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Arts et Culture (2442)

Bassirou Sarr, artiste plasticien et directeur du Village artisanal de Ngaparou, a organisé, le week-end dernier, une rencontre internationale entre artistes du Sénégal et d’Allemagne. C’est une manière, dit-il, de faire vivre le Village des arts, où toutes les formes d’art sont les bienvenues : du théâtre, au décoratif en passant par le textile, la peinture…

Avec ses hôtes, Bassirou Sarr a montré aux artistes allemands le savoir-faire de leurs homologues sénégalais, se fondant ainsi sur l’adage qui dit : « L’expérience de ce que tu vis vaut mieux un long discours ». Ainsi, ils ont été fascinés par ces portes ouvertes durant lesquelles tout s’est passé dehors. Non seulement, a indiqué Bassirou Sarr, toutes nos activités se passent dehors, mais les thématiques sont ouvertes, les gens libres parce que n’étant pas canalisés ; une liberté qui crée une symbiose culturelle qui bannit une autarcie culturelle.

S’inscrivant parfaitement dans la logique de Bassirou Sarr, le maire de Ngaparou, Mamadou Mbengue, a toujours apporté sa contribution en termes d’appui logistique, de chaises, bâches et tout ce qui fait que cette manifestation culturelle et artistique au Village des arts, devenue maintenant une tradition, soit une réussite totale.

A l’occasion, Bassirou Sarr a émis l’idée qu’au-delà du dessin, du chant et de la récitation, que l’art soit introduit dans les apprentissages ; une manière, soutient-il, de faire éclore chez les potaches toutes les potentialités artistiques et culturelles qui sommeillent en eux. De la sorte, les enseignements-apprentissages seront les plus complets et multidimensionnels et donneront des chances à l’apprenant, pour pouvoir intégrer harmonieusement sa société.
Selon Bassirou Sarr, les enfants, dès l’élémentaire, pourraient capter des notions artistiques, en les éduquant très tôt au lieu d’attendre qu’ils soient adultes car disposant de capacités de mémorisation indéniables.

Amath Sigui NDIAYE   



Le Centre culturel régional de Blaise Senghor a accueilli, mardi 15 mai, une belle exposition réalisée par des collégiens et lycéens d’écoles de Dakar. Le vernissage était présidé par le ministre de la Culture, Abdou Latif Coulibaly.

L’initiative porte la signature de la Commission Programmes pédagogiques et visites scolaires de la 13ème Biennale de l’art africain contemporain de Dakar en partenariat avec le ministère de l’Education nationale, notamment la Direction de l’enseignement moyen et secondaire général. Les élèves issus des sept établissements (lycée John Fitzgerald Kennedy, lycée Galandou Diouf, lycée moderne de Rufisque, lycée Seydina Limamou Laye, lycée de Thiaroye, le Collège d’Enseignement moyen Yeumbeul II et le Collège d’Enseignement moyen Pionniers du Syndicalisme de Rufisque) ont reçu l’encadrement des membres de la commission pédagogique, de l’Ecole nationale des arts et de professeurs de ces établissements.

Au total, 50 tableaux sont exposés au Centre culturel Blaise Senghor au terme de deux jours d’ateliers et de production sur le thème de « L’heure rouge ». Des œuvres qui traitent de plusieurs thématiques dont la déforestation, la violence faite aux femmes, les accidents de circulation, la surcharge dans le transport, le droit à la liberté, l’émigration clandestine, la paix, etc.

Le ministre de la Culture, impressionné par la qualité des productions, souligne que cette initiative vise à susciter auprès des jeunes élèves le goût à l’art et à la créativité. Après avoir visité le travail des élèves, Abdou Latif Coulibaly a dit à l’endroit des écoliers : « Vous avez montré votre talent et toute votre créativité ».

Le ministre de la Culture s’est dit convaincu que cette activité va participer de fort belle manière à la revitalisation de l’enseignement artistique au Sénégal et qu’à travers cette magnifique exposition, son département et ses partenaires ont pris la pleine mesure de l’importance réelle de l’enjeu pédagogique, social et culturel de l’enseignement artistique.

Le ministre a salué l’esprit partenarial noué à cette occasion entre les ministères de la Culture et de l’Education nationale, qui devrait ouvrir des perspectives nouvelles dans le domaine de l’enseignement des arts.
Pour avoir réalisé ses belles œuvres, les élèves ont été primés par les organisateurs et ont reçu leurs récompenses des mains du ministre de la Culture. C’est ainsi que le 1er Prix est allé à Magatte Ndiaye du lycée John Fitzgerald Kennedy, le deuxième Prix est remporté par Astou Thiaw du lycée Limamou Laye ; alors que le troisième Prix échoit à l’élève Arame Ngom du Collège d’Enseignement moyen Pionniers du Syndicalisme de Rufisque. Toutes ont reçu un lot de livres offerts par la Direction du livre et de la lecture.

Assane DIA
(Correspondance particulière)

 

Après la montée des marches de 82 femmes pour l'« égalité salariale » entre hommes et femmes dans le cinéma samedi à Cannes, 16 actrices françaises noires et métisses (mulâtresses) ont fait de même mercredi pour dénoncer la sous-représentation des personnes « noires » dans le 7e Art en France.

Emmenées par Aïssa Maïga, la comédienne à l’origine d’un livre collectif « Noire n’est pas mon métier », les actrices françaises ont été accueillies en haut des marches du Palais des festivals par la chanteuse burundaise Khadja Nin, membre du jury de la 71e édition. Pour les photographes, les seize femmes, parmi lesquelles Eye Haidara, Sonia Rolland ou Firmine Richard, ont aussi levé le poing avant de rentrer dans la salle pour la projection du film « Burning » du Coréen Lee Chang-dong.

Pour cette montée des marches symbolique, elles étaient habillées par la maison Balmain, dont le directeur artistique, Olivier Rousteing, est lui-même métis et attaché aux questions de diversité dans la mode.
« Malheureusement pour moi, il ne m’a été que trop facile de reconnaître (dans le livre) les commentaires désobligeants, l’ignorance et la discrimination qu’elles ont dû affronter durant leur carrière », a témoigné le créateur dans un communiqué.

Dans cet ouvrage, présenté avant le Festival, ces 16 actrices épinglent, citations à l’appui, les clichés et plaisanteries douteuses voire carrément racistes entendues dans l’exercice de leur métier en France.
« Heureusement que vous avez les traits fins », « vous parlez africain ? », « trop noire pour (jouer) une métisse », « pas assez africaine pour une Africaine » : telles sont les réflexions entendues par exemple par Nadège Beausson-Diagne (Bienvenue chez les Ch’tis, Brillantissime).

Cette mobilisation n’aurait sans doute pas eu lieu sans le phénomène #MeToo et la libération de la parole des femmes après le scandale Harvey Weinstein, le producteur hollywoodien accusé de harcèlement sexuel voire de viols par près d’une centaine d’actrices, stars comme débutantes. « J’ai été imprégnée par l’air du temps », a indiqué à l’Afp Aïssa Maïga, elle-même d’origine sénégalaise.
La comédienne estime notamment que les quotas pourraient « peut-être devenir une des voies possibles » pour lutter contre la sous-représentation, voire « l’invisibilité » des personnes de couleur à l’écran, et ce même si « le mot fait réagir de façon épidermique ».
(AFP)

Les quotas, une des voies
possibles selon Aïssa Maïga

Au-delà de cette montée des marches symbolique à Cannes, qu’attendez-vous ?
« On ne souhaite pas faire d’effet d’annonce, que ce mouvement soit un soufflé, qu’il retombe après avoir fait beaucoup de bruit. Ce qui nous intéresse, c’est d’instaurer le dialogue avec les gens qui font le cinéma, depuis le scénariste au financier en passant par le producteur, le réalisateur, le directeur de casting. On doit être dans un rapport plus rationnel, plus pragmatique, moins passionné, avec tous les gens du métier, même ceux qui ne sont pas issus de la diversité, car il y a des mots qui font réagir de façon épidermique, sans que l’on passe par la case débat, par exemple le mot quota, que je ne défends pas spécifiquement, mais qui peut peut-être devenir une des voies possibles. »       

 

La 17ème édition du concours mondial « Pont vers le chinois » a eu lieu, hier, à l’Institut Confucius de l’Ucad. Placé, cette année, sous le thème « Un monde, une famille », la finale sénégalaise de cette compétition a été remportée par l’étudiant Sano Badji.

La 17ème édition du concours international « Pont vers le chinois » a primé, hier, l’étudiant sénégalais Sano Badji, à l’Institut Confucius de l’Ucad. Mis à épreuve de la langue chinoise et des connaissances sur la culture chinoise par le discours thématique, la représentation culturelle et les questions-réponses, pendant une dizaine de minutes, les 10 candidats présélectionnés ont rivalisé de talent et d’ardeur  à travers des présentations remarquables et prestations sur la culture chinoise. Ils ont ébloui et fasciné les spectateurs et les membres du jury  par leur prouesse dans leur spectacle artistique et par la maîtrise de la langue chinoise.

A l’issue, la compétition a été remportée par l’étudiant Sano Badji. Sa prestation musicale en langue chinoise a marqué plus d’un, emportant ainsi toute la salle dans une effervescence. Suivront Mohamed Cissoko classé 2ème, et la 3ème place revient à l’étudiant Benjamin Sambou. Ils ont reçu respectivement leur prix des mains de l’ambassadeur de Chine au Sénégal, Zhang Xun, de la directrice des Affaires académiques et juridiques, Aminata Ndiaye et de Pierre Sarr, représentant du recteur de l’Ucad.

Présidant pour la troisième fois la finale sénégalaise de ce concours, l’ambassadeur de Chine au Sénégal, Zhang Xun, s’est dit satisfait de la maîtrise de mieux en mieux des candidats de la langue chinoise. « Je constate également une connaissance davantage approfondie sur la culture chinoise. A cette occasion, je tiens à remercier le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche ainsi que l’Ucad pour leur soutien agissant à l’enseignement du chinois et également tous les enseignants de l’Institut Confucius pour leur dévouement », a dit son Excellence Zhang Xun. Aux candidats, il leur a adressé ses vives félicitations pour avoir montré aux spectateurs le charme de la culture chinoise par des présentations remarquables. A l’en croire, la langue chinoise est la cristallisation de la sagesse de la civilisation chinoise. « Maîtriser  la langue chinoise est un atout important. A l’heure actuelle, la coopération d’amitié et de bénéfice mutuelle entre la Chine et le Sénégal font face à d’importantes opportunités de développement », a souligné l’ambassadeur chinois. Non sans inviter les lauréats à devenir les messagers de la culture chinoise, acteur de la coopération bilatérale et contributeur de l’amitié sino-sénégalaise.

Très ému de remporter cette finale nationale du concours « Pont vers le chinois », l’étudiant Sano Badji dit être satisfait des cours dispensés au niveau de l’Institut Confucius de l’Ucad. « Nos cours sont intéressants. Nous faisons des matières orales et écrites sur la culture chinoise. Imaginez, j’ai suivi ces cours juste pendant un an et demi pour pouvoir participer aujourd’hui à ce concours », a confié Sano Badji.

Maguette Guèye DIEDHIOU

 

Un biopic sur Valdiodio Ndiaye, pour offrir aux jeunes générations les valeurs de dignité, de tolérance et d’humanisme incarnées par cet avocat, célèbre homme politique sénégalais, disparu le 05 mai 1984, c’est le projet porté par sa fille, Amina Ndiaye Leclerc, déjà réalisatrice en 2000 d’un film documentaire intitulé « Valdiodio Ndiaye, L’Indépendance du Sénégal ».

05 mai 1984-05 mai 2018. Il y a trente-quatre ans que disparaissait l’ancien avocat et ministre sénégalais Valdiodio Ndiaye. Pour la commémoration de cette date, aujourd’hui, samedi, une cérémonie sobre sera organisée à Kaolack, la ville dont il fut le maire et où un grand lycée et une avenue portent son nom. Sa famille, ses enfants ont d’ailleurs en projet d’ériger sa maison natale à Kaolack, en bibliothèque-médiathèque.

Une sorte de Maison de la Culture pour les jeunes, selon sa fille Amina Ndiaye Leclerc, réalisatrice en 2000, d’un film documentaire « Valdiodio Ndiaye, l’Indépendance du Sénégal ».

Amina Ndiaye dit porter le scénario d’un biopic sur son père. « Je veux réaliser ce biopic, une fiction dans laquelle un enfant racontera cette histoire de souffrance, de tragédie. Un film qui s’inscrira dans une vérité intemporelle », a confié la fille de Valdiodio Ndiaye, qui était âgée de dix ans, en 1962, quand son papa fut arrêté puis emprisonné l’année suivante à la suite d’un procès pour « tentative de coup d'État ».

Une crise politique au Sénégal qui a débouché sur l’emprisonnement du président du Conseil, Mamadou Dia, et de plusieurs de ses ministres, dont Valdiodio Ndiaye. La famille de ce dernier, sa femme Claire et ses quatre enfants sont alors expulsés à Carcassonne, en France, d’où est originaire l’épouse du ministre sénégalais.

Sans verser dans la « revanche », Amina Ndiaye Leclerc, dont deux de ses frères Karim et Guedel Ndiaye, ainsi que leur maman âgée de 94 ans vivent aujourd’hui à Dakar, veut raconter l’arrestation, puis le « procès inique » et les douze années de prison vécues par son papa. Même si l’on a plusieurs fois évoqué, en vain, un procès de réhabilitation de Valdiodio Ndiaye et de Mamadou Dia avec leurs compagnons, graciés puis libérés en 1974, Amina Ndiaye Leclerc tient à réunir des fonds pour produire ce film à la mémoire de son père.

Elle dit vouloir montrer aux jeunes « comment Valdiodio Ndiaye est sorti avec dignité, grandi de cette épreuve ».

Ce film, explique-t-elle, sera pour véhiculer les messages de tolérance, de paix, d’humanisme ; cette force et cette foi, incarnées par Valdiodio Ndiaye durant tout le long de son isolement dans sa cellule de prison, à Kédougou.

Mais, en attendant la réalisation prochaine de ce biopic, l’histoire du Sénégal, voire de l’Afrique, retient de Valdiodio Ndiaye l’auteur du  discours mémorable adressé au président français d’alors, le général De Gaulle, sur la Place Protêt de Dakar, le 26 août 1958 à la veille du référendum du 28 septembre de la même année. « Il ne peut y avoir aucune hésitation, la politique du Sénégal, clairement définie, s’est fixée trois objectifs qui sont dans l’ordre où elle veut les atteindre : l’indépendance, l’unité africaine et la confédération », avait alors martelé Valdiodio Ndiaye devant le général De Gaulle et des milliers de personnes rassemblées autour de la Place devenue depuis, « Place de l’Indépendance ». Ce sont ces valeurs incarnées par cet homme qu’Amina Ndiaye Leclerc veut montrer aux jeunes générations.

Omar DIOUF

 

Le rappeur Marouf « Dieuf dou wax », Mamadou Diallo à l’état civil, vient de sortir un single titré « Femme d’Afrique ». C’est en prélude à son premier album « Made in Sénégal » dont la sortie est prévue, en 2018. Ce morceau, ode à la femme, met en lumière un grand talent artistique d’une certaine fraîcheur.

Marouf est de ceux que la passion mène vers les berges des rencontres espérées. Elle le guide, le stimule et lui donne cette sensation profonde d’accomplir un devoir dont il ne peut se dispenser. Quand, vers la fin des années 1990, le foisonnement de groupes de rap aiguillonne les adolescents, le jeune Mamadou Diallo, issu d’une réputée famille religieuse de Bignona, sa terre de naissance, s’est donné un rendez-vous avec la musique. Les flows de Didier Awadi, Daddy Bibson et Ndongo-D qu’il se plaisait à débiter lors des « foureuls » de son quartier l’excitent davantage. « J’étais particulièrement fasciné par ces aînés. Dakar, où je passais mes vacances, se souvient-il, était comme un terreau où je me régénérais avant de repartir à Bignona particulièrement enthousiaste » ; ardeur qu’il partage avec les amis de son terroir où il se fait une petite notoriété au grand dam de son grand-père, imam d’une mosquée, qui ne voulait que rien ne compromette les études du bon potache. Pourtant, le rap ne le distrait point à l’école malgré la flamme intérieure qui l’habite.

En 1996, l’entreprenant bonhomme crée, avec quelques « impertinents garçons », pour faire référence aux quolibets de l’époque, son premier groupe de rap, « Boul Xaddi ». Ce qui fait de l’ancien élève de l’Ecole Etoba, un des pionniers du mouvement hip hop dans cette partie de la Basse Casamance. Cette formation fait long feu. Il en forme une autre, en 1999, avec une bande de copains, le New king of Rap in Bignona (Nkrb). Après l’obtention du baccalauréat, en 2004, Marouf est orienté au département de Français de la Faculté des Lettres et Sciences humaines de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. Ici, les possibilités s’élargissent. Le dynamique Casamançais se pose au quartier Grand Yoff où, avec des étudiants habités par la même passion, il crée le groupe « Dieuf dou wax » qui a rencontré bien des fortunes. Il remporte le Prix du meilleur groupe de rap de Grand Yoff. Il est aussi désigné meilleur groupe de hip hop urbain choisi pour représenter le Sénégal en Guinée Bissau.

Pour des convenances et orientations personnelles, certains membres de « Dieux dou wax » se frayent une autre voie. L’ancien animateur de la radio Ndef leng Fm de Dakar se décide alors à poursuivre seul le rêve dans la foi en son art et en son génie. Un single, « Femme d’Afrique », qu’il vient de sortir, est le fruit de son abnégation. « Dans cet avant-goût, je rends hommage à la femme africaine pour ce qu’elle représente, pour sa contribution essentielle dans notre récit commun, pour avoir mis au monde des hommes que la littérature nationale célèbre », confie-t-il, le ton serein, les yeux remplis de fierté. Ce morceau peint la brave femme de « Kalahari au Sahara, de l’empire Zulu au royaume de Soundiata » avec des lyrics d’inspiration poétique déclamés dans des langues d’ici et d’ailleurs. C’est d’ailleurs l’une des particularités de Marouf. Sa musique est plurielle parce qu’il est le produit de plusieurs cultures.

« FEMME D’AFRIQUE »
« Femme d’Afrique » n’est que le « héraut » de mélodies rafraîchissantes à venir, son premier album, « Made in Sénégal », qui devrait sortir cette année. « J’y affirme mon identité parce qu’il me paraît essentiel de la décliner en tant qu’Africain et Sénégalais porteur d’un rêve et vivant avec ses appréhensions. Je fais une musique adossée à nos rythmes sans refuser toutefois d’en emprunter », promet-il. Le Jambadong, sonorité de son royaume d’insouciance, y résonne. Ses connaissances musicales acquises grâce à ses diverses formations dans les métiers de la musique constituent, dans ce sens, un atout considérable.

Le fondateur de Pro Events Business, une structure de communication et d’événementiel productrice de son prochain album, est un homme entreprenant guidé par son altruisme. Il prévoit de lancer deux festivals. Le premier, le Festival international des musiques urbaines de la Francophonie organisé à Dakar, et le second, Casamance musique urbaine, abrité par Bignona, promeuvent la culture et les valeurs de civisme. Ses prouesses sont en cours.


Par Alassane Aliou MBAYE

 

Danseuse et chorégraphe professionnelle, Gacirah Diagne fait partie des icônes de la danse aussi bien au Sénégal qu’à l’étranger. Après une bonne trentaine d’années d’expérience, Gacirah reste aujourd’hui une femme très déterminée et engagée pour la promotion de la danse avec l’Association “Kaay fecc”, héritée en 2001 de Marianne Niox, Jean Tamba, Honoré Mendy et Nganti Towo. Elle a également fait de l’épanouissement et de la réussite de la jeune génération dans la danse et les cultures urbaines son véritable cheval de bataille. Retour sur sa carrière.

Formée à toutes les techniques de danse, danse traditionnelle africaine, classique et contemporaine, Gacirah Diagne a su transformer son rêve d’enfance en réalité professionnelle. Teint clair aux cheveux ondulés et crépus et au silhouette svelte, cette dame est devenue, au fil des années, une danseuse professionnelle comme elle l’a toujours rêvé d’ailleurs depuis son tendre enfance. « J’ai commencé à danser toute petite. J’ai dit à ma maman qui est Somalienne que je veux danser. Comme mes parents avaient une fibre artistique, ils m’ont vite encouragée dans cette voie », confie-t-elle. Toutefois, cette passion pour la danse ne lui a pas empêché de faire des études. Gacirah Diagne a su décrocher son baccalauréat de la série D pour s’inscrire dans une université à New York. Mais, il se trouve que la passion pour la danse la rattrapera et l'a vite prise dans ce pays de l’oncle Sam. Elle finira par arrêter ses études pour mener une belle carrière de danseuse.
«

Une de mes premières initiatrice à la danse, c’est Germaine Acogny du temps de son école à rue Raffenel dans les années 1980. J’ai vécu aussi une partie de ma vie à l’étranger, en France et aux Etats-Unis où j’ai été formée dans plusieurs techniques de danse. « J’ai également eu la chance de fréquenter l’école de danse d’Alvin Ailey de New York, un très grand chorégraphe américain et surtout d’avoir accès à des studios qui donnaient d’autres types de technique », informe Gacirah Diagne.

Patriote et très attachée à son cher pays le Sénégal et son terroir Louga, Gacirah Diagne décide de rentrer au bercail. A son retour, une autre carrière et vie professionnelle dans le domaine de la danse l’attendait.

Festival “Kaay Fecc”
En 2001, auprès de Marianne Niox, Jean Tamba, Honoré Mendy et Nganti Towo, d’autres portes et opportunités s’offraient à la danseuse au sourire contagieux. Gacirah Diagne raconte : « De retour au Sénégal, j’ai rencontré les organisateurs du Festival Kaay Fecc. A l’époque, j’étais venue travailler pour une structure culturelle américaine qui avait un événement avec un focus sur la danse et les chorégraphes africains ou d’origine africaine et qui voulait étoffer leur programmation. Et c’est comme cela que j’ai rencontré l’Association Kaay Fecc et j’ai fini par m’impliquer dans l’organisation du festival. En tant que danseuse juste après, c’était naturel pour moi d’intégrer l’équipe Kaay fecc après la première édition du Festival Kaay Fecc, en 2001 ». A l’en croire, au départ, c’était pour mettre une plateforme pour la danse et montrer les créations chorégraphiques qui se faisaient dans la danse, particulièrement dans la danse contemporaine, et l’ouvrir à toutes les autres formes de danse. « D’ailleurs, c’est pour cela que nous avons dénommé le festival, festival international de toutes les danses », dit-elle. Depuis qu’elle en a les rênes, Gacirah a su rehausser le festival Kaay Fecc qui est à sa 9ème édition. Son objectif est de rendre les danseurs maîtres de leur art pour en vivre dignement. Pour la présidente de l’Association Kaay Fecc, construire une carrière de chorégraphes, de danseurs nécessite beaucoup de sacrifices. Il faut travailler dur et se faire respecter surtout du côté des femmes. Car, soutient-elle, il y a des gens qui ont une mauvaise perception de la danse. « D’aucuns pensent que lorsque vous êtes danseuse, vous êtes une fille facile. Mais, il faut se battre et savoir répondre dans ces cas-là, surtout être sincère, digne dans ce qu’on est et se faire respecter pour pouvoir rassurer les parents », argue-t-elle. Non sans préciser qu’  aujourd’hui, l’important avec cette association, c’est qu’ils progressent. « Nous avons de bons danseurs malgré l’adversité. Une génération de chorégraphes et de professionnels, que ça soit dans la danse traditionnelle, contemporaine et la danse hip hop. Il y a des avancés certes, mais nous continuons à nous battre, à faire des sacrifices pour qu’il y ait plus de créations chorégraphiques de qualité et également plus de  jeunes qui gagneraient leur vie dans la danse », rassure Gacirah Diagne.

En ce sens, elle compte aider les jeunes pour qu’ils puissent s’ouvrir et se confondre aux autres. Parce que c’est comme cela qu’on construit son expérience. Et cette ouverture commence au niveau national puis sur le plan international.

Promotion des cultures urbaines
Infatigable, Gacirah Diagne est aussi très engagée pour la promotion des cultures urbaines. Ancienne conseillère en « Cultures urbaines » au ministère de la Culture, elle fait actuellement partie des administrateurs de la Maison des Cultures urbaines de Dakar, récemment inaugurée à Ouakam. Elle en est la responsable du pôle Danse. Elle explique son engagement par le fait que la jeunesse soumet un besoin. « Et je me dis, il faut les soutenir, les encadrer, les accompagner. Nous ne connaissons pas toute la science. Mais ce nous savons, nous le partagerons. Car, à ces jeunes, il faut leur donner de la motivation, de l’espoir et il faut qu’ils arrivent à prendre en charge leur secteur, à se responsabiliser dans cela, comme dans tous les autres corporations », affirme-t-elle. Et de poursuivre, « certes, en ce sens, un fonds d’aide  a été octroyé aux cultures urbaines. Mais, il n’est pas suffisant car cette subvention est ouverte à toutes les disciplines. Nous sommes chargés de la danse au niveau de la Maison des cultures urbaines qui est en train de construire un studio de danse. Nous sommes sur le terrain et nous faisons en sorte que les conditions soient meilleures pour les danseurs et les autres disciplines des cultures urbaines ».

 

La 11ème session du Comité permanent pour l’information et les affaires culturelles (Comiac) de l’Organisation de la coopération islamique (Oci) a été officiellement ouverte, hier, par le président de la République. Macky Sall a insisté sur l’éducation pour lutter contre l’ignorance et l’obscurantisme.

« Education et culture comme vecteurs de paix, de développement et de rapprochement des peuples ». Tel est le thème de la 11ème session du Comité permanent pour l’information et les affaires culturelles (Comiac) de l’Organisation de la coopération islamique (Oci) dont la cérémonie d’ouverture a été officiellement présidée, hier, par le Chef de l’Etat sénégalais. Selon Macky Sall, parallèlement au thème de la session de cette année, « ensemble nous devons raviver les idéaux de solidarité, de fraternité et de coexistence pacifique qui renforcent le sentiment d’appartenance de nos peuples à une seule et même communauté au-delà de leur diversité ».

D’après le président de la République, l’éducation en tant que source du savoir fait corps avec l’Islam. Cela, en éclairant l’esprit du croyant et en l’éloignant des ténèbres de l’ignorance et de l’obscurantisme. « Dès le début de la révélation, le savoir a été érigé en obligation pour le musulman avant même d’être une nécessité sociale. L’injonction divine d’apprendre pour savoir est faite au Prophète Mohamed (Psl) dans le tout premier verset du Coran « Iqra », a-t-il souligné, ajoutant que le Prophète lui-même exhortait ses compagnons à la quête du savoir jusqu’en Chine. Le Président Sall s’est voulu formel : « Le savoir est la seule arme des Oulémas pour rallier les croyants sur le droit chemin ». Et c’est pourquoi « l’Islam a toujours su allier le culte de Dieu, le libre arbitre et l’exercice de la raison ». Sur ce point, il a rappelé les nombreux savants musulmans qui ont enseigné les mathématiques, la chimie, la physique, la philosophie, les arts et les lettres, la médecine… Aussi, a fait savoir Macky Sall, les femmes jouaient un rôle « actif » dans l’éducation et la diffusion du savoir dès les premières heures de l’Islam.

Coexistence pacifique des peuples
Comiac 11 2Pour preuve, il a cité l’épouse du Prophète Mouhamed(Psl), Aïcha qui, d’après Urwa ibn al-Zubayr, connaissait parfaitement le Coran, le licite et l’illicite, la poésie, le récit des arabes et les généalogies. « Ibn Asakir, auteur du célèbre Tarikh « Dimashq », l’histoire de Damas en 80 volumes, comptait, selon son propre récit, plusieurs enseignantes dans ses travaux de recherche. Je rappelle aussi que c’est une femme, Fatima El Fihryia qui construisit, au 9ème siècle, l’université Qarawiyyîn à Fès au Maroc… », a-t-il indiqué. Parmi les autres éléments historiques cités par le Chef de l’Etat et qui illustrent le rayonnement culturel et scientifique du monde musulman figurent les maisons de la sagesse « le Bayt al-Hikma Abbasside » de Bagdad, l’Université Al-Azhar du Caire, Tombouctou au Mali ou encore l’Université de Pire au Sénégal.

« Dans ce legs où brille la lumière flamboyante du savoir, il ne peut y avoir de place pour l’obscurantisme, le radicalisme et la violence. L’Islam, religion du juste milieu, exalte la modération, le respect du prochain et la coexistence pacifique des peuples », a précisé le président de la République. D’ailleurs, ajoute-t-il, c’est en connaissance de cause que le Prophète (Psl), porteur du message de l’Islam et qui connaît le mieux cette religion que quiconque, a permis à une délégation de chrétiens venus de Najran de prier dans sa propre mosquée. Aussi, a poursuivi Macky Sall, c’est à bon escient qu’il a édifié la charte de Médine, en 622, reconnaissant aux différentes communautés religieuses de la cité le plein exercice de leurs droits et libertés individuelles et collectives.

« Cette même tradition de coexistence pacifique multiconfessionnelle a prévalu en Andalousie à l’époque des souverains musulmans et dans l’empire Ottoman. C’est le même esprit de bon voisinage interreligieux qui a marqué la cérémonie d’inauguration de la Cathédrale du souvenir africain de Dakar 1935 quand Cheikh Moussa Camara, un des plus éminents historiens de l’Islam au Sénégal y représenta l’ensemble des guides religieux musulmans des territoires de l’Afrique occidentale française d’alors », a-t-il rappelé. Ces exemples montrent, aux yeux du Chef de l’Etat, que l’Islam, par ses enseignements et sa pratique, a toujours été et reste une religion de paix, de tolérance et de respect du prochain.

Revitaliser l’image de l’Islam des origines
Face aux préjugés et dissimulations qui dénaturent actuellement la perception de l’Islam notamment en Occident, le président de la République a indiqué que « notre défi est de revitaliser cette image de l’Islam des origines face au radicalisme et contre toutes les dérives islamophobes ». A son avis, il urge d’investir davantage dans l’éducation, la formation et l’emploi des jeunes.

Lesquelles jeunes constituent, d’après le président, la cible privilégiée des mystificateurs et des manipulateurs de conscience. Il a appelé les pays membres à soutenir les programmes de l’Oci en matière d’éducation et d’échanges dans le domaine de l’enseignement, de la recherche et de la formation professionnelle.

« Je me réjouis de la longue tradition de coopération entre le Sénégal et les pays du Maghreb. Depuis des années, notre pays envoie des étudiants dans ces pays amis et forme en retour des étudiants maghrébins notamment en médecine. C’est un bon exemple de ce que nous pourrons réussir ensemble dans un esprit de complémentarité solidaire », a dit Macky Sall, pour qui la quête du savoir par l’éducation et la culture de la paix comme facteurs de rapprochement des peuples est une œuvre de longue haleine. Cela, conclut-il, doit « nous motiver davantage à persévérer dans l’effort pour réaliser nos idéaux communs ».

Par Ibrahima BA et Maguette Guèye DIEDHIOU

PROMOTION DE LA TOLERANCE, DU DIALOGUE INTERCULTUREL : LES MODALITÉS DU PRIX DE L’OCI POUR LES MÉDIAS FINALISÉES
Sg OciL’Organisation de la coopération islamique (Oci) vient de finaliser les critères et modalités du Prix international dédié aux médias. D’après, Dr Youssef Bin Ahmed Al Othaimeen, secrétaire général de l’Oci, ce prix est décerné aux médias et professionnels qui se sont distingués dans la promotion de la tolérance, de l’harmonie et du dialogue interculturel.

Le secrétaire général de l’Organisation de la coopération islamique (Oci), Dr Youssef Bin Ahmed al Othaimeen, a annoncé le lancement du Prix international dédié aux médias et aux professionnels des médias les plus méritants, dont les critères et modalités ont été finalisés, le lundi 14 mai à Dakar par le Comité ad hoc chargé du suivi du lancement du prix. « C’est au cours de la 11ème session de la Conférence islamique des ministres de l’Information, tenue à Djeddah en décembre 2016, qu’une résolution a été, en effet, adoptée visant à créer un prix international pour honorer les médias et les hommes des médias qui se distinguent dans la promotion de la tolérance, de l’harmonie et du dialogue interculturel », a-t-il rappelé.

Le comité ad hoc chargé du suivi du lancement du Prix international, a expliqué M. Othaimeen, a tenu trois réunions successives afin de finaliser les conditions et les procédures d’attribution du Prix, dont la dernière s’est tenue à Dakar, le 14 mai et au cours de laquelle les critères et modalités du Prix ont été finalisés. « Nous espérons que le lancement effectif du Prix aura lieu très prochainement avec le soutien des Etats membres et des institutions de l’Organisation », a fait savoir le secrétaire général de l’Organisation de la coopération islamique.

Dans le domaine culturel, Dr Youssef Bin Ahmed al Othaimeen a indiqué qu’ils ont continué à suivre de près les résultats des 9ème et 10ème sessions qui ont pris des décisions importantes pour faire de la culture une passerelle permettant de mettre à niveau les outils de la coopération entre les Etats.

« L’Organisation de la coopération islamique a pris de son côté des mesures concrètes, en invitant les institutions spécialisées à lancer un plan d’actions pour l’exécution de la stratégie culturelle dans le monde musulman et son actualisation périodique afin d’en garantir la mise en œuvre dans sa nouvelle version dûment revisitée et amendée dans un souci d’une plus grande efficacité », a-t-il informé. Non sans rappeler au monde musulman, la nécessité de protéger et de promouvoir leur riche patrimoine culturel.

A Dakar, le secrétaire général de l’Oci a fait part des nouveaux programmes et projets lancés par l’organisation tels que la Semaine culturelle de l’Organisation de la coopération islamique pour l’accès aux jeunes musulmans dans le monde musulman et au sein des communautés musulmanes dans ceux non musulmans.

Le secrétaire général de l’Oci n’a pas manqué pas de saluer les efforts du président de la République Macky Sall pour faire évoluer les activités du Comité permanent, dont la plus récente et louable initiative aura été la mise en place d’un Bureau national de coordination pour le Comiac dans un siège séparé et la nomination de l’ambassadeur Cheikhou Omar Seck en qualité de directeur de ce Bureau.

M. Seck supervise les travaux du Comiac et s’occupe de deux dossiers vitaux que sont les Médias et la Culture, deux domaines qui revêtent indéniablement une importance primordiale pour les Etats membres et les peuples de la Oummah islamique.

Par Ibrahima BA et Maguette Guèye DIEDHIOU

SITUATION À GAZA (PALESTINE) : LE PRÉSIDENT MACKY SALL APPELLE À METTRE UN TERME À LA TRAGÉDIE
Le Sénégal n’a pas attendu longtemps pour réagir sur la situation à Gaza, en Palestine, où plusieurs dizaines de morts ont été enregistrées, lundi, lors de l’inauguration de l’ambassade américaine à Jérusalem. Le Président Macky Sall a condamné cette violence, tout en appelant la Oumah islamique et les Nation unies à mettre un terme à cette tragédie. « Nous tenons nos assises dans un contexte d’émotion fortement exacerbée par la situation que vivent nos frères et sœurs palestiniens et rohingyas de la Birmanie pris dans l’étau infernal de la violence. J’appelle instamment la Oumah islamique et les Nations unies à se mobiliser pour mettre fin à ces tragédies humaines », a dit le Chef de l’Etat. « Je réaffirme notre ferme attachement au droit légitime de nos frères et sœurs de Palestine à un Etat indépendant et souverain avec Al Quods-Al Charif comme capitale conformément aux résolutions pertinentes des Nations unies y compris celles relatives au statut de Jérusalem », a-t-il ajouté.

Dans le même sens, le Président Sall pense également à « tous les pays frères meurtris par le fléau du terrorisme et de la guerre ». Selon lui, la « Oumah ne peut être en paix quand un seul de ses membres sombre dans la guerre ; quand des vies humaines continuent d’être abrégées et des familles entières dévastées par le deuil et la souffrance ».

Par Ibrahima BA et Maguette Guèye DIEDHIOU

Après avoir révélé au monde son talent littéraire, sa sensibilité, Ndèye Fatou Kane ré-enchante au moyen d’un essai, publié aux éditions L’Harmattan, ainsi intitulé : « Vous avez dit féministe ». Elle s’y est employée, avec une grande maturité d’esprit, à revisiter des écrits d’illustres femmes de lettres d’ici et d’ailleurs et de divers instants pour accéder au sens de leurs combats pour la cause féministe ou féminine et fixer l’horizon nouveau que devrait embrasser le féminisme, vocable très chargé de préjugés et de mythes.

La prouesse de Ndèye Fatou Kane est d’être parvenue, dans « Vous avez dit féministe ? », à concilier la démarche scientifique de l’intellectuelle qu’elle est et le plaidoyer en faveur de la femme que lui impose son engagement actif et altruiste. Le style y est accessible et le verbe précautionneux. Le génie de cette jeune auteure, déjà riche de deux autres ouvrages bien accueillis par la critique, s’exprime aussi dans sa faculté de décloisonner son objet de réflexion qui, en tant que fait social, implique des connaissances pluridisciplinaires et un recours permanent au substrat culturel, aux spécificités des ensembles qui dévient des trajectoires de vie, accablent ou célèbrent le « sexe faible ».
Alliant talent et rigueur et dissipant tout soupçon sur un probable révolutionnarisme féministe incommodant, la petite-fille de l’honorable Cheikh Hamidou Kane fournit un monceau d’informations utiles à la compréhension, d’une part, de l’engagement pour la cause des femmes, et d’autre part, du féminisme rempli de mythes et empreint de préjugés. « Vous avez dit féministe ? » est moins une interrogation qu’une transmission d’une littérature de résistance et une observation sociologique probablement aiguillée par un militantisme raisonnable.

Une part d’elle
Ndèye Fatou Kane partage, en effet, quelques-unes de ses lectures ayant trait à la condition des femmes et y pose un rafraîchissant regard qui ne se laisse assombrir ni par la fascination ni par la réprobation. L’originalité de cette œuvre capitale -et ce n’est point-là un dithyrambe- se trouve aussi dans le fait que l’auteure passe d’un univers à un autre sans désarticuler son raisonnement, sans se livrer à des comparaisons extravagantes. Il lui est autant aisé de faire référence aux « Linguères » du Sénégal au temps du matriarcat que de convoquer le Women’s Liberation Movement avec une bonne lecture des usages de chaque société. Pour accomplir cette prouesse, Ndèye Fatou Kane convoque les écrits de quatre femmes de lettres que sont la Française Simone de Beauvoir, la Nigériane Chimamanda Ngozi Adichie et les Sénégalaises Awa Thiam et Mariama Bâ. Elle s’est intéressée à l’ouvrage de Simone de Beauvoir, « Le deuxième sexe », pour y déceler « des thèses un tantinet extrêmes » mais surtout ce « désir d’une femme de s’affranchir des codes parfois oppressants d’une société française peu encline à l’émancipation des femmes ». En ce qui concerne la réflexion de Chimamanda Ngozi Adichie, l’auteure de « Le malheur de vivre » en a touché un mot au lecteur pour sa « dose de fraîcheur… et son discours axé autour du duo féminisme, mais aussi féminin ». La « photographie » de la société sénégalaise réalisée par Awa Thiam, à travers son ouvrage « La parole aux négresses », a guidé le choix de Ndèye Fatou Kane qui y voit « une véritable fresque socioculturelle et cultuelle ». Il en a été de même de la « radioscopie » faite par la romancière, Mariama Bâ, à travers « Une si longue lettre » et « Un chant écarlate ». L’œuvre intellectuelle et les actions déterminantes de cette dernière ont posé, aux yeux de l’auteure, « les jalons d’une pensée féminine ancrée dans la modernité et au fait des combats à mener ».

« Vous avez dit féministe ? » crée ainsi un dialogue entre cette jeune auteure et ses illustres devancières d’un autre contexte qui, finalement, n’est pas si différent du temps de cet ouvrage. Les réalités se construisent avec d’autres mots, avec d’autres individualités, mais le sort des uns et des autres est loin d’évacuer les questions que se posaient ses réputées auteures d’où la pertinence du travail de Ndèye Fatou Kane. Ce propos suivant est d’elle : « Les enjeux du vingt et unième siècle autour du féminisme devraient tourner autour d’un changement de paradigme, de façon que chaque fois que le vocable féminisme est prononcé, l’on ne détourne pas la tête… Tel devrait être notre combat, nous jeunes femmes de la génération Y ! ».

Ce regard critique est suivi d’une nouvelle intitulée « (In) certitudes » qui, dans une certaine mesure, en est le prolongement fictif. Car, elle est une effusion de… femme. On pourrait même y soupçonner quelques bribes de vies de Ndèye Fatou Kane, une part d’elle ou, de manière plus aventureuse, des tourments d’une saison.

Alassane Aliou MBAYE

L’édition 2018 de Security Day dédiée à la cybersécurité s’est ouverte, hier, à Dakar. L’objectif de l’événement est de promouvoir une vision et réponse commune face à ces nouvelles menaces, sécuriser les infrastructures et les réseaux, protéger les données des citoyens, accélérer la formation et la coopération internationale.

Sur le continent africain, l’Internet joue désormais un rôle déterminant tant pour les communautés urbaines que celles rurales. Aujourd’hui, l’accès aux Technologies de l’information et de la communication a aidé les populations à améliorer leur vie et à résoudre des problèmes liés, entre autres, à l’éducation, à la santé ou aux questions des droits de l’Homme. Toutefois, cette pénétration numérique à grande échelle exige une bonne maîtrise des questions de sécurité au niveau des Etats. L’édition 2018 de Securitay Day dédiée à la cybersécurité pose cette problématique afin de voir quelles peuvent être les politiques de sécurité pour assurer la souveraineté des Etats africains dans la transformation numérique. L’objectif est de « promouvoir une vision et réponse commune face à ces nouvelles menaces, sécuriser les infrastructures et les réseaux, protéger les données des citoyens, accélérer la formation et la coopération internationale ».

Pour Sidy Mactar Aidara, président-directeur général de Kubuk consulting, l’Afrique continue d’être la cible principale de la cybercriminalité avec une identité de données mal protégées, l’espionnage, la malveillance ou la simple indiscrétion informatique. Cet évènement annuel, a-t-il poursuivi, se veut construire une Afrique numérique et sécurisée. Une ambition qui ne peut être réalisée, a ajouté M. Aïdara, sans l’engagement de tous les acteurs. L’enjeu de la cybercriminalité est étroitement lié à l’identité des acteurs évoluant dans cet univers.

L’administrateur général de « Gaindé 2000 », Ibrahima Nour Eddine Diagne, pense que la notion d’identité est un élément clé pour pouvoir maîtriser la cybersécurité. L’évolution rapide des technologies a exposé à un certain nombre de dilemmes avec une incompatibilité avec les principes de la liberté. « Nous sommes à la croisée des chemins. L’éthique est remise en cause par les avancées techniques. Ce qui met en branle cette notion de cybersécurité », a-t-il expliqué. Selon lui, la configuration actuelle exige d’être ensemble pour éviter le chaos. Aussi, pour faire face à ce phénomène, il faut, aux yeux de M. Diagne, des compétences, de l’outillage, de la coopération et des normes pour rassurer l’utilisateur.

Confiance numérique
Au Sénégal comme presque un peu partout en Afrique, l’environnement du numérique reste caractérisé par son dynamisme et la diversité des acteurs. Pour consolider la souveraineté, a soutenu le directeur général de l’Agence de l’informatique de l’Etat (Adie), « nos Etats devront s’assurer de toutes les garanties juridiques et réglementaires ». Mais également disposer des « outils de connaissance, des ressources et des capacités nécessaires afin d’éliminer les faiblesses et les vulnérabilités de nos systèmes d’information et prévenir les actes de cybercriminalité ».

Cependant, a souligné Cheikh Bakhoum, il reste encore beaucoup à faire pour concrétiser la vision fédératrice et mutualisée de la confiance numérique afin de maintenir une cohérence d’ensemble des politiques nationales et communautaires. « Ces nouveaux défis réclament une réponse adaptée qui concilie les impératifs d’exploitation de l’information, des mesures adaptées et des acteurs qualifiés pour une gestion efficiente de la sécurité et des questions de souveraineté… », a-t-il indiqué. M. Bakhoum a insisté également sur la nécessité de renforcer les synergies d’action entre les Etats et les actions conjointes de coordination. Rappelant les efforts du gouvernement dans le cadre de la lutte contre la cybercriminalité, le directeur des Technologies de l’information et de la communication, Cherif Diallo, a appelé à une véritable mise en œuvre des politiques de cybersécurité.

 


Un réseau d’experts pour sécuriser les données des institutions
A l’initiative de l’expert et consultant Chrysostome Nkoumbi-Samba, Afrik@cybersécurité est un réseau d’experts au sein des institutions. Il a été créé pour encourager, susciter, accompagner à la transformation numérique des institutions. D’après Nkoumbi-Samba, le réseau aide à la mise en place des politiques de sécurité. Il intervient et agit auprès des dirigeants des institutions africaines dans les processus de digitalisation de leurs activités. A travers son conseil stratégique, Afrik@cybersécurité aide à la sécurisation des technologies et des données numériques dans tous les secteurs d’activité. Il assure en même temps, la mise en œuvre opérationnelle des processus assurant la conformité réglementaire et normative.

Ibrahima BA

 

Les membres de l’Association des métiers de la musique au Sénégal (Ams) étaient en conclave hier, pour échanger et faire le suivi sur le processus de la négociation collective dans les métiers de la musique. Des initiatives pour la structuration du secteur et l’amélioration de la situation précaire des musiciens.

Après l’atelier de formation en techniques de négociation collective, l’Association des métiers de la musique du Sénégal (Ams) a ouvert, hier, une autre rencontre de cinq jours sur le suivi de cette négociation collective et sur la problématique d’égalité de genre au niveau du secteur de la musique. Selon le président de l’Ams, Daniel Gomes, c’est dans une logique de structuration du secteur de la musique et surtout d’amélioration de la situation précaire des musiciens qu’ils ont pris l’initiative d’organiser cet atelier en partenariat avec la Fédération internationale des musiciens (Fim) pour le suivi sur la négociation collective. A l’en croire, le premier atelier a permis de dresser une feuille de route, des résolutions ont été également prises.

« Aujourd’hui, ce sont ces résultats que nous allons prendre en compte pour faire le suivi sur cette négociation collective qui, certes, va prendre beaucoup de temps. Car elle requiert beaucoup d’autres négociations et de prise en charge des personnes de tous les secteurs », a-t-il dit. La rencontre a été également une occasion d’aborder la question genre dans le secteur de la musique pour permettre à ces femmes battantes et laissés en arrière-plan d’avoir les mêmes chances et de bénéficier du même traitement que les artistes masculins.

Présidant l’ouverture de cet atelier, le ministre de la Culture, Abdoul Latif Coulibaly, a salué cette initiative de l’Ams d’ouvrir cette rencontre d’échanges avec ses membres pour vérifier et suivre le processus sur la négociation collective. « Cette initiative est d’autant plus heureuse pour nous qu’elle participe à une action de modernisation et de professionnalisation du travail des musiciens », a-t-il indiqué. D’après Abdoul Latif Coulibaly, la filière musicale connaît d’importantes faiblesses relatives à la négociation de contrat individuellement, à l’absence totale de contrats pour tous les travailleurs et dans certains cas, ils ne sont même pas écrits. A l’en croire, l’absence totale de négociation collective a conduit à une paupérisation des musiciens qui, divisés, se voient imposer unilatéralement des tarifs de rémunération de plus en plus bas. D’où l’intérêt de l’obtention d’une convention collective.

A son avis, la négociation collective va aboutir nécessairement à la Convention collective qui a besoin, pour s’appliquer, d’un décret d’application du président de la République. « Je peux vous assurer que notre disposition à le faire est totale. Ce n’est que dans cette perspective que nous pourrons améliorer la filière musicale qui dispose énormément de talents », a rassuré le ministre de la Culture.

Maguette Guèye DIEDHIOU

 

La 11e session du Comité permanent pour l’information et les affaires culturelles (Comiac), réunit, à Dakar, du 13 au 15 mai, les ministres de l’Information et de la Culture ainsi que de hauts fonctionnaires des pays membres de l’Oci. Placée sous le thème « Education et paix comme vecteur de paix, de développement et de rapprochement des peuples », cette 11e session sera ouverte par le Président Macky Sall, mardi, à 9h, au King Fahd Palace.

La 11e session du Comité permanent pour l’information et les affaires culturelles (Comiac) de l’Organisation de coopération islamique (Oci) s’ouvre, demain, à Dakar, sous le thème « Education et paix comme vecteur de paix, de développement et de rapprochement des peuples ». La cérémonie officielle sera présidée, au King Fahd Palace, par le Chef de l’Etat sénégalais, Macky Sall.
Une occasion, affirme le directeur du Comiac, Cheikhou Oumar Seck, pour le Président Sall de lancer un message fort à la Oumah islamique. L’Oci, selon M. Seck, a compris le rôle de l’éducation dans la société, ainsi que celui de la culture comme un rempart contre « la haine et les atteintes aux symboles religieux ». Il s’agira, au cours de cette 11e session du Comiac, placée sous l’égide du ministère des Affaires étrangères du Sénégal, de prendre des initiatives fortes et équilibrées pour promouvoir le dialogue.

Cette 10e session du Comiac sera précédée, ce lundi, de la 14e Réunion des hauts fonctionnaires des ministères de l’Information et de la Culture des 56 pays membres de l’Oci. Dimanche, c’est le comité ad hoc de l’Oci du Prix international pour les médias et les professionnels des médias qui s’est réuni à Dakar. Une rencontre destinée à fixer les modalités et conditions d’attribution de la première édition de ce prix de l’Oci, initié en 2016 par le Chef de l’Etat sénégalais, par ailleurs président du Comité permanant de l’Oci pour l’information et les affaires culturelles (Comiac).

Ce Prix international pour les médias, d’une valeur de 25 millions de FCfa pour l’audiovisuel et de 15 millions de FCfa pour la presse écrite récompensera les journalistes et hommes de médias qui s’illustrent dans la promotion des valeurs de l’Islam et du dialogue interculturel. La mise en œuvre du Prix est pilotée par le Comiac, dont le Bureau est rattaché au ministère des Affaires étrangères du Sénégal, assiste le Chef de l’Etat, président du Comiac dans la mise en œuvre effective des stratégies, plans programmes, résolutions, recommandations issues des conférences islamiques, dans les domaines de l’information et de la culture.

Omar DIOUF

La D Galerie (Paris) fait un écho à la Biennale de l’art africain contemporain de Dakar. Elle inaugure, le 15 mai, une exposition collective et évolutive regroupant cinq artistes de nationalité burkinabé, malienne, française et sénégalaise.

En écho au thème « L’Heure rouge » de la 13ème Biennale de Dakar qui réunit artistes, amateurs d’art et collectionneurs, pendant un mois autour de l’art africain contemporain, la D Galerie inaugure, à Paris, le 15 mai, « Lien », une exposition collective et évolutive. Cinq artistes de nationalité burkinabé, malienne, française et sénégalaise partageront les murs de la galerie autour du lien qui unit territoires et individus. Mouvante comme l’est son sujet, cette manifestation évoluera au fil des jours pour intégrer d’autres œuvres d’art africain contemporain, confiées pour la majeure partie d’entre elles par la collectionneuse Marie Laure Croiziers de Lacvivier. La directrice de la D Galerie, Domitille Bertrand, rappelle : « Pascale Fournier qui présentait une série de photos pour le "Off" dakarois, Présences en 2016, sous le haut parrainage de Ousseynou Wade, Kalidou Kassé et Massamba Mbaye, dévoilera un ensemble de sculptures en porcelaine, tableau vivant des interactions sociales ». Son travail résonnera avec l’installation sonore et immersive de Francis Wargnier sur le thème de la ville et de ses mutations. Hyacinthe Ouattara exposera des dessins et peintures où portraits et maillages de lignes agitées forment un tout expressif. Babacar Mbaye Diouf proposera, lui, un voyage minutieux dans la trame que tissent les foules, à travers plusieurs toiles dans lesquelles l’individu est l’alphabet. Ibrahim Ballo, quant à lui, partagera un travail cousu et peint aux couleurs tranchées et vibrantes, portant sur le lien de filiation. « Réunis le temps d’une exposition, ces cinq artistes constitueront une proposition artistique sur le lien qui unit et distend, sur le lieu qui rassemble et transforme, entre territoires imagés et groupes liés, entre mutation et transfiguration », explique la commissaire de l’exposition, Domitille Bertrand. Elle estime que « Lien » nous invite à un écho, celui d’une biennale qui résonne à l’international.

D. Bertrand informe que « La D Galerie possède un robot que l’on peut téléguider afin d’organiser des visites privées de l’exposition, pour ceux qui, depuis l’étranger, souhaiteraient visiter et voir les œuvres à distance ». L’objectif de la directrice, « offrir de véritables expériences artistiques où l’art est une surprise et un voyage ». Elle veut présenter les artistes de demain aux collectionneurs et aux profanes. Lancée en mars via son agence Develop’on, la D Galerie organisera plusieurs événements par an dans différents lieux, avec pour résidence principale la Galerie Louchard, un espace de 75 m2 dans le 19e arrondissement à Paris.
Fait nouveau pour « Lien », l’expo accueillera aussi des œuvres de la collectionneuse Marie Laure Croiziers de Lacvivier, historiquement très liée à la Biennale et fervente soutien des arts, et sera évolutive, du 16 au 27.

E. Massiga FAYE

 

Plusieurs personnalités du pays ayant réfléchi sur la question, ont publié un livre commun sur « la problématique des Daara au Sénégal ». Ce livre édité par l’Ong Action solidarité islamique (Asi) pose le problème qui résulte de la confrontation de deux modèles d’éducation et propose d’allier les deux au lieu de les opposer.

« La problématique des Daara au Sénégal », c’est le titre du livre collectif publié par l’Ong Action solidarité islamique (Asi). Plusieurs intellectuels ont contribué à cet ouvrage qui propose des solutions pour que les « daara » (écoles coraniques), « concourent à mettre à la disposition du Sénégal un citoyen musulman dont le savoir, le savoir-faire et le savoir-être lui permettront de participer pleinement à l’édification du pays ».
Les contributions ont été faites entre autres par Ousmane Kane, Ramatoulaye Ndao Diouf, le Professeur Iba Der Thiam, Momar Kane, Aminata Wane, Amadou Sakhir Mbaye, Bamar Gueye, Penda Mbow, le défunt Docteur Ciré Ly. Le Professeur Souleymane Bachir Diagne, préfacier du livre, a écrit d’emblée que les « daara » constituent un legs qui demande une « revivification » car « c’est un scandale innommable que de voir jetés à la rue, dans la mendicité, des enfants qui ont été confiés à des « daara » pour y étudier ce qui fera d’eux des hommes utiles à eux-mêmes et à leur société ».

Samedi, lors d’une cérémonie de dédicace tenue au siège de l’Harmattan Sénégal, le président de l’Ong Action solidarité islamique (Asi), le professeur Aly Anta Sow, revenant sur la place des « daara » au Sénégal, pense qu’il y a, depuis longtemps, une confrontation de deux systèmes. « Ce qui existait avant l’arrivée des Français, c’était les Arabes qui étaient venus en Afrique au 11e siècle avec leur système d’enseignement appelé les Daara, des écoles qui se spécialisaient dans l’enseignement du Coran, dans sa mémorisation qui était l’objectif principal. Plusieurs siècles après, un autre colonisateur est arrivé et a cherché à imposer et sa culture et une autre forme d’enseignement avec une langue différente », explique le président de l’Asi.

Soutenant la même thèse, l’ancien ministre de la Culture, Abdoulaye Elimane Kane, soutient qu’en matière d’éducation, il faut se départir de l’idée selon laquelle on a un seul modèle. Pour lui, le Sénégal a hérité des écoles coraniques au même titre que de l’école dite coloniale, deux modèles qu’on a souvent opposés. « Ces deux modèles sont souvent en compétition dans notre pays, mais il est possible d’éduquer les citoyens dans ce pluralisme de modèles », dit le Pr Kane. Il avertit que le danger, c’est de tomber dans l’exacerbation et l’extrémisme qui est de penser que tel modèle est plus légitime que l’autre. À son avis, on peut allier les deux modèles sans croire que les « daara » qui sont antérieurs à l’école française sont plus légitimes ou le contraire.

Assainir les Daara

Le Professeur Penda Mbow, qui a réfléchi dans ce livre sur le thème, « Laïcité, enseignement religieux et droits humains », pense que le sujet est plus qu’actuel. L’historienne constate que les jeunes issus des écoles coraniques sont souvent déboussolés parce qu’ils ne se sentent pas intégrés et « ont le sentiment d’être exclus de la gestion des affaires publiques ». Penda Mbow poursuit que cela est un problème qu’il faudra prendre en compte pour éviter les tentatives de solutions violentes à travers l’extrémisme radical.

« Il faut absolument trouver une solution à cette problématique car il ne s’agit pas de s’arabiser ou de s’occidentaliser, mais juste de s’ouvrir en gardant notre culture », souligne Pr Mbow.
Par rapport au projet de modernisation des « Daara » annoncé par l’Etat, le professeur Anta Aly Sow soutient qu’il faudrait parler d’assainissement pour régler les problèmes d’hygiène de ces écoles coraniques. Pour lui, moderniser doit signifier rendre plus propres ces établissements, avoir des locaux décents. « Il faut harmoniser aussi parce que la langue officielle octroyant du travail ici étant le français, il y a problème. Quelqu’un peut faire le « Daara », sortir avec le bac et avoir des problèmes d’emploi parce que le contexte est un contexte francophone. Cela n’est pas lié à la modernisation du « daara », mais c’est une confrontation entre deux réalités », dit-il. Le président de l’Asi est d’avis, cependant, que le système du "daara" n’interdit pas que les gens basculent dans l’autre système après une formation coranique dès le bas âge.

Oumar KANDE

 

Dans le cadre de l’exposition photographique collective « Senetopia », organisée à Saint-Louis, avec l’appui du programme Acerca de la Coopération espagnole, le photographe Assane Sow du quotidien Le Soleil a présenté des œuvres autour des séances de « Zikr » (évocation multiple des noms d’Allah) des « Yaye Fall ». Des photos d’une grande dévotion, qui font voyager dans la vie de ces talibés, lors des sessions de ferveur spirituelle.

Entre la spiritualité qui se dégage dans la mise d’Assane Sow (boubou Baye Lahad atypique de la communauté mouride) et cette fine dévotion, qui suinte de ses œuvres, la frontière est assez lisse. Chez lui, la dimension est juste spirituelle, confrérique, mieux, religieuse. La dévotion, il le vit et à cette belle faculté de contaminer, toute personne sur son passage. Avec ce photographe, on plonge dans les méandres de la vie de « sa » communauté, à Touba.
Assane Sow est saisissant dans sa démarche et sa capacité à éblouir. Ses œuvres pour cette exposition font un focus sur la communauté des « Yaye Faal », ces dames qui font partie intégrante de la confrérie mouride, dont le sacerdoce se résume au travail et au « Zikr », pour le Seigneur, son prophète (Psl) et Cheikh Ahmadou Bamba fondateur de la Mouridiya. Aux couleurs noires et blanches, qui colorient leurs habits et autres accessoires, Assane Sow sublime également les sentiments qui assaillent ces dernières, au moment du « Zikr ». Mains sur les tempes, la bouche ouverte et distillant des paroles sacrées, les yeux mi-clos, ces photos vous transportent dans ces moments, où le corps tremble, avec ces sons qui vous saisissent jusqu’aux tripes. Cette mise des « Yaye Fall », une communauté qui a pour guide Cheikh Ibra Fall, fidèle compagnon de Serigne Touba, est complétée par la multitude de chapelets au coup, accompagnée de cette écharpe bicolore (noir-blanc toujours), en évidence sur la tête.

Ces clichés, de 60×40, font partie d’un ensemble qu’Assane Sow avait commencé a immortalisé, depuis 2010. Lui, est passé allégrement de la photo à vocation informative à celle qui transmet des émotions, celle typiquement artistique. Dans une autre expo, Assane Sow dit avoir présenté les hommes, ces « Baye Fall », qui étaient dans la cour du marabout Serigne Cheikh Ndiguël Fall. Cette exposition est le fruit de photos prises lors du mois de Ramadan, et durant lequel les "Baye Fall" et « Yaye Fall », dans une belle symphonie, se lançaient dans des louanges, avant et après avoir amené le repas de la rupture.

Une autre vie pour les talibés

Outre la contemplation de son terroir et la recherche de la paix intérieure (il est talibé mouride avant tout), Assane Sow s’engage dans des clichés, avec comme base l’ésotérisme et la spiritualité. C’est pourquoi Pedro Pablo Viñuales, responsable de programmes à l’Agence espagnole de coopération internationale pour le développement (Aecid), a salué cette exposition comme le fruit d’une approche où Assane Sow assiste comme acteur-spectateur aux cérémonies religieuses et aux rituels dont les chants, danses et prières mobilisent des centaines d’initiés, comme il le montre dans son projet sur les « Baye Fall » et les « Yaye Fall ».

Dans le cadre de cette exposition, outre Assane Sow, 8 autres créateurs, parmi lesquels la photographe Ndeye Astou Beye « Bey-A », partagent leurs œuvres avec le public. L’artiste, avec ses 4 photos, sensibilise sur les conditions des enfants de la rue. Dans ces photos, on y voit ces petits, un pot en guise de sébile, arpenter les routes, à la recherche de piécettes. Pour Bey-A, à travers ces images, « il est important de sensibiliser sur les conditions de ces enfants qui ont le droit à une famille, un toit et au bien-être ».

Amadou M. NDAW

 

Une table ronde organisée par le Centre national du cinéma (France) au Festival de Cannes a réuni des professionnels de la diffusion du cinéma en Afrique. Le Sénégal y était représenté par Abdoul Aziz Cissé, secrétaire permanent du Fopica. Il ressort de cet échange des perspectives d’espoir alors qu’il y a quelques années, on déplorait l’absence de circuit de distribution, la fermeture des salles de cinéma déjà très rares, un public à trouver…

C’est le début d’un écosystème. Des initiatives se sont multipliées pour favoriser l’accès au cinéma : on voit apparaître de nouveaux cinémas ou la restauration d’anciens, des complexes cinématographiques, le réseau Canal Olympia, des chaînes télévisées payantes et des sites de Vod.

Abdoul Aziz Cissé a indiqué que le Fopica ne finançait pas que la production mais soutenait aussi les opérateurs privés pour les salles, la distribution et la formation. Quatre salles de quartier de Dakar sont ainsi en cours de rénovation et numérisation. La salle délabrée de Ziguinchor est en chantier aussi. « D’autres salles sont visées pour reconstituer le circuit des salles de cinéma perdues à cause des politiques d’ajustement structurel, qui furent vendues au plus offrant lors de la privatisation du réseau ». La clause de maintien de l’activité n’était que de dix ans. De même, le dossier d’aide à la production doit comporter un engagement de diffusion en salles. Une réflexion est par ailleurs en cours sur la chronologie des médias au Sénégal pour contrecarrer le risque de voir des films aidés directement diffusés sur internet.

Retour des salles de cinéma
Jean-Paul de Vidas, directeur de Films 26, qui fournit des films aux nouvelles salles de Dakar, a proposé une typologie des salles en Afrique francophone en fonction du prix des billets : premium (4000-5000 FCfa), middle (2500-3000 FCfa), low coast (1500 FCfa). C’est la catégorie middle qui se développe énormément avec la création de centres commerciaux attirant les classes moyennes.

Le réseau Canal Olympia, lui, s’adresse à la catégorie low coast : les billets adultes sont à 1500 FCfa et enfants à 1000 FCfa. Laurent Sicouri, directeur des acquisitions du programme Canal + International, a insisté sur la technologie solaire qui permet d’emmagasiner de l’énergie durant la journée pour faire tourner le lieu le soir. Les salles sont équipées en dolby 7.1 et disposent d’une estrade en extérieur pour les événements musicaux, le but étant de pouvoir accompagner les talents locaux avec un espace de programmation. Pour les événements ou les avant-premières, le tarif monte à premium.

Président du Fonsic en Côte d’Ivoire, Coulibaly Diakité a de même indiqué que ce fonds de soutien aide également la rénovation et la distribution. La défiscalisation de l’équipement et du matériel permet à des grands groupes de venir s’installer en Côte d’Ivoire. Dans le domaine public, la grande salle de 1500 places du Palais de la Culture sert aussi à des événements cinématographiques. La politique est de soutenir l’initiative privée pour arriver à 25 salles en 2020.

Les Films 26, qui ont débuté leur activité en 2015, ont enregistré 343.000 entrées dans les différents pays en 2017, soit 1,7 million d’euros de chiffre d’affaires. À la faveur des nouveaux écrans, cela représente une progression annuelle de 50 %. "Black Panther" a ainsi fait 110.000 entrées et le fait d’avoir positionné "Avengers" comme la suite a permis de dépasser ce chiffre. "Bienvenue au Gondwana" est en tête des recettes grâce au déplacement de Mamane qui a accompagné le film dans toutes les capitales. "Il a déjà tes yeux", avec Aïcha Maïga, s’est situé en tête des films français. Mais comme dans le reste du monde, le public est demandeur de comédies, d’action, d’aventure…

Distribution des films africains commerciaux

Le problème en Côte d’Ivoire est la lenteur de l’investissement, note Coulibaly Diakité, alors que le marché s’ouvre. Au niveau des frais de sortie, les réseaux sociaux prennent le dessus sur les publicités traditionnelles dans les médias, tandis que la télévision reste trop chère et trop large.

Le groupe Trace TV a créé une entité distribution en 2017. Sa directrice Betty Sulty Johnson cherche à valoriser les contenus afrocentrés sur les marchés internationaux (télévisions payantes, plateformes Sdod, compagnies aériennes, etc.) d’un catalogue de magazines, séries et documentaires. Avec Trace Play, c’est un Netflix africain qui tente de s’imposer : une plateforme Sdod avec 2500 heures de contenus. Il y a aujourd’hui 390 millions d’Africains francophones, un chiffre qui aura doublé en 2050. Canal + Afrique cherche à les capter avec ses 12 chaînes, notamment avec les séries. Du pré-achat peut permettre d’aider la production des films. Ce fut l’occasion pour Coulibaly Diakité de rappeler que le secteur n’a pas assez de retours sur investissement pour se financer : il faudrait que les télévisions augmentent leurs tarifs d’achat.

Marjorie Vella, directrice adjointe des programmes et directrice des acquisitions de Tv5 Monde, a évoqué le nouveau Fonds francophone d’aide et indiqué que Tv5 Monde achètera 75 % des productions. Pour Abdoul Aziz Cissé, l’intérêt de ce Fonds est de faire naître des coproductions entre pays africains : c’est l’occasion d’aller vers une mutualisation des ressources africaines. Il ne faudrait pas que les fonds nationaux soient des barrières.
Le Fonds francophone est ainsi un laboratoire pour l’expérimentation.

De notre correspondant Olivier BARLET

 

C’est sous le thème de la paix au Sénégal que le festival « Képarou Mame » a eu lieu, du 4 au 6 mai, à Rufisque. Ce rendez-vous artistique a regroupé pas moins de 300 comédiens sénégalais, trois jours durant, à Rufisque. Mais pour cette 5ème édition du festival, le thème de la paix a été au cœur des prestations.

Vous êtes l’initiateur du festival « Keparou Mame » à Rufisque. D’où vous est venue l’idée et que signifie le concept ?
« Keparou Mame », c’est une idée que nous avons eue depuis très longtemps et que nous avons eu à murir davantage. Il y a 5 à 6 ans, nous avons essayé de faire un numéro zéro qui consistait à regrouper les enfants de notre quartier, à les encadrer au plan scolaire jusqu’au jour où nous nous sommes dit pourquoi pas ne pas mêler l’utile à l’agréable. Et en tant que moniteur diplômé des collectivités éducatives, j’ai demandé à mes amis de venir encadrer les enfants. Il y avait une douzaine de moniteurs qui étaient là-bas et comme la maison était assez petite et ne pouvait pas contenir tous les enfants, nous sommes sortis. Et une fois dehors, quelqu’un a dit : là-bas, il y a un « képar » (un espace de détente). Nous nous sommes alors dit d'accord, pour nous mettre à l’ombre d’un arbre et travailler. Mais pour se mettre à l’ombre d’un arbre, il faut la nettoyer et c’est ce que nous avons essayé de faire en mettant des nattes. Pour l’atelier de musique, nous avions envisager de l’appeler « Képarou Khar Mbaye Madiaga », tandis que pour l’atelier d’écriture, nous avions pensé à « Képarou Ousmane Socé Diop ». Et, à un moment donné, il fallait choisir un concept fédérateur. C’est là que le nom de « Képarou Mame » est parti.

Quelle est la particularité de l’édition de cette année ?
La particularité, c’est que nous avons encore décentralisé des spectacles et aussi nous avons, dans la programmation, choisi des spectacles, surtout de Rufisque. Pour la plupart d’entre eux disons. Mais ce qui est encore important, c’est que nous avons fait une audition de toutes les compagnies qui ont joué, ce qui veut dire que nous avons réussi à regrouper la crème de la production théâtrale du Sénégal. L’autre chose, c’est que nous avons fait travailler la Sodav, parce qu’il fallait que les artistes soient initiés sur beaucoup de choses. Nous avons profité de l’occasion pour inscrire tous les comédiens participants à la mutuelle de santé. C’est donc une prouesse parce que tous les comédiens qui sont à Rufisque ont adhéré à ce projet. Certes ce sont les trois jours qui sont toujours maintenus, mais le contenu a beaucoup évolué. Notamment avec la caravane, les émissions artistiques, etc.

Globalement, il y a eu combien d’artistes et de comédiens qui ont fait le déplacement à Rufisque ?
Pour ceux qui jouent particulièrement, il y a au moins une bonne centaine. Sur 15 troupes qui ont joué, les 10 ont amené au moins 7 personnes. Et pour les cinq ou six de Rufisque, nous avons demandé d’amener toute la troupe et tous ceux qui sont venus font près de 300 comédiens que nous avons amenés à Rufisque et que nous avons hébergés entre le Cnfa, Rio Téranga et même dans les foyers. Et tout le monde était là. Notamment Pape Omar Diop de la série « Pod et Marichou », les acteurs et comédiens de « Nafi », ceux de « Dikkone », et tous les autres acteurs et comédiens des séries en vogue au Sénégal étaient là. De même que les artistes de Sorano. Durant ces 3 jours donc, Rufisque était la capitale du théâtre sénégalais.

Vous avez axé le thème sur la paix, pourquoi ce choix ?
Le choix est simple, parce que nous nous sommes rendu compte qu’au Sénégal, ça bouge de tout bord, parfois de façon négative. J’ai constaté, ces derniers temps, qu’à Rufisque, il y a l’affaire de cet enfant Fallou qui a été sauvagement assassiné. On parle tout le temps de ce genre d’affaire avec des filles qui sont violées, des jeunes agressés, les problèmes de jihadisme sans compter les politiciens qui ne parlent pas toujours le même langage.
En tant qu’artistes, nous sommes des vecteurs de paix et nous pouvons, par nos actes, même s’ils ne veulent pas l’entendre, leur crier dessus et les alerter, dans la paix. S’il y a la paix et la solidarité, on peut avancer. Aussi, l’artiste Macodou Mbengue avait initié le Fest’Art, un festival pour la paix qui nous avait beaucoup formé. On a pensé à rendre hommage au ce doyen ainsi qu’autres personnes disparues.

Est-ce qu’aujourd’hui vous comptez faire de ce festival un rendez-vous annuel et un évènement à l’image du Festival du rire de Kaolack ?
Bien sûr ! Nous avons initié ce festival il y a juste cinq ans; et un bébé qui a cinq ans commence à évoluer. Cinq ans, ce n’est pas beaucoup, mais au moins nous avons essayé d’être fidèles. Il y a beaucoup de gens qui veulent que je décentralise ce festival, mais j’ai toujours dit que ce festival restera à Rufisque. Personnellement, je ne suis pas médecin, ni footballeur ou autre, ce que je sais faire, c’est le théâtre. Ma famille, ce sont les comédiens et nous avons cette belle relation qui nous lie et qui nous permet de les offrir aux Rufisquois qui en ont besoin. Et pour moi, si je réussis à rendre heureux des Rufisquois, moi aussi je suis le plus heureux au monde.

Propos recueillis par
Maguette NDONG

 

Elle a déjà à son actif un album aux sonorités diverses, sorti en 2016. Native de Nouadhibou, la chanteuse sénégalo-mauritanienne Hawa Seck trace patiemment son sillon dans le milieu du showbiz, marchant sur les traces de ses ancêtres griottes, dépositaires des traditions Gawlo.

« J’ai commencé à chanter depuis 2002 à Nouadhibou. Je suis issue d’une famille griotte, mes grand-mères maternelles et paternelles étaient des griottes. Mon homonyme Hawa Aly Gawlo a participé à beaucoup de festivals. J’ai hérité la musique de mes grands-parents », nous rappelle, fièrement, Hawa Seck. Héritière de la lignée des Gawlo du Fouta, sur les deux rives du Fleuve Sénégal, la chanteuse revendique ce riche legs des griottes peules. Déjà dès 2002, et ce jusqu’en 2006, elle chantait l’éloge des gens lors des mariages et baptêmes, en compagnie de sa maman.

« De 2007 à 2010, ma maman s’est mise à m’écrire les textes de chansons traditionnelles, musique des guerriers. C’est sur sa machine qu’elle les saisissait et je les apprenais par chœur. Au fur et à mesure, je parvenais, petit-à-petit, à composer moi-même mes chansons. Et c’est en ce moment que je commençais à chanter lors des campagnes électorales, à l’arrivée des présidents dans ma localité, en Mauritanie les mariages et les baptêmes », explique celle que Youssou Ndour a présenté comme sa cousine, lors d’un concert transmis en direct à la télévision, il y a deux mois à Ndioum. Hawa Seck avait alors saisi cette occasion, devant un nombreux public, pour étaler ses talents vocaux.

L’artiste native de Nouadhibou, en Mauritanie, a déjà sorti son premier album  en 2016. Un mélange entre traditions yéla, blues et mbalax. C’était à la suite d’une soirée live au Grand Théâtre de Dakar. Elle chante en langues pulaar, wolof et se définie ainsi comme une chanteuse africaine. Tout en poursuivant la promotion de son album à travers les médias, Hawa Seck prévoit une tournée nationale dans plusieurs régions du Sénégal, et plus tard Afrique et en Europe.

En lui demandant ses références dans la musique, la diva cite le « roi du Mbalax », Youssou Ndour qui lui a promis de l’encadrer. « J’avais même chanté en duo avec lui quand il m’a invité sur scène, à Ndioum. J’ai également travaillé dans un projet avec Thione Seck qui voulait que je chante en pulaar trois textes pour son prochain album collectif. Nous avons déjà enregistré, il ne reste plus que la phase du mixage », nous a-t-elle confié.

Hawa Seck cite également la star Baaba Maal, « un oncle qui m’a beaucoup soutenu dans ma carrière musicale ». Le « roi du Yéla » l’a déjà invitée sur scène lors de son festival, les Blues du Fleuve en décembre dernier, à Podor. Tout en faisant son bonhomme de chemin dans le showbiz musical, la jeune dame dit compter également sur beaucoup de fans mélomanes aussi bien au Sénégal qu’en Mauritanie, pour l’encourager à persévérer dans la musique. Elle lance tout de même un appel aux bonnes volontés pour soutenir les jeunes artistes locaux afin qu’ils puissent aller de l’avant.

Outre ses activités artistiques, la chanteuse est également passionnée de commerce et envisage de se lancer dans le secteur agricole. Ayant fait des études jusqu’en classe de Terminale, Hawa Seck a suivi une formation en Informatique et en Contrôle qualité. C’est pour dire que la jeune cantatrice pulaar a plusieurs cordes à son arc…

Par Omar DIOUF

 

La 3e édition des Journées culturelles du Log a vécu dimanche dernier, au village de Sabe à quelques encablures de Foundiougne. A l’occasion, le « Khoye » des Saltigués de la contrée a prédit un bon hivernage avec des récoltes abondantes d’arachides et de mil.

Par Mouhamadou SAGNE
Le « Khoye » des Saltigués de la contrée du Log, département de Foundiougne, ont prédit, dimanche dernier, un hivernage pluvieux cette année. Les prédicateurs ont annoncé des pluies et des récoltes d’arachide et de mil abondantes. Mais, pour autant, ils n’ont pas manqué d’indiquer que certaines calamités pourraient survenir tout au long de cette période hivernale plus particulièrement des vents violents tout en préconisant des remèdes et autres mesures de protection pour les populations.     

Ces journées culturelles ont aussi vécu sous le signe de la paix en Casamance et de l’émergence du Sénégal. Les initiateurs membres de l’Association des sages et Saltigués du Lôg (Assalog) ont voulu ainsi saisir cette belle opportunité pour d’abord, selon Alioune Loum, le président de l’association, partager avec les populations sur la contribution du Lôg pour la paix en Casamance, en revenant sur les engagements et acquis de Foundiougne 1 en 2005, et voir comment aider les populations locales à s’approprier le Pse dont la réussite repose sur une paix durable au Sénégal.

Plusieurs participants dont les Diolas et Hal pulaar, cousins des Sérères, les Lébous, les élèves et étudiants, acteurs et actrices de développement, natifs et autres sympathisants du Lôg ont participé aux différentes activités au programme de l’événement culturel marqué, outre la cérémonie officielle d’ouverture, par la grande soirée folklorique animée par les femmes du Lôg, le panel et la séance de divination, en brousse ou « Khoye ». Un panel sur deux thèmes, « Foundiougne 2 pour la paix en Casamance » et « le Plan Sénégal émergent (Pse) », a fait l’objet de larges échanges et discussions avec les populations lors de cette édition 2018 des journées culturelles du Lôg.

L’autre particularité, selon le président l’Assalog, est que comme les éditions précédentes, celle de 2018, a eu aussi pour objectif majeur de mieux faire connaître le Lôg sur tous ces aspects, notamment culturels. « Un terroir riche par ses terres, riche par ses enfants, riches surtout par sa culture. Longtemps enclavé pour ne pas dire fermé, des décennies durant, nous pensons qu’il est temps que la zone s’ouvre et s’épanouisse d’avantage », fait remarquer Alioune Loum.

C’est à cet épanouissement que l’Association des sages et Saltigués du Lôg (Assalog) compte œuvrer, une manière de contribuer tant soit peu au rayonnement de la contrée et à son développement durable à travers la culture qui est au début et à la fin de tout développement.

Mohamadou SAGNE

 

Dans le même sillage, c’est à Ndorong (commune de Mbam) que les organisateurs de la 3e édition des journées culturelles du Log (5 et 6 mai) ont manifesté leur ferme volonté d’organiser la tenue des assisses de « Foundiougne 2, pour la paix en Casamance ».

Selon le président de l’Association des sages et Saltigués du Log, Alioune Loum, « le processus a déjà été entamé et nous croyons que si Diolas et Sérères s’asseyent à nouveaux, les négociations de paix pourront aboutir. Nous demandons seulement aux autorités compétentes, en commençant par le président de la République et aussi aux bonnes volontés de nous assister et de nous accompagner pour la concrétisation de ce souhait de tenir les assisses de Foundiougne 2 pour la paix en Casamance ».

Citant feu Bertrand Diamacoune alors responsable du Mouvement des forces démocratiques de Casamance (Mfdc), qui disait : « La pirogue qui s’est coupée en deux dans les eaux de  Sangomar s’est ressoudée à Foundiougne », à l’issue de la cérémonie officielle de clôture, le 1er février 2005, à Foundiougne, de la première manche des négociations pour la paix en Casamance entre le gouvernement du Sénégal et les représentants du Mfdc, Alioune Loum fait noter que « l’ambition de notre association est de faire renaître cet espoir de 2005, en posant de nouveaux jalons à Foundiougne et à Pak Khalakh pour une paix définitive en Casamance ».  M Loum de se souvenir qu’au « Khoy » organisé à « Pak Khalakh », s’étaient illustrés Coly Niang, Saltigué de Mbassis/Lôg et Bertrand Diamacoune Senghor. « En rêve, ils s’étaient rencontrés sur ledit site. Le signal avait été donné, la veille, lors de la soirée folklorique organisée, à l’hôtel « Piroguier » de Foundiougne, le 31 janvier 2005. Entre chants et danses, Diolas et Sérères, toute une nuit, sur les berges du Saloum, non loin de Sangomar, avaient remué de larges pans de leur culture commune ». Une chanson que Bertrand Diamacoune disait entendre en rêve et qu’il ne restait que l’endroit où ils devaient se rencontrer pour y enterrer les choses. « S’en était suivi une fameuse passe d’armes entre Coly Niang et Bertrand Diamacoune Senghor qui est encore vivace dans nos esprits », souligne Alioune Loum. Il souligne que « nous avions eu la chance d’assister à ce “Khoye” et de l’avoir organisé ». Comme cadeau, Abbé Diamacoune Senghor avait reçu une petite pirogue sculptée symbolisant la pirogue des sœurs Aguène et Diambogne cassée en deux, à Sangomar : une partie emportant Aguène mère des Diolas et l’autre Diambogne mère des  Sérères.

M. SAGNE

 

Wanuri Kahiu a présenté, le 9 mai, au festival de Cannes, son premier long métrage dans la section officielle Un certain regard, accueilli par une standing ovation à la fin de la séance. Un événement : la première sélection d’un film kényan à Cannes. Fierté nationale oblige, les réseaux sociaux se sont enflammés au Kenya. Mais le gouvernement kényan a, dans la foulée, interdit le film qui ne pourra être projeté ou vendu dans le pays car il porte sur une relation lesbienne,

Wanuri Kahiu avait reçu le soutien des autorités gouvernementales et de l’industrie cinématographique nationale pour développer son film qu’elle a tourné à Nairobi en toute légalité. Mais le bureau kényan de classification des films a accusé les producteurs d’avoir changé le scénario original, qui ne contenait pas de scènes d’intimité entre les actrices. « Notre point de vue est que la morale de l'histoire de ce film est de légitimer le lesbianisme au Kenya », a indiqué l’instance. « Toute tentative visant à introduire et à normaliser l'homosexualité au Kenya va à l'encontre de la loi et de la Constitution et doit être combattue », a-t-elle insisté.

Pourtant, le film reste fort prude : quelques baisers, une scène de caresses habillées… Kena et Ziki, deux jeunes filles vivant dans le même quartier de Nairobi, tombent amoureuses. C’est le début d’une belle histoire mais aussi d’un drame… Effectivement, outre le scandale d’une relation lesbienne, c’est le fait qu’elle se joue entre les filles de deux candidats aux élections locales qui fait monter la pression en risquant de ruiner leur campagne. Le film est inspiré du livre « Jambula Tree » de l’Ougandaise Monica Arac de Nyeko, dont le pays voulait adopter une loi intitulée « Kill the Gays » (tuer les homos). « Rafiki », qui signifie « ami » en swahili, adopte une structure des plus classiques : une longue approche, puis la déclaration d’amour, puis le scandale, puis la violence contre les jeunes femmes, puis l’intervention des familles pour les séparer et enfin, l’épilogue quelques années plus tard. Voilà un sujet brûlant et surtout courageux pour le premier long métrage d’une femme de 37 ans dans un pays où les relations entre personnes du même sexe sont punies de 14 ans de prison ! Elle adopte largement les codes lui permettant de toucher le grand public, tant elle cherche à défendre une idée simple : une relation homosexuelle est une histoire d’amour, rien de plus.

Tout cela reste très fleur bleue : des incertitudes, des jeux de regards, des connivences discrètes pour échapper au rejet des autres. Mais Mme Atim, la tenancière du maquis qui sert de base de rencontre aux deux jeunes femmes,  voit tout, sait tout et le répète à l’envi : « Aujourd’hui, il va neiger au soleil ! », dit-elle. Et le drame se noue : les deux femmes seront durement battues par des hommes vengeurs.

Liberté d’expression

C’est justement contre cela que se bat la réalisatrice qui voudrait contribuer à l’évolution des mentalités pour déconstruire la violence à laquelle sont confrontés les membres de la communauté Lgbt. Le film n’est pas un plaidoyer mais une histoire vécue, centrée sur la pureté d’une relation amoureuse.

Pour convaincre, Wanuri Kahiu adopte un style jeune, un rythme soutenu, une caméra volontiers proche des visages, captant les regards qui se cherchent et s’interrogent. Le film est parsemé de passages où l’on retrouve le type de musique pop du long générique, Ziki s’entraînant à la danse avec des amies.

Pleines de vie, les deux actrices assument leur rôle à merveille pour faire passer la sauce de cette bien improbable relation vu les réticences familiales et le contexte politique. Alors que les autres acteurs principaux sont des comédiens célèbres au Kenya, les deux jeunes femmes étaient inconnues. Il leur fallut l’accord de leurs familles.

La réalisatrice est déçue de l’interdiction du film au Kenya : elle savait que ce serait difficile mais espérait une interdiction aux moins de 18 ans. « C’est une violation de la liberté d’expression, a-t-elle déclaré, et cela donne une rude idée de ce que peuvent faire les artistes et de ce qu’ils peuvent dire. Ces artistes ne sont pas autorisés à rendre compte des différentes façons de penser des gens et de notre société ».


De notre correspondant Olivier BARLET

 

La Fondation Sonatel abrite une exposition « Off », initiée par l’artiste sénégalaise plasticienne Aïchatou Dieng, en collaboration avec les professeurs  Assane Thiam et Saliou Ndiongue. L’événement a enregistré la participation d’une vingtaine d’artistes venus des cinq continents. Le ministre de la Culture a visité le vernissage et s’est félicité de la beauté et de la richesse des œuvres.

Le ministre de la Culture, Abdou Latif Coulibaly, a rendu hommage aux artistes participant aux expositions « Off » de la biennale Dak’Art 2018. En visite à l’exposition de l’artiste sénégalaise Aïchatou Dieng, organisée au siège de la Fondation Sonatel, il a magnifié l’apport des expositions « Off » à la Biennale des arts. A l’en croire, les « Off » ont enregistré 320 expositions. Ce qui, pour lui, reste important en termes d’investissement et de retombées. Abdou Latif Coulibaly a annoncé que les expositions « Off » ont mobilisé en moyenne 3 milliards FCfa et plus de 180 pays. Ce qui fait dire au ministre de la Culture que Dakar est devenue une vitrine du continent, le temps d’une biennale. Il a aussi précisé qu’entre les expositions « In » et « Off », la seule différence, ce sont les sources de financement. Et c’est à ce titre d’ailleurs qu’il a adressé un satisfécit aux privés, comme la Fondation Sonatel qui a appuyé l’exposition d’Aïchatou Dieng. Aux artistes étrangers et nationaux exposant à la Fondation Sonatel, le ministre de la Culture a manifesté sa reconnaissance et ses encouragements pour leur déplacement à Dakar. Ces remerciements et encouragements du ministre vont également à l’endroit de parrain Makhéte Wade et du commissaire de l’exposition, le Professeur à l’université Cheikh Anta Diop, Maguéye Kassé, pour leur soutien et leur encadrement à la réalisation de cette exposition.

Pour sa part, le directeur général de la Sonatel s’est dit honoré d’être le partenaire de la biennale, et ce, depuis 2002. Sékou Dramé a, par la même occasion, rassuré le ministre de la Culture et les exposants qu’il est déterminé à donner les moyens pour accompagner et soutenir des projets comme celui d’Aïchatou Dieng.

Les organisateurs, visiblement émus par les engagements des partenaires et les bonnes appréciations du ministre de la Culture, soutiennent qu’ils feront toujours le meilleur d’eux-mêmes pour défendre l’image du Sénégal et faire la promotion de la culture sénégalaise partout dans le monde.

Pape Coly NGOME

 

Mélange de beauté et de splendeur, d’amour et d’humanité. L’exposition « Carrefour » est une charge d’émotion, une synthèse d’état d’âme célébrant la créativité contemporaine au Centre culturel Daniel Brottier de Dakar. Au total, c’est plus d’une cinquantaine de photographes et d’artistes qui offrent aux visiteurs le plaisir de découvrir  l’art de la photographie et du dessin dans toute sa fraîcheur. Dans la catégorie photographique, Matar Ndour explore l’intimité des minorités ethniques du Sénégal, en mettant l’accent sur cérémonies initiatiques avec des clichés sur la « Sortie de bois sacré » à Sigonar dans le royaume d’Oussouye et la « Rentrée de bois sacré » à Boukou Diatoc. Ousmane Ndiaye Dago immortalise la beauté féminine à travers son concept « Femme de terre ». L’artiste sublime le corps d’une jeune fille à la silhouette raffinée. A côté, le photographe Mamadou Gomis à l’aide de sa série « Snapchat reflection » partage sa représentation africaine de l’Europe. Ses photographies illuminées d’un beau jeu de lumière font le récit de 7 villes européennes dont Las Palmas, Barcelone, Berlin et  Amsterdam. Reflet de rues, de femmes, Gomis fige un monde en mouvement, des « visages lisses et glacés ». Il s’agit d’un travail sur la publicité européenne, cumulant présent et passé. Depuis cinq ans, l’artiste travaille dans ce projet d’édition avec l’écrivaine Ken Bugul. Très attentive à la situation des personnes âgées, la photographe Frédérique Binet partage ses clichés pris à Rufisque et à Saint-Louis. Ses photographies sous le titre de « Dignités » évoquent la précarité de cette catégorie de gens qui malgré leur âge et l’adversité quotidienne continuent de vivre dans la rue. Leur travail tournant principalement autour du commerce leur permet de survivre dans l’honneur et la dignité. Sa photographie épouse une démarche humaniste vantant la générosité sénégalaise.

Pour sa part, Nathalie Guironnet explore l’architecture coloniale avec 5 photos sur trois sites différents (Gorée, Lycée Lamine Guèye et Rufisque). Avec un focus sur certains détails (balcon, plafond, passerelle), ce travail sensibilise sur la préservation du patrimoine historique. L’artiste reste soucieuse de la conservation de ces lieux de mémoire.

Ce travail de préservation de la mémoire collective semble aussi préoccuper le photographe Assane Sow. Ce dernier a choisi d’immortaliser le bois sacré de Ndalan. A l’aide de son objectif, Assane a voulu scruter le rapport sacro-saint qui unit les populations de cette localité du département de Thiès à cette croyance populaire séculaire.  « Ce rituel, obligatoire aussi bien pour les vieux, les femmes que pour les moins jeunes, apporte un charme supplémentaire à cet événement culturel de très grande importance chez les Sérères », soutient-il. Pour une première expérience dans une exposition professionnelle, la photographe ivoirienne Aurelie Tiffy a fait parler son talent dans un noir-blanc vantant sa fierté d’être africaine. Une photographie mettant en exergue les vieux et les enfants pour traduire cette joie de vivre qui est le propre de l’Africain en dépit des difficultés quotidiennes.

L’exposition « Carrefour », c’est aussi le dessin de l’Algérien Kamel Yahiaoui. En décidant de s’intéresser aux empreintes de l’homme, à travers la thématique du marcheur, l’artiste se lance dans une quête permanente de l’identité africaine. « L’homme manuscrit » est à la recherche de son identité africaine confisquée. Sa démarche présentée sous forme d’une photo d’identité de plusieurs visages anonymes est un travail de mémoire à l’égard de tous les déportés de l’Afrique.

Ibrahima BA

Réunis dans le cadre du cycle de rencontres de l’Institut français sur le thème « Quelle presse pour le Sénégal ? », jeudi dernier, des journalistes ont ressorti les maux qui gangrènent le secteur de la presse. Les panélistes n’ont pas manqué de dégager des pistes de solutions pour redonner à la presse sénégalaise toute sa crédibilité et sa fiabilité.

Dans le cadre de son cycle de rencontres, l’Institut français a organisé, jeudi dernier, une conférence de sur le thème « Quelle presse pour le Sénégal ? ».  La rencontre, animée par les journalistes Pape Samba Kane, Oumy Ndour, Omar Diouf et Habib Sy, le modérateur, a permis de passer au crible les problèmes et difficultés rencontrés dans la presse sénégalaise. Pour certains, il est plus qu’impératif et urgent de revoir la façon de collecter, de traiter voire de diffuser l’information, la bonne.

L’un des panélistes, Pape Samba Kane, fait partie de ces professionnels de médias qui œuvrent et alertent souvent sur les problèmes qui gangrènent la presse et entachent la crédibilité de la production de certains organes de presse. Il en veut pour preuve la publication de son ouvrage titré « Les pages sombre de la presse ».

Dans cet essai, dit-il, il alertait déjà sur la situation des médias sénégalais. Une manière de prévenir qu’on allait droit vers le mur, si les choses ne changeaient pas inéluctablement.  D’après lui, à ces problèmes de l’époque sont venus s’ajouter aujourd’hui d’autres interrogations relatives à la formation, à la qualité de travail, au respect des normes, de la collecte et du traitement de l’information et de l’expression écrite.
« Le constat fait actuellement de la presse n’est pas très encourageant. Avec l’avènement des Tic, on ne sait plus qui est organe de presse et qui ne l’est pas. Pourtant, un organe de presse électronique peut aussi être respectable qu’un organe de presse écrite sur papier. Mais le problème, c’est qu’on ne sait plus qu’est-ce qui fait presse ou autre chose. Il y a une confusion entre les genres », a indiqué Pape Samba Kane.

A l’en croire, certes la liberté d’expression n’appartient pas exclusivement qu’aux journalistes, mais faut-il toujours revoir le cadre. « Par exemple ouvrir un site, le nommer juste site d’informations, ce serait comme ne pas avoir les compétences qu’il faut et faire un journal papier et vouloir le vendre. Sauf que dans ce cas, vous êtes soumis à des choses auxquels vous n’êtes pas soumis quand vous êtes en “online”. L’autre problème relatif aux sites, ce sont informations que le lecteur lambda ne distingue pas des autres informations qui sont soit papier soit électronique et  qui ont valu au journaliste un travail de validation, de traitement et de recoupement, ça pose problème. Il y a donc toutes ces nouvelles interpellations qu’il faut prendre en compte et revoir », a argué M. Kane.

Dans ses interventions, M. Kane a aussi évoqué le nouveau Code de la presse. Un projet qu’il trouve intéressant mais qui pose des problèmes certains sur son applicabilité. « S’il y a un certain volontarisme de l’Etat à soutenir d’une façon ou d’une autre non pas tout le monde de façon égalitaire et à faire une discrimination positive à regarder les journaux, qu’il aide les organes de presse électronique qui respecte les normes », a-t-il soutenu.
Optimiste, Omar Diouf, journaliste au quotidien Le Soleil, parmi les panélistes, pense que ce Code de la presse arrivera à assainir le secteur des médias. « J’ai  espoir que ce Code de la presse va réconcilier tout le monde et redresser une bonne partie des entreprises de médias en délicatesse », a-t-il confié.

Maguette Guèye DIEDHIOU

 

Pour encourager les jeunes élèves à la lecture et contribuer ainsi à l’amélioration de leur culture générale, le Réseau des femmes bibliothécaires, archivistes et documentalistes (Refebad) du Sénégal a procédé à la remise d’un important don de livre pour les élèves. Lors d’une cérémonie tenue au Grand Théâtre, la présidente du (Refebad), Fabeye Ndiaye, et ses collègues ont remis 3000 livres à deux lycées et à un Collège d’enseignement moyen (Cem). Il s’agit du Cem de Matam, du Lycée de Ndiagne dans la région de Louga et du Lycée de Sangué dans la région de Thiès. Ces trois établissements ont reçu chacun un lot de 1000 ouvrages de divers domaines de la science, de la littérature, des arts, de l’histoire, etc.

La présidente de la structure a rappelé que depuis sa création, le Refebad a inscrit dans son plan d’actions les cérémonies de don d’ouvrages pour améliorer la culture générale et les compétences des apprenants. « Nous avons remarqué qu’il fallait investir dans ce domaine parce qu’on s’est rendu compte que le niveau des élèves était trop bas et cela est souvent imputé au manque de lecture. Nous nous sommes dit qu’il fallait faire des geste dans le secteur du livre qui est notre métier », a expliqué la présidente du Refebad.

L’un des représentants de bénéficiaires de ces livres, El hadji Mamadou Mbow, professeur de Mathématiques et de Sciences de la vie et de la Terre (Svt) au Cem I de Matam, a salué une très bonne initiative du Réseau des femmes bibliothécaires, archivistes et documentalistes. Pour lui, cela permettra aux élèves d’avoir goût à la lecture, de connaître et de comprendre le monde et les dynamiques actuelles. « Ce lot important de livres permettra aux élèves de s’impliquer davantage dans le développement de leur établissement et du pays qui a besoin de connaissances pour l’émergence. L’émergence et le développement du savoir ne sont possibles qu’à travers la lecture », souligne le représentant du Cem de Matam I. Il poursuit aussi que ces 1.000 livres permettront à leur établissement d’équiper la bibliothèque mais, dit-il, il faudra trouver un autre local pour avoir plus d’espace car la salle de lecture du Cem I de Matam fait moins de 15m2.

Présidant la cérémonie, le directeur du Livre et de la Lecture, Ibrahima Lô, a félicité les membres du Refebad qui participent à la dotation des bibliothèques du pays en livres. Selon M. Lô, l’objectif à travers ces dons d’ouvrages est d’atteindre 300.000 livres à distribuer sur trois ans pour porter le livre au cœur du développement. Le directeur du Livre et de la Lecture se dit heureux de constater que les acteurs du monde scolaire et universitaire sont disposés à recevoir ces livres. Toutefois, rassure Ibrahima Lô, ces dons de livres ne dispensent pas les structures publiques de leur obligation à doter les écoles et universités en ouvrages.

Bibliothèque nationale  

 « L’équipement de nos bibliothèques est un des maillons les plus importants de notre construction citoyenne. La culture est une compétence transférée, mais il y a peu de collectivités locales qui mettent une partie de leur budget pour l’équipement des bibliothèques », a-t-il noté. Pour mieux inciter les jeunes à lire, M. Lô invite à profiter des opportunités qu’offrent les Tic pour y mettre du contenu utile au développement de la connaissance des élèves et étudiants.
Par ailleurs, par rapport à la difficulté d’insertion des sortants de l’école Ebad-Ucad, la présidente du Refebad pense que la construction de la Bibliothèque nationale est une nécessité et permettrait à l’Etat du Sénégal de renforcer son personnel en la matière tout en facilitant l’accès à un travail aux jeunes diplômés.

Mme Ndiaye se dit rassurée car, à son avis, ce projet est un vœu du président de la République et « nous attendons vivement cette construction qui a été confirmée par le ministre de la Culture ». A son avis, ce sera l’occasion pour les professionnels de l’information d’investir leur domaine de prédilection parce que « les bibliothèques au Sénégal ont souvent un problème de personnel car ce sont des profanes qui les gèrent ».

Oumar KANDE


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