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2006 : Suppression du quart bloquant pour l’élection présidentielle

03 Fév 2018
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Novembre 2006. Nous sommes à quatre mois d’une élection présidentielle qui voit le président Wade briguer une réélection à la magistrature suprême. Il fait face à quatorze candidats. Mais la campagne électorale n’a pas encore démarré. Le « pape » du Sopi déplace ses pions sur l’échiquier. Même s’il surfe sur une vague de popularité indéniable, il tient à s’entourer de certaines garanties. Bénéficiant d’une large majorité à l’Assemblée nationale, il lâche « ses » députés qui doivent alors procéder à un toilettage de la Constitution, en particulier en levant « la contrainte » du quart bloquant. Pour gagner la présidentielle au premier tour, il fallait obtenir la majorité absolue (50% des suffrages plus une voix) et, concomitamment, réunir au moins le quart des électeurs inscrits. Il s’agit de modifier l’article 33 du texte fondamental à la majorité des 3/5.

« La participation aux différents scrutins n’étant pas une obligation, l’exigence d’un quart des inscrits, communément appelé ¼ bloquant en plus de la majorité absolue des votants pour l’élection du président de la République au premier tour qui, au demeurant, n’existe dans aucune grande démocratie, est de nature à fausser le jeu démocratique », explique le ministre de la Justice, Cheikh Tidiane Sy, chargé de défendre le projet de loi. Il renforce son argumentaire en laissant entendre que « le choix des électeurs ne devrait pas être compromis par l’abstention d’autres citoyens ». Il est pris au mot par les députés de la majorité centrée autour du Pds.

Ainsi, le député Demba Sow de l’Urd (alors en alliance avec le Pds) estime que le ¼ bloquant est « une injustice » car il empêche l’élection d’un candidat qui a obtenu plus de 50% des suffrages. Pour Ibra Diouf Niokhobaye (Pds), « la suppression du ¼ bloquant ne favorise aucun candidat ». Mbaye Ndiaye (député-maire Pds des Parcelles-assainies) précise de son côté que « la suppression du deuxième tour n’est pas à l’ordre du jour contrairement à ce que font croire certains hommes politiques ». C’est que le débat fait rage au sein de l’opinion. Les lignes de fracture sont nettes. La majorité et l’opposition ne se font pas de cadeaux… L’ancien maire de Dakar, le député (Ps) Mamadou Diop monte en première ligne : « ce projet de loi est inopportun et dangereux pour le fonctionnement des institutions. En 1992, le Pds avait demandé à instruire (sic) le ¼ bloquant ; il n y a pas de raisons pertinentes pour sa suppression », dit-il. Il est soutenu par son collègue Abdoulaye Bâ de l’Afp pour qui « il y a d’autres priorités » en citant la magistrature, l’insécurité, le chômage des jeunes. Madieyna Diouf (Afp) dénonce des manœuvres « électoralistes » et « la violation des consensus ». Las. Par 74 voix pour 20 contre le projet de loi est adopté par les députés. Le président Wade sera réélu haut la main en 2007…

Par Samboudian KAMARA

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