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Fonds de développement numérique : 100 milliards de FCfa pour financer la période 2019-2023

11 Juil 2018
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Chargé par les autorités de réfléchir sur la faisabilité du Fonds de développement numérique (Fdn), le cabinet Performances Group a organisé, hier, un atelier de validation du rapport de son étude. Celle-ci évalue à 100 milliards de FCfa les besoins de financement pour la période 2019-2023.

Le secteur numérique représente 5% du Pib du Sénégal, mais l’innovation technologique reste extrêmement faible. Plus de 75% des activités se concentrent essentiellement dans des segments à faible valeur ajoutée, notamment les télécommunications. Pour inverser cette tendance, la Stratégie « Sénégal numérique 2025 » recommande d’aller vers des secteurs beaucoup plus innovants comme le block-chain, la nanotechnologie ou l’intelligence artificielle. Mais il se pose l’épineuse question du financement. Chargé de réfléchir sur la faisabilité d’un Fonds de développement numérique (Fdn), le cabinet Performances Group a partagé les conclusions de son étude lors d’un atelier organisé, ce mardi 10 juillet, à Dakar.

L’étude en question a permis de déterminer les différentes phases d’évolution d’une start-up. Mais entre l’idée et la phase de maturité, en passant par l’amorçage et le développement, plus de 83% des start-ups auront traversé la « vallée de la mort ». Faute de mécanismes de financement adéquats pour passer chaque étape. Pourtant, les besoins de financement sont souvent dérisoires, surtout au début. On estime à environ 10 millions de FCfa les besoins de financement pour la première phase (entre l’idée et le lancement), entre 10 et 50 millions de FCfa pour la phase amorçage et 50 millions FCfa pour la phase développement.

Pour développer l’écosystème du numérique au Sénégal, l’étude de Performances Group évalue à 100 milliards de FCfa les besoins du Fdn sur cinq ans (2019-2023). Un bench-marking réalisé dans un certain nombre de pays (Afrique du Sud, Rwanda, Maroc, France, Israël) a permis de constater qu’il faut une forte implication de l’Etat. Sauf pour le cas du Rwanda où le secteur privé est en première ligne. L’essentiel du financement du Fdn devrait provenir de la Contribution du secteur des télécommunications (Cst). « C’est l’option de financement la plus pertinente », explique Babacar Bâ, associé chez Performances Group et coordonnateur de l’étude.

L’objectif est de faire émerger  600 promoteurs de projets Tic viables et de financer 1 500 start-ups et 70 programmes de renforcement du capital humain sur cinq ans.

D’après les prévisions, grâce à son effet de levier, le Fdn devrait générer 47,5 milliards de FCfa d’investissements, 166 milliards de chiffre d’affaires, 59 milliards de valeur ajoutée et 5 400 emplois dans le secteur du numérique.

Seydou KA

BABACAR BA, ASSOCIÉ CHEZ PERFORMANCES GROUP : « CRÉER UN EFFET DE LEVIER »
Vous estimez à 100 milliards de FCfa les besoins du Fdn sur cinq ans. Est-ce suffisant pour le développement du secteur ?
C’est une évaluation de ce que peut être un soutien fort de l’Etat pour impulser une dynamique de croissance dans le secteur. Mais, bien sûr, les besoins du secteur ne s’arrêtent pas à 100 milliards de FCfa, ils sont beaucoup plus importants, parce que nous parlons d’un secteur qui demande des investissements importants ne serait-ce que dans les infrastructures, sans parler des services à valeur ajoutée. Donc, les 100 milliards de FCfa, ce n’est qu’un volet pour soutenir l’accélération dans le secteur numérique. 

Donc il s’agit de créer un effet de levier ?
Exactement. Parce qu’autant c’est un secteur d’activité qui, lui-même, génère des emplois et de la valeur ajoutée, autant il renforce la productivité des autres secteurs. Donc, en favorisant son développement, on favorise la croissance des autres secteurs. 

Comment remédier au fait que l’écrasante majorité des start-ups meurent quelques temps après leur lancement ?
C’est un secteur extrêmement fragile et beaucoup d’initiatives n’arrivent pas au bout de l’expérience. Ce qui veut dire qu’il faut reprendre de bout en bout tout le cycle de développement des start-ups et bien comprendre les réels obstacles à leur croissance. A travers cette étude, nous nous sommes rendu compte que ces start-ups bénéficient de peu de soutien financier lors de la première phase de développement. C’est une phase où on doit les aider à bien formuler l’idée, à lancer les prototypes et à garantir les conditions de succès. Souvent, les porteurs de projets n’ont pas toutes les capacités techniques, organisationnelles ou marketing. Après, on doit les accompagner vers la mise en place d’une structure viable, pour la phase d’amorçage, qui a besoin de capitaux longs, de fonds propres. Sur ce point, on manque cruellement de structures financières adaptées. C’est pourquoi l’Etat doit remplir un véritable rôle de service public. Dès lors qu’on dépasse cette phase de développement, le secteur privé peut prendre le relais.

Propos recueillis par S. KA

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