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Exposition « Ils sont là avec nous... » :Au Warc, Adjaratou Ouédraogo capte le « ressenti » des jeunes âmes de la rue

19 Mai 2018
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Le Centre ouest africain de recherche (Warc) a abrité, du 3 au 13 mai, dans le cadre de cette 13ème Biennale de l’art africain contemporain de Dakar (Dak’Art), l’exposition « Ils sont là avec nous » de l’artiste peintre burkinabé, Ajaratou Ouédraogo. Adja, son nom d’artiste, « médite » sur le sort des âmes de la rue pour faire entendre quelques geignements et entrevoir des lueurs.

Adja Ouédraogo ne tisse pas un nid de tergiversations, de doutes bien que le contraste de sentiments soit saisissant dans ses toiles. La jeune artiste burkinabé décloisonne la tristesse et la joie à travers un silence bruyant et des couleurs « franches ». Elle explore des vies possibles dans des univers de synthèse et de fusion, d’horreur et d’inattendus sourires. Des réalités se superposent ou trouvent écho chez une autre prouesse artistique d’Adja. Elle est dans une quête infinie de sens et d’éventualités. Ce qui « encombre » ses œuvres d’appréhensions et trouble l’humeur vagabonde secrétée sur chacune d’elles ; sécrétion stimulée par une conscience altruiste.

Adjaratou Ouédraogo est marquée par le sort des enfants dont l’espace de vie est la rue. Mais, la particularité de son travail se trouve moins dans l’exposition de son opinion que la mise en évidence du « ressenti » de ces mômes dont la douce insouciance est une autre interrogation sur la notion de bonheur. « La rue, ce n’est pas un lieu où les enfants devraient être. C’est un fléau à éradiquer. Paradoxalement, certains d’entre eux s’en accommodent. Quelque part, c’est leur monde. Ils y jouent, rigolent. C’est pourquoi, dans mes toiles, j’essaie de mettre en lumière ce contraste », confie Adja, particulièrement taciturne. Son œuvre est à la fois une dénonciation et un questionnement sur une réalité partagée par plusieurs sociétés.

La singularité du « regard » de celle qui est également réalisatrice de films d’animation est dans sa faculté remarquable de charger ses toiles de métaphores. Celles qui mettent en lumière le chien, comme pour exprimer l’errance et le déshéritement de l’enfant de la rue ou encore la tranche d’animalité de l’homme, témoignent d’un drame collectif noircissant le présent et compromettant le devenir. Adja est une accusatrice lucide qui fait cohabiter des émotions et mobilise les consciences sur une tragédie sans s’arrêter dans sa quête de lumière. Celle-ci s’inscrit, dans ses tableaux, dans un voyage tourmenté, embrassant, toutefois, un horizon moins brumeux. Elle peint une allée d’ombre et de lumière, l’espoir et ce qui accable. C’est pourquoi, à son avis, « aucune œuvre ne ressemble à une autre ». Car, elle le produit d’un instant d’agitation ou de quiétude, de révolte ou de réjouissance, de présence ou de vide.

Adja, née en 1981 au Togo, explore plusieurs univers de création. En plus de la peinture, elle est sculpteur et réalisatrice de films d’animation. Cette dernière sphère artistique est un prolongement des deux premières, une sorte de fusion didactique entre la peinture et le film. « Dans mes films d’animation, j’utilise aussi la peinture. C’est une continuité. Le film m’offre la possibilité de dire beaucoup plus de choses. Le message y est beaucoup plus accessible pour certains », souligne-t-elle. Jeune fille avare en parole, elle s’est très tôt réfugiée dans le dessin pour se représenter le monde et communiquer grâce au « crayon » qui a conquis bien des espaces. La 13ème édition de la Biennale de Dakar en est une belle illustration.

Alassane Aliou MBAYE

Last modified on dimanche, 20 mai 2018 16:04
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