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Culture (1990)

La cérémonie de présentation de vœux et de remise de décorations aux agents du ministère de la Culture et aux acteurs culturels s’est tenue, hier, au Monument de la Renaissance africaine. Diverses personnalités de la Culture ont été distinguées. Le chef de ce département, Abdou Latif Coulibaly, a invité les agents à travailler, avec lui, pour rendre le secteur plus dynamique grâce à une approche innovante et transparente.

Des agents et acteurs culturels ont été célébrés hier. Ils ont été honorés par la Nation, élevés à des rangs de différents ordres nationaux. Ils sont artistes, comme Viyé Diba, agents du ministère de la Culture, comme Abdoul Aziz Guissé, journalistes, comme Aboubacar Demba Cissokho, entre autres. Leur dévouement pour la culture a été mis en exergue.

Celui des retraités a également été magnifié. Ils ont, par la voix de Souleymane Ngom, exprimé leur « infinie gratitude » au ministre de la Culture pour son « approche innovante » qui fait naître des espoirs. Le professeur Hamidou Dia, conseiller spécial du président de la République, n’en a pas moins dit. Il a souligné toute l’estime que le Chef de l’Etat, Macky Sall, a pour Abdou Latif Coulibaly. Elle devrait grandir si ce dernier réalise les quelques projets qu’il a exposés au cours de cette cérémonie.

M. Dia a d’abord tenu à partager son appréhension légitime quand le président de la République l’a choisi pour diriger ce département. Ses craintes, confie Abdou Latif Coulibaly, ont été dissipées quand il a rencontré les directeurs du ministère et les agents. « J’ai trouvé des personnes qui veulent relever les mêmes défis, accomplir cette mission exaltante, servir la culture et la Nation ». Elle consiste, dans une large mesure, à ses yeux, à identifier, à explorer, à consigner et à diffuser le patrimoine national. Au-delà de son aspect émotionnel, il convient de faire de la culture, pense-t-il, un vecteur de développement. Il est un besoin impérieux, dans ce sens, de requalifier le produit culturel dont il faut évaluer l’impact par la production de statistiques et d’apporter des changements en profondeur pour rendre rationnelle et visible l’action de l’Etat. « Il faut innover pour rendre le ministère plus dynamique », dit-il tout en invitant les acteurs à réfléchir sur l’animation culturelle dans les régions et à Dakar avec des espaces et temps d’expression de la créativité.

Exigence de transparence
En outre, il y a une exigence de transparence dans la pratique quotidienne, dans l’attribution des subventions et des fonds prévus pour les acteurs culturels.
Pour des procédures plus performantes, il a insisté pour que les demandes de subvention soient d’abord adressées aux directeurs de Centres culturels régionaux qui jugeront de leur pertinence. Le secrétaire du ministère de la Culture, Birane Niang, a, quant à lui, axé son propos sur quelques projets prévus en 2018. Il s’agit de la réalisation de la Cité du cinéma, des Maisons de la Culture et des Arts, en priorité dans les sept autres régions, du Mémorial de Gorée et de celui du bateau « Le Joola » dont le démarrage des travaux est imminent.
 
Par ailleurs, l’édification de la Bibliothèque nationale, avec une déclinaison en six bibliothèques régionales, l’amélioration de la gouvernance des fonds avec la mise en place de comités de gestion et le lancement d’appels à projets, l’inauguration, en fin d’année, du Musée des Civilisations noires, la finalisation du projet de statut de l’artiste qui devrait être soumis à l’Assemblée nationale cette année, figurent en bonne place des accomplissements à espérer en 2018.

Alassane Aliou MBAYE

Après la baisse de ses tarifs internet en février dernier, le groupe Sonatel compte déployer, au cours de cette année, la 4G dans toutes les capitales départementales du pays. L’annonce a été faite hier, lors du lancement de l’Acte 2 dans son accompagnement du projet « Sénégal Numérique 2025 ».

En 2018, toutes les capitales départementales du pays seront couvertes par la 4G. L’annonce est du groupe Sonatel, qui compte également installer 728 sites additionnels, portant à 1.194 le nombre de sites 4G sur le territoire national. En lançant, hier, l’Acte 2 de son engagement pour la stratégie « Sénégal Numérique 2025 », Sonatel veut ainsi faire une réalité le slogan « l’Internet partout pour tous ».

Au cours d’une cérémonie officielle, en présence d’Abdou Karim Mbengue, directeur de la Communication institutionnelle et des Relations extérieures, et Aminata Ndiaye, la directrice Marketing Grand public, l’équipe de la Sonatel a rappelé l’objectif qui est de contribuer à hisser le Sénégal parmi les cinq premiers pays africains les mieux connectés du continent. Ainsi, pour la qualité et l’extension du réseau, la couverture 4G va plus que doubler. Pour cela, Sonatel rappelle avoir investi « plus de 220 milliards de FCfa depuis 2015 pour améliorer constamment le réseau numérique au Sénégal ». Le très haut débit étant un enjeu des années à venir avec le développement de la fibre optique, la Sonatel souligne avoir permis, en 2017, l’extension de la 4G à 14 capitales départementales que sont Dakar, Pikine, Rufisque, Thiès, Mbour, Tivaouane, Saint Louis, Matam, Dagana, Kaolack, Kédougou, Kolda, Touba Mbacké et Ziguinchor. A la date de novembre 2017, le taux de couverture de la population en 4G était de 33,8%. En 2018, l’objectif selon l’entreprise est de couvrir 50 % de la population en 4G.

O. DIOUF

Pour service rendu à la Nation sénégalaise, 30 agents du ministère de la Communication, des Télécommunications, des Postes et de l’Economie numérique, de la société nationale La Poste et de la Sonatel ont été honorés, hier, au grade de l’Ordre national du Lion et de l’Ordre national du Mérite.

C’est dans une ambiance conviviale teintée d’une émotion contagieuse que le ministère de la Communication, des Télécommunications, des Postes et de l’Economie numérique a célébré ses agents ainsi que ceux des sociétés sous tutelle, en l’occurrence la Poste et la Sonatel. Au total, ils sont 30 agents à avoir reçu une distinction, soit dans l’Ordre national du Mérite, soit dans l’Ordre national du Lion. Une récompense qui est la consécration d’un travail de qualité pendant de nombreuses années au service de la Nation sénégalaise. Pour la tutelle, l’événement revêt un caractère particulièrement symbolique, en ce sens qu’il permet d’honorer des agents qui ont toujours œuvré pour la bonne marche du secteur, en rendant de bons et loyaux services à notre pays. « Lorsque toute une Nation reconnaît le travail, il est alors ressenti une profonde satisfaction pour l’ouvrage fini. Tout travailleur souhaiterait partager ces moments de fierté, de gratitude et de bonheur avec les personnes qui lui sont chères », a soutenu Ndèye Fatou Coundoul Thiam, porte-parole des récipiendaires. A ses yeux, il s’agit d’un acte « hautement » symbolique et de portée pédagogique qui retient l’attention des récipiendaires. Et cela, d’autant qu’il « nous renseigne de belle manière sur les valeurs intrinsèques de l’individu, qui caractérisent sa personnalité afin qu’il puisse s’ériger en exemple pour ses collèges et révèle tout un ensemble d’attitudes citoyennes et de sacrifice consentis…».

Le ministre de la Communication, des Télécommunications, des Postes et de l’Economie numérique a magnifié le « travail, l’assiduité, l’abnégation et la dévotion » des récipiendaires à « cette noble tâche d’accompagnement, d’information et de formation des populations en général et des acteurs de l’écosystème en particulier ». Selon Abdoulaye Baldé, cette cérémonie sanctionne positivement tout un parcours. « En décernant ces médailles, c’est le Sénégal qui vous témoigne sa reconnaissance pour vos différentes contributions. Cependant, ayez à l’esprit que la tâche est loin d’être achevée, chaque jour avec son lot de défis à relever. Continuons à cultiver la qualité, la discipline et surtout, ayons le sens du sacrifice car n’oublions jamais que nous sommes au service des populations », a-t-il indiqué.

Cette cérémonie, qui a servi de prétexte au ministre pour présenter ses vœux de nouvel an à son personnel, a aussi été une occasion pour revenir sur les perspectives de cette année. Lesquelles tournent autour, entre autres, de l’élaboration de textes d’application du Code de la presse, la loi sur la publicité. Dans le secteur postal, Abdoulaye Baldé a annoncé des réformes liées à la banque postale et le projet d’adressage numérique. Dans le domaine des télécommunications, il sera question de la finalisation du cadre juridique et de l’accélération de la mise en œuvre de la Stratégie Sénégal numérique 2025 via la réalisation des projets et programmes de cette stratégie.

« Nous devons nous atteler à l’éveil des consciences, le changement de comportement et la gestion de la vie dans son intégralité par une communication intelligente pour les populations auxquelles les messages sont destinés. Dans notre secteur, le numérique, loin d’être une menace pour la presse, est une opportunité pour tous, surtout pour les jeunes qui redessinent petit-à petit le visage de ce pays », a-t-il avancé.

Ibrahima BA

« Ce concert d’Elage Diouf s’inscrit dans le cadre des 150 ans du Canada, mais aussi nous fêtons la Francophonie. En même temps, on veut faire connaître cet artiste, qui représente des valeurs communes de nos deux nations. Il personnifie la diversité, l’inclusion, la solidarité qui caractérisent le Canada. De plus en plus, il y a beaucoup d’artistes d’origine sénégalaise qui participent à rendre dynamique l’environnement culturel chez nous. Nous avons Boucar Diouf, humoriste de talent très coté au Québec, qui fait connaître le continent africain. Il y a aussi le chanteur Ilam et bien d’autres encore comme Karim Ouellet, Sarahmé Ouellet pour la culture urbaine, entre autres. C’est un cadeau que le Sénégal offre à notre pays, avec la présence de tous ces artistes de talent, qui demeurent une passerelle pour nos deux peuples. C’est aussi formidable que le Canada puisse faire partie de la scène culturelle saint-louisienne. Car, récemment, nous avons participé au Forum de Saint-Louis, au «Fleuve en couleurs» ou encore au Festival de jazz ».

A. M. NDAW

Une rencontre féconde d’échanges sur le numérique, considéré par certains comme la troisième révolution industrielle, s’est tenue à Thiès, mercredi dernier, sous l’égide de l’Espace numérique mobile de la Présidence de la République du Sénégal.

En présence d’un nombre important de jeunes élèves et étudiants de la région de Thiès, Ousmane Thiongane, conseiller spécial du Président Macky Sall, a fait une présentation détaillée de l’Espace numérique mobile de la Présidence de la République du Sénégal.

Dans son exposé, il le décrit comme un espace interactif qui accompagne le Président de la République, en permettant de suivre, à temps réel, l’actualité et partager avec les Sénégalais l’information sur ses réalisations.

Selon lui, dans cet espace, « Génération Sénégal » parle aux jeunes à travers les réseaux sociaux où on peut sensibiliser, informer de manière ludique et pédagogique les jeunes à travers des formations innovantes et dynamiques. « Ce choix d’être au diapason de l’évolution dans un monde numérique est d’autant plus pertinent que dans une étude effectuée au lycée Blaise Diagne de Dakar, 83% des élèves disent s’informer à partir des réseaux sociaux », a-t-il indiqué. Si à cela s’ajoute « qu’environ 4 millions de Sénégalais se connectent dans les réseaux sociaux », Ousmane Thiongane soutient que ce contexte justifie amplement l’approche de la stratégie « Sénégal Numérique 2025 ». « Les Sénégalais sont à mesure d’aller vers l’information à temps réel, poser leurs questions ou faire part de leurs préoccupations à la plus haute autorité du pays, le président de la République, et à son institution, la Présidence de la République », a-t-il ajouté. Maintenant, selon lui, l’enjeu est de faire en sorte que les jeunes prennent conscience de la nécessité de cultiver le respect de l’autre pour éviter les dérives.

Au nom du gouverneur de la région de Thiès, Mbassa Sène, l’adjoint en charge des Affaires administratives, salue l’initiative du déplacement de l’Espace numérique mobile de la Présidence de la République du Sénégal vers les jeunes de la région de Thiès. « En choisissant de donner la possibilité aux citoyens de pouvoir accéder à l’information à temps réel, la plus haute autorité du pays matérialise son engagement politique en termes de transparence dans la gestion du pays et son désir ardent de connexion directe avec sa jeunesse », a-t-il noté. La présence massive des jeunes, et surtout leurs interventions pertinentes, montrent à quel point le numérique est devenu incontournable.

Mbaye BA

Il avait jusqu’ici été épargné par le mouvement #Metoo. Mais à 82 ans, Woody Allen se retrouve dans la tempête des accusations de harcèlement sexuel, plusieurs célébrités refusant de travailler avec lui alors que sa fille adoptive a relancé ses accusations d’abus sexuels.

Le réalisateur new-yorkais, l’un des plus prolifiques de l’histoire du cinéma avec une cinquantaine de films réalisés en autant d’années de carrière, avait globalement échappé jusqu’ici aux foudres du mouvement anti-harcèlement qui a fait tomber de nombreux acteurs et réalisateurs depuis les révélations contre le producteur Harvey Weinstein : de Kevin Spacey à Brett Ratner, en passant par Dustin Hoffman.

Mais cette semaine, la tempête le menace à son tour.

Woody Allen n’a pas réagi à cette nouvelle polémique et son agent n’a pas immédiatement répondu à une sollicitation de l’Afp. (AFP)

Entre la balance à l’Institut français de Saint-Louis, pour son concert, et les civilités avec ses fans, Elage Diouf s’est posé, un instant, pour nous parler de sa vie, ses passions, sa philosophie…

Des moments d’échanges avec cette avenante personne, sourire généreux qu’il vous transmet facilement. Ce musicien sénégalo-québécois ne vit que pour une chose, faire passer des émotions positives à son prochain.

« Saint-Louis, c’est vraiment chaud ! » Le mot est lâché par l’artiste Elage Diouf, après sa performance à l’Institut français de la ville. Son concert a été tout simplement électrique. Deux heures trente d’échanges, avec un public aux aguets, toujours prêt à fredonner le moindre morceau. Et puis, sous la fraîcheur d’une ville baignée de part en part par l’Atlantique et le fleuve Sénégal, Saint-Louis a adopté cet enfant venu du grand froid (Canada), pour son concert. « Melokaane », « Badolo », « Problème Yi », « Mandela » et bien d’autres morceaux ont arraché cris de joie et pas de danse à ce public, si enthousiaste. D’habitude folk, cette fois, le concept de son dernier voyage musical, « Back du Djolof », donne à cette soirée un teneur particulière, avec la présence accrue des percussions, et de « Mister » Souleymane Faye, en un moment. Normal, Elage a d’abord titiller les tambours et autres avant de défier le micro. Toute une histoire, avec une vie faite de persévérance, de galère et de générosité.

Dans les rues de Dakar, le jeune Elage, armé de son djembé (tambour), faisait la navette entre le quartier des Hlm et le Centre culturel régional Blaise Senghor, pour s’instruire à la science des percussions. Sacrifice, don de soi, engagement. « Plus tard, je me faisais ma place, dans le landerneau des percussionnistes de ballet de la ville. Et c’est parti », confie Elage Diouf. Lui qui n’est pas issu d’une famille de musiciens, que rien ne prédestinait à cette carrière, a cependant été bercé de sonorités maliennes, zaïroises et autres musiques que l’on aimait écouter dans sa famille.

Durant ces moments privilégiés, le jeune Elage voyage, visite de lointaines contrées, « absorbe » de nombreuses voix et mélodies et en revient toujours avec un plus.

« Vous savez, toutes ses sonorités en plus de celles des ethnies diola, sérère, mandingue, entre autres, m’ont permis de me mouvoir dans ma musique », fait-il remarquer. Sa formation est complétée par un duo avec son frère Karim Diouf dans « Africa Diamono ballet ». Là encore, Elage s’essaie à la danse, aux instruments comme la kora, le balafon. Mieux, il parcourt, durant deux mois, l’Europe avec son frangin Karim pour honorer un contrat. En 1996, l’Outre Atlantique tend les bras aux frères Diouf. « On était au Canada pour un travail, et après, nous sommes restés pour exercer notre passion », note-t-il avec un brin de satisfécit.

Dédé Fortin, la bonne pioche québécoise
Le temps file, Karim et Elage, petit à petit, font leur niche au Québec. En 2003, ils sortent « Dounde » (Vivre), un album pour prendre le pool des mélomanes de la cité multiculturelle. Plus tard, le Festival des Francofolies de Montréal les accueille. Les expériences acquises dans les ballets, les compagnies et dans la capitale sénégalaise se chargent du reste. « Du fait de notre parcours, notre identité artistique était fournie », laisse-t-il entendre.

Bien avant, une collaboration leur a ouvert les portes du landerneau culturel québécois. Le défunt André Fortin alias Dédé Fortin, chanteur et figure majeure de l’histoire de la musique des années 1990, et qui reste une source d’influence notable pour les musiciens québécois des années 2000, propose aux deux frangins une collaboration.

Avec son groupe « Les Colocs », Elage et Karim posent sur l’album « Dehors novembre », où on les entend fredonner en wolof. Le top est donné, avec un tube qui est devenu la chanson de l’année. Plus tard, il va collaborer avec « Le Cirque du Soleil », l’un des plus grands au monde. « Là-bas, tout était millimétré, et il y avait des centaines d’artistes, chacun jouait à la mesure sa séquence », se souvient-il. Ces exigences professionnelles lui ont permis d’apprendre la mise en scène, l’importance du décor, le visuel… Cela explique bien son allant lors des concerts. Des prestations qui donnent souvent des chorégraphies où le public est partie prenante. En fait, l’artiste à la bonne humeur contagieuse fait corps avec l’auditoire. Le spectacle de Sorano, à Dakar le 30 décembre dernier, en était un bel exemple.

Johnny Reid et Elage : Un duo pour l’espoir
Montréal bouillonne culturellement. Elage en a conscience. Le gouvernement appuie les artistes et fait de la culture un socle de brassage. La ville se découvre une autre vocation, une nouvelle place culturelle. « C’est magique, cela se met en place et petit-à-petit, c’est un plaisir de voir que des artistes sénégalais comme Ilam, l’humoriste Boucar Diouf, Zale Seck, Oumar Ndiaye Xosluman, participeront à ce dynamisme », souligne Elage.

Le « Boy Hlm » creuse son sillon et rencontre Johny Reid, chanteur de Pop Country, lors des « Juno Awards », l’équivalent du Grammy au Canada. Tous deux distingués, la mayonnaise commence à prendre et donnera, plus tard, une collaboration. Le titre « Just One » fait ensemble, Elage le prend comme un hymne de l’espoir « au moment où dans le monde, règne l’incompréhension des religions ; nous avons cru bon de sensibiliser l’humanité ». Deux timbres différents, deux mélodies et deux chanteurs de confession distincte parlent aux populations ; le résultat est bluffant.

« Vous savez, j’ai appris le français à la télé, car je n’étais pas trop doué à l’école. Il fallait que je sois ouvert d’esprit », fait remarquer Elage Diouf. Il a fait sien la conception de l’homme politique français Jacques Toubon, qui pensait que « la télévision ne doit pas manger la vie, elle doit l’éclairer, l’embellir, l’enrichir. Une télévision de toutes les couleurs, pas un canon d’images ».
Elage va être scotché aux émissions nautiques du commandant Cousteau, l’homme qui fait découvrir les fonds des océans. Mieux, il boit « Des chiffres et des Lettres » pour, dit-il, se familiariser avec la langue de Molière. Mieux encore, comme chez les Sud-Africains, il adopte l’esprit « Ubuntu », cette philosophie de l’humanisme, comme théorisée par Mandela et Desmond Tutu. L’homme prend conscience qu’il appartient à quelque chose de plus grand que lui, et est donc contraint à avoir un esprit ouvert et positif. C’est, en quelque sorte, ce qui caractérise le bonhomme Elage Diouf.

Dans sa conception, il ne regarde que ce qui est beau et instructif chez l’autre. Même si, s’empresse-t-il de souligner, en référence à son dernier morceau « Sunugal », « dans notre pays, le vert-jaune-rouge, ce n’est pas seulement un drapeau. C’est une manière d’être, un comportement sain et une «positive attitude» ».

Cette ouverture d’esprit le caractérise même dans le milieu culturel, où il dit écouter toutes les mélodies. Sa conception de l’art est simple, tendre l’oreille, se faire influencer par toutes les mélodies et après, offrir aux spectateurs une belle production.

Elage rappelle que le prochain album est pour 2018. Mais, pour l’heure, « j’ai une tournée de 3 mois avec Johnny Reid et je vais profiter des pauses pour travailler sur l’album ». Donc, ce n’est qu’un au-revoir, avec toujours ce sourire très marqué. Sacré artiste.

MME LISE FILIATRAULT, AMBASSADEUR DU CANADA AU SENEGAL : « ELAGE DIOUF, ILAM ET BOUCAR DIOUF SONT DES PASSERELLES POUR NOS DEUX NATIONS »
Lise F Amb Canada« Ce concert d’Elage Diouf s’inscrit dans le cadre des 150 ans du Canada, mais aussi nous fêtons la Francophonie. En même temps, on veut faire connaître cet artiste, qui représente des valeurs communes de nos deux nations. Il personnifie la diversité, l’inclusion, la solidarité qui caractérisent le Canada. De plus en plus, il y a beaucoup d’artistes d’origine sénégalaise qui participent à rendre dynamique l’environnement culturel chez nous. Nous avons Boucar Diouf, humoriste de talent très coté au Québec, qui fait connaître le continent africain. Il y a aussi le chanteur Ilam et bien d’autres encore comme Karim Ouellet, Sarahmé Ouellet pour la culture urbaine, entre autres. C’est un cadeau que le Sénégal offre à notre pays, avec la présence de tous ces artistes de talent, qui demeurent une passerelle pour nos deux peuples. C’est aussi formidable que le Canada puisse faire partie de la scène culturelle saint-louisienne. Car, récemment, nous avons participé au Forum de Saint-Louis, au «Fleuve en couleurs» ou encore au Festival de jazz ».

A. M. NDAW

La presse sénégalaise est en deuil avec la disparition du doyen Iba Guèye, ancien journaliste de la Radiodiffusion sénégalaise. Longtemps malade, il s’est éteint hier, et sera inhumé aujourd’hui, à Yoff.

Originaire de la région de Saint-Louis, Iba Guèye avait débuté sa carrière comme instituteur puis surveillant à Saint-Louis et au lycée Van Vollenhoven, actuel Lamine Guèye de Dakar. Parallèlement, surveillant au petit quartier de Van-Vo dirigé par le proviseur Aliou Faty, Iba Guèye animait des émissions sur la chaine internationale de Radio Sénégal les samedis après-midi. Il était d’une forte personnalité et aimait échanger avec les élèves de notre génération.

Titulaire du baccalauréat série L, par la suite, il continua sa formation de journaliste à l’Institut national de l’audiovisuel (Ina) de Bry-sur-Marne, à Paris de 1974 à 1977. Il reviendra au pays avec le diplôme de journaliste et un autre de sociologie, à Paris V Sorbonne. À son retour au Sénégal, il intègre l’ex-Orts actuelle Rts avec le titre de journaliste Grand-reporter. Chef du desk Nation du journal parlé pendant 12 ans, Iba Guèye a couvert tous les déplacements du Président Senghor jusqu’à son départ du pouvoir. De 1981 à 1989, il accompagna le Président Abdou Diouf dans tous ses voyages à l’intérieur et à l’extérieur du pays. Pendant les événements de Gambie, il fut nommé conseiller en communication du Président Jawara. Correspondant de Radio France Internationale de 1978 à 1989, Iba Guèye fut un proche du Président Abdou Diouf et ami de son ancien Premier ministre feu Habib Thiam.

Pour avoir suivi plusieurs stages de journalisme et du service du protocole, à Paris, après un passage à notre ambassade à Bonn, en Allemagne, il servit de 1997 à 1999 à la Primature comme chef de cabinet, conseiller en communication et chef du protocole de plusieurs Premiers ministres. Entre janvier 2002 et septembre 2003, il reviendra à la Primature comme chef du protocole et conseiller en communication. Iba Guèye qui animait l’émission Inter nuit sur la chaîne inter, le dimanche après le journal parlé de 22 heures, faisait partie des plus belles voix de la Radio dans les années 80 et 90. Diplomates et journalistes témoignent de lui comme étant un professionnel rigoureux. Il sera inhumé ce matin au cimetière de Yoff non loin de son domicile à la cité Djily Mbaye.
A sa famille et à ses proches la rédaction du «Soleil» présente ses vives condoléances.

El Hadji Abdoulaye THIAM

La 10ème édition du Festival Ondes d’intégration s’est déroulée, du 12 au 14 janvier, à Dakar, avec comme parrain Me Sidiki Kaba, ministre des Affaires étrangères. Dans cet entretien, le coordonnateur du festival, Bakary Diakité, revient sur cet évènement socioculturel placé sous le thème : « Dialogue des terroirs, facteur de cohésion nationale ».

Quels ont été les temps forts qui ont rythmé cette 10ème édition du Festival Ondes d’intégration ?
Nous avons décidé d’organiser l’événement, cette année, à Dakar, parce que 10 éditions, c’est quelque chose d’important dans la vie d’une manifestation comme celle du Festival Ondes d’intégration. Il a fini d’écrire son nom dans l’agenda culturel du Sénégal. L’objectif était de faire profiter aux gens de Dakar le festival. C’est aussi mettre la lumière sur une partie de la culture sénégalaise et d’Afrique de l’ouest. Cette année, l’évènement a dépassé nos espérances d’autant plus que les autorités politiques et administratives du pays ont répondu présent. Ce qui est remarquable, des ministres de pays voisins ont répondu à notre invitation. La Mauritanie a envoyé le Conseiller technique n°1 du ministre de la Culture, la Guinée s’est faite représenter par une délégation forte de 10 personnes accompagnée d’une troupe artistique. L’engouement populaire était présent au stade Iba Mar Diop avec beaucoup de festivaliers venus des départements de Bakel, Kanel, de la Mauritanie, et des populations soninké, pulaar, vivant à Dakar.

Cette année, le festival était placé sous le thème « Dialogue des terroirs, facteur de cohésion nationale. Quelle articulation peut-on en faire avec la culture ?
Le président-poète Léopold Sédar Senghor disait-il: faut d’abord s’enraciner avant de s’ouvrir aux autres. Tout tourne autour du dialogue. Les guerres les plus meurtrières se sont terminées autour d’une table. Là, on peut se dire pourquoi ne pas commencer autour de la table. En choisissant le thème du festival au mois de juin, nous ne savions pas que l’actualité récente en Ziguinchor allait nous donner raison. Nous estimons que tout se passe autour du dialogue. C’est un outil, un instrument qui aide à prévenir les tensions, les conflits. C’est pourquoi nous disons que le dialogue des terroirs est un facteur de cohésion nationale.

Au-delà de la cohésion sociale, le dialogue peut rapprocher des peuples au travers d’une intégration…
Oui. Si nous prenons l’exemple de la radio Jiida Fm, elle a comme ligne directrice, comme slogan, « les pays frontaliers sont comme des pays frères ». Nous retrouvons le même peuple, les mêmes ethnies dans la sous-région ouest africaine. La plupart des conflits éclatent à cause d’un manque de dialogue. Les échanges entre les peuples, les communautés, les ethnies, sont essentiels. On ne peut connaître l’autre qu’en dialoguant avec lui. Le dialogue est capital dans la vie de tous les jours.

Après toutes ces années d’organisation, quel bilan tirez-vous avec cette 10ème édition ?
Tout dépend de l’angle sous lequel nous le prenons. Sur le plan culturel, après 10 ans d’organisation, le Festival Ondes d’intégration a permis de mettre en exergue un pan de la culture sénégalaise. Que cela soit chez les Soninkés, les Pulaars, les Mandingues, entre autres. Lorsque des centaines de personnes se retrouvent dans un tel cadre, cela leur permet de passer des moments festifs ensemble, de créer des liens d’amitié, de fraternité. C’est un ferment qui consolide les relations entre les peuples. De ce point de vue, c’est très satisfaisant. Au-delà de la dimension festive, il y a aussi le volet social qui est également important. En marge de la conférence religieuse de cette 10ème édition, nous avons fait un don de sang au Centre national de transfusion sanguine. Des consultations médicales gratuites ont été organisées au niveau du stade Iba Mar Diop. Lors de la 9ème édition à Diawara (département de Bakel), l’Institut africain américain avait offert des médicaments d’une valeur de 30 millions de FCfa. En dehors de l’aspect culturel, le bilan est globalement satisfaisant.

Quelle est la touche particulière du Festival Ondes d’intégration, par rapport aux autres festivals ?
La particularité de ce festival, c’est une approche inclusive dans son esprit. Il ne cherche pas à s’assimiler à un quelconque groupe ethnique, une région. Chaque communauté peut s’y retrouver, s’y reconnaître avec une philosophie intégratrice. Notre conviction est que nous ne pouvons pas nous développer sans une bonne intégration. Pour intégrer les peuples, nous avons pensé créer des liens de fraternité, d’amitié, au travers de ce festival. Par ricochet, cela peut participer à dynamiser les relations entre les Etats. Chemin faisant, l’événement suit sa route en s’agrandissant avec des pays frères. Cette année, nous avons eu la participation remarquable de la République de Guinée.

Pour rester dans cette dimension intégratrice, pensez-vous un jour organiser cette manifestation en dehors du Sénégal ?
Nous le souhaitons vivement. Si nous recevons l’invitation d’un pays ami, nous l’organiserons là-bas. Cette option est envisageable. Toujours est-il qu’organiser un festival n’est pas une mince affaire. Cela demande beaucoup de moyens financiers, une bonne logistique, une équipe organisationnelle expérimentée. Notre rêve est de tenir un festival qui va parcourir toute l’Afrique.

Lors de la 9ème édition, vous aviez plaidé pour des industries culturelles créatrices de richesses. Qu’en est-il aujourd’hui ?
Vous savez, c’est un travail de longue haleine. En termes de réalisation, beaucoup de choses restent à faire. Ne serait-ce qu’au travers de petites unités culturelles. Dans notre esprit, il faut toujours dialoguer. Sur ce registre, nous sommes toujours en contact avec les autorités du ministère de la Culture. Leur degré d’implication n’est plus à démontrer. Notre souhait est de voir un jour ces industries culturelles. Notre détermination demeure intacte.

Parlant de dialogue des terroirs, le maire de Diawara avait affiché l’ambition de faire de Tambacounda la capitale culturelle du Sénégal…
Ce n’est pas utopique. C’est très ambitieux au regard de la riche diversité culturelle que l’on retrouve à Tamba. Vu sous cet angle, la région peut prétendre être la capitale culturelle du Sénégal.

Après 10 ans de présence sur la scène culturelle, comment se dessinent les perspectives pour le Festival Ondes d’intégration ?
Les perspectives sont très bonnes. Parce qu’au début, en organisant la manifestation, nous nous disions que les autorités de Bakel ne s’y intéresseraient pas. Il est heureux de constater qu’au niveau local, l’adhésion est manifeste. Aujourd’hui, l’Etat nous accompagne au plus haut niveau en la personne du président de la République Macky Sall. Ses ministres sont impliqués, des pays limitrophes comme la Gambie, la Guinée, la Mauritanie, se font représenter par de hautes personnalités. Je pense que l’avenir est assez prometteur pour nous. Je suis convaincu qu’avec beaucoup d’abnégation, nous parviendrons à hisser très haut le drapeau du festival. C’est dur, c’est laborieux. Il faut se battre chaque jour car nous y croyons.

Entretien réalisé par El Hadji Massiga FAYE

Les 18 stagiaires de l’exercice 2015 du Fonds d’appui à la presse ont reçu leur attestation, ce samedi, au Cesti. Lors de cette cérémonie de remise des attestations, la directrice du Centre d’études des sciences et techniques de l’information (Cesti) a interpellé les autorités sur la baisse de la subvention allouée à l’établissement dans le cadre de la formation continue.

Après 9 mois de formation au Cesti dans le cadre du Fonds d’appui à la presse exercice 2015, les 18 stagiaires ont reçu, ce samedi, leur attestation. Il s’agit de 8 récipiendaires en radio et de 10 en presse écrite. Les bénéficiaires, constitués de journalistes qui étaient déjà dans les rédactions, ont tenu à se former à bonne école dans le cadre de la formation continue du Fonds d’appui à la presse. Le représentant des 18 auditeurs, Mamadou Diop, a soutenu que cette cérémonie annonce le meilleur dans l’exercice de leur fonction « après une formation dans cette prestigieuse école de formation en journalisme ».

« Nous sommes fiers d’avoir reçu une formation dans ce haut lieu de savoir, de savoir-faire et de savoir-être. La formation nous a permis d’acquérir des compétences nécessaires à l’exercice de notre fonction », indique le porte-parole des récipiendaires. Pour améliorer les conditions de travail des journalistes, ces derniers demandent à l’Etat de sortir les décrets d’application du nouveau Code de la presse et de valider la nouvelle Convention collective des journalistes et techniciens de la communication.

La directrice du Cesti, Cousson Traoré Sall, a félicité les récipiendaires pour leur persévérance et leur détermination, « qui n’ont d’égale que la lourde responsabilité du métier de journaliste ». Elle a rappelé que les 18 stagiaires ont accepté les rigueurs et contraintes nombreuses. « Les auditeurs ont subi une formation de qualité ; ils ont été envoyés sur le terrain à 270 kilomètres de Dakar, plus précisément à Kabacoto/Kaymor dans le département de Nioro, pour un séjour rural d’une semaine. Enfin, ils ont été mis en situation pratique pendant deux semaines sous forme de session intensive », explique la directrice du Cesti. Remerciant l’Etat pour son soutien, Cousson Traoré Sall rappelle qu’on ne saurait avoir des citoyens bien informés si les professionnels de l’information manquent de formation adaptée à même de renforcer leurs compétences.

Plus de subvention à la formation continue
Mme Sall a rappelé que le Cesti, depuis quelques années, a accompagné l’Etat dans la formation continue grâce à la mise à disposition d’un budget initial conséquent. « Cependant, regrette la directrice, il faut reconnaître que depuis trois ans, ledit budget a été revu à la baisse. Cette baisse de la subvention ne facilite pas une prise en charge efficace et efficiente de la formation alors que d’année en année, nous constatons que la demande augmente ». La directrice du Cesti a fait le plaidoyer, « espérant que l’Etat et le ministre de la Communication revoient substantiellement à la hausse la subvention allouée au Cesti pour la formation continue des journalistes et techniciens des médias ».

Sur ce, le chef de la Division Communication au ministère de la Communication, des Télécommunications, des Postes et de l’Economie numérique, Abdoul Bâ, a reconnu la situation et annoncé que les responsables se pencheront sur la question. « C’est vrai que cela fait trois ans que cet appui a connu une baisse et c’est dû à un environnement difficile parce qu’il y a beaucoup de sollicitations avec de nouvelles entreprises de presse. Le Cesti en a pâti un peu, mais dès la semaine prochaine, nous essaierons de voir comment faire pour aider le Cesti, qui est un partenaire privilégié, à mieux organiser la formation continue qui est un volet important dans le domaine du journalisme », a assuré M. Bâ. Il a ajouté que le gouvernement du Sénégal est conscient de l’importance qu’il y a à accompagner les professionnels des médias dans le renforcement des capacités. Le doyen de la Faculté des Sciences économiques et de gestion (Faseg), Birahim Bouna Niang, représentant du recteur de l’Ucad, a salué le travail de qualité effectué par le Cesti qui a su rester attractif en dépit d’une conjoncture difficile. Il a rappelé que les produits du Cesti sont appréciés aussi bien au Sénégal qu’en Afrique, avant de reconnaitre l’importance de la formation continue pour la presse sénégalaise.

Oumar KANDE

FINANCEMENT DES MEDIAS : LE FADP VA SUPPLÉER L’AIDE À LA PRESSE
Pour rendre viable l’environnement économique des entreprises de presse sénégalaise, le gouvernement est en train de réfléchir sur le Fonds d’appui et de développement de la presse (Fadp) qui remplacera le Fonds d’appui à la presse dont le budget est de 700 millions de FCfa et qui ne servait qu’à l’aide à la presse.

« Le Fadp sera beaucoup plus élaboré et va permettre aux entreprises de presse de faire des prêts pour pouvoir dérouler leurs programmes ; ce ne sera plus des allocations comme cela se faisait avec l’Aide à la presse. Maintenant, l’entreprise peut avoir plus qu’elle ne recevait dans le cadre de l’Aide à la presse, mais dans ce cadre, il faudra élaborer un projet budgétisé, bancable et qui peut être soumis à un Conseil d’administration », révèle Abdoul Bâ, chef de la Division Communication au ministère de la Communication. Il soutient que son ministère est en train de travailler sur cela et bientôt, « on aura fini et on convoquera l’ensemble de la presse pour leur soumettre ce Fonds et ses objectifs ».

Le budget de ce Fonds d’appui et de développement sera supérieur au budget du Fonds d’aide à la presse, a-t-il dit.

O. KANDE

Pour rendre viable l’environnement économique des entreprises de presse sénégalaise, le gouvernement est en train de réfléchir sur le Fonds d’appui et de développement de la presse (Fadp) qui remplacera le Fonds d’appui à la presse dont le budget est de 700 millions de FCfa et qui ne servait qu’à l’aide à la presse.

« Le Fadp sera beaucoup plus élaboré et va permettre aux entreprises de presse de faire des prêts pour pouvoir dérouler leurs programmes ; ce ne sera plus des allocations comme cela se faisait avec l’Aide à la presse. Maintenant, l’entreprise peut avoir plus qu’elle ne recevait dans le cadre de l’Aide à la presse, mais dans ce cadre, il faudra élaborer un projet budgétisé, bancable et qui peut être soumis à un Conseil d’administration », révèle Abdoul Bâ, chef de la Division Communication au ministère de la Communication. Il soutient que son ministère est en train de travailler sur cela et bientôt, « on aura fini et on convoquera l’ensemble de la presse pour leur soumettre ce Fonds et ses objectifs ».

Le budget de ce Fonds d’appui et de développement sera supérieur au budget du Fonds d’aide à la presse, a-t-il dit.

O. KANDE

Lors de la célébration du neuvième anniversaire de Rewmi Quotidien samedi dernier, Lansana Gagny Sacko, directeur général de l’Onas (Office national de l’assainissement du Sénégal), a été primé « Homme de l’année 2017 ». A cette occasion, les témoignages sur un homme « généreux, travailleur et pétri de patriotisme » n’ont pas manqué.

Le lauréat de l’année 2017, Lansana Gagny Sacko, a été ainsi offert en exemple. Et « ce choix est manifestement une reconnaissance des efforts et des réalisations qui portent votre empreinte.

C’est une façon pour nous de vous offrir en exemple à la nouvelle génération qui manque de repères », a témoigné le directeur de publication de Rewmi Quotidien, Assane Samb qui souhaitait la bienvenue aux invités, collègues, parents et amis venus prendre part à la cérémonie, présidée par le ministre conseiller chargé de la Communication à la Présidence de la République, Hamidou Kassé. Homme de terrain, homme d’action, Lansana est aussi, aux yeux du ministre Hamidou Kassé, un homme courageux au sens de la générosité pour le bien collectif. « Vous méritez très amplement cette distinction », a-t-il éclairé de façon succincte. M. Kassé a rappelé à cette circonstance, à l’endroit de la presse, qu’il a d’ailleurs invitée à s’adapter face aux mutations actuelles. Les éloges ont été portés sur le directeur de l’Onas. A juste raison, c’est là le couronnement de « l’œuvre d’un homme pétri de patriotisme et de dynamisme. Un homme qui a mis son expérience au service du Sénégal, un bâtisseur pluridisciplinaire.

Lansana est un homme d’action et d’innovation, un ingénieur chevronné. Il a fait en sorte que l’eau potable soit à la portée de tous. Ainsi, en portant son choix sur vous, le groupe Rewmi fait de votre œuvre un modèle de compétence et de dévouement pour le bien de ce monde », a témoigné le président directeur général de Promo Consulting, Mbagnick Diop.

« Cette consécration, c’est un mérite et même plus qu’un mérite. C’est le résultat d’un travail acharné pour permettre à de milliers de populations lointaines d’avoir de l’eau à quantité suffisante, grâce à son engagement, à son dévouement. C’est un leader aguerri, naturel, sociable, averti. Un altruiste », complétera Fallou Baye Ndao, directeur général de la Société d’exploitation des forages ruraux. Le lauréat, Lassana Gagny Sakho, a dit à cette occasion, toute sa gratitude à tous et s’est dit très sensible à l’honneur qui lui a été fait. « Ce moment est une étape dans la vie pour continuer à toujours servir son pays. C’est également un sacerdoce puisque je n’ai plus le devoir de faire moins que ce que j’ai fait. Et la trame de fond de notre mission consiste à matérialiser la vision du président Macky Sall, à promouvoir l’accès à l’eau des populations », a confié Lansana Gagny Sacko. Mais, cette réussite, il dit le devoir surtout « à un travail d’équipe. Je pense que c’est une équipe qui a été récompensée. Et participer à la vie de la communauté est devenue pour nous un sacerdoce, une fierté » a-t-il confié, dédiant le trophée à son épouse et à ses enfants.

Amadou DIOP

CODE DE LA PRESSE : LES TEXTES RÈGLEMENTAIRES ET D’APPLICATION BIENTÔT DISPONIBLES
« Le ministre de la Communication a pris toutes les dispositions pour que le Code de la presse adopté en juin dernier puisse entrer en vigueur très rapidement. Les textes règlementaires et d’application seront bientôt disponibles. Le comité chargé de leur rédaction est mis en place et il entamera ses travaux dans les jours à venir », a informé le représentant du ministre de la Communication, Amadou Kanouté.

A l’occasion de la célébration de l’anniversaire de Rewmi quotidien, il a indiqué que le secteur de la publicité sera assaini, grâce au Code de de la presse, et mieux organisé pour que la presse privée puisse davantage en profiter.

A. DIOP

« Le ministre de la Communication a pris toutes les dispositions pour que le Code de la presse adopté en juin dernier puisse entrer en vigueur très rapidement. Les textes règlementaires et d’application seront bientôt disponibles. Le comité chargé de leur rédaction est mis en place et il entamera ses travaux dans les jours à venir », a informé le représentant du ministre de la Communication, Amadou Kanouté.

A l’occasion de la célébration de l’anniversaire de Rewmi quotidien, il a indiqué que le secteur de la publicité sera assaini, grâce au Code de de la presse, et mieux organisé pour que la presse privée puisse davantage en profiter.

A. DIOP

La section du Syndicat des professionnels de l’information et de la communication du Sénégal (Synpics) de l’Agence de presse sénégalaise (Aps) a décidé mercredi d’observer un service minimum jusqu’à lundi, ’’pour dénoncer la situation préoccupante’’ de l’entreprise.

Selon un communiqué rendu public à l’issue d’une assemblée générale, la section syndicale Synpics-Aps a décidé de l’observation d’un service minimum, en lieu et place du sit-in initialement prévu ce mercredi et qui devait être suivi d’un point de presse.

"A partir de ce mercredi et jusqu’au lundi 15 janvier, sera observé un service minimum avec une couverture minimale qui ne se rapportera qu’aux actualités liées au décès du Khalife des mourides et à la situation qui prévaut suite au massacre de Boffa à Ziguinchor’’, lit-on dans ce communiqué.

Il signale qu’une "tentative préalable de conciliation en application de l’article L 272 du Code du travail sera entreprise au niveau de la Direction générale du travail et de la sécurité’’, de même qu’une "plateforme revendicative et un préavis de grève seront rédigés pour valoir ce que de droit’’.

"La Section Synpics qui a reçu le soutien agissant du bureau exécutif national du syndicat, appelle ses membres à un respect strict des décisions prises et les remercie pour leur forte mobilisation’’, ajoute le communiqué.

Source : APS

Enseignant en arabe qui a eu à occuper des fonctions diplomatiques, Ismaïla Dème est également ancien directeur du Bureau régional de la Ligue islamique mondiale à Dakar. Ismaïla Dème est, par ailleurs, khalife de Diawa Alwaly (localité située au Fouta dans le département de Podor). En intellectuel prudent et attaché à sa foi religieuse, l’auteur essaie dans son essai intitulé « L’Islam face aux préoccupations des musulmans », de nous propulser dans une synthèse intelligente entre discours religieux et exigence de la modernité. 

Dans son essai intitulé « L’Islam face aux préoccupations des musulmans », Ismaïla Dème précise donner « ses points de vue ». L’auteur propose de revisiter un pan de l’histoire de son Fouta natal, de manière générale, et plus particulièrement celui de son village d’origine, Diama Alwaly. Dans une approche très singulière, l’auteur revient sur l’histoire des fondateurs de ce village historique qui ont « fortement contribué à la propagation de l’Islam et à l’enseignement de la science arabo-musulmane » dans la sous-région. Parmi ces illustres hommes, il cite, par exemple, Ousmane Dan Fodio, l’homme de Sokoto dont l’arrière-grand-père, Moussa Djokolo Dème avait quitté Diama Alwaly pour se rendre au Nigeria.

Grace à sa mosquée et son cachet spirituel, Diama Alwaly a pu vaincre les vicissitudes du temps et poursuivre sa marche tout en sauvegardant son patrimoine qui est l’un des plus anciens lieux religieux du Fouta Toro et plus précisément de l’île à Morphil, suffisant pour que l’auteur consacre plusieurs pages à l’histoire de cette mosquée. Une mosquée bien que classée site historique, souffre actuellement de son état de délabrement. Il est dès lors impérieux pour les autorités de procéder à sa réfection, suggère l’auteur.

L’auteur s’est également permis de jeter un aperçu sur l’œuvre de Cheikh Ahmadou Bamba Mbacké, fondateur du Mouridisme. Il salue notamment l’abondance de la production scientifique et littéraire du fondateur du Mouridisme. Ceci est d’autant plus impressionnant que le Cheikh s’exprimait dans un contexte très mouvementé marqué « par les exactions multiformes des autorités coloniales et des difficultés de toutes natures auxquelles il fallait faire face », remarque-t-il. Malgré ce contexte relativement hostile, Cheikh Ahmadou Bamba a su laisser un riche patrimoine de savoir islamique et littéraire. C’est dire que le fondateur du Mouridisme, imbu d’une forte personnalité, a pu braver toutes les difficultés et créer ainsi un environnement favorable à la réflexion et à la production intellectuelle.

Ismaïla Déme loue au fil des pages « la force de caractère du Cheikh, son abnégation et sa foi inébranlable en Dieu ». L’auteur revient aussi sur l’importance du discours religieux. Dans cette perspective, il s’adresse également aux « prédicateurs », tout en insistant sur leurs « responsabilités », dans la société. Il recommande aux prêcheurs musulmans d’avoir à l’esprit le caractère sacré de leur mission et la responsabilité qui leur incombe. Il est inadmissible, à ses yeux, que le prédicateur n’applique point les recommandations qu’il suggère aux autres d’observer scrupuleusement.

Rôle du soufisme
A travers une explication détaillée, l’auteur revient sur la définition mais également et surtout le rôle du soufisme. C’est pour véritablement relever que le soufisme est incompatible avec l’ignorance. Dans cette perspective, l’auteur invite également au retour des sources spirituelles, morales, culturelles et sociales et aux valeurs humaines enseignées par le Messager d’Allah, le prophète Mouhamed (Psl). L’auteur aborde également d’autres thèmes tels que « le comportement du jeune musulman face à la modernité ». Un thème proposant une réflexion entre l’Islam et la politique est aussi abordé. Politique sociale, travail, francophonie, le phénomène de la mendicité sont, entre autres, des thèmes abordés par le professeur Ismaïla Dème. Si, depuis les attentats terroristes du 11 septembre perpétrés aux États-Unis, un amalgame peut s’effectuer entre l’Islam et le terrorisme – autrement dit, si les populations occidentales risquent de considérer l’Islam comme une religion violente, voire terroriste – c’est parce qu’un certain nombre de préjugés, d’a priori, de fausses évidences, existent encore aujourd’hui à l’endroit de la religion musulmane.

Ces préjugés s’avèrent le fruit d’une méconnaissance de la pensée et de la théologie islamiques. Pour déconstruire ces préjugés et souligner que l’amalgame entre Islam et terrorisme est non seulement choquant, mais n’a pas lieu d’être, l’auteur se focalise sur le sens des termes «Islam» et «Islamisme» d’une part, «violence» et «terrorisme» d’autre part. Ce travail d’objectivation nécessaire permettra d’aborder alors scientifiquement la question de la violence dans l’Islam, violence que nous replacerons dans un contexte historique, politique, économique et militaire. Autrement dit, il s’agit ici de montrer que l’Islam n’est pas une religion violente en soi et que la violence n’est pas inhérente à telle ou telle religion, mais à la domination ou à la position de dominé. L’auteur évoque ce qui semble, à ses yeux, constituer « la racine du mal ». Il préconise des solutions et appelle à un nouvel ordre de gouvernance universelle. L’auteur a enfin rendu un vibrant hommage aux deux illustres hommes que sont Cheikh Ahmed Tidiane Sy Al-Maktoum et Cheikh Moustapha Cissé, défunt khalife de Pire. Il a notamment revisité certaines œuvres écrites par Cheikh Ahmad Tidiane Sy en insistant notamment sur leur signification et leur essence profonde.

Par Oumar BA

Le Théâtre national Daniel Sorano abrite, ce samedi, à partir de 21h, la 14ème édition de la Grande nuit des Oscars du chant choral. Plusieurs artistes vont prendre part à cette rencontre.

La structure Mat Production organise, demain, au Théâtre national Daniel Sorano, la Grande nuit des Oscars du chant choral. Cette nuit est placée sous le parrainage du ministre du Commerce, Alioune Sarr, par ailleurs maire de Notto - Diobass (Thiès). De grands noms de la musique sénégalaise sont invités à cette Grande nuit des Oscars du chant choral, notamment l’artiste Baba Maal, le chanteur Fulgence Gackou, la Sœur Anne Marie Kaboré du Burkina Faso et Djiby Guissé, le leader des « Frère Guissé ».

A cette occasion, un vibrant hommage sera rendu à l’auteur-compositeur originaire de Fadiouth, Rémi Jegaan Dioh, auteur de plus de 560 chansons religieuses et profanes. Jean Marie Guedj Ciss et Sœur Anne Marie Kaboré du Burkina Faso sont les nominés de cette 14ème édition de la Grande nuit du chant choral. L’histoire du chant choral, au Sénégal, remonte à 1952, date de création de la chorale « A cœur joie », « la plus ancienne chorale au Sénégal ».

Aliou Ngamby NDIAYE

Le groupe de rap « Safen Bi » est composé de membres ayant l’ultime conviction qu’il ne peut y avoir de développement de la zone Saafi sans reconnaissance de l’identité culturelle de ces populations. De ce fait, Babacar Faye alias « Bone J », Malick Thiandoum et compagnie font de la musique engagée un moyen pour porter haut la culture Saafi mais aussi pour réaliser des actions sociales dans leur fief de Diass et environs.

Habillés en tee-shirts bleu et noir de leur ligne de vêtement, « Puloh Kür Saafi », deux des 4 membres du groupe de rap ont fait le déplacement de Diass à Dakar pour respecter la parole donnée. Une exigence de la culture sérère Saafi qu’il représente en musique. C’est Babacar Faye dit Bone J et Malick Thiandoum alias Do Mc qui sont venus s’entretenir avec nous. Les deux autres membres du groupe n’ont pas pu faire le déplacement du fait de leurs charges professionnelles.

La preuve que les membres du groupe « Safen Bi » ne comptent pas que sur le rap pour gagner leur pain. Ibrahima Thiandoum, un des membres du groupe, est professeur d’anglais ; il y a aussi Saliou Pouye qui a d’autres occupations faisant qu’il s’absente de temps à autre. Toutefois, comme l’esprit de groupe est plus qu’une réalité dans ce groupe de rap fondé en 2001 dans la bourgade de Diass, « si quelqu’un est présent, il représente dignement les autres ». En 2001, comme pour beaucoup de jeunes, la culture urbaine était un moyen pour les quatre membres du groupe d’exprimer leur trop plein d’énergie mais aussi pour juste se faire plaisir en restant collés à la mode. L’acronyme « Safen Bi », qui renvoie aussi à leur ethnie (Sérère Saafi), veut dire, selon les inspirateurs du groupe, Service pour accéder à une finalité exemplaire (Safen). C’est pourquoi les membres du groupe ne se limitent pas à la musique pour servir leur peuple.

« Depuis 2001, nous sommes dans le rap. C’était une affaire de jeunes ; avant nous suivions le rap juste comme ça. Nous écoutions les messages véhiculés par les rappeurs de l’époque et, en un moment donné, nous avons constaté que certains défendaient leur culture », se rappelle Bone J. C’est à partir de ce moment que les quatre amis se sont vu investis d’une mission : défendre la culture et la langue Saafi à travers le Hip Hop.

« Nous avons commencé à jouer avec le rap et d’un coup, nous nous sommes rendu compte que c’est du sérieux, après la sortie d’un premier tube qui a mis tout le monde d’accord. A partir de là, nous en avons fait un outil de défense de notre population et de la culture Saafi », indique le jeune rappeur de 35 ans, un grand casque d’écoute autour du cou. Malick Thiandoum alias Mc Do de confirmer en rappelant que le Centre d’enseignement moyen (Cem) de Diass et le dispensaire n’avaient pas, à ce moment, l’équipement qu’il fallait, d’où leur engagement au plan social pour essayer de faire quelque chose pour la communauté.

« Nous avons commencé à dénoncer les manquements au plan local. Juste après, les toilettes du Cem ont été réhabilitées grâce à nos partenaires et également le plateau du dispensaire rehaussé », dit Mc Do. Pour ce dernier, le groupe de rap a ainsi eu comme leitmotiv la défense des intérêts des Saafi mais aussi le développement de cette langue qui n’était pas encore codifiée par les autorités.

Une ligne de vêtements
Le rappeur de poursuivre : « Avant, nous nous sommes battus pour la codification de la langue en 2004, mais elle était cloisonnée dans la zone du Saféne et on nous confondait même avec les Sérères du Sine majoritaires. A travers la musique, nous avons tenté de faire reconnaitre cette langue au plan national. La musique peut véhiculer des messages pouvant faire le tour du monde ». De ce fait, pour améliorer les conditions de vie dans la zone Saféne », le groupe a à son actif plusieurs concerts de solidarité avec des revenus distribués aux dispensaires, la construction de toilettes et de mur de clôture d’écoles. Tout cela fait dire à Babacar Faye Bone J que les autorités doivent soutenir la zone de Diass et environs. « Nous faisons beaucoup de choses à leur place et ils doivent nous soutenir dans nos actions. Mais, j’ai l’impression qu’elles ne comprennent pas notre mission », regrette Babacar Faye. Inspirés par la marque « From New York » qui est devenu mondiale, le groupe de rap «Safen Bi» et son staff ont pensé aussi lancer leur ligne de vêtements, composée de tee-shirts, de pull-overs, de casquettes et d’autres gadgets vendus à travers le monde. Pour réussir ce pari, Bone J explique que la ligne de vêtements est représentée par un réseau d’amis. « L’objectif est qu’on parle et vive Saafi un peu partout à travers le monde », dit-il.

Cet engagement qu’ils vivent avec détermination fait que le groupe « Safen Bi » n’était présent dans le champ musical qu’avec certains tubes. Malick Thiandoum alias Do Mc, très posé, explique cela par le fait qu’il fallait gagner la légitimité de dignes représentants de la culture Saafi en œuvrant pour la communauté. « Nous avons plusieurs tubes appréciés avec un clip. Nous avions pour objectif de nous faire connaitre d’abord dans notre communauté, avant d’inonder le marché de productions musicales. Notre rap ayant la spécialité d’être fait en langue Saafi, il fallait se préparer davantage en convainquant notre communauté avant d’aller à la conquête du marché national et international. Mais nous avons un riche répertoire que nous pouvons partager, et d’ailler que nous allons partager davantage. C’est pourquoi nous avons beaucoup fait dans le social car la musique est plus simple que la réalisation d’œuvres sociales », narre Malick Thiandoum.

Par rapport au groupe, le manager Ibrahima Diouf, comptable de son état, laisse entendre qu’il est facile de travailler avec eux car ils sont cohérents dans leur engagement culturel pour leur peuple. « Notre philosophie, c’était de marquer notre communauté car la culture urbaine, c’est avant tout la défense des quartiers, des villes, des localités. Le rap pour nous, ce n’est pas seulement donner des messages, critiquer, mais c’est aussi poser des actes. Pour ce mois de janvier, nous sortirons un single, sorte d’hymne Saafi pour aller maintenant à la conquête du marché musical national et international. C’est le moment de montrer aussi que le groupe «Safen Bi» est pétri de talent », souligne le manager Ibrahima Diouf.

Craintes d’aliénation culturelle
Le groupe de rap étant de la commune de Diass, où le nouvel aéroport international Blaise Diagne vient d’être inauguré, ses membres disent craindre que cette infrastructure ne contribue davantage à leur aliénation culturelle et favorise la disparition de leur langue Saafi. Depuis le début des travaux, la zone étant prise d’assaut par beaucoup personnes; Diass est devenu cosmopolite. « Nous devons défendre notre culture dans ce brassage culturel pour ne pas perdre notre identité. Il faut s’ouvrir mais il ne faut pas perdre notre culture qui est le sens de notre existence », interpelle le jeune rappeur. Pour cela, le groupe de rap prévoit une tournée « Safeen Tour » dans la zone Saféne pour sensibiliser les populations, notamment les sages des différents villages.

En outre, ces jeunes veulent aussi plus de retombées du nouvel aéroport pour les populations de la localité de Diass et ses environs qui ont été les premiers impactés. « Nous sommes contents de l’arrivée du nouvel aéroport. Mais, en ce moment, nous sommes franchement un peu déçu. Au début, les responsables de l’Aibd avaient assuré que pour les travaux qui ne demandent pas une certaine qualification professionnelle, les jeunes des localités environnantes seraient prioritaires, mais jusqu’à présent, nous tardons à jouir de ses impacts. C’est vrai que c’est un aéroport international, mais il faut néanmoins penser aux gens de la localité », argue Babacar Faye.

Par Oumar KANDE

Actrice, réalisatrice, résidant en Californie (Usa), Ndèye Binta Goudiaby séjourne actuellement au Sénégal pour présenter son film « Niema » produit par le label Casa film production. Inspirée d’une histoire réelle, cette œuvre sera présentée en avant-première aujourd’hui, à 17h00, à la salle Canal Olympia Teranga de Dakar. Dans cet entretien accordé au journal « Le Soleil », celle qui se définit comme une Sénégambienne, évoque son travail cinématographique mais également son engagement social pour le développement de sa Casamance natale.

« NIEMA, UNE ŒUVRE CONTRE LA VIOLENCE FAITE AUX FEMMES »
« Niema est film inspiré d’une histoire réelle produit par le label Casa film production. Pour les besoins de cette réalisation, j’ai fait appel, à 95%, à des actrices et acteurs résidant en Casamance, aux côtés d’autres venus de la Gambie, du Liberia, de la Sierra Léone, de la Côte d’Ivoire, des Etats-Unis. Niema est un plaidoyer pour l’arrêt des violences faites aux femmes, particulièrement celles employées comme domestiques. Il est important de comprendre qu’elles sont des femmes qui méritent respect et considération. Le film a été tourné entre Ziguinchor, Cap Skirring et Bignona. Pour le tournage, une équipe technique est venue du Nigeria (Vivi Production) pour former les acteurs. »

« CARRIERE DANS LE CINEMA »
« J’ai quitté le Sénégal en 2000. Depuis, je visite le pays trois fois dans l’année. Je descends sur le terrain pour sensibiliser sur l’importance de cultiver et préserver la paix. Résidant actuellement en Californie, je suis une Sénégambienne de par un père Sénégalais et une mère Gambienne. J’ai grandi entre Bignona et la Gambie. Cela m’a valu d’être « Miss Waw » en Gambie, Miss Ziguinchor et dauphine Miss Sénégal en 1998. Je suis également lauréate du Prix des meilleurs actrices/acteurs du film Missing Link et aujourd’hui, ambassadrice de Sos Casamance pour le retour d’une paix définitive.

ACTRICE- REALISATRICE
« Je cumule aussi bien mon travail d’actrice que de réalisatrice. Dans le même temps, je suis ambassadrice de la paix et du développement de la Casamance dans le cadre des activités de ma fondation, « Djibonket ». J’estime qu’on peut bien allier le travail d’actrice et de réalisatrice d’autant plus que j’ai été formée par Sembène Ousmane. Casa film production constitue un héritage du défunt cinéaste. Il a joué un rôle central dans le développement du 7ème art dans notre pays, en Afrique. Il est essentiel de restaurer l’héritage de Sembène Ousmane. Le cinéma peut représenter le Sénégal dignement. Actuellement, je suis très inspirée par le personnage de Maïmouna qui joue dans la série « Dinama nex ». A la différence de ceux qui font dans le comique, elle excelle dans le cinéma. J’ai commencé comme actrice par Nollywood en 2008 en travaillant avec quelques structures. Chemin faisant, nous sommes arrivés à mettre sur pied Nollywood Usa à l’image des Nollywood Nigeria, Canada, Grande Bretagne. Je n’ai jamais mis les pieds au Nigeria. Toutes les séquences dans lesquelles je joue sont tournées aux Etats-Unis. Je ne crois pas que cela soit nécessaire de se déplacer jusque là-bas pour tourner des films. Nous sommes capables de tourner les séquences demandées. Que l’on soit au Sénégal ou aux Etats-Unis. C’est pourquoi, lorsque j’ai sorti le teaser de « Niema », les gens pensaient que c’était au Nigeria. Ce qui n’était pas le cas. Du fait de l’instabilité, il est important de relever que, pour une première fois, un film est tourné en Casamance. Cela aide des jeunes qui n’ont jamais connu le cinéma à comprendre comment on fabrique une œuvre cinématographique. Dans le contexte actuel assez tendu, la présentation du film à Ziguinchor participera à apaiser la tension. Les populations sauront que quelque chose a été fait en Casamance. »

« AMBASSADRICE DE LA PAIX »
« En tant qu’ambassadrice pour la paix mondiale, mon ambition est de voir les peuples, les populations du Sénégal, de la Gambie vivre dans une bonne entente, dans la cordialité. Même s’il arrive qu’il y ait un différend, les gens ne doivent point recourir à la violence.

Le dialogue, la recherche de la paix doivent guider à surmonter une pareille situation. Je regrette profondément ce qui se passe actuellement en Casamance. Il est déplorable de voir 14 personnes, dont la plupart des jeunes, se faire tuer alors qu’elles ne cherchaient qu’à gagner leur vie dans la dignité. Je suis choquée devant une telle horreur. Mon souhait est de voir chaque individu devenir un ambassadeur de la paix. Il est également important de relever que ce n’est pas par la violence que l’on règlera le phénomène. Le fait d’œuvrer pour la paix n’est jamais un travail vain. Il faut toujours agir avec lucidité, sérénité. Cela finit toujours par payer. »

ENGAGEMENT SOCIAL
« Chaque année, je me rends en Casamance dans le cadre des activités de ma fondation « Djibonket ». En plus du soutien que j’apporte dans les structures sanitaires, je travaille pour la scolarisation des enfants. Pour cela, je me suis toujours battue avec mes propres moyens. Ma conviction est que je ne dois pas attendre que le gouvernement fasse quelque chose. Chacun doit apporter sa pierre, sa part, pour construire et assurer le développement socio-économique de notre pays. Personne ne le fera à notre place. C’est la raison pour laquelle j’ai tourné le film « Niema » dans le village de Tébi (à 5 km du département de Bignona, jadis site de reclassement pour lépreux). Je suis contre la stigmatisation. Ainsi, pour impulser le développement de Tébi, une partie des recettes de « Niema » sera versée au village. Il est essentiel de savoir que ce sont leurs ascendants qui étaient des lépreux. Aujourd’hui, la descendance est composée de jeunes bien-portant, intelligents et qui étudient. Il ne faut pas prendre une partie pour le tout. Les populations de Tébi ne méritent pas d’être abandonnées. »

PROJETS POUR LE CINEMA
« Chaque deux années, Casa film production sort une œuvre. Nous avons en perspective les Casa film awards. L’événement va démarrer en 2019. Actuellement, le maire de Ziguinchor, Abdoulaye Baldé, nous a octroyé un terrain. Le site servira de cadre, de décor pour tourner des scènes de films. Nous n’aurons plus besoin d’aller chercher ailleurs pour les réalisations. Nous aurons notre propre siège. Cela participera à la relance du 7ème art au Sénégal. Le cinéma symbolise beaucoup pour un pays. C’est au travers de ce canal que les Etats-Unis ont fait connaître leurs pays. C’est fondamental. Le Sénégal regorge de beaucoup d’histoires, mais elles sont peu valorisées. »

• Recueillis par Omar DIOUF et E. M. FAYE

En visite, hier, dans les structures bénéficiant du Fonds de développement des cultures urbaines (Fdcu), le comité de gestion de cette dotation a jugé probants les premiers résultats obtenus dans le cadre des différents projets mis en œuvre à Dakar et dans sa banlieue.

Studio Sankara, 99 Records, Kaay Fecc, Doxandem Squad, Africulturban, G-Hip Hop, Optimiste Production, ces structures, reconnues pour leur dynamisme, ont reçu, hier, la visite du comité de gestion du Fonds de développement des cultures (Fdcu). Oumar Sall, coordonnateur du programme et ses collaborateurs effectuent un travail de suivi pour faire le point sur l’état d’avancement des projets au sein des différentes structures ayant bénéficié de ce fonds de 300 millions de FCfa alloué par l’Etat du Sénégal. En effet, elles sont une dizaine à bénéficier d’un appui de 10 millions de FCfa dont 80% ont été déjà encaissés, soit 8 millions de FCfa.

Au Studio Sankara, première étape de cette visite, le fonds a été d’un grand appui, en permettant l’acquisition d’un nouveau matériel qui s’inscrit dans un projet de modernisation de la boite. Cela, a expliqué Didier Awadi, manager du studio, en facilitant l’achat d’une caméra Red destinée aux grands projets cinématographiques.Aujourd’hui, grâce à cet outil, la structure s’est davantage engagée dans la production de films et clips au grand bonheur du public africain et sénégalais. Mais aussi de nouer des partenariats avec des boîtes étrangères. « C’est une fierté pour nous de voir l’Etat s’engager à appuyer les cultures urbaines. Aussi, c’est un honneur de recevoir cette aide qui nous a permis de compléter le budget avec lequel on a pu acquérir une caméra Red », a confié Didier Awadi. Selon lui, au-delà de l’équipement, le Fonds a contribué à la formation de quelques jeunes.

Autre structure bénéficiaire, « Kaay Fecc » se félicite de cet appui, qui comme l’a rappelé son secrétaire général, Pape Abdoulaye Faye, aide à exécuter un certain nombre de programmes au cours de l’année. A la structure 99 Records, cette subvention de l’Etat a été investie, entre autres, dans l’équipement avec l’achat de nouveaux ordinateurs, une caméra Hd, le renforcement de la mobilité pour faire le diagnostic des réseaux des cultures urbaines au niveau des régions. « Nous avons misé sur les régions avec des formations dans des localités comme Kédougou, Ziguinchor, Matam, Kaffrine, Sédhiou. L’idée est d’avoir un calendrier urbain fort. Nous essayons de faire en sorte qu’il y ait une dynamique au niveau des régions », a soutenu Simon. De son côté, Docta de Doxandem Squad, a rappelé qu’un accent particulier a été mis sur la formation.

Consolidation du Fdcu
« Nous avons opté pour la formation et l’équipement. Le Fonds nous a permis de pouvoir gérer une partie du budget de certains événements et d’identifier ceux qui ont des besoins de formation », a-t-il souligné. Si à Africulturban, le Fonds a permis de gérer la structuration et de disposer de nouveaux équipements, il a aussi aidé à stabiliser deux postes clés pour la structure. Pour les perspectives, Amadou Fall Bâ invite d’abord à la consolidation du Fonds de développement des cultures urbaines et à œuvrer pour son évaluation. A l’en croire, c’est la seule façon de pouvoir arriver, d’ici quelques années, de 500 millions à un milliard de FCfa.

Dans un pays où « 70% de la population est jeune », Malal Talla alias Fou malade de « G Hip Hop » (Guédiawaye Hip Hop) trouve pertinent d’investir dans un secteur qui parle aux jeunes. D’où tout l’intérêt de l’Etat de soutenir les cultures urbaines afin de lutter contre le chômage et d’aider à la formation de la jeunesse. D’après lui, la subvention du Fdcu a permis non seulement de renouveler tout le matériel de « G Hip Hop », mais aussi d’encadrer des jeunes en provenance de différentes régions du pays. Aujourd’hui, l’apport est tel qu’il a impacté sur la qualité de la production. Actuellement, a-t-il noté, les chansons produites sur place n’ont plus rien à envier à celles faites en France ou aux Etats-Unis.

Au terme de cette visite de suivi, le coordonnateur du Fonds de développement des cultures urbaines a jugé probants les premiers résultats des projets des structures bénéficiant de l’appui de ce fonds. Oumar Sall s’est félicité de l’état de la mise en œuvre de ces « intéressants » projets. A ses yeux, ces structures avaient du mal à disposer d’une administration structurées, de locaux, d’équipements ; ce que le fonds a permis, aujourd’hui, de régler. « Avec cette enveloppe, les bénéficiaires sont dans des locaux très bien aménagés avec des équipements et des administrateurs qu’ils ont contractés », a-t-il indiqué, ajoutant que le Fdcu est le fruit d’un long plaidoyer des acteurs des Cultures urbaines.

« Ils ont longtemps porté ce combat et c’est un plaidoyer auquel les autorités ont répondu. Ce sont les bénéficiaires qui ont choisi ceux qui devaient gérer ce fonds, ce que l’Etat a accepté et qui permet d’être dans une certaine logique de transparence », a informé M. Sall. Il a relevé l’ambition d’arriver à construire une chaine pour faire passer ces structures d’un statut d’association à celui d’entreprise.

Ibrahima BA

La Section du Syndicat des professionnels de l’information et de la communication du Sénégal (Synpics) de la Radiodiffusion télévision du Sénégal (Rts) s’insurge et dénonce les récurrentes et récentes attaques dont l’organe de service public fait l’objet. Elle tient à rappeler que « la Rts est d’abord un patrimoine du peuple sénégalais puisque société publique avec la totalité de son capital détenue par l’Etat du Sénégal ».

Dans un communiqué de presse, la Section Synpics de la Rts rappelle que ce statut d’organe de service public « ne saurait faire l’objet d’interprétation et d’aliénation ». Et il « impose à la Rts un certain nombre de contraintes que les promoteurs ou animateurs pourfendeurs ne convoquent dans la conception et la réalisation de leur projet de radio ou télé ». A titre illustratif, rappellent les syndicalistes, la Rts a l’obligation d’émettre ou d’informer dans toutes les langues nationales.

« Aussi, les arguments convoqués sur l’accaparement de la manne publicitaire par la Rts reposent sur un prétexte fallacieux eu égard au fait que l’annonceur choisit le support qui lui convient pour atteindre ses objectifs : visibilité, taux de pénétration, sérieux du médium », lit-on dans le document.

Les travailleurs membres de la Section Synpics de la Rts, « sensibles et solidaires de la cause et des difficultés notées dans le paysage médiatique sénégalais », demandent à ce que les décrets d’application puissent suivre le vote du Code de la presse et pour qu’il y ait « enfin un financement conséquent du service public et une réglementation du marché de la publicité au Sénégal ».

Organisé afin d’impliquer les enfants sur les questions de paix et de renforcer leur niveau en français, par le biais de la poésie, le « Prix Nouha Cissé » a récompensé des élèves des lycées et collèges de la région de Ziguinchor.

Un concours de poésie doté du « Prix Nouha Cissé », lancé par les initiateurs du Festival « Koom Koom » de Ziguinchor, a récompensé les élèves Adelaide Afo Aka du lycée de Mlomp, Suzanne Awa Diagne Senghor du même établissement et Khadidiatou Badji du lycée de Niaguiss. Ce concours a également distingué trois autres lauréates dans les Cours élémentaire et moyen. Toutes ces jeunes élèves de la région de Ziguinchor ont reçu leur prix lors d’une cérémonie de lancement des activités du festival « Koom Koom » tenu en décembre dernier, à Ziguinchor. C’était en présence des autorités de la ville et du parrain, le Professeur Nouha Cissé, toujours engagé, selon le président du jury, Saliou Diop. Ce dernier a pointé du doigt « le danger grandissime que pourrait entraîner ce déséquilibre, si l’on négligeait, par la lumière aveuglante des sciences, le côté humain de l’homme, qu’est la littérature ».

M. Diop pense que « la littérature, loin d’être « du bavardage comme le pense le profane, traduit cette partie de l’homme de sa nature bipolaire. Car, sans littérature, expression et véhicule des valeurs rituelles, cultuelles, morales, artistiques et philosophiques de l’homme, point d’humanité ».

Ainsi, pour les initiateurs du concours, le « Prix Nouha Cissé » a pour objectifs, selon le coordonnateur, Joël Diatta, acteur culturel et journaliste, d’impliquer les enfants sur la question de la paix et le vivre ensemble par le biais de la poésie, de renforcer leur niveau en français. C’est à cet effet, ajoute M. Diatta, « que nous avons rendu cet hommage au Professeur Nouha Cissé, pour le service qu’il a rendu à l’éducation et, surtout, pour son implication significative sur la question de la paix et du développement en Casamance ». Nouha Cissé, Professeur d’Histoire et de Géographie à la retraite, a été ex-proviseur du lycée Djignabo de Ziguinchor. Aujourd’hui, il fait office de médiateur à l’Université Assane Seck de Ziguinchor.

Mohamadou SAGNE

La Recording Academy a dévoilé la liste des artistes récompensés en 2018 pour l’ensemble de leur carrière, parmi lesquels la chanteuse soul américaine Tina Turner, le groupe de rock britannique Queen et l’auteur-compositeur américain Neil Diamond. Seront également honorés la chanteuse country Emmylou Harris, les Meters - pionniers du funk -, le jazzman Louis Jordan, actif entre les années 1930 et 1950, et le batteur Hal Blaine.

Les musiciens seront honorés lors d’une cérémonie spéciale des Grammy, prévue pour l’été, les détails devant être annoncés dans les semaines à venir. Le « Lifetime Achievement Award » célèbre les artistes ayant apporté une contribution impressionnante et artistiquement importante à la musique enregistrée. Ils seront honorés en même temps que les lauréats des Trustee Awards, qui récompensent les contributions dans d’autres domaines que la scène. Parmi les personnalités célébrées cette année, le compositeur John Williams, Seymour Stein et le légendaire promoteur de concerts Bill Graham.

Avant la présentation de tous ces prix, les Grammy Awards se seront tenus le 28 janvier, récompensant les meilleurs artistes musicaux de l’année.

(AFP)

La section Synpics de l’Agence de presse sénégalaise (Aps) vient d’annoncer la décision de ses agents d’observer un service minimum jusqu’au lundi 15 janvier. En même temps, elle a prévu la rédaction « d’une plateforme revendicative et un préavis de grève ».

La section Synpics de l’Agence de presse sénégalaise (Aps) a renoncé, hier, à son mouvement d’humeur (sit-in et point de presse), suite au rappel à Dieu du Khalife général des Mourides. Dans un communiqué, le secrétaire général de la section Synpics - Aps, Ahmadou Bamba Kassé, a annoncé que les actions syndicales prévues pour dénoncer la situation préoccupante de l’Agence sont reportées à une date ultérieure.  Toutefois, suite à une assemblée générale tenue dans les locaux de l’entreprise, les agents de l’Aps ont décidé, à partir d’hier, mercredi et ce jusqu’au  lundi 15 janvier, d’observer un service minimum avec une couverture minimale qui ne se rapportera qu’aux actualités liées au décès du Khalife général des Mourides et à la situation qui prévaut suite au massacre de Bofa à Ziguinchor. « Une tentative préalable de conciliation en application de l’article L 272 du Code du travail sera entreprise au niveau de la Direction générale du travail et de la sécurité », informe ce communiqué, ajoutant qu’une plateforme revendicative et un préavis de grève seront rédigés pour valoir ce que de droit.  Aussi, apprend-on de ce document, « la Section Synpics qui a reçu le soutien agissant du Bureau exécutif national du syndicat, appelle ses membres à un respect strict des décisions prises et les remercie pour leur forte mobilisation ». Il faut noter que l’Agence de presse sénégalaise vit une situation financière difficile. Cette entreprise d’Etat de service public de l’information traverse une crise de trésorerie quasi permanente ces dernières années. L’établissement souffre d’un déficit chiffré à plusieurs millions de FCfa, des problèmes de logistiques, une dette auprès des certaines structures publiques et privées ainsi que l’insuffisance des ressources humaines. La subvention annuelle de l’Etat est en deçà de la masse salariale de l’entreprise. Les besoins de l’Agence sont estimés à « 550 millions d’ici 2020 pour être en phase avec la modernité » et ainsi remplir pleinement sa mission de service public de l’information.

Ibrahima BA

Le département de Philosophie de l’université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad) a abrité, hier, un atelier sur l’esthétique de la parole. Abordant le thème, « De l’écrit à la parole : la revue de presse et les mécanismes du Ngëwele », les participants ont indiqué que les « Revueurs » de la presse en wolof cherchent souvent à choquer, à amplifier qu’à donner la bonne parole.

Le département de Philosophie de l’Ucad a lancé, ce mercredi, une série d’ateliers autour de thèmes sociaux destinés aux étudiants en Master 2, ouvert au public. Pour ce premier exercice, précédant d’autres prévus chaque premier mercredi du mois, l’esthétique de la parole a été à le thème choisi. Lors de cet atelier, la revue de presse en wolof a servi de cas d’école.

Abordant « La revue de presse wolof et le mécanisme du Ngëwele », le professeur Massamba Guèye a fait, avec l’assistance, un diagnostic sans complaisance de ce genre journalistique. Ce dernier qui a travaillé sur la revue de presse en wolof a indiqué que le métier de « Revueur » de la presse en wolof est spécifique car il s’agit de prendre un texte écrit en français et d’en faire une traduction orale dans une langue différente.

« C’est un travail complexe aussi car le journaliste doit choisir le texte écrit en français pour un auditoire wolof. Est-ce qu’il est préparé pour cela ? Est-ce que nos « Revueurs » de la presse sont des esthéticiens ? Le fait est là et nous devons l’analyser avec la distance scientifique », pose d’emblée le spécialiste de l’oralité. Pour M. Guèye, la revue de presse en wolof est devenue un exercice populaire et des journalistes ne sont recrutés que pour faire ce travail du fait de leur popularité. Compte tenu du fait qu’il y a des paroles constructives et des paroles destructives, Masssamba Guèye constate que souvent, les revues de presse en wolof sont commanditées car les « Revueurs » sont souvent obligés de commencer par le quotidien de leur groupe. Partageant un échantillon pour étayer ses propos, le conférencier indique que les acteurs de la revue de presse en wolof utilisent la parole pour exagérer un fait (xoromal en wolof). Citant nommément deux « Revueurs » de la presse en wolof parmi les radios les plus suivies de Dakar, M. Guèye estime qu’il y a aussi la pratique du détour (garuwalé) dans leurs revues. « Ils ne sont plus dans l’exercice de la fonction journalistique mais dans leur objectif de parole qui choque (Waax ju reey). Ils ont une caution financière parce que ce sont eux qui gagnent le marché de la publicité au Sénégal. Des autorités sont maintenant prêtes à payer pour être dans la revue de presse wolof », explique Massamba Guèye. Cependant, il laisse entendre qu’à la différence des autres animateurs qui font la revue de presse en wolof, El Hadj Assane Guéye de la Rfm sort du lot car il a su imposer sa parole posée et éthique, ce qui fait qu’il est choisi pour les publicités institutionnelles. Massamba Guèye se demande, après avoir étudié ce phénomène, si ses acteurs confondent l’éloquence qui est esthétique et la grandiloquence qui irrite et choque.
 
Sacralité de la parole  
Quant au comédien Lamine Ndiaye, il est d’avis que la parole esthétique fait partie de la comédie et est très importante dans nos habitudes et aptitudes.
Le conservateur des Archives, Pape Atoumane Ndiaye, insistant sur l’importance de la parole pour la société, affirme que dans nos sociétés orales, la parole est sacrée. « C’est dommage que ceux qui font la revue de presse en wolof ne soient pas passés par les écoles de formation. La parole est importante pour l’équilibre de la société car elle est source de conflit et de rapprochement », analyse le conservateur Pape Atoumane Ndiaye. Le représentant du recteur, le professeur Mbaye Thiam, saluant cette initiative du département de Philosophie, confirme qu’elle rentre dans la volonté de l’Ucad de s’ouvrir à la société et d’éviter que le débat à l’intérieur du campus ne soit l’apanage des universitaires. « Les universités fermées sur elles deviennent des ghettos et on ne veut pas que l’Ucad soit un ghetto », souligne-t-il. Par rapport au thème, le professeur Thiam confie que l’esthétique de la parole interroge sur la parole qui attire et qui rend service. Sur la revue de presse en wolof, le représentant du recteur demande d’approfondir la réflexion et de voir pourquoi de telles pratiques prospèrent au Sénégal.
A son avis, la parole « détruit » beaucoup dans notre pays parce qu’elle n’est pas étudiée de manière scientifique.

Oumar KANDE

 

Huit villes, dont Dakar, Saint-Louis, Ziguinchor, Thiès et Kaolack, vont abriter, à partir du 20 janvier et ce jusqu’au 11 février, la première édition du concours 100% humoristique, « Dakar lol ». A l’initiative d’une agence de communication et événementiel, l’évènement sera clôturé les 16 et 17 mars prochain lors d’une grande finale au Grand Théâtre national.

Dénicher des talents dans l’art de l’humour, tel est l’objectif de la première édition du concours humoristique « Dakar lol ». L’évènement, initié par une agence de communication et événementiel, va s’ouvrir dès le 20 janvier à Dakar, à travers une caravane qui fera le tour de 7 autres villes du pays, dont Kaolack, Thiès, Saint-Louis, Louga, Mbour et Kolda. Cette caravane, qui s’achèvera le 11 février à Ziguinchor, permettra de sélectionner le meilleur comédien dans chaque ville.

Ce faisant, le gagnant de chaque localité, a soutenu Aïssatou Kane, directrice générale de l’agence organisatrice, prendra part à la grande finale fixée les 16 et 17 mars au Grand Théâtre national.

Ce sera, a-t-elle ajouté, à l’occasion du Festival d’humour international « Dakar fait sa comedie » de Samba Kanté, fondateur de Samba Show. Lequel est l’un des partenaires majeurs de ce festival.

Il s’agit donc pour les huit finalistes de faire preuve de leur talent devant la prestation de leurs collègues binationaux. Pour leur permettre de mieux se préparer, ces finalistes, a expliqué Mme Kane, se retrouveront à Dakar, 10 jours avant le grand spectacle. Ils seront encadrés en cela par des professionnels afin de mieux parfaire leur prestation. Les initiateurs de « Dakar lol », qui comptent sur l’appui des partenaires, souhaitent bien réussir leur premier coup d’essai. L’objectif à long terme est de pérenniser l’évènement et ainsi l’inscrire dans l’agenda culturel national.

Le ministère de la Culture, qui soutient la manifestation, entend faire contribuer les Centres culturels régionaux, en mettant à la disposition des organisateurs « toute la logistique nécessaire ».

Pour Cheikh Tidiane Diallo, coordonnateur des Centres culturels régionaux, il sera demandé aux agents régionaux du ministère de contribuer à la promotion de l’évènement.

Ibrahima BA


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