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Arts et Culture (607)

Le rappeur sénégalais El Hadj Abass Sow, plus connu sous le nom de Abass Abass, a présenté, mercredi à  Dakar, en avant-première, son court métrage titré « Il était une fois l’homme du Sahel ». Ce documentaire de 10 mn, réalisé en mars 2016, relate avec sa voix off, les vécus de l’artiste. Cette cérémonie de projection a été également une occasion pour le fils de l’écrivain Aminata Sow Fall de parler de son dernier album, « L’homme du Sahel », dont la sortie est prévue en janvier prochain.

Rappeur sénégalais basé en France, Abass Abass a fait découvrir, mercredi dernier, au public sénégalais, son autre passion, celle de la vidéo et de la photographie. La projection de son court métrage, « Il était une fois l’homme du Sahel », réalisé en mars 2016, a séduit plus d’un fan, ainsi que des membres de sa famille venus nombreux découvrir cette nouvelle production de l’artiste. Frappé par un certain nombre d’obstacles, ces dernières années, Abass Abass raconte dans son film de 10 mn, ce combat « entre les doutes et la passion » dont il est ressorti plus fort.
« Dans le documentaire, je relate avec ma voix off, mon vécu », dit-il. A l’en croire, l’homme du Sahel, c’est Abass qui a découvert autre chose et qui a de quoi comparer pour, aujourd’hui, proposer quelque chose. « Dans le court métrage, « Il était une fois l’homme du Sahel », j’ai commencé à parler des valeurs (dignité, « diom », « foulla ») qui m’ont permis de ne jamais avoir peur et surtout de rester durant tout mon séjour en France sur la même ligne de conduite », argue-t-il. Pour Abass Abass, la richesse de ce monde est le carrefour des cultures qui se complètent et qu’il faut donc prôner l’ouverture et non pas le déracinement. « L’être humain est comme un arbre. Il faut qu’il ait ses racines bien profondes et qu’ensuite, il s’ouvre vers autre chose. Cette racine, c’est ça l’homme du Sahel et, aujourd’hui, je n’ai pas peur de critiquer des choses qui vont se passer aussi bien au Sénégal qu’à l’étranger », confie-t-il.

Le documentaire a été tourné en France et en Croatie et filmé sur plusieurs périodes. L’autre originalité de ce court métrage réside dans la musique lente qui la compose, accompagnée de pas de danses modernes et classiques. « Comme dans ce court métrage, la voix off a été posée de façon poétique, je voulais avoir quelqu’un qui dansait avec de la poésie. Ainsi, j’ai choisi un homme qui danse la danse traditionnelle moderne et une occidentale qui fait de la danse classique moderne. C’est cette croisée de cultures que j’ai voulu montrer sur ce court métrage », explique Abass Abass.

Ce film en forme de catharsis dessine les contours du nouvel album de Abass Abass « L’homme du Sahel » dont la sortie est prévue pour le mois de janvier prochain. Cet opus de 14 titres et de 7 interludes a été composé dans un nouveau style avec d’autres sonorités. « Cet album est une auto production. Je l’ai réalisé chez moi. Tout a été enregistré à la maison », dit-il. A l’en croire, quand il commencé à le réaliser, il s’est dit qu’il ne va pas faire du rap mais de la musique. C’est ainsi d’ailleurs que plusieurs sonorités et couleurs musicales se sont retrouvées dans l’album « L’homme du Sahel ». Dans les morceaux, les musicalités à découvrir sont de la soul, de la new soul, de la salsa, de la pop anglaise, entre autres. Lors de la présentation du court métrage, le rappeur a également gratifié en live le public de quelques titres de l’album, en attendant la grande sortie en 2017.

Maguette Guèye DIEDHIOU

Le « Septembre mandingue » est mal parti à Mbour, qui s’apprêtait à vivre des moments inédits avec la sortie du masque d’initiation « Kankourang », ce week-end. Un arrêté préfectoral d’interdiction de toute manifestation est venu refréner les ardeurs de toute une collectivité et aussi des populations habituées à cette belle fête de la circoncision qui rythme cette ville cosmopolite depuis plus d’un siècle maintenant.

Sauf miracle, Mbour ne verra pas cette année défiler son fameux Kankourang. Classé au patrimoine culturel immatériel mondial par l’Unesco en 2005, le masque d’initiation des Mandingues de la Sénégambie qui joue un rôle essentiel dans le rétablissement de l’ordre social a subi un sacré coup de massue. Il a été interdit de sortie jusqu’à nouvel ordre par un arrêté préfectoral. Depuis vendredi, « le Kankourang et toutes autres activités et manifestations afférentes sont interdites sur la voie publique, tous les lieux et espaces publics du département pour menaces sérieuses de troubles à l’ordre public ».

Cette décision a plongé Mbour dans un silence, et les populations qui s’attendaient à une très belle communion sont partagées dans une profonde désolation et une frustration sans nom. Mbour ne vibrera donc pas au rythme du « Sowrouba », du « Kutiiroo », du « Junkurado » et du « Sabaroo », mais aussi du « Diambadong », danse sacrée qui accompagne les initiés à leur entrée et à leur sortie, et qui fait aussi danser le Kankourang.

Cette interdiction était prévisible. Depuis l’année dernière, El Hadji Cissé, considéré comme un « dissident », avait, contre toute attente, sorti son Kankourang et des voix s’étaient élevées. Et lors du Cdd organisé en prélude à cette manifestation, le préfet Saër Ndao avait appelé les différentes parties à beaucoup plus d’engagement, au dialogue, à la tolérance et à la compréhension. Malheureusement, la situation ne s’est pas décantée, chacun voulant organiser sa propre manifestation. 

Pour la Collectivité mandingue, il est hors de question d’organiser le Kankourang en même temps que M. Cissé.
L’espoir était permis, mais hier dimanche, point de Kankourang dans les différents « leuls », ni dans les artères de la ville. La Collectivité mandingue est montée au créneau pour dénoncer cette décision.  « La Communauté mandingue de Mbour, pour la première fois dans l’histoire, s’est vu refuser l’autorisation de sortie du Kankourang ; ce qui est inédit », s’est désolé Cheikhou Dabo qui faisait face à la presse.

Patrimoine mondial
« Nous n’avons pas compris qu’une majorité comme la Collectivité mandingue, forte de plus de 500.000 personnes, soit sanctionnée pour le plaisir d’un seul individu qui s’est constitué en dissident », a regretté le secrétaire général de la collectivité. M. Dabo trouve paradoxal qu’on donne raison à un individu face à une majorité.

« Le fait de ne pas organiser le Kankourang cette année ne nous gêne pas, mais ça aura des conséquences sociales, économiques et politiques ». De tout temps, la sortie du Kankourang, en plus de drainer une foule monstre, a un impact incommensurable sur la ville de Mbour. Et pour M. Dabo, « commerçants, boulangers, chauffeurs de taxi sont frustrés par cette interdiction de sortie du Kankourang ». Selon M. Dabo « proclamer la mort d’une activité consacrée par l’Unesco comme patrimoine mondial est vraiment regrettable ».

Il a invité les autorités à se conformer à la décision de l’Unesco, mais aussi à conforter dans ses droits la Collectivité mandingue qui, à travers le rituel du Kankourang qu’elle perpétue depuis plus d’un siècle maintenant, a réussi à conserver une grande partie de son identité.

S. O. FALL

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Mbour : Le préfet s’explique sur sa décision d’interdire la sortie du kankourang

 

Médina est réputé être un nid de talents, à Dakar. L’ébullition culturelle de ce quartier a impacté sur l’enfance de Bynta Louva. Infographe de formation, la chanteuse a rejoint le train musical après divers métiers. Elle vient de lancer son second single, présenté jeudi dernier.

Bynta Louva née Mame Binta Louvat à l’état civil apporte de la fraîcheur dans le paysage musical. Face à la presse jeudi, au Just 4U, elle s’est présentée en tenue africaine orangée, couleur qui symbolise l’énergie. Elle a lancé avec peps son nouvel opus « Aïya », bien entourée par son manager et un staff de qualité. Bynta, issue d’un métissage sénégalais et franco-capverdien, est une fille à sa grand-mère. Issu de milieu modeste, la jeune fille a expérimenté plusieurs métiers avant d’embarquer sur le bateau musical. La Médinoise se veut une femme battante qui cherche à se frayer un chemin dans le milieu artistique.

Amour, excision, soubassements de la vie sont des thèmes de prédilection qui témoignent de son engagement et de sa sensibilité aux faits sociaux. La chanteuse de rajouter « qu’elle est du côté du peuple et non des nantis, elle chante pour que chacun s’y retrouve ». Choriste de Biba Alif et de Dread Maxim Amar, Bynta a eu la chance de partager la scène avec le mythique Xalam II, donc musicalement formatée depuis belle lurette. Iba Gaye Massar, musicien, témoigne que « Bynta est très talentueuse et sait s’adapter à multiples genres … en plus d’être une vrai battante et exhorte à ne pas se fier à « ses airs de poupée ».

Bynta entend laisser ses marques dans le champ musical. Ce single « Aïya » est un des maillons qui fortifient la chaîne de son album en perspective après « Djito Djit ». Sa voix et son style diversifié, à savoir le reggae, l’afro pop, l’acoustique et le mbalax font sa particularité et sa force. En plus de l’accompagnement de chevronnés instrumentistes tels que Laye Diagne, bassiste, Wagane Faye, Khadim Mbaye, Demba Kanté et Moussa Traoré.

D’après l’adage, un cœur qui soupire est un cœur malheureux, donc « Aïya » et les interminables « Aay ya ouyyy » pour insister sur la douleur tout au long de la chanson n’en diront pas le contraire. Cette marque de souffrance, de désespoir, en somme est un véritable pouf de peines, ce sentiment de vide se sent.
« Aïya » conte les espoirs et désillusions d’une histoire d’amour qui n’a pas connu une fin heureuse. En phase avec les maux de la jeunesse dont l’amour est, à la fois, une source de bonheur mais aussi de chavirement de cœur…

Yaye Awa Ly Ngoné SARR (stagiaire)

« Kemtiyu - Séex Anta » du réalisateur sénégalais Ousmane William Mbaye a été sélectionné à la 40ème édition du Festival des films du monde de Montréal, au Canada (25 août - 5 septembre). En compétition dans la catégorie Documentaires du monde, « Kemtiyu - Séex Anta » sera projeté ce mercredi 31 août, le samedi 3 septembre et le dimanche 4 septembre.

Ce film de 94 minutes d’Ousmane William Mbaye sur le Pr Cheikh Anta Diop résume les pans importants de la vie du chercheur qui défendait l’idée selon laquelle la civilisation égyptienne est noire.  C’est  le combat d'un homme qui passera toute son existence en quête de vérité et de justice, afin de redonner à l'Afrique une conscience historique et une dignité.

« Beyond Timbuktu : The intellectuel history of muslim west Africa » (Au-delà de Tombouctou : l’histoire intellectuelle de l’Afrique de l’Ouest musulmane) est le nouvel ouvrage du Pr Ousmane Kane de l’Université de Harvard aux Etats-Unis. Ce livre rejette l’ordre épistémologique occidental dominant en Afrique de l’Ouest et revient sur l’histoire intellectuelle musulmane de cette région du continent.

La destruction des mausolées de Tombouctou en 2013, lors de l’occupation djihadiste, avait suscité un tollé que même le pardon formulé en début de semaine par l’ex-djihadiste, Ahmad-Al Mahdi devant la Cpi, n’aura pas suffi pour calmer les ardeurs. Toutefois, ce que très peu de gens savent et qu’Ousmane Kane, professeur à l’Université de Harvard, aux Etats-Unis, développe dans son dernier ouvrage, c’est que la « ville aux 333 saints » n’était qu’un centre d’érudition précolonial parmi tant d’autres en Afrique de l’Ouest.

« Beyond Timbuktu : The intellectuel history of muslim west Africa » (Au-delà de Tombouctou : l’histoire intellectuelle de l’Afrique de l’Ouest musulmane) présenté, jeudi dernier, au Conseil pour le développement de la recherche en sciences sociales en Afrique (Codesria), cherche à corriger cette perception dominante de l’Afrique. L’auteur veut également rompre avec la perception de l’Afrique comme continent de l’oralité, en mettant l’accent sur la contribution des lettrés musulmans à la production et la transmission du savoir ainsi qu’à la transformation sociétale et la construction étatique. Ce faisant, il réfute « l’idée d’un ordre épistémologique occidental dominant en Afrique de l’Ouest ». Selon lui, aucune étude de l’histoire de l’éducation ou de la production du savoir en Afrique de l’Ouest ne saurait être complète s’il ne tient pas compte de cette tradition intellectuelle.

D’après Pr Kane, au cours du second millénaire, la diffusion de la langue arabe a transformé profondément les sociétés africaines à tel point que certains peuples islamisés du Sahara et du Sahel ont renoncé à leur identité linguistique, culturelle et ethnique pour revendiquer une arabité exclusive. Au même moment, note-t-il, « d’autres ont maintenu leurs langues africaines, tout en utilisant le caractère arabe pour les transcrire, pour composer des textes, y compris des chroniques. »

Hégémonie occidentale
Dans cet ouvrage, M. Kane montre comment la langue arabe a été un véhicule aussi important de transmission du savoir au sein des peuples musulmans d’Afrique que le latin l’a été parmi les peuples de l’Europe. « L’essentiel des écrits arabes produits entre le 8ème et le 15ème siècle, soit la période de formation de la civilisation islamique, est l’œuvre de non Arabes. Au fur et à mesure que les conversions à l’Islam continuaient dans les siècles suivants, l’arabe devient une langue d’instruction pour beaucoup d’autres peuples, y compris en Afrique de l’Ouest. La langue arabe et le caractère arabe utilisé pour transcrire les langues africaines étaient les principaux véhicules de transmission du savoir au sein des communautés musulmanes jusqu’à l’émergence de l’hégémonie occidentale », fait-il savoir.

Ainsi, au-delà de l’aspect historique de la constitution d’une civilisation islamique en Afrique de l’Ouest, « Beyond Timbuktu… » renseigne que très peu d’intellectuels europhones sont au fait de l’impact, la profondeur, la vitalité et la capacité d’adaptation de cette tradition intellectuelle. Et l’histoire de l’érudition n’a pas commencé avec la colonisation occidentale. « Une analyse de la bibliothèque ou de l’histoire intellectuelle africaine sera forcément incomplète si elle ne prend pas en compte les débats intellectuels vigoureux qui ont lieu pendant la période allant de la création de Sankoré et celle de Fourah Bay College. L’ordre épistémologique dominant ne pouvait être occidental pour la simple raison que l’Occident ou la civilisation moderne était sinon existante, du moins embryonnaire », écrit Pr Kane.

A ses yeux, l’éducation islamique en Afrique de l’Ouest commence avec l’islamisation de cette région qui débute dès le premier millénaire. Ce livre démontre également la façon dont les conceptions européennes étaient encore très influentes au moment de l’accession à l’indépendance des pays de l’Afrique occidentale. C’est ainsi que beaucoup de musulmans scolarisés ont été formés suivant la pédagogie occidentale.

Pour l’historien et professeur Boubacar Barry, ce livre est une encyclopédie sur l’histoire intellectuelle de l’Afrique depuis les origines. Il rapporte des événements auxquels les musulmans ont été confrontés et montre que l’intelligentsia de l’Afrique de l’Ouest a été partie prenante de la Umma. A l’en croire, l’auteur montre, à travers le maillage de l’histoire intellectuelle, les fondements à la fois humains… donnant lieu à un espace ouvert dans lequel il n’y a pas de frontière. Toutefois, il reproche à l’auteur de n’avoir pas mis un accent sur l’importance des langues africaines en tant que véhicule du système éducatif.

Ibrahima BA

Le « Septembre mandingue » reprend ses droits ce samedi, à Mbour. La ville va renouer avec la fête du Kankourang et l’effervescence des grands jours. Comme chaque année, depuis plus d’un siècle maintenant, ce rituel associé à l’initiation va permettre à des centaines de jeunes de recevoir des anciens certaines valeurs et d’acquérir les comportements d’un homme mûr prêt à affronter la vie adulte.

Le « Septembre mandingue » est pour les Mbourois ce que le Carnaval de Rio est pour les Brésiliens. Sauf que dans la capitale de la Petite Côte, le rituel du Kankourang est sacré et joue un rôle essentiel dans le rétablissement de l’ordre social chez les Mandingues. Ce qui lui a d’ailleurs valu un classement au patrimoine culturel immatériel mondial par l’Unesco en 2005.
Cet événement tant attendu constitue un grand moment de fête, de retrouvailles, de communion. L’édition 2016 démarre ce samedi 28 août et se prolongera jusqu’au dimanche 2 octobre. Pendant un mois, les jeunes circoncis vont hiverner dans les sites du Woyinka, de Thiocé Est et Ouest, de Diamaguène, de Santessou et Mboulème où ils seront encadrés, formés et éduqués à leur future vie d’adulte.

De tout temps, le « Septembre mandingue » a constitué une véritable période d’effervescence populaire. La fièvre gagne presque tous les quartiers. Que ce soit Thiocé Est, Thiocé Ouest, Santassou, « 11 Novembre », Diamaguène ou encore Grand Mbour.

Cet engouement est toujours réel, palpable et se mesure par l’effervescence que connaît la ville à chaque période du Kankourang, selon El Hadji Mamadou Diaboula, vice-président et porte-parole de la Collectivité mandingue. Pour lui, le Kankourang est devenu une propriété de Mbour. « C’est ce qui fait que dans l’agenda culturel des activités de la commune, le mois de septembre est toujours marqué « Mois du Kankourang », et quand Mbour n’a pas cette fête du Kankourang, ça dévalue Mbour. C’est comme s’il y avait quelque chose qui manquait », explique-t-il. La sortie du Kankourang les dimanches est le moment le plus attendu, celui où la fête prend tout son sens. C’est la liesse très attendue par tous les habitants. Des milliers de personnes viennent de partout pour assister à cette belle fête qui a traversé les siècles. Cette effervescence rend encore plus dynamique la vie économique et sociale.

 Selon M. Diaboula, la tradition sera encore perpétuée cette année.  Les festivités démarrent ce samedi par le « Diambadong » ou danse des feuilles pour chauffer l’ambiance. « Cette manifestation marque le démarrage des circoncisions mandingues. Nous allons ensuite faire la prière, puis une procession. Et les dimanches seront marqués par la sortie du Kankourang pour protéger la ville et les circoncis qui sont répartis dans les six « leuls », indique M. Diaboula.

Identité mandingue
À travers le rituel du  Kankourang qu’elle perpétue depuis plus d’un siècle maintenant, la communauté mandingue a réussi à conserver une grande partie de son identité. Malgré les nombreuses mutations, la tradition est jalousement conservée par les anciens qui ont su garder intacts l’esprit et la lettre du Kankourang. « C’est notre identité, l’identité mandingue. Le Kankourang  a existé pendant plus d’un siècle. Il constitue un legs pour nous et nous devons le préserver. C’est ce que nous sommes en train de faire tant bien que mal malgré les gens qui essaient de nous décourager, de nous agresser ».

Selon lui, la disparition du Kankourang signerait la fin de l’identité mandingue. M. Diaboula a invité les populations à tout faire pour gérer le Kankourang, le protéger et le conserver dans le calme, la paix sans violence, sans provocation, sans agression. Il a invité les selbés, ceux qui suivent le Kankourang, à un comportement responsable, à ne pas agresser les gens ni frapper les fenêtres des maisons, ne pas faire de tapage. « Aux autres, je demande de ne pas provoquer les selbés, de suivre le Kankourang, de voir, de participer à la normalisation humaine du Kankourang, qu’il n’y ait pas de violence humaine ni de comportements regrettables. Pour le porte-parole de la Collectivité mandingue, chacun doit jouer sa partition pour que le mois de septembre soit le reflet de ceux antérieurs.

Le préfet Saër Ndao a plaidé pour le respect de l’ordre public et la tranquillité des personnes. Et a invité les différents membres de la Collectivité mandingue à cultiver la paix et l’unité pour une parfaite réussite de cette activité.

Pour le commissaire de police Mamadou Tendeng, « Nous devons tous œuvrer pour que cet événement séculaire ne soit plus un facteur de trouble à l’ordre public. Il faut que chacun comprenne qu’il est responsable de ses actes devant la loi ».

Pendant un mois, Mbour vibrera alors au rythme du « Sowrouba », du « Kutiiroo », du « Junkurado » et du « Sabaroo », mais aussi du « Diambadong », danse sacrée qui accompagne les initiés à leur entrée et à leur sortie, et qui fait aussi danser le Kankourang.

Cette année aussi, les femmes seront de la partie avec le « Niaka » qui est une procession sous forme de carnaval ponctué d’une grande manifestation nocturne. Elles danseront le « Jambo-Jambo » et chanteront pour les jeunes filles qui recevront ainsi des messages éducatifs.

Samba Oumar FALL

La première cohorte d’étudiants en Formation-insertion polyvalente en batik, céramique et tapisserie expose, ce samedi, dans l’enceinte des Manufactures sénégalaises des arts décoratifs (Msad), les œuvres d’une première année d’apprentissage dans ces métiers.

Ces métiers du batik et de la céramique vont constituer, selon le directeur général des Manufactures sénégalaises des arts décoratifs, Aloyse Ndam Diouf, les futurs nouveaux produits des Msad à la fin de la formation. Une initiative lancée, il y a un an déjà, en partenariat avec la Fondation Sonatel dans le cadre d’une formation-insertion polyvalente sur les métiers d’arts (batik-céramique-tapisserie) pour une durée de deux ans. Ainsi, après une première année d’apprentissage, les Msad ont choisi d’organiser une exposition des produits de ces apprenants (15 jeunes) sur les différents métiers et qui ont été choisis par un jury composé de professionnels du monde des Arts, à la suite d’un appel à candidatures pour suivre cette formation.

Comme l’a indiqué M. Diouf, ladite exposition a non seulement pour but de montrer au grand public les futurs nouveaux produits des Msad, mais aussi c’est surtout pour permettre aux parents d’élèves de s’enquérir des performances dont leurs enfants font montre au courant de cette année au niveau du centre de formation de l’établissement. Le batik et la céramique étant de nouveaux métiers pour cette présente formation-insertion axée sur la diversification des produits.

Mohamadou SAGNE

La Commission de protection des données personnelles (Cdp) a noué, jeudi, une convention de partenariat de deux ans avec l’Ecole supérieure multinationale des télécommunications, pour le renforcement de capacités des étudiants et des formateurs de l’Esmt. Mais également, la mise en place des programmes de recherche et de développement dans le cadre de la protection des données personnelles et un appui en termes d’expertise, d’assistance, de formation et de conseil dans des domaines spécifiques. Dans un communiqué de presse, la présidente de la Cdp, Awa Ndiaye, s’est félicitée de ce partenariat avec une école aussi prestigieuse. Pour elle, « il est primordial de former nos jeunes aux métiers et normes des Tic tout en  mettant en exergue les obligations liées aux traitements des données personnelles y afférents. Les apprenants ne doivent pas rater le train de l’économie numérique, ils doivent en tirer profit, pour leur pays respectif ; en toute responsabilité  et conscients des obligations légales de sécurisation des données qu’ils traitent ». Aussi, a-t-elle exhorté les deux parties, à faire de ce partenariat un véritable succès.

Pour sa part, le directeur général de l’Esmt, Mouhamadou Saïbou, a dit toutes ses attentes par rapport au partenariat noué avec la Cdp, et rappelé l’importance de la sécurisation des données personnelles dans l’écosystème des Tic, au niveau national et africain.

« Autant le numérique produit de la valeur ajoutée, autant il comporte également des risques et des aspects négatifs, et dans ce cadre, la Cdp a un rôle important à jouer », a ajouté M. Saïbou.

Le directeur général de l’Esmt s’est fortement engagé à accompagner la Cdp dans ses missions et à offrir, par ce biais, aux étudiants africains de son institution une formation de haut niveau  sur les obligations légales et réglementaires afférentes à la collecte et au traitement des données à caractère personnel. Il a enfin plaidé pour un partenariat dynamique et émis le vœu de mettre en œuvre, avant la fin de l’année,  des actions communes.

Maguette Guèye DIEDHIOU

Meilleur élève du Sénégal au Concours général de 2010 et actuellement Doctorant en Statistiques à l’université Laval du Québec, Mamadou Yauck a remporté le Prix de la meilleure présentation de recherche étudiant lors du Congrès de la Société statistique du Canada de cette année. Portrait.

On l’avait perdu de vue en 2009 au sortir des compétitions du championnat national de scrabble. Chétif, un tantinet timide mais avec ce sourire magnétique qui ne le quitte jamais, il venait de remporter le titre de champion dans la catégorie Junior. Sept ans plus tard, on redécouvre Mamadou Yauck transformé physiquement. Gros gaillard, épaules larges, barbe fournie. Mais le sourire est resté le même, la frimousse aussi où perle une certaine assurance. C’est qu’entre 2009 et 2016, ce natif de Guédiawaye a fait du chemin, rencontré des gens influents, voyagé, fréquenté des écoles de renom et s’est frotté aux meilleurs élèves et étudiants durant son parcours. Il en a pris de la bouteille et s’est fait une nouvelle étoffe. Une renommée naissante aussi, à la faveur du prix de la Meilleure présentation de recherche étudiant qu’il a remporté le 1er juin dernier lors du congrès de la Société statistique du Canada.

Ce jour-là, le natif de Guédiawaye a épaté le jury composé d’éminents enseignants et chercheurs en prenant l’avantage sur ses concurrents (près d’une centaine venus de différentes universités nord-américaines) grâce à son bagout, à sa maîtrise de la langue de Shakespeare et surtout à la pertinence de son sujet de recherche portant sur les modèles de capture/recapture. Il s’agit d’une technique permettant d’estimer les populations animales difficiles à rejoindre entre deux périodes, d’évaluer leur taux de survie et différents autres paramètres démographiques. Une sacrée performance pour ce jeune homme de 25 ans arrivé au Canada il y a seulement deux ans. « J’ai rejoint le Canada, un pays où je ne connaissais personne, en 2014, dans la plus grande incertitude. Et j’ai atterri à l’université Laval, dans le prestigieux département de Statistiques où je côtoie des étudiants de différentes nationalités. Me distinguer parmi mes camarades français, canadiens, chinois, c’est une grande fierté », confie-t-il.

Meilleur élève du Sénégal en 2010
Malgré cette consécration, le jeune homme reste humble et ancre ses pieds sur terre. Quand on vient de la banlieue et qui plus est d’un milieu modeste, on ne se laisse pas aller dans des fanfaronnades. Cette maxime, Mamadou Yauck l’a érigée en viatique. « Être originaire de la banlieue est, pour moi, source de motivation. J’ai transformé les différents stéréotypes collés à ce milieu en stimulant. Je sais que je dois fournir plus d’efforts pour me frayer un chemin et exceller dans ce que je fais », dit-il.

Tous ceux qui connaissent Mamadou Yauck ou ont eu à le côtoyer un moment sont peu surpris de sa performance. C’est que, très jeune, il a développé une intelligence précoce et un esprit de compétition. Brillant à l’école, il intègre, à l’âge de douze ans, le Club Education aux droits de l’enfant (Eden) de Guédiawaye. Il se distingue très vite pas son engagement et par son dynamisme.

Ce militantisme lui ouvre les portes du Parlement national des enfants du Sénégal. Il est élu président de la région de Dakar et vice-président au niveau national. Reconnu pour son leadership et sa capacité de communication, il représente les enfants de l’Afrique de l’Ouest et du Centre à l’Assemblée générale des Nations unies sur les Violences faites aux enfants. En 2009, il prend part au Sommet mondial sur l’exploitation sexuelle des enfants. Durant le sommet, ses pairs venus de tous les continents le choisissent pour prononcer leur discours devant l’ancien président Lula Da Silva. Un leader est né. « Mon engagement dans le mouvement associatif m’a permis d’aller vers d’autres horizons, de m’ouvrir au monde et puis de développer mon leadership communautaire. Aujourd’hui, j’ai un projet de parrainage des enfants dans les familles démunies à Guédiawaye. L’idée, c’est de les aider à compléter leur scolarité en leur accordant fournitures et assistance scolaire », explique-t-il. Toujours dans ce même esprit d’entreprenariat, Mamadou Yauck a déjà mis en place le projet Sencompost qui s’intéresse à la récupération de déchets ménagers organiques. Ledit projet a d’ailleurs été sélectionné dans le cadre du programme sénégalais pour l’entreprenariat des jeunes du Pse.

Champion de scrabble
En 2010, Mamadou Yauck décroche au haut la main son baccalauréat série S1 au lycée Seydina Limamou Laye. Dans la foulée, il obtient deux distinctions au Concours général en Histoire et en Philosophie au nez et à la barbe des littéraires. Cerise sur le gâteau, Yauck est consacré meilleur élève du Sénégal. Hélas, sa joie va très vite céder à la déception. Des promesses de bourses au Canada qu’on lui avait faites, le jeune élève n’en verra aucune se concrétiser. Six ans après, la pilule est passée certes, mais Yauck a encore du mal à la digérer.

« Déjà à l’époque, je voulais aller au Canada. J’ai tapé à toutes les portes en vain. Finalement, on m’a dit que les bourses d’exemption ont toutes été attribuées. Cela m’a fait mal », se souvient, amer, le jeune Doctorant en Statistique. Heureusement pour lui, il avait déjà réussi aux concours de l’Ecole nationale de la statistique et de l’analyse économique (Ensae) et de l’Ecole militaire de santé (Ems). Il choisit d’intégrer la première école d’où il sort en 2014 avec un diplôme d’ingénieur-statisticien en étant major de sa promotion. Ironie de l’histoire, il obtient une bourse pour le Canada. Comme quoi, les voies du Seigneur sont impénétrables.

A l’université de Laval du Québec, le jeune surdoué, venu faire un Master 2, ne tarde pas à se faire remarquer, au bout d’une session de quatre semaines seulement, par ses bons résultats et son niveau largement au-dessus de la moyenne. Le directeur du programme lui propose de faire directement le Doctorat. Le prix qu’il vient de remporter est la preuve que ce choix fut la bonne. Une fois ses études terminées, ce redoutable joueur de scrabble (champion du Sénégal dans les catégories Cadets et Juniors entre 2006 et 2009, vice-champion du monde en 2008 et en 2009 en catégorie Juniors) compte rentrer au bercail et mettre ses compétences au service de son pays.

Elhadji Ibrahima THIAM

 

Festival Marocains rigolos à l’étranger : Un brassage artistique pour faire rire le Grand Théâtre
Le Festival Marocains Rigolos et à l’Etranger (Mre), s’est produit pour une première au Sénégal, mardi, sur la scène du Grand Théâtre de Dakar. Un spectacle humoristique qui a fait atteindre l’apogée de la joie le temps d’une soirée. Au-delà, selon ses organisateurs, l’événement renforce la coopération sénégalo-marocaine au plan artistique.

En famille, entre amis ou simplement seul, le Grand Théâtre est le lieu de rendez-vous, ce mardi soir. Un public diversifié de par l’âge, la nationalité, le style, etc. mais tous unis par cette sensation vitale : le rire, un langage universel. Vers les coups de 22h, le rideau se lève sur Dj Edouardo qui assure que « c’était le seul moment sérieux de la soirée ». La suite des événements lui a donné raison, c’était émotions et délires. Effet garanti par Oualas, Booder, Ahmed Boudrouz, Haroun, Oussama Benali, Lahcen Lupin, entre autres artistes humoristes, qui ont fait l’ambulant à dos de chameau « de Tanger à Dakar… ». Pour qu’on soit « ensemble » ce soir, avec l’humour comme maître-mot. 

C’est le comédien sénégalais Abdou Kader Diarra alias Kader Pichinini, toujours débordant d’imagination, qui allume le flambeau du spectacle et fait un briefing sur ses collègues de divers horizons (Bruxelles, Côte d’Ivoire, Paris…) mais tous d’origine marocaine. Il gratifie aussi le public de son répertoire riche d’histoires, d’anecdotes. Les spectateurs ne peuvent plus se contenir. L’effervescence dans le public est à son comble quand Oussama Benali débarque sur scène par des pas de danse à couper le souffle. 

De par des styles diversifiés, les humoristes tiennent en haleine tout le long du spectacle. Lahcen Lupin, ce « voleur du rire » a dévalisé sans retenu mais avec élégance les fous rires des spectateurs. L’artiste allie l’utile à l’agréable, appelle au retour des valeurs et à l’enracinement, avant l’ouverture. Un classique sur le naturalisme au détriment du camouflage, soit l’affirmation de son identité et surtout croire en soi. Il ne rate pas les filles qui se maquillent trop et/ou utilisent les applications maquilleuses.

Thérapeutes de l’âme
« A mon arrivée, voulant jouer au saï saï, j’aborde une fille qui me répond d’une manière à figer un cadavre. Je la recroise trois jours plus tard et c’est en ce moment que je me suis rendu compte que Dieu existait vraiment Alhamdou. Incroyable, elle passe de Shakira sur les photos à Balla Gaye dans la vrai vie », s’est confié Oussama Benali. Le public est plié en deux pendant que Benali garde son sérieux comme s’il n’était pas à l’origine de toute cette rigolade.

Le tout dans un jonglage linguistique. Un fait marquant, les humoristes passent tous du français, de l’arabe au wolof sur scène. Ce véritable métissage de la langue a amusé la galerie.
A l’annonce de Oualas, toute la salle est en effervescence. C’est l’ovation pour l’humoriste avec une entrée en vedette. Il explique son expérience personnelle. Il a pris un taxi en France, dès qu’il a entamé une conversation téléphonique avec sa dame « Allo chérie », le conducteur a baissé le volume avant de mettre ses bouches oreilles : la discrétion garantie. Dans la même posture, mais cette fois-ci en Côte d’Ivoire, « Allo chérie », le taximan baisse le volume. Entendez la suite : « Non seulement il m’écoute mais participe à la conversation ». La femme de l’humoriste ne rentre pas avant 23h, car elle avait des dossiers à classer et c’est là que l’autre, le taximan, lui lance un « Des dossiers à classer oui, elle est bien en train de classer un dossier comme toi », émettant un jugement sur la femme d’autrui. Quelle retenue...

Tous les humoristes, Jbara, musicien et guitariste, Ahmed Boudrous, Booder, Haroun… ont fait sensation, de surcroît avec un public que certains parmi eux découvrent pour la première fois. Ces thérapeutes de l’âme ont réussi la séance avec brio, les spectateurs, débarrassés du stress quotidien, se sont évadés le temps d’une soirée. Ils ont servi à volonté des anecdotes à partager et/ou à ruminer seul. Une pause musicale a été assurée par Fafadi en featuring avec Hamed Sultan, avec « Amoul solo », un morceau qui a eu son effet. La soirée se clôture avec le rituel rassemblement des protagonistes de l’événement (humoristes, staff, musiciens…) sur la scène.

En guise de bouquet final, ils brandissent les deux drapeaux marocain et sénégalais. La soirée prend fin sur une note festive, un pari gagnant, une belle histoire entre le Maroc et le Sénégal. Les ambulants du Mre peuvent être satisfaits, car leur conquête du public du Grand Théâtre de Dakar est indéniable.

Yaye Awa Ly Ngoné SARR
(stagiaire)

Le Sénégal est, depuis hier, le troisième Etat non européen à adhérer à la Convention pour la protection des données à l’égard du traitement automatisé des données à caractère personnel, également connue sous le nom de « Convention 108 », ainsi qu´à son protocole additionnel, ce qui porte à 50 le nombre total d’Etats parties au Traité. 

Selon un communiqué de la Direction de communication du Conseil de l’Europe, la Convention entrera en vigueur à l'égard du Sénégal le 1er décembre 2016.
Outre le Sénégal, les 47 Etats membres du Conseil de l'Europe, l'Uruguay et la République de Maurice sont déjà des Etats parties à la convention. Trois autres pays – le Cap Vert, le Maroc et la Tunisie - ont été invités à adhérer au traité. La « Convention 108 » est le seul traité international existant qui confère aux individus le droit à la protection de leurs données personnelles, l’objectif étant également de lutter contre les abus qui peuvent accompagner le traitement de ces données. Etant ouvert à la signature de tout État, c'est le seul outil juridiquement contraignant qui puisse être appliqué à l'échelle mondiale et offrir la certitude juridique et la prévisibilité nécessaires pour les transferts internationaux de données personnelles.

 Le traité est devenu un pilier de la législation concernant la protection des données à caractère personnel en Europe et au-delà. Ouvert à la signature en 1981, il a été rédigé de façon technologiquement neutre. Par conséquent, ses dispositions demeurent aujourd'hui pleinement valides, indépendamment des évolutions technologiques. Le texte est actuellement mis à jour en vue de garantir que les principes régissant la protection des données conservent toute leur validité pour de nouveaux outils et pratiques.

Le festival international « Handicap micro », tenu du 13 au 14 août à Dakar, a mis en évidence des talents et des savoir-faire et éveillé des émotions par le magique symbole qui lui est rattaché. Coordonné par l’artiste-chanteur et compositeur, Mangoné Sakho, par ailleurs président de l’Association culturelle des personnes en situation de handicap, « Saxal groupe », il a été l’occasion d’une parfaite communion entre différents publics qui ont très tôt investi la Maison de la culture Douta Seck.

La signification que revêt le concert du soir qui a tenu en haleine bien des âmes est beaucoup plus puissante qu’une simple jouissance collective où elles s’abandonnent aux douces sonorités distillées par le lead vocal du « Saxal groupe », Mangoné Sakho. Il a montré, en plus de son talent, que le handicap n’entrave point l’initiative pour qui sait laisser s’exprimer son génie. Des êtres que le sort aveugle n’a pas épargnés s’échinent à l’adoucir en escomptant davantage l’émerveillement des individus que leur compassion. Avant que le soleil ne décline, des artistes et artisans ont donné à voir leur savoir-faire grâce à une exposition de bonne facture. Sa particularité ne se trouve nulle part ailleurs que dans le simple fait qu’elle a été l’œuvre de sourds-muets, d’albinos, de malvoyants, d’impotents… et les espoirs qu’elle entretient pour une humanité de plus en plus impassible. 

C’est là, toute la pertinence de ce festival qui « œuvre pour une meilleure visibilité des artistes et artisans en situation de handicap en promouvant des échanges entre eux d’une part et avec le public d’autre part », confie Mangoné Sakho, coordonnateur du festival international « Handicap micro ».

Le soir, quand le public a fini de se délecter du talent des exposants, la scène a prolongé le plaisir par des prestations qui ont été bien applaudies. Le ballet « Handi rythme » a exploré toutes les possibilités du corps qui est au service des inspirations divines. La chorégraphie montre ici les formes de solidarité dont l’humanité pourrait s’inspirer. Chaque mouvement n’est que le prolongement des limites de l’autre. Plus qu’une danse, c’est une leçon de vie qu’ils ont partagée avec l’assistance. Elle est à l’image de celle « récitée » par l’artiste-chanteur Mangoné Sakho et le « Saxal groupe ».

Agréable moment de communion. Quelques personnes à mobilité réduite n’ont pu s’empêcher de montrer leur joie avec une douce étreinte, un billet de banque ou une exultation bien affectueuse à l’endroit de celui qui s’emploie à mettre en lumière leur génie et à présenter leurs doléances. La prestation en live de Mangoné Sakho a enflammé les corps, enterré les chagrins et atteint les cœurs par la puissance de sa voix et la magie de son verbe exaltant.

Alassane Aliou MBAYE

L’Institut français de Dakar propose un programme d’activités de formation pour la période des grandes vacances. Des ateliers de danses, contes illustrés et cirques sont offerts aux jeunes abonnés et autres. Ce programme est lancé depuis l’été dernier, particulièrement au mois d’août, période où les enfants sont libres et à la recherche d’activités.

A l’Institut français, il faut contourner l’immense fromager au centre pour rejoindre l’espace de la danse. Des va-et-vient habituels, mais peu de gens à cette heure de la matinée. Le cours de danse se tient juste à quelques mètres de l’entrée, à l’aile droite. Une dizaine d’élèves, majoritairement filles et d’âges différents, y sont regroupés en compagnie de l’équipe technique. Ils partagent tous une passion commune : la danse hip-hop. Multiples sont les moyens d’expressions, cependant celle artistique, particulièrement la danse urbaine, est à l’honneur.

Pierre Chevalier, chargé de mission culturelle à l’Institut français, revient sur ce choix. « Le travail qu’on fait à l’Institut et sur le terrain aussi montre que les cultures urbaines sont très développées ici au Sénégal : la danse, le rap, le graffiti. Beaucoup de choses se passent et intéressent les jeunes parce que c’est vraiment un moyen d’expression pour eux à travers le rap ou la danse. C’est pourquoi nous promouvons ces cultures urbaines dans les spectacles que nous produisons et nos ateliers au Sénégal », a indiqué M. Chevalier.

En effet, mettre à profit le temps des mômes pendant les vacances est judicieux. Leur donner la possibilité de laisser libre cours à leur imagination et expression. A pareil âge, l’enfant se cherche, tâte sa créativité, découvre son corps et ses talents. Il faut canaliser toutes ses énergies pour qu’elles soient productives. Et tout ceci requiert de l’organisation. Les mardis, c’est l’apprentissage de la danse hip-hop avec la compagnie de danse dakaroise « la Mer noir » et des ateliers de contes illustrés avec une conteuse du nom de Cathlyne Bachrach ; les mercredis et les jeudis sont réservés aux arts du cirque avec la compagnie « Sn cirque ». L’âge dépend plus ou moins des ateliers, entre 5 et 15 ans, mais ce cours de danse ne reçoit qu’à partir de 8 ans. La vocation de ces ateliers est qu’elle s’adresse à la jeunesse, au jeune public, particulièrement les débutants, renseigne le chargé de mission culturelle.

Et pour une bonne base, l’Institut français fait recours à des professionnels. La structure connaît bien ces compagnies qui proposent des activités car ce sont aussi des partenaires de l’Institut qui produisent des spectacles au cours de l’année.

Yaye Awa Ly Ngoné SARR
(stagiaire)

L'écrivain français d'origine russe Andreï Makine, élu à l'Académie française en mars dernier, sera reçu sous la célèbre Coupole le 15 décembre prochain. « Je serai reçu à l'Académie française le 15 décembre », a confié le romancier au cours d'un entretien avec l'Afp. Il sera accueilli par le romancier Dominique Fernandez qui, comme Andreï Makine, a été récompensé par le prix Goncourt. Né en 1957 à Krasnoïarsk, en Sibérie, Andreï Makine est arrivé en France, sans papiers, à l'âge de 30 ans.  

Bien que francophone et francophile, sa première demande pour obtenir la nationalité française, en 1991, lui est refusée. Il l'obtiendra finalement en 1996, un an après "Le testament français", un roman d'amour à la langue et à la littérature française, qui exceptionnellement obtiendra à la fois le prix Goncourt, le Goncourt des lycéens et le prix Médicis. Le romancier vient de publier au Seuil, « L'archipel d'une autre vie », à la fois récit d'aventures au cœur de la taïga sibérienne et formidable hymne à la liberté. (AFP)

A partir de la semaine prochaine, le musicien Obree Daman va représenter le Sénégal au concours « The Voice Afrique » qui se tiendra en Afrique du Sud. Pour l’heure, l’artiste a dit sa joie de participer à ce concours international, qui peut lui ouvrir beaucoup d’opportunités.

Depuis quelques années, la chaine généraliste française Tf1 fait passer en prime time, une émission dans laquelle divers jeunes talents performent, avant de se faire choisir par des coaches de renom. La déclinaison africaine de cette émission, qui fait courir beaucoup d’artistes en herbe, va avoir lieu en Afrique du Sud, et le Sénégal aura un artiste en compétition avec le talentueux Obree Daman qui a réussi avec brio au casting international. 

Seydina Oumar Guèye Samb dit Obree Daman sur scène a fait ses premières vocalises dès l'âge de quatre ans en compagnie de sa mère qui aimait reprendre des chansons sérères. De fil en aiguille, l’amour pour la musique va germer chez ce jeune, qui excelle dans les styles comme le Rnb. Néanmoins, Obree Daman s'essaie au jazz acoustique, au reggae, avec l’objectif d’élargir son répertoire et son horizon artistique.

Déjà, cette année, l’artiste a gagné dans la catégorie Chant, le concours intitulé Le nouveau son (Lns) qui s’est tenu entre mai et juin, et a été diffusé sur la 2Stv avec comme co-initiateur Vibe Radio. Une victoire qui, outre le million de FCfa empoché, lui a permis de bénéficier de la production d'un maxi (mini album) de 4 titres et une production visuelle. 

Pour l’artiste, « ce concours a été une bonne fenêtre qui m’a permis de participer au casting international du concours The Voice Afrique ».
A Dakar, Obree Daman continue de proposer ses belles notes dans les clubs, avec l’appui de ses parents et son staff, qui constituent les premières sources d’inspiration. Au-delà, avec la compétition The Voice Afrique, « je vais essayer de représenter dignement mon pays et par la même occasion, je lance un appel aux autorités pour qu’ils me soutiennent », a souligné l’enfant de l’Île de Gorée et des Parcelles assainies.

A. M. NDAW

Les organisateurs de la cinquième édition du concours littéraire Cultura Dakar ont annoncé, hier, la prolongation des inscriptions jusqu’au 30 septembre prochain. Initié par l’ambassade d’Espagne au Sénégal, en partenariat avec le Musée de la femme Henriette Bathily, ce concours a pour objectif de stimuler la créativité littéraire et les liens entre les deux peuples.

Les inscriptions à la cinquième édition du concours littéraire Cultura Dakar sont prolongées jusqu’au 20 septembre prochain. C’est, du moins, l’annonce faite hier, face à la presse, par Angel Carrascal, premier secrétaire de l’ambassade d’Espagne au Sénégal. Selon lui, l’objectif de l’édition de cette année, initiée en partenariat avec le Musée de la femme Henriette Bathily, est de susciter l’intérêt pour Cervantes et son œuvre, dans le cadre de la célébration du quatrième centenaire de son décès.

Miguel de Cervantes Saavedra fait partie des plus grandes figures des lettres décédées à Madrid, sans être conscient du futur grand succès et pérennité de son œuvre « L’Ingénieux Hidalgo Don Quijote de la Manche », paru en 1605. C’est l’un des plus grands auteurs de la littérature universelle et celle espagnole en particulier. « Il s’agit d’une date clé dans la politique culturelle espagnole. C’est pourquoi on est en train de développer des initiatives partout dans le monde à travers nos ambassades, le ministère de la Culture et le gouvernement d’Espagne », a expliqué M. Carrascal.

Défense des idéaux universels
Cultura Dakar cherche également à stimuler les liens entre les deux peuples par le biais de la créativité. D’après Angel Carrascal, le concours de cette année portant sur l’œuvre littéraire Don Quijote permettra aux élèves de tirer des leçons linguistiques et culturelles de ce chef-d’œuvre pour mieux comprendre l’évolution de la langue espagnole. En outre, c’est une façon de mieux saisir les leçons et valeurs universelles enseignées par l’auteur. Il s’agit de valeurs autour de la liberté, de la justice, de la défense des couches sociales défavorisées, lesquelles restent toujours d’actualité. Le concours est ouvert aux étudiants universitaires et lycéens, qui peuvent présenter leurs textes en français ou en espagnol.

Il propose aux étudiants universitaires et lycéens de faire des compositions littéraires ou essais sur des femmes africaines qui représentent les valeurs présentes dans le roman « Le Quijote » dans le contexte africain. Il s’agit de s’inscrire dans la ligne narrative du Quijote autour de la lutte pour la défense des idéaux universels tels que la justice, la liberté, la défense des plus démunis, tout en se conduisant selon le code de conduite chevalier de courtoisie, courage, humilité, fidélité.

De l’avis de Leïla Bâ, conseillère au Musée de la femme Henriette Bathily, ledit musée a ouvert sa bibliothèque aux élèves et aux étudiants pour leur permettre de faire tout un travail de documentation autour de l’évolution de la condition féminine au Sénégal.
Les participants à ce concours devront faire un exercice de réflexion et créativité en identifiant des femmes reconnues ou anonymes qui incarnent leurs valeurs pour faire des compositions en français ou en espagnol. Des prix pour deux catégories (universitaires et lycéens) et pour chaque langue (espagnole et française) seront décernés aux lauréats.

Le Prix composition en espagnol pour lycées est composé de livre électronique, dictionnaire d’espagnol, lot de livres, matériel didactique d’une valeur de 100.000 FCfa, le Prix composition en français pour lycées est constitué d’un lot de livres et de matériel didactiques d’une valeur de 50.000 FCfa. Enfin, le Prix en espagnol pour universités est doté de livre électronique, dictionnaire espagnol, lot de livres, matériel didactique d’une valeur de 100.000 FCfa et le Prix en français pour universités se compose de lot livres, matériel didactiques d’une valeur de 50.000 FCfa.

Ibrahima BA

Le Centre de recherche ouest africain (Warc) a abrité, hier, la cérémonie de présentation et de dédicace de deux ouvrages. Le premier, « Noires déchirures », un roman historique, est l’œuvre du journaliste Amadou Fall, une des figures marquantes de la presse sénégalaise. Il a occupé d’importantes fonctions au quotidien national Le Soleil et a partagé bien des itinéraires avec l’auteur du second roman, « Le 313ème moine », Fara Mokhtar Sambe, également ancien journaliste au Soleil. Cette cérémonie, présidée par le Professeur Iba Der Thiam, s’est tenue en présence d’El Hadj Hamidou Kassé, ministre conseiller en charge de la Communication de la Présidence de la République et du directeur général du Soleil, Cheikh Thiam.

« Quelle belle fête ! » Ainsi a parlé le Professeur Iba Der Thiam pour clôturer cette cérémonie de présentation et de dédicace de ces deux livres qui l’a « réconcilié avec la presse, celle-là débarrassée de ses scories ». Il ne s’est pas seulement agi de présenter ces œuvres de bonne facture. Cette rencontre a permis à l’assistance de prendre part à un banquet de l’esprit et des amitiés renouvelées. Les saillies joyeuses du professeur Ousmane Sène, camarade de promotion des deux auteurs à l’Ecole normale William Ponty et à l’Ecole normale supérieure , devant celui qui en était le directeur, Iba Der Thiam, témoignent de leur touchante complicité. Il a été d’ailleurs beaucoup question de réminiscences car beaucoup ici ont tissé leur destin ensemble.

D’Amadou Fall, Cheikh Thiam, directeur général du Soleil, dit ceci : « Il m’a accueilli et m’a éclairé de ses conseils en tant que jeune journaliste au quotidien national Le Soleil. Il m’en prodigue toujours en tant que directeur de cette entreprise. Par sa noblesse d’âme et d’esprit, il a toujours fait l’unanimité. Ce livre n’est qu’une petite partie de ces infinies possibilités intellectuelles qu’il peut employer pour investir d’autres univers comme celui-là économique dans lequel il excelle ».

M. Thiam n’a pas non plus tari d’éloges à l’égard d’un autre « aîné », Fara Mokhtar Sambe, dont la «méticulosité» est un des traits caractéristiques. L’un et l’autre, vieux amis encore réunis par l’écriture, une de leurs sphères de prouesses, donnent à voir l’étendue de leur humanité et de leur culture.

« Deux âmes, complices littéraires »
Dedicace A FallEl Hadj Hamidou Kassé, ministre conseiller en charge de la Communication de la Présidence de la République, dit une chose qui en atteste : « Ils ont cimenté une amitié de vieille date. Avec leurs romans, ces deux âmes généreuses deviennent des complices littéraires qui pourraient être les personnages d’une œuvre à venir ». Leur écriture, selon lui, est dépouillée de fioritures. Peut-il en être autrement quand c’est le Professeur Iba Der Thiam lui-même qui loue les qualités intellectuelles des auteurs.

« Amadou Fall est un homme de culture à la plume rabotée. Il fut un sérieux et brillant étudiant que j’ai eu le plaisir d’encadrer. Tout ce qu’il touche devient de l’or. Fara Mokhtar Sambe mérite autant les hommages. Il était étudiant à l’Ecole normale supérieure au moment où j’en étais le directeur », confie-t-il, heureux de les voir, des années plus tard, produire des œuvres de cette qualité. Les présentations qui en ont été faites témoignent de cela.

Le journaliste Habib Demba Fall souligne, dans une présentation qui a tenu en haleine l’assistance, que le roman « Noires déchirures » d’Amadou Fall est un acte de mémoire qui fait revisiter certaines vertus. L’auteur réussit, selon lui, à mettre en perspective la fiction et s’adonne quelquefois à une savoureuse et instructive dérision contre des idées reçues.
Par ailleurs, « cette production littéraire révèle la culture de l’auteur et sa maîtrise du récit avec un art exquis de la réminiscence », se réjouit-il.

Ces fragments de vie, selon Amadou Fall, « historien de l’instant », comme il s’est défini, constituent la source de son inspiration qui lui ont permis d’entonner cet « hymne à l’amitié, à l’amour et au respect des droits humains ». Fara Mokhtar Sambe ne dit pas autre chose, quand, parlant de son roman, « Le 313ème moine », il indique que « l’auteur doit enlever les œillères pour puiser son inspiration dans les choses rencontrées ». Et ajoute : « A travers cette inspiration, je montre des différences dans mes romans. Le sort de l’humanité dépendra de sa capacité à les accepter ». Lui, le « feu », et Amadou Fall, « l’eau », comme ils ont été présentés par ceux-là avec qui ils ont cheminé, en sont les plus belles illustrations.

Alassane Aliou MBAYE

La salle de spectacle du Centre culturel Blaise Senghor a été, samedi, le lieu d’un atelier de danse qui a réuni presque toutes les générations. Sous la houlette du formateur franco-camerounais, Bruce Ykanji Soné, danseurs amateurs, semi-professionnels et professionnels se sont initiés aux techniques de la danse urbaine. Il fallait juste postuler sur Internet en vue d’être retenu pour cette formation de la Maison des cultures urbaines.

Le danseur de hip-hop, Bruce Ykanji Soné, a spécialement fait le déplacement de Paris à Dakar pour faire bénéficier à de jeunes sénégalais de ses cours très sollicités. L’homme traîne, en effet, une réputation internationale. Il fait figure des plus sollicités dans son domaine. Entre la danse et Bruce, c’est une très longue histoire. « Il m’arrive de taquiner ma femme en lui disant qu’elle a une rivale, à savoir la danse. Je pense qu’elle s’y est faite », taquine-t-il. Né en 1976 à Paris, Bruce découvre la danse à l’âge de 8 ans. En 1997, il décide d’en faire la principale activité de sa vie. Sa réputation l’ayant précédé avant sa venue. Les jeunes danseurs ne se sont guère fait prier pour venir prendre part à ses cours. Depuis, Bruce Ykanji a parcouru le monde entier grâce au talent qu’il développe encore aujourd’hui au fil des entraînements.

C’est massivement les danseurs débutants qui se sont donc déplacés, pour gratuitement bénéficier de ses cours durant son passage au Centre culturel Blaise Senghor. Ils dansent ensemble, sourient et souffrent parfois. De jeunes filles et de jeunes garçons, tous unis par l’amour de la danse, laissent libre cours aux vibrations de leur corps. Certains s’y prennent avec ardeur et détermination, d’autres se cantonnent juste dans une gestuelle expressive. Chacun y va cependant avec son style. Le tout se passe dans une harmonie gestuelle, à couper le souffle. Le style, la vibration du corps et la démarche, voilà justement, ce qui confère l’originalité à chacun d’entre eux. « J’ai vu ici d’énormes talents qui, s’ils sont soutenus, peuvent aller très loin. Par contre, il y en a qui traînent encore des lacunes. C’est très normal. Mais, dans l’ensemble, le niveau est bon », assure-t-il.

Danse Bruce YkanjiA l’image de toutes les sciences, la danse renferme également ses règles. Gare à ceux qui seraient tentés de les violer. Le professeur veille au grain comme du beurre sur le feu. Il ne cesse, si le besoin se fait sentir, de remettre les pendules à l’heure, en recadrant ceux qui seraient tentés de violer les lois. La gestuelle, la démarche, le regard, l’expression corporelle, rien n’est négligé. Tee-shirt, baskets blancs, short noir, le professeur y va de toute son énergie. Pour cause, Bruce est le premier à s’ériger en exemple, pour montrer à ses élèves le geste à faire. Sa démarche dicte celle des autres. Les compétences varient, certains font davantage montre d’application. « Il faut que la gestuelle ait l’air musical et professionnel à la fois », leur lance-t-il de temps à autre.

Un talent reconnu
En 1997, commence la carrière du danseur « aux pieds magiques » comme il est surnommé dans le milieu. Bruce a une facilité déconcertante dès lors qu’il s’agit de glisser ses pieds sur le sol. Sa marque de fabrique : un « moonwalk » qu’il réalise avec son propre style. La même année, il se produit dans la tournée du rappeur Mc Solaar. Talentueux et rigoureux dans son travail, Bruce enchaîne les contrats de danseur et chorégraphe. Il danse dans les clips d’artistes divers et variés et devient chorégraphe dans la comédie musicale « Les Dix Commandements ». Il tournera même dans le film français « Dans tes rêves ».

Après des années d’expériences diverses dans le monde de la danse, Bruce Ykanji Soné décide, en 2002, de fonder l’événement qui le propulsera encore plus loin : « Juste debout ». Selon lui, « cet événement a permis de réunir des danseurs de hip-hop venus du monde entier ».

« Lors de la 13e édition, organisée en 2014, 16 pays ont envoyé des représentants. 2.000 danseurs avaient pris part aux sélections françaises, organisées à l’Hôtel de Ville de Paris. La finale organisée à Bercy avait rassemblé 140 danseurs et 16.000 spectateurs », se souvient-il. Une compétition qui l’aura propulsé au sommet. Aujourd’hui, le jeune Franco-Camerounais s’est transformé en un homme d’affaires. D’ailleurs, le « Juste Debout » reste à ce jour l’événement hip hop le plus médiatisé en France, au vu de l’engouement qu’il suscite dans le pays jusqu’à l’étranger. Une fierté pour Bruce Ykanji, fervent militant pour la reconnaissance des danses urbaines, souligne-t-il.

Oumar BA

Danse Bruce Ykanji 2

 Danse Bruce Ykanji 3

Danse Bruce Ykanji 4

Danse Bruce Ykanji 5

La Commission de protection des données personnelles du Sénégal (Cdp) a rendu public, hier, son 2ème avis trimestriel. Selon le communiqué reçu, au total 36 dossiers ont été traités dont 28 déclarations et 8 demandes d’autorisation. A l’examen des dossiers reçus à la Cdp, il a été constaté des manquements dans le traitement des données personnelles de la part de plusieurs structures.

Au cours de ce deuxième trimestre de l’année 2016, la Commission  de protection des données personnelles (Cdp) a lancé plusieurs appels à la déclaration aux responsables de traitements des secteurs public et privé, examiné plusieurs dossiers de demande d’autorisation, reçu des plaintes et rendu visite à des acteurs clés dans le mécanisme de protection des informations nominatives au Sénégal. Dans un avis  rendu public, la Cdp informe avoir reçu 19 structures qui sont venues s’imprégner de la législation sur les données personnelles et connaître leurs obligations déclaratives. Aussi, souligne le document, la Commission a traité 36 dossiers dont 28 déclarations et 8 demandes d’autorisation.

« A l’issue des  5 sessions plénières tenues à la Cdp, 33 récépissés de déclaration et 23 autorisations ont été émis. La Commission a, en effet, envoyé des demandes d’explication au nombre de 4, à recevoir des demandes d’avis (7) et à émettre des appels à déclaration au nombre de 125 », renseigne l’avis.

A l’examen des dossiers reçus à la Cdp, il a été constaté des manquements dans le traitement des données personnelles de la part de plusieurs structures.
Concernant ces manquements, il ya, entre autres, l’installation de caméras dans des bureaux, l’absence d’engagement de confidentialité signé par un sous-traitant chargé de la maintenance d’un système de vidéosurveillance,  l’absence d’affiches pour informer les personnes sur la présence d’un système de vidéosurveillance.

Recommandations
Quant aux manquements signalés au niveau de la Cdp,  ils s’articulent autour de la collecte de la Cni dans le cadre d’un transfert d’argent sur le réseau Wizall pour les services d’Orange Money, sans informer préalablement les personnes concernées sur la finalité de ladite collecte et la publication d’une vidéo sur Internet sans le consentement de la personne concernée.
Suite à ces signalements, des demandes d’explication ont été envoyées aux sociétés et organe concernés. Pour ce qui est des demandes d’avis reçues par la Cdp, figure celle  du Conseil national de régulation de l’audiovisuel (Cnra) sur une plainte relative à l’utilisation et à la diffusion de l’image d’une personne, par un organe audiovisuel, à des fins artistiques.

Mais aussi la demande d’avis de la Sonatel sur le traitement des données personnelles envisagé par l’Artp dans le cadre de son dispositif de supervision et de contrôle des flux des communications sur les réseaux des opérateurs de télécommunication. Et enfin, la demande d’avis d’un particulier sur les obligations à respecter lors de la collecte et du traitement de données personnelles, par le canal des réseaux sociaux à l’occasion de l’organisation d’événements.

Au regard des constats à l’examen des dossiers instruits, la Cdp a formulé au profit  de toutes les parties prenantes, les responsables de traitement du secteur public, du  secteur privé, des organismes de la société civile et autres acteurs, des recommandations. Il s’agit principalement de recourir à un professionnel ou un prestataire pour le remplissage des points techniques des formulaires de demande d’autorisation et de déclaration normale ; d’indiquer, de manière claire et exhaustive, dans les conditions générales de souscription, les pays où se situent les centres de données du prestataire Cloud computing.

La Cdp demande également de chiffrer par des procédés fiables (ssh, Ssl, Ipsec, etc.) tous les flux d’administration, de communication et d’exploitation qui garantissent la confidentialité et l’intégrité des données, de protéger  les plateformes contre les attaques classiques (en déni de service, en Ip options, en injection de code, aux attaques par dictionnaire, etc. La Cdp demande aussi de sensibiliser et informer tous les acteurs intervenants dans le traitement sur les mesures de sécurité mises en place.

Maguette Guèye DIEDHIOU

Le programme de la Maison des cultures urbaines de la Ville de Dakar regroupe plusieurs formations en rap, graffiti, slam, danse, entres autres. Un tour à un atelier de danse animé par le formateur Bruce « Ykanji » Soné au Centre culturel Blaise Senghor est instructif en illustrations et émotions. Gacirah Diagne, administratrice, revient ici sur la quintessence de ce programme.

Quelles sont les motivations de cette formation ?
C’est une formation qui fait partie du programme de la Maison des cultures urbaines, initiée par la Ville de Dakar. C’est toute une série de formations en cours qui s’inscrit dans le programme notamment la dance, le graff, le rap, le dj, la photo, la vidéo, l’entreprenariat, entre autres. Il y a aussi un projet d’incubateur.

Quels sont les critères de sélection ?
La formation est ouverte à tous les intéressés. De ce fait, un appel à candidatures ouvert à tous les danseurs de la Ville de Dakar, de toutes les dix-neuf communes de Dakar (professionnels, semi-professionnels et amateurs), a été lancé via les réseaux sociaux, Facebook, etc.

Quel est l’issue de ces sessions de formation ?
L’objectif de ces formations, c’est vraiment d’outiller ces jeunes, de leur permettre de s’ouvrir à différents styles et de rencontrer des professionnels du métier, le tout dans la perspective de professionnalisation. C’est dans la régularité qu’on arrive à faire les choses, donc cette session se tiendra les années suivantes. Ces jeunes sont impliqués dans la danse depuis quelques années et nous essayons de leur donner des outils pour renforcer leurs capacités. Ils sont là pour se perfectionner et ensuite utiliser ce qu’ils ont appris pour développer leur propre identité.

Quel genre de danse est concerné par la formation ?
C’est la danse debout, le hip hop, en opposition au break dance qui a des figures qui se passent au sol. Comme vous avez pu le constater, les gens sont debout et dansent. Il y a différents pas, de styles. Et ce professeur qui est là en ce moment est vraiment un danseur d’une grande envergure. Il organise aussi des compétitions de danse debout.  

Pourquoi le mélange de professionnels et d’amateurs dans la formation ?
Cette formation regroupe des professionnels, des semi-professionnels et des amateurs mais l’important est de faire passer l’information. Que ces jeunes aspirent en à faire une profession ou juste une activité de vacances, l’essentiel est de les inclure dans une activité saine, qui fait réfléchir. Qui engage l’esprit et le corps, qui les fait grandir d’une certaine manière. Derrière cela, c’est aussi la professionnalisation. Nous leur montrons qu’ils peuvent en faire un métier. Et pour cela, il faut être sérieux, avoir de la discipline, être assidu. Il faut être créatif, poser un contenu artistique qui intéresse quand on espère attirer un public, gagner sa vie.

Votre art, la danse, est-elle plus engagée qu’artistique ? Notre métier, à un certain niveau, n’est plus que divertissement. Nous l’élevons à un niveau spirituel, engagé. Nous ne sommes pas là pour amuser la galerie, c’est éducatif à plusieurs niveaux. La proposition artistique doit faire réfléchir les gens, ressentir des émotions, passer des messages de par des créations chorégraphiques à l’instar du cinéaste ou de l’écrivain et aussi communiquer avec notre public. C’est du sérieux, ce que nous sommes en train de faire.

Comptez-vous pérenniser cette formation ?
Cette pérennisation est importante parce que, justement, une seule semaine, c’est court. Cependant, il faut aussi avoir les moyens de nos ambitions. Nous avons la chance d’avoir l’appui du maire de Dakar qui nous a confié un budget, une infrastructure. Cette activité se déroule au Centre culturel de Blaise Senghor parce que nous n’avons pas encore une salle de danse adéquate, mais cela fait partie des projets. Nous avons également un partenariat avec le Centre culturel, de par le ministère de la Culture, qui nous permet d’utiliser sa salle de spectacle ; ce qui est important. C’est un programme qu’on espère pérenne, qui va aller au-delà de 2016, 2017, 2018… Et qui nous permettra, vraiment, de créer cette Maison des cultures urbaines diversifiée où il y aura toutes les activités relatives aux cultures urbaines, que ce soit le roller, le rap, la danse, le graffiti, le slam, la vidéo, la photo, pour ne citer que ceux-là.

Propos recueillis par Yaye Awa Ly Ngoné SARR (Stagiaire)

Le hard-rockeur Alice Cooper, chanteur excentrique américain de 68 ans a annoncé lundi 22 août qu'il se lançait officiellement dans la course à la Maison Blanche pour l'élection du 8 novembre, avec le slogan « Un homme perturbé pour une époque perturbée ». Mais le site internet consacré à sa campagne montre qu'il est assez conscient du peu de chances que son projet se concrétise. Ainsi, il plaide pour l'ajout au célèbre Mont Rushmore --où la falaise a été sculptée des visages de quatre anciens présidents sur 18 mètres de hauteur-- du visage de Lemmy Kilmister, l'ancien leader du groupe britannique Mötörhead décédé d'un cancer fin 2015.

(AFP)

Rio de Janeiro : Enseignant de Génie électrique à la Cefet (Université technique de Rio de Janeiro) après avoir obtenu ses diplômes (graduation et doctorat au Brésil), Mamour Sop Ndiaye est, par ailleurs, un observateur averti de la société brésilienne et un fervent avocat des échanges entre son pays de résidence et son pays d’origine. Et plus généralement l’Afrique.

D’après Mamour Sop Ndiaye, les 5 millions d’esclaves déportés au Brésil parmi les 30 partis d’Afrique lors de la « traite des Nègres », ont aujourd’hui donné 120 millions de descendants à ce pays « devenu le deuxième au monde, après le Nigeria, en termes d’habitants noirs ».

Autant de « fils d’Afrique » qui constituent la majorité de la population brésilienne, mais qui sont sous-représentés dans les instances de décision ; au point qu’il n’y a aujourd’hui aucun ministre noir. Mais, les choses devraient bientôt changer, d’après ce natif de Taïba Ndiaye, dans la région de Thiès.

En effet, renseigne-t-il, « les politiques sociales initiées par l’ancien président Lula sont en train de porter leurs fruits. Car, de plus en plus de Noirs vont à l’école et beaucoup de Brésiliens commencent à réclamer leur africanité ». 

Et d’après Mamour Ndiaye, c’est là une opportunité à saisir par l’Afrique et le Sénégal en particulier, afin de promouvoir ne serait-ce que le tourisme culturel. En effet, selon lui, les Brésiliens s’intéressent particulièrement au Monument de la Renaissance de Dakar et au Musée des civilisations noires, par exemple.

« C’est à nous d’exploiter ces opportunités ; d’autant que, ajoute-t-il, l’histoire de l’Afrique est aujourd’hui enseignée dans presque toutes les universités brésiliennes, mais par des gens qui souvent n’ont jamais posé pied en Afrique ».

Pour le Pr Ndiaye donc, « il y a là un dialogue à organiser par l’Afrique » à qui il reproche de « n’avoir pas couru derrière ses fils ». Et comme les Brésiliens commencent à « s’éveiller à la question raciale », il est temps de communiquer avec eux.

B. K. NDIAYE (envoyé spécial)

« Aider les Sénégalais d’ici à être en règle »
Depuis que l’Europe est plongée dans la crise, l’Amérique du Sud est devenue une des destinations privilégiée pour les émigrants sénégalais. Surtout l’Argentine et le Brésil où l’on estime à « environ entre 70.000 et 100.000 Sénégalais, en l’absence de statistiques fiables. Et pour cause, selon Mamour Sop Ndiaye, professeur de Génie électrique à la Cefet (Université technique de Rio de Janeiro), « beaucoup sont dans la clandestinité ». Mieux ou pire, l’afflux de Sénégalais entre 2014 et 2015 a crû de … 903%. Ce qui fait qu’aujourd’hui, le Sénégal a le deuxième plus important contingent d’irréguliers au Brésil après Haïti.

« Les gens arrivent en masse et souvent dans des conditions déplorables. Et sur place, ils trouvent une situation très compliquée. Car les boulots qu’ils avaient l’habitude de faire en Europe ne leur sont même pas accessibles ici. Puisque dans ce pays-continent, ce sont les Brésiliens eux-mêmes qui les exercent », révèle M. Ndiaye. Par ailleurs, beaucoup d’entre eux se déclarent comme des réfugiés, alors que les autorités brésiliennes savent qu’il n’y a ni guerre ni conflit au Sénégal. Pour l’essentiel, ils sont concentrés dans les Etats du sud (Santa Caterina et Rio Grande do Sul) et du sud-est (Rio de Janeiro et Sao Paulo).

Leurs conditions de séjour sont d’autant plus dures que, pour l’essentiel, ils n’ont pas de « papiers d’origine ». Or, il en faut (passeport ou carte consulaire) ne serait-ce que pour se faire prendre en charge par l’assurance-santé. Et les fois où le gouvernement décide de régulariser certains étrangers, beaucoup de Sénégalais ne peuvent être concernés puisque ne disposant pas de documents administratifs. En plus, la difficulté réside dans le fait qu’il faut, pour tout le monde, aller jusqu’à la capitale fédérale, Brasilia, pour se faire établir des papiers. Cependant, les distances sont énormes et les moyens ne sont pas souvent à disposition pour les Sénégalais qui s’activent essentiellement dans le commerce (80%) ou qui travaillent dans le bâtiment ou les abattoirs qui font dans la viande Halal.

Et aujourd’hui que « le Brésil vit la plus grande crise politique et économique de son histoire », selon le scientifique sénégalais, les problèmes ne manquent pas avec les autorités locales. C’est pourquoi Mamou Sop Ndiaye qui s’organise avec un compatriote travaillant dans une agence locale des Nations unies à recenser les Sénégalais du Brésil afin de disposer de données fiables, propose que les autorités centrales leur facilitent la tâche en envoyant une mission pour aider à régulariser tous ces Sénégalais. « Car, nous avons le droit de voter comme tout le monde et de participer à la prise de décisions qui influeront sur notre vie et sur celle de nos concitoyens restés au pays », tranche-t-il.

B. K. N.

En partenariat avec l’Ecole nationale des arts (Ena), les compagnons de route de l’artiste plasticien Sidy Diallo, disparu en 2015, ont tenu, hier, à lui rendre hommage à l’occasion du premier anniversaire de son décès. Lauréat du prix de la Francophonie lors de la 11ème édition de la Biennale de Dakar de 2014, Sidy Diallo était connu pour son immense talent.

Nul besoin de vivre longtemps pour donner du sens et de la valeur à son existence. L’artiste plasticien Sidy Diallo, décédé en août 2015, à l’âge de 28 ans, a su, malgré son existence éphémère, marqué l’univers plastique sénégalais grâce à son immense talent. C’est pour célébrer ce talentueux artiste que le Réseau des amis de Sidy (Ras/Solid’art), en partenariat avec l’Ecole nationale des arts, a organisé, hier, une matinée d’hommage en la mémoire d’un homme qui s’est forgé « une personnalité propre avec un génie qui s’érige, désormais, en légende ».

Né en 1985 à Tambacounda, le jeune plasticien était d’une imagination fertile. Son décès prématuré a emporté à l’art plastique sénégalais et africain l’un de ses plus grands espoirs. Animant une communication sur l’œuvre de Sidy Diallo, le journaliste Aboubacar Demba Cissokho a indiqué que le plasticien « a développé, dès l’adolescence, cette chose qui fait l’artiste ». Ainsi, malgré son jeune âge, Sidy a très tôt choisi son angle avec des concepts autour de la renaissance, du panafricanisme et de l’émigration. « Le monde des arts voyait en lui quelqu’un pour prendre la relève », laisse-t-il entendre.

Alassane Cissé, journaliste culturel, reste séduit par les interpellations développées par l’artiste dans un contexte marqué par des mutations et de grands bouleversements dus à la mondialisation. L’artiste avait une critique propre sur l’uniformisation ainsi qu’une vision prospective de la mondialisation. Ses thèmes de prédilection étaient centrés surtout autour des effets liés à la mondialisation à l’heure des grands bouleversements, les conséquences de la course effrénée vers le développement.

Lauréat du Prix de l’Organisation internationale de la francophonie (Oif) lors de la 11ème édition de la Biennale de l’art africain contemporain et major de sa promotion, à l’Ecole nationale des arts (Ena), en 2013, Sidy Diallo s’était inscrit dans la lignée des grands artistes.

Prenant part à cette cérémonie d’hommage, le directeur de la Galerie nationale d’art, Omar Danfakha, a annoncé son intention d’organiser une exposition en hommage à Sidy Diallo. Il s’agit d’une occasion de partager les œuvres et les idées de celui qui a contribué « à donner un rayonnement à l’art africain contemporain au Sénégal et dans son fief à Tambacounda d’où il est originaire ».

Le premier anniversaire du décès de Sidy Diallo a été aussi une occasion pour lancer un single dédié à l’ex-pensionnaire de l’Ecole nationale des arts. Intitulé « Remember time », ce single porte la signature de l’artiste Hop et de Fa Diez.

Ibrahima BA

L’artiste-percussionniste Maciré Dramé, batteur au Ballet national la Linguère, est décédé, vendredi 19 août, en Gambie à la suite d’une courte maladie.

« Maciré était vraiment un travailleur au sens noble car il était régulier aux répétitions, se donnait sérieusement au cours des prestations de Sorano. Maciré a été un exemple de discipline, généreux aussi car à chaque mois de Ramadan, il donnait des dattes à ses collègues », a témoigné Sahite Sarr Samb, directeur général de la Compagnie du Théâtre national Daniel Sorano, dans un communiqué de presse.

Né le 10 octobre 1956 à Gandé (Bakel), Maciré Dramé s’est illustré dans quelques groupes artistiques à Bakel avant d’intégrer, en 1993, le Ballet national la Linguère. Le percussionniste a été inhumé dimanche 21 août dans son village natal.

Montrer des femmes qui se sont battues pour se frayer un chemin dans le monde professionnel est une œuvre contribuant à offrir cette possibilité à d’autres. Les célébrer par la photographie participe également à les rendre immortelles dans les consciences collectives. C’est ce à quoi s’est employé « Modesty group », en collaboration avec le photographe Abdoulaye Ndao dit Layepro, samedi dernier, à la Place du souvenir. Ces femmes leaders dans divers domaines ont narré leurs propres histoires et véhiculé des messages d’humanité pour traduire par le discours ce que le thème de l’exposition laisse entendre : « Entre femmes ».

La dame Bambi Dieng, cultivatrice dans la forêt classée de Mbao, a arrêté ses études très tôt alors qu’elle s’y épanouissait. Elle était plutôt brillante. Hélas, le conformisme social en a fait une adulte précoce. Elle se marie à l’âge de 13 ans et abandonne les bancs de l’école. Mais son mérite a été de ne pas s’attarder sur cette « infortune ». Elle a pris un autre chemin pour se fabriquer un destin malgré les contraintes conjugales. Sa trajectoire est une leçon de vie. C’est là toute la symbolique de cette exposition organisée par « Modesty group » qui a célébré, au-delà des femmes, des valeurs sans lesquelles toute entreprise est vouée à l’échec. Bambi Dieng en représente une page. 

Le ministre Awa Marie Coll Seck, le député Aissata Tall Sall, les chanteuses Maréma et Soda Mama Fall, le Professeur Amsatou Sow Sidibé, la religieuse Madeleine Sène, la pilote de rallye Sandra Bocandé, l’illustre banquière Fatimatou Zahra Diop, la journaliste présentatrice Khady Ndiaye « Bijou », toutes, dans leurs univers de prouesses, portent le flambeau qui éclaire les allées menant au succès de toutes les composantes de la société. Car, il ne s’est pas agi, lors de cette rencontre, de se livrer à une puérile comparaison des sexes. Il n’y est fait référence que pour exalter des parcours, des vies afin que des âmes jeunes s’en inspirent.

Cela revient à se donner des objectifs et de s’employer à les réaliser.
En cela, l’itinéraire du Professeur Amsatou Sow Sidibé est assez stimulant. « J’enseigne depuis 35 ans à l’Université. J’étais sur plusieurs fronts. Il fallait m’occuper de mon mari, des chicaneries de mes enfants et me frayer un chemin dans la vie professionnelle. J’ai galéré pour y arriver », confie-t-elle, non sans se féliciter de l’initiative des organisatrices qui, par l’art et leur génie, promeuvent le leadership féminin et des vertus. La conciliation des interventions dans les sphères privée et publique constitue une chance pour le monde « qu’il convient d’imaginer ensemble. Nous concourons tous, hommes et femmes, à donner un meilleur sort à notre société qui ne saurait être unijambiste », souligne Aïssata Tall Sall.

Alchimie de l’être et du paraître
Ce sentiment trouve écho dans la mission que s’est toujours assignée le ministre de la Santé et de l’Action sociale, Awa Coll Seck, représentée par la coordonnatrice de la Cellule genre, Ndeye Mingué Ndiaté Ndiaye. Elle s’emploie quotidiennement, selon cette dernière, à être utile à sa Nation comme quand, dans sa jeunesse, elle titillait le ballon orange.

Les portraits réalisés par Layepro et « Modesty group », en plus de traduire en image tous ces discours, dessinent une alchimie de l’être et du paraître voguant dans des profondeurs où la générosité est reine des existences. Les couleurs y définissent les univers d’exploits. Les sourires, loin d’y traduire une exultation précoce et exubérante, donnent à voir des âmes en paix avec elles-mêmes car convaincues d’avoir été utiles à leur pays et refusé le statu quo qui les confinait dans la sphère privée.

Il y a cette image forte qui met en lumière une différence vécue et acceptée avec joie. La sœur Madeleine Sène est entourée de deux femmes dont l’une d’elles est voilée. Le petit foulard crée un contraste vestimentaire qui se noie dans une harmonie collective. « Nous voulions explorer plusieurs univers mettant en exergue des expériences, des couleurs et des différences qui peuvent donner un résultat. Les femmes ont été représentées différemment avec des couleurs et des tissus adaptés », indique Fatymatou Dia de « Modesty group ». Ceci est en parfaite cohérence avec l’esprit de leur entreprise. La projection de l’aguiche a donné une autre lecture aussi prestigieuse qu’éloquente du parcours de ces êtres engagés à rendre l’aventure collective moins périlleuse.

Alassane Aliou MBAYE


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