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Arts et Culture (607)

Après une mini-tournée en France et au Québec, Céline Dion a sorti un nouvel album, « Encore un soir ». Il s'agit de son premier album en français en quatre ans. Combinant ballade au piano, guitare pop-rock et même des rythmes à saveur hip-hop, l'album « Encore un soir » aborde le deuil mais aussi les retrouvailles, la famille ou encore le bonheur d'être en vie.

La chanteuse avait dévoilé en mai un premier titre intitulé comme l'album « Encore un soir », un hommage poignant à Angélil écrit et composé par son complice de longue date Jean-Jacques Goldman.

La masse paysanne est une force laborieuse qui peut faire mal. Telle est la conviction du syndicaliste Mamadou Diouf, ancien secrétaire général de la Csa, qui publiait, hier, son ouvrage « Paysans et partisans : itinéraire d’une organisation de travailleurs ruraux ».

La cérémonie de présentation et de dédicace de l’ouvrage « Paysans et partisans : itinéraire d’une organisation de travailleurs ruraux » de Mamadou Diouf s’est tenue, jeudi dernier, dans la salle de conférence Mame Ibra Fall de la Maison des travailleurs Iba Ndiaye Diadji à Dakar. Selon l’auteur, ce livre de sept chapitres étayés par des photos légendées est une tentative de systématisation de l’expérience de la Confédération des syndicats autonomes du Sénégal (Csa) en matière de syndicalisation des cultivateurs éleveurs et maraîchers.

Ce projet d’écriture trouve sa source dans l’heureuse initiative prise au milieu des années 70 par le défunt Pr Cheikh Anta Diop et ses compagnons fondateurs du Rassemblement national démocratique (Rnd) qui, très tôt, ont compris la nécessité d’organiser le monde rural, en vue de sa meilleure implication dans tous le processus de prise de décision. D’après lui, cette exigence démocratique qui est en même temps un impératif du développement économique et social fonde l’intérêt de la Confédération des syndicats autonomes pour l’organisation des travailleurs ruraux et le souci de partager son expérience.

L’écrivain a aussi développé la nécessité de former les adultes sur le plan syndical, sans oublier leur alphabétisation. Ce qu’il considère comme une conviction si nous voulons développer notre pays.  A en croire Mamadou Diouf, le monde rural est le véritable lion qui dort dont le réveil peut faire basculer les choses. Par-là, l’auteur veut faire comprendre aux hommes politiques qu’ils n’ont pas le droit de berner 70 % de la population sénégalaise active considérée comme la force paysanne. « Le monde paysan n’a pas conscience de sa puissance. Les politiques leur font la cour en prononçant la langue locale en période de campagne ; mais, ils leur tournent le dos dès qu’ils accèdent au pouvoir en gouvernant avec une langue étrangère », a-t-il déploré, plaidant pour une syndicalisation de la couche paysanne.

L’ancien secrétaire général du Syndicat unique et démocratique des enseignants du Sénégal (Sudes) entre 2004 et 2011 trouve anormal que le paysan (d’aujourd’hui) ne soit pas considéré comme un travailleur. Car, aux yeux de la loi, le travailleur est celui qui a un salaire.  
M. Diouf a aussi abordé le Programme d'urgence de développement communautaire (Pudc) qui devrait s’intéresser à la restructuration des habitats ruraux. Il déplore le fait que nos programmes de gouvernance soient rédigés par des cabinets étrangers. Pour lui, il y a intérêt à s’intéresser aux vrais acteurs. Mamadou Diouf a été secrétaire général de la Csa de novembre 2004 à juillet 2016.  

Serigne Mansour Sy CISSE

« Les Trésors du chaos », nouveau roman du journaliste Habib Demba Fall, vient de paraître aux Editions l’Harmattan Sénégal. Selon une présentation parvenue à notre rédaction, ce texte est une fresque politique et sociale sur fond de convoitises sur les richesses du sous-sol (l’or en l’occurrence), le culte de la personnalité, les rigueurs de la vie quotidienne, le choc culturel, la patrimonialisation du pouvoir, etc.

Différents personnages peuplent ce récit. Chacun d’entre eux porte son histoire dans la grande histoire de son peuple. Leurs trajectoires se tissent entre splendeurs et drames. « Les Trésors du chaos » est un roman qui interroge la conscience citoyenne face aux « démocratures » (tout se passe dans « le Royaume démocratique des Afriques », sous la coupe réglée du « Gardien des équilibres »). C’est un regard critique sur la gouvernance.

Le récit
Dans Sarana, lointaine brousse du Royaume démocratique des Afriques, l’exploitation de l’or passe par le décapage de collines dites sacrées. Les autochtones veillent jalousement sur cette nature authentique qui perpétue la mémoire de leurs aïeux. Surgissent alors les mythes du pays des mille collines. Cette République des baïonnettes s’affaisse alors que monte le culte de la personnalité tissé autour du Gardien des équilibres, le président de cette « démocrature ». Tout converge vers une chute dans les abîmes pendant que prospèrent la violence et l’arbitraire. Dans ce panorama du chaos, voyagent des personnages qui portent leur histoire tragique. Daniel n’est que l’ombre de l’homme intègre qu’il a toujours rêvé d’être. Soukeïna ouvre, sans le finir, le livre d’une vie d’où perlent les drames. Comme un symbole, le dernier mot revient aux délires lucides de Marka, perçu comme un déficient mental.

« Les Trésors du chaos » est un récit à suspense, une fresque politique et une chronique sociale. Le livre sera présenté au public très prochainement. C’est aussi un hommage à trois grands noms des Lettres sénégalaises : Boubacar Boris Diop, Aminata Sow Fall et Amadou Elimane Kane.
Journaliste diplômé du Centre d’études des sciences et techniques de l’information (Cesti), Habib Demba Fall a été rédacteur en chef central, puis directeur des Rédactions du quotidien national « Le Soleil ». Il est l’actuel responsable de la communication de la Société nationale des eaux du Sénégal (Sones). Il est l’auteur du recueil de poèmes « Le Chapelet de rêves » (Acoria éd., Paris, 1997).

Le paysage médiatique de la région de Sédhiou vient de s’enrichir d’une nouvelle radio communautaire, Djassing Fm 93.9, installée dans la commune de Marsassoum par l’Ong World Education et accompagnée pour le financement par Ajws, une Ong américaine.

La nouvelle radio communautaire Djassing Fm 93.9, très longtemps attendue des populations de Marsassoum, a été inaugurée récemment en présence des autorités administratives, municipales, coutumières et religieuses. On notait également la forte présence des populations de la contrée historique du Djassing qui compte, aujourd’hui, quatre communes rurales dont les maires étaient également présents. Le directeur de World Education a saisi cette occasion pour rappeler que Djassing Fm est la 17e radio communautaire installée par cette Ong en Casamance.

Selon lui, toutes ces radios ont pour mission la consolidation de la paix en Casamance, la promotion des cultures dans toutes leurs diversités, mais aussi et surtout le développement économique et social des terroirs qui ne peut pas se faire sans la paix. C’est pourquoi il est demandé à ces radios de mettre l’accent sur le thème de la paix, en montrant ses bienfaits. Les jeunes devront trouver également en ce médium un outil de loisirs certes, mais surtout un moyen d’épanouissement et de sensibilisation sur les fléaux du moment comme le Sida, la drogue, etc. Le président du conseil d’administration de la nouvelle radio, le maire de Marsassoum, s’inscrit dans cette même orientation. La radio sera un puissant vecteur pour lutter contre toutes sortes de fléaux. Finis les déplacements vers la radio de Kalounaye ou de Bignona, pour ne pas dire  de Ziguinchor, pour faire passer un communiqué. Les femmes, par la voix de leur représentante, la 2e adjointe au maire de Marsassoum, Mme Ndèye Khady Dieng, entendent non seulement faire la promotion du leadership féminin, mais aussi s’appuieront sur ce médium pour que toutes les femmes soient sensibilisées davantage sur les questions de développement.

Malamine KAMARA

Le rapport du second trimestre (avril-juin 2016) de l’Observatoire du marché des télécommunications, publié par l’Artp, fait encore état de la baisse des lignes de téléphonie fixe.

Selon le rapport du second trimestre (avril-juin 2016) de l’Observatoire du marché des télécommunications, les parts de marché sont réparties entre les trois opérateurs dans des proportions différentes. En effet, l’opérateur Orange détient 64,82 % en termes de parc, en baisse de 0,35 point par rapport au trimestre précédent. Tigo et Expresso suivent avec respectivement 25,49 % et 9,69 % de parts de marché.

Par ailleurs, ce rapport fait état de la baisse continuelle du parc global de lignes de téléphonie fixe qui s’élève, à la fin de ce trimestre, à 290.524 lignes. Une baisse de 1,8 % par rapport au trimestre précédent. Cet amoindrissement du parc, selon cet organe de régulation, s’explique par un recul de 1,6 % du parc de lignes résidentielles, de 2,39 % du parc de lignes professionnelles et de 1,1 % du parc des lignes publiques. Le taux de pénétration, également en baisse de 0,04 point, s’élève à 2,15 % au cours de ce trimestre. Ainsi, l’opérateur historique Sonatel détient 97,1 % de parts de marché en termes de lignes, en hausse de 0,6 point par rapport au trimestre précédent. Expresso, par contre, détient 2,9 % de parts de marché.
Cependant, le volume de trafic sortant des réseaux de téléphonie fixe est en hausse. Il est estimé à 61,98 millions de minutes au cours de ce trimestre contre 61,76 millions de minutes au trimestre précédent.

En effet, Orange, Tigo et Expresso ont enregistré une croissance respective de 0,77 %, 3,58 % et 6,76 % de leur parc avec un taux de pénétration de la téléphonie mobile qui s’élève à 116,71 % au cours de ce trimestre, soit une hausse de 3,05 points par rapport au trimestre précédent.
Le volume des communications émises par les abonnés des trois opérateurs est estimé à 5,38 milliards de minutes au cours de ce trimestre, en hausse de 3,66 % par rapport au trimestre précédent.

Pour le marché de l’Internet, le parc d’abonnés enregistre une hausse de 4,2% et s’établit, au cours de ce trimestre, à 8.143.086 usagers.
Le taux de pénétration de l’Internet au Sénégal poursuit ainsi sa progression et s’élève à 60,28 % au courant de ce trimestre contre 57,88 % le trimestre précédent, soit une hausse de 2,4 points.

Marame Coumba SECK

Ancienne choriste de talent chez Ouza Diallo, puis au Super Etoile de Dakar, Ramatoulaye Ndiaye dite Shula poursuit une carrière solo dans le style acoustique. La chanteuse compte partager sa recherche musicale avec les mélomanes, ce 11 septembre, à travers un Ep de deux titres. Avec en perspective, une tournée européenne et un double album avant fin 2017.

Quelle est l’actualité musicale de Shula Ndiaye ?
«  Ce 11 septembre, je sors mon Ep « Jammi Rew », un Cd de deux titres. Ce sont deux singles : « Jammi Rew » et « Daniouy Bawounan », qui ont eu à accompagner le « Shula acoustic tour » ; un concept de tournée promotionnelle de mes activités socioculturelles. C’est un concept multidimensionnel qui me permet d’allier musique, actions humanitaires, sociales et échanges artistiques. Je l’ai initié depuis juin 2010, et à un moment donné, il fallait donner quelque chose à écouter aux mélomanes. Il fallait un moment faire un bilan, marquer le temps de la recherche musicale d’un style qui, j’espère, me correspond. Donc, c’est la résultante d’une recherche musicale approfondie sur le patrimoine culturel de mon pays que je vais proposer aux mélomanes. Ce sont des airs traditionnels adaptés au genre musical acoustique, qu’on appelle style du monde. Toute cette combinaison a donné un genre que j’appelle l’afro-folk acoustique. La sortie de « Jammi Rew » s’inscrit donc dans la continuité de promotion du « Shula acoustic tour », mais également pour permettre aux fans d’avoir davantage accès à ma musique. Car jusque-là, j’ai privilégié les spectacles live, les concerts, les tournées plutôt que l’album. Au début, l’objectif n’était pas que Shula sorte un album, mais c’était d’asseoir un concept culturel lui permettant d’utiliser la facette transversale de son art qui est la musique. C’est cette expérience que je suis en train de vivre maintenant.  

Le titre « Jammi Rew », vous l’aviez déjà proposé aux mélomanes…
« Jammi Rew », je l’avais sorti en fin 2011, avant d’aller en tournée en Espagne. C’était presque la période préélectorale ici, au Sénégal, la veille de l’élection présidentielle… Donc, vu la situation d’alors du pays, j’avais besoin de laisser derrière mois, avant d’aller en tournée, un titre qui rappelait l’essentiel, c’est-à-dire la préservation de la paix. Cela, quelles que soient nos convictions religieuses, ethniques, politiques, etc. Par la suite, le soir du 25 mars 2012 m’a trouvé sur scène en Espagne, lors d’un Forum mondial sur les conditions de la femme. Les résultats avaient donné le président Macky Sall vainqueur. Et des médias avaient porté l’attention sur le fait que j’étais sénégalaise, et la situation politique de mon pays avait un écho mondial. Le public avait bien apprécié mon plaidoyer pour la paix et la démocratie fait dans « Jammi Rew »… Vers 2013, j’ai sorti un autre single, « Bawounan », pour montrer musicalement aux fans toute une symbiose de choses concoctées à partir du patrimoine traditionnel lébou. Ces deux titres ont été retravaillés du point de vue son pour les regrouper dans cet Ep…

Pourquoi le choix de l’acoustique ?
A force de faire les tournées entre le Sénégal et l’Europe, les promoteurs, les tourneurs, entre autres, qui t’ont à l’œil, l’artiste se doit d’être indépendant musicalement. Par rapport au choix musical, le genre acoustique n’était pas aussi populaire au Sénégal, mais on a nos grands frères qui ont montré la voix. Nous, la  jeune génération qui a épousé ce genre musical, avons notre rôle à jouer en termes de travail artistique pour pouvoir se projeter dans la continuité de ce qui a été fait par les Baaba Maal, Ismaël Lô, El Hadj Ndiaye, Seydina Insa Wade, etc. Moi, c’est mon option et j’essaie de la défendre. Parce que c’est mon expression, mon univers artistique…

Quel premier bilan tirez-vous du concept « Shula acoustic Tour » ?
La tournée « Shula acoustic tour » a pour thème « Paix et développement local. Quelle mission pour les femmes et la jeunesse ». Et le concept nous a offert beaucoup d’ouvertures sur le plan musical. Beaucoup d’opportunités. J’ai découvert d’autres horizons qui, certainement, travaillent avec la musique, mais que je n’avais jamais eu l’expérience de connaitre. La tournée m’a permis de vivre cela. Là, j’ai deux à trois projets en cours de réalisation, où on me verra utiliser l’art. C’est un engagement en faveur de la paix, de la femme, de la jeunesse. Depuis 2010, j’ai eu des opportunités de valoriser ma recherche musicale, d’aller en Europe, en Espagne, pour des plaidoyers en faveur de la femme lors d’un forum mondial de la femme. Je vis l’approche transversale de la musique. C’est un divertissement, mais c’est en même un moyen de développer mon engagement. On voit qu’il y a des problèmes de santé et d’éducation en Afrique ; mais une Afrique qui reste positive. Alors moi, je mise sur les femmes et la jeunesse. C’est dans ce contexte que je me pose la question : quelle doit être ma mission en tant que jeune, femme et artiste ? Cette interrogation m’a permis de créer une plateforme culturelle pour pouvoir parler de ce qui ne va pas, mais également de ce qui marche.

Et c’est pour quand le prochain album de Shula ?
Là, en plus de cet Ep, je vais sortir d’autres  titres pour me permettre de développer davantage mon audience sur le plan international. Et je compte sortir un double album en fin de l’année 2017.
Je suis également en train de préparer une tournée européenne.

Propos recueillis par Omar DIOUF

La solution ProCollect, développée par l’agence digitale sénégalaise People input, s'est vue décerner le trophée de la « Meilleure solution pour entreprises » lors de l'édition 2016 du West Africa com awards, le plus grand événement télécoms et digital d'Afrique de l'Ouest, tenu en août dernier.

En vue de remédier à l'absence de données statistiques fiables dans la plupart des entreprises, l'agence digitale People Input a mis en place une solution technologique dénommée ProCollect. Ce système de recueil d'informations moderne permet aux entreprises de collecter, traiter, analyser et numériser des données statistiques dans des délais record.
Cette nomination intervient suite au vote d'un panel de juges composé d'experts reconnus dans les métiers du digital aux West Africa com awards. ProCollect offre la possibilité aux entreprises de disposer, en temps réel, des informations commerciales et marketing fiables de la gestion des ventes, des sondages et des études de terrain et aide ainsi à la prise de décision commerciale pour les acteurs économiques.

« Les marchés africains sont caractérisés par un manque évident de données statistiques fiables ; ProCollect est la réponse apportée à ce besoin », a déclaré Serigne Barro, directeur exécutif de People Input. Il soutient que, grâce à cette innovation, toute entreprise peut, dans des délais courts, disposer d'une solution clé en main de collecte, de géolocalisation et d'analyse de données. L'originalité de ce produit révolutionnaire réside également dans son caractère de haute pointe technologique. En plus de permettre un gain de temps considérable, les données saisies sont sauvegardées sur un serveur sécurisé et accessible via une interface web dédiée.

Abdou DIAW

La Maison des écrivains « Keur Birago »  a accueilli, hier, la cérémonie de présentation et de dédicace du dernier ouvrage d’Aïssatou Cissé, conseiller spécial à la présidence de la République. Intitulé « Un secret trop lourd », ce roman est un plaidoyer contre  l’exploitation abusive des femmes de ménage.  

Aïssatou Cissé n’est pas seulement un écrivain. Elle porte un combat acharné contre l’injustice sociale, en portant la voix des sans voix. Entre humanisme et humilité, la lauréate du Prix de la créativité  de la Maison Naaman, au Liban, en 2007,  est un modèle à offrir à la postérité.  Parmi ses qualités, a rappelé le ministre de la Santé et de l’Action sociale, Awa Marie Coll Seck, qui a présidé, hier, la cérémonie de présentation et de dédicace de son nouvel ouvrage, figure son sens des relations, son dynamisme et sa forte personnalité.  
Des valeurs confirmées par Alioune Badara Bèye, président de l’Association des écrivains du Sénégal (Aes) et que  transpire sa nouvelle œuvre parue aux Editions Maguilen. Ce livre, comme l’a rappelé son éditeur, sera bientôt porté à l’écran.  « Un secret trop lourd », titre de  ce bouquin, traite de l’hypocrisie et de la méchanceté de notre société. L’auteur y aborde la situation parfois désastreuse des travailleuses domestiques. Aïssatou Cissé s’est inspirée d’une histoire réelle pour transporter ses lecteurs dans un décor riche en émotion et plein de rebondissement.  Elle parle de l’histoire d’une jeune domestique engrossée par Saïd, le jeune frère de son employeur. Ainsi, « contrainte et abusée », elle a suivi le jeune homme, « en pleine nuit, pour déposer leur petit à la porte d’une maison dans le quartier résidentiel de Fann Oc ».

L’histoire de Khar est similaire à celle des milliers de jeunes femmes venues de la campagne pour travailler comme domestiques dans des familles urbaines. Ces dernières sont exploitées au quotidien, violées et atteintes dans leur dignité de femme. Ce roman, en même temps qu’il fait un plaidoyer contre l’injustice faite à cette couche vulnérable, cherche à monter une autre alternative à l’enfant abandonné.  Pour l’auteur, il s’agit d’une invitation adressée à ces filles-mères et à ces femmes dans le désarroi, plongées dans une profonde détresse, se retrouvant dans une situation précaire, sans moyens financiers, livrées au regard accusateur d’une société intolérante qui n’hésite pas à se substituer à Dieu qui, Lui, pardonne tous les jours.  « Elles sont impuissantes face à la justice de la communauté, alors incapables d’acquérir une autonomie. Ce qui explique,  entre autres, que de nombreux enfants soient très souvent déplacés pour être exploités, notamment dans les foyers nantis, comme domestiques, dans des activités industrielles où il y a aucune réglementation… », écrit-elle.

L’infanticide, ce mal…
Au Sénégal, note Aïssatou Cissé, 80 % des femmes emprisonnées le sont pour infanticide. Ce qui constitue, à ses yeux, un  mal qui doit interpeller toute la société.   « Un secret trop lourd » se pose comme une alternative face à cette situation désastreuse. Il porte la voix des sans voix. L’auteur, tel Prométhée, apporte une lumière divine à une couche en détresse subissant de plein fouet l’injustice  d’une société hypocrite et utilisant ses filles comme de la  chair à canon.

Le Pr Massamba Guèye a salué l’ingéniosité de l’auteur à travers l’utilisation d’une technique lapidaire  pour la présentation de ses personnages. Mais également les phases simplistes « qu’on retrouve dans les bons romans du 19 siècle ». Dans un mélange de langues savamment orchestré, Aïssatou Cissé plonge ses lecteurs dans un décor de mouvement où chaque personnage suit le destin décidé par le narrateur. A la fin du roman, comme le note si bien le Pr Guèye, l’auteur pousse le lecteur à s’inquiéter.  Elle s’approprie cette belle assertion d’André Gide : « Inquiéter, tel est mon rôle ».
Conseiller spécial du président de la République, Aïssatou Cissé est handicapée de naissance. C’est à l’âge de 18 ans qu’elle fit ses premiers pas dans l’écriture.  Aïssatou est l’auteur de « Zeïna », son premier roman, en 2002, mais aussi de « Linguère Fatim », deux ans plus tard.

Ibrahima BA

L’Association sportive et culturelle (Asc) Kipp de Hann organise, aujourd’hui, une soirée de gala afin de soulever des fonds pour couvrir les charges liées à ses activités de vacances et l’animation de vie de son quartier.
Assane Ndiaye, président de l’Asc Kipp  de Hann, souligne que la soirée de gala,  qui aura lieu aujourd’hui, au Karaoké des Maristes, sera animée par les frères Guissé et des artistes locaux.

Le but est de collecter des fonds dans le but de préparer la saison en vue.  Les retombées vont ainsi couvrir des frais de l’association tant sur le plan sportif (regroupement et déplacement des joueurs, nourriture…) que culturel avec la troupe théâtrale « Kaadou askanwi ». L’Asc Kipp de Hann, par ces activités, apporte sa pierre à l’édifice du développement communautaire. De 1985 à nos jours, l’association apporte sa contribution au paysage  sportif et culturel.
Les frères Guissé, natifs de Yarakh, ont  accepté de porter le flambeau de cette soirée de gala. Ces leaders porteurs de voies, selon Assane Ndiaye, inspirent et font la fierté de la jeunesse de l’Asc Kipp.

« La gestion de la citée incombe à tous. En ce sens, nous demandons à tous les résidents, natifs et sympathisants de se joindre à la partie. Nous invitons aussi toutes les associations sportives et culturelles surtout celles de proximité comme Kassanka, Wadiour… », a lancé le président de l’Asc Kipp de Hann. Un appel adressé également aux habitants des Maristes, Castors, Yarakh, bref, de tout Dakar.

Yaye Awa Ly Ngoné SARR (Stagiaire)

 

Ericsson vient de publier une nouvelle étude intitulée « Experience shapes mobile customer loyalty » (« L'expérience conditionne la fidélité des clients mobiles ») sur les habitudes de consommation des utilisateurs de haut débit et de smartphones.
Selon un communiqué de presse, cette étude montre notamment que la fidélité des consommateurs ne peut plus être mesurée de façon traditionnelle. Le développement de la vidéo a bouleversé les habitudes et augmenté l’exigence de qualité, de connexion.

Le rapport de l’étude montre que les utilisateurs de smartphones qui font face à 11 problèmes ou plus, par semaine, sont environ deux fois plus susceptibles de penser à changer d’opérateur. Sachant que deux utilisateurs de smartphones sur cinq affirment qu'ils font face à plus de 11 problèmes au moins chaque semaine (notamment avec le streaming vidéo)…
Le rapport propose six profils de fidélité de consommateurs différents pour quantifier les motivations et préférences des utilisateurs de téléphones intelligents vis-à-vis de leur opérateur.
L’étude qualitative et quantitative a été menée auprès de 15.000 utilisateurs de smartphones dans 14 pays.

Le ministre de la Culture et de la Communication, Mbagnick Ndiaye, a procédé, hier, à la pose de la première pierre pour la construction des mausolées de l’Almamy Maba Diakhou Bâ à Fadane et de Bour Sine Coumba Ndoffène Famak à Ndoffane Nomad (Commune de Thiaré), pour un coût global de plus de 30 millions de FCfa. C'était  en présence des familles des deux disparus et des autorités administratives et locales. A cette occasion, le ministre a annoncé la réhabilitation des sites historiques de Thiaré, Bofe, Fadial et Mbissel.

L’Almamy Maba Diakhou Bâ repose à Mbel Fadane où s’est terminée la bataille l’opposant au Bour Sine Coumba Ndoffène Famak, communément appelée la bataille de Somb, le 16 juillet 1867.  Sur ce site historique, son mausolée a été construit. Aujourd’hui, l’Etat, à travers le ministère de la Culture et de la Communication, a décidé de réhabiliter le mausolée.

A l’occasion de la pose de la première pierre pour la construction de  ce mausolée, Mbagnick Ndiaye a indiqué que ces travaux s’inscrivent dans le cadre du Projet de préservation des sites et monuments historiques du Sénégal. Il a ajouté qu’au ministère de la Culture, il y a une direction du patrimoine historique classé qui recense  à la fois les sites historiques et s’occupe du patrimoine matériel et immatériel.  Dans son allocution, le ministre a rappelé ce que représente le peuple sérère et la communauté Al pulaar de Nioro, notamment  l’histoire  qui a opposé l’Almamy Maba Diakhou Bâ  au Bour Sine Coumba Ndoffène Famak.  

Selon lui, depuis tout le temps, son département essaye de préserver ces lieux de mémoire, ces endroits historiques. Aussi, dans le cadre de la politique de décentralisation, a-t-il-dit, son ministère a décidé d’appuyer les collectivités locales. C’est ainsi que la commune de Thiaré  a  sollicité son appui pour préserver ces lieux de mémoire. Aujourd’hui, a-t-il-renchéri, il a été  décidé, dans le budget de son ministère, de mettre l’accent sur le mausolée de  Maba Diakhou Bâ qui a commencé à avoir un début de préservation très sommaire, et celui de Coumba Ndoffène Famak. 

Sur le coût des travaux, Mbagnick Ndiaye a signalé que cela va varier en fonction de la nature et des sollicitations des populations. Mais, pour le moment, il a été retenu 15 millions de FCfa pour chaque mausolée. Au-delà de cette enveloppe, a-t-il-précisé,  il y a  la possibilité d’avoir un avenant de 30 % du montant global. Les travaux vont durer  4 mois pour chaque mausolée.

Sites funéraires
Par ailleurs, Le ministre a annoncé la réhabilitation des sites de Thiaré et Bofe. Le ministère de la Culture pense également à réhabiliter les sites funéraires de Fadial et Mbissel, mais aussi les canons   de Ndakhonga  et d’autres sites identifiés. Mbagnick Ndiaye a, en outre, fait savoir que son ministère va étudier l’utilité de réaliser une bibliothèque à côté du mausolée de Maba Diakhou Bâ. Après Fadane, le ministre et sa délégation se sont rendus à Ndoffane Nomad pour procéder à la pose de la 1ère pierre du mausolée de Bour Sine Coumba Ndoffène Famak qui a régné de 1853 à 1871. A la fin de la visite, les représentants des deux familles ont remercié le président de la République ainsi que le ministre de la Culture et de la Communication pour les nombreuses actions au profit des populations. 

Oumar  Ngatty BA

Le Tribunal des pairs du Conseil pour l’observation des règles d’éthique et de déontologie dans les médias (Cored) vient d’adresser un blâme aux journaux Observateur, Libération, Le Populaire, Le Témoin et Le Quotidien pour manquement « grave » à l’éthique et à la déontologie. Cette décision fait suite à la publication simultanée d’une même interview de Abou Abel Thiam, responsable politique de l’Apr, par ces cinq journaux.

Le Conseil pour l’observation des règles d’éthique et de déontologie dans les médias (Cored) n’a pas finalement tergiversé pour prendre une sanction contre un écart professionnel qui avait fini d’impacter de plein fouet la crédibilité du métier du journalisme au Sénégal. Le Tribunal des pairs du Cored vient d’adresser un blâme aux quotidiens L’Observateur, Libération, Le Populaire, le Témoin et Le Quotidien. Lesquels avait publié simultanément, le 03 août dernier, une interview de Abou Abel Thiam, responsable politique de l’Apr et président du Collège des délégués de l’Autorité de régulation des postes et des télécommunications (Artp). En effet, « la similitude des

textes, des chapeaux, des questions et des réponses, sous la signature de différents journalistes, avait paru suspecte aux membres du Tribunal des pairs et induit des soupçons d’auto-interview, de manipulation, voire de conflit d’intérêts ». Ce faisant, a expliqué Mamadou Thior, un des membres du Tribunal des pairs, « pour élucider cette situation », le Cored « a adressé une correspondance à tous les journaux concernés, les 17 et 18 août derniers, en vue d’obtenir un éclairage sur la publication, le même jour et en des termes identiques », de ladite interview.

Selon lui, trois de ces journaux (Libération, Le Populaire, L’Observateur) ont répondu à la saisine. « Dans leurs réponses, les responsables des quotidiens incriminés estiment être victimes d’une manipulation et affirment que leur bonne foi a été abusée par Abou Abel Thiam… », a informé M. Thior.

Manquement « grave »
Pour le Tribunal des pairs du Cored, « il y a eu, de la part de M. Thiam, une manipulation des médias et, plus grave, une grande complaisance des journaux mis en cause qui ont accepté de signer et publier l’interview élaborée à l’extérieur ». Aussi, a-t-il ajouté, « cette dissimulation aux lecteurs de la provenance du texte de l’interview, de surcroit signé par un journaliste, constitue un manquement grave à l’éthique et à la déontologie des journalises et aux principes de transparence ».

Il s’agit également d’une pratique mettant en cause la crédibilité et l’indépendance rédactionnelle des journalistes ainsi que celles des médias. Aux yeux de Mamadou Thior, cette attitude consistant à endosser des articles écrits par des tiers, sans en mentionner les auteurs, tend à faire croire que la rédaction accepte, pour des raisons « inavouées », des consignes, directes ou indirectes, d’un commanditaire qui cherche à faire, sans apparaitre, sa propre promotion.

« Le Tribunal des pairs condamne cette pratique qui n’honore guère les journalistes et les rédactions coupables, encore moins le commanditaire », a-t-il indiqué, tout en rappelant qu’il n’est pas interdit aux rédactions de publier des textes venants des tiers toutefois, celles-ci sont tenus de mentionner clairement l’origine, la source et/ l’auteur, afin que le public soit édifié. 

De l’avis de Bacary Domingo Mané, président du Cored, l’affaire est « gravissime ». C’est pourquoi d’ailleurs, ils ont opté, pour le deuxième échelon, des sanctions prévues par l’instance de régulation. Dans ces manquements, regrette le Cored, aucun des quotidiens concernés n’ait cru devoir présenter ses excuses à ses lecteurs « abusés par cette faute grave ».

Par ailleurs, a indiqué M. Mané, le Cored prévoit de mettre davantage l’accent sur la pédagogie. De ce fait, il va prendre son bâton de pèlerin pour sensibiliser les médias sur les conduites à tenir.

I. BA

Le directeur de la Communication, Alioune Dramé, a annoncé, hier, la tenue d’un séminaire, les 22, 23 et 24 septembre, à Saly, pour la validation définitive du texte portant sur le nouveau Code de la presse. Initié par le ministère de la Culture et de la Communication, ce séminaire regroupera l’ensemble des organisations de la presse, la société civile et les parlementaires.

Dans un contexte de bouleversement du secteur marqué par une pluralité des vecteurs de l’information et de la communication, mais aussi d’une multiplication des dérives dans la presse, le gouvernement du Sénégal est décidé à faire adopter le nouveau code de la presse. C’est du moins l’annonce faite, hier, par le directeur de la Communication. Pour Alioune Dramé, à l’initiative du ministère de la Culture et de la Communication, un séminaire est prévu, du 22 au 24 septembre, à Saly, pour la validation définitive du texte, lequel sera déposé dans les plus brefs délais sur le bureau du président de l’Assemblée. « Nous voulons que le nouveau Code de la presse soit voté avant la fin de l’année 2016 », a-t-il rassuré.

La rencontre de Saly va regrouper l’ensemble des organisations de la presse, la société civile ainsi que les parlementaires. « Au niveau du ministère, nous avons retravaillé le texte à partir surtout des critiques formulées par l’Assemblée nationale par rapport à la dépénalisation des délits de presse. Nous allons transcender ce problème en l’excluant du code », a indiqué M. Dramé. En outre, a-t-il souligné, en collaboration avec l’Association des professionnels de la presse en ligne (Appel), les exigences des nouveaux médias ont été inclus dans le troisième volet du code.

Pour le directeur de la Communication, avec les récentes retouches, le texte du nouveau Code de la presse est devenu plus « cohérent » et « actuel ». Et son vote, a-t-il renchéri, permettra d’accompagner les journalistes à travailler dans les meilleures conditions possibles, d’aider la presse à s’épanouir et les entreprises de presse à se pérenniser. D’après Alioune Dramé, le Code de la presse compte mettre en place, au bénéfice du public, un cadre juridique cohérent et transparent, garantissant la liberté de presse et favorisant une concurrence saine et loyale entre les divers opérateurs et répondant à l’évolution technologique, politique et juridique. Il garantit la production et le développement d’informations, de programmes et services de qualité contribuant à l’éducation, à l’épanouissement culturel, scientifique, moral, social et économique des citoyens.

Meilleures conditions
Selon M. Dramé, une fois voté, ce texte permettra de renforcer les missions de service public de la presse en confortant sa vocation généraliste, c’est-à-dire informative, éducative et ludique, en consolidant l’unité de la Nation, tout en favorisant le désenclavement des régions et des localités, ainsi que le développement socio-économique et culturel du Sénégal. «  Le code vise à promouvoir l’exercice de la liberté de la presse et garantir les libertés d’expression, d’opinion et de communication, dans le respect de la dignité de la personne humaine, de la vie privée des citoyens et de l’expression pluraliste des courants de pensée et d’opinion », a-t-il fait comprendre. Le texte du nouveau Code de la presse avait été élaboré en 2010. Mais, il est toujours bloqué à l’Assemblée nationale à cause d’une divergence autour de la dépénalisation du délit de presse.

Ibrahima BA



Le ministre de la Culture et de la Communication procédera demain jeudi, à 10h, au lancement officiel des travaux de construction des mausolées de Bour Sine Coumba Ndofféne Famak à Ndoffane Nomad et de Maba Diakhou Bâ à Fadame.

Cette cérémonie, entre dans le cadre de la mise en œuvre de son Programme national de réhabilitation des lieux de mémoire et de culte de notre patrimoine historique.
Selon un communiqué de presse, après le Sine, Mbagnick Ndiaye se rendra très prochainement au Fouta Toro pour la réhabilitation de la vieille mosquée d’El hadji Omar à Halwar et celle de l’Almamy Abdel Kader Kâne à Kobilo, avant d’aller en Casamance où la plus vieille église de Casamance à Carabane ainsi que les mosquées de Karantaba et Baghère seront, également, réhabilitées.

« Ce programme de réhabilitation qui s’intègre dans la vision de territorialisation des politiques publiques de Son Excellence Monsieur Macky Sall, président de la République, ambitionne de contribuer à la revalorisation de notre patrimoine culturel et à la promotion des cultures des terroirs pour un développement local durable », souligne le document.

La réhabilitation de ces sites historiques qui cristallisent la mémoire collective de notre Nation est un devoir historique qui participe de la réappropriation des valeurs de notre patrimoine et de leur transmission aux générations futures.

La réalisation de l’ensemble de ces travaux bénéficie d’une dotation budgétaire de 610.000.000 de FCfa octroyée au ministère dans le Budget consolidé d’investissement 2016.

O. DIOUF

 

Dans le cadre de la matérialisation du concept « Caay Cees » ou « Viens à Thiès », le maire de la ville de Thiès, Talla Sylla, et le Conseil municipal ont organisé, hier, mardi,  dans la salle de délibération de la Ville de Thiès, une cérémonie de présentation et de dédicace de l’ouvrage intitulé « Sur les traces d’Alioune Badara Bèye ».

« Venu au monde en septembre 1945 à Saint-Louis du Sénégal pour mettre fin à la Seconde guerre mondiale » et se révéler plus tard au monde par l’écriture, Alioune Badara Bèye a marqué son époque en tant qu’écrivain, dramaturge, poète, romancier, scénariste et aussi ancien footballeur talentueux…

Agé, aujourd’hui, de 70 ans révolus, le président des écrivains du Sénégal, Alioune Badara Bèye, a été approché par deux auteurs, Pape Ibnou Sarr et Abdoulaye Fodé Ndione, pour retracer la vie de l’écrivain à partir d’échanges directs ponctués d’anecdotes, de souvenirs. 

Dans cet ouvrage, Béye a été l’objet, le sujet, autour duquel MM. Sarr et Ndione, à travers des questions et des réponses, ont levé un coin du voile sur l’homme depuis son adolescence. Le tout assaisonné de témoignages poignants émanant des femmes et hommes de sa famille, des écrivains qui l’ont côtoyé durant des années.

Talla Sylla reçoit le prix « Ragnee »
Devant le micro d’une salle remplie et mise bien au chaud par les prestations d’artistes qui ont revisité les multiples facettes de la culture sénégalaise, Alioune Badara Béye a lancé :« Je suis très ému par la chaleur de l’accueil, de mon amitié avec le maire Talla Sylla, la présence du monde des écrivains, des anciennes gloires du football, du Grand Serigne de Dakar, Abdoulaye Makhtar Diop, entre autres personnalités ».

Selon M. Béye, dans une ville dirigée par le maire Talla Sylla,  un pur créateur, produit de la culture du pays et où le premier magistrat de l’histoire de cette Cité du Rail fut le poète - président Léopold Sédar Senghor, une icône mondiale littéraire ; Thiès, la terre de Mbaye Gana Kébé, Sada Waïndé Ndiaye, du Professeur agrégé en Lettres classiques Oumar Sankharé, constitue un noyau dur dans la vie littéraire du Sénégal. « Avec Fama Diagne Sarr, Moussou Diabakhaté entre autres écrivains, la relève est assurée », a-t-il confié.

Pour marquer sa gratitude et sa reconnaissance au maire de la ville de Thiès pour avoir organisé en son honneur la cérémonie de dédicace et de présentation de l’œuvre « Sur les traces d’Alioune Badara Bèye », le patron des éditions Maguilène a remis « le Prix Ragnee » au maire Talla Sylla. Un geste bien apprécié par le public thiessois présent qui a applaudi à tout rompre cette marque de sympathie à l’égard de leur premier magistrat.

Prenant la parole juste après Alioune Badara Béye, le maire de la ville de Thiès a exprimé tout le plaisir des citoyens de la capitale du Rail d’accueillir une sommité de l’écriture de la trempe d’Alioune Badara Bèye. « J’avais écrit des mots sur lui mais je ne lirai pas le discours. Par contre, je le lui remets à titre personnel », a déclaré Talla Sylla. Aussitôt après, il s’est lancé dans des envolées lyriques puisées de la pièce de théâtre écrit par Alioune Badara Bèye, « Nder en flammes ». Ce fut l’extase dans la salle et sur le présidium où était assis, parmi les hôtes, le Grand Serigne de Dakar, chef supérieur de la Collectivité lébou, vice-président à l’Assemblée nationale, Abdoulaye Makhtar Diop.

Dans son adresse, ce dernier a demandé au maire Talla Sylla de bien croire à toutes les caractéristiques dont il a eu droit cet après-midi de dédicace d’un livre certes, mais surtout d’un moment  solennel ayant permis de se ressourcer dans le substrat culturel sénégalais aux valeurs de la « Téranga », du respect mutuel, d’échanges d’amabilité. « Bref, du culte de la paix et de la fraternité si cher au peuple sénégalais », a-t-il martelé.

Pour le Grand Serigne de Dakar, il ne saurait en être autrement pour ce « sacre » d’Alioune Badara Béye malgré son humilité légendaire. « Car, de par sa plume alerte, il a fini de montrer qu’il est un homme de valeur ; nous sommes tous fiers de lui et ravi du fait que cet ouvrage va permettre de faire mieux connaître l’ homme », a indiqué Abdoulaye Makhtar Diop.

Mbaye BA 

Le Sénégal vient d’adopter les instruments d’adhésion à la Convention 108 du Conseil de l’Europe pour la protection des personnes à l’égard du traitement automatisé des données à caractère personnel et à son protocole additionnel, concernant les autorités de contrôle et les flux transfrontières de données. Cette convention et protocole entreront en vigueur le 1er décembre prochain.

Avec son adhésion à la Convention 108 du Conseil de l’Europe, le Sénégal vient d’entrer dans une ère de développement d’un business éthique sur les données à caractère personnel. Cette convention et son protocole entreront en vigueur au Sénégal en décembre 2016. D’après un communiqué de la Commission des données personnelles (Cdp), la validation de la demande d’adhésion du Sénégal par le Comité des ministres du Conseil de l’Europe lors de leur 32ème réunion plénière au mois de juillet 2015 à Strasbourg en France, la réunion du Comité ad hoc sur la protection des données personnelles (Cahdata) et la Conférence internationale portant sur la Convention 108 qui se sont tenues du 15 au 17 juin 2016 à Strasbourg, ont permis au Sénégal de réaffirmer son engagement à adhérer à ladite Convention.

En outre, note-t-il, au niveau national, le Conseil des ministres qui s’est tenu le 08 juin 2016 a adopté le projet de loi autorisant le président de la République à ratifier la Convention. Et c’est par la suite que l’Assemblée nationale a voté la loi le 24 juin 2016, qui a permis la signature des instruments de ratification, le 3 août dernier.

Libre circulation des informations nominatives
Le Sénégal devient ainsi le 50ème Etat partie de la Convention et le deuxième pays au niveau africain, après l’Ile Maurice, à avoir ratifié cette dite Convention. « Le Sénégal est aujourd’hui, à l’image des 49 autres pays ayant adopté la Convention 108, une destination privilégiée pour les investissements relatifs à la fourniture de services numériques. Avec un référentiel juridique similaire, les pays de la Convention 108 ont un espace commun de libre circulation des informations nominatives », informe le document. Il ajoute que notre pays est devenu attractif pour les entreprises étrangères, et partout les sociétés nationales peuvent prétendre au marché extérieur de commerce de service.

Selon la Cdp, cette adhésion allège les procédures de conformité à la législation sur la protection des données à caractère personnel. Car « la Convention renforce le cadre juridique sénégalais, et le protocole additionnel crée un espace commun naturel d’échange et de facilitation des flux transfrontières de données ». C’est également une occasion de lever les lourdeurs procédurales.

Ibrahima BA

 

Conseiller en organisation au Bureau Organisation et Méthodes, l’écrivain Oumar El Foutiyou Bâ vient de faire paraître aux Editions Salamata, « Echec et Mat, Mister Président ». Ce roman sous forme d’un thriller aborde l’affaire des armes iraniennes, survenue il y a quelques années, les relations entre le Sénégal et la Gambie, le conflit en Casamance… Dans cet entretien, l’auteur revient sur l’intérêt d’écrire sur de ces thématiques considérées parfois comme des sujets sensibles.

Dans votre dernier ouvrage « Echec et Mat, Mister Président », vous abordez la problématique du conflit en Casamance. Pourquoi le choix d’une telle thématique ?
« Echec et Mat, Mister Président », mon 5ème ouvrage, aborde le conflit casamançais, un problème se prêtant au genre littéraire utilisé dans le cadre de ce roman qui est à ranger dans la catégorie des Thriller. Un roman à suspense dont l’action met en jeu l’espionnage, la géopolitique... C’est en cela que nous avons pensé que l’affaire des armes iraniennes, survenue quelques années plus tôt, pourrait être mis à profit par une production littéraire qui non seulement satisferait les normes en la matière mais aussi apporterait une description, des analyses et des réponses à cette crise casamançaise et dessillerait les yeux du lecteur sur des problématiques sous-jacentes.

Donc, il s’agit de la crise casamançaise mais surtout de l’affaire des armes iraniennes qui est un prétexte pour partager des réflexions sur des événements de géopolitique mondiale sur lesquels des leçons devront être apprises, sur le plan local, notamment au sujet des multiples acteurs interpellés par ladite crise, mais aussi par rapport aux formes de gouvernance qui ont cours dans notre pays.

Dans ce livre, il est également question de l'échec de la responsabilité des autorités politiques dans le déclenchement et la gestion de ce conflit…
Pur produit de l’Administration, nourri de valeurs républicaines mais aussi écrivain, avec tout ce que ce mot comporte comme écart par rapport à l’orthodoxie de la parole convenue et du conformisme ambiant, je reste, cependant, profondément attaché à l’Etat et à la sécurité qu’elle apporte à tous ses citoyens. Cette sécurité se conçoit par le plein exercice de l’autorité dans la retenue et ne saurait être efficace que dans le bon usage du conseil. C’est justement les deux derniers principes cités qui, à notre humble avis, ont fait défaut aux élites politiques qui ont eu à gouverner ce beau pays qu’est le Sénégal.

Si on réfère ces éléments à la crise qu’a vécue la Casamance - je dis bien qu’a vécue car, aujourd’hui, force est de reconnaître qu’elle n’est que résiduelle - il est clair que les élites politiques n’ont jamais su faire preuve de retenue dans leurs réactions face à la crise au sens où la concertation nécessaire à la rémission des griefs locaux n’a pas été de mise, faute de stratégies d’anticipation ; une faiblesse, d’ailleurs, chez nous.

On a l’impression que l’Etat, représenté par ses décideurs politiques, n’a jamais parlé d’une seule et unique voie dans la gestion de ce problème qui, en quelque sorte, peut s’appréhender sous l’angle d’une crise d’adolescence de la démocratie sénégalaise.

J’essaie, dans la mesure du possible, de faire ressortir cette peinture des faits, par exemple à travers une réunion du Conseil national de sécurité où les intervenants les moins avisés polluent le débat avec des propositions sans fondement.

Si l’on s’en arrête au déclenchement, et uniquement au déclenchement de cette crise, pour en revenir précisément à la question, l’on peut valablement y voir une insuffisante mise en œuvre, à l’époque, de la politique de l’Etat-Nation. Il ne faut pas oublier que les particularismes ne se manifestent, en général, que lorsque l’Etat, garant de l’équité, n’inspire plus confiance et, en l’occasion, la crise a été déclenchée par ce genre de ressentiments.

La crise casamançaise est une question très sensible. Pourquoi avez-vous décidé de l'aborder ?
Mon militantisme citoyen, pour ne pas dire patriotique, ne me permet pas de faire dans le Parnasse. L’art pour l’art, ce n’est pas mon dada. Mes écrits ont aussi, en tout cas, c’est mon souhait, une fonction d’éveil. Sous ce rapport, l’affaire des armes iraniennes constitue une bonne illustration des conséquences que pourrait induire la survivance d’une situation délétère dans un pays.

C’est justement parce que la crise casamançaise est une question sensible qu’il ne faudrait pas l’occulter. C’est un cas d’école qui permet d’interroger, à travers une œuvre mêlant fiction et réalité, le jeu des acteurs. Leur rôle est approché à travers une analyse de l’influence des intérêts partisans, des éléments de géopolitique, ou des aspects à référer à nos modes de gouvernance propres avec des décideurs qui font des déclarations à l’emporte-pièce, agissent sans précaution, reviennent sur leur parole…fragilisant ainsi l’autorité de l’Etat.

Ce roman traite des relations entre le Sénégal et la Gambie. Entrevoyez-vous les rapports entre les deux pays dans ce livre ?
Comme évoqué par l’ouvrage, la Gambie peut être considérée comme une banane dans la bouche du Sénégal ou comme un suppositoire incommodant mais salvateur. Nous savons tous ce qu’il en est des pays colonisés, dont l’existence résulte d’un tracé à la hâte d’envahisseurs soucieux de délimiter leurs intérêts et influences sur une carte en lieu et place d’entités séculaires héritées de notre riche histoire ; ce qui nous aurait permis d’avoir des Etats plus viables aux niveaux culturel et politique, entre autres.

Mes thrillers veulent s’inscrire dans la continuité philosophique des Ludlum, Forsyth, Follet même si on y retrouve une dose de Chase, Sas ou de San-A. Cela explique mon attrait pour la géopolitique, l’entrée par l’histoire pour expliquer les faits présents et, pour le présent ouvrage, apporter un peu plus de lumière sur les relations Gambie-Sénégal.
Je considère que la Gambie a raté le coche avec la dissolution de la Confédération. Elle aurait dû la considérer comme une sorte de parapluie sénégalais lui offrant, en échange d’une politique étrangère commune, une sécurité renforcée, un marché ouvert et un afflux de subventions de son grand voisin.

Ce pays aurait dû se positionner, à l’égard du Sénégal, en ayant en point de mire Andorre, Malte ou Monaco. Ses attraits ludiques auraient pu attirer les fêtards sénégalais et ses atouts géopolitiques auraient pu apporter à ce grand voisin plus de tranquillité puisque le Sénégal est potentiellement vulnérable par la Gambie.
Des relations apaisées et fraternelles pour ces deux pays frères leur donneraient le calme propice au développement et à l’instauration d’une démocratie majeure.

« Echec et Mat, Mister Président » parle des questions politiques  qui ont particulièrement marqué notre pays ces dernières décennies. Pourquoi vous-êtes aussi attaché à la situation sociopolitique du Sénégal ?

Mes écrits n’occultent pas la situation sociopolitique du pays ou même d’autres pays traversés par la narration mais essaient de garder une certaine actualité. Vous y retrouvez annoncé l’élection de Buhari, la mort de Mohamad Yousouf, le fondateur de Boko Haram dont le fils vient de reprendre cette organisation terroriste, l’Iran de AhmadineJahd mais aussi de nombreux faits ayant émaillé notre histoire récente.

Ce n’est pas une première puisque mon premier ouvrage « Péril prési ou névrose d’échec », qui traitait d’une tentative de déstabilisation du Sénégal par la Beydanie, utilisait aussi les mêmes techniques.

Le lecteur pourra toujours reconnaître, à travers certaines évocations, des personnalités connues, appréhendées à travers une peinture psychologique des personnages mis en jeu, mais aussi des éléments d’histoire qui valorisent le Sénégal car l’un de nos objectifs d’écriture aussi c’est de montrer au monde la culture, les valeurs et le génie de l’homme sénégalais.

A vous lire, l'on revit des actualités qui ont secoué le Sénégal sous Wade. C’est notamment son déplacement en Libye pour soutenir le Conseil national de transition. Pourquoi autant d’intérêt ? 
Les décideurs sénégalais tiennent beaucoup à l’image de ce pays qui se confond aussi avec la leur. Pour rien au monde, ils n’aimeraient que le Sénégal, décrit comme l’une des démocraties les plus avancées du continent, perde sa place, ne serait-ce que parce qu’ils sont conscients de l’importance de ce label dans l’appui de la Communauté internationale.
Aussi ont-elles su développer une gouvernance s’inspirant, dans une certaine mesure, des propriétés des miroirs réfléchissants avec une lecture de la réverbération, à l’international, des actes qu’ils posent à l’interne.

De ce point de vue, l’affaire des armes iraniennes, à placer dans un contexte particulier de crise casamançaise, a été habilement exploitée par le président de l’époque pour retourner la situation à son avantage. L’allié inconditionnel de l’Iran et de son président encombrant, qu’il était, s’en est vite détourné pour conforter l’axe Dakar - Occident, menacé, pendant un moment, par sa politique de diversification de la coopération internationale et par sa liberté calculée. Jouant le pragmatisme à fond, Wade n’a pas hésité, une seule seconde, à réaliser l’impensable en mettant le dernier clou dans le cercueil de Kadhafi dans le seul but de pouvoir régler, en toute tranquillité, ses problèmes de politique interne.

Selon ses calculs, en participant à la campagne libyenne, il tuerait dans l’œuf toute velléité occidentale dans les mesures qu’il aurait à prendre pour conforter son pouvoir. Wade est un politique pur et dur. Et comme les politiques, il a simplement oublié une vérité : on peut domestiquer les élites mais pas le peuple qui, en dernier ressort, vote en ne s’attachant qu’aux intentions premières, au respect et à l’humilité.

Propos recueillis par Ibrahima BA

Le « Septembre mandingue » de Mbour est sauvé. C’est du moins ce qui est ressorti des négociations entre les deux parties qui revendiquaient la sortie du masque Kankourang. Selon le président du Conseil départemental, la Collectivité mandingue de la ville et le vieux Ibrahima Cissé ont trouvé un accord pour que cet événement, inscrit dans l’agenda culturel de Mbour depuis plus d’un siècle, puisse se dérouler.

Sortira, sortira pas ? C’était tout le mystère qui entourait le masque Kankourang cette année. Un mystère qui s’est dissipé hier, après la concertation entre les deux parties sous l’égide du président du Conseil départemental, Saliou Samb, et du maire de Mbour, Fallou Sylla.

Pendant huit tours d’horloge, ces bonnes volontés ont, avec l’accord du préfet du département, œuvré pour amener les deux camps à la raison. Finalement, le bon sens l’a emporté et des concessions ont été faites aussi bien par la Collectivité mandingue, représentée par Boubacar Diabang, et le vieux Ibrahima Cissé. Les deux parties sont parvenues à un accord et ont paraphé un document pour le matérialiser.

Selon Saliou Samb, la Collectivité mandingue reconnaît le « leul » d’Ibrahima Cissé. Dans le second point de la résolution, il est retenu que « la Collectivité mandingue va sortir cette année son Kankourang avec les éléments d’Ibrahima Cissé puis aller chez ce denier pour protéger son "leul" ». De son côté, Ibrahima Cissé a accepté de surseoir à la sortie du Kankourang, toutefois, la Collectivité mandingue lui donne l’autorisation d’avoir sa cellule l’année prochaine et de sortir le Kankourang, mais sous son autorité et ses règlements.

Et si l’on en croit Saliou Samb, le Kankourang aura bien lieu cette année. Il ne reste plus que la levée de l’arrêté préfectoral pour que Mbour replonge dans l’ambiance du « Septembre mandingue » qui a de tout temps rythmé la vie de la capitale de la Petite Côte.

Le préfet Saër Ndao avait sorti, vendredi dernier, un arrêté interdisant le Kankourang et toutes autres activités et manifestations afférentes sur la voie publique, tous les lieux et espaces publics du département pour menaces sérieuses de troubles à l’ordre public.

S. O. FALL

C’est sur ordre de ses médecins que la « reine de la soul » a décidé de renoncer à se produire sur scène. Âgée de 74 ans, Aretha Franklin avait déjà dû annuler certaines représentations au cours de l’année 2015 pour des raisons de santé. Elle n’avait ainsi pas assuré des représentations à Las Vegas ainsi qu’une tournée en Floride. 

Dans un communiqué, la chanteuse explique : « En raisons des consignes des médecins, je vais devoir annuler certains concerts dans le courant du mois prochain (septembre 2016) ». Aucun détail sur son état de santé ou sur les raisons précises de ces annulations n’a été avancé, mais son repos forcé pourrait durer jusqu’au mois de novembre, laissant penser à un état de fatigue et de faiblesse important. Celle qui a remporté 18 Grammy Awards au cours de sa riche carrière démarrée alors qu’elle n’avait que 14 ans, a été désignée à la première place au classement des meilleurs chanteurs/chanteuses de tous les temps établi par le magazine Rolling Stone.

« Le cri du Vieux  Muet » est un recueil de poèmes paru aux éditions du Net. Sur 116 pages, l’auteur, Marie Wade, âgée tout juste de 21 ans, se plaît à évoquer multiples sujets. Amour, espoir, déception, solitude, échecs… le lecteur a le choix au fil des âges, le tout dans un style autant innocent qu’accessible.              

« En quelques clics, mon ouvrage est édité. Je me suis laissée guider par l'éditeur de livres, après avoir créé mon compte, puis j’ai suivi les conseils de mise en pages », souligne Marie Wade, auteur d’un recueil de poèmes intitulé « Le cri du Vieux  Muet ». Le livre est sorti il y a tout juste une semaine aux « Editions du Net ». Toute jeune femme, elle est pleine de vie. Souriante, loquace, Marie Wade a l’air timide et calme, ou froide et inaccessible, c’est selon. Ses mots sont simples et concis.

Née en 1995, elle commence ses études à Anne Marie Javoueh, puis au Lycée Saïdou Nourou Tall de Dakar où elle obtient son Baccalauréat en série littéraire. Présentement, Marie est étudiante en deuxième année de Marketing et Communication. Elle envisage de se spécialiser en Transit dès l’année prochaine, en perspective de sa licence. 

« Cela fait trois ans que j’ai commencé à écrire. J’ai par la suite décidé de regrouper le tout. Je développe un amour particulier pour la lecture, depuis toute jeune. Mon père m’a surement transmis le virus, il lit beaucoup », souligne-t-elle.  Dans ce recueil, le lecteur est confronté au fil des pages à de la mélancolie, de la tristesse, à l’oisiveté et au temps qui passe. Des sujets aussi divers que variés sont revisités sur la plume « innocente » de cette jeune fille qui veut partager « avec les lecteurs sa perception du monde ». Le recueil est étendu sur  116 pages.

Vendre pour exister
Au détour d’une phrase, elle évoque le lancement du « produit ». Péremptoire,  je rectifie « ce n’est pas un produit, c’est un livre ». Au risque de choquer, Marie Wade  persiste : « Le livre a peut-être une valeur culturelle particulière, mais c’est un produit comme un autre, qu’il faut vendre », sa manière à elle de dire clairement qu’elle veut écouler le plus de recueils possibles. Toutefois, le système de distribution accuse encore quelques ratés, se désole-t-elle. Ce n’est pas que Marie n’a  pas essayé de se faire éditer par une maison d’Edition au Sénégal. Elle assure avoir envoyé le manuscrit à trois maisons d’édition locales, mais  pas de réponse positive. Quelques semaines plus tard, elle se rabat sur les Editions du Net.

« Je veux développer ma carrière d’écrivain exactement comme je l’aurais fait avec une start-up. J’ai compris que pour attirer les lecteurs, il fallait que je crée ma démarche, que je fasse connaître mon nom ». Petite, elle lisait beaucoup, découvre sous l’aile protectrice de son père pas mal d’œuvres. Dans son recueil,  elle évoque à tour de rôle l’amitié, la vie, la nature mais aussi la violence.

« J’avais lu tellement de romans que c’est un peu comme si j’avais fait une étude de marché. Il ne me restait plus qu’à trouver ma niche », affirme-t-elle.  « J’habite avec mon papa, j’ai vécu avec lui pendant quinze à seize ans. Il y avait juste mon frère, ma sœur et moi. C’est une famille réduite ce qui me permettait d’avoir beaucoup de plus de temps pour me consacrer et à la lecture et à l’écriture ».  Outre l’écriture, Marie a-t-elle d’autres centres d’intérêts ?

Modèle, elle fait du mannequinat et veut devenir transitaire. « Je veux me spécialiser en troisième année. Plus tard,  bien entendu,  je voudrais, exclusivement,  me consacrer à l’écriture », souligne la jeune fille qui semble encore se chercher… Dans « Tourner la page », de manière laconique et ferme, mais tout aussi réaliste, elle évoque la nécessité « de passer à autre chose ».  

« Quand je ne serais plus de ce monde, soit fort, pour toi, pour moi, pour les enfants. Pleure autant que tu voudras. Mais,  à un moment donné, il faudra oublier et continuer ta route. Tu t'en iras chercher une autre. Il le faut. Puis de nouveaux jours te souriront. Peu à peu, je ne serais plus qu'un souvenir parmi tant d'autres. Tu seras moins malheureux. Ne m'oublie pas dans tes prières », écrit Marie Wade.

Oumar BA

Le Festival international du film de famille (Fefifa) a un programme qui met en valeur la vie familiale avec ses revers et devers afin de révéler des changements sociaux de par le cinéma. Abritée par la Maison de la culture Douta Seck de Dakar, la deuxième édition du Fefifa, prévue du 10 au 13 novembre 2016, se veut innovante et diversifiée.

Prévue du 10 au 13 novembre 2016, la deuxième édition du Festival international du film de famille (Fefifa) sera axée sur un forum qui a pour thème « Famille et développement ». Cet atelier sera animé par des « sociologues, chercheurs, économistes, spécialistes en développement, acteurs culturels ».

A l’initiative de Baobab Production, en collaboration avec la Maison de la culture Douta Seck, le forum abritera des ateliers de renforcement de capacités professionnelles des acteurs du cinéma. Notamment en termes de cadrage, de prise de vue, d’adaptation, de démarches esthétiques, pour ne citer que ceux-là. En outre, un programme diversifié et riche en contenu est mis en perspective avec des projections de films axés sur le mariage, la famille, le genre, des expositions de photographies de mariage, de famille et de rituels de mariage lors du festival… Bref une représentation de la vie de société et particulièrement celle familiale. Une révision des valeurs et vertus, la cohabitation, les rituels de mariage, entres autres, bref une production qui braque ses projecteurs juste sur la famille sous plusieurs angles.

En ce sens, le Fefifa « veut se servir du cinéma comme révélateur des changements sociaux, mais aussi par des échanges, pour prévenir les effets négatifs qui déstabilisent la famille et aussi afin de permettre des rapprochements intergénérationnels car la famille demeure un lieu inconditionnel d’apprentissage de la vie, de ressourcement et de l’amour ». Pour les organisateurs du festival, la chaleur d’un foyer est indispensable à l’harmonie d’un enfant.

A côté, les trophées dénommés « Cola » seront décernés aux réalisateurs primés. A savoir le Cola d’Or du meilleur film, le Cola d’Argent de la meilleure image, le Cola de Bronze de la meilleure bande son. Ce choix de la noix de cola, figure emblématique dans la culture qui scelle le mariage, symbolise le partage.

Yaye Awa Ly Ngoné SARR
(stagiaire)

THIES : C’est un sentiment de satisfaction que les formateurs ont manifesté samedi dernier, à l’exposition d’œuvres d’une quinzaine étudiants des Msad, après une première année d’apprentissage dans les métiers du batik, de la céramique et de la tapisserie.

L’exposition d’œuvres d’une quinzaine d’étudiants entre dans le cadre d’une formation-insertion polyvalente en batik-céramique et tapisserie organisée par les Manufactures des arts décoratifs (Msad), en partenariat avec la Fondation Sonatel. « C’est dans une perspective de diversification de nos produits que nous avons lancé ce programme de formation », a indiqué le directeur général Aloyse Ndam Diouf des Msad. Il s’exprimait en présence de Moumar Guèye, président du conseil d’administration des Msad, de Mme Amy Fall Seck, chef de Service du Développement à la base, représentant le préfet de Thiès ainsi que plusieurs invités, particulièrement les parents des apprenants. Ils ont fait le tour des salles d’exposition des œuvres d’une année d’apprentissage dans les métiers du batik, de la céramique et de la tapisserie.

Une formation étalée sur deux ans pour une quinzaine d’étudiants avec un niveau de recrutement minimum du Brevet de fin d’études moyennes. Et pour la première année, l’un des formateurs, Mamadou Lassana Cissé, dresse un bilan satisfaisant du travail qui a été fait par ces étudiants. A 22 ans, Assane Keita est très doué en art céramique. Et, il souligne avoir été très impressionné par la rapidité de compréhension des exercices qu’on leur demandait de faire. « D’ailleurs, je n’espérais pas bénéficier d’une telle expertise et pouvoir réaliser de telles œuvres en une année seulement de formation. Simplement, parce que nos formateurs se sont rendus très disponibles et très regardants dans le travail en nous encourageant à persévérer. Ce qui nous a le plus motivé, a-t-il indiqué.

Pour Moussou Diop, une apprenante venue de Saint-Louis, « j’aime plus le batik pour lequel je m’exerce le plus en lieu et place de la céramique et la tapisserie. Et, c’est pourquoi j’éprouve un grand plaisir aujourd’hui d’avoir assimilé en si peu de temps ce métier ».

Le vernissage de l’exposition montre la prouesse de ces jeunes apprenants qui devraient ainsi permettre aux manufactures Msad de relever le défi de la diversification à travers la production et la promotion des produits locaux. « Notamment le batik et la céramique qui vont constituer d’ailleurs, les nouveaux produits des Manufactures et qui seront lancés sur le marché dès la fin de cette formation. Car, ces apprenants seront aussitôt recrutés pour être opérationnels », a indiqué le directeur général des Msad, Aloyse Ndam Diouf.

Mohamadou SAGNE  

 

« Nous sommes disposés à relancer les échanges culturels entre le Sénégal et votre pays », a dit le ministre sénégalais de la Culture et de la Communication au Premier ministre adjoint mauricien. Selon un communiqué de presse, Mbagnick Ndiaye a reçu, jeudi 25 août dernier, à Dakar, le Premier ministre adjoint de l’Ile Maurice, Charles Gaëtan Xavier Luc Duval, à la tête d’une délégation composée de l’ambassadeur de Maurice à Dakar et du Consul honoraire au Sénégal, Moustapha Ndiaye.

Le Premier ministre adjoint mauricien a, quant à lui, réaffirmé sa volonté de consolider les relations bilatérales par le renforcement des liens historiques et culturels. Dans ce cadre, M. Duval a annoncé un projet de réalisation du musée de l’esclavage à Maurice avec comme objectif de reconstruire l’histoire de l’esclavage et son impact sur le développement du pays.

Il a sollicité, à cette occasion, l’appui et l’accompagnement du Sénégal dans la réalisation de cet important projet culturel. A son tour, Mbagnick Ndiaye a manifesté l’appui institutionnel du Sénégal et la mise à disposition d’experts sénégalais en musée et d’historiens pour accompagner l’Ile Maurice dans son projet.

O. DIOUF

 

Porte étendard de la musique fatickoise, l’artiste Sémou Nging vient de mettre sur le marché un nouvel album pour célébrer les réalisations du président de la République, Macky Sall. « Ta Wathia-Wathia » est le titre de cette nouvelle production de 8 titres.

Pour magnifier son long compagnonnage avec le chef de l’Etat, l’artiste Sémou Nging vient mettre un nouvel album sur le marché national. « Ta Wathia-Wathia », titre de cette nouvelle production, chante les réalisations de Macky Sall depuis son accession à la magistrature suprême. De la baisse du prix loyer à la mise en place des bourses de sécuritaire familiale, en passant par la Couverture maladie universelle (Cmu), l’artiste liste, dans cet opus mêlant musique traditionnelle à celle moderne, toute la politique sociale du chef de l’Etat. 

Sémou Nging veut à travers sa musique donner plus popularité à l’ambition de Macky Sall de construire un Sénégal émergent. C’est aussi, rappelle-t-il, une manière de réaffirmer sa fidélité dans une relation amicale, qui a commencé en 2002 lorsque l’actuel président était ministre des Mines, de l'Énergie et de l'Hydraulique. Composé de huit titres au total, cet album aborde également des thématiques ayant trait au spiritualisme (« Serigne Galass »), à l’amitié (« Xarit »). Pour le musicien, les relations amicales sont sacrées, et ni l’argent, ni la réussite sociale ne sauraient les supprimer. Abdou Nging chante aussi l’importance de travailler à la consolidation des liens sociaux pour construire une paix durable (« Adama Fa Awa ». Premier lauréat du concours Douta Seck de la Semaine nationale de la jeunesse et agent municipal à Factick, Abdou Nging a, à son actif, trois albums parmi lesquels « Mame Mindiss » (2012) et « Dakkin Ndioukal » (2014). 

L’artiste a entamé sa carrière musicale en 1994. Dans le cadre de la promotion de l’album «Ta Wathia-Wathia », il projette d’organiser un anniversaire le 30 octobre au Théâtre national Daniel Sorano.

Ibrahima BA

Le cinéma nigérian est aujourd’hui d’une certaine respectabilité en Afrique et sous d’autres cieux. Les expériences qu'il a engrangées donnent matière à réflexion aux autres cinémas en chantier ou qui veulent raviver un passé glorieux. L’un de ses illustres représentants, le réalisateur, scénariste et initiateur du Festival international de film documentaire (Irep), Femi Odugbemi, partage, dans cet entretien, son expérience et celle de son pays et porte un regard sur le cinéma africain. L’ancien président de l’Association des producteurs indépendants de télévision du Nigeria a séjourné à Dakar dans le cadre de la présélection panafricaine du Festival de film documentaire "L’arbre d’or" que Gorée Cinéma a abrité (19 au 21 août). 

Comment le cinéma nigérian est-il parvenu à s'imposer comme une référence en Afrique ?
 Le moteur du cinéma nigérian, c’est le public.  Dans les années 1990, il n'y avait pas de salles de cinéma. Le cinéma s'est repris à partir de la vidéo. Les gens avaient accès, chez eux, sur des cd et des dvd, aux productions. Ils se sont approprié les histoires qui s’y racontaient. Le public s'est élargi.  Vingt ans plus tard, ce cinéma a pu voyager à travers l'Afrique et s'est fait accepter comme une plateforme de narration. En ce qui a trait à sa qualité, il faut dire qu’elle n’est pas aussi bonne qu’autrefois. Mais cela évolue de manière positive. Le cinéma a su intégrer l’évolution technologique pour en tirer avantage. Par ailleurs, il avait deux atouts que n'avaient ni le cinéma européen ni celui-là américain. 

Tout d'abord, il existe une vie après la mort et ce monde spirituel influe sur le monde physique. Le cinéma nigérian y fait souvent référence, d’où une certaine originalité par rapport à ce qui est plus répandu ailleurs. Ce cinéma n’est pas élitiste. Il était populaire. Les premiers à l’adopter, c'étaient les gens qui n’étaient pas allés à l’école et ils étaient plus nombreux. Aussi, ces films étaient accessibles. Aujourd’hui, les comédiens sont mieux outillés et bénéficient d’une notoriété au-delà de nos frontières. Ce qui est intéressant, c'est de constater que ce cinéma populaire commence à effacer les frontières coloniales. Les différences de langue ne constituent plus des obstacles. Et cela est une opportunité à exploiter en termes d’échanges culturels et économiques pour le cinéma africain.

Cela implique des échanges plus fréquents…
Absolument. Il y a un potentiel dans la distribution. Dans une conversation passionnante, je discutais avec Joseph Gaï Ramaka sur l'idée d'amener des films de grande qualité à ceux qui meurent d'envie de les voir, dans les villages, les stades, dans certaines communautés. Les gens viendront. Nous devons nous servir des technologies pour supprimer les barrières de la langue en doublant par exemple, car tout le monde ne sait pas lire. J'ai hâte d'envoyer quelques-uns de mes films au festival Gorée Cinéma. Je fais des efforts pour apprendre à partir de nos rencontres ici, depuis deux jours. Dorénavant, je vais doubler et sous-titrer tous mes films. L'expérience ici me fait comprendre qu'une Afrique unie veut dire aussi un cinéma uni. 

Nous diffusons des histoires racontées par les colons. Il faut passer à celles narrées par les Africains pour qu'ils exploitent leurs cultures, leurs littératures, leurs réalités, leurs religions.  Dans cette ère de globalisation, la seule puissance qu'aura l'Afrique sera la puissance "douce" de l'art, de l'identité. Nous ne pourrons pas rivaliser avec le Premier monde du point de vue militaire ou économique.  Mais personne ne peut raconter nos histoires mieux que nous. Nous sommes une culture cosmopolite. Le cinéma nigérian est en Chine, celui-là sénégalais certainement en France.

L'Etat nigérian finance-t-il l'industrie cinématographique ?
Le cinéma est avant tout une entreprise privée. Le gouvernement nigérian ne s’est intéressé au cinéma de manière sérieuse que sous la présidence de Goodluck Jonathan. Quand j’étais le président de l’Association des producteurs, le gouvernement était toujours disposé à nous écouter mais cela n’a jamais été suivi d’effet. Son rôle est encore peu significatif même si le défunt régime avait  commencé à accorder des bourses aux étudiants désirant poursuivre des études de cinéma et à financer des prêts pour la production de films sans taux d’intérêt. Si mes souvenirs sont bons, Nollywood a été dirigé pendant 20 ans par des entreprises privées, s’exerçant dans la vente de matériels électroniques. C’est le public qui a fait revivre le cinéma. Il demeure toutefois certain que le cinéma a davantage besoin d’un environnement viable pour son essor que des hypothétiques fonds qui pourraient y être injectés.

Femi OdugbemiIl peut aider, par exemple, à lever les droits de douane sur l’importation du matériel, à l’installation au Nigeria d’entreprises qui en fabriquent, à la formation des réalisateurs et de tous les métiers du cinéma. C’est de cette manière que l’on encouragera le cinéma qui raconte notre trajectoire, nos aventures individuelles et collectives et non celui-là qui favorise le néo-colonialisme culturel. Nous devons utiliser tous nos talents pour créer notre réalité et utiliser les nouvelles technologies pour la propager de manière avantageuse ; là est le rôle du gouvernement. Ceci requiert beaucoup de volonté politique.

Quelle a été la contribution de la télévision dans l’essor du cinéma nigérian ?
Le rôle de la télévision a été déterminant. Au départ, tous les cinéastes, les scénaristes et le staff qui œuvraient à la réalisation des films étaient des employés des chaînes de télévision. Elle a été en quelque sorte une pépinière. Mais, il y avait un obstacle avec la programmation de la télévision qui était déroulée entre 16 et 00 heures. Avec l’avènement des bouquets numériques, la télévision est devenue opérationnelle 24h/24. Cela a ouvert une ère nouvelle pour les films nigérians qui pouvaient être regardés dans des dizaines de pays simultanément. La télé câble avait besoin d'émissions pour remplir les 24 heures. Les vidéos étaient alors les bienvenues. Le public s'est élargi et les acteurs sont devenus célèbres.

Et tout cela a poussé le cinéma dans d'autres pays africains, là où on trouvait les mêmes conditions, le manque de financements, les problèmes de salles de cinéma. Les gens se sont rendus compte qu’avec de petits budgets, on peut faire des choses et créer un public. Car si vous attendez un gros financement, vous ne ferez jamais de films, encore moins maintenant avec la conjoncture économique mondiale.  Ceux qui ont de l'argent n'ont pas souvent confiance aux cinéastes africains. Nous avons tous eu le soutien des organisations non gouvernementales, des bourses de l'étranger depuis l'ère Sembène.  On ne peut pas continuer à fonctionner de cette manière. Le cinéma est une industrie privée. Nous devons initier nos réalisateurs à l’art du cinéma et à l’industrie du cinéma. Ils doivent comprendre que la distribution est la chose sur laquelle nous devons nous concentrer. 

Comment êtes-vous parvenus à faire face au piratage ?
C’est un combat quotidien. A chaque étape, de nouvelles méthodes de lutte. La technologie a ses avantages et ses inconvénients. A une époque, on utilisait la technologie des caméras vidéo, accessible aux cinéastes et au public. Cela a causé tout de suite le piratage. Quand nous avons démarré, nous nous servions d'appareils vhs avec des boutons "play" et "enregistrer".  Mais avec le temps, nous avons dû tenir compte du besoin de protéger la propriété intellectuelle.  Bien que tout le monde s'y connaisse, il est devenu plus difficile de pirater. Je viens de terminer un film qui se trouve sur Internet. Il est passé au cinéma pendant six semaines et jusqu'à présent, je n'ai pas vu une seule copie piratée parce que j'ai pris des mesures. On projette en Dcp. J'ai donné un code au gérant de la salle de cinéma.  Si le film est piraté, je saurai que c'est à partir de là.  Il faut prendre des mesures de prévention pour protéger nos œuvres. Nous ne devons jamais arrêter la réflexion car les pirates sont toujours à la recherche de nouvelles méthodes.


Le fait déjà que le piratage soit de plus en plus perçu comme un vol par les consciences collectives est un acquis important. Avant, les distributeurs étaient de simples commerçants à la recherche de profits. Certains parmi eux étaient même des pirates. Aujourd’hui, nous prenons mieux en considération l’aspect marketing et la promotion. Des compagnies de distribution émergent. Quand un film est piraté, c’est toute une chaîne qui y perd. Le gouvernement et la police jouent désormais leur partition. Il y va de la survie du cinéma parce que le piratage prive le cinéaste du bénéfice de son travail.

A Lagos, on vend des dvd piratés partout. Aujourd’hui, aussi bien le vendeur que l’acheteur sont arrêtés. Le piratage n’est pas complètement éradiqué mais les efforts déployés l’ont fortement réduit. Il arrivait que les pirates sortent mon film avant moi ! Et le Nigeria est tellement grand qu’ils peuvent écouler leurs “marchandises” ailleurs qu’à Lagos sans que je sois au courant de leur délit. Mais, il faut être conscient d’une chose, aucune industrie, aussi puissante qu’elle puisse être, ne peut totalement éradiquer le piratage. Je vois des films américains, indiens, chinois piratés dans la circulation à Lagos. Ils ne leur ont surement pas envoyé ces films!

Ne faudrait-il pas davantage prendre en compte les réalités socio-économiques en s’inspirant peut-être du "petit commerçant" pour un cinéma de proximité ?
C’est tout à fait exact. Il est important de s'assurer que le cinéma est accessible aux Africains ; un cinéma qui n'est pas seulement pour ceux qui ont de l'argent, ceux qui sont instruits ou dans les grandes agglomérations. Encore une fois, c'est l'une des raisons pour lesquelles je suis là.  Joseph Gaï Ramaka prend très au sérieux la question de la distribution. Les gouvernements africains doivent jeter un nouveau regard sur les salles de cinéma abandonnées pour qu'on puisse avoir un cinéma même dans les quartiers pauvres. La technologie offre des possibilités nouvelles. Si les responsables prennent cela au sérieux, nous pourrons amener le cinéma au peuple.  C'est cela la leçon de Nollywood pour l'Afrique.
 
Le phénomène Boko Haram a t-il influé sur l’évolution du cinéma nigérian ?
Boko Haram, ils sont aussi cinéastes ! Il ont déstabilisé le gouvernement avec leurs vidéos comme il peut arriver à un cinéaste d’y parvenir ! Boko Haram ne gêne pas l’activité cinématographique au Nigeria. On peut même comparer leurs vidéos à du cinéma. C’est une forme de propagande. Il en est de même pour l’armée. La technologie permet aux terroristes et aux terrorisés de faire du cinéma ! Boko Haram se trouve au nord du Nigeria, alors que les villes du cinéma sont Lagos, Abuja, Kano…; des villes où jusqu'à présent, il n'est pas actif.  L'armée nigériane est aussi plus sérieuse maintenant.

Quelle opinion avez-vous du cinéma sénégalais ?
J’ai été à des rencontres où le cinéma sénégalais a été célébré. Récemment en Allemagne, le film "The revolution won’t be televised" de la réalisatrice sénégalaise, Rama Thiaw, a été primé lors du festival international du film de Berlin. C’est une production de qualité. Cela prouve que la matière est là. Mais, le cinéma sénégalais, comme beaucoup d’autres en Afrique, est encore en chantier.
Le cinéma africain en général n’a pas suffisamment profité de l’expérience des réalisateurs, des anciens. Il a souffert d’un manque d’accompagnement des jeunes générations.

Propos recueillis par Alassane Aliou MBAYE

 


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