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Arts et Culture (607)

Samedi 6 août, en marge du Rassemblement citoyen organisé à la Place de l’Obélisque, à Dakar, pour soutenir le retrait des enfants de la rue, l’artiste Balla Ndao a exposé des tableaux peints par des tout-petits.

L’imagination fertile, les couleurs bien choisies, des enfants présents, le week-end dernier, à la Place de l’Obélisque, ont montré leur talent, loin de leur sphère familiale, école et autres « daara ». L’expression artistique de leurs tableaux est le fruit de leur relation avec leur environnement. Ils ont exprimé le génie créatif par des matériaux de modelage, de collage pour représenter leur terroir, la beauté de la femme africaine, à travers des récupérations. C’est l’artiste-plasticien Balla Ndao, de par son encadrement, qui leur a permis de s’épanouir. « Nous leur donnons l’occasion d’avoir leur biennale à travers cette initiative inscrite en « Off » lors du Dak’Art dernier, avec le soutien du ministère de la Culture et de la Communication, le secrétariat de la Biennale de Dakar. Cela est une innovation, une animation artistique », affirme l’artiste. Mais, bien avant la Biennale des arts, Balla Ndao a travaillé avec les enfants pendant une année.

A l’en croire, lors du Dak’Art 2016, près de quarante tableaux ont été créés par les enfants au cours d’ateliers d’une durée de 5 jours. « Nous sommes là pour exposer la création des petits talibés, d’enfants d’écoles primaires, des villages Sos, du centre Talibou Dabo, ceux de la rue et d’enfants venus de plusieurs régions du Sénégal. Lors de cette dernière Biennale, plus de 4.000 enfants ont été réunis, mais 1.123 avaient exposé pour la galerie. Le reste des collections a servi à de l’emballage », a précisé l’artiste-peintre. Pour l’instant, les tableaux ne sont pas commercialisés. Car, Balla Ndao, de commun accord avec les artistes en herbe, veulent fonder un musée. « Nous voulons identifier le talent des enfants, les suivre et conserver leur création », indique-t-il.

  Tabara Cissé, porte-parole de ces artistes en herbe, s’est réjouie de ce vernissage de leurs œuvres. Toutefois, elle a regretté l’exploitation des enfants à travers la mendicité. Aussi, a-t-elle invité les autorités à ne point reculer sur le programme de retrait des enfants de la rue, qui doit être définitif. « Un  enfant a droit à l’éducation, aux loisirs, à l’épanouissement », a dit Mlle Cissé.

Serigne Mansour Sy CISSE

Le terrain de basket de l’Université Cheikh Anta Diop a abrité, mercredi dernier, un concert de Coumba Gawlo Seck à l’occasion de la fête de fin d’année organisée grâce au soutien du Centre des œuvres universitaires de Dakar. L’artiste a fait bouger les corps et atteint les esprits. Un public nombreux et ivre d’allégresse a témoigné reconnaissance à la chanteuse pour l’avoir gratifié d’une prestation dont ne sont dignes que les divas de sa trempe.

Sublime ! Tout y a été ; même Hélène, l’attachante déficiente mentale, amie de plusieurs générations d’étudiants. Avec deux « bateleurs » d’une lucidité douteuse, elle a tenu en haleine une assistance en constant délire, impatiente d’être en communion avec la reine de la soirée, Coumba Gawlo Seck. Dans une hilarité générale, un plaisantin, à la voix chevrotante, interprète son titre « Amadou » étouffant ainsi quelques petites rouspétances du public lassé d’attendre. Il est bientôt une heure du matin. Une marée humaine particulièrement enthousiaste se rapproche de la scène surplombée par le pavillon A. De ses couloirs, une flopée d’individus dont les regards convergent vers le podium, s’offre une vue plongeante. Les plus imaginatifs prennent possession du toit d’une chambrette jouxtant la tribune également bondée et emplie de joie. Et dire que l’auteure de « Seytané » n’est pas encore là ! Le rappeur Redblack en profite pour se rappeler aux bons souvenirs de ses ex-camarades après que ces derniers ont rivalisé d’inspiration sur scène.

Beauté, délire et émotion
Et quand une fine silhouette d’une éternelle jeunesse, moulée dans une splendide étoffe et provocatrice sur les bords, fait irruption, c’est l’exultation des jours de délibération. Et la Gawlo ne fait rien pour freiner leur ardeur. Où sont les « Feug men », s’écrie-t-elle en référence au morceau « Kouy feug » (Qui est là ?, en wolof). La réponse des étudiants ne se fait pas attendre.

L’hôte ne doit pas repartir sans un prince charmant de petite bourse. Mais elle ne peut pas vivre de « pain thon ». Le plus ingénieux d’entre les « prétendants » lui fait don de son cœur et de sa petite fortune qui se résume à quelques tickets de restaurant ! Le bonhomme peut se consoler, à défaut de convaincre la fille de Fatou Kiné Mbaye, du spectacle qui a fait chavirer bien des âmes. La diva n’a pas seulement montré un talent reconnu. Elle a été en fusion avec ses « jeunes frères » qui le lui ont bien rendu. Même le ciel n’a pas résisté à cette alchimie divine. Il a laissé échapper quelques perles en guise d’adhésion. Rien ne pouvait gâcher cette soirée. Cette communion est plus qu’une jouissance enivrante. Elle est une mise en scène poétique réussie. Le deuxième morceau, « Ma djinn », après que le premier a parlé aux sens, s’adresse à cette jeunesse qui doit cultiver les valeurs des illustres personnalités que la chanteuse y célèbre. Sa trajectoire est tout aussi révélatrice des vertus qu’elle promeut. « Moi que vous applaudissez ce soir, je n’avais pas 100 francs pour aller à l’école. C’est parce que j’ai trimé que j’en suis là aujourd’hui. N’écoutez pas ceux-là qui vous font douter de vos capacités à y arriver. Avec une entière abnégation, vous réaliserez des choses énormes pour vous, vos familles et votre pays », exhorte-t-elle devant un public estudiantin criant à tue-tête « Coumba- Coumba-Coumba ! ».

Tout a été beauté, délire et émotion dans cette soirée qui a atteint son paroxysme quand, entonnant le titre « Dieureudieuf », elle s’est mise, dans un mouvement d’ensemble, à sautiller avec des corps en effervescence. D’ordinaire, c’est l’habileté et la vigueur de l’athlète qui sont louées dans les gradins d’une aire de jeu. Ce soir-là, c’est la virtuosité et la justesse des propos de la chanteuse qui ont été mises en lumière. Quelquefois les mouvements « chaloupés » des danseurs du temple du savoir !

Alassane Aliou MBAYE

Le rappeur et beat-maker ≪ Lil Anas ≫, de son vrai nom Mamadou Wagne, va mettre sur le marché son premier album titré « Bokouniou ». L’album de douze titres de cet étudiant en Master 2 d’Anglais, composé dans divers genres musicaux, sortira le mercredi 24 août.

Selon Mamadou Wagne alias « Lil Anas », dans cet album, il  y aura aussi bien  du hip hop, du reggae qu’un mélange de rap avec du Mbalax composés sur des thèmes aussi variés. Parmi les titres, figurent « Africanité », « Never say never »,  « A better day », « Money » qu’il a chanté en featuring  avec Pussy Cartesian, « Love Touch », entre autres. Par exemple, dans le morceau « Africanité »,  « Lil Anas » invite ses concitoyens au respect des valeurs culturelles. Il demande aussi un ancrage dans les origines et traditions.

Outre ce thème, d’autres ont été aussi développés par l’artiste comme l’amour à travers le titre « Love touch ». Etudiant en Master 2 d’Anglais à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, « Lil Anas » s’est lancé dans la musique depuis 2005. Toutefois, souligne-t-il qu’il est également un beat-maker. « Je fais des beats pour les rappeurs, et sur tous les genres de Beats », informe-t-il.

Originaire de Diourbel, « Lil Anas » s’active dans le milieu du hip hop pour y avoir fait des singles en featuring avec beaucoup d’artistes rappeurs comme avec Black King du crew N-Sense  et Milka from Tak-Rikin. Aussi, en 2012, a-t-il participé à une compilation du Mouvement « Y’en a marre » sortie au niveau national avec « l'Esprit de Diourbel » à travers le morceau « Nouveaux type de Baol-Baol (Ntb) ». Non sans compter le single « A better day » en featuring avec Jah Man du groupe X-press qui, d’après lui, « fait  tabac dans plus d'une cinquantaine de radios au Sénégal et dans la sous-région ».

Maguette Guèye DIEDHIOU

L’Association des éditeurs et professionnels de la presse en ligne (Appel) dénonce les dérives et manquements dans le secteur. Une rencontre tenue à Saly devrait permettre l’élaboration d’une charte d’éthique et de déontologie pour mieux encadrer l’évolution de la presse en ligne.

En présidant la cérémonie d’ouverture de l’atelier des professionnels de la presse en ligne, le secrétaire d’Etat à la Communication, Yakham Mbaye, a déclaré que le Code de la presse devrait être voté avant fin 2016. Il a rassuré les membres de l’Appel en soulignant que toutes leurs préoccupations ont été intégrées dans le nouveau Code de la presse et qu’il ne reste qu’à le soumettre aux autorités centrales avant que l’Assemblée nationale ne vote cet instrument. Ainsi, a-t-il rassuré, notre pays sera doté d’un Code de la presse actualisé qui contient les préoccupations du moment et donc va permettre aux journalistes en général d’avoir une profession encadrée au niveau juridique. Yakham Mbaye a rappelé que le projet du Code de la presse initialement rédigé avait été bloqué pendant six ans et le passage de l’analogie au numérique a fait qu’il était caduc; il a été donc rédigé à nouveau.

Le ministre en charge de la Communication du président de la République, El Hadji Hamidou Kassé, a indiqué que la presse en ligne a connu un essor fulgurant ces dernières années.

Selon lui, il existe au Sénégal plus de 200 sites qui impactent 2 millions de Sénégalais avec des aspects positifs, mais aussi beaucoup de choses à revoir.

C’est pourquoi, M. Kassé a félicité le président de l’Appel pour l’organisation de cette rencontre sur la labellisation de la presse en ligne, rencontre qui va permettre de mieux encadrer l’évolution de la presse en ligne en ladotant d’une charte d’éthique et de déontologie.

A la réflexion de cet atelier figurent en bonne place les critères de labellisation, les obligations auxquelles sont soumis les promotteurs de sites d’informations, comment réguler les contenus. El Hadji Kassé s’en est félicité et a rassuré l’Association des éditeurs et professionnels de la presse en ligne du soutien du chef de l’Etat. 

Atteintes privée et dignité
Selon Ibrahima Lissa Faye, président de l’Appel, le secteur doit être assaini pour faire face aux dérives et manquements.

Les agissements d’une partie de la presse en ligne inquiètent et inspirent des mesures hardies, s’est-il désolé, affirmant que des tenants de sites d’informations sont capables du meilleur comme du pire pour accroître drastiquement le taux de clics. Des images ou des informations rocambolesques et invraisemblables venant d’autres contrées de la planète sont tropicalisées et servies aux internautes sénégalais, a fait remarquer Ibrahima Lissa Faye.

Plus grave, a-t-il pointé du doigt, ce sont les dérives liées aux atteintes gratuites à la vie privée des individus, à leur honorabilité et à leur dignité. Des exemples aussi hallucinants qu’ahurissants peuvent ainsi être cités. Ces manquements trouvent leur substrat dans une recherche effrénée de trafic simplement pour rentabiliser, a indiqué Ibrahima Lissa Faye.

La conséquence qui en découle, renseigne-t-il, c’est que la presse en ligne est passée d’une dizaine à plus de deux cent sites d’informations, de 2011 à 2016. Ce foisonnement est facilité par une absence de réglementation qui fixe, de manière claire, les conditions de création.

Alerte et propositions de solutions
L’Association des éditeurs et professionnels de la presse en ligne est consciente de sa part de responsabilité. C'est pourquoi, dès le départ, elle n’a cessé d’alerter et de proposer des solutions. Sur plus de 200 sites d’informations au Sénégal, seule une soixantaine sont membres de l’Appel. « La commission Ethique et Déontologie, depuis qu’elle a été remise au goût du jour, abat un travail remarquable qui, même si vous ne le constatez pas, a beaucoup contribué à limiter les dégâts », a souligné avec force Ibrahima L. Faye. Elle fait des rappels à l’ordre fréquents, des mises en garde, saisit le Tribunal des pairs, le Cored, et même propose des rapports circonstanciés, bien détaillés, pour l’exclusion de membres multirécidivistes.

L’objectif de cet atelier est de renforcer davantage le corpus juridique de la presse en ligne. L’Appel va travailler, avec tous les compartiments de la société, à sa tête l’Etat, à mettre en place un cahier de charges, des mécanismes de labellisation reposant sur un ensemble de référentiels Qualité.

Ce cahier de charges va définir les conditions de création et fixer des critères qui seront obligatoires pour tout promoteur de la presse en ligne », a soutenu le président de l’Appel.

A ce propos, M. Faye a déclaré que la labellisation concerne la presse numérique déjà existante. Elle va proposer un ensemble de référentiels pour un contenu de qualité, une bonne gestion de nos entreprises. Cette initiative valorise les bonnes pratiques, veille au respect scrupuleux des textes régissant la profession. La charte éthique et déontologie sera aussi un élément fondamental pour bénéficier d’un label de qualité et de pouvoir le garder.

Amath Sigui NDIAYE

Un atelier de mise à niveau sur le format du pré-inventaire du patrimoine immatériel s’est ouvert hier, à Dakar. Organisée par la Direction  du patrimoine culturel à l’intention des directeurs de Centres culturels régionaux et chefs de  Service centraux, la rencontre  permet d’échanger pour la mise en place d’un cadre méthodologique et opérationnel à la réalisation d’un document pour l’inventaire de ce patrimoine immatériel.

Considéré comme un domaine oublié, au profit du patrimoine matériel, le patrimoine culturel immatériel sénégalais va désormais faire l’objet d’une attention particulière de la part des autorités sénégalaises. Un projet inventaire est même envisagé afin qu’il soit connu et mieux valoriser.  En conclave à Dakar, les directeurs de Centres régionaux et chefs de Services centraux vont débattre et échanger en premier sur le format du pré-inventaire et la mise en place d’un cadre méthodologique et opérationnel à la réalisation d’un document pour l’inventaire de ce patrimoine immatériel.

« Le Sénégal a une tradition de gestion du patrimoine mais, jusque-là, cette gestion n’était axée que sur le patrimoine culturel matériel. Il était donc temps que ce patrimoine culturel immatériel puisse bénéficier d’un programme pour aboutir à la reconnaissance au niveau national », a indiqué Abdoul Aziz Guissé, directeur du Patrimoine culturel. Et de poursuivre, « certes, le patrimoine culturel immatériel est reconnu par les dépositaires, ils  sont avec leur patrimoine et  vivent avec, le recrée et arrive à le transmettre. Mais sur le plan national, il nous fallait avoir un programme d’inventaire proposé sur 2 étapes ».  

Liste des expressions culturelles
A l’en croire, cette année, ils vont tâter le terrain, évaluer les potentiels et sortir des listes indicatives comme le recommande l’Unesco. « Ce sont ces listes qui permettront, l’année prochaine, de  faire l’éventaire, le documentaire sur  chacune  des expressions que les régions vont proposer », laisse-t-il entendre. Aussi, souligne-t-il que la prochaine étape sera au niveau du Festival national des arts et de la culture (Fesnac) à Kolda où il y aura une restitution nationale qui permettra d’avoir une liste nationale.

« Depuis 1975, il y a chaque deux ans, un arrêté portant publication des sites et monuments historiques. Nous pensons que le ministère de la Culture sera en mesure de sortir, d’ici la fin de cette année, un arrêté portant publication de la liste représentative des expressions culturelles immatérielles nationales au même titre que les sites et monuments », argue M. Guissé.

Pour le conseiller technique à la Présidence de la République, Massamba Guèye, par ailleurs spécialiste de la littérature orale, le projet d’inventaire du patrimoine immatériel est d’une importance capitale dans la mesure où  il est  en déperdition. « Il faut donc collecter ce patrimoine et le mettre surtout en pédagogie pour le redonner aux jeunes. De même, il est important que le patrimoine culturel immatériel puisse accompagner la réhabilitation du patrimoine national », dit M. Guèye.

Présidant la cérémonie d’ouverture des travaux de réflexion sur  le format du pré-inventaire, le directeur  de cabinet du ministère de la Culture, Rémi Sagna, a salué cette initiative. « Cet atelier dédié au patrimoine culturel immatériel constitue un socle sur lesquels sont bâtis les fondements culturels de notre nation. C’est pourquoi, la présente initiative est salutaire  et mérite que les réflexions qui y seront issus permettent de la réaliser dans les meilleures conditions », indique-t-il. M. Sagna estime que le trésor culturel enfoui dans les us et coutumes, les contes, les épopées, les rites profanes et initiatiques, le savoir-faire et pratiques associées doit être exhumé, partagé et diffusé pour sa revalorisation.

Maguette Guèye DIEDHIOU

Il y a certains artistes qui s’engagent et qui n’hésitent pas à signer de gros chèques pour les causes qu’ils soutiennent. Le chanteur canadien The Weeknd en fait partie et il sait rester discret.

Si ce dernier n’a rien dit sur son dernier acte de générosité, ce sont deux sources proches de l’artiste qui ont confirmé au magazine The Fader qu’il avait fait un don de 250 000 dollars à Black Lives Matter, le mouvement qui défend le droit des Noirs aux Etats-Unis, né suite aux nombreuses affaires de bavures policières dans le pays. Cette annonce vient seulement quelques jours après qu’on a appris que l’interprète de « Earned It » a donné 50.000 dollars à l’Université de Toronto pour mettre en place un programme d’études sur l’histoire de l’Ethiopie, pays dont ses parents sont originaires.

En juillet dernier, The Weeknd s’était exprimé sur Twitter concernant la mort d’Alton Sterling et Philando Castile : « Il y en a assez. Il est temps de soutenir ce mouvement. On peut soit rester là à ne rien faire ou faire bouger les choses. L’heure est venue. #Blacklivesmatter »

Le groupe Pape & Cheikh sort officiellement un nouvel album demain. Intitulée « Esprit live 2 », cette nouvelle production, composée de 16 titres, est un voyage musical à travers le Sénégal.

En prélude à la sortie officielle de leur album prévue demain, à Dakar, les musiciens Pape et Cheikh ont convié, hier, les journalistes à une séance d’écoute. L’originalité de cette rencontre avec la presse réside dans le fait qu’ils ont décidé de laisser le soin aux journalistes, critiques, animateurs, producteurs, mélomanes et autres, le choix des 13 titres qui doivent figurer dans le nouvel album « Esprit live 2 ». Une nouveauté mais également un hommage à tous ceux qui ont contribué la réussite du groupe.

Pape et Cheikh lancement 2C’est aussi, explique Pape Fall, une façon de communier avec le public dans un esprit d’échanges et de partage dont la finalité sera d’améliorer davantage le produit. « Esprit live 2 » est donc la suite de l’album « Esprit live », couronné meilleur album de l’année en 2012. Ainsi, quatre ans après, le groupe a voulu remettre les bouchées doubles pour offrir au public mélomane sénégalais une production croustillante.

Riche et varié, ce nouvel album est un voyage musical à travers le pays mandingue, sérère, diola, wolof… Pape et Cheikh ont puisé dans le temps lointain et présent pour proposer un produit diversifié qui, à coup sûr, va plaire au public sénégalais et à l’international. Entre une belle musique acoustique et un Mbalax bien dosé, « Esprit live 2 » exprime sensibilité et émotion. Avec des textes bien ciselés, l’album aborde des sujets d’une brûlante actualité.

C’est le cas du titre « Immigration clandestine » qui rappelle les maux qu’éprouve une certaine frange de la jeunesse africaine. Laquelle a décidé de défier les océans du monde à la quête d’un avenir meilleur. « Solène ma yarone » évoque la problématique des enfants de la rue, « Baaxu Mame » revient sur l’importance de l’autosuffisance alimentaire. 

Aux côtés de ces thèmes, l’amour « Khady », l’amitié « Xarit » y sont également célébrés. Ici, quand les artistes parlent de l’amitié, ils veulent montrer comment leur relation a su défier le temps et les difficultés quotidiennes de la vie. « Esprit live 2 », c’est aussi une sorte de « social living » dans le sens où il évoque des thèmes de société (« Baay pékhé »).

Très présent dans l’échiquier musical sénégalais depuis 2000, le groupe Pape et Cheikh a ouvert une belle page dans l’histoire de la musique acoustique de notre pays. Du point de vue du rythme et de la mélodie, leur prestation est un vrai régal pour les mélomanes.

Ibrahima BA

Ses pensionnaires sont unis par l’art. Le Ballet «Kondiof» présente ainsi une diversité culturelle. Depuis 1999, date sa création, le Ballet Kondiof se distingue dans la promotion de la culture sérère à travers le monde, par sa participation à diverses manifestations.

Ce 8 août, nous avons trouvé le directeur artistique du Ballet «Kondiof», en vrai maître chorégraphe, surveillant scrupuleusement la répétition des danseurs. Idy Faye rectifie souvent les faux pas de certains danseurs amenés par des batteurs aguerris. L’homme au look sobre est un maître incontesté de la chorégraphie, comme il est décrit par une de ses élèves.

Taille moyenne, forme sahélienne, démarche mesurée, Idy Faye n’a pas l’image de ses 57 berges qu’il porte énergiquement. Composé de 38 danseurs dont 20 danseuses, le Ballet «Kondiof», selon M. Faye, tire son appellation d’un nom d’arbre sacré, où les Sérères font leur rituel. 

« Depuis 1999, date de sa création, notre ballet ne cesse de faire la promotion de la culture sérère », souligne Idy Faye. C’est à partir de leur participation au Forum de la jeunesse à Dakar, en 2003, en présence du président d’alors, Me Abdoulaye Wade, au Stadium Marius Ndiaye, que le grand public a commencé à s’intéresser à ce ballet dont les pensionnaires enchaînent depuis invitation sur invitation.

Ensuite, « Kondiof » fait cap sur Bordeaux, en France, pour honorer un Festival en 2004, puis en Italie, à Marseille, avant de s’envoler, en 2013, en Algérie. Mais depuis ces trois dernières années, le Ballet Kondiof est sevré de contrat africain ou européen. La troupe est, par contre, de tous les grands festivals qui se sont tenus à Dakar. 

« Kondiof » est une vraie école où se forment danseurs et percussionnistes. Pour l’intégrer, l’élève doit faire preuve d’engagement, d’assiduité aux séances de répétition et de respect à l’égard de son art qu’il a choisi délibérément. Ce que ces jeunes ont compris et se donnent à cœur joie surtout lors des cours du soir de ballet.

Les danseuses sont généralement des femmes de ménage qui viennent participer aux séances de répétition du lundi au jeudi, entre 18 et 19h30, à l’Ecole Manguiers, sise au quartier Fass. Avec une tranche d’âge comprise entre 17 et 30 ans, il n’est pas facile que les pensionnaires convainquent les parents ou époux pour pratiquer leur art.

« Chez les Sérères, il n’est pas acceptable qu’on exerce la profession de danse. Dès fois, des parents viennent m’interpeller pour me signifier qu’ils ne veulent pas que leurs fils ou filles fassent de la danse. Je suis obligé de les renvoyer. Je l’ai fait à plusieurs reprises, surtout avec les filles », se désole Idy Faye.

L’art, l’on ne le dira jamais assez, ne nourrit pas son homme au Sénégal, comme c’est le cas sous d’autres cieux. « Nous enchaînons les séances de répétition sans avoir un contrat de prestation qui dépasse rarement 100.000 FCfa. Les salaires sont suspendus aux spectacles qui imposent une sélection rigoureuse de nos danseurs », affirme-t-il.  

Soutien aux ballets
Idy Faye dit ne pas comprendre la vie précaire des artistes, après un demi-siècle d’indépendance du pays. « Nous courons derrière un statut malgré que la création d’une Fédération des ballets et danse depuis près de 10 ans… », se plaint le directeur artistique de « Kondiof ».

En dépit des 2 millions de FCfa de subvention octroyés par l’Etat à la Fédération, Idy invite davantage les autorités à soutenir davantage les ballets sénégalais. « C’est la première fois que nous bénéficions de cette aide », affirme cet ancien pensionnaire de l’Orchestre national de la Compagnie théâtrale Daniel Sorano. Lieu où le chanteur Ouza Diallo l’avait repéré, en 1988. Idy Faye a ensuite formé avec les musiciens Pape et Cheikh, l’orchestre sérère dénommé « Samtamuna », qui s’est disloqué par la suite. 

Aujourd’hui, Idy vit quotidiennement aux rythmes du Ballet «Kondiof». Et la danseuse Awa Joséphine Diallo le décrit comme un père pour eux. « Le Ballet Kondiof est une école… », témoigne Joséphine qui, depuis toute petite, a aimé la danse. Son père l’y encourageait.

Elle enchaîne les répétions et décide finalement de revenir à ses premières amours. « Je ne peux pratiquer que la danse », soutient cette mère de famille, âgée aujourd’hui de 30 ans. « Nous voulons la couverture médicale, la protection sociale, vivre comme les musiciens de notre pays. Nous dansons mieux que des artistes d’autres pays et pourtant, ils sont mieux traités », se désole la pensionnaire du Ballet Kondiof.

Serigne Mansour Sy CISSE 

La présidente de l'Académie des arts et sciences du cinéma, Cheryl Boone Isaacs, a été réélue pour un quatrième mandat à la tête de l'organisation qui décerne les Oscars, secouée ces deux dernières années par une polémique sur son manque de diversité.

Depuis la cérémonie de remise des Oscars en février et la polémique « Oscars so white » (Les Oscars si blancs) qui l'a précédée, Cheryl Boone Isaacs, elle-même afro-américaine, a mené la charge pour réformer la puissante Académie et l'ouvrir plus aux minorités ethniques. 

Près de la moitié des 683 personnes qui ont été invitées à devenir membres de l'Académie, cette année, sont des femmes et presque autant d’afro-américains, notamment John Boyega, vedette de Star Wars, la star d'Harry Potter, Emma Watson, la lauréate de l'Oscar de la meilleure actrice cette année, la suédoise Alicia Vikander, et la musicienne Mary J. Blige. Au sein de cette promotion 2016, 283 viennent d'autres pays que les Etats-Unis.

L'institution fait face, depuis plusieurs années, à de vives critiques pour le manque de diversité dans ses rangs ainsi que parmi les acteurs qui se voient décerner un Oscar. 
Pour une deuxième année d'affilée, les vingt finalistes 2016 pour les prix d'acteurs étaient blancs, une situation qui a conduit à des appels au boycott de la prestigieuse soirée d'Hollywood ainsi qu'à l'émergence sur Twitter du hashtag #OscarsSowhite. 

L'Académie était composée à 75% d'hommes avant que les membres de cette année aient été sélectionnés. Si les 683 invités acceptent tous l'invitation, ce pourcentage descendra modestement à 73%. Dans la même hypothèse, la part de Blancs passerait de 92 à 89%. Le conseil de l'Académie entend doubler le nombre de femmes et de représentants des minorités ethniques d'ici 2020.

(AFP)

Le compte à rebours a commencé aux Manufactures sénégalaises des arts décoratifs de Thiès. La direction générale s’apprête à célébrer le cinquantenaire de l’établissement prévu en décembre prochain. Créées le 4 décembre 1966, les Msad boucleront 50 ans d’existence cette année.

« Certes, célébrer le cinquantenaire d’un acte historique pourrait relever du simple devoir de mémoire, mais aujourd’hui, il s’agit surtout de réaffirmer la fidélité à l’histoire d’un projet culturel d’avant-garde initié et porté par l’Etat du Sénégal dès l’aube de l’indépendance nationale », a souligné Aloyse Ndame Diouf, directeur général des Manufactures sénégalaises des arts décoratifs. Créées le 4 décembre 1966, les Msad bouclent 50 ans d’existence cette année. Une trajectoire riche d’enseignements, selon M. Diouf qui fait remarquer que « des hommes et des femmes, croisant leurs itinéraires, se sont impliqués sans relâche et à des degrés divers dans l’émergence de l’entreprise ».

Il est bon de savoir, selon le directeur des Msad, « comment, grâce à la complémentarité de leurs talents, ils sont parvenus à produire : le miracle de la combinaison des techniques importées avec la culture africaine sentie du dedans et poser les prémisses annonciatrices d’étapes nouvelles porteuses de mutations futures sur le chemin de l’art ? »

Aloyse Ndame Diouf note que l’entreprise est devenue aujourd’hui, un foyer artistique dynamique, un patrimoine unique en Afrique et de ce point de vue, mérite de rayonner encore.

Un patrimoine
Le temps de la célébration du cinquantenaire permettra ainsi de mieux faire connaître les Manufactures sénégalaises des arts décoratifs, pour une mobilisation encore plus forte autour d’un patrimoine dont le président Senghor, dès 1966, avait déjà révélé la lourdeur de l’héritage, autant que la responsabilité de sa sauvegarde par la créativité sans cesse renouvelée dans la constance.
D’où, selon le directeur des Msad, « la commémoration de ce cinquantenaire pourrait se justifier par la constance de la mission renouvelée et confiée par le chef de l’Etat, Son Excellence, le Président Macky Sall qui vient de lancer une directive pouvant contribuer efficacement à la pérennisation de l’entreprise culturelle et qui consiste en : un service, une tapisserie demandée aux services et démembrements de l’Etat, pour la décoration avec des tapisseries des Msad, de leurs espaces ». C’est à ce titre d’ailleurs que l’Uemoa a eu à prendre les devants en lançant un concours artistique international qui a abouti à la  transformation de l’œuvre primée en tapisserie et exécutée dans les ateliers des Msad.

Diversification
« Ayant déjà fait l’objet d’une livraison provisoire, la cérémonie officielle pour les Cinquante ans des Msad serait ainsi l’occasion de procéder à la livraison officielle et définitive de la tapisserie des Cinquante ans de l’Uemoa », a déclaré le directeur des Msad de Thiès. Aussi, les activités au programme de cette commémoration des 50 ans des Msad vont contribuer à rendre visibles les innovations qui sont apportées dans le cadre de la diversification de la production avec les tapis de sol et de prière qui sortent des ateliers mais aussi, le programme de formation-insertion lancée en octobre 2015 avec la formation de 15 jeunes Sénégalais sur les métiers d’art en tapisserie, batik et céramique.

« C’est une formation qui devrait renforcer le programme de relève initié depuis 2012, en donnant aux anciens la possibilité de transmettre leurs connaissances techniques aux jeunes dans une optique de polyvalence. Donc, ce cinquantenaire sera aussi pour nous l’occasion de rendre hommage à tous ces hommes et femmes qui ont contribué au renforcement et maintien de l’image des Msad en tant que pôle de développement culturel et industriel en Afrique contribuant au rayonnement culturel et artistique du Sénégal à l’étranger » a-t-il dit.

Mohamadou SAGNE

Le musicien burkinabé Abdoulaye Zon dit Ablo, batteur du groupe Xalam II, est décédé lundi 8 août à Ouagadougou. « Chers amis artistes, musiciens, parents et proches... nous vous faisons part du décès de notre fils et frère, ami et batteur du groupe Xalam Abdoulaye Zon dit Ablo.

Décès survenu aujourd'hui chez lui à Ouagadougou au Burkina Faso. Priez », lit-on hier, sur la page Facebook de Tapha Cissé, percussionniste membre du célèbre groupe musical sénégalais. « Un grand batteur avec un talent fou ; d'une gentillesse et d'une générosité toujours avec le sourire. Une grande perte… C'est une douleur immense pour nous tous », écrit encore Tapha Cissé.

Tandis que Cheikh Tidiane Tall, guitariste et un des doyens du groupe Xalam II, écrit à propos d’Ablo Zon qu’il considérait comme son fils, « Un des plus grands batteurs africains vient de nous quitter… »

Le 50e anniversaire des Manufactures sénégalaises des arts décoratifs sera une belle occasion de rendre un hommage particulier à feu Papa Ibra Tall, premier directeur de l’établissement. Le Centre de formation aux métiers d’art des Msad portera ainsi son nom. Une décision prise par le ministre de la Culture et de la Communication.

L’artiste Papa Ibra Tall, premier directeur de la Manufacture nationale de tapisserie naissante, avec l’appui des artistes français Jean Lurçat, Michel Tourlière et François Tabard, a consacré près de trente années de vie de création et de management au service des Manufactures sénégalaises, où les arts de la peinture et du tissage en sont les principales productions depuis l’implantation de la tapisserie dans la ville de Thiès, dont le président Léopold Sédar Senghor a été le maire.

Toutefois, l’objectif global de ce projet de commémoration est de contribuer à la promotion de l’art africain et de rendre visibles le rôle et la place des Msad dans le développement des industries culturelles et créatives en Afrique.

M. SAGNE

Nous sommes allés découvrir son atelier, sis au quartier Dalifort de Dakar. Ici, peinture et décoration rayonnent aux yeux du visiteur, à travers des œuvres imprimées sur du tissu. Bienvenue dans le « laboratoire » de l’artiste peintre Pape Malang Koté.

Pape Malang Koté, artiste peintre, passe pourtant l’essentiel de ses journées à se glisser dans la peau d’un designer. Il choisit avec précaution des tissus, se donne la peine de les acheminer chez le tailleur, qui se charge de les couper. Ensuite, il y imprime sa marque, à travers des représentations artistiques : coupe, couleur, monogramme, rien n’est laissé au hasard. L’homme représente ses œuvres sur un support particulier, le tissu. Il propose des vêtements sobres mais classiques, assure ne point miser sur des genres « revisités ». Malang s’inscrit donc dans une posture traditionnelle, tout en s’efforçant d’être original. Le tout est de jouer sur les matières, les motifs et les couleurs.

La première étape consiste à choisir le tissu adéquat. L'artiste va ensuite dessiner sur celui-ci le motif choisi, au crayon à papier ou au stylo. Une fois le dessin terminé, il travaille les contours de sa représentation au « petit pinceau ». Avec une brosse épaisse, l'artiste va ensuite frotter « sa toile », le tissu en réalité. De cette façon, il va marquer la différence, tout en donnant du relief à la représentation. « Certaines teintes peuvent être appliquées directement au pinceau, sans passer par la phase de trempage.

Après assèchement, on obtient une couleur uniforme déposée aux endroits non protégés », souligne-t-il. Les premières couleurs choisies sont toujours les plus claires, et permettent aux suivantes de s’harmoniser. « La technique impose de ne pas utiliser trop de couleurs radicalement différentes. On joue plutôt sur des différences d'intensité », note-t-il. Lorsque cette maîtrise est totale, la technique est associée à une démarche de création artistique de la part de son auteur, le résultat final est souvent étonnant.

Des modèles uniformes
Pape Malang Kote 02Le choix du support de ces représentations est le fruit d’une longue réflexion mûrie dans le temps. Pape Malang Koté, dit en effet capitaliser une vingtaine d’années d’expériences artistiques. « J’ai été formé dans une école d’art appelée des « Artistes Réunis », sise à Sicap Sacré-Cœur. Par la suite, j’ai décidé de me mettre à mon propre compte.

Il m’arrivait souvent de prendre part à des expositions collectives. J’ai notamment participé à une exposition lors de la Biennale de 2004 », souligne-t-il. Malang est d’avis que l’art ne nourrit pas toujours son homme au Sénégal. A titre d’exemple, il assure connaître pas mal d’artistes pétris de talents, et qui ne parviennent pas à se frayer un chemin, dans ce milieu.

Ce qui les amène à souvent brader leurs tableaux, pour honorer les préoccupations existentielles. « Je ne suis pas dans cette optique, le rapport que j’entretiens avec mes œuvres m’interdit formellement de les liquider », souligne Pape.

Pour ne pas perdre la main, il a choisi d’exprimer son imagination dans un support différent. C’est ainsi qu’il s’est orienté vers les tissus. « Cela me permet de m’exprimer artistiquement, tout en écoulant des produits qui sont indispensables, à savoir les habits. Tout le monde, en effet, s’habille », note-t-il. C’est en 2001 qu’il dit avoir pris la décision de se consacrer à l’art pictural, repensée dans des tissus. Comme tout début, il a dû s’accrocher, pour faire face aux difficultés, qui n’ont pas manqué de se présenter.

Mémoire visuelle
« J’avais certes l’idée, mais je n’arrivais pas à maîtriser la technique, pour étaler mon inspiration, sur les tissus. Je m’en suis ouvert à un monsieur nommé Abdou Karim Kane. C’est ce dernier qui m’a montré comment m’y prendre. Pour les coupes, je fais recours à des tailleurs et je me contente de poser dessus la représentation artistique », informe-t-il.

Une représentation artistique reste un domaine à part où Koté peut exprimer sa propre sensibilité. Une propriété bien particulière où les connaissances classiques des règles de dessin et de peinture ne suffisent toujours pas. Le peintre doit, dès lors, posséder certaines qualités innées comme une excellente mémoire visuelle, pour garder en lui une vision globale de son sujet ainsi qu'un sens de la précision et du détail très fin. Sur ce registre, Malang assure que « ses représentations demeurent des classiques ».

Il ne reprend jamais le même motif, assure-t-il. De ce fait, ses clients sont sûrs d’être les seuls, à disposer du motif qu’il leur propose. « La capacité de concentration et la force mentale propre à chaque artiste me suffisent, car c'est à partir de là que je puise cette énergie, pour faire apparaître mes modèles », assure-t-il.

Pape Malang Koté demeure persuadé que pas mal des personnalités célèbres portent ses œuvres. Toutefois, ces personnalités ne viennent pas directement vers lui. « En fait, je travaillais avec d’autres personnes en tant que sous-traitant. Mais, c’est toujours un plaisir de voir ces hautes personnalités portées mes créations », note-t-il avec fierté. Il envisage ainsi de créer sa propre marque.

Oumar BA

La 16ème  édition  du Festival  de concours  de courts métrages « Clap Ivoire » aura lieu du 06 au 10 septembre 2016. D’après un communiqué  de la Direction cinématographique, « Ramatou », documentaire de Mor Talla Ndione et « La Promesse », une fiction de Fatou Touré, y représenteront le Sénégal. 

« Ramatou », film documentaire de Mor Talla Ndione et  «  La Promesse » de Fatou Touré » représenteront le cinéma sénégalais à la 16ème  édition  du Festival  de concours  de courts métrages « Clap Ivoire », prévu à Abidjan, du 06 au 10 septembre 2016. « Clap Ivoire » est un concours de courts métrages (13mn) ouvert aux jeunes réalisateurs des pays membres de la Cedeao. Selon un communiqué de la Direction de la cinématographie, les films ont été choisis pour leurs qualités artistiques et techniques.

« Ramatou » de Mor Talla Ndione s’articule autour du marigot de Mbao, petit coin de paradis pour les oiseaux sauvages qui était considéré comme l’un des plus beaux de la banlieue dakaroise. Aujourd’hui, la vie des oiseaux migrateurs s’organise tant bien que mal à proximité des concessions des riverains. Le dépôt de déchets et la multiplication des constructions ont dénaturé leur environnement naturel. Dans la colonie d’échasses blanches, Ramatou boîte comme pour dénoncer ce mal qui guette  la nature, mais aussi l’homme.

Quant au film « La promesse » de Fatou Touré, il raconte l’histoire de Sophie qui essaie de construire un bel univers autour de son mari Babacar et de ses deux enfants. Un jour peu ordinaire, après une journée de travail, Babacar annonce à Sophie qu’il a épousé une seconde femme trahissant toutes promesses. Sophie subit un choc émotionnel et s’enferme dans un mutisme.

« Kemtiyu-Seex Anta » projeté à Abidjan
D’après un communiqué de la Direction de la cinématographie, le jury national composé du président Abdoul Aziz Cissé, du secrétaire Thierno Diagne Bâ, du  cinéaste   Maïmouna Guèye  et du journaliste, critique de cinéma Bigué Bob, s’est réuni le vendredi 29 juillet, pour procéder à cette sélection.

La 16ème édition du Festival « Clap ivoire » sera également une occasion de projeter, en grande première, en Côte d’Ivoire, le film « Kemtiyu- Seex Anta » d’Ousmane William Mbaye. Ce sera en présence du réalisateur et d’une délégation du ministère de La Culture et de la Communication invités par le ministre de la Culture et de la Francophonie de la Côte d’Ivoire. 

Ce film sur Cheikh Anta Diop résume les pans importants de la vie de l’égyptologue qui défendait l’idée selon laquelle la civilisation égyptienne est noire. C’est le combat d'un homme qui passera toute son existence en quête de vérité et de justice, afin de redonner à l'Afrique une conscience historique et une dignité.

Le documentaire de création d’une durée de 94 minutes est le premier film bénéficiaire du Fonds de promotion de l’industrie cinématographique et audiovisuelle (Fopica) à voir le jour. 

Maguette Guèye  DIEDHIOU

Le journaliste Amadou Fall vient de publier son premier roman, « Noires déchirures », aux Editions « L’Harmattan Sénégal ». Ce texte est un « roman historique », selon l’éditeur. Paru dans un premier temps à Paris, « Noires déchirures » est disponible à Dakar depuis quelques jours. Il sera présenté au public très prochainement.

« Noires déchirures » est un roman à double entrée. C’est d’abord l’histoire de Samba Diop, un vétéran de la Deuxième Guerre mondiale, renvoyé au Sénégal au lendemain du débarquement de juin 1944. Elle est prolongée par celle de son fils, Mademba qui tomba dans la déchéance suite à l’accident mortel de son père.

Aidé par des amis repentis, il refit surface pour reprendre ses études supérieures à Dakar puis en France où, dans le tumulte de la vie parisienne, il fut pris en tenailles entre deux femmes aimantes.
Hymne à l’amitié, à l’amour et au respect des droits humains, « Noires déchirures » est un roman historique qui ne raconte pas seulement les heurts, déchirures et heurs qui ont marqué les relations entre ses protagonistes. Mélangeant la fiction et le réel, il étale des fragments de leurs vies sur la toile de fond de la saga des Africains durant la Deuxième Guerre mondiale, des affres de la colonisation, de l’indépendance et de ses illusions perdues, des événements de mai 1968, des crises politiques, économiques et sociales des années 70 et 80, de la condition des immigrés confrontés au racisme et à l’ostracisme en France, des situations conflictuelles au sud du Sénégal, etc. C’est une houleuse fresque à travers deux âges, deux générations.

L’auteur, Amadou Fall, ancien de l’École normale William Ponty, Docteur en Histoire économique et sociale, exerce le métier de journaliste depuis plus de trente ans. Un des symboles de la presse sénégalaise, il est un des acteurs de la création d’une page « Economie » dans le quotidien « Le Soleil ». Il a activement participé à la formation des jeunes journalistes dans le cadre du Collectif des journalistes d’economie (Cojes).

Amadou Fall a été directeur des Rédactions du quotidien « Le Soleil », directeur des Projets, directeur commercial avant d’y finir sa carrière comme coordonnateur général de l’Administration. Amadou Fall a été l’auteur de plusieurs reportages, enquêtes et chroniques régulières comme « Lignes libres », « Echographie » ou « Ecovision ».

L’Institut de coupe, couture et de mode de Dakar, en partenariat avec l’Agence japonaise de coopération internationale (Jica), a organisé, vendredi dernier, un défilé de mode à la Place du souvenir. Il a permis, par-delà la célébration de la beauté des imaginations « plaquées » sur des étoffes et des corps, de révéler des talents et de confirmer le savoir-faire de leurs formateurs.

Il s’est agi de mettre le beau puisé de son génie au service de ce qui fait sens et référence à des usages, à des thèmes. Les applaudissements enthousiastes et quelquefois les acclamations de l’assistance attestent de la qualité des créations. Des étudiants frais émoulus de l’Institut de coupe, couture et de mode et quelques-uns de leurs formateurs ont conféré aux étoffes soupir, splendeur et signification. Le styliste et modéliste Abdou Lahat Guèye recherche l’exotisme à travers le « Guéréwol », rituel nuptial des Wodaabé du Niger se déroulant à la fin de la saison des pluies, pour montrer l’étroitesse des lignes de démarcation entre les pratiques traditionnelles et modernes. Ce « voyage » permet à ce jeune costumier de scène sorti de l’Ecole nationale des arts de mettre en évidence les superpositions, les accumulations de matières et les manipulations des décorations avec des motifs pratiquées sur les vêtements par les ce groupe humain nigérien. Avec une subtilité artistique, les coiffures et les maquillages s’accommodent à la « rusticité » majestueuse des lignes. Les formateurs Adama Niang et Ramata Diao ont aussi déployé leur habilité en parfaite complicité avec des « lianes » à l’allure sublime.

Collection de bonne facture
Les étudiants ont également fait preuve de créativité en s’inspirant de symboles et d’œuvres d’artistes de renom. Ndeye Coumba Faye, pensionnaire de l’Institut de coupe, couture et de mode a pastiché l’artiste-peintre Amary Sobel Diop pour offrir une collection qui a enchanté l’assistance. Amadou Fall Badji en a fait de même avec les œuvres du défunt sculpteur, Moustapha Dimé, pour convaincre de son talent. Un retour à un passé douloureux, c’est ce que Ndeye Fatou Faye a donné à voir. Son imagination l’a fait divaguer jusqu’à l’Ile de Gorée pour emprunter à la maison des esclaves ses ouvertures, ses rampes, ses escaliers, sa texture pour une collection de bonne facture. C’est qu’ici, dans cet institut national, l’on satisfait encore aux exigences du métier.
« Nous apprenons à nos étudiants à avoir une ligne restreinte de cinq modèles avec des choix bien réfléchis, des couleurs et des formes pour qu’on puisse sentir des ruptures à l’intérieur des collections. Nous donnons beaucoup d’importance à a confection, à la réalisation du modelage, au choix des couleurs et surtout à la signification qu’on confère à la collection vestimentaire », confie Barkinado Bocoum, formateur en dessin de mode couleur et créativité dans cet établissement public créé en 1972, aujourd’hui rattaché au ministère de la Formation professionnelle, de l’Apprentissage et de l’Artisanat. C’est un ancien département des Beaux-arts qui reçoit des étudiants d’ici et d’ailleurs.

 En outre, ce défilé a été l’occasion de s’émerveiller des créations de la styliste japonaise et stagiaire de la Jica, Ikumi Otake, affectée à l’Institut pour deux ans. Ceci entre, selon Barkinado Bocoum, dans le cadre d’une politique de rencontres et d’échanges culturels. Sa collection met en lumière l’attachement du peuple japonais à ses singularités et son ouverture au monde qui se traduisent par une « hybridité vestimentaire ». Ici, le mouchoir de tête ou la « ceinture » ne sont pas de banales étoffes. Elles en rajoutent à la grâce. Comme celle qui a illuminé la soirée.

Alassane Aliou MBAYE

Joseph Gaï Ramaka est de ceux dont on dit qu’ils ont « blanchi sous le harnais » et trouvent leur second souffle d’inspiration dans leur altruisme. Gorée, « sa terre d’accueil », n’est pas une île de douce oisiveté pour ce cinéaste qui a parcouru les continents. Le monde ne lui en aurait certainement pas fait grief après qu’il l’a gratifié d’une filmographie de maître. Le réalisateur de « Karmen Geï », de « Ainsi soit-il ! » etc., sans se répandre en jérémiades sur le cinéma sénégalais en éternels balbutiements ou en éloge sur une carrière enviable, pose des actes dans la limite de ses possibilités et engage, depuis des années, la réflexion sur le devenir du 7e art au Sénégal. L’esprit du Gorée Cinéma que le Saint-Louisien a initié avec des jeunes et les analyses auxquelles il se livre dans cet entretien en témoignent largement.

Quelle appréciation faites-vous de cette deuxième saison du Festival Gorée Cinéma ?
Cette saison, on souhaitait saluer le travail qui a été fait entre temps avec le Fonds de création qui a été mis en place et les premiers résultats qui sont tombés. Nous avons ouvert le festival avec un documentaire produit uniquement avec l’apport d’un producteur et la participation du Fonds de promotion pour l’industrie cinématographique et audiovisuelle (Fopica).

Nous sommes restés dans le documentaire avec le deuxième cycle en présentant un film qui nous venait de Tunisie avec le printemps tunisien et un autre d’une sénégalaise (Tunisia Clash de Hind Meddeb et The revolution won’t be televised de Rama Thiaw) qui traduisaient, du point de vue de leurs réalisatrices, un engagement citoyen. C’était également pour dire, convaincu que le cinéma peut faire bouger les lignes, qu’il était important, si on veut que l’Afrique bouge, qu’elle mette en avant un certain engagement citoyen. L’exemple venait de deux femmes d’horizons différents. C’est assez fort. Probablement, pour le troisième, on va mettre un accent sur le message destiné aux enfants. Ce n’est pas encore totalement défini.

Le Gorée cinéma n’est-il pas un palliatif face au déficit d’infrastructures cinématographiques ?
C’est plus qu’un pansement, c’est un plaisir. Je trouve qu’il est mille fois plus agréable de regarder des images avec comme toit un ciel étoilé. Ce n’est pas un palliatif, c’est une option.

Avec le cinéma en plein air, on partage plus que le film. On partage la nuit, un climat propice à se raconter ou à écouter des histoires, la mer, un espace jouissif.

Les cinéastes sénégalais se sont-ils approprié le festival Gorée cinéma ?
Cela se fait petit à petit. La première manière de se l’approprier, c’est d’y présenter des films. Les cinéastes montrent du plaisir à présenter des films à la rencontre d’un autre public. Des réalisateurs viennent aussi quand ils n’ont pas de films à présenter. Il y en a parmi eux qui nous viennent d’horizons différents.

Pourquoi le choix de Gorée ?
C’est un choix presque logique. Gorée est une mémoire et symbolise beaucoup de choses dans la conscience collective sénégalaise et mondiale. Elle a cristallisé les grandes crises de l’humanité. C’est une chose dont il faut se souvenir. C’est aussi un point qu’il faut reconstruire. Mais cette reconstruction exige qu’on tisse nos rêves pour en faire une réalité partagée. C’est donc la rencontre entre deux exigences : le devoir de mémoire et la transformation pour approfondir des relations de paix, de bien-être à travers le monde. C’est la possibilité de trouver en un lieu ces deux exigences qui donne une cohérence au choix de Gorée.

Avez-vous un projet personnel dans le domaine du cinéma ?
J’inscris mon projet dans une perspective collective. C’est de voir ce que je peux apporter pour faire bouger les lignes du cinéma dans mon pays. Mais, je réfléchis aussi sur ce qui me paraît être des tendances fortes, nouvelles qui peuvent contribuer au développement du cinéma au Sénégal. Cela reste mon exigence fondamentale à l’intérieur de laquelle je peux me greffer pour des projets individuels d’écriture et de réalisation. Le diagnostic sur la situation du cinéma au Sénégal et en Afrique a été fait depuis plus de 20 ans. Dans l’ensemble, il n’y a pas eu d’évolution après cet examen. Mais, pour une première fois, en 2014, un président de la République a promis de mettre un milliard de FCfa dans le cinéma et l’a fait. Cela a permis de sortir des films. Ce qui est important, est que les autorités tiennent leurs promesses et que les cinéastes fassent bon usage de ces fonds. Un milliard de FCfa, ce n’est pas énorme. Par contre, ce qui est essentiel dans cette histoire, c’est que notre interlocuteur a tenu parole. Et cela ouvre une ère nouvelle.

Qu’est-ce qu’il faudrait faire pour que le cinéma sénégalais soit viable ?
L’industrie du cinéma repose sur un socle, le ticket d’entrée. Le plus important, c’est de montrer comment les choses s’organisent et qu’est-ce qui fait du cinéma une industrie et une source de production de richesse ? Le Maroc a décidé, depuis une dizaine d’années, de reprendre les choses en main et il a réussi son pari.  En 2014, le Maroc a diffusé 288 sur 32 salles de cinéma. Cette diffusion a rapporté 4,70 milliards FCfa en un an. Sur 288 films diffusés, les trois premiers en tête du box-office sont des films marocains. En termes de recettes, ils ont dépassé le milliard de FCfa.

La responsabilité de l’Etat sénégalais qui crée l’infrastructure n’est-elle pas alors engagée dans la mesure où on ne peut pas parler de ticket sans salle de cinéma ?
On peut poser le problème en d’autres termes. Pour en revenir à l’exemple précédent, l’Etat marocain a investi sur 20 films, en 2014, 3,586 milliards FCfa comme participation parce que c’est une coproduction. Cet investissement est quasiment amorti par les recettes générées par les trois premiers films sur les 20 dont 13 sont sortis en salle. Alors, ce n’est pas du rêve.

Cela a été possible dans un pays avec lequel nous présentons beaucoup de similitudes.  Si l’on crée les conditions de circulation de ce petit bout de ticket à travers un réseau de salles de cinéma, on peut, en intelligence avec nos populations, générer suffisamment d’argent pour que le septième art s’affranchisse dans l’avenir de l’apport monétaire de l’Etat. Par ailleurs, le Maroc a su comprendre que l’esprit du cinéma devrait être entretenu dans le pays. Il y a actuellement 66 festivals ou rencontres cinématographiques qui fonctionnent au Maroc. Cela permet de créer en profondeur, en dehors d’une sortie ordinaire des films, une atmosphère propice à aller au cinéma, à échanger à partir du cinéma. Ils ont également su acclimater et attirer la production de longs métrages et de séries télé au Maroc. Ils en ont eu 38 qui ont généré 71 milliards FCfa parce que les choses sont tournées au Maroc. Le cinéma est un petit levier avec lequel on peut soulever le monde.

La réalité socio-économique du Sénégal autorise-t-elle une comparaison avec le Maroc ?
Bien sûr. Le nombre de salles qui tournent actuellement au Maroc, on l’avait. A l’époque, la Société sénégalaise d’importation, de distribution et d’exploitation cinématographique (Sidec) avait, à elle seule, plus de 32 salles de cinéma. Elle a généré énormément d’argent mais ces revenus n’ont pas été réinvestis dans le cinéma et ont été récupérés par l’Etat. On peut rembourser un investissement fait dans le cinéma à 100 % en un an d’exploitation parce qu’il génère assez de revenus.

Il aurait été certainement plus rentable si la télévision jouait sa partition…
Je crois qu’il faut revenir aux fondamentaux. La base de toute industrie cinématographique, c’est le ticket d’entrée. La deuxième chose qu’il faut dire, c’est qu’aucune cinématographie ne s’est développée au monde sans une dialectique installée entre le cinéma et la télévision. Si on veut que le cinéma sénégalais et panafricain contribue à enrichir le pays, au-delà du contenu qui peut sensibiliser, apporter la paix, la connaissance, le plaisir… il faudrait faire en sorte que le secteur de la télévision, dans sa globalité, et plus singulièrement la Télévision nationale, jouât son rôle dans le développement de l’industrie cinématographique sénégalaise. Il faut que la Télévision nationale achète et diffuse les films faits par les Sénégalais parce qu’ils parlent au peuple. C’est de cette façon que l’Etat n’aura plus à injecter continuellement des fonds dans le cinéma. Sur ces deux jambes, en moins de 5 ans, on peut réaliser ensemble des choses énormes et atteindre le niveau du Maroc.

Quel regard portez-vous sur la nouvelle génération de cinéastes sénégalais ?
Dans la vie, il y a deux générations : celle qui a fait et qui n'est plus là et celle des vivants. Les cinéastes vivants sont ceux qui font tourner la machine tout en sachant qu'ils sont héritiers d'un excellent travail fait par leurs devanciers. Il faut apprendre de ceux qui ne sont plus là physiquement, dont les succès et les erreurs peuvent nous permettre d’aller plus loin et également insister sur la formation. Il y a certes des initiatives, mais il faut les systématiser car les gens se débrouillent toujours pour faire de la formation et celle-ci ne va aboutir que lorsque tout le système sera mis en place.

Les pesanteurs religieuses et socioculturelles, en favorisant l’autocensure, ne sont-elles pas des obstacles à l’émergence d’un cinéma fort  ?
Il peut exister des cinéastes sénégalais qui sont dans l'autocensure comme les écrivains pour diverses raisons. Le Sénégal est à 70% composé de jeunes qui ont leur avenir devant eux. Les pesanteurs, la plupart du temps, ne sont pas portées par ces jeunes. La jeunesse, au contraire, aspire à avancer. Elle a dans sa tête comme espace d'expression le monde. La dernière programmation de Gorée Cinéma en est une illustration achevée. Les films produits par des jeunes, quelles que soient leurs appartenances culturelles, reflètent tous la même réalité. Nous avons la chance d'avoir un pays extrêmement jeune où ceux qui se confinent dans des pesanteurs ne peuvent pas peser lourd. Les pays ne sont plus enfermés mentalement.

Quelles sont les implications de l’évolution du numérique pour le cinéma sénégalais ?
Il n'y a aucune des nouvelles technologies numériques où l'on ne retrouve pas des Sénégalais qualifiés. Le problème que l’on peut avoir avec le numérique, c'est qu'à l'heure actuelle, près de 100% de la production cinématographique mondiale se distribue dans un système qu'on appelle Dcp 2k ou 4k (Digital cinema package).

La production cinématographique, pour des raisons d'économie et d'évolution, se distribue sous ce format. Le risque que nous encourons si nous n’empruntons pas cette voie, c'est d'avoir un autre gap technologique qui nous mettrait dans l’impossibilité de recevoir la production cinématographique mondiale. Et dans ce sens, le Maroc est bien plus en avance que nous car les autorités ont construit huit salles adaptées à ce dispositif. Il ne faut pas que nous perdions du temps à construire des salles avec l'ancien système.

Il semble que vous aviez de mauvais rapports avec l’ancien régime…
L’ancien régime avait davantage de problèmes avec le peuple qu’avec ma personne !

Propos recueillis par Alassane Aliou MBAYE

Il fait partie des « grands frères » du hip hop sénégalais. Ce titre, Matador, rappeur, membre fondateur du groupe Wa Bmg 44, producteur de musique et président de l’association Africulturban l’a acquis au fil des années et à force d’abnégation. Découverte d’un des précurseurs du rap « Galsen » qui ne se décourage guère malgré les difficultés des années qui passent.

Dans le milieu du hip hop, il est aimé, adulé et respecté. Il fait office de « grand frère ». Pour cause, Matador capitalise plus d’une vingtaine d’années d’expérience, accumulées au fil des années. Pour poser la main sur lui, il a fallu patienter. Attendre que des fans venus à une conférence de presse pour le prendre en photos. D’autres réclament un autographe. Il y a enfin ceux qui se contentent juste de « serrer la main » à leur artiste préféré.  Derrière cette « gloire » qu’il peut enfin savourer en tout honneur,  se cache, en réalité, une longue histoire qui s’est parfois traduite en  une véritable traversée du désert.

De son vrai nom Babacar Niang, Matador est un bonhomme d’un mètre 65 tout au plus. Mais grand de par ses textes, il a su forger le respect de ses camarades artistes. Ces compères rappeurs lui vouent, en effet, « admiration ». Il y a de quoi, avec deux bons albums réalisés avec son groupe Wa Bmg 44 et le titre de meilleur album hip hop du Sénégal en 2004, ainsi que celui de meilleur artiste hip hop au festival Hip Hop Awards et meilleur artiste hip hop Rnb Live au Sunu Music Awards.

Tout au début, c’est plutôt la danse qui attire Matador, à l’image de la plupart des jeunes de sa génération. Nous sommes dans les années 1980.  « Je faisais du break-dance. Cela m’a permis d’être en contact avec toutes les disciplines du hip hop, car le rap ne se limite pas seulement à la chanson », note-t-il.  De la danse à la chanson, il n’y a qu’un pas à franchir. Et Matador n’a pas mis beaucoup de temps à le faire.

Mais si le public a pu découvrir l’artiste, c’est bien au sein du groupe Bmg (en compagnie de Matar le Cagoulard et Omar Ben Khatab). Des amis d’enfance avec qui le rappeur dit avoir fréquenté  le collège. Une fois le Bfem en poche, le groupe d’amis est orienté dans différents lycées de Dakar. Ce qui sera d’ordre à  installer une rupture temporelle. C’est à tout hasard que le groupe se retrouve ou du moins c’est l’amour commun du rap qui va à nouveau les réunir.

« Un concert de rap est organisé à Thiaroye. Je devais jouer, mes anciens copains de classe aussi. Après ce concert, nous avons à nouveau commencé à nous fréquenter et c’est comme cela que le groupe s’est naturellement formé », souligne-t-il. Les liens qui s’étaient, depuis des années, distendus sont à nouveau recollés. La bande d’amis est plus que jamais déterminée à cheminer ensemble.  Le groupe Bmg se forme. Le « B » faisant référence à Babacar  « M » faisant référence à Matar le Cagoulard et le « G » à Omar Ben Khatab communément appelé à l’époque Guèye.  Ces initiaux sont également traduits en « Black Mouvement Game ». Puis Bmg sera traduit en « Bokkou Meun Meun » Gëstou, une manière de « montrer que la banlieue n’est pas un socle où se développe la violence. Il y a majoritairement des jeunes intelligents et conscients », souligne Matador.  Le groupe finit par s’imposer dans le paysage, à l’époque très restreint du rap sénégalais. Il fera son chemin. Toutefois, il va plus tard intervenir une rupture. Mactar le Cagoulard intègre le groupe RapAdio. Les deux autres compères poursuivent l’aventure. Plus tard, ce sera à Omar Ben Khatab de quitter. Mais cette fois-ci, c’est pour émigrer. Matador reste donc le gardien du temple. Malgré ces ruptures, Matador promet « qu’il a maintenu les meilleurs rapports du monde avec ses anciens compères du groupes ». Selon lui, leur  lien allait au-delà de la musique.

De rêve à réalité
Qu’est-ce que c’est « bien écrire » ? Matador a beau avoir une haute idée de lui-même, là-dessus il refuserait presque les compliments. Parce que ses expressions sont de « vrais mots puisés dans le vécu du monde » et que ses phrases ne sont pas que des fragments, « sans préfixe ou suffixe ». Qu’on commente ses textes en poèmes le laisse perplexe, le rap s’y prête peu. Il a toujours cherché le thème de ses textes dans le vécu de tous les jours. Pour expliquer ce qu’est un « punch line », par exemple, il lance que « c’est comme à la boxe, tu vois une ouverture et bam, tu places un bon uppercut. C’est quand le mec écoute, il comprend ».

Au fil de l’échange, certains rappeurs regagnent leurs voitures pour rentrer. Le geste peut sembler anodin, mais il constituait un rêve au tout début de l’arrivée de ce mouvement au Sénégal. Qui l’eut cru, des rappeurs qui roulent à bord de leur caisse ? Matador confirmera qu’au tout début, ce scenario pouvait relever du rêve.

« Mais, pas pour ceux qui croyaient à cette culture », assure-t-il.  « Nous avons toujours cru qu’un jour viendra et nous pourrons, comme tout le monde, vivre de notre art, sinon à quoi bon s’accrocher », se demande-t-il. Egalement, le rap constituait plus un sacerdoce, qu’une voie d’ascension sociale, souligne-t-il. Au début des années 1980, très peu de personnes s’intéressaient au hip hop. Le genre s’est peu à peu diffusé grâce aux radios libres sous l’impulsion de quelques passionnés. A cette époque, il n’y avait pas  beaucoup de rappeurs, se souvient-il. Les jeunes années du hip hop furent celles des danseurs comme les « Breakers ».

La banlieue, vivier du rap
Partout où le rap s’est introduit, le phénomène est parti de la  banlieue pour aller gagner d’autres lieux. Le Sénégal ne fait pas exception à cette règle. Les jeunes de Pikine, Thiaroye et Guédiawaye se sont, en effet, très tôt intéressés au rap et s’y sont adonnés à cœur joie. Cet intérêt tranché pour cette musique  demeure aujourd’hui plus que jamais une réalité dans les zones dites banlieues. Toutefois, les moyens d’accompagnement font encore défaut.

« Malgré l’expérience que nous avons accumulée, nous tardons à bénéficier du soutien des autorités politiques, pour mettre sur pied des infrastructures de base,  pouvant aider les jeunes à développer leur talent de musiciens », se plaint Matador. Le rappeur se refuse toutefois de courir derrière qui que ce soit, pour récolter des subsidies. Pour l’heure, il fait avec les moyens du bord, « dans le respect », comme le veut le hip hop. Il revient aux autorités de comprendre les enjeux et de se rapprocher des jeunes.  Africulturban, l’association créée en banlieue entre potes, et dont il est le président, compte aujourd’hui en son sein 1.700 membres et tous évoluent dans l’art urbain. Ces jeunes sont tous issus de la banlieue, ce qui, à ses yeux, « devrait pousser les autorités locales à soutenir ce mouvement ».

Matador aime aussi pratiquer le slam. Un genre qu’il a découvert dans le cadre de ses déplacements en Occident. Il fera même sortir un album afin de faire découvrir aux mélomanes sénégalais ce genre nouveau. L’apparition du slam est un peu plus tardive en Afrique. Les règles et même l’expression slam n’étaient pas encore connues des pratiquants ; le cadre se cherche encore dans des expérimentations sur fonds musicaux la plupart du temps, ou sous la forme de simples scènes ouvertes poétiques. La formule prend, la compétition capte l’attention et pose un silence d’écoute. A ce moment débute une expérience poétique collective et participative, où les styles littéraires les plus différents se côtoient, où une liberté d'opinion absolue est garantie et où les spectateurs,  devenant membres du jury, ont un impact croissant sur la qualité des textes et des performances.

Gardien du temple
Concernant les anciens membres de Bmg 44, ils sont aujourd’hui répartis un partout dans le monde. Manu est à Paris, Matar aux Etats-Unis, Omar à Bruxelles, informe Matador. Les  « petits frères », ceux qui ont choisi d’embrasser une carrière de rappeur, l’ancien leur conseille de garder le cap, de chercher surtout à se professionnaliser. Il est d’avis qu’il y a plusieurs opportunités qu’il faut juste savoir exploiter, à bon dessein. Il rappelle également  que le Rap ne se limite pas simplement au Sénégal, il faut savoir s’ouvrir, suggère-t-il. « Les sacrifices ont été essentiellement fait par les générations pionnières. Les jeunes ont juste à s’organiser en conséquence, se professionnaliser et travailler d’arrache-pied ; il y a des opportunités à exploiter », souligne-t-il.

Papa de trois filles, Matador trouve que si jamais un de ses rejetons prenait l’initiative de suivre ses pas et se lancer dans le Rap, l’artiste ne se priverait pas de le soutenir. « Pour avoir des années durant évolué dans ce milieu, j’ai fini par comprendre que c’est un job, comme tous les autres. Et pour rien au monde, je ne  priverais une de mes enfants d’y évoluer, s’y tenter si elle en a l’envie », note-t-il. Il n’est cependant pas question de pousser quiconque à s’y intéresser, précise Matador. Cela doit venir du feeling…

Par Oumar BA

Adama Baytir Diop a présenté, mercredi, son ouvrage intitulé « Comprendre l'histoire des Lebu de la Presqu'île du Cap-Vert : aperçu historique ». C'était en présence du directeur de l’Ufr des Lettres et des Sciences humaines de l’Ugb de Saint-Louis, Boubacar Camara et Oumar Diop.
Dr Adama Baytir Diop enseigne l’Histoire générale de l’Afrique à l’Ufr de Lettres sciences humaines de l’Ugb de Saint-Louis. Dans cet ouvrage, il revient sur l’histoire de la communauté lébou de la Presqu’île du Cap-Vert à laquelle il appartient. Selon Dr Diop, les Lébou s’installèrent avant la fin du Moyen-Âge dans la minuscule et isolée presqu’île du Cap-Vert, une terre battue par les vents, aux sols fertiles et aux eaux poissonneuses. Ils comprirent la nécessité de se doter de solides institutions politiques et culturelles pour assurer leur sécurité. Ils réussirent ainsi à traverser moult épreuves (conflits internes, fléaux, catastrophes) et à faire face aux grands dommages, à de multiples agressions (traite négrière, invasions, menaces, pénétration européenne, colonisation française), faisant même de leur presqu’île une « zone de refuge, un havre de paix ».
Au cœur de cette évolution mouvementée, la République lébou et sa fille la Collectivité lébou de Dakar, deux formes d’adaptation de l’organisation politique traditionnelle aux exigences du temps qui, par leur force, leur solidité et le sens politique étonnant des hommes qui les animèrent, réalisèrent un certain nombre de prouesses inédites dans l’histoire de la colonisation en Afrique.
 
Communautés ethnolinguistiques
Ce qui leur permit d’empêcher ce qui pouvait faire de leur presqu’île une seconde Sierra Leone (avec les velléités françaises d’envoi des esclaves affranchis qui se trouvaient au début du 19ème siècle sur le sol métropolitain), de traiter d’égal à égal dans des rapports normaux d’Etat à Etat, pendant 40 ans, avec les représentants de la France au Sénégal, de tempérer dans leur presqu’île les ardeurs guerrières et coloniales du fougueux et teigneux Général Faidherbe, Gouverneur du Sénégal. Les Lébou bénéficièrent également du respect et de la considération des autorités françaises pendant toute l’époque coloniale, et parvinrent à mobiliser et cristalliser les énergies de tous les Lébou, même constamment divisés comme ce fut le cas pendant la colonisation.
Parlant du Dr Baytir Diop, le Pr Boubacar Camara, a rappelé qu’il est né en 1945 à Mbao. Il est « lébou de la banlieue » par son père, mais aussi « lébou des onze pencc de Dakar » par sa mère.
Etudiant en 2ème cycle d’histoire, il mit un point d’honneur à explorer le passé de sa communauté articulé à celui du Sénégal. Docteur en Histoire, il s’attacha sans cesse à élargir et approfondir ses recherches sur ce même sujet.
Ainsi, a-t-il poursuivi, nul mieux que lui n’a suivi l’évolution de la société lébou, nul autant que lui ne s’est intéressé au processus de vie de cette communauté. Enseignant l’Histoire générale de l’Afrique à l’Ugb de Saint-Louis, Adama Baytir Diop continue de réfléchir sur le devenir des communautés ethnolinguistiques dans le cadre des jeunes Etats-nations africains. Il est, par ailleurs, l’auteur de l’ouvrage « Le Sénégal à l’heure des indépendances ; le projet politique de Mamadou Dia (1957/1962) ».
               

  Mbagnick Kharachi DIAGNE

Le jeune rappeur, Pape Ndour, de son nom d’artiste Npac, sort l’album « Hard History », après deux singles qui l’avaient révélé au public. Cette autoproduction, riche en couleurs, est une radioscopie de la société sénégalaise dans ce qu’elle a de plus noble et de plus attristant. Elle met en relief le talent d’un artiste qui, malgré sa jeunesse, véhicule un message universel.

La rue était le réceptacle de son ressentiment. Aujourd’hui, par la magie du hip hop et par son talent, il en a fait la source de son inspiration. Pape Ndour alis Npac, longiligne jeune homme, porté par une ambition légitime de soulever les foules par la profondeur de ses rimes riches en émotion et en sens, promène les mélomanes le long d’une berge enchanteresse.
Son opus de neuf titres, « Hard History » est une belle illustration de son cheminement loin d’être un fleuve tranquille. Il ne vient pas prétentieusement montrer à l’humanité, dans cette œuvre qu’il se veut « magistrale », la voie du salut. Le bonhomme chante des vies possibles, la beauté de l’amour, l’infamie dont peuvent se couvrir certaines âmes. « Mon vécu m’inspire. La malfaisance et la bienveillance me donnent matière à réflexion », souligne-t-il, heureux de pouvoir partager ses émotions, ses appréhensions, ses joies éphémères.

Le titre éponyme « Hard History » est une synthèse de cette première production. Il met en lumière le don d’un artiste pour ce genre musical, rapporte ses peines, haines et déveines. Le morceau dessine autant un univers impitoyable et ignoble qu’il entretient l’espoir par la capacité de l’homme à envisager son futur avec l’autre. Dans « Dunya », il fait référence aux difficultés et aux injustices avec à la fois violence et tendresse pour finalement confier son sort à celui qui donne sens à son existence et qui ne l’a jamais lâché, Dieu.  La prouesse de cet admirateur du rappeur américain 2pac est de n’avoir pas fait des infidélités, tout au long de ses divagations rythmiques, à son thème majeur fondé sur une humanité perdue ou à conquérir. « If i die young » (si je meurs jeune) n’est pas une prémonition. Ce titre joué avec le rappeur DreadSkeezo porte la marque d’un être à la trajectoire sinueuse.
En 2003, il s’essaie aux rimes avant de « choper » le virus du rap en 2006. Trois ans plus tard, « Nianga » comme se plaisent à l’appeler ses camarades, sort son premier single, « Ça va mal », pour apporter sa part de désapprobation face au régime libéral. En Tunisie, la même année, pour se faire un autre destin, Npac n’a pas résisté aux chants des sirènes qui l’attiraient au Sénégal où « mon single était bien accueilli ».
Il intègre, en 2014, l’équipe « 77 métriz’arts » pour noyer sa déception de ne pouvoir donner à sa carrière l’élan que lui promettait son talent. Elle est d’autant plus profonde qu’il souffrait de l’incompréhension de ses proches. Le single-vidéo « Tiktak go », sorti en 2015, ne traduit que l’abnégation du bonhomme à percer dans le milieu du hip hop et une volonté de célébrer son royaume d’enfance, Pikine. « Le rap, c’est plus qu’un exutoire. Il est en moi et me permet de m’exprimer par rapport à mon environnement, à mes joies et peines ». De révéler son immense talent aussi.

Alassane Aliou MBAYE

La date de clôture du dépôt des candidatures aux Fact-checking  awards est prévue pour le 31 août 2016, informe un communiqué de Africa Check.

Il ne reste plus qu’un mois pour ceux qui souhaitent participer aux concours de Fact-checking awards. D’après un communiqué  de Africa Check, la date limite de clôture du dépôt des candidatures  est prévue pour ce 31 août prochain. « Les Prix africains de "fact-checking" sont les seuls prix ouverts aux journalistes sur le continent et distinguant le meilleur journalisme en Afrique entre septembre 2015 et août 2016 dans le nouveau et passionnant domaine du "fact-checking" », renseigne le document écrit.

Organisé pour la troisième fois en partenariat avec l’Initiative des médias d’Afrique (Ami), le « fact-cheking » est un nouveau et passionnant concept, comme le prouve la conférence de 100 organisations de « fact-checking » prévue en juin en Argentine pour discuter des développements dans ce domaine. Plusieurs prix (« meilleur article de sport », « meilleur article d’actualité » ou « meilleur article d’investigation ») honorant différentes catégories de journalisme existent déjà. Mais ces prix de « fact-checking » sont différents.
L’année dernière, le  lauréat « fact-checking awards »  était du Nigeria et les deuxième et troisième étaient d’Afrique du Sud. En 2014, le lauréat venait du Ghana et ses dauphins de la

Zambie et du Kenya. Cette année, les prix seront élargis et les organisateurs annoncent deux principales récompenses dont chacune sera dotée de 2.000 dollars Us: l’une pour le meilleur « fact-checking » d’un journaliste anglophone, l’autre pour le meilleur « fact-checking » d’un journaliste francophone. Les deuxième et troisième prix seront dotés chacun de 1.000 dollars Us. Quant aux noms des vainqueurs, ils  seront annoncés en octobre au cours d’une cérémonie officielle organisée par l’Ami à Nairobi.

Maguette Guèye  DIEDHIOU

Le Conseil national de régulation de l’audiovisuel (Cnra)  invite les médias audiovisuels, à travers son dernier Avis trimestriel (Avril, mai, juin 2016), à  respecter « l’exigence de protection du collectif social et la sauvegarde des minorités vulnérables » afin de préserver les valeurs fondatrices qui gouvernent la société.

Le Conseil national de régulation de l’audiovisuel note dans son dernier Avis trimestriel (Avril, mai, juin 2016) que  la recherche d’audimat ne devrait pas servir de prétexte à un recours « à outrance à la publicité, en violation de la réglementation en vigueur ». Le Cnra souligne l’importance de la liberté d'expression, en particulier dans le processus de création audiovisuelle, l’expression de la diversité des genres, des formats et des codes audiovisuels. Le Cnra, rappelle, que cette liberté doit s’exprimer tant dans le contenu des idées et informations exprimées que dans les modes et formes de leur expression.    
L’éducation aux médias joue un rôle indispensable dans la maîtrise et la connaissance par les publics réceptacles des conditions spécifiques de production et de diffusion de l’offre programmatique. Cette dynamique peut participer aussi à une meilleure compréhension des langages médiatiques à l’aune des enjeux sociétaux inhérents,  à la chaîne de valeurs audiovisuelles dans toute l’étendue de son activité, lit-on dans l’Avis trimestriel parvenu à notre Rédaction.      
« La sauvegarde nécessaire de la moralité, des valeurs éducatives informatives des contenus audiovisuels, oblige les éditeurs audiovisuels à ne pas diffuser des  programmes dont l’impact est ou peut être négatif sur certains publics, non préparés à les recevoir», souligne le Cnra.                           

Dysfonctionnements et manquements
Les faits constatés et répertoriés dans le présent avis couvrent la période du 1er avril au 30 juin 2016. Au cours de cette période, les dysfonctionnements et manquements constatés ont trait à « l’absence de la signalétique ou une mauvaise interprétation de son usage, récurrence de la publicité et de la propagande, particulièrement par les présentateurs sur les chaînes de télévision, exposition des téléspectateurs et des auditeurs, particulièrement du jeune public, à certains programmes qui se caractérisent par l’utilisation d’un langage grossier et outrancier, l’amplification de propos ou d’attitudes de nature à entraîner des comportements violents et/ou débordements au préjudice de paisibles citoyens ».       

Le Cnra recommande,  face à de tels dysfonctionnements  et manquements, de « veiller au respect des dispositions de la loi n°2006-04 du 04 janvier 2006  et des stipulations des cahiers des charges applicables au titulaire d’une autorisation de diffusion de programme audiovisuel  notamment celles relatives : à  la  protection  des  mineurs,  dans  les  contenus  des programmes audiovisuels, au respect de la dignité humaine, à la signalétique jeunesse et à la classification des programmes, en accordant une attention particulière au choix des images diffusées à l’antenne ».      

Le Cnra invite les medias concernés à se conformer aux principes qui régissent la promotion des produits, marchandises et marques dans les programmes audiovisuels. « La publicité, le parrainage, le sponsoring relèvent de régimes juridiques différents qui en  précisent la place dans les grilles de programmes des radios et télévisions. De même, les messages  publicitaires doivent être clairement annoncés comme tels », souligne le texte.

La structure de régulation de l’audiovisuel rappelle que certains dérapages dans les émissions de radio et de télévision exposent tant leurs auteurs à des poursuites judiciaires que  les éditeurs qui offrent ces tribunes sans s’entourer  des précautions nécessaires. A cet égard, « les nombreuses rediffusions constituent un facteur particulièrement aggravant. Les animateurs de ces émissions sont invités à ne pas céder à la surenchère, ni à encourager certaines dérives verbales ».

Oumar BA

Le premier enregistrement de l’émission « Summer Pencc », un concours de courts métrages réalisés par des enfants de 12 à 17 ans de différentes écoles de Dakar, a eu lieu mercredi, dans les locaux du Monument de la Renaissance africaine. Sous format téléréalité, elle sera bientôt diffusée sur la Rts1.

Regroupés en groupes par affinité ou par nécessité comme dans un Pencc traditionnel, un lieu par excellence où chacun parle des affaires de la cité en vue de trouver des solutions pour sa bonne gestion. Ici, ce qui les ressemble est d’ordre cinématographique. Comment faire pour arriver en finale dans ce concours télévisé de réalisation de courts métrages dans l’art du numérique autour de sujets socioculturels et environnementaux.

Venus en masse regarder le travail qu’ils ont abattu en une semaine, on note chez eux un grand engouement. Djamani est élève en classe de troisième au lycée de Thiaroye. Avec le groupe « Safy Faye », ils ont réalisé, en premier lieu, un reportage sur la scolarisation des filles et en seconde partie, un sketch sur les grossesses non désirées. Deux productions qui seront projetées dans le premier enregistrement. « On a appris les différents types de plans, l’écriture de scénarii, le montage et la prise d’images », se satisfait-elle.

Un autre candidat, cette fois scénariste du groupe Ousmane Sembène, estime qu’à travers « Summer Pencc », ils sont en train d’améliorer leur niveau de langue. « Tout ce qui concourt à améliorer ma langue d’apprentissage qui est le français, je suis partant », soutient ce garçon en classe de Seconde qui incarne le rôle d’un père de famille qui fait marier sa fille pour de l’argent dans une série qui a pour thème le mariage précoce.

Répartis en sept groupes qui portent successivement les noms de grands hommes et femmes du cinéma sénégalais, Samba Félix, Ousmane Sembène, Ben Diogaye, Khady Sylla, Safy Faye, Moussa Sène Absa, Djibril Diop Mambeti, ils seront 32 candidats en compétition.
Agés de 12 à 18 ans, les candidats joueront, tourneront et réaliseront eux-mêmes des courts métrages (mini sketch, mini reportages). Les thèmes développés leur ont été proposés et ont tourné autour des mariages précoces, forcés, de l’excision, de sexualité des jeunes et des grossesses indésirées ou précoces.

Programme éducatif et divertissant
« L’objectif de ce programme, c’est de réunir des jeunes autour de la réalisation audiovisuelle pour une durée de deux mois pour leur permettre de réaliser plusieurs courts métrages qui, ensuite, seront appréciés par un jury », renseigne Judith Ekwala, une des encadreurs chargée de la mise en place du contenu.

Pour cette semaine, les films projetés vont porter sur les droits de la femme, notamment sur la sexualité des jeunes en particulier des jeunes filles, les grossesses précoces et non désirées et l’excision. Par ailleurs, « Summer Pencc » est un programme éducatif et divertissant qui vise à offrir aux jeunes un cadre d’expression et de liberté pendant les vacances.

Et surtout les former aux métiers de l’audiovisuel (journaliste, réalisateur,…). En leur donnant les moyens de sensibiliser leurs parents et leurs camarades sur des thèmes de société les concernant directement. Une idée d’Adams Sie, réalisateur qui, à travers l’équipe de « Summer Pencc », veut saisir l’enjeu des outils numériques pour éduquer les jeunes à une meilleure utilisation des technologies de l’information et de la communication.

Marame Coumba SECK

C’est parce que les jeunes sénégalais sont consommateurs de technologies qu’il est important d’en faire un outil de sensibilisation. Le Goethe Institut, en collaboration avec la start-up « mJangale », s’y est employé à travers un programme d’été en informatique avec une vingtaine de jeunes des cours moyens et secondaires qui ont développé des applications mobiles Androïd, du 1er au 3 août. Les participants ont mis leurs imaginations au service du développement durable et de l’environnement. A l’issue de cette première édition, le projet « Or-dur » est arrivé en tête.

Les enfants, par leur ingéniosité et leur créativité, ont donné à voir les larges possibilités qu’a l’humanité de décider de son sort. Les six équipes invitées à développer des applications mobiles pour Androïd ont fait preuve d’originalité aussi bien dans la présentation que dans le contenu de leurs œuvres réalisées en trois jours. A la fin, le groupe le plus jeune composé de deux élèves de sixième et de deux de Terminale a été primé. Leur application « Or-dur » fait écho à leur slogan « le recyclage des déchets est de l’or qui dure ».
Le recyclage des déchets est, ici, à la fois, un moyen de jouir d’un cadre de vie agréable et de profiter de retombées économiques certaines. « Cette application est destinée à tout le monde parce que la question du développement durable interpelle chacun de nous. Notre rapport à l’environnement déterminera notre bien-être. Cette formation gratuite est une belle expérience à renouveler pour une meilleure sensibilisation », déclare Maguette Sèye, membre de l’équipe gagnante, heureuse en même temps de combler ses lacunes en informatique ; elle qui envisage de poursuivre ses études dans ce domaine.

Pertinence de l’application
L’application « Senepollu » est arrivée deuxième. L’équipe dont le slogan est « Moins polluer pour mieux vivre » cible les enfants, espoir d’un peuple aux pratiques environnementales périlleuses. Elle devance de six points l’application « Aquatique » qui fait une plongée dans la mer pour sensibiliser les hommes sur les espèces en voie d’extinction. Les applications « Weerweerle (santé et environnement), « Bioapp » (reboisement), « Nature bii » (disparition de certaines espèces) témoignent des intelligences et des compétences de ces enfants dont les créations joignent l’utile à l’agréable. Ils délivrent, sans peut-être en être conscients, un message de détresse et d’espoir aux occupants de la terre.
Selon Christelle Scharff, co-fondatrice de la start-up « mJangale », trois choses ont été à la base de ce « sacre » : la qualité de la présentation, l’originalité et la pertinence de l’application dans la prise en charge de la question de l’environnement. « Nous sommes d’autant plus heureux que ces jeunes élèves ont réussi en trois jours à développer des applications fonctionnelles. Ce projet que nous avons entamé avec le Goethe Institut est en parfaite cohérence avec notre vision globale qui est d’initier le plus large public possible aux Technologies de l’information et de la communication (Tic) », souligne-t-elle.

C’est pourquoi, estime Bouya Fall, directrice du Centre d’information et de la bibliothèque du Goethe Institut, cette initiative, en collaboration avec « mJangale », sera renouvelée chaque année avec des innovations pour permettre aux élèves de saisir les enjeux, de s’engager à les véhiculer et d’apporter des remèdes aux difficultés de la planète. Les organisateurs ont ainsi permis aux jeunes d’être à la fois contributeurs de contenus et créateurs de solutions par le biais des Tic. Le taux de pénétration du mobile au Sénégal qui est supérieur à 100% doit contribuer à l’épanouissement des populations.

Alassane Aliou MBAYE

Dans le cadre de ses activités Rse, la Sonatel entend accompagner les communes dans l’accès au wifi. La ville de Rufisque a abrité le lancement de ce projet. Pour six mois, la Place Gabard et le Jardin public de Rufisque seront connectés gratuitement.

Les Rufisquois vivent désormais une nouvelle expérience avec l’Internet, grâce à la Sonatel. La Société nationale des télécommunications vient, en effet, de rendre l’accès au Wifi libre et gratuit à la Place Gabard, une mythique place publique de la vieille cité, au quartier Keuri Souf, dans le centre-ville. Ce projet expérimental de la Sonatel intitulé Sonatel Wifizone sera testé dans trois communes de la région de Dakar, à savoir Parcelles assainies, Sacré-Cœur et Rufisque.

Première ville à accueillir le projet, Rufisque Wifi Vert a été lancé par le directeur de la Communication de Sonatel, Abdou Karim Mbengue, et les responsables de la municipalité de Rufisque dont Amadou Sène Niang, le coordonnateur du projet dans la commune. M. Niang signale qu’avec ce projet, Rufisque va récupérer et réaménager certaines places publiques en les dotant, en plus du wifi, d’espaces verts et de bancs publics.

« A ce jour, a expliqué Amadou Sène Niang, pas moins de 30 sites ont été identifiés à Rufisque et les 10 sont dotés de bancs publics. Mais ce que nous souhaitons le plus, c’est la réhabilitation du Vieux Rufisque ». En plus de la Place Gabard, le Jardin public de Rufisque sera connecté au wifi haut débit de la Sonatel. « Nous avons l’une des plus belles villes du Sénégal et nous ambitionnons d’en faire la ville la plus connectée à l’image de la ville de Kigali au Rwanda. Pour cela, il nous faut changer de cadre de vie », a expliqué M. Niang.

Au nom des bénéficiaires, Alioune Badara Diack a magnifié la mise en œuvre de ce projet, estimant qu’avec Rufisque Wifi Vert, deux problèmes seront résolus. Il s’agit, selon lui, de l’insalubrité et de la sécurité dans certains lieux publics de la commune. En outre, selon M. Diack, ce projet participe à la formation des jeunes en leur donnant de nouvelles connaissances. Seulement, l’accès au Wifi sera encadré par la Sonatel, puisque aucune personne ne peut se connecter, plus de 2 tours d’horloge.
Pour la protection des plus jeunes, certains sites sont inaccessibles. La gratuité du wifi dans ces lieux publics ne dépassera pas 6 mois. Au-delà, la Sonatel se désengage pour permettre à d’autres structures de prendre le relai.

C’est la raison pour laquelle, Amadou Sène Niang a exhorté les entreprises installées à Rufisque à mettre la main à la pâte pour accompagner ce projet. Pour Abdou Karim Mbengue, le directeur de la Communication et des Relations extérieures de la Sonatel, cet effort de Sonatel de rendre accessible et gratuit le Wifi entre dans le cadre de la politique Rse de l’entreprise.

Maguette NDONG


AVERTISSEMENT

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