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« Si loin du Vietnam » : Laurence Gavron raconte la communauté sénégalo-vietnamienne

21 Jui 2016
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La librairie L’Harmattan a abrité, la projection du film « Si loin du Vietnam » de Laurence Gavron. La réalisatrice fixe sa caméra sur une minorité établie au Sénégal depuis quatre générations, les métis sénégalo-vietnamiens, produits de l’histoire coloniale. Elle consigne ainsi un pan de la mémoire si peu narré.

La géographie n’est pas un obstacle à l’accomplissement des destins. Du chaos succédant au tumulte et à la calamité, se construisent des vies, de nouvelles identités et naissent des espoirs. Laurence Gavron le dit à sa manière avec sa caméra et la complicité de ceux-là dont elle a  consigné le passé dans les archives cinématographiques, les métis sénégalo-vietnamiens.


La réalisatrice ne règle pas des comptes historiques en s’attaquant à la perversité de la colonisation. Mais, elle y décèle ce qui peut être objet de curiosité, de fascination, en jetant un regard sur une conséquence de la colonisation à la fois émouvante et porteuse d’un idéal humaniste, la « conjonction » des êtres, insoupçonnée qu’elle soit. Elle continue ainsi sa douce « errance » qui l’a si souvent menée vers des rivages où coexistent des communautés humaines, où des minorités s’intègrent sans perdre leur singularité au-delà de la morphologie. Après donc les communautés libanaise et cap-verdienne au Sénégal et celle-là juive au Cameroun, Laurence Gavron jette son regard sur un pan de la mémoire d’une minorité sénégalo-vietnamienne-du monde aussi- qui évoque  la guerre d’Indochine ayant opposé, de 1946 à 1954, la puissance coloniale française aux forces du Viêt-Minh, le front de l’indépendance du Viêtnam. De ce conflit, naît un métissage découlant des unions entre des soldats africains et des vietnamiennes. Cette opposition militaire sur laquelle la réalisatrice ne s’attarde pas décide de plusieurs destins. Certains tirailleurs sénégalais envoyés combattre retournent chez eux avec leurs progénitures et leurs mères. D’autres ont été moins fortunées.

Mixité culturelle
Hélène Lam Ndoye, protagoniste du film, a vécu jusqu’à l’âge de 12 ans au Vietnam avant de découvrir la terre de son père. Quand elle retourne au pays de sa défunte mère vietnamienne suivie par la caméra de Laurence Gavron, l’accueil des « autres siens » la comble d’aise tout autant que ce à quoi elle est habituée au Sénégal bien qu’elle se soit souvent battue, très jeune, avec des écoliers qui se plaisaient à l’appeler « chinoise ».

Mme Ndoye, parlant parfaitement vietnamien, est au croisement de deux cultures très proches que la colonisation n’a pas réussi à altérer.

Elle porte une double identité qui est le produit de sa trajectoire historique. Ce film est aussi un hommage à la femme vietnamienne dont les valeurs prédisposent à s’intégrer dans toutes les sociétés où le travail et le courage sont le sceau de la dignité. Elles ont fait fi des considérations raciales pour s’unir à des « grands Nègres » pour ainsi reprendre une voix émue de l’assistance.

L’oncle de la bonne dame dans le documentaire dit une chose qui confirme l’ouverture d’esprit du peuple vietnamien quand il s’est agi d’épiloguer sur la couleur de la peau de Monsieur Ndoye, futur époux de sa sœur : « Son argent n’était pas noir et son cœur était bon ».

Les délires exquis d’un jeune homme métis sénégalo-vietnamien se moquant de ses « Mémés » et de leur élocution ne sont pas une banalité. Ils interpellent sur le devenir de cette minorité. La nouvelle génération portera-t-elle le flambeau de la mixité culturelle ? Hélène Lam Ndoye qui trouvait en ses parents des interlocuteurs valables de la langue vietnamienne dit s’efforcer de la transmettre à sa progéniture.

Celle-ci, à défaut d’y parvenir, pourra toujours assoupir le remords dans les images proposées par Laurence Gravron qui, après 15 ans à « chercher le fil du film », construit un pont humain, « biologique » entre le Sénégal et le Vietnam.

Alassane Aliou MBAYE

Last modified on mardi, 21 juin 2016 13:43
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