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Yoro Ndiaye, musicien : « Mon plus grand défi, réaliser mes projets au niveau international »

01 Sep 2017
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A l’occasion de la sortie de son single « Wonema », samedi dernier, le chanteur Yoro Ndiaye nous confie vouloir conquérir le marché international musical. Dans cet entretien, l’artiste de 43 ans esquisse ses projets dont la sortie bientôt d’un nouvel album. Il nous fait également son analyse du showbiz sénégalais.

Quel est le sens de votre nouveau single « Wonema », sorti récemment ?
Ce single entre dans le sens du projet de notre album qui devra sortir dans les mois à venir. Il sera précédé par une compilation avec le soutien de mon label « Afrik Mélo ». Nous allons travailler avec des jeunes artistes comme Diaw Diop, Demba Guissé, OBrida man. Ce sont ces artistes que nous avions cooptés lorsque nous déposions le projet approuvé. Maintenant, cela reste à aller les consulter sur les conditions de travail. Nous allons les reconduire s’ils sont d’accord avec nous. S’ils ne sont pas d’accord, nous allons collaborer avec d’autres musiciens. Mais, n’empêche, il y aura deux artistes étrangers : un Mauritanien et un Burkinabé qui vont y participer grâce au soutien de la Francophonie. Elle nous a remis un financement dans le cadre d’un contrat de confiance. Vu l’intérêt de notre projet, la Francophonie nous a appuyés en matériels de studios ; en contrepartie, nous devons aider des jeunes musiciens qui ont besoin de visibilité.

Quel est le montant de ce financement de la Francophonie ?
C’est un contrat de deux ans qui devrait s’élever à 40.000 euros. Mais, pour notre cas, nous n’avons reçu que 10.000 euros. On devait recevoir 20.000 euros la première année et la seconde année, après dépôt, les 20.000 euros qui restent. Ce contrat est renouvelable une seule fois. Mais, nous n’avions pas respecté les délais de dépôt, car nous n’étions pas disponibles pour le complément de dossier. Ensuite, ces autorités de la Francophonie ont procédé à la délibération. Cela a causé des lenteurs et notre projet a donc accusé du retard. On devait terminer depuis longtemps. Ce n’est pas beaucoup (10.000 euros), mais comme nous avions cette initiative, nous avions jugé nécessaire de continuer sur cette lancée. Ce projet devra déboucher sur l’organisation d’un festival qui s’appellera « Sunu Folk » en 2018. Nous allons reconduire les mêmes jeunes cooptés pour la compilation et les plateaux que nous devrions faire ; mais à conditions que nous disposions de moyens d’organiser ce festival. Pour l’instant, on s’en tient juste aux compilations avec la réalisation de quelques prestations scéniques. Ceux qui auront la chance d’émerger verront des opportunités s’ouvrir à eux. C’est cela notre objectif pour cette première édition.

Peut-on savoir les titres qui seront abordés dans votre prochain album ?
Quand je prépare un album, je ne me focalise pas sur les titres. Je travaille à fond. Si j’en ai plusieurs, je sélectionne les meilleurs opus. Comme nous sommes restés longtemps sans sortir un produit musical et jouer au Just4 You, cela été un prétexte pour rendre heureux nos fans. C’est ce qui justifie, entre autres, la sortie de « Wonema » en attendant la disposition de l’album. Quand la compilation sera prête, nous allons l’accompagner avec la sortie d’un Ep-Extended play. Cela va accompagner la communication de l’album. Il y aura forcément des invités qui vont faire des prestations et moi, je vais clôturer. Au-delà de cela, j’ai contacté un promoteur qui vit à Paris ; c’est un Sénégalais qui vient d’avoir sa licence. Il se bat. Nous avons commencé à collaborer et il a retenu des dates pour moi. Nous allons faire un travail musical en conformité avec le marché qu’il veut pénétrer. D’ailleurs, nous avons fait des enregistrements qui vont dans le sens de nous internationaliser avec les normes requises. Je veux que tout le monde puisse écouter notre musique ; c’est cela la polyvalence. Il nous faut enlever les barrières.

Quels seront les thématiques de l’album ?
Ce seront les thèmes de société qui intéressent nos concitoyens. De la musique engagée. Cela ne manque pas. Nous allons aborder le quotidien des Sénégalais, la situation politique, économique... Je préfère ne pas dévoiler certaines de nos stratégies, car c’est un travail collectif, qu’il faut gérer en interne.

Dans votre carrière, qu’est-ce qui explique votre choix pour la musique acoustique ?
En fait, je ne l’ai pas choisie. C’est venu naturellement. Même si tout le monde me reconnaît à travers ce genre musical. Quand je chantais cette musique, je ne savais pas sa vraie définition. Peu de temps après, j’ai obtenu une guitare acoustique, lorsque je quittais l’orchestre régional de Diourbel où j’y ai fait deux ans en tant que chanteur dans les années 1995. J’étais lycéen au lycée Cheikh Ahmadou Bamba. J’ai abandonné mes études en classe de Première. Je n’avais pas le choix. Comme je n’avais pas de groupe musical, j’étais obligé de me débrouiller avec les moyens du bord. C’est de là qu’on a commencé à me montrer quelques accords (un ensemble de notes musicales). Je n’avais pas le niveau d’un bon guitariste. En abandonnant le groupe, je suis allé me perfectionner, à force de jouer et de faire des recherches. Je faisais des prestations dans les Fosco -Foyers socio-éducatifs, les soirées-; partout, on me sollicitait. J’étais invité dans les radios où je faisais des enregistrements. C’est comme cela que j’ai démarré sans que je ne fasse le choix de la musique acoustique. J’étais obligé de m’en tenir à cette musique acoustique.

Existe-t-il une passerelle entre la musique acoustique et le Mbalax ?
Je ne vois pas de grande différence à part les instruments électriques qu’on utilise pour le Mbalax. On peut avoir les mêmes sonorités avec une cadence pareille. Seule la couleur musicale les différencie. Comme j’ai l’habitude de le dire : la musique acoustique n’est pas un genre musical, c’est une couleur. Car, on peut faire du reggae en acoustique, le blues ou le rock en version acoustique.

Pour votre carrière musicale, quel est votre plus grand défi ?
Mon plus grand défi est de réaliser mes projets au niveau international. Je dois faire de telle sorte que les difficultés rencontrées dans la musique soient surmontées. Nous allons mettre les bouchées doubles. D’autres vont reprendre le flambeau parce que Youssou Ndour a apporté sa pierre à l’édifice musical. Nous aussi, nous essaierons de faire de notre mieux pour une contribution. Je veux que mon label puisse produire d’autres artistes. Si cela dépend de moi, je ne vais pas vieillir dans la musique. La force est avec les jeunes. A un certain moment, on fait du maintien en soutenant la jeunesse.

Mais quelles sont les difficultés observées dans ce métier ?
Il y a un manque d’accompagnement, même s’il y a une volonté des artistes. Nous avons les rudiments pour apprendre la musique. Il faut que l’environnement soit favorable pour une émergence de la musique. C’est l’Etat qui peut faire ce travail. Si nous récoltions les fruits proportionnels à nos efforts, ce serait une très bonne chose.

Que vous inspire la création de la Société sénégalaise du droit d’auteur et des droits voisins (Sodav) ?
C’est une bonne initiative. Mais, on doit la renforcer pour qu’elle puisse jouer son vrai rôle et les artistes pourront alors rentrer dans leurs droits. L’Etat doit faire de telle sorte que les entreprises créancières paient à la Sodav leurs redevances, pour une bonne répartition de nos droits. De ce fait, la créativité sera plus intéressante. Car, plus on reçoit de l’argent, plus la motivation est grande. Cela va nous booster. De ce fait, nous produirons davantage. La médiocrité est relative à un manque de moyens, parfois qui contraint à une absence de production.

Aimeriez-vous partager avec nous des anecdotes qui vont ont marqué ?
La première anecdote est liée à la reconnaissance que j’ai obtenue. Issu de Mbacké, je me suis fait tout seul sans le soutien de personne, modestie à part. Même si parfois, il y a eu quelques soutiens. Dieu à qui je rends grâce a fait que je fasse partie du peloton. Quand tu crois à Allah, Il te montrera qu’Il est le meilleur soutien. Mon premier album « Xarit », en 2006, m’a ouvert les portes du succès.

Par contre, ce qui me fait mal, c’est qu’au Sénégal, les gens ne reconnaissent pas le mérite. Tous les jours, on voit un grand musicien dont le travail doit être promu ; mais on préfère ne pas le faire au profit de la médiocrité. On ne connaît pas les critères de choix ; on fait passer n’importe quoi. Tant que les médias n’ont pas des missions d’écoute pour savoir les normes de sélection d’une bonne musique, il y aura toujours des entorses dans notre travail.

Propos recueillis par Serigne Mansour Sy CISSE

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