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71ème Festival de Cannes : Un Sénégalais à la Quinzaine des Réalisateurs

19 Avr 2018
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Moustapha Mbengue, acteur dans le film « Amin » du réalisateur Philippe Faucon. Moustapha Mbengue, acteur dans le film « Amin » du réalisateur Philippe Faucon.

Après l’annonce de la programmation officielle du festival de Cannes qui se tiendra du 8 au 19 mai, les autres sélections cannoises se sont dévoilées. Tourné au Sénégal et en région lyonnaise, « Amin », le dernier film de Philippe Faucon, est sélectionné à la prestigieuse Quinzaine des Réalisateurs.

Interprété par Moustapha Mbengue, Amin vient du Sénégal pour travailler en France, laissant au pays Aïcha, sa femme, et leurs trois enfants. Ils ne se voient qu’une ou deux fois par an. Entre le foyer où il vit et son travail sur les chantiers, sa vie est austère et solitaire. Il envoie l’essentiel de ce qu’il gagne au Sénégal. Mais un jour, il rencontre une femme, Gabrielle, et une liaison se noue… Gabrielle est incarnée par Emmanuelle Devos qui avait notamment eu le César de la meilleure actrice en 2002 pour « Sur mes lèvres ». Très centré sur les milieux africains, le réalisateur Philippe Faucon a de nombreux films à son actif, tous magnifiques.

Son dernier, « Fatima », du nom d’une mère immigrée en France qui peine à éduquer seule ses deux filles, a rencontré un grand succès public et avait remporté trois César dont celui du Meilleur film. La musique est signée par Amine Bouhafa qui a lui-même remporté un César en 2015 pour « Timbuktu ».

La « Quinzaine » a aussi sélectionné, cette année, un film d’Afrique : « Mon cher enfant (Weldi) », du Tunisien Mohamed Ben Attia, son deuxième long métrage après « Hedi, un vent de liberté » qui avait triomphé à Berlin en 2016. Le film suit un couple petit bourgeois qui nourrit de grands espoirs pour son fils unique, et découvre brutalement que ce dernier est parti en Syrie. Le père se rend alors en Turquie pour essayer de retrouver son enfant. Cela le renvoie à chercher des réponses à sa propre vie… Comme pour « Hedi », les célèbres Frères Dardenne (Belgique) signent là une nouvelle collaboration avec le cinéaste tunisien. En présentant le film, Edouard Weintrop, délégué général de la Quinzaine pour la huitième et dernière année, a insisté sur la performance de l’acteur Mohamed Dhrif qui avait joué autrefois dans « L’Homme de cendres », un film qui avait lancé en 1986 le plus connu des réalisateurs tunisiens, Nouri Bouzid.

Parmi les courts métrages de la Quinzaine, « Ce Magnifique Gâteau ! » des Belges Emma De Swaef et Marc James Roels est un film d’animation de 44 minutes situé dans l’Afrique coloniale à la fin du 19ème siècle. On y trouve un roi préoccupé, un Pygmée travaillant dans un hôtel de luxe, un homme d’affaires raté, un portier perdu et un jeune déserteur… Ces figurines sont animées en « stop motion » : image par image en déplaçant les personnages à la main, un travail considérable.

Autre court de la Quinzaine, un documentaire hybride de Juanita Onzaga : « Our Song to war », tourné à Bojaya, un village afro-colombien qui a subi les pires massacres durant le conflit armé colombien en 2002. Les souvenirs de la guerre se transforment poétiquement en mythes pour permettre la réconciliation.

L’Afrique et ses diasporas sont, par contre, absentes de la sélection Acid mais aussi de la Semaine de la critique où se glisse toutefois un court métrage algérien : « Un Jour de Mariage » d’Elias Belkeddar, chronique mélancolique ou Karim, un voyou français en exil à Alger, vit de petites combines.

Sans doute les diasporas africaines sont-elles présentes dans d’autres scénarii à découvrir, surtout lorsqu’ils reflètent la diversité des origines dans les quartiers marginalisés. Mais force est de constater qu’une fois de plus, l’Afrique noire est peu présente dans le plus en vue des festivals de cinéma internationaux, à l’image du peu de structuration de l’industrie du cinéma sur le continent.

La jeune Kényane Wanuri Kahiu est la seule sélectionnée avec « Rafiki » dans la section officielle « Un certain regard ». Mais elle ne représente cependant pas l’Afrique : les cinéastes ne sont pas des ambassadeurs et leurs films ne sont que leur regard singulier d’artiste n’ayant pour ambition que de nous poser des questions.

Par notre correspondant Olivier BARLET

Last modified on jeudi, 19 avril 2018 10:06
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