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Arts et Culture (2442)

L’ouvrage intitulé « Emigration des Africains : oser le retour », publié aux éditions L’harmattan, a été présenté, samedi dernier. L’auteur, Karounga Camara, y a entrepris une réflexion sur le retour en Afrique des émigrés et les modalités qui l’organisent.

Le récit de vie de Karounga Camara est inspirant. Il est en harmonie avec sa première production littéraire, « Emigration des Africains : oser le retour ». Il est un chef d’entreprise, auteur, conférencier, formateur et coach mental. Après les études universitaires en mathématiques à la Faculté des Sciences et Techniques de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, il entame une carrière professionnelle dans l’enseignement, dispensant des cours au collège pendant plus d’une décennie. Il émigre ensuite, en Italie, après avoir subi une formation en Tourisme, Communication et Marketing. Pendant sept ans, il vit et travaille dans ce pays et a eu la chance d’en découvrir d’autres en Europe. En 2015, il « ose le retour » et crée « Senitafood », une entreprise agro-alimentaire, et s’engage dans un réseau regroupant des expatriés sénégalais de retour au pays.

Sa trajectoire inscrit donc ce livre dans une démarche empirique avec des mots et images qui, à la fois, peignent le drame et nourrissent des espoirs. Karounga Camara le dit avec une précision remarquable parce qu’il décrit la réalité et émet des propositions pertinentes tendant à dissiper les appréhensions de ceux qui sont loin de leur espace de « confort ».

De cet ouvrage, Babacar Ngom, magistrat et écrivain, dit ceci : « Le mot oser traduit un sentiment de peur et d’incertitude. Un sentiment certes justifié par les raisons du départ qui sont toujours là. Mais l’auteur, tel un thérapeute, un pédagogue, suggère une méthodologie et une démarche pour réussir le retour. Aussi, tel un expert, l’auteur fait des propositions pertinentes d’accompagnement des candidats au retour sur le plan économique, institutionnel, technique et administratif. Une belle réflexion qui peut être versée dans la corbeille des politiques publiques de développement. A travers ce livre, Karounga Camara se révèle et allie, dans une aisance remarquable, un style de narration du genre romanesque et un style technique qui renseigne sur son profil d’expert ».

Penser le retour
L’auteur aborde plusieurs questions essentielles destinées à rendre le retour plus serein. De l’idée de retour à l’instant favorable en passant par la réflexion sur le projet d’activité et son articulation, il fournit un monceau d’indications sur un retour pensé et méthodique. Celui-ci doit être précédé d’une thésaurisation pour financer l’activité ciblée ou suivi d’un financement sans négliger les opportunités qui s’offrent au revenant. Toutefois, l’acceptation du retour définitif est un élément psychologique important de ce processus, de cette nouvelle vie.

Le préfacier, El Hadji Songué Diouf, estime que ce livre « fera certainement date tant par l’originalité du propos que par la froide rigueur de l’objectivité dans l’analyse… Oser revenir, c’est comprendre que l’Occident prend le chemin inverse pour perpétuer son éternelle action prédatrice des ressources du continent africain. Ce, pendant que nous nous bousculons à ses frontières ». Il assimile le sort de l’Afrique et des Africains à un « paradoxe tragi-comique ».

La leçon magistrale de Karounga Camara, pense-t-il, consiste à inviter les Africains à redevenir Africains. Cela n’est possible qu’à la condition de vaincre l’afro-pessimisme, de comprendre que l’Afrique n’a de leçons à recevoir de personne et surtout qu’elle regorge, en tous les domaines, d’experts aptes à la porter sur les cimes du développement durable.

Le professeur de philosophie a soulevé la nécessité de « s’adapter aux mutations de l’Occident, naguère hospitalier et aujourd’hui hostile à toute forme « d’invasion étrangère… Certains dérapages verbaux sonnaient déjà comme des lapsus révélateurs d’un inconscient collectif occidental de plus en plus indisposé par la vague migratoire africaine ». Karounga Camara pose donc, au-delà des implications économiques et politiques du retour, un débat idéologique.

Alassane Aliou MBAYE

L'Initiative des médias d’Afrique (Ami) vient de publier à Nairobi une étude sur la couverture médiatique de l’Afrique. Dans ce rapport, l’Ami  a révélé que  les médias africains proposent très peu de reportages transfrontaliers, ce qui a pour corollaire une connaissance limitée du continent par les Africains.  

Selon l’étude intitulée « Reporting Africa » (couverture médiatique de l’Afrique), la plupart des informations sur l'Afrique proviennent de sources extérieures au continent et elles déterminent, en fin de compte, ce que l'on a appelé « le discours sur l’Afrique ».

« L’étude cherchait à comprendre les thèmes dominants de l’actualité et s'il y a des dialogues convaincants qui font l’objet de reportages et qui peuvent collectivement définir le discours sur l'Afrique. Elle s’est appuyée sur des données empiriques glanées à partir des reportages publiés dans toute la région et des réponses fournies, par les rédacteurs en chef, à une série de questions posées par Ami »,  a renseigné le rapport. Aussi, l’étude visait non seulement à approfondir la compréhension globale des éléments qui sous-tendent la couverture médiatique à l'intérieur et au-delà des frontières nationales, mais aussi à éclairer les choix éditoriaux et à façonner les perceptions locales et régionales du continent.

Finalement, elle a mis en évidence le fait que les faibles investissements dans les médias et les capacités professionnelles limitées dans de nombreux pays avaient entraîné une dépendance persistante aux sources d’information étrangères, ce qui a limité l'intérêt des journaux africains pour les sujets qui enrichissent l’agenda africain et mettent l’accent sur les expériences partagées.

Selon l'étude, les dirigeants des médias estiment que les lecteurs et les publics préfèrent des histoires intéressantes qui, dans le contexte africain, signifient, selon l'un des répondants, « des récits intrigants d'échec et de défaite contre les forces de la nature ».

« Si nous voulons réinventer l'image de l'Afrique et changer le récit, nous devrons trouver des moyens novateurs pour augmenter considérablement les investissements dans les médias et utiliser la technologie pour alimenter le contenu des médias au-delà des frontières en Afrique. Il doit y avoir un véritable effort local visant à définir et à façonner le récit d'une manière qui reflète la diversité des voix et des images d'un continent en mouvement », a indiqué Eric Chinje, l’un des co-auteurs du rapport.

Rôle émergent des réseaux sociaux
A l'en croire, une réunion importante des chefs d'État et de gouvernement a eu lieu au cours de la période de l’étude. Mais, aucun des points à l'ordre du jour de la réunion n'a été couvert à l'échelle du continent ou dans un groupe significatif de pays. En fait, les médias n’ont pas su être une source fiable d'informations ou de connaissances sur l'Union africaine et l'Institution panafricaine qui a accueilli l'événement.

Les réseaux sociaux sont également responsables de la redéfinition du rôle et de la portée des médias dans la société. « Les blogueurs sont devenus une nouvelle classe de célébrités médiatiques. Les Africains seraient parmi les premiers utilisateurs mondiaux de Facebook et de l'application WhatsApp.

Grâce à la capacité de produire et de diffuser du contenu, bien que limités à un public restreint, les réseaux sociaux comblent des lacunes, dans les secteurs d’information laissées par les médias traditionnels en proie à un déficit de capacités et de ressources », a indiqué l’Ami dans son rapport.

L'Initiative des médias d’Afrique (Ami) est une organisation panafricaine ayant pour but de renforcer les médias privés et indépendants du continent, en mettant l’accent sur les propriétaires et les gestionnaires, afin de promouvoir la gouvernance démocratique, le développement social et la croissance économique.

Maguette Guèye DIEDHIOU

La 2ème édition de l'initiative « Hommage aux grandes figures afro-américaines d'origine sénégalaise » a été lancée, mercredi 18 juillet, au complexe Keur Gaïndé de Hann, par Amadou Yandé Thiam. L’initiateur évoque une caravane nationale qui démarrera le 28 juillet.

Une caravane nationale et internationale sera lancée pour mettre au-devant de la scène les grandes figures afro-américaines qui se sont illustrées en anti-esclavagistes, inventeurs, hommes de guerres et de Lettres, entre autres. Le démarrage de la manifestation est prévu le 28 juillet. Selon l’initiateur, Amadou Yandé Thiam, Gorée, Saint-Louis, Boundou, Djolof et les foyers religieux de Touba, Tivaoune et des Niassènes seront les sites ciblés, afin de combiner le temporel et le spirituel. L'extension vers d'autres horizons tels que les Etats-Unis, notamment Washington, la Caroline du Nord, Jacksonville, etc., est également au programme.

Une initiative pertinente, selon Thiandéla Fall, représentant du maire des Parcelles Assainies, Moussa Sy, car elle permet de « voir comment ces grandes figures ont travaillé leur engagement et leur foi pour aboutir au rang d'icônes ».

Ces derniers peuvent être des références pour la jeunesse africaine en général et sénégalaise en particulier. Il renchérit que « nous ne devons pas chercher ailleurs des modèles ». Toujours entre souvenirs et perspectives, la commémoration est collective. Ce devoir de mémoire anime le promoteur culturel Amadou Yandé Thiam à « faire connaître ces figures historiques à la jeunesse africaine, à la diaspora et au monde tout entier ». Il tient également à ce que ces pionniers de la réforme des Noirs se fassent connaître au Sénégal de par leur prouesse. Pour l'historien-chercheur Moustapha Guèye, « nous laisserons le tribunal de l'histoire juger et interpeller la police de notre conscience ».

Sur les traces de ces iconoclastes
Dans cette caravane « Hommage aux grandes figures afro-américaines d'origine sénégalaise », l'incontournable île de Gorée et sa Maison des esclaves y est évoquée en guise d'hommage à Phillis Wheatley, première poétesse noire américaine de renom, originaire du Sénégal. Mbarick Fall alias Battling Siki, natif de Saint-Louis du Sénégal, expatrié en France puis aux Etats-Unis, est aussi célébré. Sont également fêtés Anta Madjinéne Ndiaye ou Timucuan Anna Madgigine Jai Kingsley, planteur et propriétaire terrien, au début du XIXe siècle, à Jacksonville où un musée lui est dédié.

Yaye Awa Ly Ngoné SARR (stagiaire)

La capitale sénégalaise, Dakar, accueille, depuis hier et ce jusqu’au 28 juillet, la cinquième édition du Festival afropolitain nomade. Cette manifestation faisant le tour des capitales francophones d’Afrique est un lieu de rencontre pour les artistes internationaux autour de la musique, des arts visuels et du numérique.

Promouvoir les relations interculturelles, le partage d'expertise et l'utilisation de l'art comme moyen de dialogue, telle est l’approche du Festival afropolitain nomade dont la cinquième édition vient de s’ouvrir dans la capitale sénégalaise. La manifestation, prévue jusqu’au 28 juillet prochain à Dakar, compte mettre, cette année, le numérique au centre des festivités afin de mieux concrétiser sa vision interculturelle.

Présenté par Afropolitan et la structure Baraka Global Arts, le Festival se veut un lieu de rencontre pour des artistes internationaux qui feront de Dakar la capitale de la musique, des arts visuels et du numérique.

Le Festival afropolitain nomade, soucieux de forger les bonnes pratiques en matière de création artistique et d’échange interculturel, informe un communiqué, va encourager les jeunes artistes dans leur démarche d’appropriation de la chose numérique. D’où tout le sens de la thématique de cette édition : « La musique et les arts visuels à l'ère du numérique ». « Nous utilisons l'art et la création pour amorcer le dialogue et favoriser la paix dans des pays comme le Congo, le Cameroun, le Gabon et le Bénin. Nous pensons que le Canada et le Sénégal, de par leur positionnement comme Nations ouvertes et multiculturelles, soutiennent les efforts que nous faisons pour bâtir des ponts », informent les organisateurs.

Le Festival, à travers ses nombreux partenaires, à l’instar de la Ville de Dakar, du ministère de la Culture du Sénégal et de Tv5 monde/Afrique, va compter sur deux artistes autochtones (Natasha Kanapé Fontaine du Canada et Charles Koroneho, un maori de Nouvelle-Zélande). Aussi, le rappeur Nix du Sénégal, grand acteur du secteur numérique, a été choisi comme le « Prix Inspiration 2018 ».

Le Festival afropolitain nomade peut également compter sur l'expérience de l’artiste Fredy Massamba pour conduire une résidence de création multidisciplinaire et multiculturelle. En outre, la rappeuse et activiste américaine Akua Naru, en plus de tenir l'affiche, sera en conférence sur le thème de « la place des femmes dans l'art et la culture », à l'Institut français du Sénégal.

Depuis son lancement en 2012, le Festival afropolitain nomade a permis la mise en place d’un réseau de 120 artistes établis sur trois continents (l’Afrique, l’Amérique du Nord et l’Europe). Il a été à l’origine de la création de 6 œuvres musicales collectives en résidence de création.

Ibrahima BA

La 35ème édition du Prix du jeune écrivain de langue française en 2019 est lancée. Depuis 1924, l’association du jeune écrivain organise ce prix littéraire dont le but est la promotion de l’écriture, auprès des jeunes du monde entier et le rayonnement de la langue française à travers le monde. Comme chaque année, ce prix s’adresse à tout jeune francophone âgé de 15 à 17 ans issu de 70 pays différents. La particularité de la dernière édition est la participation des lauréats désignés par le jury international d’écrivains de renom, dans des ateliers d’écritures où ils ont eu le bonheur de voir leur nouvelle publiée dans un recueil édité à 2000 exemplaires par de grandes éditions. Tout candidat entre 15 et 25 ans, désirant postuler, peut envoyer son texte avant le 15 février 2019, à l’adresse Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Le comité de rédaction des textes d’application du Code de la presse a remis, hier, ses conclusions lors d’un atelier de validation organisé à Dakar. Lors des débats, un large consensus s’est dégagé autour de ce document qui va donner corps au Code de la presse.  

Après le vote du Code de la presse, en juin 2017, un premier jalon qui définissait le cadre général et les principes, restaient les textes d’application pour accélérer son application. Présidé par le magistrat Macoumba Koumé, le comité chargé de la rédaction de ces décrets et arrêtés qui vont donner corps au Code de la presse a soumis, hier, ses propositions aux acteurs lors d’un atelier de validation. Institué le 1er février 2018, le comité est parvenu, dans un délai record, à faire des propositions qui tiennent compte de l’ensemble des préoccupations. Une célérité saluée par la tutelle. « Ce n’était pas facile d’avoir des textes d’application immédiatement après le vote de la loi. Dans d’autres secteurs, cela peut prendre cinq ou dix ans. C’est pourquoi nous nous félicitons du travail de la commission présidée par le magistrat Macoumba Koumé qui, un an après l’adoption du Code de la presse, a réussi à finaliser les décrets d’application », explique Yoro Moussa Diallo, secrétaire général du ministère de la Communication. Ces cinq textes - une loi, deux décrets et deux arrêtés, soit au total 167 articles – définissent, de façon précise, le rôle et les attributions de la Haute autorité de régulation de la communication audiovisuelle (Harca) qui va remplacer le Cnra, les avantages et les obligations des entreprises de presse, les critères d’accès à la profession, les sources de financement et les modalités d’organisation et d’attribution du Fonds d’appui et de développement de la presse (Fadp) qui va se substituer à l’Aide à la presse.

« Protéger » les journalistes
L’objectif de ce Fonds est de « protéger » les journalistes, parce que l’Etat ne va plus aider des entreprises de presse fictives ou pas viables, assure-t-on du côté de la tutelle. A titre d’exemple, le Fonds va accorder des crédits d’impôts ou autres exonérations de taxes sur les activités financières aux entreprises en règle. En contrepartie, celles-ci sont soumises à un certain nombre d’obligations comme le respect des cahiers de charges (presse audiovisuelle), distribuer au minimum 30% du tirage dans les régions (pour la presse écrite) et avoir 60% de contenus propres (presse en ligne).

Les autres dispositions ont trait, entre autres, à la reconnaissance des écoles de journalisme et la mise en place d’une commission de validation des acquis de l'expérience.

Seydou KA

REACTIONS… REACTIONS
OUSSEYNOU DIENG, DIRECTEUR DE LA COMMUNICATION : « ACCOMPAGNER LES ACTEURS »
« Nous avons la ferme volonté d’accompagner les acteurs, à travers une démarche inclusive. Nous aurons un fonds d’appui et de développement de la presse structurée, avec plus de moyens et d’autonomie, avec la présence des acteurs au sein même du comité de direction. Nous aurons aussi une Harca avec plus de moyens, plus d’autonomie, plus d’indépendance pour réguler un secteur en pleine mutation. Par ailleurs, l’Etat va mettre suffisamment de ressources pour permettre aux médias publics de vivre essentiellement de ressources publiques, afin de libérer la manne publicitaire au profit du privé.

Toutefois, nous avons pris des dispositions pour permettre à ces acteurs privés de se structurer, d’assainir leur secteur, pour que seuls ceux qui respectent ces critères bénéficient du fonds d’appui à la presse. »

MAMADOU IBRA KANE, CDEPS : « NOUS SOMMES SUR LA BONNE DIRECTION »
« Nous saluons la célérité et la démarche inclusive de l’Etat. Tous les acteurs de la presse ont été associés à l’élaboration de ces textes. Avec ces textes, nous allons incontestablement vers la bonne direction. S’ils sont appliqués, la presse sénégalaise en sortira renforcée pour mieux jouer son rôle dans le développement économique et social ainsi que la stabilité politique du Sénégal.

Le Code de la presse va permettre d’assainir le milieu dans le sens où n’importe qui ne pourra désormais se prévaloir du titre de journaliste ou créer une entreprise de presse. Il y a désormais des règles à respecter. Il y a également la prise en compte de l’environnement économique de la presse, avec la mise en place d’un Fonds d’appui et de développement. »

Recueillis par S. KA

Les activités de la 13ème édition du FestiVert des Frères Guissé se sont tenues ce week-end, au parc zoologique de Hann. Après la remise de diplômes aux meilleurs élèves de la commune sur l’éducation environnementale, vendredi, des concerts ont clôturé l’événement, samedi et dimanche. Une occasion de regrouper les jeunes talents de la commune de Hann-Bel Air, sans oublier la prestation des grandes stars de la musique sénégalaise qui ont porté un message riche sur la protection de l’environnement.

Le festival culturel et environnemental, FestiVert, organisé par les Frères Guissé, s’est tenu dans un cadre environnemental et surtout didactique, du 13 au 15 juillet.

En effet, des concerts ont réuni tous les jeunes artistes de la commune de Hann-Bel Air, en plus des grandes stars sénégalaises susceptibles de délivrer des messages de veille et de protection de l’environnement. Le programme avait pour objectif d’allier, à la fois, le rythme et la sensibilisation sur l’apport de la culture sur les comportements dans les espaces publics, les plages et les espaces verts .

Dans cette démarche, les différentes prestations des artistes étaient basées sur les mauvaises pratiques dans la nature : la pollution, le déboisement, l’utilisation illégale des ressources naturelles et environnementales.

Des artistes de renom comme Momo Dieng, Canabass, Bidew Bou Bess, Safari…, qui sont à la fois des références et des porteurs de voix pour la jeunesse, ont véhiculé des messages de civisme forts, sur l’importance de l’éco-citoyenneté mais également la richesse du parc zoologique de Hann, qui est actuellement la seule et unique grande zone verte de la région de Dakar. Ces derniers ont insisté sur l’apport économique et culturel que ce lieu vert pourrait générer.

Par ailleurs, une sensibilisation sur l’urbanisme a été formulée à travers l’ambiance et l’émotion que la musique procure. Des messages que le public a fortement appréciés par des acclamations et des pas de danses très rythmés.

Le public n’a pas tardé à magnifier cette démarche culturelle et citoyenne en saisissant l’utilité des ressources naturelles, mais surtout l’obligation d’entretenir le cadre dans lequel nous vivons.

Cependant, les jeunes leaders de la commune de Hann-Bel Air ont pris l’engagement d’être au service de la culture et de l’environnement à travers leurs associations qui œuvrent pour la démarche éco-citoyenne.

Baye Ndongo FALL (stagiaire)

C’est connu de tous, l’Islam souffre d’une image que lui collent plusieurs personnes. Ce qui est pourtant loin de la réalité. Aussi, l’Agence islamique de presse (Iina) créée en 1972 et qui abrite l’Union des agences de presse de l’Oci se fixe comme principal objectif de « montrer le vrai visage de l’Islam », a dit le directeur administratif et financier de l’Iina, Saoud Al Chaikhy. « L’Iina s’est toujours focalisée sur la diffusion des informations qui renoncent à la violence sous toutes ses formes et évite tout ce qui pourrait conduire à des litiges, à travers le rejet des informations non crédibles et irresponsables. Par contre, elle publie les informations officielles incitant à la lutte contre le terrorisme, l’extrémisme et la violence », a poursuivi Al Chaikhy. Ce travail se fait dans trois langues : arabe, anglais et français.

L’Iina publie par jour « 80 articles, la plupart sur les évènements économiques, politiques, culturels et sociaux », poursuit Al Chaikry qui se félicite des « relations excellentes » entre son pays, l’Arabie Saoudite et le Sénégal. Avec seulement 24 agents, l’Iina reprend aussi les dépêches des agences membres dont l’Agence de presse sénégalaise (Aps) et celles mondiales.

Support médiatique de l’Oci, l’Agence islamique de presse met l’accent sur les préoccupations du monde musulman, particulièrement celles des minorités musulmanes. Elle s’est même dotée d’un centre de formation avec des tableaux intelligents afin de renforcer les capacités de ses membres et d’autres journalistes du monde musulman.

Daouda MANE

Du théâtre, un spectacle de notre quotidien accentué sur la digitalisation. La pièce « Liking », jouée, le jeudi 3 juillet dernier, au Goethe Institut à Dakar, met à nu nos rapports avec le numérique.

Amener le public à « s'interroger sur le concept d'identité et comment l'accès à Internet et aux réseaux sociaux influence notre perception du monde » sont le socle du spectacle « Liking », écrit et mis en scène par Berengere Brooks.

La salle de l'Institut Goethe à Dakar est pleine, un silence y règne et les yeux sont rivés sur les acteurs sur scène à la merci de leur téléphone. Soudain, retentit une voix, « Vous a-t-on dit pour vos téléphones ? Gardez-les allumés ! »; informe Djibril, un des quatre acteurs de la pièce. Ils nous replongent dans un calme total, une dizaine de minutes s'écoule sous le regard curieux du public qui se pose des questions.

Zia, Laye, Djibril et Ass, les personnages de la pièce, absorbés par leurs smartphones, donnent l'impression d'être chez eux. Un moment de suspense et d'attente du public, quand Djibril se répète : « Et surtout, n'oubliez pas de garder vos téléphones allumés ; vous allez en avoir besoin » !

Des messages vocaux aux messages écrits, en passant aux appels téléphoniques ou simplement un surf sur Internet, les acteurs sont occupés par leur téléphone. Tantôt secoués par des poses photos, tantôt par des recherches sur des moteurs tels que Google, Explorer, Facebook. Par le biais des téléphones, l'assistance vote pour un acteur de son choix pour une répartition de rôle. A tour de rôle, les personnages se mettent dans la peau d’une femme, de l'assistant, du docteur, une production qui ressemble à un casting dont le public est réactif. Une liaison entre public et acteurs par le biais du téléphone reflète ainsi nos rapports avec la digitalisation.

En somme, dans la pièce « Liking », le public retrouve ses habitudes dans le scénario. Une participante déclare que la présentation lui est familière, elle a l'impression de voir sa maman, quand Laye jouait le rôle de la ménagère qui sermonne ses enfants.

Entre autres, l'inspiration et la réalisation sont saluées par les participants. Malick Diouf, un intervenant, juge le spectacle avec « une qualité de très haute facture, qui parle de nos rapports avec le téléphone et les réseaux sociaux ». Ce qui donne, dit-il, une certaine réalité. « Ils ont abordé le sujet avec subtilité et chacun en tire une leçon tout en s’amusant », selon M. Diouf.

Le challenge a été relevé par les quatre acteurs après cinq mois de répétition pour un rendu naturel et réaliste. Un projet monté par le Goethe Institut et Brrr Production, en partenariat avec la Fondation Rosa Luxemburg et l’ambassade de Suisse.

Yaye Awa Ly Ngoné SARR (stagiaire)

L’humoriste d’origine sénégalaise, Boucar Diouf, est aimé et respecté au Canada où il est désormais citoyen. Ce Sérère bon teint remplit les salles de spectacles du Québec mais n'a rien oublié de ses origines du Sine-Saloum. Il a tellement assimilé la culture de son pays d'adoption qu’il pourrait changer de viatique. Après sa maîtrise en Biologie et son doctorat en Océanographie, il a quitté les amphithéâtres des universités canadiennes, où il a enseigné pendant huit ans, pour se consacrer entièrement au spectacle.  

La comédie, l’humour, l’enseignement et le rappel de faits historiques sont très présents dans les spectacles de Boucar Diouf. A travers un accent québécois, ou parfois africain, teinté de lettres, de styles métaphoriques ou d’une vulgarisation scientifique, on remarque que cet humoriste est une tête bien faite. Les paroles des griots qui entouraient son père l’ont bien influencé. Aussi bien dans ses publications que dans son art oratoire, il séduit. Il a tellement réussi sa symbiose culturelle que ce citoyen canadien d’origine sénégalaise fascine. Au deuxième jour de son spectacle, au Monument national de Montréal où nous l’avons rencontré, il lève un coin du voile sur sa vie, ses voyages et ses expériences culturelles. De Fatick à Rimouski en passant par Québec et Montréal, il poursuit une carrière d'humoriste que rien ne lui prédestinait. Boucar est un personnage multidimensionnel qui brille et vit de son art, sans tambour ni trompette. « Magtogoek, ou le chemin qui marche », est le nom du nouveau spectacle qu’il présente actuellement dans plusieurs villes.

A l’âge de 26 ans, il a quitté sa terre natale du Sénégal pour s’établir au Québec, où il vit depuis autant d’années. Cet homme de 52 ans égrène des défis, les relève et allie l'utile à l'agréable. Il se rappelle encore son hiver de canard, en 1991, date de son arrivée au Québec et se souvient de ses années d'enseignant à l'Université de Rimouski. Après un doctorat en Océanographie, un dilemme puis un choix définitif. Il produit des émissions et troque savamment son diplôme pour une vulgarisation scientifique dans ses spectacles et productions médiatiques. Depuis, beaucoup d'eau a coulé sous les ponts. L'animateur et humoriste a su garder ses racines tout en se plaisant dans la culture québécoise, d'où son hybridité identitaire. La longue marche de Boucar Diouf, immigrant, humoriste et conteur, se poursuit en couleurs. Il s’est lancé, depuis 1991, dans un processus de rapprochement inter-culturel bien apprécié au Québec. Cela a un impact favorable car des touristes canadiens visitent chaque année sa région natale, son royaume d'enfance au paysage de baobabs si caractéristique. Réciproquement, des Sénégalais et d'autres peuples ont appris, grâce à ses spectacles, le nom que les Algonquins avaient donné au fleuve Saint-Laurent bien avant l'arrivée de Jacques Cartier.

Boucar Diouf 252 ANS DONT 26 PASSES  AU QUÉBEC
Boucar Diouf est un immigrant qui s'est bien intégré au Canada. « Lorsque je veux me concentrer avant de monter sur scène, je psalmodie des chansons du parolier sénégalais Ndiaga Mbaye pour évacuer le stress », nous confie-t-il derrière son sourire. Lui qui est issu d'un couple d'analphabètes et d'une fratrie de neuf âmes, a grandi dans un environnement traditionnel qui a bercé son enfance. Les récits héroïques des griots, véritables maîtres de la parole, qui galvanisaient les dignitaires de son village, l’inspirent toujours dans ses spectacles.

Boucar Diouf est titulaire d'une maîtrise en Biologie et d'un doctorat en Océanographie. Il est parvenu à exploiter un talent d’animateur que ses étudiants de l'Université du Québec à Rimouski avaient décelé. Ses cours d'enseignement étaient souvent ponctués d'histoires racontées pour les motiver. De fil en aiguille, cette générosité dans la transmission des connaissances a donné naissance à une bonne adaptation. Un test réussi dans un concours d'humour a révélé son art oratoire et lui a valu plusieurs distinctions au fil du temps.

Même si Boucar Diouf est influencé par sa terre natale, sa province d'adoption du Québec lui a tout donné : une épouse, des enfants, des diplômes et une célébrité. Une ascension sereine qui s’est faite dans la sensibilisation et la vulgarisation des sciences. Une estime également de ses lecteurs comme Paul Murray, étudiant en Actuariat : « J'aime ce que fait Boucar. Je suivais ses émissions à la télévision. J’ai lu tous ses livres et j'apprends dans ses écrits et sa culture africaine ». Les spectateurs, aussi bien à Montréal qu’au Québec, rient aux éclats et ne s'ennuient pas quand il se produit. De son Sine-Saloum natal au sud de la Petite Côte sénégalaise, à l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar en passant par Québec et Montréal, il est resté enraciné, persévérant, travailleur et amoureux de la Francophonie. Le fils de Yaye Ndew (sa mère) semble triompher sans jubiler. Un aboutissement, selon Ndèye Dieynaba Ndiaye, doctorante en Droit international : « Boucar Diouf est un ambassadeur sans lettres de créance, un exemple d’immigrant, qui a bien réussi son intégration ». Pourtant, rien ne semblait prédire l’aura de « bête de scène » pour ce fils de cultivateur « sauvé » par l’école. Durant son enfance, il suivait les vaches de son père et était alors très loin des lampions des plus célèbres théâtres du monde. 

1991, DÉBUT D'UNE BELLE CARRIÈRE
De son premier hiver en terre canadienne, précisément à Rimouski, à son nouveau spectacle, « Magtogoek, ou le chemin qui marche », bien des choses se sont passées. De par son itinéraire et son intégration, Boucar Diouf reste le fruit d'une inter-culturalité aboutie. Rimouski est fier de son étudiant d'alors, le Québec de son idole, le Canada de son citoyen et le Sénégal de son fils. De la génétique, de la physiologie humaine à la biologie adaptative, en passant par l'océanographie, la biochimie structurale et le métabolisme énergétique, que de connaissances scientifiques et pas des moindres qu’il vulgarise avec aisance, le sourire aux lèvres.

L'homme est un chroniqueur qui a impressionné dans ses productions de télévision, de Radio-Canada et de Tv5. Il est également l'auteur de cinq publications : « Sous l'arbre à palabres », « Mon grand-père disait... », « Le brunissement des baleines blanches », « Rendez à ces arbres ce qui appartient à ces arbres » et « Boucar disait... ». Cet homme de teint noir, cheveux en dreadlocks, est un père de famille comblé et un artiste engagé pour le rapprochement culturel. Sa passion pour la paix et le développement témoignent aussi de son altruisme.

Par Mamadou Aïcha NDIAYE

Il y a justement 8 ans que le rossignol de Somb a cessé définitivement de chanter. Emportée par la faucheuse au royaume de l’éternité, Yandé Codou Sène s’est tue à jamais. La célébration de l’anniversaire de son décès, ce 15 juillet, réveille chez beaucoup de Sénégalais qui ont eu la chance d’être bercés par la voix de la cantatrice du Sine-Saloum le souvenir d’une chanteuse éclectique rappelant les prodiges du pays sérère.

Deux ans avant sa mort, en 2008, Yandé Codou Sène recevait l’un des derniers hommages de sa vie à travers le remarquable et touchant film documentaire de la réalisatrice sénégalaise Angèle Diabang Brener. « Yandé Codou, la griotte de Senghor », l’intitulé de cette production cinématographique consacrait, dans un  décor alliant poésie et tristesse, l’un des derniers mohicans ayant vécu comme témoin d’une partie si importante de l’histoire du Sénégal.

Yandé Codou Sène, décédée le 15 juillet 2010 à l’âge de 78 ans, a construit sa gloire autour de sa voix, de ses envolées lyriques et polyphoniques qui séduisaient tant le Président Léopold  Sédar Senghor. Cela, à tel point qu’elle devint la griotte attitrée du poète-président avec qui elle effectua de nombreuses tournées à  l’intérieur du pays. L’artiste se servait parfois de sa puissante voix pour traduire en sérère les messages de Senghor qu’elle seule pouvait interrompre les discours pour entamer un chant de louange.

La voix de Yandé Codou n’était ni aiguë, ni grave. Elle était exceptionnelle et avait cette puissance surnaturelle qui plaisait à tout le monde. C’est sans doute la raison pour laquelle, près d’une décennie après sa disparition, sa musique agrémentée par du riti, de la guitare et du tambour, continue de traverser le temps et les générations. Les chants de la diva étaient uniques en leur genre. Ils sont composés avec une infusion omniprésente du souvenir, en rappelant la profondeur des terroirs sérères  encore rebelles au train de la modernité, ces villages enchevêtrés dans des bosquets vierges et reliés par des pistes bordées de végétation qui font le charme du pays sérère. Mais également la richesse des cérémonies initiatiques dans le royaume du Sine-Saloum de naguère, les rites et pratiques religieuses de ces contrées perdues.

Née en 1932 à Somb, région de Fatick, département de Gossas, Yandé Codou Sène a très tôt été nourrie par la chanson sérère, du fait de ses origines griottes. Seulement, rien ne lui présageait un parcours musical de cette envergure. C’est à l’âge de 15 ans précisément qu’elle commença sa carrière dans les kassacks ou cérémonies d’initiation pour les circoncis. Toutefois, ce n’est qu’à 65 ans, en 1997, qu’elle va mettre sur le marché son premier album (Night sky in Sine-Saloum). Une production de 9 titres, dont « Salmon Faye », « Gaïndé », « Keur Mang Codou » ou encore le rythmique morceau « Gnaka Gniore Ndianesse », reflétant l’immensité de son talent. Flirtant avec la musique moderne, au début des années 1990 à la suite de sa rencontre avec Youssou Ndour, la dame aux lunettes noires a continué à inspirer la musique sénégalaise.

Yandé Codou Séne, ce n’est pas seulement une voix. C’est un élément du patrimoine culturel sénégalais. Un symbole de l’immortalité qui mérite d’être inscrit au panthéon des grands Hommes.

Porte-étendard de la culture sérère, la griotte était plus qu’un artiste. Elle avait cette chose que les autres n'ont pas et qui fait le génie. Son répertoire est d'une richesse prodigieuse. Et son chef d'œuvre tout simplement inimitable.

Ibrahima BA

Le musicien Yoro Ndiaye a fait escale à Saint-Louis pour une prestation à l’Institut français de la ville. Entre répétitions et repos, le folk-singer sénégalais est exténué, mais espère produire une bonne prestation. En attendant, il a bien voulu répondre à nos questions : Mbacké sa ville natale, ses projets, son amour pour Saint-Louis...  

De Mbacké, ville à la lisière de Touba la capitale  du Mouridisme, à la scène, cela n’a pas été évident…
C’est vrai, rien ne me prédestinait à la musique car qui dit Mbacké, dit naturellement Touba, la ville de Khadimou Rassoul. Mon père fréquentait toujours les « dahiras » (associations confrériques) et le reste de ma famille s’identifiait au Mouridisme. Dans notre famille, il n’y a personne qui joue un instrument. Comme j’ai l’habitude de le dire, la musique est venue vers moi et c’est un destin que j’assume pleinement.
 
Malgré tout, il y a toujours cette influence de Mbacké dans votre répertoire.
Vous savez, c’est le milieu qui détermine l’individu. Dans mes chansons, on retrouve des thématiques qui ont trait au Mouridisme. On sent également mon attachement à cette communauté religieuse dans mes propos et idées. Même au-delà, je revendique un esprit Baye Fall (ndlr : la voie créée par Cheikh Ibra Fall, un compagnon de Khadim Rassoul, fondateur du Mouridisme). De plus, les qualités comme l’humilité et la disponibilité sont le socle de cet état d’esprit qui rime avec le respect et la « positive attitude » ; des vertus importantes pour toute personne.

Yoro Ndiaye 2

Parlez-nous de vos projets ?
J’ai senti la nécessité, à un moment donné, de m’organiser. C’est ainsi que j’ai mis en place une maison de production dénommée « Afrique mélo », pour intensifier la production. A travers ce label, nous avons décidé de donner une chance à une dizaine de jeunes artistes autour d’un concept appelé « Sunu folk ». Un projet en partenariat avec l’Organisation internationale de la Francophonie  (Oif) qui nous a beaucoup soutenus. Dans ce cadre, nous avons agrandi nos locaux et  renouvelé nos outils de travail car, au début, j’avais juste un home studio.


En quoi consiste le label « Sunu folk »

C’est ce genre d’initiative qui m’a permis de bien entamer ma carrière. Un projet initié par les frères Guissé et qui s’appelait « Sénégal folk » m’a ainsi mis sous les feux de la rampe.  Par la suite, nous avons voulu, nous aussi, accompagner les jeunes. C’est dans ce sillage que « Sunu folk » est né. Une vision panafricaine composée de jeunes artistes : un Mauritanien, un Burkinabé,  une Camerounaise… L’un de mes rêves est d’aider les nouveaux talents à se hisser au niveau de la scène musicale internationale.  J’ai envie de voyager également avec ces jeunes, de faire le tour du Sénégal avec eux pour montrer au public ce que nous avons réussi.

Pouvez–vous revenir sur le projet Sénégal folk ?
« Sénégal folk » était une initiative des frères Guissé. Ces artistes avaient bénéficié du financement du Programme de soutien aux initiatives culturelles (Psic), un fonds initié par l’Union européenne, à la fin des années 1990, et qui a permis de réaliser une compilation dont je faisais partie. C’est la même approche que l’on va reproduire. Seulement, la différence réside dans notre volonté de faire, avec « Sunu folk », un festival afin que cette dizaine de jeunes ait un cadre de promotion. Comme parrain, nous avons choisi Ismaël Lô, un pionnier du folk africain. Puis, il s’agira aussi de rendre hommage à ceux qui jouent à la guitare et qui chantent également.
 
Votre carrière est-elle en stand-by ?
Je l’ai mise entre parenthèses en attendant de terminer avec la promotion des jeunes. J’ai en ligne de mire un album international pour montrer toutes ces expériences acquises au fil des ans. A travers mes voyages et rencontres, je veux partager tout cela dans cette production à venir.
 
 Comment voyez-vous la musique folk de nos jours ?
Le folk est une musique qui n’est pas soutenue au Sénégal, notamment du point de vue médiatique. Elle est diffusée généralement durant les heures de pause. Les heures de grande écoute sont monopolisées par le mbalax, ce qui freine le développement du folk. C’est pourquoi bon nombre de musiciens folk sont happés par le mbalax qu’ils jouent pour exister artistiquement.
 
Vous êtes de plus en plus fréquent à Saint-Louis. Qu’est-ce qui vous lie à cette ville ?
C’est vrai que Saint-Louis reste une ville que je ne découvre que pour le travail, mais elle est attirante en termes de culture et de patrimoine. C’est un endroit propice à la recherche et à l’émulation de tout artiste. Je pense que je vais désormais consacrer une semaine pour venir m’y ressourcer. Les organisateurs du Festival de jazz m’approchent souvent,  mais je n’ai jamais eu l’occasion de m’y produire. J’ai espoir de jouer un jour pour ce prestigieux événement et ce serait avec plaisir. Cela pourrait, peut-être, se faire l’année prochaine.

Propos recueillis par Amadou Maguette NDAW

Les musiciens, Les Frères Guissé,  en partenariat avec la commune de Hann Bel-Air et le ministère de l’Environnement et du développement durable, ont procédé, hier, à l’ouverture de la 13ème édition du FestiVert. Un festival organisé au Parc zoologique de Hann et qui met en exergue la culture au service de l’environnement pour la promotion de l’éco-citoyenneté..

La cérémonie d’ouverture du FestiVert, initiative des Frères Guissé, s’est tenue, hier, au Parc zoologique de Hann. Activité culturelle et environnementale, le lancement s’est déroulé en présence du secrétaire du ministère de l’Environnement et du développement durable, Amadou Lamine Guissé, du maire de la commune de Hann-Bel Air, Babacar Mbengue, du commandant de la Gendarmerie et du directeur du Parc national zoologique de Hann.

Cette ouverture du FestiVert a regroupé cent récipiendaires issus de trente-deux écoles de la commune de Hann-Bel Air, qui ont obtenu les meilleurs résultats du concours du Centre d’éducation et de la formation environnementale. En effet, le Centre avait organisé des sessions en amont pour choisir les meilleurs élèves durant la formation. Sur 650 élèves concourus, 100 sont admis et primés.

Par ailleurs, cette 13ème édition du FestiVert est l’occasion de rappeler à la nouvelle génération l’importance de la nature, mais aussi l’historique environnemental de la commune de Hann-Bel Air. Auparavant, la baie de Hann faisait partie des cinq baies les plus belles du monde, mais malheureusement, cet effet de beauté s’est évaporé à cause de la dégradation et de la pollution.
L’objectif de cette manifestation culturelle et environnementale est de conscientiser ces élèves sur leur responsabilité et leur devoir d’entretenir, de surveiller et de revaloriser l’environnement. En plus de ce devoir, les Frères Guissé ont insisté sur l’orientation de ce programme vers les enfants afin de les inscrire dans une optique d’écosystème.

« Nous renouvelons notre engagement citoyen. Le choix est porté sur ces enfants parce que nous sommes conscients de ce qu’ils peuvent devenir demain. Donc mieux vaut les mettre sur les pistes dès maintenant pour assurer la protection et la sauvegarde de l’environnement », a lancé Djiby Guissé.Dans cette optique, ce dernier a introduit une chanson intitulée « Dina dieumbeutt gaarap » pour parler du reboisement, dans un rythme binaire pour faire chanter les enfants et les informer des dégâts liés au déboisement et à la pollution. Cependant, le Sg du ministère de l’Environnement, Amadou Lamine Guissé, confirme que l’Etat du Sénégal est plus que jamais engagé à accompagner ces activités qui sont à la fois, culturelles et citoyennes. « Nous renouvelons la lutte contre le projet de dépollution de la baie de Hann. Une campagne sera bientôt lancée. L’alerte est donnée et cela devient une leçon assimilée. Notre présence confirme que l’Etat du Sénégal encourage cette belle initiative et est prêt à changer l’approche de l’enseignement environnemental en inculquant les valeurs citoyennes », a déclaré le représentant du ministre de l’Environnement.

A leur niveau, les élèves ont présenté un sketch qui véhiculait un message fort sur la pollution, l’exploitation minière illégale, le déboisement et la dégradation climatique et environnemental pour interpeller tout un chacun. La cérémonie d’ouverture du FestiVert des Frères Guissé s’est tenue dans un cadre d’échange, d’interpellation et surtout citoyen, pour confirmer l’apport de la culture dans la promotion de l’éco-citoyenneté. Place aux concerts et aux séances de lutte, aujourd’hui et demain au Parc de Hann.

Baye Ndongo FALL (stagiaire)

Le ministre de l’Intégration africaine, du Népad et de la Francophone, Mbagnick Ndiaye, a procédé, hier, à l’installation du comité scientifique chargé des préparatifs de la première édition du Forum francophone de Dakar. Prévue dans le courant du mois de novembre prochain, cette rencontre permettra au Sénégal de consolider sa place de pays phare au sein de cette organisation internationale.

« La Francophonie comme facteur d’intégration par l’innovation numérique : enjeux et perspectives ». Tel est le thème de la première édition du Forum francophone de Dakar dont le comité scientifique vient d’être installé par le ministre de l’Intégration africaine, du Népad et de la Francophonie. Au total, c’est une dizaine de membres qui composent ce comité, devant se charger des préparatifs de cette rencontre internationale prévue, dans le courant du mois de novembre prochain. Le forum de Dakar, comme l’a rappelé Mbagnick Ndiaye, compte se positionner en vue d’être une plateforme de proposition et de prospective, sur le devenir de l’espace francophone. Evénement innovant qui compte renforcer la vocation francophone du Sénégal ; il va réunir, « selon une périodicité annuelle ou biennale, des décideurs institutionnels du secteur privé et du monde de l’économie, des acteurs de la société civile et du monde associatif, des intellectuels et des chercheurs ».

L’installation du comité scientifique conduit par le professeur Mbaye Thiam, est d’après le ministre, la première étape vers la tenue de ce forum « inédit » qui ,pendant trois jours , réunira des experts autour de 5 tables rondes consacrées à des thématiques liées, entre autres, à l’éducation et à la formation, à l’information, aux médias et communication, également à la culture et à la créativité.

« Nous essayons de nous inscrire dans les orientations fixées par son Excellence Monsieur le Président de la République, visant autant à renforcer le pôle francophone de Dakar et à contribuer au rayonnement de notre pays et de la sous-région (l’Afrique de l’ouest). Et, quelle plus grande légitimité pour cela, que la Francophonie, née en Afrique de l’Ouest, et dans le développement de laquelle de hautes personnalités de notre pays et de notre sous-région ont joué des rôles éminents», a dit le ministre Mbagnick Ndiaye.

Se prononçant sur le thème du Forum, le professeur Mbaye Thiam a indiqué que le numérique comporte des enjeux sur le plan géopolitique, économique et social. Ce qui, de son point de vue, appelle à des démarches nouvelles, des ajustements et des orientations afin de positionner davantage la Francophonie dans les questions et politiques internationales. Par rapport à l’organisation du Forum, il a annoncé la mise en place d’une stratégie, dès la semaine prochaine.

Ibrahima BA

La Fondation Léopold Sédar Senghor a organisé, mercredi, à Dakar, la remise des prix du concours de poésie « haïku » sous le thème « Les espèces vivantes ». Cette occasion a été choisie pour récompenser les grands gagnants de cette deuxième édition.

C’est dans la salle principale de la Fondation que s’est tenue la cérémonie de remise des prix. Les murs sont ornés de photos et d’articles de presse retraçant l’histoire du premier Président de la République du Sénégal, Léopold Sédar Senghor. Ce n’est pas un hasard si la Fondation a été désignée pour organiser un tel évènement. En 1980, l’ambassadeur du Japon à Dakar, Sonoo Uchida, a proposé à l’homme politique de faire participer son pays au concours de « poésie "haïku" des enfants du monde entier ». Depuis, le Sénégal met à l’honneur la culture japonaise par cet exercice d’écriture.

Retour aux sources
Cette tradition poétique existe au Japon, depuis le huitième siècle. L’ambassadeur Sonoo Uchida écrivait, en 1980 : « Le "haïku" nous apprend à écouter attentivement, à regarder, à bien observer notre cadre de vie réel et à parler de la nature avec sincérité, avec bon goût et avec le sens du concret ». Le poème « haïku » est court (trois vers comprenant cinq, sept et cinq syllabes chacun), s’accompagne d’un dessin d’illustration et celui qui l’écrit doit déclencher une émotion chez celui qui l’écoute. Pour Raphael Ndiaye, directeur de la Fondation Léopold Sédar Senghor à Dakar, « ce type de poème demande une certaine discipline par sa concision et de l’imagination par son aspect figuratif ». Partant du principe que « toutes les inventions humaines ne sont qu’une imitation imparfaite de la nature », il compare le poème « haïku » à un « retour aux sources ». En 2015, la « Japan Fundation » propose à la Fondation Léopold Sédar Senghor d’organiser un concours à l’échelle nationale. La première édition 2015-2016 voit le jour et le Sénégal devient le premier pays d’Afrique coopté pour cet évènement. Une lettre d’information est alors envoyée aux établissements scolaires et tous les élèves âgés entre 9 et 15 ans peuvent y participer. C

Vingt lauréats cette année
Cette année, pour l’édition 2017-2018, sept établissements ont pris part à la compétition et plus de 555 poèmes ont été envoyés aux membres du jury, ayant pour thème « Les espèces vivantes ».

Le jury se compose de Joseph Pierre Ndiaye (directeur du cabinet du ministre de l’Education nationale), d’Amadou Ly (Professeur de Lettres modernes à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar), d’Annie Coly (proviseur au lycée d’application Seydou Nourou Tall) et de Raphael Ndiaye (directeur de la Fondation). Parmi toutes les candidatures, ils ont sélectionné 20 lauréats. Durant la remise des prix, des diplômes ont été distribués à tous les établissements participants et un sac rempli de matériel de dessin est offert aux grands gagnants, après la lecture de leurs poèmes par le maître de cérémonie. Seul le premier lauréat, André Debergé, a eu l’occasion de lire lui-même son poème au public : « Rouge fleur de l’amour, couleur coulant sur des ailes, le papillon tendre ». C’est sur cette mélodie, qui laissa le public rêveur, que la cérémonie prit fin.

Aurélia VALARIE (stagiaire)

Lors d’une conférence de presse, l'ambassade de la Côte d'Ivoire au Sénégal a annoncé la tenue de l'édition de la Semaine ivoirienne de Dakar (Sim), du 06 au 12 août 2018. Un rendez-vous majeur du savoir-faire ivoirien dans sa diversité, relancé après plusieurs années d’absence.

L'ambassade de la Côte d'Ivoire au Sénégal a annoncé l’organisation d’une Semaine ivoirienne de Dakar (Sim), prévue du 06 au 12 août 2018. L'Egypte sera le pays invité d'honneur. Selon M. Gogoa Blé, conseiller chargé d'affaires à l’ambassade ivoirienne, la problématique de « La monnaie électronique, moteur de développement de l’inclusion financière dans la zone Uemoa : cas de la Côte d’Ivoire et du Sénégal » sera le thème principal de cette édition.

A l'ère digitale, les transactions par mobiles et plateformes électroniques sont de plus en plus adaptées, d'où la nécessité d'un consensus. D’ailleurs, une conférence sera tenue pour expliquer les enjeux. La Côte d'Ivoire et le Sénégal seront en coopération Sud-Sud, par le biais d'une foire commerciale, gastronomique et culturelle. « Bienvenue en Côte d'Ivoire, les nouvelles sont bonnes parce que faire la promotion de notre pays fait partie de nos missions », a ajouté Agoussi Serge Pacôme, chargé des Affaires économiques, commerciales et communication.

Par soucis d'élargissement d'horizons et de présence sur le marché, « les entreprises, la culturel et les mets ivoiriens ont besoin de se faire connaître davantage », a affirmé le modérateur Charles Bogou Sakré. En ce sens, les activités de la Semaine ivoirienne à Dakar s'ouvrent à plusieurs secteurs d'activités car étant un événement institutionnel. La Côte d'Ivoire est déjà présente au Sénégal, mais il faut le formaliser afin d'encourager la coopération sud-sud (Sénégal-Côte d'Ivoire), selon le modérateur de la conférence. Le programme de la Semaine ivoirienne sera également articulé autour du business-entreprises ; animations-shopping-gastronomie ; tourisme-artisanat ;  conférences-ateliers-rencontres B to B ; agroalimentaire-agrobusiness ;  mode-beauté et bien-être. 

La Place du Souvenir de Dakar abritera un défilé, des expositions-ventes, un concours culinaires, une journée des Tic, banques et finances pour la promotion des activités et de la culture ivoirienne. Une journée d'échanges est également dédiée à la communauté étrangère et à la diaspora ivoirienne vivant au Sénégal. Un concert de clôture est prévu avec des artistes de renommée ; un autre trait d'union entre les deux pays.

Yaye Awa Ly Ngoné SARR (stagiaire)

Le rapport  final  de l’étude sur l’actualisation du Service universel  a été présenté hier. Ce projet d’actualisation, confié au Groupement défis et stratégies/Titane conseil, avait pour mission de mener une étude sur le plan technique, économique, juridique et institutionnel afin de permettre une actualisation adaptée et cohérente de la stratégie d’accès au Service universel des télécommunications du Sénégal.

Pour  actualiser  le Service universel des télécommunications du Sénégal, une étude  a  été commanditée  et confiée au Groupement défis et stratégies. L’atelier de validation du rapport  final  de cette étude s’est ouvert, hier,  à Dakar, avec la participation des acteurs concernés. Selon le président du  Fonds de développement  du service universel des télécommunications (Fdsut), Aly Coto Ndiaye, la réactualisation du Service universel permettra, entre autres, de revoir  les limites de celui-ci, de  prendre en compte l’évolution des besoins et des technologies pour une meilleure qualité de service et lui donner davantage de poids en définissant clairement la vision et la stratégie globale pour le Fonds de développement du service universel.

A l’en croire,  la stratégie de Service universel devra être régulièrement contextualisée en fonction des évolutions technologiques et des besoins. Mais aussi pour une meilleure intégration des populations défavorisées dans le développement socio-économique afin de favoriser leur épanouissement. Toutefois,  a reconnu  Aly Coto Ndiaye, la bataille ne saurait être circonscrite à la seule stratégie ; il reste le défi de son financement. « Je voudrais attirer l’attention des uns et des autres sur le fait que l’année 2017  a marqué un tournant qui, sauf un réaménagement, risque de constituer une limite  dans l’expansion du Service universel des télécommunications. En effet, depuis sa création, la taxe sur le chiffre d’affaires des opérateurs téléphoniques pour le développement du  Service universel n’a rien versé dans les comptes du Fdsu », a déploré Aly Coto Ndiaye.

A  son avis,  cet infléchissement dans la courbe d’approvisionnement plonge le Fdsut  dans une situation de perplexité, d’incertitude et de questionnement. « Par nos soins, l’attention des décideurs  en charge des finances  a été attirée sur la question afin qu’une rectification soit apportée  pour permettre au Service universel de continuer sa mission dans les zones rurales et urbaines démunies. J’ose espérer que notre plaidoyer va prospérer au risque d’annihiler tous les efforts fournis jusque-là », a-t-il argué.

Le représentant de l’Union internationale des télécommunications (Uit) pour l’Afrique de l’Ouest, Ali Drissa Badiel a, remercié les autorités pour l’initiative prise  d’actualiser le Service universel  des télécommunications. Pour M. Badiel, le Service universel est plus qu’une nécessité, pour avoir des Tic inclusifs conformément à l’une des recommandations phares du sommet mondial sur la société de l’information.

Présidant l’ouverture des travaux de l’atelier de validation de l’étude sur l’actualisation du Service universel, le ministre  de la Communication, des Télécommunications, des Postes et de l’Economie numérique,  Abdoulaye Baldé, a indiqué que le développement du Service universel des télécommunications met un caractère particulier à l’un des objectifs de la Stratégie Sénégal numérique 2025 et précisément l’axe stratégique numéro 1, relatif à « un accès ouvert et abordable aux réseaux et services numériques ».

De plus,  il  a souligné que l’actualisation du Service universel est en droite ligne des recommandations de la Cedeao et de l’Union internationale des télécommunications (Uit). A l’en croire, les politiques du Service universel ont généralement pour but de promouvoir ou de maintenir la connectivité universelle de tous les foyers aux installations et services de réseau public, à des prix abordables.

« Aujourd’hui, les moyens de communication se sont diversifiés et différents types d’infrastructures doivent être mises en service le plus efficacement possible pour permettre d’atteindre l’ensemble des populations visées. C’est ainsi que, depuis une date relativement récente, la définition de l’accès universel englobe les services innovants tels que l’Internet », a expliqué M. Baldé.

Pour  le ministre des Télécommunications, cette étude est le meilleur guide, un mode d’emploi pour mener, de manière efficiente, leur politique d’inclusion numérique. En ce sens qu’il appelle toutes les parties prenantes de la société de l’information : pouvoirs publics à travers surtout les responsables du Fonds de développement, membres du secteur privé et de la société civile, universitaires et experts techniques des organisations internationales. Il vise à encourager et à continuer d’accompagner les efforts allant dans le sens de la généralisation des usages numériques par les populations, surtout celles qui accèdent difficilement aux réseaux.

Maguette Guèye DIEDHIOU

Le Festival national des arts et cultures (Fesnac) s’est imposé, au fil du temps, comme un rendez-vous incontournable des arts populaires, mais, depuis quelques temps, il peine à attirer les meilleurs artistes des régions. Pour ranimer la flamme autour de ce festival, qui fête sa dixième édition, le ministère de la Culture avait convié les acteurs, hier, autour d’un atelier d’évaluation.

Lancé en 1997, pour "permettre aux Sénégalais de mieux se connaître, de savoir tout ce qui les rapproche et de contribuer à la consolidation de l’unité nationale", le Festival national des arts et cultures (Fesnac) a servi de formidable cadre d’expressions des arts populaires. Cependant, en dépit du « succès » noté, lors de la dernière édition organisée à Louga, en décembre 2017, le festival a beaucoup perdu de son lustre. Entre la faible implication des collectivités locales et l’insuffisance du budget alloué par l’Etat, l’organisation demeure un défi, chaque année. Résultat ? Les meilleurs artistes des régions ne participent plus au Fesnac, constate un responsable du ministère de la Culture. Pour ranimer la flamme autour du festival, le ministre de la Culture, Abdou Latif Coulibaly avait convié, hier, directeurs des centres culturels régionaux, acteurs culturels et représentants des collectivités territoriales autour d’une réunion d’évaluation pour dresser le bilan de la 10ème édition et, plus globalement, réfléchir sur les perspectives du Fesnac.

« Il y a deux problématiques majeures qui se posent, aujourd’hui », explique le ministre. La première est liée à la gouvernance du Fesnac, ses rapports avec les collectivités locales et les moyens de participation. Ces relations n’ont toujours pas été planifiées de la meilleure des façons, reconnaît M. Coulibaly, disant espérer une solution à la suite de ces débats. La deuxième problématique, c’est qu’à l’origine, le Fesnac a été conçu pour être une biennale. Le ministre s’interroge s’il ne faudrait pas revenir à cette périodicité, qui permettrait d’être plus efficace et plus efficient tant du point de vue de l’animation scientifique, artistique ; que du point de vue des résultats globaux et de l’accompagnement des lauréats. Sur cette question, Ibrahima Wane de l’Ecole doctorale arts, cultures et civilisations (Arciv) à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, est d’avis qu’il faut revenir au triptyque (bisannualité, itinérance, cadre d’expressions des arts populaires) qui fonde l’identité du festival. « Le Fesnac a toujours posé des questions transversales, c’est pourquoi tous les acteurs s’y retrouvent », relève-t-il, invitant à préserver cette spécificité et donner « plus de dignité » au Fesnac. « Il y a de la dignité, mais peut-être pas assez de moyens », répond Abdou Latif Coulibaly, se disant favorable à un retour au principe biannuel pour une utilisation rationnelle des maigres moyens dédiés. Il regrette que l’accompagnement du secteur privé ne soit « pas à la hauteur » des ambitions et des attentes des autorités. Un mal général. En réalité, la culture est « assez abstraite », dans la tête de beaucoup de responsables d’entreprises qui ne voient pas la rentabilité qui pourrait y avoir, constate M. Coulibaly. D’autres estiment, enfin, que la restitution du patrimoine culturel ne doit plus être une fin en soi pour le Fesnac, mais une source d’inspiration.

Seydou KA

Dans le cadre de la mise en œuvre du projet des Centres multimédia communautaires (Cmc), le ministère de la Communication, des Télécommunications, des Postes et de l’Économie numérique a remis, hier, des lots de matériels composés de radios communautaires, d’équipements informatiques et de systèmes solaires aux bénéficiaires de ce programme. Cet appui vise à réduire la fracture numérique.

Cette remise de dons est destinée à réduire la fracture numérique en mettant les Technologies de l’information et de la communication au service du développement des communautés, un peu en retrait dans ce domaine. Les Centres multimédia communautaires (Cmc), installés par le gouvernement du Sénégal avec l’appui de partenaires nationaux et internationaux, contribuent, de manière décisive, à la lutte contre la fracture numérique.

Pour le ministre de la Communication, des Télécommunications, des Postes et de l’Économie numérique, Abdoulaye Baldé, un « Cmc, constitué d’une composante radio communautaire et d’une salle multimédia logées dans une même enceinte, occupe une place importante dans le réseau national des systèmes de communication ».

Ce projet, démarré depuis 2005, a permis la formation de plus de 1000 personnes en production radiophonique, en informatique, en multimédia et en gestion administrative, technique et financière des Centres. Le Sénégal compte, à ce jour, 49 Cmc répartis sur l’ensemble du territoire national avec l’implémentation en cours de huit autres. En sus, « neuf Cmc, déjà opérationnels, vont bénéficier d’un appui en équipements radios communautaires et informatiques », indique-t-il, tout en insistant sur les défis auxquels font face les Cmc. Ils sont surtout liés à la maintenance et à la vétusté du matériel. Dans un souci de pérennisation, son département a prévu d’organiser des visites et échanges au niveau des Cmc déjà installés, pour une meilleure prise en charge.

En outre, un atelier de restitution sera organisé, à cet effet, avec les parties prenantes afin d’élaborer, d’une part, un document de revue globale sur la situation des équipements et du personnel des centres et, d’autre part, un document d’étude de faisabilité pour la généralisation de ces centres dans toutes les zones rurales.

C’est pourquoi, pour la sélection des futurs bénéficiaires du programme, la tutelle privilégiera ces critères technico-sociaux : absence de services Cmc dans la zone, l’articulation avec la stratégie nationale « Sénégal numérique 2025 », la disponibilité de fréquence Fm de radio communautaire et la prise en compte des femmes, des jeunes, des personnes vivant avec un handicap et des populations défavorisées des zones rurales et péri-urbaines.

Parlant au nom des maires, Pape Aly Dièye, l’édile de Guéoul, voit, à travers cette action, une volonté de l’autorité centrale de promouvoir le développement des collectivités territoriales grâce à un accompagnement multiforme. Il a, par ailleurs, sollicité un accompagnement plus conséquent de l’Etat pour l’amélioration des conditions de travail du personnel des Cmc. Il lui semble opportun que les différentes sociétés nationales, dans le cadre de la responsabilité sociétale d’entreprise, soient d’un plus grand apport.

Alassane Aliou MBAYE

Le groupe «Les Frères Guissé» organise la 13ème édition du FestiVert, du 13 au 15 juillet, au Parc de Hann. L’ouverture est prévue aujourd’hui, à 10h, sous la présidence effective du ministre de l’Environnement et du Développement durable, Mame Thierno Dieng, et du maire de la commune de Hann-Bel Air, Babacar Mbengue. Plusieurs artistes musiciens sont attendus dont Demba Guissé, Sidy Diop, Canabass, Safari, Bideew Bu Bess pour animer des spectacles concerts au Parc de Hann, du 13 au 15 juillet. En partenariat avec la Commune de Hann, le Parc de Hann, la Ville de Dakar et le ministère de l’Environnement, les Frères Guissé, à travers le FestiVert, participent à mettre la culture au service de l’environnement, pour la promotion de l’éco-citoyenneté.

Diplômé en commerce international, Cheikh Ahmed Tidiane Gaye est l’initiateur du projet « Youléeb », qui est une interface web et un réseau de diffusion de contes africains et d’échange d’expériences culturelles. Ce projet fait partie des lauréats de la première édition de la Teranga Tech.

Cheikh Ahmed Tidiane Gaye, plus connu sous le sobriquet de Cheikh Mara, est  un homme passionné. Depuis plusieurs années, il a mis tout son cœur et son énergie au service de ses rêves : ceux de participer à l’épanouissement de chaque être humain en lui proposant des produits et services qui vont améliorer considérablement sa qualité de vie et son quotidien. C’est en 2012 que tout a commencé. Titulaire d’une licence en Commerce international, il se lance dans des projets éducatifs  comme « Les coins magiques » (ateliers de contes et de travaux manuels), « Les petit-fils » (camp de vacances). Aux yeux de Cheikh, cette démarche d’éducation et de solidarité est l’une des caractéristiques fondamentales de l’engagement  au service d’une éthique démocratique et citoyenne. Cheikh Mara est, aujourd’hui, à l’origine de « Youléeb », récemment choisi parmi les 6 projets lauréats de Teranga Tech (première communauté Tech franco-sénégalaise) qui devront bénéficier d’un accompagnement à la création d’entreprise.

Inscrit dans la catégorie des industries culturelles et créatives, « Youléeb » compte proposer des contes africains, recréer les harmonies nécessaires à la prise en charge, par les citoyens eux-mêmes, de leur avenir. Il s’agit aussi, selon son initiateur, d’une plateforme qui permet, en même temps, un  échange d’expériences culturelles. Le projet répond à l’exigence de l’affirmation d’une certaine idée  de « l’homme comme individu solidaire et comme citoyen », d’une certaine idée de la culture en tant que vecteur d’identité et de liberté. Mais également à l’affirmation d’une certaine idée de la démocratie au service du développement des territoires. « C’est cette conscience qui est au cœur de l’éducation: celle qui consiste à essayer de transformer certaines conditions sociales, notamment l’accès à la culture, en faisant des individus les véritables acteurs non seulement de cette culture mais, à long terme, de leur vie toute entière », explique Cheikh Mara pour qui cette démarche d’éducation et de solidarité est l’une des caractéristiques fondamentales de l’engagement de « Youléeb » au service d’une éthique démocratique et citoyenne. Cette plateforme ambitionne de mettre en place une dynamique politique fondée  sur des valeurs humanistes universelles comme la lutte contre le racisme, la défense des droits des enfants, le respect de la diversité … Et cela, avec la conviction selon laquelle « la culture peut offrir des solutions aux défis mondiaux actuels dans les domaines du développement durable, de la cohésion sociale, de la construction de la paix et dans la prévention des conflits ».  

Interface web, « Youléeb » est aussi un réseau de diffusion de contes. Elle met à la disposition des familles, particulièrement des enfants, une plateforme de diffusion de contes et de programmes audiovisuels à la fois pédagogiques et ludiques. « Aujourd’hui, grâce au numérique, l’apprentissage en mouvement et par les sens est de plus en plus facile à mettre en place, d’autant que la technologie devient mobile. Les outils numériques, spécialement les tablettes, peuvent aider les enseignants et les élèves à redécouvrir des manières traditionnelles d’enseigner qui font appel au toucher, au mouvement, au son et à la vision », soutient Cheikh Mara.

Outil pédagogique
Une des caractéristiques de Youléeb consiste à permettre aux élèves « d’écouter et de suivre des enregistrements disponibles en format vidéo, de regarder un discours historique ou une interview d’un personnage illustre, pour intégrer le contexte et mieux éclairer leur point de vue sur l’Histoire, de manière intransmissible par la lecture ».  

Spécialisé dans l’intermédiation, la recommandation, le conseil et l’assistance pour des Pme/Pmi, des professionnels et des particuliers dans les domaines de la vente, du marketing et de l’événementiel, Cheikh Mara totalise une expérience de treize ans dans ce domaine. Il a également travaillé pour des entreprises nationales et internationales telles que Afrik Annonces, la Radio Top Fm, Procter & Gamble, Nestlé, Vivo Energie, Jumia… Aussi,  Cheikh a conseillé et assisté des artistes et des hommes de culture comme La Fouine, Vieux Mac Faye, Pacotille, l’association italiano-sénégalaise Jahkarlo, Doudou Ndiaye Rose entre autres.

Ibrahima BA

 

Le Rassemblement des artistes et musiciens de Sédhiou vient de bénéficier de 7 millions de FCfa du Fonds des cultures urbaines pour la réalisation du projet intitulé « Création d’un Centre de formation aux métiers des arts urbains ».

La convention d’attribution de 7 millions de FCfa aux artistes et musiciens de Sédhiou vient d’être signée. C’était entre le directeur du Centre culturel régional de Sédhiou, Aliou Kéba Badiane, représentant le ministère de la Culture où est logé le Fonds de développement des cultures urbaines, et le président du Rassemblement des artistes et musiciens de Sédhiou, Kélountang Danfa.  Le directeur du Centre culturel régional a particulièrement insisté sur la tenue de la comptabilité conformément au cahier des charges. Pour éviter que ce financement tombe dans ce travers, la convention énumère, de façon claire et précise, la manière dont le projet doit être géré. Pas question de détournement d’objectifs, des pièces justificatives doivent accompagner toute dépense.

Même si les bénéficiaires peuvent manquer de formation en matière de gestion, et du coup pourrait faire des erreurs dans de gestion, des mesures ont étéprises pour éviter pareille mésaventure selon le directeur du Centre culturel régional. « Ils seront non seulement encadrés par nous-même, mais également par d’autres techniciens pour, au moins, que la gestion de ce fonds soit un exemple à suivre dans la région », a précisé Aliou Badiane.
Le développement de l’industrie culturelle, objectif de ce projet, doit connaître une réussite. Le président du Rams a également rappelé que ce financement n’est pas obtenu uniquement pour les artistes et musiciens de la commune de Sédhiou, mais aussi pour tous ceux de la région qui veulent faire la promotion de l’industrie culturelle.

Le Centre des métiers aux arts urbains de Sédhiou appelé à former dans toutes les spécialités, devra connaître une bonne fréquentation et un bon calendrier de formation pour un renforcement de capacités synonyme de performances pour chacun dans son secteur. Et comme ailleurs, la culture étant facteur de développement, il devrait en être  de même  pour  les œuvres d’artistes de type nouveau, dans  cette zone citée en exemple par le passé pour son rayonnement culturel.

Malamine KAMARA

 

Le directeur général de l’Autorité de régulation des télécommunications et des postes (Artp), Abdou Karim Sall, a procédé hier, au lancement du  dégroupage de la Boucle locale au Sénégal. Il est un levier important de développement de la concurrence et la promotion de services innovants dans les télécommunications et particulièrement  sur le marché de l’Internet  haut débit  et  très haut débit fixe.

Dans le but d’amorcer une nouvelle dynamique dans le secteur des télécommunications et de promouvoir l’innovation, l’Autorité de régulation des télécommunications et postes (Artp) a initié un certain nombre d’actions pour soutenir le développement du marché de l’Internet. Ces  actions s’élargissent avec le lancement  hier,  du  dégroupage de la boucle locale au  Sénégal. Selon le directeur de l’Artp, Abdou Karim Sall,  avec la boucle locale,  une nouvelle ère s’ouvre pour de nombreux  acteurs,  en particulier les opérateurs  de réseaux de télécommunications ouverts au public dont Sonatel, Tigo et Expresso ainsi que les Fournisseurs  d’accès  à Internet (Fai) à savoir Waaw, Arc informatique et Africa Access.

C’est une opération technique qui  consiste à permettre  à un opérateur alternatif d’utiliser la boucle locale cuivre de l’opérateur historique Sonatel pour accéder  directement aux utilisateurs finaux et  leur offrir  des services.

A l’en croire,  l’objectif du découplage de la boucle locale est de  renforcer la concurrence sur le marché de l’Internet et de promouvoir  le développement des usages  pour toutes les catégories  de clientèle, en l’occurrence  les individus, les ménages et les entreprises. « La boucle  locale  est une  infrastructure qui appartient à l’opérateur historique Sonatel. Elle  est considérée comme essentielle  dans la mesure où les conditions économiques et techniques de sa réplicabilité sont  difficiles voire impossible. De ce fait, le Code  des télécommunications impose le partage de telles infrastructures à des conditions techniques et tarifaires définies par l’Autorité de régulation », a  fait savoir  le directeur général de l’Artp.

M. Sall a également précisé  que  ledit processus a été consensuel  en cela qu’il a été mené de concert  avec les parties prenantes, notamment les opérateurs. « Le processus  a impliqué des travaux poussés, avec les acteurs qui ont favorisé, à la fois, l’investissement  et le partage des infrastructures. Nous  nous en félicitons  et remercions les opérateurs pour leur ouverture d’esprit  et leur  collaboration franche tout au long du processus », a-t-il informé.

Maguette Guèye DIEDHIOU

Le Sénégal abrite, depuis hier, la 15ème édition de la conférence West Africa Com. Cet événement rassemble les opérateurs de télécommunications de toute l’Afrique de l’Ouest, les régulateurs régionaux et les entreprises innovantes. Face à la transformation numérique, ils se sont assignés comme principal objectif de définir les enjeux de l’heure en portant la réflexion sur ce thème : « connecter l’Afrique de l’Ouest aux nouveaux marchés numériques ».

La transformation numérique est devenue, en Afrique, une réalité complexe à laquelle devraient être sensibilisés les Africains et tous ceux qui se meuvent dans cet univers plein de promesses et d’enjeux. La 15ème édition de West Africa Com s’est donné comme ambition, au cours de deux jours, de répondre à une importante question. Comment la chaîne de valeur des télécommunications peut tirer parti de ses atouts pour fournir des services numériques et de connectivité haut débit à bas prix aux consommateurs et aux entreprises d’Afrique de l’Ouest ?

Aux yeux de Chris Read, gestionnaire de portefeuille (Connecting Africa), le domaine des télécommunications et de la technologie ouvre beaucoup de brèches dans lesquelles il faut s’engouffrer pour envisager l’avenir socio-économique de l’Afrique de l’Ouest avec plus de sérénité. « Il y a aussi beaucoup de possibilités de réseautage pour se connecter avec de nouveaux contacts d’affaires et de rattraper les anciens amis de l’industrie », souligne-t-il non sans rendre hommage aux sponsors et aux exposants pour leurs contribution à cette plateforme qui rassemble les leaders les plus influents des télécoms, des technologies de l’information et de la communication et des médias en Afrique de l’Ouest.

Russell Southwood, président-directeur général de Balancing Act, estime, quant à lui, que la transformation numérique, en plus de faciliter le quotidien des citoyens et malgré quelques controverses, est au centre des changements se produisant en Afrique et aiguille le mode de fonctionnement de l’industrie. Elle implique également de nouveaux investissements et de nouvelles frontières. Faudrait-il juste, de son point de vue, réfléchir sur la législation surtout avec les nouvelles menaces dont la plus pesante est celle des pouvoirs publics et leurs taxes.

Le directeur de cabinet du ministre de la Communication, des Télécommunications, des Postes et de l’Economie numérique, Souleymane Diallo, a mis en relation les objectifs que s’assigne cette conférence et les réalisations et ambitions de l’Etat du Sénégal. Celui-ci veut faire du numérique un véritable levier du développement économique et social. La stratégie « Sénégal Numérique 2025 » en est une illustration achevée.

Conseil du numérique
Comme pour dissiper les craintes de Russell Southwood, il a insisté sur le volet réglementaire et législatif du projet pour indiquer ceci : « des réformes majeures ont été entreprises, notamment à travers la simplification des conditions de fourniture de services Internet ». En ce qui a trait aux perspectives, l’Etat a engagé d’importants chantiers dans le secteur. L’actualisation du cadre juridique y occupe une importante place. Il s’agit, ici, de faire face aux enjeux liés à l’évolution du marché des communications électroniques, aux nouveaux usages. Par ailleurs, la mise en place du Conseil national du Numérique, organe consultatif qui regroupera l’ensemble des acteurs du secteur, témoigne d’une claire conscience des enjeux de l’heure et de demain.

M. Diallo s’est aussi appesanti sur la nécessité de renforcer la coopération entre toutes les parties prenantes du secteur du numérique pour l’édification d’une société de l’information inclusive et durable pour tous.

Alassane Aliou MBAYE

Chargé par les autorités de réfléchir sur la faisabilité du Fonds de développement numérique (Fdn), le cabinet Performances Group a organisé, hier, un atelier de validation du rapport de son étude. Celle-ci évalue à 100 milliards de FCfa les besoins de financement pour la période 2019-2023.

Le secteur numérique représente 5% du Pib du Sénégal, mais l’innovation technologique reste extrêmement faible. Plus de 75% des activités se concentrent essentiellement dans des segments à faible valeur ajoutée, notamment les télécommunications. Pour inverser cette tendance, la Stratégie « Sénégal numérique 2025 » recommande d’aller vers des secteurs beaucoup plus innovants comme le block-chain, la nanotechnologie ou l’intelligence artificielle. Mais il se pose l’épineuse question du financement. Chargé de réfléchir sur la faisabilité d’un Fonds de développement numérique (Fdn), le cabinet Performances Group a partagé les conclusions de son étude lors d’un atelier organisé, ce mardi 10 juillet, à Dakar.

L’étude en question a permis de déterminer les différentes phases d’évolution d’une start-up. Mais entre l’idée et la phase de maturité, en passant par l’amorçage et le développement, plus de 83% des start-ups auront traversé la « vallée de la mort ». Faute de mécanismes de financement adéquats pour passer chaque étape. Pourtant, les besoins de financement sont souvent dérisoires, surtout au début. On estime à environ 10 millions de FCfa les besoins de financement pour la première phase (entre l’idée et le lancement), entre 10 et 50 millions de FCfa pour la phase amorçage et 50 millions FCfa pour la phase développement.

Pour développer l’écosystème du numérique au Sénégal, l’étude de Performances Group évalue à 100 milliards de FCfa les besoins du Fdn sur cinq ans (2019-2023). Un bench-marking réalisé dans un certain nombre de pays (Afrique du Sud, Rwanda, Maroc, France, Israël) a permis de constater qu’il faut une forte implication de l’Etat. Sauf pour le cas du Rwanda où le secteur privé est en première ligne. L’essentiel du financement du Fdn devrait provenir de la Contribution du secteur des télécommunications (Cst). « C’est l’option de financement la plus pertinente », explique Babacar Bâ, associé chez Performances Group et coordonnateur de l’étude.

L’objectif est de faire émerger  600 promoteurs de projets Tic viables et de financer 1 500 start-ups et 70 programmes de renforcement du capital humain sur cinq ans.

D’après les prévisions, grâce à son effet de levier, le Fdn devrait générer 47,5 milliards de FCfa d’investissements, 166 milliards de chiffre d’affaires, 59 milliards de valeur ajoutée et 5 400 emplois dans le secteur du numérique.

Seydou KA

BABACAR BA, ASSOCIÉ CHEZ PERFORMANCES GROUP : « CRÉER UN EFFET DE LEVIER »
Vous estimez à 100 milliards de FCfa les besoins du Fdn sur cinq ans. Est-ce suffisant pour le développement du secteur ?
C’est une évaluation de ce que peut être un soutien fort de l’Etat pour impulser une dynamique de croissance dans le secteur. Mais, bien sûr, les besoins du secteur ne s’arrêtent pas à 100 milliards de FCfa, ils sont beaucoup plus importants, parce que nous parlons d’un secteur qui demande des investissements importants ne serait-ce que dans les infrastructures, sans parler des services à valeur ajoutée. Donc, les 100 milliards de FCfa, ce n’est qu’un volet pour soutenir l’accélération dans le secteur numérique. 

Donc il s’agit de créer un effet de levier ?
Exactement. Parce qu’autant c’est un secteur d’activité qui, lui-même, génère des emplois et de la valeur ajoutée, autant il renforce la productivité des autres secteurs. Donc, en favorisant son développement, on favorise la croissance des autres secteurs. 

Comment remédier au fait que l’écrasante majorité des start-ups meurent quelques temps après leur lancement ?
C’est un secteur extrêmement fragile et beaucoup d’initiatives n’arrivent pas au bout de l’expérience. Ce qui veut dire qu’il faut reprendre de bout en bout tout le cycle de développement des start-ups et bien comprendre les réels obstacles à leur croissance. A travers cette étude, nous nous sommes rendu compte que ces start-ups bénéficient de peu de soutien financier lors de la première phase de développement. C’est une phase où on doit les aider à bien formuler l’idée, à lancer les prototypes et à garantir les conditions de succès. Souvent, les porteurs de projets n’ont pas toutes les capacités techniques, organisationnelles ou marketing. Après, on doit les accompagner vers la mise en place d’une structure viable, pour la phase d’amorçage, qui a besoin de capitaux longs, de fonds propres. Sur ce point, on manque cruellement de structures financières adaptées. C’est pourquoi l’Etat doit remplir un véritable rôle de service public. Dès lors qu’on dépasse cette phase de développement, le secteur privé peut prendre le relais.

Propos recueillis par S. KA


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