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Arts et Culture (2442)

La Place du Souvenir africain, à Dakar, a accueilli hier le lancement officiel des activités de la Quinzaine de la Francophonie prévue jusqu’au 15 avril prochain. Cette année, l’Organisation internationale de la Francophonie (Oif) a choisi comme thème : « Le pouvoir des mots ».
Le directeur de cabinet du ministre de la Culture et de la Communication, Rémi Sagna, a procédé hier au lancement officiel des activités de la Quinzaine de la Francophonie.  Depuis plus d’une quinzaine d’années, le Sénégal organise cet événement pour célébrer la Journée internationale de la Francophonie (Oif), prévue le 20 mars. Pour Rémi Sagna, il s’agit d’une heureuse tradition qui permet, pendant quelques semaines d’activités, de mettre en exergue les identités plurielles de la Francophonie à travers une diversité d’activités culturelles, éducatives, sociales, scientifiques, économiques, environnementales…
Selon lui, la Francophonie reste un espace d’innovation et de créativité et la parole francophone est devenue de plus en plus audible et respectée dans la gouvernance mondiale. « Nous avons eu personnellement l’occasion de constater encore une fois la créativité de la jeunesse francophone à l’occasion du Forum mondial de la langue française de Liège et du récent Marché des arts et du spectacle africain (Masa). Il faut que les francophones soient pleinement conscients des opportunités immenses qu’offre l’espace francophone dans tous les domaines pour une meilleure exploitation de celles-ci au bénéfice de nos population », a-t-il laissé entendre. D’après le directeur de cabinet, la richesse du programme d’activités de la Quinzaine de la Francophonie, la diversité des acteurs et des espaces « nous confortent dans la conviction que la Francophonie trouve son essence dans l’éclectisme et le partage, et non l’uniformité et le sectarisme ».
S’exprimant sur le thème de cette année : « Le pouvoir des mots », la représentante du chef de l’Etat auprès de l’Oif, Penda Mbow, a insisté sur l’impératif de revenir sur le sens des mots et les recontextualiser pour bâtir des démocraties. Pour elle, il faut éviter d’utiliser les mots dans n’importe quel sens, dans des sociétés ou l’oralité à un rôle essentiel. « Aujourd’hui, les émotions sont très fortes dans notre contexte. Ce faisant, il faut éviter d’utiliser des mots qui peuvent blesser. Dans certains pays africains, on a connu une dégradation et des escalades rien qu’à partir de l’utilisation des mots pour faire mal. Cela a créé des situations désastreuses », a-t-elle indiqué, faisant allusion à la Radio Mille collines au Rwanda.  

300 millions de locuteurs
Dans le même sillage, Ciprian Mihali, ambassadeur de la Roumanie au Sénégal, a indiqué qu’il s’agit d’une thématique bien inspirée et qui touche le cœur de la Francophonie. Aux yeux de M. Mihali, l’Oif compte près de 300 millions de locuteurs dans le monde. Toutefois, a-t-il ajouté, ce nombre ne doit pas occulter la qualité de l’apprentissage de la langue afin que « nos » mots ne tombent pas dans l’insignifiance du bavardage.
Célébrée jusqu’au 15 avril prochain, la Quinzaine de la Francophonie est ponctuée par une série d’activités culturelles, éducatives, sportives, scientifiques…à Dakar et dans les autres régions. Lesquelles sont portées par des institutions publiques nationales et internationales, des associations, des réseaux.  

IBRAHIMA SOW DE L’IFAN-UCAD : « Le pouvoir des mots peut vaincre la mort… »

Animant une communication sur le thème : « Le pouvoir des mots », Ibrahima Sow, directeur du Laboratoire de l’imaginaire de l’Institut fondamental d’Afrique noire (Ifan), s’est basé sur des expériences socioculturelles pour rendre compte du pouvoir des mots dans le contexte africain, voire sénégalais.  
M. Sow a évoqué le système de nomination de nouveau-nés qui apparaît comme une ruse, un trompe-la-mort. A l’en croire, pour tromper le destin et rompre la chaîne de malheur, les parents de nouveau-nés leur donnent des appellations qui renfermant une idée de précarité, d’existence éphémère. C’est le cas des noms wolof comme : « lêmoudé » (ne tardera pas à mourir), « amoulyakar » (il n’y a pas d’espoir) ou « Ken bougoul » (personne n’en veut). Dans ce cas de figure, explique M. Sow, le pouvoir des mots peut vaincre la mort en interrompant la fatalité du destin par la nomination qui sied.
Le deuxième élément sur lequel Ibrahima Sow a axé sa communication concerne les interdits et superstitions liés à la magie participative du mot et du signifié. Selon lui, les pratiques et les techniques sont fort nombreuses pour conjurer la mort en neutralisant le pouvoir nocif des mots. « Il est une croyance très ancrée dans la mentalité collective, qui relève du magique, qui veut que nommer une chose, c’est la faire apparaître. C’est pourquoi pour qualifier le mort, même le mot de « mort » est soigneusement évité en le diluant dans des euphémismes tels que, en wolof : il s’est endormi : « nélawna », il est parti : dèmena »…», a-t-il fait comprendre.

Ibrahima BA

Le Grand témoin de la Francophonie pour les Jeux olympiques et paralympiques de Rio 2016, Manu Dibango, se rend au Brésil, du 13 au 19 mars, dans le cadre de sa deuxième mission officielle. 

Manu Dibango profitera de son passage à Rio pour s’entretenir avec des représentants du Comité international olympique et du Comité d’organisation des Jeux de Rio 2016, ainsi qu’avec les autorités gouvernementales brésiliennes et le corps diplomatique francophone, rapporte un communiqué parvenu à notre rédaction. La mission fait suite à la signature en novembre dernier d’une convention de partenariat entre l’Organisation internationale de la Francophonie et Rio 2016. « Cette deuxième mission au Brésil sera l’occasion de poursuivre, en collaboration avec le Comité d’organisation des Jeux et l’ensemble des partenaires, le travail nécessaire pour veiller à l’usage et la visibilité de la langue française qui, avec l’anglais, est l’une des deux langues officielles des Jeux olympiques modernes », a déclaré Manu Dibango.
Mais au-delà, ce déplacement s’inscrit dans le cadre de la célébration de la Journée internationale de la Francophonie et vise à mobiliser la société civile et tous les francophiles du Brésil pour mettre la langue française au service du dialogue des cultures dans le cadre des Jeux de Rio 2016, précise le communiqué. À Rio, Manu Dibango participera, entre autres, à un grand concert de la Francophonie avec des musiciens brésiliens à la Maison de France, le jeudi 17 mars. Le lendemain, il retrouvera M. Carlos Nuzman, le président de Rio 2016, pour une cérémonie hautement symbolique de plantation d’un manguier au Jardin botanique de Rio. Cette espèce a, en effet, été importée au Brésil en provenance d’Afrique, où le manguier est souvent présent dans les cours d’habitation, où il sert d’« arbre à palabre ». Manu Dibango se rendra également dans des écoles pour échanger avec des élèves apprenant le français pour les sensibiliser à la diversité linguistique et culturelle, précise le texte.
Dans le cadre de son mandat de Grand témoin de la Francophonie, Manu Dibango veillera notamment à ce que les services linguistiques offerts aux athlètes, aux officiels, aux journalistes et au grand public le soient effectivement en français. Il accompagnera également les initiatives culturelles et événementielles visant à promouvoir les jeunes talents sportifs et la diversité culturelle francophones. Par ailleurs, le Groupe des ambassadeurs francophones de Brasilia fera le déplacement à Rio à l’occasion de la visite du Grand témoin pour un déjeuner de travail afin d’élaborer un programme d’activités francophone fait d’échanges et de rencontres pendant les Jeux.

O. BA


Le Musée Léopold Sédar Senghor, à Dakar, a abrité, hier, le vernissage de l’exposition du photographe tchèque Karel Cudlín. Composée d’une vingtaine d’œuvres, l’exposition revient sur la vie de Václav Havel, ancien président la Tchécoslovaquie  et l’un des personnages clés de la « Révolution de velours », qui a mis un terme au régime communiste.

Entre l’ancien président Léopold Sédar Senghor et son homologue de la Tchécoslovaquie, Václav Havel, il y avait une grande ressemblance. Ils étaient tous présidents, très adulés par leur peuple mais aussi deux grands intellectuels passionnés par les lettres. C’est pour mettre en lumière le parallélisme entre ces deux grands hommes que le photographe tchèque, Karel Cudlín, a présenté, hier, une exposition d’une vingtaine de photographies, au Musée Senghor à Dakar.
Cette initiative s’inscrit dans le cadre de la visite à Dakar, de la Commission Environnement de la Chambre des députés de la République tchèque. Le vernissage de l’exposition s’est tenu en présence de Mme Lenka Pokorna, chargée d’Affaires de l’ambassade de la République tchèque au Sénégal. Les œuvres présentées au public reviennent sur des séquences de vie de celui qui peut être considéré comme l’un des hommes clés de la « Révolution de velours » et qui avait mis un terme au régime communiste. Entre les photographies de propagande ou celles officielles, Karel Cudlín dévoile un pan très important de l’histoire de son pays. Il a su immortaliser les grandes scènes de la vie publique comme des instants plus intimes du président.

Différents périples
Le photographe a accompagné le président dans ses différents périples. De ses visites officielles à ses interventions au niveau de la tribune des Nations unies en passant par ses bains de foules, ses promenades dans les rues de Prague. Non sans oublier l’intimité du Palais présidentiel, les excursions en brousse, les tête-à-tête avec de grandes figures comme le Dalaï-Lama. Karel est amoureux des photographies en noir et blanc. Celles-ci ont chez lui  une profondeur métaphorique et représentent les histoires des Tsiganes, des réfugiés, des travailleurs ukrainiens. Mais également des thèmes illustrant Israël et Gaza.-
Considéré comme l’un des principaux photographes officiels du président, Karel Cudlín vouait une sincère admiration à Václav Havel. Cet homme qui était tout sauf un politicien professionnel. Moteur de grands changements démocratiques en Tchécoslovaquie, Havel se caractérisait par sa modestie et son humilité. « Lors de mes prises de vue photographiques, il pouvait être parfois timide. Pour moi, cette collaboration avec lui était très inspirante. Cette époque fut l’une des plus belles périodes de ma vie », soutient Karel Cudlín.  
Elu président en 1993, Václav Havel a fait de la participation active à la vie publique et culturelle un moyen de promotion de son idéal démocratique. Auteur de pièces de théâtres dont « Le Pouvoir des sans-pouvoir » (1978), « Partir » (2007), laquelle est une pièce sur l'abandon du pouvoir, l’un des co-fondateurs de la « Charte 77 » a été président de 1993 à 2003. Son décès en 2011, quelques jours seulement avant Noël, avaient plongé son pays « dans une vraie tragédie ».
Le photographe Karel Cudlín est titulaire d‘un Master en Photographie à la Faculté du film et de la télévision de l’Académie des arts musicaux de Prague. Depuis 1983, ses œuvres ont été exposées régulièrement en République tchèque, mais aussi au Musée Ludwig de Cologne, au Musée du Mur de Berlin, au Musée de l'Élysée à Lausanne...

Ibrahima BA


La Galerie nationale d’art a abrité, du 4 au 15 mars dernier, une exposition collective restituant des rencontres internationales d’art de Saint-Louis de 2009, 2011 et 2013. Au total, une trentaine d’artistes ont présenté 64 œuvres sur le thème : « Regards croisés ».
L’exposition « Regards croisés », à l’initiative du prometteur culturel Daouda Dia, a regroupé une trentaine d’artistes, du 04 au 15 mars dernier, à la Galerie nationale d’art. Fruit des rencontres internationales d’art de Saint-Louis de 2009, 2011 et 2013, cette exposition a proposé, au total, 64 œuvres réparties entre deux disciplines : la peinture et la photographie.  « Regards croisés » est la synthèse de plusieurs styles artistiques. Toutefois, le dénominateur commun de ces artistes réside dans la qualité des œuvres qu’ils ont exposées.
Produit de l’Ecole de Dakar, Charlys Leye explore l’univers des signaux africains. Le peintre a réalisé un magnifique travail sur cet héritage tiré de son patrimoine africain et religieux. Ses œuvres plongent le visiteur dans l’univers mythique et mystique des cultures africaines. De son côté, Karim Fall invite à découvrir le thème de l’urbanité dans un jeu de couleurs et de collage alléchant et dont il est le seul à détenir le secret. Passionnée par le style figuratif, Tykan décrit dans ses œuvres la corvée des femmes de Ndar. Mais également l’architecture historique et séculaire de cette ville tricentenaire. De surcroît, elle immortalise dans sa peinture la beauté passagère des Signares de Saint-Louis.
Quant à Corentin Faye alias Mister Co, il allie une alternance de toiles abstraites et figuratives. Ses œuvres, inspirées pour la plupart des thèmes de société, de la femme et du métissage, se singularisent par la variété de leur style.
Cette exposition collective dont l’objectif est d’accompagner les artistes dans le cadre de la promotion de leur art, connaît aussi la participation de deux artistes invités. Il s’agit de la jeune Caroline Guèye et de feu Le Kara décédé en 2010. Avec ses deux imposantes fresques de 1,50m sur 1,20m et de 3,40m sur 1,75m, Caroline transmet un message sur l’environnement et la mémoire du passé africain. La fresque de couleur orange intitulée « Evolution » est une sorte d’orange chaud recouvrant le tableau. C’est aussi pour l’artiste une allusion à la chaleur qui réchauffe les cœurs et illumine les visages. Un message au développement et à l’agriculture.  
La jeune peintre y évoque également la problématique de l’avancée de la mer et du désert avec des reliefs d’une terre dépouillée, abandonnée et inhabitée. Non sans oublier le rôle de la science dans le développement de l’Afrique. « L’Afrique suit la marche du développement et du numérique, la toile, la propagation des Smartphones, l’expansion du e-commerce. Le développement passe aussi par la technologie, les sciences, la culture », a-t-elle soutenu.

Conservation des mémoires du passé
Enfin, la dernière fresque, « Prendre avec philosophie », recouverte de rose de façon non homogène, est une invite à la conservation des mémoires du passé de l’Afrique et qui ont pour noms : esclavage, colonisation. Dans sa toile, Caroline appelle à cicatriser les blessures du passé car, selon elle, les rancœurs ne font pas avancer. Elle exhorte le continent à s’inspirer des pays qui émergent et à épouser la connaissance, la culture et les sciences.
Pour finir, les œuvres du défunt peintre Le Kara renseignent sur son amour pour les tons neutres et obscurs. Mais également son attachement pour la couleur bleue qui était chez lui un refuge de tranquillité et de calme, de quiétude, de sérénité et de sécurité. Dans la création de Kara Ndiaye, le bleu est la couleur maternelle, la couleur de la sensualité qui renvoie à la mer, au ciel, à l’espace et à l’infini. L’œuvre de Kara reste singulièrement rattachée à la femme (« Femme girafe »). Qu’elle soit hiératique ou indomptable, douce ou teigneuse, la femme résume presque toute la peinture de feu Kara Ndiaye.

Ibrahima BA


Après le Maroc, les Etats-Unis d’Amérique et l’Italie, le Sénégal va accueillir du 21 au 27 mars 2016 à Dakar, la 7ème édition de l’événement interculturel « Come to my home ». Cette initiative de la Fondation des Cultures du Monde sera présidée par le poète marocain, diplomate et artiste, Driss Alaoui Mdaghri.
La 7ème édition de l’événement interculturel « Come to my home » se tiendra du 21 à 27 au Sénégal. Cette grande manifestation culturelle et intellectuelle placée sous l’égide du ministère de la Culture du Maroc et du ministère de la Culture et de la Communication du Sénégal regroupera des artistes, musiciens, peintres, poètes, intellectuels, écrivains, éditeurs, hommes et femmes de culture en provenance du Maroc, du Burkina Faso, de l’Italie, de la France, de l’Espagne, de l’Amérique de l’Australie, de l’Iran, de l’Inde, du Sénégal, entre autres. L’objectif décliné cette année est : promouvoir la paix, la concorde, la solidarité, l’interculturalité, l’amitié entre les peuples du monde et consolider également les relations séculaires entre le Maroc et le Sénégal.
Selon un communiqué de presse, au programme de cette édition de Dakar, il est prévu une série de manifestations, dont une cérémonie de dédicace de livres, une conférence inaugurale sur le thème « L’Afrique : Quel avenir ? » au Warc, un vernissage-exposition « African Dream » à la galerie nationale, un concert à Gorée le vendredi 25 mars au Théâtre de Verdure de l’Ile de Gorée, ainsi qu’une grande soirée de Gala le samedi 26 mars à 20h au Théâtre Sorano, avec des artistes musiciens et poètes du Sénégal, du Maroc, de l’Italie, de la France, de l’Espagne, de l’Inde, de l’Australie, du Burkina Faso qui vont partager la scène avec le poète marocain Driss Alaoui Mdaghri, le chanteur sénégalais Badara Seck, les artistes de Sorano et de l’Orchestre national du Sénégal.

Marame Coumba Seck


Quinzaie francophonieLe lancement officiel de la Quinzaine de la Francophonie 2016 aura lieu ce jeudi 17 mars à partir de 9 heures à la Place du Souvenir africain, à Dakar. Elle se tiendra en présence notamment des autorités du ministère de la Culture et de la Communication, de la Représentante personnelle du chef de l’Etat à la Francophonie ainsi que des membres du Groupe des amis de la Francophonie.

Selon un communiqué, la rencontre sera suivie d’un panel sur le thème « Le pouvoir des mots », animé par d’éminents spécialistes dont les Professeurs Mamoussé Diagne, Felwine Sarr, Ibrahima Sow et Andrée-Marie Diagne. « Le pouvoir des mots » est le thème retenu par l’Oif pour la célébration du 20 mars, Journée internationale de la Francophonie.

Une série d’activités scientifiques, littéraires, artistiques, sportives et gastronomiques sont au programme tout au long de la Quinzaine de la Francophonie, prévue du 17 mars au 15 avril.


Un architecte dessine, conçoit et supervise la construction d'un bâtiment. Ce bâtisseur, qui veille au respect scrupuleux des normes liées à la construction, doit également faire montre de créativité.    

L’architecte est un maître d'œuvre qui établit un planning précis des différentes phases du chantier qu'il doit suivre. Il rédige des comptes rendus réguliers sur l'avancement des travaux pour tenir ses clients informés. Il remplit  la demande de permis de construire auprès du service de l'urbanisme si nécessaire, avec toutes les pièces indispensables (plans, croquis, photographies). Garant du bon déroulement des travaux, il doit faire en sorte que les entreprises présentes sur le chantier travaillent dans les délais et respectent bien les plans.
Grâce à une très bonne connaissance des textes réglementaires et des innovations technologiques dans le secteur du bâtiment, l'architecte est à même de conseiller ses clients, dans la réalisation de leur futur logement, en fonction de leur budget et des normes en vigueur. « Il doit être créatif tout en respectant des contraintes législatives et budgétaires. Il est également responsable du bon déroulement des travaux, du début à la fin d'un chantier. Il est appelé à dessiner les plans pour la construction ou la rénovation d'un bâtiment à la demande du client (privé ou public).
« Ces plans peuvent être soumis à des modifications en fonction des vœux du client, des lois d'urbanisme en vigueur et des différentes contraintes comme celles liées aux caractéristiques du terrain par exemple », informe Tafsir Dieng, architecte. Il est également chargé d’établir la faisabilité du projet et de procéder à toutes les études nécessaires. Lorsque le projet est validé par le client, il choisit les différentes entreprises qui vont intervenir dans la construction (maçonnerie, électricité, plomberie, charpente, isolation…
Le métier d'architecte est réglementé. Il faut, au moins, 6 années d'études supérieures dans une école reconnue pour devenir architecte. Le cycle est divisé en deux parties. Au bout de 3 ans, l'élève obtient un diplôme d'études en architecture. Deux années supplémentaires sont nécessaires pour valider le diplôme d'État d'architecte. « Pour ouvrir sa propre agence, il faut ensuite obtenir, au bout d'une année supplémentaire, une Hmonp (Habilitation à exercer la maîtrise d'œuvre en son nom propre) qui est uniquement délivrée par les écoles supérieures d'architecture », souligne Tafsir Dieng. Pour les architectes qui souhaitent se spécialiser en urbanisme ou en patrimoine, il est également possible de poursuivre en master, après l'obtention du diplôme d'État, pour atteindre un niveau bac+7.
De la conception au suivi de chantier, les compétences techniques et créatives des architectes sont indispensables. Les évolutions sont de plus en plus liées à la mise en pratique de la notion de développement durable. De nouvelles techniques, de nouveaux matériaux et de nouvelles réglementations modifient sans cesse le paysage architectural. Selon Tafsir Dieng, de par ses connaissances, l'architecte est le mieux placé pour proposer à ses clients des solutions à la fois innovantes, économes en énergie et respectueuses de l'environnement.

Des connaissances en histoire de l’art
Après une étude de faisabilité du projet, l'architecte dessine les plans du bâtiment à construire. Il prend en compte les souhaits de son client, les règles d'urbanisme et le budget mis à sa disposition. Le plan peut être modifié plusieurs fois en fonction des retours faits par le client ou des problèmes techniques qui apparaissent. Après validation, l’architecte consulte autant de prestataires que son projet le nécessite : entreprises d'électricité, de maçonnerie, d'installations thermiques, de peinture, de béton, etc. Il dépose en même temps un permis de construire au service de l'urbanisme.  
L'architecte doit posséder un sens créatif développé, plus particulièrement de dessinateur. Car il doit être « capable de dessiner tous les plans d'un bâtiment (plan au sol, plan de masse, élévation, coupes, perspectives) », informe Baidy Kane, architecte. Selon lui, de bonnes connaissances en histoire de l'art sont également indispensables lorsqu'il s'agit de rénover certains bâtiments. Dans ce cas, il est appelé à reproduire des motifs ou des éléments d'architecture appartenant à un style particulier. L'architecte doit être à l'aise autant avec un crayon qu'avec les logiciels de dessin (Cao et Dao) utilisés pour réaliser les plans.
Rigoureux et précis, l’architecte possède des notions juridiques, notamment en droit de l'urbanisme. C’est un métier à la fois technique et créatif qui offre une grande diversité dans son exercice. Le titre d’architecte ne s’acquiert pas dès la fin des cinq années d’études. A la sortie de l’école, les étudiants ne sont pas encore diplômés. Ils doivent décrocher une habilitation à la maîtrise d’ouvrage, un processus qui dure un an en moyenne. Le candidat doit passer par l’alternance et travailler dans une agence de maîtrise d’ouvrage tout en suivant des séminaires. « A la fin de ce parcours, il soutient devant un jury un mémoire relatif à un projet professionnel », explique Baidy Kane.        

Métiers proches de l’architecture
Selon lui, l’architecte d’intérieur conçoit et réalise des espaces tant sur le plan esthétique que fonctionnel, en jouant sur les volumes, l’éclairage et les matériaux du bâtiment. L’urbaniste est un spécialiste de la ville. Il intervient pour indiquer à quel endroit une route doit être tracée ou un quartier construit. Il apporte ses conseils sur la faisabilité d’un projet d’aménagement urbain en opérant un diagnostic. Il peut également établir le cahier des charges nécessaire à un appel d’offres ou assister un maître d’œuvre dans la réalisation d’un aménagement.  
Un urbaniste n’est pas nécessairement titulaire d’un diplôme d’architecte. Il peut détenir un diplôme en aménagement du territoire ou en urbanisme ou encore un diplôme d’ingénieur en génie rural. Le paysagiste est un maître d’œuvre qui conçoit des espaces pouvant être des jardins, des parcs ou des territoires beaucoup plus larges. Une fois son sésame en poche, le diplômé peut rejoindre une agence d’architecte, se mettre à son compte ou travailler au sein des parcs nationaux, du littoral ou d’une entreprise ».

Par Oumar BA


Le marché Bignona a toujours la cote dans la vente de la viande de porc. Cet espace, coincé entre le bassin de rétention et les belles villas de la zone de captage, est encore très couru par les clients. Ici, les vendeuses travaillent sans cesse à améliorer les recettes proposées aux habitués des lieux. Et ils sont nombreux à y venir, l’après-midi, pour déguster une soupe « boppu mbaam » (avec la tête du porc) ou manger un succulent « dibi » (grillade) et des « lakhass » (boudin avec les viscères et les intestins).

Le vent souffle fort. Mais, il n’empêche pas les activités de se poursuivre. Le climat n’a aucune incidence sur le cours de la journée. Qu’il pleuve ou qu’il vente, les habitués viennent. C’est que le marché Bignona a fait sa propre publicité. En effet, il exerce un attrait certain sur ceux qui cherchent la viande du bon porc. Et ils sont toujours satisfaits. D’ailleurs, l’odeur de la viande grillée vous met l’eau à la bouche dès que vous vous approchez de l’endroit.  
Au marché Bignona, la fumée vicie l’air, mais vous n’étouffez pas. Et l’ambiance est joyeuse, en compagnie des professionnelles de la restauration comme Hollande Bassène. Elle est au milieu de quatre femmes et est visiblement à l’aise dans cet environnement envahi par la fumée et chauffé par les fourneaux. Elle et les autres sont toutes occupées à faire bien manger les clients. Elles posent et ajustent, par moments, les morceaux de viande de porc sur les rôtissoires. La texture de la viande incite à goûter. Mais dans ces lieux, il faut mettre la main à la poche pour faire plaisir à son palais.  Il y a des morceaux pour toutes les bourses. Les « lakhass » (boudin avec les viscères et les intestins) s’échangent contre 150 ou 250 FCfa tandis que le kilogramme de viande grillée coûte 2.800 FCfa. Retenez qu’au marché Bignona, rien ne se perd. Ici, tout se transforme.

La saveur de la viande du porc
Ne vous trompez pas. Même les viscères se vendent. « Le kilogramme de viande grillée coûte 2.800 FCfa et les « lakhass » 150 ou 250 FCfa », nous informe Mme Hollande Bassène qui ajoute que le « dibi » (grillade) et les « lakhass » sont très demandés par les clients ». Selon elle, à part les déchets, tout est consommé ; rien d’autre n’est jeté. En tout cas, non loin des fourneaux, des clients font le pied de grue.
Parfois, ce sont des files d’acheteurs qui s’étirent. Preuve que le marché Bignona est l’endroit indiqué pour se ravitailler en viande de porc à Dakar. Et les vendeuses offrent aux clients ces deux options : acheter de la viande crue ou payer de la grillée ou des « lakhass ». Aussi, proposent-elles leurs recettes culinaires. Et là, l’échange peut parfois prendre du temps. « Les commandes peuvent durer parce qu’il faut bien griller la viande pour faire fondre au maximum la graisse », souligne Hollande Bassène, sous le regard de Marcel Kanté, l’un de ses fidèles clients. De teint clair et de taille moyenne, l’homme chante la saveur de la viande du porc.
« Avec la viande du porc, on n’a pas besoin de mettre du sel », estime notre interlocuteur. La passion gouverne son discours. Il peut user de tous les mots pour célébrer cet animal. « Le porc est béni par ses quatre pattes. Ce qui fait que tout se mange. A part les déchets, on ne jette rien », souffle le client de Bignona. Les apéritifs ont aussi cours dans cet espace. Le vin rouge ou blanc s’invite sur une table de fortune installée à côté. De son coin, Marcel Kanté prodigue des conseils : « On ne mange pas cette viande en prenant de la bière ». Paroles d’un connaisseur qui vient régulièrement se procurer de la viande de porc.  
« Je ne viens pas, ici, seulement le week-end. Je suis là, presque, chaque jour car je ne peux rester deux jours sans manger de la viande de porc », soutient Marcel Kanté. Quant à Roger Mendy, debout face à l’une des vendeuses, il fait savoir que « la dame doit me remettre des brochettes que j’ai commandées depuis une demi-heure ». Notre interlocuteur déclare préférer les brochettes parce qu’il peut en faire des sandwichs. Plus loin, deux femmes, Anna Sock Badji et Marie Dasylva, très détendues, sont assises sur le même banc mais ne se parlent pas.

Une viande pleine de vertus
Renseignement pris, elles sont de fidèles clientes du marché Bignona. Elles ne se connaissent pas. Elles ont, toutes deux, commandé du « dibi ». « Je suis une fidèle cliente des lieux. Et chaque samedi soir, je viens chercher de la grillade pour assurer mon dîner. Mon mari adore cette viande qu’il consomme, en l’accompagnant avec du vin blanc. Par contre, moi, je préfère l’arroser avec de la bière. A chacun son goût », confie Anna Sock Badji, une femme de ménage.
Peu bavarde, Marie Dasylva, entourée des membres de sa petite famille, adore déguster la viande du porc le week-end. « Chez nous, on mange du porc tous les samedis et dimanches. Le samedi, c’est le « dibi » ; le dimanche, la soupe « boppu mbaam ». C’est le plat préféré de mon mari », dévoile, avec le sourire, la jeune dame qui ne désire plus s’épancher sur le sujet. Ailleurs sur le site, Didier Diatta, d’un pas paresseux, fait le tour des étals. De taille moyenne, ce gérant de bar à Grand-Yoff vient lui aussi le samedi ou le dimanche se procurer une « tête de cochon » qu’il coupe en plusieurs morceaux pour en faire une soupe d’une saveur exquise.
D’ailleurs, tous les lundis, les clients de son bar ne ratent pas la soupe « boppu mbaam » qu’il prépare. Cette recette est vendue à 1.000 FCfa le bol. « Mes clients aiment déguster la soupe, en l’accompagnant avec de la bière. Et le lundi est le meilleur jour pour leur servir ce plat très épicé », explique Didier Diatta. Selon lui, la soupe « boppu mbaam » vous remet d’aplomb, après la fatigue du week-end. Même si les locataires des lieux se plaignent des conditions de travail, les clients, eux, apprécient la qualité du service offert. 


Qui ne corrompt rompt. Qui corrompt moissonne la peur. Un jour ça passe. Parfois ça casse. Que faut-il alors faire si tout le monde s’y complaît ? La tragi-comédie, « Ger-corruption ou Monsieur pots de vin et consorts », représentée par la Compagnie du Théâtre national Daniel Sorano, vendredi dernier, ne répond pas à cette question. Mais, elle met le doigt sur l’ampleur de la corruption dans notre société.

« Tin-tin-tin… », le reste de la rengaine du vieux routier Serigne Ndiaye Gonzales, le maître de cérémonie, est indéchiffrable. Mais l’hilarité était irrésistible. Devant une salle à moitié pleine très tôt conquise, il quitte la scène sous une lumière indécise, non sans faire cette promesse : vous rirez à gorge déployée ». Il en a été ainsi durant toute la représentation de la pièce théâtrale « Ger-corruption ou Monsieur pots de vin et consorts ». Il y en a même qui se sont esclaffés devant cette satire à la fois intense et édifiante. La Compagnie du Théâtre national Daniel Sorano s’y est employée avec talent.
Ce voyage tragi-comique se déroule dans le fief du « Commandeur », sordide personnage tourmenté par l’annonce de la venue d’un inspecteur des Audits. La cohorte de directeurs sous son emprise n’en est pas moins angoissée. Qu’ont-ils d’ailleurs à se reprocher, ces braves gens qui ont rendu de « bons et loyaux services à la Nation » ? Juste quelques petits péchés…mignons ! Mais, faudrait-il bien que Monsieur l’inspecteur le perçût ainsi. C’est le branlebas. On se rappelle subitement que les rues sont sales, qu’il faut « parquer » les malfamés, les fous, les fumeurs et autres ivrognes, dégarnir les hôpitaux de leurs malades.
« Il leur faut bien un congé ces éternels malades », se rassure le directeur de l’hôpital « Loof-Tiis ». Que de vains efforts ! Le fameux inspecteur n’en a cure. Il fait bombance dans une auberge au grand dam du propriétaire qu’il ne payait point. Les malades n’ont qu’à mourir comme des mouches tant que son avidité est comblée !
Le Commandeur tout anxieux rend visite au fantasque inspecteur féru de chère…de chair aussi, pour arrondir les angles. La scène est en ceci cocasse qu’elle met en dialogue deux personnages habités par la peur non pas qu’ils soient bourrelés de remords mais plutôt conscients de leurs forfaitures. Les deux nouveaux « amis » portent alors le toast en l’honneur de leur cupidité. Le Commandeur trouve d’ailleurs la « chambre de l’auberge avilissante pour une personne de cette dignité ».

Moyens supplémentaires
L’inspecteur dont « l’âme a besoin de lumière », est invité à élire domicile chez son nouvel acolyte. C’est alors la ronde des directeurs qui l’entourent de prévenances, de « petits prêts à rembourser » dès qu’il retournera à Dakar où, semble-t-il, il est très sollicité par le gratin. Il se fait promettre la fille du Commandeur, « couronnement de la carrière » de son bienfaiteur et futur beau-père. Les éloges de ses collaborateurs s’étouffent dans leurs propres railleries quand ils se sont aperçus de la supercherie ! « L’inspecteur » n’en est pas un ! Le vrai est en route ! Bakayoko, le « marabout pétrin » saura peut-être tirer « Monsieur pots de vin et consorts » du bourbier !
Cette œuvre théâtrale, c’est aussi un procès contre le petit peuple besogneux, guère irréprochable. Il ravale les faveurs de ceux qu’il voue aux gémonies. Ici, il est représenté par un groupe de commerçants sans vergogne qui profitent des marchés de l’Etat avec la complicité du Commandeur. Pour trouver grâce aux yeux du faux inspecteur, ils y vont eux aussi de leur bienveillance. La corruption, ce « petit péché mignon », devient instinctive.  Le mal ronge un corps si peu résistant. Le président du Conseil d’administration du Théâtre nationale Daniel Sorano, Alioune Badara Bèye, « ému par la qualité du spectacle », souhaite que des moyens supplémentaires leur soient alloués pour relever les défis de la compétence. Le public, en constante délire, n’en pense certainement pas moins.

Alassane Aliou MBAYE


Le mouvement des Laobés, « Jadigal Nafoore » (Ensemble pour servir notre pays, en langue pulaar), a organisé vendredi dernier, dans les locaux de la Maison de la Culture Douta Seck, une rencontre pour décliner son plan d’actions pour la défense et l’illustration de la culture laobé.

La salle Alpha Waly Diallo de la Maison de la Culture Douta Seck est bondée de monde. On y trouve des hommes et des femmes de tous les âges et de toutes les professions. Ces Laobés sont venus massivement répondre à l’invitation du mouvement « Jadigal Naforé ». Dans l’assistance, quatre femmes résistent encore à la modernité. Des « dibés » (boucles d’oreilles traditionnelles) aux lourds bracelets en passant par les « lépis » (petite écharpe mise autour de la tête), elles en ont toutes mises. C’est la troupe « Dantel » des femmes laobés du Fouta.
« Vous avez cinq minutes », dit un monsieur. Le regard soulevé à hauteur du monsieur, une d’elles place son « tabala », un tambour sculpté par des Laobés entre les bras d’une chaise pour mieux l’immobiliser. Les baguettes dans les mains, le tambour retentit. La tête penchée, les yeux fermés, elle lance la chanson. Les trois autres la suivent avec le claquement des mains. Des éloges sont faits aux Malaw. Séduit par cette voix forte, le coordonnateur du mouvement, Samba Wagne, extirpe de sa poche un billet de 5.000 FCfa qu’il tend en direction des chanteuses.
Le ton est donné, l’objectif qui est la restauration de la culture laobé demeure. Plusieurs déclarations, un souhait commun : rendre consommable et compétitive celle-ci. Ce travail d’affirmation de leur identité et de la défense de leurs intérêts culturels entamé depuis deux ans, a débouché sur la mise en place d’un comité de pilotage. Un congrès national constitutif est ainsi prévu en juin 2016 à Dakar. L’objectif, revisiter l’histoire des Laobés, présenter le mouvement en vue d’un élargissement et enfin se prononcer sur les questions d’actualité.
Par ailleurs, ils estiment que le pulaar, leur langue maternelle, au contact des autres, ne cesse de disparaître de leur parler quotidien. Ainsi, disent-ils, la reconquête et la pratique de cette langue présente dans toute l’Afrique sont des nécessités pour la sauvegarde et son expansion.

Marame Coumba SECK


L’Association pour la recherche et l’éducation pour le développement (Ared) qui s’active dans la promotion des langues   nationales a publié le dernier livre de Yéro Doro Diallo. La cérémonie de présentation de l’ouvrage a eu lieu samedi dernier, en présence d’autorités politiques et universitaires.

En publiant « Pittaali maayata » de l’écrivain et enseignant Yéro Doro Diallo à titre posthume, l’Ong Ared a cherché à rendre hommage à un homme multidimensionnel qui a toujours mené un combat contre l’ignorance. « Pittaali maayata » ou « Les âmes ne meurent pas » est un livre de 85 pages, réparties en 9 chapitres. Il est écrit en langue pulaar dans un style simple et facile à comprendre par les initiés. Plusieurs thèmes y sont développés et restent encore d’actualité. Dans un style assez original et particulier, l’auteur aborde, avec tact, les thèmes tels que la mort, l’amour, l’amitié, la religion, le destin de l’homme, le mariage, l’argent ou encore la culture.
En présentant l’auteur et son livre, les professeurs d’université Amadou Ly et Mamadou Ndiaye ont mis en exergue le sens, la richesse et la portée littéraire de l’œuvre. Même si certains qualifient l’ouvrage de romain, d’autres par contre estiment que le livre est à la fois une bibliographie, un recueil de poèmes, une autobiographie ou encore un roman-testament. Tellement l’auteur, Yéro Doro Diallo, a voulu laisser libre cours à ses émotions, ses sentiments, ses idées et sa vision de la société africaine surtout. L’essentiel du roman écrit à partir de son lit d’hôpital témoigne de la volonté de l’auteur à toujours servir sa communauté pulaar en lui laissant un legs ô combien important. Le combat pour la promotion de la langue et de la culture haalpulaar a fait de Yéro Doro Diallo un des écrivains en langues nationales les plus engagés. Certains de ses amis et collègues lui collaient le sobriquet du « Aimé Césaire africain ou encore le « Charles Baudelaire africain ». Sa production littéraire est estimée à une trentaine de livres, mais seulement trois ont été publiés. Selon le directeur général de l’Ared, Mamadou Amadou Ly, « des personnes à la dimension de feu Yéro Doro Diallo ne meurent jamais, car leur héritage, aussi immense et diversifié soit-il, constitue une source d’abreuvoir pour toutes les générations ».  
Lors de la cérémonie de présentation du livre, un hommage a été rendu à Sonia Fagerberg Diallo, une chercheure américaine qui a consacré sa vie au développement de la culture et de la langue peule.

Pape Coly NGOME


Remi sagnaLe directeur de cabinet du ministre de la Culture et de la Communication, Rémi Sagna, a officiellement représenté le Sénégal à la 9èmeédition du Marché africain des arts du spectacle d’Abidjan (Masa). Dans cet entretien, il revient sur le sens de sa présence dans la capitale ivoirienne mais aussi les enjeux qui interpellent le secteur des arts vivants.

« Je suis ici à Abidjan d’abord pour répondre à l’invitation adressée au ministre de la Culture et de la Communication du Sénégal, Mbagnick Ndiaye, pour prendre part à cette 9ème édition du Marché africain des arts du spectacle (Masa) mais également parce que j’ai été personnellement invité à participer à cette importante manifestation. Aujourd’hui, le Masa représente beaucoup pour le continent africain dans le domaine des arts vivants. C’est un projet de développement qui vise non seulement à promouvoir les meilleures productions dans le secteur des arts vivants mais à les rendre disponibles. Disponibles, car c’est une occasion pour les artistes de montrer leurs propositions artistiques à des acheteurs, des diffuseurs qui commandent un certain nombre de créations et les font tourner. Soit dans le pays, dans la région ou sur l’international. Il est heureux que ce marché reprenne de la vigueur après avoir connu quelques difficultés. Pour nous qui avons accompagné cette importante manifestation -par la réflexion, le lobbying et le soutien politique, il est essentiel de voir ce qu’elle est devenue. Mais également de nous tenir informé de l’état de la création artistique contemporaine en sachant qu’on remarque qu’au cours de cette de édition la sélection est remarquable. Le comité artistique international a fait un très bon travail qui nous vaut des spectacles de grandes qualités et des occasions rencontres professionnelles particulièrement enrichissantes entre opérateurs, critiques, diffuseurs et les politiques que nous représentons. »

« Démarche nouvelle »
« Les débats que nous avons eu ont pu montrer qu’aujourd’hui, on ne peut plus créer comme avant. Je cite l’exemple d’ « Acte 7 » au Mali et de son festival « Théâtre des réalités ». Il y a eu toute une réflexion pour en arriver aux productions qui sont montées et montrées par « Actes 7 » dans le cadre du festival « Théâtre des réalités ». Il y a toute une démarche nouvelle qui prenne en compte la réalité objective du terrain dans lequel nous évoluons. Notamment au niveau des ressources humaines, financières, techniques qui accompagnent le processus de création et la mise à disposition d’un certain nombre de créations. Il s’agit aujourd’hui d’adopter des démarches nouvelles pour faire des propositions nouvelles qui tiennent aussi compte des attentes des populations, des contextes. Mais également du fait que les créateurs veulent s’adresser à leur population et pour cela ils doivent tenir un langage accessible pour répondre aux préoccupations de cette population. C’est en ce sens que le discours ancien ne peut plus prospérer aujourd’hui. Il s’agit pour les artistes d’innover. C'est-à-dire qu’il faut que les politiques accompagnent cette dynamique en créant les cadres qui permettent de mieux créer et de mettre ces réalisations à la disposition des populations. Cela veut dire des réseaux de diffusion qui soient infrastructurel ou médiatique.

« Etude de l’Oif sur la diversité des expressions culturelles »
« Je n’ai pas encore lu ce document. Toujours est-il que la Francophonie reste fidèle à ses convictions et missions premières notamment celle qui consiste à favoriser les échanges entre les peuples, de permettre à la culture de jouer son rôle dans le développement économique et social de nos différents pays. Aussi, il s’agit de faire de sorte que les peuples se rencontrent, s’apprécient, se connaissent mieux et œuvrent ensemble à l’établissement d’un monde de paix, de relation, de fraternité. La Francophonie n’a pas attendu l’adoption de la Convention 2005 de l’Unesco sur la protection et la promotion de la diversité culturelle. Ses programmes dans le domaine de la culture, du développement social, sont toujours inscrits dans cette de promotion de la diversité culturelle. Elle a œuvré, ensuite, de façon résolue, avec en tête de sa démarche le président Abdou Diouf alors qu’il était Secrétaire général de l’Oif, pour l’adoption de cette Convention qui a fait l’objet d’âpres négociations au sein de l’Unesco et qui, finalement, a été bien adoptée. Aujourd’hui, elle est ratifiée par un nombre très élevé d’Etats avec un dispositif pour accompagner les politiques, des projets susceptibles de protéger et promouvoir la diversité culturelle. Il est heureux que la Francophonie puisse rester constante à cet engagement. Les réalisations le montrent bien. L’objectif est de construire un monde juste, dans une cohabitation harmonieuse dans la paix même si c’est difficile. »

Propos recueillis par notre envoyé spécial à Abidjan
E. Massiga FAYE


Michaelle JeanL’Organisation internationale de la Francophonie (Oif) et la jeunesse francophone ont lancé, depuis ce 10 mars, une vaste campagne de sensibilisation afin de réaffirmer les valeurs de fraternité, de paix et de solidarité. Une mobilisation d’envergure autour de l’initiative « Libres Ensemble ».

L’initiative baptisée « Libres Ensemble »,  réalisée en partenariat avec TV5Monde (opérateur de la Francophonie) et le groupe France Médias Monde (France24, Rfi, et Monte-Carlo Douailya), est d’abord un appel aux millions de jeunes francophones, issus des cinq continents, à se mobiliser massivement pour faire entendre leur voix et affirmer leur attachement au vivre ensemble, à la liberté, à la vie…

« Libres Ensemble suscite l’enthousiasme de la jeune génération parce que cette campagne renvoie aux droits et aux valeurs fondamentales de liberté, de fraternité, de partage et de solidarité qui constituent le fondement de la Francophonie. Cette initiative traduit aussi une volonté de créer et de s’unir pour agir, construire et penser l’avenir ensemble, dans un monde où la tentation du repli sur soi, le rejet de l’autre et l’intolérance culturelle, sociale et religieuse ont tendance à progresser », a rappelé Michaëlle Jean, Secrétaire générale de la Francophonie.

Selon un communiqué, cette mobilisation d’envergure s’articule autour de plusieurs outils, dont une vidéo virale, véritable appel à la mobilisation, réalisée par Antoine Smith, auteur de l’émission Piège de Freestyle, produit par Studio Kabo, autour de personnalités telles que D. Awadi, T. J. Fakoly, P. Gentil, J. Germain, les Pokemon Crew, L. Thuram, M. Tombola, L. Wilson, mais aussi de dizaines de rappeurs et d’anonymes francophones originaires de Bruxelles, Casablanca, Dakar, Marseille, Montréal et Paris.

Un site internet libresensemble.com est également dédié aux jeunes francophones appelés à poster et à partager en vidéo, leur message, leur projet, leur initiative, leur réalisation, leur émotion « pour qu’il devienne une véritable plateforme d’expression, d’échanges et de promotion des projets sur le vivre ensemble ». Enfin, un hashtag #LibresEnsemble peut être également utilisé sur tous les réseaux sociaux.

O. DIOUF


Expo platiciennesA l’image des autres organisations socio-professionnelles, le collectif des plasticiennes du Sénégal a célébré la Journée internationale dédiée aux droits des femmes. A ce titre, les artistes ont organisé une exposition au Monument de la Renaissance.

Le 8 mars dernier a marqué la 21ème édition de la  participation des artistes plasticiennes du Sénégal à la célébration de la Journée internationale des droits de la  Femme. Cette année, le Collectif des plasticiennes a commémoré la journée sous le Thème : « Sunu Yoon » qui signifie la voie de la femme. Ainsi, à travers la quarantaine de tableaux exposés dans l’enceinte du Monument de la Renaissance, tous retracent les péripéties, les orientations et les visions de la femme artiste et celle plasticienne en particulier.

Selon la présidente du collectif, Adama Boye, « le slogan "Sunu Yoon" traduit surtout la voie que nous avons tracée et empruntée pour mener à bien notre métier, tout en le combinant avec notre rôle de femme-épouse, femme au foyer, femme-mère ». A en croire Mme Boye, les artistes plasticiennes constituent un grand maillon dans la chaîne culturelle nationale, en ce sens qu’elles participent pleinement à la création d’emploi. Cependant, le sous-secteur des arts plastiques reste encore confronté à quelques difficultés, surtout dans le domaine du financement, de l’accompagnement et de la formation, comme l’a souligné Aïchatou Dieng. Toutefois, l’ancien directeur des Arts, Alioune Badiane, et son collègue de la Galerie nationale, Omar Danfakha, ont relevé l’engagement, la détermination et surtout la passion qui animent les artistes plasticiennes dans leur travail. Ils reconnaissent que le métier ne nourrit pas son homme (sa femme plutôt), mais cela n’empêche pas ses braves dames à s’accrocher davantage à leur activité favorite.

Promotion de la culture
En présidant la cérémonie officielle au nom du ministre de la Culture et de la Communication, Abdoulaye Racine Senghor, par ailleurs administrateur général du Monument de la Renaissance, s’est félicité de la richesse des œuvres exposées. M. Senghor se dit convaincu que les plasticiennes jouent pleinement leur partition dans la promotion de la culture sénégalaise. Il a donné l’assurance que le monument va accompagner tout acteur culturel travaillant à vendre la destination Sénégal. M. Senghor indique que dans la nouvelle Lettre de politique sectorielle du ministère de la Culture, beaucoup d’innovations sont prévues et les artistes plasticiennes pourront en tirer profit. Abdoulaye Racine Senghor se dit conscient qu’avec les femmes, la culture ira de l’avant.

Pape Coly NGOME


Ray lemaL’Unesco a entrepris de réécrire l’Histoire générale de l’Afrique. Le musicien congolais, Ray Lema, invité d’honneur du Marché des arts du spectacle africain d’Abidjan (Masa 2016), a été mandaté pour porter la parole de la Coalition mondiale des artistes.

C’est un projet qui tient fort à cœur la communauté artistique : l’Histoire générale de l’Afrique. Lors des rencontres professionnelles de la 9ème édition du Marché des arts du spectacle africain d’Abidjan (Masa 2016), le musicien, Ray Lema, invité d’honneur, a été présenté comme porte-parole de la Coalition mondiale des artistes dans cette entreprise lancée par l’Unesco.

Son représentant à Abidjan, Ydo Yao, est revenu sur l’origine de cette initiative : « L’Histoire générale de l’Afrique est née au lendemain des indépendances lorsque les Etats africains ont remarqué un déni de leur histoire, un déni d’humanité et de dignité pour les peuples d’Afrique. Les Etats l’on jugé inacceptable. Ils ont demandé à l’Unesco de reprendre le flambeau pour une autre lecture de l’histoire africaine ». C’est ainsi, a rappelé Y. Yao, qu’en 1964, fut lancé le projet de réécriture de l’Histoire générale de l’Afrique, un chantier scientifique, politique et éthique pour le continent. « C’est un projet qui, à l’origine, visait à produire et promouvoir une histoire à partir des perspectives africaines. Ce projet avait opéré une révolution épistémologique majeure en intégrant les traditions orales africaines, les sources littéraires, artistiques », a souligné le représentant de l’Unesco. Ajoutant : « Cet ouvrage a mobilisé quelque 350 spécialistes qui ont écrit sur diverses disciplines (histoire, anthropologie, archéologie, etc.). Le processus a duré 35 ans et a abouti à une collection de 8 volumes ».

Perspectives africaines
En 2009, les Etats africains ont saisi l’Unesco pour que cette réécriture de l’Histoire générale de l’Afrique soit enseignée aux jeunes, aux femmes. Dans cette dynamique, l’institution onusienne a lancé un processus visant à revisiter les contenus des programmes d’histoire enseignés dans les écoles africaines afin d’y dispenser une histoire qui colle aux réalités du continent. Pour promouvoir ces nouveaux contenus, l’Unesco a désigné le musicien Ray Lema comme porte-flambeau de ce processus. Prenant la parole, il a tenu à souligner qu’il est « simplement » un artiste qui a été sensible à quelques phrases mis sur papier par des scientifiques occidentaux pour dénier à l’Afrique son histoire. Lorsque l’organisme onusien lui a demandé d’essayer de fédérer et sensibiliser les artistes, il a dit « oui ». Pour mieux convaincre, il a cité ce proverbe africain : « Quand on ne sait pas d’où l’on vient, c’est très difficile de savoir où l’on va ».

Ray Lema est d’avis que cette entreprise est « vitale pour nous, notre avenir, toute notre jeunesse, afin que nous pussions discuter sur d’où l’on vient pour pouvoir décider de où l’on veut aller ». Le porte-parole de la Coalition des artistes a estimé que toutes les formes d’art (danse, théâtre, littérature, etc.), tout le monde doit mettre son inspiration, son génie créateur dans ce que l’Unesco appelle « une manière de passer aux peuples notre histoire ».

Après s’être imprégné de l’ouvrage, « tout le génie artistique doit s’exprimer dans des films, bandes dessinés, livres », a suggéré R. Lema. Sur ce registre, l’Unesco a imprimé un formulaire d’engagement des artistes. Ensuite ce sera au tour des autorités d’être sensibilisées pour qu’elles s’impliquent davantage.

E. Massiga FAYE


B Mb Diop cultureDr Babacar Mbaye Diop, enseignant-chercheur en Philosophie de l’art, a présenté, mercredi dernier, au Musée Théodore Monod, une réflexion sur « La réception de l’art au Sénégal : lieux, acteurs et publics ». La manifestation entre dans le cadre des activités de la section sénégalaise de l’Association internationale des critiques d’art.

« Le Sénégal est un pays d’art et d’artistes ». C’est à partir de ce postulat que Dr Babacar Mbaye Diop, enseignant-chercheur en Philosophie de l’art, a présenté, mercredi dernier, une réflexion sur « La réception de l’art au Sénégal : lieux, acteurs et publics ». La manifestation entre dans le cadre des activités de la section sénégalaise de l’Association internationale des critiques d’art (Aica).

Dans son exposé, le président d’Aica-Sénégal a remonté le fil de l’histoire. Selon lui, cette politique de promotion artistique remonte depuis l’accession du pays à l’indépendance, en 1960, et le Sénégal s’est fait remarquer dans le domaine des arts visuels. Les initiatives ont foisonné. « L’École des Beaux-arts créée en 1966, les Manufactures sénégalaises des arts décoratifs de Thiès anciennement Manufacture nationale de tapisserie, elle-même issue de l'Atelier de tapisserie créé en 1964 par l'artiste-peintre Papa Ibra Tall ;  le premier Festival mondial des arts nègres en 1966, l’ancien Musée dynamique créé la même année et qui a accueilli de grands artistes parmi lesquels Marc Chagall en 1971, Pablo Picasso en 1972, Fritz Hundertwasser en 1973, Pierre Soulages en 1974, Alfred Mannessier en 1976, Iba Ndiaye en 1977 ;  la Galerie nationale d’art créée en 1983 et qui a en charge l’organisation du Salon des artistes plasticiens du Sénégal ; la Biennale de l’art africain contemporain de Dakar en 1992 ; et le Village des arts en 1998 », a rappelé l’enseignant-chercheur au Département de Philosophie à l’Ucad.

À côté de cette politique de promotion artistique de l’État, a poursuivi le Dr Diop, « il y a beaucoup d’initiatives privées par la création de galeries ou de centres d’art. Il y a de plus en plus d’artistes et d’expositions dans le pays ». Ce constat pose également un certain nombre de questions : « Mais qui s’intéresse d’abord à l’art au Sénégal ? Où voit-on de l’art dans le pays ? Les Sénégalais aiment-ils leurs arts ? Jouissent-ils de leurs productions artistiques ? Quelles sont les différentes formes de réception de l’art au Sénégal ? », s’interroge le conférencier.

Configuration sociale et artistique
Son questionnement s’est intéressé à la diffusion et à la réception de l’art au Sénégal, à la scène artistique sénégalaise, sur sa configuration spatiale, sociale et artistique. Au regard du Dr Diop, « il s’agit d’explorer les différentes formes de réception ainsi que les différentes scènes de l’art (musées, galeries, institutions) sur lesquelles les expériences réceptives prennent forme ». Soulignant : « Les lieux de l’art au Sénégal jouent un rôle essentiel dans la vitalité de la scène artistique sénégalaise, mais aussi et surtout dans la promotion et la notoriété des artistes. Inégalement répartis sur le territoire, presque tous sont regroupés à Dakar. »

Toujours est-il que « dans tous ces lieux et espaces d’art (les galeries, les centres et résidences d’art), les artistes montrent de plus en plus leur travail, mais ne vendent presque pas, faute de clients », constate Dr Diop qui constate que les lieux de l’art sont en général concentrés à Dakar, la capitale du Sénégal. « L’État doit travailler à mettre en place de nouveaux lieux et permettre que la scène artistique soit reconnue et médiatisée comme une scène d’envergure, comme une véritable scène artistique », a plaidé le président de l’Aica-Sénégal. Mais, relève-t-il, le constat c’est qu’ « il y a peu de lieux de diffusion et les quelques espaces que nous avons sont peu fréquentés par les Sénégalais ». Les responsables de lieux de diffusion (principalement les galeristes) se plaignent du manque de visiteurs et de l’absence d’un marché de l’art au Sénégal, due au manque de collectionneurs. Nombreux sont les Sénégalais qui n’ont jamais visité un musée ou une galerie, qui ne connaissent pas Ousmane Sow, Ndary Lô, Awa Séni Camara ou Soly Cissé. Nombreux sont les Sénégalais qui ne connaissent pas la Biennale de Dakar, la Galerie nationale ou le Village des arts.

Démocratisation de l’accès
Dr Babacar M. Diop est d’avis que « la démocratisation de l’accès à l’art devrait permettre une démultiplication des occasions de pratiques artistiques ». Ajoutant : « L’organisation d’événements tels que la Biennale de Dakar qui reçoit de plus en plus de monde, le cas du Festival Fleuve en Couleurs de Saint-Louis qui crée une synergie, le PartCours artistique qui a lieu tous les ans à Dakar en novembre-décembre et les Regards sur Cours de Gorée qui alternent avec les années de Biennale, permettent d’attirer l’attention du public ».

Toutes ces circonstances favorables à la réception, analyse le conférencier, montrent que les publics et l’art peuvent se réconcilier.

Au cours des échanges, l’artiste-plasticienne Anta Germaine Gaye a insisté sur l’éducation artistique dès la petite enfance. « Il est important d’ouvrir les yeux de l’enfant à l’esthétique. Il faut les pousser à oser, exprimer leur ressenti », a-t-elle lancé. Prenant la parole, Koyo Kouoh, directrice artistique du Raw Material Company (Centre pour l’art), a estimé que « l’accès à l’art est une question d’amour ». Car, dit-elle, il faut de l’amour pour créer une œuvre, la voir et la promouvoir. D’où cette suggestion : « Il faut revoir notre compréhension de la production et de la consommation de l’art ». Pour sa part, la directrice de la Galerie Arte créée depuis 1996, Joëlle le Bussy, a partagé l’expérience de sa structure qui, au début, recevait plus d’expatriés que de Sénégalais. « La tendance change progressivement avec un regain d’intérêt pour l’art qui se démocratise petit à petit », a-t-elle souligné. Ancien directeur des Arts et critique, Alioune Badiane a relevé que « les arts visuels n’ont pas cette capacité de mobilisation comme le théâtre, le cinéma ». Sur ce registre, les critiques d’art ont un travail d’intermédiation à faire entre l’œuvre et le public.

E. Massiga FAYE


Mamadou sem tambaFavoriser la diversité artistique et participer au développement culturel de la région de Tambacounda. C’est l’objectif visé par le festival de l’Union prévu à Tambacounda du 25 au 27 mars. Cette rencontre internationale   s'inscrit dans une approche défendant des valeurs de partage, de citoyenneté, de responsabilité sociale et environnementale ainsi que d'audace artistique.

Le nouveau projet de l’Association Dugu-Tigui/Arts a pour ambition d'inviter chacun à dépasser ses « a priori », d'encourager la curiosité et la pratique et enfin d'entretenir une relation durable avec les publics sur la base de la création et de la rencontre artistique. Ainsi, la 1ère édition du festival de l’Union vise à participer à l’animation culturelle de la région de Tambacounda, du 25 au 27 mars 2016.

Selon Mamadou Sem alias Nigger Dou, c’est une initiative d’une association regroupant des artistes urbains, rappeurs, graffeurs, Dj, b-boys, managers etc. Elle est créée en 2009, dans le but de participer au développement culturel de la localité de Tambacounda, d’échanger avec les artistes d’autres horizons. L’Association a, par le passé, organisé plusieurs activités telles que des concerts avec Gaston, Simon Kouka, des journées d’investissement humain, etc. Pour Mamadou Sem, depuis quelques années, l’Association Dugu-Tigui/Arts s’investit dans différentes activités culturelles dans la région orientale du Sénégal. Il est question aussi, selon lui, de rompre avec une situation bien établie qui voit qu’au Sénégal, depuis des années, toutes les actions dans le domaine artistique et culturel sont régulièrement organisées par les structures publiques et par les initiatives non étatiques, et semblent porter des fruits. Seulement, la capitale, Dakar, concentre le plus grand nombre d’infrastructures culturelles et des grandes manifestations.

Pour le rappeur, ce festival est venu à point nommé pour décentraliser l’action culturelle et de faire participer les artistes venus d’autres horizons. Ainsi, les organisateurs ont choisi de faire intervenir en résidence une vingtaine d’artistes autour d’un même thème : « Reconversion ». Un thème idéal pour rendre compte de la reconversion du changement de look des sites ciblés.
De plus, la première édition du festival sera un prétexte pour embellir la commune de Tambacounda. Le festival de l’Union permettra aussi de sensibiliser la population sur les maux qui gangrènent la société comme l’insalubrité, les méfaits des sachets plastiques, la dégradation de l’environnement etc.

Pape Demba SIDIBE


CMU CultureUne mutuelle nationale de santé des acteurs  culturels  sera lancée ce jeudi 10 mars au Grand Théâtre. En prélude  à cet événement,  le secrétaire  général  du ministère  de la Culture et de la Communication,  Birane  Niang  et le  Directeur  général de l’Agence de la couverture maladie universelle, Cheikh Seydi Aboubacar Mbengue,  ont fait face  à la presse.

Le problème de prise  en charge médicale ne sera plus qu’un vieux souvenir pour les acteurs culturels. Avec le lancement  de leur mutuelle de santé prévu ce  jeudi 10 mars, les artistes et acteurs culturels pourront désormais disposer d’une couverture du risque maladie  et d’un système d’assurance.

Selon le secrétaire  général  du ministère  de la Culture et de la Communication,  Birane  Niang,  c’est  conscient des problèmes auxquels sont souvent confrontés les acteurs  culturels  par rapport  à leur prise en charge médicale que  le ministre de la Culture, en collaboration avec le ministre de la Santé et de l’Action sociale,  ont pris l’initiative de lancer la mutuelle de santé des acteurs culturels.  A l’en croire, plusieurs tentatives avaient été menées mais toutes n’ont pas pu aboutir.

« C’est avec l’avènement de la Couverture maladie universelle que nous nous sommes rapprochés  du ministère  de la santé  notamment de l’Agence  de la couverture maladie universelle,  et ensemble, nous avons pu trouver  la réponse à cette lancinante question  de prise en charge des acteurs culturelles », indique M. Niang.

D’après le Directeur  général de l’Agence de la couverture maladie universelle, Cheikh Seydi  Aboubacar Mbengue, la Cmu offre aux acteurs  culturels  une opportunité importante. « C’est dans  le cadre de cette Cmu que  la mutuelle de santé  des acteurs culturels sera mise en place », souligne-t-il. A en croire M. Mbengue, la mutuelle  sera organisée au  niveau national  au lieu de mettre  en place des  démembrements  dans chaque quartier, village ou commune. Il  a été  jugé  plus pertinent  que la mutuelle   signe  une convention avec les mutuelles de santé communautaire  pour que ses membres puissent être pris en charge  dans le cadre de ces mutuelles.

« Ces mutuelles de santé communautaire  fonctionnent sur la base  d’une cotisation annuelle de 7.000 FCfa par personne. Mais cette cotisation est subventionnée à hauteur de  50% par l’Etat. Cela veut dire que  vous payez  3.500 FCfa et l’Etat paie les 3.500 FCfa restant », fait-il savoir. Toutefois, précise le directeur général de la Cmu, dans le cadre de la mutuelle  de santé  des acteurs culturels, cette contribution de 3.500 FCfa sera subventionnée une seconde fois  par  le ministère de la culture et  de la communication.

« Cela veut dire qu’au lieu de cotiser 3.500 FCfa comme n’importe quel Sénégalais, l’acteur culturel  pourra cotiser 2.500 FCfa si la subvention est de 1.000 FCfa  ou 2.000 FCfa si la subvention est de 1.500.  Tout dépend  de la discision  que va prendre le ministère de la culture et de la communication sur cette subvention », argue Cheikh Seydi  Aboubacar Mbengue.

Maguette Guèye  DIEDHIOU


Masa PanelLa question de la diversité culturelle et la nécessité du vivre ensemble est au centre d’un atelier que l’Organisation internationale de la Francophonie a lancé, hier, à Abidjan dans le cadre de la 9ème édition du Marché des arts du spectacle africain (Masa).

« Qui est mon Autre, qui est l’Autre de qui ? » C’est autour de cette problématique que s’est ouvert, hier à Abidjan, un atelier sur le dialogue des cultures. L’initiative de l’Organisation internationale de la Francophonie (Oif), partenaire historique et fondateur du Marché des arts du spectacle africain (Masa), réunit durant deux jours un échantillon d’acteurs et de leaders d’opinion afin d’établir un diagnostic sur « la perception de l’Autre » par chacune des grandes composantes sociologiques de la société ivoirienne. Ce, un peu plus de quatre ans après les « graves » événements qu’a connu le pays et leur impact sur la convivialité et le vivre ensemble.

A la cérémonie d’ouverture de l’atelier, la directrice de la Langue française, Culture et Diversités à l’Oif, a tenu à nuancer deux concepts. « Le vivre ensemble est une chose. Le libre ensemble en est une autre », a souligné Youma Fall. Elle a rappelé que « le Masa constitue pour l’Oif un espace de célébration de la créativité dans sa grande diversité mais aussi un espace de promotion de la diversité culturelle au-delà de la diversité des expressions culturelles ». Mme Fall a réaffirmé que « la culture, la diversité de ses expressions, ses interactions et métissages sont au cœur du mandat de la Francophonie ». Ajoutant : « Nous sommes pleins de ferveur pour faire avec les participants à l’atelier du vivre ensemble et du libre ensemble dans le foisonnement de nos diversités plus qu’un idéal mais une réalité, une assurance contre ce que le monde vit actuellement en termes de risques, de discriminations, de violences qui prennent prétexte de la figure de l’autre pour se propager ».

« Identités meurtrières »
La directrice de la Langue française, Culture et Diversités s’est dite heureuse de voir que les participants à l’atelier vont se projeter dans le futur de leur pays, au-delà de l’Afrique, du monde. Ainsi, une réflexion sera menée sur la place qu’occupe la production de biens artistiques et culturels et le rôle que pourraient jouer les artistes et autres créateurs, ainsi les journalistes et communicateurs pourraient jouer dans un contexte de sortie de crise. Prenant la parole, le directeur de cabinet du ministre ivoirien de la Culture et de la Francophonie, Dembélé Fausseni, est revenu sur « une histoire que le peuple ivoirien a bâti avec ses hauts faits mais aussi ses moments douloureux qu’il assume et essaie de transcender pour se projeter dans un avenir qui permette d’être dans la diversité uni ».

Reprenant un propos de l’écrivain Amin Malouf, M. Dembélé a souligné que « les identités peuvent être meurtrières » d’autant qu’on a eu du mal à les définir. « Suis-le nordiste, sudiste, musulman. Suis-je un peu de mon voisin, suis-je lui en entièreté ou différent. Quelle part de moi est en lui », s’est interrogé le directeur de cabinet du ministre de la Culture. Rappelant que « l’être humain est un composé et que parfois, des aspects de ce composé prennent le pas et ont tendance à vouloir s’imposer aux autres composantes de lui-même qui se trouve avec l’autre ».  Dembélé Fausseni est d’avis que « la question de la diversité et la nécessité du vivre ensemble nous amène à tout relativiser… ».  Il a appelé de ses vœux pour une Côte d’Ivoire multiculturelle, diversifiée, qui s’assume et s’accepte en s’ouvrant au monde.

De notre envoyé spécial à Abidjan,
E. Massiga FAYE


La 9ème édition du Marché des arts du spectacle africain (Masa) s’est s’ouverte, samedi, à Abidjan (Côte d’ivoire), sur le thème « Réinventons les arts de la scène ». Avec comme invités spéciaux les artistes Manu Dibango et Rey Léma, l’événement sera rythmé par des rencontres professionnelles et des spectacles.

« Le Masa a bel et bien repris ! » Sur un ton jubilatoire, le Premier ministre ivoirien, Daniel Kablan Duncan, a lancé, samedi, la 9ème édition du Marché des arts du spectacle africain (Masa). Le thème de cette année porte sur « Réinventons les arts de la scène ». Pour la circonstance, la salle Lougha François du Palais de la Culture d’Abidjan, qui a accueilli la cérémonie d’ouverture, était habillée aux couleurs des 400 artistes venant de 37 pays. Dans une ambiance bon enfant, des artistes invités comme Maréma (Sénégal), Ile Aiye (Brésil), Aidissa (Côte d’Ivoire), ont presté à la grande joie d’un public venu en grand nombre.
Selon les mots de M. Duncan, le Masa 2016 est un signal « fort » donné au monde après l’édition de relance en 2014. « Cette édition repositionne la Côte d’Ivoire dans le concert des Nations. Elle confirme que le pays a renoué avec la paix et la stabilité et qu’il reprend sa place dans l’économie africaine », a souligné le Premier ministre ivoirien. Daniel Kalan Duncan a affirmé que « les cultures et arts d’Afrique peuvent continuer de nourrir la création universelle ». Selon lui, le Masa est une manifestation culturelle ouverte sur l’internationale à l’image de la Côte d’Ivoire, terre de rencontre, de dialogue des cultures et civilisations.
Sur ce registre M. Duncan est d’avis qu’ « il nous faut construire, dans le domaine de l’économie, tout comme dans celui des arts, un marché sous-régional et régional qui contribuera à apporter une plus-value certaine à nos produits sur les marchés mondiaux ». Au regard du Premier ministre ivoirien, « il est important de voir dans les œuvres artistiques non pas seulement des curiosités ou des loisirs mais de véritables produits économiques confrontés aux lois de l’offre et de la demande ». De ce point de vue, a souligné Daniel K. Duncan, « le Masa a pour ambition d’aider à créer les conditions pour que les artistes puissent vivre de leur art ».

Exception culturelle
Il s’agit, de la promotion de l’art africain, car le chef du gouvernement ivoirien est convaincu que « l’Afrique doit gagner le pari de son exception culturelle ». Ajoutant : « La Côte d’Ivoire et les autres pays africains ont le devoir de perpétuer cet événement culturel en présentant des spectacles innovants, captivants et vendables ».
Auparavant, l’administrateur de l’Organisation internationale de la Francophonie (Oif), Adama Ouane, a jugé qu’ « aujourd’hui, notre monde a besoin de ce type d’événement plus que jamais ». Avec le Masa, « nous sommes là pour célébrer, découvrir et promouvoir la créativité artistique dans toute sa diversité et sa singularité », a déclaré A. Ouane pour qui « la culture est une tension perpétuelle entre deux pôles : d’une part, ce qui est propre à l’être humain en tant que tel et de l’autre, ce qui amène chaque peuple à revendiquer le droit de mettre en avant son originalité ».
L’administrateur de l’Oif a affirmé que « la fête de la créativité dans son immense diversité est l’expression de la vivacité qui émane du vivre ensemble ». Sur ce plan artistique, a souligné M. Ouane, « l’humour nous manque en ce moment où la confrontation des différences se fait sur le mode du repli et du rejet quand elle n’est pas meurtrière ».
Devant un tel contexte, « quoi de plus noble que le jeu, le ludique, le rire pour résister, prendre de la distance et de la hauteur », a souligné l’administrateur de l’Oif considérant que les pays africains francophones ont de grandes leçons à partager avec le rire comme « soupape de liberté », un moyen de ne pas s’enfermer dans le tragique. D’où cette invite à « moins se prendre au sérieux » et à accorder un plus grand sérieux aux spectacles prévus dans la programmation du Masa 2016.

De notre envoyé spécial à Abidjan, E. Massiga FAYE


En marge de la cérémonie de remise de chèques aux lauréats du Fesnac 2015, la directrice de la Maison de la Culture Douta Seck, Fatou Binetou Sarr Niang, est revenue sur les perspectives de son institution. Dans cette interview, Mme Niang fait part des programmes prévus pour 2016, lesquels portent, pour l’essentiel, sur la mise en place d’un plateau de la diversité culturelle et le renforcement des statistiques culturelles.

« A la tête de cette structure depuis novembre 2013, nous avons eu à mener, à animer, à créer et à accueillir diverses activités culturelles. Depuis que je suis là, nous avons déroulé un plan d’actions. Il nous est arrivé de dépoussiérer un projet de centre aéré qui datait des années 2010 et qui s’était réalisé avec les agents de la maison de la Culture Douta Seck et qui, à défaut d’évaluation, s’est arrêté. Quand je suis venue, j’ai pensé à relancer cette activité qui fait partie des stratégies de développement des enfants. 
Ces activités ont lieu durant les vacances. Dénommé « Père-Enfance », elles se matérialisent par des travaux d’atelier et des travaux de renforcement de capacités en activités culturelles à savoir la danse, la peinture, la musique, etc.
Aussi, avons-nous travaillé sur un projet qui datait de longtemps. Il s’agit de la Journée du parrain. J’ai trouvé le projet en sommeil et je l’ai reconduit en avril 2015. Ce projet a eu beaucoup de succès. Avec les acteurs culturels, nous avons revisité le palmarès du parrain Abdoulaye Douta Seck. L’autre activité, que nous sommes en train de dérouler, tourne autour de l’école. Nous avons noué des partenariats avec certains lycées comme Seydou Nourou Tall et Blaise Diagne, entre autres. Quand nous avons des expositions sur des auteurs ou des écrivains, ces élèves constituent notre public. Nous accueillons également des activités littéraires, sociales parce que la Maison de la Culture Douta Seck a l’ambition de recevoir des séminaires, des formations, des réflexions et autres ».

Synergie d’actions
« L’action culturelle a un coût. Toute activité culturelle est une industrie parce que si on a une activité culturelle dans une filière donnée, qu’elle soit la filière des arts scéniques, celle des arts visuels ou encore dans le patrimoine, il faut nécessairement qu’il y ait des moyens pour les réaliser. Mais toujours est-il qu’en action, il ne faut pas mettre l’accent sur les moyens. Certes, elle constitue un socle mais les moyens ne peuvent pas déterminer cette action culturelle. Elle doit être quelque chose d’acceptée, une création qui doit être volontaire, encouragée. L’action culturelle se déroule aussi dans le temps avec ceux qui croient à cette action. Mais il y a toujours une base d’action. Pour nous, cette base est l’Etat qui nous donne les missions. Il est le premier bailleur, il nous accompagne dans cette mission bien que nous soyons créateur, producteur d’événements. L’Etat est là pour nous accompagner et, dans cet accompagnement, il faut aussi la volonté humaine dans la pensée, les réalisations, l’action et la synergie d’actions qui enveloppe la création ».

Perspectives pour 2016
« Nous menons un plan d’actions dans le temps parce que dès qu’on commence un projet, on le déroule dans le temps et on l’évalue au fur et à mesure. Ce projet commence par quelque chose de défini mais au fur et à mesure se grefferont d’autres initiatives aussi importantes. Nous avons un projet culturel « Ndajé » qui se présente comme un plateau de musiciens où on invite des chanteurs et, en même temps, on fait la promotion des artistes. Ce sera également un plateau de diversité culturelle en invitant les artistes de la culture urbaine, les grandes divas de la musique sénégalaise comme Kiné Lam, Fatou Guéwel, Fatou Laobé, etc. Nous l’avions commencé l’année dernière avec le projet « Café des arts » où étaient invités beaucoup d’acteurs culturels et on souhaite le renforcer cette année avec le projet « Ndajé ».  Dans le domaine de l’art plastique, en continuité du centre aéré, nous avons impliqué des artistes plasticiens qui viennent de l’Ecole nationale des arts et dont le rôle est de créer des ateliers de renforcement en arts visuels. Aussi, avons-nous une boutique culturelle. Les activités de l’occupant se font les après-midis sur la vente et l’exposition de produits culturels, entre autres.
Comme autres activités importantes, nous avons les partenariats. Il y a des partenaires qui viennent avec leurs projets et nous travaillons dans des conditions. Par exemple, ils peuvent demander le site en présentant leur projet. S’il s’agit de projets à thème, nous nous approchons de la thématique de l’action culturelle. Il nous arrive des moments où nous accueillons des activités propres aux projets culturels d’envergure comme le Fesnac, la Biennale des arts, etc.».

Statistiques culturelles
« Dans les perspectives, les choses les plus essentielles concernent une autre facette de la culture. Il y a un diptyque qui est créé. On parle maintenant de culture et économie. Ce n’est pas pour dire que la culture c’est l’économie mais la culture prend départ avec les activités culturelles et folkloriques. Dans les perspectives, nous comptons renforcer l’évaluation de cette économie en termes de chiffres. Ce qui ouvre en même temps la porte aux statistiques culturelles. Cette année, nous allons renforcer davantage l’évaluation des statistiques culturelles qu’on a commencée depuis 2013… »

Maguette Guèye DIEDHIOU


La protection de l’environnement est une nécessité, si nous voulons encore vivre le longtemps sur terre. C’est ce qu’a montré, mercredi dernier, une pièce de théâtre dénommée « La protection de l'environnement ».

La première séance de la troupe Totok de cette année s’est jouée mercredi dernier, à la Fondation Konrad Adenauer, sise à Mermoz. Cette prestation théâtrale de 35mn entre dans le cadre de la protection de l’environnement, de la sensibilisation sur les dangers du réchauffement climatique, la destruction accélérée de la nature, l’utilisation des déchets plastiques malgré leur interdiction au Sénégal.
Cette pièce intitulée « La protection de l'environnement » était un moment pour sensibiliser les populations sur le respect de notre nature. L’œuvre dénonce les comportements de certains citoyens et désapprouve la société insalubre où règnent en maître les décharges aux odeurs nauséabondes ; le gît de toute sorte d’animaux, de démons et autres insectes.
Dans la pièce, la comédienne Seliwa, malade à cause des saletés, crie qu’elle va mourir ! « Je suis prise à partie par les démons », pleure-t-elle à chaudes larmes. Catastrophe écologique ! Pourquoi ? Parce qu’un pétrolier vient de déverser sur le large des côtes dakaroises du pétrole. Ce qui rend impossible la consommation de poisson. Pire, la pêche va être interdite. Mais, malheureusement, des consommateurs ont déjà goûté à ces poissons. Résultat : certains d’entre eux vont être acheminés à l’hôpital, sous les yeux impuissants du « médecin » M. Fall, par ailleurs, responsable de la troupe Totok.   Autre séquence, c’est la destruction de la couche d’ozone. Celle-ci ne peut être protégée qu’en diminuant le gaz à effet de serre, le gaz carbonique etc. Pour ces écologistes, l’arbre est nécessaire pour notre vie. En dehors de ses vertus médicamenteuses que chante la comédienne Woury Kenda Diallo, l’arbre nous protège des rayons solaires, donne à l’homme de l’oxygène et ce dernier lui transmet du gaz carbonique, sa sève nourricière.
Irritée par cette dégradation de la nature à grande échelle, Woury promet à son père, M. Fall, d’inventer une machine anti-pollution ! Avant le terme de la pièce, les défenseurs et amis de la nature, réunis, n’ont pas hésité, un seul instant, à porter plainte contre les destructeurs, pour l’amélioration de leur cadre de vie.  
Un beau plaidoyer pour venir à bout de ces fléaux, quelques semaines après la Cop 21 organisée à Paris en décembre 2015.

Serigne Mansour Sy CISSE


Abdou K Lo PatrimoineDans le cadre de ses cycles de séminaires de recherche, l’Institut fondamental d’Afrique noire (Ifan) a accueilli, mercredi, l’ancien délégué à la Réforme de l’Etat, Abdou Karim Lô.  Selon ce dernier, les politiques culturelles au Sénégal sont confrontées à l’absence d’une évaluation.
Dans un contexte marqué par des opportunités s’illustrant dans l’environnement interne et externe de l’Administration publique, l’évaluation des politiques publiques en général et celles culturelles en particulier est devenue incontournable. C’est du moins la conviction de l’ancien délégué à la Réforme de l’Etat. Pour Abdou Karim Lô, qui animait, mercredi dernier, à l’Ifan, une communication sur le thème : « Les enjeux et les défis de l’évaluation des politiques culturelles », à l’instar de beaucoup de secteurs, au Sénégal, les politiques culturelles sont heurtées à l’absence d’une évaluation. Laquelle doit permettre d’apprécier les progrès accomplis dans le domaine et de proposer des options cruciales pour atteindre les objectifs globaux de développement.

Pour M. Lô, la culture, à l’image des autres secteurs de développement, doit être appréciée à l’aune des critères d’évaluation. Car, à l’en croire, dans les faits, elle semble adopter une posture d’évitement ou de ne pas réunir les conditions de l’évaluabilité.  Cette situation s’explique, entre autres, par le fait que la pratique de cette activité est encore jeune au Sénégal, l’absence d’une culture de l’évaluation et la spécificité du secteur. Aussi, le milieu culturel a, d’après Abdou Karim Lô, mal à se forger des indicateurs standards compte tenu de sa spécificité.

Absence d’une loi sur l’évaluation
Ce faisant, a-t-il poursuivi, un certain nombre de défis reste à relever. Il s’agit de la mise en disposition des statistiques culturelles fiables, de la capacité de définir des indicateurs qualitatifs qui renseignent sur le sens et la valeur des actions culturelles,  l’élaboration des politiques culturelles bien structurées avec des objectifs observables et mesurables. Mais aussi, l’adoption des méthodes de planification axées sur les résultats. « Il faut que, de plus en plus, on adopte la gestion axée sur les résultats », a-t-il laissé entendre.

Au Sénégal, a relevé le conférencier, la pratique et la culture de l’évaluation sont plombées par des contraintes auxquelles ne peut pas échapper le secteur de la culture. C’est le cas de l’absence d’une loi sur l’évaluation ainsi que l’institutionnalisation encore timide des politiques culturelles et programmes publics, se traduisant par une faible base législative et réglementaire. Mais également, « une faible capacité des parlementaires à susciter et à utiliser l’évaluation des politiques de développement comme moyen de contrôle de l’action gouvernementale ».

Par ailleurs, d’après le président de l’Association sénégalaise d’évaluation (SenEval), aujourd’hui, il y a un environnement qui permet de dire que l’évaluation a des lendemains meilleurs. Il s’agit de l’élargissement des missions de la Cour des comptes à l’évaluation des politiques publiques, la prise de conscience de la Société civile sur la nécessité d’exiger plus de redevabilité et d’exercer un contrôle citoyen, la création de Cellules d’études et de planification dans tous les ministères.

Ibrahima BA


Expo Serere NoneC’est à travers une exposition sur la musique traditionnelle que les Sérères Nones ont étalé, hier, à Thiès, toute leur richesse culturelles lors du vernissage d’une exposition dédiée. Aujourd’hui, cette communauté de la cité du Rail s’est engagée dans la dynamique d’une revalorisation et d’une préservation de son patrimoine culturel, matériel et immatériel.

« Notre structure, en 2013, dans le cadre du Fonds des ambassadeurs pour la préservation culturelle, a pu bénéficier d’une subvention de près de 10 millions de FCfa pour la préservation et la documentation de la musique traditionnelle des Sérères Nones », a indiqué Fadel Thiam, le directeur du Musée de Thiès.

La présence de l’ambassadeur des Etats-Unis au Sénégal, Son Excellence James Zumwalt, au vernissage de l’exposition dédiée, a été d’une haute portée significative et symbolique. L’adjoint au gouverneur, chargé du développement, Ibrahima Ismaïl Ndiaye, a présidé la cérémonie riche en couleurs et en sons. Elle a été marquée par la présence de deux artistes sérères nones de renommée, Marie Ngoné Ndione et Mame Seyni, qui ont gratifié la salle de belles chansons.

M. Ndiaye a salué la pertinence de ce projet en droite ligne des ambitions de l’Etat du Sénégal qui accorde une importance capitale aux valeurs culturelles.

Traditions musicales
Le projet du Musée de Thiès, a indiqué le directeur, Fadel Thiam, « consistait, entre autres, à créer une base de données sur la musique traditionnelle des Sérères Nones, à enregistrer et archiver plus de 40 chansons, à réfectionner et créer quelques instruments traditionnels de musique et créer une page web logée dans le site du Musée de Thiès ».

M. Thiam ajoute, par ailleurs, la production de 500 Dvd et Cd contenant des enregistrements de chaque chanson rituelle du patrimoine musical des Sérères Nones et dont quelques facettes ont été visionnées dans la salle. Il s’agit des rituels du mariage et de la circoncision en pays Sérères Nones.

L’ambassadeur des Etats-Unis, James Zumwalt, s’est réjoui de ces prestations et a remercié les artistes et les représentants de la communauté sérère none pour leur engagement et la passion dont ils ont fait preuve en partageant leur culture avec les autres communautés. « Ce, à un moment où la langue et les traditions musicales de cette communauté répartie à travers vingt-cinq villages de la région de Thiès ont bien failli disparaître à jamais », a souligné diplomate américain.

« Avec cette magnifique performance, nous pouvons dire qu’aujourd’hui, ces traditions sont vivantes et grâce aux partenaires, il existe maintenant des archives numériques, sonores et audiovisuelles de ces richesses culturelles pour le grand plaisir d’un large public et des chercheurs. Plus important encore, certains des aînés de cette communauté ont appris à la génération suivante de musiciens comment fabriquer ces instruments traditionnels. Et avec la transmission de ce savoir-faire, la musique prend vie et devient une source de revenus et de fierté pour la prochaine génération d’artistes sérères nones », a souligné Son Excellence Zumwalt.

Les Sérères Nones désignent un peuple minoritaire qui habite la région de Thiès en suivant la voie ferrée ; environ 38.600 habitants, selon le recensement effectué en 2007. Mais ils joueraient un rôle de premier plan dans la ville de Thiès dont ils ont été parmi les premiers habitants.

D’ailleurs, comme l’a souligné Joseph Njoleene, au nom des bénéficiaires, « les composantes de ce projet qui a bénéficié de l’appui du Fonds de préservation culturelle permettent aujourd’hui à notre communauté de disposer d’un outil qui nous permet de revendiquer la paternité de la fondation de la ville de Thiès ».

Ce vernissage de l’exposition permanente sur la musique traditionnelle des Sérères Nones, à Thiès, a noté la présence de Amadou Faye, conseiller technique au ministère de la Culture, venu représenter le ministre Mbagnick Ndiaye.

Mohamadou SAGNE


Même s’il y a, de plus en plus, une implication de la société civile dans l’élaboration des politiques culturelles au Sénégal, la présence de celle-ci dans la mise en œuvre de ces programmes se pose encore avec acuité, selon l’auteur et critique Oumar Sall. Il animait, mercredi, une conférence sur le thème : « Contributions de la société civile dans l’élaboration et la mise en œuvre des politiques publiques culturelles ».

« De plus en plus, nous tendons vers une implication de la société civile dans l’élaboration des politiques culturelles, mais c’est au niveau de la mise en œuvre que cela pèche », a relevé le coordinateur de l’Association des diffuseurs artistiques et festivals du Sénégal (Adafest). Oumar Sall animait, mercredi, une conférence dans le cadre du cycle de séminaires de recherche organisé par l’Institut fondamental d’Afrique noire (Ifan). Selon lui, cette situation s’explique par le manque de lisibilité de la finalité de toutes les actions qui sont menées par les acteurs. Ainsi, à ses yeux, il y a une obligation de présence de la société civile durant tout le processus de l’élaboration et de la mise en œuvre des politiques culturelles.
« Nous devons être associés et nous l’exigeons. Je pense qu’il faut aussi dépasser les soupçons et établir une confiance entre la société politique et la société civile. Cela, en vue d’arriver à quelque chose de très positive et qui ne soit pas l’objet de tension », a-t-il déclaré. Pour l’auteur et critique, il a un grand besoin d’informer et de former les acteurs.  Car, vu les dispositifs qu’il y a actuellement, « seule une mobilisation de tous permet de peser positivement sur la balance ». Oumar Sall a plaidé en faveur de l’implication de tous les acteurs par le biais des différents canaux.

Contribution de la société civile
Par ailleurs, de l’avis du conférencier, qui s’est exprimé sur le thème : « Contributions de la société civile dans l’élaboration et la mise en œuvre des politiques publiques culturelles », l’un des grands acquis par rapport à la contribution de la société civile dans les politiques culturelles reste la mise en place de la Société de gestion des droits d’auteur et droits voisins (Sodav).  
A l’en croire, il s’agit du résultat d’une mobilisation de la société civile au niveau national pour protester contre une forme d’injustice consistant à payer les auteurs en laissant de côté les interprètes. « La Sodav est un acquis très important qu’on peut brandir. Le Sénégal va même servir de modèle dans ce domaine aux autres pays de l’Uemoa », a-t-il laissé entendre. A cela, s’ajoute le projet de texte sur le statut professionnel, la récente lettre de politique sectorielle, les lois sur le cinéma et l’audiovisuel. Mais également la mise en place de la Couverture maladie universelle et le fonds destiné aux cultures urbaines.
M. Sall a aussi attiré l’attention sur l’absence, souvent, de suivi des projets qui sont soumis au ministère de la Culture.  

Ibrahima BA



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