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Arts et Culture (1746)

Suite à une série de rencontres et d’échanges, les acteurs culturels viennent de mettre sur pied une structure de la société civile culturelle pour prendre en charge les préoccupations des travailleurs. Le lancement de ladite structure dénommée Syndicat national des travailleurs de la Culture (Sntc) a eu lieu, mercredi, au siège de la Csa, à Dakar.

Les acteurs culturels prennent en main leur destin. Le lancement, mercredi, du Syndicat national des travailleurs de la Culture (Sntc), va créer une nouvelle dynamique nationale qui puisse lutter pour une meilleure prise en charge de leurs préoccupations. Selon le secrétaire général dudit Syndicat, Papa Meïssa Gueye, les acteurs ou travailleurs de la culture souffrent d’un manque de considération notoire. Ils ne bénéficient d’aucune protection sociale encore moins de cadre d’expression pour le financement de leurs activités.

Pour M. Gueye, l’Etat a failli dans sa politique de prise en charge de cette couche de la société. Citant les nombreuses conventions internationales sur la culture qui ont été ratifiées par le Sénégal, le secrétaire général du Sntc regrette de constater que celles-ci ne sont pas encore mises en œuvre. « En 2010, un cadre juridique a été proposé concernant la convention sur la protection, les droits d’auteurs et droits voisins en novembre 2008. Il a été recommandé dans ces instruments, de mettre les acteurs culturels dans des comités de gestion des fonds qui leur sont destinés, mais jusqu’ici rien », regrette le syndicaliste en chef. Papa Meïssa Gueye de préciser que l’ensemble de ces conventions impose à ce que les acteurs culturels et les groupes artistiques soient mis à niveau pour pouvoir s’intégrer dans cette dynamique en se dotant d’outils capables de les rendre aptes à bénéficier pleinement de ces importantes mutations. Aussi, a-t-il déploré la diversité et la multiplicité des associations de corporation qui ne fait qu’effriter les forces et disperser les énergies, les guerres d’intérêt et les lobbies de proximité à vocation crypto-personnelle, l’absence de mécanismes d’accompagnement tels que le Fonds de garantie, le partenariat public-privé, etc., des initiatives privées, l’inexistence d’une nomenclature claire des métiers de la culture entre autres.

Intérêts des acteurs culturels
Pour sa part, le président d’Alliance culturelle africaine, Mactar Ndiaye, estime qu’il faut réglementer l’espace culturel sénégalais.
« Les cadres juridiques sont vagues à tel point que le législatif est étranger aux acteurs eux-mêmes. C’est pourquoi nous espérons que la mise sur pied de ce Syndicat nous permettra de nous conformer aux nouvelles réalités », a indiqué M. Ndiaye. Non sans magnifier leur affiliation à la Confédération des syndicats autonomes du Sénégal (Csa). Présidant la rencontre, le secrétaire général de la Csa, Elimane Diouf, s’est réjoui du choix fait à sa centrale de porter le combat des acteurs culturels.

« La Csa est une centrale qui fait de la protection sociale de ses membres son crédo. C’est pourquoi elle s’engage à jouer pleinement son rôle pour aider le Syndicat national des travailleurs de la culture (Sntc) à disposer de statuts pouvant lui permettre de défendre les intérêts des acteurs culturels », a-t-il expliqué.

Tata SANE

En marge de la clôture, mardi, de la session de formation de scénaristes, le directeur de la Cinématographie, Hugues Diaz, a annoncé l’ouverture de nouvelles salles de cinéma dans les régions. « Déjà le projet est avancé et verra l’ouverture prochaine de deux salles à Dakar et Ziguinchor, en attendant de réaliser d’autres à Thiès, Kaolack et Saint-Louis en collaboration avec les collectivités locales », a-t-il annoncé. Selon lui, le nouveau ministre, Abdou Latif Coulibaly, a donné des instructions fermes dans ce sens conformément aux directives du président de la République, Macky Sall.

M. SAGNE

Une vingtaine d’acteurs du cinéma viennent de suivre, à Thiès, une formation en scénaristes. Une initiation à l’écriture du scénario fiction et séries télévisuelles, rendue possible grâce au projet « Scénario pour tous ».

C’est dans le cadre du projet « Scénario pour tous » que les différents participants venus des trois départements de la région de Thiès ont suivi avec intérêt les modules présentés par l’équipe pédagogique du projet dont le promoteur, Assane Diagne, scénariste et producteur de films, et Amadou Thior, scénariste de séries télévisuelles.

Le directeur de la Cinématographie, Hugues Diaz, s’est dit séduit par la qualité de haut niveau des participants. Juristes, professeurs et enseignants, réalisateurs, scénaristes débutants, écrivains, dramaturges et hommes de théâtre populaire ont tous manifesté leur sentiment de satisfaction des enseignements qu’ils ont reçus le temps de cette session de formation de huit jours.

« Ceci doit nous motiver davantage dans cette entreprise de construction et de structuration du secteur depuis la mise en place du Fonds de promotion et de l’industrie cinématographique et de l’audiovisuelle (Fopica) », a indiqué Hugues Diaz. Il a ainsi évoqué le manque criant de formation, d’ateliers de partage sur le scénario surtout au niveau des régions dont les acteurs demandent à être formés pour pouvoir participer au Fopica.

L’un des formateurs, Assane Diagne, diplômé du Conservatoire Libre du Cinéma de Paris en 1985, de souligner que « le scénario est le maillon faible dans l’architecture du film africain. Les script-doctors viennent rarement en Afrique. C’est dans ce contexte que ce projet de formation est mis en chantier pour relever le niveau général des scénaristes au Sénégal ».

Ainsi, les participants disposent d’outils de base pour écrire leur propre projet de scénario en collaboration avec les consultants du projet d’atelier de scénarisation dont l’un des objectifs est d’amener les scénaristes du théâtre populaire à s’approprier des outils d’écriture de la dramaturgie classique dans l’écriture du scénario.

Festival de séries et téléfilms
Dans la dynamique de structuration du secteur du cinéma, le directeur de la Cinématographie a lancé l’idée de la création d’un festival des séries et téléfilms à Thiès. Ainsi, a-t-il invité les acteurs thiessois à porter ce projet pour mieux valoriser et promouvoir le secteur dans la production de films et ainsi attirer les télévisions nationales comme privées et même étrangères et aussi les investisseurs pour le financement ou la vente de leur projet.

Hugues Diaz est convaincu de la pertinence d’un tel festival à Thiès compte tenu du potentiel culturel et artistique que regorge cette région connue par le dynamisme de ses artistes dans la production de séries télévisées de téléfilms. D’où, pour le directeur de la Cinématographie, la valorisation de tout ce potentiel qui passe par les festivals. Il a aussi loué le dynamisme de la directrice du Centre culturel régional de Thiès, Mme Anne Marie Faye, qui a proposé l’ouverture d’un cinéclub dans ses locaux.

Mohamadou SAGNE

« Diokel » est une œuvre romanesque qui fait le récit d’une histoire d’amour poignant entre un prince sérère et hériter du trône du Sine enrôlé de force dans l’armée coloniale pendant la deuxième guerre mondiale et Makane, une princesse de Tataguine. Son auteur, l’adjudant-chef à la retraite, Jean Dib Ndiaye, a procédé, hier, à la cérémonie de présentation et de dédicace de ce roman publié aux Editions L’Harmattan Sénégal.

La première question qui taraude l’esprit, quand on découvre le roman de Jean Dib Ndiaye, c’est comment un adjudant-chef de la gendarmerie peut faire preuve d’un talent littéraire aussi remarquable ? « Diokel », qui vient de paraître aux Editions L’Harmattan Sénégal, est une œuvre écrite avec une rare finesse et dans un style singulier rappelant ainsi les grands chefs d’œuvre de la littérature à l’image de « Voyage au bout de la nuit » de Louis Ferdinand Céline ou encore « A la recherche du temps perdu » de Marcel Proust.

Pavé de plus 300 pages, ce roman raconte de manière émouvante une partie du passé colonial de l’Afrique plongée dans les périodes sombres de la Seconde guerre mondiale. Comme pour mesurer la dimension de ces tragédies qui ont complètement bouleversé les sociétés africaines en une époque, l’auteur évoque une triste histoire d’amour entre Diokel, jeune berger et hériter du trône du Sine, « arraché à l’affection des siens au jour même de ses justes noces avec Makane, une princesse de Tataguine ». Cette histoire d’amour impossible due à l’enrôlement forcé de Diokel dans l’armée coloniale pendant la guerre 1939-1945 est au cœur de cette œuvre aux relents historiques.

Ouvrage historique et sociologiquement bien documenté, « Diokel » est une plongée dans la société sérère d’une époque lointaine. Avec une description ingénieuse de ces royaumes, ces villages à l’univers sauvage « constitués de futaies, de savanes, de fleuves et de rivières ». Mais également de cette « flore peuplée d’une faune diversifiée faisant le charme de ce mode de vie que seule la campagne peut offrir ». Dans son roman, Jean Dib Ndiaye évoque, avec une attention chirurgicale, les coutumes et les traditions sérères. Ces peuples hospitaliers se cachant derrière des valeurs qui constituaient les fondements de la cohésion sociale bâtie autour des groupes sanguins universellement communs, les rangs sociaux.

Autrement dit, « un système sociologique immémorial qui avait instauré des lignes d’ascendances consanguines ou matrilinéaires ». Le livre est un viatique à la promotion de ces valeurs séculaires fondées autour de la tolérance, du pardon, de la patience, la responsabilité et la pudeur. Il traite aussi du conflit de génération à travers la dualité entre la tradition et le modernisme.

Seulement, aux yeux de l’auteur, fortement enraciné dans ses valeurs, « la tradition et le modernisme ne se bousculent que dans la tête des incultes ».

Plusieurs thématiques
L’adjudant-chef à la retraite regrette, aujourd’hui, la mauvaise interprétation de la modernité. Roman à la fois plaisant et complexe, « Diokel » est, selon Jean Dib Ndiaye, un livre destiné à toutes les générations. Selon lui, dans un contexte de perte de repères liée à l’influence intérieure, il serait important que notre jeunesse puisse profiter de cet ouvrage. Pr Madior Diouf, ancien ministre, qui a procédé à la présentation du livre, a parlé d’une œuvre marquée par une surabondance des thématiques, un roman de l’aventure européenne et de mœurs africaines. De son avis, l’auteur peint les mœurs d’une Afrique bouleversée par les violences de la colonisation ainsi que les exigences de l’effort de guerre.

« C’est un Sérère profondément enraciné et il le montre par l’univers qu’il a su recréer et la profondeur de son regard sur cette société », a-t-il souligné. Le directeur de Livre et de la Lecture a salué le travail de « documentation fouillée » de Jean Dib Ndiaye. Ibrahima Lô a relevé la pertinence de faire passer ce livre à l’écran.

De son côté, le commandant de la Gendarmerie territoriale, représentant Meïssa Niang, Haut commandant de la Gendarmerie, a estimé que ce roman replonge dans un passé colonial aux réalités douloureuses. Ainsi, entre réalité et fiction, a noté Mamadou Diouf, il met en exergue les valeurs sociales qui constituent le soubassement de la société sérère marquée, entre autres, par la fidélité, le courage et la solidarité.

Né en 1955 à Fadial, dans la commune de Nguéniène, l’adjudant-chef Jean Dib Ndiaye a intégré l’armée en 1974. L’homme, très tôt distingué par ses supérieurs et camarades, a soutenu le lieutenant Dieudonné Agbo, qui sera nommé à l’emploi de Première classe. Vouant une profonde estime à la Gendarmerie, il déclinera la faveur d’un engagement préférant déposer son dossier de candidature au concours d’entrée à la Gendarmerie. Après sa formation, il est affecté à l’escadron de protection, puis à la garde rouge. Dans sa carrière, Jean Dib Ndiaye a occupé plusieurs postes de responsabilité au niveau de la Gendarmerie. Son tout premier roman, « Diokel », marque son entrée dans l’univers littéraire.

Ibrahima BA

Un panel a été organisé à Dakar, lundi, en hommage au journaliste feu Mame Less Dia, fondateur des revues satiriques « le politicien » et le « Cafard libéré ». Les participants ont salué la mémoire d’un pionnier qui a ouvert un large boulevard de liberté dans la pratique du journalisme au Sénégal.

Pour atteindre le but critique qu’elle s’impose, la presse satirique procède à une transformation de la réalité « objective ». Elle construit une réalité parallèle, « satirique », à première vue loufoque et incohérente, mais comprise comme la projection de la première : suivant le principe du miroir déformant, elle prétend ainsi renvoyer une image capable de révéler, au-delà des apparences immédiates, quelque chose de la « vérité ». Au Sénégal, un des pères fondateurs de ce genre est le journaliste Mame Less Dia, concepteur de la revue satirique « le Politicien » et du « Cafard Libéré ». Lundi dernier, un panel a été spécialement organisé en hommage à « ce pionnier reconnu dans son domaine ». La cérémonie a été rehaussée par la présence d’éminentes personnalités. Parmi elles, El hadji Hamidou Kassé, ministre, Professeur Iba Der Thiam, ancien vice-président à l’Assemblée nationale, Abdoulaye Makhtar Diop, vice-président à l’Assemblée nationale.

Alioune Dramé, directeur de la Communication, a réitéré « la disponibilité de la tutelle à honorer par devoir la mémoire de Mame Less Dia ». Il rappelle avoir lui-même pu bénéficier de l’étendue de l’expérience de ce grand journaliste. « Il m’a personnellement accompagné à mes débuts. Nous étions alors au quotidien national «le Soleil». Dans cette boite, j’ai, un moment durant, été son adjoint au service de l’actualité internationale », relève-t-il. C’était un homme multidimensionnel, a-t-il ajouté.

Pluralisme médiatique
Pape Samba Kane, journaliste, a salué la mémoire « d’un pionnier qui ouvert un large boulevard de liberté dans la pratique du journalisme au Sénégal. De surcroît, à une période où toutes les conditions étaient difficilement mobilisables pour exercer, comme il fallait, le métier de journaliste », relève-t-il. Selon M. Kane, Mame Less Dia a donné à la presse sénégalaise ce qu’Abdoulaye Wade a conféré à la démocratie sénégalaise. Cela est d’autant plus salutaire qu’à l’époque, il était difficile de réunir des ressources au plan intellectuel et technique, a-t-il dit.

Le journaliste qui a personnellement eu à travailler avec Mame Less Dia, relève que la timidité de l’homme ne cachait guère sa détermination, son courage, sa bravoure et surtout son professionnalisme, a-t-il dit. « Il était mû par la seule détermination d’asseoir une totale liberté dans la pratique du métier de journaliste », conclut-il.

Prenant la parole, le Professeur Iba Der Thiam informe qu’au lendemain des indépendances, les régimes en place ont essayé de restreindre par toutes les manœuvres possibles, pour faire face au pluralisme médiatique qui existait dans notre pays depuis le 19ème siècle. « Mame Less Dia avait choisi le mode satirique, pour véhiculer des messages importants. Il connaissait parfaitement le contexte, il avait décidé d’y inscrire son action. Il savait que Senghor ne lui ferait pas de cadeau. Il exploiterait la pluralité médiatique pour se donner une image de démocrate à l’extérieur, mais ne pardonnerait aucune dérive qui viendrait à se manifester », souligne Professeur Thiam.

Evoquant l’homme, Professeur Iba Der Thiam de dire :« Mame Less Dia était un homme politique qui savait analyser les situations. Il connaissait les hommes ainsi que leurs forces et faiblesses ».

Oumar BA

L’écrivain et dramaturge Alioune Badara Bèye a procédé, hier, à la cérémonie de présentation et de dédicace de son nouveau recueil de poèmes. Coédité par les Editions Maguilen et Salamata, « Chants pour Chérif Ousseynou Lahi suivis de Fulgore » est un hommage à cet érudit de la communauté layène rappelé à Dieu en 2009.

Dans un nouveau recueil de poèmes, qui vient de paraître aux Editions Maguilen et Salamata, l’écrivain et dramaturge Alioune Badara Bèye se sert de la puissance de la poésie pour rendre un éminent hommage à Chérif Ousseynou Lahi. « Chants pour chérif Ousseynou Lahi suivis de Fulgore » est une œuvre à forte résonance lyrique où l’auteur, très attaché à ses racines religieuses, se sert de la plume pour célébrer un homme « multidimensionnel » dont l’action et les enseignements continuent encore à guider la jeunesse. Alioune Badara Bèye célèbre le mérite de celui que les fidèles layènes nommaient le « docteur de la jeunesse ». Il évoque dans sa poésie le message d’amour et d’espoir de l’érudit mais aussi l’engagement que ce dernier déployait pour une jeunesse éduquée et consciente de ses valeurs.

« C’est un privilège de rendre hommage au « docteur de la jeunesse ». Il incarnait les préoccupations de cette jeunesse turbulente et a pu rétablir à sa juste valeur leurs inquiétudes. Il a rendu aussi cette jeunesse beaucoup plus responsable », a indiqué l’auteur. Son recueil de poèmes rend aussi hommage à d’autres érudits de cette communauté religieuse à l’image de l’Imam Seydina Limamou Lahi Al Mahdi Mountazar et son fils Seydina Issa Rouhou Lahi. Ce qui s’inscrit « dans cette dynamique d’attachement à la famille du Mahdi et à son combat pour le rayonnement de l’homme noir ».

L’œuvre, c’est aussi, a soutenu l’écrivain, un hommage à ses êtres chères comme c’est le cas de son petit-fils très tôt arraché à son affection. Des poèmes comme « Noce de 70 ans » sont aussi un hommage et la réaffirmation du degré de l’amour que le poète voue à sa femme.

Le ministre des Transports aériens et du Développement des infrastructures aéroportuaires, qui a pris part à cette cérémonie de dédicace, a salué les qualités « exceptionnelles » qui faisaient la marque de l’identité de Chérif Ousseynou Lahi. Pour Maïmouna Ndoye Seck, il « était un éducateur, un homme élégant à tout point de vue ». Selon elle, le souvenir de cet « homme multidimensionnel restera à jamais gravé dans la mémoire collective sénégalaise ».

Ibrahima BA

La première édition des Journées culturelles sénégalo-éthiopiennes s’est ouverte lundi, à Addis-Abeba. L’évènement a vu la présence d’autorités du gouvernement éthiopien, d’artistes sénégalais et éthiopiens, de diplomates et compatriotes sénégalais établis dans la capitale de la République démocratique fédérative d’Ethiopie.

Les journées culturelles initiées par l’ambassade du Sénégal à Addis-Abeba ont pour objectif principal de mettre l’art au service de l’amitié et de la créativité entre les deux pays. Il s’agit, selon Son Excellence l’Ambassadeur du Sénégal en Ethiopie, Baye Moctar Diop, d’une démarche qui vise à renforcer la coopération bilatérale en permettant aux créateurs et autres acteurs de la culture d’échanger et de dialoguer pour le rapprochement des peuples par l’art, source de paix, de concorde et de respect mutuel.

Au nom du ministre de la Culture absent, c’est le directeur général des Manufactures sénégalaises des arts décoratifs de Thiès qui a délivré son message. Aloyse Ndam Diouf a souligné toute l’importance que l’Etat du Sénégal accorde à la tenue de ces journées culturelles et qui traduisent le dynamisme de la coopération entre le Sénégal et la République sœur d’Ethiopie. M. Diouf a évoqué les jalons de cette coopération culturelle et artistique jetés par l’empereur Hailé Sélassié 1er et le président Léopold Sédar Senghor lors de la visite du souverain éthiopien au 1er Festival mondial des arts nègres de 1966 à Dakar.

Il a adressé ses vives félicitations à l’ambassadeur Baye Moctar Diop d’avoir eu cette ingénieuse idée d’organiser les Journées culturelles sénégalo-éthiopiennes. Il a invité toutes les parties prenantes à assurer un succès éclatant à l’événement et surtout de faire en sorte que la manifestation soit inscrite dans la durée et la pérennité.

Le ministre de la Culture et du Tourisme du pays hôte empêché à la dernière minute, le gouvernement éthiopien a été représenté par sa directrice de Cabinet à l’ouverture de cet événement culturel. Elle a laissé entendre que l’art est l’une des voies de choix de rapprochement des peuples. Mme Mamitu Yilma Gebru a salué la tenue de ces premières Journées culturelles qui constituent, à ses yeux, la preuve de la belle coopération culturelle entre son pays et le Sénégal. Elle a souhaité que cette initiative soit consolidée et renouvelée.

Assane DIA, Correspondance particulière

Un atelier régional sur l’examen des mécanismes d’activation de la stratégie médiatique de l’Organisation de la coopération islamique (Oci) pour la lutte contre l’islamophobie et la promotion du juste milieu en l’Islam dans les Etats africains s’est déroulé lundi et mardi, à Dakar. Cette rencontre vise à qualifier les professionnels des médias et leurs institutions dans les Etats membres africains et de faire connaître le contenu de la Stratégie médiatique de l’Oci pour la lutte contre l’islamophobie et le traitement des stéréotypes sur l’Islam et les musulmans.

Préoccupées par la montée de l’intolérance à l’encontre de l’Islam et des musulmans, nourrie dans une large mesure par des clichés relayés par une certaine presse et par les médias audiovisuels en Occident, l’Organisation islamique pour l’éducation, les sciences et la culture (Isesco) et l’Organisation de coopération islamique (Oci), en partenariat avec la Commission nationale sénégalaise pour l’Unesco et l’Isesco et le Comité permanent de l’Oci pour l’information et les affaires culturelles (Comiac), ont initié à Dakar, un atelier sur l’examen des mécanismes d’activation de la Stratégie médiatique de l’Oci pour la lutte contre l’islamophobie dans les Etats africains.

Cette rencontre à l’endroit des instituts et écoles de formation des professionnels permettra d’examiner les mécanismes académiques de lutte contre l’islamophobie et le changement des stéréotypes sur l’Islam.

Selon le chef du Centre information et communication de l’Isesco, Dr Bensaïd El Mahjoub, certains médias occidentaux exploitent les nouvelles technologies de l’information et de la communication pour propager, à une large échelle, des stéréotypes négatifs, faisant fi de la déontologie, des valeurs et des règles de profession. A l’en croire, c’est dans ce cadre que l’Isesco a orienté son action vers les instituts et les établissements de formation des journalistes et des professionnels des médias à l’intérieur et à l’extérieur du monde islamique, avec comme objectif de doter leurs extrants des compétences nécessaires pour lutter contre les images stéréotypées sur l’Islam et les musulmans.

A son avis, cette action comporte deux volets: un volet théorique portant sur l’explication des racines historiques de ce phénomène, des desseins de ses instigateurs et de son impact sur les relations entre l’Orient et l’Occident ; l’autre volet porte sur la mise en évidence des opportunités qu’offrent les Tic dans le traitement de ce phénomène.

Le directeur du Comiac, Cheikhou Oumar Seck, indique que cette rencontre a pour objectif de poursuivre leurs efforts pour rétablir l’image tronquée de l’Islam à travers les médias. « Cet atelier de Dakar nous offre toute l’opportunité d’inviter la presse africaine à mieux s’impliquer dans la vulgarisation des vraies valeurs de l’Islam, religion qui se caractérise par sa tolérance et son respect des valeurs humaines », dit-il.

A l’en croire, le Comiac dont la présidence est assurée par le Sénégal ne cesse d’œuvrer pour la mise en place d’un cadre approprié permettant aux medias de promouvoir les valeurs de l’Islam par le biais d’articles de presse, de production télévisuelle et des rencontres professionnelles.

Respect des valeurs humaines
Le directeur adjoint du département de l’Information à l’Oci, Dr Abdelhamid Salhi, souligne que leur objectif, à travers cet atelier, est de discuter des mécanismes de la stratégie médiatique de l’Organisation pour faire face au phénomène de l’islamophobie et de diffuser les valeurs islamiques de modération et tolérance en Afrique.

Aussi, espère-t-il bénéficier de l’expérience et de l’expertise des participants pour enrichir leur plan médiatique de lutte contre ce phénomène qui menace la stabilité des sociétés et des peuples.

Délivrant le message du secrétaire général de la Commission nationale pour l’Unesco/Isesco, Maki Diallo indique que tous les responsables d’institutions de formation de journalisme dans les Etats membres africains vont recevoir des connaissances et outils délivrés par l’expert marocain en formation des journalistes, Dr Abdellouhhab Errami pour l’examen et l’adoption de mécanisme d’activation de la Stratégie médiatique de lutte contre l’islamophobie, la promotion du juste milieu et la correction des stéréotypes dans la transmission du message de l’Islam dans les médias.

Maguette Guèye DIEDHIOU

Le ministre de la Culture, Abdou Latif Coulibaly, a annoncé, hier, au cours d’une conférence de presse, la volonté du gouvernement d’appuyer, de manière « décisive », le film du réalisateur sénégalais Alain Gomis qualifié aux Oscars du cinéma 2018. « Félicité » sera en compétition avec 91 autres films dans la catégorie « Meilleur film en langue étrangère ». Les lauréats seront connus le 4 mars 2018.

Sélectionné avec 91 autres films pour les Oscars du cinéma 2018, le film « Félicité » du réalisateur sénégalais Alain Gomis va représenter, pour la première dans l’histoire du septième art, notre pays à ce prestigieux rendez-vous organisé par « Academy of motion picture arts and sciences » des Usa Conscient de cette « belle » performance, le ministre de la Culture a annoncé, hier, au cours d’une conférence de presse, l’appui « total » et « entier » du gouvernement pour cette « belle » qualification.


Pour Abdou Latif Coulibaly, « ce qui se passe, aujourd’hui, est un phénomène remarquable et tout le peuple doit se mobiliser, notamment ceux qui ont une connaissance approfondie et une expertise avérée » dans le domaine. « Il faut qu’il y ait, dans ce combat, des voix autorisées capables de présenter ce que nous sommes et dire ce qu’est le film « Félicité ». Et pour cela, vous avez le soutien décisif du président de la République, du Premier ministre, du ministre de la Culture et de l’ensemble du gouvernement sénégalais », a-t-il rassuré. Cet appui de l’Etat du Sénégal a été réaffirmé par Pr Hamidou Dia, conseiller spécial du président de la République pour la Culture.

Selon le ministre, un plan de travail a été déjà arrêté, de concert avec le réalisateur et le producteur du film, Oumar Sall de la Société de production Cinekap. Il veut que les expertises les plus éclairées par rapport à cette question soient présentes afin de pouvoir bien tenir le flambeau sénégalais durant ce grand banquet dédié au monde cinématographique. « Nous avons le sentiment profond qu’on a déjà bien balisé le chemin. La qualité de ce film et les prix qu’il a gagné à l’étranger constituent une preuve éloquente de ce que nous pensons, que demain il fera jour à Los Angeles », a indiqué Abdoulaye Latif Coulibaly.

Dans le même sillage, il a annoncé la projection, prochainement, de « Félicité » devant les autorités parlementaires et du gouvernement afin de travailler davantage à cette entreprise de sensibilisation et mobilisation pour le succès du film. En dehors de « Félicité », 7 autres films africains sont qualifiés pour la 90ème édition des Oscars dans la catégorie « Meilleur film en langue étrangère ». La liste des films nominés pour les Oscars sera connue le 23 janvier 2018.

La cérémonie des Oscars est prévue le 4 mars au Dolby theatre à Hollywood et Highland center aux Etats-Unis.

Par ailleurs, le ministre de la Culture s’est félicité du travail « remarquable » qui est en train d’être fait par Alain Gomis et Omar Sall pour une « relance effective » du cinéma sénégalais. Si le Sénégal a connu, par le passé, de grands noms du cinéma à l’image de Sembène Ousmane, il a relevé la pertinence de mener « des actions décisives » afin que naissent d’autres champions.

C’est ce qui justifie sans doute la vision du président de la République, Macky Sall, qui a « apporté un soutien non pas seulement à la production mais également à la chaîne de valeurs global du cinéma à travers la formation et l’infrastructure ». En effet, a souligné M. Coulibaly, le gouvernement, à travers le Fopica, a mobilisé 275 millions de FCfa pour reprendre les salles de cinéma via un partenariat public-privé. L’objectif, à long terme, est d’arriver à une couverture de l’ensemble des régions du Sénégal.

Ibrahima BA

ALAIN GOMIS, REALISATEUR : « JE SUIS HONORÉ DE POUVOIR PRÉSENTER CE FILM AUX OSCARS »
Depuis le début de sa carrière cinématographique, Alain Gomis semble s’être bien habitué au goût du succès. Ces films ont toujours reçu des distinctions dans différents festivals à travers le monde. Sa qualification aux Oscars 2018 pour son dernier long métrage, « Félicité », nourrit encore davantage d’appétit chez le réalisateur sénégalais. Pour lui, il s’agit d’un honneur de pouvoir présenter ce film à cette prestigieuse vitrine du septième art mondial. Il s’est félicité du travail remarquable des techniciens sénégalais. « On va continuer à avancer pour ne pas se contenter des succès », a-t-il déclaré. D’après Alain Gomis, « nous avons, depuis le Sénégal, des choses à montrer et à enseigner au reste du monde ». Dans le cadre cette campagne de promotion et de sensibilisation vers le succès aux Oscars, il a annoncé la multiplication des séances de projection et la mobilisation autour du film.

I. BA

Depuis le début de sa carrière cinématographique, Alain Gomis semble s’être bien habitué au goût du succès. Ces films ont toujours reçu des distinctions dans différents festivals à travers le monde. Sa qualification aux Oscars 2018 pour son dernier long métrage, « Félicité », nourrit encore davantage d’appétit chez le réalisateur sénégalais. Pour lui, il s’agit d’un honneur de pouvoir présenter ce film à cette prestigieuse vitrine du septième art mondial. Il s’est félicité du travail remarquable des techniciens sénégalais. « On va continuer à avancer pour ne pas se contenter des succès », a-t-il déclaré. D’après Alain Gomis, « nous avons, depuis le Sénégal, des choses à montrer et à enseigner au reste du monde ». Dans le cadre cette campagne de promotion et de sensibilisation vers le succès aux Oscars, il a annoncé la multiplication des séances de projection et la mobilisation autour du film.

I. BA

Le ministre de la Culture a annoncé que des mesures « très fortes » ont été engagées dans le budget de cette année, qui sera voté en fin décembre prochain, pour le développement d’une industrie musicale de qualité. Abdou Latif Coulibaly a informé que des « ressources assez conséquentes » seront allouées à ce secteur, pour surtout « le respect et la valorisation du droit des artistes à travers la Sodav ».

Ainsi, le fonds de départ sera doté d’un montant d’un milliard de FCfa. A cela s’ajoute la prise en compte des droits dus aux artistes pendant le Fesman, lesquels sont évalués à 400 millions de FCfa. « C’est une responsabilité dont le président de la République est conscient aujourd’hui. Il a décidé de travailler dans ce sens », a avancé le ministre de la Culture.

I. BA

Emmanuel Macron a affirmé dimanche avoir « engagé les démarches » afin que la Légion d’Honneur soit retirée au producteur américain Harvey Weinstein, accusé de viols, agressions ou harcèlement sexuels. « Oui, j’ai engagé les démarches pour en effet retirer la Légion d’Honneur, en tout cas j’ai demandé au grand chancelier de l’Ordre de procéder à une procédure disciplinaire, il prendra la décision », a affirmé M. Macron sur TF1 lors de son premier grand entretien télévisé depuis son accession à l’Elysée.« Je souhaite en effet, comme ces actes manquent à l’honneur, que nous en tirions toutes les conséquences », a insisté le chef de l’Etat. Selon ce code, un « comportement contraire à l’honneur » peut conduire à un blâme, une suspension ou une exclusion de l’ordre pour les Français mais pour les étrangers, une seule mesure est prévue, celle du « retrait » de l’ordre. La mesure fait alors l’objet d’un décret signé du président de la République, Grand Maître de l’Ordre. Harvey Weinstein avait été fait chevalier de la Légion d’honneur en mars 2012 par Nicolas Sarkozy.

AFP

Invitée, samedi dernier, à l’Institut français de Dakar pour parler de son dernier roman, « L’empire du mensonge », Aminata Sow Fall a déploré l’absence d’éducation à la dignité dans nos sociétés modernes. Pour elle, le principal problème dans nos sociétés reste l’éducation.

Quand Aminata Sow Fall parle de son dernier roman « L’empire du mensonge », elle jette un regard critique sur la société sénégalaise. Une société qui perd de plus en plus ses repères. Où l’humanisme et l’éducation à la dignité ne sont plus inculqués aux jeunes. Invitée, samedi dernier, à l’Institut français de Dakar, pour échanger avec le public sur son dernier livre, Aminata Sow Fall a parlé de la littérature, surtout de celle africaine dans un monde en pleine mutation, du rôle de l’écrivain dans une société en balbutiement.

L’auteur constate aujourd’hui que beaucoup de choses sont banalisées. L’écrivain dit se perdre même souvent dans ce que nous vivons aujourd’hui, elle qui a connu « des moments beaucoup plus chaleureux ». Auparavant, raconte Aminata Sow Fall, les personnes qui n’avaient pas de moyens bénéficiaient d’une assistance « commandée par la générosité, le sens de faire du bien ».

« On ne pouvait pas voir quelqu’un qui avait du mal à faire manger sa famille et l’ignorer totalement. Ce n’était pas possible », dit l’auteur de « L’appel des arènes ». Cette donne a complétement changé. Ce qu’elle voit aujourd’hui, c’est que ceux qui font les bonnes actions à l’endroit des personnes nécessiteuses convoquent non seulement le voisinage mais la télévision, la radio, pour donner à des pauvres.

« Je n’aime pas ça. Le don doit être un acte banal parce que c’est normal », dénonce Aminata Sow Fall. Pour elle, il existe aujourd’hui un jeu entre les mendiants et ceux qui donnent. La solution à toutes ces dérives, dit-elle, est l’éducation. « Le problème le plus crucial dans nos sociétés, c’est l’éducation. On éduque plus, on ne dit plus à l’enfant fait ceci ou fait cela », déplore l’écrivaine.

« Optimiste pour l’avenir »
Toutefois, elle reste encore optimiste que les choses peuvent toujours évoluer voire changer. Dans certaines parties du pays, l’éducation à la dignité existe. Entre anecdotes, l’auteur du livre « Le revenant » raconte que de retour d’un voyage en provenance de Kaolack, vendredi dernier, leur véhicule est tombé en panne à hauteur de Sibassor. Devant une maison, dit-elle, des personnes ordinaires leur ont sorti deux chaises en bois pour leur permettre de s’asseoir. En retour, elle a donné un « petit cadeau » aux enfants en guise de reconnaissance. « Les enfants sont rentrés pour donner l’argent à leur maman. Leur mère leur a dit : « Rendez l’argent parce qu’ils n’ont pas à vous donner de l’argent ». Nous avons insisté pour que les enfants gardent l’argent. C’était une grosse surprise que les enfants prennent l’argent, entrent dans leurs baraques pour le donner à leur mère. Ici, je ne pense pas que ça se passerait ainsi », ajoute Aminata Sow Fall, « surprise », par ce geste des enfants parce qu’elle pensait que cela n’existait plus.

Ce qui fait dire à la romancière que malgré toutes les critiques, « là où il y avait l’éducation, il y en a toujours » et elle reste encore « optimiste pour l’avenir ». En guise de conseil, Aminata Sow Fall invite la jeunesse à avoir le « mental de compétiteur » pour aller vers le meilleur. Cela, dit-elle, se cultive.

Aliou Ngamby NDIAYE

Dans le cadre de la célébration de la Fête nationale de leur pays, l’ambassade d’Espagne à Dakar, par le biais de sa section culturelle, « Cultura Dakar », et en collaboration avec le Grand Théâtre national, a organisé, samedi, une grande soirée flamenco. A travers le spectacle « l’Art de la haine et de l’amour », l’artiste espagnol Pablo Rubén Maldonado et sa compagnie ont offert un voyage musical d’exception au cœur de la culture traditionnelle de l’Andalousie.

De l’alchimie, l’artiste espagnol Pablo Rubén Maldonado et sa compagnie en ont créée, samedi, sur la belle scène du Grand Théâtre national bercée par un jeu de lumière tamisée. Une magnifique découverte pour une partie du public, qui assiste pour la première fois à ce genre de spectacle directement puisé dans les racines profondes de la culture andalouse, berceau de la musique flamenco.

Pour captiver l’attention d’une assistance déjà plongée dans la canicule d’octobre des soirées dakaroises, quoi de plus pertinent qu’une puissante voix accompagnée d’instruments peu connus de chez nous ? Dans ses deux premiers morceaux, Pablo Rubén Maldonado a réussi cette prouesse grâce à son génie tiré de l’énergie d’un public hétéroclite survolté.
A travers une voix un peu rauque, la mélopée de son compatriote Juanarito Carrasco fait ressurgir déjà une bride d’émotion qui semble saisir toute la salle. Mais cette émotion contagieuse se poursuit davantage lorsque Pablo, laissé tout seul sur la scène par ses assistants, enchaine avec des mélodies aux relents folâtres et romantiques.

Le spectacle « l’Art de la haine et de l’amour » composé par l’artiste espagnol cadre parfaitement avec les principes du flamenco qui est une musique de joie, de tristesse, d’amour et de la résistance face à l’oppression dont le peuple gitan a fait l’objet dans le passé. Ce spectacle parle des artistes qui, « toujours guidés par leur cœur, laissent la porte de leur subconscient à leur âme », mais malheureusement, « ils n’arrivent pas toujours à transcrire telle quelle leur inspiration, et en sont frustrés ». C’est donc cette frustration qui se « convertit en rage » et « cette rage, en haine » que Pablo Rubén Maldonado et sa compagnie essaie de représenter sur scène pour l’exprimer en des « notes endiablées » et pour un spectacle d’exception.

Après quelques minutes de prestation en solo, le « seigneur de la soirée » est rejoint sur scène par sa danseuse qui, dans une allure combinée à un jeu de bras et d’un mouvement de tête tourbillonnant, transporte le public dans l’univers complet du flamenco. D’origine mexicaine, Karen Lugo poursuit sa danse exquise par une puissante impulsion de pieds, frappant le sol avec vigueur et se tenant tel un pigeon. La danseuse, alliant grâce et caractère, est accueillie par une salve d’applaudissements à la fin de sa prestation. Une heure et demie, c’est le temps qu’aura duré ce concert qui a drainé un long flot d’émotions. Le public n’a pas senti le temps passé ainsi que la fin de ce voyage musical exceptinel dans l’univers exotique du flamenco espagnol.

Moyen d’expression des peuples opprimés
Organisée dans le cadre de la célébration de la fête nationale d’Espagne, cette soirée a été rehaussée par la présence du secrétaire général du ministère sénégalais de la Culture Birane Niang et de l’ambassadeur d’Espagne à Dakar. Alberto Virella a ainsi rappelé que le flamenco est le résultat de la rencontre de plusieurs sources artistiques qu’offrent les différents peuples qui se sont succédé au sud de l’Espagne. Cette musique, a-t-il poursuivi, a évolué et s’est diversifiée en tant que langage vivant. « Le flamenco est un univers qui ne cesse de se réinterpréter et qui est devenu aujourd’hui universel », a-t-il indiqué, ajoutant que c’est pourquoi l’Unesco l’a déclaré, en 2010, patrimoine immatériel de l’humanité.

De son côté, Birane Niang considère cette forme de musique comme le reflet de la richesse culturelle espagnole. Selon lui, symbole de l’Espagne et en particulier l’Andalousie, le flamenco est devenu le moyen d’expression des peuples opprimés et représente l’aspect le plus typique de la culture ibérique. Par ailleurs, M. Niang a insisté sur la nécessité de travailler à la promotion des programmes de coopération socioculturelle constituant « un facteur de renforcement et de compréhension entre nos deux peuples dans la continuité de notre engagement à construire une relation marquée du sceau de l’amitié et la confiance. »

Ibrahima BA

L’amicale des élèves et étudiants de Yoff a offert, le 2 octobre dernier, à ses nouveaux bacheliers une soirée culturelle, histoire de revisiter le riche patrimoine lébou avant de rejoindre les facultés universitaires. A cette occasion, la troupe de danse traditionnelle « Magui Demb » de Yoff a régalé les adeptes du « Ndawrabine ».

En cette soirée de lundi, la Place publique Diew de Yoff, à Dakar, est noire de monde. Hommes, femmes, jeunes et vieux ont déserté les maisons pour assister à la manifestation organisée par l’amicale des étudiants de Yoff et dédiée à la culture lebou. Les nombreuses chaises étalées autour de la bâche servant de piste de danse, semblent insuffisantes face au nombre exorbitant de spectateurs. Des femmes et beaucoup d’enfants qui n’ont pas trouvé de places assises, forment une foule spectaculaire derrière. A 22 heures, les artistes comédiens proposés pour assurer la première partie commencent à chauffer le public avec des pièces de théâtre abordant des thèmes comme le tatouage, le mariage lébou, la cérémonie de l’initiation (circoncision) ou encore le fameux rituel d’intronisation du Diaraf.

Il a fallu attendre jusqu’à minuit pour voir entrer les danseuses tant attendues et ce, parce que leur chorégraphie démontre l’essence de la culture. Les nombreux spectateurs semblent enfin satisfaits de voir les vedettes du « Ndawrabine » envahir la scène. Sous les applaudissements et hourras du public, la troupe « Magui Demb » composée uniquement de femmes fait son entrée. Pour commencer, les chorégraphes forment deux colonnes parallèles, en dansant de façon nonchalante, au début, et en parfaite harmonie avec le rythme des tambours. Au même moment, la présidente de la troupe, Mame Fatou Ndoye, et ses deux autres camarades chantent les louanges de leurs génies protecteurs. Ensuite, elles se mettent face-à-face et pressent un peu les pas de danse jusqu’à former un cercle. C’est maintenant au tour de la danse individuelle. Elles quittent le cercle une à une et chacune effectue des pas à la manière du « bakk » d’un lutteur jusqu’aux batteurs de tambour. A ce stade, la foule semble surexcitée et s’en mêle. Une femme tout de blanc vêtue quitte sa place et rejoint les danseuses sur la bâche réservée comme piste. Exaltée, elle esquive des pas de danse nonchalants avant de donner quelques billets de banques aux danseuses. « Le Ndawrabine » est notre tradition. Pour rien au monde, je ne peux rater un tel évènement. Il me rappelle le « Bawounane », un rituel de danse et de prière qu’organisaient auparavant les Diaraf pour solliciter auprès des génies un bon hivernage », explique-t-elle, avant de rejoindre sa place avec un visage perlé de sueur.

Enfin, les danseuses entament la dernière séance réservée au « Ndawrabine » endiablé. Celui-ci symbolise la tradition de la pêche chez les Lébous. Les femmes dansent en imitant les pêcheurs qui utilisent la rame pour amener les pirogues en mer.

En mimant ces différentes chorégraphies, elles sont habillées en tenue typiquement traditionnelle. D’abord, chacune d’elles porte une camisole, une robe longue, deux à trois pagnes et deux foulards pour se couvrir la tête. Elles ajoutent à cela des colliers en perles précieuses au cou, un fin morceau de voile attaché autour des reins, et portent des babouches comme chaussures. Pour cette soirée, le déguisement est en couleurs orange et marron. Elles se sont également maquillées et tatouées à la manière de la femme sénégalaise d’hier.

Le spectacle est clôturé vers 1 heure du matin par une allocution de la présidente de la troupe, Mame Fatou Ndoye. Celle-ci a ainsi remercié les étudiants et les membres de son groupe. Ces-derniers ont livré, à la limite, un spectacle épique pour imprégner les nouveaux bacheliers qui vont bientôt franchir les portes de l’université. Histoire de leur souhaiter bonne chance.

« Magui Demb » perpétue la tradition
Fondée en 1980, la troupe « Magui Demb » de Yoff contribue incessamment à la revalorisation de la culture et tradition lébou. Son objectif, faire découvrir à la jeunesse lébou le riche patrimoine que leur ont légué les ancêtres. Selon Mame Fatou Ndoye, directrice artistique de la troupe, au-delà de la nécessité de conserver le patrimoine culturel lébou à travers la danse traditionnelle, le groupe participe à la revalorisation de la culture sénégalaise et africaine en général. C’est d’ailleurs dans ce cadre qu’il a représenté deux fois le Sénégal en Arabie Saoudite et en Algérie pour les festivals de danse arabo-africaine. Il a ainsi remporté des trophées et des primes de participations.

La formation de Fatou Ndoye est riche de 20 chorégraphes. En plus des batteurs de tambours et des chanteurs. Ils sont tous Lébous et originaires de Yoff. Au-delà de la tradition, la danse « Ndawrabine » et ses dérivés que sont le « Yaaba » et le « Goumbé » sont devenus un métier rentable pour ces professionnels. Les troupes sont sollicitées pour couvrir des cérémonies culturelles.

« Nous faisons des prestations pour l’accueil des invités du président de la République, les inaugurations, les courses de pirogue en plus des baptêmes et mariages », explique Fatou Ndoye.
Outre le talent, les danseuses doivent avoir une maîtrise parfaite de la culture et de la tradition lébou. Car la danse n’est qu’un symbole qui permet d’illustrer les valeurs de la société lébou d’hier.

Par Abba BA (stagiaire)

Omar Sy campe un docteur Knock chaleureux, à rebours du rôle mythique tenu par Louis Jouvet, dans un film de Lorraine Lévy qui sort mercredi en salles et qui entend, selon le comédien, « proposer quelque chose de complètement nouveau ».

Lorsqu’elle lui soumet le rôle, Omar Sy ne connaît pas Knock. « Je passe pour le mauvais élève », sourit-il, « alors que la réalité, c’est que ce n’était pas au programme de l’école où j’étais et c’était très bien pour elle, parce que son envie était de proposer quelque chose de nouveau ».

La pièce de Jules Romains créée par Louis Jouvet en 1923 au théâtre et reprise au cinéma en 1951 se situe toujours dans un village de montagne, mais dans les années 50. Knock débarque dans le bourg paisible peuplé de gens parfaitement bien portants, qu’il va bientôt transformer en malades inquiets et prêts à dépenser sans compter.

Président de la section Pikine de l’Association des artistes comédiens sénégalais (Arcots), Leïty Fall, ému par la disparition du comédien Omar Bâ, reconnaît que la génération des Baye Peulh incarnait le profil de l’’artiste cultivé et imbu de valeurs morales.

« Baye Peulh faisait partie des doyens. Sa génération est pionnière du téléfilm au Sénégal et a joué une belle partition dans ce travail » a témoigné Leïty Fall, président de la section Pikine de l’Arcots. Il croit savoir parmi ces artistes des générations passées, il y en a dont le souvenir restera toujours gravé dans la mémoire collective des Sénégalais. « Surtout Baye Peulh et son compère de scène, Makhourédia Guèye. Nous étions des gamins pendant leur belle époque et nous n’hésitions jamais à aller vers eux à chaque fois que l’un ou les deux apparaissait quelque part dans nos quartiers. Ils ont été des monuments que les Sénégalais n’oublieront jamais », a souligné Leïty Fall. Il s’est demandé, si ce sont les férus de théâtre qui n’oublieront jamais ces icônes du théâtre, qu’en sera-t-il pour les artistes de profession ?

« C’est eux qui nous ont balisé la voie. Et ils l’ont si bien fait que nous, de la nouvelle génération, devons pouvoir assurer la relève en portant le flambeau le plus haut possible. Car, aujourd’hui, ils sont nombreux, ces jeunes qui vivent grâce au théâtre. Je peux citer beaucoup de noms de jeunes artistes qui, aujourd’hui, gagnent leur vie grâce au théâtre, et au théâtre seulement », rappelle le comédien. A l’en croire, aujourd’hui, le théâtre doit pouvoir rayonner encore dans la mesure où partout dans nos localités, des troupes théâtrales naissent et poussent comme des champignons. Si bien que les troupes de théâtre sont aussi nombreuses que les écuries de lutte.

Cependant, Leïty Fall est d’accord avec le défunt qui avait avancé que sa vision du théâtre est différente de celle de la génération d’aujourd’hui. « Eux, ils étaient des bibliothèques qui faisaient d’eux des monuments. Je pense que si Baye Peulh dit que sa vision du théâtre est différente de celle de la jeune génération, cela veut dire qu’il y a dans le théâtre d’aujourd’hui des choses qui se sont fait inviter et qui ne devraient pas y avoir droit de cité. Je suis entièrement d’accord avec lui », mentionne-t-il.

« On se souvient bien que cette trempe des Baye Peulh, Makhourédia Guèye et autres n’ont jamais vexé quelqu’un dans leur pratique quotidienne de leur art. Ils n’ont jamais prononcé des injures ou propos discourtois voire injurieux. Ni, non plus, ne parlaient jamais de sexe de manière ouverte », poursuit-il.

« Ils avaient une pratique saine qui ne heurtait la morale de personne. Contrairement à aujourd’hui où il n’est pas rare de voir un jeune artiste prononcer des injures en plein écran de télévision sans en éprouver un remords par la suite. A la différence de nos anciens qui alliaient culture générale, morale si bien qu’une famille entière pouvait regarder ensemble les téléfilms des anciens en se tordant de rires à l’unisson », soutient l’artiste.

« Je suis en phase avec ceux qui pensent que le métier doit être assaini car cela ira de l’intérêt de tous les artistes y compris moi-même. Cela veut dire que les générations actuelles et à venir doivent être formées davantage et formatées afin qu’elles puissent répondre au profil d’un artiste authentique », soutient Leïty Fall.

Abdou DIOP

Le talent artistique de Sarro, de son vrai nom Oumar Sarr, réside dans l’audace de son expression rythmique. Il s’affine au fil des ans, enchante des publics disparates et s’exprime avec le temps, complice de ses exploits que le monde célèbre davantage que son pays, le Sénégal. Il fait partie des 10 musiciens sélectionnés par le comité d’écoute de l’édition 2017 du prix Découvertes Rfi ; une reconnaissance du parcours digne des meilleurs éloges de ce jeune artiste qui confirme ainsi les promesses de ces dernières années.

Comme une prémonition de ses futurs triomphes, le môme Oumar Sarr se plaisait à jouer au chef d’orchestre en récupérant des objets pour en faire des instruments de musique. L’adulte Sarro, lui, utilise une vraie guitare et une voix puissante et singulière pour naviguer entre l’enchantement et le renouvellement perpétuel des merveilles de son art. L’histoire avec la musique de ce natif de Pikine, dans la banlieue dakaroise, sort de la vieille rengaine des artistes : « un oncle féru de musique » ou « un papa mélomane » inoculant le virus au garçon. « C’est inné », tranche-t-il, visage apaisé et « encombré » de ses lunettes à verres correcteurs. Il n’a jamais aimé l’école sur le chemin duquel il aimait à fredonner les chants mourides pour vaincre l’ennui qui l’attendait dans les salles de classe. On ne lui avait jamais demandé ce qu’il voulait faire mais lui s’accrochait à son rêve de mélodies dont il gratifie le monde. Rien n’a été aisé. Il a fallu qu’il se départisse de son téléphone portable et de ses chaussures pour se payer sa première guitare. C’est le début de l’odyssée.

Après le décès de son père, le jeune homme, qui a grandi à Rufisque, s’inscrit, en 2009, dans un lycée bilingue de Dakar où il se familiarise avec la guitare, le clavier, le solfège…A la fin de cette formation, il devient professeur intervenant en musique dans ce même établissement. Il ne faisait, en effet, que suivre sa destinée heureuse. Sarro y croise d’autres instrumentistes avec qui il forme, en 2011, le groupe « Sarro et Get sa feeling » devenu « Sarro », aujourd’hui que sa voix illumine les scènes du monde.

En 2015, le bonhomme barbu au sourire charmant sort son premier album « Tomorrow » qui confirme les promesses entrevues lors de sa participation au festival de jazz de Saint-Louis et de quelques bonnes partitions au gré de ses « divagations ». Cette œuvre éclectique se libère de la tyrannie du Mbalax, très prisé dans la banlieue, pour composer des mélodies aux rythmes mettant en lumière les belles « fluctuations » de l’Afro-folk, de la soul music, du Jazz, du reggae… « Le Mbalax occupe une place prépondérante dans la production musicale au Sénégal mais ce n’est pas pour autant que les artistes, qui ont envie de proposer d’autres sonorités, doivent suivre cette tendance. C’est le paysage musical qui s’en enrichit car les autres rythmes participent à nous faire exister au plan international », confie-t-il lucide et convaincu de son étoile.

Musique de rencontres
Cette production porte l’empreinte de son humanité, de ses préoccupations quotidiennes, de sa hantise et prêche pour un idéal moral reconnaissant à l’Afrique et à ses fils leur souffrance tout en nourrissant des espoirs légitimes. Il y rend également hommage à son père. Ses rencontres avec d’autres univers de création sont tout aussi captivantes. Celles avec les chorégraphes nigérien et sénégalais, Abdallah Ousmane Yacouba (avec le duo « xol sa bopp ») et Fatou Cissé dans son spectacle « ce qui restera… », témoignent de son ouverture. Car, Sarro promeut une musique de rencontres. Le « Medley project », une résidence de création itinérante à vocation panafricaine qu’il a initiée, en est une parfaite illustration. Sarro est en mouvement car dans une quête perpétuelle de la mesure.

« Tomorrow », composé du titre éponyme, de « Maman », « Babylone » et « Domou Adama », lui ouvre des boulevards sur lesquels flânent les merveilles de la poésie de son style. Il touche des âmes et s’offre le monde. Son public s’élargit tout autant que sa palette riche de sa créativité qui a enchanté jusqu’au Tchad en passant par la Guinée, la Côte d’Ivoire…L’Espagne, l’Irlande et le Maroc aussi. Au royaume chérifien, plus précisément à Tanger, il a représenté le Sénégal, avec la chanteuse Maréma Fall, à la deuxième édition du World music and african art festival (Womaaf). Cette fois-ci, c’est le comité d’écoute du Prix Découvertes Rfi qui a été séduit par sa voix, sa musique à travers les morceaux « Maman » et « Tomorrow ». Il fait partie, en effet, des 10 finalistes de l’édition 2017. « Je n’étais même pas au courant de ma participation au concours. C’est mon manager qui a déposé mon dossier ». Qu’il a été bon prophète ! C’est la consécration d’une démarche artistique qui va au-delà des récompenses ponctuelles quoique motivantes. Sarro emprunte une allée que son rythme éclaire de sa lumière tamisée qui, sans doute, éblouira davantage de Sénégalais peu au courant de ses prouesses artistiques.

Par Alassane Aliou MBAYE

Le chanteur belge Stromae est au centre de toutes les attentions. En effet, le chanteur avait donné des nouvelles à propos de son état de santé, et elles n’étaient pas très bonnes : « J’ai été hospitalisé, donc là je suis encore un peu sous traitement, et c’est pour ça que je me réveille tard. J’ai fait une réaction au Lariam, un antipaludique, super super grave. J’ai fait une décompensation psychique. Je perds la boule complètement. C’est vraiment pas chouette… Ça tourne dans la tête, et on a de grosses crises d’angoisse. En dehors de ça, je suis assez facile à vivre ».

Style hybride, mélodies lyriques, talent forgé au contact des cultures du monde, le musicien sénégalais Hervé Samb est un artiste prolifique, un magicien du son. Le virtuose de la guitare et des couplets, initié au jazz par un maître, David Murray, s’est imposé, au fil des années, comme une des étoiles montantes du jazz contemporain. Parti à Paris, en France, depuis 19 ans, l’artiste est revenu s’abreuver aux sources avec son nouvel et troisième album « Teranga ». Une production aux accents jazzy et de musique traditionnelle sénégalaise qui se veut une contribution au rayonnement du quatrième art au Sénégal. Dans cet entretien, Hervé Samb revient sur les débuts de sa carrière, les péripéties de son voyage en France et son intégration sur la scène parisienne. Il parle aussi du Festival Jazz de Gorée mais également du projet de son nouvel album sorti sur le marché musical international.

Départ en France
« D’abord, il faut préciser qu’à l’époque, je voulais surtout aller aux Etats-Unis, dans une école de musique qui s’appelle Berklee. Il y a beaucoup de jeunes musiciens qui veulent aller dans cette école. Malheureusement, je n’avais pas les moyens pour intégrer ce collège. Toutefois, grâce au Festival Jazz de Saint-Louis, j’ai eu à rencontrer beaucoup de musiciens parisiens qui m’ont convaincu d’aller à Paris. Et aujourd’hui, je ne regrette pas d’avoir pris cette décision car j’y ai trouvé une ville cosmopolite où il y a des artistes d’horizons différents, de toutes les nationalités. Je pense que cela m’a finalement donné l’occasion de fréquenter des artistes du monde entier qui viennent, entre autres, de l’Inde, de tous les pays d’Afrique, des Etats-Unis, de l’Amérique Latine. Il s’agit donc d’une expérience qui m’a aidé à nourrir mon envie d’apprendre. A cette époque, j’étais jeune et j’avais tellement envie de voir autre chose et d’apprendre. Mon arrivée à Paris a été une opportunité aussi de collaborer avec des gens de diverses cultures, de voyager et s’ouvrir davantage. »

Scène parisienne
« Je dirai que la scène parisienne, c’est comme toutes les autres scènes. Il faut que les gens vous connaissent d’abord, sachent ce que vous faites et si vous êtes compétent. Mon intégration au niveau de la scène s’est fait normalement car j’étais dehors tous les soirs pour jouer et partager avec d’autres musiciens. Cela m’a permis de rencontrer beaucoup d’artistes et de m’intégrer finalement sur la scène artistique parisienne. »

Passion de la musique
« Je me souviens à l’époque de mon enfance, je devais avoir quatre ans, j’étais sur les épaules de mon père en train de regarder un concert et avoir flashé sur les guitaristes. Depuis ce jour et jusqu’à mes 9 ans, j’ai toujours rêvé d’avoir une guitare car c’est l’instrument qui m’a touché. Je me souviens, à 9 ans, mes parents m’ont acheté une petite guitare et c’était le début. »

« Hervé Samb quintet »
« Tout est allé très vite. Après l’acquisition de ma guitare, au bout de deux ans, j’étais déjà dans un groupe qui s’appelait « Force 5 ». On a fait le tour du Sénégal grâce à « Nelson new music.» En ce moment, j’avais un énorme soutien de mes parents et puis j’étais un jeune prodige. A l’époque, ce n’était pas courant de voir des enfants jouer de la guitare. Donc, j’ai attiré la curiosité des gens ; j’ai créé de l’intérêt en passant à la télévision. Maintenant, comme j’étais pressé, j’ai monté mon groupe sous l’appellation « Hervé Samb quintet ». D’ailleurs, c’est avec ce groupe que j’ai clôturé le Festival Jazz de Saint-Louis à l’âge 14 ans. Après certains sont partis et moi, je suis allé passer mon bac. J’ai un petit peu arrêté les projets sous mon nom pour aller étudier la musique. »

Expérience avec musiciens de renom
« Je dirai que chaque expérience a été complètement différente de l’autre. Donc, il m’est très difficile de parler du musicien qui m’a le plus marqué. Ce qui est sûr, c’est que j’ai joué avec David Murray, qui a une attache assez importante avec mon pays. Il est venu très souvent au Sénégal. J’ai fait avec lui, le tour du monde et j’ai beaucoup appris à ses côtés. Bref, il m’a permis de rencontrer beaucoup de musiciens à travers le monde et d’avoir des projets internationaux. »

Jazz Gorée festival
« Le Festival Jazz à Gorée a été une idée de mon frère Alioune Wade. J’ai aussi aidé à la mise en place de ce Festival. L’idée principale, c’était d’avoir un festival monté par des musiciens pour des musiciens. Nous voulions également qu’il y ait des projets qui naissent à travers les festivals car on s’est rendu compte qu’au Sénégal, on met beaucoup d’argent pour faire venir de grands noms. Sauf que ces grands noms viennent, jouent et s’en vont. Notre idée, c’était de voir comment faire en sorte que chaque tête d’affiche, qui vient dans le festival, fasse des échanges avec des musiciens locaux via par exemple des master-classes. Mais également qu’il soit mélangé avec une autre tête d’affiche du Sénégal pour créer des projets. C’est en fait la trame du Festival qu’on a voulu créer. »

Projet album « Téranga »
« Il s’agit vraiment d’un hasard. Au départ, j’étais parti plus sur un projet un peu plus Blues, Rock africain. Une fois en vacances à Dakar, j’étais en train de travailler sur les standards de Jazz - avec la vie qu’on mène en Europe, on n’a pas de personnel et du temps...- du coup, en étant baigné par le Mbalax et le Sabar, sans faire exprès, j’ai commencé à faire naturellement du mélange dans le jeu. Et c’est comme ça qu’est né le projet. »

Musique traditionnelle sénégalaise
« Si les musiciens sénégalais que nous sommes ne revisitent pas la musique traditionnelle, je me demande qui le fera à notre place ? Ce qui se passe souvent, c’est que ce sont les artistes occidentaux, américains qui viennent pour faire ce travail avant de l’archiver au niveau des universités de musique ou dans les musées européens. Ils viennent, travaillent avec des artistes africains et récupèrent nos cultures. Finalement, nos coutumes ne sont pas archivées chez nous. Il y a des rythmes et des instruments qui se perdent au fil des années. Les seules personnes habilitées à régler ce problème, ce sont les musiciens. C’est une responsabilité et un devoir pour les musiciens sénégalais de magnifier, de valoriser et de revisiter nos cultures qui sont censées évoluer. »

Regard sur la musique sénégalaise
« Il y a énormément de talents au Sénégal. Mais malgré tout, la musique qu’on entend le plus, c’est le Mbalax et c’est dommage parce qu’il y a beaucoup d’autres projets faits par d’autres musiciens qui ne font pas uniquement du Mbalax. Je pense qu’il faudrait que les acteurs, la presse, puissent s’intéresser un peu plus aux musiciens qui font d’autres styles de musique. C’est nous qui sommes censés éduquer le public. Et c’est la démarche que j’ai pris avec cet album. »

 

Propos recueillis par Ibrahima BA

Le musicien sénégalais vivant en France, Hervé Samb, vient de sortir une toute nouvelle production sur le marché musical international. « Teranga », titre de cet album riche de 11 morceaux, est un mélange musique traditionnelle et de jazz en hommage  posthume au virtuose Doudou Ndiaye Rose et à Diouga Dieng.

Parti en France depuis 19 ans, le musicien sénégalais Hervé Samb revient s’abreuver aux sources avec son nouvel album. Cette  production, troisième dans une carrière débutée très jeune en pompe, explore les origines de l’artiste mais avec un regard beaucoup plus profond. L’album « Teranga » est, pour Hervé, qui faisait face hier à la presse, une redécouverte de la musique de son enfance, après plusieurs périples à travers le monde et qui ne sont pas sans expérience. Ce besoin de revenir à la case départ se traduit surtout par la volonté du musicien d’apporter sa contribution au rayonnement de la musique sénégalaise. La réalisation d’un tel objectif marque, sans doute, le début d’une longue série d’albums et d’apprentissage de la musique traditionnelle.

Hervé Samb relève la pertinence d’inviter les jeunes à s’intéresser au folklore traditionnel. « Teranga » reflète chez lui cette envie de s’enraciner et de marquer ses empreintes. « Au fil des années, à force de travailler avec d’autres personnes de cultures différentes, je me suis rendu compte que je commençais à connaître beaucoup plus la musique des autres que celle du Sénégal », relève-t-il, ajoutant qu’il a voulu parler aux Sénégalais pour leur apporter sa contribution. Mélange de musique traditionnelle du Sénégal et du jazz, cette nouvelle production se singularise par ce métissage qui semble tout à fait harmonieux. Une démarche  parfaitement compréhensible du fait qu’Hervé Samb, nourri aux vents du monde, est un adepte du métissage culturel.

Composé de 11 titres, « Teranga » est un hommage posthume au virtuose Doudou Ndiaye Rose. « C’est mon héros. Il est important de lui rendre un homme digne de ce nom », laisse-t-il entendre. Le percussionniste sénégalais de légende n’est pas le seul artiste à qui Hervé Samb rend hommage. Le musicien célèbre également la mémoire de Diouga Dieng avec qui il a travaillé dans le cadre du projet de cet album. En effet, Diouga Dieng décédé, il y a seulement quelques mois, chante dans « Denianké », le 11ème et dernier titre de cette production. Des artistes comme Adiouza (Romance), Souleymane Faye (Saraba) ou encore  Faada Freddy et Ndongo D ont eu à participer à ce projet. C’est aussi le cas de grands instrumentistes comme les bassistes Alioune Wade et Pathé Jassy.

Dans le cadre de la  promotion de son opus, Hervé Samb sera en spectacle le 20 octobre prochain au Théâtre national Daniel Sorano. Une tournée est prévue également à l’intérieur du Sénégal, à Saint-Louis et à Richard-Toll.

Ibrahima BA

Les Etats-Unis, rejoints par Israël, ont annoncé hier leur retrait de l’Unesco, l’accusant d’être anti-israélienne, au moment même où l’institution, en perte de vitesse, s’apprête à élire son prochain directeur général.

L’actuelle directrice générale de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture, la Bulgare Irina Bokova, a dit « regretter profondément » la décision américaine, annoncée la première, à ses yeux préjudiciable au multilatéralisme.
Des regrets partagés par la France, qui héberge le siège de l’Unesco, par le secrétaire général de l’Onu Antonio Guterres qui souligne « le rôle majeur des Etats-Unis à l’Unesco depuis sa fondation » en 1946, et par Moscou qui a déploré « une triste nouvelle ».

Quelques heures après l’annonce américaine, Israël a, à son tour, annoncé son prochain retrait de l’institution, la qualifiant de « théâtre de l’absurde où l’on déforme l’histoire au lieu de la préserver ».
« Nous entrons dans une nouvelle ère aux Nations unies, celle où, quand on pratique la discrimination contre Israël, il faut en payer le prix », a déclaré dans un communiqué Danny Danon, ambassadeur d’Israël auprès de l’Onu.
Le feu couve pourtant depuis des années sur fond de positions controversées de l’Unesco sur Jérusalem et Hébron, défendues par les pays arabes.
En 2011, l’admission de la Palestine au sein de l’Unesco a accentué la crise et entraîné la suspension des contributions financières d’Israël et des Etats-Unis, égales à plus de 20% du budget de l’agence. En juillet, ces derniers avaient d’ailleurs prévenu qu’ils réexaminaient leurs liens avec l’Unesco, qualifiant d’« affront à l’histoire » la décision de l’organisation de déclarer la vieille ville de Hébron, en Cisjordanie occupée, « zone protégée » du patrimoine mondial. Une décision qualifiée alors de « délirante » par Israël.

Après son retrait, qui ne sera effectif que fin 2018 conformément aux statuts de l’Unesco, Washington souhaite y demeurer observateur.
« Cette décision n’a pas été prise à la légère et reflète les inquiétudes des Etats-Unis concernant l’accumulation des arriérés à l’Unesco, la nécessité d’une réforme en profondeur de l’organisation, et ses partis pris anti-israéliens persistants », a expliqué le Département d’Etat dans un communiqué.

(AFP)

La 17ème Semaine de la langue italienne dans le monde se déroulera du 16 au 22 Octobre. A l’occasion, trois films italiens sous-titrés en français seront projetés au CanalOlympia Téranga les 17, 19 et 21 octobre 2017. Le projet « Cinemarena », une expérience de cinéma itinérant dans les régions, servira également à la sensibilisation sur la migration irrégulière.

La 17ème semaine de la langue italienne dans le monde se tient du 16 au 22 octobre. Cette année, elle a pour sujet le cinéma. Pour marquer l’événement à Dakar, l’ambassade d’Italie à Dakar et le Bureau de Dakar de l’Agence italienne pour la coopération au développement ont lancé respectivement deux initiatives d’envergure à savoir « l’Italie au cinéma » et « Cinemarena », un projet de l’Agence italienne pour la coopération au développement. En ce qui concerne l’événement, « l’Italie au cinéma », trois récents films italiens seront projetés à la salle CanalOlympia Téranga Dakar avec un sous-titrage en français. Les projections  de ces films, « la mafia uccide solo d’estate » (la mafia tue seulement en été), « Perfetti sconosciuti » (Parfaits inconnus) de Paolo Genovese et « Scialla ! stai sereno » (Relax ! Ne t’inquiète pas) de Francesco Bruni sont prévues respectivement les 17, 19 et 21 octobre 2017 en entrée libre au CanalOlympia Téranga.

L’Agence italienne de coopération ne sera pas en reste pour cette Semaine de la langue italienne. Elle présentera le projet « Cinemarena », une expérience de cinéma itinérant pour sensibiliser sur la migration irrégulière.

Selon l’ambassadeur d’Italie au Sénégal, Francesco Paolo Venier, l’Italie célèbre chaque année, cette semaine pour promouvoir la langue italienne dans le monde. A l’en croire, avec le choix du thème de cette année, « l’Italien dans le cinéma », ils ont pensé présenter de la production cinématographique italienne au Sénégal à travers trois récents films.

« Ces trois films sous-titrés en français et qui seront projetés au CanalOlympia Téranga sont un aperçu de la société italienne. Ils traitent plus ou moins de la thématique des jeunes. C’est aussi une façon d’avoir une vision assez réaliste de ce qui est l’Italie aujourd’hui. Ce qui peut servir aux jeunes sénégalais », argue-t-il. S’exprimant sur le deuxième projet, à savoir « Cinemarena », la représentante de l’Agence de la coopération italienne, Alessandra Testoni, par ailleurs coordonnatrice régionale Urgence et migrations indique que « Cinemarena » est un cinéma itinérant dans les villes et villages de plusieurs pays qui existe depuis plusieurs années.

« L’initiative vise à sensibiliser et à véhiculer des messages positifs dans le monde. Au Sénégal, la campagne de sensibilisation se focalise sur la thématique de la migration, les risques et les dangers liés à la migration irrégulière », informe-t-elle.

Cinéma itinérant
Le représentant de « Cinemarena », Andréa Borgarello, précise que ce projet va parcourir plusieurs localités du Sénégal, du 9 octobre au 21 novembre, au bénéfice des jeunes.
« Ce projet se fera avec des films sérieux et ironiques. L’idée est de faire 30 projections sur un grand écran en 45 jours avec des extraits de films et de documentaires qui parlent d’expériences de migrants et les risques liés à ces types de parcours dans des villages reculés du Sénégal », fait savoir Andréa Borgarello.

A l’en croire, une équipe de théâtre, «Kaddu Yaraax», les accompagne dans ce projet et fait à chaque fois l’introduction du projet avec une pièce qui parle de la migration. « Après, nous passons à la projection avant de finir la soirée par des débats d’échange sur les risques de la migration irrégulière et des expériences positives de personnes qui ont décidé de rester et d’investir localement », dit-il.

Le directeur de la Cinématographie, Hugues Diaz, s’est dit très heureux que l’ambassade de l’Italie les associe dans la célébration de la 17ème Semaine de la langue italienne et le projet « Cinemarena ». « Ce sont des initiatives salutaires qui renforcent la coopération culturelle entre nos deux pays. Pour le projet « Cinemarena », nous sommes prêts à nous engager à côté du bureau de l’Agence italienne de coopération pour apporter notre modeste contribution à cette lancinante question de l’émigration clandestine », souligne M. Diaz.

Aussi, salue-t-il cet élan de générosité de l’Italie dans le projet, en mettant à contribution des Sénégalais avec la programmation dans les projections de « La pirogue » de Moussa Touré et « Une place dans l’avion » de Khadiatou Sow.

Maguette Guèye Diedhiou

 

Sonatel, dans un projet de vulgarisation de l’internet, a entamé le déploiement de la fibre optique. L’opérateur historique, qui s’est toujours investi dans la modernisation de ses réseaux fixe et mobile, met ainsi à la disposition de ses clients une connexion ultra-rapide digne des technologies les plus innovantes.

La fibre optique est un support de transmission à très haut débit. On y fait circuler un signal lumineux qui transporte les informations. Cela atteint des vitesses élevées sur de grandes distances, et sans affaiblissement ou perturbation du signal. Les débits sont constants et ne sont altérés par la distance entre le lieu de connexion et le centre technique. On passe d’une transmission par signal électrique à un signal lumineux ; une véritable évolution par rapport aux technologies existantes jusqu’à présent sur le fixe, comme l’Adsl, et même sur le mobile, comme la 4G. C’est cet outil performant que Sonatel met à la disposition des Sénégalais. Elle contribue ainsi à faire du Sénégal un hub technologique. Le déploiement de la fibre optique que l’opérateur historique a entamé marque une étape importante dans son projet de vulgarisation de l’internet.

En effet, la fibre est une réponse au souhait de ceux qui veulent plus de rapidité, plus de confort et qui souhaitent utiliser des applications et des contenus demandant une grande capacité internet. La fibre permettra de bénéficier de débits jusqu’à 10 fois supérieurs à ceux de l’Adsl. Elle est également une aubaine pour les entreprises car apportant une réponse à leurs besoins croissants : sauvegarde de leurs données, partages des documents volumineux, utilisation d’applications en temps réel, visio-conférence, accès à leur cloud, télésurveillance…Elles bénéficient ainsi d’une expérience instantanée et haute définition qui leur permet de capitaliser sur chaque interaction : productivité améliorée, compétitive accrue, performance renouvelée. Le déploiement de la fibre se fait progressivement. Les zones de Keur Gorgui et une partie de Plateau seront disponibles d’ici fin octobre.

Par ailleurs, la fibre optique constitue, selon les responsables de Sonatel, une nouvelle opportunité pour le développement de l’économie numérique au Sénégal. Après l’ambitieux programme de déploiement de la 4G en cours dans toutes les capitales régionales, le groupe Sonatel réaffirme, à travers cet accès au très haut débit filaire, sa volonté d’être le partenaire de l’Etat du Sénégal pour l’émergence numérique du pays à travers le Plan Sénégal émergent (Pse). Son objectif, souligne-t-il, est de rester un acteur majeur de la transformation digitale de l’Etat et de toutes ses parties prenantes en participant à l’accès aux services numériques de toute la population. Le groupe s’est engagé à contribuer fortement à l’atteinte des objectifs du projet « Sénégal numérique 2025 » en ce qu’il revêt un enjeu majeur pour le développement de l’économie numérique du Sénégal, notamment par sa capacité à améliorer de façon significative l’accès aux services numériques de toute la population et à confirmer le positionnement du Sénégal comme un hub dans la sous-région.

Alassane Aliou MBAYE

 

Acteur et réalisateur, le Béninois Sylvestre Amoussou rencontré fortuitement au Maroc, parle avec passion de son film « L’orage africain - un continent sous influence ». Lauréat du Prix « L’Etalon d’argent » et du prix de l’Assemblée nationale au Fespaco 2017, son œuvre est à l’image des précédents films du cinéaste, un « brûlot » sur l’actualité africaine.   

Pourquoi un film comme « L’orage africain » ?
« L’Orage africain », c’est le film dont rêvent tous les Africains ! C’est-à-dire un président qui en a marre de voir son pays pillé par l’Occident et qui décide de nationaliser tous les moyens de production et les matières premières. Il décide ensuite de transformer toutes ces matières premières pour pouvoir créer une plus-value et donner des emplois à la jeunesse africaine. Mais bien évidemment, les multinationales qui sont sur son territoire n’acceptent pas que ce président, récalcitrant, nationalise tout. Ainsi, elles décident de déstabiliser le pays. Et je montre ce processus de déstabilisation de notre continent ; comment cela se fait ; comment se fait la manipulation au niveau des médias, de l’injustice et de nous-mêmes. C’est-à-dire des cadres africains qui sont formatés en Occident et qui travaillent pour l’Occident plutôt que pour leurs peuples. Voilà le film «l’Orage africain» qui a obtenu le Prix « L’Etalon d’argent » et le prix de l’Assemblée nationale, cette année au Fespaco.

En tant que réalisateur, pensez-vous pouvoir faire changer les choses, faire bouger les lignes en Afrique, par le cinéma ?
Moi, je pense qu’aujourd’hui, la jeunesse que nous avons, si les politiques n’y prennent garde, c’est elle qui va prendre le pouvoir. Parce que pour faire ce film, j’ai beaucoup écouté la jeunesse un peu partout en Afrique et dans la diaspora. Maintenant, on ne peut plus raconter des sornettes à la jeunesse africaine. Et de l’autre côté, la jeunesse africaine est aussi informée, diplômée ; qu’on ne peut plus la manipuler. Je pense que les lignes bougent déjà, parce qu’aujourd’hui, on peut dire ce que l’on veut. On parle du franc Cfa, les intellectuels, soi-disant économistes pensent que c’est leur pré carré : c’est leur domaine. Alors que quelqu’un comme Kémi Séba a mis le problème du franc Cfa sur la place publique et aujourd’hui, c’est devenu un problème politique.

Après ce film, quel sera votre prochain thème ?
Vous savez, je me bats tellement pour faire un film, je mets des années pour en réaliser un et je ne suis pas financé par le système habituel. D’ailleurs, c’est pourquoi j’ai la liberté de faire ce genre de film. Et je voudrais que les Africains prennent ceci en compte : c’est à eux de financer le cinéma africain. On ne doit pas attendre que l’Occident finance le cinéma africain ; parce que celui qui paie commande le menu. La main qui donne est toujours au-dessus de celle qui reçoit. Les Africains n’en ont qu’à prendre conscience.

Propos recueillis par Omar DIOUF

 

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