tandis que Guillaume, designer de meubles nomades, propose sa « commoderie » en bois ou encore un « salon baoulé » où tout s’emboîte et s’imbrique. L’exposition « Beauté intemporelle » est à voir, jusqu’au 31 août, au Musée de la Femme Henriette Bathily (Place du souvenir africain, corniche ouest).

E. Massiga FAYE

Fatick : La commune de Palmarin a vécu, le week-end dernier (28, 29 et 30 juin), d’importantes manifestations culturelles et artistiques en hommage à l’une de ses illustres filles : la cantatrice Khady Diouf. Très émue par cette marque de distinction, la diva de Diakhanor a retrouvé de la voix et est remontée sur scène pour l’occasion.

Surnommée Khady Diouf Diakhanor, ce village d’où elle est originaire, la cantatrice de Palmarin est un monument de la culture sénégalaise en général et particulièrement du chant traditionnel sérère qu’elle a exporté un peu partout à travers le monde. C’était dans le cadre des tournées internationales de l’Ensemble lyrique traditionnel de la Compagnie du Théâtre national Daniel Sorano. Le week-end dernier, elle a exprimé toute son émotion et sa joie à travers l’hommage que lui a rendu toute la communauté de Palmarin et au-delà, celle du Sénégal en général. « Je suis comblée et fière encore d’être une Palmarinoise. Cette marque d’estime prouve que je suis la fille, la femme, la sœur, la maman des habitants de cette ville qui m’a vue naître », a confié la cantatrice de Diakhanor et ancienne pensionnaire de la Compagnie Sorano.

L’occasion a été trop belle pour la diva sérère de retrouver de la voix aux côtés de Soda Mama Fall et Mahawa Kouyaté, ses deux amies chanteuses. Khady est alors remontée sur la scène et avec l’Ensemble lyrique traditionnel. La chanteuse a alors galvanisé la nombreuse foule massée à l’intérieur du terrain municipal de Palmarin où se tenait la soirée folklorique. Un public qui a eu droit à réentendre cette belle voix de Khady qui n’a d’ailleurs pas changé à travers le titre « Ndèye Wassaname », tiré de sa langue maternelle sérère et qui lui a apporté tant de célébrité.

La cantatrice a été accompagnée et encadrée jusqu’à son arrivée dans l’enceinte du terrain municipal par les vieilles femmes portant des instruments de culture du riz et entonnant en chœur des chants. Un rituel qui avait lieu lors des cultures vivrières, particulièrement le riz, symbolisant ainsi la solidarité mais aussi servant à secourir toute personne en difficulté ou un hôte affamé.

Aussi, nous explique Ibrahima Sarr, ancien président de l’ex-Conseil rural de Palmarin et président du comité d’organisation de l’événement, l’autre particularité est que ce rituel est une façon de rendre un hommage à la bravoure de l’homme ou à son inspiration, mais aussi à l’artiste qui est là. « Ces femmes ont voulu donc montrer ce rituel à l’occasion de cet hommage rendu à la diva Khady Diouf et faire remarquer, en même temps, que la solidarité est un bien africain, sénégalais mais surtout sérère », a-t-il indiqué.

L’initiative d’honorer un artiste de son vivant est salutaire et mérite bien que l’on s’y penche pour évoquer toute sa portée. Le maire de la ville de Palmarin, Louis Seck, tout comme le président du comité d’organisation, Ibrahima Sarr, sont unanimes. La particularité d’un tel événement, selon eux, est que, bien que Khady Diouf se soit retirée de la scène internationale pour une retraite bien méritée, cet hommage devrait lui permettre, dans une certaine mesure, de revenir sous le feu des projecteurs. « C’est pour dire que cette marque de considération n’est en rien comparable à un hommage posthume qui, en général, ne profite qu’aux initiateurs qui en tirent les dividendes et non l’intéressé pour lequel est organisé un tel hommage. C’est cela qui a motivé l’organisation d’un tel événement à l’honneur de Khady Diouf Diakhanor », estiment-ils.

Un projet culturel et artistique dont le seul objectif, en cette année vouée à la culture, était de rendre hommage  à un digne enfant du terroir du Sénégal. Le maire de Palmarin, Louis Seck, annonce déjà l’organisation des journées culturelles qui seront mises à profit pour rendre hommage à de dignes fils et filles du terroir. «  Notre ambition est de pérenniser cette idée à travers des journées culturelles avec un thème central pour montrer les valeurs culturelles sérères ».

De telles initiatives sont à encourager, selon Jacques Senghor, conseiller technique au ministère de la Culture. Au nom du ministre, Abdou Latif Coulibaly, il a félicité et encouragé la commune de Palmarin pour l’hommage rendu à la diva Khady Diouf, avant d’inviter les autres collectivités à s’inspirer de cet exemple. Plusieurs groupes et ensembles artistiques se sont produits sur le plateau. La troupe Bakalama de Thionck-Essyl, les femmes des îles du Saloum avec leurs calebasses, la troupe de Sakou Thioro Sarr, les groupes de Palmarin, l’artiste Abdou Fatah Mbacké, entre autres, ont contribué, à leur manière, à la réussite de la manifestation marquée par une forte mobilisation de la communauté palmarinoise.

KHADY DIOUF, CHANTEUSE : « MON DESTIN A TOUJOURS ÉTÉ LIÉ AU CHANT »
L’ancienne pensionnaire de la Compagnie du Théâtre national Daniel Sorano, « étant toute jeune, Dieu avait déjà tracé mon destin pour être une chanteuse ».

« Dans ma tendre enfance, tout ce que je faisais comme travail ou autre, je l’accompagnais par des chants. J’aimais chanter et mes tantes me l’interdisaient à chaque fois. Mais comme on ne peut rien contre la volonté de Dieu, c’est comme un don qu’il m’avait inculqué », nous a confié Khady Diouf Diakhanor, en marge de la cérémonie d’hommage que lui a rendu la communauté de Palmarin. Et aujourd’hui, indique Mme Diouf, « ce chant m’a tout donné. J’ai sillonné beaucoup de pays avec l’Ensemble instrumental de Sorano, ce qui m’a comblé de joie, surtout pour avoir  porté très haut le flambeau de la culture sérère dans ces différents pays que nous avons visités ».

La diva Khady Diouf dont la notoriété a atteint les terroirs les plus reculés du pays a aussi enregistré un écho admiratif au-delà de nos frontières nationales. La langue sérère est devenue, du coup, le véhicule d’une autre humanité transculturelle. Mais, selon elle, « c’est le titre « Ndèye Wassaname » qui m’a propulsé au-devant de la scène tout en m’apportant également tant de célébrité ». Ce morceau , des générations s’en souviennent comme ayant été le premier tube de la cantatrice de Diakhanor. Un chant à travers lequel la chanteuse exprime sa foi à l’amitié qui dépasse parfois les relations sanguines. Elle évoque aussi dans le tube, l’orphelinat d’un enfant qui a perdu sa mère alors qu’il n’avait que quatre mois. Mais, pour Khady Diouf, « tout appartient à Dieu le Tout-Puissant et à qui tout le monde doit se soumettre.

M. SAGNE

« Sunu Folk Festival » est un projet piloté par l’artiste Yoro Ndiaye, en collaboration avec la Francophonie. L’objectif de cette première édition est de rassembler et de promouvoir dix jeunes talents de l’Afrique. Ces dix jeunes ont participé à une compilation de dix titres sur des thèmes différents : l’exploitation des enfants, la paix, les conflits de générations... C’est également l’occasion de réunir les différentes cultures africaines avec la participation d’artistes burkinabè, mauritanien et capverdien. Ces derniers sont logés et pris en charge par le projet durant le festival.

Dans cette optique, la sortie d’un album, avant-hier, était l’avant-première du projet qui comporte deux phases. A la suite de la publication de l’album qui réunit ces dix jeunes talentueux, le festival, prévu du 13 au 14 juillet à Dakar et placé sous le parrainage de l’artiste Ismaël Lô, sera des moments riches en sonorités. Selon l’artiste Yoro Ndiaye, ce festival permettra, à la fois, aux jeunes de faire valoir leur talent et surtout d’élargir le champ de la musique folk.

« C’est un immense plaisir de mettre en place un projet à la disposition de nos jeunes frères. C’est aussi une opportunité d’élargir la musique folk. Nous pouvons réfléchir sur le folk-mbalax, le reggae, le rap, pour nous faire entendre », a-t-il dit.

Par ailleurs, ce festival vise à suivre ces jeunes en aval, sur la réalisation de leurs produits, et de les accompagner par le billet du studio « Arica Melo » mis en place par le projet. Le parrain du festival, l’artiste Ismaël Lô, se réjouit du choix de sa personne et apprécie cette œuvre à sa juste valeur. « Je trouve ce projet honorable et je me réjouis d’être parrain de cette œuvre d’une envergure interculturelle », a affirmé M. Lô.

Les dix jeunes talents qui devront assurer la scène lors de ces deux jours du festival, ont promis des prestations de hautes factures en plus de la promesse du parrain, Ismaël Lô, de faire sa participation.

Baye Ndongo FALL (stagiaire)

Une voix et style qui se démarquent déjà, la chanteuse Maïna trace patiemment, depuis six ans, son sillon parmi les jeunes talents de la musique sénégalaise. L’artiste saint-louisienne, de son vrai nom Maïmouna Sourang, adepte des genres soul-pop, country, continue de surprendre par sa maturité, en attendant la sortie prochaine de son premier album « Macilo »…

Allure frêle, chevelure épaisse roulée en de fins rastas, elle ne paie pas mine d’une chanteuse de mbalax. Maïna est plutôt dans la lignée des musiciennes pop-soul, jazz, folk ou country… Voix tantôt grave, limpide et qui porte loin, à 26 ans, Maïna a déjà côtoyé quelques musiciens sénégalais célèbres, comme Faada Freddy et Hervé Samb, ses mentors. Native de Saint-Louis, Maïmouna Sourang de son nom à l'état civil a tous les atouts pour marcher sur les pas de ses aînés.

L'amour pour la musique, pour celle qui a quitté les bancs de l'école en classe de Terminale, ainsi que la volonté d'apprendre davantage le chant et la guitare, font d'elle un espoir du showbiz sénégalais. De grands noms l’invitent déjà sur scène pour des bœufs lors de festivals ou soirées live.

Maïna anime également en solo ou en band des soirées dans plusieurs clubs et grands  hôtels dakarois. Son projet d’un premier album est d'ailleurs bien avancé, avec six titres déjà annonciateurs de l'opus qu'elle intitulera « Macilo ». Un titre, dit-elle, en hommage à l'influence de Faada Freedy.

La chanteuse de 26 ans affectionne également la musique du ténor Omar Pène, dont elle a repris le tube « Mudje » lors d’une soirée anniversaire au Grand Théâtre de Dakar. Ce qui n'était pas évident, selon Maïna ; les textes du maestro Pène étant plus ou moins philosophiques et classiques.

Pour marcher avec succès sur les pas de ces géants de la musique sénégalaise, la chanteuse saint-louisienne compte retourner parfaire sa voix et ses cours de guitare à Paris et Bordeaux. Car Maïna a déjà séjourné dans la capitale française où elle a enregistré une partie de son futur album sous la direction de Franck Moulet et d’Hervé Samb. Ce dernier que Maïna a connu par le biais de Mao Sidibé et qu'elle considère « comme un frère », l'avait invitée sur la scène du dernier Festival de Saint-Louis Jazz, en avril.

De grands moments inoubliables pour la jeune femme qui a grandi sur la rive du fleuve Sénégal, bercée par l'amour des Saint-Louisiens pour tous les bons genres musicaux. L'on n’oublie pas que l’ancienne capitale du Sénégal nous a donné de grands musiciens comme Aminata Fall, Diabou Seck et son neveu Abdou Guité Seck, Ablaye Cissoko, le koriste qui l’a déjà conviée au concept « Après Minuit » lancé en marge du Festival Saint-Louis Jazz.

Fière de cet héritage, Maïna, entre musique folk-acoustique, soul-pop, country, chantée en wolof, français et anglais, compte se frayer son propre  chemin dans le milieu du showbiz. Bien sûr, avec les conseils précieux de son papa…

Omar DIOUF


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