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Festival international de jazz de Saint-Louis : Options fortes pour la professionnalisation

16 Jui 2018
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Festival international de jazz de Saint-Louis : Options fortes pour la professionnalisation Photo d'archives

Que retenir de la 26ème édition du Festival international de jazz de Saint-Louis (26 avril au 1er mai 2018) ? Simple belle fête musicale d’une semaine qui redonne à la ville une ambiance carnavalesque, synonyme de flux économiques et financiers importants. Au-delà, de quelques rendez-vous d’artistes ratés, elle aura été d’un bon cru musical cette édition 2018. De la fierté de cette école de kora d’Ablaye Cissoko, née des flancs du Festival, à l’idée d’une Fondation qui pourrait bien prendre en charge l’organisation de la manifestation, se dessine la nécessité d’arriver à un rendez-vous musical plus professionnel et attractif.

Hervé Samb, Paco Sery, Dhafer Youssef ! Ces trois Africains ont, avec leurs groupes, marqué la 26ème édition du Festival de Jazz (26 avril au 1er mai 2018). Du jazz-mbalax du premier à l’instrument vocal du dernier en passant par d’impressionnants coups de batterie du deuxième, ils ont marqué le festival par leurs originalités. Les spectacles de Hervé Samb semblent se répéter et se ressembler, mais ils captivent et transportent ceux qui les suivent dans une forte dimension musicale. Avec Pathé Diassy toujours rigoureux dans la conduite de ses lignes de basse, Hervé Samb s’appuie également sur son autre complice, Alioune Seck qui, de ses percussions, donne un souffle tout africain à son jazz. Très remuant et bouillant avec sa guitare, Hervé a toujours à cœur, sur scène, de faire vibrer son public. Mieux, communier avec l’assistance qui le lui rend si bien. Son génie est d’avoir su valoriser le patrimoine musical national qu’il a adapté à son jazz. Que ce soit du jazz-mbalax ou mbalax-jazz, c’est le spectateur qui s’en délectera toujours. Avec en plus-value des rythmes souvent endiablés, dansants.

L’ivoirien Paco Sery ne semble pas avoir usurpé le nom de son groupe, « Les Eléphants », emblème de son pays. Il a été un digne représentant de son pays à ce Festival. Avec des musiciens confirmés et comme engagés pour défendre la « bannière nationale », il a assuré. Donnant une autre perspective et une dimension très élevée de son jazz. Appuyé par un excellent saxo, Isaac Kémo, un excellent Aly Keïta au balafon, Paco Sery est un batteur qui manipule à merveille le clavier. Il est, sans aucun doute, une valeur sûre du jazz africain. Sa présence, sa prestance et l’énergie qu’il dégage sur scène en font un guide musical.

Dhafer Youssef restera l’une des surprises heureuses de cette édition. Il s’était pourtant produit sur cette scène il y a cinq ans. Il a marqué sa présence, au-delà d’une ballade musicale harmonieuse, mais surtout par sa voix qu’il sait manier en tant qu’instrument comme bon lui semble. Le spectateur est perdu par les entournures, échos, vibrations et solo qu’il fait prendre à cette voix qui a déchiré les ténèbres nocturnes saint-louisiennes.

Stanley Jordan, Nicolas Folmer, Awa Ly, le trio Stanley Jordan, Will Kalhoun, Kai Echard, Mbappé ont été les autres grandes affiches de l’édition.

L’édition de cette année restera aussi marquée par les différentes références et allusions aux allures d’hommages rendus à Habib Faye. Le défunt musicien qui se produisait habituellement, « Autour de Minuit », avec son acolyte Ablaye Cissoko. La disparition d’Habib Faye a aussi fait annuler le spectacle que devaient animer Assane Thiam avec ses 50 tamas.

Par Ibrahima Khaliloullah NDIAYE

MASTER-CLASS JAZZ : UNE TRADITION AVEC LES ÉLÈVES DU PRYTANÉE MILITAIRE
Prytanee JazzQuand Mama Sadio monte sur la scène, elle n’est non seulement pas une inconnue ici, encore moins une artiste inattendue. Assis, les jeunes élèves du Prytanée militaire de Saint-Louis trépignent sur leurs chaises. Et quand elle entame son tube dédié à leur école, l’ordre militaire cède la place à un bon quart d’heure de décompression. Ils sont rejoints sur la pelouse du stade du camp Capitaine Momar Deh, par les soldats du 12ème Bataillon d’instruction, joliment habillés en survêtements. C’est un formidable concours de pas de danse qui aura fait oublier toute la solennité de l’assistance, la même qui suivait, il y a quelques instants, une belle prestation du groupe de Jazz sénégalais « Jamm », un des plus anciens de la place de Dakar.

Grâce à la Bicis, sponsor leader du festival, ce master-class est devenue un rendez-vous habituel où bon nombre de musiciens de talent, comme Simon Goubert, Ablaye Cissokho, Elizabeth Kontamanou et bien d’autres comme Lucky Peterson, se sont produits après avoir passé une journée d’atelier avec le jeune orchestre de l’école. « Un pur moment de joie qui clôture à chaque fois une fructueuse journée d’échanges… », note dans les gradins un témoin régulier de ce master-class.

I. K. N.

ECOLE DE KORA D’ABLAYE CISSOKO : PERPÉTUER LA TRADITION
L’histoire de la kora contée par son maître. Ainsi, pourrait s’intituler l’odyssée d’Ablaye Cissoko, maestro de l’instrument qui a su monter sa propre école.

Dans le populeux quartier de Ndiolofène, Ablaye Cissoko, appuyé depuis des années par la Fondation Bnp Paribas, est parvenu à faire d’une vision une réalité : un établissement-école où l’apprentissage du maniement de l’instrument musical séculaire est quotidien. Qu’ils soient jeunes ou adultes, il leur est enseigné de s’inspirer de la sagesse de Kéniaba : « A chaque fois que la kora sera entendue, il faudra qu’elle apaise ».

« Notre souhait a toujours été de préserver l’héritage des anciens. La kora est pour nous autres griots une très grande fierté, mais surtout une énorme responsabilité. Je n’aurais de cesse de remercier la Fondation Bnp Paribas qui nous a accompagnés dans cette quête permanente de préserver et de transmettre ce pan important de notre histoire, mais aussi de nous faire découvrir le monde par nombre d’opportunités qu’elle nous a offertes », a expliqué Ablaye Cissoko qui, le temps d’une matinée, s’est entretenu et a fait visiter à ses bienfaiteurs son école.

Ablaye CissokhoRetraçant avec brio l’histoire de Kéniaba, sous justement des notes de ses jeunes disciples, Ablaye Cissoko explique être toujours guidé par le même élan qui a habité celui-ci : « Que la kora apporte la paix dans le cœur des hommes ».

Aussi, révèle-t-il, si la kora remonte au 13ème siècle, elle trouve sa substance d’une calebasse, issue d’un fruit exotique, surmontée d’une branche de cola sacrée utilisée dans les funérailles, mariages, baptêmes. L’instrument est disposé en « clés dont un détachement quelconque pourrait l’amener à perdre toute son harmonie ». Il était joué, la plupart du temps, par des hommes et interdit, pour des raisons mystiques, aux femmes, précise l’artiste. La kora est pourtant souvent baptisée d’appellations féminines, fait remarquer Ablaye Cissoko. Avec des jeunes filles comme pensionnaires, il a émis le souhait, aujourd’hui, que l’instrument puisse être joué partout dans le monde. Son compère et ami de scène de cette année, le batteur Simon Goubert qui en est à sa 5ème participation au Festival de Jazz, trouve en l’école « une très belle découverte ». Rappelant la motivation première et le bonheur des artistes de tous horizons : « jouer et chanter ».

« La visite est très émouvante. Il s’agit pour nous, au-delà de notre engagement aux côtés d’Ablaye Cissoko et de l’art, d’œuvrer à la transmission de la culture par la kora qui n’a nullement perdu de sa superbe. C’est heureux d’ailleurs qu’il existe des personnes comme Abdoulaye qui perpétuent la tradition », a souligné le directeur général de la Bicis, Patrick Pitton. Même son de cloche chez Mathilde Favre de Bnp Paribas qui s’est réjouie des « moments de partage et de témoignages sur l’histoire ». Tout en saluant cette « chose merveilleuse qu’est cette volonté de partager cet enracinement ».

Ibrahima K. NDIAYE

SAINT-LOUIS JAZZ EN QUESTION : UNE FONDATION POUR GAGNER LE PARI DU PROFESSIONNALISME
L’Association Saint-Louis Jazz, le temps d’une rencontre avec la presse, se retrouve tous les ans en quelque sorte au banc des accusés pour répondre à des manquements, couacs notés à chaque édition. Celle de cette année n’a pas échappé à la règle. Les critiques et remarques des journalistes, aussi acerbes soient-elles, sont juste à inscrire dans la volonté de rendre le Festival plus performant. La conférence de presse, organisée par le sponsor leader du Festival qu’est la Bicis –avec à ses côtés la Fondation Bnp Paribas, se veut ce cadre d’expression permettant la critique, l’autocritique et la déclinaison d’ambitions et de projets.

Aussi, au nombre des impairs de cette année, il a été noté des disparitions d’artistes qui ont rejailli sur la programmation. Le groupe de Didier Lockwood, décédé le 18 février dernier, n’a pas pu se produire comme prévu. Toute comme celle d’Habib Faye qui a entraîné l’annulation de la prestation d’Assane Thiam et ses 50 tamas. Rhoda Scott n’a pu également se produire, malgré le paiement d’une consistante avance à l’artiste et des efforts notoires pour rendre ce spectacle possible. Fait d’un instrument introuvable sous nos cieux, l’artiste n’a pas été au rendez-vous de cette année à laquelle elle était fortement attendue.

L’incontournable question de la mutation de l’Association Saint-Louis Jazz en une Fondation est donc naturellement revenue pour minorer les couacs. Avec des avantages comparatifs certains, surtout financiers, l’idée de Fondation est envisagée et même acceptée même s’il faut la laisser prendre forme d’elle-même. Pour le président de l’Association Saint-Louis Jazz, Me Ibrahima Diop, « une Fondation, c’est extrêmement compliqué », avertit-il comme pour prévenir des différentes étapes par lesquelles son équipe aura à passer pour y parvenir. Penchant en faveur d’une telle mutation, Ibrahima Touré dit Ito, dont le cabinet fiduciaire accompagne le festival depuis quelques années, a mis le doigt sur certains avantages. « En terme fiscal et autres avantages financiers, la Fondation est plus intéressante. Les contributions pourront être obtenues plus facilement car les entreprises seront plus enclines à participer car elles vont en tirer des avantages non seulement en termes de visibilité, mais aussi de dégrèvement fiscal ».

Présentes depuis bientôt une dizaine d’années aux côtés de Saint-Louis Jazz, la Bicis et la Fondation Bnp Paribas se contentent, ces dernières années, de mettre à la disposition de l’association une forte contribution financière, la laissant développer à coudées franches sa programmation artistique. Tout naturellement, le sponsor leader voudrait voir, comme nombre de mélomanes, le Festival se professionnaliser davantage, mais laisse à l’association le soin d’apprécier la meilleure façon pour s’y prendre.

Ibrahima Khaliloullah NDIAYE

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