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Arts et Culture (2442)

L’exposition  « Off » intitulée « Ouverture » du Village des arts de Dakar réunit, depuis le 6 mai dernier, une quarantaine d’artistes pensionnaires et étrangers. Leurs œuvres diverses et multiples sont visibles jusqu’au 5 juin, dans la cadre de la biennale Dak’Art 2016.

Le Village des arts a bien changé de décor. La 12ème biennale Dak’Art oblige. De l’entrée à la galerie en passant par certaines allées, des œuvres d’art multiples et multiformes d’artistes campent le décor et font du village, depuis le 6 mai, un espace très agréable à découvrir dans le cadre de la programmation « Off » de la biennale. Ces belles œuvres artistiques allant de la peinture à la sculpture en passant par la photographie et les installations sont le fruit du travail d’une quarantaine d’artistes aussi bien pensionnaires qu’étrangers qui vont rivaliser de talent et de savoir-faire à travers leurs œuvres et ce, jusqu’au 5 juin. Parmi les auteurs de ces diverses œuvres, figure l’artiste peintre Louis Bassène qui, à travers son œuvre intitulée « Confession », nous replonge dans l’univers mystique et sacré de la culture diola. Son tableau, peint à l’acrylique et à la peinture à huile, l’artiste relate de manière abstraite les confessions individuelles, du village ou de tous les clans s’agissant du culte royal comme cela se passe dans son terroir d’origine, Enampore.

Il y a aussi l’artiste plasticienne Kiné Aw qui, dans ses œuvres, cherche à faire la balance entre les valeurs traditionnelles et le modernisme. Travaillant le plus souvent sur les femmes africaines et sénégalaises, Mme Aw a proposé pour cette expo, son œuvre intitulée « After-work » où elle peint une femme moderne avec un style assez différent qui lui est propre. « Je m’assimile beaucoup au courant cubiste. Donc à partir de traits, d’une ligne, une déstructuration de forme, je construis une image », indique-t-elle. Kiné Aw a tenu aussi a apporté de la lumière sur l’œuvre par la technique du tachisme, du pointisme.

Outre ces œuvres de toiles peintes, l’exposition au Village des arts de Dakar est aussi marquée par la sculpture. Le précurseur de la sculpture sur métal au Sénégal, Guibril André Diop, a fait l’honneur de présenter une œuvre gigantesque sous forme d’arbre, intitulée « Mythe paradoxal du fer ». Cette exposition du Village des arts a également donné place à la photographie avec Betty Weber qui immortalise en noir et blanc, sur son tableau, une personne au visage caché et couché le long d’une plage qu’elle intitule « No comment ». Le photographe Ousmane Ndiaye Dago revient aussi avec ses fameux tableaux conçus avec des photos de femmes  dénommées  « Femme terre ».

Plateforme de rencontres 
A ces œuvres artistiques s’ajoutent également les installations aussi diverses d’artistes. A l’entrée du Village des arts, sont dressées des œuvres intitulées « Parcours » d’El Sy, en hommage aux artistes disparus. Il y a aussi l’installation « Mbeuk mi » de Momar Seck, réalisée sous forme de valises avec de la récupération de pots de conserve de tomate. Sans compter celle de Daouda Ndiaye sur l’archéologie socio-politique faite à base de papiers recyclés, du céramiste Alpha Sow. Pour couronner le tout, les artistes israéliens Roy Maayan et Goni Harlap, en collaboration avec  Liat  Segal et Daouda Ndiaye, ont aussi produit une performante  installation intitulée « Containers récipients ». Placée au milieu de la galerie du Village des arts, cette œuvre artistique a été réalisée sur des bouteilles en plastique où sont remplis des matériaux, des aliments ou encore des objets précieux pour ces artistes qui n’ont fait que retracer les moments forts qui les ont marqués lors de leur séjour à Dakar.

Le commissaire de l’exposition, Idrissa Diallo, par ailleurs responsable de la galerie du Village des arts, indique qu’ils ont intitulé leur exposition « Ouverture », car « Dans le domaine de l’art, nous  pensons que nous ne devons plus rester cloitrés sur nous-mêmes et qu’il faudrait s’ouvrir aux autres pour davantage s’enrichir ».

Maguette Guèye DIEDHIOU

Le prix « Rfi Challenge App Afrique » a été remis, hier, au Malien Cheikh Oumar Bagayoko, pour la présentation de son brillant projet sur l’application « Bogou ». Lancé en décembre 2015 par Claire Hédon, présentatrice de l’émission « Priorité Santé » sur Rfi, le concours vise à développer des services numériques qui facilitent l’accès  aux soins des populations en Afrique.

La première édition du prix « Rfi Challenge App Afrique » a récompensé le Malien Cheikh Oumar Bagayoko pour  son application « Bogou ». Outil de télé-expertise disponible via un ordinateur connecté à Internet, « Bogou » permet aux médecins exerçant dans des zones reculées de demander, à distance, un  avis à des spécialistes. Le cas décrivant le problème de santé est posté sur la plateforme qui est organisée sous forme de cercles sécurisés. Avec ce brillant projet, le lauréat remporte ainsi  une bourse de 15.000 euros grâce au soutien des partenaires du « Rfi Challenge App Afrique », en particulier Microsoft, Facebook, Orange et Mozilla.

Cette somme est destinée au développement de son service numérique, et notamment en mobilité, à travers l’Afrique francophone. La cérémonie de remise de ce prix s’est déroulée à l’Institut français de Dakar, en présence de la journaliste et présentatrice de l’émission « Priorité Santé », Claire  Hédon, de la présidente directrice générale de France Médias Monde, Marie Christine  Saragosse, et de Christophe Champin, chargé des Enregistrements numériques.

D’après l’initiatrice du concours, l’idée leur est venue de lancer « Challenge App Afrique », car ils se sont aperçus que dans l’émission « Priorité Santé », il y avait besoin de supports écrits. A l’en croire, certes les auditeurs écoutent ce qui se dit, mais comme la mémoire est un peu fugace, il fallait penser quelque chose d’écrit. A en croire, Claire Hédon, le concours a connu un franc succès avec au total 650 participants dont 21 nationalités différentes du continent africain avec tous des projets intéressants construits pour faciliter l’accès aux soins.

Même pour les trois finalistes à savoir Cheikh Oumar Bagayoko (Mali) pour son outil de télé-expertise « Bogou », Alain Nteff (Cameroun) pour le projet « Giftedmom » et Eliphal Balloula Touadi (Congo-Brazzaville) pour le projet « Fongwama », « il était difficile pour le jury de trancher et de choisir le lauréat au vu de l’intérêt et de l’importance que portait chacun de leur projet », souligne la journaliste. Et d’informer de la remise de mention spéciale au Sénégalais Mamadou Sall pour son projet « Karangué » qui est une application de  rappel automatique des parents par rapport au calendrier de vaccination des enfants. Auparavant, le lauréat et les finalistes étaient les invités de Claire Hédon, dans l’émission spéciale de « Priorité santé » sur  le thème « Le Sénégal est-il une référence dans la formation des médecins en Afrique francophone ? », enregistrée également hier, en public à l’Institut français de Dakar et qui sera diffuséee sur Rfi, aujourd’hui (Ndlr) à 9h10 (heure de Dakar).

Maguette Guèye DIEDHIOU

A Lire aussi : Marie-Christine Saragosse, Pdg de France Médias Monde : « L’Afrique est au cœur de nos programmes »

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Marie-Christine Saragosse, Pdg de France Médias Monde : « L’Afrique est au cœur de nos programmes » - See more at: http://lesoleil.sn/component/k2/item/50070-marie-christine-saragosse-pdg-de-france-medias-monde-l-afrique-est-au-coeur-de-nos-programmes.html#sthash.DIcrS2Ht.dpuf
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En marge de la cérémonie de remise du prix « Rfi challenge App Afrique »,  la présidente  directrice générale de France Médias Monde, Marie Christine Saragosse, et le Directeur des Nouveaux Médias à Radio France Internationale, Christophe Champin, ont procédé au lancement des nouveaux sites « Rfi Afrique » et « Rfi Savoirs ».

Selon Christophe Champin, en construisant ce site « Rfi Afrique », l’idée est de faire revenir sur un site toutes les actualités produites sur Rfi en Afrique. « Avec un fil d’informations mis à jour en continu, "Rfi Afrique" informe, en temps réel, les internautes des dernières actualités politiques, sociales, économiques et culturelles du continent, que ça soit des articles, des émissions, des chroniques », indique-t-il. Outre ce site, il y a aussi le site gratuit « Rfi Savoirs »  destiné au grand public comme aux professionnels de l’éducation, mettant à leur disposition des ressources et des outils pour comprendre le monde en français et pour apprendre le français, qui s’appuient sur la richesse des contenus de la radio du monde (sons, vidéos, articles…) et de ses partenaires.

Pour la présidente directrice générale, Marie Christine Saragosse, ils ont voulu se mettre sous le signe du numérique parce que qu’ils savent que la jeunesse africaine est dynamique et à de nouveaux usages sur la façon de s’informer, de regarder les images. « D’où la nécessité, pour nous, d’être rapides, assez professionnels et performants pour ne pas se couper du public », souligne-t-elle.

M. G. DIEDHIOU

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Le continent africain et la Chine veulent davantage se rapprocher au travers du génie créatif de leur peuple. C’est le but du Projet d’art interculturel entre l’Afrique et  la Chine « Puissance Verte pour l’avenir ». A cet effet, l’exposition « 54+1 » a été ouverte, lundi, au Grand Théâtre de Dakar, lançant le « Pavillon Chine » au 12ème Dak’Art.

L’Afrique et la Chine explorent un nouvel axe de coopération : la culture. Ce rapprochement se matérialise au travers du Projet d’art interculturel entre l’Afrique et  la Chine « Puissance Verte pour l’avenir ». Une des retombées est l’exposition « 54+1 », ouverte lundi, au Grand Théâtre de Dakar, dans la dynamique de la 12ème Biennale de Dakar. Ce projet est soutenu par l’Académie des arts de l’Université de Shanghai, le Centre d’art public d’innovation et coordination de Shanghai et l’Association créative designer de la même ville.

Lors du vernissage de l’exposition, le secrétaire général du ministère de la Culture et de la Communication, Birane Niang, a souligné : « Les échanges culturels bien qu’existants, n’avaient pas connu le niveau souhaité ». D’où l’option du Sénégal de « mettre tout en œuvre pour renforcer cette coopération bilatérale sur le plan culturel.

« Le projet « 54+1 » renvoie aux 54 Etats africains + la Chine, et se considère comme une nouvelle forme de coopération entre la Chine et l’Afrique. Cette coopération passe par le dialogue des cultures, un pont bâti sur l’interculturalité entre la Chine et l’Afrique », a relevé le représentant du ministre Mbagnick Ndiaye. Pour l’ambassadeur de la Chine au Sénégal, Zhang Xun, « l'art est le moyen le plus efficace pour surmonter les barrières de la langue et approfondir les connaissances mutuelles entre les différents pays du monde ».

Le diplomate espère que « l'ouverture du pavillon chinois servira d'opportunité pour rapprocher et faciliter les échanges entre artistes chinois et africains ». Sur la même ligne, M. Niang a magnifié le travail de l’artiste sénégalais Mansour Ciss Kanakassy, un des initiateurs du projet. « Je voudrais le remercier pour le travail de « diplomatie culturelle » qu’il fait pour porter plus haut l’étendard de son pays », a salué le secrétaire général du ministère de la Culture.

Il a partagé le même point de vue du commissaire d’exposition, le curateur Massamba Mbaye, sur « l’importance que les peuples puissent se rencontrer dans des formes diverses dont l’art, comme une voie alternative de coopération entre l’Afrique et le monde ». Ce dialogue des cultures est perceptible dans le hall du Grand Théâtre de Dakar.

Sur place, la diversité des œuvres et des langages artistiques témoigne de la pertinence du projet. Que ce soit dans les créations de Fodé Camara, « Emoi du migrant », Zulu Mbaye (peinture), Jean-Marie Bruce (installation en tôle de zinc) ou le travail de Lin Chu (paysage impressionniste), Wang Li (aplats de couleurs, nuances de gris sur du bleu). Pour sa part, Ao Guoxing chante la joie dans sa photographie « Ode to joy » en immortalisant la structure d’un parc de jeu.

E. M. FAYE

Dans le sillage de la douzième édition de la Biennale de l’art africain contemporain de Dakar, la Cour suprême abrite une importante exposition consacrée à des œuvres majeures du patrimoine artistique de l'Etat. Cette exposition regroupe des œuvres dont les créateurs ont été les précurseurs de l’art sénégalais contemporain.

Les « Ateliers du Sahel », sous la direction de Kalidou Kassé, ont le mérite d’avoir restauré des œuvres portant la signature de grands artistes sénégalais. 23 au total, la majeure partie de ces œuvres, qui ont fait l’objet d’un vernissage, hier, dans les locaux de la Cour suprême, sont issues du premier Festival mondial des arts nègres. Leurs auteurs s’appellent, entre autres, Maodo Niang, Mamadou Wane, Moussa Tine, Mamadou Wade, Amadou Sow, Ousseynou Ly… Certains d’entre eux ne sont plus de ce monde mais ils ont réussi à léguer à la jeune génération et à la postérité un héritage digne de ce nom.

Dans ce travail, l’on apprécie, par exemple, l’ingéniosité de l’artiste Ibou Diouf ou les toiles de Khalifa Guèye décrivant le monde joyaux des enfants. Cette exposition sur le patrimoine artistique de l’Etat invite à explorer également le magnifique travail esthétique réalisé par  l’artiste peintre Maodo Niang, sur la femme africaine. Son œuvre datant de 1975 représente des scènes de coiffure dans lesquelles on peut déchiffrer toute l’élégance et le charme de la femme. Ici, une mise en relief du sein de la femme permet d’attirer l’attention sur cet organe nutritif. L’œuvre permet également de tâter le pouls des salons de coiffure poussant comme des champignons dans les quartiers dans les années 70. Le secrétaire général du ministère de la Culture et de la Communication, Birane Niang, s’est félicité de cette initiative visant à restaurer « ces œuvres exceptionnelles du patrimoine artistique privé de l’Etat ». Selon lui, il s’agit d’une action qui fait partie « des missions dévolues à la Direction du patrimoine culturel qui doit, régulièrement, s’assurer de l’état de conservation de ces œuvres affectées aux services de l’Etat et de procéder, au besoin, à leur restauration ».

Dialogue entre l’art et le droit
De son côté, Mamadou Badio Camara, Premier président de la Cour suprême, a indiqué que cette exposition est une occasion pour cette institution de s’ouvrir au public et de partager son cadre de travail… Ancien Musée dynamique, la Cour suprême constitue actuellement, d’après M. Camara, « un espace de dialogue entre l’art et le droit ou plus exactement la justice et l’expression artistique ».  L’endroit, a-t-il ajouté, a accueilli le premier Festival mondial des arts nègres.   « 53 masques et statuettes dont 14 en or, prêtés par l’Ifan, ont été exposés au Musée Dynamique, les locaux actuels de la Cour suprême. Le Musée a accueilli la première exposition d’art contemporain, « Tendances et Confrontations », de nombreuses activités jusqu’en 1976 », a rappelé Mamadou Badio Camara.

L’exposition sur le patrimoine artistique de l’Etat regroupe des œuvres datant entre 40 et 50 ans. Certaines parmi elles, a expliqué Kalidou Kassé, ont subi le temps et avaient besoin d’être restaurées. Il s’agit ainsi, a-t-il poursuivi, de remettre à la surface des valeurs que le Sénégal a acquis depuis très longtemps. « 50 après l’indépendance, le président Senghor avait déjà des acquis sûrs sur le plan culturel. Il fallait donc, à travers cette exposition, montrer à la face du monde que si aujourd’hui on parle d’art contemporain, il y a eu des précurseurs qui ont pris de l’avance pour créer ces œuvres », a-t-il fait remarquer.

Ibrahima BA

Dans le cadre de son 10ème anniversaire, la chorale Saint Pierre Julien Eymard (Spje) de la Paroisse Saint Joseph de la Médina a donné un grand concert au Théâtre national Daniel Sorano autour du thème « Tout pour la gloire de Dieu ».

Samedi 21 mai dernier, des fidèles venus un peu partout de Dakar ont communié, pour raffermir leur foi, parfois chancelante. « Nous évangélisons en chantant », reconnaît Abel Sanou, président de la chorale Saint Pierre Julien Eymard. L’orchestre, qui avait le devoir d’égayer le public, n’a pas failli à sa tâche. Nous avons assisté aux chants classiques tels que « Vivre d’amour », « La reine de la nuit », « S’na mi Bog », « The Battle of Jericho », « Zadok the priest », « Dem Kaba », « Chœur d’hommes ».

En intermède, une comédie musicale a imité le Roi  David. Cette prestation, selon le président Abel Sanou, permet d’exhorter les fidèles à lire la Bible. Pour mettre les petits plats dans les grands, les organisateurs avaient « convié » l’ombre du maître, feu Julien Jouga,  à travers la chorale qui porte son nom. En deuxième partie, la chorale a chanté les Louanges du Seigneur.

10 ans de Grâce
Avec le rendez-vous du donner et du recevoir, la chorale Saint Pierre interprète « Hosanna », qui est un chant sud-africain du Gospel Choir de Soweto. L’opus « Victoire » résume le spectacle de l’orchestre qui chante le Christ, sa résurrection, sa victoire sur la croix, etc.  S’en suivront « Mesto Do Kuinye », « My God is Good », « Igwé », « N’zame on nvê », « Gnamien Ela Wasse », « Louez Yavhé ». Avant que la chorale Saint Martin de Pores (Paroisse universitaire Saint Dominique) ne joue sa partition !

En troisième partie, il fallait mimer avec « Pot-pourri Sénégalais », « Golgotha », « Ziboté », « Pot-pourri Congolais », « Louanges ». Des prestations qui donnent des idées au président Abel Sanou : « Nous voulons aider les fidèles à prier davantage. Saint Pierre Julien s’est beaucoup donné au Saint Sacrement. Raison pour laquelle notre chorale porte son nom ». La chorale Saint Pierre Julien Eymard de la Médina ne fait pas seulement dans l’Evangile. Elle répond à des prestations pour mariage, baptême et funérailles. Et une partie des retombées, souligne-t-il, sera donnée en œuvres sociales.

Serigne Mansour Sy CISSE 

Paris est le point de départ d’une tournée européenne inédite de Baaba Maal avec un groupe anglais de folk rock, Mumford & Sons. Au Zénith de Paris, l’expérience est fortement appréciée par les cinq mille personnes qui ont fait le déplacement, dimanche dernier. Une grosse artillerie musicale est au service de Baaba Maal et de ses nouveaux alliés, Mumford & Sons, lauréat du Grammy Award du meilleur album de l’année 2012.

Le « Yéla », c’est son affaire. C’est connu. Dans ce genre musical atypique, Baaba Maal fait figure de référence, c’est le « Roi ». L’immensité du talent de la star sénégalaise ne fait également aucun doute puisqu’à travers ses différents albums, il a démontré son aisance dans nombre de genres musicaux. Du reggae au dance hall en passant par l’acoustique, la techno, le mbalakh, entre autres. Au Zénith dimanche dernier, Baaba Maal a montré une autre facette de sa plénitude artistique dans un concert inédit de folk rock. Baaba Maal qui, naturellement, est une véritable bête de scène était parfaitement à l’aise dans sa nouvelle posture de chanteur rock. Sous le regard éblouissant d’un public français adepte de découvertes culturelles, l’artiste sénégalais a démontré, une fois de plus, toute la beauté et la grande richesse de la langue pulaar et du wolof.

Pour l’occasion, Baaba Maal s’est fait accompagné du groupe anglais Mumford & Sons. Un des meilleurs du moment avec un quadruple disque de platines au Royaume Uni pour leur premier album sortie en 2009 et intitulé « Sigh No More ». Le chanteur Abou Dioubah Deh invité par Baaba Maal pour assister à ce concert exceptionnel n’a pas manqué d’exprimer son étonnement par la polyvalence artistique de son compère.

Formé à Londres en 2007, chacun des quatre albums de Mumford & Sons est un succès planétaire avec plusieurs millions d’exemplaires vendus, des disques d’or et de platine ainsi qu’un « Grammy Award ». Mumford & Sons est la rencontre de quatre jeunes musiciens férus de sonorités traditionnelles qui s’exprimaient auparavant chacun dans un autre groupe. Marcus Mumford, Marshall Winston, Ben Lovett et Ted Dwane sont des virtuoses déchainés, tous polyvalents.
Des ateliers musicaux à Londres et à Podor chez Baaba Maal ont donné naissance à plusieurs chansons dont quelques-unes figurent dans le dernier album « Wilder Mind » sortie en 2015. Un bel opus dans lequel on distingue bien évidemment sa voix envoûtante survolant les mélodies d’un ensemble instrumental occidental bouillant et féérique. Cerise sur le gâteau, le djembé de Mamadou Sarr s’incruste facilement dans le tempo folk rock pour apporter une autre couleur africaine au rythme endiablé.

Après l’étape parisienne, l’aventure folk rock de Baaba Maal continue avec le groupe Mumford & Sons pour une tournée euro-américaine qui durera tout le mois de juin 2016. Le « Roi du Yéla » enchaînera ensuite avec sa nouvelle formation musicale pour la promotion de son nouvel album « The Traveller » dans les plus grands festivals d’Europe, d’Amérique et d’Asie.

Ousmane Noël MBAYE,
correspondant à Paris

Le directeur général de la Radiodiffusion télévision sénégalaise (Rts), Racine Talla, a reçu, hier, la présidente directrice générale de France Médias Monde, Marie-Christine Saragosse, en visite au Sénégal dans le cadre du lancement de nouveaux produits et de la remise du prix Rfi challenge App Afrique. Les deux responsables ont manifesté leur volonté de nouer une étroite collaboration entre les deux entités.

La Radiodiffusion télévision sénégalaise (Rts) qui est, selon son directeur général, Racine Talla, dans une dynamique de modernisation de la radio et de diversification de son offre, compte tirer parti de toute collaboration présente et future lui permettant de satisfaire davantage la demande publique. France Médias Monde offre, sous ce rapport, des possibilités pour optimiser l’usage des technologies parce qu’ayant déjà une expérience intéressante dans le domaine du numérique et jouissant d’une bonne audience.

Le groupe France Médias Monde est constitué de Radio France internationale (Rfi), de la station Monte Carlo Doualiya et de la chaîne France 24. Cette dernière, à en croire Marie-Christine Saragosse, est regardée chaque semaine par 51 millions de personnes. La Rfi et la station arabophone comptent respectivement 40 et 7,3 millions d’auditeurs dans une période de sept jours. L’ensemble des sites de France Médias Monde reçoit 30 millions de visites par mois soit cinq millions de moins que les abonnés des réseaux sociaux reliés à ses supports médiatiques.

Ce sont tous ces acquis que le groupe compte fructifier et partager dans un partenariat formalisé.

« C’est important pour les médias publics de s’engager dans une démarche de qualité sur Internet où il y a le meilleur et le pire. C’est à nous d’en faire bon usage », dit-elle. Les responsables de la Rts qui s’occupent du réseau de diffusion de Rfi en Fm au Sénégal depuis 1991 n’excluent pas de proposer leurs productions à France 24.

L’ex-patronne de TV5 a annoncé le lancement des sites « Rfi Savoirs » et  « Rfi Afrique ». Le premier se veut un « phare de savoirs » aidant à la compréhension du monde par le Français.

C’est moins un site propriétaire que de partenariat. L’intérêt que le groupe France Médias Monde manifeste à l’Afrique a présidé à la création du second nonobstant « l’attachement des journalistes de Rfi » à ce continent. Un fil d’informations en continu y agrège tout ce qui a trait à l’actualité africaine. La remise du prix Rfi challenge App Afrique est l’autre motif de la visite de Marie-Christine Saragosse au Sénégal. Cette compétition organisée par France Médias Monde, à travers l’émission « Priorité Santé » de Rfi présentée par Claire Hédon, a pour objectif de mettre en évidence des solutions mobiles, des services numériques en général permettant de développer l’accès à l’information et aux services de santé. Le choix de Dakar s’explique par la bonne réputation du Sénégal en matière de formation en santé. Par ailleurs, l’introduction des langues africaines dans les supports de France Médias Monde témoigne, selon elle,  d’une volonté « d’entretenir la dynamique francophone ». Des rencontres sont également prévues avec cinq radios partenaires sénégalaises.

Alassane Aliou MBAYE

Dans la mouvance du Dak’Art « Off », l’exposition « Présences » met en scène les hommes et leur environnement à travers le regard abstrait et réaliste d’artistes d’ici et d’ailleurs.

L’exposition « Présences » qui s’inscrit dans le cadre du 12ème Dak’Art réunit 22 artistes. Elle a commencé avec une sélection d’artistes européens à Paris et, parallèlement à Dakar, un concours qui s’appelle « Présences » a été organisé pour donner une chance à tous. « Le concours a été organisé par l’Ong "We are. And you ?" pour permettre à des talents artistiques africains, quel que soit leur parcours et leur langage, de présenter une œuvre sur le thème "Présences" à un jury de professionnels », a expliqué Domitille Bertrand, commissaire de l’exposition. Les œuvres ont été sélectionnées et présentées dans les locaux de l’Afors (Association des entreprises pour la formation professionnelle au Sénégal), l’un des trois espaces de l’exposition « Présences ».

S’inspirant du thème de la Biennale de Dakar « La cité dans le jour bleu », le propos de l’exposition « Présences » interroge sur « ce qui fait l’existence d’un individu et sa capacité d’être, chemin incontournable à l’engagement vers une cité commune », a analysé D. Bertrand. Elle a ajouté : « Nous avons réfléchi à la notion d’existence, au rapport entre les individus et à leur capacité à interagir.

S’organiser en cité comme moyen de communiquer et d’échanger sans rompre les individualités. Mieux, les valoriser ». Sur ce point, « Présences » explore le besoin d’exister, la trace laissée par cette expression du désir d’interagir et d’appartenir au monde.

Dans son articulation, l’exposition met en scène les hommes et leur environnement à travers le regard abstrait et réaliste d’une vingtaine d’artistes internationaux. Sur le site d’Afors, une dizaine d’artistes, pour la plupart des Sénégalais, ont participé à l’expo « Présences ». Ils ont des techniques assez variées. Adjara Kane Lèye présente une toile qui s’appelle « Fusion » avec une composition et un format assez étonnant aux allures de pièce de musée avec très peu de teinte. « Elle arrive à créer un espace, des matières avec en arrière-plan l’illusion d’une foule », a remarqué le commissaire de l’exposition.

Présence par l’absence
De son côté, le jeune artiste, Djibril Diop, novice dans son parcours, a réfléchi sur la présence par l’absence en présentant un étal de cordonnier. « Il montre la vie après la journée avec ces étals laissés à l’abandon parce que ces chaussures n’ont pas forcément beaucoup de valeur, a commenté Domitille Dominique. Il suggère un espace et, en même temps, il témoigne d’une vie assez artisanale ».

Avec du collage, du carton, D. Diop met un peu poésie dans son travail. Dans une orientation plutôt surréaliste, Cheikh Saad Bouh Seck séduit avec un monde bien à lui, des techniques très précises et maîtrisées. « Il compose avec autant d’espace blanc, avec cette liberté de jouer avec son cadre et ses matières. Il est vraiment sur un terrain de jeu », a souligné Domitille Bertrand. Ajoutant : « Il nous transporte dans des univers à la fois fascinant et déroutant ». Sur un autre ton, Amary Sobel Diop a présenté un portrait du président américain Barack Obama, en récupérant des bouteilles de parfum qu’il coud avec du fil de cuivre sur un grand format.

Autant de curiosités artistiques qui confèrent à l’exposition « Présences » un cachet singulier.

E. M. FAYE

Festival pluridisciplinaire qui réunit chaque année des propositions du mouvement Hip Hop et de la culture urbaine mondiale, le Festa2h reprend ses quartiers pour sa onzième édition consécutive dans la ville de Dakar, du 26 au 29 Mai.

Selon un communiqué de l’association Africulturban, structure de développement du Hip Hop située à Pikine, à l’initiative de cet évènement, les actions du festival permettent de valoriser et comprendre le Hip Hop et les cultures urbaines, mouvement culturel qui s’articule autour de différents langages artistiques : la musique (rap, reggae, ragga, rnb…), le graffiti et le tag, la danse urbaine, le street wear, le spoken word, le slam...

Pour cette édition, sept pays seront représentés : le Sénégal, la France, la Mauritanie, les Etats-Unis, le Zimbabwe, la Gambie et le Maroc.

Cette année, le Festa2H accueillera le rappeur Youssoupha (France) et le groupe Onyx (Etats-Unis) qui donneront un concert le dimanche 29 mai à la Maison de la Culture Douta Seck.

Dans le cadre de la commémoration du quarantième anniversaire de la revue « Ethiopiques » créée en 1975, la Fondation Léopold Sédar Senghor a organisé une table ronde sur « L'enseignement de la littérature sénégalaise dans les programmes en cours au Sénégal ». Il ressort des échanges, la nécessité de promouvoir la production littéraire sénégalaise de qualité dans le système éducatif.

Le programme d’enseignement doit être en cohérence avec la forme de citoyenneté à construire et les réalités de l’espace de vie tout en se préservant d’un repliement sur soi. L’évolution du programme d’enseignement de la littérature au Sénégal témoigne de cette volonté d’affirmation au-delà de l’aspect pédagogique. Selon le professeur Emmanuel Magou Faye, au début des années 1970, le président Léopold Sédar Senghor a pensé à le rendre progressivement endogène pour donner plus de place à la littérature africaine et sénégalaise. Cette tendance s’est confirmée dans les années 1980 avec les experts de Tananarive influencés par le poète-président. Ce dernier, tout en s’intéressant aux valeurs sénégalaises et africaines, n’en ignorait pas moins les autres.

Les consultations inclusives initiées en 1998, malgré quelques divergences, débouchent sur un programme qui rompt avec celui par le contenu et promeut l’enseignement du français par les compétences. L’idée était « d’installer des compétences qui préparent les apprenants à leurs vies professionnelles, citoyennes », indique l’enseignant-formateur à la Fastef. Il s’est également appesanti sur le déséquilibre entre les auteurs français et ceux-là africains et sénégalais en particulier figurant dans le programme. La présence peu importante des femmes écrivains est aussi notable. » Dans le cycle secondaire, informe-t-il, sur 92 auteurs, il n’y en a que 2 ».

Le lancement du Projet d’appui au renouveau des curricula (Parc) par le ministère de l’Education nationale procède d’une volonté de réécriture du programme général d’enseignement. Espère-t-il juste une place plus  importante des productions sénégalaises et africaines pour que l’approche linguistique soit moins éloignée des réalités des apprenants.

Riche littérature écrite
Cette démarche invite toutefois de la part des écrivains sénégalais et des éditeurs à une meilleure prise en compte de la qualité éditoriale et du contenu. Elle implique également un effort d’ouverture « car, fait-il remarquer, l’activité d’écriture va avec celle de lecture ». L’essentiel pour l’école sénégalaise est de disposer d’œuvres de qualité. Sous ce rapport, le professeur Amadou Ly insiste sur la nécessité de passer par des systèmes d’écrémage pour que les meilleures productions soient insérées dans le programme parce que les thématiques abordées et la qualité des œuvres ne sont pas toujours intéressantes. Il faut, selon lui, trouver un compromis entre l’ouverture extrême et le repliement sur soi.

L’écrivain Sokhna Benga abonde dans le même sens. Regrette-t-elle juste que les Sénégalais ne connaissent pas leur riche littérature écrite. « Cette méconnaissance a fait que l’idéal des jeunes est construit à partir de l’imaginaire de l’autre. C’est pourquoi la promotion et l’introduction des œuvres littéraires sénégalaises dans l’enseignement ont une portée patriotique », estime-telle, non sans appeler les autorités publiques à soutenir l’édition sénégalaise.  Ce, pour la construction d’une identité propre car la littérature africaine est porteuse de valeurs. C’est en cela que l’intervention du philosophe-écrivain Abdoulaye Elimane Kane, qui appelle à un « décloisonnement des disciplines » car mues par la quête de sens, apporte la lumière sur l’ambition même de la production intellectuelle. La littérature sénégalaise, à l’en croire, a accompagné notre trajectoire historique parce qu’ayant, comme la philosophie ou l’histoire, un soubassement idéologique. Cela commande une fine réflexion dans le choix des productions  littéraires en ne privilégiant  toutefois pas, comme en a alerté l’écrivain Cheikh Aliou Ndaw, la qualité de « Sénégalais » avant celle de l’œuvre.

Alassane Aliou MBAYE

Le Centre d’études des sciences et techniques de l’information (Cesti) vient de publier le deuxième numéro de sa Revue africaine de communication (Rac) portant sur le thème : « Des médias en démocratie : régulation, éthique et déontologie ». Dans cet ouvrage collectif, treize universitaires, d’origines diverses, spécialistes en sciences et communication analysent la place et le rôle de la presse dans une démocratie. Ils se sont également penchés sur les défis qui interpellent le paysage médiatique comme les organes de régulation, la percée du numérique, les modèles économiques des médias…

« Des médias en démocratie : régulation, éthique et déontologie » est l’intitulé du deuxième numéro de Revue africaine de communication (Rac) publiée par le Centre d’études des sciences et techniques de l’information (Cesti). Ce présent ouvrage, explique Ibrahima Sarr, directeur du Cesti, est consacré aux débats qui ont marqué le colloque organisé, en septembre 2013, à Dakar, sur le thème : « La place et le rôle des médias dans une démocratie ». Il indique que cette réflexion est intervenue dans un contexte marqué par de grand bouleversement.

Il s’agit d’abord de la mise sous tutelle des médias par les marchands. Il s’y ajoute que la matière sur laquelle travaillent les journalistes, notamment l’information, est devenue une notion fourre-tout. Ce numéro tente d’apporter des réponses aux nombreuses interrogations soulevées par les mutations dans le domaine des médias, en particulier à propos de leur rôle dans les démocraties. Dans son texte introductif, « Repenser les médias en démocratique : les nouveaux défis de la formation et de l’information », Ibrahima Sarr analyse l’incursion des technologies dans la marche du paysage médiatique, plongés dans de profondes mutations. Il souligne la nécessite de se remettre en question dans ce métier. Il note que grâce à l’essor de l’Internet, des Smartphones et des tablettes numériques, le succès des blogs, le développement du Web 2.0 et des réseaux sociaux, « tout le monde est devenu journaliste ». Ce qui explique, à son avis, d’un autre mélange de genres, entre journalistes professionnels et journaliste amateurs ou citoyens.

Défi de formation des journalistes
Dans la première partie consacrée à la question « Quelle formation au journalisme ? », Fréderic Lambert, professeur des Universités à l’Institut France presse (Ifp), se demande, avec un brin de provocation : Faut-il encore former les journalistes ? En s’inspirant des travaux de Michael Walzer, sur la culture de la démocratie, et après avoir montré l’intelligence des publics consécutivement à l’éducation aux médias et aux usages de l’Internet, M. Lambert pointe le désarroi dans lequel nous plongent les « Médiacultures ». A son avis, il appartient aux formateurs en journalisme de faire prendre conscience aux étudiants de la nécessité de poursuivre quotidiennement l’effort de maintenir nos sociétés dans une culture de la démocratie ainsi que de leur montrer l’exigence de liberté dans laquelle ils doivent exercer leur métier.

Dans le même sillage, Serge Théophile Balima, professeur des Universités à l’Institut panafricain d’études et de recherches sur les médias de Ouagadougou, évoque dans sa contribution « La problématique de la formation aux métiers de l’information et de la communication : confusion entre marchands de la communication et vendeurs de l’information ».

En prenant le contexte africain, il passe au crible le mélange de genres entre le journalisme et la communication, non sans oublier de s’intéresser aux contenus dispensés dans les filières de formation et l’insertion professionnelle des étudiants. Il soutient qu’en matière de formation à l’information et à la communication professionnelle, la priorité n’est pas la maîtrise des outils et des langages spécialisé, mais bien la formation aux situations concrètes, à leur analyse, à leur maîtrise et à leur gestion. Le plus important, ajoute-t-il, c’est de doter les étudiants d’outils intellectuels à portée large qui leur donnent les moyens, en tant que futurs professionnels, de maîtriser les multiples situations d’information.

Le rôle des institutions de formation en journalisme n’a pas été occulté dans cet ouvrage collectif avec une contribution de Abdellatif Bensfia sur cette question en mettant le lien avec le contexte du « Printemps arabe » et des mutations sociétales au Maroc. Il estime que les établissements à qui incombe la mission de former au Maroc les professionnels de l’information, particulièrement l’Institut supérieur de l’information et de la communication (Isic), sont appelés à se conformer au nouveau contexte. Ils doivent, selon lui, se repositionner par rapport aux besoins actuels de la société marocaine et de ses différentes composantes. Le rôle des institutions de formation des journalistes, dit-il, dans le contexte actuel marocain, doit s’engager à servir le choix démocratique en s’alignant sur les nouveaux modèles de cursus internationaux de formation au journalisme.

La régulation, l’autre équation
Dans sa communication, Pascal Guénée, directeur de l’Institut pratique du journalisme de l’Université Paris-Dauphine (France), relève, de son côté, l’importance de faire participer les professionnels des médias dans l’élaboration des cursus de formation au journalisme. Ce qui peut constituer, d’après lui, une des pistes pour une meilleure intégration. La deuxième partie de l’ouvrage est consacrée aux défis de la régulation, de l’autorégulation et de la citoyenneté dans le paysage médiatique. Dans sa réflexion, Renaud de la Brosse, Enseignant-chercheur à l’Université de Reims (France), passe au peigne fin les pratiques de la régulation dans les pays de la Francophonie où il note des disparités dans les cadres règlementaires et législatifs dans le paysage médiatique. Cependant, il constate des points communs tels que la protection de l’Etat de droit et de la démocratie, celle de la paix et de la cohésion sociale. Sur cette même question, Nuri Lajmi, universitaire tunisien, s’intéresse aux défis de la régulation de l’audiovisuel en période de transition démocratique en Tunisie, point de départ de ce que l’on appelé « Les printemps arabes ». Il met l’accent sur les défis relatifs au rôle des médias d’Etat, à la responsabilisation des journalistes et à leur respect de l’éthique et de la déontologie pour appuyer le processus démocratique. Toujours sur la question de la régulation, l’enseignant-chercheur au Cesti, Mouminy Camara, analyse les crises structurelles des organes régulateurs en Afrique de l’Ouest en prenant les cas de la Côte d’Ivoire et du Mali. A partir d’un diagnostic des organes de régulation de ces deux pays, M. Camara montre les interactions entre la crise des organes de régulation et le déficit démocratique lors des crises électorales. L’expérience sénégalaise en matière d’autorégulation des organisations professionnelles de journalistes a été également mise en exergue à travers un texte de Diatou Cissé, ancienne secrétaire générale du Synpics.

Elle analyse les échecs notés suite à la mise en place de différents mécanismes d’autorégulation tels que le Comité pour le respect de l’éthique et de la déontologie (Cred), le Cored. Elle se montre convaincue, dans ses analyses, que l’autorégulation aura toujours sa place dans le métier de journaliste, d’abord sous la forme de tribunal des pairs.

Pour un modèle économique adapté
Pour Marc-Francois Bernier, Professeur à l’Université d’Ottawa, les systèmes démocratiques libres et pluralistes ont systématiquement associé libertés et responsabilités des médias d’information à des dispositifs d’autorégulation devant protéger, voir favoriser le droit du public à une information de qualité. Quant à Rémy Le Champion, Maître de conférence à l’Institut France presse, il étudie, dans la troisième et dernière partie de l’ouvrage, les modèles économiques de l’information et leurs conséquences sur les contenus. Il indique que le déterminisme technologique en entraine un autre : le déterminisme économique qui pèse sur les contenus. Dans son texte, l’auteur souligne les mutations dans les modèles économiques de la presse écrite et celle en ligne en raison de la percée du numérique dans ce paysage médiatique. D’où la nécessité, dit-il, pour les entreprises de presse de s’adapter à ce nouveau contexte en revoyant leurs stratégies de production de contenus.

L’enseignant-chercheur au Cesti, Séllé Seck, dans l’ouvrage, s’interroge sur l’ingérence du législateur sénégalais dans la déontologie des journalistes. D’après lui, il n’y a pas de place pour un interventionnisme du législateur dans la déontologie des journalistes. C’est pourquoi, soutient-il, la morale de la profession appartient aux journalistes.

Enfin, Ndiaga Loum juge, pour sa part, nécessaire de repenser la régulation de l’information en ligne, non sans mentionner l’apparition de nouveaux défis et de nouvelles approches théoriques. Il se demande si on peut continuer à réguler les informations en ligne en partant des mêmes paradigmes à la base de la régulation des médias traditionnels.

Abdou DIAW

Le Lycée mixte Maurice Delafosse accueille, jusqu'à la fin de la douzième édition de la Biennale de l'art africain contemporain de Dakar, l'exposition « Off » de l'artiste autodidacte Ousmane Karessy Dédhiou. Son travail, composé d'une vingtaine de toiles, aborde la thématique de l'allaitement maternel.

L'artiste Ousmane Karessy Dédhiou a bien vu, en choisissant de faire son exposition au sein du Lycée Maurice Delafosse, car son travail s'adresse plus aux jeunes qu'aux personnes âgées. Composée de plus d'une vingtaine d'œuvres, cette exposition vise avant tout à transmettre une certaine conscience à la couche juvénile par rapport aux vertus de l'allaitement maternel. Et le message semble bien passer au vu de l'engouement suscité auprès des élèves. Karessy Dédhiou fait donc plus qu'un travail artistique. Il plaide pour la préservation d'une pratique ancestrale que la modernité ne saurait supplanter. C'est ainsi qu'il grime et maquille des femmes à travers différentes positions d'allaitement.

Chez l'artiste, l'allaitement maternel va au-delà d'un simple aspect nutritionnel. Il y a aussi cette relation d'amour, de communication et de spiritualité entre la mère et son enfant. Cette chaîne de maternité est prolongée dans la chaleur du foyer avec des scènes de femmes de ménage vu sous un angle typiquement traditionnel. Toutefois, l'omniprésence de la thématique de l'allaitement dans l'oeuvre de l'artiste peut bien se comprendre. Ousmane Karessy, originaire de la Casamance, n'a pas connu sa mère, décédée très tôt. Il cherche donc à combler ce vide à travers une peinture à la fois simple et accessible. Ici, chaque tableau restitue, dans le réel, l'irréel.

Le peintre ne prolonge pas son désespoir, mais nous montre la manière dont il souhaitait voir le monde. L'exposition ne s'intéresse pas seulement à la problématique de l'allaitement maternel, Ousmane Karessy Dédhiou peint également la beauté des femmes Signares et la violence qui mine une certaine partie du continent. Son œuvre révèle également ce monde troublé où des enfants sont tirés dans le maquis, des mamans assassinées, des familles disloquées, des avenirs tronqués...

Né dans une famille d'artistes, Ousmane Karessy Dédhiou a très tôt commencé à faire de la peinture en s'adaptant à la gouache. Son œuvre est marquée par un incessant retour aux sources et aux valeurs africaines. Il excelle dans l'usage de la stylographie. Mais l'artiste se distingue aussi dans l'abstrait et le figuratif.

Ibrahima BA

La Palme d'or du Festival de Cannes a été attribuée, dimanche au cinéaste britannique Ken Loach pour « Moi, Daniel Blake », film qui suit sur le parcours kafkaïen d'un chômeur contraint de demander l'aide sociale. Six fois primé à Cannes, où il avait reçu la Palme d'or en 2006 pour « Le Vent se lève », Ken Loach, 79 ans, raconte dans ce film l'histoire d'un menuisier qui se bat pour obtenir l'aide sociale.

(AFP)

Entre 2003 et 2008, il a sorti trois albums sur le marché musical sénégalais. En duo avec Thione Seck ou avec son ex-épouse Ngoné Ndiaye Gueweul, le chanteur Abraham Pipo Diop a eu son heure de gloire dans le milieu du show-biz dakarois. En silence radio et dans l’ombre depuis plus de six ans, l’artiste confie préparer son come-back dans le calme des studios. Il nous a rendu visite…

Pourquoi ce long silence musical de votre part ?
C’est vrai. Je suis allé en Suisse en 2008, dans l’option d’un changement musical et dans le but de réaliser un album international. Dans un style afro et world music. C’était un voyage prévu pour l’Allemagne, mais pendant mon escale à Zurich, j’ai raté mon vol. J’ai contacté un ami de longue date, Balla Moussa Sarr, établi désormais en Suisse ; c’est de là qu’il m’a mis en relation avec son ami musicien Saliou Sène dit « Douane ». Il me l’a présenté et j’ai vu que c’était un très bon musicien, arrangeur, qui a travaillé avec des artistes européens, entre autres. Il m’a dit qu’il suivait ma carrière et m’a suggéré de faire de la World music ; cela convenait bien à mon style musical. Que cela lui ferait plaisir de faire mon album, au lieu d’aller en Allemagne. Et en plus, il possédait un studio d’enregistrement chez lui, en Suisse. Il a même affirmé qu’il arrangerait mon album gratuitement. C’est pourquoi je suis resté à Zurich. Mais j’ai dû rester plus de trois ans en Suisse, parce que Saliou Sène ne faisait pas que de la musique en plein temps, il avait un autre boulot du lundi au samedi. Ce n’est qu’à ses heures perdues que nous enregistrions. Je n’avais pas imaginé les choses comme ça. Mais, je ne pouvais pas abandonner, j’ai tenu bon dans la dignité et cela m’a amené à galérer un peu en Suisse. Après avoir fait l’essentiel, je suis ensuite allé au Maroc pour faire un peu de business. C’est par la suite que Saliou Sène m’a appelé pour me dire qu’il avait finalisé le mixage du produit. Voilà, un peu ce qui m’avait retenu à l’étranger. Depuis, je suis de retour au Sénégal, cela fera bien deux ans. J’ai la maquette avec moi, mais des conseils, dont mon « père spirituel » Thione Seck qui représente beaucoup pour moi, m’ont suggéré de la garder encore. Il m’a conseillé de sortir d’abord un album Mbalax, le style dans lequel les mélomanes me connaissaient le mieux, avant de rebondir sur cet album world music. Et présentement, je suis ce conseil et je travaille en studio pour réaliser un nouvel album Mbalax. Bientôt ce sera terminé.
 
Donc on ne peut pas avancer une date pour le retour musical de Pipo Diop ?
Non, je n’ai pas retenu une date. Parce qu’avec le travail de studio, on ne peut être entièrement sûr de ce qui adviendra. Je viens de vous raconter ce qui m’est arrivé de mon dernier voyage à l’étranger ! J’y ai  passé près de quatre ans sans réaliser ce projet d’album, donc là je m’interdis d’avancer une date exacte pour la sortie d’un nouveau produit. Parce que quand je partais en Allemagne via la Suisse, je me disais que j’allais faire juste un mois, pour revenir. Et vous avez vu ce que cela a duré ! Là, présentement, je travaille en studio avec Papis Ndiaye du « Raam Daan ». Et en ce moment, il est dans les répétitions pour le spectacle de Waly Seck à Bercy qui doit se passer en juin, à Paris. Donc, vous voyez que ce n’est pas évident.
 
Alors vous ne possédez pas votre propre groupe musical en ce moment ?
Je peux, à tout moment, former un groupe. Les musiciens avec lesquels je travaillais sont toujours là. Ils sont dispersés par-ci et par-là. Pour former un groupe, il faut juste être prêt, appeler des musiciens et répéter avec eux. Vous savez, généralement, les musiciens sont des « requins », des professionnels aguerris, qu’on peut solliciter à tout moment. Il suffit juste de disposer de moyens.
 
Comment vivez- vous le fait de rester dans l’ombre, après avoir connu un moment de succès il y quelques années ?
Ce n’est pas du tout évident. C’est très, très difficile. Vous savez, pour un musicien, il faut exercer pour vivre de son art. Ce n’est pas du tout facile, surtout ici au Sénégal. Mais, Dieu merci, je dispose de documents de voyage pour bouger un peu partout, surtout en Europe où j’ai eu à vivre longtemps, pour gagner ma vie, financièrement, outre par la musique. Donc, je peux souvent faire des allers-retours pour faire mon propre business.
 
Peut-on dire alors que votre carrière musicale est en stand-by pour le moment ?
Non, je n’ai pas mis en stand-by la musique. On peut dire que je suis en train de travailler autrement. J’ai toujours travaillé non pas en tant que musicien, mais comme producteur et tourneur. J’ai eu à amener, pour des spectacles et tournées, des musiciens comme Mame Balla, Yoro Ndiaye, Arame Thioye et mon ex-épouse Ngoné Ndiaye Gueweul, entre autres, en Europe, en Allemagne, à Paris, en Suisse…

Propos recueillis par Omar DIOUF

La ville marocaine de Fès a connu, ces derniers jours, un bouillonnement culturel impressionnant avec la tenue de la 22ème édition du Festival des musiques sacrées sous l’égide et l’appui de la Royal Air Maroc (Ram) et de l’Office marocain du tourisme (Onmt). Dans cet entretien, le directeur artistique du festival, Alain Weber, évoque notamment la chance de l’Afrique et du Maghreb d’avoir su préserver encore leur âme en gardant  jalousement leurs traditions à travers la création artistique.

Pouvez- vous nous faire une brève présentation du Festival des musiques sacrées du monde de Fès ? Il s’agit d’un festival de dimension mondiale qui a aujourd’hui vingt deux ans. C’est l’un des plus grands festivals organisés annuellement dans les pays de culture arabe, particulièrement au Maroc. Ce festival aborde généralement les thèmes de la spiritualité, du sacré, l’ouverture sur le monde, bref la rencontre des cultures. Le Maroc est l’un des premiers pays de culture musulmane qui a ouvert cette idée d’échanges, de dialogue, de spiritualité. Cela paraît banal mais à l’époque, c’était très important, presque un peu révolutionnaire. Ce festival qui a 22 ans met en valeur la magie de Fès, une des grandes villes historiques du Maghreb notamment avec sa merveilleuse Médina, classée patrimoine immatériel de l’Unesco.  A partir de la mise en valeur de ce site historique, le festival présente, pendant neuf jours, toutes les traditions du monde, à la fois sous l’angle musical mais aussi sous celui des fora. C’est l’idée de mélanger l’émotion et la connaissance. Il s’agit des grands débats culturels, philosophiques mais surtout il y a ce côté musiques du monde. Des spectacles qui se passent sur des sites merveilleux de Fès comme Babl el Makina. Il y a aussi la Médina avec ses Ryads. Cette année, le thème du forum est lié aux « femmes fondatrices ». Vous savez, dans l’histoire de l’Afrique, de l’Orient, il y a des femmes qui ont joué un rôle fondamental, un rôle à la fois spirituel, religieux, poétique et artistique. Si on résume bien l’ouverture du festival, nous avions eu droit à une création artistique. C’était un ciel plein d’étoiles, ces étoiles qui reprennent vie et qui évoquent de grands personnages de l’histoire. Vous savez que Fès abrite Karaouine, la plus vieille mosquée du Maghreb. Il s’agit aussi de la plus vieille université du monde fondée par une femme. Elle a été, en quelque sorte, le mécène de cette cité merveilleuse. A partir de cela, il y a eu aussi Rabya El Haddaouia, une grande femme soufie qui a marqué son époque sans oublier aussi Shéhérazade, une femme sublime, la Reine de Saba d’Ethiopie et on a fait venir un ensemble éthiopien pour illustrer grand personnage mythique et historique, bref beaucoup de femmes qui ont marqué l’histoire de l’Afrique, du Maghreb et du monde.

Qu’est-ce qui confère le caractère sacré à ce grand festival ? Il y a beaucoup d’émulation spirituelle dans ce festival et toutes les religions du monde sont évoquées. C’est souvent l’Islam, le Christianisme, l’Hindouisme. Cette année, beaucoup d’artistes sont venus d’Inde. Il y a eu aussi une poète nomade du Bengale, des chants Hindous à la manière des troubadours, les grands griots africains. Beaucoup de femmes ont aussi mis en valeur la culture judaïque, de la Bible. C’est un secteur très important dans la culture du Maroc. On attache beaucoup d’importance à cet aspect historique. Vous vivez encore dans des traditions vivantes et vivaces, mais en Europe, le sacré a beaucoup disparu. Malheureusement, souvent le seul refuge pour le sacré, c’est dans l’art qu’on va le retrouver. Beaucoup d’artistes fondent leur démarche artistique sans forcément appartenir à une religion particulière. C’est ce qu’on essaie de mette en valeur dans ce festival.

Qu’est-ce qui a été votre grande satisfaction cette année ? Ma grande satisfaction, c’était l’ouverture du festival ; c’était magnifique et féérique. C’est une grande fresque qui a été déployée sur les murs de Babl Makina. Vous pouvez apprécier la technique du Mapping qui a été utilisée dans le cadre d’une projection. On arrive à faire des spectacles avec des comédies musicales très poussées, très affinées. Et cela, c’est une magie, notamment quand vous vous promenez dans la Médina, vous vous retrouvez dans des Ryads avec de petites cours à l’intérieur et vous êtes dans l’intimité d’artistes qui jouent devant vous. C’est quelque chose de fantastique, surtout quand la rencontre des peuples se fait dans cette atmosphère. Où l’architecture est ancienne. Cette année ovn avait programmé deux têtes d’affiche, elles n’ont pas pu jouer parce qu’il y avait le mauvais temps. Il s’agit de la malienne Oumou Sangaré, une des grandes dames de la musique africaine. Elle était déjà là l’année dernière mais cette année, malheureusement, elle n’a pas pu se produire car il y avait un violent orage.

Quelle est la place de ce festival dans le rayonnement de la culture africaine et maghrébine ? Je pense sérieusement que ce festival apporte beaucoup de choses car le Maghreb appartient à l’Afrique. D’ailleurs, l’an dernier, le thème était l’Afrique. On avait fait un truc magnifique sur l’histoire de Léon L’Africain. On avait fait venir des artistes du Burkina, du Mali avec Ballaké Cissokho. On a vraiment beaucoup traité ce thème de l’Afrique. Autrefois, les gens savaient d’où ils venaient mais ils ne savaient pas où ils allaient. Maintenant, ils ne savent même pas où ils vont mais ne savent pas d’où ils viennent. Les racines et l’identité sont fondamentales. Quand on perd ses racines, on tombe dans l’uniformisation, la globalisation et on perd son âme. Le festival de Fès essaie de corriger cela. L’Afrique a la chance d’avoir encore une âme et ce festival est une invitation à préserver ce bel héritage.

Propos recueillis à Fès (Maroc)

par Mamadou Lamine DIATTA

Après « Lettre du Retour au pays natal », le journaliste-écrivain Fara Sambe vient de publier un nouveau livre, « Le 313ème Moine ».

La préface de l’éditrice, Gaël Samb Sall, véritable plaidoyer pour le livre, est longuement revenue sur l’historique et la place du roman. En effet, face au développement fulgurant des innovations et « nouvelletés » technologiques et cette sorte de « conspiration organisée contre livre voire le roman », force est de reconnaître que ce dernier tient toujours, pour la bonne et simple raison qu’il constitue, à n’en pas douter, « un monde, une chose miraculeuse ».  La lecture religieuse des 206 pages du roman « Le 313ème Moine », publié chez « L’Harmattan », chiffre mystique chez les religieux et devins comme chez les astrologues, donne « une mesure phénoménale de ce que peut l’esprit humain ». L’auteur, Fara Sambe, homme de lettres et journaliste, s’est pleinement investi pour nous restituer, dans un voyage temporel comme dans un long fleuve tranquille, des horizons et des lieux divers, allant de l’Ohio à l’Abyssinie. Une sorte de folie audacieuse semble l’animer car, avec un vocabulaire fouillé mais accessible et joliment rendu et une syntaxe respectant toute la métrique littéraire voire romanesque, il fait savourer le lecteur des merveilles de la littérature et de la langue française. Et si le but visé était que cette œuvre « soit digne de figurer au patrimoine francophone », on peut, à la lecture du roman, dire qu’elle a une place méritée à la bibliothèque universelle.

En effet, au fil des pages, le lecteur découvre des univers épars et navigue entre sciences sociales, religion, amour, business, actualités, dialogue des cultures, retour aux sources originelles et ancestrales, émotions. C’est ainsi que du rappel des « sombres missions » génocidaires à la « quête spirituelle en Abyssinie » (une légende ?) à « l’occulte puissance à cette rencontre du troisième type », la diversité culturelle et religieuse des personnages, dont certains ne peuvent s’empêcher d’escapades nocturnes, contrastent avec la religiosité et la foi évoquées dans le roman.  Le style narratif utilisé et les descriptions détaillées des lieux et évènements historiques accrochent le lecteur. Aussi, l’angoisse du retour et la séparation inévitable annoncent-elles un nouveau départ de Fara Sambe ?

Mamadou Lamine DIEYE

Khadidiatou Sow et  Yakhya Bâ sont deux artistes plasticiens qui, par la peinture et la sculpture, tirent des pratiques routinières et banales du quotidien des significations particulières. Elles ne sont pas seulement une constellation de « petites choses » sans intérêt. Les œuvres exposées, mercredi dernier, dans les locaux de la Fondation Friedrich Naumann, dans le cadre des « Off » de la Biennale de l’art africain contemporain, traduisent cette quête constante de sens à la fois critique et esthétique.

Que faire de ses ailes sur un tricycle ? L’immense horizon quelquefois embrumé commande de se prémunir contre l’incertitude. Les petites sculptures en cuivre et fer de l’artiste plasticien Yakhya Bâ témoignent d’une envie viscérale de se projeter, de s’engouffrer dans un univers qu’il s’imagine moins tourmenté que celui-là où les « brebis sont  égarées ». L’égarement ici n’est pas une dislocation des énergies. On se retrouve dans l’infortune pour reprendre ensemble le chemin dans la diversité des propositions.

Yakhya Bâ suit à la trace des mouvements mêlant la banalité quotidienne aux rêves ; ceux-là de son royaume innocent et insouciant où l’on « peut faire ce que l’on veut » parce que, justement, l’œil intimidateur est allé s’enivrer dans les méandres divagants. Ici, l’espace et le temps ne sont pas des notions exotiques ou même ésotériques. On ne s’empresse pas de déployer ses ailes pour grimper jusqu’à la cime. « Le grand réveil », comme Yakhya Bâ appelle une de miniatures, n’intervient pas à la suite d’une grande somnolence. Il est une excursion, un voyage dans des « quelque part » où l’étirement, après une nuit mouvementée, traduit moins l’exténuation qu’un renouvellement appréhensif de sa routine ; comme l’atroce souffrance dont est l’objet « la soumise femme » qui, à défaut d’atteindre le ciel, le contemple en silence, espérant un jour se dépêtrer de l’étau de la fatalité.

sculpture Khadidiatou SOwPersonnages asexués
L’artiste laisse libre cours à une imagination aboutissant à des résultats qui « titillent » de temps à autre le conformisme. L’ange Michaël n’a pas que des ailes dont les battements tintent dans des oreilles attentives. Il a un pied sur terre, celui-là funèbre, qui n’obstrue que ceux qui ne savent ni vivre ni mourir. Yakhya Bâ ne met pas en relief deux mondes aux contrastes saisissants. Il n’y en a qu’un. Et il est celui des émotions. Ici, on peut se permettre quelques inspirations blasphématoires. Gabriela serait-elle la douce et effacée compagne de l’ange  Gabriel ? Il ne faut pas attendre du sculpteur une réponse explicite. « Les songes qui dessinaient cette probabilité se nichent dans l’inconscient du môme que je fus ». Son inspiration donne plus d’ampleur aux sculptures  de plus de deux mètres en trois séries de deux qui accueillent les visiteurs. « La grande prière » qui ressemble fort à une supplication, « L’intimidation » et « Ni remords ni regrets », trois monumentales sculptures, percent l’univers des rapports humains si impénétrables.

Quand la haine emplit les cœurs et que les corps, sûrs de leurs attributs, se toisent, l’espoir de l’humanité est dans le repentir, dans peut-être ce que propose la plasticienne Khadidiatou Sow à travers ses peintures. Le contraste ici n’est pas seulement dans le spectre, dans la décomposition de la lumière, l’entremêlement des couleurs. Il est dans l’intensité de la réflexion, la sérénité des personnages englués dans un univers tourmenté mis en lumière par l’omniprésence des couleurs chaudes de la polarité positive. L’artiste le dit elle-même : « J’ai une relation particulière avec  les couleurs ».

La pensée des  masques « asexués », pour l’essentiel, voguent vers des berges où la ferveur des âmes errantes et joyeuses est tempérée par des esprits sereins au bord de la résignation. L’horizon n’est pas le même pour tout le monde mais l’on prend le temps de s’entrelacer pour une danse que la plasticienne se veut « rituelle ». Le mouvement est quelquefois surréel.  La trajectoire de Khadidiatou Sow y est certainement pour quelque chose. Elle a fait quelques infidélités à la peinture pour investir un autre monde surréel, le cinéma, en 2004. Qu’elle soit dans l’un ou l’autre, la réalisatrice et costumière de cinéma « cherche, à travers le vécu et les aléas, ce qui est positif, même dans le désordre le plus total ». L’exposition se poursuit jusqu’au 2 juin.

Alassane Aliou MBAYE

Un  single  et vidéo-clip de Baaba Maal sur l’excision a fait l’objet, hier, d’une présentation  dans les locaux du Fonds des Nations unies pour la population (Unfpa). Commanditée par  l’Unfpa, cette production musicale, intitulée « Cri du cœur »,  a pour objet de sensibiliser, d’informer  les populations sur les questions de mutilations génitales féminines.

Pour amener les communautés à abandonner la pratique de l’excision, le Fonds des Nations unies pour la population (Unfpa) a mis en œuvre, depuis l’année dernière,  un programme de partenariat avec des célébrités, des porteurs de voix pour sensibiliser et mobiliser les populations sur cette lancinante  question des mutilations génitales féminines. Pour ce faire, l’Unfpa a fait appel à des lutteurs et des musiciens comme Coumba Gawlo Seck, Ablaye Mbaye pour véhiculer des messages et porter le plaidoyer auprès de ces populations et des leaders religieux. C’est toujours dans ce même sillage qu’ils ont choisi l’artiste de renommée internationale, Baaba Maal, pour la production d’un single intitulé « Cri du cœur ».  Celui-ci va également contribuer  à informer, à sensibiliser les populations et surtout à porter le plaidoyer auprès  des leaders religieux et les autorités administratives locales afin d’abandonner la pratique de l’excision. Composé  dans une mélodie purement traditionnelle, le single « Cri du cœur » est produit en duo avec le slameur « Sac-à-mots » qui y a aussi véhiculé en puular et en français de forts messages. Selon l’artiste musicien  Baaba Maal, cette chanson n’a pas été composée pour aller en guerre contre qui que ce soit, le seul but est d’interpeller la société sur les problèmes qui touchent l’épanouissement de l’être humain surtout de la femme, de la jeune fille. A l’en croire, dans la chanson, il interpelle une frange de la société  pour leur dire qu’il y a un problème de santé, et ça concerne une génération, nos familles et les jeunes filles afin que les personnes les plus concernées par rapport à ce problème puissent prendre des décisions. « Sans également trop chercher à heurter les sensibilités car nous sommes dans un continent où les traditions sont à respecter », indique-t-il.

Toutefois, reconnaît Baaba Maal, une seule chanson ne peut pas régler l’abandon de l’excision ou des mariages précoces, il y va de l’engagement de chacun, allant de nos autorités jusqu’aux pères, mères et autres membres de la famille.

La représentante résidente de l’Unfpa au  Sénégal, Andrea Wojnar Diagne, indique que l’excision est une norme sociale, une pratique culturelle ancrée dans la tradition des  communautés. D’où l’intérêt, pour elle,  de développer des stratégies  innovantes pour amener les communautés à abandonner cette pratique.  Remerciant Baaba Maal pour le fruit de leur  partenariat, Mme Diagne pense que l’ancrage de l’artiste dans le milieu halpular et  son aura constituent  des atouts majeurs qui peuvent contribuer à étendre le mouvement national d’abandon de l’excision, surtout dans les zones de résistances.Aussi,  souligne Andrea Wojnar Diagne, qu’ils sont sur la bonne voie. Car les récentes études menées montrent que la norme sociale est en  train de changer. A en croire Mme Diagne, la prévalence de l’excision chez les filles de moins de 15 ans est passée de 17,5% à 12,9 entre  2012 et 2014.

Maguette Guèye DIEDHIOU

Le film documentaire  « Témoignages Waa Sunu Gaal »  a été projeté avant-hier en première,  à la Aula Cervantes de Dakar. D’une durée de 55 minutes, ce film sur l’immigration clandestine est co-réalisé par la Sénégalaise Mariama Badji et l’Espagnole Estrella Sendra.

Des productions de films de fiction et de documentaires sur l’immigration clandestine, il y en a  par dizaine. Mais le mérite du documentaire « Témoignages Waa Sunu Gaal », projeté avant-hier à la Aula Cervantes, à Dakar, c’est d’être original tant du point de vue de l’approche que du contenu. Loin d’exposer sur le spectacle macabre  de ce phénomène, ce documentaire plonge le spectateur dans l’univers  de ceux qui, dans leur création, dénonce souvent ce mal du siècle : les artistes.

« L’art est un anti-destin », disait l’écrivain André Malraux, cela dans le sens qu’il est un moyen pour surpasser la condition humaine et ainsi rompre avec  l’illusion de la fatalité, caractéristique d’une certaine identité sénégalaise. « Waa Sunu Gaal » donne la parole à ces artistes qui, dans leur rêve et à travers une forme de volonté puissante et parfois illusoire, cherchent à transformer le destin de leurs concitoyens. Mais également à dissuader tous les candidats à l’immigration, empruntant les chemins de la mort dans l’énergie du désespoir.

Les réalisatrices Estrella Sendra et Mariama Badji ont promené l’objectif de leur caméra dans les dédales de la sphère culturelle sénégalaise afin de palper le pouls des artistes qui abordent la thématique de l’immigration à travers le hip-hop, les arts plastiques et scéniques. Il s’agit de la suite d’une première production intitulée « Témoignages de l’autre côté ». Laquelle est un documentaire sur l’immigration sénégalaise en Espagne, racontée à partir du point de vue de différents profils de Sénégalais résidents au pays de Cervantes.

« Waa Sunu Gaal » vient donc parfaire cette vision sur cette  thématique en se déplaçant au Sénégal. Aux côtés des artistes, il donne aussi la parole à des Sénégalais qui n’ont pas voyagé, ou bien, en un moment, ont émigré en Espagne mais qui sont de retour au Sénégal pour dévoiler ce qui se passe quand on revient au pays d’origine après une expérience en Espagne. Aussi,  le film  montre comment l’immigration est un thème qui affecte toute la population sénégalaise et, par conséquent, suscite une multitude d’opinions dans le pays.

Responsabilité
Les artistes Goundo Diop (artiste plastique), Keyti (rappeur), Ibrahima Ndoye (lébou, metteur en scène), Samba Fall (comédien), abordent avec responsabilité, chacun en ce qui le concerne, le problème. Il y est question parfois d’une critique de la communication faite dans les médias conventionnels où il y a souvent un accent sur les chiffres des victimes qui n'ont pas réussi le voyage. Mais également toute la crise des sans-papiers polarisant le débat public dans les pays d’accueil. Par exemple, le rappeur Keyti dénonce la responsabilité de l’Europe devant l’histoire, mais tout en invitant les peuples africains à rompre avec l’illusion de la fatalité. A nourrir l’espoir d’un futur radieux… L’artiste Goundo Diop exhorte les jeunes à croire en leurs potentialités au lieu de brader leur vie dans la Méditerranée. Pour l’une des coréalisatrices, Estrella Sendra, il s’agissait, à travers ce film, de voir comment les jeunes artistes conçoivent la question de l’immigration. « Nous avons pensé mettre le focus sur les artistes parce qu'ils font un travail de sensibilisation et de communication remarquable. Lequel est à la base du changement de la perception de l'expérience de l’immigration. Dans leur travail, ils osent être critique avec cette Europe de rêve et ne craignent pas de réfléchir sur les difficultés que l'ont trouve dans l'immigration, quelle soit clandestine ou légale », a-t-elle laissé entendre.

Ibrahima BA

L’orchestre philarmonique  « Mélodie divine » a rendu un hommage appuyé, samedi dernier, à son guide et concepteur en 2012, Serigne Modou Kara Mbacké Noreyni. C’était lors d’une soirée de gala organisée par le Mouvement Sopey Kara.

Samedi dernier, dans la salle « Le Flamboyant » du King Fahd Palace de Dakar, le Mouvement « Sopey Kara » (Msk) avait convié disciples, parents, amis et sympathisants pour la première sortie officielle de l’orchestre philarmonique « Mélodie Divine », autour d’un dîner de gala. A 22h 30mn, tous les instruments qui composent l’orchestre sont soigneusement rangés sur le podium. Habillés en noir et blanc, les choristes et autres guitaristes de l’ensemble musical avaient troqué leurs boubous traditionnels pour des tenues de soirée et étaient prêts à communier avec le public. Aux manettes, il y avait Ndayane Ngom, l’homme aux dreadlocks, par ailleurs homonyme du guide religieux, Ibrahima Ndiaye, comme lead-vocal du jour, entre autres membres de l’orchestre philarmonique. Les premières notes chantées rappellent l’origine de l’homme. S’en suivent l’histoire finissante de l’être humain sur terre et son retour imminent auprès de Dieu. Chaque gamme entamée renseigne sur l’audace de Serigne Modou Kara.

Un documentaire, ponctué de témoignages retraçant le parcours du président-fondateur du Mouvement mondial pour l’unicité de Dieu (Mmud), est même projeté, rappelant ses débuts, naturellement difficiles. Le film évoque ses différentes rencontres avec Serigne Saliou Mbacké, l’auguste défunt guide des mourides, mais aussi… ses nombreuses pérégrinations dans le monde occidental. Des comédiens tels que Serigne Ngagne et Amdy Mignon étaient de la partie pour jouer des pièces qui rendaient hommage au « Général de Bamba ». L’orchestre philarmonique, c’est l’interprétation des poèmes panégyriques de Serigne Touba, les louanges et gloires rendues à Allah (Swt) sans omettre les grâces que le Tout-Puissant a accordées au Sceau des prophètes, Mouhamed (Psl).

« Le Mouvement Sopey Kara a ravi la vedette, en l’espace de quelques mois, aux autres mouvements. Notre guide est un homme de paix, un citoyen du monde », souligne Mme Sokhna Dieng Mbacké. Elle s’est félicitée de la créativité de son époux et de sa capacité à mobiliser la jeunesse.

Pour Oumou Sall Mbacké, l’organisatrice de la soirée, son époux, Serigne Modou Kara, abat un travail colossal qui mérite d’être connu par les Sénégalais et le monde entier tout court. Le Mouvement Sopey Kara est une entité créée en septembre 2015 par Oumou Sall Mbacké et qui entend soutenir Baye Kara dans ses missions temporelles et spirituelles.

Serigne Mansour Sy CISSE

C’est aujourd’hui que s’ouvre, à Rufisque, la 5ème édition du Festival « Rufisque musique ». Une occasion pour plusieurs artistes du département et d’autres venant de divers horizons de faire des prestations au jardin public de la « Vieille ville », une semaine durant.

De grandes voix  de la musique  rufisquoise  sont annoncées. Mar Gallo Seck, Ridial de Bamba J Fall, Ndoumbé  Ndiaye, Sakis  Tanor spécialiste  de la  world music, le percussionniste Magaye Seck et Joe Seck du groupe Pastef, l’orchestre Raffa de Saint- Louis, Makaan J vont se produire. Pour le promoteur de ce festival, Souleymane Guèye Cissé qui a fait face à la presse, « une part belle sera accordée aux productions live » et, en moyenne, trois concerts sont prévus par jour et une vingtaine de groupes de rap y participeront.

Cette année, le festival va connaître une innovation majeure avec les rencontres littéraires animées par l’écrivain rufisquois Fatou Yelly Faye Wardini. De même, il est prévu des séances de contes et légendes animées par Mbarkhane Ciss de Toubab Dialaw. Le théâtre fera aussi son retour avec le partenariat noué  avec la direction du Théâtre national Daniel Sorano.

« L’objectif du festival "Rufisque Musique" est de contribuer à la diversité culturelle, d’offrir une visibilité qui pourrait relancer l’activité touristique et participer à la production de richesse »,  a expliqué Souleymane Gueye Cissé. Ce dernier n’a pas manqué de revenir sur les difficultés rencontrées dans l’organisation de ce festival, avec notamment la subvention de la mairie de Rufisque qui n’est toujours pas perçue.

M. NDONG

Le continent africain et la Chine veulent davantage se rapprocher. C’est le sens du Projet d’art interculturel entre l’Afrique et la Chine « Puissance verte pour l’avenir ». L’un des axes du projet est l’exposition d’art « 54+1 » qui s’ouvre, lundi, au Grand Théâtre de Dakar.

« Il vaut mieux voir une fois que d’entendre mille fois ». Ce proverbe chinois est bien à propos pour comprendre le sens du Projet d’art interculturel entre l’Afrique et  la Chine « Puissance verte pour l’avenir ». L’un des aspects du projet lancé par les artistes et/ou commissaires Jiangbo Jin, Su Ouyang, Mansour Ciss Kanakassy, se décline au travers de l’exposition d’art « 54+1 ». Dans le sillage de la 12ème Biennale de Dakar, l’exposition démarre, lundi à 18h, au Grand Théâtre de Dakar.

Cette manifestation réunira des artistes  de renom comme Fodé Camara, Kan Si, Chalys Lèye, Viyé Diba et des artistes chinois, néo-zélandais, américain et d’autres nationalités. Hier, en conférence de presse, le critique d’art et curateur Su Ouyang a expliqué : « L’exposition "54+1" n’est pas seulement une histoire de chiffre. C’est une nouvelle plateforme pour renforcer les liens de coopération, avec une nouvelle démarche via la culture ». Le but est de « vaincre certains préjugés sur l’Afrique et mieux faire connaître le continent noir ». D’où l’intérêt d’amorcer « un nouveau dialogue, nouveau départ », a estimé S. Ouyang. Pour le commissaire d’exposition et curateur Massamba Mbaye, il s’agit de « paver un chemin créatif pour un dialogue entre les cultures ». Selon lui, « il est important que les peuples puissent se rencontrer dans des formes diverses dont l’art, comme une voie alternative de coopération entre l’Afrique et le monde ». Sur la même ligne, Mansour Ciss Kanakassy, artiste plasticien et curateur, a souligné « les transitions culturelles » entre la Chine et l’Afrique, mais aussi « des préjugés de part et d’autre ».

Pourtant, « autant vous avez en Afrique des rues jalonnées de boutiques chinoises autant vous avez aussi en Chine une forte présence africaine dans certaines villes », a-t-il développé. Ajoutant : « Le dialogue des peuples a déjà commencé par la culture. Il faut maintenant le nouer par la culture ». Sur ce registre, M. Mbaye a rappelé qu’en 2014, la Chine était présente au Dak’Art dans le cadre conceptuel de l’exposition sur la diversité avec une représentativité plurielle. Au regard du commissaire, qui avait organisé l'exposition d'artistes chinois, l’idée était de « décloisonner les mentalités et les pratiques artistiques ». Mansour Ciss Kanakassy a annoncé une autre exposition retour l’année prochaine en Chine. « Ces expositions seront le prétexte à des discussions sur l’art contemporain, a-t-il indiqué. Car en matière d’art et de marché de l’art, la donne est centrée sur l’Europe, il est temps de proposer d’autres lieux ».

E. M. FAYE

Le Rassemblement des entreprises du secteur des technologies de l’information et de la communication (Restic) invite les autorités à accélérer la couverture du territoire en signaux numériques afin de faire bénéficier l’ensemble des populations sénégalaises de la qualité de la télévision Haute Définition. Dans un communiqué du Bureau exécutif, le Restic estime qu’il faudrait libérer autant de fréquences possibles en vue de permettre aux professionnels des communications électroniques de disposer des fréquences nécessaires à la matérialisation du dividende numérique.  « Une économie numérique suppose de capitaliser d’abord sur le dividende numérique. Nous estimons que la réussite d’une innovation aussi majeure et essentielle doit reposer  sur plusieurs facteurs : une législation et feuille de route pertinentes d’où la remise en scelle du Contan (Comite national de transition de l’analogique au numérique) ;  la mobilisation des acteurs publics dont l’Etat ; et l’implication de tout l’écosystème de l’audiovisuel notamment public et privé », lit-on dans le document.  Le Bureau exécutif du Restic encourage une implication plus active de l’Autorité de régulation des télécommunications et postes (Artp) afin de déclencher les synergies nécessaires entre les télécommunications et l’audiovisuel.   

M. G. DIEDHIOU

« La Grève des Bàttu », Grand prix littéraire d’Afrique noire en 1980, « Le revenant », « L’appel des arènes »… les romans d'Aminata Sow Fall sont devenus des classiques inscrits dans les programmes d'enseignement. Très engagée dans la promotion du livre et de la lecture au Sénégal, la lauréate du Grand prix de la Francophonie de l’Académie française regrette le recul de la lecture dans notre pays. Cela, en ce sens que la lecture est, selon elle, indispensable pour la construction humaine et  l’ouverture sur le monde.

Pour promouvoir la lecture, vous avez récemment suggéré qu’il fallait apporter le livre vers les populations. Est-ce que c’est une façon de dire qu’au Sénégal, les gens ne lisent plus ?
Je considère qu’on lisait mieux avant du fait qu’il y avait des bibliothèques. Le livre était à la portée des personnes qui en n’avaient pas accès direct dans leurs maisons. Ce sont les conditions d’accès aux livres qui constituent, aujourd’hui, le plus grand problème. A Saint-Louis où j’ai grandi, il y avait une bibliothèque à la Place Faidherbe, qui était même ouverte le dimanche. On retrouvait aussi des bibliothèques dans les écoles. Je fais partie des plus jeunes de ma famille ; j’ai vu que la culture de la littérature faisait partie de la vie. Lire, c’est se cultiver, c’est approcher l’ordre si loin qu’il puisse être. Quand je voyais des personnes âgées, à la retraite, très souvent elles n’étaient pas seulement dans les grandes places. Elles avaient des occasions de jouer aux cartes, mais ces personnes suivaient l’actualité littéraire française avant d’arriver sur la scène des écrivains sénégalais, africains et autres. Je me rappelle quand j’ai commencé à écrire, j’ai reçu une lettre magnifique d’une personne qui pouvait être âgée de 80 ans. Cette personne commentait mes livres. C’est quelqu’un qui lisait les livres de succès en France, mais il s’intéressait aussi aux écrivains africains. Je suis née dans un environnement très animé autour de la culture. Mon premier creuset culturel, c’est chez moi. Quand j’étais en classe de Cp, mon père avait une bibliothèque à la maison, laquelle était logée à côté de notre chambre. Je lisais, j’épuisais des livres. Une fois en CE2, on avait fait une dictée tirée d’un livre de Victor Hugo. Je me souviens j’avais fouillé dans la bibliothèque pour trouver ce livre de Hugo. A cet âge, ce qui m’impressionnait, c’est comment une seule personne peut écrire un volume si épais.  Lire est indispensable dans la construction humaine, c’est aussi nécessaire pour l’ouverture sur le monde. J’ai lu de la Chine, de l’Amérique et de partout du monde. Et je trouvais toujours au centre les préoccupations de l’être humain dans ses quêtes, son amour, ses sentiments, ses émotions. C’est cela qui fait que quand on lit un livre, l’intérêt n’est pas seulement dans le contexte.

Le manque de lecture constaté de nos jours peut-il être lié au coût du livre, à la télévision ou à l’avènement des Tic ?
  La télévision ne pourra jamais tuer le livre. En 2000, la question s’était posée lors d’une conférence internationale à Tel-Aviv, en Israël. Des enquêtes et des sondages ont été faits sur la question. Toutefois, il s’est avéré qu’on a jamais utilisé autant de papiers à l’époque, pour fabriquer des livres. Lorsque j’écris, je n’arrive pas à utiliser l’ordinateur. J’écris avec la main, car j’ai besoin de ce contact physique, sentimental avec le papier. La télévision et l’ordinateur nous apprennent énormément de choses, mais je pense qu’il y a un aspect humain qu’on ne peut pas vraiment atteindre par ces médiums. Pour un auteur et la critique littéraire, il est important de voir les phases par lesquelles un livre est passé pour devenir un produit définitif.

Ne faut-il pas écrire dans les langues nationales pour attirer plus de monde, plus de lecteurs ?
Le constat que j’ai fait, c’est qu’avant l’indépendance les gens lisaient le livre en français ou celui d’ailleurs en français, tout en s’y retrouvant. J’ai connu beaucoup de pays avant d’y aller à travers cet accès aux livres. Tout a commencé par l’oralité. Donc, il ne faut pas dire que nous sommes une civilisation de l’oralité. Il faut savoir que toutes les civilisations ont commencé par l’oralité, pourtant nous avons un legs magnifique, essentiel pour la nourriture humaine, car on est passé à l’écriture. « L’Iliade et l’Odyssée », « Les milles et une nuit » sont des livres cultes. Et il y en a des milliers et des milliers. Quiconque allait à l’école se voyait dans l’obligation morale de lire. Aussi, toutes les conditions étaient réunies pour lire. L’inaccessibilité et le manque de discussion autour du livre constituent un frein à la lecture. Personnellement, j’ai toujours insisté pour qu’on publie mes livres au Sénégal.

D’aucuns disent qu’il n’y a pas d’industrie du livre au Sénégal…
Ça se crée. Ma conviction est que quand on veut faire quelque chose, on crée les conditions de faire cette chose. Le Sénégal est un pays très ouvert à la culture. Nos parents s’intéressaient aux livres parce qu’ils savaient ce que cela pouvait apporter. Ils ne mettaient pas seulement à discuter de la politique dans la rue, mais ils commentaient aussi des livres. Quand « La grève des bàttu » est sortie, Issa Diop était le secrétaire général du khalife des Layènes. Il avait offert un exemplaire de mon livre au khalife. Ce dernier a envoyé ses talibés en acheter. Mes tantes, à Saint-Louis, ne savaient pas lire, mais elles achetaient le livre pour demander qu’on le leur lise. Le livre peut entrer dans l’actualité des gens. Quand on a son intelligence, il faut la volonté tout simplement. Au moment où je créais le Centre africain d'animation et d'échanges culturels (Caec), certains me disaient que cela n’allait pas marcher. Mais c’était une chose que je faisais par rêve, par intérêt, par passion. Et par la grâce de Dieu, le Caec a très bien marché. Tous les trimestres, il y avait un programme. A cela, s’ajoute les clubs de philosophie. D’ailleurs, c’est à partir de ces clubs que le Club de philosophie de l’université de Dakar a été créé. C’était un bouillonnement extraordinaire. Cela veut dire que  s’il y a l’offre, la demande suit.

Qu’est-ce qui vous a fait aimer la littérature et l’écriture ?
Ce n’était pas le fait d’avoir une ambition d’écrivain. Ça peut paraître bizarre, mais je n’ai jamais rêvé d’être écrivain. Après mes études à la Sorbonne, quand je suis rentrée au Sénégal, je me suis confrontée au désert de livres. Comme j’avais l’habitude en France de fréquenter des bibliothèques et des librairies, j’allais à la bibliothèque de l’Institut fondamental d’Afrique noire (Ifan). Elle n’était pas très grande mais fabuleuse. Il y avait des choses extraordinaires. Je n’avais pas le désir d’écrire des livres, mais j’avais l’intention de faire de la critique littéraire. Dans mon cursus, j’ai un certificat en Grammaire et en Philologie. Lorsque je suis revenue au Sénégal, j’ai trouvé que la chanson traditionnelle disait quelque chose, mais je considérais qu’elle n’était pas riche, c’était des répétitions. Ça n’a pas le sens profond de nos chansons qui sont des véhicules de culture, de valeurs. J’avais prévu de faire un article sur la chanson sénégalaise. D’ailleurs, il s’agit d’un thème que j’ai fait développer, une fois au Caec, par Adramé Diakhaté, président de l’Association des écrivains en langue nationale. Un jour, je constate que dans la société, il y a beaucoup de choses qui avaient changé par rapport surtout à l’argent. J’étais partie avec la philosophie que l’argent ne fait pas le bonheur mais que ça sauve l’honneur. Quand je suis revenue en 1969, en voyant comment l’argent fonctionnait dans la société, j’ai eu des frissons. Et ce, jusqu’à aujourd’hui lorsque je vois comment les gens donnent en public. Je voyais des personnes qui souffraient moralement parce que sans argent, on ne les respectait plus. La valeur « V » était devenue argent. Un jour de 1973, je me suis posée la question de savoir si un homme ou une femme honnête, généreuse, digne, pauvre ne mérite pas autant de respect qu’on en offre à des gens qui se sont enrichis. Entre 1960 et 1969, il y avait de grands hommes riches par le commerce. Mais la richesse se traitait autrement. Ces gens donnaient mais pas pour se faire voir.

C’est de là qu’est née donc votre première œuvre littéraire, « Le Revenant » ?
En congé de maternité en 1973, je me suis dit que je vais réfléchir sur le phénomène de l’argent dans la société, en m’essayant au roman. J’écris le livre « Le Revenant » très vite et après, je l’ai remis à un de mes cousins qui travaillait au rectorat de l’Université de Dakar. Après l’avoir dactylographié, il l’a remis à mon mari qui, à son tour, a lu le livre avant de le donner à Madior Diouf qui était notre voisin. Ce dernier a demandé à ce qu’on le publie. Toutefois, ce n’est qu’après l’avoir donné à ma sœur Arame, qui est linguistique, et à mon frère pédiatre, Pr Mouhamadou Fall, que j’ai décidé finalement de présenter le manuscrit aux Nouvelles éditions africaines. Le directeur littéraire me dit que le livre était trop local et que les Occidentaux ne vont pas comprendre. Je lui ai répondu que moi je suis noire, j’ai lu l’Occident et je me suis retrouvée parce que tout simplement le contexte est secondaire. Je ne peux pas écrire un livre bâtard. J’ai laissé le manuscrit là-bas pendant trois ans. Un jour, je devais voyager et l’idée m’est venue d’aller reprendre mon manuscrit. Après avoir repris le texte, j’ai croisé le directeur général des Neas au moment où je sortais. Ce dernier m’a demandé ce que je venais faire et je lui ai répondu que j’étais passé pour reprendre mon texte parce qu’on m’a dit qu’il ne peut être publié. Il m’a répondu : mais il faut publier. Finalement, le livre est sorti en 1976.

•  Propos recueillis par Omar DIOUF et Ibrahima BA


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