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Fatoumata Cissé Diarra, directrice des Archives nationales : « L’Etat est engagé dans un vaste projet de modernisation »

21 Jui 2016
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Installées dans ses nouveaux locaux à l’immeuble Central Park (Ex-4C), les Archives nationales sont redevenues le point de convergence de nombreux usagers. La directrice générale des Archives nationales, Fatoumata Cissé Diarra, évoque, dans cette interview, le projet de construction d’une Maison des archives et celui de la numérisation du patrimoine, surtout des documents anciens menacés de détérioration…

Quel est le rôle des Archives nationales ?
Créées par l’arrêté du 1er juillet 1913 signé par le gouverneur général  William  Ponty, les Archives du Sénégal sont un service de la Direction  des archives du Sénégal, à côté des services régionaux d’archives qui existent dans 5 régions administratives du Sénégal, à savoir Dakar, Thiès, Saint-Louis, Kaolack et Fatick. Cette direction est l’organe de l’Etat  compétent pour toutes les questions d’archive. Elle gère les archives de l’Administration et des collectivités locales. Elle a également une mission d’assistance et de contrôle des archives publiques. A ce titre, elles permettent à l’Etat de retracer ses actions particulières, de faire référence et de servir de preuve pour faire valoir des droits.

Peut-on connaître les principaux contenus des Archives nationales ?
Les Archives du Sénégal conservent des fonds d’archives au nombre de 4. Il s’agit du fonds du Sénégal colonial qui va de 1816 à 1959, du fonds de l’Afrique occidentale française (Aof) qui s’étend sur la période de 1895 à 1958 et qui est un fonds partagé entre la France et les ex-colonies d’Aof, devenues Etats-modernes. Nous avons également le fonds de la Fédération du Mali entre 1959 et 1960, et le fonds moderne, celui du Sénégal indépendant, qui n’est pas tout à fait classé à cent pour cent. A côté de ces fonds d’archives, les Archives nationales du Sénégal conservent une bibliothèque. En effet, la Direction des archives abrite une bibliothèque qui fait office de Bibliothèque nationale et qui est aussi vieille que l’institution. Elle date de 1913 et constitue la Bibliothèque générale du gouvernement. Il y a également le Centre de documentation des actes de l’administration de la Fonction publique, à savoir les arrêtés de décisions du ministère de la Fonction publique qui y sont conservés. Aussi avons-nous la collection des textes réglementaires et législatifs (décrets de loi, circulaires de l’Etat, etc.). Au niveau de la bibliothèque, il y a le dépôt légal avec tout ce qui concerne la presse locale éditée sur le sol sénégalais par des Sénégalais ou traitant du Sénégal. Ce dépôt légal est assuré par la Bibliothèque des archives qui fait office de Bibliothèque nationale. En outre, nous avons aussi des ouvrages, des collections de timbres, des iconographies, des cartes et plans, des gravures, des photographies de cartes postales anciennes comme modernes. Bref, c’est vous dire que nous conservons un riche fonds documentaire aux Archives nationales du Sénégal.

Qui sont vos principaux visiteurs ?
Les visiteurs sont nombreux et viennent de divers horizons. Après 19 mois de fermeture, nous nous sommes rendu compte que lorsque nous avons repris le service aux usagers, la salle était remplie de monde. La dernière fois que nous avons fait les statistiques, en 2014, avant la fermeture des archives publiques, nous avons eu en moyenne 2.419 visiteurs et chercheurs qui sont passés aux Archives nationales. Et parmi ceux-ci figuraient un chercheur du Kazakhstan et des Japonais. Nous recevons aussi des Sénégalais, des Africains et beaucoup d’Américains et d’Européens, notamment Français. Car le fonds Aof est un fonds pratiquement unique, et nous avons la chance de le garder au Sénégal. Mais, sur le plan juridique, c’est un patrimoine partagé qu’on appelle « Mémoires partagés », qui ne cesse d’attirer des chercheurs, des étudiants, des élèves, des enseignants et des citoyens lambdas qui viennent faire des recherches ponctuelles. Il y a aussi des administrateurs qui viennent nous consulter car ils veulent faire référence pour l’instruction d’un dossier, notamment pour avoir des copies de l’acte d’engagement de certains agents de l’Etat lors de leur départ à la retraite, ou des militaires à la quête d’un certificat d’invalidité.

Parlez-nous de la conservation des Fonds non classés…

A côté du Fonds classé que nous avons transféré du Building à l’immeuble Central Park et que nous avons commencé à mettre à la disposition des utilisateurs, nous conservons également des Fonds non classés.

Ces fonds commencent à être volumineux à tel point que nous avons demandé des locaux complémentaires qui nous ont été octroyés au centre commercial Sicap Plateau d’une superficie de 100 mètres carrés. Cette accumulation de fonds s’explique par le manque d’effectif de professionnels des archives. Nous avons un département technique et le classement des archives se fait par des archivistes. Mais, depuis quelque temps, les recrutements ne sont plus réguliers. Pour cela, nous lançons un fort plaidoyer à l’endroit de l’Etat, pour attirer l’attention sur la nécessité de procéder à un recrutement massif d’archivistes afin de nous permettre de résorber le gap de classement qui nous vaut ce stockage au centre commercial Sicap Plateau.

Où en êtes-vous avec la numérisation des Archives nationales ?
Les Archives nationales avaient deux grands projets. Celui de la construction d’une Maison des archives et celui de la numérisation du patrimoine, surtout pour les documents anciens menacés de détérioration. Si j’avais à choisir entre les deux, je dirais vivement que la priorité est la construction de la Maison des archives. Mais depuis le début du déménagement  des Archives nationales, l’Etat du Sénégal, sous l’impulsion du chef de l’Etat, s’est engagé dans un vaste projet de modernisation des Archives nationales avec la construction du Centre des archives à Diamniadio et un projet intégré de numérisation des archives et publications officielles. Tout dernièrement, au mois d’avril, le Premier ministre a signé un arrêté fixant la composition du comité de pilotage dudit projet de numérisation des Archives nationales. Auparavant, nous avions eu une convention de partenariat avec la France qui s’est engagée à numériser le fonds Afrique occidentale française (Aof). D’ailleurs, la première étape du projet concernant la numérisation des microfilms du fonds effectué dans les années 60 et 70 est déjà bouclée. J’ai même reçu du directeur des Archives de France la copie numérisée de ces fonds qui représentent 1/3 du fonds global. Les 2/3 restants doivent faire l’objet de numérisation à partir de documents physiques et ils sont à la recherche de financements complémentaires. Je suis sûre qu’après le déménagement et l’installation à l’immeuble Central Park, la France qui en est le maître-d’œuvre va s’y engager avec nous.

Aux Archives nationales, nous avons une politique de numérisation, dite de sauvegarde de documents. Parce qu’à chaque fois que nous nous rendons compte que des documents sont en état de détérioration avancée, nous procédons à sa numérisation pour en préserver les contenus. C’est une politique que nous menons depuis des années, mais ce n’est pas un projet global de numérisation. La numérisation du patrimoine archiviste des Archives nationales ne saurait se faire en un jour. Il faut le faire de manière spécifique, en numérisant par fonds et en procédant par priorité.

Que pensez-vous du projet de construction d’un centre des Archives au Pôle urbain  de Diamniadio ?
C’est avec satisfaction que nous avons accueilli cette décision du chef de l’Etat qui, en l’espace de six mois, a parlé, deux fois dans sa communication au Conseil des ministres, de la problématique des archives. En premier, il a parlé de la nécessité de moderniser la gestion des Archives nationales et au mois d’octobre dernier, il a donné instruction au Premier ministre pour la réalisation d’un Centre national des archives au Pôle urbain de Diamniadio et de doter les Archives nationales de moyens humains et financiers conséquents pour pouvoir mieux assurer la gestion des archives. Donc, c’est une idée que nous saluons et souhaitons vivement sa réalisation dans les meilleurs délais. Certes, le Pôle urbain de Diamniadio est distant de Dakar, mais c’est une ville en développement, avec des universités et d’autres infrastructures en vue. L’essentiel donc, pour nous, est de se doter d’une maison qui puisse prendre en charge correctement les Archives nationales.

Propos recueillis par Maguette Guèye DIEDHIOU

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