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Arts et Culture (2442)

Figure de la culture sénégalaise, Jean Pierre Leurs a marqué de son empreinte le Théâtre national Daniel Sorano. Aujourd’hui à la retraite, il reste attaché à ce grand temple culturel où il a passé une bonne partie de sa carrière de comédien, de metteur en scène. Dans cet entretien, il revient sur son parcours et milite en faveur d’une meilleure prise en charge du secteur de la culture, du théâtre en particulier.

Vous avez été honoré, cette année, par l’association de la presse culturelle pour service rendu au théâtre. Qu’est-ce que cela vous fait d’être distingué ?
« J’avoue que j’étais assez surpris par cette décoration. J’étais étonné de découvrir avec beaucoup de joie, de plaisir qu’une association de la presse culturelle existait et voulait m’honorer. C’était, à la fois, un honneur et une joie partagée avec ma famille. C’est une excellente chose que la presse s’intéresse de près à la culture parce que c’est un domaine un peu délaissé même si le gouvernement fait des efforts. »

Vous êtes une des figures marquantes de la culture au Sénégal. Pouvez-vous revenir sur votre parcours ?
Elève, mes professeurs ont très tôt décelé en moi des prédispositions artistiques, surtout quand j’interprétais des classiques français. Par ailleurs, ma mère, Ramatoulaye Dièye, qui n’était pas une artiste professionnelle, était une bonne danseuse.

Après le bac, je me suis inscrit à l’Ecole nationale des arts, à la Section dramatique où je suivais les cours du soir. J’étais assez dynamique parce que j’avais créé une sorte de troupe qui s’appelait « Le trésor africain ». Cette troupe a été formée avec Joseph Diakhité, mon ancien éducateur au foyer, qui a accepté de fusionner sa troupe avec la mienne. « Le trésor africain » comptait un ensemble instrumental, un ballet et une troupe dramatique avec des gens qui sont devenus de grands comédiens. Ils ont finalement intégré le Théâtre national Daniel Sorano. C’est à  une représentation où j’avais fait la mise en scène d’une œuvre de Seydou Badian Kouyaté, « La mort de Chaka », que Maurice Sonar Senghor, à l’époque directeur du Théâtre national Daniel Sorano, m’a remarqué et m’a demandé si je voulais venir au Théâtre. Tout en me précisant qu’il y a une audition à passer. Je l’ai passée en même temps que Jacqueline Scott Lemoine et Oumar Seck, de grands comédiens, qui ont laissé une marque indélébile sur le théâtre sénégalais. Nous avons ainsi été recrutés au Théâtre national Daniel Sorano en 1968 comme comédiens.

Justement, on vous identifie au Théâtre national Daniel Sorano. Vous y avez même été rappelé pour donner un coup de main. Racontez-nous un peu votre histoire d’amour avec ce «temple».
C’est un récit de passion et d’exigence. J’aimais travailler dans la rigueur. C’est ainsi que Maurice Sonar Senghor m’a nommé directeur de la troupe  dramatique, en 1971, après Doura Mané qui était une sommité du théâtre et un comédien hors pair. A l’époque, j’étais un des collaborateurs les plus proches de Maurice Sonar Senghor. Nous avons relancé, ensemble, la structuration du théâtre. J’y suis resté jusqu’en 1977 pour ensuite aller faire un troisième cycle à Bruxelles à l’Institut théâtral qui regroupait la crème des futurs comédiens et metteurs en scène de plusieurs nationalités. C’est dans cet institut que j’ai affirmé mes potentialités de metteur en scène. Je suis rentré, en 1979, pour être nommé directeur de la Production. Je dois dire qu’en même temps, j’étais chorégraphe. J’ai participé à beaucoup de grandes productions sur le plan chorégraphique du théâtre si je n’ai pas fait moi-même la chorégraphie à côté de Maurice Sonar Senghor, Abdou Mama Diouf, Doudou Mbaye à qui j’apportais un peu ma contribution. Et Quand le ballet était en panne de spectacles, Maurice me demandait de les aider parce que le ballet la Linguère était le plus grand ballet africain de cette époque. Il était tellement sollicité qu’il ne revenait qu’au bout de deux ans de tournée.  Pendant 20 ans, le ballet a fait le tour du monde à plusieurs reprises. Depuis 1971, j’ai assumé des fonctions au théâtre jusqu’à mon départ, en 1997.

Quels sont les moments forts qui vous y ont marqué ?
« Ce sont les grands festivals théâtraux à côté du Grand prix des Arts et des Lettres du Chef de l’Etat que j’ai reçu, en 1995, sous le magistère du Président Abdou Diouf. Il y a le festival d’Alger, en 1969, où le Sénégal a remporté la Palme d’or. J’étais simplement acteur dans la pièce « L’exil d’Alboury ». Mais, le moment qui m’a le plus marqué, c’est la fresque sur « l’Afrique et l’homme noir » qui représentait le Sénégal au Festival de Lagos, en 1977. C’est une histoire extraordinaire. Cette fresque retraçait tout le chemin de croix de l’homme noir depuis l’aube des temps jusqu’au moment des grandes révolutions. Il y a eu un atelier d’auteurs pour faire la trame que nous créateurs, metteurs en scène avions tracée. C’était une idée de Djibril Bâ, grand réalisateur à la Rts et excellent reporter. Il y avait aussi des sociologues, des historiens, des dramaturges. Ils ont travaillé pendant trois mois sur l’œuvre. J’en ai fait la mise en scène à Dakar avec l’ensemble instrumental et le ballet. C’était un travail énorme et nous sommes arrivés plus tôt à Lagos pour la représentation. A notre grande surprise, il y avait une désorganisation totale. Mais, nous nous sommes débrouillés pour trouver un terrain de basket pour nos répétitions, chaque jour, car la pièce était immense. Les costumes et les décors étaient en train d’être faits à Dakar. Toutefois, il s’est trouvé que le décor était tellement immense qu’il ne pouvait être acheminé dans n’importe quel avion. Il a fallu que l’armée française nous  donne un gros porteur pour pouvoir transporter le décor. Quand l’avion a atterri à Lagos, il n’y avait personne pour décharger le « colis ». Et c’est ainsi que l’avion est reparti à Dakar alors que nous avions une date pour faire passer la fresque. Le ministre de la Culture, Alioune Sène, m’appelle pour m’ordonner de jouer sans le décor et avec les costumes que nous avons car le Sénégal a une date et qu’il était impossible de la repousser. Le décor n’était pas forcément indispensable mais il avait un rôle important dans ce que nous allions représenter. De ce fait, j’ai refusé catégoriquement de jouer. Il revient à la charge et m’envoie son directeur de Cabinet, Aly Dieng. Je lui ai fait comprendre les enjeux de cette représentation. Le ballet guinéen avait ravi la vedette au nôtre. L’ensemble instrumental, non plus, n’a pas été à la hauteur de la prestation des Maliens. Pour sortir la tête de l’eau, il ne nous restait que cette fresque. Et j’ai exigé des autorités une autre date pour faire exécuter la fresque. Après moult échanges, le ministre de la Culture, Alioune Sène, finit par m’accorder cette faveur. Finalement, nous avons   joué avec le décor et nos costumes. Déjà avant la représentation, les gens avaient admiré le décor.  Nous avions, pour la représentation, introduit des techniques que les gens ne connaissaient pas. Nous avons lié l’audiovisuel aux images du théâtre et ça donnait une sorte de réalité beaucoup plus forte que le cinéma. Et la fin du spectacle fut le plus beau moment de ma vie. Il y a eu un standing ovation. Toutes les délégations étaient debout pour saluer notre performance. Celle-là américaine est montée sur le plateau. Ils se sont alignés devant nous et ont tenu nos pieds en guise de remerciement pour la qualité de la représentation. Ce sont des moments qu’on ne vit qu’une seule fois dans sa vie. »

On dit que Senghor était très attaché à la culture et au théâtre Sorano. Qu’est-ce que vous retenez de lui et de son action y ayant trait ?
« Le président Senghor n’a pas d’égal et il disait toujours que la culture est au début et à la fin de tout développement. Senghor était un homme d’Etat, c’est  un grand  visionnaire. Quand il partait quelque part en visite officielle, c’est la culture qu’il le précédait et c’est comme ça que le monde a connu le Sénégal par ses grands peintres, son ballet national, sa troupe nationale dramatique, sa musique etc. Le président-poète Senghor mettait toujours la culture en avant. Nous arrivions toujours en premier et Senghor venait après. Les gens connaissaient déjà le Sénégal et les échanges commerciaux et bilatéraux étaient facilités. Il savait que la culture, quand tu la mets devant, elle ouvre tout. »

Quand vous jetez un coup d’œil dans le rétroviseur, regrettez-vous cette époque par rapport à ce qu’est devenu Sorano aujourd’hui ?
« Tout à fait. Vous savez, Sorano était un haut lieu non seulement en Afrique mais aussi dans le monde. En 10 ans d’existence, le théâtre national était devenu une des plus grandes compagnies au monde par la qualité de sa production et par le talent de ses artistes et metteurs en scène. Le théâtre Sorano était arrivé au summum de son art en l’espace de 20 ans. C’était sous le magistère du Président Léopold Sédar Senghor qui aimait, connaissait et donnait à la culture son importance. Quand j’y pense et que je vois ce qui se passe actuellement, je suis triste. Mais, il faut reconnaître que ce ne sont pas que les artistes qui sont responsables de cette situation. Moi, j’ai été formé et formaté dans une école de rigueur et d’exigence. Malheureusement, ces jeunes n’ont pas cette rigueur et cette exigence que nous avions à l’époque. Ils aiment bien ce qu’ils font, mais ce n’est pas suffisant.

Il faut aussi que les anciens d’une certaine expérience les accompagnent. Les jeunes ont intérêt à cultiver l’humilité et à apprendre à s’ouvrir davantage à ceux qui ont fait le théâtre sénégalais. Tant qu’ils ne le feront pas, il y aura toujours des problèmes. Par ailleurs, le Sénégal est le seul pays au monde où on ne met pas des hommes de théâtre, les praticiens à la tête des institutions théâtrales. Un directeur de théâtre n’a pas besoin d’avoir des diplômes de la hiérarchie A pour diriger une institution théâtrale. C’est un faux problème. Un directeur de théâtre, qui a l’expertise requise  et  sait comment marche un théâtre, est mieux placé que quiconque pour en tenir les rênes. Malheureusement, c’est ce qui se passe dans ce pays. Et toutes les décisions prises sont faites pour tuer la production.

Depuis quelques années, le théâtre a périclité parce qu’ils n’ont pas mis les hommes qu’il fallait. Notre chance, actuellement, c’est qu’on a un ministre de la Culture ouvert et qui connaît les priorités. J’ai également beaucoup d’espoir avec le directeur des Arts, un homme sérieux et travailleur. Je pense qu’ils vont prendre les mesures qui s’imposent. S’ils ne le font pas, je serai très malheureux, mais je ne resterai pas les yeux fermés et les bras croisés. »

Qu’est-ce qu’il faudrait faire, au-delà du changement de statut de Sorano devenu un établissement public à caractère industriel et commercial, pour lui donner un certain souffle ?
« C’est une erreur d’en faire un établissement public à caractère industriel et commercial. Dans quel pays voit-on un théâtre qui fait des bénéfices ? Cela n’existe nulle part. Un théâtre est toujours subventionné. Il peut générer des ressources, mais il ne faut pas demander au théâtre d’être une structure à caractère commercial. C’est une grosse bourde. Je suis pas du tout d’accord avec le statut. Ils n’ont qu’à trouver un statut particulier aux institutions théâtrales et qu’on demande au théâtre de produire. Le théâtre ne peut pas faire de bénéfices dans ce pays, d’autant que la télévision a pris la place du théâtre. »

Quel regard portez-vous sur le travail de metteur en scène de nos jours ?
« Je trouve que la mise en scène évolue. Il faut souligner que pour la mise en scène, il n’y a pas d’école, c’est des prédispositions et un apprentissage toute la vie. C’est une vision, une perception des choses, des réalités. La mise en scène est un tout, c’est toute une création. Par exemple, quand un texte est devant toi, c’est de voir ce qu’il dit et quel est toute la trame qu’il faut mener. Il faut également savoir comment utiliser la lumière. C’est un langage comme le décor. Elle est un ensemble de langage qui participe au message. Les jeunes n’en n’ont pas tout à fait conscience parce qu’il y a peu de jeunes qui s’intéressent à la lumière. Le metteur en scène est quelqu’un qui lit et s’informe beaucoup. Il doit être un fin observateur. »

 Quel est votre plus grand regret en tant que créateur et éventuellement en tant qu’être humain ?
« Avant tout, je loue Dieu pour m’avoir permis de réaliser des choses que les gens aimaient et qui ont rendu ma famille fière. Je ne sais pas combien de temps il me reste à vivre mais je voudrais l’employer à faire retrouver à la culture sa vraie place. Nous en avons les moyens. Malheureusement, les gens ne nous sollicitent pas et nous ne pouvons pas les y obliger. Je ne suis pas seul dans ce cas. Il y a d’autres anciens qui sont là comme Ismaïla Cissé, Seyba Traoré, Serigne Ndiaye Gonzales, Aissatou Dieng Bâ… qui sont tous porteurs d’un plus pour cette nouvelle génération.
Je profite de l’occasion pour rendre hommage aux artistes de la banlieue. Ils ont créé une nouvelle forme d’expression théâtrale qui a sa place dans le théâtre. Ils font des kilomètres pour venir répéter. Il faut encourager ces jeunes-là et les rapprocher pour qu’ils multiplient et diversifient les formes d’expression, d’une grande créativité, qu’ils ont créées. »

On dit de vous que vous êtes un fervent fidèle de la confrérie tidiane. Comment s’est faite la connexion ?
« Je vais vous surprendre, je ne suis pas Tidiane, je suis Khadre. C’est  Cheikhna Cheikh Sidaty qui m’a converti à l’Islam, en 1968. Mais, je reconnais que la confrérie tidiane occupe une très grande place dans ma vie. Un jour, le fils de feu Abdoul Aziz Sy Al Amine, Ahmed Sy, est venu me voir. Il m’a dit qu’il voulait donner une autre dimension aux écrits de El Hadji Malick Sy et du Prophète. Et il m’a demandé ce que l’on pouvait faire. Et c’est de là que mes relations avec la famille Sy sont nées. Je suis très proche d’elle. Nous sommes d’ailleurs à la 10ème édition des spectacles son et lumière que j’organise à Tivaouane. »

Le nom Leurs n’est pas des plus courant au Sénégal. Quelles sont vos origines ?
« Vous savez, on n’appartient pas un à pays mais à une race humaine. Il y a l’histoire qui fait que les peuples se croisent. Mon père était un soldat durant la fin de la Seconde guerre mondiale. Je  suis née d’une union entre ce soldat français et une femme sénégalaise, Ramatoulaye Dièye. Le nom Leurs vient de là mais j’ai toujours vécu ici au Sénégal. Je me sens et je me suis toujours senti comme un Sénégalais à part entière. Ça ne m’éloigne pas de la France. Que je le veuille ou pas, le sang français est en moi. La culture française est en moi, mais celle qui domine, et de loin, est celle-là sénégalaise. C’est la raison pour laquelle je peux corriger un joueur de kora ou un batteur car je me suis nourri de ça. Je posais des questions aux gens et je recevais des choses de manière extrêmement forte de la part de personnes comme Ma Awa Kouyaté ou Soundioulou Cissoko. »

Par Maguette Guèye DIEDHIOU

 

La Commission de protection des données personnelles mise sur les responsables des organes de presse pour vulgariser le cadre réglementaire régi par la loi 2008-12 du 25 janvier 2008.

Dans sa mission de vulgarisation du cadre sénégalais de protection des données personnelles, la Commission de protection des données personnelles (Cdp) met l’accent sur les porteurs de voix que constituent les journalistes, en particulier les responsables de haut niveau au sein des organes de presse. Dans cette dynamique, la Commission a organisé, lundi, une journée d’information à l’attention des rédacteurs en chef.

Le séminaire avait pour objectif de faire connaître la législation sénégalaise en matière de protection des données personnelles aux acteurs de la presse nationale, de vulgariser le cadre sénégalais de protection des données personnelles et de sensibiliser l’ensemble de la population sur les enjeux liés à la protection, au travers d’une collaboration étroite avec les porteurs de voix que sont les organes de presse. La Commission est partie de ce tableau : « Malgré la mise en place d’un arsenal législatif destiné à encadrer l’utilisation des données personnelles, le constat demeure que la plupart des citoyens sénégalais ne connaissent pas la Cdp, le rôle qu’elle joue dans la mise en place d’un écosystème numérique de confiance, ni même ses missions ».

Présidant la cérémonie d’ouverture de la rencontre-échange, le ministre de la Communication, des Télécommunications, des Postes et de l’Economie numérique, a estimé que « les médias constituent aujourd’hui un maillon essentiel dans le traitement des données personnelles ». Au regard de Abdoulaye Bibi Baldé, les données et la vie privée deviennent, au quotidien, au menu sur la table des journalistes. « L’actualité récente sur la divulgation de données personnelles et des procès intentés pour atteinte à la vie privée de citoyens sénégalais montre à suffisance que les médias sont devenus vulnérables », a estimé le ministre de la Communication.

Prenant la parole, la présidente de la Cdp a relevé qu’ « aujourd’hui, les technologies de l’information et de la communication permettent à la presse d’entrer dans une nouvelle dimension où l’explosion des supports et modalités d’information offre encore plus de flexibilité ». Pour Awa Ndiaye, cette démultiplication de la capacité de communication est une opportunité unique, pour tous, de s’informer, au-delà des contraintes spatio-temporelles.
Dans un contexte de surmédiatisation avec le développement des réseaux sociaux, remarque la présidente de la Cdp, « il est difficile de faire la différence entre une information authentique, analysée, vérifiée et validée par un professionnel de la presse, et les « fake news ».

Aux yeux de Awa Ndiaye, « ces bouleversements du paysage communicationnel entraînent des risques nouveaux, ou amplifient les dérives traditionnelles ». D’où cette invite à plus d’équilibre entre la liberté d’expression et la préservation d’autres droits équivalents, à l’instar de la vie privée et des données personnelles.

Sur la même ligne, le secrétaire général du Syndicat des professionnels de l’information et de la communication du Sénégal (Synpics) a rappelé que l’organisation fait toujours un devoir d’exhorter les confrères au respect des règles qui régissent la profession conformément à la devise : « Liberté d'informer et responsabilité ». Ibrahima Khaliloulah Ndiaye est clair : « Nous ne pouvons pas exercer sans liberté, mais nous devons nous employer à user de de cette liberté avec toute la responsabilité requise ».

C’est pourquoi, il a jugé que « les rédactions doivent aller vers une charte de protection de la vie privée et des données personnelles ».

E.M. FAYE

Le roman « A la mode du pays, chroniques Saint-Louisiennes » présente « une société émergente de 1835 que l’on ne retrouve nulle part ailleurs », a indiqué, samedi, son auteur, le critique d’art Sylvain Sankalé. « C’est l’émergence d’une société que l’on ne retrouvera nulle part ailleurs parce qu’on assiste à une société qui n’est pas assise sur la domination », a souligné l’écrivain lors d’une conférence au musée de la femme Henriette Bathily. 

Sylvain Sankalé part de l’histoire d’un jeune militaire français qui, en 1835, cinquante ans plus tard, au soir de sa vie, écrit ses mémoires et raconte à ses petits-enfants ce qu’a été Saint-Louis du Sénégal, « un terreau d’expérimentation sociale unique au monde avant la colonisation militaire du général Faidherbe ». « Il est intéressant de savoir ce qui s’est passé avant la colonisation, (…). On y appréhende les rapports humains qui ne sont pas basés sur la domination », a fait savoir M. Sankalé ? d’où son intérêt à l’analyse de cette époque avant la colonisation au Sénégal.  « Ceux qui arrivaient d’Europe (Français et Anglais) ont pu épouser des femmes noires pour qu’elles s’occupent d’eux, d’où cette population de métisse », dit-il. L’écrivain et juriste s’est beaucoup intéressé aux femmes noires et à leur enfants « métis » qui avaient un certain pouvoir. « Les femmes étaient puissantes et avaient un pouvoir qu’elles n’auront pas ailleurs. C’est une population intéressante parce qu’elle est très autonome et ne se laisse pas faire », souligne l’auteur. 

En tant que historien du droit, Syvain Sankalé s’est beaucoup intéressé à la législation de cette époque où le « Code noir » était appliqué aux colonies sauf que le Sénégal n’était pas une colonie au sens administratif du terme.
Pour l’auteur, à travers cette époque « on peut étudier les fondements du Sénégal contemporain, car l’urbanisation commence là, on peut comprendre comment elle s’est faite, etc. ».
Le livre est tiré d’une thèse de doctorat en histoire du droit de 750 pages soutenu par l’auteur en 1978.

(APS)

La première édition du Sommet Afrique francophone des investisseurs  et anges d’affaires (Safiaa) s’est ouverte, hier, à Dakar. A l’initiave de  l’incubateur Ctic Dakar, cet événement a pour objectif de mettre en relation des startups Tic de la région africaine francophone à fort potentiel avec des investisseurs privés.

Si le continent africain d’une manière générale et la région francophone en particulier connaissent un boom des startups Tic, il n’en demeure pas moins que le problème de l’accès au financement continue de se poser avec acuité. Ces dernières années, nombreuses sont les startups qui ont jeté toute leur énergie à lever des fonds, à l’extérieur du continent, pour financer leur projet. Rien qu’en  2016, le montant du financement dont elles ont eu à bénéficier était estimé à 366,8 millions de dollars. Face à cette situation, Ctic Dakar organise, depuis hier, la première édition du Sommet Afrique francophone des investisseurs et anges d’affaires (Safiaa). L’événement, s’inscrivant dans le cadre de la stratégie de promotion d’un écosystème Tic fort et viable, levier de développement économique et social de ce premier incubateur d’Afrique de l’Ouest, se veut un cadre de création d’échanges qui favorisent la rencontre entre les startups innovantes et des investisseurs soucieux de contribuer au développement de l’écosystème. Il s’agit aussi de voir comment trouver des mécanismes de financement innovants pour les startups. Selon Régina Mbodj, directrice générale de Ctic Dakar, les dispositifs de financement  « n’incluent pas  forcément aujourd’hui, les nouveaux acteurs, les startups dans le numérique, qui arrivent sur le marché ». En Afrique francophone, a-t-elle poursuivi, il se pose un problème de visibilité. « On ne nous connaît pas. Les gros investissements vont dans les pays anglophones. Il n’y a pas grand chose qui se passe en Afrique francophone en termes de financement », a-t-elle expliqué. Le Safiaa cherche donc à mettre en lumière les startups et Pme dans le milieu du digital en Afrique francophone en montrant  leur savoir-faire  et en leur permettant d’échanger avec les investisseurs. « Il faut un financement pour pouvoir réellement  impacter sur l’économie ou sur la population. Sans ce financement, on reste une petite startup », a fait savoir Mme Mbodj. Parmi les contraintes liées à l’accès à ce financement, figurent certes l’absence d’une bonne visibilité mais aussi le fait que ce soit un nouveau domaine en Afrique francophone. En dehors de l’Etat, le secteur privé est invité à appuyer les startups d’Afrique francophone.

Absence de dispositif d’accompagnement
Même si les startups africaines souffrent d’un déficit de financement, des efforts ont été réalisés. En 2013, soutient Samir Abdelkarim, fondateur de Startup Brics et Emerging Valley, auteur de « Startups lions, at the heat of the african tech », la levée de fonds ne dépassait pas 40 millions de dollars pour tout le continent. Aujourd’hui, c’est près de 560 millions de dollars qui sont levés. Aussi, a-t-il souligné, contrairement à d’autres parties du monde, en Afrique, souvent la volonté d’entreprendre, s’accompagne d’une volonté patriotique d’aider son pays. La première édition du Sommet Afrique francophone des investisseurs et anges d’affaires accueille 20 startups d’Afrique francophone, porteuses de solutions innovantes dans l’agriculture, le solaire, l’e-santé, les fin Tech…  Pour le secrétaire général du ministère de la Communication, des Télécommunications, des Postes et de l’Economie numérique, l’accès au financement demeure encore une problématique réelle pour bon nombre de Pme d’Afrique francophone.

D’ailleurs, les dernières statistiques montrent qu’aucun pays de la région francophone ne figure sur la liste des six pays africains (l’Afrique du Sud, le Nigeria, le Kenya, l’Egypte, le Maroc et le Rwanda) attirant le plus d’investissements au profit de leurs startups. Yoro Moussa Diallo a relevé des contraintes liées au manque de dispositifs d’accompagnement des startups, en particulier dans leur phase d’amorçage. « Certes, l’implantation à Dakar de structures de financement comme Orange Digital Ventura, Partech Africa et Teranga capital partenaire d’I&P constitue un acquis important dont il faut se féliciter, mais il nous faudra renforcer ces efforts par d’autres actions et initiatives publiques ou privées visant à mettre nos Pme dans des conditions optimales d’accès aux financements et investissements nécessaires à leur développement et croissance », a-t-il indiqué.

Par ailleurs, il a rappelé la volonté de l’Etat d’accompagner les startups, à travers notamment la création d’un fonds de développement du numérique dont l’étude de faisabilité, réalisée avec l’appui de la Bad, est en cours de finalisation.

Ibrahima BA

 

Le collectif des formateurs de l’Ecole nationale des arts a tenu un point de presse à la Maison de la presse. Mercredi dernier, face aux journalistes, ils ont exposé leurs revendications qui s’articulent autour des points suivants : un statut particulier pour les professeurs d’éducation artistique et musicale titulaires, l’obtention d’une formation continue, l’augmentation du budget et la délocalisation de l’Ecole nationale des arts.

A la suite des deux mois de mouvements, les formateurs de l’Ecole nationale des arts ont exprimé les problèmes qu’ils rencontrent et ont fait le point sur la situation depuis l’entame de leurs contestations. Tous réunis, ils ont tenu un même discours, pour l’amélioration de leurs conditions de vie et du cadre de l’Ecole nationale des arts.

Faisant un diagnostic complet de ladite école, ces derniers n’envisagent, en aucun cas, abandonner  cette démarche qui, selon eux, permettrait à la fois de mieux considérer les acteurs pédagogiques mais aussi de rehausser le niveau de l’établissement.

Par ailleurs, leur priorité indiscutable sur ces revendications est le statut particulier pour les professeurs d’éducation artistique et musicale titulaires, formateurs à l’Ecole nationale des arts.
En effet, ces derniers investis de fonctions d’éducation sont répartis en cadres régis par des statuts particuliers dont ceux relevant du ministère de la Culture. Étant dispensateurs de cours dans les collègues et lycées, ils sont également détachés à l’Ecole nationale des arts où ils interviennent en art musicale et plastique. Selon la porte-parole du jour, Ndèye Codou Ndiaye, professeur d’éducation artistique plastique, ils sont impliqués dans des travaux de  formation  en plus de de leurs tâches dans leur cadre d’origine sans rémunération et parfois dans des situations précaires. En outre, elle signale que ces formateurs assurent à la fois deux tâches. Ce qui signifie qu’un formateur peut, en même temps, occuper le poste de directeur des études ou responsable dans l’administration qui vient s’ajouter à sa responsabilité d’origine. « C’est la raison pour laquelle nous trouvons qu’il urge de trouver aux professeurs d’éducation artistique et plastique un statut. En plus de ce statut, bénéficier du paiement obligatoire d’une indemnité de fonction mensualisée », a-t-elle souligné.

De surcroît, ces enseignants souhaitent  bénéficier d’une formation en continu comme tout travailleur. Ils soutiennent que dans le contexte de l’ère numérique et de l’économie créative, ils devraient bénéficier d’une bourse de formation sur les nouveaux métiers. Un plan de formation susceptible d’élargir le champ d’études des programmes dans cette école.

« Structure autonome »
Dans leur plateforme revendicative, le collectif déplore également le budget dérisoire de l’Ecole nationale des arts. Selon la porte-parole, le budget de l’école doit dépasser  11 millions de FCfa et elle ne doit plus être considérée comme un simple service, mais plutôt  comme une structure autonome.

A la suite de la proposition de l’actuel directeur, d’un budget allant au-delà de 100 millions, ces derniers sont catégoriques pour cette augmentation. Cependant, le collectif exige une délocalisation de l’Ecole nationale des arts. Selon eux, le cadre n’est pas adéquat ni adapté aux méthodes d’enseignements, surtout pour les travaux pratiques surveillés et dans la pratique des connaissances spécialisées. Ils réclament un cadre où ils auront des salles insonorisées, des salles d’expositions pour leurs réalisations artistiques et pour leurs ateliers.

Ce point de presse a également été l’occasion de rappeler aux autorités le projet de construction de l’Ecole nationale des arts et métiers de la culture. Le collectif est incertain, jusque-là, sur la localisation du site. D’après des informations envoyées au collectif, Diamniadio abritera cette dite structure qui, selon eux, est incertaine.

Baye Ndongo FALL
(stagiaire)

 

Le 21 juin dernier, la ville de Saint-Louis a célébré la fête de la musique. La manifestation était organisée par l’Institut français, en collaboration avec le Centre culturel régional. 
Durant les festivités, les jeunes artistes de toute la région de Saint-Louis se sont retrouvés à la place Abdoulaye Wade, pour les besoins de la fête.

Entre rythme et cadence, la place Abdoulaye Wade de Saint-Louis a encore vibré avec des jeunes artistes de la place, ainsi que ceux de la vallée, qui ont fait étalage de leur talent. Dans le cadre de la promotion culturelle, le Centre culturel français et celui régional de Saint-Louis ont travaillé de concert, pour une bonne réussite de cette journée. Le directeur délégué du centre culturel français Marc Monsallier  de Saint-Louis s’est réjoui de la manifestation. « On s’est associé pour inviter des artistes de styles différents, avec de jeunes talents qui expérimentent leurs premières vies de scène », a-t-il rappelé. La première partie de la journée a été réservée aux groupes de rap tandis six artistes originaires de la Vallée du fleuve ont assuré la deuxième partie. Le Timshal band a eu l’honneur de jouer pour la dernière partie de concert.  

Ndèye Marianne Diop, directrice du Centre culturel régional de Saint-Louis, a souligné que cette manifestation permet de « renouveler l’engagement pour les besoins de prestation culturelle ». Et le plus important, a dit Mme Diop, réside dans le fait que « nous avons noué ce partenariat pour célébrer ensemble la musique, car nous avons plus ou moins les mêmes domaines d’interventions avec l’Institut français ».

Amadou Maguette NDAW

Dans un monde qui tend toujours vers l’excellence, savoir se présenter, défendre ses idées et son programme de façon synthétique et structurée nécessite une formation. Pour répondre à cette ambition, un livre intitulé « Art oratoire » a été présenté au public ce samedi 23 juin 2018 à Dakar, en marge d’un atelier destiné à des étudiants africains de diverses nationalités.

Livre didactique, pratique parce que concis, simple et léger, estimé à la portée de chaque personne quel que soit son niveau d’études, son domaine d’activité, « Art oratoire » a été présenté le samedi 23 juin 2018.
Parti du constat que l’Afrique, selon son auteur,  n’a plus ses grands orateurs d’antan capables de captiver toute une population, assemblée ou audience, le livre souligne la nécessité de proposer un concept oratoire et d’éloquence aux entrepreneurs, politiciens et étudiants et même futurs leaders sur la maîtrise de la parole. Ainsi, « Art oratoire » se positionne comme un outil permettant de mieux appréhender et maîtriser les astuces, méthodes et pratiques pour devenir un grand orateur.

Nicolas Winner Etoyi, son auteur, ingénieur en Sciences physiques, est un manager avec plus de 25 ans d’expérience dans divers domaines, parfois même insoupçonnés comme le théâtre, le cinéma, la géopolitique…
Issu de l’Université du Sahel, l’homme devenu un communicant bien connu de la sous-région, a poursuivi ses études supérieures dans des facultés comme l’Institut de formation en administration des affaires (Ifaa), Ucad, Ipam, Heci

comme enseignant avant de fréquenter d’autres universités.
Parce que selon l’auteur de ce manuel, c’est la base pour la conquête ou reconquête d’un leadership perdu,  d’une autorité, mais aussi un outil pour affirmer ou confirmer son excellence dans son domaine,  car derrière chaque leader, il y a un style d’art oratoire.

« La société évolue et il est indispensable de disposer de jeunes capables de pouvoir changer les choses. C’est pourquoi ce livre trace, à travers des méthodes et astuces, la pratique, pour chasser le stress, le tract, expliquer comment monter sur scène, s’exprimer  captiver les personnages de référence ».

Paru depuis mars 2018, il a été plus vendu à la cible estudiantine et entrepreneuriale que vulgarisé. Présenté comme un outil portable, le livre se propose aussi d’apporter aux personnes visées, à travers vingt-cinq secrets partagés, l’attitude adéquate à adopter, les méthodes pour convaincre, captiver, quel que soit l’événement, le lieu ou les circonstances.

Même s’il avoue son amour pour le pays de la Téranga, le Sénégal où il séjourne depuis 16 ans, Nicolas W. Etoyi, un Rd Congolais d’origine, se décline comme un panafricaniste dans le sang. De ses références multiples, il cite des scientifiques comme le professeur Cheikh Anta Diop et de grands orateurs comme  l’ancien président Abdoulaye Wade.

Au-delà de ce livre, d’autres ouvrages sont aussi en chantier, dont l’un attendu avant la fin de l’année est destiné spécifiquement aux dirigeants et entrepreneurs, et axé sur « Le discours et la prise de parole du manager ».

Fara Michel DIEYE

Lors de la visite du Président français Emmanuel Macron à Saint-Louis, ce dernier avait annoncé la création d’une Villa de recherche et artistique pour la capitale du Nord. Marc Monsallier, directeur délégué de l’Institut français de la ville, rappelle que des travaux sont en cours. Ainsi, d’ici 2019, ce projet va voir le jour, afin de rendre la ville beaucoup plus dynamique.

Déjà, ville très métissée à cheval entre les cultures occidentales (patrimoine et histoire) et africaines, Saint-Louis perpétue cet héritage avec la décision des autorités françaises d’y ériger une Villa artistique et de recherche. Un lieu où la création franco-africaine sera célébrée et résistera, du coup, aux lois du temps. Dans ce nouvel espace, les artistes de tous horizons viendront y travailler et confronter leurs aspirations, avec pour socle la « franco-africanité ».

Du point de vue conceptuel, souligne le directeur de l’Institut français de Saint-Louis, Marc Monsallier, il s’agira de copier ce qui a été fait dans la capitale italienne, ou à Madrid. En effet, dans Rome la Ville éternelle, existe le mythe de la création artistique française avec la Villa Médicis, lieu à l’histoire si  riche. Son penchant madrilène, « Casa de Velázquez », est aussi un endroit où se subliment des artistes en résidence.

Pour réussir la création de cette entité, des travaux sont annoncés, dont l’érection d’une salle de Coworking, la numérisation de la salle de cinéma, de nouvelles installations numériques, au sein de l’Institut français de Saint-Louis. En plus, souligne Marc Monsallier, l’objectif est de sortir des murs et externaliser les activités, avec des programmes à Louga, Richard-Toll, Dagana, pour un rayonnement du centre culturel, extra muros. L’idée, c’est d’avoir un public de proximité, en se rendant dans les quartiers, pour échanger avec les riverains.

Tous ces projets s’inscrivent, selon M. Monsallier, dans le programme de la Saison des cultures africaines en France, qui sera lancée en 2020. Comme la bibliothèque de la Villa Médicis, qui recense plus de 32. 000 ouvrages, ainsi que des partitions, cette résidence artistique et de recherche sera le creuset de la documentation au niveau de la région Nord.

Amadou Maguette NDAW

 

Au cours d’un atelier à Saly, le forum des journalistes africain a lancé une plateforme citoyenne. Le but, favoriser le développement du journalisme d’investigation.

Le secrétaire général du ministère de la Communication, des Télécommunications, des Postes et de l’Economie numérique, Yoro Moussa Diallo, qui a présidé l’ouverture officielle de l’atelier d’échanges et de lancement d’une Plateforme citoyenne d’appui au journalisme d’investigation (Paji), a estimé que s’il est mené avec professionnalisme et responsabilité, le journalisme d’investigation peut être un élément essentiel de transparence et de bonne gouvernance pour toute société qui se veut démocratique.

Selon lui, en journalisme, l’investigation fait partie des genres majeurs, car sa particularité est d’aller en profondeur dans le traitement de faits délicats afin de rendre publique une vérité souvent tenue secrète ou dissimulée, a enseigné M. Diallo, selon qui
le rôle des médias n’est plus à démontrer dans notre quotidien, dans la consolidation et la promotion des valeurs démocratiques et de l’Etat de droit. C’est pourquoi, à l’en croire, ce type de journalisme nécessite, pour le professionnel, une solide formation, du talent, de l’intégrité, de l’engagement et beaucoup de persévérance pour ne pas dire de courage », a-t-il insisté, avant d’indiquer que les autorités ont l’intime conviction que le succès du journalisme d’investigation dépend étroitement de l’accès aux données et aux sources d’information. « Dans le cadre de l’articulation journaliste et engagement citoyen sur laquelle il travaille depuis quelques années, "African journalists forum" qui regroupe des professionnels de l’information et de la communication ainsi que des chercheurs de plus de trente pays, va lancer au Sénégal et en Gambie cette plateforme », a expliqué son président, le journaliste sénégalais René Massiga Diouf. « C’est le choix que les journalistes ont fait et s’y sont investis avec professionnalisme depuis toujours, malgré le lourd tribut qu’ils ont payé pour faire éclore la vérité et informer les populations sur la manière dont les dirigeants tiennent le gouvernail pour éviter que le navire tangue », a déclaré M. Diouf.

Depuis quelques années, on note des mutations considérables qui changent de plus en plus les ressorts dans les médias, avec des conséquences importantes affectant le journalisme. Cette situation trouve son point d’ancrage dans l’évolution rapide des nouvelles technologies, qui entraînent un passage de niveau dans les mécanismes de diffusion de l’information.

Amath Sigui NDIAYE

Le chanteur Ougandais Geoffrey Oryema est décédé. On l'a appris ce vendredi 22 juin. Il souffrait d'un cancer. Agé de 65 ans, celui que l'on surnommait le Leonard Cohen africain,  chantre de la world music avait fui son pays à l’âge de 23 ans. Il vivait depuis en France.

On le surnommait le Léonard Cohen africain. Geoffrey Oryema a quitté l'Ouganda à l'âge de 23 ans. Il s'est réfugié en France fuyant la dictature d'Amin Dada après l'assassinat de son père qui était alors ministre. Il enregistre son premier album Exile en 1990 y alternant des morceaux à la guitare et d'autres accompagnés de Sanza et de harpe nanga. L'album est produit par Brian Eno, le grand metteur en son des U2.

Son tube « Ye ye ye »  figure dans son 1er album et fera sa célébrité. Pendant 7 ans la chanson sera le générique de l'émission Le cercle de minuit sur Antenne 2. Son 2e album Beat the border en 1994 lui ouvre la porte des Etats-Unis où il effectue une large tournée. Dans son 3e album Night tonight en 1997 Geoffrey Oryema associe le chanteur zaïrois Lokua Kanza. Le chanteur ougandais continue par la suite à mêler les instruments traditionnels africains à la guitare. Depuis 2006, son fils Oceng Oryema l'accompagne à la batterie et aux percussions.

Geoffrey Oryema collabore aussi avec les cinéastes composant les musiques du documentaire « Les invisibles », réalisé entre autres par Wim Wenders sur les mercenaires du nord de l'Ouganda. Une de ses chansons est choisie comme bande originale du film de Sean Penn The last face en 2016.

Geoffrey Oryema est revenu sur sa terre natale pour la première fois depuis son exil le 17 décembre 2016 pour un concert à Kampala chargé d'émotion.
rfi.fr

La première communauté Tech franco-sénégalaise, « Teranga Tech », a été lancée, jeudi 21 juin, par l’ambassadeur de France au Sénégal. Cette initiative avec ses 6 projets lauréats permet de structurer l’écosystème des Tic  et d’être un moyen d’appui aux projets des startups dans différents domaines.

Dans les jardins de l’Institut français de Dakar, l’enthousiasme se lit sur le visage des dizaines de jeunes venus assister au lancement de « Teranga Tech ». Première communauté Tech franco-sénégalaise, cette initiative de l’ambassade de France permet de construire un certain dynamisme au sein de l’écosystème des Tic au Sénégal. Elle est aussi à la fois vitrine et « instrument d’appui aux projets des startups, tout particulièrement dans les domaines de l’éducation, de l’industrie culturelle et créative ou encore dans de l’économie sociale et solidaire ». Les 6 projets lauréats bénéficieront d’un accompagnement à la création d’entreprise de l’incubateur Concree, l’Institut français de Dakar et le Goethe Institut, qui épousent fortement la vision de cette communauté Tech franco-sénégalaise. Par exemple, « Save Dakar » mène une guerre contre l’insalubrité, l’incivisme et la dégradation du cadre de vie  dans la capitale sénégalaise.  Dans la catégorie éducation, on retrouve les ateliers des génies qui sont des activités numériques dédiées aux enfants de quatre ans à seize ans. En société, « Waalu » s’érige en bouclier pour protéger les victimes d’agression sexuelle ou d’agression tout court grâce à un dispositif d’alerte et de veille. « Il est prévu des rubriques où on pourra sensibiliser les jeunes filles par rapport à leur sexualité », rappelle Fatou Diongue, membre fondateur du projet.  

Pour ce qui est des industries culturelles et créatives, « You leeb » compte proposer des contes africains. Selon l’initiateur du projet, Cheikh Mara Gaye, cette plateforme permet, en même temps, un  échange d’expérience culturelle. En dehors de cette volonté de structurer l’écosystème des Tic,  a expliqué l’ambassadeur de France, « Teranga Tech » se veut une plateforme pour développer des opportunités. « C’est l’occasion de promouvoir des startups qui vont être incubées », a soutenu Christophe Bigot. Parmi les 6 projets lauréats, quatre sont sénégalais.

Ousmane Thiongane, conseiller spécial du Président de la République, coordonnateur de l'Unité digitale, a parlé d’une initiative qui va contribuer à la visibilité des jeunes entrepreneurs. « L’Etat du Sénégal ne ménage aucun effort  pour la promotion de ce secteur. Le Sénégal ne souhaite pas rester sur le quai de la gare ; ce train, nous allons tous l’embarquer parce qu’il s’agit de l’avenir du monde. A travers la Stratégie 2025, l’Etat du Sénégal ambitionne de créer 50.000 emplois directs et 200 à 300.000 emplois indirects », a-t-il indiqué. La « Teranga Tech » regroupe des membres fondateurs issus tous du numérique. Il s’agit, entre autres, de Sonatel, Virima, Yux, Wutiko, Jokkolab, Niokobok, Simplon, l'Ird.  
 

Ibrahima BA

Le Monument de la Renaissance africaine a accueilli, hier, un panel d’experts, membres du comité chargé de proposer un texte sur le statut des acteurs de la culture. Celui de l’artiste en est un point essentiel. Ils ont mis en évidence quelques entraves à l’exécution de leur mission, se sont arrêtés sur la qualité d’artiste et ont fixé, à travers une démarche plus inclusive, quelques modalités de parachèvement du texte qui est une commande du Président de la République.

Il a souvent été fait cas, au Sénégal, des difficultés rencontrées par les artistes et, de manière générale, les professionnels de la culture. Les gémissements sont récurrents et les réponses ont souvent été ponctuelles. La réflexion sur le statut de ces créateurs et de tous ceux qui tournent autour répond ainsi à une impérieuse nécessité ; son aboutissement est devenu une urgence. La mise en place d’un comité interministériel inclusif, après une commande politique faite par le Président de la République destinée à mettre sur la table, avant la fin de l’année, deux dispositions réglementaires, montre que les récriminations ont été entendues.

Aux yeux de Birane Niang, secrétaire général du ministère de la Culture, le statut de l’artiste est un des chantiers majeurs de ce département. Sa définition, pense-t-il, était un enjeu fondamental de la mise en place d’un environnement propice au développement durable, en ce qu’elle place véritablement la culture au cœur de l’impulsion d’une stratégie harmonisée de développement économique, social et environnemental. Elle permet également un arrimage aux instruments internationaux et de jeter les bases d’un cadre régional ou continental unifié.

Démarche inclusive
Ainsi, pour répondre aux espérances nourries par le statut de l’artiste, le gouvernement sénégalais a saisi l’opportunité de l’exécution de ses projets et programmes, afin de réaliser des études à l’origine d’avancées majeures dans des domaines connexes dont l’adoption d’une loi sur le droit d’auteur prenant en compte les droits voisins conférant un statut aux interprètes et exécutants.« Des groupes de travail ont poursuivi leurs concertations en vue d’aboutir à des recommandations consensuelles ouvrant la voie à une convention collective des acteurs de la culture, dont le statut de l’artiste est une composante majeure », se félicite M. Niang, tout en espérant que cette journée permettra de créer enfin les conditions de parachèvement de cette initiative.

Il s’agit, pour les acteurs ayant contribué à la rédaction des moutures de textes, de proposer un plan d’harmonisation et de refonte des différentes propositions, de mettre en place un mécanisme de suivi et d’évaluation inclusive des travaux, de respecter les délais et les procédures en vigueur. Pour y arriver, il faudrait peut-être briser quelques entraves mises en relief par deux membres du comité, Daniel Gomes et Oumar Sall : l’insuffisance des moyens financiers, l’irrégularité des rencontres et concertations, la difficulté à produire un texte de synthèse consensuel qui prendrait en compte les préoccupations des différentes composantes…Toutefois, il y a des préalables qu’il convient de poser pour ne pas se fourvoyer dans cette entreprise. De l’avis d’Aziz Dieng, point focal de ce projet, il est important de s’entendre sur la qualité d’artiste et de professionnel de la culture et de veiller à ce que le texte qui sera adopté soit contextualisé ; et que la définition du texte international prenne en charge les préoccupations et spécificités du Sénégal, d’où la nécessité de relancer et de renforcer le groupe de travail.

De toutes les problématiques liées au statut de l’artiste, celles ayant trait aux relations de travail et à la protection sociale des artistes, pris ici en tant que travailleurs, se posent avec plus de prégnance. « La reconnaissance juridique du statut professionnel de l’artiste et de son statut social, en tant que travailleur, a des conséquences. La première implique qu’il bénéficie des mêmes droits que les autres travailleurs tout en tenant compte du caractère atypique de son travail », souligne-t-il.

Alassane Aliou MBAYE

 

La Fête de la Musique est célébrée ce jeudi 21 juin. Divers genres musicaux sont proposés sur plusieurs plateaux et lieux, à Dakar et dans les capitales régionales.

La Fête de la Musique, célébrée depuis 1982, sera encore marquée, cette édition, par divers concerts et spectacles à travers le monde. A Dakar et dans les régions du pays, plusieurs structures ont élaboré des programmes pour ravir les mélomanes. A l’occasion, la Direction des arts du ministère de la Culture a concocté un programme varié, à la Place de la Nation (Ex- Place de l’Obélisque) de Colobane, qui accueille en ce moment le village Fan Zone de la Coupe du monde de football. Dès 16h, des orchestres de divers genres musicaux s’y relayeront. C’est l’Ensemble lyrique traditionnel de la Compagnie nationale Daniel Sorano qui donnera le ton avec de la musique folklorique. Des artistes du slam, Minus, le Duo et Al Faruk déclameront ensuite leurs textes poétiques avant de céder le podium à la musique religieuse, avec El Melo et la chorale Lucien Mendy Afrikyo.

A 20h, l’Orchestre national présentera de la variété et sera suivi du groupe Oriazul connu à travers la musique des îles. Le folk-singer Yoro Ndiaye, ainsi que Fulgence Faye, les groupes Battu Djiguen et Free Voices régaleront également le public de chœurs, fusion et de hip hop.

La dernière partie du plateau musical offert à la Place de la Nation sera assurée par les chanteurs de reggae Iba Gaye Massar et Ombre Zion. Ensuite Marema, la nouvelle voix de l’afro, et Sidy Diop, un des nouveaux « princes » du Mbalax, suivront ; avant de passer le micro aux rappeurs Didier Awadi, Omzo Dollar et aux « seigneurs » du folk-mbalax, Pape et Cheikh.

Diversité musicale
Autre plateau, l’Institut français de Dakar. Cette année, après plus de cinq éditions d’absence, coïncidence avec le mois de Ramadan, l’Institut renoue avec la Fête de la Musique. Et pour marquer ce retour, son Théâtre de verdure mettra à l’honneur des artistes de la nouvelle scène dakaroise tels que Maïna, Obree Daman, Kemit, Ma ou encore Brahim Wone.

Une autre scène, le Relais sportif sur la corniche de Soumbédioune accueillera à l’occasion de la Fête de la Musique le groupe I-Science, le joueur de Kora Noumoucounda et son live-band ainsi que l’artiste électro sénégalais Ibaaku.
Les Centres culturels régionaux ne seront pas en reste. Plusieurs plateaux y offrent l’occasion aux jeunes musiciens de s’affirmer pour célébrer la Fête de la Musique.

Omar DIOUF

Artiste « métissé » de par ses inspirations et productions, Alioune Badiane dit Pap Badiane  est un créateur polyvalent. Il a fait du pagne « Rabal » sa matière de prédilection.  Ce tissu, patrimoine culturel africain, lui sert de matière dans sa revendication identitaire et culturelle. Le Monument de la Renaissance africaine a abrité son exposition intitulée « Expressions plurielles et Identité », du 3 mai au 2 juin 2018.  

Dans ses œuvres, on découvre des tableaux réalisés à base de  pagne « Rabal », notamment « Le retour du marché » mettant au premier plan des approvisionnements (poissons, légumes), « La danseuse » montrant une femme en mouvement et « Gorée mère des civilisations » symbolisant l'île de la traite négrière…  S’exprimant à propos du travail de l’artiste exposé sous l’intitulé « Expressions plurielles et Identité », du 3 mai au 2 juin 2018 au Monument de la Renaissance africaine, Daouda  Diarra, professeur de Communication visuelle, souligne qu’« aujourd'hui, au-delà la peinture, Pap Badiane peut, en toute logique, revendiquer la part qui lui revient dans l'affirmation ; l'histoire et la pratique qui entourent le "Rabal" ». Des œuvres  à base de « Rabal », créativité de Pap Badiane, sont d’ailleurs en train d’être protégées dans dix-sept pays africains.

Le «Rabal»  ou «seurou  dunk» ou encore pagne tissé est un pagne traditionnel sénégalais mais aussi africain. Un tissu par excellence qui  témoigne des temps forts de l'individu : naissance, mariage, mort, circoncision etc. Défini  tel un des « éléments de base de la vêture traditionnelle...  le "Rabal" est un système langagier combinant matières, réseaux, trames, couleurs, textures et graphismes… » selon M. Diarra.
De la conception à l'usage, le pagne tissé est un œuvre d'art dans son intégralité. La destination peut être aussi bien symbolique (cérémonies) que libre (arts et décorations).

Par ailleurs, Pap Badiane inscrit  son art dans l’approche senghorienne,  notamment celle de l’enracinement et de l'ouverture. Il  se « retrouve » dans son « métissage ». Son art rime avec  la liberté et il déploie ses ailes sans frontières. « C'est mon identité, je ne suis pas prisonnier d'une technique. Je sais faire beaucoup de choses, mais c'est toujours moi, dit Pap Badiane, qui fais corps avec mes œuvres.

Diverse est la production artistique de  M. Badiane. Il crée également avec une matière à base de bois affinée, au détriment de la toile. Une autre particularité de l’artiste, le travail avec des lignes droites.

Témoin de l'évolution artistique
En art, l'élargissement des gammes confirme la notoriété. Pap Badiane s'exprime aussi bien en  dessin, en  lithographie, au  monotype,  à la peinture gouache et à l’huile « Chair Azur »,  à l'encre qu’au vinylique. Des possibilités pour le Maître ! De Pap Badiane, l’homme de Lettres Abdoulaye Racine Senghor, administrateur du Monument de la Renaissance africaine, dit qu’il « a des choses à dire, les moyens de le dire, et ce qu'il dit est bien dit ».


Après une formation à l'Ecole des Beaux-arts de Paris, Alioune Badiane a été directeur de l'Ecole nationale des Arts du Sénégal, puis directeur des Arts au ministère de la Culture.

L'homme est à la fois acteur et témoin de l'évolution artistique tant nationale qu'internationale. Son métissage artistique lui a valu des reconnaissances dont le titre de Chevalier dans l'Ordre du Mérite du Sénégal et la Médaille de Vermeil (1981) de l'Association française « Bilan de l'art contemporain ».

Yaye Awa Ly Ngoné SARR
 (stagiaire)

Moustapha Tamba dresse le bilan des 30 ans du Saes

Dans son dernier ouvrage intitulé « Dynamique syndicale dans l’enseignement supérieur au Sénégal », le sociologue Moustapha Tamba, président de la Commission des publications  de la revue Etudes de l’homme et de la société (Ethos) de la Faculté des Lettres de l’Ucad, dresse le bilan des trente ans du Syndicat autonome des enseignants du Supérieur (Saes).

Créé le 27 avril 1985 à l’Université de Dakar, le Syndicat autonome des enseignants du Supérieur (Saes) est le fruit de la vision de quelques enseignants du Syndicat unique et démocratique des enseignants du Sénégal (Sudes) qui estimaient que leurs préoccupations n’étaient pas prises en compte dans les plateformes revendicatives existantes. Sans compter les querelles internes et de leadership auxquels était confronté le Sudes. Une aventure syndicale que retrace, avec minutie et érudition, le Pr Moustapha Tamba dans l’ouvrage qu’il vient de publier chez L’Harmattan, intitulé « Dynamique syndicale dans l’enseignement supérieur au Sénégal : l’exemple du Saes » (203 pages).

Se basant sur des données historiques et sociologiques, il montre, dans cette monographie, comment l’irruption du Saes dans l’espace universitaire est venue changer le peu d’intérêt que les autorités sénégalaises eurent, entre 1960 et le milieu des années 1980, pour la question de l’enseignement supérieur. Pourtant, les débuts furent difficiles, rappelle Moustapha Tamba. Surnommé « syndicat d’assistants » par ses détracteurs, le Saes a réussi, au fil des années, à réunir sans distinction de grade tous les autres ordres d’enseignants (maîtres-assistants, maîtres de conférences, professeurs titulaires). « Qu’il ait survécu à trente ans sans perdre de sa substance, de son dynamisme, de sa faculté de renouveler ses instances, de son autonomie, relève du miracle », écrit l’auteur.

L’ouvrage du Pr Tamba apporte une contribution utile sur la genèse et l’évolution d’un des syndicats les mieux structurés de l’enseignement supérieur en Afrique : le Saes est présent dans cinq universités sénégalaises et totalise 60,5% des enseignants-chercheurs. Mieux, il fait œuvre de pionnier puisqu’il n’existe pas à ce jour d’ouvrages traitant du syndicalisme dans l’Enseignement supérieur au Sénégal, hormis les travaux des historiens Omar Guèye et Babacar Diop Buuba (ce dernier a préfacé cet ouvrage).

Au-delà de l’analyse des contextes sociopolitiques, économiques, des dynamiques culturelles et idéologiques, des acteurs syndiqués et du développement institutionnel, Moustapha Tamba a ouvert, grâce à son double regard (de militant et de sociologue),  de grands chantiers. Comme le genre dans les syndicats du supérieur, les relations entre le Saes et d’autres secteurs comme la justice, les médias, les forces religieuses et coutumières, les élus ou les partis politiques. Autant de pistes sur lesquelles ne manqueraient pas de s’engouffrer d’autres chercheurs.
Seydou KA



 

Le Festival international de Hip hop et des cultures urbaines (Fest2h) va s’ouvrir, du 20 au 23 juin, à la Maison de la culture Douta Seck. Cette 13ème édition s’inscrit dans le cadre de la célébration des « 30 ans du Hip hop Galsen ».

La Maison de la Culture Douta Seck accueille, du 20 au 23 juin, la 13ème édition du Festival international de Hip hop et des cultures urbaines (Festa2h). L’édition de cette année s’inscrit dans le cadre de la célébration des « 30 ans du Hip hop Galsen » qui est une occasion « exceptionnelle » de rendre hommage aux pionniers du Hip hop sénégalais eu égard à leur participation à la construction d’un Etat de droit et à la promotion de la démocratie par la conscientisation des jeunes et la promotion de la liberté d’expression ainsi que la démocratisation de la parole et l’accès à l’espace public. Ce faisant, ce treizième anniversaire se caractérise par une spéciale édition « 30 ans de Hip Hop Galsen » et va proposer des plateaux artistiques au public sénégalais avec quatre méga concerts selon les différentes écoles et générations du rap Galsen.

Selon un communiqué de la structure Africulturban, plus de 14 pays seront représentés. Il s’agit du Sénégal, des Usa, de la Belgique, du Maroc, Canada, Norvège, Zimbabwe, Gambie, Mauritanie, Guinée Conakry, Mali, Cameroun. Aussi, pour cette treizième édition, plus de 16.000 spectateurs et 100 groupes sont attendus pendant les 4 jours du festival. « Le Festa2H est une plateforme d’actions qui permet de comprendre un mouvement culturel qui est articulé autour des langages artistiques les plus variés : la musique (rap, reggae, ragga, Rnb), le cinéma, la peinture (Graffiti), la danse (Bboying), la mode (Street wear), le Spoken Word (Slam) et le Deejaying », note le communiqué. Le Festa2h fait partie des activités labélisées par les « 30 ans du Hip hop Galsen ». C’est tout le sens de l’organisation du « Flow Upa » qui est un projet intégré dans le Festival avec comme objectif : mettre en lumière le talent de la jeunesse  sénégalaise dans le mouvement Hip hop plus précisément le rap et particulièrement pour les underground. Les demi-finales auront lieu du 20 au 23 Juin à la Maison de la Culture Douta Seck.

Cette année, le Festah2H, est précédé, du 18  au 20 juin, de la deuxième édition du Hip Hop Summit. Salon dédié aux professionnels du Hip Hop et des cultures urbaines, le Hip Hop Summit regroupe le Sénégal, le Canada, la France,  la Belgique, le Togo, le Zimbabwe, la Mauritanie, la Norvège, la Gambie, le Maroc et la Guinée Conakry, autour de conférences, débats et show-cases à la maison des cultures urbaines à Ouakam.

Ibrahima BA

La radio communautaire de Bettenty a commencé à émettre sur 91.6 Fm en fin 2012. Avec sa mission de radio culturelle, éducative, de sensibilisation environnementale et économique, Bettenty a désormais un impact dans cette île près de Toubacouta, dans le département de Foundiougne, dans la région de Fatick.

La radio communautaire de Bettenty, île située dans le département de Foundiougne, région de Fatick, constitue aux yeux des populations insulaires un instrument indispensable pour le développement socio-économique de la zone. Son impact a fini de faire son ancrage dans le terroir, d'autant plus que les appels téléphoniques explosent au cours de ses émissions. « C'est une radio qui est en train d’assurer sa mission étant donné que notre premier objectif, avec l’installation de Bettenty Fm, a été de résoudre les problèmes de communication des populations insulaires éloignées du continent », souligne le directeur de la radio, Bakary Mané. En fait, dit-il, ces populations sont confrontées à des difficultés de communiquer avec les autres de la terre ferme accentuées par l’isolement. « C'est pour cette raison que nous avons eu cette initiative de combler ce gap. La radio est un besoin culturel qui leur permet, aujourd’hui, de pouvoir s'informer, se divertir », explique M. Mané. Surtout qu’il n’y a guère longtemps, ces populations étaient toujours branchées sur les radios gambiennes avec la proximité de ce pays voisin.

Maintenant, avec Bettenty Fm, les populations suivent les émissions locales, portant sur la culture, la religion, etc. Mais également des plages de divertissement, de communication et de sensibilisation sur tous les sujets liés au développement local, dans les tranches horaires entre 9h et 12h le matin et 17h et 23h le soir, ont été aménagées.

Le manque d’électricité en continue limitant les programmes, la réalisation d’une mini-centrale solaire en cours devrait permettre, selon le directeur de Bettenty Fm, de résoudre le problème de cette radio communautaire installée grâce au projet Millenium développement Gold Fondation de l’Unesco, à travers son bureau régional de Dakar (Breda) et dont la directrice de l’époque, Marie Anne Thérèse Ndong, a séjourné dans cette île à deux reprises. 

Mohamadou SAGNE

09 juin 2007 - 09 juin 2018. Onze ans déjà qu'à chaque fois la disparition d'Ousmane Sembène est commémorée et remémorée par le monde culturel sénégalais. C'est une de ses œuvres majeures, le film « Guelewar » qui a fait que je retiens de Sembène l'image d’un combattant qui a voulu, avec art, faire avancer les choses dans son pays. Avec sa manière. Tellement Sembène, avec son talent reconnu mondialement et son œil très large, a vu de haut toute la société sénégalaise. Toute son œuvre littéraire et surtout cinématographique était mue par ce désir de peindre les traits et caractères de « son beau peuple ».

De « Mandat » en passant par « Xala » jusqu’à « Guelewar » et d’autres de ses films, Sembène a su nous mettre devant un miroir pour que nous puissions nous regarder en face. De tous les hommes de culture sénégalais, c’est lui qui a le plus compris sa société et qui a le plus reproduit les facettes de cette société par les écrits et les images. « En tant qu’homme de culture, on est un peu comme une éponge qui s’imbibe de l’ambiance de l’endroit. C’est le goût de la société, de ces problèmes qui doivent sortir à travers nos plumes. On doit être imprégné de cela », disait l’écrivaine sénégalaise Fatou Diome. Sembène a rempli ce rôle durant toute sa carrière d’homme de culture. Toutes les images, séquences, personnages ou encore lieux de « Guelewar » nous renvoient à cette société sénégalaise pleine de mystères, de contradictions, de bizarreries ou encore de « sénégalaiseries » selon une formule bien connue.

Dans « Guelewar », ce n’est pas seulement la perte anodine d’un corps dans une morgue d’hôpital qui a failli engendrer un affrontement religieux. C’est du tout. De la politique, la polygamie, l’analphabétisme, l’ignorance, le respect de la parole donnée, la perte des valeurs, l’acculturation. Vraiment du tout. Autant de choses qui nous montrent que le blocage de notre société est loin d’être levée. Le personnage de Guelewar en lui est une synthèse même de la personnalité du sénégalais type. Un mélange de fierté, d’orgueil propre, de refus de la fatalité, de courage et aussi de …..vices. Comme tout bon « ceddo ». Un homme d’honneur. La politique, étant au centre de nos sociétés post-indépendance, n’a pas échappé à la caméra de l’aîné des anciens dans « Guelewar ». Les élites politiques africaines n’ont jamais été préoccupées par le sort des populations. N’ayant pas de vision futuriste capable de nous donner une autosuffisance alimentaire, les politiciens ne se donnent pas de limites pour célébrer à grandes pompes la distribution d’aide alimentaire à des paysans qui, s’ils étaient mis dans de bonnes conditions, pouvaient se nourrir eux-mêmes. Comble de ce paradoxe, l’aide alimentaire est détournée et ne « profite qu’à une infime minorité » comme le dit si bien Barthélémy, le fils de Guelewar. Pour son courage et son sens du refus, Guelewar était chargé de dénoncer ces magouilles. Mal lui en pris quand il fera l’objet de bastonnade de la part d’un homme de main du politicien du coin. Le pompeux député-maire. Tient, comme si Sembène vivait toujours avec nous. Combien de fois, un journaliste ou un autre homme qui dit la vérité n’a pas été attaqué physiquement par des énergumènes qui sont à la solde de politiciens véreux. Comme cela se passe actuellement, Guelewar va y laisser sa peau sans aucune forme de procès pour paraphraser la Fontaine dans « Le loup et l’agneau ». La loi du plus fort étant toujours la meilleure en Afrique. Ses compagnons qui lui avaient donné carte blanche pour dire tout haut ce que le monde rouspètent tout bas, vont s’en tirer comme si rien n’était. Jusqu’à même demander une bière bien fraîche pour bien digérer le repas copieux servi lors de la cérémonie funèbre. Ils n’ont eu aucune honte à se pavaner dans la maison mortuaire en faisant la fête alors que celui qu’ils vont enterrer a rejoint l’au-delà par leur faute. Là aussi, Sembène nous apprend beaucoup sur ce que sont capables les Sénégalais, qui peuvent te pousser quand vous êtes ensemble pour un but bien noble et se rétracter quand la situation chauffe. Un vrai Guelewar, selon la tradition bien africaine, assume ses actes et ne rechigne pas à aller devant sabre au clair quand l’intérêt général est en jeu. Que dire de Barthélemy, « l’étranger dans son propre pays ». Ici, la question de l’acculturation est très bien posée par Sembène. Un fait qui aujourd’hui, est l’une des plus grandes problématiques auxquelles est confrontée la jeunesse africaine. Si les élites politiques avaient pensé à gagner le combat de l’éducation et de l’analphabétisme, sans doute ces petites erreurs comme la confusion dans le prélèvement des corps n’auraient dû pas se faire. La personne qu’il faut à la place qu’il faut aussi, « the right man in the right place », pour que celui préposé à la morgue ne puisse faire ces petites erreurs aux grandes conséquences. Un affrontement entre musulmans et chrétiens dans un petit village perdu dans Thiès, comme cela a pu être évité de justesse, allait être lourde de conséquences.

Dans cet imbroglio socio-politico-religieux, Sembène nous plonge dans les différences d’approches entre le christianisme où l’autorité du prêtre est reconnue au-delà même des questions religieuses. Monsieur l’Abbé intervient même dans les petits et grands soucis familiaux. Alors que de l’autre côté, l’imam a été obligé d’utiliser la force, quitte même à transgresser, avec l’insulte d’Abou Camara, pour imposer son autorité. En filigrane, Sembène raconte le sort des femmes, des veuves, surtout des filles aussi, livrées à la débauche dakaroise par l'échec du développement rural, les revers de la polygamie. Quelques personnages dans le film, comme l’adjudant-chef major Gora, veulent changer la marche des choses, mais le défi est énorme pour être relevé seul.

La liste n’est vraiment pas exhaustive pour citer les différents thèmes que Sembène a voulu faire passer dans « Guelewar ». Guelewar, c’est le dernier résistant contre l'indignité de nos pays vivant la main tendue. Mais que vaut les valeurs ou encore les principes dans le dénuement et la misère ? Comme le dit si bien le personnage de Barthélemy : « Il ne peut y avoir de valeurs dans la misère et la pauvreté ». Mais Guelewar nous a donné une réponse à tous ces questionnements. C’est à nous, nous seuls, d’amorcer le processus qui va nous mener vers le développement et l’émergence, la main tendue étant toujours au-dessous de la main qui donne. Personne ne va nous aider à nous passer de l’aide. Ce ne sera ni les distributions, à grandes pompes, de l’aide l’alimentaire encore moins l’appui des bailleurs de fonds qui vont nous permettre de lever la tête. Le développement se fera par nous-mêmes et pour nous-mêmes. Avec Guelewar, on voit bien que l’aîné des anciens, comme on le surnomme, n’a jamais caché son admiration pour ceux qu’ils voient comme des hommes de refus comme lui. Sa vie a été de grands moments de refus, jusqu’à devenir celui qu’il est. Un autodidacte qui s’est imposé dans deux domaines de la culture, l’écriture et le cinéma qui, a priori, sont des milieux intellectuels. Merci doyen de nous avoir ouvert les yeux….

Par Oumar NDIAYE

«Islam, Science et Société» est le cinquième ouvrage de l'imam Ahmadou Makhtar Kanté. Cet expert en Environnement et en Economie solidaire met sa plume au service de toutes les sciences portées à sa connaissance, en particulier celle islamique. La Charia, le Coran et les Hadiths sont l'essence de ses illustrations.

L'ouvrage « Islam, Science et Société » est, d'un côté, le regroupement de vingt-six textes dans lequel l’auteur, Imam Ahmadou Makhtar Kanté, reste constant dans ses efforts de réflexions aux fins d'apporter sa propre compréhension des enjeux du monde contemporain à la lumière des enseignements de l'Islam. Les « écrits d'un imam africain », comme il définit son ouvrage, sont la compilation de de ses productions traitant de l'Islam, de la science et de la société. Des concepts qui reflètent les sujets développés dans le livre.

« Le temps ne peut pas dépasser l'Islam mais peut dépasser des oulémas paresseux », telle est une conviction de l'auteur. Un imam qui se veut être à l'ère de son temps. Afin d'être en phase avec sa société et le monde, il s'ouvre aux autres sciences avant de retourner sur la science islamique pas qu'avec « son islam », mais l'Islam. Cette religion, dit-il, qui n'est pas que « notre mais universelle ».

La reconnaissance est fondamentale en Islam, qu'elle soit divine, prophétique, celle de la Chahada ou simplement la reconnaissance envers son prochain. Ce dernier découle de la règle de réciprocité, notamment ne pas faire à son prochain ce qu’on n’apprécie pas pour soi. En plus de se conformer au Hadith qui dit : « Celui qui n'est pas reconnaissant envers les gens ne l'est pas envers Dieu ». Cette inter-connectivité de reconnaissances de l'individu à son prochain, de l'individu à son créateur, prouve le Hadith du prophète Muhamed (Psl) : « Quiconque n'est pas reconnaissant envers les hommes ne l'est pas envers Dieu », lit-on à la première page du livre. Celle-ci, selon l’auteur, passe par le savoir, donc « Ikra » (Apprenez), un mot essentiel en religion islamique. Nonobstant la clarté des références scriptaires, des controverses se posent au sein de la Oummah islamique et de l'incompréhension au regard des autres.

Abordant les malaises de fin du mois de Ramadan au Sénégal, l’imam Ahmadou Makhtar Kanté note que de science exacte, la Charia commande « à tous les musulmans de chercher à déterminer le mois lunaire et non d'attendre que certains pays le fassent pour les autres ». M. Kanté de souligner cette manie sénégalaise de se baser sur l'Arabie Saoudite qui est paradoxale aux textes. Il notifie dans son livre qu'il est utile de savoir qu'on fait « injustice à l'Arabie Saoudite. Pourquoi ? Parce que ce pays n'a jamais demandé officiellement à un autre pays de s'aligner sur ses décisions relatives à la détermination des mois lunaires ».

En perceptive, l'auteur décline la possibilité d'un consensus dans l'immédiat « si la volonté existe de la part des gouvernants et des oulémas de l'astronomie et de la Charia, et si les masses sont sensibilisées à cette fin, de disposer d'un calendrier musulman perpétuel aussi bien civil que religieux et d'en finir avec les malaises de lunes » pour une célébration de la fête de Korité dans la communion.

Par ailleurs, les écrits de l’imam Kanté interpellent sur des questions nationales et internationales. L'auteur évoque des thématiques liées à la politique, l'éducation, la santé l'environnement, les relations avec le reste du monde...

Le prêche religieux n'est pas que son champ de prédilection. Ahmadou Makhtar Kanté invite à la valorisation de la culture et des langues nationales, ainsi qu’à l'appui du secteur sportif et des salles et lieux convenables pour les arts. En outre, la citoyenneté est dans sa ligne de mire. En illustration, M. Kanté attend du votant, en période d’élections législatives, de l'éthique et du discernement. Ce type de citoyens qui promeut des députés qui défendent les valeurs culturelles, religieuses et traditionnelles. A travers son ouvrage, l’imam Kanté contribue aux problématiques de la bonne gouvernance sur des principes tels que la séparation des pouvoirs, le train de vie de l'Etat et des institutions publiques. En résumé, Ahmadou Makhtar Kanté a fait un tour des interrogations contemporaines et anciennes. Cet ouvrage est sa contribution écrite dans la bonne gestion de la société.

Yaye Awa Ly Ngoné SARR (stagiaire)

L’association pour l’étude des créoles à base lexicale portugaise et espagnole vient de tenir son 18ème colloque international annuel, à Ziguinchor. L’Acblpe a saisi l’occasion pour demander à l’Etat de codifier le créole casamançais comme les autres langues nationales du Sénégal.

Ndiémé Sow, sociolinguiste, par ailleurs membre de l’Association pour l’étude des créoles à base lexicale portugaise et espagnole, a estimé que la codification du créole casamançais doit pouvoir se faire. Lors du 18e colloque international annuel de l’Acblpe, à Ziguinchor, elle a demandé à l’Etat de s’y employer et à reconnaître ce créole-là comme étant une langue nationale. Notre enseignante chercheuse a donné des explications pour démontrer que les critères de la codification du créole casamançais sont largement remplis. Le directeur du Centre national pour la recherche scientifique (Cnrs) de France, Nicolas Qvint, a renchéri qu’il y a maintenant un livre de grammaire de 450 pages qui explique ce qu’est le Créole casamançais. L’ouvrage, réalisé par deux sociolinguistes sénégalais qui travaillent sur le statut sociolinguistique du créole à Ziguinchor et dans les endroits créolophones du Sénégal, a été présenté publiquement lors du colloque.

La rencontre a regroupé une cinquantaine de chercheurs provenant de 20 pays d’Afrique, d’Europe, d’Asie et du continent américain pendant quatre jours (du 11 au 14 juin 2018). On y notait aussi la présence des étudiants de l'université Assane Seck de Ziguinchor. L’objectif visé était de mieux faire connaître les créoles à base lexicale portugaise et espagnole pour avancer la connaissance sur ces langues. Egalement, le colloque devrait contribuer à la reconnaissance de l’identité du créole casamançais, et à susciter des vocations de chercheurs parmi la population estudiantine de l’université Assane Seck.

El Hadj Moussa SADIO

La ville de Kolda a abrité, la semaine dernière, un atelier de formation des journalistes des radios communautaires sur le traitement de l’information liée à la migration.

Entre les mois de janvier et avril derniers, seulement 977 migrants sénégalais ont été rapatriés de la Libye, du Maroc et d’autres pays, grâce à l’assistance de l’Organisation internationale des migrations (Oim). La révélation a été faite par El Hadj Seydou Nourou Dia, point focal communication du bureau Oim/Sénégal lors de l’atelier sur les approches communautaires du traitement de l’information liée à la migration qui s’est tenu les 5, 6 et 7 juin derniers, à Kolda. La rencontre vise à outiller les journalistes des radios communautaires des régions de Kolda, Ziguinchor, Sédhiou, Kédougou et Tamba sur les termes à utiliser dans le traitement de l’information sur la problématique de l’émigration pour éviter le sensationnel, les clichés et d’autres stéréotypes.

Le choix de Kolda pour abriter cette rencontre s’explique par le nombre élevé de migrants originaires de cette région considérée comme la principale pourvoyeuse d’émigrés clandestins au Sénégal.

« C’est une rencontre de renforcement des capacités pour des journalistes des radios communautaires dans le cadre d’un projet que nous appelons « Migrants as Messengers » qui veut dire migrants comme messagers. Il s’agit, pour nous, de contribuer à ce que les médias comprennent la problématique de la migration, mais aussi puissent avoir les bons termes quand ils parlent de la migration », déclare Seydou Nourou Dia. Il estime que les radios communautaires peuvent jouer un rôle essentiel dans la sensibilisation des communautés sur les dangers liés à l’émigration irrégulière et de conscientiser les familles des risques qu’elles font prendre à leurs enfants en les incitant à aller à l’aventure. Les émigrés subissent des maltraitances et d’autres traitements inhumains dans les pays traversés sans compter les risques encourus en traversant la mer Méditerranée à bord des embarcations de fortune ou de trouver la mort dans le désert du Sahara.


Le projet interpelle le migrant en lui donnant notamment la parole pour lui permettre de raconter son histoire et d’expliquer les difficultés auxquelles il a été confronté tout au long de son trajet pour l’amener à comprendre que l’émigration clandestine n’est pas la meilleure solution. Et qu’il peut bien rester et réussir chez-lui, ou à la limite, opter pour une migration régulière pour éviter de mettre inutilement sa vie en danger.

Mamadou Aliou DIALLO

Malgré les performances des grands quotidiens, la presse américaine a connu une année 2017 difficile avec une audience et des recettes publicitaires en baisse, selon une étude publiée mercredi par l'institut indépendant Pew Research Center.

Au total, les ventes moyennes de quotidiens, sous forme imprimée ou numérique, se sont repliées de 4% par rapport à 2016, selon l'étude, pour les éditions des jours de semaine. Si l'on exclut les têtes de gondole que sont le New York Times et le Wall Street Journal, le recul atteint 11%. Entre fin mars 2017 et fin mars 2018, le New York Times a gagné, en net, environ 500.000 abonnés en combinant les éditions numériques et imprimées. Sur 2017, le Wall Street Journal en a lui gagné 180.000 en net. Plus préoccupant, après avoir connu des taux de croissance à deux chiffres année après année, le nombre de visiteurs uniques mensuels des sites des 50 premiers quotidiens américains en ligne a légèrement baissé, de 1,7%. Selon Mike Barthel, qui a dirigé l'étude, ces mauvais chiffres pourraient s'expliquer par le fait que 2017 était une année post-électorale. Depuis trois ans, plusieurs titres de presse ont accéléré leur transition vers le numérique et privilégié l'accès payant au modèle gratuit, quitte à voir la fréquentation reculer légèrement en valeur absolue. Cette stratégie, ainsi que des relèvements tarifaires pour les éditions papier, expliquent que les recettes tirées des lecteurs ont augmenté de 2,7%, la sixième année de croissance consécutive. Côté publicité, le chiffre d'affaires a baissé de près de 10% (9,8%) d'une année sur l'autre. Depuis le pic atteint en 2005, il a été divisé par trois. Autre indicateur de la santé fragile de la presse américaine, les rédactions aux Etats-Unis ont perdu 3.240 employés en 2017, en net. Depuis le pic de 2006, les effectifs ont été quasiment divisés par deux (-47%) et 35.200 postes ont disparu.

(AFP)

Que retenir de la 26ème édition du Festival international de jazz de Saint-Louis (26 avril au 1er mai 2018) ? Simple belle fête musicale d’une semaine qui redonne à la ville une ambiance carnavalesque, synonyme de flux économiques et financiers importants. Au-delà, de quelques rendez-vous d’artistes ratés, elle aura été d’un bon cru musical cette édition 2018. De la fierté de cette école de kora d’Ablaye Cissoko, née des flancs du Festival, à l’idée d’une Fondation qui pourrait bien prendre en charge l’organisation de la manifestation, se dessine la nécessité d’arriver à un rendez-vous musical plus professionnel et attractif.

Hervé Samb, Paco Sery, Dhafer Youssef ! Ces trois Africains ont, avec leurs groupes, marqué la 26ème édition du Festival de Jazz (26 avril au 1er mai 2018). Du jazz-mbalax du premier à l’instrument vocal du dernier en passant par d’impressionnants coups de batterie du deuxième, ils ont marqué le festival par leurs originalités. Les spectacles de Hervé Samb semblent se répéter et se ressembler, mais ils captivent et transportent ceux qui les suivent dans une forte dimension musicale. Avec Pathé Diassy toujours rigoureux dans la conduite de ses lignes de basse, Hervé Samb s’appuie également sur son autre complice, Alioune Seck qui, de ses percussions, donne un souffle tout africain à son jazz. Très remuant et bouillant avec sa guitare, Hervé a toujours à cœur, sur scène, de faire vibrer son public. Mieux, communier avec l’assistance qui le lui rend si bien. Son génie est d’avoir su valoriser le patrimoine musical national qu’il a adapté à son jazz. Que ce soit du jazz-mbalax ou mbalax-jazz, c’est le spectateur qui s’en délectera toujours. Avec en plus-value des rythmes souvent endiablés, dansants.

L’ivoirien Paco Sery ne semble pas avoir usurpé le nom de son groupe, « Les Eléphants », emblème de son pays. Il a été un digne représentant de son pays à ce Festival. Avec des musiciens confirmés et comme engagés pour défendre la « bannière nationale », il a assuré. Donnant une autre perspective et une dimension très élevée de son jazz. Appuyé par un excellent saxo, Isaac Kémo, un excellent Aly Keïta au balafon, Paco Sery est un batteur qui manipule à merveille le clavier. Il est, sans aucun doute, une valeur sûre du jazz africain. Sa présence, sa prestance et l’énergie qu’il dégage sur scène en font un guide musical.

Dhafer Youssef restera l’une des surprises heureuses de cette édition. Il s’était pourtant produit sur cette scène il y a cinq ans. Il a marqué sa présence, au-delà d’une ballade musicale harmonieuse, mais surtout par sa voix qu’il sait manier en tant qu’instrument comme bon lui semble. Le spectateur est perdu par les entournures, échos, vibrations et solo qu’il fait prendre à cette voix qui a déchiré les ténèbres nocturnes saint-louisiennes.

Stanley Jordan, Nicolas Folmer, Awa Ly, le trio Stanley Jordan, Will Kalhoun, Kai Echard, Mbappé ont été les autres grandes affiches de l’édition.

L’édition de cette année restera aussi marquée par les différentes références et allusions aux allures d’hommages rendus à Habib Faye. Le défunt musicien qui se produisait habituellement, « Autour de Minuit », avec son acolyte Ablaye Cissoko. La disparition d’Habib Faye a aussi fait annuler le spectacle que devaient animer Assane Thiam avec ses 50 tamas.

Par Ibrahima Khaliloullah NDIAYE

MASTER-CLASS JAZZ : UNE TRADITION AVEC LES ÉLÈVES DU PRYTANÉE MILITAIRE
Prytanee JazzQuand Mama Sadio monte sur la scène, elle n’est non seulement pas une inconnue ici, encore moins une artiste inattendue. Assis, les jeunes élèves du Prytanée militaire de Saint-Louis trépignent sur leurs chaises. Et quand elle entame son tube dédié à leur école, l’ordre militaire cède la place à un bon quart d’heure de décompression. Ils sont rejoints sur la pelouse du stade du camp Capitaine Momar Deh, par les soldats du 12ème Bataillon d’instruction, joliment habillés en survêtements. C’est un formidable concours de pas de danse qui aura fait oublier toute la solennité de l’assistance, la même qui suivait, il y a quelques instants, une belle prestation du groupe de Jazz sénégalais « Jamm », un des plus anciens de la place de Dakar.

Grâce à la Bicis, sponsor leader du festival, ce master-class est devenue un rendez-vous habituel où bon nombre de musiciens de talent, comme Simon Goubert, Ablaye Cissokho, Elizabeth Kontamanou et bien d’autres comme Lucky Peterson, se sont produits après avoir passé une journée d’atelier avec le jeune orchestre de l’école. « Un pur moment de joie qui clôture à chaque fois une fructueuse journée d’échanges… », note dans les gradins un témoin régulier de ce master-class.

I. K. N.

ECOLE DE KORA D’ABLAYE CISSOKO : PERPÉTUER LA TRADITION
L’histoire de la kora contée par son maître. Ainsi, pourrait s’intituler l’odyssée d’Ablaye Cissoko, maestro de l’instrument qui a su monter sa propre école.

Dans le populeux quartier de Ndiolofène, Ablaye Cissoko, appuyé depuis des années par la Fondation Bnp Paribas, est parvenu à faire d’une vision une réalité : un établissement-école où l’apprentissage du maniement de l’instrument musical séculaire est quotidien. Qu’ils soient jeunes ou adultes, il leur est enseigné de s’inspirer de la sagesse de Kéniaba : « A chaque fois que la kora sera entendue, il faudra qu’elle apaise ».

« Notre souhait a toujours été de préserver l’héritage des anciens. La kora est pour nous autres griots une très grande fierté, mais surtout une énorme responsabilité. Je n’aurais de cesse de remercier la Fondation Bnp Paribas qui nous a accompagnés dans cette quête permanente de préserver et de transmettre ce pan important de notre histoire, mais aussi de nous faire découvrir le monde par nombre d’opportunités qu’elle nous a offertes », a expliqué Ablaye Cissoko qui, le temps d’une matinée, s’est entretenu et a fait visiter à ses bienfaiteurs son école.

Ablaye CissokhoRetraçant avec brio l’histoire de Kéniaba, sous justement des notes de ses jeunes disciples, Ablaye Cissoko explique être toujours guidé par le même élan qui a habité celui-ci : « Que la kora apporte la paix dans le cœur des hommes ».

Aussi, révèle-t-il, si la kora remonte au 13ème siècle, elle trouve sa substance d’une calebasse, issue d’un fruit exotique, surmontée d’une branche de cola sacrée utilisée dans les funérailles, mariages, baptêmes. L’instrument est disposé en « clés dont un détachement quelconque pourrait l’amener à perdre toute son harmonie ». Il était joué, la plupart du temps, par des hommes et interdit, pour des raisons mystiques, aux femmes, précise l’artiste. La kora est pourtant souvent baptisée d’appellations féminines, fait remarquer Ablaye Cissoko. Avec des jeunes filles comme pensionnaires, il a émis le souhait, aujourd’hui, que l’instrument puisse être joué partout dans le monde. Son compère et ami de scène de cette année, le batteur Simon Goubert qui en est à sa 5ème participation au Festival de Jazz, trouve en l’école « une très belle découverte ». Rappelant la motivation première et le bonheur des artistes de tous horizons : « jouer et chanter ».

« La visite est très émouvante. Il s’agit pour nous, au-delà de notre engagement aux côtés d’Ablaye Cissoko et de l’art, d’œuvrer à la transmission de la culture par la kora qui n’a nullement perdu de sa superbe. C’est heureux d’ailleurs qu’il existe des personnes comme Abdoulaye qui perpétuent la tradition », a souligné le directeur général de la Bicis, Patrick Pitton. Même son de cloche chez Mathilde Favre de Bnp Paribas qui s’est réjouie des « moments de partage et de témoignages sur l’histoire ». Tout en saluant cette « chose merveilleuse qu’est cette volonté de partager cet enracinement ».

Ibrahima K. NDIAYE

SAINT-LOUIS JAZZ EN QUESTION : UNE FONDATION POUR GAGNER LE PARI DU PROFESSIONNALISME
L’Association Saint-Louis Jazz, le temps d’une rencontre avec la presse, se retrouve tous les ans en quelque sorte au banc des accusés pour répondre à des manquements, couacs notés à chaque édition. Celle de cette année n’a pas échappé à la règle. Les critiques et remarques des journalistes, aussi acerbes soient-elles, sont juste à inscrire dans la volonté de rendre le Festival plus performant. La conférence de presse, organisée par le sponsor leader du Festival qu’est la Bicis –avec à ses côtés la Fondation Bnp Paribas, se veut ce cadre d’expression permettant la critique, l’autocritique et la déclinaison d’ambitions et de projets.

Aussi, au nombre des impairs de cette année, il a été noté des disparitions d’artistes qui ont rejailli sur la programmation. Le groupe de Didier Lockwood, décédé le 18 février dernier, n’a pas pu se produire comme prévu. Toute comme celle d’Habib Faye qui a entraîné l’annulation de la prestation d’Assane Thiam et ses 50 tamas. Rhoda Scott n’a pu également se produire, malgré le paiement d’une consistante avance à l’artiste et des efforts notoires pour rendre ce spectacle possible. Fait d’un instrument introuvable sous nos cieux, l’artiste n’a pas été au rendez-vous de cette année à laquelle elle était fortement attendue.

L’incontournable question de la mutation de l’Association Saint-Louis Jazz en une Fondation est donc naturellement revenue pour minorer les couacs. Avec des avantages comparatifs certains, surtout financiers, l’idée de Fondation est envisagée et même acceptée même s’il faut la laisser prendre forme d’elle-même. Pour le président de l’Association Saint-Louis Jazz, Me Ibrahima Diop, « une Fondation, c’est extrêmement compliqué », avertit-il comme pour prévenir des différentes étapes par lesquelles son équipe aura à passer pour y parvenir. Penchant en faveur d’une telle mutation, Ibrahima Touré dit Ito, dont le cabinet fiduciaire accompagne le festival depuis quelques années, a mis le doigt sur certains avantages. « En terme fiscal et autres avantages financiers, la Fondation est plus intéressante. Les contributions pourront être obtenues plus facilement car les entreprises seront plus enclines à participer car elles vont en tirer des avantages non seulement en termes de visibilité, mais aussi de dégrèvement fiscal ».

Présentes depuis bientôt une dizaine d’années aux côtés de Saint-Louis Jazz, la Bicis et la Fondation Bnp Paribas se contentent, ces dernières années, de mettre à la disposition de l’association une forte contribution financière, la laissant développer à coudées franches sa programmation artistique. Tout naturellement, le sponsor leader voudrait voir, comme nombre de mélomanes, le Festival se professionnaliser davantage, mais laisse à l’association le soin d’apprécier la meilleure façon pour s’y prendre.

Ibrahima Khaliloullah NDIAYE

Dakar va accueillir, dans le courant du mois de novembre prochain, un forum international francophone. Selon le ministre sénégalais de l’Intégration africaine, du Nepad et de la Francophonie, cette rencontre innovante se veut une plateforme de réflexion et de propositions-perspectives sur les grands enjeux interpellant l’espace. Mbagnick Ndiaye rencontrait, mardi, les membres du Groupe des amis de la Francophonie (Gaf), autour d’un dîner de travail.

Le Sénégal dont le premier président (Léopold Sédar Senghor) fait partie des pères fondateurs de la Francophonie a joué et continue de jouer un rôle fondamental dans la dynamique francophone.

Ce rôle traditionnel et pionnier nourri par l’humanisme du poète-président a permis à notre pays de peser tout son poids, au fil des décennies, dans les grandes décisions et politiques de l’institution. Près d’un demi-siècle après la mise en place de cette institution, le Sénégal poursuit son ancrage dans cette organisation que Senghor définissait comme un « humanisme intégral qui se tisse autour de la terre. Cette symbiose des énergies dormantes de tous les continents, de toutes les races, qui se réveillent à la chaleur complémentaire ». C’est d’ailleurs, tout le sens de la tenue d’un forum francophone, à l’initiative du ministère de l’Intégration africaine, du Népad et de la Francophonie, dans le courant du mois de novembre prochain à Dakar. Cet événement, relevant de l’innovation, est une manière, d’après le ministre Mbagnick Ndiaye, de renforcer la vocation francophone du Sénégal. Ce forum, que les autorités comptent pérenniser, va réunir des décideurs institutionnels, des représentants du milieu économique, des associations et réseaux, des intellectuels et chercheurs. Il se veut une plateforme de réflexion et propositions-perspectives sur les grands enjeux interpellant l’espace francophone.

« Le forum est un projet inédit qui se pense et se construit, pas à pas, jour après jour ; toutes les bonnes idées et contributions sont les bienvenues », a dit Mbagnick Ndiaye. Parlant de la diversité, qui est l’une des richesses de la Francophonie, il a indiqué que « la diversité et la différence sont, en réalité, les vraies richesses de l’humanité, si on sait les appréhender et les consacrer comme des valeurs ».

Par ailleurs, le ministre qui s’exprimait lors d’un dîner de travail avec les membres du Groupe des amis de la Francophonie (Gaf), a rappelé l’organisation du 17e Sommet de la Francophonie à Erevan, en octobre 2018. Lequel, a-t-il poursuivi, « sera le cadre de décisions prises à un très haut niveau, et liées aux grands enjeux de notre espace comme le rôle et la place des femmes dans le développement économique et social, la prise en compte de la formation, de l’emploi et de l’épanouissement social des jeunes, les questions de paix et de sécurité ». Mais également, les nouvelles dynamiques induites par l’essor du numérique.

Ibrahima BA

La grande majorité des plus vieux baobabs d'Afrique se meurent depuis une dizaine d'années, alertent lundi des chercheurs qui évoquent le dérèglement climatique comme possible cause de cette disparition « d'une ampleur sans précédent ».

« Il est choquant et spectaculaire d'assister, au cours de notre vie, à la disparition de tant d'arbres d'âges millénaires », explique à l'Afp Adrian Patrut de l'université Babeș-Bolyai en Roumanie, coauteur de l'étude parue dans la revue Nature Plants. « Au cours de la seconde moitié du XIXe siècle, les grands baobabs d'Afrique australe ont commencé à mourir, mais depuis 10/15 ans, leur disparition a rapidement augmenté à cause des températures très élevées et de la sécheresse », poursuit le chercheur. Agés de 1.100 à 2.500 ans et tutoyant le ciel, les baobabs et leur tronc massif couronné de branches aux allures de racines, sont une des silhouettes les plus emblématiques des savanes arides, repérables à des kilomètres à la ronde. Mais, au cours des 12 dernières années, neuf des treize plus vieux baobabs sont partiellement ou totalement morts, selon l'étude. Parmi les victimes, trois monstres symboliques : Panke, originaire du Zimbabwe, le plus vieux baobab avec 2.450 ans au compteur, l'arbre de Platland d'Afrique du Sud, l'un des plus gros du monde, avec un tronc de plus de 10 mètres de diamètre et le célèbre baobab Chapman du Botswana, sur lequel Livingstone grava ses initiales, classé monument national. Les chercheurs ont découvert cette situation « d'une ampleur sans précédent » presque par hasard : ils étudiaient ces arbres pour percer le secret de leurs incroyables mensurations. Pour cela, entre 2005 et 2017, Adrian Patrut et ses collègues ont étudié tous les plus grands (et donc généralement les plus vieux) baobabs d'Afrique, plus de 60 en tout. « Les baobabs produisent périodiquement de nouveaux troncs, comme d'autres espèces produisent des branches », selon l'étude. Ces tiges ou troncs, souvent d'âges différents, fusionnent ensuite ensemble.

Quand un trop grand nombre de tiges meurent, l'arbre s'écroule. « Avant de commencer nos recherches, nous avions été informés de l'effondrement du baobab Grootboom en Namibie mais nous pensions que c'était un événement isolé », explique à l'Afp Adrian Patrut. « Ces décès n'ont pas été causés par une épidémie », affirment les auteurs qui suggèrent que le changement climatique pourrait affecter la capacité du baobab à survivre dans son habitat même si « d'autres recherches seront nécessaires pour soutenir ou réfuter cette hypothèse ».

AFP


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