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Ibrahima Mbaye «Sope», initiateur du festival «Képarou Mame» : «En tant que vecteurs de paix, les artistes doivent alerter»

12 Mai 2018
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C’est sous le thème de la paix au Sénégal que le festival « Képarou Mame » a eu lieu, du 4 au 6 mai, à Rufisque. Ce rendez-vous artistique a regroupé pas moins de 300 comédiens sénégalais, trois jours durant, à Rufisque. Mais pour cette 5ème édition du festival, le thème de la paix a été au cœur des prestations.

Vous êtes l’initiateur du festival « Keparou Mame » à Rufisque. D’où vous est venue l’idée et que signifie le concept ?
« Keparou Mame », c’est une idée que nous avons eue depuis très longtemps et que nous avons eu à murir davantage. Il y a 5 à 6 ans, nous avons essayé de faire un numéro zéro qui consistait à regrouper les enfants de notre quartier, à les encadrer au plan scolaire jusqu’au jour où nous nous sommes dit pourquoi pas ne pas mêler l’utile à l’agréable. Et en tant que moniteur diplômé des collectivités éducatives, j’ai demandé à mes amis de venir encadrer les enfants. Il y avait une douzaine de moniteurs qui étaient là-bas et comme la maison était assez petite et ne pouvait pas contenir tous les enfants, nous sommes sortis. Et une fois dehors, quelqu’un a dit : là-bas, il y a un « képar » (un espace de détente). Nous nous sommes alors dit d'accord, pour nous mettre à l’ombre d’un arbre et travailler. Mais pour se mettre à l’ombre d’un arbre, il faut la nettoyer et c’est ce que nous avons essayé de faire en mettant des nattes. Pour l’atelier de musique, nous avions envisager de l’appeler « Képarou Khar Mbaye Madiaga », tandis que pour l’atelier d’écriture, nous avions pensé à « Képarou Ousmane Socé Diop ». Et, à un moment donné, il fallait choisir un concept fédérateur. C’est là que le nom de « Képarou Mame » est parti.

Quelle est la particularité de l’édition de cette année ?
La particularité, c’est que nous avons encore décentralisé des spectacles et aussi nous avons, dans la programmation, choisi des spectacles, surtout de Rufisque. Pour la plupart d’entre eux disons. Mais ce qui est encore important, c’est que nous avons fait une audition de toutes les compagnies qui ont joué, ce qui veut dire que nous avons réussi à regrouper la crème de la production théâtrale du Sénégal. L’autre chose, c’est que nous avons fait travailler la Sodav, parce qu’il fallait que les artistes soient initiés sur beaucoup de choses. Nous avons profité de l’occasion pour inscrire tous les comédiens participants à la mutuelle de santé. C’est donc une prouesse parce que tous les comédiens qui sont à Rufisque ont adhéré à ce projet. Certes ce sont les trois jours qui sont toujours maintenus, mais le contenu a beaucoup évolué. Notamment avec la caravane, les émissions artistiques, etc.

Globalement, il y a eu combien d’artistes et de comédiens qui ont fait le déplacement à Rufisque ?
Pour ceux qui jouent particulièrement, il y a au moins une bonne centaine. Sur 15 troupes qui ont joué, les 10 ont amené au moins 7 personnes. Et pour les cinq ou six de Rufisque, nous avons demandé d’amener toute la troupe et tous ceux qui sont venus font près de 300 comédiens que nous avons amenés à Rufisque et que nous avons hébergés entre le Cnfa, Rio Téranga et même dans les foyers. Et tout le monde était là. Notamment Pape Omar Diop de la série « Pod et Marichou », les acteurs et comédiens de « Nafi », ceux de « Dikkone », et tous les autres acteurs et comédiens des séries en vogue au Sénégal étaient là. De même que les artistes de Sorano. Durant ces 3 jours donc, Rufisque était la capitale du théâtre sénégalais.

Vous avez axé le thème sur la paix, pourquoi ce choix ?
Le choix est simple, parce que nous nous sommes rendu compte qu’au Sénégal, ça bouge de tout bord, parfois de façon négative. J’ai constaté, ces derniers temps, qu’à Rufisque, il y a l’affaire de cet enfant Fallou qui a été sauvagement assassiné. On parle tout le temps de ce genre d’affaire avec des filles qui sont violées, des jeunes agressés, les problèmes de jihadisme sans compter les politiciens qui ne parlent pas toujours le même langage.
En tant qu’artistes, nous sommes des vecteurs de paix et nous pouvons, par nos actes, même s’ils ne veulent pas l’entendre, leur crier dessus et les alerter, dans la paix. S’il y a la paix et la solidarité, on peut avancer. Aussi, l’artiste Macodou Mbengue avait initié le Fest’Art, un festival pour la paix qui nous avait beaucoup formé. On a pensé à rendre hommage au ce doyen ainsi qu’autres personnes disparues.

Est-ce qu’aujourd’hui vous comptez faire de ce festival un rendez-vous annuel et un évènement à l’image du Festival du rire de Kaolack ?
Bien sûr ! Nous avons initié ce festival il y a juste cinq ans; et un bébé qui a cinq ans commence à évoluer. Cinq ans, ce n’est pas beaucoup, mais au moins nous avons essayé d’être fidèles. Il y a beaucoup de gens qui veulent que je décentralise ce festival, mais j’ai toujours dit que ce festival restera à Rufisque. Personnellement, je ne suis pas médecin, ni footballeur ou autre, ce que je sais faire, c’est le théâtre. Ma famille, ce sont les comédiens et nous avons cette belle relation qui nous lie et qui nous permet de les offrir aux Rufisquois qui en ont besoin. Et pour moi, si je réussis à rendre heureux des Rufisquois, moi aussi je suis le plus heureux au monde.

Propos recueillis par
Maguette NDONG

 

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