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71e festival de Cannes : Le triomphe de Marème Ndiaye et Moustapha Mbengue

18 Mai 2018
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Marème Ndiaye et Moustapha Mbengue, acteurs dans le film « Amin » de Philippe Faucon. Marème Ndiaye et Moustapha Mbengue, acteurs dans le film « Amin » de Philippe Faucon.

Un long tonnerre d’applaudissements a suivi la projection du film « Amin » à la Quinzaine des réalisateurs au Festival de Cannes. Ils étaient bien sûr pour la remarquable actrice Emmanuelle Devos et le réalisateur Philippe Faucon, auteur de nombreux films et notamment le grand succès, « Fatima », mais cette ovation consacrait aussi deux acteurs sénégalais encore méconnus. Rencontre.

« En nous voyant à l’écran, j’ai revu le village de Cherif Lô où se déroulait le tournage, la joie de vivre des enfants, l’accueil qui nous a été réservé mais aussi le travail que nous avons fourni.

J’ai pleuré devant les applaudissements car j’ai compris que ça valait vraiment la peine de faire ce film », indique Marème Ndiaye. « J’espère que beaucoup de gens pourront le voir pour comprendre les immigrés », renchérit Moustapha Mbengue. Il y interprète Amin, qui travaille dans un chantier de construction en France et ne rentre que lors des vacances pour retrouver sa femme Aïcha (Maréme Ndiaye) et ses trois enfants. Il finit par avoir une relation avec Gabrielle, une femme accueillante (Emmanuelle Devos), et manque le voyage, ce qui éveille les soupçons…

« Au Sénégal, beaucoup vont s’identifier : ce sont des situations qu’on vit en permanence », dit Marème. Dans le film, elle se rebelle car, dit-elle, « les femmes ne se laissent plus faire. Aïcha ne se contente plus d’être la villageoise qui fait à manger et s’occupe des enfants. Elle veut savoir où va l’argent de son mari et se prend la tête avec sa belle-famille. C’est une battante ! »

Moustapha est venu en Italie pour faire de la musique. « Mais je connais beaucoup de Sénégalais qui travaillent dans les chantiers. Ils font ce que ne veulent plus faire les Européens », dit-il.

Le cinéma n’est pas nouveau pour eux. Marème a joué dans « Maman (s) » de Maïmouna Doukouré, qui a reçu le César du meilleur court-métrage en 2017, et d’autres courts-métrages.

Moustapha était dans « Les Caprices d’un fleuve » de Bernard Giraudeau et en Italie, où il habite depuis 21 ans. Il a joué à la télévision et dans des films de réalisateurs comme Nino Manfredi, mais il fait aussi du théâtre. Musicien, il participe au groupe Africa Djembé. Maréme a eu le rôle en se présentant au casting et Moustapha a envoyé une vidéo pour y participer.

Au tournage, Philippe Faucon suivait l’objectif du scénario mais voulait qu’ils restent naturels. « C’était comme une formation, indique Maréme : il nous poussait à trouver les choses par nous-mêmes. » C’était d’autant plus important pour une scène intime, lorsque Amin retrouve Aïcha, une belle scène où elle voit les rides de son mari qu’elle ne voit pas vieillir. Son personnage se rebelle contre cette solitude et sa colère éclate quand Amin manque le voyage et que seul son frère lui amène les cadeaux. « Pour tourner la scène, cela tombait bien car ce jour-là, j’étais réveillée du mauvais pied ! », lâche-t-elle.

Amin, lui, trouve le réconfort dans les bras de Gabrielle (Emmanuelle Devos), mais cela finit par se remarquer… Son jeu est épanoui au Sénégal et replié en France. « Cela tient au fait que l’environnement est différent. Les gens en France sont méfiants, parfois agressifs. On se crispe et on pense à son travail, à sa famille ».

Pour Moustapha Mbengue, le cinéma permet de « contribuer à l’égalité des citoyens dans le monde, au fait qu’on soit tous respectés. C’est important pour faire passer un message de paix et de fraternité. » Marème et Moustapha apprécient les retours positifs sur le film et la magie du festival. « Cannes est une fête du cinéma, dit Moustapha, c’est très beau ! Le cinéma apporte la joie et la culture, c’est mieux que de faire des missiles ! » Confirmant le talent et la justesse de ton d’un réalisateur confirmé, le film est un succès et fera une belle carrière, mais comme le dit Marème : « Le fait d’être à la Quinzaine des réalisateurs, c’est énorme. Bon, après, on rentre chez nous et on reprend notre train de vie ! »

De notre correspondant Olivier BARLET

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