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Arts et Culture (2442)

Goudomp dispose d’une richesse culturelle exceptionnelle mais qui demeure jusque-là inexploitée. C’est dans cette perspective que de bonnes volontés, issues du département et particulièrement de la commune de Goudomp, comptent organiser les 72 heures culturelles de la ville, au mois de décembre 2012. Lors de cet événement, de nombreuses facettes de la culture du Balantacounda seront montrées au grand public.

« Goudomp est un creuset culturel et nous voulons le faire revivre. La culture du terroir sera au rendez-vous avec le Kolomba, puits mystique, et l’île aux oiseaux », a déclaré Siaka Jong Diédhiou, l’un des initiateurs qui est le proviseur du lycée de Diattacounda. Aujourd’hui, a-t-il déploré, « la culture est en train d’être délaissée. Il y a de grands artistes qui ont disparu sans bruit ; un vide s’est installé. Il est difficile d’entendre un son de balafon maintenant. La musique moderne domine toutes les festivités qui sont organisées ». En 1984, a rappelé M. Diédhiou, les vacances culturelles de Goudomp avaient été organisées pendant une quinzaine de jours, avec toutes les activités culturelles et sportives. La conviction de M. Diédhiou est que maintenant même la cérémonie de la circoncision est en train d’être dévalorisée. « Ce sont les Diolas qui la conservent encore, même si la durée observée autrefois était réduite », avance Diédhiou.

A l’issue des 72 heures de Goudomp, les organisateurs comptent sortir un document qui parlera de l’historique de Goudomp. Selon Diédhiou, « c’est dans l’esprit des hommes qu’il faut encore semer l’amour, l’amitié et la fraternité. La culture est capable de faire atteindre ce but. Il faudra insister afin que les gens comprennent cela ».

S. Diam SY

Le directeur général du Bureau sénégalais du droit d’auteur (BSDA), Mounirou Sy a annoncé, mercredi à Kaolack (centre), la mise sur pied de délégations régionales, pour une meilleure prise en charge des besoins des créateurs.

Au cours d’une rencontre d’échanges avec les artistes de Kaolack, M. Sy a indiqué que sa structure « va se déployer dans les régions à travers une décentralisation organique d’abord et financière ensuite ».

« Il s’agit là de nous approcher davantage des créateurs afin de les faire adhérer au BSDA et de mieux prendre en charge leurs problèmes là où ils évoluent », a soutenu M. Sy qui a ajouté que cela aidera à « élargir l’assiette et à massifier l’institution ».

« Nous allons également échanger avec les patrons de médias audiovisuels sur la nécessité de respecter la loi qui les invite à remettre annuellement 4,5% de leurs budgets de fonctionnement au bureau du droit d’auteur », a indiqué M. Sy.

« Les radios et télévisions payent en deçà des sommes dues au BSDA et nous allons essayer d’y mettre fin afin que les auteurs puissent vivre de leur art », a relevé le directeur général du BSDA.

M. Sy qui a dit la disponibilité de sa structure à faciliter l’organisation de sessions de formation en tous genres demandées par les artistes a annoncé la décision de son ministre de tutelle de redynamiser l’orchestre national qui va accueillir 5 musiciens par région.

Il a également annoncé la construction de salles de spectacles dans 6 régions à choisir et des salles Hip Hop dans chaque capitale régionale.

Les porte-parole des acteurs culturels Bassirou Bèye (musique), Asse Seck (chanteur), Ndiogou Sow (rappeur), Abdou Karim Sadji (théâtre), Fama Niang, etc. ont tous salué la venue du directeur général du BSDA pour s’enquérir de leurs problèmes généralement liés à une méconnaissance des textes et lois de la structure, les voies et moyens d’y adhérer.

Ils ont, en outre, déploré l’inexistence de salles de spectacle, demandé la réhabilitation du centre culturel régional avant tout baptême au nom de Thierno Ndiaye Doss mais aussi la création d’un ensemble instrumental régional à Kaolack.

Source: APS

La Ville de Dakar soutient la culture. Elle a décidé de mettre à la disposition de la communauté culturelle et artistique un fonds annuel de 150.000.000 FCfa destiné à soutenir des initiatives privées. L’information a été révélée, hier, par son service de communication. Pour l’année 2012, l’allocation du Fonds d’appui aux initiatives culturelles privées de la Ville de Dakar se fera en une seule et unique phase d’attribution. Le montant maximum d’une subvention est de 5.000.000 FCfa. La présente session, qui couvre la période du 15 Août au 17 Septembre 2012, concerne toutes les disciplines artistiques.

Les critères de sélection privilégient les programmes ou projets présentant des spécificités qui partagent une solidarité de vision et d’actions avec la politique culturelle de la Ville de Dakar. Cette vision est énoncée dans son Plan quinquennal (2009-2014). Sont également éligibles les démarches communautaires ou associatives, telles que les regroupements de créateurs autour d’un programme ou d’un projet commun. Entre autres critères, une attention particulière est portée aux questions urbaines et particulièrement aux enjeux du développement de la Ville de Dakar. Il est souhaitable que soit développée une attractivité du projet pour d’autres partenaires, techniques ou financiers.

Pour soumettre un dossier de demande, le postulant doit remplir le formulaire disponible sur le site www.villededakar.org ou dans un centre socioculturel de sa localité. Il doit y joindre une présentation détaillée du programme ou du projet. Les dossiers seront reçus en version papier et électronique à la Direction de la culture et du tourisme de la Ville de Dakar/Building communal, rue 22 prolongée, 6ème étage, Dakar, ou au centre socioculturel situé dans la commune d’exécution du projet. La date limite de dépôt pour l’unique session 2012 est le lundi 17 Septembre 2012, à 17 heures.

E. M. FAYE

L’information avait été publiée avec un grand décalage, au mois de juillet dernier. Mais le grand sculpteur sénégalais, Ousmane Sow, a été élu, à l’unanimité, depuis le 11 avril, à l’Académie des beaux-arts de l’Institut de France, dans la section des membres associés étrangers.   L’événement n’est pas anodin, loin de là, Ousmane Sow est le premier Africain à intégrer cette Académie.?Nouvel immortel, il sera accueilli sous la coupole, l’année prochaine, mais il peut déjà siéger dans ce haut lieu. A 77 ans, il est l’un des plus grands sculpteurs contemporains dont les œuvres se retrouvent dans les grandes collections du monde. Nous l’avons retrouvé dans sa villa à Yoff.

 C’était une belle surprise pour vous d’apprendre que vous êtes élu à l’Académie des arts de Paris ?

«C’est très simple, je n’ai pas de plan de carrière, ni de plan de marche. Si bien que l’académie, c’est quelque chose qui est arrivé, mais je n’avais aucune visée particulière sur cette académie. C’est bien sûr un grand honneur, mais il faut relativiser les choses. Moi, je ne peux pas m’exalter pour des honneurs comme cela. Je n’en cherche pas, mais quand ça tombe, ça fait plaisir. Je ne boude pas mon plaisir».

 Vous devez être installé à l’Académie. Comment cela va-t-il se passer?

«Il y aura une cérémonie, d’abord en accord avec le cabinet du secrétaire perpétuel. Je ne voulais pas que les choses se passent à la va-vite, donc nous avons convenu l’année prochaine, en automne. La date sera précisée avant. Nous devons tenir une petite réunion où il faudra que je connaisse mes collègues et que l’on me présente le secrétaire perpétuel.

Il faudra à cette occasion que l’on confectionne l’épée et l’habit. L’Académie est divisée en cinq sections : l’Académie française, la plus ancienne et créée en 1635 ; l’Académie des beaux-arts qui date de 1801 ; l’Académie des sciences morales et politiques qui est récente ; l’Académie des sciences ; et l’Académie des belles lettres qui sont toutes d’égale valeur. La seule différence est qu’il faut solliciter son entrée à l’Académie française, alors qu’à l’Académie des beaux-arts, c’est quelqu’un qui vous propose. En ce qui me concerne, c’est l’écrivain et ambassadeur Jean Christophe Ruffin qui m’a proposé. Un dossier sur votre parcours est présenté et les membres de l’Académie doivent voter pour accepter votre admission ou pas. Il y a eu le vote des académiciens et un décret est signé. Et pour nous qui sommes des étrangers, cela passe par le ministère des affaires étrangères alors que pour les Français, ce décret passe par la présidence de la République».  

 Quelles seront les implications de votre statut d’académicien, d’immortel, dans votre travail ?

«Je ne pense pas que cela change des choses. C’est une consécration il est vrai. Moi, je n’appréhendais pas la dimension de l’événement. J’ai reçu des félicitations d’un peu partout et je vois des personnes qui me sollicitent en tant qu’académicien pour intervenir pour des soutiens. Il faut savoir, en effet, que l’Académie fait des donations. Elle offre également des bourses pour les jeunes artistes. L’académie des beaux-arts touche diverses disciplines, notamment la musique, la céramique, la photographie, la sculpture, l’architecture et la peinture. Il y a une section réservée au cinéma. Des membres libres sont aussi cooptés pour ce qu’ils ont fait dans la culture. Enfin, il y a les membres correspondants».    

 Au vu de votre parcours et de vos amitiés, entre autres, peut-on dire qu’il y a une histoire d’amour entre Ousmane Sow et la France ?

«Je dirai oui. Je ne m’en cache pas puisque je suis parti en France à la sortie de mon adolescence, en 1957. J’avais 22 ans. Mais cet amour ne m’aveugle pas. Je sais que les Français sont comme tout le monde, avec leurs tares et leurs grandeurs. C’est pour cela que j’aime la France. Cependant, j’aime plus mon pays, raison pour laquelle j’ai conservé ma nationalité sénégalaise et rien qu’elle.

J’étais parti en France et j’étais Français, parce que c’était avant l’indépendance. J’ai ébauché une incorporation militaire que je n’ai pas faite totalement. En plus, je me suis marié en France. J’ai des enfants franco-sénégalais. J’ai vécu trente ans en France, avec des mauvais moments et d’autres extraordinaires. J’ai connu des bassesses mais heureusement, j’ai noué des amitiés extraordinaires, et jusqu’à présent. Comme je dis, nous oublions les mauvais souvenirs. Maintenant, je n’ai que des amis qui meublent ma pensée. Et voilà, j’avais toutes les possibilités et jusqu’à présent d’ailleurs, d’être Français, mais j’aime mon pays».  

Parlons un peu de votre art. Peut-on dire que le métier de kinésithérapeute, et le travail avec les mains, a influencé votre technique de sculpture ?

«Ce que je peux dire c’est que savoir utiliser mes mains m’a beaucoup aidé. Mais l’autre apport, c’est aussi la connaissance de l’anatomie de l’homme. Ce n’est pas nécessaire pour certains, mais moi, cela m’a libéré. Si on n’apprend pas bien l’anatomie du corps humain, on exclut d’emblée les tares qu’il (le corps) peut avoir, les infirmités et tout. Dans ma sculpture, j’incorpore tout».

Votre sculpture c’est surtout l’homme…On parle beaucoup de votre technique, de la matière que vous utilisez, dont la composition est gardée secrète. Aujourd’hui, n’êtes- vous pas tenté par d’autres matériaux ?

«C’est vrai que la kinésithérapie m’a beaucoup aidé, mais j’ai commencé à faire la sculpture tout jeune, à l’école, au cours préparatoire. Pour les matériaux, je n’ai jamais été tenté de changer cette mixture que je prépare moi-même et qui me permet de façonner mes sculptures. Je m’exprime totalement avec ce produit.

Je suis conscient que si je tentais d’utiliser un autre matériau, comme le bois, le plâtre ou même la pierre, il manquerait quelque chose à ma sculpture. Je ne pourrai pas m’exprimer avec autant de liberté et aussi profondément. C’est une matière qui surprend beaucoup de personnes. Elle permet, en effet, de donner des expressions très réalistes, qui ont fait votre réputation».

 On vous a comparé à Rodin, mais vous préférez surtout vous référer à votre propre travail ?  

«Mais oui, bien sûr. Rodin est Rodin, moi je suis ce que je suis, modestement. Cette comparaison m’a toujours un peu agacé parce qu’elle n’a pas lieu d’être».

 Ne souhaitez-vous pas avoir un atelier avec des apprentis, des élèves, qui apprennent votre technique ?

«Il y a des gens qui viennent dans ma maison à Yoff, là où je travaille, mais ce n’est pas pour que je leur apprenne la technique. D’abord, il faudrait libérer ce matériau pour que les gens puissent l’utiliser. Ensuite, je n’ai pas appris à sculpter. Vous me diriez que ce n’est pas une raison, mais il faudrait que j’aie une certaine pédagogie pour apprendre à quelqu’un ce que je sais. Ceci dit, ceux qui voudraient me voir pour des conseils, je leur en donnerai. Ce n’est pas un problème».

 Ousmane Sow est apparu comme sculpteur avec les lutteurs Noubas, en 1987. Puis nous l’avons vu réaliser les Masaïs, les Zoulous, les Peuls. Y avait-il une volonté de faire connaître l’Afrique dans cette série de personnages africains ?  

«Au départ non. C’était surtout une protestation. J’avais lu des textes sur les lutteurs Noubas dans un des livres de Leni Riefenstahl, qui était connu comme une réalisatrice attitrée du nazisme. Je m’étais aperçu, en lisant ce livre, que les Noubas étaient une peuplade en voie de disparition. Je me suis dit modestement que je vais essayer de faire une sculpture parlant de cette peuplade, sans savoir quel accueil lui sera réservé.

C’était plutôt une forme de protestation. De même pour les Massaïs qui ont une culture extraordinaire et qui, aujourd’hui, vont s’enivrer à Nairobi, perdant ainsi leur culture et leurs traditions. Disons que les deux séries étaient des protestations.

Mais cela m’a inspiré par la suite. Par exemple, avec les Zoulous qui étaient la fierté de l’Afrique, Chaka est une fierté pour l’Afrique. Les Peuls, c’est mon ethnie, mais ce n’est pas que pour cela. J’ai voulu montrer quelque chose d’assez « soft », parce que je n’avais pas montré la bataille, des gens en lutte. Avec les Peuls, j’ai montré une scène circonscrite à une famille, dans son habitat traditionnel.

Avec les Indiens (ndlr. Ils sont dans la fresque « La bataille de Little Big Horn », un ensemble de 23 personnages et 8 chevaux exposé sur le Pont des Arts, à Paris, qui a attiré trois millions de visiteurs en 1999), ils nous ressemblent avec leurs coutumes et leurs croyances. J’ai voulu montrer la seule occasion où ils ont combattu la puissance qui les oppressait et où ils ont été victorieux. C’était à la bataille de Little Big Horn.

C’est quelque chose qui me tenait à cœur. C’était un projet majeur, en montrant qu’il ne suffit pas d’être sûr de sa victoire pour entreprendre. On m’avait d’ailleurs reproché de ne pas continuer à sculpter des Africains».

 Certains disent qu’Ousmane Sow se préoccupe surtout d’exposer en Europe. Par ailleurs, on se pose aussi des questions sur vos rapports avec les artistes africains. Vous faites figure d’ancien, comment sont ces relations ?

«Je regrette, mais je me fais fort, chaque fois que je termine une série, de l’exposer d’abord à Dakar. J’ai exposé à la Galerie nationale, au Centre culturel français, sur la Corniche et devant l’Assemblée nationale, parmi d’autres places.

En ce qui concerne mes rapports avec les artistes, ils sont bons. J’ai là une sculpture et une peinture du sculpteur Ndary Lô. Je connais pas mal d’artistes, je les considère comme mes fils. Je n’ai jamais fermé ma porte. Ils sont nombreux ceux qui se prétendent artistes, notamment des tire-au-flanc qui s’y adonnent parce qu’ils n’ont rien d’autres à faire. Mais je n’ai jamais fermé ma porte à des gens qui se donnent la peine de travailler. Ceux comme Ndary Lô, ces jeunes-là m’intéressent parce qu’ils en veulent. J’ai des relations avec les anciens comme Soulèye Keïta, Viyé Diba et d’autres. Il faut voir aussi quels rapports ont-ils avec ceux dont on parle. J’ai eu des réactions qui m’ont fait sourire. Un journaliste m’a dit qu’il a entendu que je fais payer mes interviews. Je lui ai dit que je ne fais pas payer mes interviews, mais également que je ne donne pas ce qu’on appelle le « passe » (ndlr prix du billet) pour le retour».

 Vous avez eu une déception au sujet du monument de la Renaissance.

« Je ne veux pas y revenir. Une certaine opinion a décrié cette sculpture qui n’en est pas. Ce n’est pas une chose qu’on devrait montrer aux enfants. Il n’y pas de création, ni d’intuition. La symbolique est ratée.

L’idée de la Renaissance est mal traduite. Quand quelque chose est laid, on n’a pas d’opinion là-dessus. Des fois, des gens en parlent mais je « zappe ». Ce n’est pas ma tasse de thé. Cette œuvre monumentale, si elle avait été faite par un Africain, je n’aurais rien à dire. Je n’ai rien contre les Nord coréens, mais ils ont leur style, leur culture, donc ils ne peuvent faire que ce qu’on leur demande de faire».

 Que pensez-vous des sculptures sur les places dakaroises ? Cela vous inspire-t-il de mettre des œuvres sur des places de Dakar ?

«Il n’y a pas assez d’œuvres sur les places de Dakar. Il y en a une devant l’Assemblée. A la place de la gare, il y a la statue de « Demba et Dupont », que j’aime bien. Elle date de ma jeunesse, mais ce que j’aime surtout dans cette statue, c’est le Français qui met son bras sur l’épaule de l’Africain. Ce signe de fraternité, c’est du bon travail. Je ne sais pas pourquoi cette statue avait été enlevée. Je ne suis pas toujours d’accord avec Wade sur l’art, mais là, il a eu raison de remettre en valeur cette œuvre. On peut noter aussi la statue du guerrier qui se trouve à la primature et que j’aime bien, comme toutes les sculptures réalisées par Makhone Diop.

Bien sûr, il y a beaucoup de places où j’aurais aimé mettre une de mes œuvres. Mais je ne pas le seul sculpteur, beaucoup de jeunes artistes sénégalais aimeraient aussi mettre leurs œuvres sur les places».  

 Où en êtes-vous avec votre nouvelle série de sculptures, celle des «Grands hommes » ? Votre projet de musée tient-il toujours ?

«Avec la sculpture de mon père, il y a Nelson Mandela, Martin Luther King, Mohamed Ali, Mahama Gandhi et Rosa Park. Il faudra inclure Aline Sitoé Diatta, c’est un projet. Je vais en faire le maximum. Le projet de musée personnel avance bien. Je suis en train de construire. Ce musée sera érigé dans la commune de Dalifort, vers la cité Elizabeth Diouf. J’organise mon temps pour terminer cela en même temps que je prépare mon entrée à l’Académie des beaux-arts. Dès qu’il sera prêt, je l’ouvrirai sans attendre. Je voudrais y mettre toutes les œuvres que j’ai, mais je réserverai un espace pour pouvoir accueillir, à l’occasion, d’autres expositions».

Entretien réalisé par Jean PIRES

Loin des tumultes de la capitale, Toubacouta développe tranquillement son potentiel touristique grâce aux ressources naturelles du Delta du Saloum. Le futur complexe culturel et touristique en chantier viendra bientôt en appoint aux activités de développement menées par les populations.

Dans un cadre exceptionnel, au bord d’un magnifique bras de mer planté de palétuviers, protégé par le calme de la nature intacte…, à Toubacouta et Sokone, dans le Delta du Saloum, les hôtels et campements rivalisent par les annonces pour capter la vague de touristes en quête de dépaysement. Ici, entre pêche en ligne, chasse, promenade et villégiature proposées par les clubs de vacances, le catalogue de choix est large pour les visiteurs et étrangers.

Pour convaincre les clients, les hôteliers mettent en valeur la faune et la flore du Delta du Saloum : les mangroves au feuillage dense, les parcs naturels, les réserves d’animaux et d’oiseaux et les forêts classées. Mais également l’architecture traditionnelle, les jardins communautaires des femmes et l’ambiance des marchés hebdomadaires sont mis en valeur pour vendre la destination du terroir. Désormais, à Toubacouta, le futur complexe culturel en chantier sur la place publique du village viendra participer à cette bonne marche du secteur touristique dans la localité.

En construction depuis sept mois, l’infrastructure comprend un Ecomusée, un Espace artisanal de 30 cantines, une Maison des femmes, un Centre d’orientation touristique, une belle Salle des fêtes de 250 m2, etc.

« Ce complexe culturel et économique permettra l’épanouissement des activités des groupements d’artisans, des associations culturelles, des transformateurs de fruits et légumes, des femmes s’activant dans la pêche, etc. », s’est exclamé Mamadou Dieng, responsable du Cadre de concertation Artisanat, Tourisme et Culture dans le Projet Mdg, « Promouvoir les initiatives et les industries culturelles au Sénégal ».

Dans la foulée de l’inscription du Delta du Saloum sur la liste du patrimoine culturel de l’Unesco, en juin 2011, l’érection d’un tel complexe à Toubacouta a concentré toutes les attentions dans le terroir.

 Lutte contre la pauvreté

Formés dans la gestion de projets, la préservation de la nature et la restauration, les artistes, les femmes, les artisans, les éco-gardes et éco-guides de la zone, une fois l’infrastructure touristique livrée, en septembre prochain, pourront pleinement mener leur lutte contre la pauvreté et participer à la pérennisation de cette inscription du Delta du Saloum sur la liste du patrimoine culturel. Déjà, une société-coopérative de cautionnement mutuel, mise en place dans le cadre du projet, s’est constituée comme relai entre les petits producteurs et la Caisse nationale du crédit agricole. Selon Abdou Dahim Bâ, le président du conseil d’administration de cette société-coopérative de cautionnement, un apport entre un à vingt millions de francs Cfa est accordé aux groupements ou aux individus de la communauté rurale de Toubacouta qui en formulent la demande. Cela, en présentant un projet de lutte contre la pauvreté pertinent et bancable. Ainsi, l’artisanat, de même que l’activité de transformation des fruits et légumes, le tourisme et les projets culturels trouvent, en la société-coopérative, un soutien considérable. Et ces populations attendent, avec impatience, l’achèvement du complexe touristique de Toubacouta pour passer à une vitesse supérieure dans leurs activités de développement.

« Toutes les responsabilités seront prises pour la gestion de ces infrastructures. C’est un bijou du genre unique dans la région de Fatick et ce sont nos familles, nos populations qui vont en bénéficier… », apprécie Pape Seydou Dianko, le président du Conseil rural de Toubacouta. « La seule doléance, formulée dorénavant par les habitants, c’est le bitumage de la route entre Sokone et Keur Waly Ndiaye », a-t-il ajouté. Mardi, lors de la visite du ministre de la Culture et du Tourisme, Youssou Ndour, le président du syndicat d’initiative pour le tourisme de la région de Fatick, Issa Barro, a également déploré l’insuffisance et la rareté de la subvention qui leur est accordée par le département de tutelle. Selon Barro, les 80 établissements touristiques de la région de Fatick, avec leur capacité de 3.000 lits, n’exploitent même pas 30% de leur potentiel. « Nous voulons assurer le développement durable. Le nombre de touristes de la région de Fatick peut augmenter davantage si nous avons de meilleures routes », a plaidé Issa Barro. Il soutient que le secteur touristique est le premier employeur de la région de Fatick.

 Valoriser le patrimoine culturel

Sous le charme de la belle vue offerte par le Delta du Saloum depuis le ponton d’un campement, le ministre de la Culture et du Tourisme a promis d’y revenir pour mieux visiter le terroir et ses nombreuses îles. Youssou Ndour a alors exhorté les populations de Toubacouta à pérenniser cette inscription du Delta du Saloum comme patrimoine culturel mondial et de la montrer davantage au reste du monde. Faire la promotion de nos sites, lieux touristiques et culturels, dit le ministre, est un devoir de tous. En donnant rendez-vous aux populations de Toubacouta pour l’inauguration de leur complexe culturel et touristique, Youssou Ndour leur a demandé de faire du projet un modèle de gestion d’infrastructures. Le ministre de la Culture et du Tourisme a rassuré les artisans et autres acteurs du terroir qui ne bénéficieront pas d’espaces économiques du complexe. Youssou Ndour a promis de voir comment élargir les capacités du complexe ou aménager d’autres espaces. « Tout le monde ne peut pas bénéficier des infrastructures, mais il faut éviter la concurrence anarchique au site », a-t-il prévenu.

A Toubacouta, artisans et autres acteurs de la maroquinerie, et antiquaires font légion, et sont installés, depuis des années, dans de cantines et des huttes de paille, tout autour des sites touristiques et campements. « Tout le monde ne peut pas être casés dans le futur complexe », fait déjà remarquer Mamadou Bâ, un antiquaire, gérant d’une cantine de maroquinerie.

Si l’on doute de la capacité d’accueil du futur complexe, une chose est sûre, les initiatives ne manquent pas à Toubacouta, et chacun trouve son compte dans le développement des industries culturelles et dans le tourisme.

De notre envoyé spécial Omar DIOUF

Dans l'antichambre, les corps se dénudent et les regards sont inquiets. Les 55 enfants retenus par l'association « Les initiateurs de Guédiawaye » pour bénéficier de la circoncision gratuite ont vécu, dimanche dernier, un instant marquant de leur existence. Le Cedeps de Guédiawaye a été transformé en une clinique, le temps d’une matinée, pour abriter les opérations chirurgicales de la circoncision réalisées par une dizaine d’infirmiers bénévoles.

Au Centre départemental d'éducation populaire et sportive (Cdeps) de Guédiawaye, en ce début de matinée dominicale, la salle qui sert très souvent de lieu d’animation culturelle a plutôt l’aspect d’une clinique. A l’entrée, plusieurs dizaines de personnes accompagnées de leurs enfants font le pied de grue. Par moment, le cri d’un enfant vient déchirer la quiétude qui règne dehors. C’est aujourd’hui que l’association Les initiateurs de Guédiawaye (Lig) a décidé, de concert avec une dizaine d’infirmiers bénévoles de la localité, de procéder à la circoncision de 55 enfants, tous issus de la banlieue, allant des Parcelles assainies à Yeumbeul, en passant par Pikine et Guédiawaye. Le but de l’opération est de venir au secours des parents démunis qui ne peuvent pas remplir certaines charges sociales. Mais ce matin, les dimensions sociales et philosophiques de l’acte semblent peu à peu effacées au profit des impératifs sanitaires. L’association tente de minimiser le traumatisme que la circoncision peut infliger aux enfants. C'est pourquoi, selon Momar Sarr, membre du mouvement, «sauf s'ils ont des grands frères, les enfants ne sont, aujourd'hui, pas mis au courant du but de leur venue ici.»

Ils sont là, crispés, le regard lointain, sans pour autant savoir l’objet de leur présence sur les lieux. On essaie de les rassurer parfois. En vain ! Les robes blanches et le bonnet conique qu’arborent d’autres enfants à la sortie de salle d’opération, avec la plupart du temps de chaudes larmes sur le visage, font échouer toutes tentatives de consolation. Trois salles compartimentées attendent les jeunes gens âgés de 5 à 13 ans. Une salle d'attente, dans la cour du bâtiment, où les discussions des parents créent une atmosphère de rentrée des classes. Solidement gardée, la première porte découvre la salle d'attente, où chacun se déshabille et reçoit un badge à son nom. L'attente devient plus anxieuse, tant les cris transpercent la seconde porte qui abrite l'équipe chargée de l'opération.

 Regard furtif et peur au ventre

Avant son passage, Mohammed reconnaît avoir « un peu peur ». Le petit garçon a jeté un regard furtif par l'entrebâillement de la porte, laissée quelques secondes sans surveillance. Sous l’effet de la peur et de la pression de l’inconnu, certains envisagent d’abdiquer et exigent qu’on les ramène chez eux. « Je veux aller à la maison », peste l’un d’eux d’une voix à peine audible. Certains enfants sont impassibles, le regard sondant le haut plafond de la salle d'intervention. Mais pour la plupart, les cages thoraciques se soulèvent, les pieds battent le vide, la respiration se fait haletante, les cris résonnent contre les murs nus lorsque vient leur tour. « L'anesthésie est l'instant le plus douloureux », explique Sadibou Badji, le médecin bénévole, chargé de la coordination de la journée. Mais, au-delà du mal physique, il ajoute que c'est bien « l'appréhension mentale de la douleur qui peut la rendre insupportable ».

Le rire des médecins, destinés à détourner les enfants de l'acte médical, jurent avec les râles de certains bambins. Les plus virulents doivent être maintenus sans ménagement pour assurer une plus grande précision dans les gestes. L'intervention en elle-même est rapide, crue, et rappelle le cercle millénaire d'une tradition qui est peu à peu devenue un impératif sanitaire. Une seringue, pour anesthésier le sexe, une pince, pour étirer le prépuce, un ciseau, pour le découper, puis du fil et une aiguille, pour recoudre la peau. Rituel ancestral au Sénégal, atteinte à son intimité pour l'enfant à la découverte de son corps, intervention médicale classique et bénigne pour les médecins à l'œuvre, la circoncision peut être perçue de bien des manières. Elle se rappellera au douloureux souvenir des enfants quelques heures plus tard, lorsque les effets de l'anesthésie s'envoleront. « Le traitement va durer au maximum une dizaine jours », avance M. Badji. Un sourire, un tantinet abrégé par les soupirs de son enfant qu’elle tente de consoler vainement, Astou Diamanka, la trentaine, venue accompagner son frère, ne trouve pas de difficulté pour dire les mots qu’il faut et saluer l’initiative. « Nous sommes très satisfaits de cette action. Elle nous a permis de subvenir à une charge sociale qui, en ces temps, est difficile à remplir pour nous », explique-t-elle avec un brin d’émotion. Cette dame, issue d’une famille démunie, ne cache pas son intention de voir ces actions élargies.

 Les parents entre bonheur et attendrissement

C’est le même son de cloche chez Mamadou Gaye. Ce dernier estime que c’est pour la première fois qu’il a vu une chose pareille. « Seul Dieu peut les récompenser de leurs œuvres, c’est un grand fardeau qu’ils m’ont ôté. Actuellement, avec ce début de Ramadan, j’éprouve énormément de difficulté pour joindre les deux bouts », argue-t-il. M. Gaye, accompagné de son épouse, est venu avec son fils âgé seulement de quatre ans. A la question de savoir pourquoi il n’a pas voulu accompagner l’enfant dans la salle d’opération, il répond : « Je ne supporte pas de voir mes enfants en larmes ». Après l’acte chirurgical, les enfants sont regroupés dans un grand restaurant transformé en « leul » (lieu de retraite pour les circoncis) par la circonstance, pour déguster ensemble du « lakh » (bouillie de mil avec du lait caillé). Un plat qui, comme le veut la tradition, est toujours servi aussitôt après l’opération de circoncision. A l’intérieur du « leul » plusieurs dizaines de bambins sont accroupis sur une grande surface plate recouverte de nattes aux couleurs en mosaïque.

Les moins courageux parmi les enfants sont toujours dans un concert de pleurs, en dépit de la menace de trois à quatre adultes qui tentent de les calmer. Les yeux humides et le sexe pansé, une étape est franchie, un rite passé pour les enfants. L'instant est dur, il marque les premiers pas dans la découverte de la virilité et la maîtrise de sa propre douleur. Si l'utilité sanitaire n'est pas à discuter, la valeur culturelle qui entourait l'événement et le cheminement intérieur qu'il devait amener chez l'adolescent sont plus difficilement sensibles. La plupart des enfants présents, ce matin, ne sont pas en âge de comprendre la portée du geste qu'ils subissent. En ce sens, la case des hommes a perdu son aura traditionnelle qui en faisait le lieu par excellence de l’entrée dans la vie adulte.

 Ibrahima BA et Barthélémy GAILLARD

Destiné aux acteurs culturels, aux artisans, aux femmes s’activant dans la mangrove, etc., le futur complexe touristique et économique de Toubacouta sera inauguré en septembre prochain. En visite sur le chantier, hier, le ministre de la Culture et du Tourisme, Youssou Ndour, a souhaité une bonne gestion de l’infrastructure destinée à soutenir le développement de cette communauté rurale du département de Foundiougne, dans la région de Fatick.

Les bâtiments sont fraîchement peints et les ouvriers s’activent joyeusement à terminer l’ouvrage. A Toubacouta, le projet du complexe culturel et économique, lancé l’année dernière, est presque entré dans sa dernière phase de réalisation. Les populations locales venues accueillir, ce mardi matin, le ministre de la Culture et du Tourisme, Youssou Ndour, ont hâte d’étrenner leur futur complexe. Ce sera fait en septembre prochain.

Constitué, entre autres, d’un Ecomusée, d’un Espace artisanal, d’une Maison des femmes, d’un Centre d’orientation touristique, d’un d’une Salle des fêtes, le Complexe culturel et économique de Toubacouta est appelé à renforcer les capacités des acteurs culturels et économiques du terroir, ainsi que des artisans, et mettre en place les infrastructures aptes à soutenir le développement de cette communauté rurale du département de Foundiougne.

Financé dans le cadre du projet « Promouvoir les initiatives et les industries culturelles au Sénégal », à hauteur de près de 350 millions de FCfa par le royaume espagnol, le complexe de Toubacouta a été pensé après l’inscription du Delta du Saloum sur la liste du Patrimoine culturel de l’Unesco, le 24 juin 2011.

Hier, lors de sa visite du chantier, en présence des autorités locales, du gouverneur de la région de Fatick, des représentants des partenaires du projet, Youssou Ndour a encouragé à pérenniser le complexe une fois inauguré.

« Je suis venu visiter le chantier et nous allons compléter tout ce qui manque pour les finitions de l’ouvrage. Nous voulons que ce complexe de Toubacouta soit un projet modèle, dans la gestion des infrastructures, du site, etc. », a dit le ministre de la Culture et du Tourisme.

Promettant une visite plus exhaustive du Delta du Saloum et ses parcs, son aire marine protégée, ses îles de coquillages, ses bolongs, Youssou Ndour a appelé à « faire la promotion de nos sites et lieux touristiques et culturels, et à donner une bonne image du tourisme sénégalais ». A la principale doléance posée par le président du Conseil rural de Toubacouta, Pape Seydou Dianko, à savoir le bitumage du tronçon de 28 kilomètres de route entre Sokone et Keur Waly Ndiaye, le ministre de la Culture a affirmé que c’est une préoccupation prise en compte lors du récent conseil interministériel sur le Tourisme.

« Le secteur touristique est le premier employeur dans la région de Fatick, même si l’on peut encore mieux faire pour élever le nombre de touristes. Cela en améliorant l’accessibilité aux 80 établissements touristiques de la région par de bonnes routes… », a soutenu le président du Syndicat d’initiative du Tourisme, Issa Barro.

A Toubacouta, les populations venues l’accueillir ont bon espoir que leurs doléances seront relayées auprès des autorités gouvernementales par Youssou Ndour, un acteur culturel de premier plan devenu ministre.

En attendant, les populations préparent avec entrain l’inauguration, en septembre prochain, de leur futur complexe culturel et économique. Déjà, avec l’aide de partenaires comme l’Unesco, le Fnuap, l’Onudi, l’Omt et le Bsda, la formation a été dispensé aux artistes, aux femmes, aux artisans, aux éco-gardes et éco-guides, dans des domaines tels que la gestion de projets, les droits voisins, la préservation de la nature et la restauration.

De notre envoyé spécial Omar DIOUF

Avec le concours de l’Organisation internationale de la Francophonie (Oif), la première réunion du comité de pilotage du Programme d’appui au renforcement des politiques et industries culturelles du Sénégal s’est tenue, lundi, à la Maison de la Culture Douta Seck.

A travers la présentation de Toussaint Tiendrebeoogo, spécialiste de programme à l’Oif, lors de la réunion sur le renforcement des politiques industrielles, il apparaît clairement qu’au Sénégal, les activités culturelles ont toujours bénéficié d’une attention particulière de la part des différents gouvernements.

Une particularité qui a sans doute guidé le choix de l’Oif sur le Sénégal, car en décembre 2010, cette structure a été lancée par un appel à manifestation auprès de 13 pays ciblés et le dossier du Sénégal a été sélectionné parmi quelques uns.  

Durant cette réunion de deux jours, des ateliers se sont penchés sur les quatre axes que comptent explorer cette coopération. Ces derniers concernent le renforcement des capacités des acteurs culturels, la diversification des sources de financement, la professionnalisation des ressources humaines et l’encadrement de ce secteur d’activité afin de mieux le valoriser. Des réflexions porteront sur les trois domaines que sont le cinéma et l’audiovisuel, le livre et l’édition, la musique et les arts du spectacle. Toussaint Tiendrebeoogo indique qu’il faudra, après la phase théorique trouver des ressources conséquentes pour dérouler tous ces programmes.

L'Oif s'engage à apporter une assistance technique sous forme d'une mise à disposition d'expertise et un appui financier au ministère de la culture pour la réalisation des activités entrant dans le cadre des axes de travail retenus.

Le montant total de l'appui technique et financier de l'Oif sera déterminé en fonction des plans, conjointement avec le gouvernement dans la limite maximale de 100.000 euro par an sur 4 ans (2012-2015).

Dans sa communication, le ministre du tourisme et de la culture Youssou Ndour a salué le choix du Sénégal. Il a saisi l’occasion pour rappeler à toutes les parties de faire preuve « de rigueur, de clairvoyance, de patriotisme et de responsabilité dans la mise en œuvre de ce programme ».

Amadou Maguette NDAW

« La circoncision d’hier à aujourd’hui ».?C’est le sujet d’une réflexion lors d’un colloque, samedi dernier à Guédiawaye, dans le cadre du festival « Circoncision, contes et paroles ». A l’heure de la globalisation, cette pratique socioculturelle a perdu l’attrait de la tradition à cause de l’influence de l’Occident.   

Senghor l’a magnifié dans « Elégies des circoncis », de par la fonction capitale qu’elle occupe et assure dans la mutation de la personnalité de l’enfant. La circoncision, pratique socioculturelle et religieuse empreinte de valeurs, n’a pas résisté à la pression de  la colonisation, ainsi que de la mondialisation. C’est en tout cas l’avis du professeur Lamane Mbaye qui animait un colloque, samedi dernier, à Guédiawaye, sur le thème : « Circoncision d’hier à aujourd’hui ». « La circoncision telle que pratiquée avant la colonisation a perdu ses valeurs », a rappelé M. Mbaye. 

Revenant sur tout l’arsenal culturel qui se cachait derrière ce rituel, il a laissé entendre que la circoncision était un prétexte de socialisation qui crée l’état d’adulte. Une rupture avec le monde d’adolescent. La circoncision se déroulait à travers une initiation profonde et en communion avec la nature, à l’occasion d’un temps de retraite, durant laquelle les enfants sont amenés hors du village, souvent dans la brousse ou la forêt. L’acte de la circoncision se déroulait à l’abri du regard des profanes et surtout de celui des femmes.

« Tu ne feras point honte à ta famille ! »

Les enfants recevaient à l’occasion de cette retraite un enseignement et une préparation psychologique. L’enseignement se poursuit pour les enfants circoncis par des séances de Kassak (veillées nocturnes) où les thiakh (devinettes) et autres chants lyriques à valeur éducative sont servis à foison. Au cours de ces séances de groupe, les encadreurs, appelés « selbés » chez les wolofs, aiguisaient l’esprit des « ndiouli » (les circoncis) pour les éveiller aux réalités de la vie, en vue de faire d’eux de vrais hommes capables de supporter la douleur, mais également endurant et aptes à trouver des solutions devant les épreuves de tous les jours.

« La fraternité de case, les normes et lois qui régissent la société étaient inculquées à l’enfant au même titre que la bravoure et l’honneur », a souligné Lamane Mbaye. Et d’ajouter qu’on soufflait à l’enfant : « Tu ne feras point honte à ta famille ! ». Car pleurer en face du Koumak (le maître chirurgien) était un acte de déshonneur. 

Tous ces préparatifs avance-t-il avaient pour but de donner à la société un homme achevé et accompli. Toutefois, M. Mbaye, professeur de Lettres à l’Ucad, regrette aujourd’hui,  la perte de ces valeurs qui ont toujours donné à la circoncision son sens dans la formation des hommes. 

« On assiste malheureusement aujourd’hui à la perte des valeurs qui étaient enseignées à travers la circoncision et dans les bois sacrés », déplore-t-il.  Abondant dans le même sens, le professeur d’histoire et géographie, et non moins conteur, Babacar Mbaye Ndaak, suggère la mise en place d’une campagne de circoncision avec tout son arsenal culturel dans chaque quartier.

Une façon, selon lui, d’aller vers la restauration de nos valeurs mises  en veilleuse par  une tentation d’occidentalisation. Il défend ce point de vue : « La circoncision, c’est l’éducation civique, via notre culture ».              

Ibrahima BA

La première édition du festival «Circoncision, contes et paroles » a vécu, le week-end dernier, à Guédiawaye. L’événement socioculturel était organisée par l’association « Les initiateurs de Guédiawaye ».?Objectif : aider les enfants en situation de vulnérabilité. Un budget de deux millions de francs Cfa a été dégagé pour la manifestation et la prise en charge médicale de 55 enfants circoncis.

Revaloriser la culture et la tradition en passant par des œuvres sociales et bénévoles, c’est l’objectif que s’est assigné l’association Les initiateurs de Guédiawaye (Lig). En organisant cette première édition du festival « Circoncision, contes et paroles », l’association Les initiateurs de Guédiawaye s’est engagée à œuvrer pour les enfants vulnérables et dépendants. Le choix de s’investir pour cette couche de la population n’est pas fortuit de la part des initiateurs. Dans la banlieue, ils existent de nombreux foyers atteints par une pauvreté chronique. Pour ceux-là, il est souvent difficile de remplir certaines charges sociales comme celles de la circoncision.

« Nous avons choisi d’organiser ce festival pour venir en aide aux nombreux ménages qui n’ont pas souvent les moyens de prendre en charge leurs enfants. C’est une occasion d’aider aussi les parents à inculquer aux enfants les valeurs culturelles que nous avons tendance à perdre », a expliqué Mohamed Diagne, le secrétaire général de l’association.

La Lig compte faire de la sensibilisation, de l’information et de la promotion des droits fondamentaux des enfants son cheval de bataille. Elle ambitionne d’œuvrer pour que chaque enfant de la banlieue puisse accéder à l’éducation, échapper au travail précoce et à la prostitution. Aussi faire en sorte que, ces enfants issus de familles démunies accèdent aux soins de santé, reçoivent une alimentation saine et bénéficient d’un soutien affectif et moral.

 Une équipe d’une dizaine de médecins

« Nous avons constaté que les besoins des enfants dans la banlieue sont nombreux. Ils sont généralement liés à la qualité de l’enseignement à l’école, à la santé, la formation professionnelle, ainsi que les conditions de vie et l’environnement culturel », souligne M. Diagne. Il a sollicité l’aide de partenaires, de l’Etat et de personnes de bonne volonté pour trouver les moyens de faire face à ces problèmes.

Dans le cadre de ce festival, deux millions de francs Cfa ont été dégagés pour prendre en charge les festivités ainsi que les 55 enfants qui ont été circoncis à cette occasion. Ces derniers, âgés de 3 à 13 ans, sont entièrement pris en charge par l’association et recevront une assistance médicale pendant les 15 jours que vont durer leur traitement. Une équipe d’une dizaine de médecins habitant la localité s’est engagée volontairement à appuyer l’opération. Des conteurs et des « selbés » (encadreurs des jeunes circoncis) sont mobilisés au service de ces potaches.

Toujours en marge de cet événement, un colloque sur la « Circoncision d’hier et d’aujourd’hui » était au menu. Il était question de voir comment revaloriser tout l’arsenal culturel qui accompagne la circoncision dans nos traditions.

L’idée est de faire en sorte que les enfants puissent s’imprégner des valeurs pédagogiques qui caractérisent l’entrée dans « la case des hommes ».Toutefois, la Lig ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Elle entend aussi concevoir des outils et mener des actions favorisant le développement d’initiatives de régulation sociale dans le cadre de structures traditionnelles ou intégrées à des cursus académiques.

Ibrahima BA

Les Bedicks veulent promouvoir leur culture et s’ouvrir aux autres entités du pays. L’Association des élèves et étudiants bédiks (Aeeb) a organisé, samedi dernier, une journée pour valoriser la culture de ce peuple du sud-est du Sénégal.

Les Bédicks sont établis principalement dans le sud-est du Sénégal, dans l'arrondissement de Bandafassi, à proximité de la frontière avec la Guinée. Ils constituent l'une des minorités de la population du pays. Pour promouvoir leur culture, l’Association des élèves et étudiants bédicks (Aeeb) a organisé, samedi dernier, une journée sur le thème : « Dakar découvre le Bédick, une identité culturelle en mouvement ». Gilbert Kanté, président de la structure, est convaincu que le peuple bédick a besoin de s’ouvrir aux autres communautés ethniques du pays pour mieux s’épanouir dans un monde en plein mouvement. « Nous voulons promouvoir notre culture car beaucoup de gens au Sénégal ne connaissent pas les Bédicks. Le défi est grand, mais soutenir la sauvegarde et la promotion des minorités ethniques, c’est promouvoir la diversité culturelle», explique-t-il. Contrairement à la plus grande partie du Sénégal, le pays bédick se trouve en altitude. Pour M. Kanté, c’est cela qui expliquerait le faible taux d’alphabétisation des jeunes bédicks. « Nous voulons renverser la tendance à travers la sensibilisation », a-t-il dit. L’autre élément qui explique la réticence du peuple bédik à l’école française était liée, selon M. Kanté, au fait que la plupart des Bédicks étaient des animistes. « Leur préoccupation était de conserver leurs traditions…».

Sauvegarde du patrimoine immatériel

Le représentant de l’Unesco Breda, Christian Ndombi, a rappelé que son institution accorde une très grande place à la promotion, et à la sauvegarde des cultures comme en attestent les Convention de 2003 et de 2005, ratifiées par le Sénégal. La première vise la sauvegarde du patrimoine immatériel, alors que la seconde a pour objectif de promouvoir et de protéger la diversité des expressions culturelles. « Faire découvrir le Bédick aux populations dakaroises est une excellente initiative. Cela contribue à promouvoir le tourisme dans la région de Kédougou. Les Bédicks ont une riche culture qui mérite d’être davantage connue et valorisée », a-t-il constaté, rappelant que le pays Bassari a été classé dans le patrimoine culturel de l’Unesco. M. Ndombi a invité les Bédicks à aller au-delà de cette initiative pour la sauvegarde de leur culture afin que celle-ci ne se perde pas, parce que faisant partie de l’identité nationale du Sénégal ».

Pour sa part, Fary Silate Kâ, représentant le directeur de l’Ifan, par ailleurs responsable du laboratoire linguistique de cette institution, a indiqué que cette journée culturelle des Bédicks à Dakar, s’inscrit dans le cadre de la promotion de la diversité culturelle. « Ce n’est pas un événement fortuit. La mission du laboratoire linguistique c’est de promouvoir la diversité culturelle dans le cadre de l’unité nationale. Ce qui fait la force et la richesse du Sénégal c’est d’avoir autant d’entités culturelles », s’est réjoui M. Kâ.  Selon lui, le respect de la diversité culturelle est un facteur de paix et de cohésion nationale. Le laboratoire linguistique a en charge la défense de nos cultures.

Daouda Diarra, directeur des Arts au ministère de la Culture, estime que le peuple bédick, communément appelé peuple de la Vallée heureuse, mérite d’être mieux connu car ses contributions à l’enrichissement culturel du pays sont davantage appréciées. « L’art est une activité humaine dont le produit et l’idée s’adressent au sens, aux émotions et à l’intelligence. L’art est le véhicule de connaissances. Il est essentiel de soutenir les acteurs et les communautés pour la promotion de nos cultures », a-t-il insisté.

Souleymane Diam SY

Un atelier national de renforcement des capacités à l’intention d’une trentaine de membres de l’Association des métiers de la musique (AMS) s’est ouvert mardi à Dakar, avec l’objectif de « réorganiser et de renforcer les structures administratives et financières » de l’organisation.

 

Organisée en partenariat avec la Fédération internationale des musiciens (FIM, 70 organisations membres à travers le monde), la rencontre prend fin le 13 juillet. Elle devra permettre de « réfléchir sur une réorganisation de l’AMS et de recueillir des leçons qui pourront être bénéfiques à d’autres associations », a dit son président, Aziz Dieng.

 

« Cet atelier est important pour l’AMS, parce qu’il devrait lui permettre de gommer certaines insuffisances. S’y ajoute que dans son travail de promotion du dialogue social, les pouvoirs publics ont besoin d’organisations fortes », a-t-il indiqué.

 

M. Dieng a salué la présence, à l’ouverture des travaux, des présidents de diverses associations (écrivains, cinéastes, Kaay Fecc), soulignant que cela montre « une volonté de solidarité, pour faire face aux défis très nombreux du secteur de la culture ».

Concernant les défis, le président de l’AMS a évoqué la Loi du 25 janvier 2008 sur les droits d’auteur et les droits voisins, se demandant ce qu’il va se passer après la nomination d’un nouveau directeur général à la tête du Bureau sénégalais du droit d’auteur (BSDA) alors qu’il est prévu la création d’une société de gestion collective.

« Ça dépend de nous », a-t-il affirmé à ce sujet, ajoutant : « Nous nous sommes fortement impliqués dans l’écriture de cette loi, et chaque jour qui passe accroît le manque à gagner pour les créateurs ».

 Aziz Dieng est revenu, à titre d’exemple, sur le « refus » de la Radiodiffusion télévision sénégalaise (RTS, publique) de se conformer à la loi, un paiement de 4,5 % de son budget au titre des droits d’auteur. Il a rappelé que la chaîne « ne paie que 25 millions de francs CFA, ce qui est très loin du montant attendu ».

Il a dit que l’arrivée à la Présidence de la République de Macky Sall -qui s’était impliqué dans la recherche de solution alors qu’il était Premier ministre (2004-2007)- est « une occasion de remettre la question sur la table ».

Pour sa part, Abdoulaye Racine Senghor, conseiller technique au ministère de la Culture, a relevé que les questions de la protection sociale des artistes et de leur statut, autres sujets à l’ordre du jour des travaux, devraient permettre de « renforcer le rôle déjà particulièrement important que joue l’AMS dans le dispositif du secteur de la culture » au Sénégal.

 

« Cet atelier vient en appoint à l’AMS qui fédère des énergies et des compétences dans le souci d’aider à une bonne définition des intérêts de ses membres, à savoir, entre autres, le rétablissement de la justice, la responsabilité », a dit M. Senghor, venu présider l’ouverture de la rencontre au nom du ministre de la Culture.

 

Il a ajouté : « C’est un pas décisif dans le règlement d’importantes questions : la protection sociale des artistes, leur statut juridique. Avec des acteurs plus engagés, les artistes pourront prouver qu’ils contribuent au développement économique et social de leur pays ».

 

Au cours de leurs travaux, les membres de l’AMS, venus de Dakar et de l’intérieur du pays, auront des informations sur « les récents développements au Sénégal et au sein de l’AMS », « les réalisations et nouveaux défis », sur les structures administratives et financières de l’association, l’action syndicale, le régime juridique et le dialogue social, les droits de propriété intellectuelle et la gestion collective, etc.

Source: APS

Les Journalistes culturels d’Afrique en réseau (Jocar) condamnent « avec véhémence » la destruction de sites religieux par des rebelles, à Tombouctou, et exigent le retrait des rebelles et des islamistes des villes du nord prises en otage et le retour de la paix et de l’unité au Mali.

Dans un communiqué de presse signé par le bureau de Jocar, ces journalistes dénoncent « avec force l’attitude des rebelles et des prétendus islamistes qui ont pris en otage les populations et les villes du nord, empêchant ainsi l’expression de la diversité culturelle et cultuelle ». « Tombouctou, la cité-mémoire et le Tombeau des Askia à Gao, classés patrimoines de l’humanité par l'Unesco, sont en péril. Des mausolées de saints musulmans sont détruits.  Des constructions en terre sèche et de couleur ocre, symboles d'une architecture originale sont aussi menacées. Les dizaines de milliers de manuscrits, dont certains remontent au XIIe siècle, ne sont plus en sécurité », souligne le communiqué de presse. Ainsi, le réseau Jocar manifeste « sa solidarité indéfectible au peuple malien et aux populations du Nord, et apporte son soutien aux artistes et aux acteurs culturels du Mali ».  Les Journalistes culturels d’Afrique en réseau demandent également à la communauté africaine et  internationale de déployer des efforts et des actes pour protéger la ville de Tombouctou, classée Patrimoine mondial par l’Unesco.

O. DIOUF

Des experts de la culture venus des quinze pays d’Afrique de l’Ouest poursuivent à Niamey une réunion pour évaluer les actions accomplies dans le cadre de la mise en œuvre du plan d’action du Nepad dans l’espace de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao).

Ce conclave de trois jours « devra s'efforcer de mettre en lumière, les avancées obtenues sur des questions telles que la création de l'Institut culturel d'Afrique de l'Ouest, l'organisation du Festival Ecofest, la promotion des industries créatives, à travers une économie culturelle forte, portée par des politiques communautaires et nationales volontaristes de protection du droit d'auteur », a indiqué à la presse, Calixte Angama, le président du comité technique des experts de la Culture de la Cedeao.

Selon lui, les « attentes et espoirs » placés en cette réunion sont multiples et traduisent la « ferme volonté » des autorités de la Cedeao de concrétiser la réalisation de la promesse de passage de « la Cedeao des politiques, à la Cedeao des peuples ».

La rencontre de Niamey constitue aussi une occasion pour définir les thèmes à proposer pour la 7ème Edition du prix d'Excellence de la Cedeao, ainsi que la 5ème Conférence des ministres prévue en 2013 à Niamey.

Des perspectives nouvelles en vue de la promotion de l'intégration culturelle en milieu scolaire, à la lumière des liens entre le binôme "Culture-Education" seront également dégagées au cours de cette réunion.

Pour le Pr Abdoulaye Maiga, représentant du Commissaire en charge du développement humain et du genre, les experts techniques de la culture « ont travaillé dur au cours des deux dernières années pour assurer que la zone Cedeao ne soit pas en reste. Les réalisations ont, selon lui, propulsé la région en avant, en lui apportant du prestige ».

« Ceci a également favorisé une plus grande visibilité de la Cedeao dans le domaine des arts et de la culture dont les plus importants sont : la création de l'Observatoire régional du droit d'auteur et l'hologramme de la Cedeao qui faisait partie des recommandations aux Ministres à Abidjan en 2009 », a-t-il souligné.

La Cedeao regroupe quinze pays d’Afrique de l’Ouest : Bénin, Burkina Faso, Cap-Vert, Côte d’Ivoire, Gambie, Ghana, Guinée, Guinée-Bissau, Liberia, Mali, Niger, Nigeria, Sénégal, Sierra Léone et Togo.

Source: APAnews

Lors du Forum des ministres de la Culture d’Afrique et de la Chine qui a eu lieu à Beijing du 18 au 19 juin dernier, les ministres Youssou Ndour et Cai Wu ont signé un accord de coopération pour les années 2012-2015. En outre, le gouvernement chinois a fait un don de 16,5 millions de francs Cfa au Sénégal pour l’acquisition de matériel culturel.

En marge du Forum des ministres de la Culture de Chine et d’Afrique, tenu du 18 au 19 juin 2012, à Beijing, en République populaire de Chine, Youssou Ndour, ministre de la Culture et du Tourisme a signé avec Cai Wu, ministre de la Culture de Chine, un protocole d’exécution de l’Accord de coopération pour les années 2012-2015, entre la Chine et le Sénégal. L’information a été publiée, hier, par un communiqué du ministère sénégalais de la Culture et du Tourisme. A l’occasion de cette rencontre à Beijing, le ministre chinois de la Culture a fait un don de 200.000 Yuans, (environ 16.500.000 de francs Cfa) de la part du Gouvernement chinois au Gouvernement sénégalais, pour l’acquisition de matériel dans le secteur culturel.

Au cours de ce forum, indique le communiqué, le ministre Youssou Ndour a accordé des audiences à ses pairs africains et a posé, avec eux, les bases d’une bonne collaboration.

En plus de la proposition finalement retenue, de « création d’un fonds de soutien à la création culturelle », le ministre Youssou Ndour a fait état, lors de ce forum, de la préoccupation du président de la République, Macky Sall, du drame que vit le Mali et surtout l’une de ses conséquences, notamment le pillage et la destruction des vestiges historiques de Tombouctou et Gao, classés dans le Patrimoine culturel mondial de l’Unesco. A ce sujet, une motion de soutien a été adoptée par les pays africains et la Chine en faveur du Mali. Les participants au forum ont lancé un appel à assistance pour la sauvegarde des inestimables trésors culturels de ce pays. La rencontre sino-africaine a été l’occasion pour les participants de convenir d’une concertation sur les affaires culturelles internationales afin de défendre les intérêts communs de l’ensemble des pays en voie de développement. Ce forum des ministres de la Culture avait pour objectif d’asseoir de nouvelles perspectives, de promouvoir et dynamiser la coopération culturelle entre la République populaire de Chine et les pays africains.

Trois axes majeurs ont guidé les travaux de ce forum : la revue de la coopération culturelle entre la Chine et l’Afrique, en référence au Sommet de Beijing en 2006 ; l’évaluation des progrès réalisés dans la mise en œuvre du Plan d’action de Sharm El Sheikh (Egypte) lancé depuis 2009 et enfin, la discussion sur la façon d’approfondir les échanges et la coopération culturelle sino-africaine dans les nouvelles circonstances.

Jean PIRES

La Maison de la culture Douta Seck a accueilli, jusqu’au 24 juin dernier, la 5e édition du Festival international des arts et savoir-faire traditionnels africains. Organisé par l’Alliance culturelle africaine et des partenaires, ce festival vise à valoriser les traditions africaines et à mettre en commun les savoir-faire des différentes régions.

Sept groupes de danse étaient sur place pour accueillir les officiels qui ont assisté à la cérémonie. L’ambiance était à la fête : les danseurs et chanteurs étaient visiblement heureux de pratiquer et de partager l’art de leurs ancêtres. Ils s’entrecroisaient dans un tourbillon d’étoffes colorées, le temps de partager une danse ou d’harmoniser leur musique.

Sous les cris stridents des sifflets et le rythme des tambours, les invités pouvaient visiter le village aménagé spécialement dans le parc ombragé de Douta Seck. Des commerçants proposaient des bijoux, de la poterie, des instruments de musique ou des vêtements. Des produits qui viennent de partout en Afrique et dont certains proviennent de régions reculées. Dans ce village recréé, les traditions semblent bien vivantes.

L’union africaine et la convergence culturelle des communautés étaient à l’honneur en cette journée de lancement. Moctar Ndiaye, manager du festival, insiste sur le besoin d’une « cohésion nationale et la volonté de construire une Afrique diverse et unie ». Voilà pourquoi il préconise une collaboration entre les divers festivals culturels : ensemble, ils peuvent identifier les problèmes communs et les combattre.

La question de réaliser un profit grâce à la culture est également soulevée : « L’économie culturelle est encore embryonnaire. On va travailler pour la mettre sur la bonne voie, avec le tourisme », a dit le représentant de la Stratégie de croissance accélérée.

L’édition 2012 du festival, qui se tient jusqu’au 24 juin, sera axée sur le patrimoine immatériel et privilégiera l’art oral africain.  L’Alliance culturelle africaine planifie des veillées culturelles, des activités autour d’arbres à palabres ainsi qu’un colloque entre acteurs socioculturels pour les festivités.

Stéphanie ROCHON (stagiaire)

La Fédération des métiers de la culture (Femec) a présenté mercredi un plan d’actions pour l’année 2012, destiné notamment à créer les conditions d’amélioration de la condition sociale des artistes et à « relever le défi de la prise en compte de la culture comme facteur de développement économique et social ».

 

« Le processus enclenché depuis le 2 août 2007 a, après plusieurs réunions et de larges concertations, abouti à une assemblée générale constitutive le 24 avril dernier. Nous sommes en mesure de proposer un plan d’actions aujourd’hui », a dit le président de la fédération, Birame Ndeck Ndiaye, lors d’une conférence de presse tenue au Centre culturel Blaise Senghor.

 

Présenté par la secrétaire générale de la FEMEC, Sadiya Guèye, le plan d’action comprend un gala de la solidarité, la confection d’un recueil de statistiques et d’études, d’un répertoire des métiers de la culture.

 

L’organisation de tournées régionales d’informations et de sensibilisation, la mise sur pied d’un comité d’alerte et de veille, une exposition-vente dénommée "couleurs solidaires", un spectacle de théâtre figurent aussi au programme de la fédération, a dit Mme Guèye, qui n'a toutefois pas donné de dates précises pour la mis en oeuvre du programme.

 

Après l’assemblée générale constitutive du 24 avril dernier, il a été mis sur pied un bureau exécutif et un comité directeur comprenant des représentants de tous les secteurs de la culture. La FEMEC se veut une « force de propositions, d’initiatives et d’impulsions, pour aboutir à une professionnalisation » des acteurs.

Sa mise sur pied découle de la « nécessité de se regrouper autour des questions transversales, la précarité de notre situation d’artiste, le renforcement des liens de solidarité entre les acteurs », a rappelé Birame Ndeck Ndiaye, ajoutant : « Il ne suffit plus de constater, il faut aller plus loin. Dans un souci d’indépendance, chaque association membre garde son autonomie ».

La Femec a à son actif la signature avec l’Etat du Sénégal d’une convention portant couverture sociale des métiers de la culture à la date du 23 juin 2010.

Source: APS

La 12-ème édition du Festival Image et Vie s’est achevée samedi soir par la lecture du palmarès de la compétition, lequel a surtout récompensé la ‘’sobriété’’ des films distingués. Composé du scénariste et réalisateur Ben Diogaye Bèye (président), du producteur Pape Badara Seck et de la journaliste Coumba Thiam, le jury a décerné un prix du court métrage, un autre pour le meilleur documentaire et un prix d’interprétation.

Le Burkinabé Stéphane Ouédraogo a reçu une mention spéciale pour son rôle dans ‘’Tiga’’ de son compatriote Pazisnewendé Antoine Yougbaré. La soirée de clôture a été marquée par la projection de deux courts métrages : ‘’Accusé de réception’’ de Djibril Saliou Ndiaye et ‘’L’arme’’ de Lopy.

Le palmarès :

Prix du court métrage : ‘’Polis’’ de Thierry Bertini (Italie). Les membres du jury ont souligné ‘’la très grande sobriété dans le traitement du thème de l’émigration, la grande intelligence de la mise en scène du contexte de l’émigration’’

Prix du documentaire : ‘’Dimanche à Brazzaville’’ d’Enrich Bach et Adria Mones ; le jury a récompensé ‘’un film informatif et distractif’’

Prix d’interprétation : Moussa Kâ (Sénégal) pour son rôle dans ‘’Polis’’ de Thierry Bertini ; le jury a salué ‘’la sobriété dans le jeu et la profondeur de l’acteur’’

Prix Eunic du meilleur jeune réalisateur (doté d’un million de francs CFA) : Uda Benyamina pour son film ‘’Sur la route du paradis’’

Prix spécial Image et vie : Etienne Rougerie, attaché de coopération audiovisuelle (France)

(APS)

Un espace aux allures de théâtre de verdure avec des tribunes neuves et un autel en pavés. Située à l’intérieur du parc de Hann, ce nouveau espace dénommé « Théâtre plein-air » a été inauguré, hier, en présence du directeur régional de l'Afrique de Mitsubishi Corporation, dont l’entreprise a financé les travaux. L’originalité de cet espace, selon l’un des initiateurs, Pape Sarr, président de l’association Agir pour le multisectoriel de Hann, est que les pavés ont été faits à base de 40 % de déchets recyclés et de 60 % de sable.

Doté d’un espace d’exposition et d’un théâtre de verdure de 400 places, ce lieu est ainsi ouvert aux artistes de la ville et en particulier à la zone de Hann qui se révèle comme une « véritable niche de talents artistiques », selon le commandant du Parc de Hann, Lamine Guèye. La cérémonie s’est déroulée en présence du premier secrétaire de l’ambassade du Japon, du chef du Bureau de liaison de Dakar de Mitsubishi Corporation, de l’adjoint au maire de Dakar, Cheikh Guèye, du maire de la commune d’arrondissement de Hann Bel Air, Babacar Mbengue, et des populations riveraines du Parc de Hann.

C’est à travers deux supports, un site web (www.fespenc.org) et un journal dénommé « Infos Penc » que l’association Entente des mouvements et associations de développement (Emad) veut promouvoir la culture lébou. La cérémonie de lancement des deux supports, en prélude au festival « Mémoire des Pencs et villages de Dakar Ndakarou demb (Fespenc), a été l’occasion, pour le président de l’Emad, Abdou Khadre Gaye, de plaider pour la préservation des traditions et rites de l’ethnie lébou. En présence des dignitaires de la collectivité lébou, des « Freys » aux « Ndey dji rews », et sous les regards du « Grand Serigne de Dakar », le président de l’Emad a déclaré que, « de l’héritage culturel lébou, il ne reste plus que des ruines à moitié ensevelies, mais combien belles et majestueuses, que nous rêvons d’exhumer et de restaurer, avant qu’il ne soit trop tard ». 

L’organisation du Fespenc est une autre dimension de l’Emad, pour préserver le patrimoine culturel lébou ; une initiative saluée par tous les dignitaires lébous. L’association Emad a bénéficié, dans le cadre du Programme d'appui aux acteurs non étatiques du Sénégal – « Culture » /10ème Fed –, d’un financement pour la mise en œuvre du projet intitulé « Mémoire des Pencs et villages de Dakar Ndakaru Demb ». Cet appui aux acteurs / producteurs culturels non étatiques se veut un outil de contribution significative du secteur de la culture, directement et indirectement, au développement économique du pays.                                                                

Yathé. N. NDOYE

Le manque d’implication des artistes plasticiens de Malika dans les événements culturels est imputable aux autorités municipales, a affirmé Mamadou Laye Sène, conseiller municipal à Malika, venu représenter le maire, lors du vernissage de l’exposition de ses plasticiens dans le cadre de la Biennale de l’art contemporain (Dak’art).

 

« Nous sommes entièrement responsable du fait que les artistes de Malika ne sont pas assez impliqué dans les événements culturels », a-t-il déclaré dans un entretien. Venu représenter le maire, Mor Talla Gadiaga, invité à l’exposition du "off" de la biennale, il a précisé que cette situation est liée à un problème d’organisation au sein même de la mairie de Malika.

 

« Il n’y a jamais eu d’exposition d’œuvres d’art, ici, à Malika […] et c’est déplorable », s’est-il désolé.

 

Devant cet état de fait, il a indiqué que la mairie a créé une commission culturelle dont lui-même est le président.

 

« Nous allons, à court terme, recenser tous les artistes de Malika-sur-Mer, car nous en n’avons répertorié qu’une dizaine, et ainsi leur permettre de participer aux activités culturelles qui ont lieu dans le pays », a promis M. Sène.

 

La situation géographique de Malika est aussi un autre facteur qui explique la marginalisation des artistes de Malika, selon un autre conseiller municipal, venu visiter les œuvres exposées dans le complexe de Seynabou Diop, ex-danseuse des Touré Kunda.

 

« Il y a des jeunes très engagés à Malika mais qui n’ont pas l’information sur les activités culturelles, car les moyens de transport font défaut vu la position géographique de notre commune », a expliqué le conseiller municipal Gora Niang.

 

« Je lance un appel aux autorités municipales pour qu’elles participent et soutiennent toute initiative pour le développement de la collectivité, et faire que nos artistes puissent vivre décemment de leur art », a-t-il déclaré.

 

Un appel qui s’adresse aussi au ministre de la Culture Youssou, Ndour, « pour que des efforts soient faits pour faciliter la communication, car il y a de la matière et des compétences chez les artistes de Malika ».

Source: APS

A travers une conférence animée jeudi dernier, Jean-Luc Le Bras a revisité le talent des artistes de la période coloniale (1895-1960), sous forme de diapositive. Selon lui, ces œuvres d’artistes coloniaux peignaient la faiblesse du colonialisme et valorisaient l’Afrique.

Le chef du Service de coopération et d’action culturelle (Scac), Jean-Luc Le Bras a animé jeudi, en marge de la 12ème édition de la Biennale de l’Art africain (Dak’Art), une conférence portant sur « Regards d’artistes voyageurs Sénégal-AOF : 1895-1960 ». Une occasion pour lui de présenter, sous forme de diapositive, des œuvres d’artistes français qui ont foulé le sol du Sénégal, passage obligé à l’époque pour entrer en Afrique de l’Ouest.

L’Afrique, de 1895 à 1960, est vue par des artistes voyageurs français, à l’image de Louis Ferdinand Antoni, d’Anna Quinquaud, d’Henri Félix Cayon, de Nivelt Roger, de Bouchaud Jean, d’Henri Sollier, entre autres. « Ces derniers étaient tous des boursiers, souvent titulaires du Grand Prix de Rome et bénéficiaires, pour la majeure partie, d’une bourse du Gouvernement général créée par William Ponty en 1910.

Ce sont des bourses de mille à six mille francs Cfa qui leur permettaient de faire le voyage et valoriser l’Afrique », a-t-il précisé. « Ce sont des œuvres d’artistes coloniaux qui peignaient la faiblesse du colonialisme. Certains parmi eux recherchaient la beauté de l’Afrique pendant que d’autres mettaient en exergue des vérités », a-t-il ajouté. « L’objectif était de peindre une Afrique lumineuse, une Afrique attrayante, un continent fabuleux où il fait beau vivre, à travers des expositions. L’idée était non seulement d’inciter les occidentaux à venir travailler en Afrique, mais aussi à y rester », a-t-il notamment précisé.

Par ailleurs, l’autre objectif, selon M. Le Bras, visait aussi à rappeler à la Biennale qu’il y avait un ancêtre du Dak’Art qui est la Société des amis des arts de Dakar, créée par ces artistes coloniaux dans les années 30. « A l’origine, j’ai eu l’idée d’écrire un petit article dans les années 1930. J’ai aussitôt découvert la Société des amis des arts de Dakar, ancêtre du Dak’Art. J’ai découvert beaucoup de choses. Depuis lors, je n’arrête plus de faire des recherches dans ce sens », a expliqué M. Le Bras.

Sur le choix de la période «1895-1960 », il a indiqué que la première date coïncide avec la création de la Fédération de l’Afrique occidentale française (Aof), alors que la seconde est celle des indépendances des pays africains. « Avant 1895, on n’avait que « Trésors de l’iconographie du Sénégal colonial » de Xavier Ricon et « Histoire des arts plastiques sénégalais contemporains » de Abdou Sylla. «1895-1960» était libre, et je l’ai pris », a-t-il indiqué.

Jean Luc Le Bras avance que la période choisie «1895-1960 » a été occultée du fait de la forte présence coloniale. « Parler de cette période à l’époque n’était pas évident, car c’était un peu sensible. Le temps est venu de laisser de côté cette sensibilité », a conclu Jean-Luc Le Bras, qui est, par ailleurs, chef du Service de coopération et d’action culturelle (Scac) à l’ambassade de France au Sénégal.  Il compte réaliser un ouvrage sur les artistes coloniaux qui devra paraître prochainement.

Souleymane Diam SY

Le village de Kartiack, dans le département de Bignona, région de Ziguinchor, va renouer, en 2012,  avec la grande cérémonie d’initiation du « Boukout », 33 ans après la dernière édition qui a eu lieu en 1979, nous informe un communiqué publié par un comité ad hoc des ressortissants de Kartiack.

Des milliers de jeunes prendront part à la cérémonie, annonce le document. Le premier acte de la cérémonie, appelé « Sigolassous » (étape préliminaire de coupe de bois pour les festivités), s'est déroulé le week-end du 7 avril 2012. L'événement a accueilli beaucoup de visiteurs qui ont revécu des moments importants de cette tradition  diola. 

A Dakar, les préparatifs vont bon train sous la houlette du Comité ad hoc, en relation avec les dignitaires et sages du village. Chaque week-end, les non-initiés sont appelés à des séances de danse (Kabomen) et instruits par ceux que l'on appelle « Kouraéra » (initiés).
La fixation de la date du grand jour de l'entrée dans le bois sacré (Kareng) relève du pouvoir des sages.

Une peinture de l'artiste marocain Saad Ben Cheffaj a été vendue vendredi à Paris chez Christies, au prix de 50.000 euros.

Cette performance est d'autant plus remarquable que c'est l'une des très rares fois qu'un artiste marocain est placé dans une vente internationale chez Christies, en dehors de toute thématique ou géographie qui en détermine l'appartenance à une région ou à une culture.

Cette vente, qui salue l'universalité de l'art de Ben Cheffaj, ne manquera pas de contribuer au rayonnement de la peinture marocaine à l'étranger.

Né le 16 janvier 1939 à Tétouan, Ben Cheffaj fait partie des premiers Marocains qui ont reçu une formation académique en peinture.

Après des études en 1957 à l'Ecole des Beaux Arts de Séville, il a suivi des cours d'histoire de l'art à l'Ecole du Louvre à Paris. Il est ensuite revenu en Espagne pour décrocher, en 1962, le diplôme de professeur à l'Ecole supérieure des Beaux Arts "Santa Isabel de Hungria" de Séville.

En 1965, Ben Cheffaj est rentré au Maroc pour enseigner l'histoire de l'art, le dessin et la peinture à l'Ecole des Beaux Arts de Tétouan.

Il existe une vertu énigmatique chez les personnages peints par Ben Cheffaj. Ils communiquent une impression de vie. Ben Cheffaj n'aurait pu réussir à doter de vie ses tableaux sans une familiarité de plus de cinquante ans avec la peinture.

Sa première exposition remonte à 1956, et depuis il n'a jamais cessé de peindre des tableaux. Il a connu plusieurs périodes (figuration, expressionnisme, néoréalisme, abstraction), avant d'aboutir à cette peinture terreuse, à l'éclat sombre, qui caractérise ses derniers travaux.

Source: APAnews

La beauté de la lutte sénégalaise et toutes ses facettes sont magnifiées à travers l’exposition « Forces invisibles » du photographe Mamadou Diop dit Diop le maire à l’hôtel Terrou-Bi dans le cadre de la 10e Biennale de l’art africain contemporain (Dak’art).

 

Le photographe a procédé ce vendredi au vernissage de cette exposition qu’il propose dans le cadre de la Biennale Off avec l’appui de la Galerie Kemboury, jusqu’au au 22 juin. La manifestation était co-présidée par Youssou Ndour, ministre de la Culture et du Tourisme et par El Hadj Malick Gackou, ministre des Sports.

 

Dès l’entrée de la salle d’exposition, le visiteur ne restera pas indifférent aux photos de trois grands ténors de la lutte sénégalaise, Balla Gaye 2, Yékini et Tyson, qui étalent toute leur puissance physique.

 

Plus loin encore, Diop le maire dévoile les secrets visuels qui gravitent autour de la lutte. Ici l’objectif s’est fixé sur des noix de colas, éparpillés à même le sol avec du liquide gluant et des feuilles d’arbre. Les lutteurs font leur entrée en scène dans l’arène.

 

Ainsi, l’artiste photographe s’introduit petit à petit dans la réalité mystique de la lutte. Un voyage captivant dont le seul but est de « voir ce que l’on n’avait pas l’habitude de voir », explique Mamadou Diop.

 

L’univers mystique de la lutte prend forme encore avec les cornes utilisées par les lutteurs, les talismans et autres gris-gris, les comportements saugrenus immortalisés par le photographe en plein lui aussi dans ces préparatifs d’avant combat.

 

« Ce qui fait tout le charme de notre lutte c’est cette force invisible du mystique, sans cela la lutte sénégalaise n’aurait pas son sens et c’est ce que j’ai voulu démontrer à travers mes photos », souligne Diop le maire, très connu dans le milieu de la presse.

D’autres photos mettent en exergue toutes les postures dans un combat de lutte : le tact, la technique, les accrochages des lutteurs, la force physique et la rage de vaincre.

La crème de la lutte sénégalaise était bien-sûr au rendez-vous de cette séance de vernissage. L’ancien lutteur, Manga 2, ou encore le promoteur de combats Gaston Mbengue ont répondu à l’appel du photographe timide et effacé, que l’on aperçoit à peine dans la foule de visiteurs, venus nombreux.

 

« Je suis un homme de l’ombre je n’aime pas la caméra », soutient Diop le maire comme pour dire qu’il est plus à l’aise avec cet appareil photo qui lui a fait parcourir le monde.

 

Le ministre de la Culture et du Tourisme, Youssou Ndour, qui a acheté deux tableaux « pour encourager les acteurs autour de la Biennale », s’est dit aussi impressionné par le travail du photographe. « Je suis impressionné, mais en même temps ce travail ne m’étonne pas de Diop le maire, car il sait ce qu’il veut. Il a su capter ce que les lutteurs voient et que nous ne voyons pas », a dit le musicien devenu ministre dans le gouvernement du Sénégal.

 

Pour sa part, le critique d’art Massamba Mbaye a qualifié Mamdou Diop de « trésor caché ».

« C’est un redoutable traqueur d’images. Mais on connaît moins son travail artistique, ce raffinement dans la narration iconographique. Sous ce chapitre, l’artiste est un trésor caché », selon Mbaye.

« Son appareil photographique est vissé sur le temps du monde. Des spectacles les plus huppés aux coins les plus sordides, des postures préparées aux clichés les plus improbables, la rencontre du photographe avec son sujet devient un joint entre le fugitif, le furtif et une sensibilité singulière », soutient Massamba Mbaye.

Le photographe « investit ainsi beaucoup de sujets qui dépassent l’anecdotique. Son travail sur la lutte sénégalaise fige le mouvement et se dynamise ainsi », explique t-il.

 

« Le spectacle vu est dépassé par celui invisible. En vérité, l’épreuve de force est la mise à épreuve d’autres forces. Les forces invisibles ! », selon le critique d’art.

 

Diop le maire prévoit très prochainement de sortir un ouvrage dédié à la lutte.

Source: APS


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