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Publication : «vous avez dit feministe ?».Ndèye Fatou Kane expose des vues sur le féminisme

15 Mai 2018
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Après avoir révélé au monde son talent littéraire, sa sensibilité, Ndèye Fatou Kane ré-enchante au moyen d’un essai, publié aux éditions L’Harmattan, ainsi intitulé : « Vous avez dit féministe ». Elle s’y est employée, avec une grande maturité d’esprit, à revisiter des écrits d’illustres femmes de lettres d’ici et d’ailleurs et de divers instants pour accéder au sens de leurs combats pour la cause féministe ou féminine et fixer l’horizon nouveau que devrait embrasser le féminisme, vocable très chargé de préjugés et de mythes.

La prouesse de Ndèye Fatou Kane est d’être parvenue, dans « Vous avez dit féministe ? », à concilier la démarche scientifique de l’intellectuelle qu’elle est et le plaidoyer en faveur de la femme que lui impose son engagement actif et altruiste. Le style y est accessible et le verbe précautionneux. Le génie de cette jeune auteure, déjà riche de deux autres ouvrages bien accueillis par la critique, s’exprime aussi dans sa faculté de décloisonner son objet de réflexion qui, en tant que fait social, implique des connaissances pluridisciplinaires et un recours permanent au substrat culturel, aux spécificités des ensembles qui dévient des trajectoires de vie, accablent ou célèbrent le « sexe faible ».
Alliant talent et rigueur et dissipant tout soupçon sur un probable révolutionnarisme féministe incommodant, la petite-fille de l’honorable Cheikh Hamidou Kane fournit un monceau d’informations utiles à la compréhension, d’une part, de l’engagement pour la cause des femmes, et d’autre part, du féminisme rempli de mythes et empreint de préjugés. « Vous avez dit féministe ? » est moins une interrogation qu’une transmission d’une littérature de résistance et une observation sociologique probablement aiguillée par un militantisme raisonnable.

Une part d’elle
Ndèye Fatou Kane partage, en effet, quelques-unes de ses lectures ayant trait à la condition des femmes et y pose un rafraîchissant regard qui ne se laisse assombrir ni par la fascination ni par la réprobation. L’originalité de cette œuvre capitale -et ce n’est point-là un dithyrambe- se trouve aussi dans le fait que l’auteure passe d’un univers à un autre sans désarticuler son raisonnement, sans se livrer à des comparaisons extravagantes. Il lui est autant aisé de faire référence aux « Linguères » du Sénégal au temps du matriarcat que de convoquer le Women’s Liberation Movement avec une bonne lecture des usages de chaque société. Pour accomplir cette prouesse, Ndèye Fatou Kane convoque les écrits de quatre femmes de lettres que sont la Française Simone de Beauvoir, la Nigériane Chimamanda Ngozi Adichie et les Sénégalaises Awa Thiam et Mariama Bâ. Elle s’est intéressée à l’ouvrage de Simone de Beauvoir, « Le deuxième sexe », pour y déceler « des thèses un tantinet extrêmes » mais surtout ce « désir d’une femme de s’affranchir des codes parfois oppressants d’une société française peu encline à l’émancipation des femmes ». En ce qui concerne la réflexion de Chimamanda Ngozi Adichie, l’auteure de « Le malheur de vivre » en a touché un mot au lecteur pour sa « dose de fraîcheur… et son discours axé autour du duo féminisme, mais aussi féminin ». La « photographie » de la société sénégalaise réalisée par Awa Thiam, à travers son ouvrage « La parole aux négresses », a guidé le choix de Ndèye Fatou Kane qui y voit « une véritable fresque socioculturelle et cultuelle ». Il en a été de même de la « radioscopie » faite par la romancière, Mariama Bâ, à travers « Une si longue lettre » et « Un chant écarlate ». L’œuvre intellectuelle et les actions déterminantes de cette dernière ont posé, aux yeux de l’auteure, « les jalons d’une pensée féminine ancrée dans la modernité et au fait des combats à mener ».

« Vous avez dit féministe ? » crée ainsi un dialogue entre cette jeune auteure et ses illustres devancières d’un autre contexte qui, finalement, n’est pas si différent du temps de cet ouvrage. Les réalités se construisent avec d’autres mots, avec d’autres individualités, mais le sort des uns et des autres est loin d’évacuer les questions que se posaient ses réputées auteures d’où la pertinence du travail de Ndèye Fatou Kane. Ce propos suivant est d’elle : « Les enjeux du vingt et unième siècle autour du féminisme devraient tourner autour d’un changement de paradigme, de façon que chaque fois que le vocable féminisme est prononcé, l’on ne détourne pas la tête… Tel devrait être notre combat, nous jeunes femmes de la génération Y ! ».

Ce regard critique est suivi d’une nouvelle intitulée « (In) certitudes » qui, dans une certaine mesure, en est le prolongement fictif. Car, elle est une effusion de… femme. On pourrait même y soupçonner quelques bribes de vies de Ndèye Fatou Kane, une part d’elle ou, de manière plus aventureuse, des tourments d’une saison.

Alassane Aliou MBAYE

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