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Culture (2401)

Le nouveau rapport 2018, qui dresse chaque année le classement mondial de la liberté de la presse publié hier par l’Ong « Reporter sans frontières » (Rsf), classe le Sénégal 7e rang africain sur 54 pays du continent et au 50ème rang contre 58ème l’an dernier sur 180 pays évalués,  soit un gain de huit places, rapporte le site de l’organisation non gouvernementale de défense des droits des journalistes.

Au plan africain, le dernier rapport sur la liberté de la presse de Reporters sans frontières (Rsf), publié hier, classe le Sénégal à la 7e place. Il est devancé par le Ghana, 23ème au classement mondial, mais aussi la Namibie (26ème), l’Afrique du Sud (28ème), le Cap-Vert (29ème), le Burkina Faso (41ème) et le Botswana (48ème). Au niveau mondial, le Sénégal a vu la situation du journalisme s’améliorer davantage. En effet, le pays a gagné huit places au nouveau classement de Rsf, passant du 58ème au 50ème rang sur 180 pays  entre 2017 et 2018. Le classement mondial de la liberté de la presse qui évalue, chaque année, la situation du journalisme dans 180 pays, renseigne que « de plus en plus de chefs d’Etat démocratiquement élus voient la presse non plus comme un fondement essentiel de la démocratie, mais comme un adversaire pour lequel ils affichent ouvertement leur aversion ». Le rapport fait état d’un « climat de haine de plus en plus marqué » contre les journalistes. En effet, le classement révèle un accroissement du climat et des sentiments de haine envers les journalistes, qui se développe dans les démocraties. La carte s’est encore un peu plus assombrie en 2017 avec un bilan peu reluisant. C’est pourquoi l’Ong s’est inquiétée du niveau record des discours haineux enregistré avec 21 pays qui ont été placés en situation « très grave ».

En ce qui concerne l’Afrique, le continent peut se prévaloir d’un score « légèrement amélioré » en 2018 en comparaison de 2017, mais le continent africain reste marqué par « des situations très variées », selon Reporters sans frontières. Selon Reporters sans frontières, « la fréquence des coupures Internet, notamment au Cameroun (129e) ou en Rdc (154e), qui s’ajoute aux fréquentes agressions et arrestations, révèle de nouvelles formes de censure dans la région ».

Mamadou Lamine DIEYE

 

Dans le cadre de la 13ème édition de la Biennale de l’art africain contemporain (Dak’Art), l’Institut français de Dakar compte présenter une programmation riche et diversifiée à partir du 3 mai prochain. Avec des expositions en « In » et « Off », il offrira aussi d’autres activités parallèles dont une programmation de cinéma spéciale biennale, du design à travers l’organisation d’un atelier sous la houlette de Keur design.

Partenaires classiques de la Biennale de l’art africain contemporain de Dakar, l’Institut français et l’ambassade de France au Sénégal s’associent, cette année encore, pour accompagner cet évènement phare du continent dédié aux arts visuels. Pour cette édition 2018, une programmation large et diversifiée a été élaborée pour contribuer à la réussite de ce grand rendez-vous de la créativité africaine. A Dakar et sa banlieue comme dans certaines régions dont Kaolack et  Ziguinchor, de nombreuses activités sont prévues pour rythmer le Dak’Art. Déjà dès le 3 mai, jour de l’ouverture officielle de la Biennale, la galerie Le Manège, dans le cadre du « In », va dérouler le tapis rouge  à l’artiste camerounais Pascale Martine Tayou pour son projet « Bois céleste ». Lequel est une installation faisant écho au thème de cette 13ème  édition de la Biennale de l’art africain contemporain : « L’heure rouge ».  

Ainsi, avec ses 12 étudiants de l’Ecole des Beaux-arts de Paris associés à ceux de l’Ecole des Arts de Dakar, ils mèneront des expériences artistiques autour de l’installation. Dans le même temps, explique Delphine Calmettes, responsable de la galerie Le Manège, un restaurant éphémère sera installé dans la cour avec la complicité de Fati Niang, qui y garera son food-truck dénommé « Black spoon ». Il s’agit d’une façon de faire découvrir « aux Biennalistes les saveurs subtiles de la gastronomie africaine », notamment celle sénégalaise.  

Aussi, une « Box vidéo » va offrir l’opportunité de voir des films d’artistes en boucle dans les jardins de l’Institut « tandis que la 43ème nuit du cinéma fera son grand retour au restaurant le Bideew ». A cela, s’ajoutent les projections du « In » avec le collectif « Zam Zam » et « Les larmes miraculeuses » de Jean Pierre Békolo. Non sans oublier, comme l’a rappelé Mme Calmettes, le projet « Ex libris Artis », lequel constitue « un grand fond documentaire en libre accès sur les arts visuels constitué grâce aux contributions des artistes de la Biennale ». Une restitution des ateliers Keur Design menés en partenariat avec le Goethe-Institut va rythmer également l’évènement.

Dans le cadre de la programmation « Off », l’Alliance française de Ziguinchor va accueillir une exposition collective regroupant des artistes du Sénégal, de la Gambie, de la Guinée Bissau, du Cameroun,… A Kaolack, l’artiste Ibrahima Diokhané proposera une exposition de peinture. S’y ajoute une exposition collective de Khalifa Dieng, Ousmane Ndiaye Dago et  Ibrahima Kébé.  Enfin, à Saint-Louis, à la Galerie du fleuve de l’Institut français, « Le pavillon de l’exil », qui est une exposition nomade, dévoilera une quarantaine d’œuvres autour de la thématique de l’exil, de la situation des exilés, des diasporas… L’autre activité phare des « Off » sera le vernissage de l’exposition collective « La Cloche des fourmis » du laboratoire « Agit’Art », le 4 mai prochain.

Pour l’ambassadeur de France au Sénégal, Christophe Bigot, le Dak’Art est un « évènement essentiel » et c’est pourquoi il est « important » de l’accompagner. Une trentaine d’inspecteurs du ministère de la Culture française sont attendus à Dakar durant la biennale.

Ibrahima BA

 

Le président de l’association Saint-Louis/Jazz, Me Ibrahima Diop, a fait savoir que tout est prêt pour que cette présente édition soit réussie. Les responsables ont fait savoir que la ville de Saint-Louis est déjà parée pour vibrer avec Paco Sery, Stanley Jordan et autres artistes de talent. Une belle frénésie s’annonce en ville, avec l’ouverture du festival international de Jazz de Saint-Louis, pour ce soir jusqu’au mardi prochain. Estrades, podiums et autres sont en train d’être installés, pour la tenue d’une série de concerts. De l’avis de Me Ibrahima Diop, président de l’association Saint-Louis/Jazz, « toutes les dispositions ont été prises, afin que les festivités se déroulent convenablement, et que la ville accueille ses hôtes comme il se doit ». Cette année, la particularité de ce festival est qu’il a comme parrain le Prince Albert II de Monaco et va enregistrer la présence de jazzmen de talent, comme Etienne Mbappé, Dhafer Youssef, Didier Lockwood, Rodha Scott, Nicolas Former, entre autres. Aussi, l’Orchestra Aragon est attendu, pour son retour à Saint-Louis, de même qu’Hervé Samb, Julia Sarr, Hawa Ly, entre autres.

A. M. NDAW

 

L’an dernier, à pareils moments, le binôme Ablaye Cissoko, koriste, et Habib Faye, guitariste, préparait son concert sous le vocable « Autour de Minuit ». Cette rencontre artistique, initiée par les deux instrumentistes de talent, devait permettre aux différents musiciens qui se sont succédé sur le «  In » du festival international de Jazz de Saint-Louis de se retrouver à l’Institut français pour un dialogue si mélodieux.

C’est pourquoi avec la disparition de Habib Faye, le koriste Ablaye Cissoko s’est dit attristé par cette perte. « Habib était un homme multidimensionnel en tant que musicien : guitariste talentueux, arrangeur, bref un artiste complet à qui nous devons beaucoup... énormément », a souligné Ablaye Cissoko. Avant de poursuivre, « comme vous le savez, nous avons l’année dernière effectué une grande tournée ensemble au Sénégal, en Afrique et en Europe, après la production d’un Ep qui annonçait la sortie d’un album prochainement. Nous devions, dans les prochaines semaines, repartir en tournée ».
L’artiste saint-louisien dit retenir de Habib Faye « sa large contribution à préserver les acquis de la musique sénégalaise ».

A. M. NDAW

Hommage

«Une des figures de proue de notre musique»

 C’est avec une grande tristesse et une profonde consternation que j’ai appris, ce mercredi 25 avril 2018 à Paris, le rappel à Dieu de notre compatriote Habib Faye, une des figures de proue de la musique sénégalaise.
Le Sénégal perd un grand artiste au talent pur qui a marqué de son empreinte la production musicale du Sénégal. Artiste multi-instrumentiste, compositeur doué et arrangeur ingénieux, Habib Faye servi par un génie créatif inépuisable, a beaucoup apporté à la réalisation d’albums de différentes générations d’artistes-musiciens au Sénégal et en Afrique.  Abreuvé depuis son jeune âge aux sources d’un foyer que Dieu a nanti d’instrumentistes doués, Habib Faye était depuis longtemps entré dans la légende artistique sénégalaise en  étant une locomotive du Super Etoile, formation contribuant avec brio à l’expression internationale de notre patrimoine musical.
En cette circonstance douloureuse, j’exprime, au nom du Président de la République, Son Excellence, Monsieur Macky SALL, du Gouvernement du Sénégal et en celui de la communauté artistique et culturelle, mes condoléances sincères à la famille éplorée et au peuple sénégalais.

Abdou Latif COULIBALY
          

Ministre de la Culture

 

« Je n’ai pas été à l’école de la musique, mais Jaco Pastorius l’a été. Je l’ai écouté et copié pour avoir un certain niveau… ». C’est ainsi que répondait Habib Faye dans une interview accordée au «Soleil», en mai 2016, lors d’un spectacle « Off » du Festival international de jazz de Saint-Louis. Ce grand raout de la musique sénégalaise, africaine et mondiale s’ouvre d’ailleurs cet après-midi, sur la Place publique de Ndar, où depuis quelques années, celui qui se définissait comme un bassiste, musicien autodidacte, avait rejoint le joueur de kora mandingue, Ablaye Cissoko, dans son concept « Autour de Minuit », développé en spectacle « Off » du festival de Jazz de la ville. Cette année, ce sera sans Habib Faye, décédé hier des suites d’une maladie, à Paris, en France.

Ces derniers mois, rejoint par le fameux batteur d’origine sénégalaise Moctar Samba et Ablaye Cissoko, Habib Faye préparait un album de jazz fusion dont la sortie était annoncée cette année. En novembre dernier, lors d’une rencontre de conseillers culturels à la Résidence de l’ambassadeur de France à Dakar, Habib Faye confiait à ce propos à notre confrère du «Soleil», sur les thématiques de cet album fusion en gestation : « En général, on développe l’amour qui est quelque chose qui compte pour nous Africains. C’est l’amour entre l’homme et la femme, l’amour entre les gens, l’amitié qu’ils ont et qu’ils poursuivent. On y a parlé des choses de la vie ; quelques anecdotes qu’on raconte dans les chansons, des choses qui nous sont arrivées. On a essayé, plus ou moins, de toucher à toutes les thématiques qui peuvent intéresser les gens, en général ».

De l’amitié, Habib en avait avec les musiciens sénégalais, et hier, à l’annonce de sa disparition, plusieurs d’entre eux ont témoigné de la joie de vivre distillée par le « maestro » Faye dans les studios d’enregistrement et lors des rencontres entre artistes. Sa guitare et son génie d’arrangeur a rejailli sur plusieurs albums de chanteurs sénégalais, en passant par Youssou Ndour, Daara J, Ndongo Lô…

Chef d’orchestre
Natif de Dakar en 1965, d’une fratrie d’artistes, dont feu Adama Faye, arrangeur légendaire, Lamine Faye guitariste réputé, ancien membre du Super Diamono et fondateur du « Lemzo Diamono », Vieux Mac Faye, jazzman de renom, Moustapha Faye…, Habib a intégré au milieu des années 1980 le Super Etoile de Dakar fondé par la star sénégalaise Youssou Ndour. Depuis cette date, jusqu’à leur éloignement musical en 2012, à la suite de la nomination de ce dernier comme ministre dans le gouvernement, Habib Faye a joué avec brio le rôle de chef d’orchestre du Super Etoile. Le récent concert « Grand Bal » de Paris-Bercy les a rapprochés au bonheur de leurs fans. Et les membres du Super Etoile ont annulé, hier, un voyage sur Kigali, au Rwanda, où ils devaient honorer un engagement.

Comme son acolyte guitariste Mamadou « Jimmy » Mbaye, Habib menait également une carrière solo en jazz, parallèlement à sa carrière professionnelle dans l’un des plus célèbres orchestres sénégalais. Habib Faye a laissé éclore son amour pour la musique jazz dans quelques disques en solo, dont l’album « H2O ». Et dans le cadre du projet « Colanote », avec Ablaye Cissoko et Moctar Samba, il préparait cet album fusion attendu par les mélomanes férus de jazz.  
A la question de comment se porte votre carrière, Habib répondait ce jour de novembre : « Très bien. Je rends grâce à Dieu. On fait notre bonhomme de chemin, en essayant d’élaborer des projets, de jouer dans ce qu’on aime faire. On a donc beaucoup de projets… ».
A 53 ans, Habib Faye laisse sa touche musicale sur des œuvres inoubliables dans le patrimoine musical national. Son inhumation est annoncée demain, vendredi, à Dakar. Adieu l’artiste !

Omar DIOUF

...Les artistes sénégalais attristés

Paris - C’est une triste nouvelle. Habib Faye le célèbre bassiste du Super Étoile de Dakar n’est plus. L’artiste s’est éteint, hier à Paris, des suites d’une courte maladie qui a été plus forte que son envie de vivre et son enthousiasme débordant.

Les témoignages sont unanimes sur le bassiste qui faisait la fierté de toute l’industrie culturelle sénégalaise et africaine en général. Habib Faye était un homme généreux, courtois, plaisant, très positif dans ses pensées et ses actes. D’ailleurs, pouvait-il en être autrement d’un aussi grand artiste. A Paris, les artistes ont tous salué la mémoire d’un pilier du Super Étoile de Dakar qui a su également contribuer pour beaucoup à l’évolution et à la modernisation de la musique sénégalaise. Des années 1980 à nos jours, Habib Faye a accompagné et contribué au rayonnement de plusieurs générations de musiciens et de chanteurs.

De Kiné Lam à Waly Seck en passant par le Lemzo Diamono, le groupe Ceddo et tant d’autres groupes de rap et de jazz sénégalais, africains, européens et même américains, Habib Faye a définitivement marqué de son empreinte la musique du monde. Avec Mbaye Dièye Faye, Jimmy Mbaye, Issa Cissokho, Thierno Kouyaté, ils ont fait les beaux jours du Super Étoile aux côtés de Youssou Ndour dont les grandes qualités de chanteur leader ont su être mises en valeur au toit du showbiz mondial par ces orfèvres du tempo et des sonorités en tous genres.
« Habib Faye a beaucoup contribué à mon initiation musicale. J’étais jeune guitariste débutant quand je l’ai rencontré pour la première fois au studio « Xippi », pendant l’enregistrement du premier album du groupe Ceddo », affirme Ilon

Bâ, guitariste sénégalais vivant en France. Le chanteur Woz Kaly regrette, quant à lui, que le projet musical qu’il avait avec Habib Faye ne verra hélas jamais le jour. « C’était un musicien plein de talent que je respectais beaucoup, notamment pour sa générosité et sa grandeur artistique. C’est une énorme perte, pas seulement pour le Sénégal, mais pour l’Afrique également et surtout pour mon aîné Youssou Ndour, pour qui j’ai une forte pensée affectueuse en ces moments », dixit Woz Kaly.

Bassiste comme le défunt Habib Faye, Alioune Wade alias « Marcus » est lui aussi fortement attristé par le décès d’une de ses idoles. « J’étais adolescent quand j’ai découvert le talent d’Habib Faye en traçant la musique de Youssou Ndour du haut de mes 13 ans d’âge. Sans même savoir que je deviendrai un jour bassiste professionnel, je m’amusais à imiter ses lignes de basse en usant des bâtons de balai de ma mère. Mon père est pourtant un musicien très connu au Sénégal, mais c’est Habib et son frère Lamine qui m’ont conforté dans mon envie de faire carrière dans la musique et de devenir bassiste », a témoigné le jeune musicien qui vient de sortir, il y a quelques semaines, son deuxième album international.

Ousmane Wade, claviste de renom qui a fait les beaux jours du Super Diamono de Dakar avec Oumar Pène et a longtemps accompagné Ismael Lô et son groupe au firmament de son art, retient de Habib Faye, outre sa grandeur artistique, un bon musulman et fervent talibé  mouride.
La levée du corps du musicien aura lieu à 10h, ce matin à la clinique de L’Estrée, à Stain, en proche banlieue parisienne, en présence des autorités diplomatiques accréditées en France et de la grande famille des artistes sénégalais.

Ousmane Noël MBAYE

 

Le journaliste et écrivain, Pape Samba Kane, vient de publier son nouveau livre, sorti simultanément en France et au Sénégal en fin mars, « A tire d’elles », un recueil de poésies édité par Les Éditions Lettres de Renaissances.
La cérémonie de présentation de l’œuvre est prévue ce samedi 28 avril, à la Maison de la presse, à Dakar. Ce recueil de Pape Samba Kane, entraînant « sur les rites poétiques de la passion amoureuse », est préfacé par la spécialiste de la littérature africaine d’expression française, Lilyan Kesteloot, chercheur à l’Ifan-Ucad, récemment décédée à Paris. L’auteur Pape Samba Kane compte d’ailleurs « profiter d’une belle cérémonie de présentation, le 28 avril, pour rassembler des universitaires spécialistes comme elle, qui la connaissent bien, pour lui rendre un hommage à la mesure de son investissement personnel dans mon travail ». Pape Samba Kane, journaliste, essayiste et romancier, a publié en 2015 le roman intitulé « Sabarou Jinné : les tam-tams du diable ». Il est l’auteur de plusieurs écrits journalistiques et des portraits politiques satiriques avant de se consacrer à la fiction.

La 7ème édition de la Journée internationale des filles dans les Technologies de l’information et de la communication se tient demain. Pour cette année, il a été retenu comme thème « L’accès des jeunes et des femmes au secteur des Tic : unité nationale pour la diversification de l’économie et la création d’emploi pour un développement durable ».

Le ministère des Postes et Télécommunications célèbre, ce jeudi 26 avril, la Journée internationale des filles dans les Tic, pour inciter et encourager davantage les filles à choisir les filières Tic. En prélude à cet évènement initié en 2012, la conseillère technique en Genre du ministère des Postes et Télécommunications, Bitilokho Ndiaye, a échangé, lundi, avec la presse sur le thème de la journée et les activités organisées à cette occasion. Selon Mme Ndiaye, la thématique de cette année porte sur « L’accès des jeunes et des femmes au secteur des Tic : unité nationale pour la diversification de l’économie et la création d’emploi pour un développement durable ». A l’en croire, ils ont retenu ce thème suite à la décision du président de la République de décréter l’année 2018 comme année sociale consacrée aux jeunes et aux femmes.
« Nous voulons vraiment mettre l’accent sur la création d’emploi, l’innovation technologique, l’entreprenariat et  l’appropriation du numérique par toutes les franges de la population, notamment les femmes », a-t-elle indiqué.

S’exprimant sur les activités qui vont marquer cette journée des filles dans les Tic, Bithiloko Ndiaye fait savoir qu’il y aura une vingtaine de manifestations organisées par leurs différents partenaires aussi bien à Dakar que dans 10 départements du Sénégal, en particulier dans les Universités et les lycées. Il s’agit, entre autres, des portes ouvertes de la Direction du traitement automatique de l’information (Dtai) du ministère de l’Economie, des Finances et du Plan, celles de l’Adie, de Neurotech, du programme de mentorat dénommé en wolof « Goungué Ba Tekki » qui sera mis en place. Sans compter les autres activités dans les régions universitaires, à Kolda, Podor et Tambacounda avec le Réseau des femmes enseignantes pour l’équité et l’égalité du genre qui organise, au mois de mai, une journée de sensibilisation à l’endroit des femmes enseignantes et des jeunes filles dans la filière des sciences de la région pour qu’elles puissent intégrer et s’engager dans le domaine des Tic.

Quant à la cérémonie officielle de la Journée  internationale des filles dans les Tic, elle aura lieu demain, et plusieurs thématiques y seront abordées, notamment la formation. « Il y aura deux grandes sessions. L’une sur le leadership transformationnel et l’autre session portera sur l’appropriation du numérique  par les femmes. Et ce sera l’occasion, pour restituer tous les travaux faits au niveau des Nations unies sur cette thématique pour s’en inspirer et mieux affiner nos stratégies », a informé Bitilokho Ndiaye.

Maguette Guèye DIEDHIOU

 

 

On connaissait l’activiste des droits de l’enfant qui a passé une bonne partie de sa carrière à Enda Tiers Monde. Avec « L’arbre à musique » (éditions Amalion, 110 pages), on découvre le poète « charmeur » de serpents.

Né à Paris, d’origine italienne, ayant étudié à Genève, avant de débarquer au Sénégal au début des années 1980, Fabrizio Terenzio est un personnage multiple. Mais quand on lui demande laquelle de ces identités l’emporte, il exhibe fièrement sa carte d’identité sénégalaise. « Celle-là », dit-il, dans un large sourire. Un geste qui, plus que les mots, montre son attachement à son pays adoptif, son « village », comme il le dit. En écrivant ce livre, il a donc voulu « restituer » à ces Sénégalais tout un ensemble d’affection, de tolérance, de choses qu’ils lui ont offertes : les discussions tardives autour d’un thé, les émotions, en un mot la « téranga ». « Ce livre, c’est la découverte du Sénégal et des Sénégalais avec qui j’ai vécu depuis mon arrivée en 1980 », dit-il. Un message d’adieu à tout ce monde ? « Non, c’est un Bonjour », clame Fabrizio Terenzio, qui entend passer sa retraite entre Gorée et la Casamance, deux sociétés dans lesquelles il est « bien intégré ». L’autre message s’adresse au monde, à ceux qui visitent ce pays, pour les aider à saisir son charme.

Dans la forme, « L’arbre à musique » est un roman composé de pastiches – les différentes parties pouvant se lire séparément – de rencontres de tous les types dans un petit village de pêcheurs translucides sous le soleil au cœur d’une grande ville, un chef-lieu enclavé, des bolongs lagunaires, un village devenu périphérie d’une capitale. Les voyages et la trompette du narrateur conduisent le lecteur à de multiples rencontres réelles ou imaginaires : des fleurs, des fées, des serpents… Comme devant un tableau impressionniste, les images et les couleurs se mêlent et se succèdent, dans un étrange mélange de visions nocturnes et de rêves diurnes : le vieux pêcheur amoureux, l’autre agonisant, la reine et son chevalier preux, le président et plein d’autres personnages éphémères.

Dans un style poétique, Fabrizio Terenzio plonge son lecteur dans certains univers dont lui seul, a le secret. A l’image de Kwotu, « un lieu malfamé et craint par les imbéciles épouvantés par le fantasme d’un féroce concubinage entre brigands et esprits du mal » et son crépuscule magique. « Jamais hors de Kwotu, tu ne pourras assister, muet et immobile, à une fête si grande comme en cet instant-là, où tu trouveras le droit et l’envie de t’envoler, de chanter la vie et de marquer le crépuscule, à la frontière entre le jour et la nuit ». C’est aussi des histoires d’amour tragiques et déchirantes. Comme ce vieux pêcheur qui « revenait bredouille de sa montée quotidienne au règne de Chica’O, laissant se dandiner au rythme de ses pas, son panier bleu et vide » à la recherche de sa bienaimée. En définitive, ce livre qu’il a commencé à écrire à l’âge de 27 ans, nous révèle des facettes méconnues de l’auteur. Avant l’activiste des droits de l’enfant, il y a eu le charmeur de serpents ! Finalement, Fabrizio Terenzio est un personnage pas loin de ses créations. De celles-ci, on apprend énormément sur lui.

Seydou KA

 

La formation sur l’art du reportage organisée par la Fondation Friedrich  Naumann pour la liberté a permis à une dizaine de journalistes des pays francophones de revoir certaines de leurs certitudes sur ce genre noble du journalisme.

L’art du reportage est mis en scène dans une salle parée d’œuvres d’art d’un hôtel de Berlin, au centre-ville. Les dix journalistes francophones de l’Afrique de l’Ouest avaient, en face, un maître qui n’a fait que ce genre durant une vingtaine d’années de carrière. C’est sa tasse de thé préférée. Il n’a pas choisi la facilité. Le reportage, c’est le genre le plus difficile en journalisme. Le défi, d’un journaliste qui fait le reportage, c’est de maintenir le suspense de l’attaque à la chute. Comment amener le lecteur à vous suivre ? Comment le transporter dans un monde étranger ou éloigné ? Comment le faire vivre un événement proche ou éloigné ?

Le journaliste doit savoir utiliser des figures de style, réussir les descriptions en allant dans les détails intéressants. L’auteur doit éveiller tous ses sens pour capter l’attention de ses lecteurs, de ses téléspectateurs et des auditeurs. « Souvent, les journalistes mettent l’accent sur la description, mais pour faire vivre le public, il ne faut pas négliger l’odorat, l’ouïe, le toucher... », rappelle Michael Obert. La construction de la trame du reportage, la hiérarchisation des éléments, leur enchaînement sont déterminants pour réussir la rédaction d’un article du genre noble.

Ce n’est pas donné à tout le monde « de faire de la bonne cuisine » en ayant dans les mains, tous les ingrédients. « Le reportage est une forme artistique du journalisme », a glissé Michael Obert. Le mot est lâché. Il résume tout, la complexité, l’exigence, l’emploi du mot juste... Quels sont les temps indiqués pour ce genre journalistique ? Le présent, le passé composé, le futur. Aussi, il ne faut pas déroger à des principes de base. A l’analyse des reportages publiés dans les journaux occidentaux et dans des médias d’Afrique, le commentaire prend de plus en plus de place dans des sujets de reportage.

Pas de place pour les commentaires
« Le commentaire ne doit pas tuer l’âme du reportage. Nous voyons souvent un mélange de style de reportage et de commentaire dans le même papier », note Michael Obert. L’auteur est invité à cacher son opinion et à mettre l’accent sur la description, la présentation de la problématique sans prendre position.
« Le reportage est un trésor qu’il faut offrir au public. Il permet d’éveiller les émotions du public, de faire bouger des lignes et de déclencher des actions politiques », narre l’affectionné de ce genre. Malheureusement, les reportages perdent de l’espace dans les journaux, et du temps dans des radios et des télévisions. Les raisons sont multiples. Certains responsables des médias opposent la publication d’un reportage à la longueur du texte. D’autres se posent la question : Est-ce que les gens vont lire tout le texte ? « Contrairement aux idées rapportant que les gens ne lisent plus les textes longs, des études ont montré qu’au cours de ces trois dernières années, qu’il y a un besoin des textes longs chez les lecteurs », rapporte Michael Obert.

L’autre question abordée, c’est comment adapter les textes longs des reportages au support numérique ? Certains bénéficiaires de la formation croient qu’il est bien possible de rédiger un reportage court. D’autres ont suggéré le recours aux illustrations pour capter l’attention du lecteur. Du reste, la Fondation Friedrich Naumann pour la Liberté cherche à inciter des journalistes à recourir à ce genre de plus en plus délaissé dans une optique de mieux défendre les valeurs qui font toute société démocratique. « Nous nous sommes rendu compte que le reportage est un genre difficile qui n’est pas beaucoup enseigné dans des écoles de formation. C’est ce qui justifie cette formation. En plus, cela cadre avec notre esprit de défendre les valeurs de la démocratie ; un de ses principes de base, c’est la liberté de la presse », explique la responsable du Programme international de médias et dialogue à la Fondation Friedrich Naumann, Andréa Nuesse, basée à Berlin.


De notre envoyé spécial à Berlin, Idrissa SANE

 

L’édition 2018 du Festival international de jazz de Saint-Louis se déroulera du 26 avril au 1er mai 2018. Un budget de 270 millions FCfa est prévu.
 « On espère boucler ce budget, comme à l’accoutumée. Le chef de l’Etat a apporté sa contribution financière. Le ministère de la Culture a prévu également de contribuer financièrement à l’organisation de cette 26ème édition. Le maire a convoqué les responsables et membres de l’association Saint-Louis/Jazz à une réunion et un Crd spécial, consacré à l’édition de cette année, sera présidé par le gouverneur Alioune Aïdara Niang », a dit, hier, le président de l’association Saint-Louis/Jazz, Me Ibrahima Diop. Il a tenu à remercier vivement le président du Cnoss, Diagna Ndiaye, qui, à lui seul, a fait lever des fonds pour le festival. « Aujourd’hui, pour cette présente édition, 50% des avances des artistes sont payés à hauteur de 60 millions FCfa », a souligné Me Ibrahima Diop. Pour ce qui est du plateau artistique, cette édition n’a pas de tête d’affiche, « les jazzmen qui se produiront sur la Place Faidherbe sont tous des têtes d’affiche. Ils viendront des Etats-Unis, des pays d’Europe, d’Afrique, etc. ». Parlant de cette programmation artistique, il a rappelé que l’ouverture sera sénégalaise avec la prestation du percussionniste de « Tama » Assane Thiam et ses 50 joueurs de « Tama », qui sera suivie de celle d’un grand orchestre du Grand-Duché de Luxembourg.

L’orchestra Aragon de Cuba se produira sur la scène du « In » avant la clôture de ce festival par le talentueux guitariste franco-sénégalais, Hervé Samb. Pour Me Diop, ce festival est un levier économique fort pour le Sénégal, et « de nombreux acteurs culturels se bousculeront encore au portillon pour s’inspirer de l’expérience enrichissante et fructueuse de Saint-Louis/Jazz ».

Mbagnick Kharachi DIAGNE

 

Makram Mohamed Ahmed, président du Conseil suprême pour l’organisation des médias en Egypte, a exhorté les jeunes cadres journalistes africains à unifier leurs plumes, pour changer l’image de l’Afrique. Il s’exprimait samedi, à l’ouverture de la 51ème session de formation réservée aux jeunes cadres journalistes africains, au Caire.

L’écrivain Makram Mohamed Ahmed, président du Conseil suprême pour l’organisation des médias en Egypte, a souligné l’importance, pour les journalistes, de jouer le rôle qui leur permettrait de « corriger l’image » sapée de l’Afrique. C’était samedi 21 avril, à l’ouverture de la 51ème session de formation réservée aux jeunes journalistes africains, au siège de la radio et de la télévision égyptienne.

D’après l’écrivain, les hommes de médias doivent « unifier leurs plumes » dans ce sens, afin aussi, d’élever le niveau des jeunes.
« Nous cherchons une coopération qui doit être traduite en collaboration. J’espère que le stage sera bénéfique à tous les participants. Dans les années à venir, nous aurons des programmes plus efficaces », a dit Makram Mohamed Ahmed, qui plaide pour des « relations » solides et non de « circonstance ».

Aussi, a-t-il demandé aux journalistes d’être plus assidus, d’avoir davantage d’éthique et d’évaluer le déroulement du stage.
Saluant la prise de conscience des journalistes, le président Makram Mohamed Ahmed souhaite que cette 51ème session de formation des jeunes cadres journalistes africains soit un début et non la fin d’une collaboration. Quant à l’ambassadeur Ahmed Haggag, conseiller de l’Union des journalistes africains (Uja), il s’est félicité de la tenue de cette session de formation depuis 1977, malgré les problèmes d’ordre financier. « Je pense que vous allez informer de ce que nous avons réalisé, car vous êtes les ambassadeurs de vos pays », a dit M. Haggag.

Shu’aibu Usman Leman, secrétaire national de l’Union des journalistes du Nigeria, a magnifié les efforts de l’Egypte dont le niveau de civilisation est connu partout, car ce pays est considéré comme le berceau de l’humanité ; et c’est aux journalistes de tirer le maximum de profit durant ce stage. A l’en croire, cette session de formation est un moment pour établir un réseau de contact.
La 51ème session de formation des jeunes cadres journalistes africains, organisée par l’Union des journalistes africains (Uja) et le Conseil suprême pour l’organisation des médias en Egypte, prendra fin jeudi 10 mai.

Serigne Mansour Sy CISSE (envoyé spécial au Caire)

 

Le Club japonais de l’Institut supérieur de management (Ism - Nihongo Club) a célébré la culture nippone, samedi à Dakar. Les étudiants ont revisité plusieurs facettes de la culture japonaise, pour créer un pont culturel entre le Sénégal et ce pays asiatique.

Ce samedi, le Club japonais de l’Institut supérieur de management (Ism - Nihongo Club), a tenu samedi, en collaboration avec plusieurs volontaires japonais au Sénégal, le festival du Japon. Cette rencontre qui s’est déroulée autour du thème « Les bonheurs du printemps », a été une occasion de découvrir la culture japonaise sous toutes ses formes et de faire la promotion d’un échange culturel entre l’Afrique et le pays du Soleil levant. Les différentes troupes du club japonais de l’Ism, encadrées par des volontaires japonais, ont procédé à des prestations culturelles (chansons et danses), à plusieurs jeux d’origine nipponne après avoir fait des présentations sur la musique, l’art, l’histoire et les sports pratiqués dans ce pays.

Les jeunes apprenants de la langue japonaise ont découvert ainsi la richesse culturelle du Japon en s’essayant à la calligraphie de ce pays, à l’origami ou l’art de plier du papier, au Yakhuta, au Kiz manga, à l’art floral, au kendo, un art martial japonais. Il y a eu dans ce cadre la dégustation de plats japonais, en plus d’une cérémonie du thé japonais qui est tout un art dans sa préparation, avec les concepts « d’harmonie, de respect et de tranquillité qui sont au cœur de cette cérémonie du thé » presque mystique pour les Japonais.
La présidente du Club japonais de l’Ism, Jessica Aboki, a confié à l’assistance que la préparation de cette journée a nécessité une grande préparation de l’ensemble des membres avec l’assistance de leur enseignante de langue japonaise.

Ce festival du Japon à l’Ism est organisé 10 ans après la création de l’African - Asia-Institut avec comme première langue enseignée dans cette structure, le japonais. C’est ainsi que la conseillère de l’ambassade du Japon au Sénégal, Keiko Egusa, a indiqué que cette journée est « symbolique ». Mme Egusa a remercié les responsables de l’Ism pour avoir permis « aux pionniers de l’enseignement de la langue japonaise au Sénégal d’avoir l’opportunité de faire la promotion de notre langue ».

Pont culturel
 « En 2008, le Centre Afrique-Asie a été créé et la première langue asiatique qui y fut enseignée est le japonais. Je félicite et encourage tous les étudiants qui s’évertuent, chaque jour, à maîtriser la langue japonaise. La langue est une véritable clé pour comprendre la culture et la société dans son originalité et sa diversité. La connaissance de la langue fait tomber les barrières des frontières et constitue une excellente occasion de s’ouvrir les uns aux autres », a confié la conseillère de l’ambassade du Japon.

Même avis chez le Premier adjoint au représentant-résident de l’Agence japonaise de coopération internationale (Jica), Odawara Kosukei, qui salue l’engagement des volontaires japonais au Sénégal et de l’enseignante de cette langue dans le pays, Mme Otsuka.

Pour elle, l’enseignement de la langue japonaise, au-delà des aspects linguistiques, est un tremplin vers la culture japonaise, ce qui va créer un brassage entre les peuples sénégalais, africain en général, et le Japon. Le représentant-résident de la Jica au Sénégal encourage les étudiants ayant choisi cette langue à poursuivre leurs efforts « afin de construire un pont culturel solide entre l’Afrique et le Japon ».
Le représentant du directeur de l’Ism, Abdoulaye Biaye, a salué cette innovation des élèves tout en remerciant l’ambassade du Japon et la Jica pour sa collaboration. Pour lui, le modèle culturelle du Japon est un exemple pour des pays comme le Sénégal, car il fait la promotion de la rigueur au travail et de l’éthique.

Oumar KANDE

 

Le Sénégal mise sur les Technologies de l’information et de la communication pour développer son économie. Où en êtes-vous avec le Parc des Tic prévu à Diamniadio ?
Le Parc technologique numérique (Ptn) est un projet qui suit son cours. Il se déroule correctement. Les plans architecturaux ont été validés et bientôt les dossiers d’appels d’offres seront disponibles et lancés. Les deux premières années, c’étaient les études qui ont pris du temps. Le projet a été l’objectif d’étude institutionnel du ministère comme le Plan national haut débit. Et donc les deux premières années, c’était une phase d’étude qui a été bouclée. Maintenant, l’étape de construction va démarrer. Je rappelle que c’est un projet extrêmement important pour le pays en termes de création d’emplois, de positionnement stratégique du pays sur le plan numérique et sur le plan de l’innovation. D’ailleurs, il y a beaucoup d’entreprises étrangères qui ont manifesté leur volonté de délocaliser au Sénégal compte tenu de notre position géographique et de notre ambition. Nous y avons travaillé récemment parce que cela n’a pas été prévu sur le modèle économique du parc et sa vocation.

Parlant d’innovation, comment se déroule le Programme Sénégal numérique 2025 ?
Le Programme Sénégal numérique aussi est en train d’être exécuté et d’ailleurs, nous avons fait une manifestation officielle avec le Président de la République qui a présidé un forum sur « Jeunes et numérique » où il a lancé beaucoup d’initiatives pour le financement des start-ups et des entrepreneurs dans le domaine des Tic. Nous sommes en train de faire un toilettage sur le cadre juridique et nous voulons revoir le Code des Télécoms ; il va aussi être revu avec ses décrets d’application. Le Sénégal a créé une grande ouverture au niveau du Ciel numérique. A côté des trois opérateurs qui existaient, on a permis à trois autres opérateurs les Mvno. Ce sont des opérateurs virtuels mobiles qui permettent de rendre encore plus démocratique l’accès à la téléphonie et à l’Internet. A côté des trois opérateurs, nous avons des fournisseurs d’accès à Internet qui sont arrivés pour permettre d’avoir une ouverture dans le secteur et diversifier l’offre avec des coûts abordables et faciliter l’accès. Pour moi, c’est la concurrence qui va permettre de proposer les meilleurs prix et les prix les plus faibles. C’est pour cela que nous nous évertuons à ouvrir le marché dans le secteur de la téléphonie et dans le domaine de l’Internet.

Après le vote du Code de la presse, où en êtes-vous avec les textes complémentaires, les décrets d’application ?
Après le vote du Code de la presse, nous avons mis, il y a de cela deux mois, un comité de réflexion qui travaille avec l’ensemble des acteurs de la presse, le ministère et les autres parties prenantes aux fins de rédiger les décrets d’application. Le deadline, c’était la première quinzaine du mois de mai. Nous avons pratiquement tout stabilisé. Il reste à les soumettre au Président de la République pour prendre les décrets qu’il faut.

Y-a-t-il une échéance ?
Au mois de mai, deuxième quinzaine, nous pensons que nous aurons tous les textes. Et au plus tard au mois de juin, tous les textes seront prêts.

Ces derniers temps, la presse traverse des difficultés, notamment avec le problème de papiers. Quelles sont les mesures prises par l’Etat pour accompagner les groupes de presse ?
Il faut recentrer et expliquer les causes de ces dysfonctionnements qui existent au niveau de la fourniture de papier. Elles sont exogènes. De grandes entreprises ont fermé. Il y a une pénurie au niveau mondial. Cela a impacté la fourniture de papier au Sénégal surtout au niveau des « petites entreprises de presse ». Nous sommes en train de suivre la situation, mais certaines structures ont déjà le stock qu’il faut. Les entreprises de presse qui ont des imprimeries ne souffrent pas trop de cette situation.
L’Etat a beaucoup accompagné le secteur. C’est pourquoi, pratiquement, nous n’avons pas une grosse marge de manœuvre puisque c’était détaxé. Puisque l’Etat joue sur les taxes, s’il y a un problème comme cela, c’est difficile d’avoir un levier. C’est la loi du marché, celle de l’offre et de la demande. Nous suivons cette situation de près. Nous allons accompagner le secteur pour que cela ne soit pas un handicap qui va plomber un secteur déjà fragile.

Des associations de journalistes ont écrit au Président de la République pour demander l’envoi de contrôleurs au niveau de la Maison de la presse. Qu’en pensez-vous ?
Il faut dire que la Maison de la Presse est une entreprise publique qui obéit à des contrôles routiniers comme toutes les entreprises qui utilisent les ressources publiques. Donc cela ne nécessite pas cette démarche. Ce n’est pas souhaitable. Nous suivons cette question, nous allons bientôt mettre en place tous les organes  de gestion qu’il faut pour la Maison de la Presse. Aujourd’hui, nous n’avons pas relevé de problèmes particuliers au niveau de cet établissement. C’est vrai qu’il y a une partie des associations de presse qui n’a pas pris possession de ses bureaux pour cause de boycott. La Maison de la Presse travaille normalement.

Parlant de logique économique, lors d’un passage à l’Assemblée nationale, vous aviez évoqué un projet de Code de la publicité. Quelles en sont les grandes lignes ?
Nous allons lancer ce chantier bientôt car nous ne pouvons pas être sur tous les fronts. Nous finalisons d’abord avec le Code de la presse, ensuite nous nous lancerons pour mettre en œuvre ce chantier de la publicité qui est extrêmement important pour les entreprises de presse. Nous savons tous que la presse vit de publicité. C’est une ressource importante pour la presse et je pense que cela va être un bon chantier pour l’ensemble du secteur.

Dans cette perspective, est-ce à prévoir un nouveau mode de financement des médias de service public ?
Dans le nouveau Code de presse, il y a déjà des mécanismes par rapport à l’aide à la presse. Nous allons désormais mettre en place un Fonds qui va mieux accompagner les entreprises de presse, surtout en matière de formation, de renforcement de capacités, pour que cette aide à la presse puisse servir le secteur.

Vous misez sur une aide plus efficace ?
Nous laisserons ce type d’appui comme cela se fait aujourd’hui ; qui ne repose pas d’ailleurs sur des critères pertinents. Nous voulons aller vers un fonds d’appui et de développement de la presse.

Qu’en est-il de la restructuration annoncée de l’Agence de presse sénégalaise (Aps) ?
Nous avons reçu des instructions du Président de la République pour restructurer l’Aps. Nous y sommes. Nous avons mis en place un comité qui est en train de travailler avec la direction générale de l’Aps pour restructurer l’entreprise qui connaît, vers les fins d’année, des tensions de trésorerie. Aujourd’hui, le niveau de subvention couvre à peine les 12 mois de salaire. Je pense que nous allons bientôt avoir un Document de développement stratégique de l’Aps que nous allons partager avec l’ensemble du gouvernement. L’Agence va s’engager sur un Contrat de performance pour atteindre certains objectifs qui seront consignés dans ce document.

Entretien réalisé par El Hadji Massiga FAYE et Babacar DIONE

L’Internet via le téléphone mobile est en train de révolutionner l’Afrique comme l’illustre une étude du cabinet Deloitte. 75 % des foyers du continent accèdent au net via le smartphone.

Selon une étude du cabinet Deloitte intitulée « Tmt prédictions Afrique 2018 : l’avenir est ici », dédiée aux évolutions des usages, de consommation et de marché dans le secteur des technologies, médias et télécommunications (Tmt) sur le continent, 75 % des foyers africains connectés à internet le seront via les technologies mobiles en 2018. Tandis qu’un foyer sur cinq aux Etats-Unis et trois sur 10 au Brésil se connectent à internet via le mobile en 2018, contre un foyer sur 10 en Europe. La tendance en Afrique est aussi liée au fait que la couverture géographique de la 3G et de la 4G est moins coûteuse et plus vaste que la couverture filaire. Ainsi, les opérateurs et équipementiers en télécommunications proposent aux consommateurs une gamme de forfaits internet offrant plus de data et d’appareils adaptés à l’internet mobile résidentiel (minibox, clés internet). Toujours sur le continent, 66 % des foyers sont connectés via le mobile contre seulement 21 % à travers l’Internet fixe alors que 13 % ne disposent pas de net à la maison. 45% des Africains recourent à l’Internet pour suivre des événements en direct, contribuant à l’épanouissement dans le monde des diffusions et événements « live », secteur qui devrait peser 545 milliards de dollars de chiffres d’affaires cette année dont 72 % à générer par la télé et la radio. Mais sur ces 45 % des utilisateurs africains connectés sur le « live », surtout sportif, seulement 25 % sont prêts à débourser plus de 20 dollars par an pour regarder des diffusions en direct. 63 % vont utiliser des applications de réalité augmentée telles que les filtres selfies. 20 % des jeunes de 18-24 ans utilisent à domicile uniquement leur connexion mobile.

660 millions d’Africains équipés de smartphone d’ici à 2020
Le nombre d’utilisateurs de smartphones dans le monde devrait quasiment doubler d’ici à 2020, dans la même veine, 660 millions d’Africains devraient s’en équiper, selon l’étude de Deloitte. Déjà, 67 % des utilisateurs de téléphone mobile sur le continent déclarent être susceptibles d’acheter un smartphone dans les 12 prochains mois. Leur choix pour l’achat est motivé par la connectivité de l’appareil (75 %), son autonomie (67 %) et sa mémoire interne (65 %). En 2023, les utilisateurs devraient interagir 65 fois par jour en moyenne avec leur smartphone contre 50 fois en 2017. L’étude nous apprend aussi que 80 % des usagers utilisent leur appareil plus d’une heure par jour. Dans les avions, un milliard de passagers dans le monde accéderont au wifi dans les avions en 2018, les compagnies aériennes africaines s’y préparent déjà.

Malick CISS

STREAMING MUSICAL ET PRESSE NUMERIQUE : PLUS DE 680 MILLIONS D’ABONNÉS ATTENDUS D’ICI À 2020
Le streaming musical et la presse numérique sont en pleine ébullition, constate le cabinet Deloitte, les consommateurs étant de plus en plus disposés à payer pour du contenu. En fin 2018, un adulte sur deux dans le monde devrait posséder au moins deux abonnements digitaux payants. En 2020, ce seront 50 % des adultes qui en auront au moins quatre. Plus de 680 millions de souscriptions à des abonnements numériques sont attendues d’ici à 2020 dans le monde. Selon Deloitte, jusqu’à 1.200 dollars par an en abonnements en ligne seront dépensés par les gros consommateurs. Le secteur est principalement porté par la Svod et la musique.

M. CISS

PERCÉE DE L’INTELLIGENCE ARTIFICIELLE
Le machine learning (apprentissage automatique qui confère aux ordinateurs la capacité d’apprendre sans être explicitement programmés, selon lemagit.fr) et l’intelligence artificielle gagnent de plus en plus de terrain en Afrique, surtout dans le secteur de la santé.

Ces nouvelles technologies facilitent l’accès aux soins de santé de base dans les pays en développement. Par exemple, grâce à des photos prises par smartphone, un spécialiste peut identifier les marqueurs biologiques d’un cancer de la bouche ou effectuer des tests de la vue et dépister des maladies oculaires. Ce qui fait du smartphone un outil d’aide au dépistage. Par ailleurs, des entreprises africaines recourent à l’intelligence artificielle pour détecter des intrusions de sécurité (44 %), pour résoudre des problèmes technologiques (41 %) ou pour évaluer la conformité interne (34%).

M. CISS

La Cérémonie de lancement du 35ème numéro de la bande dessinée éducative « Afrique citoyenne », conçue et éditée par la Fondation Konrad Adenauer et l’Association sénégalaise de coopération décentralisée (Asecod), s’est tenue, hier. Cet outil didactique, destiné à prévenir les violences et le terrorisme en Afrique, aborde ce thème « Jeunes, acteurs de paix ». Tiré à 20.000 exemplaires gratuitement distribués, il s’emploie à mettre en lumière le rôle que les jeunes peuvent jouer dans ce combat collectif.

Oussou, jeune élève chez qui on soupçonnait une petite inclination pour le journalisme, désire plutôt suivre les pas de Grand Bathie. Ce dernier a une demeure clinquante, une vie dont on sait peu.

Et rien sur la provenance de sa fortune. Pense-t-on juste qu’il a des partenaires étrangers. Mais Oussou, qui s’acoquine avec lui, finit par être frappé d’émerveillement face à tant de fastes. Il en parle à ses camarades de classe moins emballés et plus prudents que lui. Le jour où ils vont à la rencontre de l’obscur personnage après qu’Oussou les a conviés, la gendarmerie y débarque pour l’arrêter. Les jeunes âmes sont déboussolées ; encore plus quand Tonton Sidy, le lieutenant, leur dit ceci : « Il s’appelle Bathie…un présumé terroriste qui écume le nord du Mali, ces derniers temps ».

« Terroriste ? Vous voulez dire qu’il est aussi méchant que ces gens qu’on voit à la télé et qui font des massacres ? », demandent les curieux enfants. Le lieutenant les met en rapport avec Madame Sarr de l’Union nationale des femmes pour la lutte contre toutes les formes de violences. Cette dernière éclaire leur lanterne avec des mots simples et remplis de sens dont ceux-ci : « une kalashnikov n’a jamais tué une idéologie. Les terroristes ne sont nullement intéressés par la religion et ne font que la ternir et l’instrumentaliser. Il est important d’éduquer, de sensibiliser, comme nous le faisons souvent. En réalité, le véritable but des terroristes, c’est de s’enrichir à travers des trafics en tout genre ».

Cette bande dessinée trouve son originalité dans son approche didactique très souple tout en étant empreinte de gravité. Elle met en lumière une couche vulnérable mais actrice de son destin. De l’innocence naît le questionnement. De celui-ci, on passe à l’engagement dans une démarche séquentielle qui met en évidence le drame de l’instant, ses germes, et l’espoir que suscitent les diverses actions qui ne saurait mettre en marge les jeunes. Les valeurs de solidarité, l’héritage culturel, qui ne favorise point l’autarcie, la cohabitation entre les religions, l’importance de l’éducation axées sur le civisme et le respect de ce qui nous particularise, le chômage… sont autant de grandes questions abordées, de manière intelligente, dans ce travail utile.

Le représentant de Timbuktu-Institute, Seydi Djamil Niane, séduit par cette bande dessinée, a exhorté les concepteurs à la diffuser largement surtout en la traduisant dans les autres langues comme l’Arabe. Car il est, à ses yeux, comme à ceux de Thomas Volk, représentant résident de la Fondation Konrad Adenauer, « un outil de prévention ».

Les 20.000 exemplaires sont envoyés à toutes les institutions de formation ainsi qu’aux organisations et mouvements de jeunesse du Sénégal.*

Alassane Aliou MBAYE

Le machine learning (apprentissage automatique qui confère aux ordinateurs la capacité d’apprendre sans être explicitement programmés, selon lemagit.fr) et l’intelligence artificielle gagnent de plus en plus de terrain en Afrique, surtout dans le secteur de la santé.

Ces nouvelles technologies facilitent l’accès aux soins de santé de base dans les pays en développement. Par exemple, grâce à des photos prises par smartphone, un spécialiste peut identifier les marqueurs biologiques d’un cancer de la bouche ou effectuer des tests de la vue et dépister des maladies oculaires. Ce qui fait du smartphone un outil d’aide au dépistage. Par ailleurs, des entreprises africaines recourent à l’intelligence artificielle pour détecter des intrusions de sécurité (44 %), pour résoudre des problèmes technologiques (41 %) ou pour évaluer la conformité interne (34 %).

M. CISS

Le streaming musical et la presse numérique sont en pleine ébullition, constate le cabinet Deloitte, les consommateurs étant de plus en plus disposés à payer pour du contenu. En fin 2018, un adulte sur deux dans le monde devrait posséder au moins deux abonnements digitaux payants. En 2020, ce seront 50 % des adultes qui en auront au moins quatre. Plus de 680 millions de souscriptions à des abonnements numériques sont attendues d’ici à 2020 dans le monde. Selon Deloitte, jusqu’à 1.200 dollars par an en abonnements en ligne seront dépensés par les gros consommateurs. Le secteur est principalement porté par la Svod et la musique.

M. CISS

Après l’annonce de la programmation officielle du festival de Cannes qui se tiendra du 8 au 19 mai, les autres sélections cannoises se sont dévoilées. Tourné au Sénégal et en région lyonnaise, « Amin », le dernier film de Philippe Faucon, est sélectionné à la prestigieuse Quinzaine des Réalisateurs.

Interprété par Moustapha Mbengue, Amin vient du Sénégal pour travailler en France, laissant au pays Aïcha, sa femme, et leurs trois enfants. Ils ne se voient qu’une ou deux fois par an. Entre le foyer où il vit et son travail sur les chantiers, sa vie est austère et solitaire. Il envoie l’essentiel de ce qu’il gagne au Sénégal. Mais un jour, il rencontre une femme, Gabrielle, et une liaison se noue… Gabrielle est incarnée par Emmanuelle Devos qui avait notamment eu le César de la meilleure actrice en 2002 pour « Sur mes lèvres ». Très centré sur les milieux africains, le réalisateur Philippe Faucon a de nombreux films à son actif, tous magnifiques.

Son dernier, « Fatima », du nom d’une mère immigrée en France qui peine à éduquer seule ses deux filles, a rencontré un grand succès public et avait remporté trois César dont celui du Meilleur film. La musique est signée par Amine Bouhafa qui a lui-même remporté un César en 2015 pour « Timbuktu ».

La « Quinzaine » a aussi sélectionné, cette année, un film d’Afrique : « Mon cher enfant (Weldi) », du Tunisien Mohamed Ben Attia, son deuxième long métrage après « Hedi, un vent de liberté » qui avait triomphé à Berlin en 2016. Le film suit un couple petit bourgeois qui nourrit de grands espoirs pour son fils unique, et découvre brutalement que ce dernier est parti en Syrie. Le père se rend alors en Turquie pour essayer de retrouver son enfant. Cela le renvoie à chercher des réponses à sa propre vie… Comme pour « Hedi », les célèbres Frères Dardenne (Belgique) signent là une nouvelle collaboration avec le cinéaste tunisien. En présentant le film, Edouard Weintrop, délégué général de la Quinzaine pour la huitième et dernière année, a insisté sur la performance de l’acteur Mohamed Dhrif qui avait joué autrefois dans « L’Homme de cendres », un film qui avait lancé en 1986 le plus connu des réalisateurs tunisiens, Nouri Bouzid.

Parmi les courts métrages de la Quinzaine, « Ce Magnifique Gâteau ! » des Belges Emma De Swaef et Marc James Roels est un film d’animation de 44 minutes situé dans l’Afrique coloniale à la fin du 19ème siècle. On y trouve un roi préoccupé, un Pygmée travaillant dans un hôtel de luxe, un homme d’affaires raté, un portier perdu et un jeune déserteur… Ces figurines sont animées en « stop motion » : image par image en déplaçant les personnages à la main, un travail considérable.

Autre court de la Quinzaine, un documentaire hybride de Juanita Onzaga : « Our Song to war », tourné à Bojaya, un village afro-colombien qui a subi les pires massacres durant le conflit armé colombien en 2002. Les souvenirs de la guerre se transforment poétiquement en mythes pour permettre la réconciliation.

L’Afrique et ses diasporas sont, par contre, absentes de la sélection Acid mais aussi de la Semaine de la critique où se glisse toutefois un court métrage algérien : « Un Jour de Mariage » d’Elias Belkeddar, chronique mélancolique ou Karim, un voyou français en exil à Alger, vit de petites combines.

Sans doute les diasporas africaines sont-elles présentes dans d’autres scénarii à découvrir, surtout lorsqu’ils reflètent la diversité des origines dans les quartiers marginalisés. Mais force est de constater qu’une fois de plus, l’Afrique noire est peu présente dans le plus en vue des festivals de cinéma internationaux, à l’image du peu de structuration de l’industrie du cinéma sur le continent.

La jeune Kényane Wanuri Kahiu est la seule sélectionnée avec « Rafiki » dans la section officielle « Un certain regard ». Mais elle ne représente cependant pas l’Afrique : les cinéastes ne sont pas des ambassadeurs et leurs films ne sont que leur regard singulier d’artiste n’ayant pour ambition que de nous poser des questions.

Par notre correspondant Olivier BARLET

La troupe théâtrale « Kaddu Yaraax » de Hann, qui a plus de 20 ans à son actif, est pionnière dans son domaine du Théâtre-Forum. Les membres de ce groupe ont la particularité de faire participer l’assistance à leur spectacle pour susciter le débat après des prestations qui tournent autour des thèmes de société.

En arrière-plan de la scène improvisée dans la cour du centre Ort-Sen de Yarakh, une grande banderole noire sur laquelle est dessinée une bougie allumée, des étoiles entourant une représentation humaine, une balance, symbole de la justice. Des emblèmes qui renvoient à la lumière comme pour éclairer la société, mais aussi à la justice pour trancher les nombreux faits sociaux qui minent la société sénégalaise. Sur cette scène, une dizaine de troupes théâtrales invitées par le groupe « Kaddu Yaraax » (la voix dudit quartier) se relaient et font des prestations autour de plusieurs thèmes, dans le cadre de la journée mondiale du Théâtre célébrée par la troupe de Yarakh, le 8 avril.

En attraction, une demi-douzaine d’artistes de la troupe « Kaddu Yaraax », passionnés par leur rôle, procèdent à une prestation riche d’enseignements autour du thème « Bourse Bi ». Le tout, en conformité avec leur philosophie du « théâtre-forum ». Ce groupe a la particularité de faire du théâtre, un moyen d’expression artistique au service de la communauté en posant le débat lors des séances de « théâtre-forum ». Ce concept consiste à la réalisation d’un spectacle dynamique entre les comédiens et le public. Après la prestation des artistes qui envoient leur message à travers leur pièce, le public est appelé à se prononcer et à donner son avis. Dans ce cas d’espèce, il fallait faire le choix pour départager deux candidats pour une seule bourse d’études : un étudiant en Economie et un autre voulant poursuivre sa formation d’artiste-comédien. La pièce « Bourse Bi » a été une occasion pour les comédiens de « Kaddu Yaraax » et le public installé en masse sous la tente et très réceptif d’échanger sur l’importance du théâtre et de la culture en général dans la société. Pour certains intervenants, la culture ne peut permettre à un pays de se développer « et il fallait remettre la bourse à l’étudiant en Economie pour qu’il puisse créer des emplois » ; alors que pour d’autres, « point de développement économique sans un essor culturel ». A la fin de la pièce, il a été difficile de trancher, mais c’est l’effet recherché par la troupe « Kaddu Yaraax », à travers le concept de « théâtre-forum ». Plusieurs autres troupes invitées, comme « Daaray Xamle », ont aussi joué autour de ce concept des pièces ayant trait aux faits sociaux, comme le mariage forcé, le matérialisme, la passion folle pour le pouvoir politique au Sénégal, etc.

23 ans d’expérience
Même si ce genre théâtral n’est pas très bien connu au Sénégal, cette troupe, qui a 23 ans d’existence, se veut pionnière dans son développement. « Le théâtre-forum est un genre interactif qui prévoit l’intervention du public sur la scène. Les prestations sont suivies de débats approfondies avec le public. Le spectateur peut intervenir sur la scène, apporter son jugement par rapport à la prestation des acteurs et donner des leçons de morale et de vie après avoir discuté sur le thème véhiculé », explique le directeur artistique de « Kaddu Yaraax », Mamadou Diol. Selon lui, les thématiques abordées par la troupe sont nombreuses et les créations sont inspirées du vécu des artistes et de la société. La troupe « Kaddu Yaraax » est riche d’une quinzaine de comédiens parmi lesquels des ouvriers, des mécaniciens, des enseignants et même des Occidentaux lors des tournées à l’étranger. Les trois dernières années, beaucoup de ses membres ont décidé de se consacrer uniquement à la troupe du fait des nombreux voyages.

Sur les thèmes développés récemment, « Kaddu Yaraax » a mis l’accent sur le phénomène des femmes de ménage qui émigrent vers les pays du Moyen-Orient pour y travailler souvent dans des conditions assimilables à de l’esclavage des temps modernes. « Ce phénomène prend des proportions inquiétantes et il faut en parler car il y a des cas de torture et même de meurtre avec une Sénégalaise condamnée à mort en Arabie Saoudite. Il fallait l’aborder sur le plan social et culturel, surtout sous l’angle des relations spécifiques entre Arabes et Noirs », renchérit le directeur artistique de la troupe. M. Diol revenant sur la pièce « Bourse Bi » rappelle qu’elle entre dans le cadre des thèmes relatifs à l’importance de la culture dans la politique éducative d’un pays. « On constate au Sénégal qu’à chaque fois qu’il y a arbitrage entre la culture et un autre secteur, la culture est lésée », regrette-t-il.

« Notre objectif n’est pas de réaliser des téléfilms… »
Cependant, par rapport à la rentabilité de leur activité, l’expression la plus usitée est : « Le théâtre ne fait pas vivre son homme ». Diol relativise en soutenant que la situation dans leur milieu est similaire à celle des autres activités du secteur privé. « Il ne faudra pas isoler le secteur artistique et dire qu’il ne marche pas. Il y a même des secteurs salariés qui sont confrontés à des difficultés, à plus forte raison nous », estime-t-il. Mamadou Diol de confier, le sourire en coin, que les membres de sa troupe ne se plaignent pas car ont souvent plusieurs sollicitations sur des thématiques au plan national comme international, notamment en Europe. Cela est en rapport avec l’expérience du groupe, le réseau dans lequel il est au niveau international et par les thématiques abordées avec le concept novateur de théâtre-forum. « Au niveau local, il y a un manque d’informations et de reconnaissance pour notre troupe car notre objectif n’est pas de réaliser des téléfilms. On se concentre sur le théâtre-forum, mais on est l’une des troupes qui a le plus de prestations au Sénégal », souligne Mamadou Diol. Loin de tendre la main à qui que ce soit, les membres de « Kaddu Yaraax » qui tiennent beaucoup à la « liberté de création artistique » et à l’autonomie du groupe, fruit « d’un investissement privé », indiquent qu’ils ont juste des « relations correctes » avec les collectivités locales et les autorités étatiques. Des relations pour un soutien au plan administratif lors des voyages et pour la logistique.

En marge de la journée internationale du Théâtre, la troupe qui s’est affirmée dans son secteur a reçu les activités du ministère de la Culture dans le cadre des panels à Hann autour du thème « La journée mondiale du Théâtre, qu’est-ce qu’elle n’est pas ». Des célébrités du milieu comme l’artiste Pape Faye et Dr Massamba Gueye ont participé au théâtre-forum de « Kaddu Yaraax ». Faisant un témoignage sur cette troupe du populeux quartier des pêcheurs de Yarakh, Dr Massamba Gueye, spécialiste des questions culturelles, a soutenu que « Kaddu Yaraax » est devenue une troupe d’envergure nationale qui « ne doit plus porter la parole d’un quartier seulement, mais celle de tout un pays ». Il a salué aussi la particularité de cette troupe et indiqué qu’il est important pour les jeunes comédiens de pouvoir jouer sous plusieurs visages sans oublier l’interprétation des rôles historiques. Il a conseillé aux jeunes de laisser cours à leur imagination et inspiration artistiques tout en évitant de « devenir esclave de l’argent ».

Par Oumar KANDE

Le 71ème festival de Cannes se déroulera du 8 au 19 mai. Chaque année, l'Afrique et ses diasporas sont présentes dans la plus renommée des compétitions internationales, mais souvent là où on ne l'attend pas. En attendant les annonces des sélections parallèles, exploration de la sélection officielle annoncée ce 12 avril à Paris.

18 longs-métrages issus des 1906 visionnés concourent pour la célèbre Palme d'or. Thierry Frémaux, le délégué général du festival, avait annoncé un « renouvellement générationnel ».

Effectivement, la compétition se partage à 50/50 entre les poids lourds du cinéma mondial et de nouveaux venus. Même chose côté Afrique et diasporas puisque Spike Lee montre « BlackKkKlansman », son 49ème film, et le jeune réalisateur d'origine égypto-australienne Abu Bakr Shawky présente son 3ème : « Yemeddine ». « BlackKkKlansman » est un biopic : l'histoire vraie du premier agent de police noir de Colorado Springs à avoir infiltré sous couverture le Ku Klux Klan en 1978. On retrouve les trois K du titre du film qui joue sur « Black Klansman », le titre du livre de Ron Stallworth que Spike Lee adapte. L'officier, incarné par John David Washington (« Ballers ») aux côtés d'Adam Driver, fera échouer des plans du KKK en réussissant à se hisser dans la direction de la terrible organisation suprémaciste blanche. Dans « Yemeddine », un lépreux copte et son apprenti orphelin font le tour de l'Egypte à la recherche de leurs familles. Le renouvellement est également vrai dans la section Un Certain Regard, qui complète la compétition, où l'Afrique est représentée par trois jeunes cinéastes. « Rafiki » de la Kényane Wanuri Kahiu met en scène une histoire d'amour entre deux femmes. Leurs pères s'affrontent aux élections locales, ce qui attire les regards. Arrêtées par la police, elles sont battues et doivent choisir entre amour et sécurité…

"Quelque chose me manquait dans la représentation des femmes du monde arabe", indique la Franco-marocaine Meyem Benm’Barek. Dans "Sofia", où l'on retrouve Lubna Azabal et Faouzi Bensaïdi, elle montre des femmes fortes qui ne sont pas des victimes. La jeune héroïne fait un déni de grossesse mais accouche finalement sans pouvoir justifier du certificat de mariage. Avec sa cousine, elles vont devoir rechercher le père toute la nuit…

Séances spéciales
Quant au Gréco-Sud-Africain Etienne Kallos, il s'attache avec « Die Stropers », tourné en Afrikaans en milieu conservateur blanc d'Afrique du Sud, à un jeune émotionnellement fragile à qui sa mère demande d'adopter comme frère un orphelin des rues. Il en résulte une lutte pour le pouvoir, l'héritage et l'amour des parents… Le festival propose également des séances spéciales, avec notamment « L'Etat contre Mandela et les autres » de Nicolas Chapeaux et Gilles Porte. Nelson Mandela aurait eu 100 ans en 2018. Les réalisateurs mélangent images d'époque, animations et archives sonores pour reconstituer le procès de Mandela et des sept autres accusés qui seront condamnés avec lui en 1964 au bagne à perpétuité.

Autre documentaire, « A tous vents » de Michel Toesca. Le réalisateur habite la vallée de la Roya, à la frontière franco-italienne. Il retrace le soutien illégal apporté par des habitants aux réfugiés majoritairement africains.

Migrants, histoire et héritage, racisme, amours transgressifs : ces films de cinéastes jeunes pour la plupart interrogent les problématiques contemporaines. Nous vous en rendrons compte, ainsi que de l'ensemble du festival.

Par notre correspondant Olivier BARLET

La formation des ressources humaines sur la cybersécurité est l’arme contre la fréquence des cyberattaques en pleine explosion à cause des enjeux économiques, géostratégiques. C’est tout l’enjeu d’un atelier sur les technologies émergentes et la cybersécurité, organisé récemment par Cisco en partenariat avec l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar.

Les nouvelles technologies offrent à l’Afrique des opportunités pour rattraper son retard. Mais le continent noir, comme le reste du monde, sont tenus de se préparer à relever le défis posés par les hackers. Les cyberattaques sont dans l’ère du temps et ont comme toile de fond des enjeux économiques, politiques, géostratégiques, etc. Ce sont pour ces raisons que l’académie Cisco et l’Université Cheikh Anta Diop ont initié la formation des jeunes sur ces nouvelles problématiques. « Nous sommes en train de former des instructeurs, des formateurs Cisco de l’Afrique de l’Ouest et du Centre afin qu’ils puissent avoir des aptitudes techniques et théoriques leur permettant d’accompagner d’autres jeunes qui se lanceront sur les technologies émergentes », justifie Modou Fall, coordonnateur des ressources technologiques et pédagogiques de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar.

Le bouillonnement de l’écosystème des innovations technologiques appelle à l’adaptation aux exigences sécuritaires. La réalisation de cet objectif n’est possible qu’en outillant les informaticiens du contient et surtout en les positionnant sur les nouveaux domaines de compétence comme la  virtualisation, « le cloud computing », l’Internet des objets, entre autres. « L’entreprenariat numérique occupe de nos jours une place très importante. En tant qu’instructeurs, nous voulons faire en sorte que ces jeunes comprennent les nouvelles technologies, notamment l’Internet des objets », recommande Modou Fall.

Auparavant, le responsable du programme à Cisco Académie, Omar Rhoulami, a insisté sur la formation des ressources humaines pour accompagner l’engouement et l’espoir suscités par les nouvelles technologies. L’Afrique, dit-il, a intérêt à se préparer à avoir des acteurs dans des disciplines ou spécialités comme l’intelligence artificielle. « Les années 97 ont été un tournant technologique de l’Internet. Aujourd’hui, nous sommes à un tournant de l’ère de l’intelligence artificielle ou de l’Internet prédictible.

Cette nouvelle ère demande une nouvelle compétence. Nous devons avoir des compétences sur la cybersécurité, les technologies émergentes, la « programmabilité » des réseaux. Nous avons formé des instructeurs sur les technologies émergentes », défend le responsable de programmes à Cisco Académie, Omar Rhoulami, qui a révélé que leur académie a formé plus de 12.000 étudiants sur les technologies intelligentes.

Idrissa SANE

La 3ème édition de la Journée culturelle « Handi voice », la voix  des personnes vivant avec un handicap, s’est ouverte, mardi, au Grand Théâtre. Occasion saisie  par l’Association culturelle des personnes en situation de handicap, « Saxal group », pour primer une vingtaine d’élèves issues des écoles inclusives et spécialisées.

Le Grand théâtre a refusé du monde, mardi. Honneur était aux personnes en situation de handicap. Elles se sont fortement mobilisées pour être en communion avec  leurs pairs artistes pour la célébration de la 3ème Journée culturelle  « Handi voice ». Ces derniers ont rivalisé de talent et les prestations de certains d’entre eux, à savoir les artistes Alé et Khady Pouye, ont plongé  les spectateurs dans une grande émotion. La joie était également au rendez-vous avec des déclamations de poèmes sensibilisant sur  la situation des personnes vivant avec un handicap. La prestation de l’orchestre « Saxal group » était très attendue avec Mangoné  Sakho. Celle-ci a vraiment fait vibrer la salle. Auparavant,  l’Association culturelle des personnes handicapées a tenu  à primer une vingtaine d’élèves issus des écoles inclusives et spécialisées pour  leur dévouement et leur travail.

Distinctions
Des personnalités qui œuvrent beaucoup pour la cause des personnes handicapées ont également été honorées en guise de remerciement pour tous leurs efforts consentis en faveur de ces dernières. Il s’agit notamment d’Abdoulaye Racine Senghor, administrateur du monument de la Renaissance africaine, du maire de la commune de Ndiarème Limamoulaye, Mamadou Baïdy Sèye, le directeur  de la radio King fm, Boubacar Diallo alias Boubs, la directrice  de l’école élémentaire du Centre Talibo Dabo, Codou   Sao Touré, entre autres.

Selon le président de l’Association culturelle des personnes handicapées, « Saxal group », Mangoné Sakho, la 3ème  édition  de cette journée culturelle, « Handi voice », est organisée autour du thème « Contribuer à l’équilibre social en valorisant les personnes handicapées dans le milieu socio-culturel, éducatif et professionnel ». A l’en croire, comme l’indique le nom, « Handi voice », la voix des personnes, la journée est une occasion offerte aux personnes handicapées pour qu’ils puissent  s’exprimer, montrer les talents artistiques qui se cachent en eux. Et faire comprendre au public que le handicap  n’est pas une fin en soi.  « Nous pouvons  être amputés d’un de nos membres ou organes, mais cela ne nous empêche en aucun cas de  vivre de notre passion, aussi bien pour la musique, le théâtre ou  un autre genre artistique », a-t-il indiqué. Tout  en appelant les autorités à les impliquer davantage dans les événements culturels d’envergure et surtout de généraliser l’octroi des cartes d’égalité de chance et des bourses familiales. Car, a-t-il soutenu, il y a des personnes handicapées qui, jusqu’à présent, ne disposent pas de cette carte d’égalité de chance.

Présidant l’ouverture de cette journée culturelle de « Handi voice », le    directeur de cabinet du Ministère de la Culture, Lamine Sarr, a félicité les élèves primés et les autorités honorées. Il a encouragé les initiateurs de la journée, en l’occurrence l’Association culturelle des personnes vivant avec un handicap, « Saxal groupe » qui leur offre le plateau pour exprimer leur talent artistique.  Pour M. Sarr, la prise en charge de cette couche sociale vulnérable constitue un élément majeur de leur  politique. « Des pas significatifs  ont été franchis avec la mise en place de mécanismes d’anticipation efficaces comme le programme de bourses de sécurité familiale, mais aussi la carte d’égalité  de chance avec la loi d’orientation sociale relative à la promotion et la protection des droits des personnes handicapées », a-t-il rappelé. Poursuivant, il a lancé un appel à tous les ministères à promouvoir ces personnes qui traînent un handicap.

M. G. DIEDHIOU

Les rencontres et échanges de la Biennale d’art africain contemporain, édition 2018,  se tiendront du 4 au 7 mai 2018, au musée Théodore Monod. Elles portent, cette année, sur le thème « Arts contemporains africains et transformations des cadres intellectuels et normatifs ». Prendront part à ces moments d’intenses réflexions, 44 experts vont se réunir pendant quatre jours sur quatre thématiques : « Art et savoir », « Art et institution », « Arts et histoire »,  et « Art et argent ».

La 13ème édition de la Biennale de Dakar se tiendra du 3 mai au 2 juin 2018, à Dakar. Un des temps forts de cette biennale, ce sont les rencontres  et échanges. Elles  se tiendront du 4 au 7 mai 2018, au Musée Théodore Monod,  et  portent sur le thème « Arts contemporains africains et transformations des cadres intellectuels et normatifs ». En conférence de presse  jeudi,  au musée Théodore Monod, le président de la Commission « Rencontres et échanges » du Dak’Art, El Hadji Malick Ndiaye, a annoncé la présence de 44 experts dans ces rencontres et échanges, 11 modérateurs et 29 conférenciers. Ces derniers vont, pendant quatre jours, débattre et échanger sur quatre thématiques qui portent sur « Art et savoir », « Art et institution », « Art et histoire »  et « Art et argent ». Selon lui, ces journées sont réparties en 7 ateliers  avec une conférence inaugurale qui se déroulera à l’amphithéâtre de l’Ucad 2. « Ces experts vont se réunir et discuter  pour voir en quoi cet art contemporain s’organise aujourd’hui, quels  sont  les bouleversements systémiques, les dernières mutations en cours en Afrique et quels sont les dispositifs à mettre en place pour améliorer l’environnement des artistes et les institutions  et faire de sorte que le marché de l’art puisse se développer sur le continent africain », a expliqué M. Ndiaye.

Innovations
Il a annoncé des innovations dans l’organisation des rencontres et échanges. Il s’agit notamment de la forte collaboration du l’Université Cheikh Anta  Diop qui va accueillir le colloque, la publication des actes ou résultats de ces rencontres avec un livre qui sera confectionné par la biennale, la diffusion à un large public de ces rencontres et échanges via les réseaux sociaux. Sans compter les autres ateliers qui vont se passer à l’intérieur des espaces d’exposition du musée Théodore Monod.

Prenant la parole, la secrétaire générale de la Biennal d’art africain contemporain, Marième Ba, a estimé que « les rencontres et échanges sur le thème « Arts contemporains africains et transformations des cadres intellectuels et normatifs » vont aborder des questions relatives à la situation actuelle  de l’art contemporain africain  avec des personnes ressources de qualité. Pour la Sg de la Biennale, il ne fait pas de doute que l’intérêt pour les arts visuels en Afrique exige plus de créativité de la part de nos artistes, mais aussi de la part d’éminents universitaires et professionnels qui sont invités à plus de recherche, d’analyse et de critique sans lequel l’art reste isolé de la réalité historique, social, économique qui lui confère son sens et qui permet une lecture éclairée de la valeur esthétique.

Maguette Guèye DIEDHIOU

Un jeune informaticien à Toulouse vient de lancer son studio de production de jeux vidéo uniquement consacrés aux univers africains. L’objectif du « Masseka Game Studio » est de faire découvrir les mythes et les personnages légendaires qui ont forgé l’Histoire plurimillénaires du continent.

A l’origine du projet, le jeune diplômé en informatique Teddy Kossoko qui a quitté la République Centrafricaine en proie à la guerre civile en 2012, pour poursuivre ses études à Toulouse en France. Il constate alors que « l’Afrique n’est jamais représentée dans les jeux vidéo ».

Sa première création qui se nomme  « Kissoro Tribal Game » est une adaptation pour mobile du Kissoro, l’un des plus vieux jeux au monde, qui se pratique quotidiennement dans tous les pays africains. « C’est un jeu de stratégie, ça vient de chez moi, explique Teddy Kossoko. Au Sénégal, c’est le Mankala, en Côte d’Ivoire, l’Awalé, etc. Le but, c’est vraiment créer un univers autour de ce plateau et transmettre un message. Il y a par exemple une histoire qui met en avant deux royaumes qui vont s’affronter pour contrôler un fleuve qui est super riche et à un moment, il y a un jeune orphelin qui va arriver et va voir son roi pour lui dire : ‘’nous n’avons rien en commun avec l’autre royaume, à part ce jeu de plateau. Pourquoi on l’utiliserait pas pour faire face au conflit ?’’

Je voulais faire écho à tous les conflits que la Centrafrique a eus. Derrière mes projets, il y a une dimension historique et, si on pousse un peu loin, des dimensions politiques. »

Source : rfi.fr

Dans le cadre de son cycle de séminaires sur les politiques culturelles au Sénégal, l’Institut fondamental d’Afrique noire (Ifan) a accueilli, hier, le socio-anthropologue Abdou Ndukur Kacc Ndao. Ce dernier, qui s’est penché sur « les systèmes initiatiques des peuples du sud… », est revenu sur le rôle des rites initiatiques dans la stabilisation de la société.

Au Sénégal, les systèmes initiatiques constituent un socle à l’organisation sociale et politique de certaines minorités ethniques. Propre des peuples Tenda au sud-est du Sénégal (Bassaris et Bediks), des Ajamaat constitués par les Diolas de la Basse Casamance, du Sud de la Gambie et de la Guinée Bissau, des Bijagos, Pepels, Manjacques, Mancagnes…ils demeurent un moyen permettant de stabiliser la société à travers une bonne connaissance de l’univers.

Selon le socio-anthropologue Abdou Ndukur Kacc Ndao, il s’agit aussi d’une manière pour l’humain d’apprendre à cohabiter avec son entourage, de fabriquer  son destin et de stabiliser des connaissances qui le projettent dans son passé, son présent et son futur. Ce faisant, le processus éducatif aboutit à la créativité et à  l’exploration de l’imaginaire. Les rites initiatiques, explique-t-il, ont une fonction de modeler l’humain dans sa socialité et dans son univers. « L’identité se construit en laissant s’exprimer la pluralité des itinéraires et des destins. L’initié est dépositaire d’un legs tout autant qu’il préfigure le monde…», poursuit-il. C’est pourquoi, pour le socio-anthropologue, il s’agit d’une forme d’éducation que le monde gagnerait à connaître. Depuis plusieurs années, l’universitaire a décidé de quitter les amphis pour investir les coins les plus reculés du Sénégal.

L’objectif : ressortir tout ce qu’il y a comme trait culturel  ou identité pour le mettre à la disposition des Sénégalais. Si ces mythes et croyances populaires alimentant le patrimoine culturel restent complexes, ils sont aussi peu connus du grand public.

Pour le moment, il n’y a pas encore assez de procédures de collecte garantissant une large diffusion pour permettre aux gens de comprendre leurs fonctions sociales. « Il y a un travail de consolidation de mémoire, de diffusion et d’explication de ces patrimoines à faire. Il faut développer un effort d’investissement sur le terrain pour aider à vivifier le patrimoine immatériel. Ce travail de documentation suppose un investissement sur le terrain », soutient-il. Le socio-anthropologue, qui animait une communication sur le thème : « Les systèmes initiatiques des peuples du sud : du peuple tenda au peuple ajamaat… », dans le cadre du cycle de séminaires de l’Institut fondamental d’Afrique noire(Ifan) de l’Ucad, pense qu’il y a un effort à faire pour valoriser davantage ces rites qui constituent un moment d’éducation et d’apprentissage de l’humilité. Lesquels sont des valeurs cardinales qui structurent « nos » sociétés.

Ibrahima BA

 


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