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Arts et Culture (2442)

La Commission de protection des données personnelles (Cdp) a organisé, hier, une session de formation à l’attention des magistrats du Sénégal.

Dans le sillage de la vulgarisation de la loi sur la protection des données à caractère personnel, la Commission dédiée (Cdp) a organisé, hier, à la Cour d’appel de Dakar, une formation destinée à près de 30 magistrats.

Le but est d’outiller les acteurs de la Justice « pour une meilleure connaissance » du cadre institutionnel et normatif de la protection des données personnelles, « du règlement du contentieux » des données personnelles et aussi « une meilleure approche » des textes législatifs nationaux et internationaux.

A l’ouverture du séminaire, la présidente de la Cdp est revenue sur les enjeux. « Nous avons voulu nous retrouver avec plusieurs magistrats pour voir comment mettre en œuvre l’application effective de loi sur les données personnelles. C’est nécessaire, car c’est une loi qui intègre un recours à la justice à un moment ou à un autre », a expliqué Awa Ndiaye. A son avis, il est évident que l’harmonisation de leur travail avec les cours et tribunaux  est extrêmement importante pour eux. « De plus en plus, on se rend compte que les divulgations massives  de données personnelles  ou certaines atteintes à la vie privée se retrouvent devant les juridictions », a relevé la présidente de la Cdp. Donc, « ce que la loi nous confère comme missions et comme possibilités de réaction doivent être confortées, d’une certaine manière, par  la réactivité des cours et tribunaux », a-t-elle soutenu. Prenant la parole, le premier président de la Cour d’appel a jugé que toutes les juridictions du ressort de la Cour d’appel sont concernées par cette formation. « Nous sommes juges et nous sommes tenus de comprendre.  Nous ne pouvons pas avoir la légitimité de juger les autres si nous ne comprenons pas, et c’est un besoin de comprendre ce que c’est les données personnelles  qui visent la protection de notre liberté,  de notre vie privée », a souligné Demba Kandji. Selon lui, les magistrats sénégalais sont des généralistes, car ils sont appelés à tout comprendre parce qu’ils sont compétents pour tout et ne sont spécialistes de rien.

E. M. FAYE

Hier, en marge du séminaire de formation des magistrats sur les données personnelles, la présidente de la Cdp est revenue sur l’affaire « Kocc barma » du nom de l’administrateur du site Seneporno. Le dossier n’a pas encore atterri sur la table du juge. Au niveau de la Cdp, l’instruction a débuté.

Pour identifier la personne qui se cache derrière ce site, Awa Ndiaye a saisi, par courrier, le Premier ministre dans le but de connaitre le fournisseur d’accès à Internet. « Mahamad B. Abdallah Dionne  a répondu promptement en me demandant de me rapprocher de l’Artp pour une réquisition dans le but de démasquer celui qui se cache derrière Seneporno », a annoncé la présidente de la Cdp devant la presse. Sur ce point, l’Agence de régulation va saisir les opérateurs fournisseurs d’accès à Internet  aux fins d’obtenir l’identité de cette personne. « L’adresse Ip nous permettra de savoir qui paie la facture Internet », a relevé Mme Ndiaye. En cas de refus des opérateurs, a-t-elle prévenu, l’Artp a le droit, avec un mandat légal, de faire imposer cette divulgation d’identité dans le cadre de la sécurité publique. « Cela constitue un danger pour la vie privée des gens. C’est une question de sécurité publique », a lancé Awa Ndiaye, assurant que si la personne est identifiée, il lui sera demandé de se conformer avec la loi. A défaut, ce sera une traduction en justice.

E. M. F.

L’artiste chanteur rufisquois, Mame Goor Diazaka, a présenté, hier, au cours d’un point de presse, son nouvel album. « Dotoumala  Bayi », composé de quatre titres, parle d’amour, de spiritualité ainsi que d’autres thématiques de société. L’artiste qui célèbre, le 3 mars prochain, son anniversaire a annoncé également une tournée dans les régions pour soutenir les initiatives touristiques de l’Etat.

Après le « Meilleur » en 2012, Mame Goor Diazaka revient sur le marché musical sénégalais avec un tout nouvel album. « Dotoumala  Bayi » qui vient de sortir officiellement sous forme d’un Ep chante l’amour à la première personne. L’artiste rufisquois n’a pas échappé à cette thématique universelle devenue pratiquement un refrain chez la plupart des  artistes sénégalais. Mais, l’amour que chante Mame Goor a cette chose d’originale et d’envoutante se cachant derrière une femme. Cette chose qui a permis à l’artiste de conserver une touche rythmique particulière et une voix singulière, rappelant son attachement à l’univers et à la philosophie « Baye Fall ».  « Dotoumala Bayi » est une sorte de déclaration d’amour avec un texte bourré de métaphores et de calembours. Avec un  total de quatre titres, cette nouvelle production est aussi un message d’éducation à la jeunesse (« Lima Dal »), une conscientisation face à certaines dérives. Très ancré dans sa confrérie, Mame Goor Diazaka rend également un hommage, à travers cet opus, à son guide, Mame Cheikh Ibra Fall. Non sa oublier sa ville natale, Tengueth.

Au-delà de la sortie de cette production, le chanteur a annoncé la célébration de son anniversaire  le 3 mars prochain au Théâtre national Daniel Sorano. Un moment de communion entre l’artiste et  ses fans.

Toutefois, a-t-il fait savoir, la célébration de cette année va revêtir un cachet particulier. En effet, en dehors des festivités, il s’agira d’une occasion de valoriser la culture sénégalaise et de se mettre au service du social. L’autre programme phare de Mame Goor sera sa tournée dans certaines régions du pays, dont la Casamance, pour vendre la destination Sénégal. Le chanteur a décidé, en partenariat avec le ministère du Tourisme, à travers l’Agence de promotion touristique (Aspt), de faire le tour du Sénégal afin de soutenir l’activité touristique. C’est pourquoi il n’exclut pas la sortie prochaine d’un single pour accompagner son nouveau concept : « La musique au service de la destination Sénégal ».

Ibrahima BA

Le Centre d’études des sciences et techniques de l’information (Cesti) a célébré, hier, la Journée internationale de la radio à travers une matinée de réflexion et d’échanges sur la portée et le rôle de ce médium dans la société. Cette célébration a été aussi une occasion pour les pionniers de cet outil de communication au Sénégal de passer au peigne fin la thématique de cette année : « Radio, sport et citoyenneté ».

« Le message, c’est le médium », écrivait Herbert Mashall Mc Luhan, intellectuel canadien et spécialiste de la communication. Près d’un siècle et demi après son invention, la radio continue toujours de jouer pleinement son rôle en dépit de l’influence des nouveaux médias. Sa mission de conscientisation citoyenne et d’éducation populaire demeure encore d’actualité. Cela, dans le sens où elle « accompagne les citoyens tout au long de la journée » et grâce « à sa capacité à atteindre des milliers d’auditeurs, son maillage territorial et sa facilité d’utilisation et de diffusion ».

D’après, la directrice du Centre d’études des sciences et techniques de l’information (Cesti), «dans nos pays, où l’alphabétisme domine encore, la radio est un moyen privilégié d’éducation à la citoyenneté». Elle a permis, a ajouté Cousson Traoré Sall, qui s’exprimait dans la cadre de la Journée internationale de la radio, de vaincre les barrières linguistiques, les catégories sociales et les frontières ; ce qui lui donne un caractère universel. Pour Gnagna Sidibé Diagne, ancienne directrice de la télévision sénégalaise invitée à partager son expérience avec les étudiants du Cesti, la radio constitue l’un des meilleurs outils de communication au service de la société. A ses yeux, la pratique quotidienne de ce médium doit exiger chez les professionnels « discrétion et sérénité ».

Au Sénégal, l’usage de la radio remonte avant les indépendances. Dans un souci de mettre en lumière les activités de l’administration coloniale et de s’inscrire dans une dynamique d’acculturation et de politique de propagande, la première station a émis en 1939 à Dakar. Et cela, pour le compte de toute l’Afrique occidentale française (Aof). A cette époque, a rappelé Magib Sène, ancien journaliste sportif radio, qui a abordé le thème : « Rôle de la radio dans la promotion du sport », la radio ne servait que la cause de l’occupant.

A la veille de l’indépendance, la Fédération du Mali qui regroupait, à l’époque, le Sénégal et le Soudan occidental a permis la mise en place de Radio Mali. Laquelle deviendra plus tard l’Office de la radiodiffusion sénégalaise (Orts) en 1973. Si, de nos jours, le Sénégal compte une centaine de radios, il n’en demeure pas moins qu’il se pose encore, de l’avis M. Sène, un problème de formation et de responsabilité. Sur ce, a-t-il souligné, l’Etat doit pousser ces radios à aller dans le sens de la bonne conduite. Selon lui, c’est grâce à cet outil de communication que le sport a pénétré les masses. Il a donné un élan à la pratique des disciplines sportives du fait de sa grande capacité de communication.

Ibrahima BA

Le ministre de la Communication et de l’Economie numérique, Abdoulaye Bibi Baldé, a indiqué que le gouvernement du Sénégal a réglé la première tranche budgétaire allouée à l’Agence de presse sénégalaise (Aps). Selon lui, celle-ci va permettre à l’Agence « de souffler en attendant d’avoir un projet d’établissement ». Lequel, à l’en croire, fait l’objet d’une discussion avec les autorités compétentes. Le projet, a ajouté le ministre, vise à faire en sorte que « les questions liées aux salaires ou bien le fait de négocier d’autres conventions soient derrière nous ». Abdoulaye Baldé s’exprimait hier à l’ouverture officielle de la 3e édition du Salon international des professionnels de l’économie numérique (Sipen) dont le thème porte, cette année, sur : « La transformation digitale comme socle d’émergence des économies africaines ». L’Aps traverse une crise de trésorerie quasi permanente ces dernières années. Le déficit est chiffré à plusieurs millions de FCfa. De même, il y a des problèmes de logistique, une dette auprès de certaines structures publiques et privées et une insuffisance des ressources humaines. La subvention annuelle de l’Etat est également en deçà de la masse salariale de l’entreprise.

S. Diam SY

A l’initiative de l’association Trait d’Union, Dakar abrite, du 16 au 24 février, la troisième édition du Festival Films Femmes Afrique qui s’étendra du 26 février au 4 mars dans 7 villes de régions : Rufisque, Kaolack, Louga, Thiès, Sokone Saint-Louis et Ziguinchor. Placé sous le thème « Femmes et éducation », l’événement s’ouvre vendredi en soirée au Complexe cinématographique Sembène Ousmane. Au programme, « la projection de 50 films de fiction et documentaire (longs et courts métrages) dans 27 lieux différents dans Dakar et sa banlieue», a annoncé, hier, en conférence de presse Martine Ndiaye, responsable du Festival. L’ambition des organisateurs est de promouvoir le cinéma africain qui raconte des histoires de femmes. Les projections seront suivies de débats sur des sujets précis comme la citoyenneté. Le message principal de cette année est de « résister à l’oppression sociale grâce à l’éducation ». Sur ce point, l’ambassadeur des Pays-Bas au Sénégal, Theo Peters, a souligné l’importance de l’éducation des filles. Pour le diplomate, « le développement d’un pays passe par l’éducation des filles et des garçons ». Selon lui, c’est un moyen de prévenir les mariages précoces, de réduction de la pauvreté.

Côté nouveauté, la responsable du festival révèle que le prix du court métrage de fiction offert par Canal+ sera décerné à un jeune réalisateur par un jury de cinq jeunes lycéens de différents établissements de Dakar.

Un hommage sera aussi rendu au cinéaste sénégalais Djibril Diop Mambéty en cette année 2018, anniversaire des 20 années de sa disparition avec la projection de son film « Hyènes ». Dans la programmation figurent également des œuvres comme « Ouaga girls » de Thérésa Traoré Dalberg, « Maman Colonelle » de Dieudo Hamady, « Ninki Nanka » de Laurence Gavron, « Mossane » de Safi Faye, « Mooladé » d’Ousmane Sembène.

E. M. FAYE

En partenariat avec les Archives nationales françaises, Rfi offre, jusqu’au 22 février prochain, un long format numérique en 4 volets parlant des photographies de la mission Blaise Diagne, le plus grand recrutement des tirailleurs africains de la Première guerre mondiale.

1918-2018. Il y a un siècle s’achevait  l’un des conflits les plus meurtriers de l’histoire de l’humanité : la Première guerre mondiale.

Loin d’être concernée par les tenants et les aboutissements de ce conflit, l’Afrique y avait pourtant joué un rôle déterminant. Cela, tant dans l’effort de guerre que dans la fourniture des matières premières. Mais, ce n’était pas tout. En effet, « épuisée par quatre années de guerre d’une violence sans précédent, l’armée française a besoin de nouveaux soldats. Plus que jamais, « la patrie en danger » fait appel aux forces vives de son empire colonial ». « Mais, les tirailleurs dits « sénégalais » se sont déjà lourdement acquittés de « l’impôt du sang ». Dans un format numérique en 4 volets, Rfi et les Archives nationales françaises reviennent sur la mission de recrutement qui était confié à Blaise Diagne, premier député africain de l’histoire de France. « Comment la France peut-elle encore convaincre l’Afrique de donner ses fils ? C’est le défi lancé par Georges Clemenceau à Blaise Diagne. Le président du Conseil le nomme commissaire de la République. Sa mission ? Recruter pacifiquement plus de 50.000 tirailleurs… », rappelle un communiqué de Radio France internationale. D’après ce document, le premier épisode parle de « L’arrivée à Dakar -Le défi de la République ». Cette partie est en ligne et est déjà diffusée depuis  le  lundi 12 février. Le deuxième, intitulé « De Bamako à Conakry - Une campagne africaine », sera en ligne à partir du 15 févier.  Quant au troisième : « En route pour Ouagadougou -Le sacrifice des chefs Mossi »,  les internautes et auditeurs de Rfi pourront le découvrir en ligne le lundi 19 février. Enfin, le quatrième et dernier épisode parlant du « Retour triomphal à Paris – Et la citoyenneté ? » sera disponible en ligne le jeudi 22 février. 

Ce « long format numérique écrit par Valérie Nivelon, journaliste et présentatrice de l’émission « La marche du monde », avec le conseil scientifique de Zénaïde Romaneix, conservateur du patrimoine aux Archives nationales, et de Jean-Pierre Bat, chercheur associé au Cnrs…», est un  « projet  labellisé « Centenaire 14-18 ».

Aussi, « Médias Monde Rfi propose dans « La marche du monde », un documentaire en deux volets, en collaboration avec les Archives nationales, « Blaise Diagne : une légende franco-africaine », un complément d’enquête mené au Sénégal et au Burkina Faso diffusé les samedi 17 et 24 février à 13h10 en temps universel ».

Ibrahima BA

Découvrir, connaître, accompagner des artistes africains de plus en plus nombreux et porter à l’international ce qu’ils ont à dire, à montrer. L’ambition de la fondation Montresso pour l’art se décline au travers du programme « In-discipline #1 » qui vient d’être lancé à Marrakech (Maroc).

« In-discipline #1 » s’articule autour d’un programme d’aide itinérant à la création et à la diffusion. Il est initié par la fondation Montresso, résidence d’artistes et espace d’art à Marrakech (Maroc). Selon le document de présentation, le programme est destiné aux artistes plasticiens dans une première phase triennale en Afrique, puis dans d’autres régions du monde. « In-discipline » allie temps de création et temps d’exposition sous l’égide d’un artiste référent.

Pour la première édition, la fondation Montresso invite l’artiste Dominique Zinkpé à sélectionner et parrainer quatre artistes béninois : Ishola Akpo, Charly d’Almeida, Gérard Quenum et Nathanaël Vodouhé. De ces échanges et discussions artistiques à Jardin rouge (résidence d’artiste de la fondation Montresso), naît la première exposition « In-discipline # 1 » au cœur de l’espace d’art Montresso durant la Foire 1:54 à Marrakech. L’événement est prévu du 22 février au 31 mars. A cette occasion, les œuvres des artistes Ishola Akpo (photographie), Nathanaël Vodouhé (sculpture et installation), Charly d’Almeida (sculpture), Gérard Quenum (peinture), Dominique Zinkpé (peinture, sculpture et installation), seront dévoilées.

Fondateur de Montresso, Jean Louis Haguenauer rappelle : « L’aventure de Jardin rouge a commencé en 2007 et nous a permis d’accompagner une dizaine d’artistes, tous étrangers et de renommée mondiale. En 10 ans, le projet a su gagner en reconnaissance au niveau international ». Il est temps, à présent, estime M. Haguenauer, de provoquer la rencontre avec les artistes du continent. Sur cet aspect, la Biennale de Dakar, en 2016, était une amorce avec l’exposition, sur l’île de Gorée, de l’artiste franco-congolais Kouka. « In-discipline structure et organise notre volonté d’ouvrir Jardin rouge aux artistes des pays africains y compris le Maroc. Cette ouverture sur le continent est nécessaire autant qu’évidente », relève le fondateur de Montresso.

Le commissaire de l’exposition « In-discipline #1 », Dominique Zinkpé, juge : « Nul ne doute de la richesse culturelle et des expressions créatives de l’Afrique. A grandes enjambées, elle assume ses explorations créatives qu’elle développe avec sérénité.

L’art contemporain, ses artistes et leurs œuvres constituent un des vecteurs de ce développement artistique ».

E. Massiga FAYE

La sociologue-chercheuse Aoua Bocar Ly-Tall dit avoir essayé de « rétablir des pages de l’Histoire africaine écrite par les femmes » dans son ouvrage « De la reine de Saba à Michelle Obama » présenté samedi à Dakar. « Il s’agit, par devoir de mémoire, de participer à une meilleure connaissance de leur (les femmes) contribution à la civilisation universelle en mettant en relief leurs personnalités hors pairs », a soutenu l’auteur qui a été, pendant neuf années, l’étudiante de l’égyptologue sénégalais Cheikh Anta Diop. Elle soutient d’ailleurs avoir écrit ce livre selon « le fil d’Ariane de l’œuvre de Cheikh Anta Diop » et s’inscrire, à l’instar de son mentor, dans cette perspective du rétablissement des pages de l’Histoire africaine écrite par les femmes.

Le livre « De la reine de Saba à Michelle Obama », édité par L’Harmattan Sénégal, présente, au fil des pages, les héroïnes du passé mais aussi celles du présent. Lesquelles sont « des femmes de pouvoir et de savoir », a souligné la sociologue Fatou Sow Sarr. Dans cette sélection de personnalités décrites dans l’ouvrage, il y a entre autres Ndaté Yalla, la reine du Walo, la scientifique féministe Rose Basse, la Première dame noire, maîtresse de la Maison Blanche, Michelle Obama.

APS

L’association « Takku Suxali Salum » qui œuvre pour le développement de la région centre du pays a tenu, ce week-end, la 5ème édition de la Nuit du Saloum ou Nuit du Ngoyane. Cette soirée ayant réuni les fils de cette région naturelle du Sénégal a été l’occasion pour les chanteuses d’exprimer leur talent.

Samedi, le froid glacial qui dicte sa loi à Dakar n’a pu venir à bout de la détermination des ressortissants du Saloum. Ces derniers étaient venus assister à la soirée annuelle de l’association « Takku Suxali Salum » présidée par Kéba Bâ. Pour la circonstance, les jardins de la Maison de la culture Douta Seck ont refusé du monde.

Le nombreux public n’a pas été déçu de la 5ème édition de la Nuit du Saloum, car les artistes ont replongé l’assistance dans le rythme des soirées traditionnelles de Ngoyane, une des identités du Saloum. C’est l’artiste Amy Socé Ndiaye de Ndoffane qui a ouvert le bal avec son orchestre constitué, entre autres, de dames qui ont le secret de faire résonner les calebasses posées à même le sol pour produire un son spécifique à ce genre musical. Avec sa voix accompagnée par la mélodie des pianos et des tambours, c’était la communion totale avec l’assistance. Peu importe. Femme, homme, on se laisse aller à cette danse traditionnelle surtout quand la chanteuse à la voie pénétrante est revenue sur l’histoire de certaines figures historiques, politiques, mais aussi de localités du Saloum. Après Amy Socé Ndiaye, Zahra Mbaye a égayé le public avec ses danseuses habiles. Simon Sène a aussi joué sa partition de même que d’autres artistes du Saloum qui ont rendu la Nuit du Ngoyane, une soirée « Sargal Macky Sall », plus belle.

« SARGAL MACKY SALL »
Kéba Bâ, président de l’association « Takku Suxali Salum », fondée en 2010, s’est félicité de la forte présence à cette soirée. Il a remercié les autorités du Sine-Saloum qui l’ont soutenu dans cette initiative ayant permis de réunir tous les fils de la région. Ce producteur de Ngoyane a expliqué que cette soirée était aussi une manière de « rendre hommage au président Macky Sall ». « Je remercie tout le monde pour la mobilisation exceptionnelle ; tout le Saloum est représenté, de même que les gens de la diaspora et les autorités. Je remercie spécialement le président Macky Sall qui m’a appelé pour m’encourager pour mon travail et aussi le Premier ministre », a laissé entendre l’initiateur de l’événement. Par rapport au thème de cette 5ème édition, « Sargal Macky Sall », Kéba Bâ a indiqué que le chef de l’Etat le mérite parce qu’il a beaucoup fait pour le Saloum en faisant la promotion de beaucoup de responsables de cette zone.

L’objectif de sa structure, a-t-il dit, c’est de réunir les Saloum-Saloum, de les aider, de travailler dans le social, pour le développement de cette région du Sénégal. Le ministre Assane Diop, président du Conseil départemental de Koungheul, a participé à la soirée ainsi que d’autres responsables. Le ministre de la Culture, Abdou Latif Coulibaly, s’est fait représenter par une forte délégation et le ministre de l’Intégration africaine, du Nepad et de la Francophonie, Mbagnick Ndiaye a été représenté par son épouse.

Oumar KANDE


PROMOTION DU NGOYANE : DES ARTISTES DEMANDENT UN CADRE D’EXPRESSION
Même si le Ngoyane est une musique traditionnelle très appréciée par les habitants du Saloum et par l’essentiel des Sénégalais, elle n’est pas très développée. Pour sa promotion, les chanteuses qui disent travailler, jusqu’à présent, de manière traditionnelle, veulent avoir un meilleur cadre d’expression. L’une des porte-voix du Ngoyane, Amy Socé Ndiaye, a laissé entendre que pour développer cette musique traditionnelle qui est à la croisée des chemins, il faut démultiplier les initiatives comme la Nuit du Saloum pour permettre aux artistes de mieux s’exprimer.

C’est pour cela qu’elle a remercié le président de l’association « Takku Suxali Salum » qui permet à ses collègues de communier avec le public et de mieux gagner leur vie. « Kéba Bâ est à remercier pour le travail qu’il mène en faveur du développement du Saloum et de la promotion du Ngoyane », a-t-elle dit.

O. KANDE

Même si le Ngoyane est une musique traditionnelle très appréciée par les habitants du Saloum et par l’essentiel des Sénégalais, elle n’est pas très développée. Pour sa promotion, les chanteuses qui disent travailler, jusqu’à présent, de manière traditionnelle, veulent avoir un meilleur cadre d’expression. L’une des porte-voix du Ngoyane, Amy Socé Ndiaye, a laissé entendre que pour développer cette musique traditionnelle qui est à la croisée des chemins, il faut démultiplier les initiatives comme la Nuit du Saloum pour permettre aux artistes de mieux s’exprimer. C’est pour cela qu’elle a remercié le président de l’association « Takku Suxali Salum » qui permet à ses collègues de communier avec le public et de mieux gagner leur vie. « Kéba Bâ est à remercier pour le travail qu’il mène en faveur du développement du Saloum et de la promotion du Ngoyane », a-t-elle dit.

O. KANDE

Présentatrice de l’émission « 7 milliards de voisins » sur Radio France internationale, Emmanuelle Bastide est une voix reconnue de cette radio qui compte une grande partie de ses auditeurs en Afrique subsaharienne. A Rfi depuis une vingtaine d’années, elle parcourt l’Afrique et le monde en cherchant à croiser les modes de vie du Nord et du Sud.  

C’est toujours comme cela avec les hommes et femmes de radio. On imagine leurs visages derrière leurs voix, surtout quand c’est une voix d’une radio aussi écoutée en Afrique comme Radio France internationale. Emettant à Paris, Rfi trouve une grande partie de son audimat dans les capitales africaines comme Dakar, Abidjan, Ouaga ou Bamako. Dans les couloirs d’un hôtel dakarois qui accueille le gotha mondial de l’éducation pour les besoins de la grande Conférence du Partenariat mondial pour l’éducation, Emmanuelle Bastide se distingue par sa longue silhouette. Pas besoin, cette fois-ci, de sa voix pour la reconnaître au milieu de la pause-café. Emmanuelle Bastide est presque  notre voisine de tous les jours. Elle tient compagnie aux auditeurs africains de Rfi, tous les jours, avec son émission au nom évocateur de « 7 milliards de voisins ». Comme si notre planète est devenue un village où tout le monde communique comme le prédisait le Canadien Marshall McLuhan. La radio qui a devancé ces médias appelés « nouveaux », car assurant une raie d’interconnexion du monde, permet aussi de se faire entendre ou d’être écouter partout dans le monde. A Rfi depuis une vingtaine d’années, Emmanuelle Bastide, avec sa voix, est familière aux auditeurs africains de cette radio qui se dit « mondiale ».

Conceptrice de l’émission « 7 milliards de voisins » qu’elle présente depuis huit ans, elle a voulu, avec ce moment de radio, montrer que nous sommes tous voisins. « Je l’ai créée quand nous étions 7 milliards d’habitants dans le monde. Aujourd’hui, nous sommes 7 milliards et demi. J’ai choisi le terme  « 7 milliards de voisins » parce que  c’est une notion de grandeur et de proximité. C’était aussi une manière de voir comment nous sommes tous  différents et en même proches, et nous  terminerons tous de la même manière, en poussière », dit-elle. Très importante dans la grille de programme de Rfi, l’émission  « 7 milliards de voisins » traite des questions sociétales et des problématiques de développement dans le monde avec surtout un partage d’expérience entre les 7 milliards et demi de voisins de la planète. L’éducation, évidement, occupe une place importante dans cette émission  où, une fois par semaine, elle est traitée, de manière spécifique, par Emmanuelle Bastide et ses invités. Pas adepte du journalisme assis avec seulement la présentation, Emmanuelle Bastide aime aller au contact des faits, du terrain comme elle le dit.

 « Il faut aimer l’Afrique pour travailler à Rfi »
« J’aimais beaucoup aller  sur le terrain même si j’y vais moins maintenant. J’aime  voir les élèves et les enseignants dans les lycées, les écoles, les universités, dans  beaucoup de pays sur le continent africain. Voir aussi  les différences culturelles. Comme  par exemple, pourquoi en Côte d’Ivoire on est attaché à l’uniforme dans les écoles, alors que ce n’est pas le cas au Sénégal ».

 Rfi ou Radio France comme on le surnomme, n’est de France que par le nom. Ses excroissances sont à trouver surtout en Afrique subsaharienne avec des chiffres qui parlent d’elles même. Plus de 80 % d’auditeurs de Rfi sont en Afrique au sud du Sahara. De là à penser que Rfi est une radio africaine, il y a pas beaucoup d’ondes à franchir. C’est peut-être pour cela que « la radio mondiale » est considérée par certains, à tort ou à raison, comme un élément de la politique étrangère de la France. Qu’importe, mais à Rfi, c’est le pouls de l’Afrique qui y est ausculté et souvent aussi, c’est Rfi qui fait battre le pouls de l’Afrique. Même si elle n’a pas d’expérience africaine comme correspondant de Rfi dans un pays du continent, Emmanuelle Bastide connaît bien l’Afrique pour l’avoir parcouru et continue de la parcourir  depuis une vingtaine d’années. Des voyages qui ont renforcé davantage son intérêt pour le continent et son évolution. D’ailleurs, travailler à Rfi suppose, selon elle, aimer l’Afrique. « Si on n’aime pas l’Afrique à Rfi, il faut changer de radio.  Si on travaille à Rfi, il faut aimer l’Afrique. C’est ma devise.  Quand on travaille à Rfi, il faut s’intéresser à l’Afrique, à ses problématiques, à ses défis.  Même si cela peut parfois être décourageant, il faut vraiment nourrir un intérêt intellectuel sur la façon dont le continent construit son avenir ». Précision de taille. Alors, comment la journaliste de Rfi qui parcourt l’Afrique depuis une vingtaine d’années voit-elle l’évolution du continent ? « En 20 ans de voyage, je vois que l’Afrique change trop vite, très vite même.  Quand je commençais à travailler sur l’Afrique, l’Afrique se sentait dans un ghetto où les Africains étaient exclus du jeu mondial. Aujourd’hui, l’Afrique est dans la mondialisation, mais il faut le souligner avec beaucoup  de gens sur le bord de la route ». Jugement sincère d’un témoin, même si c’est de loin. Des propos qui sont aussi loin de l’afro-scepticisme de rigueur dans certains milieux médiatiques français… 

Par Oumar NDIAYE

Avec le décès de l’artiste chanteur Médoune Diallo, une grande figure de la salsa, la musique africaine perd une voix de maître.

L’artiste chanteur Médoune Diallo a fini de jouer sa partition. L’un des maîtres de la salsa africaine est décédé, samedi, à Dakar, des suites d’une maladie. Son timbre vocal si singulier résonne encore dans les oreilles des mélomanes après ses passages dans les groupes comme Africando ou Orchestra Baobab avec des titres à succès comme « Gouyegui », « Sibam ». Réagissant à cette disparition, l’acteur culturel Lat Ndiaye retient du défunt : « Adepte et promoteur de la salsa africaine, il a su participer à l'éveil des consciences citoyennes en se mouvant de scène en scène à travers le monde. Médoune était un ambassadeur de la musique africaine mais aussi de son pays, le Sénégal ». Le même refrain est entonné par l’animateur de Radio Sénégal internationale (Rsi).

« Beaucoup de spécialistes de la musique se sont accordé à dire que Médoune Diallo était l’un des meilleurs chanteurs du pays. Il avait beaucoup de similitudes avec le défunt Mar Seck », témoigne Alioune Diop. L’homme de radio se souvient de ses passages à l’Orchestra Baobab avec ses chansons en pulaar, wolof, mais également le rôle déterminant que le défunt artiste a joué dans l’évolution du groupe Africando.

Pour sa part, le ministre de la Culture salue la mémoire d’une grande voix de la salsa africaine qui s’est éteinte. « Je m’incline avec émotion devant la mémoire de ce musicien au talent extraordinaire qui a marqué sa génération, que ce soit au sein de l’Orchestra Baobab ou à Africando », réagit Abdoul Latif Coulibaly. Selon lui, Médoune Diallo laisse à la postérité un héritage qui prendra la place inestimable qu’elle mérite dans le patrimoine musical international.

E. M. FAYE

Toute chose à une seconde vie. Tel semble être la devise de l’artiste Meïssa Fall, jadis réparateur de vélo. Dans son refuge, au méli-mélo sans nom, celui qui a reçu ce legs du grand-père puis du père, sculpte, taille, forge des figures. Il les fait parler et, comme Ata Messan Koffi, le cinéaste togolais qui lui a consacré un documentaire, appelons le « Griots des vélos ».

Au bout du matin naissant, il faut avoir l’œil perçant du borgne pour ne pas confondre ces sculptures sur la berge du fleuve à côté de l’hôtel Sindoné, avec des êtres vivants. Défiant le temps, ces six pièces sculptées par Meïssa demeurent là depuis une bonne dizaine d’années pour le premier. Ni le froid humide de Ndar, ni la brume provenant du fleuve ne gâcha leur bonne humeur.

Ces effigies sont à l’image de leur « géniteur », sereines, joviales et « free spirit » (esprits libres). Parmi cette population, un T courbé, fait à partir des axes de cycle, avec une forme qui, pour Meïssa rappelle que « le monde va à vau-l’eau ». Ce T, incurvé c’est aussi la table, objet équitable, car on vient au monde dessus et, une fois passer de vie à prépas, on y est installé. Sacré artiste !

Dans ce tas de ferraille – pour non initié naturellement – il y a également un tableau intitulé « La prière rend libre ». Une inspiration, fruit de l’épitaphe de l'ancien camp de concentration nazi de Auschwitz-Birkenau « Arbeitmachtfrei » («Le travail rend libre»).

Pour lui et en référence à ces mots, Meïssa pense que seule la prière rend libre car « beaucoup de juifs ont souffert dans ces camps ». Ces œuvres, c’est aussi « la vache nourricière ». Cet animal métallique, aux tétons faits en bougies de moto (pour innerver le monde d’énergie prophétise l’artiste), renvoie à ce continent noir riche en minerais. Une Afrique qui, néanmoins, connaît tellement de problèmes d’instabilité. Plus tard, en laissant ces œuvres dans leur dialogue incessant avec la brise proche, nous décidâmes de quitter. Cap sur le 14 Rue Saraba Sud Saint-Louis, là où est l’antre de celui qui donne une seconde vie au cycle.

QUEL BEAU MELI-MELO CET ATELIER !
Difficile de dire la taille de son atelier. En tout cas, il est petit avec deux pièces, dont l’un sert de mini-salle d’expo. Alors que l’autre est le lieu des méditations de Meïssa. Il est cool le monsieur, avec ses mains assez rustiques qui souffrent à cause des batailles menées contre le fer pour produire des œuvres.

En ces lieux, les murs sont tapissés d’affiches de différentes rencontres culturelles tenues dans la vieille cité, mais aussi d’une documentation bien drue sur les vélos et autres deux roues. Le reste du décor est assez artistique. Un méli-mélo, de l’encens qui vous titille les narines en cette période si douce. Le tout, sous la supervision de ce créateur sur un tabouret haut qui « divague ». En un moment, il assimile la bicyclette au roi et les attirails attenants à une petite reine qu’il a épousée. On se perd, mais le monsieur à toute une litanie autour du cycle. Il va même jusqu'à convoquer Louis Nucera, auteur amoureux de ce moyen de locomotion, mort par accident alors qu’il faisait du vélo. Ce dernier avait dit : « On a le sens du vélo comme on a l’oreille musicale ».

Ce à quoi répond Meïssa : « Même dans la littérature, le vélo est très présent. On parle de vélo passion, vélo d’humeur, vélo poésie, vélo fou, vélo tendresse…». Ses « délires » sont si structurés et évoquent son amour pour les deux roues. Un penchant qui a débuté avec grand-père, puis papa. Et « j’ai repris le flambeau, pas pour réparer essentiellement des vélos comme eux le faisaient. Non, je leur redonne une vie », dit-il. Un cendrier, une calebasse, un poisson, un chandelier, tout provient des « 1.500 pièces que compte les vélos », soutient-il, le sourire aux lèvres. Il nargue le visiteur.

UNE VIE À CÔTÉ DES CYCLOMOTEURS
Pour l’histoire, il rappelle que cet instrument était jadis destiné aux gens « in fashion ». Maintenant, puisque l’on veut leur faire perdre leur valeur, « je me suis donné comme mission d’être la voix de ces moyens de locomotion ».

Dans cet atelier, tout parle. On y remarque l’arbre de la déforestation pour attirer l’attention sur les méfaits de la disparition de nos forêts. Son sens écolo le pousse à évoquer le cycle, ce moyen de transport non pollueur et aussi le Sénégal Oriental avec les exploitations minières détruisant l’environnement. Mieux, il dénonce « le diktat des motos Jakarta dans ces zones minières ». Lorsqu’il n’allait pas en cours, le petit Meïssa était convoqué à l’atelier, par son père, pour aider dans certaines tâches. L’enfant se trouve une vocation : nettoyer une bougie par-ci, enlever la graisse sur une autre pièce par-là. Dans sa tête, fourmille mille et une figurines nées à travers cette petite besogne, perçue au début comme une corvée. Plus tard, en prenant le témoin, ces images l’aide à aller au-delà de nettoyer un pignon, remplacer un rayon défectueux, ou encore redresser un guidon. Non, Meïssa murmure à l’oreille des pièces, et avec détermination leur insuffle une nouvelle trajectoire.

Mieux encore, au moment de la déchéance du vélo, le sculpteur est mélancolique. Sa ténacité lui permet de se trouver une autre vocation car, comme il le dit, « quand on a rien à faire, on fait de l’art ». Dans sa démarche, quand il parle des vélos, il leur donne un brin d’humanité. Les Solex, les Vespa, les mobylettes, de même que les bicyclettes sont pour lui pourvus en âme.

Suprême sacrilège ! Non. L’artiste pousse le bouchon jusqu'à entonner une récitation avec la juxtaposition des mots. Guidon, rayon, volant, gente, chaîne, pignon, dérailleur… Il ne manquait que la musique pour accompagner ce listing mélodieux.

RÊVES BRISÉS
Au cours de l’échange, l’artiste, casquette vissée sur la tête, barbe poivre sel et bien fournie, regarde le ciel. Il y cherche une certaine inspiration, fait des arrêts et recommence avec verve ses explications. De plus, pour louer la franchise qui doit prévaloir chez les hommes, l’artiste convoque la bicyclette qui est, selon lui, un outil pur, point masqué. Au-delà, renseigne-t-il, « il me suffit d’entendre une moto passer pour savoir l’anomalie ».

Dans sa vie antérieure et jusqu’à présent, l’artiste a un rêve : transformer Saint-Louis en une capitale du vélo en promouvant ce moyen de déplacement et lutter contre certaines maladies. Car, pour lui, faire du vélo devient bénéfique d’autant que « notre ville est enserrée de part en part par le Gandiolé et son sel, Richard-Toll et le sucre venant de la Mauritanie ». Aussi, Meïssa-t-il a voulu faire de grandes sculptures qui devaient meubler les ronds-points et autres espaces publics de la ville. L’objectif, laisser ses empreintes et faire des choses universelles qui impactent sa ville, son continent et le monde. Hélas, les moyens ne suivent toujours pas et l’accompagnement se faisait parfois désirer, se désole-t-il. N’empêche, l’artiste trouve sa dernière exposition au Just 4 U, « très cool, d’autant qu’il y a eu des contacts ». De bons augures.

LA MAÎTRISE DU MINERAI
Louis CamaraLors de nos échanges sur le livre de Djibril Tamsir Niane « Soundjata ou l’épopée mandingue », le défunt et éminent professeur Bassirou Dieng, spécialiste de la tradition orale, évoquant la dualité Soundjata- Soumahoro Kanté, roi du Sosso, soulignait : « La bataille de Kirina opposant, en 1235, l’armée du roi Sosso Soumahoro Kanté et celle de Soundjata Keïta et ses alliés, qui se terminait par la victoire de ce dernier, consacrait le diktat des chasseurs (Soundjata) sur les forgerons (Soumahoro) ». Plus loin, il nous rappelait la toute-puissance du minerai et la force que conférait sa maîtrise. C’est ce qui donnait le caractère redoutable au roi Sosso. Ce contrôle sur le minerai, Meissa l’a, et ce qui lui donne cette facilité à produire des formes qui sortent de l’ordinaire. Il crée à partir du déchet, c’est-à-dire le matériel de récupération.

On ressort de ce méli-mélo avec son sens artistique en éveil. Dans cet espace fait de bric et de broc, on y a vu le bateau « Le Joola », Jean Mermoz également nous a présenté son « Avion » avec lequel il a fait tant de prouesse. Un « Justicier » y a même promis de rendre le monde meilleur. Enfin, l’Afrique des « Masques », des « Oiseaux », des « Poissons », une « Guitare » tant de choses qui ont rendu notre séjour matinal meilleur, sont venus participer à l’échange.

Néanmoins, cet artiste ne maîtrise pas le temps, seul le vendredi, jour de prière, l’intéresse. Artiste jusqu’au culte. Sur le chemin du retour, nos six pièces, imperturbables, se laissent admirer par des touristes. Elles continuent à défier brise et vent.

Par Amadou Maguette NDAW

LOUIS CAMARA, ÉCRIVAIN : « MEÏSSA FALL EST UN HOMME AU DESTIN LIÉ AU MÉTAL »
Meissa Fall recycle des vélos pour en faire des objets d’art, chargés de sens et de symboles. Il entretient un rapport psycho-spirituel avec le métal. Meïssa est un artiste d'un genre particulier, aussi atypique que ses étranges créatures de métal rouillé qu'il a seul le secret de faire naître de ses mains expertes et habituées à travailler sur ce matériau rude, rébarbatif, qu'est le fer. En regardant ce génie de la récupération, j'ai eu, en ce qui me concerne, la curieuse impression d'avoir pénétré dans l'antre d'Ogun, le dieu Yoruba du fer, mais aussi le patron de tous ceux qui travaillent avec ce matériau sorti des entrailles de la terre: chasseurs, agriculteurs, forgerons et aujourd'hui, chauffeurs, soldats ou, comme Meïssa lui-même, mécaniciens ».  Karthala.

Amadou Maguette NDAW

La maison de la culture Douta Seck a abrité, jeudi dernier, une conférence ainsi intitulée : « Création artistique et marché de l’art, entre indépendance et compromission ». Elle a été organisée par la Galerie nationale d’Art et la section sénégalaise de l’Association internationale des critiques d’Art dont le conférencier, l’avocat et collectionneur Sylvain Sankalé, est membre. Il s’est agi de porter la réflexion sur les accommodements ou les réactions possibles du créateur face aux exigences du marché, de son univers d’expression et cette envie de liberté.

Dans le travail de l’artiste, se produisent quelquefois des « interférences » l’exposant à des compromissions. Il se pose alors la question de son authenticité mise en péril par des exigences diverses ou des choix de carrière. Cela le conduit dans ce que Sylvain Sankalé a appelé des « pièges ». Le premier a trait à l’accommodement que l’artiste, « un prestataire de services », peut faire avec la volonté du client pour une raison assez simple : l’artiste a besoin de vivre, de se nourrir. Et sous l’empire d’une préoccupation de carrière, il peut éprouver le désir d’acquérir et d’asseoir une notoriété ; ce qui exige, à ses yeux, très souvent un ajustement. La question est de savoir jusqu’où il peut (doit) aller.

Le créateur adopte certaines attitudes face au marché de l’art et les normes qui fixent les règles du jeu. « Il y a un tournant dans la carrière de l’artiste. C’est ce moment où il sent que le public commence à s’intéresser à son travail. Soit il reste fidèle à ses envies soit il est sensible à ce que disent les galeristes, les collectionneurs… Il y a aussi des artistes qui se reproduisent eux-mêmes, qui ne se libèrent pas du type d’œuvres qui les a rendus célèbres. Ils sont incapables de faire une rétrospective de leur travail parce que cela mettrait à nu leur incapacité à créer.

Quand ils essaient de sortir de cette routine dans laquelle ils croupissaient, le public les rejette. Ils finissent par se stériliser », souligne l’avocat d’affaires. Il est impérieux de sortir de cet univers de succès pour ne pas y être enfermé.

Et quand l’artiste veut se mettre, de manière inconsidérée, à la mode, il court le risque d’y laisser son âme, de perdre son identité. La tentation de plonger dans d’autres « cosmos » de créativité ne doit pas « mutiler » ses capacités intellectuelles, philosophiques… qui lui permettent de s’exprimer et de rester lui-même.

CRÉDIBILITÉ, AUTHENTICITÉ
Il y a aussi, selon Sylvain Sankalé, le « traquenard » de la politique qui peut le pousser à s’abaisser à certaines compromissions. « Aujourd’hui, on n’entend plus parler au moins 80% des artistes qui figurent dans les catalogues des grandes expositions itinérantes sous le président Léopold Sédar Senghor. Et pourtant, la plupart d’entre eux sont en vie mais ils ont sombré dans l’oubli le plus total parce qu’ils ont eu envie, à un moment donné, de complaire au pouvoir politique », rappelle-t-il. L’artiste est également soumis à des forces extérieures et intérieures. Il est parfois, pour mener sa carrière, appelé à se plier aux exigences du marché extérieur, d’arriver à un compromis entre sa sensibilité et ce qui fait vendre, entre son être et la perception des autres. « Il y a des artistes sénégalais connus à l’étranger mais qui n’ont aucune influence au Sénégal car ils avaient des productions exclusivement tournées vers une appropriation par des mentalités étrangères », indique l’auteur du roman « A la mode du pays ». Il lui semble également opportun, pour le créateur, de s’affranchir du conformisme sclérosant, de « ne pas se sentir obligé de représenter un hippopotame attaquant des gens sur une pirogue pour se référer à l’Afrique ».

La réaction de l’artiste face à ces sollicitations et contradictions dépend, à son avis, de sa personnalité. Un créateur peut s’écarter des normes et jouir d’une certaine notoriété et un autre n’être capable que de fulgurances même s’il s’aligne obstinément sur les codes. Ce qui paraît essentiel, de son point de vue, c’est d’asseoir sa crédibilité, de rester authentique, d’imprimer ses vibrations intimes, personnelles.

Alassane Aliou MBAYE

Artiste-comédien de talent,  Mor Bâ s’est très tôt frayé un chemin dans le monde du théâtre. En intégrant en 1973 la troupe nationale dramatique de la Compagnie du Théâtre national Daniel Sorano, il a développé un sens de l’humour à fleur de peau.

L’image est familière, drôle. Sur sa motocyclette, drapé de son éternelle tunique en imprimé wax avec une coiffe trônant sur la tête, l’artiste  comédien Mor Bâ sillonne les artères de la capitale sénégalaise. Cette mise indémodable reste indissociable de son talent de comédien, d’humoriste qui imite comme personne la voix du poète-président  Léopold Sédar Senghor. Cela  lui a permis d’asseoir sa notoriété. Mor Bâ  a également su se construire une identité dans le milieu du théâtre sénégalaise pour  son caractère humoristique et ses différents rôles interprétés dans les pièces de théâtre. Cet humour ravageur se confond avec sa bonne humeur et se lit sur le visage tout autant qu’il se traduit également à travers  les mots qu’il vous adresse dès le premier contact avec lui.

Natif de Ngaye Mékhé, ce septuagénaire  arrive  à Dakar  à l’âge de 10 ans et y passe le plus clair de sa jeunesse. Rien ne prédestinait Mor Ba à devenir comédien. « J’ai fait de la boxe, je me suis exercé  également aux arts martiaux. J’ai même fini par être un homme très costaud qui s’est mis à masser les gens  pour le bien-être de leur corps», raconte-t-il avec un brin de fierté. Cette corpulence finit par bien  payer. Avec son physique, il découvre l’improvisation théâtrale, en 1969, au théâtre national Daniel Sorano grâce à Maurice Sonar Senghor. Ce dernier le voyait  bien pour interpréter le rôle de gardien du Roi Alboury dans la pièce théâtrale « L’exil d’Alboury » de Cheik Aliou Ndao. De là, naîtra une longue histoire entre Mor Bâ et  le théâtre national Daniel Sorano. Il a été embauché en 1973 dans la troupe nationale dramatique. Avec une volonté de fer et  un humour ravageur, Mor Bâ interpréta avec succès les rôles qui lui étaient confiés dans les pièces dont « Pot mi », « L’os de Mor Lam ».

35 ANS À SORANO
Sous le magistère du président Léopold Sédar Senghor, Mor Bâ aura l’occasion de beaucoup voyager à l’étranger avec la troupe nationale dramatique. « Avec ce métier, j’ai pu visiter beaucoup de pays étrangers et surtout de rencontrer d’éminentes personnalités, qui, à chaque fois qu’on finissait de jouer,  nous félicitaient pour notre belle prestation. J’ai même été en Union soviétique, actuelle  Russie, au Koweit,  au  Bahrein, au Qatar, en France où j’ai joué à plusieurs reprises « La tragédie du Roi Christophe », au Maroc, en Tunisie où nous avons été même primés après avoir  interprété la  pièce théâtrale « La grève des Battu » d’Aminata Sow Fall  et la liste n’est pas exhaustive », se remémore l’acteur.

En plus de ce talent qu’il avait l’art de  bien traduire dans ses rôles, l’artiste-comédien Mor Bâ en détenait un autre, celui d’imiter la voix du  président poète Léopold Sédar Senghor  qui, dit-il, restait toujours sidéré après l’avoir imité et dans un français  très correcte. Pourtant, l’ex-pensionnaire  du Théâtre Sorano soutient qu’il n’a jamais fait les bancs. Il a juste  fréquenté l’école coranique. Ce talent d’imitateur de voix, Mor Bâ ne le limite pas qu’au président Senghor. Il le réussit bien avec d’autres personnalités de ce pays. Et dès qu’il commence  à imiter, il le fait de manière drôle. Mor Bâ, on ne peut pas s’empêcher de s’esclaffer car tout est humour en lui, ses paroles, ses gestes, son accoutrement, le tout couronné d’une grande sympathie.

Après  s’être investi 35 ans  durant, Mor Bâ a pris sa retraite du théâtre national Daniel Sorano. Aujourd’hui, le comédien s’est quelque peu retiré de la scène. Toutefois il poursuit des activités parallèles. Même s’il n’a pas voulu trop en parler, il nous confie qu’il a repris son métier de masseur. « J’avais commencé avec ce métier. Avant même d’intégrer Sorano, je le pratiquais.

Maintenant que je suis à la retraite, je reprends mes anciennes activités de masseur. Je remercie Dieu puisque tout ce que j’ai gagné dans ma vie je les dépensais au quotidien pour subvenir au besoin de ma famille », explique-t-il. Non  sans préciser qu’à chaque fois qu’on le sollicite pour une prestation même dans les autres régions du Sénégal, il est toujours prêt à donner beaucoup de lui-même. « J’aime ce que je fais et vu que j’arrive même à changer les humeurs de certains,  je ne cesserai jamais de les faire rire, rire et rire encore », se réjouit-il.

Sur ce registre, l’ancien pensionnaire de la troupe nationale dramatique de Sorano invite les jeunes comédiens à relever le niveau du théâtre au Sénégal. Pour Mor Bâ, la jeune génération fait autre chose mais ne joue pas du théâtre. « A notre époque, il y avait que de grands comédiens et acteurs comme feu  Omar seck et tant d’autres, tous chéris par le président Léopold Sédar Senghor pour leur talent. Il est temps que cette nouvelle vague d’acteurs soient encadrés et bien formés pour assurer une bonne relève », suggère Mor Bâ.

Par Maguette Guèye DIEDHIOU

Johnny Hallyday a rejoint sa dernière demeure le 11 décembre : le rocker, emporté par un cancer à 74 ans, repose désormais au petit cimetière marin de Lorient à Saint-Barthélemy. Un havre de paix, face à l’océan, où Laeticia était venue se recueillir tous les jours jusqu’à son départ pour Los Angeles avec Jade et Joy. Depuis, la quiétude des lieux est quelque peu troublée : fin janvier, déjà, une envoyée spéciale de Nord Eclair rapportait que les fans du chanteur étaient de plus en plus présents sur l’île, arrivant aux abords du cimetière à bord de minivans. Le 23 janvier, il y avait même eu «  un petit embouteillage », poussant la police territoriale à intervenir : « Deux officiers en uniforme ont alors surveillé, de loin, la tombe de Johnny devant laquelle on faisait… la file  », rapportait le journal belge.

Jim Carrey s'en va-t-en guerre. Lavé de tout soupçon dans l'affaire du suicide de son ex-compagne Cathriona White, l'acteur de 56 ans s'est exprimé mardi 6 février 2018 sur Twitter pour pousser un coup de gueule, exhortant ses fans à boycotter Facebook et annonçant qu'il avait pris la décision de vendre les parts qu'il avait achetées. « Je me débarrasse de mes actions Facebook et supprime ma page puisque Facebook a profité de l'interférence russe et n'en fait pas assez pour que ça cesse. J'encourage tous les autres investisseurs qui se préoccupent de notre avenir à faire de même. « unfriendfacebook », a-t-il écrit en légende d'une caricature de Mark Zuckerberg, (fondateur du célèbre réseau social), sans toutefois apporter plus de précisions à son coup de gueule.

Les enfants du Centre Guindi, sous l’encadrement de l’artiste plasticien Kalidou Kassé, ont réalisé une fresque pour le compte du bureau du Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef). Le dévoilement a eu lieu mercredi dans les locaux de l’institution.

Des mines radieuses témoignant un bonheur spontané, une tranquillité naturelle laissant apparaitre une certaine fierté dans la tâche accomplie… La vingtaine d’enfants présents dans les locaux du Bureau régional de l’Unicef apprécient, à sa juste valeur, le travail réalisé sous la supervision de l’artiste plasticien Kalidou Kassé. Issus tous du Centre de réinsertion des enfants de la rue appelé Guindi, ces potaches, sous l’initiative du Bureau du Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef), ont travaillé à la réalisation d’une fresque pour le compte de cette institution internationale.

Ainsi, au-delà de la volonté d’initier ces enfants à la peinture, ce travail revêt tout un symbole. Comme l’a indiqué la représentante de l’Unicef au Sénégal, il s’agit d’une manière de rappeler aux agents de l’institution leur travail de tous les jours consistant à la protection des droits des enfants ainsi qu’à leur bien-être. Cette fresque, a également a noté Laylee Moshiri, est une opportunité de laisser aux enfants le choix de s’exprimer et de participer, de manière symbolique, à la vie à l’intérieur de cet édifice où des décisions allant dans le sens d’améliorer leurs conditions de vie sont au centre des préoccupations.

D’une dimension de 3x1,2 m, le tableau plonge dans l’univers des mômes. Ici, les images, griffonnées au bout de la toile, reflètent les préoccupations de ces gamins très tôt arrachés à la chaleur du foyer. Les représentations de maisons y sonnent comme un leitmotiv. Il en est de même pour ce qui est des scènes amicales, des aires de jeu et certaines plantes décorant l’environnement quotidien.

L’artiste plasticien Kalidou Kassé, qui a assuré l’encadrement, a parlé d’une « démarche qui valorise les enfants ». Il a rappelé l’instant de bonheur qu’il a eu à partager avec ces derniers au bout de deux jours d’atelier. M. Kassé qui a fait part de sa disponibilité d’offrir, tous les mois, une journée sociale au C