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Yoro Ndiaye, artiste-compositeur : « L’omniprésence du «mbalax» dans les médias freine le folk »

15 Juil 2018
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Yoro Ndiaye, artiste-compositeur : « L’omniprésence du «mbalax» dans les médias freine le folk » Crédit photo : Ndèye Seyni Samb / © Le Soleil

Le musicien Yoro Ndiaye a fait escale à Saint-Louis pour une prestation à l’Institut français de la ville. Entre répétitions et repos, le folk-singer sénégalais est exténué, mais espère produire une bonne prestation. En attendant, il a bien voulu répondre à nos questions : Mbacké sa ville natale, ses projets, son amour pour Saint-Louis...  

De Mbacké, ville à la lisière de Touba la capitale  du Mouridisme, à la scène, cela n’a pas été évident…
C’est vrai, rien ne me prédestinait à la musique car qui dit Mbacké, dit naturellement Touba, la ville de Khadimou Rassoul. Mon père fréquentait toujours les « dahiras » (associations confrériques) et le reste de ma famille s’identifiait au Mouridisme. Dans notre famille, il n’y a personne qui joue un instrument. Comme j’ai l’habitude de le dire, la musique est venue vers moi et c’est un destin que j’assume pleinement.
 
Malgré tout, il y a toujours cette influence de Mbacké dans votre répertoire.
Vous savez, c’est le milieu qui détermine l’individu. Dans mes chansons, on retrouve des thématiques qui ont trait au Mouridisme. On sent également mon attachement à cette communauté religieuse dans mes propos et idées. Même au-delà, je revendique un esprit Baye Fall (ndlr : la voie créée par Cheikh Ibra Fall, un compagnon de Khadim Rassoul, fondateur du Mouridisme). De plus, les qualités comme l’humilité et la disponibilité sont le socle de cet état d’esprit qui rime avec le respect et la « positive attitude » ; des vertus importantes pour toute personne.

Yoro Ndiaye 2

Parlez-nous de vos projets ?
J’ai senti la nécessité, à un moment donné, de m’organiser. C’est ainsi que j’ai mis en place une maison de production dénommée « Afrique mélo », pour intensifier la production. A travers ce label, nous avons décidé de donner une chance à une dizaine de jeunes artistes autour d’un concept appelé « Sunu folk ». Un projet en partenariat avec l’Organisation internationale de la Francophonie  (Oif) qui nous a beaucoup soutenus. Dans ce cadre, nous avons agrandi nos locaux et  renouvelé nos outils de travail car, au début, j’avais juste un home studio.


En quoi consiste le label « Sunu folk »

C’est ce genre d’initiative qui m’a permis de bien entamer ma carrière. Un projet initié par les frères Guissé et qui s’appelait « Sénégal folk » m’a ainsi mis sous les feux de la rampe.  Par la suite, nous avons voulu, nous aussi, accompagner les jeunes. C’est dans ce sillage que « Sunu folk » est né. Une vision panafricaine composée de jeunes artistes : un Mauritanien, un Burkinabé,  une Camerounaise… L’un de mes rêves est d’aider les nouveaux talents à se hisser au niveau de la scène musicale internationale.  J’ai envie de voyager également avec ces jeunes, de faire le tour du Sénégal avec eux pour montrer au public ce que nous avons réussi.

Pouvez–vous revenir sur le projet Sénégal folk ?
« Sénégal folk » était une initiative des frères Guissé. Ces artistes avaient bénéficié du financement du Programme de soutien aux initiatives culturelles (Psic), un fonds initié par l’Union européenne, à la fin des années 1990, et qui a permis de réaliser une compilation dont je faisais partie. C’est la même approche que l’on va reproduire. Seulement, la différence réside dans notre volonté de faire, avec « Sunu folk », un festival afin que cette dizaine de jeunes ait un cadre de promotion. Comme parrain, nous avons choisi Ismaël Lô, un pionnier du folk africain. Puis, il s’agira aussi de rendre hommage à ceux qui jouent à la guitare et qui chantent également.
 
Votre carrière est-elle en stand-by ?
Je l’ai mise entre parenthèses en attendant de terminer avec la promotion des jeunes. J’ai en ligne de mire un album international pour montrer toutes ces expériences acquises au fil des ans. A travers mes voyages et rencontres, je veux partager tout cela dans cette production à venir.
 
 Comment voyez-vous la musique folk de nos jours ?
Le folk est une musique qui n’est pas soutenue au Sénégal, notamment du point de vue médiatique. Elle est diffusée généralement durant les heures de pause. Les heures de grande écoute sont monopolisées par le mbalax, ce qui freine le développement du folk. C’est pourquoi bon nombre de musiciens folk sont happés par le mbalax qu’ils jouent pour exister artistiquement.
 
Vous êtes de plus en plus fréquent à Saint-Louis. Qu’est-ce qui vous lie à cette ville ?
C’est vrai que Saint-Louis reste une ville que je ne découvre que pour le travail, mais elle est attirante en termes de culture et de patrimoine. C’est un endroit propice à la recherche et à l’émulation de tout artiste. Je pense que je vais désormais consacrer une semaine pour venir m’y ressourcer. Les organisateurs du Festival de jazz m’approchent souvent,  mais je n’ai jamais eu l’occasion de m’y produire. J’ai espoir de jouer un jour pour ce prestigieux événement et ce serait avec plaisir. Cela pourrait, peut-être, se faire l’année prochaine.

Propos recueillis par Amadou Maguette NDAW

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