banner home page1

Pour vos insertions, contactez la Régie publicitaire de la SSPP Le Soleil

Arts et Culture (2442)

En marge des journées culturelles qu’elle a organisées, la Cellule des étudiants ressortissants de la commune d’arrondissement de Mbao (Cercam) a fait un diagnostic sans complaisance des maux de leur localité. En effet, les étudiants de Mbao ont invité les autorités du pays à aider ladite commune afin qu’elle puisse sortir de l’ornière.

Au niveau de l’école, la Cellule des étudiants ressortissants de la commune d’arrondissement de Mbao a relevé des effectifs pléthoriques au cycle élémentaire, l’enclavement et la vétusté des écoles sans compter la tendance affichée par des enfants à s’adonner à la drogue. « Dans notre localité, se pose un véritable problème au niveau de l’éducation », a estimé le président de la Cercam, Babacar Guèye qui précise, à titre d’exemple, que les élèves se mettent à quatre pour étudier. Il est persuadé que ces conditions d’études qu’il juge difficiles ont forcément un impact négatif sur les résultats scolaires.
 « Le taux d’échec scolaire ou d’abandon dans le cycle moyen est élevé et cela a pour conséquences la déviation de certains élèves vers le banditisme », poursuit-il. Dans le même ordre, il a évoqué le manque de sécurité qui s’explique, selon lui, par l’éloignement de la brigade de la zone franche. « Il nous faut donc un poste de police pour assurer la sécurité des personnes et des biens d’autant plus qu’un problème d’éclairage public se pose ici avec acuité », poursuit-il. Les étudiants de Mbao ont invité le maire de la localité à soutenir davantage l’éducation en lui rappelant qu’elle est une compétence transférée selon l’Acte 3 de la décentralisation. Les étudiants de Mbao ont également exprimé leur insatisfaction par rapport à la gestion de la mairie. Ils ont réclamé un audit du foncier à Mbao, principalement au niveau de la Zone d’aménagement concertée (Zac). Un autre problème crucial que les étudiants de Mbao ont souligné, c’est l’accès à l’emploi. « Le chômage est persistant dans notre commune où la pêche qui était la principale source de revenus de certains jeunes du village ne nourrit plus son homme. Les jeunes diplômés peinent aussi à trouver de l’emploi. Il y a aussi un problème de formation professionnelle », poursuit le président de la cellule des étudiants de Mbao.
Concernant les réformes entreprises au niveau de l’enseignement supérieur, Babacar Gueye a affirmé que la Cercam est en phase avec les étudiants qui persistent et signent que tout ce qui se fait pour eux et sans nous se fait contre eux. Sur le sens de leurs journées culturelles, il a affirmé les 72 heures sont annuelles et font partie de l’agenda de la structure. Elles sont marquées par des innovations dont des activités d’éveil comme la simulation de procès. « C’est un moyen de sensibiliser les jeunes pour leur faire comprendre que la loi est là pour tout le monde », a-t-il ajouté.

Abdou DIOP


Depuis presque 20 ans, l’ingénieur des Eaux et Forêts Baba Dioum est le coordinateur général de la Conférence des ministres de l’Agriculture de l’Afrique de l’ouest et du centre. Au terme de sa carrière après un demi-siècle de service, il s’est arrêté pour réfléchir sur ce qu’il pourrait léguer à la jeune génération sur ses expériences acquises. C’est ainsi qu’il a eu l’idée de ressasser et partager ce vécu au travers d’un livre parsemé de leçons de vie. Publié chez L’Harmattan Sénégal, l’ouvrage : « Dans l’antichambre du pouvoir : 1964-2014, Mémoires d’un ingénieur africain » sera présenté au public samedi, à Dakar.

LA JUSTICE SOCIALE COMME VIATIQUE
« J’avoue que j’ai beaucoup hésité avant de m’y engager. Sur le plan technique, j’ai produit beaucoup de documents relatifs à l’agriculture, à l’économie agricole, l’environnement. Les jeunes générations m’interpellaient sans arrêt pour que j’écrive. Je leur répondais que j’ai écrit sur ce que je savais faire sur le plan technique. Les interpellations étaient nombreuses. A un moment donné, je me suis dit que je vais leur éviter les erreurs que j’avais commises. Je me suis arrêté pour réfléchir sur chaque étape de ma vie : qu’est-ce que j’ai fait de bon, de moins bon pour en tirer des leçons et les léguer à la génération future. »
« Si je prends le livre tel que je l’ai conçu, ce serait quasiment en trois parties essentielles. La première concerne l’éducation de base, familiale, la formation. Souhaitons que ces valeurs soient bonnes, les meilleures pour les appliquer dans la vie professionnelle. Et en fin de carrière, je m’interroge sur comment je me suis comporté vis-à-vis de ma communauté, de ma Nation, de l’Afrique. Qu’est-ce que j’ai apporté de plus par rapport à ces entités ? On a beau dire mais l’éducation familiale est la base. C’est là que j’ai appris mes rapports avec la société, le monde extérieur. De là, je me suis donné comme viatique la justice sociale. Que ce soit le riche, le pauvre, il faut les traiter sur le même pied d’égalité. Très jeune, j’ai appris ce que c’est le respect de la parole donnée. Ce sont ces valeurs qui ont rythmé mon éducation familiale. Je les ai cultivées et portées dans ma vie professionnelle. Quand j’écrivais une loi, j’avais toujours à l’esprit la justice sociale. »

PREMIER SENEGALAIS INGENIEUR DES EAUX ET FORETS
« Oui, c’est vrai. Je suis le premier Sénégalais ingénieur des Eaux et Forêts diplômé de l’Ecole nationale des Eaux et Forêts de Nancy en France. Ceci est un peu le fait du hasard. J’étais destiné à être un bon avocat ou un bon vétérinaire selon les choix de mon père. Après un Malgache et un Camerounais, je suis le troisième Africain à intégrer cette école. A l’époque, ce n’était pas une profession très connue des Sénégalais. Le Sénégal n’est pas forcément un pays forestier. Pour ceux qui ne le savent pas, la forêt se limite à regarder les arbres. La forêt, ce n’est pas seulement un massif d’arbres. C’est tout un ensemble d’écosystèmes, de systèmes de vie qui réellement conditionne l’agriculture, l’élevage, le développement rural d’un pays. C’est un métier qui n’avait pas toute sa place dans le dispositif technique et scientifique pour le dispositif rural. J’ai essayé d’y contribuer. »

UNE VIE DE CHALLENGES ET DE DEFIS
« Oui. J’aime bien faire ce qui paraît impossible, ce qui est nouveau, ce qui semble difficile. J’aime sortir des sentiers battus pour apporter quelque chose d’innovant. J’embrasse un métier qui n’était pas connu. J’y suis. C’est dans cette dynamique que j’ai participé au développement de l’hydraulique rurale avec la mise en place de la société nationale des forages. D’aucuns en dotaient. Je l’ai portée sur les fonts baptismaux. D’autres ouvrages hydrauliques ont suivi. Le défi consistait à rendre le forage techniquement accessible. De cette expérience, j’appris comment pénétrer le privé pour un national, comment « compétir » avec le privé international en gardant l’esprit nationaliste. Lorsque vous vous engagez à servir votre pays, vous le faites loyalement sans être obséquieux. Pour cela, la compétence, la loyauté et l’engagement doivent guider vos actions pour le pays, la satisfaction des populations surtout les plus reculées. Vous le faites au quotidien non pas pour le responsable qui est là mais pour votre Nation. Il faut la « Cle » (compétence, loyauté, engagement) pour servir son pays en ayant à l’esprit les populations les plus reculées.

PLANIFICATION
« Pratiquement,  je peux dire que j’ai participé à toutes les politiques agricoles depuis que j’ai commencé à travailler en 1964. Cela, quasiment lors de l’élaboration des premier et deuxième Plan de développement économique et social du Sénégal. Si nous prenons les séquences avec la phase senghorienne jusqu’à sous Abdou Diouf, c’était une politique de planification. Il y avait de la méthode. L’objectif était fixé. Mais ce qui manque le plus dans une planification, c’est qu’on entreprend de faire des progrès de manière exponentielle d’une année sur une autre. Quid lorsqu’une sécheresse se présente ? Est-ce que la planification a tout prévu pour faire face ? Voilà les limites de ces politiques. Ensuite, est-ce que dans ces politiques de planification on avait suffisamment intégré et coordonné tous les volets. Ces limites nous ont conduits au Programme d’ajustement structurel dans les années 80. Aux techniciens, je disais apprenez bien les dossiers, les mots. Rien qu’un mot consigné dans un document peut entraîner des conséquences sur le moyen et le long terme pour le Sénégal. Quand on est dans ces positions, il faut prendre son temps. Ce sont des sacrifices qu’il faut faire pour son pays.
J’ai été apprendre l’anglais à 50 ans pour être sûr d’être dans le texte pour discuter avec la Banque mondiale ou le Fonds monétaire international. Il faut cultiver la compétence dans tout ce que l’on entreprend. On conseille sur la base de connaissances approfondies, d’analyses fines, de propositions équilibrées. »

Propos recueillis par E. M. FAYE


En marge de la tenue de la 12ème édition de la Biennale de l’art africain contemporain (Dak’Art), une première édition du Marché de l’art africain de Dakar (Madak) est prévue du 3 au 15 mai prochain.

Dakar va vibrer, du 3 au 15 mai prochain, au rythme de la première édition du Marché de l’art africain de Dakar (Madak). Ce grand événement du monde des arts est organisé en marge de la 12ème édition de la Biennale de l’art africain contemporain (Dak’Art). Il s’agit ainsi, informe un communiqué, de dérouler des activités artistiques, culturelles et commerciales. Cela, dans l’objectif de mettre en effervescence Dakar, « terreau fertile de la création, lieu de bouillonnement artistique, vitrine de la créativité africaine, réceptacle de grands rendez-vous culturels et d’échanges commerciaux ».  
Selon ce document, le Madak est une grande exposition d’œuvres d’art contemporain et de pièces anciennes dont l’objectif est de commercialiser de manière professionnelle des œuvres d’art de créateurs africains. Outre la grande exposition-vente, des échanges d’expériences autour d’une rencontre inédite intitulée le Symposium de Dakar est prévue. Elle réunira des galeristes, collectionneurs, artistes, banquiers, opérateurs économiques, financiers, fiscalistes, responsables de musées, critiques, journalistes, restaurateurs, représentants d’institutions nationales, régionales, internationales, d’organismes privés comme publics entre autres.
Le thème choisi porte sur le marketing, la commercialisation, la cotation et la circulation d’œuvres d’art africain à travers le monde. Pour la réussite du Madak, un Comité d’organisation dont l’artiste Kalidou Kassé est le commissaire général a été mis en place. M. Kassé est assisté d’un Conseil international d’orientation artistique et commerciale.
 La première édition du Madak verra la participation d’artistes, de galeristes, de professionnels évoluant dans les secteurs de la culture, du commerce, des finances, de la banque, des institutions…. en provenance des pays d’Afrique, d’Europe, d’Amérique, d’Asie et d’Océanie.

Ibrahima BA


La commune de Médina Gounass (Guédiawaye) a tenu, samedi dernier, sa première matinée culturelle sous le thème : « La culture, fondement de l'émergence ». La manifestation a été l’occasion d'échanges fructueux entre les acteurs culturels et les autorités locales en présence aussi d'autorités administratives.

La commune de Médina Gounass, dans le département de Guédiawaye, a saisi l’opportunité de sa première matinée culturelle pour sensibiliser et conscientiser les populations sur le rôle important que la culture doit jouer dans le développement de la cité. Autrement dit, expliquer à la population ce qu'est la culture dans ses profondeurs.
En effet, les initiateurs de cette activité sont partis du constat que la culture est aujourd'hui réduite à sa plus simple expression et que c'est le moment de s'employer à ouvrir les yeux aux populations sur l'importance de ce secteur. Convoquant les propos du président-poète qui affirmait que la culture est au début et à la fin de tout, Marouba Fall, le président du comité d'organisation de cet événement, a appelé à une meilleure considération de la culture.
« Beaucoup considèrent la culture comme un simple divertissement si bien que certains n'ont aucune considération pour les hommes de culture », a estimé M. Fall. A l'en croire, cette opportunité permet de renverser la tendance en expliquant l'importance vitale de la culture pour un peuple. Il a précisé qu’il s'agit, en réalité, d'une activité de lancement d'une série d'activités qui seront organisées sur le territoire communal.
Déjà, des manifestations artistiques sont prévues le 16 de ce mois et ce sera l'occasion de montrer des aspects qui illustrent la culture. Notamment montrer quel est le rôle dévolu aux hommes de théâtre, aux écrivains, aux musiciens, etc. Le conférencier du jour, Massèye Niang, a rappelé dans son intervention qu'il faut absolument que les créateurs (artistes, penseurs, inventeurs, etc.) soient associés si nous voulons véritablement arriver à l'émergence.
« Il est inadmissible que les artistes ne soient pas associés à l'élaboration des stratégies de développement. La culture est le quatrième pilier pour le développement économique et social de nos banlieues », a fustigé M. Niang. Par exemple, souligne-t-il, à Guédiawaye, 55% des jeunes se sont tournés vers la culture, le développement culturel et ce serait bon qu’il y ait une forme de « récupération » de ces jeunes créateurs qui peuvent valablement devenir de petites et moyennes entreprises. Ensuite, les aider à renforcer la créativité de ces jeunes. Ce sera une manière de les initier à transformer leur art en une stratégie de développement.

Abdou DIOP


Le festival « Kalaama Koom » devrait être une occasion privilégiée pour la ville de Thiès de gagner sa place dans l’agenda culturel national. Une ambition que nourrit la nouvelle équipe municipale de la commune de Thiès-Ouest dirigée par le maire Alioune Sow.

Le président de la commission des Affaires culturelles du Conseil municipal de la commune de Thiès-Ouest, Mamadou Lamine Ngom, a expliqué la motivation de festival « Kalaama Koom », qui se profile à l’horizon. « Nous avons constaté, à la commune Ouest, que la culture constituait un parent pauvre dans toute sa diversité. La contribution des collectivités locales en général est insignifiante et il s’y ajoute que la ville de Thiès ne dispose d’aucune activité culturelle inscrite dans l’agenda national si ce n’est le « Festrail » organisé par les acteurs culturels spécialisés dans le théâtre », a souligné le président de la commission chargée des Affaires culturelles du Conseil municipal de Thiès-Ouest.
Ainsi, souligne M. Ngom, « le maire de la commune-Ouest, M. Alioune Sow, a pris l’engagement, avec son équipe, de redynamiser la culture à travers un festival pour la commune à inscrire dans l’agenda culturel national et de se consacrer à la sauvegarde du patrimoine culturel. C’est ainsi qu’est venue l’idée de lancer ce festival dénommé « Kalaama Koom » (le langage au service du développement) ».
Un concept motivé, selon lui, par la diversité des ethnies dans la ville de Thiès mais principalement dans la commune Ouest. « Ici, Sérères, Manjacks, Bambaras, Diolas et Halpulaars, entre autres, se sont constitués en associations et vivent en parfaite harmonie dans la communion et la paix. Nous nous sommes dit alors pourquoi ne pas profiter de ces organisations ethniques bien organisées pour promouvoir la richesse linguistique sénégalaise en particulier et africaine d’une manière générale », a dit Lamine Ngom.
Car, estime notre le conseiller municipal, « le constat est qu’aujourd’hui, nos langues sont utilisées surtout par les jeunes de manière abusive en imitant les définitions vides de sens de certaines stars qu’ils  s’approprient sans savoir le bien fondé. Ce qui constitue une véritable menace du langage africain au sein de la frange jeune, avenir de demain. Le festival « Kalaama Koom » est donc, pour nous, un projet culturel d’envergure qui engage désormais notre municipalité tout comme les différents acteurs culturels de la région de Thiès dans un combat pour la sauvegarde du patrimoine culturel à travers le langage, vecteur de développement ».

Un panel pour lancer le festival
Le lancement du festival sera marqué par un panel qui va réunir des sommités du monde de la culture. Parmi eux, note M. Ngom,  le linguiste et conteur, Pr Massamba Guèye, Dr Allhou Ndécky qui a fait des contes sur le langage, le sociologue Dr Djibril Diakhaté ainsi que des artistes et jeunes étudiants spécialistes en sociolinguistique qui viendront partager la réflexion, gratifier de leur expérience et élaborer avec le festival la programmation des activités à dérouler.
« Ce qui nous permettra de faire une étude comparative du verbiage linguistique de notre patrimoine culturel que l’on tirait de nos érudits, philosophes et penseurs avec le langage actuel, effet de mode utilisé par les jeunes », affirme Lamine Ngom.
Le festival « Kalaama Koom » se veut ainsi « une belle occasion d’exporter nos valeurs qui englobent ce langage traditionnel de toutes les ethnies que les jeunes doivent aujourd’hui s’approprier en lieu et place du langage dit importé », trouve M. Ngom.
L’artiste Cheikh Lô et le rappeur et slameur Fonetik ont été choisis comme ambassadeurs pour accompagner le festival, « à titre des exemples types qui véhiculent un langage constructif et éducatif qui valorise notre propre culture », estime le président de la commission chargée des Affaires sociales de la commune de Thiès-Ouest.
Le partenariat avec Agf International devrait ainsi permettre une parfaite organisation et un suivi des conclusions qui seront tirées du festival « Kalaama Koom » à travers le langage, reflet de la société et vecteur de développement dans un contexte de redynamisation du patrimoine culturel.

Mohamadou SAGNE


A la faveur d’une tradition de plusieurs décennies dans l’organisation du concours de Haïku, le Sénégal a été choisi pour faire partie des pays participants au 14ème concours de Haïku des enfants du monde entier (2014-2015) dont le thème porte sur « Le Matin ».  Selon une lettre circulaire du ministère de la Communication, la Fondation Léopold Sédar Senghor a été retenue, dans le cadre d’un partenariat avec la Jal Production, pour organiser et coordonner la participation sénégalaise. Ce concours de Haïku des juniors, selon les règles de participation, s’adresse aux enfants âgés de moins de 15 ans à la date du 15 février 2016. Pour la création du Haïku, tout type de dessin est accepté sauf les photographies de synthèse. Le Haïku en 3 vers en français aura pour thème « Le Matin ». Chaque œuvre doit être originale et non publiée. La date limite de réception des Haïku pour enfants est fixée au 15 février 2016.
Le résultat sera annoncé sur le site de Jal Fondation (www.jal-foundation.or.jp) en Juin 2016.

CONTACTS : Fondation
Léopold Sédar Senghor
TEL : 338491414
Mails :al.raphaelndiaye@gmail.
com et Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.


La commune de Médina Gounass, dans le département de Guédiawaye, organise sa première matinée culturelle, ce samedi 9 janvier à 9h 30 au siège de la municipalité. « La culture, fondement de l’émergence » est le thème général de la première matinée culturelle de la commune de Médina Gounass. Selon un communiqué de presse, cette rencontre sera un moment d’échanges entre les artistes, acteurs culturels et les autorités administratives et locales.


Inaugurée en 1983, la Galerie nationale d’art est un service rattaché au ministère de la Culture et de la Communication. Cet espace de consécration et d’affirmation dont la mission essentielle est de contribuer à la promotion des arts et des artistes nationaux et internationaux veut amorcer un nouveau départ.
Créée il y a plus de trois décennies, la Galerie nationale d’art, sise au centre-ville de Dakar, est un espace de consécration et d’affirmation artistique et culturelle. Elle a comme mission de contribuer à la promotion des arts et des artistes nationaux et internationaux. En 2015, la Galerie nationale d’arts a, selon son administrateur, abrité 13 expositions. « Il y a eu une diversification des expressions artistiques, l’année passée. La Galerie nationale n’est pas une chasse gardée de la peinture. Toutes les autres formes d’expressions artistiques notamment la photographie, la sculpture, le design, etc. sont les bienvenues. C’est pourquoi nous avons cherché à diversifier », a déclaré Oumar Danfakha, au cours d’un entretien.
La Galerie nationale d’art est un service du ministère de la Culture et de la Communication. Sa raison d’être, selon son administrateur, « c’est l’organisation des expositions d’arts au profit des artistes sénégalais et étrangers ».
Les 13 expositions qu’elle a abritées l’année dernière ont été organisées soit avec des artistes soit en collaboration avec des organismes internationaux comme la Banque mondiale, le Centre d’information des Nations unies, précise-t-il. En plus de ces expositions, la Galerie nationale a enregistré 5.115 visiteurs durant l’année passée, vendu 33 œuvres pour un montant global de 18 millions de FCfa, informe Oumar Danfakha. Cette vitrine artistique du Sénégal a pu réaliser ses performances malgré le déficit de moyens auquel elle fait face. Selon Oumar Danfakha, « depuis la disparition du Commissariat national aux expositions d’arts à l’étranger, même si les prérogatives dévolues à cette structure ont été transférées à la Galerie nationale, les moyens n’ont pas suivi.

Aller vers les artistes
Face à cette situation, la Galerie nationale va procéder à l’évaluation de ses activités de l’année écoulée pour mener un plaidoyer en vue de l’augmentation de ses moyens. De l’avis de son administrateur, « il faudrait des chiffres et des arguments pour faire ce plaidoyer. Il faut d’abord qu’on évalue pour qu’on puisse jouer le véritable rôle qui nous est dévolu ».
S’agissant des difficultés dans le domaine de la communication, Oumar Danfakha veut également relever le défi. « La Galerie n’avait pas, déplore-t-il, une mainmise sur le contenu de la communication lorsque les artistes ou les promoteurs venaient organiser leurs expositions ».
En 2016, assure-t-il, la Galerie nationale ira vers les artistes pour la plupart des expositions qui seront organisées. « Ensemble, nous pourrons gérer la communication autour des événements », a-t-il affirmé. Dans le même sillage, la Galerie nationale, à en croire M. Danfakha, va procéder à l’amélioration de sa visibilité. Cela nécessite, fait-il remarquer, une réhabilitation de l’équipement mais également un « relooking » pour qu’elle soit davantage visible et fréquentée. « Le public, c’est notre raison d’être », a affirmé l’administrateur.
La Galerie nationale veut également marquer sa présence dans les régions de l’intérieur du pays durant cette année. « Nous devons être des producteurs d’événements culturels et être en mesure de déplacer des artistes d’ici pour échanger à travers des workshops avec des artistes des régions. Donc organiser des expositions dans les régions », ajoute l’administrateur de la Galerie nationale. Celui-ci reste convaincu du déficit d’espaces d’expressions pour les artistes des régions mais également des espaces de diffusion de leur travail. Autant de raisons, selon Oumar Danfakha, qui expliquent le fait que des artistes des régions ne peuvent pas montrer leur travail ou bien ils le montrent dans des endroits inadéquats.

Salon national des artistes plasticiens
S’agissant du numérique, Oumar Danfakha rappelle « qu’il est un support, alors que la Galerie est un espace ». « Ce support peut être utilisé pour faire la promotion des films, etc. La Galerie n’est pas la chasse gardée de la peinture, c’est l’ensemble des arts visuels. Donc le design, la vidéo, la sculpture, entre autres, peuvent être montrés à la Galerie nationale. Le numérique qui est une forme d’expression pourrait y être montrée », a-t-il indiqué. D’ailleurs, informe-t-il, la Galerie nationale a un projet avec deux artistes, Armine Kane et Piniang qui travaillent dans le numérique en 2016. « Nous allons organiser une exposition pour le compte de ces artistes. Et cela pour dire que le numérique a bien sa place à la Galerie nationale », a-t-il encore dit.Pour encourager la création artistique multiforme, l’Etat du Sénégal par le biais du ministère de la Culture, organise, durant les années impaires de la Biennale de l’art contemporain, un Salon national des artistes plasticiens du Sénégal. Ces opportunités offrent aux artistes des possibilités d’insertion dans le marché national des arts. Oumar Danfakha souligne que durant la tenue de cette grande rencontre artistique et culturelle, la salle de la Galerie nationale est mise à la disposition de la Biennale « qui est l’une des activités les plus importantes du ministère de la Culture et de la Communication ».     

Souleymane Diam SY


Au cours de l’année 2015, la culture sénégalaise a perdu, tour à tour, des artistes de talent et de renom. Les percussionnistes et tambours majors Vieux Sing Faye et son ami Doudou Ndiaye Rose, comme les chanteurs Oumar Bassoum et Moussa Ngom, ainsi que le rappeur Sidate Fall dit Pacotille et hélas, les maîtres peintres Papa Ibra Tall et Amadou Sow nous ont quittés, après un riche et exaltant parcours artistique…  

Ils étaient deux ténors de la percussion et de la vie culturelle sénégalaise. Avec son ami Vieux Sing Faye, grand tambour-major dakarois, Doudou Ndiaye Rose était un chercheur et compositeur qui a sans doute le plus révolutionné la percussion sénégalaise et africaine traditionnelle. Nés à Dakar de famille de griots, Vieux Sing Faye et Doudou Ndiaye Rose, disparus à une journée d’intervalle en août dernier, étaient toujours accompagnés de leurs progénitures percussionnistes pour sillonner le pays, l’Afrique et le monde de la culture. Ainsi, ils ont porté haut le flambeau de la culture lébou, sénégalaise en général.
Les prestations au Festival mondial des arts nègres à Dakar, sa collaboration avec la chorale dakaroise de feu Julien Jouga, ainsi que sa participation à la célébration du Bicentenaire de la Révolution française à Paris, mais également ses prestations annuelles avec les majorettes du lycée John Fitzgerald lors du défilé du jour de la Fête nationale de l’indépendance, ont fini de faire de Doudou Ndiaye Rose une référence dans la culture africaine…
A côté de ces icônes de la percussion, le troubadour de musique traditionnelle Oumar Bassoum, de même que le chanteur sénégambien Moussa Ngom, disparus également cette année, font figure de doyens parmi les artistes de renom. Pensionnaire du Super Diamono dès le début des années 80, Moussa Ngom a marqué les mélomanes aussi bien par ses textes puisés dans l’imaginaire populaire du terroir de la Sénégambie que par son accoutrement inspiré du patchwork des talibés « Baye Fall ».

Maîtres du verbe et des lignes…
Décédé à Dakar, le lendemain d’une prestation dans un célèbre club dakarois, Moussa Ngom aura été éveilleur de conscience et un panafricaniste de la première heure…
Le rappeur Sidate Fall alias Pacotille, parfait jongleur de mots, disparu également cette année, avec sa barbichette et ses sandales en plastiques, partageait sans nul doute la philosophie de Moussa Ngom. En effet, dans sa musique et ses textes, Pacotille était un chroniqueur averti des scènes du quotidien sénégalais. Rappeur atypique, un brin d’espièglerie et de sagesse dormaient en lui. Sidate Fall s’était fait connaître du grand public par sa verve et ses chroniques servis aux mélomanes dans ses nombreux textes. Un impertinent, un véritable empêcheur de tourner en rond…
Dans un autre registre, les artistes plasticiens Papa Ibra Tall et Amadou Sow, décédés cette année, auront également marqué les générations en nous léguant les Manufactures des arts décoratifs du Sénégal et le logo de la Biennale Dak’Art. Dans son volet hommage, la 10ème édition de cette même Biennale, en 2012, avait honoré l’artiste Papa Ibra Tall, dont la vie professionnelle se confond avec les Manufactures sénégalaises d’arts décoratifs (Msad).
Papa Ibra Tall a longtemps été le directeur général des Msad, service rattaché au ministère de la Culture et dont le stock des tapisseries murales réalisées dans ses ateliers décore les salles du Palais présidentiel, du Building administratif et de certains services publics. Une fierté pour le défunt Papa Ibra Tall qui aimait si bien le rappeler aux visiteurs des Msad à Thiès.
Ayant suivi une formation en architecture puis aux Beaux-Arts de Paris, Papa Ibra Tall s’était vu confié à l’époque par les autorités sénégalaises, le Président Senghor en particulier, le projet de création d’une manufacture de tapisserie. L’histoire des Msad, comme nous l’a racontée M. Tall, remonte ainsi en 1962, avec l’ouverture d’un atelier expérimental dans la Section Recherches plastiques nègres dirigée par lui-même, Papa Ibra Tall au sein de l’Ecole des arts de Dakar. Cet atelier expérimental de tapisseries deviendra, en se déplaçant à Thiès, la Manufacture nationale de tapisserie, puis Manufactures sénégalaises d’arts décoratifs (Msad).
Graphiste de formation, sorti de l'Ecole des Beaux-Arts de Dakar et diplômé de l’Académie des Beaux-Arts de Vienne en Autriche, Amadou Sow, lui, était un maître du pinceau pour la nouvelle vague de peintres dakarois. Ces derniers lui vouaient un culte du respect vu son immense talent et sa riche carrière parsemée d’expositions à Dakar, Paris, Berlin, Vienne, etc.

Omar DIOUF


Le Théâtre national Daniel Sorano a célébré en 2015 ses 50 ans d’existence. Cette matrice de la culture sénégalaise déploie sa créativité à travers le ballet « La Linguère », l’Ensemble lyrique traditionnel et la Troupe nationale dramatique.

17 juillet 1965 - 17 juillet 2015. La Compagnie du Théâtre national Daniel Sorano, « fer de lance » de la culture sénégalaise, a célébré, au cours de l’année 2015, le cinquantenaire de l’inauguration de ses locaux et du démarrage de ses activités. Diverses manifestations artistiques, des expositions, des rencontres intellectuelles et des projections de films étaient programmées à Dakar et dans les régions. Il s’agissait pour la direction générale de la compagnie de magnifier et promouvoir  les  multiples  facettes  de  la  création  artistique et  des  artistes  sénégalais, dans  un esprit  d’ouverture au monde. L’occasion de la célébration du Cinquantenaire du Théâtre national Daniel Sorano sera saisie pour, d’une part, rendre un vibrant hommage aux artistes, « ces citoyens exemplaires » qui projettent une image positive du Sénégal à l’étranger, d’autre  part,  redonner  à Sorano  tout  son  lustre d’antan.
Inauguré le 17 juillet 1965, le Théâtre national Daniel Sorano est considéré comme, à la fois, le foyer et la vitrine de la créativité artistique et de la diversité culturelle de la nation sénégalaise. « Cette institution de création artistique et  de  promotion de la diversité culturelle nationale a beaucoup contribué au renforcement du rayonnement  culturel  international du Sénégal », mentionne la note d’information de la direction générale du théâtre national. Constitué de trois entités artistiques : le Ballet « La Linguère », la Troupe nationale dramatique et l’Ensemble lyrique traditionnel, Sorano est composé d’artistes et d’hommes de culture qui ont permis, grâce à  leur  talent et leur dévouement, l’inscription des œuvres musicales, chorégraphiques et  surtout  théâtrales du Sénégal au  répertoire  universel. Le dynamisme et la pérennité de cette importante action de développement sont  liés  à  sa triple vocation de théâtre d’enracinement dans  les  valeurs  culturelles africaines, d’ouverture  au  monde  et  de  recherche (expérimentation  artistique).
Toujours est-il que les responsables du théâtre Sorano sont conscients des contrecoups d’un environnement socio-économique difficile qui tend à l’installer dans une certaine morosité. Pour y faire face, la « bonne dame » a besoin de se renouveler, de se réinventer. Sur ce registre, cette commémoration est en droite ligne du plan de développement stratégique de la direction générale. Sous l’impulsion de Sahite Sarr Samb, ce projet se décline en trois axes : définir de nouvelles orientations managériales et artistiques ; élaborer et mettre en œuvre un plan d’investissement pour équiper et rentabiliser les locaux ; mettre en place des stratégies de communication et surtout marketing pour enrichir et élargir l’assiette des produits.   

E. M. FAYE


Après Saint-Louis en 2012, Kaolack a vibré cette année au rythme de la huitième édition du Festival national des arts et cultures (Fesnac). Considérée comme le festival de relance, l’édition 2015 a tenu toutes ses promesses.

Le ministère de la Culture a réussi un grand pari en organisant à Kaolack, du 9 au 12 décembre dernier, la huitième édition du Festival national des arts et cultures (Fesnac). Il s’agissait pour les autorités en charge du secteur d’en faire un Fesnac de relance après les éditions de 1997 à Thiès, de 1999 à Dakar, de 2001 et 2003 à Ziguinchor, de Tamboucounda en 2005 et de Saint-Louis en 2007 et 2012. Cela, avec l’objectif de faire du secteur culturel un des leviers majeurs de la croissance économique et de la promotion sociale. Mais également, d’exploiter les potentialités culturelles des terroirs et de faire jouer à la culture tout son rôle dans le développement du Sénégal par le biais de projets à fort impact.  
La huitième édition a permis de fouiller dans les gisements culturels que concentrent les terroirs, en interrogeant les politiques publiques et en explorant les opportunités de financement local, national et international. Ainsi, à travers le thème : « Diversité culturelle et économique des terroirs, quel rôle pour la jeunesse ? », il a été question d’aller vers l’élaboration de stratégies permettant de répondre à la question de l’emploi des jeunes et du mieux-être des communautés.  Bref, le thème du festival traduisait la volonté d’assurer une meilleure insertion du patrimoine culturel et des activités artistiques dans le tissu économique de notre pays.
La cérémonie d’ouverture à laquelle a pris part le ministre de la Culture et de la Communication, a été une occasion de voir défiler dans une grande ferveur les délégations des 14 régions du Sénégal. Un moment fort de partage, d’échange et de communion qui a fait dire à Mbagnick Ndiaye que « le Fesnac est un outil précieux, un révélateur de ce qui nous lie et de ce qui unit nos différences. »

Bilan satisfaisant
Le ministre a tiré un bilan satisfaisant de l’édition 2015. Selon lui, le défi de participation a été entièrement relevé par toutes les régions. « Le président de la République avait raison en nous disant qu'il faut relancer le Festival national des arts et cultures », a déclaré Mbagnick Ndiaye lors de la cérémonie de clôture.  Pour Fatou Sidibé Guèye Diallo, administrateur du festival, le défi de l'organisation de cet événement phare du calendrier culturel national a été réussi. Car, toutes les préoccupations liées à l'organisation ont été satisfaites.
Cette année, c'est la région de Diourbel qui a succédé à Dakar, en remportant le Grand prix Douta Seck de la meilleure participation à la huitième édition du Fesnac. Ce prix qui récompense la meilleure prestation dans la discipline théâtrale est doté d'un montant de 1,5 million de FCfa. D’autres régions comme Ziguinchor, Louga, Saint-Louis, Dakar, Sédhiou, Kédougou… ont eu également à s’illustrer dans les autres disciplines en compétition. Dakar s’est adjugé le premier Prix de la danse et Sédhiou celui de la musique.
Seule manifestation culturelle nationale portée par l’Etat à travers le ministère de la Culture, la prochaine édition du Festival national des arts et cultures se tiendra à Kolda, en 2017.

Ibrahima BA


La première édition du Festival « Culture et Sport » des écologistes de Matam (Fedema) a vécu les 29 et 30 décembre dernier. Cet événement riche en couleurs a permis de rassembler les fils du terroir à Matam, mais aussi et surtout de revisiter le riche patrimoine culturel pulaar.

Cette première édition du Fedema a été rehaussée par la présence des autorités administratives de la région de Matam, du maire de la commune de Matam, Mamadou Mory Diaw, et du représentant du parrain Amadou Samba Kane, maire de la commune de Hamady Hounaré, par ailleurs directeur général de la Lonase. Selon Amadou Issa Kane, initiateur du festival, l’organisation de cet événement a été possible grâce à l’appui conséquent de Amadou Samba Kane.
« Notre association d’écologistes existe depuis bientôt dix ans et nous voulons non seulement pérenniser les acquis, mais léguer nos travaux aux générations futures », a indiqué le président de la Fédération des écologistes de Matam. L’attraction a été la cérémonie de reboisement organisée à l’Efi de Matam, école de formation des instituteurs. « Cette activité de plantation d’arbres a été faite parce que nous avons constaté que l’avancée du désert connaît aujourd’hui des proportions inquiétantes. C’est pour cela que nous avons jugé utile et nécessaire de faire des actions de reboisement, avec un large suivi », a fait savoir M. Kane. « Nous avons aussi senti que la présence de sachets plastiques est gênante. C’est pour cela que nous voulons aider le gouvernement dans sa politique et faire du Sénégal un pays vert et émergent comme le veut le chef de l’Etat Macky Sall », a ajouté M. Kane.
 « Nous saluons, à sa juste valeur, votre esprit citoyen qui s’est matérialisé à travers cette vaste campagne de reboisement, accompagnée d’un suivi pour qu’ensemble, vous puissiez faire de l’enseignement de l’éducation environnementale une réalité dans vos écoles », a laissé entendre Abdoul Daff, le représentant du Dg de la Lonase.
 M. Daff a exhorté M. Kane et ses camarades à pérenniser leurs actions et à penser au suivi pour que leurs efforts ne soient vains.
Pendant deux jours, le Pékane, une poésie vivante et puissante, qui est le chant des Soubalbés, la caste des pêcheurs, dépositaires des connaissances occultes du fleuve, a été mis en exergue pour rappeler l’importance du legs des ancêtres. «Thiossane Mboolo», une troupe composée de jeunes filles peuhles et soubalbés, s’est fortement illustrée avec leurs tenues traditionnelles, rappelant celles des jeunes filles mariées à l’époque.
La fête s’est poursuivie jusqu’au stade régional de Matam avec la prestation de la troupe des majorettes de Matam qui a gratifié le public d’un beau spectacle et aussi les griots de la région qui ont aussi chanté le «Yelaa», cet air pulaar chanté pendant les veillées d’armes et les cérémonies familiales, avec des rythmes endiablés, aux riches sonorités du Boundou et du Fouta des profondeurs. Le sport était aussi au rendez-vous avec le trophée Amadou Samba Kane remporté par l’Asc Kawral Fc du quartier Soubalo aux dépens de l’Asc Tantadji.

S. O. FALL


En l'espace de 50 ans de carrière, le chanteur a laissé une empreinte qui lui survivra longtemps. Mort samedi 2 janvier 2016 à l'âge de 69 ans, des suites d'un cancer de la gorge et de la langue, le chanteur français Michel Delpech avait émis le souhait qu'on ne l'oublie pas. D'ailleurs, jusqu'à la fin, il cherchait comment faire perdurer son héritage musical, lequel devrait se poursuivre au travers d'un album de reprises. Très ému, son ami Michel Drucker lui a rendu hommage et a confirmé le projet. Après avoir été au cœur d'une polémique en annonçant publiquement que Michel Delpech vivait les derniers instants de sa vie, l'animateur Michel Drucker est aujourd'hui ému de la mort de son ami. Interrogé par le journal Le Parisien, il a déclaré : « Il avait une voix très affaiblie. Il m'a demandé de venir, je suis passé hier après-midi où il était déjà en phase terminale, je suis resté longtemps avec lui. Cela restera un souvenir bouleversant parce qu'il était d'un courage inimaginable (...) il s'est battu.»


En marge du festival « Pencum Niani » organisé le week-end dernier à Koumpentoum, l’historien et ancien directeur général de l’Ecole nationale d’administration civile (Ena) du Sénégal, Abdoulaye Camara, a conté au reporter du Soleil, l’histoire exaltante de Ndoungoussine. Une localité qui, contrairement à la légende, n’est point un « purgatoire », mais la capitale du royaume du Niani, devenu un village d’un millier de personnes, dans le département de Koumpentoum, région de Tambacounda.

Lors des journées culturelles « Pencum Niani » tenues le week-end dernier, le passé glorieux de ce royaume a été rappelé aux plus jeunes. Les deux territoires du Ouli dirigé par les Oualy et de Ngoungoussine fondé par les Camara nous a été conté par Abdoulaye Camara, originaire de Ndoungoussine et descendant de Kimintang Camara, roi du Niani. Historien, ancien directeur général de l’Ecole nationale d’administration civile (Ena) du Sénégal, M. Camara explique qu’à la suite de la disparition du grand Niani, localité jadis située à 2 km de la frontière du Mali et de la Guinée, sur le bras de fleuve Sankarani, un affluent du Niger, ce sont les mandingues qui ont apporté ce nom en souvenir de leurs origines.
« L’actuel Niani n’est pas une ville mais un territoire. Ils se sont installés en principauté par-ci par-là. Les mandingues, il y en avait un peu partout, avec les chefs locaux qui étaient regroupés avec un chef suprême. La première capitale du Niani était Ndiambour qui est à 25 km de Koumpentoum », souligne Abdoulaye Camara. Selon l’historien, c’est Kimintang Camara, 6e ou 5e fils d’un roi qui, voyant qu’il n’avait point de chance pour monter au trône, a éliminé ses grands frères par « coup d’Etat ». Il est passé par le fer, ses frères nés avant lui, les éliminant physiquement. Ne voulant prendre de risque, Kimitang a déménagé sa capitale en l’installant à Ndoungoussine, créée de toute pièce.
Ce nouveau siège du roi avait une défense naturelle cloitrée entre les montagnes et ceinturé par un bras du fleuve, une zone boisée, qu’Aladji Ousseynou Seck, ancien exploitant forestier, chroniqueur à Radio Sénégal, désigne comme un « purgatoire » à cause de son enclavement pendant toute la saison des pluies, l’empêchant de faire sortir ses produits forestiers. Selon l’historien, en implantant son royaume qui est devenu de nos jours un village d’un millier de personnes, Kimintang Camara a freiné toute intrusion de personnes à des fins et intentions belliqueuses. Des pans de mysticisme ont accompagné l’implantation de ce village, une tradition de ce terroir. « Les Camara ont une tradition de gouverner les hommes et de bâtir les villes par la force des choses ; ce sont des guerriers », raconte Abdoulaye Camara.

Freiner intrusions et intentions bélliqueuses
Selon lui, cette tradition guerrière a permis de se battre et de freiner les Anglais jusqu’en 1906 dans cette partie de la Sénégambie. Les Camara s’installaient, ouvrant des zones de cultures comme Makacolibantang et des zones d’élevage dans le Sao.
Le nouveau Niani s’étendait alors jusqu’à la limite du Djoloff où Kimintang avait planté un sabre délimitant la zone. Ces princes versaient de l’impôt au Djolof. C’est un pays qui s’est construit entre le Ouli et le Niani jusqu’à Makaty, une île dans la Gambie où Kimitang a battu les Anglais  L’histoire du Niani, c’est également ces villages mystiques où sont gardés jalousement des abeilles en forme de guêpes qui    allaient au combat contre l’ennemi. Selon Abdoulaye Camara, ces guêpes sont normales en temps de paix et même fournissent du miel pour les populations. Une escadrille de combattants volants qui s’ajoutent à un serpent en forme de dragon appelé ninki-nanka. Ce système de défense est resté, pour ces villages, « tabous » comme Ndoungoussine, Ndiambour, entre autres. Selon l’historien, l’hymne de la jeunesse « Niani bagne na » est à la gloire de Kimintang Camara qui a refusé de se soumettre au Bourba du Djoloff, en engageant un combat en lançant des guêpes aux troupes ennemies.

Pape Demba SIDIBE


Initialement prévue pour le 30 décembre dernier, la 16e édition du Fanal de Saint-Louis n’a pas eu lieu finalement. Du fait des difficultés financières auxquelles ont été confrontés, à la dernière minute, les responsables de « Jalloré Productions », structure privée qui organise, chaque année, cette parade du Fanal, en étroite collaboration avec l’initiatrice de cet événement, Mme Marie Madeleine Diallo.

Mme Marie Madeleine Diallo et les membres de son staff n’ont pas pu, cette année, mobiliser les ressources nécessaires à l’organisation de cette manifestation culturelle de grande envergure qui figure désormais dans l’agenda culturel de la ville de Saint-Louis et qui continue d’attirer des touristes.
Très sensible à ce problème d’organisation survenu à la dernière minute, le maire de Saint-Louis a annoncé des mesures qui permettront d’organiser les prochaines éditions dans de très bonnes conditions. Le premier magistrat de la vieille cité a laissé entendre qu’il a constaté tardivement que « Jalloré Productions » n’était plus en mesure d’organiser cet événement.  Le fait que cette manifestation culturelle ne soit pas sponsorisée a effectivement pris au dépourvu l’édile de Saint-Louis, Mansour Faye, qui a réaffirmé l’engagement indéfectible du Conseil municipal à revoir à la hausse la subvention allouée aux organisateurs, à rechercher avec ces derniers et autres partenaires d’autres ressources financières nécessaires à l’organisation des prochaines éditions.
L’édile a surtout précisé que la contribution financière de la mairie ne peut pas permettre de prendre en charge entièrement les frais liés à l’organisation de cet événement. Mansour Faye a émis le vœu que 2016 soit l’année de ses réalisations, du démarrage des grands chantiers de la commune et de la mise en œuvre du programme de développement touristique de Saint-Louis.  

Mbagnick Kharachi DIAGNE


Ville carrefour qui doit sa renommée à sa bonne viande, mais aussi au commerce florissant, Aéré Lao a joué un rôle important dans l’histoire du Fouta Tooro. Cette ville qui tangue entre l’archaïsme et le semblant de modernité, aspire à devenir un carrefour urbain, rayonnant et attractif. Cela passe, selon les autorités municipales, par une amélioration du cadre urbain, l’accès aux services sociaux de base et la promotion d’un système de bonne gouvernance.
Lieu chargé d’histoire, Aéré Lao a été fondé au 11ème siècle. Ce village, devenu la capitale des Almamy en 1776, changera de statut et sera érigé en cercle en 1910 par l’autorité coloniale avec, à sa tête, un commandant. La localité est devenue, en 1980, chef-lieu de communauté rurale, avant d’être érigée en commune en 2009 lors de la réforme de l’administration territoriale et locale.
Si beaucoup de villes sont réputées pour leurs nombreux commerces, Aéré Lao, situé dans l’arrondissement de Cas-Cas et ceinturée sur les quatre côtés par la communauté de Doumga Lao, doit sa renommée à sa bonne viande, qui est au centre des activités commerciales.
Depuis des décennies, Aéré Lao est devenue une escale privilégiée pour les voyageurs de l’axe Dakar-Matam. Et ceux qui se déplacent pour la première fois en direction d’Aéré, peuvent bien nourrir quelques fantasmes.
Car ce carrefour compte, à lui seul, une trentaine de gargotes et autres dibiteries, mais aussi des charriots mobiles, communément appelés « pousse-pousse », qui fourmillent sur les abords de la route nationale n°2, proposant ainsi de la viande cuite ou grillée. Le visiteur qui débarque pour la première fois peut, à la faveur d’une escale, calmer sa fringale. Une fois qu’on met les pieds à terre, on est aussitôt envoûté par les délicats fumets échappés de toutes parts qui enfument le carrefour.
A Aéré, les vendeurs sont très sollicités par une clientèle toujours affamée. A tout moment, on voit ces spécialistes découper avec beaucoup de dextérité des quartiers de viandes, ou tourner et retourner allègrement de la viande étalée sur un grillage. Beaucoup de gourmets attendent la fin de l’après-midi pour se montrer, attirés comme de l’aimant par les fumets appétissants qui se dégagent de partout et les crépitements de viande sur le feu. C’est à ce moment que l’affluence atteint son summum. Certains marchandent joyeusement et les vendeurs, pour mieux les ferrer, appliquent la politique de la séduction en leur offrant gracioso une tranche de viande. D’autres, bien installés, s’occupent à dévorer bouts saigneux, carrés, côtelettes et autres gigots de mouton ou de chèvre dans une hilarité propre à l’homme au ventre rempli.

Zone pastorale
A Aéré Lao, on n’a pas besoin d’avoir un portefeuille bien garni de billets pour déguster un délicieux quartier de viande. Les prix pratiqués sont imbattables et il y en a pour toutes les bourses. Quand les véhicules arrivent au carrefour, ils ralentissent. Et la plupart des conducteurs de camions, taxis brousse, bus, cars se ravitaillent toujours à cœur joie avant de reprendre la route. « Quand je vais à Matam ou Dakar, je m’arrête toujours ici pour m’approvisionner en viande. Je ne peux pas m’en passer », confie un conducteur de bus de transport en commun en stationnement. « Ce carrefour est connu de tous les chauffeurs car c’est un lieu où l’on savoure de la bonne viande. En fin d’après-midi et la nuit, les clients affluent et nous en profitons pour leur faire goûter nos spécialités maison », explique un vendeur.
Avec cet afflux, les vendeurs ne se plaignent pas. Ils réalisent de bons chiffres d’affaires, même s’ils ne veulent pas dévoiler leurs bénéfices. Aéré étant une zone pastorale, ils n’éprouvent pas de difficultés pour se ravitailler en moutons ou chèvres. L’élevage y est pratiqué par environ 20% de la population active. Il est la deuxième activité après l’agriculture. Mais à Aéré, n’est pas gargotier qui veut. Celui qui veut exercer ce métier doit avoir une carte professionnelle renouvelable chaque année. Et le chef de poste vétérinaire d’Aéré Lao, Anaby Sène, veille à la qualité de la viande qui est proposée aux populations. Il inspecte les viandes sur pied d’abord et après abattage. M. Sène déplore, cependant, l’absence d’une aire d’abattage qui permettrait de mieux sécuriser le contrôle. Car les gargotiers abattent quotidiennement une trentaine de caprins. « On ne peut pas contrôler efficacement les abattoirs clandestins. A l’époque où Aéré Lao était une communauté rurale, j’ai toujours fait cette demande parce que mon travail consiste à veiller sur la qualité de la viande. C’est pour autant de raisons que les autorités municipales comptent construire un abattoir afin de mettre de l’ordre dans cette activité, régler davantage le problème d’hygiène de la ville et réduire le vol de bétail », explique-t-il. « Ici, on peut vous voler facilement votre chèvre avec ces abattoirs clandestins, etc. », informe Djibril Ly, premier adjoint au maire.

Une ville, de grandes ambitions
Aéré Lao, ce n’est pas seulement la bonne viande. Longtemps considérée comme un grand village à défaut d’être une grande ville, cette commune,  qui s’étend sur une superficie de 3 km² et qui comprend cinq quartiers (Aéré Mbaybé, Aéré Wourou Diéry, Aéré Halaybé, Aéré Barobé et Mbissane), offre une image d’une cité qui peine à amorcer son décollage, à tous les niveaux, qui lui permettrait de répondre aux exigences des temps modernes. Après près de quatre ans de vie de commune, les autorités municipales affichent un sentiment de satisfaction, malgré les nombreux défis qui restent encore à relever. «Aéré Lao fait partie des rares villages où les populations se sont battues pour que leur localité soit érigée en commune. A chaque fois, ce sont des contingences politiques qui nous le privaient», se souvient Ibrahima Sy, enseignant, habitant à Aéré Lao. C’est après les élections locales de mars 2009 que la première équipe municipale dirigée par Samba Hawa Ly a été installée.
Celle-ci avait fait de la question des ordures ménagères une super-priorité. Hélas ! L’image qui reste gravée dans la mémoire du voyageur qui traverse le garage de cette commune est celle de l’insalubrité due certainement aux gargotes qui polluent  le long de la chaussée. L’enquête du Plan d’investissement communal (Pic) a, selon Djibril Ly, premier adjoint au maire, a révélé que les populations se désolent des ordures ménagères déversées un peu partout dans la ville notamment au garage. «On fait des opérations ponctuelles de nettoiement du garage. Malheureusement, les gens ont acquis de mauvaises habitudes. On a du mal à sévir. Dès que nous sentons que les choses débordent, nous venons pour évacuer les ordures», précise M. Ly, qui indexe l’absence de service d’hygiène dans la commune. «Il en existe qu’à Pété, qui est situé à 50 km de Aéré Lao. Les agents de ce service ne viennent faire des opérations dans la commune que périodiquement», ajoute-t-il. Et le premier adjoint au maire révèle que la commune dispose aussi d’un autre programme de lutte contre les déchets plastiques avec ses partenaires étrangers.

Marché hebdomadaire
Le premier adjoint au maire demeure convaincu que l’érection d’Aéré Lao en commune constitue une aubaine pour les populations. «Il y a un rapprochement entre l’administration locale et les populations dans beaucoup de domaines comme la santé, l’éducation, etc.», précise M. Ly. Dans le but d’améliorer les conditions de vie des populations, des extensions hydrauliques ont été faites au profit des quartiers périphériques tels que Wouro Woydou, Belel Touly, etc. Sans oublier l’aide aux nécessiteux ainsi que les associations des jeunes et des femmes. «Aéré Lao vit mieux sa situation actuelle comparée à l’époque où ce village était chef-lieu de communauté rurale. Tous les problèmes sont discutés à la mairie et les séances sont ouvertes aux populations. Il y a une proximité entre l’équipe municipale et les populations», se réjouit le premier adjoint au maire. Toutefois, souligne-t-il, à l’image de certaines collectivités locales du pays, la commune tire l’essentiel de ses ressources sur les taxes municipales. « Notre première source de revenus demeure les taxes, même si les gens peinent encore à épouser carrément ce geste. C’est insignifiant par rapport à notre ambition. Malheureusement, les gens ne sentent pas la nécessité de s’acquitter de la taxe», regrette-t-il. Le marché hebdomadaire constitue aussi l’autre source de revenus pour la commune. «Les recettes issues de ce marché varient en fonction des périodes», soutient Thierno Kénémé, deuxième adjoint au maire.
C’est dans le souci de résorber ce déficit en termes de recettes que la commune a noué un partenariat avec la coopération espagnole, via le programme intégré de développement économique local (Pidel) qui leur a permis d’acheter des batteuses et des décortiqueuses en collaboration avec le centre d’appui au développement local de Cas-cas. « Aéré Lao est une zone rizicole », précise-t-il.

Baïdy Kathié Pam, résistant ou révolutionnaire ?
Le nom de Baïdy Kathié Pam ne dit rien à certains. Pourtant, il s’était illustré, dans le passé, par sa farouche opposition à la colonisation. De ce fait, il avait tué l’administrateur colonial, Abel Jeandet, le 2 septembre 1890 à Aéré Lao, avant d’être lui-même exécuté huit jours plus tard. Le parcours guerrier et pathétique de cet homme, originaire de Guia, village situé à quelques kilomètres de Podor, nous a été conté à Aéré Lao.
Bon nombre de Sénégalais ont certainement entendu Baba Maal chanter  les louanges de Baïdy Kathié Pam, mais ignorent l’histoire de ce héros du Fouta qui a dit non à l’oppression des colons. Il fait partie de ces personnes qui ont payé de leur vie pour contrecarrer la pénétration coloniale dans le Fouta ou dénoncer certaines pratiques inhumaines à l’époque coloniale. C’est sa farouche opposition à la colonisation qui l’a poussé à éliminer le commandant Abel Jeandet le 2 septembre 1890, à Aéré Lao, avant d’être lui-même exécuté huit jours plus tard. C’est Thierno Kénémé, deuxième adjoint au maire d’Aéré Lao, qui nous aidés à comprendre la triste histoire de Baïdy Kathié Pam. Cet événement malheureux est survenu au moment où la pénétration coloniale battait son plein dans le Fouta Tooro. En cette période des «Almamy», guides politiques et religieux qui dirigeaient le Fouta Tooro depuis la «Révolution théocratique» de 1775, certaines provinces avaient à peine voix au chapitre. Les Français qui avaient à cœur le démembrement du Fouta Tooro, soutinrent et entretinrent les velléités autonomistes des chefs politiques des régions périphériques qui «se considéraient politiquement  comme marginalisés».  Dimat qui était la province la plus vulnérable et la plus proche du Waalo Barak, fut annexé par les colons du Sénégal grâce au «traité» du 18 juin 1858. La ratification de l’annexion du Dimat à la colonie du Sénégal exposa son signataire, Abdoul Boli Kane, à de violentes remontrances de la part des défenseurs de l’intégrité territoriale du Fouta Tooro. Quelques semaines après la partition du Dimat, Abdoul Boli Kane fut assassiné pour avoir entériné la sujétion d’une région du Fouta Tooro à Faidherbe.  En août-septembre 1890, un autre fait allait survenir. En pleine campagne contre le Boosoya, l’administrateur colonial, Abel Jeandet, avait reçu l’ordre de réunir un contingent du Tooro pour concourir, si besoin était, à l’action du colonel Dodds, le commandant supérieur des troupes de la colonie contre Abdoul Bocar Kane et Alboury Ndiaye au Boosoya. Des groupes opposés à la présence française parcouraient la province pour convaincre les habitants à ne pas répondre à l’appel de l’administration coloniale. Un jeune homme d’environ 24 ans du nom de Baïdy Kathié Pam, originaire de Guia, village situé près de Podor, s’était fait remarquer particulièrement par son hostilité contre celui qui supervisait la levée d’une troupe dans le canton de Guédé. A Aéré Lao, il tua d’un coup de fusil Abel Jeandet, en présence de Boubacar Abdoul Kane. L’ancien laam tooro Sidiki Sall, Mamadou Yéro Sall et Boubacar Abdoul Kane furent accusés de complicité et arrêtés. Pour dissuader les populations de toute velléité de révolte, un procès fut organisé immédiatement à l’issue duquel Baïdy Kathié fut exécuté le 10 septembre 1890 sur la place publique de Podor devant tous les chefs du Tooro. Comme il se vantait d’aller au paradis pour avoir tué un « infidèle », l’administrateur en mission spéciale, Aubry-Lecomte, fit jeter son corps en pâture aux crocodiles du fleuve et sa tête, mise au bout d’une pique, fut exposée à la place de Podor. Sidiki Sall et Mamadou Yero Sall furent pendus nus, cinq jours plus tard. Leurs corps furent ensuite exposés à la même place de Podor. Boubacar Elimane Kane fut, quant à lui, libéré, faute de preuves.

Aéré Lao, l’escale incontournable des amateurs de bonne viande
La santé constitue l’une des problématiques des autorités municipales. Pour une population de plus de 32. 000 habitants, Aéré Lao ne dispose que d’un poste de santé fonctionnel. Le second bien que construit ne l’est pas encore. Même avec celui qui fonctionne, le plateau technique laisse à désirer, regrette le premier adjoint au maire. «Il ne parvient pas à satisfaire la demande des populations. Les gens sont obligés d’aller à Ndioum ou Dodel pour se faire soigner», poursuit-il. Dans le but de soulager les populations, et face à l’exigence financière que requiert la construction d’un centre de santé, les autorités municipales veulent construire une salle d’hospitalisation digne du nom dans le poste de santé. «Le financement est sur place, l’appel d’offres a été fait, de même, l’entrepreneur a été choisi», révèle-t-il. «Nous accompagnons, chaque année, le comité de santé à travers les fonds de concours et de dotation», précise M. Ly. Pour sa part, Thierno Kénémé, deuxième adjoint au maire, révèle que sa collectivité locale a définitivement réglé le problème de l’état civil. « Ce sont les délégations de signature qui posaient problème. Mais heureusement, le maire est toujours là », dit-il. Selon lui, la chance des populations d’Aéré Lao est d’avoir élu un maire et des conseillers municipaux résidants.  L’insécurité n’épargne pas Aéré Lao. L’absence de brigade de gendarmerie favorise le grand banditisme dans la zone, selon M. Ly, «On constate de plus en plus des cas d’agressions et de vols de bétail, car Aéré Lao est un carrefour, on retrouve toute sorte de personnes », note-t-il. Les politiques communales définies dans le plan d’investissement communal d’Aéré Lao révèlent la vision, à long terme, des acteurs locaux de l’image et de la posture qu’ils veulent donner à la collectivité : un carrefour urbain moderne, rayonnant et attractif. Pour concrétiser cette vision, un certain nombre d’objectifs a été décliné. Quatre points ont été retenus pour un développement harmonieux et intégré de la commune : améliorer le cadre urbain, renforcer la qualité et l'accès aux services sociaux de base, favoriser la création de richesses et promouvoir un système de bonne gouvernance participative. C’est dans cette perspective que la commune d’Aéré Lao a souscrit à deux programmes pour la promotion de la bonne gouvernance : le budget participatif avec l’Ong le mouvement citoyen et programme de certification citoyenne avec le forum civil. «Le budget participatif nous permettra de faire participer les populations au processus d’élaboration du budget. Nous voulons impliquer les populations. Alors que la certification vise la transparence dans notre gestion. Nous voulons que les populations comprennent les enjeux de la communication. Nous ne sommes plus dans un monde où c’est l’Etat qui fait tout », dit-il. « Aéré Lao ne peut pas se développer sans ses fils », soutient M. Kénémé.

(avec Ibrahima Abou SALL, « Mauritanie du Sud : Conquêtes et administration coloniales françaises, 1890-1945 », Karthala, Paris, 2007, 815 pages).

•  Par Samba Omar FALL, Souleymane Diam SY (texte) et Ndèye Séni SAMB (photos)

L’Île à Morphil, étroite bande de terre du Walo comprise entre le fleuve Sénégal et le marigot de Doué, ferme ses portes pendant l’hivernage. Quand tombent les fortes pluies, l’île est complètement coupée du monde. Les insulaires sont ainsi obligés de faire une véritable gymnastique pour aller d’une localité à une autre. Avec une culture et un artisanat riches, ses avantages touristiques et ses nombreuses potentialités agricoles, cette zone mérite bien un véritable plan Marshall afin de l’engager vers un développement équilibré par rapport aux autres localités du pays.

Longue de plus de cent kilomètres, l’Île à Morphil se caractérise par une vaste étendue plate, fortement arrosée en cours d’eaux. Son nom serait lié à la présence de pachydermes, dans les temps reculés.  Certains vestiges y ont été découverts, à l’image des défenses d’éléphants retrouvées par les premiers habitants après l’éclatement de l’empire du Ghana. L’ivoire y avait été trouvé en abondance, de même que des mâchoires de crocodiles, entre Ngane, Patoudi et Alwar, la ville sainte qui a vu naître El Hadji Omar Al Foutiyou Tall.
L’Île à Morphil occupe les deux tiers de la partie nord du département de Podor. Elle est formée par le marigot du Doué, qui quitte en amont dans le Saldé-Walla, le flanc gauche du fleuve Sénégal à partir de Winding, un village mauritanien qui a donné le même nom à celui d’en face, au Sénégal. Ce lieu a donné le terme pulaar « hakkunde maaje », qui signifie « entre des fleuves ». Des artistes, comme Baaba Maal, l’ont repris en ces termes d’unité « maaje ndendi winding », littéralement, « les fleuves se sont réunis à Winding », pour magnifier la beauté du lieu de cette embouchure constituant une des plus belles cartes postales du monde. En période de décrue, le fleuve, à cet endroit, se caractérise par un tourbillon visible à la séparation des défluents de notre pays, le Doué, le Bourbodjia, un autre marigot qui n’est présent que dans l’arrondissement de Saldé. Le Doué, à partir de Winding, va vers le Sud-Ouest en traversant les quatre arrondissements de Saldé, Cas-Cas, Gamadji Saré et Thillé-Boubacar pour rejoindre le fleuve Sénégal au niveau des villages de Doué et Loboudou-Doué, à 9 kilomètres à l’ouest de Podor. Au cours de sa longue traversée, le Doué croise un autre fleuve, le Gayo, qui traverse les arrondissements de Gamadji et de Cas-Cas. Ces cours d’eau ont donné à l’Île à Morphil plusieurs mares et marigots, à l’image du Ndiadiolol à Alwar, la mare d’El Hadji Omar qui conserve son eau jusqu’au prochain hivernage sans tarir. C’est la dispersion de ces nombreux cours d’eau se remplissant dès l’entame de la crue, qui donne à l’Île à Morphil l’environnement rude et célèbre de son légendaire enclavement.

Des populations complètement isolées
En effet, de l’île, seule la ville de Podor est désenclavée depuis 1975 avec la bretelle Taredji-Podor, longue de 21 kms, et le fameux tronçon Guia-Podor, qui, avant sa réalisation, a vu la ville de Ndioum Diéri, située sur la nationale 2, ravir la vedette à Podor, avec l’implantation de l’hôpital. Le Ngallenka est le seul marigot en dehors de l’Île à Morphil. Il rejoint le Doué au village de Diambo. Les ponts de Médina-Ndiathabé, de Ngouye et le tout prochain à Ndioum ne sont que d’une enjambée sur le Doué, s’ils ne sont pas suivis de pistes de production. Les arrondissements de Saldé et Cas-Cas ont une capacité limitée de déplacement, rien qu’avec une forte pluviométrie. Avec la crue tentaculaire qui sévit présentement, ce sont, comme chaque hivernage, des villages entiers coupés du reste du pays, obligeant mêmes les sous-préfets de ces deux arrondissements (Saldé et Cas-Cas) à loger à Pété et Galoya, sur la route nationale n°2, jusqu’au retrait des eaux. La crue et l’enclavement qu’elle cause contribuent grandement au dysfonctionnement du système sanitaire dans l’Île à Morphil, dont les habitants, pour la plupart, sont tributaires de la Mauritanie voisine afin de satisfaire certains besoins en santé, en particulier les femmes et les enfants. A quelques encablures de Podor, le circuit de l’Île à Morphil se présente. On peut, sans grande difficulté, y lire les villages accessibles de cette partie du département de Podor. Heureux de visiter cette partie du Sénégal, vos serviteurs foncent. Le chauffeur, si volubile, perd, comme par miracle, sa jovialité. Normal, surtout quand on emprunte une bretelle sinueuse parsemée de nids-de-poules, de crevasses et d’ornières à vous donner le tournis. Malgré tout, on s’engage.
En arpentant ce tortueux chemin, l’on découvre bien vite le village de Diatar après seulement quatre kilomètres. Puis, c’est au tour de l’ancien Donaye de se dévoiler quelques kilomètres plus loin. Des maisons en ruine, des arbres déracinés attirent l’attention. Ce triste décor est la conséquence des crues de 1999, provoqués par la montée des eaux et qui ont forcé la majeure partie des populations à se réfugier à Taredji, à quelques 25 kilomètres de là. Seules quelques familles, très attachées à ce site de leurs ancêtres, ont préféré y rester, veillant jalousement sur le cimetière où reposent leurs morts et sur la mosquée qui reste l’un des fleurons de l’architecture omarienne. Quelques kilomètres plus loin, la route est submergée par les eaux de crue. Le chauffeur perd son sang froid, hésite. Un motocycliste le rassure. « Il n’y a pas de danger ». Pour le démontrer, il passe sans difficultés. Sans convaincre.
Pour lui donner du courage, nous mettons pied à terre et pataugeons dans l’eau, sur une distance d’1 km à peine. Suffisant pour que le chauffeur se décide à s’engager. Le véhicule nous récupère à l’autre bout. La course reprend. Au bout d’une dizaine de kilomètres, le village de Mboyo apparait. Cette localité est complètement ceinturée par les eaux.  Le fleuve Sénégal, dont la montée a atteint un seuil critique, a fait corps avec le marigot Gayo sorti de son lit. Les deux digues de protection n’ont pas tenu. Cette incursion de l’eau a ruiné l’intégralité des récoltes des populations qui, pour sauver leur village, ont trouvé l’ingénieuse idée de cerner les concessions de sacs de sable. Pour combien de temps ? Dieu seul le sait. Malgré ce « barrage », les habitants de Mboyo craignent surtout pour la pérennité du village.
Oustaz Oumar Ly, enseignant, par ailleurs président de l’Asc « Djalal Mboyo », ne souhaite pas que son village vit la même situation que Donaye Walo en 1999. « C’est la même digue qui protège les champs et les populations du village. Si elle cède, Mboyo sera sous les eaux », prévient-il, en invitant les autorités à venir au chevet des habitants et au-delà, de l’Île à Morphil. Pour le vieux El Hadji Diagne, ancien secrétaire d’arrondissement à la retraite, la Croix-Rouge avait prévu de venir procéder à la distribution de vivres de soudure dans la zone, mais compte tenu de l’état de la route coupée par les eaux entre Mboyo et Donaye, elle a renvoyé son action sine die. « L’Île à Morphil commence de Donaye jusqu’à Saldé. Elle est oubliée et même abandonnée. Une fois dans le passé, le président de la République, Macky Sall, alors Premier ministre, était venu jusqu’à Donaye Walo, il ne pouvait pas venir jusqu’à Mboyo à cause des eaux. La digue était inondée », se souvient l’ancien secrétaire rural. A son avis, c’est pour cette raison que beaucoup d’autorités s’arrêtent à Donaye durant l’hivernage, au grand dam du reste de l’Île à Morphil. Après Mboyo et ses milliers de complaintes, nous poursuivons notre chemin.
Le chauffeur est obligé de slalomer et d’user de moult manœuvres afin d’éviter au mieux ces trous. En temps normal, c’est le calvaire et avec l’avènement de l’hivernage, le mal est allé crescendo. L’abondance des pluies a grandement précipité la dégradation de cette bretelle pour la rendre plus cahoteuse et impraticable. Le long de la route, le constat est identique. Et devant cette dégradation avancée, qui met à rude épreuve les véhicules les plus solides, avoir de bons amortisseurs ne suffit pas. L’on comprend aisément pourquoi les populations de ces différentes localités restent de bons mois sans voir l’ombre d’un véhicule.
Sous le poids des secousses, on traverse Guédé Wouro, Korkadié, Moundouwaye, Ndiaw, Lahel, soulevant une nuée de poussière. Après quarante deux bornes, Alwar s’offre enfin à nous. Incontestablement, cette dernière localité du circuit attire l’attention. De prime abord,  les lieux ne paient pas de mine. Et sur les visages des villageois, l’on peut aisément déceler des signes de lassitude et de désespoir. Ces derniers nous racontent les ingrédients d’une vie d’enclavement. Inimaginable. Si l’on sait que cette localité a vu, naître, en 1797, le conquérant El Hadji Omar Tall. « Nous sommes victimes de l’enclavement. Pour aller à Podor, nous sommes obligés de passer par Ndioum, traverser deux fleuves et prendre ensuite deux fois de suite une voiture », se plaint Abdoulaye Barry.

Priorité au désenclavement
L’Île à Morphil ne se limite pas seulement à Alwar. Elle se prolonge jusqu’à Saldé, à l’extrémité est, soit une trentaine de villages et hameaux. Les milliers de citoyens de ces localités à forte concentration d’agriculteurs, d’éleveurs et de pêcheurs sont actuellement isolés du reste du pays. Les intempéries et le débordement du fleuve ont obligé l’Île à Morphil à se fermer à tout trafic routier, rendant ainsi l’accès à certains villages impossible. La circulation des personnes et des biens dans cette région relève du parcours de combattant. Impossible de rallier Cas-Cas, Démet, Walaldé, Ndormboss, Sinthiou Dangdé, Pathé Gallo, Dara Halaybé, Wassétacké, Barobé, Diaranguel ou encore Wallah en voiture.
Pirogues et charrettes sont les seuls moyens de locomotion. La crue du fleuve Sénégal et de ces deux défluents, les marigots du Doué et du Goyo, n’ont pas épargné les périmètres rizicoles, les champs et même certains villages de cette grande île. Certaines zones de la vallée ont complètement isolé des milliers de personnes dans le besoin.  Aujourd’hui, le désenclavement de l’Île à Morphil constitue une urgence primordiale pour les populations.
secretaire d’arrondissement a la retraite

El Hadji Diagne, premier diplômé du village de Mboyo
Né en 1927 à Mboyo, El Hadji Diagne a fait ses humanités à Ndioum en 1939 et a été le premier diplômé de son village. C’était en 1944. Cet octogénaire, qui aspirait à devenir agriculteur, a vu le destin lui sourire lorsqu’il fut recruté dans la fonction publique comme secrétaire d’arrondissement en 1963. Aujourd’hui, il fait partie de ces fils de Mboyo ayant accepté de retourner dans leur village natal après la retraite et qui se battent pour le désenclavement de l’Île à Morphil.
Le vieux El Hadji Diagne est, sans nul doute, né sous une heureuse étoile. Son père n’avait jamais voulu qu’il aille à l’école. Mais le destin en décida autrement. A l’époque, en 1939, le chef de canton recrutait les enfants en âge d’aller à l’école. Le hasard ou la chance fit qu’il figurât dans le lot de la vingtaine de recrues devant se rendre à Ndioum. « Une fois sur place, j’ai retrouvé un instituteur du nom de Mamadou Lamine Ly, ami de mon défunt père. Il me disait que j’étais intelligent et que je pouvais réussir à l’école », se rappelle-t-il. Après le CE2, les bons élèves partaient à Podor pour faire le CM1 et le CM2. Dans sa promotion, il faisait partie des heureux élus. « J’avais comme directeur d’école feu Emile Badiane, ancien ministre. Tous les examinateurs venaient de Dakar ou de Saint-Louis et ils étaient tous des Français », précise-t-il. En 1944, El Hadji Diagne passe son certificat de fin d’études primaires avec succès et devint ainsi le premier certifié du village de Mboyo. Il se félicite aussi du fait que son fils soit le premier bachelier du village. C’est à l’issue de cette épreuve qu’on orientait les élèves soit à l’école Blanchot soit à Faidherbe ou même ailleurs. « J’étais quatrième sur la liste des admis pour l’école de l’agriculture de Louga. Je me suis dit puisqu’il s’agissait d’apprendre l’agriculture, je vais retourner chez moi pour cultiver les champs de mon père. L’inspecteur m’avait retenu pendant deux semaines et essayait de me convaincre. Son directeur de cabinet lui a finalement suggéré de me laisser retourner à Mboyo. A cet effet, ils m’ont fait une réquisition. A l’époque, je n’étais pas bien encadré, bien que l’inspecteur a tenté en vain de me retenir. J’ignorais que les ingénieurs agricoles étaient issus de cette école », regrette-t-il. Son père, dit-il, s’était étonné de son retour inattendu et imprévu. Il s’est tout de même rendu à l’évidence. « Mon père n’en revenait pas. Je repris le chemin des champs », poursuit-il. Mais en 1963, le destin allait encore pencher pour lui. Les notables de Koyly Wirdé flairant qu’il pouvait devenir un bon secrétaire d’arrondissement pour la sous-préfecture de Ndioum, avaient proposé sa candidature au chef d’arrondissement. Ce dernier avait, à son tour, donné son feu-vert, de même que le préfet de Podor. Ils avaient alors transmis le dossier de « l’ingénieur agricole raté » à la Fonction publique. Quelques 50 jours après le dépôt de mon dossier, il a été recruté. Ce poste, il l’a cumulé avec celui de secrétaire général de la section du Parti socialiste (Ps) à Ndioum. Du fait de la farouche adversité politique à l’époque des tendances A et B au sein de ce parti, M. Diagne fit le tour des quatre arrondissements à cause de ses positions.  « Comme je n’étais pas facilement manipulable, mes adversaires voulaient ma peau. D’ailleurs, des enquêteurs de la brigade mobile de sûreté (Bms) se sont déplacés de Saint-Louis jusqu’à Ndioum pour m’entendre, à l’époque où le débat sur le domaine national faisait rage », explique-t-il. En 1980, au moment de la réforme du Fleuve, ses adversaires politiques, selon lui, ne l’ont pas encore raté. « Ils sont allés dire à l’ancien ministre de l’Intérieur, Jean Colin, que si les élections me trouvaient dans la région, le parti ne les remporterait pas, et qu’il serait alors le seul responsable. Le ministre m’affecta illico presto à Koussanar par message qui disait de me mettre en route et que la note de service suivrait ». Et c’est le même Jean Colin qui le ramènera à Ndioum, après le départ de l’ancien président de la République, Léopold Sédar Senghor. Un an après, il est réaffecté à la préfecture de Dagana pour complément d’effectifs. M. Diagne sera encore affecté à l’arrondissement de Mbane, où il a pris sa retraite en 1987, bien que beaucoup d’habitants de Ndioum voulurent qu’il revienne à son premier poste. Aujourd’hui, El Hadji Diagne vit paisiblement sa retraite à Mboyo et se bat nuit et jour pour le désenclavement de l’Île à Morphil.
L’Île à Morphil veut sortir la tête de l’eau
Avec la construction des ponts de Ngouye et de Madina Ndiatbé, l’espoir était permis. Mais les efforts et les moyens mis en œuvre pour désenclaver les dizaines de villages se sont avérés insuffisants. Aujourd’hui, les populations continuent de souffrir du manque de routes secondaires qui devraient être les seules voies d’accès aux villages et hameaux de l’intérieur. Pis, avec les fortes pluies qui se sont abattues lors de cet hivernage, entrainant le débordement des eaux du fleuve, les bretelles, qui devaient relier certains villages au reste de l’Île à Morphil, n’ont pas tenu. Face à cet enclavement et à l’absence d’infrastructures, les populations ont répertorié de nombreux projets. Selon le vieux El Hadji Diagne, l’enclavement de l’Île à Morphil constitue un grand écueil pour son développement, malgré tout le potentiel qui s’y trouve. Les conséquences qui en découlent, sont nombreuses. Pour lui, tant que des pistes de production ne sont pas construites, notamment celles qui relient les différents villages de cette zone, le développement ne sera pas possible. Sur la liste des doléances, les populations n’oublient pas l’endiguement de la berge du fleuve, qui est devenu une urgence, mais aussi l’électrification de tous les villages et hameaux. Car, dans toute l’Île à Morphil, seuls les arrondissements de Saldé et Cas-Cas sont électrifiés. Les populations de Wassétacké, Barobé, Diaranguel Wallah, Abdallah, Thioubalel et beaucoup d’autres localités encore attendent leur tour avec impatience, pour enfin sortir des ténèbres.

•  Par Samba Omar FALL, Souleymane Diam SY, Amadou Diagne NIANG (textes) et Ndèye Séni SAMB (photos)

 

Le thème « Inondations et violences faites aux enfants » a réuni, hier, des enfants du centre Guindi de Front de terre autour d’un atelier d’arts plastiques. Les organisateurs espèrent que ce camp de vacances va redonner le sourire aux enfants victimes des inondations.
Le thème, brûlant d’actualité, « Inondations et violences faites aux enfants », a été bien choisi, à l’occasion d’un atelier d’arts plastiques au centre Guindi à Front de terre.
Il s’agit, en effet, d’un camp de vacances qui permet de donner des rudiments d’arts plastiques aux enfants, tout en leur laissant s’extérioriser sur l’actualité brûlante des inondations qui ont causé tant de traumatismes et de dégâts inquiétants. En visitant l’atelier, hier matin, nous avons trouvé l’artiste plasticien Kalidou Kassé en pleine animation. Son mode opératoire est de pousser les enfants à choisir des couleurs, effectuer les mélanges et ensuite, laisser exprimer leurs talents sur la feuille de papier. «Je vous ai demandé de bien exprimer vos idées », conseille l’artiste Kalidou Kassé.  Animé par ce dernier, il soutient que cette rencontre va offrir aux enfants le sourire et du divertissement, mais surtout, leur permettre d’extirper des affres de l’inondation. « Ces gosses portent beaucoup d’intérêt à ce camp. Le but recherché, c’est de les sensibiliser sur les problèmes des inondations et la maltraitance faite aux enfants », explique M. Kassé.
Ce camp de vacance, qui s’intéresse aux enfants âgés de 7 à  15 ans, est une occasion pour eux de laisser éclore leur talent de dessinateur et de coloriste. Kalidou Kassé a déjà détecté un petit talent parmi eux. Il s’appelle Ousmane Bâ.  « Je compte soutenir ce garçon. Je ressens un bonheur profond quand je découvre de tels cas »,  se réjouit Kalidou Kassé, toujours prompt à soutenir des œuvres sociales.
Le grand peintre sénégalais a d’ailleurs mis tout le matériel de peinture à la disposition des jeunes vacanciers.
La directrice du centre Guindi, Mme Sarata Diallo, précise que cet atelier entre dans le cadre des activités de vacances. Il s’agit de prendre en urgence les enfants en situation défavorisée. Le centre se présente comme un refuge, mais aussi comme un lieu où ils pourront s’exprimer.  Dans son programme d’activités, le centre Guindi a organisé des excursions, notamment au parc de Hann. « La prise en charge et la protection des enfants en situation difficile font partie de nos missions », précise Mme Diallo.
Germaine Gomis, âgée de 9 ans, est une élève en classe de  Ce2. Elle apprécie l’activité du camp de vacances et compte partager son expérience avec ses camarades restés au quartier. Un autre enfant, El Hadji Ndiaye, se trouve dans les mêmes dispositions. Il promet de sensibiliser ses parents afin qu’ils le laisse participer à cet atelier lorsqu’il sera à nouveau organisé.
Kalidou Kassé, en partenariat avec le centre Guindi, espère pérenniser ce genre d’activités.              

Serigne Mansour Sy CISSE

Un atelier de formation et de sensibilisation sur « Médias et Handicap » a eu lieu à Saint Louis, le 13 septembre dernier, sous l’égide de Handicap International, au profit de la presse locale. Il visait deux objectifs : partager les résultats de l’enquête sur « Médias et Handicap » et contribuer à une meilleure compréhension à travers le traitement de l’information sur les handicapés.

 Un atelier de formation et de sensibilisation sur « Médias et Handicap » a eu lieu à Saint-Louis, la semaine dernière. M. Faly Keita, le chef de ce projet « Médias et Handicap », venu de Dakar pour la circonstance, affirme qu’il ne sert à rien d’avoir des journalistes, même sortis des plus grandes écoles, si, de temps en temps, on ne pense pas à renforcer leurs capacités. M. Keita a souligné l’existence d’un deuxième programme de Handicap International, appelé Développement local inclusif, que sa structure détient en partenariat avec le Conseil régional de Saint-Louis, de Matam et de Tombouctou, au Mali, et qui prend en compte la dimension handicap dans les politiques locales.

« L’objet de l’atelier fait suite à une étude menée sur le traitement de l’information liée à l’handicap, son traitement à travers  une étude menée dans huit pays de l’Afrique de l’ouest, dont le Sénégal ».

Selon M. Keita, le lexique utilisé par les médias n’est pas toujours approprié. Il souligne avec force qu’il est loin de l’idée de critiquer les médias en Afrique pour l’utilisation de lexique idéal, mais qu’il n’est animé que par le souci de partager les concepts les mieux indiqués pour parler de la question de handicap selon les activités et selon les différents domaines.

Le processus de production du handicap qui permet au journaliste d’avoir en sa possession l’accessibilité de toutes les causes du handicap et tout ce qu’il devrait savoir en termes de traitement de son information, en termes de comportement de la personne handicapée. Il y a une façon de donner l’information sur des sujets handicapés, pour ne pas blesser leur moral déjà sujet à rude épreuve.             

Amadou Diagne NIANG

Le philosophe et homme de culture, Hamidou Dia, a été nommé par le Président Macky Sall, au titre de conseiller spécial pour la Culture et l'intégration africaine. Dans ses nouvelles fonctions Hamidou Dia devra, notamment s’engager dans la conception d’un nouveau discours sur l'unité africaine, a-t-on appris de bonne source.
Familier des milieux des arts et de la culture, ce philosophe- romancier-essayiste- chroniqueur- critique littéraire- réalisateur est à l’aise autant sur les plateaux de télévision que dans les auditoriums d’université.  Il a enseigné la philosophie en tant que professeur certifié (hors classe) pendant 36 longues années en France et au Canada.  
 Hamidou Dia est Docteur en littérature française (PH. D.) en soutenant le sujet «  Écriture poétique et littératures nationales : Langues, Nations et Identités »  à l’Université Laval Québec, Canada en 1995. (1er Prix d’Excellence pour la meilleure thèse de doctorat de l’Université Laval, Québec, 1994-1995).
Le nouveau conseiller spécial pour la culture et l’intégration africaine du président de la République est titulaire, entre autres diplômes, d’un DEA en « Sociologie de la Culture, de la Connaissance et des Idéologies » (Paris VII, Jussieu), 1980. Membre de plusieurs groupes de recherches sur la tradition orale et la philosophie africaine , vice président de l’association des écrivains du Sénégal, Hamidou Dia a été rédacteur dans plusieurs organes de presse et revues au Québec notamment et membre du comité de lecture de maison d’éditions telles que « Présence africaine », « La Table ronde », les « NEAS », « l’Harmattan » et « Silex ».  On lui doit la réalisation des films documentaires  « Ndiaga Mbaye : le maître de la parole », ( 52mn) ; « Aminata Sow Fall (écrivain) : la gardienne du temple des lettres africaines - situation de la littérature féminine sénégalaise » (52mn) et « Kalidou Kassé, le tisserand de la toile (52mn).
Un parcours qui fait de Hamidou Dia un grand intellectuel et  certainement un homme qui peut apporter beaucoup à la culture africaine en quête de renaissance et de lendemains éclairés.  

J. PIRES 

Le Grand Théâtre national  était, hier soir, sous la fascination de la Troupe artistique et culturelle de Shanghai. Arrivée à Dakar dans le cadre d’une tournée en Afrique, la célèbre troupe a offert un premier spectacle de toute beauté en partageant la scène avec Diam Bougoum de Kaolack. La troupe de Shangaï se reproduira au Grand Théâtre, ce mercredi à 19h pour un second spectacle  gratuit.

La soirée de spectacle de la célèbre troupe artistique et culturelle de Shanghai, hier soir, au Grand théâtre national, a été une très belle occasion  de vérifier la grande notoriété des artistes de la République populaire de Chine.

Le spectacle de ces artistes chinois, une trentaine  de  talentueux musiciens, chanteurs, acrobates, contorsionnistes, illusionnistes, est un mélange de faste et d’émerveillement au son de la musique moderne et traditionnelle. C’est un plaisir des yeux et des oreilles, un spectacle total où le sérieux compose avec  l’adresse, la jovialité, l’humour  et l’excellence.  Les numéros se succèdent en cascade.

Les prestations de l’orchestre moderne les « Magnolia de Shanghai » et la chanteuse et présentatrice Xiao Liu apportent du tonus à l’ensemble en jouant  avec leurs propres répertoires des succès et variétés mondiales  tels que « We are the world », « Waca waca » ou « Xalébi » d’un certain Youssou Ndour. Le public découvre la magie du mouvement d’ensemble des jeunes filles contorsionnistes dans leurs costumes scintillants de paillettes, les instruments traditionnels comme la flûte chinoise, le « erhu », sorte de violon  aux sons graves ou encore le « suona », une trompette  très particulière aux sons modulés qui marquent de leur présence particulière la musique chinoise, depuis les temps anciens.

Acrobaties et jonglerie
Acrobatie et jonglerie sont des moments bien appréciés par le public, notamment avec les jeunes filles aux diabolos, l’une des figures incontournables de ce très beau spectacle. Les artistes chinois viennent de conservatoires de musique et de diverses écoles artistiques de Shanghai.  

La réplique de la Troupe Diam Bougoum de Kaolack, conduite par le tambour major Omar Thiam, a apporté une note très sahélienne à grand renfort de percussion. La salle du Grand théâtre à moitié pleine, a connu une rapide élévation de température avec la batterie de percussions et  danses vigoureuses ponctuées de chants. Une trentaine d’artistes a essayé de célébrer la rencontre artistique avec la Chine, dans un spectacle intitulé « Manore » (l’entente).

La directrice du Grand Théâtre, Dr Youma Fall, en accueillant le public à l’entame du spectacle, a bien parlé de ce bonheur de partager le beau spectacle, tout en citant Ki Zerbo à propos d’un « échange culturel équitable ». Les jalons sont ainsi bien posés par cette belle manière de célébrer la coopération culturelle sino-sénégalaise. Le ministre de la Culture et du Tourisme, Youssou Ndour, qui assisté à ce spectacle de haute facture, en compagnie du nouvel ambassadeur de Chine, M. Xia Huang, et son épouse s’est réjoui de cet événement.

Au nom du président de la République et du gouvernement sénégalais, le ministre de la Culture et du Tourisme a vivement magnifié la coopération sino-sénégalaise « exemplaire à tous points de vue », en remerciant les autorités chinoises pour leur « disponibilité constante, gage de renforcement des relations entre nos deux pays ». Youssou Ndour, qui faisait une allocution  avant le début du spectacle,  a rappelé la construction du Grand Théâtre par «  nos amis chinois qui sont les bienvenus sur la terre sénégalaise, terre d’hospitalité et de téranga ». La coopération sino-sénégalaise, a rappelé le ministre, s’est   raffermie avec la signature, lors de la conférence des ministres de la Culture d’Afrique et de Chine à Pékin, en juin dernier, par un protocole d’exécution de l’accord de coopération culturelle pour les années 2012-2015.

Après le spectacle des artistes chinois à Dakar, une étape retour est annoncée par le ministre Youssou Ndour, avec la tournée culturelle et artistique du ballet national la Linguère, au mois d’octobre prochain, en Chine.

Jean PIRES

Un des quartiers de la ville de la capitale du rail, Thiès-Nones est un ancien village rattaché à la commune depuis 1978. Il est situé à l’entrée de la capitale du rail, sur la route de Dakar. Ce village a été l’un des premières racines de la ville de Thiès, avec comme premier point de chute le cœur de la brousse du Tanghor, aux environs de la grande piste de l’aviation, en allant vers Mont Rolland.

Dans le domicile du délégué de quartier, l’Imam Ratib de la grande mosquée, Lamine Ndiaye nous reçoit en compagnie de Mamadou Thiaré. Il  retrace l’histoire de la création de ce village devenu un quartier mythique à Thiès.

 Selon l’Imam Ndiaye : « les témoignages recueillis auprès des anciens nous ont indiqué que la végétation luxuriante et dense de l’époque faisait qu’il était difficile de se fixer des repères pour éviter de se perdre dans un nouveau site d’accueil ». Ainsi ajoute Imam Lamine Ndiaye : « ils ont remarqué un arbre de tronc blanc avec de petites feuilles dénommé Gneiss en sérère Nones et  Nouss par les Ouolofs. Et, face aux colons, les Nones ont eu à indiquer leur lieu d’habitation en montrant leur repère, le Gneiss ;  c’est la déformation de ce mot par les blancs qui a donné Thiès et le Nones renvoie à une variété de  sérère ».

Osmose entre catholiques et musulmans
Très exposés aux multiples accidents d’avions de l’armée qui tombaient souvent, le commandant de cercle leur proposa un autre site du côté de la voie ferrée reliant Dakar à Thiès, non loin du camp militaire. Mais, après avoir constaté qu’ils seraient confrontés à un problème d’accès à l’eau, les anciens déclinèrent l’offre et le commandant leur demanda d’explorer au-delà de cette zone. « En 1947, le village de Thiès-nones est venu se réinstaller sur le site actuel en 1947 et Abdourahmane Faye, un des petits fils de Kagne le téméraire, conduit les siens divisés en trois sous-groupes : l’espace des Faye, des Ndione et de Pallogne », ajoute-t-il.

A leur arrivée, à la hauteur de la Sapco en allant vers l’école polytechnique, des bambaras y exploitaient déjà des champs. Malgré tout, la cohabitation n’a pas été difficile parce qu’ils étaient tous des cultivateurs et des  éleveurs en même temps. Mieux, au sein de la communauté sérère None, les liens de parenté ont toujours primé sur l’appartenance religieuse. C’est pourquoi à Thiès-Nones, le dialogue Islamo-chrétien est une lapalissade, mieux, une osmose entre catholiques et musulmans est une réalité historique. D’ailleurs, l’Imam Lamine Ndiaye en est l’exemple type. Selon lui, le jour de la fête de Noël, la marmite ne boue jamais chez lui parce que ses parents et amis catholiques lui apportent à manger à foison à tel enseigne qu’il en garde même dans son frigo des jours après la fête. « Aussi, le jour de la Tabaski, outre le mouton que j’immole pour le sacrifice religieux, quatre autres moutons sont égorgés pour faire plaisir aux parents et amis de la communauté catholiques », témoigne-t-il.

Dans les années 1950 jusqu’aux premières années de notre indépendance, l’accès à l’eau potable était une difficulté majeure des populations de Thiès-Nones.  Alors, les femmes qui se levaient au petit matin, emportaient leur bassine et leur fagot de bois à vendre en ville et au retour, elles remplissaient leurs bassines d’eau qu’elles portaient sur leur tête pour revenir, à pied, à Thiès-Nones.

Au plan culturel, le village de Thiès-nones était bien loti. De grandes familles griottes assuraient les percussions et les chants traditionnels dans tous les domaines d’activités. Qu’il s’agisse de mariage, de baptême, de la circoncision entre autres, les chœurs étaient là au son du « Mbillim », la danse favorite des Nones où les notes de la basse occupent une place centrale dans la cadence ; un rythme endiablé à l’image de la vie mystique du sérère.

Un quartier bien aménagé
Aujourd’hui, Thiès-Nones est un grand quartier bien aménagé de la commune d’arrondissement de Thiès ouest. De grandes et belles bâtisses s’imposent à perte de vue, l’électricité est là de même que l’eau courante. Au plan sanitaire, le poste de santé doublé d’une maternité assure aux  populations les soins nécessaires. « La seule difficulté réside dans le fait que nous ne disposons pas d’ambulance et en cas d’évacuation, c’est la croix et la bannière  souvent pour trouver un véhicule », relève Imam Lamine Ndiaye. La scolarisation des enfants à l’élémentaire se passe bien avec une école de six classes, des effectifs aux normes pédagogiques standards, un environnement propice grâce à l’appui de partenaires dont l’un va incessamment intervenir pour la mise en place d’une cantine.

Selon l’Imam de la mosquée du quartier de Thiès none, le seul hic est le fait que leur collège d’enseignement moderne (Cem) est à l’état de ces premiers balbutiements  avec une seule classe de sixième. « Ainsi, nos enfants font des kilomètres pour se rendre aux Cem dont le plus proche est celui du quartier Diakhao à, au moins, plus de trois kilomètres ». Longtemps réservoir de main d’œuvre et d’ouvriers qualifiés, Thiès-None développe de plus en plus un faisceau de jeunes cadres issus de sa population qui devient de plus en plus cosmopolite.

Mythes et realités - Le baobab géant : porte bonheur des hommes politiques
Comme tout village sénégalais, l'arbre à palabre, un grand baobab trône sur la place du village de Thiès-Nones. En cette période avancée de l'hivernage, le feuillage est touffu. L'ombre agréable offre aux populations vivant juste à côté un endroit idéal pour se soustraire à la forte canicule qui sévit en cette fin d'hivernage.

Imam Lamine Ndiaye, sourire aux lèvres, indique que les anciens affirment que, sur cet arbre, vit un génie musulman, homme de paix très sociable. « C'est pourquoi, c'est un lieu de prière, de formulation de vœux surtout pour ceux qui aspirent à diriger », explique-t-il. Ce baobab ancestral est respecté de tous et qu'il est interdit de le tailler parce que son pensionnaire ne l'admettra pas. « Un berger téméraire l'a appris à ses dépens parce que lorsqu'il est monté pour couper, il ne pouvait plus redescendre », raconte-t-il. Mais, à part cela, toute personne  est autorisée à s'asseoir sous l'arbre et au besoin, y passer même la nuit sans être inquiétée.

•  Par Mbaye BA - Photos : Mbacké BA

Seydou Diéme, un ardent défenseur du plateau de Thiès
Agro-forestier de formation, Seydou Diémé, coordonnateur de l'Association pour le développement des technologies et la gestion de l’espace et des ressources des terroirs, figure parmi les plus grands défenseurs du plateau de Thiès, le Diobass en particulier, où il nous dit avoir commencé à travailler depuis 1980.

Dans le microcosme des Ong évoluant dans la défense de l’environnement à Thies, Seydou Diémé fait figure de doyen. Coordonnateur de l'association pour le développement des technologies et la gestion de l’espace et des ressources des terroirs (ADT/GERT), l’homme s’active depuis des décennies dans le plateau de Thiès qu’il considère comme un joyau de la nature. D’où un engagement  résolu à défendre cette zone naturelle de la région de Thiès. Entre Diémé comme on l’appelle affectueusement à Thiès et  le monde rural, c’est une histoire qui remonte à très longtemps.  « Après avoir longtemps travaillé dans la recherche, j’ai pris la décision de démultiplier tout ce que j’ai appris comme technique dans le monde rural tout en optant pour la gestion de l’espace. Avec comme seul objectif de faire en sortes que l’agriculture soit digne à travers la sédentarisation ».  Pour lui quand on a une exploitation, il ne faut pas cultiver pour cultiver. « Il faut le faire par des techniques d’association pour intensifier cette agriculture en y intégrant le capital agraire et végétal, c’est-à-dire les arbres et l’élevage. Une donnée sur laquelle il convient d’insister ».

Basé dans la capitale du rail, il intervient exclusivement dans le plateau den Thiès et ses recherches lui ont permis selon lui : « de savoir que le Diobass est un cours d’eau national. Il touche tous les cours d’eau importants du bassin arachidier, la zone sylvo pastorale, du Sine, du Saloum, du Ferlo, de tous les cours d’eaux qui arrosent la zone du triangle de Thiès-Louga-Diourbel ».

Par conséquent, souligne M. Diémé : « le cours d’eau du Diobass est très important. Mais, aujourd’hui, le constat que nous avons fait est que ce cours d’eau est entrain de tarir et mieux les autres cours d’eaux comme le Sine, le Ferlo ont aussi commencé à tarir. Mais, le bas Diobass a tari en dernier lieu, c’est-à-dire la zone comprise entre le plateau de Thiès, là où est né le cours d’eau et la zone de Fissel. Il faut souligner aussi qu’il y’a d’autres endroits comme Notto, Sanghé qui, ont tari après, à partir des années 1973 plus précisément mais c’est en 1990 qu’on a cessé de voir de l’eau dans la vallée du Diobass et les gens ont cru que la vallée était morte ».

Mais, le coordonnateur de l'association pour le développement des technologies et la gestion de l’espace et des ressources des terroirs (ADT/GERT) est convaincu : « qu’avec les techniques que la recherche nous a inculqué, nous avons fait des tests dans certaines zones de Diass et de Montrolland pour faire cesser le ravinement d’abord  et ensuite faire en sortes que l’eau qui va s’infiltrer dans le Diobass et le plateau de Thiès affleure par endroits, la vallée ».

Ainsi, un programme a été mis en place pour une synergie des actions des organisations intervenant dans le Plateau de Thiès. Il est piloté selon Seydou Diémé : « par des partenaires autrichiens et belges ce qui nous permettra de mieux communiquer, d’échanger les expériences et de se donner des conseils pour avancer dans le bon sens ».

D’ailleurs, souligne Seydou Diéme : « ceci a permis de constater que l’impact est net. Si vous allez dans une zone comme Mbédane (CR de Fissel) en suivant le cours d’eau, vous verrez que la vallée est entrain de renaître, fruit de l’infiltration que nous avons provoqué au niveau de la zone du Diobass. Vous allez vous rendre compte de la régénération des plantes Typha, les gens font de la pisciculture à leur façon, cultivent le riz et font de la bananeraie et du maraichage. Vivement donc que cette synergie puisse continuer au grand bonheur des populations  de la vallée du Diobass ».

M. SAGNE

Après trois jours de débat autour de la prise en charge des problèmes du cinéma, les producteurs, cinéastes, distributeurs et autres professionnels ont mis en place un comité ad hoc de huit membres. L’objectif est de mutualiser les efforts pour développer le secteur.
Une rencontre avec la presse à l’Ecole nationale de formation en économie familiale et sociale (Enfefs) a clôturé la rencontre des professionnels du cinéma sénégalais et leurs partenaires sur le sujet de la relance du 7e art sénégalais.
Lors des échanges, Khalilou Ndiaye, secrétaire général de l’Union nationale des exploitants de cinéma du Sénégal (Unecs), Modibo Diawara, réalisateur-formateur, et Ben Diogaye Béye sont revenus sur le plan d’actions à mener, tout en saluant cette dynamique unitaire.
Il est question d’initier des solutions urgentes qui tournent autour de la création d’un centre national de la cinématographie. Celui-ci devra prendre à bras le corps les problèmes du cinéma.  « Nous devons demander à l’Etat de nous associer à la définition des objectifs, des contenus, de l’évaluation et de la quantification des besoins pour la mise en place de ce centre de la cinématographie », avance   Khalilou Ndiaye.
Une autre question qui tient à cœur les acteurs du septième art est celle relative à la mise en œuvre effective de la loi de 2002, déjà votée par l’Assemblée nationale, afin d’assurer aux professionnels du cinéma un cadre législatif et réglementaire. Elle met en œuvre l’organisation des activités de production, d’exploitation et de  promotion cinématographique et audiovisuelle.
Pour le réalisateur Ben Diogaye Béye, le cinéma sénégalais traverse des écueils, mais s’empresse-t-il de rajouter : « C’est une crise générale du septième art africain ». La rencontre a permis aussi de pointer du doigt la question de la recherche de ressources. C’est pourquoi, pensent les acteurs, il faut un plaidoyer pour l’alimentation du fonds d’appui au cinéma et pour un ajustement de la fiscalité en vue de la relance du secteur. Il faudra au préalable, évoquent-ils,  un audit sur tous les fonds et le matériel alloués au cinéma depuis 2000. De plus en plus, les films venus de l’extérieur inondent le marché sénégalais. Un fait qui semble être bien pris en compte par les acteurs, car, à leur avis, des solutions concrètes ont été proposées dans ce sens.  « Il n’est plus question de faire des propositions qui seront gardées au frais », a lancé M. Ndiaye. Fini donc le temps de l’inaction. Dans quelques mois, le comité ad hoc, institué et composé de 8 membres de  toutes les composantes du cinéma, va rendre compte de l’état des travaux.La question de la formation est revenue lors des échanges avec la nécessité, souligné par Modibo Diawara, d’avoir des ressources humaines de qualité afin d’avoir des productions à la hauteur des attentes.            

Amadou Maguette NDAW

L’artiste plasticien sénégalais Abdoulaye Ndoye participe à la 17ème édition du Salon international du livre d’Alger (SILA) où il présente ses manuscrits et idéogrammes réalisés dans une approche très contemporaine, pour sensibiliser, à la lumière de la destruction de mausolées à Tombouctou, sur l’importance de préserver le patrimoine.

A travers une exposition intitulée ‘’Les lettres d’Afrique’’, montée au stand ‘’Esprit Panaf’’, Ndoye saisit l’occasion de ses rencontres et échanges avec le public algérois pour « faire parvenir » son travail « au peuple ».

« J’ai beaucoup plus l’habitude des grandes expositions, des musées, des grandes galeries. Cette fois, je me suis dit qu’il faut que je descende plus bas, vers le peuple, à cause de ce qui se passe à Tombouctou et Gao, avec la destruction des monuments », a-t-il indiqué à l’envoyé spécial de l’APS.

« Je sais en âme et conscience que ce sont des lieux où il y a beaucoup de monuments, de documents anciens », a-t-il ajouté, précisant que c’est « une occasion de pousser le public à une prise de conscience, un sursaut par rapport à notre patrimoine culturel ».

Abdoulaye Ndoye a présenté des livres qui ont été traités d’une manière assez spéciale, avec du henné, jusqu’à obtenir un esprit des manuscrits anciens, au point que la plupart des visiteurs lui demandent si ses manuscrits datent de plusieurs siècles, alors qu’ils sont totalement récents.

Dans son travail d’interrogation de la matière, l’artiste sénégalais tente de renvoyer au public la sensation que ses œuvres sont de vieux documents, le but étant de conscientiser par rapport à des événements qui se déroulent en Afrique.

En réalité, les écritures n’ont pas de signification particulière. Elles se lisent par le sens, par le sentiment. « C’est un tremblement, un ressenti, une atmosphère. De là ça devient universel. Chacun va le lire par rapport à son background : texte coranique, hébreux, égyptien, asiatique, inca, etc. », dit-il.

Ce questionnement sur le patrimoine et l’identité a débuté en 2000, époque où il n’y avait pas ce que l’on constate aujourd’hui à Tombouctou et Gao, deux villes du Mali contrôlées par des mouvements islamistes.

« Pour moi il était urgent, il est toujours urgent de préserver notre identité, notre patrimoine. J’utilise le henné pour vieillir les choses et dire aux Africains en général qu’on doit revenir à nos moyens », explique Abdoulaye Ndoye.

Chercheur et professeur d'art plastique, Ndoye vit et travaille à Dakar. Nombre de ses œuvres sont exposées dans des galeries aux Etats-Unis.

Source: APS

La 17ème édition du Salon international du livre d’Alger (SILA, 20-29 septembre) consacre, sous l’intitulé ‘’Esprit Panaf’’, une large fenêtre aux littératures du continent dont les territoires esthétiques et créatifs seront explorés.

Editeurs, journalistes, critiques, chercheurs, écrivains se retrouvent tous les jours, depuis l’ouverture de la manifestation jeudi, pour échanger avec les lecteurs, animer des table-rondes axés notamment sur la diffusion du livre, la place des femmes, indique le programme.

Implanté au pavillon central du Palais des expositions, non loin du Commissariat du salon, le stand ‘’Esprit Panaf’’ accueillera une partie des activités inscrites dans le cadre du cinquantenaire de l’Indépendance de l’Algérie (1962).

Samedi après-midi, la romancière camerounaise Marie Julie Nguesté, a parlé de ses deux derniers livres, ‘’Le ciel des amours captifs’’ et ‘’Sans El les Dieux ne voleraient pas’’, se penchant aussi sur l’image de la femme dans la littérature francophone au Cameroun, sujet de ses recherches pour le doctorat.

Le romancier et poète malien, Ousmane Diarra, viendra évoquer « la contribution des artistes et intellectuels à la conquête des indépendances ». Diarra est l’auteur de ‘’Pagne de femme’’ et ‘’Vieux lézard’’.

Jean-Claude Naba discutera de la problématique de l’édition dans son pays, le Burkina Faso. Il évoquera aussi le concept de «l’oraliture», à mi-chemin entre l’oralité et l’écriture.

Une table-ronde sur la philosophie et la communication en Afrique, un forum sur ‘’les techniques d’analyse et de décryptage d’une œuvre littéraire’’ sont aussi au programme du stand ‘’Esprit Panaf’’, un espace qui existe au SILA depuis 2009, année au cours de laquelle s’est tenu le deuxième Festival culturel panafricain à Alger.

« C’est un jeune espace qu’on est en train de faire grandir. Depuis 2009, Madame le ministre de la Culture, Khalida Toumi, a réservé une place à la littérature africaine », a expliqué Narimane Zhor Saâdouni, artiste, critique d’art et productrice d’émissions à la chaîne III de la Radio nationale algérienne.

Elle a ajouté : « Le débat s’inscrit dans une certaine continuité. On va du conte dans les langues nationales africaines jusqu’aux grands recueils politiques accessibles au grand public ».

Source: APS


AVERTISSEMENT

La SSPP « Le Soleil » met en garde et interdit formellement aux responsables et gestionnaires de sites d’informations, établis au Sénégal ou ailleurs, de poster les articles publiés sur le portail Internet du « Soleil », à l’adresse www.lesoleil.sn. La SSPP « Le Soleil » ne tolérera aucune entorse à cette interdiction. Seule est permise la publication de liens directs pour rediriger l’internaute vers l’adresse www.lesoleil.sn

PARTENARIATS

Les gestionnaires de sites qui le souhaitent peuvent adresser une demande de partenariat avec la SSPP « Le Soleil » qui en définira les modalités et fixera les conditions d’utilisation des articles, photos, logos de son portail Internet. En cas de manquements, la SSPP « Le Soleil » se réserve le droit d’engager immédiatement des poursuites judiciaires envers les contrevenants, pour violation du respect des droits d’auteurs.