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Publication «La problématique des daara au Sénégal» : Des intellectuels proposent des solutions dans un ouvrage collectif

14 Mai 2018
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Plusieurs personnalités du pays ayant réfléchi sur la question, ont publié un livre commun sur « la problématique des Daara au Sénégal ». Ce livre édité par l’Ong Action solidarité islamique (Asi) pose le problème qui résulte de la confrontation de deux modèles d’éducation et propose d’allier les deux au lieu de les opposer.

« La problématique des Daara au Sénégal », c’est le titre du livre collectif publié par l’Ong Action solidarité islamique (Asi). Plusieurs intellectuels ont contribué à cet ouvrage qui propose des solutions pour que les « daara » (écoles coraniques), « concourent à mettre à la disposition du Sénégal un citoyen musulman dont le savoir, le savoir-faire et le savoir-être lui permettront de participer pleinement à l’édification du pays ».
Les contributions ont été faites entre autres par Ousmane Kane, Ramatoulaye Ndao Diouf, le Professeur Iba Der Thiam, Momar Kane, Aminata Wane, Amadou Sakhir Mbaye, Bamar Gueye, Penda Mbow, le défunt Docteur Ciré Ly. Le Professeur Souleymane Bachir Diagne, préfacier du livre, a écrit d’emblée que les « daara » constituent un legs qui demande une « revivification » car « c’est un scandale innommable que de voir jetés à la rue, dans la mendicité, des enfants qui ont été confiés à des « daara » pour y étudier ce qui fera d’eux des hommes utiles à eux-mêmes et à leur société ».

Samedi, lors d’une cérémonie de dédicace tenue au siège de l’Harmattan Sénégal, le président de l’Ong Action solidarité islamique (Asi), le professeur Aly Anta Sow, revenant sur la place des « daara » au Sénégal, pense qu’il y a, depuis longtemps, une confrontation de deux systèmes. « Ce qui existait avant l’arrivée des Français, c’était les Arabes qui étaient venus en Afrique au 11e siècle avec leur système d’enseignement appelé les Daara, des écoles qui se spécialisaient dans l’enseignement du Coran, dans sa mémorisation qui était l’objectif principal. Plusieurs siècles après, un autre colonisateur est arrivé et a cherché à imposer et sa culture et une autre forme d’enseignement avec une langue différente », explique le président de l’Asi.

Soutenant la même thèse, l’ancien ministre de la Culture, Abdoulaye Elimane Kane, soutient qu’en matière d’éducation, il faut se départir de l’idée selon laquelle on a un seul modèle. Pour lui, le Sénégal a hérité des écoles coraniques au même titre que de l’école dite coloniale, deux modèles qu’on a souvent opposés. « Ces deux modèles sont souvent en compétition dans notre pays, mais il est possible d’éduquer les citoyens dans ce pluralisme de modèles », dit le Pr Kane. Il avertit que le danger, c’est de tomber dans l’exacerbation et l’extrémisme qui est de penser que tel modèle est plus légitime que l’autre. À son avis, on peut allier les deux modèles sans croire que les « daara » qui sont antérieurs à l’école française sont plus légitimes ou le contraire.

Assainir les Daara

Le Professeur Penda Mbow, qui a réfléchi dans ce livre sur le thème, « Laïcité, enseignement religieux et droits humains », pense que le sujet est plus qu’actuel. L’historienne constate que les jeunes issus des écoles coraniques sont souvent déboussolés parce qu’ils ne se sentent pas intégrés et « ont le sentiment d’être exclus de la gestion des affaires publiques ». Penda Mbow poursuit que cela est un problème qu’il faudra prendre en compte pour éviter les tentatives de solutions violentes à travers l’extrémisme radical.

« Il faut absolument trouver une solution à cette problématique car il ne s’agit pas de s’arabiser ou de s’occidentaliser, mais juste de s’ouvrir en gardant notre culture », souligne Pr Mbow.
Par rapport au projet de modernisation des « Daara » annoncé par l’Etat, le professeur Anta Aly Sow soutient qu’il faudrait parler d’assainissement pour régler les problèmes d’hygiène de ces écoles coraniques. Pour lui, moderniser doit signifier rendre plus propres ces établissements, avoir des locaux décents. « Il faut harmoniser aussi parce que la langue officielle octroyant du travail ici étant le français, il y a problème. Quelqu’un peut faire le « Daara », sortir avec le bac et avoir des problèmes d’emploi parce que le contexte est un contexte francophone. Cela n’est pas lié à la modernisation du « daara », mais c’est une confrontation entre deux réalités », dit-il. Le président de l’Asi est d’avis, cependant, que le système du "daara" n’interdit pas que les gens basculent dans l’autre système après une formation coranique dès le bas âge.

Oumar KANDE

 

Last modified on lundi, 14 mai 2018 15:44
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