banner home page1

Pour vos insertions, contactez la Régie publicitaire de la SSPP Le Soleil

Disparition du Guitariste Habib Faye : Un génie de la basse s’en est allé...

26 Avr 2018
1069 times

« Je n’ai pas été à l’école de la musique, mais Jaco Pastorius l’a été. Je l’ai écouté et copié pour avoir un certain niveau… ». C’est ainsi que répondait Habib Faye dans une interview accordée au «Soleil», en mai 2016, lors d’un spectacle « Off » du Festival international de jazz de Saint-Louis. Ce grand raout de la musique sénégalaise, africaine et mondiale s’ouvre d’ailleurs cet après-midi, sur la Place publique de Ndar, où depuis quelques années, celui qui se définissait comme un bassiste, musicien autodidacte, avait rejoint le joueur de kora mandingue, Ablaye Cissoko, dans son concept « Autour de Minuit », développé en spectacle « Off » du festival de Jazz de la ville. Cette année, ce sera sans Habib Faye, décédé hier des suites d’une maladie, à Paris, en France.

Ces derniers mois, rejoint par le fameux batteur d’origine sénégalaise Moctar Samba et Ablaye Cissoko, Habib Faye préparait un album de jazz fusion dont la sortie était annoncée cette année. En novembre dernier, lors d’une rencontre de conseillers culturels à la Résidence de l’ambassadeur de France à Dakar, Habib Faye confiait à ce propos à notre confrère du «Soleil», sur les thématiques de cet album fusion en gestation : « En général, on développe l’amour qui est quelque chose qui compte pour nous Africains. C’est l’amour entre l’homme et la femme, l’amour entre les gens, l’amitié qu’ils ont et qu’ils poursuivent. On y a parlé des choses de la vie ; quelques anecdotes qu’on raconte dans les chansons, des choses qui nous sont arrivées. On a essayé, plus ou moins, de toucher à toutes les thématiques qui peuvent intéresser les gens, en général ».

De l’amitié, Habib en avait avec les musiciens sénégalais, et hier, à l’annonce de sa disparition, plusieurs d’entre eux ont témoigné de la joie de vivre distillée par le « maestro » Faye dans les studios d’enregistrement et lors des rencontres entre artistes. Sa guitare et son génie d’arrangeur a rejailli sur plusieurs albums de chanteurs sénégalais, en passant par Youssou Ndour, Daara J, Ndongo Lô…

Chef d’orchestre
Natif de Dakar en 1965, d’une fratrie d’artistes, dont feu Adama Faye, arrangeur légendaire, Lamine Faye guitariste réputé, ancien membre du Super Diamono et fondateur du « Lemzo Diamono », Vieux Mac Faye, jazzman de renom, Moustapha Faye…, Habib a intégré au milieu des années 1980 le Super Etoile de Dakar fondé par la star sénégalaise Youssou Ndour. Depuis cette date, jusqu’à leur éloignement musical en 2012, à la suite de la nomination de ce dernier comme ministre dans le gouvernement, Habib Faye a joué avec brio le rôle de chef d’orchestre du Super Etoile. Le récent concert « Grand Bal » de Paris-Bercy les a rapprochés au bonheur de leurs fans. Et les membres du Super Etoile ont annulé, hier, un voyage sur Kigali, au Rwanda, où ils devaient honorer un engagement.

Comme son acolyte guitariste Mamadou « Jimmy » Mbaye, Habib menait également une carrière solo en jazz, parallèlement à sa carrière professionnelle dans l’un des plus célèbres orchestres sénégalais. Habib Faye a laissé éclore son amour pour la musique jazz dans quelques disques en solo, dont l’album « H2O ». Et dans le cadre du projet « Colanote », avec Ablaye Cissoko et Moctar Samba, il préparait cet album fusion attendu par les mélomanes férus de jazz.  
A la question de comment se porte votre carrière, Habib répondait ce jour de novembre : « Très bien. Je rends grâce à Dieu. On fait notre bonhomme de chemin, en essayant d’élaborer des projets, de jouer dans ce qu’on aime faire. On a donc beaucoup de projets… ».
A 53 ans, Habib Faye laisse sa touche musicale sur des œuvres inoubliables dans le patrimoine musical national. Son inhumation est annoncée demain, vendredi, à Dakar. Adieu l’artiste !

Omar DIOUF

...Les artistes sénégalais attristés

Paris - C’est une triste nouvelle. Habib Faye le célèbre bassiste du Super Étoile de Dakar n’est plus. L’artiste s’est éteint, hier à Paris, des suites d’une courte maladie qui a été plus forte que son envie de vivre et son enthousiasme débordant.

Les témoignages sont unanimes sur le bassiste qui faisait la fierté de toute l’industrie culturelle sénégalaise et africaine en général. Habib Faye était un homme généreux, courtois, plaisant, très positif dans ses pensées et ses actes. D’ailleurs, pouvait-il en être autrement d’un aussi grand artiste. A Paris, les artistes ont tous salué la mémoire d’un pilier du Super Étoile de Dakar qui a su également contribuer pour beaucoup à l’évolution et à la modernisation de la musique sénégalaise. Des années 1980 à nos jours, Habib Faye a accompagné et contribué au rayonnement de plusieurs générations de musiciens et de chanteurs.

De Kiné Lam à Waly Seck en passant par le Lemzo Diamono, le groupe Ceddo et tant d’autres groupes de rap et de jazz sénégalais, africains, européens et même américains, Habib Faye a définitivement marqué de son empreinte la musique du monde. Avec Mbaye Dièye Faye, Jimmy Mbaye, Issa Cissokho, Thierno Kouyaté, ils ont fait les beaux jours du Super Étoile aux côtés de Youssou Ndour dont les grandes qualités de chanteur leader ont su être mises en valeur au toit du showbiz mondial par ces orfèvres du tempo et des sonorités en tous genres.
« Habib Faye a beaucoup contribué à mon initiation musicale. J’étais jeune guitariste débutant quand je l’ai rencontré pour la première fois au studio « Xippi », pendant l’enregistrement du premier album du groupe Ceddo », affirme Ilon

Bâ, guitariste sénégalais vivant en France. Le chanteur Woz Kaly regrette, quant à lui, que le projet musical qu’il avait avec Habib Faye ne verra hélas jamais le jour. « C’était un musicien plein de talent que je respectais beaucoup, notamment pour sa générosité et sa grandeur artistique. C’est une énorme perte, pas seulement pour le Sénégal, mais pour l’Afrique également et surtout pour mon aîné Youssou Ndour, pour qui j’ai une forte pensée affectueuse en ces moments », dixit Woz Kaly.

Bassiste comme le défunt Habib Faye, Alioune Wade alias « Marcus » est lui aussi fortement attristé par le décès d’une de ses idoles. « J’étais adolescent quand j’ai découvert le talent d’Habib Faye en traçant la musique de Youssou Ndour du haut de mes 13 ans d’âge. Sans même savoir que je deviendrai un jour bassiste professionnel, je m’amusais à imiter ses lignes de basse en usant des bâtons de balai de ma mère. Mon père est pourtant un musicien très connu au Sénégal, mais c’est Habib et son frère Lamine qui m’ont conforté dans mon envie de faire carrière dans la musique et de devenir bassiste », a témoigné le jeune musicien qui vient de sortir, il y a quelques semaines, son deuxième album international.

Ousmane Wade, claviste de renom qui a fait les beaux jours du Super Diamono de Dakar avec Oumar Pène et a longtemps accompagné Ismael Lô et son groupe au firmament de son art, retient de Habib Faye, outre sa grandeur artistique, un bon musulman et fervent talibé  mouride.
La levée du corps du musicien aura lieu à 10h, ce matin à la clinique de L’Estrée, à Stain, en proche banlieue parisienne, en présence des autorités diplomatiques accréditées en France et de la grande famille des artistes sénégalais.

Ousmane Noël MBAYE

 

Rate this item
(0 votes)


AVERTISSEMENT

La SSPP « Le Soleil » met en garde et interdit formellement aux responsables et gestionnaires de sites d’informations, établis au Sénégal ou ailleurs, de poster les articles publiés sur le portail Internet du « Soleil », à l’adresse www.lesoleil.sn. La SSPP « Le Soleil » ne tolérera aucune entorse à cette interdiction. Seule est permise la publication de liens directs pour rediriger l’internaute vers l’adresse www.lesoleil.sn

PARTENARIATS

Les gestionnaires de sites qui le souhaitent peuvent adresser une demande de partenariat avec la SSPP « Le Soleil » qui en définira les modalités et fixera les conditions d’utilisation des articles, photos, logos de son portail Internet. En cas de manquements, la SSPP « Le Soleil » se réserve le droit d’engager immédiatement des poursuites judiciaires envers les contrevenants, pour violation du respect des droits d’auteurs.