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Cérémonie d’ouverture de la biennale : Macky Sall porte la subvention de l’Etat à un milliard de FCfa

04 Mai 2018
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Le président de la République a procédé, hier, à l’ouverture de la 13ème édition de la Biennale de l’art africain contemporain (Dak’Art). Macky Sall a annoncé l’augmentation de la subvention de l’Etat allouée à cette manifestation qui passe de 500 millions à 1 milliard de FCfa.

La 13ème édition de la Biennale de l’art africain contemporain (Dak’Art) s’est ouverte, hier, dans une ambiance particulière. Joie, ferveur et liesse ont rythmé la cérémonie de lancement de cette grande manifestation dédiée à la créativité du continent. Dans une salle comble du Grand Théâtral national où le président de la République a donné le coup d’envoi des  activités, c’est  l’essentiel du gratin de la création contemporaine continentale qui a répondu présent à ce banquet des arts africains. Depuis sa création en 1991, la Biennale de Dakar a fini de s’affirmer comme le rendez-vous essentiel de l’art africain contemporain et au-delà. C’est sans doute ce qu’a compris le président

Macky Sall qui a décidé d’augmenter le concours du gouvernement du Sénégal à hauteur de 1 milliard de FCfa, soit 500 millions de FCfa par an. Par ce geste, le chef de l’Etat, dans sa vision de faire de la culture un levier de croissance économique, a fait passer la subvention qui était de 500 millions de FCfa, du simple au double.

« Je saisis cette occasion pour réaffirmer mon ambition d’appuyer la force contributive de la biennale pour le rayonnement de l’art africain contemporain à travers notamment la hausse de la dotation budgétaire allouée à ce rendez-vous culturel phare. Je décide de porter la subvention non pas de 500 millions de FCfa à chaque biennale, mais de 500 millions de FCfa par an, ce qui fait un milliard », a déclaré le président de la République. Selon lui, le gouvernement mettra tout en œuvre afin que l’art, au-delà des aspects récréatifs et identitaires qu’il porte, contribue davantage au développement économique de nos pays.

L’édition 2018 du « Dak’Art » porte sur le thème : « L’Heure rouge » qui est une expression empruntée au poète Aimé Césaire pour sa pièce : « Et les chiens se taisaient ». Ce thème de la biennale de cette année symbolise l’émancipation, la liberté et la responsabilité. Cette année, le Rwanda et la Tunisie sont les pays invités d’honneur de la Biennale. Le chef de l’Etat n’a pas manqué de saluer les artistes de ces deux pays « avec qui nous partageons l’idéal panafricain de pays de liberté, de solidarité : valeurs fondamentales dont l’art demeure un puissant levier d’expression ».  

Renforcer le financement de la culture

Au moment où l’art contemporain connaît une nette croissance à travers le monde, le président de la République, Macky Sall, a relevé la nécessité de respecter un certain nombre d’exigences dont le renforcement de la formation et le financement de la culture pour l’émergence d’un marché intérieur de l’art.

Cette 13ème édition de la Biennale de l’art africain contemporain s’inscrit, d’après le président Macky Sall, dans un contexte marqué par la prééminence de l’économie de la culture où les produits culturels génèrent de plus en plus de richesses. Le tout avec un marché de l’art contemporain qui connaît une formidable croissance. Même si, a-t-il soutenu, la place de l’Afrique demeure encore « très faible », la visibilité de la création africaine s’est améliorée au regard des indicateurs comme le chiffre d’affaires, le prix moyen d’une œuvre, le nombre d’expositions et le niveau de reconnaissance.

« En dépit de nos faiblesses liées surtout à l’étroitesse du marché intérieur, les œuvres de nos artistes intéressent de plus en plus les collectionneurs d’art. Parallèlement, des musées, des maisons de vente, des expositions d’envergure, des ventes spécialisées s’organisent de plus en plus dans ce secteur… », a dit le chef de l’Etat. A son avis, l’émergence d’un marché intérieur pour l’art et son rayonnement sur le plan international sont liés au respect de quatre exigences. Il s’agit d’abord, pour le président Sall, de la nécessité du financement de la culture.

« De longs mécanismes de financements traditionnels sont saturés ou devenus obsolètes. Le colloque ministériel qui a inscrit cette question dans son ordre du jour devrait nous permettre de réfléchir sur de nouveaux instruments de financement tenant compte du mécénat et de la fiscalité des entreprises », a-t-il souligné. Le président de la République a même promis de convaincre ses collègues africains de participer au financement de la culture : « Je me ferai le plaisir d’être l’avocat de la Biennale auprès de mes collègues de l’Union africaine afin que notre organisation commune, à travers les gouvernements des Etats, puisse participer au financement de la culture en Afrique et de la Biennale ».

L’autre exigence à laquelle doit répondre le marché intérieur l’art constitue la formation qui s’avère cruciale. « Parmi les 100 artistes africains qui ont enregistré le plus grand nombre d’œuvres vendues, 62 sont passés par les écoles des arts… », a informé Macky Sall, citant le rapport 2015 de « Africa Art Market report ».  
En effet, cette formation, a-t-il avancé, doit s’inscrire dans une approche chaine, en prenant en compte tous les métiers. C’est d’ailleurs, toute la portée de la future Ecole des arts et des métiers de Diamniadio.


Rapport sur l’exécution de la «Loi de 1%»

Le président de la République a répondu favorablement au plaidoyer du président du Comité d’orientation de la Biennale, Baïdy Agne qui souhaite l’application rigoureuse de la « Loi de 1% » du budget destiné à l’achat d’œuvres d’art pour l’embellissement des bâtiments publics ou établissements recevant du public. « Je demande au Premier ministre de dresser dans les meilleurs délais un rapport sur l’état d’exécution de cette importante mesure », a dit Macky Sall.

Le chef de l’Etat a invité son ministre de la Culture à poursuivre le projet de mise en œuvre intégrale du programme spécial d’acquisition par l’Etat et ses démembrements des œuvres artistiques.
« Il s’agit d’appliquer simplement la loi dite « Loi de 1% » faisant obligation d’intégrer un programme de décoration artistique dans tout projet de construction et d’équipement d’un bâtiment public ou d’un établissement recevant du public d’un coût prévisionnel de plus de 20 millions de FCfa.

Le Grand Prix décerné à Laeila Adjovi

Comme à chaque édition, l’ouverture du Dak’Art a été une occasion de décerner des  prix à des artistes  talentueux et méritants. Ces distinctions au nombre de quatre ont été remises hier, aux lauréats. Il s’agit  du « Grand Prix Léopold Sédar Senghor » du président de la République, d’une valeur de 20 millions de FCfa, décerné à l’artiste béninoise Laeila  Adjovi. Le Prix spécial Uemoa, d’un montant de 5 millions de FCfa a été décerné à l’artiste ivoirien Franck Fanny Aboubacar. Quant au Prix de la Diversité de l’Organisation internationale de la Francophonie (Oif), il revient au Marocain Souad Lahlou, pour un montant global de 15.000 euros (5.000 euros en espèces et 10.000 en résidence d’artistes).

Le prix de la Révélation du ministère de la Culture a été décerné au Nigérian Tejuoso Olanrewaue.

Prise en charge des
entreprises et des industries créatives

L’autre point qui paraît important aux yeux du chef de l’Etat, est la prise en charge, de manière plus affirmée, des entreprises et des industries créatives. D’où tout le sens, a-t-il ajouté, de soutenir les initiatives des partenaires au développement comme l’Oif et l’Uemoa.

« La présence de nos artistes dans les grands circuits commerciaux méritent d’être renforcée. Le soutien aux galeries doit retenir l’attention afin de les aider à mieux assumer leur mission », a dit le président de la République. Non sans faire part de son souhait de voir la Biennale relever le défi de la participation des grands marchands d’art et celle des plus grandes galeries du monde intéressées par l’art contemporain africain. Enfin, pense-t-il, la prise en compte du droit d’auteur représente une dernière exigence de ce marché intérieur de l’art. Macky Sall a encouragé les efforts du gouvernement du Sénégal à créer un environnement juridique favorable à l’épanouissement de l’économie créative.

« Le défi majeur est de valoriser nos ressources créatives. Situons-nous alors dans le temps de l’action en apportant des réponses innovantes aux exigences évoquées plus haut. C’est la meilleure voie pour renforcer l’écosystème des arts visuels. La Biennale constitue un levier essentiel pour relever ces nouveaux défis », a-t-il précisé.  

Par Ibrahima BA, Maguette Guèye DIEDHIOU (textes)
et Pape SEYDI (photos)

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