banner home page1

Pour vos insertions, contactez la Régie publicitaire de la SSPP Le Soleil

Cinéma : La master-class de Ryan Coogler au festival de Cannes

28 Jui 2018
592 times
Cinéma : La master-class de Ryan Coogler au festival de Cannes Source photo : lapresse.ca

Ryan Coogler, 31 ans, a déjà trois longs métrages à son actif : Fruitvale Station, qui avait été en sélection officielle à Cannes, Creed, L’Héritage de Rocky Balboa (2015), un épisode de la série Rocky sur la boxe avec Sylvester Stallone, et la sensation Black Panther, produit par le studio Marvel, qui s’est hissé à la 5e place de l’histoire du box-office Us dès le premier week-end de sa sortie et a eu un succès retentissant dans le monde entier, spécialement en Afrique. Le film a été projeté au « cinéma de la plage » au dernier festival de Cannes et Ryan Coogler invité à donner une master-class, dans un entretien avec le critique noir-américain Elvis Mitchell.

Fruitvale Station était une histoire vraie, sur les 24 heures qui ont précédé l'assassinat d'Oscar Grant, 22 ans, par la police dans le métro new-yorkais le 1er janvier 2009 au matin. Creed porte sur une relation père-fils et sur ce qu'il se serait passé si les choses avaient été différentes. Et Black Panther continue sur ce thème. « La relation que j'ai eue avec mon père, mes parents, est ce qui a été le plus important dans ma vie jusqu'à mon mariage », dit Ryan Coogler.

Ses parents l'ont introduit au cinéma. Il avoue adorer James Bond et cite Casino Royal, Goldfinger, mais aussi Le Parrain qui l'a beaucoup inspiré dans sa façon de traiter d'un homme entre deux mondes. Il cite aussi La Haine et surtout Timbuktu, notamment pour sa musique. « La musique me touche beaucoup, dit-il. J'en ai beaucoup écouté avec mon père, ma mère. Beaucoup de réalisateurs traitent le son de façon révolutionnaire. J'essaie de m'en inspirer. Dans Black Panther, la musique nous permet d'entrer dans un nouveau monde. Elle remplit toute la salle. La musique aide à raconter l'histoire. »

Black Panther a des acteurs qui viennent de toute la diaspora. « On a tous notre accent », dit-il. L'un a des racines kényanes comme Lupita Nyong’o, l'autre a grandi au Zimbabwe comme Danai Gurira… Du coup, « on avait l'impression de faire partie de quelque chose de plus grand que nous ». « Je voulais, dit-il encore, que Black Panther soit un film africain à tous égards, que le site soit à la fois ancien et très nouveau, que le passé rejoigne le présent pour se tendre vers l'avenir. J'ai parlé à l'équipe pour essayer de créer cette dimension dans toute la musique, et qu'elle représente toute la diaspora. »

Faire ce film l'a ramené à son enfance : « J'ai relu les bandes dessinées que j'avais lues quand j'étais jeune. Je faisais l'aller-retour entre l'école et le terrain de basket et, comme on n'avait pas beaucoup d'argent, c'est à la bibliothèque que je pouvais lire, jusqu'à ce qu'on me mette dehors. J'en avais marre de lire des bandes dessinées faites par des Blancs avec seulement des personnages blancs. On m'a dit qu'il y avait Black Panther, et c'est comme ça que tout a commencé ! »

Prééminence des femmes
Coogler a toujours choisi des directrices de la photo. « Il n'y a pas besoin d'en faire un plat mais c'est vrai que c'est assez rare ! », lâche-t-il. Il est vrai que les femmes ont dans ses films des caractères très prononcés. « Dans la communauté noire, on trouve beaucoup de femmes fortes, des chefs de famille, dit-il. C'est dans ce monde que j'ai grandi. » Le royaume de Wakanda a comme base que chacun peut réaliser son propre potentiel, hommes ou femmes.

« L'Afrique est un continent captivant », dit-il. Dans le film, un personnage parle xhosa. Il est donc d'abord allé en Afrique du Sud, puis au Lesotho, puis au Kenya. Il voulait aller en Afrique de l'Ouest, mais est tombé malade et a dû revenir. « Je me sentais vraiment chez moi en Afrique ! » Il a essayé de mettre dans Black Panther les sentiments éprouvés en Afrique.

Il fallut convaincre le studio Marvel, mais il a été écouté. « Le cinéma est un business, une industrie », dit Coogler. « Elle a grandi sur la colonisation, le racisme, les préjugés. Pourquoi pas plus de Noirs à la réalisation, alors que les films des Noirs ont leur public ? »

Black Panther est l'histoire d'un homme qui avait une vision idéalisée de son père et de son pays, que cette vision avait été brisée en mille morceaux et pour la rassembler, il est obligé de mourir pour devenir lui-même. « C'est une idée qui m'habite, peut-être en tant qu'Africain-Américain. On est entouré de la mort. Quand j'ai eu 30 ans, j'ai eu une sorte de crise car je ne m'étais jamais imaginé atteindre cet âge ! Il y a tant qui ont été assassinés ou jetés en prison. Nos ancêtres esclaves devaient mourir en tant qu'individu.

» Killmonger est le pur produit de cet état de fait : c'est tout ce qu'il connaît. L'idée était de le confronter et de le faire dialoguer avec T'Challa, personnage hors du commun car il n'est issu ni de l'esclavage ni de la colonisation.

Car au fond, Killmonger n'est pas intrinsèquement mauvais. « C'est une version un peu pauvre de Batman. Il essaye de se racheter, n'a absolument pas peur de la mort, il en accepte l'idée, c'est triste ! ».

Une correspondance d’Olivier BARLET

Rate this item
(0 votes)


AVERTISSEMENT

La SSPP « Le Soleil » met en garde et interdit formellement aux responsables et gestionnaires de sites d’informations, établis au Sénégal ou ailleurs, de poster les articles publiés sur le portail Internet du « Soleil », à l’adresse www.lesoleil.sn. La SSPP « Le Soleil » ne tolérera aucune entorse à cette interdiction. Seule est permise la publication de liens directs pour rediriger l’internaute vers l’adresse www.lesoleil.sn

PARTENARIATS

Les gestionnaires de sites qui le souhaitent peuvent adresser une demande de partenariat avec la SSPP « Le Soleil » qui en définira les modalités et fixera les conditions d’utilisation des articles, photos, logos de son portail Internet. En cas de manquements, la SSPP « Le Soleil » se réserve le droit d’engager immédiatement des poursuites judiciaires envers les contrevenants, pour violation du respect des droits d’auteurs.