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Arts et Culture (2442)

Allianz Sénégal accueille, depuis mercredi 4 mai, dans le cadre des « Off » de la  biennale Dak’Art, une  vingtaine d’œuvres d’expressions diverses et variées de trois artistes  visuelles à savoir Barkinado Bocoum, Khassim Mbaye et Patrick  Singh.

Pour une 10ème participation à la biennale Dark’Art, Allianz Sénégal a ouvert ses portes à deux artistes sénégalais, Barkinado Bocoum, Khassim Mbaye et à l’artiste plasticien-dessinateur français, Patrick Singh. A travers leurs œuvres en petits et grands formats, ces artistes ont rivalisé de talents et ont séduit les visiteurs venus nombreux assister, mercredi dernier, au vernissage de l’exposition.

En réalité, l’artiste plasticien sénégalais, Barkinado Bocoum, a fait l’honneur, dans cette exposition « Off » de la Biennale de présenter des toiles peintes, pour la majeure partie, en deux dimensions. Ces œuvres, dit-il, ont pu être réalisées grâce à un racolage de tableaux en petits formats. Cette recomposition de pièces a fait ressortir dans ces tableaux des personnages figuratifs et une harmonie de couleur et de signes intenses. L’autre concept développé par Bocoum dans ces tableaux est la mise en valeur de certains mouvements de danse.  « Dans ces tableaux, titrés « Let them talk by themselves », (laisse les parler d’eux-mêmes), j’essaie de représenter cette symbiose qui existe entre différents arts », dit Barkinado Bocoum. En effet, en regardant les tableaux, peints en acrylique avec une petite touche de pastelle à huile, nous sentons qu’il y a des mouvements, des silhouettes de danses mixtes. « Pour chaque musique, que ce soit du hip hop, du jazz ou de la musique classique, les mouvements sont différents. Mais quand on les recompose sur une toile, on sent que ce sont des mouvements qui peuvent aller ensemble pour une bonne synergie et une bonne harmonie picturale », argue l’artiste Sénégalais à cet exposition.

Outre ces fabuleuses œuvres de Bocoum, l’artiste plasticien sénégalais, Khassim Mbaye a aussi marqué cette exposition « Off » de la Biennale en présentant des œuvres qui traduisent, pour l’essentiel, des scènes de vie quotidienne à travers des personnages asexués peints en noir à l’acrylique. D’où cet album intitulé « Silhouette du quotidien » de tous ses tableaux présentés à l’exposition d’Allianz Sénégal Assurances.

La belle surprise de cette exposition est la participation de l’artiste plasticien français, Patrick Singh qui a, de nouveau, fait découvrir aux visiteurs ses créations multiformes à travers des portraits de femmes figuratifs, des fantômes, des dessins, des collages, des pliages, entre autres.

Pour cette exposition, Singh a réalisé des dessins à l’encre divers tels que des portraits et sur de multiples supports. «J’ai fait également des dessins sur des carnets à accordéon faits à l’arrière d’un taxi au Burkina Faso intitulé « Bord de route ». En plus de ces portraits et dessins, l’artiste a, cette fois-ci aussi, travaillé sur le métal. En récupérant des métaux rouillés, Patrick Singh a pu en faire des objets. Pour cette exposition, il nous a fait l’honneur de présenter des barques avec, à l’intérieur, des figures en métal peintes qui partent au travail avec leurs outils ou qui transportent des bagages.

Maguette Guèye DIEDHIOU

« Qui pourrait nier à l’Afrique son apport à notre commune humanité ? » C’est moins une interrogation qu’une croyance ferme du poète et écrivain sénégalais, El Hadj Abdoul Hamidou Sall. Il était invité, mercredi dernier, au Musée Léopold Sédar Senghor de Dakar, à raconter le Festival mondial des arts nègres de 1966.

Il a été question de s’arrêter sur une œuvre qui célèbre l’imagination créatrice des peuples noirs, une humanité en fête par la magie de la culture. L’écrivain et poète El Hadj Abdoul Hamidou Sall s’y est employé et l’a réussi avec brio, mêlant références historiques et rhétorique dont aurait tiré fierté le maître d’œuvre du premier Festival mondial des arts nègres, Léopold Sédar Senghor.

Selon M. Sall, le poète-président « a fondé quelque chose qui a traversé le temps en faisant de Dakar, ce bout de terre, la capitale mondiale de la culture noire ». Il a pris le destin spirituel de tout un peuple. Ce n’était point sans risque pour le philosophe et homme d’Etat, pour sa stature en raison de la riche tradition culturelle de ses hôtes.  La tâche était d’autant plus ardue qu’il n’existait pas au Sénégal une tradition picturale. La peinture sous-verre, tenait lieu de véhicule de revendication d’identités de certaines populations.  « En poète majeur et homme d’Etat méthodique, Senghor se donnait l’ambitieuse mission de revitaliser le patrimoine culturel et historique de son pays. Il s’appuya sur les artistes Iba Ndiaye et Papa Ibra Tall pour créer les Manufactures des arts décoratifs et l’Ecole nationale des arts avec un cycle de formation de quatre ans », se ravit d’admiration Hamidou Sall.

Le président Senghor ne s’est pas arrêté là. Il entreprend de construire des infrastructures d’envergure pour répondre aux exigences d’un tel rendez-vous culturel. En sus du plan de rénovation de la Médina qui lui tenait à cœur et les allées du Centenaire, le Théâtre national Daniel Sorano et le Musée dynamique conçu sur des techniques révolutionnaires à cette époque, voient le jour.   Pour Senghor, « l’enjeu, explique Hamidou Sall, consistait à étaler à ces hôtes son bilan d’expériences fraîchement acquises ». Le Fesman, au-delà de la capacité d’organisation dont a fait montre la jeune République sénégalaise, a délivré des messages à l’humanité toute entière car il a eu un écho planétaire. L’Afrique et les autres étaient porteurs de cultures différentes mais d’égale dignité. La présence de sommités mondiales traduit non seulement une effervescence communicative comme rarement il a été constaté, mais surtout une communion de l’humanité avec elle-même. « Aimé Césaire, fait remarquer le brillant narrateur Sall, fut heureux, avec ses enfants, de poser le pied sur la terre lumineuse de l’Afrique maternelle... ». D’autres personnalités ont également participé et rehaussé de leur présence ce festival qui est également celui d’Alioune Diop. Il faut simplement dire avec Alpha Amadou Sy, le président de la Communauté africaine de culture Sénégal (Cacsen), que ce rendez-vous est celui de ceux qui ont trouvé en la culture « un terrain de convergence et ayant un horizon en partage ».

Le poète Amadou Lamine Sall, présent parmi l’assistance, pose une question dont la réponse pourrait servir de viatique aux peuples noirs. « Qu’est-ce que nous avons fait de l’héritage de Senghor et de ce premier festival ? » Qu’un groupe d’intellectuels perpétue sa mémoire est déjà louable.

Alassane Aliou MBAYE

Le ministère de la Formation professionnelle, de l’Apprentissage et de l’Artisanat a accordé à l’école de musique Eha (Etudes Harmonies Acoustique) son agrément professionnel. A cet effet, la direction de cet établissement a convié la presse, jeudi dernier dans ses locaux, pour rendre compte des nouvelles possibilités qui lui sont ouvertes et faire part des diverses offres d’enseignement grâce à la qualité des instruments musicaux et des formateurs.

Une fillette accompagne au piano une douce voix. Quelques minutes plus tard, c’est un garçon qui éblouit l’assistance en jouant avec une extrême dextérité à la batterie. Ils font partie des 130 élèves de l’école de musique Eha créée en septembre 2013. Elle vient toutefois de recevoir son agrément. Cela est une bonne chose qui permettra, selon le directeur des Arts, Abdoulaye Koundoul, de proposer une offre autre que celle-là publique.

« Il n’y avait que l’Ecole nationale des Arts, ex-Conservatoire, qui offrait des formations dans ces métiers. Le privé est encore plus flexible. Le clivage public-privé est terminé. Le marché est assez large pour permettre à toutes ces entités de coexister », affirme-t-il, non sans promettre l’appui institutionnel de la tutelle de sorte à pouvoir la mettre en relation avec d’autres structures. Cela va davantage motiver le public à faire attention dans la qualité de l’offre d’enseignement. Cet agrément permettra à l’école de musique Eha de délivrer des diplômes au même titre que l’Ena. C’est une première pour la région de Dakar. « Grâce à cette reconnaissance, nous sommes aptes à recevoir des subventions aussi bien de l’Etat que des organisations non gouvernementales. Nous voulons l’utiliser pour rendre l’enseignement de la musique, de manière générale, accessible à tous », indique Camille Lhommeau, directrice de l’établissement. Elle se donne également comme objectif de faire bénéficier le savoir des professeurs de son institut aux écoles publiques de Dakar pour que les enfants aient la chance de découvrir certains instruments. Les musiciens professionnels font également partie de ses cibles.

L’école de musique Eha est une structure moderne disposant de divers instruments et un matériel scénique de bonne qualité.

Le musicien sénégalais, Cheikh Lô, est le parrain de l’établissement.

Alassane Aliou MBAYE

Samedi dernier, les artistes et participants de la septième édition du Festigraff sont descendus de la Maison de la culture Douta Seck à l'Institut français (Dakar-Plateau) pour le concert de clôture de l'événement. Celui-ci dure officiellement jusqu'à jeudi prochain. Retour en musique et en peinture sur le concert de samedi, dont l'invité d'honneur était le rappeur Simon qui a réalisé une performance inédite.

Tout au long de la soirée, plus d'une quinzaine de rappeurs, en solo ou en groupe, professionnels et amateurs du public, en battles, en freestyle, se sont partagés la scène de l'Institut français. Tous débitaient leurs flows sur les sons mixés par Dj Zeina qui a fait se lever l'assistance à maintes reprises, notamment lorsqu'elle scratchait. Parmi les artistes présents, on retiendra le très percutant duo Fibou Clay. Un homme et une femme en symbiose jusque dans leurs tenues assorties, qui ont offert au public deux morceaux cadencés. Un trio féminin, Goddle, a fait également s'embraser l'assemblée, qui remplissait les gradins au fur et à mesure de la soirée. Elles ont séduit le public au point d'être rappelées par la maîtresse de cérémonie pour un morceau a capella.

La star de la soirée, c'était évidemment Simon. Il est intervenu à deux reprises pendant le concert. Il s'était lancé un défi ce soir. Faire du hip hop avec des instruments africains traditionnels. Il était donc entouré de trois musiciens : un percussionniste jouant des calebasses, un virtuose de la kora et un joueur de balafon. Et le pari est réussi ! Simon a réussi à nous emporter dans des morceaux à texte calmes – se prêtant plus aux instruments utilisés – et à faire danser tout le monde en mêlant ainsi les origines américaines du rap aux origines sénégalaises du rappeur.

Pendant la première prestation de Simon, des graffeurs ont commencé à venir taguer un pan de mur placé sur scène spécialement. Pendant une grosse demi-heure, une dizaine de graffeurs se sont donc relayés sur scène pour dresser une fresque changeante en temps réel. Les tags s'accumulaient les uns sur les autres.

Les graffeurs taguant au rythme de la musique, l'odeur des bombes de peintures se mêlant aux textes déclamés avec force par les rappeurs, l'auditoire s'est peu à peu laissé emporter, certains allant même jusqu'à venir se déhancher sur l'avant-scène en fin de concert, sur We Rollin de Simon, revenu clore cette soirée.   

        
 Nicolas CERTES (stagiaire)

Les responsables de l’Association Saint-Louis/Jazz ont reçu hier un arrêté préfectoral du 2 mai 2016, « portant interdiction de la tenue des manifestations liées au festival international de jazz sur la voie publique et dans les lieux publics » initialement prévues du 11 au 16 mai.

Le président de l’Association Saint-Louis Jazz, Me Ibrahima Diop, et les membres de son staff ont tenu hier un point de presse, pour confirmer cette information de dernière minute. Ils ont précisé que les motifs évoqués par le préfet du département de Saint-Louis dans cet arrêté sont relatifs « au contexte sécuritaire ambiant, à la vulnérabilité de la commune de Saint-Louis, au refus des organisateurs de s’engager dans l’effort de sécurité ».

Me Ibrahima Diop a laissé entendre que depuis 24 ans, l’Association Saint-Louis Jazz, de manière ininterrompue, organise ce festival « mais c’est la première fois qu’elle reçoit un arrêté préfectoral interdisant formellement la tenue des manifestations pour des raisons liées à la sécurité ».

Selon Me Diop, cette nouvelle est assimilable à une véritable secousse qui risque de briser le rêve de toute une population qui espérait, comme les années précédentes, réaliser de bons chiffres d’affaires dans les domaines du transport, de la restauration et de l’hébergement des milliers de festivaliers, de touristes et autres visiteurs qui déjà commençaient à rallier la ville.
Les responsables de l’Association Saint-Louis Jazz ont précisé qu’ils n’ont jamais refusé de s’engager dans l’effort de sécurité, soulignant cependant « l’impossibilité pour leur association de décaisser les 15 millions exigés par les autorités pour faire face à l’ensemble des charges et autres problèmes liés à la sécurité ».

D’autant plus qu’ils ne disposent actuellement que des 25% du budget de 214 millions de FCfa prévu pour l’organisation de la 24ème édition de ce festival international de jazz.

Me Diop et ses proches collaborateurs ont rappelé que toutes les dispositions ont été déjà prises pour commander des billets d’avion pour les musiciens et autres artistes retenus pour animer ce festival, pour des réservations dans les hôtels de la place et autres réceptifs (auberges, campements touristiques, etc.), l’organisation d’excursions, ballades touristiques, de spectacles populaires, de nuits folkloriques et plusieurs autres manifestations d’assez-bonne facture prévues pour égayer ces milliers de festivaliers. Ils ont encore invité les pouvoirs publics à prendre bien conscience des conséquences désastreuses que cette interdiction risque d’engendrer sur les plans économique, social et culturel.

Me Ibrahima Diop et son staff souhaitent néanmoins poursuivre les négociations avec les pouvoirs publics, en vue de réfléchir sur les voies et moyens à mettre en œuvre pour faire face ensemble à ces problèmes de sécurité et sauver l’organisation de cette 24ème édition du festival international de jazz de Saint-Louis.

Mbagnick Kharachi DIAGNE

L’auditorium de l’Institut Iseg a servi, hier, de cadre pour célébrer la Journée mondiale de la liberté de la presse. Organisée par la Coordination des associations de la presse du Sénégal (Cap), en partenariat avec Osiwa et le Cnra, la rencontre a été une occasion pour les organisations professionnelles des médias de débattre sur l’absence de politique structurante du secteur des médias.

Les organisations professionnelles des médias du Sénégal se sont réunies en Coordination des associations de la presse du Sénégal (Cap), pour célébrer hier, dans une dynamique unitaire, la Journée mondiale de la liberté de la presse. Les représentants du Syndicat national des professionnels de l'information et de la communication du Sénégal (Synpics), du Conseil pour l'observation des règles d'éthique et de déontologie dans les médias (Cored), de la Convention des jeunes reporters du Sénégal (Crjs),  du Conseil des diffuseurs et éditeurs de presse du Sénégal (Cdeps) et de l’Association des professionnels de la presse en ligne (Appel) ont  animé un panel sur le thème « Absence de politique structurante pour les médias au Sénégal : quelles réponses ? ». 

A travers cette thématique, les panélistes ont débattu et échangé avec le public sur la question de la liberté de presse, de l’usage de la liberté d’expression dans le paysage audiovisuel, du projet de Code la presse, de la situation précaire de certains journalistes dans l’exercice de leur métier, entre autres.  Dans leurs communications respectives, ils ont tous émis le souhait de voter le projet de Code de la presse.
Le secrétaire général du Syndicat national des professionnels de l'information et de la communication du Sénégal (Synpics), Ibrahima Khaliloullah Ndiaye, a, dans sa communication, mis l’accent sur l’accès à la profession qu’il faudrait revoir. D'après le secrétaire général du Synpics, il y a plusieurs métiers qu’on ne peut exercer sans formation, mais ce n’est qu’au Sénégal que n’importe qui peut se prévaloir du titre de journaliste.

Cotisations sociales et couverture médicale
« Certes la définition qui nous régit est tellement ouverte, mais nous avons jugé nécessaire de mettre des garde-fous pour que l’accès à la profession puisse être réglementé et que les gens aient un minimum requis de ce métier », argue-t-il. Se référant au projet de Code de la presse, M. Ndiaye indique que ce profil type de journaliste est décliné comme étant quelqu’un qui a fait une école de formation en journalisme dûment reconnue par l’Etat, et l’autre pendant de l’article 168 est qu’une personne peut être considérée comme journaliste si elle détient, au préalable, une licence dans une discipline quelconque mais également a fréquenté une rédaction qui peut la former sur le tas au bout de trois ans, et cette formation sera attestée par une commission de validation des acquis.

Revenant sur le libellé du thème de la journée, le secrétaire général du Synpics pense que le Code la presse qui est le dénominateur commun pour toutes ses organisations de professionnels des médias est une réponse plus qu’éloquente par rapport à ces difficultés. « Mais malheureusement, il n’est pas pris en compte par les autorités », s’est-il désolé.

Le représentant du Conseil des diffuseurs et éditeurs de presse du Sénégal (Cdeps), Mamadou Ibra Kane, a, pour sa part, fustigé le manque de cotisations sociales, de couverture médicale pour la majorité des entreprises de presse. D'après M. Kane, avec cette situation, il se pose une certaine précarisation des journalistes. Dans sa communication, le président du Cored, Bacary Domingo Mané a, lui aussi, émis le souhait de voir le Code de la presse voté pour permettre au Tribunal des pairs de pouvoir retirer, en cas d’infraction,  la carte d’identité de presse. Le conseiller du président du Cnra a exposé sur l’usage de la liberté d’expression dans le paysage audiovisuel. En ce sens, il a appelé les acteurs et professionnels à ne pas vulgariser des propos qui remettent en cause la cohésion sociale pour la recherche d’audimat, de « buzz » ou d’exclusivité.


Maguette Guèye DIEDHIOU

Les photoreporters demandent plus de considération
« La place du photojournalisme dans la société ». Ce thème a réuni, hier, à la Maison de la presse, des professionnels de médias. Une occasion pour mettre en exergue le rapport de complémentarité qui existe entre photographe et journaliste.

A l’instar de la communauté internationale, le Sénégal a célébré la Journée de la liberté de la presse. L’Union nationale des photojournalistes du Sénégal (Unpjs) a choisi d’organiser un panel, pour parler de l’importance du photojournalisme dans la société. En sous thème, c’est le professeur Abdoul Aziz Bathily qui a traité le rôle du photojournalisme dans la rédaction. Selon lui, le photographe écrit avec son appareil. «Il doit être bien formé et capable d’imagination. Les rapports entre lui et le reporter doivent évoluer. On ne peut pas prendre plusieurs images et n’en sortir qu’une seule dans un journal. Nous devons nous battre pour mieux asseoir notre rôle dans les rédactions », a-t-il avancé. M Bathily note une relation de complémentarité entre reporter, photojournaliste et secrétaire de rédaction.

Image et droit d’auteur
Quant au journaliste et étudiant-chercheur Amadou Bâ, il a présenté les résultats de ses recherches basées sur l’histoire de la photographie au Sénégal. « Les photojournalistes sont sous-valorisés et ne sont pas considérés. 70% des reporters photographes qui dépendent d’un organe n’ont pas de statut », a-t-il expliqué, avant de regretter leur faible niveau d’études. Amadou Bâ a aussi déploré les mauvaises photos plaquées dans des journaux et qui ne collent pas à l’actualité. Si nombres de photos ne sont pas signées, le journaliste-chercheur dira que cela repose le problème du droit d’auteur. Un sujet traité par Jacqueline Ndiaye du Bsda.

A en croire Mme Ndiaye, « photojournalisme et droit d’auteur » vont de pair. « Au-delà de l’originalité, il faut une forme et une matérialisation. Des amateurs prennent des photos pour les vendre sans qu’un travail professionnel ne soit fait », a-t-elle déploré. Elle est d’avis que cette corporation compte dans ses rangs beaucoup d’amateurs qui se prêtent au jeu de l’image. Revenant sur les attributs du droit d’auteur, Mme Ndiaye invite au respect de la propriété d’autrui.

L’enseignant-chercheur au Cesti Sellé Seck est, lui, revenu sur l’éthique et la déontologie des photojournalistes, qui racontent l’histoire. Il dira que ces derniers traduisent l’événement par des images. Il a fait comprendre qu’on doit rétablir le photoreporter dans sa dignité de journaliste. Pour Jean Claude Coutausse, un autre panéliste, l’évolution des technologies n’est pas sans crise. Le panéliste constate une précarité dans le corps des photographes.  

Le modérateur des débats, Mamadou Koumé, a fait comprendre que de par cet acte, les membres de l’Unpjs donnent à la photo toute la place qui sied dans la société. Il dira que la photo, qui rend compte d’une situation, dans un style vivant, peut donner aussi une portée historique. C’est le cas des expositions et autres images trouvées dans les archives. « C’est un véritable musée », a-t-il apprécié, non sans déplorer l’absence de signature de certaines photos.
De son côté, le secrétaire général sortant de l’Unpjs, Alioune Mbaye, a dit que cette structure existe depuis octobre 2004. Son objectif est de promouvoir le photojournalisme et de placer ses membres dans les meilleures conditions d’exercice de leur métier.

Serigne Mansour Sy CISSE

Encadrés par les artistes Anta Germaine Gaye et Viyé Diba, des élèves de Rufisque ont restitué tout leur génie créateur pour donner une autre image au patrimoine de la « Vieille Ville », en peignant les objets de leur environnement immédiat.

C’est une expérience inédite que la quinzaine d’élèves rufisquois viennent de vivre. Deux jours d’atelier organisé par le Centre culturel Maurice Guèye de Rufisque leur ont permis de peindre les objets de leur environnement immédiat. A travers la technique du sous-verre, certains d’entre eux ont reproduit de vieux bâtiments rufisquois en décrépitude, d’autres se sont intéressés aux tas de détritus laissés sur les rues de la « Vieille Ville ». Pour d’autres encore, le regard est porté sur les calèches (une autre particularité de Rufisque) ou sur le patrimoine immatériel lébou…

Au finish, les enfants sont surexcités de montrer à leurs parents le travail réalisé sous l’encadrement de Anta Germaine Gaye, artiste et enseignante de la technique de sous-verre, et de l’artiste plasticien Viyé Diba. « Ce fut une tribune d’expression privilégiée qui a permis aux enfants, à travers des photos et la technique du sous-verre, de mettre l’accent sur ce qui détruit l’environnement et de les inciter à changer de comportement », explique Anta Germaine Gaye.

Ces jeunes élèves se sont certes inspirés des photos déjà réalisées, mais la technique du sous-verre leur a permis de mettre leur touche personnelle et de faire montre de leur sensibilité. « Ils avaient la possibilité de refaire le monde en inversant le système des couleurs. Il fallait donc leur faire confiance et les mettre devant leur responsabilité », ajoute Anta Germaine Gaye.

Pour Viyé Diba, le sous-verre est une technique accessible aux enfants et il leur a permis de se rendre compte que le patrimoine est important et d’essayer de le sauvegarder. Pour Cheikh Ahmed Tidiane Diop, l’un des élèves qui a pris part à cet atelier, la valorisation des vieux bâtiments de Rufisque est bien possible. Cet atelier, organisé dans le cadre de la Biennale, leur a donc permis d’avoir un regard neuf et de se rendre compte de ce qui est possible de faire pour vivre dans un monde meilleur.

Maguette NDONG

Touche-à-tout, Jean-Louis Dacosta et ses amis musiciens, réunis dans la structure « Tabanka International », s’est remis au micro pour préparer un album. Un produit de pure variété de seize titres qui devrait être présenté d’ici la Fête de la musique, célébrée en juin.

C’est à travers leur structure dénommée « Tabanka International », productrice d’événements sportifs, culturels, de téléfilms, que Jean-Louis Dacosta et ses amis comptent mettre un nouvel album en juin. Un produit de seize titres dans un style de variété, pour sensibiliser sur des thèmes de l’environnement, de la drogue, entre autres faits de société. « Au-delà de cet album, notre structure « Tabanka International » compte également produire un téléfilm pour sensibiliser sur les méfaits de la drogue. Nous sommes à la recherche de partenaires pour faire aboutir cet ambitieux projet culturel… », a confié M. Dacosta lors d’une visite à notre Rédaction.

Vito Camara, musicien et arrangeur de la maquette du prochain album de « Tabanka International, qui l’accompagnait, a détaillé les titres qui sonnent tantôt rock, reggae, zouk, ska, acoustique… Tout un engouement autour de ce produit que le groupe de sept artistes musiciens peaufine dans un studio en banlieue dakaroise.

Ils comptent mettre le produit sur le marché avant la célébration de la Fête de la musique et la Journée internationale de l’environnement en juin prochain. Ils comptent d’ailleurs organiser des spectacles et ont concocté un titre dédié à l’écologie dans leur futur album. Dans leurs activités de tous les jours, les membres de « Tabanka International » disent soutenir des enfants en situation défavorisée, en les initiant aux arts martiaux, entres autres activités sportives et sociales.

O. DIOUF

L'espace showroom « BMW » à Dakar accueille, jusqu'au 4 juin prochain, l'exposition  « Force et fierté de la femme africaine ». Ce travail regroupant une trentaine de photographies est inscrit dans le cadre de la programmation « Off » de la douzième édition de la Biennale de l'art africain contemporain de Dakar.

Il s'agit bien d'un travail qui rompt avec les représentations stéréotypées des femmes. « Force et fierté de la femme africaine », nous entraîne tantôt dans le monde sensuel de la femme, tantôt dans un espace où la gent féminine laisse peser tout son poids. A voir jusqu'au 4 juin prochain, cette exposition regroupant une trentaine de photographies propose de revisiter le rôle des femmes dans la société  sénégalaise en particulier et celle africaine d’une manière générale.

Les clichés du collectif « Sunu Nataal » ont déjà séduit, il y a deux mois, au Musée Théodore Monod de Dakar, dans le cadre de la célébration de la Journée internationale de la femme. C’est pour poursuivre cette dynamique de célébration de la femme africaine qu’elle a été intégrée dans la programmation  « Off » de la douzième édition de la Biennale de l’art africain contemporain de Dakar. Ici, les portraits de femmes exhument toute la richesse de cette exposition dont la plupart des œuvres sont en noir et blanc.

La quinzaine d’exposants a voulu, chacun en ce qui le concerne, porter son objectif sur un aspect faisant l’originalité de la femme africaine. Ainsi qu’elle soit traditionnelle ou moderne, la femme apparaît dans ces photographies comme un sujet inconnu à découvrir et à explorer. Les clichés racontent des instants intimes (« Invocation » de Thierno Yéro Bâ).

Originalité

Dans sa démarche, ce jeune photographe immortalise la femme sénégalaise sous une forme sensuelle et lascive. Son œuvre s’intéresse à tout  l’arsenal de séduction de la femme traditionnelle et moderne.

Swado Wade a choisi de capter la dynamique des femmes dakaroises, à travers son œuvre « A day in my life ». Il s’agit d’un portrait d’une femme chef d’entreprise et à la fois mère de famille. Dans un cliché hors du temps en noir et blanc, Daouda Timera, de son côté, magnifie toute la puissance et la mine d’informations qui se cache derrière le regard de la femme. Son portrait, à travers une accentuation de contraste et de forme, met en scène une jeune dame voilée, un  cure-dent bien serré entre les lèvres.

L’expo « Force et fierté de la femme africaine », c’est aussi une plongée dans le monde des femmes rurales parfois confrontées à un difficile d’accès à l’eau portable (« Oh mon pays », Ibra Khalil).

Ibrahima BA

La musicienne d’origine béninoise, Angélique Kidjo, et trois mouvements de jeunes militants africains (Y’en a marre, Balai citoyen et Lucha) présentant un caractère mobilisateur se sont vu décerner conjointement le prestigieux prix Ambassadeur de la conscience 2016, a déclaré Amnesty International. Ils seront mis à l’honneur lors de la cérémonie de remise, qui se tiendra le 28 mai à Dakar.

« Le prix Ambassadeur de la conscience récompense des personnalités ayant fait preuve d’un courage exceptionnel pour combattre l’injustice. Angélique Kidjo et les membres de Y’en a marre, du Balai citoyen et de Lucha sont tous d’ardents défenseurs des droits humains, qui mettent leur talent au service de la mobilisation », a déclaré Salil Shetty, secrétaire général d’Amnesty International.

Pour avoir revendiqué l’amélioration de leurs conditions de vie et de travail, deux délégués syndicaux ainsi qu’un autre syndicaliste de l’hebdomadaire Nouvel Horizon ont été réduits au chômage technique. Toutefois, le Synpics compte mener le combat judiciaire pour que ces journalistes soient rétablis dans leur droit.

En mettant les leaders syndicaux de sa boite en chômage technique, Abdoulaye Bamba Diallo cherche « à décapiter le syndicat à Nouvel Horizon », selon Ibrahima Khaliloulah Ndiaye. Le secrétaire général du Synpics, en compagnie de Mme Gadiaga Diop Dione, chargée du genre au Bureau national du Synpics et secrétaire général de la section Synpics de Nouvel Horizon, était en conférence de presse mardi pour dénoncer ce licenciement ciblé. « Abdoulaye Bamba Diallo a ciblé les personnes dont il voulait se débarrasser. Il a toujours voulu licencier, mais il n’a pas pu parce que nous nous sommes toujours dressés devant lui. Il a maintenant mis sa menace en exécution en parlant de chômage technique. Mais nous savons que nous avons le droit avec nous. Nous allons vers un combat judiciaire », a averti le secrétaire général du Synpics.

Dix jours seulement après la  célébration de la Journée internationale du travail, regrette Ibrahima Khaliloulah Ndiaye, les droits des travailleurs des médias viennent, encore une fois, d’être foulés aux pieds par un patron de presse. « Un certain nombre de patrons de presse utilisent leur proximité avec le président de la République, que nous interpellons pour la énième fois d’ailleurs, pour violer les dispositions du Code du travail. C’est contraire à l’engagement du président Sall pour une justice équitable », a déploré le journaliste.

Revenant sur les faits, le secrétaire général du Synpics explique que son syndicat avait entamé une procédure à l’Inspection du travail par rapport à un certain nombre de griefs qu’il  reprochait au patron de l’hebdomadaire depuis le 8 mars.

Pour Mme Gadiaga Diop Dione, secrétaire général de la section Synpics de Nouvel Horizon, et qui est également concernée par cette mesure, Abdoulaye Bamba Diallo ne veut pas voir de syndicats dans sa maison. « Il a rayé le syndicalisme à Nouvel Horizon. Nous avions porté un certain nombre de revendications à l’Inspection du travail. Nous demandions tout simplement l’achat d’outils de travail, le reclassement d’un journaliste, le paiement des salaires à temps et dénoncions aussi l’atmosphère délétère dans l’entreprise », a insisté la chargée du genre au Synpics.

Selon Mme Gadiaga Diop Dione, lorsque la requête a été introduite, l’Inspection du travail leur a donné raison parce qu’ils avaient le droit avec eux. C’est au moment où ils étaient en train de signer le procès-verbal de non conciliation pour avancer qu’Abdoulaye Bamba Diallo a introduit à l’Inspection du travail, « sans respecter la procédure, une mise en chômage technique des deux délégués et un syndicaliste avec qui il n’était plus en odeur de sainteté ». « Si tous les employeurs faisaient de la sorte que deviendrait l’action syndicale », s’est-elle interrogée. Mme Dione promet de se battre avec la dernière énergie pour que le droit soit respecté.

Ndiol Maka SECK

A Kolda, le directeur du Centre culturel régional a invité les populations et les collectivités locales à s’impliquer davantage dans la promotion et la sauvegarde de leur patrimoine culturel.

Les lampions se sont éteints, dimanche sur les journées nationales du patrimoine. Pour cette année, c’est la commune de Kolda qui avait l’honneur d’abriter d’importantes manifestations culturelles qui ont eu lieu du 6 au 8 mai. Pour réussir ce pari, le Centre culturel régional avait décidé d’organiser les activités en collaboration avec le Réseau des clubs de littérature, d’arts et de philosophie pour faciliter la mise en œuvre du programme qui a été concocté au niveau local.

Pour la première journée, les participants ont suivi avec attention la conférence sur le thème «  Patrimoine culturel et développement du terroir », qui a été animée par d’éminentes personnalités du monde culturel notamment Sadikh Sall et le directeur du Centre culturel régional de Kolda, Abdoulaye Lamine Baldé. Cette conférence a été suivie par des projections de vidéos sur les expressions culturelles de la région et l’inventaire des musiques traditionnelles du Fouladou qui a été réalisé grâce au soutien de la Direction du patrimoine culturel du ministère de la Culture. La journée de samedi était consacrée, quant à elle, à des visites des principaux sites culturels et des lieux de mémoire de la région de Kolda, notamment l’ancien Tata de Moussa Molo Baldé (ancien roi du Fouladou) à Ndorna, une localité située dans le département de Médina Yoro Foulah, le mythique arbre Moussa Molo Baldé de Doumassou, dans la commune de Kolda, et le Centre de recherche zootechnique de Kolda.

« Ces visites s’inscrivent dans le cadre global de la campagne de sensibilisation des populations, des communautés et des collectivités locales sur la nécessité de sauvegarder et de valoriser notre patrimoine culturel commun. Ce sont des vecteurs d’histoires, de traditions et de croyances qui peuvent être des leviers très importants pour le développement local et la promotion du tourisme dans notre région. Je considère que la relance de ces journées de patrimoine va largement contribuer au positionnement de notre terroir parce que nous avons d’énormes potentialités culturelles à faire découvrir et à monter au reste du monde », déclare Abdoulaye Lamine Baldé.

Il demande aux populations et aux collectivités locales de s’impliquer davantage dans la sauvegarde et la promotion de ce riche patrimoine culturel qui renforce, selon lui, leur sentiment d’appartenance et une grande fierté pour les populations du Fouladou.

Mamadou Aliou DIALLO

L’Amicale des étudiants du Centre d’études des sciences et techniques de l’information (Cesti) organise, depuis hier jusqu’au 14 mai 2016, ses journées d’intégration.

L’objectif principal de cet événement est de raffermir les liens entre les étudiants. Les parrains de cette édition sont la Fondation Kéba Mbaye, le ministre Abdou Latif Coulibaly, journaliste et ancien formateur au Cesti, et Racine Talla, directeur général de la Rts. Diverses activités sont prévues durant ces journées. Il s’agit notamment d’une conférence sur l’Ethique, co-organisée avec la Fondation Kéba Mbaye, d’une projection d’un film réalisé par les étudiants de la 45e promotion, d’une veillée culturelle d’intégration africaine, d’un festival de journaux lycéens.

Cette dernière activité, selon le président de l’amicale, Seydina Ababacar Guèye, s’inscrit dans une volonté de promouvoir le journalisme dans les lycées et de permettre aux jeunes de s’en imprégner davantage. En plus d’une journée portes ouvertes, il est prévu un dîner de gala à la place du souvenir le 14 mai. Il sera animé par de grands artistes dont Adiouza et Pape Birahim. Ce sera l’occasion aussi de primer des journalistes en activité.

A. A. MBAYE

La Fondation Léopold Sédar Senghor, partenaire de Japan Airlines Foundation,  a récompensé, vendredi dernier, 22 enfants dont cinq lauréats, un Prix spécial et seize prix d’encouragement, dans le cadre du concours Haïku pour enfants.

Pour la 14ème édition, le concours Haïku pour enfants qu’organise le Japon depuis plus de 30 ans a vu la participation d’enfants de 22 établissements scolaires et de 14 centres culturels régionaux du Sénégal. Le Haïku montre la capacité des Japonais à exprimer leur vécu à travers le rapport qu’ils ont avec l’environnement, mais aussi leur ouverture au monde. Le concours est ainsi une compétition de poèmes, une occasion pour la Fondation Léopold Sédar Senghor de déceler de jeunes talents du verbe, articulé au génie poétique. Selon le directeur général de la Fondation Léopold Sédar Senghor, Alphonse Raphaël Ndiaye, le Haïku est un art poétique majeur du Japon. En effet, sur 480 œuvres poétiques recensées, seules les 22 ont  été récompensées. Il a salué l’inspiration de ces jeunes talents qui écrivent en observant la nature. A l’en croire, celle-ci doit être respectée. « Vous avez pris une lancée ; il faut continuer », a-t-il exhorté, avant d’inviter les parents à encourager leurs enfants. M. Ndiaye pense que le Haïku enseigne la précision, la concision et la pertinence.

Pour le directeur du cabinet du ministre de l’Education nationale, Joseph Pierre Ndiaye, il faut faire de telle sorte que les élèves des 14 régions du Sénégal soient impliqués dans ce concours, car le Haïku est, à ses yeux, une philosophie. « Le haïku permet de mettre une âme dans votre vers », a-t-il laissé entendre.

Les 5 lauréats vont participer au concours mondial de Haïku pour enfants. Le  vainqueur de l’édition 2015-2016 au Sénégal est Cheikh Tidiane Diagne, un élève de 14 ans des Cours Sainte Marie de Hann. Le même établissement a remporté le Prix spécial avec Imran André Saloum Bâ, un élève de 12 ans. Leur talent a été salué par son Excellence Takashi Kitahara, ambassadeur du Japon au Sénégal.

Serigne Mansour Sy CISSE

Après dix ans d’absence, le jeune artiste sénégalais vivant en Belgique Mag Niko est revenu au bercail pour la promotion de son premier album solo intitulé « Tout Ce Temps ». Méconnu du public sénégalais, ce natif de Ziguinchor, de son vrai nom Prospère Nicolas Diédhiou, évolue à Liège et fait dans la variété. Dans son album, il dévoile ses sentiments, doutes, convictions, joie. Rencontre…

Son accent sonne titi parisien lorsqu’il s’exprime en français. Pour autant, son diola est impeccable et son wolof irréprochable. Le jeune musicien Prospère Nicolas Diédhiou, alias Mag Niko, parle également couramment l’anglais et l’espagnol. Il est, en quelque sorte, un exemple parfait de ce que le président-poète Senghor appelle « le métissage culturel ». Et l’artiste le vit d’ailleurs jusque dans sa musique où il alterne reggae, rock et  rap électro.
Autour-compositeur-interprète et arrangeur vivant en Belgique, Mag Niko est, depuis un mois, au Sénégal dans le cadre de la promotion de son premier album solo intitulé « Tout Ce Temps ». Il y dévoile dans les treize titres qui le composent ses sentiments, doutes et convictions, teintés de joie. « J’utilise le rap pour aller à l’essentiel tout en étant cohérent, mélodieux et non agressif. J’utilise le reggae parce que quand tu as des choses importantes à dire, c’est souvent la musique qui s’y prête. Pour le Rap électro, c’est pour faire danser les gens », explique-t-il avec une aisance déconcertante.

Définir sa musique est donc, pour lui, difficile. L’artiste se dit vivre assez d’influences pour ne pas se laisser limiter à un seul style. Par exemple, lors de ses rencontres, ses fans adorent, particulièrement, l’entendre lâcher la vibe reggae. Très ouvert dans son écriture, Mag Niko traite des sujets très éclectiques. Il a l’art de chanter ce qu’il pense au lieu de le crier. Cela relève d’une magie existentielle qui lui est venue en aide dans sa relation avec sa mère. Leur communication très compliquée, retranscrite et tamisée par le filtre de la chanson, devenue soudainement plus facile, est l’instigatrice d’un déclic. Constatant que cette méthode est efficace, le jeune chanteur décide de s’en servir plus amplement pour donner son point de vue sur tout ce qui le marque pour partager ses émotions et ses sentiments.
Mag Niko aime bien l’amitié féminine. D’ailleurs, dans une de ses chansons intitulée « Elle me disait », il rend un hommage à sa maman et à toute la gente féminine, lui qui a été élevé par ses tantes. « J’aime bien l’amitié féminine. Quand une femme dit qu’elle va t’aider, elle va le faire », laisse-t-il entendre.

Son amour pour la musique remonte à ses années de lycée au séminaire Saint-Louis à Ziguinchor, où il occupait son temps libre à la composition et à l’écriture sous l’influence de la chorale. Le baccalauréat en poche en 2007, il rejoint sa mère à Liège en Belgique pour poursuivre des études de droit.

Il  découvre alors la musique sous un autre angle. Curieux et ouvert à la nouveauté, il intègre le monde des Jam sessions. Mag Niko se démarque rapidement, sans doute par sa personnalité et le magnétisme qu’il dégage, de sorte qu’il reçoit plusieurs propositions de collaborations sur des styles de rap, reggae, rock, électro. Bercé toute son enfance par les rythmes et mélodies traditionnelles sénégalaises, particulièrement Youssou Ndour comme représentant de l’univers musical dans lequel il a baigné. Le roi du Mbalax reste d’ailleurs son idole. « J’ai envie de faire comme Youssou Ndour. Il a ouvert une bonne voie aux artistes. C’est de par la musique qu’il fait son business. Dans le domaine musical, si tu fais les choses convenablement, tu peux vite engranger des revenus. Maintenant, il faut bien utiliser cet argent de sorte à le pérenniser. C’est ce qui manque souvent aux artistes africains », soutient t-il.

Influences musicales
Ensuite, porté par la musique reggae, il découvre l’histoire du mouvement rasta en écoutant Bob Marley. Dans la même couleur musicale, l’artiste apprécie également la persévérance et le message d’Alpha Blondy qui, pour lui, a bien africanisé le reggae. Michael Jackson figure également parmi ses influences, Mag Niko dit l’avoir ingéré avec une faim insatiable. Et s’il lui manquait une touche sensible à ces différentes influences musicales, il la trouve en Phill Collins qui lui donne l’envie de jouer le piano.
Dans sa musique, le jeune artiste sénégalais utilise à sa guise plusieurs langues. Par exemple, dans le morceau « Tukki man », il chante en wolof. Dans  « Dém », c’est un mélange wolof-français.  Il peut aussi commencer par le wolof et ensuite terminer par le français.
Si au Sénégal, Mag Niko reste encore un grand anonyme, il est aujourd’hui en train de prospecter des collaborateurs avec qui il pourrait travailler. « Je ne connais pas tellement les jeunes en vogue au Sénégal parce que je me suis absenté pendant dix ans. Je viens de monter ma propre structure : la Mag production, d’autant plus que j’ai envie de faire de l’art. En Belgique, c’est très compliqué d’entrer dans le code des labels. Si tu y entres tu perds même cette identité personnelle et ils te façonnent à leur manière. Soit tu acceptes, soit tu t’en vas », explique-t-il.

Néanmoins, le jeune chanteur est en train de prouver tout son génie dans ce pays. Amoureux de la scène et du live, Mag Niko sait s’entourer correctement de personnalités alliant solide formation musicale et superbe expérience scénique afin que la reproduction live de ses compostions reste identique à l’âme qui leur a donné vie.  Le jeune musicien s’intéresse aussi à tout ce qui est actualité et à tout ce que disent les hommes politiques. Pour lui, « il faut savoir ce qui se décide si tu as envie de réveiller ceux qui dorment ». Aujourd’hui, il se dit réceptif à toutes les propositions qui sont en adéquation avec ses convictions. « Chacun a sa mélodie, la vie en elle-même en est une, accordons-les de sorte à rendre notre existence plus harmonieuse », conclut Prospère Nicolas Diédhiou.

Par Ndiol Maka SECK

A pas forcés, Cheikh Lô a entrainé et ébloui la Place Faidherbe de Saint-Louis. Durant plus de deux heures d’échange, l’esplanade abritant le festival de jazz a été transformée en piste de danse par des spectateurs aux anges. Même après 40 ans de carrière, l’artiste musicien au look « Baye Fall » est toujours plaisant à regarder performer.

Ce concert, on en sort la tête dans les étoiles, les pieds lourds à force de trépigner, pour suivre la cadence imprimée, de bout en bout, par Cheikh Lô et sa bande. En fait, l’artiste avec ses 40 ans de carrière révolus a toujours de l’énergie à revendre, surtout quand son saxophoniste béninois Wilfred se mêle à la discussion, avec comme objectif égayer le public de Saint-Louis Jazz. A y voir de près, l’on se rend compte que le vieux routier n'a pas pris une ride, quand vient le moment de se bouger ou de produire des notes. Durant toute la prestation, allant et entrain furent les maîtres mots.


En véritable adepte de Cheikh Ibra Fall, compagnon du fondateur du mouridisme Khadim Rassoul, l’amorce de cette performance a été teintée de spiritualité. Normal car que deviendrait ce musicien Baye Fall sans une référence à ses guides spirituels. Assurément rien. Quand il chante ses marabouts, lui «Ndigël» (surnom qui veut dire respect des conseils et consignes du guide) est saisi d'une douce transe. Les yeux mi-clos, la tête ployant sous le poids des dreadlocks, il est l’absent qui fait danser. A travers sa musique, l’artiste voyage entre Touba, le Gabon et bien d'autres lieux visités par Khadimou Rassoul.Eu égard au répertoire, ce concert à quarante ans d'âge, avec les tubes qui font dérouler tout une partie d’une vie. Au-delà, de «Balbalo» à «Né la Thiass» en passant par «Jamm», «Doxandem», le public de Saint-Louis s’est davantage attaché à Cheikh «Ndigël».

Continuer à vivre
Plus tard, à heure avancée de la nuit, au moment où la fraîcheur se faisant plus pressant, le rythme salsa entonné par le chanteur finira par convaincre les spectateurs, qu'il fallait quitter les chaises pour la piste, afin de se réchauffer. En baroudeur, l’artiste va jusqu’à montrer sa maîtrise de la batterie (il a débuté avec cet instrument).  Le bal commence sous le beau souffle du saxophoniste, un homme à « l'insolente » prestance, métronome de toute la musique de Cheikh Lô. Avec Wilfred, on rigole de plaisir et d'assentiment devant ce maestro.
Après sa prestation de haut vol, Cheikh Lô a soutenu que Ndar est inspirant, tout en soulignant qu’il ne fallait pas frémir devant ces terroristes qui installent la peur. « Il faut continuer à s’amuser et à vivre notre vie. Il ne faut pas avoir peur des terroristes. Si nous n’avions pas joué, ces malfaiteurs auraient gagné», a souligné avec verve l’artiste-compositeur. Pour lui, il fallait faire le job, «jouer notre musique et on a vu que les gens sont venus en masse et ont apprécié. Malgré tout ce qu’on a pu dire, nous avons pu nous amuser avec les spectateurs car il y a assez de sécurité dans ce festival.

En lever de rideau de cette soirée, la Turque Şenay Lambaoğlu a été une belle découverte pour le public. Elle a acheminé le public sur les rives du Bosphore. La doucereuse et avenante musicienne s'est essayée au français pour parler amour et aussi montré douceur et grâce.

Par Amadou M. NDAW
(Photos : Sarakh DIOP)

Au lendemain de l’ouverture de la 24ème édition du Festival international de jazz de Saint-Louis, l’ambiance va crescendo en ville. En attendant, les festivaliers se remettent peu à peu de la désillusion née de la défection d’une des têtes d’affiche.

La nuit a été longue en interrogations à Saint-Louis après l’annonce, mercredi, de la défection du bassiste américain Marcus Miller, la tête d’affiche du festival international de jazz de la ville. Mais, peu à peu, les esprits s’apaisent. « Je pense qu’avec l’interdiction pour des raisons de sécurité, certains ont pris peur, et souvent ces artistes de renom ne prennent pas de risque », souligne Amath Diop, un féru de jazz. N’empêche, lui dit qu’il va se contenter des autres groupes présents à Saint-Louis et savourer son festival.

En ville, l’ambiance est au zénith, avec des touristes et autres mélomanes qui ont pris d’assaut les artères de la vieille cité.  Pour plus de quiétude, les autorités administratives sont à pied d’œuvre pour sécuriser cette rencontre culturelle. C’est dans ce sens que le gouverneur Alioune Aïdara Niang a soutenu que « toutes les dispositions pour un bon festival sont prises, avec un dispositif de sécurité de presque un millier d’hommes ».

Dans tous les lieux de la ville et aux abords du site du festival, les forces de l’ordre dont  le Groupement mobile d’intervention (Gmi) et la Légion de gendarmerie sont visibles en plus des unités spéciales  que l’on peut voir dans certains points stratégiques.

Remplacement de Marcus Miller ?
Côté musique, le mercredi 11 mai, coïncidant avec l’ouverture, le reaggeman marocain Bob Maghreb et son orchestre était attendu pour égayer les adeptes de reggae et aussi fêter la disparition du roi Marley. Hélas, il a fait faux bond aux organisateurs et festivaliers de Saint-Louis Jazz. Ceci, avant que le désistement de Marcus Miller ne vienne en rajouter à la déception de tout un public qui les attendait.

Selon Alex Tendeng chargé de la communication de l’Association Saint-Louis Jazz, « Marcus Miller était attendu et il a annulé deux jours du festival, ce qui est un véritable coup de massue pour nous tous ». N’empêche, dit-il, la détermination afin d’offrir aux mélomanes un bon festival est toujours là. « Nous sommes en train de réfléchir au remplacement de Marcus Miller par un artiste de renom qui va drainer des foules » a confié M. Tendeng.

D’un autre côté, sur la mythique Place Faidherbe, les autorités ont finalement accepté la tenue de la foire des partenaires et des artisans, après avoir émis leur volonté de la délocaliser. La cohue est générale mais petit à petit, les tentes commencent à prendre forme. « Les installations connaissent un retard à cause de la tergiversation mais également du fait qu’une seule société est habilitée à la tâche, aussi bien pour la foire que pour l’installation de la scène du festival », renseigne Amadou Niasse, responsable de la foire. Néanmoins, le travail commence à porter ses fruits. Entre milles et une chose, Cheikh Mbacké Dieng, artiste très occupé, souligne  « avoir déboursé 175.000 FCfa pour la location d’un stand pour 5 jours ».

Au total, confirme le responsable M. Niasse, il y a 66 stands dont la location varie entre 125.000 et 175.000 FCfa selon la taille. Mais, poursuit-il, il y a une dizaine de stands mises gracieusement à la disposition de personnes vulnérables.

Amadou M. NDAW

Habib Faye partage avec le koriste Ablaye Cissoko la scène du projet « Off » du festival de jazz de Saint-Louis, intitulé « Autour de Minuit », démarré hier. Pendant quatre jours, ces deux virtuoses de la guitare basse et de la kora vont donner la pleine mesure de leur talent à l’Institut français de Saint-Louis. Habib Faye annonce dans cet entretien la sortie d’un album avec Ablaye Cissoko, un juste mélange de la sauce africaine avec tous les instruments modernes.

Quel est l’esprit du concept « Autour de Minuit » avec Ablaye Cissoko ?
C’est une excellente initiative. Ablaye Cissoko est un talent reconnu de la musique africaine, qui a fait ses preuves un peu partout. C’est un honneur et un plaisir de participer à ce plateau qu’il organise pendant le festival de jazz de Saint-Louis. Je fais partie de ses invités pour partager avec lui des moments agréables de musique. C’est toujours un plaisir de revenir jouer à Saint-Louis ; une ville qui a son histoire et qui connaît un foisonnement musical, surtout avec le festival. Donc, on fait le « Off » de ce festival et ce sera un bon moment pour ceux qui ont assisté au « In » de venir découvrir autre chose.

Qu’est-ce que votre duo va donner ?
Ce sera un beau plateau puisque je ne serai pas seul. Il y aura d’autres invités-surprises et je pense qu’il y a un moment où on va jouer ensemble dans mon groupe ; ce qui fait un peu d’ailleurs la fusion dans le concept « Cola Nut Café » qu’on avait étalé à Saint-Louis il n’y a pas longtemps. Pour un jour, on va faire ça, mais pour les autres jours, on va accompagner Ablaye Cissoko. On va jouer ensemble et bien s’éclater avec ça. Je vais jouer de la basse, de la guitare et je vais chanter aussi. Ça se fera dans l’intimité, comme si on était dans une maison, autour d’un café pour jouer. L’objectif sera de faire découvrir au public ce côté privé et intime de la musique qu’on joue.

Ablaye Cissoko a ouvert son école d’initiation à la kora. Pensez-vous également à un projet similaire ?
Je transmets mon savoir hors du Sénégal. Je donne des modules de formation de basse dans certaines universités internationales de référence. Je me dis pourquoi pas en Afrique parce que ce sont des Occidentaux qui apprennent à jouer la basse africaine, ça devrait beaucoup plus intéresser les Africains que les Occidentaux. C’est un défaut d’infrastructures, de politiques culturelles. On a besoin d’avoir ces centres de formation de mise à niveau. Un centre pour les gens qui sont intéressés qui veulent accéder à un palier supérieur de la musique. J’ai un projet de centre de formation de musique que je veux mettre sur pied à Dakar. Pour le moment.

Comment se porte votre carrière ?
Très bien. Je rends grâce à Dieu. On fait notre bonhomme de chemin, en essayant de faire des projets, de jouer dans ce qu’on aime faire. On a donc beaucoup de projets. D’ailleurs, dans le cadre du projet « Cola Nut Café », on prévoit de sortir un album avec Ablaye Cissoko. Ce sera un juste mélange de la sauce africaine avec tous les instruments modernes (piano, batterie, basse). C’est un projet africain assez important, on verra ensuite le résultat.

On vous connaissait bassiste, maintenant vous vous êtes mis à chanter…
Je suis devenu chanteur et je l’assume. Avant, c’était très compliqué, mais là j’ai eu à travailler. C’est normal qu’après 30 ans de carrière, tu sois derrière quelqu’un qui chante et il est très difficile de suivre, mais avec les années, ça avance. J’ai eu à beaucoup travailler sur ça, pour la voix surtout, sachant que personne ne va le faire à ma place. Je profite de l’occasion pour préciser que l’album H2O que j’ai sorti en 2012 a bien marqué ma carrière de chanteur. Il m’a ouvert les portes de chanteurs lead, mais aussi de beaucoup de festivals. C’est un album qui regroupe toutes les formes de musique que j’apprécie.

Qu’est-ce qui a motivé l’hommage que vous avez rendu à Jaco Pastorius ?
J’ai, à travers un album sorti en 2004, rendu un hommage à Pastorius. C’est un album qui a marqué son époque. C’est rare de voir un Africain imiter cette icône de la basse. En tant qu’Africain, on a eu ses échos sans le voir. On a écouté ses albums, on l’a copié. A l’époque, il n’y avait pas toute cette technologie. C’étaient les cassettes et c’était plus difficile d’avoir les sons. Cet album était pour moi une façon de lui rendre hommage parce qu’il a été mon école. Je n’ai pas été à l’école de la musique, mais Pastorius l’a été. Je l’ai écouté et copié pour avoir un certain niveau. C’était pour moi un moyen de lui rendre hommage à travers un concert qui a été enregistré. Ce qui nous a permis, un plus tard, de le remixer et de le sortir en disque. Cela a été une belle idée qui a marqué le début de ma carrière.

Réalisé par Samba Oumar FALL

L’atelier « Adideco », en collaboration avec des artistes plasticiens  nationaux et internationaux, a procédé au vernissage de son exposition Dak’Art « Off », le samedi 7 mai. Les artistes plasticiens, à travers leurs œuvres, veulent militer pour un monde juste et solidaire, par le thème de l’intégration.

Les locaux de la Division de la radio-télévision scolaire (Drts) sis au quartier Castors ont changé de décor, le temps de la Biennale de l’art contemporain africain 2016. Dans la salle d’enregistrement de la Division, une trentaine de tableaux d’art sont accrochés au mur. De l’environnement au cosmos, en passant par les valeurs culturelles et la solidarité entre les peuples, autant de thèmes illustrés par une trentaine d’artistes venus d’Afrique, d’Europe et d’Asie. Le public venu nombreux au vernissage, samedi dernier, a été séduit par la diversité et la beauté des créations. La délégation turque conduite par son excellence l’ambassadrice Nilgûm  Erdem Ari fait partie des premiers visiteurs à admirer les tableaux exposés. Après avoir fait un tour de l’exposition, Mme Erdem Ari se dit impressionnée par la qualité des œuvres.

Au cours des visites guidées, le professeur-formateur Assane Thiam, par ailleurs porte-parole des exposants, a expliqué le thème de « l’intégration » choisie  cette année. Selon lui, « le monde de demain est le monde de l’intégration car nous sommes à l’heure où les peuples doivent se parler, échanger et cultiver l’amitié, la solidarité et la  tolérance ».

Lui emboîtant le pas, le commissaire de l’exposition, Aïssatou Dieng, estime qu’au moment où l’on parle d’un village planétaire, d’un monde globalisé, la culture reste le moyen plus efficace pour rapprocher et rassembler les peuples. Et Mme Dieng d’ajouter que les artistes, acteurs et vecteurs de culture doivent être les premiers à réaliser l’intégration.

Des arguments étayés et  renforcés par la marraine de l’exposition, Amy Sarr Fall, directrice d’« Intelligence Magazine ». De son avis, l’art est un secteur où les femmes ont leur place et la Biennale de Dakar offre l’occasion de montrer ce dont les femmes sont capables. Visiblement séduite par la qualité des œuvres, Amy Sarr Fall certifie que le talent est bien là, mais il y a encore beaucoup à faire dans le milieu pour promouvoir les artistes.

De grands acteurs de l’art sénégalais comme Anta Germaine Gaye, Babacar Diop, ancien secrétaire général de la biennale, Adama Boye ont rehaussé de leur présence l’événement. L’exposition se poursuit jusqu’au 19 mai.

Pape Coly NGOME

La journaliste Anta Faye Diop a annoncé, lundi dernier, le lancement du « Journal des enfants et des parents » (Jdep). De périodicité mensuelle, cette publication dont le premier numéro est prévu le 16 juin, se donne comme mission de favoriser et de mettre en évidence les besoins des enfants.

La date de parution du premier numéro est d’une portée très symbolique. Elle coïncide avec la célébration de la Journée mondiale de l’enfant africain. La promotrice du journal entend ainsi, par cet engagement, « faciliter une meilleure visibilité des enfants qui constituent une couche vulnérable de la société et les habituer à la lecture de la presse ». Elle compte donner la parole aux enfants pour « partager leurs préoccupations et développer en eux l’esprit critique » et leur faire accéder à la connaissance du monde pour saisir les enjeux de l’heure.

L’idée, selon Anta Faye, est de parvenir à une périodicité hebdomadaire grâce aux partenariats qu’elle espère nouer, aux abonnements et au sponsoring. Elle ne perd toutefois pas de vue l’étroitesse du marché de la presse et les difficultés auxquelles elle est confrontée. Mais, « craindre l’échec est une façon de s’empoisonner l’esprit. Si nous nous représentons une situation d’échec, nous sommes sûrs d’échouer. De toutes les façons, il n’y a pas d’échec, il n’y a que des résultats », affirme-t-elle.

Le professeur Oumar Dioum trouve cette option porteuse car elle participe à cultiver l’esprit de créativité et d’initiative chez les enfants. Elle est d’une importance stratégique. Sellé Seck, enseignant au Centre d’études des sciences et techniques de l’information, abonde dans le même sens. Il faut replacer, selon lui, l’enfant au centre des préoccupations et en parler en termes moins dramatiques comme il est souvent observé dans la presse sans néanmoins occulter ses difficultés et celles de ses parents.

Alassane Aliou MBAYE

Dans le cadre de la célébration de la 7ème édition du « Come to my home », ouverte depuis lundi à Dakar et ce jusqu’au 27 mars prochain, le Centre de recherche ouest-africain (Warc) a abrité, hier, la conférence inaugurale sur le thème : « L’Afrique : Quel avenir ? ».  

La question de l’avenir de l’Afrique a été largement passée au peigne fin hier, à l’occasion de la conférence inaugurale de la 7ème édition du « Come to my home ». Cet événement interculturel à l’initiative de la Fondation des cultures du monde présidée par le poète marocain, diplomate et artiste, Driss Alaoui Mdaghri, a pour objectif principal d’œuvrer pour la promotion de la paix, « la concorde, la solidarité, l’inter-culturalité, l’amitié entre les peuples du monde ». Mais également consolider les relations séculaires entre le Maroc et le Sénégal.   
« L’Afrique : Quel avenir ? » , thème de la conférence, a permis à des artistes, musiciens, peintres, poètes, intellectuels, écrivains, éditeurs, hommes et femmes de culture de se pencher sur le futur du continent noir. Cela, à l’heure des grandes mutations et de l’uniformisation. L’Afrique fait face aujourd’hui à des enjeux sécuritaires, politiques et économiques. A cela s’ajoute, a expliqué Driss Alaoui Mdaghri, les enjeux technologiques.  
« L’humanité est aujourd’hui à un moment de rupture fondamentale. Certains parlent même de changement d’espèces. Les choses qui sont en train de bouillonner un peu partout auront une répercussion immédiate sur notre vécu. Elles vont dessiner la carte du monde de demain », a-t-il laissé entendre. Pour M. Driss Alaoui, les pays africains ne pourront pas régler un certain nombre de problèmes s’il n’y a pas de concertation et des accords mondiaux.
A ses yeux, il urge de renforcer certaines organisations internationales en dépit de certains errements et des problèmes conjoncturels. Car, à l’en croire, il faut que la gestion et la gouvernance du monde soit une gouvernance réelle. Dans cette logique, les dirigeants doivent également être à la hauteur de leurs responsabilités. D’où toute la nécessité d’avoir des élus sachant faire face aux enjeux du continent.

Des élites engagées
Dans le même ordre d’idées, le ministre conseiller, Penda Mbow, a souligné la nécessité d’avoir des élites solides, engagées et qui ont une perspective par rapport à l’avenir du continent. Selon elle, sans une élite bien formée, il sera très difficile pour l’Afrique d’être présente au rendez-vous du donner et du recevoir. Ce faisant, l’école doit être au cœur des préoccupations, du système démocratique. Dans son intervention, Mme Mbow a évoqué la problématique de la gestion de la démographie en Afrique, la question de l’autosuffisance alimentaire, les changements climatiques.
 « Nos pays sont vulnérables aux effets de changements climatiques par rapport à beaucoup d’autres pays. Evidemment, le changement climatique, la politique démographique mal maîtrisée, les problèmes liés à l’absence d’autosuffisance alimentaire peuvent avoir des conséquences sur la cohabitation pacifique », a-t-elle indiqué. D’après Penda Mbow, les pays africains doivent également régler la question de l’énergie mais aussi celle de l’industrialisation, gage de tout développement.
Réfléchir sur l’avenir de l’Afrique, c’est aussi penser aux défis de la santé. Dans le continent, la transition démographique s’est accompagnée par l’apparition de nouvelles maladies, selon Raja Aghzadi, présidente de l’association « Cœur de femme ». Mme Aghzadi pense que « les systèmes sanitaires doivent être revus et renforcés ». Car, l’avenir de l’Afrique passera aussi par une population en bonne santé.


Relever le défi de la maîtrise énergétique

Si l’Afrique tient à son développement, elle doit relever le défi de la maîtrise énergétique dans l’avenir. En effet, le continent africain souffre d’une crise énergétique considérable avec à la clé une recrudescence de délestages dans beaucoup de pays. Abordant la problématique énergétique en Afrique, Abdessamad Saddouq, de l’Office national de l’électricité et de l’eau portable du Maroc, a relevé la contradiction qu’il y a entre la disponibilité des ressources et le déficit de l’approvisionnement énergétique. Selon lui, d’ici 2040, l’Afrique subsaharienne aura besoin d’investir 240 milliards de dollars  pour atteindre des objectifs extrêmement modestes, consistant à réduire de moitié la fréquence des coupures et la généralisation de l’accès à l’électricité en milieu urbain. « Selon l’Agence internationale de l’énergie, les tarifs d’électricité en Afrique subsaharienne sont très largement supérieurs à la moyenne mondiale », a-t-il soutenu. Le retard noté dans la maîtrise énergétique en Afrique s’explique, d’après Abdessamad Saddouq, par l’échec d’une vague de réformes.  

MAMADOU MIGNANE DIOUF, DU FORUM SOCIAL SENEGALAIS : « Jeter un autre regard sur le continent africain »

Dans son intervention, le coordonnateur du Forum social sénégalais, Mamadou Mignane Diouf, a indiqué que l’avenir de l’Afrique est prometteur. C’est d’ailleurs pourquoi le continent noir est courtisé par les grandes puissances à l’image de la Chine et des Etats-Unis ainsi que les pays européens. Ce faisant, a-t-il poursuivi, contrairement au visage qu’on veut « nous faire prendre et au retard qu’on veut nous faire accepter, il nous faut jeter un autre regard sur le continent ». Toutefois, a-t-il tenu à préciser, ce regard ne sera possible que lorsqu’il y a une jonction citoyenne entre les décideurs, les acteurs de développement, les chercheurs, les communicateurs et les populations.  
Aussi, d’après M. Diouf, cette jonction pourra permettre d’instaurer une confiance, un respect, un patriotisme des ressources africaines et du continent ou plus précisément le panafricanisme. De son point de vue, « si nous arrivons à faire reconstituer cela, il est évident que l’humanité retrouvera, en Afrique, les ressources nécessaires pour recouvrer son humanisme ». Mais aussi retrouver les valeurs de solidarité, de partage, et ainsi sortir d’une « mondialisation d’accaparement, d’exclusion, de guerre et de terreur ».  
Par ailleurs, pour le coordonnateur du Forum social sénégalais, la citoyenneté africaine à bâtir doit reprendre la Renaissance africaine du Pr Cheikh Anta Diop sous le vocable d’un panafricanisme. Mignane Diouf propose une gouvernance décentralisée qui permettra aux peuples africains de s’occuper eux-mêmes de leurs territoires. Dans le même temps, il invite à revoir la question de l’éducation et de la formation des jeunes et des femmes.

Ibrahima BA

ADDIS ABEBA - (ETHIOPIE) - A l’Alliance franco-éthiopienne, dans le cadre de la célébration de la Journée internationale de la Francophonie, Ismaël Lô s’est encore montré à la hauteur du professionnalisme qui le caractérise avec un humanisme toujours bien à l’endroit.

Un public coloré, de tous âges, a convergé avec lui, autour de ses plus belles chansons. Des techniciens et musiciens ont donné le meilleur d’eux-mêmes pour que la fête de la Francophonie soit une belle réussite. Le 18 mars, le roi du folk sénégalais donnait un concert mémorable dédié aux diplomates et autres hauts fonctionnaires internationaux basés à Addis-Abeba. Cette rencontre était organisée sous la houlette du Groupe des ambassadeurs francophones que préside l’ambassadeur Momar Guèye du Sénégal. Ce dernier comme Mme Cécile Léqué Folcini de la Mission de la Francophonie ont salué l’engagement de l’artiste pour la défense des droits des femmes, des paysans, l’éducation, la défense de l’environnement, son humanisme, autant de valeurs chères à l’Organisation internationale de la Francophonie et à sa Secrétaire générale, Mme Michaëlle Jean.
A la fin du concert, l’ambassadeur Momar Guèye et son épouse accompagnés de Mme l’Ambassadeur de France en Ethiopie ont accueilli Ismaël Lô et sa délégation à la Résidence du Sénégal. C’était dans une ambiance du pays, avec du vrai « Thiebou dieun » accompagné de « Daxaar », du « Diw nior », de « Xoogne », et bien sûr le thé « Ataya ». Isô et ses Pros ont repris l’avion, le lendemain pour Dakar  !

El Hadji Gorgui Wade Ndoye (Correspondance particulière)


La 3ème édition du Festival culturel international itinérant de promotion et de protection des enfants se tient du 25 mars au 3 avril à Guédiawaye et Pikine sur le thème « Vivons La Paix ».

La cérémonie d’ouverture est prévue ce vendredi 25 mars à 16 h au foyer des jeunes de Wakhinane-Nimzatt Guédiawaye. Elle est organisée par Yoni3Pro, en collaboration avec les associations (JeVis, Asf, Mbalka 90, Dale ak Jam, Ascof, Noopi d’or, Arcots Banlieue, Ajs, G Hip Hop, Beugue sa réwe), en partenariat avec la Direction de la cinématographie.
Au programme de ce festival international, il est prévu des contes et légendes, des concerts de musique, spectacles de danse, théâtre, projections de films (ciné enfant et ciné adulte). Ce sera avec l’accompagnement des artistes Matador, Malal Talla, Tane Bombé et Layti Fall, tous ambassadeurs des enfants de la Banlieue à l’Abri. L’artiste enfant Sentinelle de la Guinée Conakry, le groupe ivoirien composé d’enfants orphelins victimes de la Guerre « Grace Divine’ » et le festival Sukabé du Niger sont attendus à cet événement.
Un centre international de formation sur les droits de l’enfant « Deukendo » aura lieu du 27 au 30 mars à l’école Ameth Ndiaye Déguéne. A cela s’ajoute un panel sur les thèmes « Cinéma et protection de l’enfant », par le réalisateur Mansour Sora Wade ; « Droit à la nationalité, lutte contre l’apatridie par la présidente de l’association des juristes sénégalais » le mercredi 30 mars, à la case de la commune de Ndiaréme Limamoulaye.


Le Cercle de l’Union à Dakar accueille, depuis vendredi dernier, l’exposition « Oxygène » de la galerie Kemboury. Elle regroupe une vingtaine d’œuvres d’expressions diverses et variées de quatre femmes artistes visuelles à savoir Madeleine Devès Senghor, Khadidiatou Sow, Kemboury Bessane et Kiné Aw. A travers leurs œuvres en petits et grands formats, ces artistes ont célébré la femme en ce mois de mars.

Ce mois de mars, consacré à fêter la femme, est un prétexte pour la galerie Kemboury en collaboration avec le Cercle de l’Union à Dakar, d’organiser une exposition autour du thème de la femme. Intitulé « Oxygène », cette expo a vu la participation de quatre artistes plasticiennes notamment Kiné Aw, Khaditiatou Sow, Madeleine Devès Senghor et Kemboury Bessane. A travers une présentation diverse et variée de leurs œuvres, elles ont chacune célébré et rendu hommage aux femmes.
L’artiste plasticienne Kemboury Bessane a fait honneur d’exposer des tableaux en petits et grands formats. Certains de ses tableaux peints en acrylique avec des accessoires constitués pour l’essentiel de récupération de circuit électriques, représentent la beauté de la femme et de la femme-mère. En réalité, une de ses œuvres, intitulée « Entre filles », traduit une fille qui est en train de tresser une autre fille. L’autre tableau présente une femme en train de se mirer devant une glace. Elle a tenu à mettre aussi en exergue la maternité en exposant, en petit format, une maman assise en train de bercer son bébé qu’elle a d’ailleurs appelé « La maman ».
Pour sa part, la plasticienne Khadidiatou Sow, par ailleurs réalisatrice et costumière de cinéma, a tenu à participer à l’exposition. Ces neuf tableaux ont été réalisés soit avec de la peinture soit par des dessins. Il arrive aussi à Khadidiatou de faire un mélange de tout cela. « Je peins sur toile, je fais des dessins. Je travaille beaucoup aussi la technique mixte. J’intègre un peu de peinture, je mets un peu de craie, de pastelle, de fusain. En fait, je mélange tout quelque fois pour faire un tableau », indique-t-il. L’essentiel de ses tableaux est constitué de mouvements, de spirales et des scènes de vie à travers des personnages asexués.
A travers une expression diverse, l’artiste Madeleine Dèves Senghor a marqué cette expo par ses œuvres, réalisées sur la récupération d’encolure, des coupures de morceaux d’un boubou de tissu « Sotiba Simparfric ». Elle les a ouvert et a laissé parler son imagination. Dans un de ses tableaux, l’artiste plasticienne Madeleine Senghor en a fait deux masques en version féminine avec des yeux, la bouche et des boucles d’oreille. Une composition qu’elle a intitulée « Le jumeau et la jumelle ».
A ces artistes plasticiennes viennent également s’ajouter « L’électron libre » de cette exposition, le sous-vériste Djibril Fall Diène qui, pour l’événement, a travaillé uniquement sur le thème de la femme. A travers des portraits de femme sous-verre, Djibril revisite l’ancienne époque de par les tenues et les coiffures traditionnelles de nos femmes. Ainsi, il peint une femme « intellectuelle » avec sa belle tenue traditionnelle en couleurs jaunâtre en train d’écrire. L’autre tableau met en exergue la femme toucouleur avec sa robe traditionnelle et ses tresses « ngouga » et ses parures en « libidor ». « J’ai tenu à présenter ces tableaux sous-verres pour faire connaître à la jeune génération la belle époque, la façon dont s’habillaient nos mamans, nos grand-mères et surtout les inciter à revoir leur habillement aujourd’hui qui est loin d’être décent », souligne l’artiste Djibril  Diéne.
Commissaire de l’exposition « Oxygène », Thérèse Turin Diatta », par ailleurs directrice de la galerie Kemboury, indique qu’ils ont profité du mois de la Femme pour créer l’événement et faire l’exposition. « En le délocalisant au Cercle de l’Union, nous voulions aider les artistes et leur donner une plus grande visibilité », dit-elle.

Maguette Guèye DIEDHIOU


La culture doit s’inscrire dans un cadre global et répondre aux exigences nouvelles de gouvernance des politiques publiques de développement. C’est, en substance, ce que Ndiawar Mboup, conseiller aux Affaires culturelles au ministère de la Culture, a essayé d’asseoir comme base structurante de la vision de sa tutelle. Il animait une conférence à l’Institut fondamental d’Afrique noire (Ifan) sur le thème : « La culture comme politique publique de développement : expériences et perspectives ».

Pour être en accord avec les exigences de gouvernance des politiques publiques, il est nécessaire d’évaluer les résultats par des outils scientifiques. L’utilisation des statistiques, en tant qu’outils de décisions, est, dans ce sens, salutaire pour l’industrie culturelle. « Il y a des impératifs de cohérence de disposer d’instruments d’impact qui doivent être visibles sur le projet pour décrire le niveau de contribution de la culture au niveau macro-économique », préconise Ndiawar Mboup, par ailleurs spécialiste dans le secteur des stratégies du développement culturel.
 Au Sénégal, la politique culturelle prend en charge cet aspect pour s’aligner sur les standards internationaux en ce qui concerne la planification, l’évaluation et les réformes en politique publique de développement. Ces objectifs épousent ceux du Plan Sénégal émergent (Pse). La culture ne saurait fonctionner en électron libre sans incidence sur le développement et sans aucune contrainte liée aux modes d’évaluation, de contrôle des finances publiques.

Moyens et comportements culturels
« La réalité impose que la politique culturelle soit arrimée à des principes et méthodologies qui lui permettent de s’ancrer dans les objectifs de développement. Certes, la culture a très longtemps été pensée comme une force symbolique d’humanisation du développement, mais elle est aussi une machine productrice de progrès économique », pense le conseiller aux Affaires culturelles au ministère de la Culture et de la Communication. Ainsi, plusieurs outils ont été mis en œuvre au Sénégal pour être dans la mouvance internationale. Le ministère de tutelle a défini une lettre de politique sectorielle devant lui permettre de mesurer, de façon claire, la contribution dans le développement du secteur. Il y a également les différents cadres d’évaluation qui sont promus au sein de l’Etat dans lesquels la culture est en train de s’insérer. « Les industries culturelles doivent faire leur mue pour exister au niveau mondial », estime-t-il, tout en rappelant l’importance de la Convention de l’Unesco sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles adoptée en 2005.  Les participants à cette conférence ont axé leurs interventions sur la politique culturelle du Sénégal et la subtile nuance qu’il faut lire entre elle, les moyens et les comportements culturels. Pour Ndiawar Mboup, la question ne se pose pas en ces termes. Les fonds alloués par l’Etat, les infrastructures et la législation attestent d’une vision claire. Il est toutefois autorisé, selon lui, de s’interroger sur son efficacité.
En ce qui a trait à l’industrie du livre, Ndiawar Mboup suggère une convention entre le ministère de l’Education et celui de la Culture. Cela faisait suite à une interpellation de Mme Corréa qui s’est offusquée du fait que « 12 milliards de FCfa échappent par an à l’industrie sénégalaise du livre » en achat de manuels scolaires. Elle s’est également interrogée sur l’usage qui est fait du Fonds d’aide à l’édition. Le conférencier indique, dans ce sens, que l’Etat va vers une nouvelle orientation de tous les fonds alloués et dépensés sans aucune évaluation pour mesurer leur efficience.

Alassane Aliou MBAYE



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