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Arts et Culture (2442)

La Plateforme des arts visuels au Sénégal (Pavs) a organisé, hier à la Maison de la Culture Douta Seck, une journée d’étude dédiée à la relance et promotion des arts visuels. Occasion pour les différents acteurs d’appeler au respect des textes règlementaires et législatifs du secteur.

« Les arts visuels se portent mal au Sénégal ». Ce constat est revenu en boucle, hier, lors de la journée d’étude initiée par la Plateforme des arts visuels du Sénégal (Pavs). Le président Viyé Diba n’y est pas allé par quatre chemins pour décrire un secteur en « décadence » après une période de splendeur sous les présidents Senghor et Diouf. « Les autorités doivent comprendre que les arts visuels sont dans la déchéance. Le pays ne mérite pas cela », a-t-il lancé, n’écartant pas une action en justice pour faire respecter les lois et règlements qui ont été votés. Ces dispositions règlementaires et législatives touchent essentiellement la loi sur le Patrimoine artistique privé de l’Etat (1967), la loi du 1% (1968)- affecté à la décoration de bâtiments publics financés par l’argent public- et celle relative au Fonds d’aide aux artistes et au développement de la culture.
Aux yeux de M. Diba, ce sont ces trois instruments qui peuvent redonner au Sénégal un leadership fort dans le domaine des arts visuels. Le président du Pavs a rappelé la vision du président Senghor qui voyait « Dakar comme Paris en 2000 », sur le plan du rayonnement culturel.
Pour sa part, le représentant du ministre de la Culture et de la Communication, Oumar Danfakha, a prêté une oreille attentive aux préoccupations qui seront relayées à la tutelle. « Nous avons le devoir de protéger et d’accompagner les artistes », a défendu le directeur de la Galerie nationale d’art.

Flou artistique
Dans sa communication, le juriste et critique d’art Sylvain Sankalé a passé en revue les trois textes de lois dédiés aux arts visuels. Sankalé est parti du décret du 11 janvier 1967 portant sur le patrimoine artistique privé de l’Etat. Au regard du juriste, cette disposition pose un certain nombre de questions, notamment sur les objets d’art affectés à l’Etat, mais n’en résout pas. Il a relevé un manque de précision sur les modalités d’acquisition des œuvres. D’où la nécessité, a-t-il plaidé, de faire leur inventaire et les localiser. Le deuxième texte de loi au cœur des préoccupations demeure la loi du 4 janvier 1968 relative à la décoration des bâtiments publics ou recevant du public.
Sylvain Sankalé a rappelé que cette disposition stipule que dès le budget dépasse 20 millions de FCfa provenant de l’Etat ou des collectivités publiques, au moins 1% doit être affecté à la décoration conditionnant l’autorisation de construire et d’ouverture. Le troisième texte règlementaire concerne le Fonds d’aide aux artistes et au développement de la culture qui, selon S. Sankalé, une partie devait « théoriquement » servir de caution auprès des établissements bancaires. Prenant la parole, l’ancien ministre de la Culture, Abdoulaye Elimane Kane, a rappelé « le souci précoce » de l’Etat du Sénégal de légiférer dans le domaine de la culture. Il a insisté sur un problème d’information, de communication et d’éducation pour la prise en charge de ces textes notamment auprès du grand public.
Au cours des échanges, Ousmane Sow Huchard a estimé que la crise des arts plastiques est indissociable de celle de la muséologie. Il est revenu sur l’apport des arts plastiques dans le dialogue des civilisations. Pour une relance, il a suggéré l’organisation d’une exposition tirée des collections privées pour montrer que les gens consomment les arts plastiques qui peuvent redevenir la locomotive de la culture.
De son côté, le critique et ancien directeur des Arts, Alioune Badiane, a appelé à revisiter les dispositions règlementaires tout en soulignant la nécessité d’un retour à l’orthodoxie dans le processus d’acquisition des œuvres. Dans la même lancée, l’ancien secrétaire général de la Biennale Dak’Art, Ousseynou Wade, a déploré une situation « extrêmement difficile ». Il a souligné cette incohérence dans le Fonds d’aide aux artistes et au développement de la culture logé à la Direction de l’administration générale et l’équipement du ministère de la Culture et non à la Direction des arts.
L’historien Mamadou Mané avait auparavant présenté une communication sur le patrimoine artistique privé de l’Etat du Sénégal. Son constat est sans équivoque : « Les arts visuels se portent mal non pas par manque de créativité mais par une absence de soutien de l’Etat ».

E. Massiga FAYE


« Quels leviers pour la relance des arts visuels ? » est le thème de la journée d’étude, qui réunit aujourd’hui à la Maison de la Culture Douta Seck,  la Plateforme des arts visuels au Sénégal (Artistes, galeristes critiques d’arts, journalistes culturels, mécènes, amateurs et collectionneurs), des décideurs  politiques et des membres de la société civile. Placée sous l’égide du ministère de la culture et de la communication, cette journée d’étude s’articulera autour du décret sur le patrimoine artistique privé de l’Etat, la  loi  du 1% et le décret sur le Fonds d’aide aux artistes et au développement de la culture. « En soumettant les instruments sus- mentionnés à l’analyse d’experts, de décideurs politiques d’artistes  et de membres   de la société civile, nous souhaitons doter notre pays  d'un cadre propice à la juste compétition des talents  et les moyens d’appliquer  les normes fixées », a écrit le président de la Plateforme des arts visuels au Sénégal.


L’innovation et la créativité ont rythmé, du 12 au 16 février, le Salon international du design de Frankfurt, « Ambiente 2016 ». L’événement est organisé par la structure Messe Frankfurt, spécialisée dans l’organisation de Salons.

La ville de Francfort (Allemagne) a accueilli, du 12 au 16 février, le Salon international du design, « Ambiente 2016 ». L’innovation et la créativité ont été au cœur de cette plateforme d’échanges. Sur place, c’est une ambiance de foire qui règne sur les 10 halls s’étendant sur plus de 592 m2. Le design se réinvente avec un souffle nouveau dans un langage très contemporain. En parcourant les différents stands, le regard du visiteur se promène dans un large éventail de produits des arts de la table, de la cuisine et du ménage, des articles cadeaux, des bijoux et des produits mode et bien-être, ainsi que des concepts et accessoires d’intérieur et de décoration. Parmi les nouveautés du Salon, figure le concept Design Plus.
La technologie, l’ergonomie avec cette pointe de modernité donnent un cachet particulier aux différentes créations. Pour le professeur Hansjerg Maier-Aichen, les designers sont devenus très sélectifs dans leur approche. « Ils ne veulent plus travailler avec n’importe qui sur n’importe quel sujet », a expliqué l’universitaire. L’innovation est scrutée dans les moindres détails avec une créativité sans limite. Au stand du label italien Guzzini Lab, l’acrylique et le verre sont travaillés, comme matières principales, dans certaines collections avec une rare minutie. Ici, la simplicité vaut son pesant d’or.
Le style est très dépouillé et tutoie cette touche futuriste. Avec une allure contemporaine, le design tend à se démocratiser. La créativité et la fonctionnalité sont dans une belle alchimie.  C’est ainsi que le label Alessi a fini de séduire une bonne frange du public. La touche innovante ? C’est ce mélange des caractères avec des effets de surprise dans des pièces que ce soit pour la décoration-maison ou la cuisine. On scrute, on touche avant de se faire une idée sur la création.

Allure contemporaine
Le Salon « Ambiente », c’est également une belle vitrine de communication. C’est ce que les responsables du Salon international de l’artisanat de Ouagadougou ont compris (Siao) en dépêchant une équipe. Au niveau du stand dédié, Tapsoba L. Stella, la chargée de la communication, et Miwende Hamadou, directeur de la promotion, sont bien dans leur rôle. « Nous voulons mettre à profit notre présence à Francfort pour promouvoir la 14ème édition du Siao, prévue en octobre 2016, avec en attraction les meilleurs produits artisanaux d’Afrique », a défendu Tapsoba L. S. Outre les rencontres d’affaires, le Siao c’est surtout les expositions classiques qui touchent la vannerie/poterie/céramique-tissage/teinture/confection ; des sculptures (bois, pierre, verre) ; de la peinture, entre autres.
A un jet de pierre du stand burkinabè, c’est un parfum d’Orient qui flotte au stand marocain. Entre un thé à la menthe et quelques douceurs, le visiteur découvre et redécouvre l’artisanat marocain. La particularité ? C’est cette décoration à base de pierres de l’Atlas (Moyen et Grand Atlas) riches en matières minérales. « L’originalité est que 80% du travail est fait à la main tandis que 20% avec des machines comme le coupe-diamant, la perceuse », a confié Ali Habbad, exposant pour le label Natura Art Atlas. Après une quinzaine d’années de participation, Habbab apprécie  la bonne organisation du Salon « Ambiente » qui lui permet d’avoir de bons contacts sur le plan professionnel. Avec ce mélange de traditionnel et de sophistication, les porcelaines marocaines ont également fini de convaincre sur leur esthétisme.
Tout comme les créations faites à la main provenant du Ghana représenté par Mawuli Akpenyo, manager du label Delata. L’essentiel des œuvres sont réalisées à partir de la fibre végétale sur des paniers, seaux, sets de table, chapeaux, etc.

Espace de promotion : Les jeunes talents à l’honneur

Avec des approches conceptuelles différentes, de jeunes designers se sont distingués dans l’utilisation de divers matériaux.
Le Salon international du design de Francfort offre une plateforme de promotion pour les jeunes créateurs. Avec des approches conceptuelles différentes, de jeunes designers se sont distingués dans l’utilisation de divers matériaux. Entre le 12 et le 16 février, 31 talents en provenance de 13 pays se sont présentés à « Ambiente ». L’espace « Loft », dans le hall 11.0, a accueilli cette année 18 jeunes créateurs, l’espace « Dining », dans le hall 4.0, 13.
Pour ces jeunes talents, se présenter en public est à la fois un « banc d’essai » et une occasion de rêve. Nicolette Naumann, vice-présidente des Salons « Ambiente » et « Tendence », pose un regard vers les jeunes créateurs. « Les talents sont devenus une source d’inspiration pour l’industrie et le commerce. Contrairement aux créateurs établis, les jeunes designers travaillent sans devoir se plier à certaines restrictions et peuvent faire preuve d’insolence pour explorer un terrain inconnu », a-t-elle estimé. Ajoutant : « Avec curiosité et ténacité, ils soulèvent de nouvelles questions, apportent des réponses et fournissent ainsi à ce secteur d’activité des impulsions déterminantes ». Ainsi, dans le cadre de leurs projets, les jeunes designers puisent leur inspiration dans différents univers : des personnes, traditions, paysages et histoires servant de point de départ à de nouvelles idées. A la clé, cette possibilité d’expérimenter de nouveaux matériaux.

Nouveaux matériaux
Sur ce registre, quatre représentants des talents viennent d’Italie, le pays partenaire de cette édition du Salon « Ambiente ». Domenico Santoro et Francesca Puddu avec leur studio de création Pastina (mignardises en français) en font partie. Ils ont présenté des coupes et des vases en céramique et béton. La coupe « Agata » est en béton gris ou noir au bord lisse recouvert d’un ton métallique contrastant. Avec le duo de vases « Ettore Sotto » et « Ettore Sopra », Pastina reprend des éléments du design du Groupe de Memphis retranscrits en fine céramique.
En parcourant les différentes réalisations, le visiteur remarque que les jeunes créateurs mélangent souvent des éléments existants qui donneront naissance à des idées novatrices. Pour sa collection expérimentale intitulée « Rust », la Française Ariane Prin installée à Londres utilise des copeaux issus de la production de pièces métalliques qu’elle mélange à du plâtre et de la résine. Résultat : l’oxydation du métal fait apparaître des effets de surface très caractéristiques. La rouille confère aux produits une structure chaude et naturelle qui suscite des associations de paysages ou de rochers. Prin fabrique à la main, dans son studio, tous les objets de la série : pots de fleurs, plateaux, coupes, vases et coffrets à bijoux. Chaque objet se distingue par une texture et coloration particulière. Pour valoriser au mieux ces effets, la créatrice a choisi pour sa collection « Rust » des formes claires et géométriques.
Les produits du studio portugais Entrelaçadas créent aussi des effets optiques particuliers. L’équipe de designers a misé sur des modèles au crochet traditionnels, toutefois agrandis de façon considérable. Les « napperons » au crochet au format de salle de séjour sont exclusivement confectionnés à partir de résidus de l’industrie textile portugaise.
Katrin Krupka et Philipp Stieghan du duo Krupka-Stieghan installé à Berlin s’adonnent également à la valorisation de résidus textiles. Ils concentrent leurs travaux sur des matériaux et présentent différents projets qui utilisent des tissus et fils résiduels de la production textile industrielle pour leur donner une nouvelle vie.

DR. SOULEYMANE LABITY OUOBA, MESSE FRANKFURT AFRIQUE DE L’OUEST : « L’Afrique gagnerait à être davantage présente à "Ambiente" »

Le Salon international du design de Francfort offre un cadre d’expression et de promotion pour bon nombre de créateurs. Sur ce registre, le représentant officiel de Messe Frankfurt en Afrique de l’ouest, Dr. Souleymane Labity Ouoba, est d’avis que l’Afrique gagnerait à être davantage présente dans cet espace de création et de promotion.
 Le représentant officiel de Messe Frankfurt en Afrique de l’ouest, Dr. Souleymane Labity Ouoba, s’est réjoui du grand succès enregistré cette année par le Salon « Ambiente ». Cette plateforme d’expression et de promotion a vu la participation de designers et autres professionnels venus d’une centaine de pays. Dr. Ouoba a magnifié l’innovation apportée, cette année, à « Ambiente » et qui a porté sur le concept « Ecotyle » dont l’esprit consiste à intégrer la dimension éthique et environnementale dans l’utilisation de certains matériaux de confection. Toujours est-il que, a constaté le représentant de Messe Frankfurt pour l’Afrique de l’ouest, « l’enjeu est de taille pour les pays africains d’investir une pareille plateforme de promotion et de vente des biens de consommation ». Soulignant : « Tout le monde y vient. Que l’on soit exposant, acheteur, créateur, à la quête d’une visibilité, pour nouer des contacts et être au parfum des dernières tendances ».
Dr. Ouoba est d’avis que « l’art, l’artisanat sénégalais qui se placent dans le haut de gamme ont leur place au Salon « Ambiente » de Francfort ». Selon lui, il y a une clientèle qui recherche des produits qui ont une originalité comme les sacs, paniers, masques. Car, a souligné le représentant de Messe Frankfurt, c’est plus de 300.000 visiteurs dont la plupart des professionnels qui s’intéressent dans des secteurs comme le tourisme. Dans cette dynamique, il a émis son souhait de promouvoir la destination Sénégal mais également de voir plus de participants sénégalais, africains à « Ambiente ».  Sur ce point, Dr. Ouoba a suggéré l’accompagnement des pouvoirs publics pour les créateurs. Il a donné l’exemple d’autres pays comme le Bangladesh, le Sri Lanka.

De notre envoyé spécial à Francfort E. Massiga FAYE


A la suite d’un article publié le 18 févier dernier par le site « Xibar.net » sur le titre : « Ignoré par Macky de son vivant, la famille Doudou Ndiaye Rose refuse le Grand Théâtre », un de ses enfants est monté au créneau pour fustiger cette information.
Selon Moustapha Ndiaye Rose, la famille de feu le Tambour major dément une telle information. « Aucun journaliste ou responsable du site « Xibar.net » n’a pris contact avec la famille de Doudou Ndiaye Rose au Sénégal ou ailleurs dans le monde avant de publier une telle information qui demeure entièrement fausse », a-t-il déclaré dans un communiqué. Il ajoute que « ce vil article n’ayant pour but que de salir la mémoire d’un homme intègre à travers sa famille, est le fruit de pseudo-journalistes en quête de notoriété… ». D’après Tapha Ndiaye Rose, la famille de Doudou Ndiaye Rose « témoigne encore une fois sa gratitude au président de la République Macky Sall pour cette grande marque de considération qu’est de donner le nom de notre père au Grand Théâtre  national, temple de la culture de notre pays ».  Doudou Ndiaye Rose, informe ce communiqué, a collaboré avec le Grand Théâtre national depuis son inauguration en 2011. C’est d’ailleurs, dans cet endroit, poursuit-il, qu’il a donné son dernier concert public avec le « Deegi Daaj » international, à l’occasion des célébrations entourant son 85ème anniversaire.  « La famille de Doudou Ndiaye Rose reste plus que jamais unie comme du temps du vivant de leur illustre père et ne vit aucune difficulté financière », a précisé le porte-parole de la famille.

Ibrahima BA


SAINT-LOUIS : Le scénariste Daouda Guissé, artiste comédien, journaliste de la Rts à la retraite, a lancé officiellement, samedi dernier, à Saint-Louis, son nouveau téléfilm intitulé « Midi Keng-Bol Keng ». C’était en présence plusieurs autorités administratives, municipales, coutumières et religieuses de la capitale du Nord.

Après une longue période de léthargie due au rappel à Dieu de El Hadj Mansour Seck, Mame Seynabou Diop dite Mame Saye Diop, Serigne Fall, Thiam Dollar et autres figures emblématiques du théâtre populaire sénégalais, la troupe théâtrale « Bara-Yeggo » renaît. Ce nouveau téléfilm « Midi Keng-Bol Keng », selon le scénariste Daouda Guissé, a permis de revisiter les contours les plus profonds du vécu quotidien du Saint-Louisien, et d’inviter l’ensemble de nos concitoyens à un retour massif à la terre.
Pour lui, c’est une manière d’attirer l’attention des populations de la vieille cité et de la région Nord sur la contribution qu’elles doivent apporter à la mise en œuvre du Programme national d’autosuffisance en riz (Pnar), du Pracas et du Pse. De l’avis de Daouda Guissé, non seulement la production de ce téléfilm permet de soutenir le président Macky Sall dans sa farouche volonté de sortir notre pays de l’engrenage de la pauvreté pour le mettre définitivement sur la voie de l’émergence, mais il s’agit aussi de faire le théâtre autrement, de faire du théâtre axé sur le développement économique et social de la Nation.
Après « Midi Keng-Bol Keng », Daouda envisage de produire « Nékha-Deukeul », « Mame Coumba Bang ou la fille des eaux » et autres téléfilms qui permettront de repositionner Saint-Louis dans le théâtre populaire national.

Un nouveau souffle
Aujourd’hui, a-t-il précisé, la troupe théâtrale de Saint-Louis renaît de ses cendres et est en train de reconstituer ses éléments en vue de relancer ses activités. Dans sa paisible retraite à Pikine, le directeur artistique, Daouda Guissé, s’inspire actuellement du souffle de Mame Coumba Bang, génie tutélaire des eaux, pour taquiner la muse et réfléchir sur les voies et moyens à mettre en œuvre pour faire mieux que la telenovela brésilienne.
Ainsi, Daouda Guissé et ses proches collaborateurs s’activent de toutes parts pour proposer aux téléspectateurs, dans les plus brefs délais, « Mame Coumba Bang ou la fille des eaux », un téléfilm de 120 épisodes, qui va, à coup sûr, permettre aux téléspectateurs sénégalais et autres nostalgiques des années de gloire de cette bande mythique de Golbert Diagne et de Marie Madeleine Diallo de s’épanouir avec un nouveau style théâtral qui apporte du sang neuf au théâtre populaire sénégalais.
Selon Daouda Guissé, « Mame Coumba Bang ou la fille des eaux » revient sur l’historique de Saint-Louis, son patrimoine, le parler des « Domou Ndar », dans une trame exceptionnelle qui prend en charge le quotidien des Sénégalais en général et des Saint-Louisiens en particulier.  Aujourd’hui, a-t-il souligné, le manque de moyens de production et de partenaires empêche la troupe de s’envoler, de traduire en actes concrets sa vision et ses innovations en matière de théâtre populaire.

Soutien des Saint-Louisiens attendu
Selon le scénariste, le soutien des fils de Saint-Louis et l’appui de la diaspora deviennent une nécessité pour préserver ce patrimoine propre à la cité de Mame Coumba Bang, ville tricentenaire et amphibie, ancienne capitale de l’Afrique Occidentale française (Aof), longtemps considérée comme un centre d’excellence, des arts, des lettres, de la culture, de la Téranga, du bon goût, de la douceur, de la mode, etc.
 D'autres séries comme « Léégui mou déé » ou « l’Espoir brisé » sont en chantier. Ainsi, c’est un nouveau souffle que Daouda Guissé apporte à la dynamique théâtrale du Nord, après quelques années de pause, d’introspection et d’observation, le temps de reconstituer une troupe fissurée par la disparition brutale de plusieurs grandes figures artistiques de sa troupe.
Créée dans les années 1980, elle regroupait à ses débuts des animateurs de la Rts de Saint-Louis sous l’impulsion de sa directrice d’alors, Daba Aw. L’initiative plébiscitée et encouragée par les auditeurs qui écoutaient ses productions attentivement tous les samedis, connaîtra rapidement un succès éclatant dès son accession au petit écran, sur la proposition de Babacar Diagne, ancien directeur général de la Rts. En plus des disparitions de comédiens, les affectations, les départs à la retraite et changements opérés dans l’organigramme de la Rts, les petites retombées et les maigres cachets générés par la production ont fini par disloquer le talentueux groupe. 

Mbagnick Kharachi DIAGNE


Situé au cœur de Dakar, précisément au Boulevard Dial Diop, le Centre culturel régional Blaise Senghor a la vocation d’animation et de diffusion. Cependant, cette fameuse maison des acteurs culturels ne demeure pas sans difficultés qui gangrènent souvent son bon fonctionnement. Aujourd’hui, son directeur, Balla Ndiaye, veut redorer le blason du Centre culturel Blaise Senghor et lui redonner le lustre qu’il mérite.

Créé en 1972, le Centre culturel régional Blaise Senghor à Dakar est en train d’amorcer un nouveau départ. La structure va bientôt présenter un autre visage au grand bonheur des acteurs culturels et populations qui le fréquentent. Restauration des locaux et réorganisation des secteurs sont les maître-mots du nouveau directeur, Balla Ndiaye, pour pouvoir assurer le bon fonctionnement du Centre culturel Blaise Senghor.
Cette réorganisation de la structure est déjà bien visible lors de notre passage au centre, mardi dernier. Nous avons assisté à une séance de conte offerte aux élèves des écoles environnantes et animée par de grands conteurs comme Lamane Mbaye, Dieynaba Guèye, etc.
Selon le directeur général du Centre Blaise Senghor, Balla Ndiaye, cette séance de conte en est à sa deuxième édition. A l’en croire, elle fait partie des initiatives pour faire revivre aux jeunes générations cette vieille tradition orale qui sert également à  bien éduquer les jeunes enfants. « Depuis notre prise de fonction, on s’attèle à plusieurs activités. Cette séance s’inscrit dans le cadre  des activités autour du livre et de la lecture que nous avons initiées », indique M. Ndiaye. Précisant que la séance de conte est dénommée « Penc ndaw gni ».
Il est un espace d’animation de grands conteurs. Tout comme cette activité autour du livre et de la lecture, M. Ndiaye prévoit d’en faire de même pour le théâtre. En ce sens, le groupe de théâtre « les Espoirs de la Banlieue » a déjà assuré son spectacle. « Et il en sera ainsi avec d’autres groupes de théâtre », souligne-t-il.

Activités autour du livre et de la lecture
Concernant le secteur de la danse, Balla Ndiaye a également opéré un grand changement.  Pour lui, il fallait bien réorganiser leurs répétitions afin d’éviter une cacophonie. « Ainsi, nous sommes arrivés ensemble à l’idée de planning des répétitions pour les ballets de danse qui est même affiché à l’entrée de l’enceinte du centre », informe Balla Ndiaye. Et de poursuivre, « il fallait mettre de l’ordre dans tout cela pour qu’on puisse dérouler les activités ponctuelles et après faire d’autres activités comme les journées internationales de la Danse, du Théâtre, et la Biennale de Dakar que nous sommes en train de préparer ».
Pour M. Ndiaye, « Le Centre culturel régional de Dakar Blaise Senghor exécute la politique culturelle de l’Etat du Sénégal à travers les compétences transférées du ministère de la Culture. C’est un service public où on accueille des gens de renommée et on doit les accueillir dans des conditions optimales où il y a surtout la propreté », argue-t-il.
En réalité, le Centre Blaise Senghor représente « la maison des artistes ». Pour eux, c’est un espace de rencontres, d’échanges avec des partenaires qui peuvent venir de partout. D’aucuns y viennent pour les répétitions, d’autres pour soumettre leurs projets ou recueillir des conseils par rapport à leurs projets.

Programme assez riche en 2016
Balla Ndiaye essaie de répondre aux multiples sollicitations des acteurs culturels. « Mais ce n’est pas facile. Car les moyens ne suffisent pas par rapport aux sollicitations logistiques, financières, matérielles et surtout pour l’espace », avoue-t-il. Toutefois, reconnaît-il, c’est un défi qu’il compte relever avec son équipe.
En 2016, Balla Ndiaye compte animer l’institution dans tous ces domaines d’actions, à savoir le théâtre, la musique, la danse, les arts visuels, le cinéma, l’artisanat, la culture urbaine, etc.  « Je prévois une animation culturelle au niveau des quatre départements de la région de Dakar (Dakar, Pikine, Guédiawaye et Rufisque) », fait-il savoir.
En dehors des séances d’animation, M. Ndiaye pense également organiser une activité intellectuelle en parlant de la problématique, par exemple, du théâtre, de la danse, de la musique. Sans compter la Biennale de Dakar en vue, les journées internationales de Danse, du Théâtre, la fête de la Musique, le renforcement des capacités des acteurs culturels par des formations et des stages, le lancement de leur site Internet etc. 
Bref, le nouveau directeur et son équipe sont en train de concocter un programme assez riche en 2016 pour le bon fonctionnement et donner plus de visibilité au Centre culturel régional Blaise Senghor.

Maguette Guèye DIEDHIOU


Le camp international d’art de Cappadoce en Turquie a vécu. Cette année, le Sénégal a été représenté par les artistes plasticiennes Aichatou Dieng et Adama Boye. Non seulement le défi de la participation a été relevé, mais les deux ambassadrices du continent sont revenues avec des prix et des distinctions.

Le camp international d’art de Cappadoce est un rendez-vous annuel dédié à la production et à l’exposition d’art plastique. Pendant dix jours, 15 participants venus de cinq pays d’Europe, d’Asie (Turquie, Russie, Allemagne, Corée du Sud) et d’Afrique (le Sénégal) ont fait montre de leur compétence en matière de création. Au total, 30 tableaux ont été exposés, soit deux œuvres par artistes. Cette 12ème édition du camp international d’art de Cappadoce a été un espace de découverte et d’échange entre artistes plasticiennes venues d’horizons divers.
Selon Aichatou Dieng de l’atelier d’art Adideco, « notre participation à ce rendez-vous culturel en Turquie nous a permis de nous évaluer par rapport à nous-mêmes, mais aussi par rapport aux autres artistes qui n’ont pas les mêmes cultures et les mêmes moyens que nous Sénégalaises ». Poursuivant, Mme Dieng ajoute qu’en plus de l’expérience acquise, l’artiste comme le chercheur ou l’intellectuel a besoin de s’ouvrir aux autres, de voyager et de découvrir ce que les autres sont en train de faire. Cela lui permet de s’enrichir en créativité. A la fin du camp international d’art de Cappadoce qui a duré dix jours, les dignes représentantes de l’Afrique et du Sénégal ont été honorées par les autorités turques. Après avoir magnifié la participation du Sénégal, le président du comité d’organisation Abdullah Sen a remis aux artistes Aichatou Dieng et Adama Boye leur distinction.
Avec ce couronnement, elles viennent de démontrer encore une fois que les artistes sénégalais font parties des acteurs du développement, à travers la qualité de leurs produits.                     

Pape Coly NGOME


THIES : Les Manufactures sénégalaises des arts décoratifs (Msad), créées en 1973, viennent d’amorcer la formation de la relève technique au niveau de ses ateliers. Cela, afin de permettre de diversifier les produits en matière de tissage, de tapisserie murale, de batik et de céramique.

« Les Manufactures sénégalaises des arts décoratifs (Msad) constituent un espace de développement de l’industrie créative », a indiqué son directeur général, Aloyse Ndame Diouf. Une belle trajectoire qu’il compte, selon lui, suivre « pour valoriser le potentiel existant qui ne saurait s’arrêter à quelques disciplines artistiques seulement. Mais il s’agit de diversifier davantage nos produits et rendre plus attractif l’institution à caractère industriel et commercial ».
C’est dans cette perspective d’ailleurs, souligne M. Diouf, « que nous lançons un appel aux organismes de financement pour suivre l’exemple de la Fondation Sonatel en se mettant à nos côtés, pour développer ce bel exemple d’entreprise culturel dont le président Senghor disait qu’il s’agit de créer un art nouveau, pour une nouvelle nation… et de réaliser le miracle de la combinaison harmonieuse des connaissances techniques importées et de la culture traditionnelle sentie du dedans ».
Ainsi, note le directeur des Msad, « le mécénat privé devrait davantage se mettre aux côtés de l’Etat du Sénégal pour permettre au secteur de la culture de se développer davantage. C’est là le mérite de la Fondation Sonatel qui ne ménage aucun effort pour aider les populations dans les différents secteurs de la vie notamment dans le domaine de la santé, de l’éducation et de la culture ».  Ce partenariat entre les Manufactures sénégalaises des arts décoratifs de Thiès et la Fondation Sonatel ouvre donc de nouvelles perspectives. Car, en plus des disciplines devant servir de contenu à la formation, l’initiative de renforcer l’atelier de tapisserie à la place de celle des tapis de sol est lancée. Aussi, le centre de formation a été délocalisé et trois ateliers ont été réhabilités en plus de la réhabilitation d’une dizaine de métiers. Dans ce lot d’équipements, la Fondation Sonatel a financé la construction d’un four céramique. Pour dire donc, selon Aloyse Ndam Diouf, « qu’aujourd’hui, nous sommes en phase avec les missions qui ont été à la base de la création des Msad (loi N° 73-61 du 19 décembre 1973) à la place de la Manufacture nationale de tapisserie et que l’exposé des motifs y afférent permet, grâce à un statut juridique suffisamment souple et approprié, d’intégrer d’autres métiers d’art susceptibles de drainer une bonne partie de la production des artistes sénégalais ».  
Car, ajoute le directeur des Msad, les autorités de l’époque ayant constaté que depuis sa création en 1966, la Manufacture nationale de tapisserie connaissait un stade de développement qui, par l’importance et la qualité de sa production, la notoriété acquise en Afrique et en Europe, s’est imposée à l’attention des hommes d’affaires sur le marché international. « Le moment semblait donc venu d’apporter les aménagements nécessaires, non seulement pour en consolider la position, mais encore pour en faire un pôle de développement de la production artistique sénégalais », constate M. Diouf.  Ce qui a été à l’origine de la création des Msad à la place de la Manufacture de tapisserie nationale et font les motifs sont toujours d’actualité. D’où l’importance de la convention de partenariat avec la Fondation Sonatel qui permettra à la structure de diversifier ses produits.  « Nous osons espérer que cette expérience permettra aux Msad de développer davantage ses capacités de production et, par ricochet, le développement des capacités financières de l’entreprise pour laquelle nous devons tous nous mobiliser pour la rendre plus attractive », a affirmé le Directeur des Msad.
Aloyse Ndame Diouf pense d’ailleurs que le président de la République, Macky Sall, a montré le chemin de la pérennisation de l’institution qui fait la fierté du Sénégal à l’étranger en proclamant la directive présidentielle : un service, une tapisserie. « Une directive qui reste encore timide. Mais, aujourd’hui, l’exemple de la Fondation Sonatel est à méditer pour aider cette entreprise à diversifier mais aussi à écouler ses produits à travers la commande publique », relate-t-il. A l’occasion de la signature de la convention de partenariat avec la Fondation Sonatel, M. Diouf a saisi l’occasion pour remercier et féliciter le personnel des Msad qui « n’a ménagé aucun effort pour accueillir les jeunes apprenants qui constituent la quatrième génération de techniciens insérés au sein de l’entreprise depuis sa création ».

Mohamadou SAGNE


La littérature sénégalaise est l'une des plus importantes en Afrique de l’ouest. Après de célèbres pionniers comme Aminata Sow Fall, Abdoulaye Sadji, Cheikh Hamidou Kane, Mariama Bâ ou Léopold Sédar Senghor, une nouvelle génération d’écrivains est en train de reprendre le flambeau. Parmi eux, certains viennent de la Diaspora.
Mêlant des auteures expérimentées comme Fatou Diome ou Khadi Hane à la jeune génération de Mbougar Sarr, Elgas ou de Ndeye Fatou Kane, la diaspora se singularise par une production littéraire originale. Ces auteurs livrent des récits, des réquisitoires modernes dont l’action se déroule soit au Sénégal, le pays d’origine, soit en Occident où ils sont confrontés à d’autres réalités souvent source d’inspiration. Leurs œuvres sont variées, pertinentes, engagées et surtout dans l’air du temps. Ils parlent de politique, de société, d’amour, de terrorisme, d’identité et de mondialisation. Ils écrivent sans complexe. Ils mettent des mots sur les sujets tabous en Afrique, dénoncent le racisme en Occident et  traitent également des questions d’actualité comme l'immigration et le terrorisme.
 Elgas : Le courage à l’honneur
La note de nuance et de désespoir des premières générations d’écrivains africains a désormais laissé la place au courage. On le retrouve dans le premier livre de Elgas, « Un Dieu et des Mœurs ». A travers 15 portraits et un réquisitoire, ce journaliste et doctorant en sociologie décrit, sans concession, les tabous d’une société sénégalaise anesthésiée par la tradition et la religion. Il accuse. Il dénonce. Personne n’est épargné : le citoyen, le politique, le marabout, le panafricaniste,... Il soulève des sujets sensibles, les détaille en profondeur et appelle à une prise de conscience et au débat. Le style est cru, direct, pertinent, poignant et féroce. Parfois doux et ironique. Le courage et le langage de vérité employés « Un Dieu et des Mœurs » en font désormais un grand classique de la littérature sénégalaise. Un classique que nous n’aurons pas dû mal à placer au même rang que “Une si longue lettre” de Mariama Bâ, œuvre qui traitait également des maux de la société sénégalaise sur les problématiques de la polygamie et des castes.

Fatou Diome : l’art de la description et de l’humour féroce
Le grand public sénégalais l’a découvert après sa brillante prestation sur l’arrivée des migrants en Europe à la télévision française sur le plateau de France 2, dans l’Emission “Ce soir ou Jamais” du 24 avril 2015. Une grande oratrice. Mais il s’agit surtout et avant tout, d’une grande figure de la littérature africaine. Ces productions sont contemporaines. Elle nous conte souvent la vie « là-bas », en Afrique, au Sénégal, à Niodor, sa ville natale sans indulgence, sans filtre et la vie « d’ici ». Ces grandes œuvres à savoir « Le ventre de l'atlantique » ou « celles qui attendent » ou sa nouvelle, « Préférence Nationale » en témoignent. L’Africain comme l’Occidental s’y retrouve. Elle a un talent incontestable de conteuse. Un art de la description indéniable. Ces récits sont drôles et mordants. Elle les traite en profondeur et avec humour et un esprit largement ouvert.

Mohammed Mbougar Sarr : la peur racontée dans la douceur
Il fait parti des écrivains africains de la génération montante. Mbougar Sarr, jeune homme de 25 ans, étudiant à l’Ecole des Hautes études en science sociales à Paris, a été récompensé en 2015 par le Prix Ahmadou Kourouma pour son premier roman « Terre ceinte ». Il nous plonge, avec douceur, dans un contexte, un lieu où l’interdit, la violence et la peur règnent. C’est à Kalep, une ville sous la coupe de milices islamistes qui font régner le silence et la terreur. A travers des dialogues poignants, l’auteur pousse constamment le lecteur à se poser la question : « Qu’aurais-je fait si c’était moi, qu’aurais-je fait à leur place ». Ce roman montre encore une fois, l’épopée contemporaine dans laquelle s’inscrit cette nouvelle génération d’écrivains africains et sénégalais en particulier : le sujet est actuel et est traité avec talent.

Ndèye Fatou Kane (NFK) : L’amour raconté autrement
L’entre-deux culture est éminemment une des sources d’inspiration pour la nouvelle génération d’auteurs. Le Premier roman de Ndeye Fatou Kane, « Le malheur de vivre » en est une preuve. Nous sommes loin des histoires d’amour classique : une relation difficile qui aboutit à une fin heureuse. « Ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants », serait-on tenté de reprendre. A travers l’histoire de Sakina et Ousmane, la jeune auteure met l’accent sur l’appartenance à une culture, à un clan. Sur le tiraillement qu’on éprouve lorsqu’on est partagé entre 2 cultures : africaine et occidentale. Ce sujet est intemporel. Cela nous rappelle certains écrits des ainés de la littérature africaine. Elle nous le refait avec douceur mais aussi avec tristesse. Elle nous parle d’amour, mais autrement.                                                                                   


Khadi Hane : l’engagée
Cela fait plus de 15 ans que Khadi Hane nous régale de ces œuvres engagées.  De « Sous le regard des étoiles » jusqu’à « Demain si Dieu le veut » en passant par le « collier de paille », des « fourmis dans la bouche » entre autres, l’écrivaine nous donne toujours l’envie d’agir à la lecture de chacun de ses ouvrages. Comme toute cette nouvelle génération d’auteurs, elle est née et a grandi à Dakar. Elle vit entre La France et l’Afrique. Ses récits pointent souvent du doigt les tabous en Afrique et particulièrement au Sénégal. Avec un style féroce, cru, elle parle des enfants mendiants à Dakar (Talibés), de l’homosexualité et dernièrement de la forte présence de la Chine en Afrique, au Sénégal.
C’est toute une nouvelle génération d’auteurs de la Diaspora qui fait la fierté de l’Afrique. Une génération courageuse, ouverte d’esprit, moderne qui n’épargne ni l’Occident, ni l’Afrique. Une génération qui maintient le Sénégal dans le haut niveau de la littérature africaine.

A. THIOR


 

Moustapha Tambadou a revisité hier les initiatives culturelles du Sénégal des indépendances à nos jours. Dr Tambadou introduisait une communication sur « les politiques culturelle au Sénégal », dans le cadre d’un Cours de l’Ifan/Ch. A. Diop.

Dr Moustapha Tambadou, a introduit, hier, une communication sur « Défis, enjeux et stratégies des politiques de la diversité culturelle : cas du Sénégal ». Selon le conseiller technique au Ministère de la Culture et de la Communication, la notion de politique culturelle a, selon lui, été définie au Sommet de Mexico City du 26 juillet au 6 août 1982.  « La politique culturelle n’est rien d’autre que la politique de la diversité culturelle », a-t-il dit. Au lendemain des indépendances, a rappelé Dr Tambadou, le président Senghor a défini la politique culturelle du Sénégal comme « la dynamique de l’enracinement et de l’ouverture ».
L’ouverture, de l’avis du conférencier, vise « à faire du Sénégal, de Dakar, un foyer négro-africain et de dialogue des cultures », avant de citer, entre autres, édifices culturels réalisés par le président Senghor. Il s’agit du Festival mondial des arts nègres, du Musée dynamique, Musée à la gloire négro-africaine, du Théâtre national Daniel Sorano, la Manufacture nationale, l’Ecole nationale des Arts, etc. Cette série de réalisations culturelles montre la vitalité de la culture négro-africaine, avance-t-il. Cette politique de promotion des expressions, poursuit Dr Tambadou, sera suivie par celle de la coopération culturelle entre les nations. La coopération  francophone est le meilleur cadre pour l’illustrer car aboutissant avec la mise sur pied de l’Organisation internationale de la francophonie (Oif) en 1970. Le président Senghor étant un des précurseurs de cette institution.
Que reste-t-il alors de l’héritage Senghorien ? Le conférencier a décrit un tableau sombre de la politique culturelle sous les régimes des présidents Abdou Diouf et Me Abdoulaye Wade. Le premier nommé, a-t-il dit, était confronté à un réalisme économique caractérisé par les politiques d’ajustement structurel imposées par les institutions de Bretton Woods.

Echec d’un Charte culturelle
A son avis, « aucune tentative de mise en œuvre de la Charte culturelle nationale n’a été opérée, malgré le bruit qui a suivi son élaboration ». Toutefois, Dr Tambadou a rendu hommage au président Diouf qui a défini une Lettre de politique culturelle en 1999, « répondant aux exigences de son temps ». Malheureusement, précise-t-il, « il est parti une année plus tard ». Alors que son successeur, le président Abdoulaye Wade, s’est détaché, sans complexe, à donner corps aux ambitions inachevées de Senghor.
« Même s’il n’a pas défini une politique culturelle cohérente, a-t-il observé, il a créé et construit des infrastructures d’expressions culturelles comme le Grand théâtre, le Musée d’art contemporain, le Musée des civilisations noires, la Place du Souvenir, le Monument de la Renaissance, etc. En 2005, alors que l’actuel président de la République était le Premier ministre, le Sénégal avait élaboré un Programme national de développement culturel (Pndc). Dr Tambadou en assurait la coordination.

Conséquences du désengagement
Le conférencier a enfin évoqué, entre autres, le Réseau international sur la politique culturelle (Ripc), la Convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles, adoptée en  Octobre 2005 par la Conférence générale de l’Unesco, tous ratifiés par le Sénégal.
Pour Ibrahima Wane enseignant à la Faculté des Lettres et sciences humaines de l’Ucad, c’est une « erreur » de vouloir limiter une politique culturelle à travers la production d’un document. « Celui-ci n’est pas le seul baromètre à définir une politique cultuelle. Une politique culturelle c’est tout un ensemble », a-t-il souligné. L’enseignant-chercheur a regretté « des actes malheureux, maladroits et catastrophiques du président Abdou Diouf qui ont porté ombrage à sa politique culturelle ». Les conséquences de ce désengagement de l’Etat ont, selon lui, permis aux initiatives culturelle de se développer.  
Le directeur du Patrimoine national, Abdoul Aziz Guissé, a, de son côté, indiqué que « le président Senghor avait une vision et il s’est donné les moyens de la mettre en œuvre ». Au niveau national, précise-t-il, il avait pris des dispositions juridiques pour institutionnaliser des initiatives culturelles, comme la loi n° 71-12 du 25 janvier 1971 fixant le régime des monuments historiques. M. Guissé a aussi souligné que c’est sous le magistère d’Abdou Diouf que les Archives culturelles et le Musée dynamique ont été supprimés.
Sa conviction est qu’aujourd’hui, « nous sommes en train de réhabiliter la pensée de Senghor car la culture est le moteur du développement ». Charles Owens Ndiaye du Forum social Sénégal a déploré la rupture entre les politiques éducatives et culturelles, intervenues trois années après les indépendances.

Souleymane Diam SY


C’est sous le thème de « Voyage au pays des Baobabs » que se tiendra, au Sénégal, la 7ème édition de « Come to my home » (Ctmh), véritable festival culturel et artistique itinérant lancé par l’ancien ministre marocain Driss Alaoui Mdaghri, en 2012, dans le cadre de l’association Fondation des Cultures du Monde. Selon le consul honoraire du Sénégal à Casablanca, Mohammed Chraibi, après la réussite des éditions précédentes, Dakar abritera ces rencontres de créativité du 20 au 27 mars 2016.
En prélude à la 7ème édition, il sera organisé ce jeudi 18 février, à Casablanca, une manifestation à laquelle prendra part Mme Penda Mbow, représentante personnelle du président Macky Sall auprès de la Francophonie. Selon le document reçu, Mme Mbow donnera une conférence inaugurale. D’autres invités apporteront leur témoignage ou leur éclairage sur le Sénégal. Parmi eux, l’universitaire Driss Guerraoui, l’artiste sénégalais vivant à Rome, Badara Seck, le consul honoraire du Sénégal à Casablanca, Mohammed Chraibi, etc. Il est prévu, le même jour, un atelier de cuisine sénégalaise et une soirée de création poétique et musicale à partir des œuvres de Léopold Sédar Senghor, Birago Diop et David Diop.

El. H. A. THIAM


Les Manufactures sénégalaises des arts décoratifs (Msad) et la Fondation Sonatel viennent de nouer un partenariat dans le cadre d’un programme de formation-insertion de jeunes aux métiers des arts décoratifs.

Le directeur général des Manufactures sénégalaises des arts décoratifs (Msad), Aloyse Ndame Diouf, l’administratrice générale de la Fondation Sonatel, Mme Aminata Fall Sidibé ont procédé, hier, à Thiès, à la signature d’une convention de partenariat pour la formation de quinze jeunes aux métiers des arts.

La cérémonie de signature s’est déroulée en présence du secrétaire général du ministère de la Culture et de la Communication, Birane Niang, du président du Conseil d’administration des Msad, le Colonel Moumar Guèye, du gouverneur de la région, Amadou Sy, ainsi que de nombreux invités et artistes. Birame Niang a magnifié au nom du ministre Mbagnick Ndiaye, ce partenariat qui ouvre de nouvelles opportunités aux manufactures.

En ce sens que, souligne M. Niang, « cette convention s’inscrit dans le cadre d’un partenariat fructueux et constitue un bel exemple de mécénat du secteur privé pour accompagner le secteur de la culture. Ce qui mérite d’être magnifié surtout quand elle prend en charge le volet important qu’est la formation dans les métiers de l’art ; une belle manière d’appuyer la créativité en particulier ».

Le colonel Moumar Guèye, Pca des Msad, qui a souhaité la bienvenue à l’assistance, a saisi l’occasion pour inviter la jeunesse en général, les bénéficiaires de cette formation en particulier, à faire sienne, la quête du savoir par la formation, la discipline, force principale que tout individu doit incarner, et enfin le travail.

Cette formation, en plus d’être une réponse à la problématique de la relève technique au niveau des manufactures, permettra également de diversifier les produits en matière de tissage, de tapisserie murale, de batik et de céramique. Selon le directeur général des Msad, Aloyse Ndame Diouf, une quinzaine de jeunes dont dix garçons et cinq filles vont bénéficier, au bout de deux  ans, de ce  programme de formation aux métiers des arts, de la céramique, du batik et de la tapisserie. M. Diouf a indiqué que ces jeunes ont été recrutés à la suite d’un appel à candidature lancé en septembre 2015 et qui avait mis en compétition 149 candidats. Parmi eux, un étudiant de 1ère année de Marketing et Action commerciale, une élève de Terminale au lycée, qui ont été retenus et ont intégré, depuis le mois d’octobre 2015, les ateliers de formation des Manufactures sénégalaises des arts décoratifs avec l’engagement de respecter les termes des clauses du contrat de formation polyvalente.

« Et au bout des deux années, ils devraient pouvoir rejoindre les ateliers pour la production de produits manufacturés dans une optique de diversification pouvant permettre l’accès des populations sénégalaises aux produits made in Msad », a souligné Aloyse Ndame Diouf. Une ambition affichée d’ailleurs par les Msad qui ont évolué, après 50 ans d’existence, dans une phase de diversification progressive avec l’atelier de basse lice qui produit en ce moment des tapis de sol et des tapis de prière.

Démarrage prochain de la sérigraphie
« Donc, avec ce nouveau programme, nous allons passer à une phase de diversification accentuée avec l’ouverture des ateliers de céramique, de batik et le renforcement de la tapisserie qui demeure le produit phare des ateliers des Msad », a dit le Dg des Msad. Ainsi, l’accompagnement de la Fondation Sonatel trouve ici toute son importance à travers ce partenariat qui ouvre une nouvelle expérience aux Msad. De l’avis de M. Diouf, ce partenariat devrait permettre aux jeunes récipiendaires qui auront à bénéficier d’une formation polyvalente aux métiers des arts, au bout de deux ans, de renforcer les capacités de production avec la diversification qui va connaître son épilogue avec le développement de l’atelier d’impression numérique grâce à l’acquisition et le démarrage prochain de la sérigraphie.

Ainsi, la Fondation Sonatel s’est associée à ce programme de formation-insertion pour accompagner les Msad à assurer la relève dans certaines spécialités, mais aussi dans le but de permettre leur diversification. Mme Aminata Fall Sidibé, administratrice de la Fondation Sonatel, a souligné ainsi que « les manufactures de Thiès constituent une structure dont l’évocation du nom renvoie à plusieurs qualificatifs : le professionnalisme, la qualité, le raffinement, l’exemplarité ». Et, c’est bien pourquoi, selon Mme Sidibé, la Fondation Sonatel, « très engagée aux côtés du ministère de la Culture, n’a ménagé aucun effort pour répondre favorablement aux sollicitations exprimées par les Msad ».

Une enveloppe étalée sur 2 ans
Ainsi, laisse entendre Aminata Fall Sidibé, « cette remarquable structure qui nous a habitués à des réalisations de haute facture se devait de trouver une solution à une problématique, celle d’assurer la relève d’une partie de son personnel ». Et, pour ce faire, souligne-t-elle, « un montant total de près de 29 millions de FCfa étalé sur deux ans a été dégagé pour cette formation et chaque apprenant bénéficie d’une bourse mensuelle de 35.000 FCfa. Tout comme l’appui intègre aussi la prise en charge d’une partie des salaires des formateurs et l’acquisition de matériel, documentation et autres fournitures ».

Mohamadou SAGNE

REACTIONS DE STAGIAIRES DES MSAD
MBAYE BA : « Depuis ma tendre enfance, j’ai toujours aimé l’art. Et je m’étais fixé une ambition de m’investir dans ce secteur qui me fascine avec son produit qui est toujours beau à découvrir. Cette formation devrait me permettre alors d’atteindre mon objectif et me mouvoir dans cet art ».

JOSEPH THIERRY THIAW : « J’ai abandonné ma formation en Marketing et Action commerciale dans un institut privé pour participer au concours. Et Dieu merci, j’ai été retenu. Ce qui me donne l’occasion aujourd’hui de pouvoir m’investir dans ce métier que j’aime tant et ce, depuis mon enfance. Je vais devoir m’investir et y tirer un grand profit ».

AMY FAYE :  « Quand on m’a soufflé l’organisation de ce concours, je n’ai pas hésité à me présenter. Car, l’art m’a beaucoup attiré depuis ma tendre enfance. C’est pourquoi cela m’intéresse et je pense pouvoir m’en sortir au bout des 2 ans que dure la formation. Ce qui me permettra de contribuer au développement de mon pays et gagner ma vie ».

M. SAGNE


15 jeunes sont formés sur les métiers d’arts (céramique, batik, tapisserie), grâce à un partenariat entre la Fondation Sonatel et les Manufactures sénégalaises des arts décoratifs (Msad). La convention sera signée demain à Thiès, en présence du ministre de la Culture.  Selon un communiqué, ces jeunes ont été recrutés à la suite d’un appel à candidatures lancé en septembre 2015. Les candidats, retenus dans le cadre d’un programme de formation-insertion, bénéficient d’une formation polyvalente sur deux ans (2015-2017) à l’issue de laquelle ils vont rejoindre les ateliers pour la production de produits manufacturés dans une optique de diversification. Il est prévu la signature de la convention, demain 16 février, dans les locaux des Msad de Thiès. La cérémonie sera présidée par Mbagnick Ndiaye, ministre de la Culture et de la Communication, en présence de Mme Aminata Fall Sidibé, administratrice générale de la Fondation Sonatel et de Monsieur Aloyse Ndam Diouf, directeur général des Msad de Thiès.
La Fondation Sonatel, souligne le communiqué, s’est associée à ce programme de formation- insertion pour accompagner les Msad à assurer la relève dans certaines spécialités et de permettre leur diversification.
Grâce à un appui financier d’un montant de 29 millions de FCfa étalé sur deux ans, chaque apprenant bénéficie d’une bourse mensuelle de 35.000 F. L’appui intègre aussi la prise en charge d’une partie des salaires des formateurs et l’acquisition de matériel, documentation et autres fournitures.                    

O. DIOUF


Auteur-compositeur, artiste plasticien et percussionniste, Baye Gallo a plusieurs cordes à son arc. L’artiste qui vit en France se trouve présentement au Sénégal pour présenter ses projets avec la sortie de ces deux albums : « Sam Kat » en juin prochain et « Salam » en fin d’année.  Baye Gallo qui se définit comme un musicien de live, veut aller à la conquête du public sénégalais.

En tournée nationale au Sénégal pour mieux se faire connaître du public sénégalais, Baye Gallo, qui vit en France depuis quelques années maintenant, s’est arrêté sur ses projets pour l’année 2016. Auteur-compositeur, interprète, artiste plasticien, sculpteur, percussionniste, le natif de Saly Portudal à Mbour a fait étalage de son ambition à secouer le monde de la musique, en attestent les deux albums qu’il compte bientôt mettre sur le marché. Il s’agit de « Sam Kat » qui sera disponible en juin et de « Salam » en fin d’année. Après avoir sillonné l’Europe, Baye Gallo, leader du « Mawlana Band », veut aller à la conquête des Sénégalais et faire découvrir sa musique.
Son album « Salam », l’artiste dit l’avoir fait pour plusieurs raisons. « La première, c’est la paix. C’est un projet qui me tient à cœur dans le sens où j’ai chanté pour Baye Niasse, mais c’est plus loin que tout cela », assure-t-il. Baye Gallo se fait défenseur de l’Islam. « On remarque que dans le monde entier l’Islam est vu d’une manière assez agressive. Au Sénégal, on n’a jamais connu cela. En tant qu’artiste, c’est ma façon de montrer que l’Islam est une religion de paix, de partage ; la foi y est très importante aussi », soutient-il.
Le second album, « Sam Kat », commencé au Sénégal et réalisé en France, est né, selon Baye Gallo, à la suite d’une collaboration avec Kader Fahem, un guitariste algérien jouant du flamenco, qu’il a connu en France. « Ce projet a vu la scène bien avant qu’on puisse l’enregistrer. L’album traite de la responsabilité de nos émotions. Dans chacun des titres, on trouve cette responsabilité qui s’installe même si, dans les titres, les couleurs sont assez différents ».
Audacieux, Baye Gallo l’est naturellement. L’auteur de « Barhama Baye » sorti en 2009 et « Africa Sunu » en 2011 estime que les deux nouveaux albums sont venus de manière très naturelle. « Je n’ai pas cherché à les faire. Il s’agissait d’une collaboration avec Kader Fahem, et pendant un bon moment, l’envie de faire cet album qui est « Sam Kat » est venu tout naturellement. Pour « Salam », c’est une envie que j’avais bien avant », indique-t-il.

Un musicien de live
Aujourd’hui, Baye Gallo se définit comme un musicien de live mais pas un musicien d’album. « C’est ma philosophie et je la revendique. Je n’ai pas envie de m’ennuyer quand je joue de la musique sur la scène. J’ai envie de vivre ce que je fais pour pouvoir échanger avec ceux qui m’écoutent et me regardent. C’est la raison pour laquelle je suis toujours à la recherche de nouvelles sonorités, de nouvelles aventures. L’art, c’est une vie et cette vie-là, j’ai envie de la vivre pleinement », assure l’artiste.
Convaincu qu’il avait beaucoup à apprendre des autres, Baye Gallo n’a pas hésité à côtoyer d’autres musiciens pour approfondir ses connaissances. « Je suis percussionniste de ballet, j’ai fait les percussions africaines pendant des années et cela a toujours réveillé cette curiosité en moi, d’aller chercher autre chose », renseigne-t-il. « On est dans un village et rester dans une seule couleur musicale peut s’avérer monotone. Quand je suis allé en France, j’ai rencontré beaucoup de musiciens qui sont assez doués dans leurs domaines et cela m’a beaucoup apporté », explique-t-il.

Pas de barrière linguistique
Même s’il a chanté Baye Niasse, son guide, la religion n’est pas le thème privilégié de Baye Gallo. « Je ne chante pas seulement la religion, la spiritualité. Je suis là aussi pour écouter les petites voix de la société pour les ramener là où il faut », indique-t-il. « J’ai chanté des thèmes très importants qui dépassent tout ce qu’on peut voir de nos jours.
 Mon objectif, c’est de parler de la société, de gratter au plus profond de la réalité pour essayer de les exposer. C’est cela mon but dans la musique », fait-il savoir. Un Sénégalais toujours à la recherche de ses origines et qui va prendre sa culture, ses bagages et les ramener là où il sera, c’est ce que Baye Gallo veut rester. « Pour moi, je ne suis ni au Sénégal ni en France ou ailleurs, mais là où je dois être et je vis avec ce que je vois tous les jours ».
Dans la plupart de ses titres, l’artiste chante en wolof ; ce qui est loin de constituer, selon lui, un handicap. Michael Jackson chante en anglais, Francis Cabrel en français et Salif Keïta en bambara et le monde entier les écoute.
Pourquoi donc Baye Gallo ne chanterait-il pas dans sa langue maternelle ? L’artiste ne craint nullement de ne pas se faire comprendre. « Je n’ai jamais senti cette barrière de la langue, au contraire, j’ai beaucoup adoré cette découverte que les gens peuvent avoir en me questionnant sur ma langue », affirme-t-il. « Même si je parle anglais, français ou arabe, j’utilise beaucoup la langue wolof ; ce qui me permet de promouvoir le Sénégal. Donc je ne considère pas cela comme une barrière, mais plutôt comme un atout », assure l’artiste qui soutient qu’il va toujours chanter en wolof. L’autre facette de Baye Gallo, c’est son côté artistique. Sa peinture le fait vivre. « Tout est couleur et musique dans ma vie, depuis j’ai toujours vécu de ça. Ce qui est sûr, c’est que tout ce qui est musique et couleur, c’est pareil pour moi. Dans la musique, on va entendre musique chaude, musique froide et tout cela je le retrouve quand je peins, car il y a des couleurs chaudes et froides, de la matière par rapport à la musique. Dans l’art plastique, il y en a aussi, ce qui fait qu’il y a une question de transposition, ce que je n’arrive pas à faire par la musique, je fais dans l’art, la peinture », explique-t-il. Baye Gallo avoue ne pas pouvoir faire l’un sans l’autre, il se sent à l’aise dans les deux.
Baye Gallo n’exclut pas de collaborer avec d’autres artistes. « S’il y a des collaborations qui doivent s’imposer par rapport à un artiste français ou sénégalais, je ne vais pas hésiter parce qu’on a une seule vie et j’ai envie de vivre mon art jusqu’à mon dernier souffle », assure-t-il.

Samba Oumar FALL


Le 14 février n'a pas toujours célébré la Saint-Valentin comme vous la connaissez. D'ailleurs, dans d'autres pays du monde, la fête des amoureux connaît de toutes autres déclinaisons.

1- Un coup de fouet à la fécondité pendant la Rome antique
Pour tenter de lutter contre la fête païenne des Lupercales, au cours de la Rome antique, l'Eglise encourage la célébration de l'amour. Il s'agirait donc d'un héritage des Lupercales qui plaçaient le 14 février sous le signe de la purification et de la fécondité. Durant les festivités, des hommes coursaient des jeunes femmes qu'ils frappaient ensuite à l'aide de lanières de peau de bouc. A priori, on se dit que ce n'était peut-être pas la fête des femmes, mais en fait, ces coups de fouets leur garantissaient (soit-disant) « fécondité et bonheur »durant leur grossesse. Bonheur surtout pour le sadique qui a eu l'horrible idée de lancer cette tradition. Quant à ces demoiselles, il fallait qu'elles aient quand même sacrément envie d'enfanter pour accepter de se faire fouetter sur la place publique.

2- Au Moyen-Âge, une fête pour les jeunes filles célibataires
Saint-Valentin a été officiellement intronisé « Saint Patron des Amoureux », sur ordre du pape Alexandre VI au XVème siècle. Sauf qu'à l'inverse d'aujourd'hui où le 14 février concerne tout spécialement les couples, à l'époque, les festivités entourant la Saint-Valentin s'adressaient essentiellement aux femmes célibataires. Les jeunes filles en quête d'un mari se cachaient ainsi dans le village, laissant le soin aux hommes célibataires de les trouver. Des unions parfois éphémères mais qui permettaient aussi aux jeunes gens de se passer ensuite la bague au doigt.

3- Valentin, un prêtre qui célébrait des mariages clandestins
Avant de recevoir la distinction de « Saint », Valentin était un prêtre chrétien qui fut condamné à mort par l'empereur Claude II pour avoir célébré des mariages chrétiens dans la clandestinité. L'empereur avait en effet interdit les mariages pour inciter les hommes à s'engager dans les légions militaires. Bafouant cette interdiction pour célébrer l'amour, Valentin serait donc mort en martyr.

4- Aux Etats-Unis, les déclarations d'amour s'adressent à tous les gens qu'on aime
En Amérique, la Saint-Valentin est un jour pour déclarer l'amour à son bien-aimé comme à ses amis et à sa famille. Ce Valentin-là revêt donc plusieurs casquettes pour prôner l'amour au sens large.

5- Au Japon, les femmes fêtent la St-Valentin avec tous les hommes de leur entourage
Au Japon, ce sont les dames qui se chargent d'offrir un cadeau à ces messieurs. Et pas qu'à leur mec. Il est de coutume d'offrir des chocolats à tous les hommes qui travaillent à leurs côtés. Prions pour leur porte-monnaie, qu'elles ne bossent pas dans un grand open space.

6- Au Brésil, la fête des amoureux se célèbre en juin
Au Brésil, la fête des amoureux se déroule le 12 juin, et donne même lieu à un carnaval. Il faut dire que la veille, c'est le jour de la Saint-Antoine, saint qui est censé aider les femmes célibataires à trouver l'amour.

7- Des fleurs et des livres en Espagne
Lors de la Saint-Valentin, les allées de Las Ramblas, à Barcelone, sont envahies par les fleuristes et les bouquinistes. Et oui, car en Espagne, si les hommes ont une attention fleurie pour leurs amoureuses, ces dernières leur offrent un livre en retour. C'est de coutume et puis comme ça, tout le monde est content.

8- Le jeu de l'amour et du hasard en Écosse
Le 14 février, en Écosse, la première personne célibataire et de sexe opposé que vous croisez dans votre journée devient automatiquement votre Valentin (e). Question compatibilité amoureuse, c'est un peu la roulette russe mais en même temps, cette tradition ne vous engage à rien.

9- Chez les oiseaux, c'est LE jour où roucouler
Marquant le début de la saison des amours, le 14 février est désigné, chez les oiseaux, comme le jour parfait pour roucouler et se becqueter. Voila qui les aide à patienter agréablement jusqu'à l'arrivée du printemps. Alors, hasard du calendrier ou en avons-nous pris de la graine ?

(Source Msn)


Magueye KasseDans le cadre des séminaires mensuels de l'Institut supérieur des arts et des cultures (Isac), le Professeur Maguèye Kassé de l’Université Cheikh Anta Diop a animé, mercredi dernier, une conférence sur le thème : « Panafricanisme et négritude : le jazz comme trait-d'union ». Occasion saisie par le professeur pour inviter à la préservation de la mémoire collective.

Dans un contexte d’uniformisation, la sauvegarde de la mémoire collective apparaît plus qu’une nécessité, selon le Pr Maguèye Kassé, Professeur titulaire au Département de langues germaniques de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad). « Une culture dont on ne se remémore pas les fondamentaux est vouée à la disparition », a-t-il ajouté. Pr Kassé animait, mercredi dernier, un séminaire  public  à l’Institut supérieur des arts et des cultures (Isac) sur le thème : « Panafricanisme et négritude : le jazz comme trait-d'union ». Selon lui, le fait d’enrichir, de cultiver la mémoire d’un pays est une entreprise qu’il faut nécessairement promouvoir.

« Il faut contribuer à l’éclosion de la mémoire collective, à sa diffusion et sa vulgarisation. Sans mémoire collective, il est difficile de se projeter vers le futur en ayant une bonne compréhension du présent », a souligné le professeur, fustigeant l’absence d’entretien de « notre » mémoire.

Par ailleurs, Pr Maguèye Kassé a attiré l’attention sur le manque d’une stratégie de développement culturel. « Depuis le départ de Senghor, la culture n’est plus une préoccupation dans les stratégies de développement. On ne croit plus qu’elle est avant tout un facteur de développement », a-t-il laissé entendre. D’après le Professeur Kassé, la culture est une question « essentielle » et il urge de lui donner une nouvelle définition.

Rôle fédérateur du jazz
Abordant le thème de sa communication : « Panafricanisme et négritude : le jazz comme trait-d'union », le conférencier a indiqué que la musique jazz a, à travers son histoire et son développement, joué un rôle fédérateur dépassant de loin les politiques en l’occurrence les constructions nationales.

« Dans la genèse et l’évolution du jazz, il y a  cette nostalgie de l’Afrique qui fait qu’on a du  mal  à distinguer dans cette musique les origines géographiques des plus grands musiciens (…). Il y a dans cette musique, ce rêve d’une Afrique qui n’est pas un continent segmenté », a-t-il avancé.  Pour le Professeur Kassé, le rêve panafricaniste s’est manifesté dans l’idée qu’on se faisait d’une Afrique-mère. A l’en croire, cela traduit déjà un concept du panafricanisme. « Le fait que les musiciens africains-américains se réclament de la musique africaine, tout genre confondu, traduit aussi leur engagement panafricaniste », a dit le professeur. Avant d’ajouter : « Des affinités esthétiques de Duke Ellington avec le peintre surréaliste Joan Miro, en passant par l’interprétation de Miles Davis du « Concierto d’Aranjuez de l’espagnol Joaquin Rodriguez…., le discours maîtrisé du batteur Art Blakey, l’art de la musique démontre à chaque fois qu’ils sont précurseurs d’une nouvelle modernité, d’une autre modernité ». D’après Pr Kassé, cette modernité s’articule autour d’une renaissance, dans un processus certes dialectique et contradictoire mais qui vise en dernier lieu l’universalisme. De l’avis de du professeur, la genèse de la Négritude est tributaire des luttes menées autour de la défense des valeurs humaines par les Africains-Américains qui avaient besoin de relais et d’amplifier cette donnée fondamentale à l’homme qui est liberté.

« Si Blaise Diagne et W.E.B. Dubois tracent des voies politiques d’émancipation de la fin de la Première guerre mondiale à celle de la Seconde,  à l’exemple de la Conférence de Bandoeng, l’émergence de la notion de panafricanisme trouve son prolongement dans  la réflexion  et dans un nouveau Bandoeng culturellement marqué aussi à Paris en 1956 avec le congrès des écrivains et artistes noirs », a-t-il souligné.

Aux yeux de Pr Maguèye Kassé, la renaissance africaine et africaine-américaine passe par l’art sous ses formes (musique, sculpture, danse, littérature, arts plastiques) et « jette le pont vers l’universel et le dialogue des cultures ».

Ibrahima BA


Boubacar Ba ClnC’est vue du ciel et du sol avec une vision panoramique que l’officier de l’Armée de l’air à la retraite, Boubacar Bâ, présente la capitale sénégalaise au travers de son livre-album « Dakar d’hier à Aujourd’hui ».

« Il vaut mieux voir une fois que d’entendre mille fois ». Officier de l’Armée de l’air à la retraite, Boubacar Bâ a fait sien cet adage. Spécialisé en photographie aérienne, le natif de la Médina a toujours manifesté l’intérêt de rencontrer l’image, les couleurs et senteurs de sa ville natale. Pour lui, la photo est à la fois passion et moyen d’expression. C’est ce qui l’a poussé à immortaliser en images « Dakar, d’hier à aujourd’hui » dans un livre-album publié en 2015 chez Doro Editions. Celui qui fut, tour à tour, chef de la Division presse information cinéma (Pic) des Armées, chef de la Division imprimerie de la Direction de l’information et des relations publiques des Armées (Dirpa), a entrepris un travail de mémoire.

Dans sa démarche, le lieutenant-colonel à la retraite a voulu montrer tout ce qui est beau dans Dakar car ayant était témoin de presque toute son évolution. L’intérêt dans l’approche de Boubacar Bâ est que l’essentiel des photographies ont été prises depuis les airs. Ce qui offre une vue globale des coins et recoins de la capitale sénégalaise.

Préfacier de l’ouvrage, le président de la République, Macky Sall, a écrit : (…) « Le genre que Boubacar Bâ a si heureusement choisi d’investir, c’est le Beau livre qui lui ouvre des perspectives, larges, de « raconter » davantage par l’image que par le texte ou, plutôt, de conférer une certaine préséance à l’image qui donne à voir et même, dans un certain sens, à toucher l’objet, à procéder par le tact qui suscite le frisson et l’émotion et, par conséquent, l’adhésion emphatique qui est Amour » (…).

Le chef de l’Etat poursuit : (…) « On aime Dakar, la ville cosmopolite, accueillante et diverse, enracinée profondément dans les traditions fortes et qui s’est toujours ouverte à la modernité. Dakar séduit, assurément, par ses couleurs, ses parfums, ses bruits, ses éclats de rire et les petits riens de tous les jours qui nous y attachent » (…).

Pour sa part, le ministre de la Culture et de la Communication, Mbagnick Ndiaye, a salué la subtilité de l’artiste qui se cache derrière son appareil. (…) « Cet ouvrage nous ouvre au plaisir de voir la ville de Dakar, à la fois comme elle est, et… autrement, c’est-à-dire comme elle peut nous être suggérée à travers des choix de sites ou visages et des moments, de l’instant où le déclic fixe dans le temps une émotion » (…).

Une ville de contrastes
En parcourant le livre-album, un rien nostalgique habite le lecteur qui découvre, redécouvre des endroits mythiques comme la place Protêt qui deviendra la Place de l’Indépendance. « J’ai commencé par de vieilles photos de Dakar du siècle dernier avec des vues aériennes avant de faire certains quartiers », a expliqué M. Bâ. Egalement dans l’objectif de l’ancien officier, des figures emblématiques comme le général Mouhamadou Mansour Seck, Malick Sy dit « Souris », l’artiste Joe Ouakam ou encore le chanteur Youssou Ndour. Mais aussi une galerie de photos des Grands Serigne de Dakar. Ainsi, le travail documentaire autour de la photographie du lieutenant-colonel Bâ repose sur l’évolution de Dakar dans ces divers aspects : l’inauguration du marché Sandaga, des vues sur la Rue Raffanel, le Boulevard Pinet Laprade, le marché Kermel, le Palais du Gouvernement, une perspective de la Rue Vincens, des Tirailleurs partant en colonne.  A côté des images d’époque, M. Bâ fait admirer le phare des Mamelles que surplombe le Monument de la Renaissance africaine.

La capitale sénégalaise est présentée sous ses habits de ville cosmopolite en construction avec un nouveau palais de justice à l’architecture futuriste. Sous le regard de l’officier à la retraite, Dakar se décline comme une ville de contrastes. Tantôt mélancolique ou boudeuse, tantôt grouillante voire agitée. Sur cet élan, la ville prend pied dans le concert des capitales modernes avec ses ponts et échangeurs.

Après Dakar, Boubacar Bâ nourrit l’ambition d’immortaliser, au travers de son objectif, le patrimoine d’autres villes comme Saint-Louis. Aux yeux de l’ancien officier, ce travail de mémoire au détour de la photo devrait permettre à la jeune génération de renouer avec certaines valeurs comme l’élégance morale et vestimentaire. Avec la photographie aérienne, d’autres centres d’intérêts surgissent : la prospection pétrolière, le renseignement militaire, la géographie.

E. Massiga FAYE


Symposium noirLe symposium, ouvert lundi dernier, autour du thème : « Race, racisme et construction des modernités noires », initié par le Centre de recherche ouest africain (Warc), en collaboration avec l’Ifan et le National museum for african american history & culture, a pris fin hier à Dakar. Les deux dernières tables rondes ont porté sur l’Afrique et les diasporas africaines.

C’est Jemima Pierre, Associate Professor à UCLA ( University of California, Los Angeles), qui a introduit, hier, l’avant-dernière table ronde sur le thème « Les perspectives comparées sur noir et noirceur en Afrique et dans les diasporas africaines ». Selon elle, les comportements racistes dans le monde font que les Noirs sont mal vus. Pire, ces derniers se voient refuser leur condition humaine, bref, leur identité. Il suffit d’aller aux Etats-Unis, au Brésil, au Moyen-Orient ou en Europe pour s’en rendre compte.

« Les Noirs sont catégorisés. Beaucoup de personnes ne veulent pas aujourd’hui reconnaître l’impact (influence) de la race. Les pays du G8 sont les plus riches au monde. La société africaine est marginalisée. La libération de l’Afrique revient à poser le problème de la race », a dit Mme Jemima Pierre, invitant les Africains à ne pas faire de leur race un handicap. A l’en croire, ces derniers ne doivent pas avoir les mains liées.

Elle a aussi abordé le terrorisme, l’immigration clandestine qui concernent, aujourd’hui, les peuples africains. Aussi, Jemima Pierre a déploré l’échec du panafricanisme. D’après elle, si cela n’a pu être imposé aux chefs d’Etat africains, c’est parce qu’aucun d’entre eux n’a voulu renoncer à une partielle de son autorité.

Dans son intervention, Ibrahima Thiaw de l’Ifan a souligné que le racisme est devenu une réalité. Et depuis très longtemps, l’humanité a toujours voulu créer des différences. Tandis que pour Hamady Bocoum, directeur de l’Ifan-Cad, les Africains doivent faire preuve d’engagement. Il a d’ailleurs cité des propos de Cheikh Anta Diop, en 1986, alors que des jeunes Camerounais étaient venus le porter en triomphe. Il les invitait à relever le défi du panafricanisme ; sinon, ils continueraient à vivre « l’esclavage ». Une invite qui est d’actualité, selon M. Bocoum.

Ce symposium, ouvert lundi dernier, qui était organisé autour du thème : « Race, racisme et construction des modernités noires », a été initié par le Centre de recherche ouest africain (Warc), en collaboration avec l’Ifan et le National museum for african american history & culture.

Serigne Mansour Sy CISSE


Symposium noir warcLe Centre de recherches ouest africain (Warc), en collaboration avec l’Institut fondamental de l’Afrique noire (Ifan/Ch. A. Diop) et le National museum for african american history and culture (Nmaahc) organise depuis hier à Dakar un symposium international, le « Blakey Symposium », sur le thème : « Race, racisme et la construction des modernités noires ». Pour l’essentiel des intervenants, il faut avoir une approche holistique sur ces questions pour « déstructurer l’idéologie raciste ».

L’actualité des races, du racisme et des questions culturelles demeure toujours une réalité, même si beaucoup veulent le reléguer au second plan. C’est dans le sillage de la célébration annuelle du mois de février dédié aux questions des Noirs aux Etats-Unis qu’un symposium international sur le thème : « Race, racisme et la construction des modernités noires » se tient à Dakar depuis hier et va se poursuivre jusqu’à demain.  Cette rencontre, organisée par le Centre de recherches ouest africain (Warc), en collaboration avec l’Institut fondamental de l’Afrique noire (Ifan/Ch. A. Diop) et le National museum for african american history and culture (Nmaahc) réunit, entre autres, des chercheurs, des universitaires, des étudiants d’ici et d’ailleurs.

Dans sa communication sur « la race des anciens Egyptiens : idéologie et faits », le Pr Aboubacry Moussa Lam, enseignant-chercheur au département d’Histoire de la Faculté des Lettres et Sciences humaines de l’Ucad, a insisté sur la « falsification » et la « manipulation » de l’origine noire des anciens égyptiens de la part de l’Egyptologue français Gaston Maspero. « Son livre intitulé « Histoire ancienne des peuples de l’Orient classique » dont la première version remonte à 1875, connut un énorme succès libraire et influença durablement orientalistes et grand public », a regretté le Pr Lam.

Origine noire des anciens Egyptiens
« Maspero resta celui qui a contribué à inspirer l’idée selon laquelle les anciens égyptiens étaient de race blanche », a ajouté le chercheur qui relève que la « thèse de cet Egyptologue français n’a pas résisté à une analyse critique » et finira par tomber comme un château de cartes. Cela est dû au fait qu’il attribua à la reine Ahmès Néfertari (vers 1570-1505) une origine blanche, alors qu’il n’osa pas blanchir le père de celle-ci, Sequenenré Tao, initiateur de la lutte contre les Hyksos, qui est un Noir. Dans sa thèse, insiste Pr Lam, Maspero avait soutenu que « Néfertari était une femme d’âge mur et de taille moyenne appartenant à la race blanche ». Mais la manipulation ne passe pas, dit-il.

« La négation de la négritude de Néfertari et la mise en scène qui l’accompagne sont subjectives et trop travaillées », a fait observer l’enseignant-chercheur. « La mise en scène, précise l’Egyptologue sénégalais, va foirer et les illustrations vont montrer la mauvaise foi de Maspero ».D’abord, a-t-il poursuivi, « il a été contredit par l’anthropologue français Ernest Chantre sur toute la ligne ». Les conclusions de ce dernier à travers les caractères de Néfertari qu’il a décrits font, selon l’enseignant, que « celle-ci ne peut appartenir à la race blanche, peut-être au groupe nubien ou éthiopien ». « Si donc Sequenenré n’est pas Blanc, comment sa propre fille peut l’être ? », « Comment cela est-t-il possible ? », s’étonne le Pr Lam qui reste d’avis que « le montage de Maspero ne résiste pas à la critique ». Invoquant la thèse de Cheikh Anta Diop sur l’origine noire des anciens Egyptiens, il a indiqué que ces derniers se considéraient eux-mêmes comme des Noirs. En s’appelant « Kmt », a-t-il observé, « ils se sont clairement définis comme des Noirs ».

Aussi, ajoute le Pr Lam, « toutes les traditions africaines définissent les Egyptiens comme des Noirs », a-t-il avancé. La conviction de Aboubacry Moussa Lam est que les Egyptiens de par les représentations et les noms par lesquels ils s’appelaient étaient des Noirs. Pour lui, si les Egyptiens étaient des Blancs, les Africains le seraient parce qu’ils soutiennent qu’ils ont des origines égyptiennes ». Il s’agit, a-t-il conclu, « d’une idéologie qui n’est pas une science ».

Injustices fortes et profondes
Pour sa part, le Pr Michael Blakey, anthropologue au département d’Anthropologie du Collège William et Mary, a fait une communication sur « l’aveuglante lumière de la race ». Dans sa conclusion, il a estimé que nous devons avoir une nouvelle approche de la génétique. « Beaucoup de moyens y ont été investis mais cela n’a pas encore réglé le problème sur l’origine des races », a-t-il déploré.

Pr Hamady Bocoum, directeur de l’Ifan/Cheikh Anta Diop, a, de son côté, salué la tenue d’une telle rencontre intervenue dans un contexte où « l’approche race a beaucoup évolué ». « La science, précise-t-il, a énormément rapproché toute l’humanité au point que la division basée sur la race est presque devenue une fiction ». Il n’empêche, dit-il, que le racisme a une histoire qui a justifié aussi bien l’esclavage, la déportation et, dans certains cas, la colonisation. A son avis, « il serait réducteur de vouloir jeter le bain et l’enfant ensemble ». Il est évident, de l’avis du Pr Bocoum, que « l’idéologie raciste a produit des injustices extrêmement fortes et profondes et a forgé des mentalités pendant des siècles, et qu’il faut la déstructurer aujourd’hui ». Des rencontres de ce genre permettent, à son avis, de revisiter le dernier état des recherches sur la question.

Pour le directeur de l’Ifan/Ch. A. Diop, « quand on dit que les anciens Egyptiens étaient des Noirs, ce n’est pas une revendication identitaire mais plutôt un constat culturel qui vaut comme tout ce qui vaut et qui a justifié un certain nombre de choses ». Il ne s’agit pas, précise le Pr Hamady Bocoum, « d’inverser ou de renverser une approche ». « Il faut replacer les choses dans leur contexte. On ne peut pas vouloir juger tout ce qui a été dit, il y a un siècle, sur la base de ce que nous connaissons aujourd’hui », a-t-il indiqué.

Souleymane Diam SY

Ousmane sene WarcOUSMANE SENE, DIRECTEUR DU WARC : « LA CONSTRUCTION DU FUTUR DES NOIRS DOIT TENIR COMPTE DU PRÉSENT ET DU PASSÉ »
Le directeur du Centre de recherches ouest africain (Warc), le Pr Ousmane Sène, s’est, pour sa part, réjoui de la tenue de ce symposium qui est un moment « très important » pour les anthropologues, les chercheurs et les étudiants qui s’intéressent « à l’évolution et au développement de l’Afrique ». « Dans l’entendement de beaucoup de personnes, regrette-t-il, la race ne devrait pas être une préoccupation majeure. Mais il faudrait s’assurer que le racisme est éradiqué dans le monde entier ».

Pour lui, « la construction du futur des Africains, des Noirs doit se faire dans une articulation entre le passé et le présent ; ce futur doit tenir compte du présent et du passé ». « La race a été véritablement une construction. Et cette position artificielle d’un groupe positionné comme étant différent des autres et potentiellement supérieurement et inférieurement aux autres relève d’une récupération de la force politique, économique, militaire et d’une certaine force culturelle qui entraîne nécessairement l’oppression d’un groupe par rapport à un autre », a affirmé le Pr Ousmane Sène. Les étudiants en anthropologie, en sciences humaines, pourront, à son avis, mettre à profit ces genres de rencontre « pour avoir une perception beaucoup plus claire de ce que l’avenir nous réserve par rapport à une prise en charge plus mûre et plus responsable voire fière de la race noire et de l’Afrique ». « C’est une bataille du 21e siècle ; ce sont des choses à tenir en compte pour essayer de façonner notre avenir en étant bien ancré dans nos réalités qu’on devrait valoriser », a estimé le directeur du Warc.

S. Diam SY


Gestion patri spainCinq gestionnaires de sites du Patrimoine mondial au Sénégal et deux gestionnaires de Parcs naturels, ainsi que le directeur du Patrimoine et celui des Parcs naturels, ont visité, du 31 janvier au 5 février, dans le cadre d’un stage, plusieurs villes de l’Espagne, accompagnés par des experts du ministère espagnol de la Culture. Selon un communiqué de presse de la Section culturelle de l’ambassade d’Espagne à Dakar, « L’Espagne reste une référence en termes de gestion du Patrimoine mondial, avec une grande expérience due au fait d’être le deuxième pays avec le plus grand nombre de sites Patrimoine mondial reconnus pour l’Unesco et le troisième pays au monde en tant que destination touristique ».

Ainsi, durant leur séjour, les experts en matière de Patrimoine et Parcs naturels ont visité, entre autres, le Musée national El Prado à Madrid. Ensuite, ils ont voyagé en Andalousie pour rendre visite, en deux groupes séparés selon les caractéristiques de leurs sites ; à la ville de Cordoue et au Parc naturel de Doñana.

A Cordoue, note le document, ils ont pu profiter d’une visite aux « patios » de l’ensemble historique, pour connaître la gestion et relation du Patrimoine matériel et immatériel ; connaître l’espace du Parc naturel de Doñana et apprendre ses stratégies touristiques, son système d’usage public, ainsi que les programmes d’éducation et bénévolat environnemental qu’ils mènent. Et tout le groupe d’experts sénégalais a visité l’ensemble de monuments Patrimoine de l’Humanité de Sevilla, ainsi comme son musée d’arts et traditions populaires. Les participants ont défini cette expérience comme « instructive, satisfaisante, riche et très profitable en termes de transfert de savoir et de savoir-faire » et ils retournent avec « beaucoup d’ambitions » pour le Sénégal.

Selon le communiqué de presse, ce stage de formation dans la gestion du patrimoine mondial a été organisé par l'Agence espagnole pour la coopération internationale au développement (Aecid) en collaboration avec la Fondation internationale et par Ibéro-Amérique d’administration et de politiques publiques et la Section culturelle de l’ambassade d’Espagne au Sénégal. C’est la deuxième phase d’un premier échange organisé en novembre 2015 au Centre d’interprétation de Toubacouta, où les experts sénégalais avaient présenté la situation et les défis des sites Patrimoine mondial de l’Unesco dans le pays. Elle sera suivie d’une troisième phase prévue au mois de mars à Saint-Louis. Ces ateliers rentrent dans le cadre du programme Acerca de formation du capital humain pour la gestion culturelle. Le but est d’offrir un appui technique aux gestionnaires des sites Patrimoine de l’Humanité Unesco, pour contribuer non seulement à la bonne gestion de ces sites mais aussi à développer des politiques durables de promotion touristique.

O. DIOUF


Mbagnick Ndiaye DiobassLe ministre de la Culture et de la Communication a magnifié, samedi à Babakh Sérère, la place et le rôle de la culture dans tout processus de développement. Mbagnick Ndiaye procédait au lancement des journées culturelles des cadres sérères dans la commune de Notto Diobass.

C’est dans le village de Babakh Sérère que l’Association des cadres sérères (Ascaser) a choisi pour organiser la première édition des journées culturelles sérères du Diobass. Ceci, en partenariat avec l’association pour le développement de Diobass et la commune. Le ministre de la Culture et de la Communication qui a procédé à l’ouverture officielle, en présence de ses collègues, Dr Augustin Tine des Forces armées et Alioune Sarr du Commerce, a magnifié la place et le rôle de la culture dans tout processus de développement.

Mbagnick Ndiaye s’est vivement félicité de l’initiative des cadres sérères tout en indiquant que la communauté sérère occupe une place importante dans le renforcement de l’unité nationale en raison des liens de parenté qu’elle entretient avec les autres ethnies du Sénégal. Et dont les diolas, les mandingues et les haalpulaar figurent en première ligne.

Préservation du patrimoine culturel
Le ministre Mbagnick Ndiaye a souligné, citant le célèbre poète-président Léopold Sédar Senghor, « que la culture est au début et à la fin du développement »… D’où le thème des journées : « Diversité culturelle sérère et développement » qui vient témoigner de cette vitalité à promouvoir la culture sérère dans toute sa diversité dans cette zone du Diobass à fort potentiel culturel inexploité et non valorisé.

L’Association des cadres sérères, l’Alliance pour le développement du Diobass et la commune de Notto viennent ainsi de poser les jalons de la préservation et de la sauvegarde de ce patrimoine culturel et artistique dans cette contrée du Diobass. Tout en ouvrant, à travers les différents sujets qui ont été débattus au forum, la réflexion sur le rapport entre identité sérère et développement économique, en faire un lien avec l’exploration des nombreuses potentialités que recèle la zone dans ces deux segments, culturel et économique, et de proposer des pistes de solutions pour une meilleure émergence de la communauté sérère.

Ainsi, des indications ont été données à travers la dimension scientifique lors des panels sur : « Tourisme culturel », animé par le directeur du musée de Thiès, Issa Laye Thiaw ; « Identité sérère et développement », introduit par le Pr Madior Diouf ; « Potentiel horticole du Diobass », expliqué par le directeur national de l’Horticulture, Dr Macoumba Diouf. Tout cela, dans une perspective du développement du Diobass dont l’histoire et la diversité culturelle ont été également revisitées.

Le ministre Alioune Sarr, par ailleurs maire de Notto Diobass, s’est réjoui de l’aboutissement de ce long processus allant des préparatifs jusqu’à cette date qui marque l’organisation des premières journées des cadres sérères dans le Diobass. Une œuvre, selon le ministre du Commerce, « d’un travail collectif considérable conduit par Mme le Sous-préfet de Notto, Oumou Diamankha, qui s’est donnée corps et âme pour la réussite de l’événement culturel ».

Plusieurs troupes culturelles et artistiques, dont Ndut de Séssene, Gorom du Diobass, Ndawrabine, entre autres, se sont produites devant les autorités et la forte assistance des populations de Babakh Sérère, du Diobass entier. A l’occasion, des personnalités qui ont œuvré pour la promotion de la culture sérère mais aussi pour la cohésion nationale à travers l’implication des minorités ethniques ont été décorées. Parmi elles, le Pr Madior Diouf, Pape Massène Sène du musée Théodore Monod, le Pr Issa Laye Thiaw du musée de Thiès, l’ancien gouverneur Saliou Sambou, l’initiateur du Festival des origines Diolas-Sérères présent à la cérémonie.

Les journées qui avaient débuté vendredi par une dimension religieuse marquée par des récitals du saint Coran et prêches de l’Imam de la grande mosquée, ont été clôturées hier dimanche par le curé de la paroisse de Baback. Dans une perspective de remettre au goût du jour les valeurs culturelles sérères qui ont fait la fierté et la force de cette ethnie pour les remettre à la jeunesse.

El Hadji Mohamadou SAGNE


Expo espace AutoLe showroom de Ccbm automobile (Espace auto), à Dakar, accueille les œuvres d’art de trois artistes plasticiens : Serigne Ndiaye, Edy Matos et Assane Gning. Au détour du concept « Business art », le monde des arts et celui des affaires s’allient dans une belle combinaison.

Le tandem est inhabituel. Des voitures qui côtoient des œuvres d’art visuel. Le temps d’une exposition, le showroom de Ccbm automobile (Espace auto), à Dakar, accueille les créations de trois artistes plasticiens : Serigne Ndiaye, Edy Matos et Assane Gning. A l’entrée de la salle d’exposition, ce sont les créations de S. Ndiaye qui attirent l’attention du visiteur. Un brin nostalgique, Ndiaye lui fait redécouvrir la série « Aristo peul ». Sur les toiles, la peinture sous-verre est sublimée par des aplats de couleurs avec des teintes chatoyantes (rouge, jaune, nuance de bleu) sur des traits épurés. Dans la série de portraits qui suit, l’écriture picturale emprunte une orientation à la fois abstraite et figurative.

Sur la même ligne, le jeune Edy Matos chante avec son pinceau la beauté de la femme africaine avec une rare finesse. Ici, la coiffure traditionnelle est accessoirisée par des colliers de perles, un cure-dent qui pend au coin des lèvres sur des boubous amples. E. Matos revendique son panafricanisme jusqu’au bout du pinceau. L’expression trouve épanouissement dans les tableaux qui mettent en avant des guerriers haoussas, un « Lat Dior » qui arbore fière allure en enfourchant son cheval.

De son côté, Assane Gning peint la vie au quotidien. Sa peinture est rythmique. Il cherche à harmoniser les formes et les couleurs à l’image d’un poète qui joue avec les mots. Avec de l’acrylique sur toile, Gning s’emploie à donner un aspect volumineux à ses créations qui balancent entre le naïf et le figuratif. Il n’hésite pas à célébrer « La famille » comme noyau de la société. L’entrepreneuriat féminin n’est pas en reste au détour d’un « Salon de coiffure ». A. Gning sensibilise également contre l’émigration clandestine en offrant en exemple des jeunes qui se mettent à l’auto entrepreneuriat avec les motos « Jakarta » comme moyens de transport.

Célébration de la spiritualité
Prenant la parole au moment du vernissage, l’artiste Serigne Ndiaye a estimé que cette exposition constitue « un moment de célébration de la spiritualité ». Il a défendu « un art qui nous aide à mieux vivre et à être nous-mêmes ». Au nom des artistes exposant, S. Ndiaye a magnifié ce partenariat entre l’art et l’entreprise qui gagne en aura et prestige. D’où cette invite à développer une pareille combinaison. Pour lui, Espace auto est un cadre d’éclosion de prestige pour les artistes. C’est ce qu’a compris Ccbm automobile dont la directrice d’exploitation, Carine Ramey, a défendu cette option : « L’art et la culture pour raffermir les liens dans la diversité ». Pour sa part, l’initiatrice du concept « Business-art », Aïssatou Camara, a plaidé pour un subtil alliage entre l’utile et l’agréable.

Venu présider le vernissage de l’exposition au nom du ministre de la Culture et de la Communication, le directeur de cabinet, Rémy Sagna, a salué la vision et la détermination du Pdg du Groupe Ccbm, Serigne Mboup, dans son approche accompagnement de la culture. Mboup avait à ses côtés un parterre de personnalités dont le directeur général de la Sspp « Le Soleil », Cheikh Thiam.

Le représentant du ministre Mbagnick Ndiaye a suggéré d’associer les entreprises dans la dynamique culturelle car, a-t-il souligné, étant nos meilleurs ambassadeurs, les artistes le méritent.

E. M. FAYE


Salon Fem MusulmaneLes rideaux sont tombés sur le 1er salon de la femme musulmane samedi dernier à la Place du souvenir. C’est par un défilé de mode que les initiatrices de cette rencontre ont mis fin à ce rendez-vous qui promeut le leadership féminin.

Les créations exhibées témoignaient de l’habileté des modélistes ou stylistes, c’est selon, qui n’avaient aucune difficulté à cisailler les tissus devant servir de collection. L’inspiration se lisait sur les modèles, hautement pensés et joliment garnis ! Les spectateurs n’hésitaient pas à immortaliser le moment par leurs appareils cellulaires ! Les applaudissements fusaient de partout !

Selon Gnagna Lam, coordonatrice du défilé, cette activité culturelle avait pour but de montrer qu’on peut bien allier beauté et pudeur. « Nous allons montrer des modèles qui respectent le voile islamique. On peut bien être femme voilée et s’habiller très glamour. Nous voulons promouvoir le consommer local », explique, en préambule, Gnagna Lam, qui bat en brèche certains stéréotypes reléguant au second plan les femmes voilées. Pour elle, il faut vraiment déconstruire ces clichés tout faits par la société et qui empêchent la femme de s’émanciper.

La coordonnatrice se dit convaincue que la femme, en s’habillant, doit être pudique si elle veut se faire respecter. D’ailleurs, lors du défilé qui a vu plusieurs collections, les stylistes Baye Pathé Collection, Lady Maje couture et Touty ont rivalisé d’ardeur, avec des modèles qui rappellent nettement l’apparence des charmantes dames orientales.

Serigne Mansour Sy CISSE


Penc lebou 2016Le ministre de la Gouvernance locale, du Développement et de l’Aménagement du territoire, Abdoulaye Diouf Sarr, a procédé, hier, au lancement officiel des activités de la cinquième édition du Festival mémoire des « Penc » et villages de Dakar, « Ndakaru Demb » (Fespenc). Cette grande manifestation se déroule du 4 février au 28 avril prochain.

C’est parti pour la cinquième édition du Festival mémoire des « penc » et villages de Dakar, « Ndakaru Demb » (Fespenc). Le lancement officiel des activités de ce festival, qui porte cette année sur le thème : « Communauté Lébou et autorités religieuses du Sénégal », a été présidé, hier, par ministre de la Gouvernance locale, du Développement et de l’Aménagement du territoire, Abdoulaye Diouf Sarr. Ainsi, du 4 février au 28 avril prochain, plusieurs manifestations dédiées aux grands guides religieux de notre pays seront à l’honneur. Cela, dans l’objectif de revisiter la richesse de leur héritage ainsi que les étapes de l’installation des religions révélées au Sénégal. Il s’agit également d’une occasion de revenir sur les relations que  le peuple lébou entretenait avec les différentes   confréries religieuses.

Dialogue islamo-chrétien  
De l’avis d’Abdou Kadre Gaye, coordonnateur du Fespenc, l’objectif du festival est la renaissance de la culture lébou pour l’enrichissement du patrimoine culturel national et le développement économique du Sénégal.  « Il se veut un moment fort de communion et de souvenance du peuple lébou et, au-delà, de tous les habitants de Dakar, du Sénégal et l’Afrique », a-t-il fait comprendre.  Pour le ministre de la Gouvernance locale, le programme prévu sur une période de trois mois, dans le cadre de ce festival, « montre combien la collectivité lébou tient au dialogue islamo-chrétien cher au président de la République, Macky Sall ». Selon lui, évoquer les relations entre la communauté lébou et les familles religieuses, c’est une incitation à la « pratique saine et vraie de la religion ». Mais aussi au retour aux valeurs de tolérance, de partage qui font la fierté de tout Sénégalais. A en croire Abdoulaye Diouf Sarr, ces genres de rencontre participent « définitivement » de la consolidation des liens entre les communautés pour une nation forte et débout au service d’une humanité triomphante. « Sans des communautés ou collectivités fortes et unies autour de leurs symboles, patrimoine et ressources, il serait difficile, pour ne pas dire vain, de prétendre à un Etat fort à même de prendre convenablement le destin de son peuple », a-t-il indiqué, saluant l’exceptionnelle diversité de la culture lébou.

Revenant sur le thème, le ministre de Gouvernance a souligné que les événements vécus à travers le monde montrent sa pertinence et son caractère actuel. « La collectivité lébou est très attachée au vivre ensemble. Tout au long de son histoire, elle l’a montré en faisant preuve d’une grande ouverture envers les autres. Avec les familles religieuses, elle a su nouer de solides relations fondées sur la foi avec toutes les valeurs que celle-ci embrasse », a-t-il rappelé.  A l’initiative de l’Entente des mouvements et associations de développement (Emad), le   Fespenc, qui s’achèvera le 28 avril prochain, sera aussi un cadre de proposition de pistes de réflexion contribuant à « l’endiguement des dérives multiples de notre époque ».

Ibrahima BA


Angele EtoundiL'artiste photographe Angèle Etoundi Essamba présentera, du 18 février au 30 mars prochain, une exposition sur le thème : « Force & Fierté : 30 ans de photographie de la femme africaine ». Au total, cette exposition regroupera 200 photographies entièrement dédiées à la femme.

Le Musée Théodore Monod de Dakar accueille, du 18 février au 30 mars prochain, l'exposition des œuvres de l'artiste photographe Angèle Etoundi Essamba. Cette exposition rétrospective porte sur le thème « Force & Fierté : 30 ans de photographie de la femme africaine ». Il s'agira de la présentation « inédite » de 200 photographies, prises au cours d'années de travail ininterrompu « passionné et cohérent ».

L'exposition est aussi « inédite », informe un communiqué, en ce sens que c'est pour la première fois en Afrique qu’une femme artiste est mise à l’honneur et présente l’intégralité de son œuvre dans un cadre muséale. Aussi, cette exposition est entièrement dédiée à la représentation de la femme noire. « Ce sera une opportunité, pour l’artiste, d’aller à la rencontre de cette femme africaine si présente dans l’ensemble de son œuvre et aussi l’occasion de rencontrer de jeunes Sénégalais à travers un projet pédagogique destiné à les familiariser avec l’art de la photographie », explique le document. Il ajoute que la scénographie de l’exposition conçue et réalisée par Fodé Camara, en collaboration avec le commissaire Landry-Wilfrid Miampika, propose un parcours photographique au fil de la carrière artistique d’Angèle Etoundi Essamba, faisant ainsi découvrir la richesse et la diversité de son œuvre.

Réflexion sur l'identité de la femme
Angèle Etoundi Essamba est née au Cameroun.  Etudiante en France puis aux Pays-Bas, elle est diplômée de l’Académie de photographie d’Amsterdam. Ainsi, depuis sa première exposition en 1985 à la Maison Descartes d’Amsterdam, son travail est fréquemment exposé dans des musées, institutions, biennales, foires et galeries en Europe, en Afrique, aux Etats-Unis, en Amérique Latine et en Asie. Aussi, apprend-on, ses photographies font partie de plusieurs collections privées et publiques. Pour la critique d'art Joëlle Busca, Angèle Etoundi Essamba est une artiste engagée dans une réflexion sur l'identité de la femme africaine. Ce faisant, depuis près de 30 ans, elle a observé le monde à travers les femmes qu'elle photographie. « Ses images sont empreintes de la volonté absolue de connaître et de comprendre. Sa vision est à la fois esthétique, idéaliste, réaliste et sociétale. Elle rejoint l’esprit de la photographie humaniste avec un fort attachement aux valeurs de communion.

La femme noire constitue l’élément central de son expression artistique. Elle capte avec esthétisme une vision de la femme et de la culture africaine en donnant une nouvelle interprétation de l’Afrique contemporaine », soutient-elle. Selon Mme Busca, le travail d'Angèle rompt avec les représentations stéréotypées des femmes en choisissant de donner à ses sujets sens et grandeur. C'est dans ce sens, avance-t-elle, trois mots clés définissent l’œuvre d’Angèle Etoundi Essamba. Il s'agit de la fierté, de la force et de la conscience de soi.

Ibrahima BA



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