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Culture Africaine : Les vertus thérapeutiques de la danse

28 Avr 2012
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Le 30ème anniversaire de la Journée internationale de la danse sera célébré ce dimanche 29 avril. L’événement, dont le thème est « Danse et thérapie », sera marqué par diverses manifestations à Dakar et dans les régions. Le ministre de la Culture préside la cérémonie de lancement officiel, ce matin, à la Maison de la Culture Douta Seck.

La Journée internationale de la danse sera lancée ce dimanche 29 avril, à 10 h, à la Maison de la Culture Douta Seck, sous la présidence effective du ministre de la Culture et du Tourisme, Youssou Ndour. Ce lancement officiel sera marqué par la prestation de groupes issus de plusieurs compagnies de danse et du  ballet La Linguère du Théâtre national Daniel Sorano. Des spectacles de danse au Cedeps de Guédiawaye et au complexe Léoplod Sédar Senghor de Pikine, ainsi que des conférences et tables-rondes à Dakar  et dans les centres culturels régionaux, sont inscrits au programme de la célébration de cette 30ème  édition.

La Journée internationale de la danse a été instaurée en 1982 à l’initiative du Comité de la danse de l’Institut international du théâtre. Les objectifs de la Journée internationale de la danse et du message lancé, chaque année, par une personnalité artistique, sont de réunir le monde de la danse, de rendre hommage à la danse, de célébrer son universalité et, au-delà de toutes les barrières politiques, culturelles et ethniques, de rassembler l’humanité toute entière dans l’amitié et la paix autour de la danse, langage universel.

Une leçon d’histoire moderne
Pour cette 30ème édition, le message international a été rédigé par Sidi Larbi Cherkaoui, chorégraphe belgo-marocain. Dans son adresse intitulée « Célébrer l’infinie chorégraphie de la vie » et traduite dans plus de 20 langues, Sidi Larbi Cherkaoui remarque qu’à travers le temps, à travers les âges, c’est surtout l’art qui perdure.

« L’art semble être tout ce que l’humanité laisse à ses héritiers, - que ce soit au travers des bâtiments, des livres, des peintures ou de la musique. Ou du mouvement ou de la danse. En ce sens, je considère la danse comme la leçon d’histoire la plus actuelle et la plus moderne, en relation constante avec son passé le plus récent, tout en ne pouvant se dérouler qu’au présent », dit le chorégraphe belgo-marocain.

Il croit que la danse est l’une des formes d’expression les plus honnêtes que nous devons chérir « car, lorsque les gens dansent, que ce soit dans un ballet, une battle hip hop, un spectacle expérimental de danse contemporaine ou simplement dans une discothèque, ils se lâchent, et rarement alors les mensonges peuvent se déployer, les masques se porter ».

Un rituel
Sidi Larbi Cherkaoui imagine une performance de danse comme une célébration de la coexistence ; une manière de donner et de faire de l’espace et du temps pour l’autre. Selon l’artiste chorégraphe, nous avons tendance à oublier cela. Mais, continue-t-il, l’implicite beauté d’une performance réside avant tout dans la convergence d’une foule, de personnes assises les unes à côté des autres, partageant le même moment. « Il n’y a rien de privé dans cela. Une performance est une expérience extrêmement sociale. Chacun d’entre nous rassemblés pour ce rituel, qui est notre lien avec la performance, notre lien avec ce même présent », affirme l’auteur du message de la 30ème Journée internationale.

Le chorégraphe belgo-marocain dit, cette année, souhaiter à tout le monde beaucoup de danse : « Non pas pour oublier les problèmes de 2011, mais au contraire, pour les combattre de manière créative, pour danser autour d’eux, pour trouver un moyen d’engager chacun d’entre nous et le monde, de nous engager avec la vie comme une part de cette chorégraphie infinie. Danser pour trouver l’honnêteté, la transmettre, la refléter et la célébrer. »

Omar Diouf Gacirah Diagne de l’association Kaay Fecc : « La danse nous apprend la sociabilité »

Depuis 10 ans, l’Association Kaay Feec spécialisée dans la promotion de  toutes les catégories de danse fait son bout de chemin. Pour marquer la Journée internationale qui célèbre la danse, Gacirah Diagne, directrice de cette structure, évoque l’état de « cet art » du Sénégal et donne son avis sur le thème de cette année.

La question a semblé assez saugrenue, mais il fallait comprendre, 10 ans après la création de l’Association Kaay Fecc, où en est la danse au Sénégal. La réponse de la spécialiste fut  claire. Et à Gacirah Diagne de lister toutes les prouesses de l’Association qui tournent autour  de l’organisation du Battle national qui regroupe tous les meilleurs Crew (groupes) du pays ; de l’Urbanation Bboy, une compétition à laquelle prennent part les équipes de danse de la sous-région et du festival Kaay Fecc en tant que spectacle de toutes les catégories de danse. A cela s’ajoute les sessions de formations organisées par la structure et dans toutes les catégories de danse  afin de faire la promotion de cet art. Le tableau est reluisant. Avec cette dynamique enclenchée, soutient Gacirah Diagne, on danse dans les régions avec des compétitions intra-localité avant la tenue de toutes les joutes nationales. L’objectif reste clair pour les responsables de cette structure, changer les mentalités des populations concernant la danse et montrer qu’elle peut exister car « c’est un art », défend Gacirah Diagne.

Dans ce beau tableau assez reluisant concernant la volonté et les actes posés par l’Association Kaay Fecc, il y a un hic, il manque des choses comme « les moyens, avec la reconnaissance de la part des autorités publiques ou encore des spectateurs capables de payer pour suivre les prestations », se désole Gacirah Diagne.  La professionnalisation reste faisable même si, poursuit-elle, « la danse bat de l’aile dans notre pays car on l’assimile, à tort, à une distraction ». Et pourtant,  explique Gacirah Diagne, la danse n’est pas divertissement. Au contraire,  argumente-t-elle, « c’est un art avec le corps, réceptacle d’émotions, de stress avec un langage défini ».

La danse, une activité éducatrice
Le travail est colossal pour amener les populations à respecter les danseurs même si cet art a énormément d’aspects positifs. C’est pourquoi Gacirah Diagne, au-delà de rappeler le « Ndeup » (danse traditionnelle) avec ses vertus thérapeutiques où les gens sont en transe, a rappelé les qualités  de la danse avec l’aspect éducatif. Souvent en mettant ensemble des enfants pour des cours lors des ateliers, explique-t-elle, « vous pouvez leur apprendre la sociabilité avec le fait de vivre en groupe, comprendre ce qui ont des problèmes de motricité (travailler à y trouver une solution) et également développer certaines capacités ».

Pour davantage coller à la thématique qui a trait à l’aspect thérapeutique de la danse, Gacirah Diagne a rappelé que de ce point de vue, « l’art en soi est thérapie et la danse  par ricochet soigne aussi ». 

A. M. NDAW

Le Ndeup, cette thérapie pour âmes possédées…
Le « Ndeup » est chez les Lébous une thérapie traditionnelle des âmes possédées. Même si le doute persiste chez d’aucuns quant à son efficacité, les historiens, issus de cette communauté, restent persuadés des capacités de guérison de cette pratique.

C’est une scène assez inédite qui laisse incrédule plus d’uns. Une femme, se crêpant les chignons, rampant, criant à tue-tête sous les rythmes effrénés des tambours accompagnés par des chants traditionnels. Mais, pour les initiés et les habitués, un tel spectacle n’a rien d’extraordinaire. Bien au contraire, il est devenu un fait banal, que tout habitant d’un village ou d’un quartier Lébou vit quotidiennement. Ces transes ne sont pas fortuites ; elles sont une « thérapie traditionnelle des âmes » de l’éthnie Lébou au Sénégal.

Ce sont des traditions qui perdurent chez les Lébous malgré l’avènement de l’Islam. En effet, à en croire Momath Mbengue, un historien habitant le Dialaw (zones de Toubab Dialaw, Yenne, Niangal, etc), il est dit que dans  la religion traditionnelle, les « tuur » et les « rab » sont des génies sacrés qui occupent une place très importante chez les Lébous ». Ce sont, dit-il,  « soit les âmes des ancêtres  appelées par les Lébous (tuur) soit des « forces occultes qui sont généralement propriétaires d'un lieu le plus souvent, un coin de la maison, mais dont personne ne connaît l'histoire (rab). C’est pourquoi, dès que le « rab » s’en prend à un ou une membre de la famille, l’on s’empresse d’organiser une cérémonie de « Ndeup », une thérapie traditionnelle pour « débarrasser de l’âme le « rab » malveillant qui l’habite et la perturbe », renseigne l’historien.

Le « rab » détermine les rythmes à effectuer durant la cérémonie ainsi que les types d’offrandes. Il peut s’agir d’un poulet, d’une chèvre, d’un bœuf. Des fois, note l’historien, « le « rab » (génie) peut même aller jusqu’à donner le nom du prêtre ou de la prêtresse qui doit officier la cérémonie ». C’est pourquoi, la prêtresse la plus habituelle pour le « Ndeup », Mame Fatou Seck de Mbao, était demandée partout au Sénégal où une « âme d’un ou d’une Lébou était possédé ». Si le doute persiste sur les réels pouvoirs de guérison du « Ndeup », les Lébous ne disent pas le contraire. L’historien est d’avis que  « celui qui est guéri du « Ndeup » est le bon avocat pour plaider les bonnes pratiques de cette thérapie traditionnelle des âmes possédées ».

Yathé N. NDOYE

Last modified on mardi, 06 septembre 2016 13:15
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