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Culture (2401)

Ryan Coogler, 31 ans, a déjà trois longs métrages à son actif : Fruitvale Station, qui avait été en sélection officielle à Cannes, Creed, L’Héritage de Rocky Balboa (2015), un épisode de la série Rocky sur la boxe avec Sylvester Stallone, et la sensation Black Panther, produit par le studio Marvel, qui s’est hissé à la 5e place de l’histoire du box-office Us dès le premier week-end de sa sortie et a eu un succès retentissant dans le monde entier, spécialement en Afrique. Le film a été projeté au « cinéma de la plage » au dernier festival de Cannes et Ryan Coogler invité à donner une master-class, dans un entretien avec le critique noir-américain Elvis Mitchell.

Fruitvale Station était une histoire vraie, sur les 24 heures qui ont précédé l'assassinat d'Oscar Grant, 22 ans, par la police dans le métro new-yorkais le 1er janvier 2009 au matin. Creed porte sur une relation père-fils et sur ce qu'il se serait passé si les choses avaient été différentes. Et Black Panther continue sur ce thème. « La relation que j'ai eue avec mon père, mes parents, est ce qui a été le plus important dans ma vie jusqu'à mon mariage », dit Ryan Coogler.

Ses parents l'ont introduit au cinéma. Il avoue adorer James Bond et cite Casino Royal, Goldfinger, mais aussi Le Parrain qui l'a beaucoup inspiré dans sa façon de traiter d'un homme entre deux mondes. Il cite aussi La Haine et surtout Timbuktu, notamment pour sa musique. « La musique me touche beaucoup, dit-il. J'en ai beaucoup écouté avec mon père, ma mère. Beaucoup de réalisateurs traitent le son de façon révolutionnaire. J'essaie de m'en inspirer. Dans Black Panther, la musique nous permet d'entrer dans un nouveau monde. Elle remplit toute la salle. La musique aide à raconter l'histoire. »

Black Panther a des acteurs qui viennent de toute la diaspora. « On a tous notre accent », dit-il. L'un a des racines kényanes comme Lupita Nyong’o, l'autre a grandi au Zimbabwe comme Danai Gurira… Du coup, « on avait l'impression de faire partie de quelque chose de plus grand que nous ». « Je voulais, dit-il encore, que Black Panther soit un film africain à tous égards, que le site soit à la fois ancien et très nouveau, que le passé rejoigne le présent pour se tendre vers l'avenir. J'ai parlé à l'équipe pour essayer de créer cette dimension dans toute la musique, et qu'elle représente toute la diaspora. »

Faire ce film l'a ramené à son enfance : « J'ai relu les bandes dessinées que j'avais lues quand j'étais jeune. Je faisais l'aller-retour entre l'école et le terrain de basket et, comme on n'avait pas beaucoup d'argent, c'est à la bibliothèque que je pouvais lire, jusqu'à ce qu'on me mette dehors. J'en avais marre de lire des bandes dessinées faites par des Blancs avec seulement des personnages blancs. On m'a dit qu'il y avait Black Panther, et c'est comme ça que tout a commencé ! »

Prééminence des femmes
Coogler a toujours choisi des directrices de la photo. « Il n'y a pas besoin d'en faire un plat mais c'est vrai que c'est assez rare ! », lâche-t-il. Il est vrai que les femmes ont dans ses films des caractères très prononcés. « Dans la communauté noire, on trouve beaucoup de femmes fortes, des chefs de famille, dit-il. C'est dans ce monde que j'ai grandi. » Le royaume de Wakanda a comme base que chacun peut réaliser son propre potentiel, hommes ou femmes.

« L'Afrique est un continent captivant », dit-il. Dans le film, un personnage parle xhosa. Il est donc d'abord allé en Afrique du Sud, puis au Lesotho, puis au Kenya. Il voulait aller en Afrique de l'Ouest, mais est tombé malade et a dû revenir. « Je me sentais vraiment chez moi en Afrique ! » Il a essayé de mettre dans Black Panther les sentiments éprouvés en Afrique.

Il fallut convaincre le studio Marvel, mais il a été écouté. « Le cinéma est un business, une industrie », dit Coogler. « Elle a grandi sur la colonisation, le racisme, les préjugés. Pourquoi pas plus de Noirs à la réalisation, alors que les films des Noirs ont leur public ? »

Black Panther est l'histoire d'un homme qui avait une vision idéalisée de son père et de son pays, que cette vision avait été brisée en mille morceaux et pour la rassembler, il est obligé de mourir pour devenir lui-même. « C'est une idée qui m'habite, peut-être en tant qu'Africain-Américain. On est entouré de la mort. Quand j'ai eu 30 ans, j'ai eu une sorte de crise car je ne m'étais jamais imaginé atteindre cet âge ! Il y a tant qui ont été assassinés ou jetés en prison. Nos ancêtres esclaves devaient mourir en tant qu'individu.

» Killmonger est le pur produit de cet état de fait : c'est tout ce qu'il connaît. L'idée était de le confronter et de le faire dialoguer avec T'Challa, personnage hors du commun car il n'est issu ni de l'esclavage ni de la colonisation.

Car au fond, Killmonger n'est pas intrinsèquement mauvais. « C'est une version un peu pauvre de Batman. Il essaye de se racheter, n'a absolument pas peur de la mort, il en accepte l'idée, c'est triste ! ».

Une correspondance d’Olivier BARLET

La soirée anniversaire de la chanteuse Aïda Samb, au Grand Théatre de Dakar, a été une occasion, samedi, de rendre un hommage à son grand-père, le musicien Samba Diabaré Samb. Mais également une confirmation face à son public.

La soirée « Sargal » à son grand père Samba Diabaré, également le premier anniversaire musical de la chanteuse Aïda Samb s'est tenue à guichet fermé, samedi, au Grand Théâtre de Dakar. L’artiste native du Djolof a relevé le défi et a fait de « chaque morceau un spectacle », comme promis lors d’un point de presse. Aïda Samb s'est illustrée en trait d'union entre l'ancienne et la nouvelle génération musicale. Des chants dans la lignée des griottes Gawlo, son identité, ont conquis le public euphorique et en admiration devant l'artiste.

Aïda Samb valse entre voix aigües et graves, une démonstration de sa puissance vocale. « Ma voix sera mise en valeur » ; la prévision de l'artiste s'est confirmée lors du spectacle. Un public est synchronisé aux rythmes et lyrics, reprenant en chorus les titres de la chanteuse sans fausse note. Les fans répondent à l'appel du « Sargal » en tenue traditionnelle et moderne reflétant l'image de leur vedette.

Accompagnée par l'orchestre du Super Etoile, Aïda s'est révélée en bête de scène. Le titre « Bour daly » donne le signal. Majestueuse dans son boubou, l’artiste en toute complicité avec les doyennes chanteuses, Soda Mama Fall, Kiné Lam, Ndèye Diouf et de grandes figures de la musique traditionnelle, ont replongé le public dans l'ambiance du Théâtre Sorano de jadis. Aïda Samb entonne « Saraaba » en fusion total avec ses « mamans ». La musique mandingue également était de la partie, le Grand Théâtre de Dakar a enregistré un spectacle grandiose.

Du classique à la modernité
La chanteuse telle une fée dans une robe à caractère féerique enchante les fans par coup de voix. Par ses chansons, elle fait un tour dans des foyers religieux avec les titres « Niety Abdou » et « Sunu Sangue ». A la fin de ce dernier titre, avec renfort d'une dizaine de percussionnistes à l'orchestre, Aïda Samb embarque les spectateurs dans l'ambiance d'un « Thiant » avec « Ila Touba » un titre rythmé. Ce dernier titre pousse l'agitation du public au summum de l'ambiance, en extase. Délire totale avec l'annonce du musicien Sidy Diop, qui s'est encore démarqué par son style, en danseur hors pair. Les passages de grands noms tels Yoro Ndiaye, Daba Sèye, Doudou Ndiaye Mbengue, El Hadji Faye, percussionniste, Pape Thiopet s'inscrivent sur cette lancée. Plusieurs artistes ont répondu à l'appel de la petite-fille du musicien Samba Diabaré. Même si une question de timing se posait pour leur différent passage, le public garde une belle image de l'anniversaire, « Aïda était magnifique » s’enthousiasme un spectateur par-ci ; « Aïda s'est ornée en véritable Gawlo, oh sa voix ! » un autre par-là. La satisfaction de son public était l’objectif de la soirée « Sargal ».

Les fans sont venus du Djolof, du Baol, de Dakar, de Mbour, de Thiès afin de voir leur idole se produire. Ainsi, Aïda Samb s'est vue honorée par son public, à qui elle voulait rendre hommage à la base, en plus du « Sargal » à son grand père. La petite-fille du musicien Samba Diabaré Samb confirme par ce spectacle sa notoriété, mais surtout s'inscrit dans la liste des soirées réussies du Grand Théâtre de Dakar.

Yaye Awa Ly Ngoné SARR (stagiaire)

Les membres de l’Association des femmes sénégalaises Tic (Festic) veulent s’appuyer sur les nouvelles technologies pour aider leurs camarades à profiter des métiers du digital. Ainsi, le Festic annonce qu’une Maison, espace pour la formation de ces dernières dans divers domaines, sera bientôt fonctionnelle à Dakar.

Les membres de l’association des femmes sénégalaises Tic (Festic) ont procédé vendredi 06 juillet, à Dakar, au lancement de la Maison de la femme entrepreneur digital (Keur festic). La présidente du Festic, Bitilokho Ndiaye indique que cette maison existe déjà puisque l’association dispose d’un local. « Nous voulons seulement l’agrandir pour pouvoir offrir aux femmes des formations en numérique, en entrepreneuriat et en gestion financières », a soutenu Mme Ndiaye. Elle a indiqué que l’association a des partenaires qui sont prêts à l’accompagner pour qu’elle puisse offrir à ses membres des formations dans divers domaines. Elle a invité des femmes entrepreneurs à s’approprier de cette maison afin de bénéficier des opportunités qui seront mises à leurs dispositions.

Bitilokho Ndiaye est consciente cependant qu’il y a encore une réelle facture numérique qui touche des femmes en particulier analphabètes. « Pour utiliser le Tic, il faut savoir écrire et lire mais surtout maîtriser la langue française puisque beaucoup de contenus informatiques viennent d’ailleurs. Nous devons aider les femmes analphabètes à mieux connaître le numérique en français mais aussi dans leurs langues locales », a-t-elle souligné. Elle a ajouté que le Festic cible d’ailleurs les femmes qui sont dans la zone rurale et qui s’adonnent aux activités agricoles, à la pêche et au commerce, en essayant d’offrir à ces dernières des sessions de renforcement de capacités pour qu’elles utilisent le digital pour écouler leurs produits et participer à des activités économiques de leurs choix. L’association est en train aussi de travailler pour disposer d’une page facebook qui permettrait aux femmes de partager certaines informations. « Déjà beaucoup de femmes utilisent WhatsApp pour communiquer. Mais nous devons encadrer les femmes qui ne savent pas lire ni écrire à profiter des avantages du digital », a indiqué la présidente du Festic.

L’association est née en 2016 et compte 76 femmes membres qui exercent dans divers domaines. La présidente promet d’élargir l’association dans les régions en créant des antennes locales. En attendant, elle a invité les partenaires qui œuvrent dans la réduction de la facture numérique du genre à soutenir le Festic.

Eugène KALY

L’Institut français de Dakar a célébré, samedi, les lauréats de la Semaine de la francophonie. Ladite journée était précédée d’une tournée nationale auprès des 12 lauréats issus des différentes régions du Sénégal.

Samedi, lors d’une cérémonie présidée par le directeur national de la Francophonie, Maguèye Touré, et l’ambassadeur de la France au Sénégal, Christophe Bigot, l’Institut français de Dakar a réservé une distinction honorable aux douze lauréats qui ont su s’imposer et s’affirmer lors de la Semaine de la Francophonie, célébrée du 15 au 24 Mars 2018. Ces lauréats ont été primés dans différents programmes : dictée, expression orale…

Christophe Bigot a exprimé sa satisfaction sur le déroulement et le contexte de cette journée de distinction. « C’est une belle journée. C’est très important de récompenser en octroyant des prix à tous ceux qui ont montré un amour et une curiosité à la langue française », a-t-il dit.

Par ailleurs, l’Institut français dans sa mission de vulgariser et de faire connaître l’importance de la langue française, a imprimé sa vision à cette journée qui est à la fois un culte de l’excellence mais aussi une motivation pour les différents acteurs de l’éducation.

Dans cette optique, les professeurs et les encadreurs ont été également honorés. Le Premier prix de dictée, qui est un texte de quatre pages tirées d’un roman de l’écrivaine sénégalaise, Fatou Diome, est décerné à Mme Begbowé Huguette, professeur de français. Cette dernière, récompensée dans le cadre de la partie orthographe Adulte, apprécie avec humilité cette distinction. « Je suis très satisfaite de ce prix et je n’en fais pas un complexe. Un professeur est toujours un étudiant qui a envie d’apprendre et de persévérer », a souligné Mme Begbowé Huguette.

La finale du concours d’éloquence a clôturé cette journée de remise de prix. C’est ce qui a d’ailleurs permis d’encourager les étudiants à maîtriser, développer et révéler l’art oratoire en eux afin de convaincre en toute élégance avec une cohérence dans le discours.

« Nous sommes très contents qu’il y ait des enfants d’un peu partout et que les domaines d’interventions soient variés. L’écrit et l’oral ont eu à la fois leur place respective. C’est ce qui fait le charme… », a conclu, l’ambassadeur Christophe Bigot.

Baye Ndongo FALL

Son visage est familier aux Sénégalais. L’homme, qui dispose d’un solide capital-expérience, a su s’imposer très tôt dans le 7ème art. C’est à 13 ans, dans les années 1970, que Mody Fall a intégré ce milieu, en pratiquant le théâtre radiophonique. Une époque bien lointaine, rappelle Mody Fall alias Tonton Sène, personnage central de la célèbre série télévisée « Idoles », actuellement au programme d’une chaîne de la place.

Quand il entamait sa carrière d’artiste, la télévision n’existait pas encore au Sénégal. C’était dans les années 1970. Mody Fall, acteur-comédien, peut, dès lors, être classé dans la catégorie des doyens. Juste que son visage n’est pas trahi par des rides, même s’il a une barbe touffue de cheveux blancs. Avec une fière allure de jeunesse, quoique tenant sur ses 59 berges, il s’est décidé à épouser toutes les époques avec un réel dynamisme. Son ardeur au travail, connue de tous, lui a certainement permis de se maintenir.

L’homme brille également par son engagement pour l’essor du théâtre sénégalais mais aussi pour la cause sociale. Il est tout heureux de constater que la série télévisée actuelle « Idoles », dans laquelle il incarne le rôle central de Tonton Sène, a connu un grand succès au Sénégal. En témoigne leur nomination, au mois de mai dernier, comme meilleure série sénégalaise par la Calebasse de l’excellence célébrée, selon ses explications, aux Etats-Unis, en Afrique et en Europe.

« Cela traduit une appréciation positive des téléspectateurs sénégalais. Laquelle doit nous pousser à proposer des films qui cadrent avec nos réalités avec une haute portée pédagogique ».  Pour le comédien, qui s’est également construit une popularité grâce à l’adaptation du roman de Marouba Fall, « La collégienne », les acteurs sont dans l’obligation de jouer leur partition dans la conscientisation des masses.

Il souligne, dans le même registre, que la série « "Idoles" reflète des réalités de la société sénégalaise à travers ses tares et ses charmes. Elle contribue aussi à valoriser notre cinéma. Dans ce téléfilm, je défends les valeurs morales et déontologiques qui entourent le journalisme. Mais il faut reconnaître que la série prend comme prétexte la presse pour décliner une vision critique sur la société et susciter la réflexion auprès du public. »

Comme il est souvent de coutume, dans les séries, Mody Fall y arbore le manteau du stabilisateur, du régulateur. Un profil qui semble cadrer avec sa personnalité, surtout qu’il essaie, dans la vie courante, d’apporter quiétude et réconfort à son entourage dit-il. Une fontaine de sagesse ?

« Nous ne nous donnons pas en exemple, nous ne nous considérons pas comme des personnes parfaites, mais nous estimons que nous devons faire le maximum pour rendre service à la Nation et tendre vers un véritable développement. Dans tous les domaines de la vie, nous tenons à œuvrer pour un monde meilleur, un monde plus juste », précise l’artiste comédien.

Il souligne que son rayon d’action est très large. Nommé très tôt délégué de quartier, Mody Fall porte aussi la casquette de moniteur de collectivités éducatives. Il est dans toutes les « sauces ». « Suite à des séries de formations sanctionnées de diplômes dans les domaines du paludisme, du sida, de la tuberculose, dans la santé de la reproduction, je participe à des tournées dans le cadre de programme de sensibilisation ou d’exécution de programme sanitaire… », explique M. Fall.

Le fait d’avoir arrêté les études en classe de Seconde n’a jamais altéré son engagement citoyen qui a toujours guidé ses choix professionnels. Mody Fall qui projette l’image d’un esprit réfléchi, traîne aussi un lourd bagage intellectuel. La profondeur de ses pensées qui dénote d’une vaste culture générale singularise cet homme qui se prononce avec aisance sur tous les sujets d’actualité. Une belle intonation de sa voix traduit son côté artistique qui a été bien modulé par des professionnels du 7e art depuis ses débuts, il y a plus de vingt ans. Il cite avec fierté toute une liste de comédiens et d’artistes de renommée qui ont contribué à sa formation.

ENGAGEMENT CITOYEN
« J’ai été quelque part un ouvrier de la scène qui s’est cultivé à travers le théâtre et l’art, pour donner l’impression de l’intellectuel que je suis. Il faut aussi reconnaître que la formation à l’Ecole des arts est l’équivalent de la formation universitaire », ajoute-t-il.

S’il a démarré sa carrière d’artiste en 1972, avec une trajectoire professionnelle assez riche, c’est en 1993 qu’il a eu la chance d’intégrer la division scénique de l’Ecole nationale des arts. « J’ai pu suivre une formation professionnelle de quatre ans dans cette prestigieuse école, précédés par une année d’observation en 1992. Vu que je ne disposais pas du niveau du bac pour intégrer l’Ecole des arts, je suis passé par cette année d’observation pour sortir avec un diplôme d’Etat de l’école nationale en tant qu’acteur comédien professionnel », relate-t-il.

Et quand Mody Fall raconte les grandes dates qui ont marqué sa trajectoire, il y a des risques de perdre le fil. L’homme qui est passé par la Troupe « Juboo » de Grand Dakar, nous décline un parcours professionnel assez riche. De la création de sa troupe théâtrale tout au début de sa carrière, à ses passages à la troupe « Jamoney Tey » puis « Daray kocc », son partenariat avec la Rts et des personnalités influentes, un parcours assez mouvementé qui lui a permis de connaître le succès. Ombre au tableau, son projet avorté de s’inscrire au Conservatoire de Paris en 1984. C’est le début de périodes ténébreuses en France, puis retour à Dakar.

« Cela avait coïncidé avec la période d’austérité ; Abdou Diouf avait bloqué les bourses étrangères. Du coup, je suis resté en France avec le statut d’émigré. Ce fut une expérience assez dure mais enrichissante qui m’a beaucoup apporté dans le domaine de l’art. J’ai pu rencontrer de grands hommes du théâtre comme le défunt Youssoupha Dione, l’un des précurseurs du théâtre professionnel, Seyba Traoré… », raconte l’artiste comédien.

Mody Fall exprime sa fierté d’avoir bénéficié de l’encadrement et de la générosité des anciens tels Abou Camara, Kido Kounta, Mbagnick Dioum, ou encore son professeur de chorégraphie Abdou Bâ, qui est maître chorégraphe, de Mamadou Diop, Jean Pierre Leurs, présenté comme l’un des meilleurs metteurs en scène en Afrique.

Pour autant, l’homme qui affiche une sérénité laissant entrevoir une stabilité financière souligne que les artistes sénégalais ne vivent toujours pas de leur art.

Lui parvient à tirer son épingle du jeu, mais demande au gouvernement de relever le niveau de vie des artistes, surtout que certains croupissent dans la misère. « Il peut certes arriver que dans les films sénégalais l’on perçoit entre 50.000 FCfa et 100.000 FCfa par jour, mais ce sont des opportunités qui ne se présentent qu’une ou deux fois par an », note-t-il. Comme alternative, Mody Fall propose au gouvernement sénégalais de confier les plages publicitaires aux comédiens professionnels pour leur offrir une bouffée d’oxygène. Le frère de la célèbre comédienne Thiaba Ndiaye, que nous avons rencontrée sur un plateau de tournage, n’a pas encore dit son dernier mot…

Par Matel BOCOUM

Le Musée de la Femme Henriette Bathily accueille, jusqu’au 31 août, l’exposition « Beauté intemporelle ». Cette esthétique traverse les âges, les époques.

Le lieu est symbolique. Les maîtres-mots sont : ingéniosité, créativité, esthétique. Ici, un doux parfum d’élégance flotte autour de l’exposition « Beauté intemporelle ». Elle est à voir jusqu’au 31 août au Musée de la Femme Henriette Bathily (Place du Souvenir africain, corniche ouest). Mercredi, lors du vernissage, la directrice des Relations publiques du Musée, Marie-Pierre Mbaye-Myrick, dans son mot de bienvenue, est revenue sur l’articulation de cette initiative. « L’élaboration de l’exposition s’est  déroulée  comme en ouvrant une poupée russe. Nous sommes dans l’air du temps ! Nous découvrons un artiste puis un autre et par hasard, ils ont tous un lien de sang ! C’est une histoire de famille ».

Au regard de Mme Mbaye-Myrick, cette exposition permet aussi de mettre en exergue les liens avec le Mali, car trois des artistes sont Maliens et ils sont liés au Sénégal. Ce sont : Tamara Touré, Tamacali et Koké. Et les deux autres sont des Français qui vivent au Sénégal depuis plusieurs années : Claire et Guillaume Lamarque. En franchissant l’entrée principale de la salle d’exposition, l’œil du visiteur tape sur ce propos d’une rare justesse d’Amadou Hampaté Bâ : « Une chose qui n’a pas remué en toi une beauté, ne peut pas remuer la beauté en un autre quand il la regarde ». Sur ce registre, l’artiste-plasticien Koké est inspiré par les femmes dans leur beauté éternelle. « Il stylise ou surcharge selon l’inspiration, le modèle dont il veut souligner le trait essentiel et la ressemblance frappante », explique Madeleine Deves Senghor, co-commissaire de l’exposition avec Fatou Kandé Senghor. La performance de Koké se décline au travers d’un coup de crayon feutre sur une feuille cartonnée qui donne à voir des portraits vivants. En toute simplicité, la beauté devient intemporelle devant cette galerie de portraits : « Beauté peule », « Une bourgeoise du 19ème siècle », « Femmes africaines », entre autres œuvres.

Elégance féminine
Tout aussi étincelants, les bracelets d’Afrique de la collection de Tamaro Touré donnent du relief à l’exposition. Ces accessoires sont présentés comme des objets d’art qui remplissent différentes fonctions selon leurs origines, les techniques de fabrication ou les populations qui les portent. Les bracelets ont des fonctions multiples : esthétique, sociale, thérapeutique. Ils sont en ivoire, en bronze, en argent et proviennent de pays comme le Cameroun, le Mali, la Côte d’Ivoire, le Burkina Faso. Ils se portent au poignet, à la cheville, à l’avant-bras. Les bracelets sont décorés avec délicatesse sur des formes, des couleurs qui subliment avec éclat l’élégance féminine.

C’est dans ce même élan que s’inscrit le travail de Tamacali. La nièce de Tamaro Touré met en valeur des colliers qu’elle confectionne en mêlant harmonieusement les perles anciennes et modernes et aussi des éléments de sculptures anciens et modernes. « L’effet est « bluffant », se réjouit Madeleine Deves Senghor relevant que Tamacali est aussi créatrice de ce que la co-commissaire de l’exposition appelle « des décorations de cou ». « Pour rendre éternelle cette beauté intemporelle, il faut qu’elle soit célébrée par tout humain, homme ou femme, sans distinction, dans la réciprocité et l’harmonie », suggère M. D. Senghor. C’est dans ce sillage que situe le travail de la mère et du fils, Claire Lamarque et Guillaume Lamarque. Claire, la maman, présentée comme une portraitiste hors pair et surtout sculptrice renommée, offre à notre regard admiratif ses « Humains élégants » sur lesquels sont exposés bracelets et pectoraux, tandis que Guillaume, designer de meubles nomades, propose sa « commoderie » en bois ou encore un « salon baoulé » où tout s’emboîte et s’imbrique. L’exposition « Beauté intemporelle » est à voir, jusqu’au 31 août, au Musée de la Femme Henriette Bathily (Place du souvenir africain, corniche ouest).

E. Massiga FAYE

Fatick : La commune de Palmarin a vécu, le week-end dernier (28, 29 et 30 juin), d’importantes manifestations culturelles et artistiques en hommage à l’une de ses illustres filles : la cantatrice Khady Diouf. Très émue par cette marque de distinction, la diva de Diakhanor a retrouvé de la voix et est remontée sur scène pour l’occasion.

Surnommée Khady Diouf Diakhanor, ce village d’où elle est originaire, la cantatrice de Palmarin est un monument de la culture sénégalaise en général et particulièrement du chant traditionnel sérère qu’elle a exporté un peu partout à travers le monde. C’était dans le cadre des tournées internationales de l’Ensemble lyrique traditionnel de la Compagnie du Théâtre national Daniel Sorano. Le week-end dernier, elle a exprimé toute son émotion et sa joie à travers l’hommage que lui a rendu toute la communauté de Palmarin et au-delà, celle du Sénégal en général. « Je suis comblée et fière encore d’être une Palmarinoise. Cette marque d’estime prouve que je suis la fille, la femme, la sœur, la maman des habitants de cette ville qui m’a vue naître », a confié la cantatrice de Diakhanor et ancienne pensionnaire de la Compagnie Sorano.

L’occasion a été trop belle pour la diva sérère de retrouver de la voix aux côtés de Soda Mama Fall et Mahawa Kouyaté, ses deux amies chanteuses. Khady est alors remontée sur la scène et avec l’Ensemble lyrique traditionnel. La chanteuse a alors galvanisé la nombreuse foule massée à l’intérieur du terrain municipal de Palmarin où se tenait la soirée folklorique. Un public qui a eu droit à réentendre cette belle voix de Khady qui n’a d’ailleurs pas changé à travers le titre « Ndèye Wassaname », tiré de sa langue maternelle sérère et qui lui a apporté tant de célébrité.

La cantatrice a été accompagnée et encadrée jusqu’à son arrivée dans l’enceinte du terrain municipal par les vieilles femmes portant des instruments de culture du riz et entonnant en chœur des chants. Un rituel qui avait lieu lors des cultures vivrières, particulièrement le riz, symbolisant ainsi la solidarité mais aussi servant à secourir toute personne en difficulté ou un hôte affamé.

Aussi, nous explique Ibrahima Sarr, ancien président de l’ex-Conseil rural de Palmarin et président du comité d’organisation de l’événement, l’autre particularité est que ce rituel est une façon de rendre un hommage à la bravoure de l’homme ou à son inspiration, mais aussi à l’artiste qui est là. « Ces femmes ont voulu donc montrer ce rituel à l’occasion de cet hommage rendu à la diva Khady Diouf et faire remarquer, en même temps, que la solidarité est un bien africain, sénégalais mais surtout sérère », a-t-il indiqué.

L’initiative d’honorer un artiste de son vivant est salutaire et mérite bien que l’on s’y penche pour évoquer toute sa portée. Le maire de la ville de Palmarin, Louis Seck, tout comme le président du comité d’organisation, Ibrahima Sarr, sont unanimes. La particularité d’un tel événement, selon eux, est que, bien que Khady Diouf se soit retirée de la scène internationale pour une retraite bien méritée, cet hommage devrait lui permettre, dans une certaine mesure, de revenir sous le feu des projecteurs. « C’est pour dire que cette marque de considération n’est en rien comparable à un hommage posthume qui, en général, ne profite qu’aux initiateurs qui en tirent les dividendes et non l’intéressé pour lequel est organisé un tel hommage. C’est cela qui a motivé l’organisation d’un tel événement à l’honneur de Khady Diouf Diakhanor », estiment-ils.

Un projet culturel et artistique dont le seul objectif, en cette année vouée à la culture, était de rendre hommage  à un digne enfant du terroir du Sénégal. Le maire de Palmarin, Louis Seck, annonce déjà l’organisation des journées culturelles qui seront mises à profit pour rendre hommage à de dignes fils et filles du terroir. «  Notre ambition est de pérenniser cette idée à travers des journées culturelles avec un thème central pour montrer les valeurs culturelles sérères ».

De telles initiatives sont à encourager, selon Jacques Senghor, conseiller technique au ministère de la Culture. Au nom du ministre, Abdou Latif Coulibaly, il a félicité et encouragé la commune de Palmarin pour l’hommage rendu à la diva Khady Diouf, avant d’inviter les autres collectivités à s’inspirer de cet exemple. Plusieurs groupes et ensembles artistiques se sont produits sur le plateau. La troupe Bakalama de Thionck-Essyl, les femmes des îles du Saloum avec leurs calebasses, la troupe de Sakou Thioro Sarr, les groupes de Palmarin, l’artiste Abdou Fatah Mbacké, entre autres, ont contribué, à leur manière, à la réussite de la manifestation marquée par une forte mobilisation de la communauté palmarinoise.

KHADY DIOUF, CHANTEUSE : « MON DESTIN A TOUJOURS ÉTÉ LIÉ AU CHANT »
L’ancienne pensionnaire de la Compagnie du Théâtre national Daniel Sorano, « étant toute jeune, Dieu avait déjà tracé mon destin pour être une chanteuse ».

« Dans ma tendre enfance, tout ce que je faisais comme travail ou autre, je l’accompagnais par des chants. J’aimais chanter et mes tantes me l’interdisaient à chaque fois. Mais comme on ne peut rien contre la volonté de Dieu, c’est comme un don qu’il m’avait inculqué », nous a confié Khady Diouf Diakhanor, en marge de la cérémonie d’hommage que lui a rendu la communauté de Palmarin. Et aujourd’hui, indique Mme Diouf, « ce chant m’a tout donné. J’ai sillonné beaucoup de pays avec l’Ensemble instrumental de Sorano, ce qui m’a comblé de joie, surtout pour avoir  porté très haut le flambeau de la culture sérère dans ces différents pays que nous avons visités ».

La diva Khady Diouf dont la notoriété a atteint les terroirs les plus reculés du pays a aussi enregistré un écho admiratif au-delà de nos frontières nationales. La langue sérère est devenue, du coup, le véhicule d’une autre humanité transculturelle. Mais, selon elle, « c’est le titre « Ndèye Wassaname » qui m’a propulsé au-devant de la scène tout en m’apportant également tant de célébrité ». Ce morceau , des générations s’en souviennent comme ayant été le premier tube de la cantatrice de Diakhanor. Un chant à travers lequel la chanteuse exprime sa foi à l’amitié qui dépasse parfois les relations sanguines. Elle évoque aussi dans le tube, l’orphelinat d’un enfant qui a perdu sa mère alors qu’il n’avait que quatre mois. Mais, pour Khady Diouf, « tout appartient à Dieu le Tout-Puissant et à qui tout le monde doit se soumettre.

M. SAGNE

« Sunu Folk Festival » est un projet piloté par l’artiste Yoro Ndiaye, en collaboration avec la Francophonie. L’objectif de cette première édition est de rassembler et de promouvoir dix jeunes talents de l’Afrique. Ces dix jeunes ont participé à une compilation de dix titres sur des thèmes différents : l’exploitation des enfants, la paix, les conflits de générations... C’est également l’occasion de réunir les différentes cultures africaines avec la participation d’artistes burkinabè, mauritanien et capverdien. Ces derniers sont logés et pris en charge par le projet durant le festival.

Dans cette optique, la sortie d’un album, avant-hier, était l’avant-première du projet qui comporte deux phases. A la suite de la publication de l’album qui réunit ces dix jeunes talentueux, le festival, prévu du 13 au 14 juillet à Dakar et placé sous le parrainage de l’artiste Ismaël Lô, sera des moments riches en sonorités. Selon l’artiste Yoro Ndiaye, ce festival permettra, à la fois, aux jeunes de faire valoir leur talent et surtout d’élargir le champ de la musique folk.

« C’est un immense plaisir de mettre en place un projet à la disposition de nos jeunes frères. C’est aussi une opportunité d’élargir la musique folk. Nous pouvons réfléchir sur le folk-mbalax, le reggae, le rap, pour nous faire entendre », a-t-il dit.

Par ailleurs, ce festival vise à suivre ces jeunes en aval, sur la réalisation de leurs produits, et de les accompagner par le billet du studio « Arica Melo » mis en place par le projet. Le parrain du festival, l’artiste Ismaël Lô, se réjouit du choix de sa personne et apprécie cette œuvre à sa juste valeur. « Je trouve ce projet honorable et je me réjouis d’être parrain de cette œuvre d’une envergure interculturelle », a affirmé M. Lô.

Les dix jeunes talents qui devront assurer la scène lors de ces deux jours du festival, ont promis des prestations de hautes factures en plus de la promesse du parrain, Ismaël Lô, de faire sa participation.

Baye Ndongo FALL (stagiaire)

Une voix et style qui se démarquent déjà, la chanteuse Maïna trace patiemment, depuis six ans, son sillon parmi les jeunes talents de la musique sénégalaise. L’artiste saint-louisienne, de son vrai nom Maïmouna Sourang, adepte des genres soul-pop, country, continue de surprendre par sa maturité, en attendant la sortie prochaine de son premier album « Macilo »…

Allure frêle, chevelure épaisse roulée en de fins rastas, elle ne paie pas mine d’une chanteuse de mbalax. Maïna est plutôt dans la lignée des musiciennes pop-soul, jazz, folk ou country… Voix tantôt grave, limpide et qui porte loin, à 26 ans, Maïna a déjà côtoyé quelques musiciens sénégalais célèbres, comme Faada Freddy et Hervé Samb, ses mentors. Native de Saint-Louis, Maïmouna Sourang de son nom à l'état civil a tous les atouts pour marcher sur les pas de ses aînés.

L'amour pour la musique, pour celle qui a quitté les bancs de l'école en classe de Terminale, ainsi que la volonté d'apprendre davantage le chant et la guitare, font d'elle un espoir du showbiz sénégalais. De grands noms l’invitent déjà sur scène pour des bœufs lors de festivals ou soirées live.

Maïna anime également en solo ou en band des soirées dans plusieurs clubs et grands  hôtels dakarois. Son projet d’un premier album est d'ailleurs bien avancé, avec six titres déjà annonciateurs de l'opus qu'elle intitulera « Macilo ». Un titre, dit-elle, en hommage à l'influence de Faada Freedy.

La chanteuse de 26 ans affectionne également la musique du ténor Omar Pène, dont elle a repris le tube « Mudje » lors d’une soirée anniversaire au Grand Théâtre de Dakar. Ce qui n'était pas évident, selon Maïna ; les textes du maestro Pène étant plus ou moins philosophiques et classiques.

Pour marcher avec succès sur les pas de ces géants de la musique sénégalaise, la chanteuse saint-louisienne compte retourner parfaire sa voix et ses cours de guitare à Paris et Bordeaux. Car Maïna a déjà séjourné dans la capitale française où elle a enregistré une partie de son futur album sous la direction de Franck Moulet et d’Hervé Samb. Ce dernier que Maïna a connu par le biais de Mao Sidibé et qu'elle considère « comme un frère », l'avait invitée sur la scène du dernier Festival de Saint-Louis Jazz, en avril.

De grands moments inoubliables pour la jeune femme qui a grandi sur la rive du fleuve Sénégal, bercée par l'amour des Saint-Louisiens pour tous les bons genres musicaux. L'on n’oublie pas que l’ancienne capitale du Sénégal nous a donné de grands musiciens comme Aminata Fall, Diabou Seck et son neveu Abdou Guité Seck, Ablaye Cissoko, le koriste qui l’a déjà conviée au concept « Après Minuit » lancé en marge du Festival Saint-Louis Jazz.

Fière de cet héritage, Maïna, entre musique folk-acoustique, soul-pop, country, chantée en wolof, français et anglais, compte se frayer son propre  chemin dans le milieu du showbiz. Bien sûr, avec les conseils précieux de son papa…

Omar DIOUF

L’Assemblée des régulateurs de télécommunications de l’Afrique de l’Ouest (Artao) tient, depuis hier, à Dakar, sa 15ème assemblée générale. A l’heure des grandes unions régionales, l’Artao veut harmoniser les politiques et réglementations dans l’espace Cedeao afin de relever les défis liés, entre autres, à la cuber-sécurité, au partage d’infrastructures et à la protection des données au sein de la sous-région.

La réalisation des défis liés au développement et au partage d’infrastructures, la cyber-sécurité et la protection des données, la convergence numérique des réseaux et services, l’amélioration de la qualité et la réduction des coûts de la communication… ne peuvent se faire sans une harmonisation des politiques et réglementations dans l’espace Cedeao. C’est ce qu’a bien compris l’Assemblée des régulateurs de télécommunications de l’Afrique de l’Ouest (Artao) qui s’est engagée à coordonner le dialogue sur les politiques et les réglementations du secteur des télécommunications dans la sous-région ouest africaine. La 15ème assemblée générale de l’Artao, ouverte hier dans la capitale sénégalaise, a été une occasion de revenir sur ces défis mais aussi de se pencher sur des questions touchant à la transition numérique et la gestion du dividende numérique et la connectivité large bande (4G, 5G). L’objectif est d’œuvrer pour le renforcement de l’esprit de partage d’expérience et de prise de décisions communes profitables aux membres de cette organisation.

Le ministre sénégalais de la Communication, des Télécommunications, des Postes et de l’Economie numérique, qui a présidé la cérémonie d’ouverture, a souligné que l’Afrique doit mettre en place un environnement favorable pour accélérer le développement des infrastructures de télécommunications et des Tic. Lesquelles sont devenues un maillon « important » dans le processus d’édification d’une société de l’information inclusive et durable.

Renforcer les liens de coopération
« Les voies d’un arrimage de nos pays dans la société de l’information passent par la réalisation de projets nationaux et communautaires de développement d’infrastructures numériques de qualité », a dit Abdoulaye Baldé. D’où, a-t-il poursuivi, tout l’intérêt, pour le continent et la sous-région, des programmes inscrits dans le plan stratégique, avec notamment la coordination de la transition digitale dans la sous-région et la gestion des pratiques liées au roaming. Les objectifs de l’Artao, a avancé le ministre, sont en phase avec les initiatives prises par le gouvernement du Sénégal dans la cadre de la Stratégie Sénégal numérique 2025.

Il a rappelé le soutien du Sénégal à toutes les initiatives visant le développement des télécommunications et Tic à travers la mise en place d’un marché commun africain dans un secteur ouvert et compétitif capable de contribuer à l’atteinte des objectifs de développement durable. Le secrétaire exécutif de l’Artao, El Hadj Maman Laminou, a relevé la nécessité d’harmoniser les textes réglementaires pour faire en sorte qu’il y ait des services de qualité et en permettant un accès à tous.

Pour sa part, le directeur général de l’Agence de régulation des Télécommunications et postes (Artp) du Sénégal a exhorté à renforcer les liens de coopération « à travers notre organisation et de féliciter les pays membres qui ont eu à signer les conventions de partenariat sur le free roaming émanant du grand projet « One Network Africa ». Selon Abdou Karim Sall, la Transnationalité des services de télécommunications « nous oblige à adopter une stratégie de coopération beaucoup plus soutenue afin de renforcer l’harmonisation de nos procédures et réglementations pour garantir à nos populations une utilisation des services de télécommunications dans la libre circulation des idées à travers les technologies de l’information et de la communication. »

Ibrahima BA

La première édition du Salon des startups du Sénégal, organisée hier par le cercle des jeunes entrepreneurs du Mouvement des entreprises du Sénégal (Meds), est articulée autour du thème de la « créativité ». La rencontre, présidée par le ministre du Commerce, du Secteur informel, de la Consommation, de la Promotion des produits locaux et des Petites et moyennes entreprises, a permis de décliner les objectifs des organisateurs dont le plus important est la vulgarisation de l’esprit entrepreneurial chez les jeunes.

Le ministre du Commerce, du Secteur informel, de la Consommation, de la Promotion des produits locaux et des Petites et moyennes entreprises, venu présider le Salon des startups du Sénégal, « moment de réflexions et de propositions », pour le reprendre, voit, à travers cette initiative, la constance du Meds dans sa quête de solutions. Ces efforts, estime Alioune Sarr, sont en cohérence avec le plan stratégique de développement proposé par les pouvoirs publics. Il a, par ailleurs, exhorté les startups à prendre en considération la transformation digitale, « réservoir illimité d’opportunités, d’emplois. Elle permet d’avoir une idée et de la mettre en valeur » d’autant que les instruments créés par le gouvernement y concourent.

Ce salon s’inscrit, aux yeux des organisateurs, dans le cadre de la démarche sociétale de l’entreprise au sein du Meds et compte soutenir l’économie du pays et ce, à travers l’incitation à la création de nouveaux projets et des nouveaux postes d’emploi. Il est conçu comme un lieu de formation, de solutions et d’échanges couvrant toutes les problématiques des entrepreneurs de la création à la transmission en passant par la reprise, la franchise, l’international, le financement, la transition digitale ou encore l’innovation.

Son objectif est de vulgariser l’esprit entrepreneurial chez les jeunes et d’identifier les porteurs de projets afin de les mettre en relation directe avec les opérateurs d’accompagnement et financiers, publics et privés. L’ambition est aussi de développer leurs réseaux, de partager, de s’inspirer des expériences et de faire décoller leur business.

Matar Faye, coordonnateur du Cercle des jeunes entrepreneurs du Meds, a été bien inspiré de parler de « pari de l’implémentation d’une stratégie de sensibilisation des jeunes à l’entrepreneuriat pour la promotion des startups ». Ce salon, pense-t-il, est dans la lignée des initiatives louables du Meds qui s’est positionné comme un maillon du secteur privé actif pour le développement économique et pour l’entrepreneuriat, « premier levier de lutte, selon lui, contre le chômage surtout des jeunes qui représentent 50% de la population ».

Cette première édition du Salon des startups du Sénégal est un instant de célébration de l’esprit d’initiative. Pour Mbagnick Diop, président du Meds, cette initiative est une manière de redonner toute sa place au futur. Car « les startups sont au cœur de la remise en marche de la mécanique de l’innovation, d’où le choix de la créativité comme thématique centrale. Derrière chaque petite et moyenne entreprise, derrière chaque startup, il y a une communauté d’hommes et de femmes qui se battent tous les jours pour faire triompher un rêve, une idée, une envie, un projet », confie-t-il, tout en invitant les entrepreneurs à se permettre quelques audaces.

Alassane Aliou MBAYE

Invités au Marché des arts performatifs de l’Atlantique Sud (Mapas), prévu du 11 au 15 juillet, à Tenerife (en Espagne), cinq groupes sénégalais de musique, danse et cirque cherchent désespérément le visa pour participer à cette importante rencontre entre les créateurs des arts de la scène en direct, aux Iles Canaries.

Selon les artistes sénégalais Goonga et Malou P, les demandes de visa des membres de leurs groupes respectifs, formulées auprès du Consul d’Espagne à Dakar, ont presque toutes été rejetées. « Les services du Consul nous ont dit qu’ils ne sont pas certains que les artistes vont revenir au Sénégal, une fois après leur séjour en Espagne. Motif pour refuser le visa à la majorité d’entre nous. Et pourtant, nous avons été rigoureusement sélectionnés parmi plus d’une centaine d’artistes. Nous exerçons légalement notre métier d’artistes musiciens, danseurs, de cirque, etc. ; nous ne sommes aucunement tentés par l’émigration clandestine… », ont martelé, en chœur, les artistes Aboubacar Diallo dit Goonga et Malou P, venus à notre Rédaction. Ils lancent un cri du cœur pour disposer du précieux visa pour participer, du 11 au 15 juillet, au Mapas, dans la ville de Santa Cruz de Tenerife.

Le Marché des arts performatifs (Mapas), organisé par le Cabildo de Tenerife et Circulart Unahoramenos Producciones, avec la collaboration de la mairie de Santa Cruz de Tenerife, le gouvernement des Canaries, réunit plusieurs créateurs des arts de la scène, musique, théâtre, danse, cirque et arts de la rue, de l’Amérique latine, de l’Afrique et du sud de l’Europe (Espagne et Portugal).

Plusieurs responsables de programmations, d’espaces culturels de festivals et d’autres événements venus du monde entier sont également présents au Mapas. C’est ce dernier volet de rencontres d’affaires avec les différents programmateurs de spectacles qui intéresse les cinq groupes sénégalais (Goonga, Malou P, Sarro, Rifo Kang, Big & Sous l’Arbre Acoustik et Guiss Guiss bou Bess), sélectionnés et invités officiellement par le directeur général de Mapas.

Omar DIOUF

L’artiste Aïda Samb a donné un point de presse lors d’une répétition, en avant-première de son anniversaire musical prévu ce samedi 07 juillet, au Grand Théâtre National. Une soirée « Sargal », en hommage à son grand-père, l’artiste Samba Diabaté Samb, un monument de la musique sénégalaise. La chanteuse rendra également hommage à son public.

Ayant à son actif des tournées nationales et étrangères, le Grand Théâtre ne devrait pas être un défi pour la chanteuse native du Djolof. Son challenge est de satisfaire ses fans et l'artiste compte sur sa puissance vocale. « Aïda Samb est connue pour sa voix. Je ne le suis pas pour les belles robes ou autres choses, donc je mettrai ma voix en valeur pour que les Sénégalais découvrent d'autres de mes facettes. La tradition du Djolof sera mise au-devant de la scène », a affirmé la chanteuse. La gestation de ce premier anniversaire musical fut longue. Cependant, répond Aïda Samb, c'était pour mûrir son travail afin que l'agrément soit au rendez-vous. Comme dans son nouvel album « Woyal ma », dans lequel la chanteuse a proposé des sonorités traditionnelles et modernes, l’anniversaire sera une confirmation de sa polyvalence.

Des artistes chanteurs, notamment Adiouza, Carlou D, Momo Dieng, Pape Diouf, Pape Ndiaye Thiopet et Bass Thioune apporteront leur partition à cette soirée « Sargal ».

Yaye Awa Ly Ngoné SARR (stagiaire)

La Galerie Arte accueille, jusqu’au 28 juillet prochain, l’exposition  « Sénégal, beautés fragiles » du photographe français Laurent Gerrer Simon. Fruit de ses ballades dans le Sénégal des profondeurs, cette exposition offre une promenade joyeuse dans des endroits paradisiaques faisant le charme singulier de la nature et du paysage sénégalais.

« La beauté est le premier présent que la nature nous donne et le premier qu'elle nous enlève ». Cette citation du Chevalier de Méré dans (Les maximes et sentences ,1687), Laurent Gerrer Simon semble bien vouloir se  l’approprier. Son exposition photographique « Sénégal, beautés fragiles », à découvrir jusqu’au 28 juillet à la Galerie Arte, Avenue Abdoulaye Fadiga, traite aussi de cette notion de beauté à la fois fragile et épisodique. Son travail axé sur l’environnement et la protection de la biodiversité est une sorte d’interrogation sur l’avenir de la nature, sa survie face à la fougue cynique de l’homme moderne qui veut tout détruire sur son passage. Très sensible à la nature, le photographe français s’érige en son défenseur. Son travail est un cri de cœur, une alerte, une sensibilisation à la protection de l’environnement. La destruction des arbres centenaires qui ont vu défiler des héros de l’histoire du Sénégal, les problèmes d’érosion côtière, les coupes de bois…ont conduit Laurent Gerrer Simon à adopter une démarche écologique dans son travail de photographe de tous les jours. Il a choisi de représenter le beau pour attirer davantage l’attention sur la nécessité de préserver « notre » biodiversité et ainsi arriver à une prise de conscience écologique à toutes les échelles. L’artiste  montre la beauté du paysage sénégalais pour créer un amour entre l’homme et la nature et par la même occasion susciter  un comportement écolo chez chaque citoyen. Ses images présentées dans cette exposition sont issues de ses pérégrinations durant les dix dernières années. 31 au total, ces pièces prises dans différents coins du pays allant de la Petite Côte en passant par la Casamance, le Sine Saloum et la région de Kédougou montrent un Sénégal idyllique avec une nature joyeuse, loin des images infâmes de la baie de la Hann où la pollution a fini de noircir les eaux et le sable marin.

« Le Sénégal est un pays avec une biodiversité très fragile. C’est une nature sensible, des couverts végétaux sensibles. Aujourd’hui, les projets miniers, les problèmes d’érosion côtière, les coupes de bois, la pêche illégale ont rendu cet environnement extrêmement vulnérable et fragile », regrette-t-il. Dans les rares clichés où apparaissent des personnages, l’artiste présente des individus qui sont en parfaite harmonie avec la nature. Cela, contrairement à l’attitude de l’homme moderne qui a choisi de « vivre contre la nature ».

Arthus-Bertrand du Sénégal
Entre la forêt des rôniers, les plans d’eau, l'immaculée plage de Popenguine, les rizières de la Casamance, l’Ile aux serpents, les mangroves du Sud… Laurent Gerrer Simon photographie le paradis terrestre du Sénégal.  La directrice de la Galerie Arte, Joëlle le Bussy, le considère comme le Yann Arthus-Bertrand du Sénégal (allusion au photographe-reporter, réalisateur et écologiste français). « C’est un photographe de l’environnement qui a une démarche écologiste. Il fait des témoignages de la beauté de la nature sénégalaise. Il a un rôle de décoration, d’illustration et de documentaire », souligne-t-elle.   

Entre Laurent Gerrer Simon et le Sénégal, c’est une histoire d’amour qui dure depuis bientôt 40 ans. L’artiste a découvert très jeune le pays en 1979, au cours d’un premier séjour de deux ans avant de s’y installer définitivement en 1987. Nourri par la passion de la photographie depuis l’enfance, il se lance dans de nombreuses collections de cartes postales. L’artiste a collaboré régulièrement à la promotion de la destination Sénégal, en participant à l’illustration de nombreux sites Internet, magazines et livres. Pendant de longues années, il a illustré des collections de cartes postales. Aujourd’hui,  les habitudes ont changé. Les cartes postales ne se vendent plus comme avant. Et Laurent a décidé d’élargir son métier avec sa première exposition photographique professionnelle.

Ibrahima BA   

 

Elle vient d’être nommée mardi 3 juillet commissaire générale dans le cadre de la Saison des cultures africaines, la Saison Afrique 2020, une initiative lancée par le président français Emmanuel Macron. La Sénégalaise Ngoné Fall, 51 ans, architecte, commissaire d’expositions, intellectuelle et co-fondatrice d’une plateforme dans les nouveaux médias et les arts visuels, devient ainsi une figure incontournable de la scène culturelle internationale. Portrait.

C’est elle qui aura la tâche aussi réjouissante que difficile de « permettre de faire découvrir en France, l’image d’une Afrique en mouvement et en pleine mutation », selon le communiqué publié par la ministre de la Culture française, Françoise Nyssen, la tutelle avec le ministère de l'Europe et des Affaires étrangères de l'initiative Saison Afrique 2020 qui sera mise en œuvre par l'Institut Français courant 2020.
Les initiés connaissent et apprécient Ngoné Fall depuis longtemps. Déjà en 2001, elle était commissaire invitée aux Rencontres de la photographie africaine de Bamako. En 2016, elle présidait le jury de la Biennale de Dakar, et dans la même année, elle a concocté une exposition au Danemark à majorité féminine sur les voix critiques d’artistes activistes, When Things Fall Aparat. Critical Voices on the Radars.

La défense des artistes en Afrique
Née en 1967 à Dakar, diplômée à l’âge de 26 ans en architecture par l’École spéciale d’architecture à Paris, Ngoné Fall s’engage rapidement auprès de la Revue noire avant de devenir à son tour entre 1994 et 2001 directrice de cette rédaction pionnière et très engagée dans la reconnaissance des artistes africains dans le milieu de l’art international. Sa nomination en tant que commissaire générale de la Saison Afrique permettra à Ngoné Fall de devenir une figure centrale pour la défense des artistes en Afrique, un rôle incarné depuis longtemps par Simon Njami, écrivain et essayiste né à Lausanne de parents camerounais, co-fondateur de la Revue noire et commissaire d’expositions mythiques comme Africa remix.
Quant à Ngoné Fall, elle a codirigé plusieurs anthologies ayant fait date : l’Anthologie de la photographie africaine et de l’océan Indien en 1998 et puis, en 2001, l’Anthologie de l’art africain du XXe siècle, publiée par les prestigieuses éditions Revue noire. C’était le fruit de longues années de recherche et un coup d’épée dans la scène internationale de l’art qui longtemps ignorait cette autre histoire de l’art.

Les artistes femmes du continent africain
Dans le cadre de ses recherches scientifiques, elle n’a pas cessé de faire découvrir des artistes femmes du continent africain. Lors de l’exposition sur l’art féministe dans le monde, Global Feminisme, en 2007, au Brooklyn Museum, à New York, elle a notamment rédigé dans le catalogue la partie sur la contribution de l’art africain. Du jour au lendemain, elle s’est retrouvée dans le rôle d’une pionnière concernant la recherche sur la production des femmes artistes en Afrique.

Enfin, et ce n’est peut-être pas le fait le moins important dans sa nomination, Ngoné Fall est aussi co-fondatrice du collectif Gaw-Lab de Dakar, une plateforme dédiée à la recherche et la production dans le domaine de l'art numérique pour interroger « l'interdépendance entre la réalité numérique et l'espace public et social ». Relier les cultures et les continents à l’ère numérique, tout un programme pour sa nouvelle fonction au sein de la Saison Afrique 2020.

Rfi.fr

La tenue de la 36ème Réunion plénière du Comité consultatif de la Convention 108, à Strasbourg, du 19 au 21 juin dernier, a été une occasion pour le Sénégal d’intégrer le bureau de la Convention 108 du Conseil de l’Europe relatif à la protection des données personnelles.  Cette rencontre à laquelle a pris part la Commission de protection des données personnelles (Cdp), à travers sa présidente, Awa Ndiaye, «  a permis l’examen des changements pour une révision à apporter à la Convention et à son Comité, ainsi que pour les signataires et les personnes relevant de leur juridiction et protection ». Selon un communiqué, « l’ordre du jour a porté particulièrement sur l’adoption de la « Convention mondiale 108+ sur la protection des données » et sur l’élection d’un nouveau bureau du Comité consultatif ». Aussi, poursuit-il, il a été retenu d’ouvrir à la signature des États le Protocole d’amendement à la Convention 108. « La Convention 108+, tout en restant le seul traité international contraignant sur la protection des données, a été considérablement actualisée par le Protocole d'amendement récemment adopté par le Comité des ministres », informe le document de la Cdp. Il ajoute que « la modernisation de la Convention 108 poursuit deux objectifs principaux : d’une part, assurer une meilleure protection de la vie privée et la compatibilité de la Convention avec les autres textes juridiques majeurs, et d’autre part, renforcer le mécanisme d’évaluation et de suivi de la Convention STE n°108 ».

Ibrahima BA

Le ministère de la Culture a procédé, hier, à la signature de conventions de financement de nouveaux projets du Fonds de développement des cultures urbaines (Fduc). Au total, 71 projets  ont été  retenus pour l’exercice 2018.

Pour accompagner le secteur des Cultures urbaines au Sénégal, le Président de la République avait pris la décision  de mettre à la disposition des acteurs de ce secteur un Fonds de développement des cultures urbaines (Fdcu) d’un montant global de  300 millions FCfa.  Cette  décision du Chef de l’Etat qui avait été bien accueillie par les acteurs des cultures urbaines s’est concrétisée en 2017 par la subvention de 39 projets sur 102 dossiers reçus. Pour  l’exercice  2018, 71 autres projets ont été  retenus. La  signature  symbolique de conventions de financement  de ces projets a eu lieu  hier, à la Maison de la Culture Douta Seck. Parmi les bénéficiaires, figurent le rappeur Duggy Tee qui compte œuvrer  dans le social, Malal Talla, Buzz Event, Awa Nar Fall de Maestro Rollers, entre  autres.

La signature de leurs conventions de  financement s’est déroulée en présence des acteurs culturels, des bénéficiaires, du directeur de Cabinet  du ministre de la Culture, Lamine Sarr, du directeur des Arts, Abdoulaye Coundoul, et du  coordonnateur du fonds, Oumar Sall. Ils ont saisi cette occasion pour faire le point et partager les résultats de la première année d’exercice.

Oumar Sall a indiqué que ce fonds est assez spécifique dans sa gestion, dans la mesure où les acteurs, eux-mêmes, ont proposé les membres des différents comités.  Aussi, il a  souligné que de belles réalisations ont été faites  grâce à ce fonds à Kaolack, avec l’achat de matériels de sonorisation haute-de-gamme qui permet, actuellement, à ces jeunes de créer des revenus à  Rosso, à Dakar etc. Toutefois, M. Sall a  reconnu  des insuffisances, lesquelles sont d’ordre technique et administratif. « La première difficulté identifiée est relative à l’apport du fonds après la signature des conventions de financement 2017.

La contribution du fonds n’a pas été fléchie. Mais nous travaillons, cette année, pour que les financements soient fléchis », a dit Oumar Sall. L’autre insuffisance soulevée par le coordonnateur du Fdcu est cette  difficulté  par les bénéficiaires de faire du reporting. « C’est un métier et ils ont eu beaucoup de difficulté dans ce volet, mais nous essaierons, sur l’exercice 2018, de le corriger parce que c’est cela qui nous permet de faire une évaluation concrète », a-t-il informé. Oumar Sall a aussi noté des difficultés relatives au plan du financement. A l’en croire, quelques-uns, dans leurs documents de projet, ont cité un certain nombre de partenaires. Alors qu’en réalité, au moment de l’évaluation, nous nous sommes rendu  compte qu’ils n’en avaient pas.

Gestion participative et inclusive
Outre ces difficultés, la visibilité du fonds a également posé problème. Car, a soutenu Oumar Sall, beaucoup de projets ont été exécutés mais peut-on dit que c’est grâce au fonds qu’ils ont pu les réaliser. De même, le fonds pour l’exercice 2017 a subi des ponctions du Trésor public. « Sur ce point, le ministre de la Culture s’est engagé à porter le plaidoyer qu’il porte auprès du ministère du Budget et de la Présidence, pour que ce fonds soit exempté de ces ponctions », a rassuré le coordonnateur.

Présidant le comité de gestion du Fcdu, le directeur de Cabinet du ministre de la Culture, Lamine  Sarr, a indiqué que ce fonds est mis en place pour promouvoir l’entreprenariat culturel dans le domaine des cultures urbaines et faire de ces dernières une des mamelles de l’économie culturelle sénégalaise. Pour lui, après  évaluation, les résultats sont performants. La preuve, lorsque le ministre de la Culture a porté le plaidoyer auprès de son collègue du Budget, il a pu bénéficier d’une rallonge de 300 millions FCfa.

« Nous ne savons pas quand est-ce que ce sera exécuté. Mais nous avons reçu cette notification du ministère des Finances, et je pense que si les résultats n’étaient pas probants, le législateur n’accéderait pas à cette demande », a argué Lamine  Sarr. Il a également précisé  qu’ils  feront  le suivi, avec le coordonnateur du fonds et le directeur des Arts, pour que cette notification faite soit exécutée afin que désormais, le fonds soit porté, pour l’exercice 2019, à 600 millions de FCfa,  dans le but de  financer davantage de projets.

Par ailleurs, Lamine Sarr  a demandé une gestion participative et inclusive du Fdcu, et  que  tout se passe dans la transparence et l’équité. « Il faut promouvoir toutes ces disciplines. Et dans le cadre de la décentralisation, de la déconcentration de l’action culturelle, il ne faut pas que les régions soient également laissées en rade. Nous envisageons, dans la gouvernance du fonds, de mettre en place  un conseil consultatif qui va émettre des conseils, des idées et proposer des choses qui seront déposées sur la table du ministre pour voir leur faisabilité », a fait savoir M. Sarr. Remettant  les conventions de financement,  le directeur de Cabinet du ministre a aussi invité les bénéficiaires à utiliser à bon escient ces  subventions allouées.

Maguette Guèye DIEDHIOU

 

L'association culturelle « Waw », promotrice de cinéma et de développement culturel au Sénégal et en Afrique, a lancé le concept « MobiCiné », jeudi 28 juin, au Bureau de l'Unesco à Dakar. Ce nouveau produit permet une distribution et une délocalisation du cinéma dans six régions du Sénégal.

« MobiCiné » est un nouvel concept pour la décentralisation et la distribution du cinéma au Sénégal. Kaolack, Thiès, Saint-Louis, Kédougou, Matam et Ziguinchor sont les six régions cibles du projet après une diffusion sur Dakar depuis 2011.  Le projet facilite l'accès au cinéma grâce à des projections en espaces ouverts tels que les quartiers, les écoles ou à domicile.  La diffusion dans ces six régions est une réponse à « une des problématiques les plus compliquées de l'audiovisuelle, du cinéma, à savoir la distribution », souligne Mme Guiomar Alonso Cano, représentante de l'Unesco-Sénégal. C'est en ce sens que cet organisme international accompagne avec un appui financier le projet « MobiCiné » dans la promotion et la protection des expressions culturelles. Un programme à pérenniser  dans le but de redynamiser la diffusion des œuvres cinématographiques.  L'implantation des unités mobiles de projection dans chaque région du Sénégal permettra de réconcilier le public avec les films sur grand écran. « MobiCiné » transmet des productions africaines ou sur l'Afrique  par le biais d'un équipement de cinéma porté par un triporteur. Par ailleurs, pour contrecarrer l'obstacle des barrières linguistiques qui s'est posé, les films sénégalais priment sur leur registre. Une ère de réconciliation du public aux grands écrans !

L'association culturelle « Waw » mise sur l'autonomie des jeunes entrepreneurs culturels sénégalais à travers des ateliers de formation et le déploiement d'unités mobiles. L'illusion d'une  réinsertion du cinéma dans le quotidien du grand public est permise. Perçu tel un « honneur au cinéma ; une réponse à ce que le cinéma ait droit de cité », pour reprendre Hugues Diaz, directeur de la Cinématographie.
 

Yaye Awa Ly Ngoné SARR
(stagiaire)



CINEMA  

MobiCiné décentralise la
distribution des films

L'association culturelle « Waw », promotrice de cinéma et de développement culturel au Sénégal et en Afrique, a lancé le concept « MobiCiné », jeudi 28 juin, au Bureau de l'Unesco à Dakar. Ce nouveau produit permet une distribution et une délocalisation du cinéma dans six régions du Sénégal.


« MobiCiné » est un nouvel concept pour la décentralisation et la distribution du cinéma au Sénégal. Kaolack, Thiès, Saint-Louis, Kédougou, Matam et Ziguinchor sont les six régions cibles du projet après une diffusion sur Dakar depuis 2011.  Le projet facilite l'accès au cinéma grâce à des projections en espaces ouverts tels que les quartiers, les écoles ou à domicile.  La diffusion dans ces six régions est une réponse à « une des problématiques les plus compliquées de l'audiovisuelle, du cinéma, à savoir la distribution », souligne Mme Guiomar Alonso Cano, représentante de l'Unesco-Sénégal. C'est en ce sens que cet organisme international accompagne avec un appui financier le projet « MobiCiné » dans la promotion et la protection des expressions culturelles. Un programme à pérenniser  dans le but de redynamiser la diffusion des œuvres cinématographiques.  L'implantation des unités mobiles de projection dans chaque région du Sénégal permettra de réconcilier le public avec les films sur grand écran. « MobiCiné » transmet des productions africaines ou sur l'Afrique  par le biais d'un équipement de cinéma porté par un triporteur. Par ailleurs, pour contrecarrer l'obstacle des barrières linguistiques qui s'est posé, les films sénégalais priment sur leur registre. Une ère de réconciliation du public aux grands écrans !
L'association culturelle « Waw » mise sur l'autonomie des jeunes entrepreneurs culturels sénégalais à travers des ateliers de formation et le déploiement d'unités mobiles. L'illusion d'une  réinsertion du cinéma dans le quotidien du grand public est permise. Perçu tel un « honneur au cinéma ; une réponse à ce que le cinéma ait droit de cité », pour reprendre Hugues Diaz, directeur de la Cinématographie.
  Yaye Awa Ly Ngoné SARR
(stagiaire)


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FRANCOPHONIE

L’Ua soutient la candidature rwandaise


Les dirigeants de l'Union africaine (Ua) ont décidé de soutenir la candidature du Rwanda pour diriger la Francophonie, lors de leur sommet à Nouakchott, a-t-on appris, hier lundi, auprès de responsables de pays membres de cette organisation.


« L'Union africaine a demandé à tous les membres de la Francophonie de soutenir la candidature du Rwanda » en la personne de la cheffe de la diplomatie rwandaise, Louise Mushikiwabo, à l'Organisation internationale de la Francophonie (Oif), a déclaré à l'Afp un responsable d'un pays francophone présent au sommet de Nouakchott. « Une décision d'un soutien collectif » en faveur de la candidature rwandaise a été prise lors du sommet de Nouakchott, a confirmé à l'Afp le chef de la diplomatie d'un autre pays membre de l'Oif.
La Francophonie s'est invitée au sommet de Nouakchott avec la candidature du Rwanda pour diriger l'Oif, après quatre ans de mandat de la Canadienne Michaëlle Jean, candidate à sa propre succession en octobre.
Avant l'ouverture du sommet de l'Ua à Nouakchott dimanche, le président du Rwanda, Paul Kagame, qui exerce la présidence tournante de l'Ua, avait fait savoir qu'il tenterait de s'assurer du soutien de ses pairs à la candidature de Mme Mushikiwabo. Paris appuie cette démarche, qui permettrait de ramener la direction de l'Oif en Afrique. Le prochain sommet de la Francophonie, devant désigner le futur chef de l'organisation, doit se réunir les 11 et 12 octobre en Arménie.
Le Premier ministre du Québec, Philippe Couillard, avait déclaré en mai son soutien à un deuxième mandat de Michaëlle Jean à la tête de l'Oif, expliquant qu'elle allait présenter un « plan précis » pour faire taire les critiques à son encontre. Le dirigeant libéral réagissait au soutien de la France, exprimé par le président Emmanuel Macron, à la candidature rwandaise.
Le Québec, qui est avec le Canada le deuxième contributeur de l'Oif, derrière Paris, avait exprimé ces derniers mois des réserves à l'égard de la gestion et du train de vie de Mme Jean.
Mme Jean, ex-gouverneure générale du Canada (représentante de la reine Elizabeth II, chef d'Etat en titre), et ancienne journaliste née en Haïti, a fait carrière au Canada.
Les médias québécois ont pointé ces derniers mois les dépenses, qualifiées de somptuaires, de la Francophonie pour Mme Jean et sa famille. La résidence officielle de la secrétaire générale de l'Oif a été rénovée pour 500.000 dollars canadiens (plus de 330.000 euros) et quatre chauffeurs sont mis à sa disposition, a rapporté notamment en mars le Journal de Montréal.
 (AFP)


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THEATRE : «LA DANSE DE LA PARITE»


Ode à une vie de couple épanouie


La scène du Théâtre national Daniel Sorano a accueilli, mercredi dernier, la représentation  de la pièce « La Danse de la parité » écrite par Papa Samba Badji et mise en scène par Oumar Ciss.


« La liberté peut-elle nuire à la liberté ? » Ce propos trouve une résonance particulière au sein du couple formé par les comédiens Faly (Roger Sambou) et Nogaye (Ndèye Fatou Cissé) de la Troupe dramatique du Théâtre Daniel Sorano. Sur scène, le binôme a interprété, mercredi dernier, la pièce « La Danse de la parité » écrite par Papa Samba Badji, écrivain-dramaturge. Celui-ci s’est inspiré de « Couple ouvert à deux battantes », une œuvre de l’écrivain italien Dario Fo (1926-2016), Prix Nobel de littérature.
Dans son mot de bienvenue, le directeur général du Théâtre Sorano, Sahite Sarr Samb, a magnifié un projet qui témoigne de la vitalité de la cooperation culturelle entre l'Italie et le Sénégal. Sur la même ligne, la deuxième Secrétaire de l’Ambassade d’Italie a salué une “collaboration fructueuse”. Livia Satullo a remarqué “un sujet très actuel au Sénégal et dans le monde”. La diplomate mise sur la culture pour rapprocher deux peuples.
Sur les planches, la scène d’exposition donne à voir un couple dos-à-dos avec comme fond musical une chanson de Kiné Lam "Sëye" (le mariage). Cela fleure bon une tragicomédie à tout propos. L’épouse, Nogaye, a préparé un cocktail explosif, corrosif. S’ensuit un échange aigre doux avec son époux qui tente de la calmer. Elle a tenté de se jeter par la fenêtre. L'autre fois, elle a essayé avec un coup de pistolet. "Une vie entière ne suffit pas pour connaître une femme", lance Nogaye. L'époux, Faly, mène une vie intense en multipliant les conquêtes auprès d’autres femmes. Il ne désirait plus sa dulcinée.
Dans sa mise en scène, Oumar Ciss file cette métaphore assez subtile: "Le Sénégal est au bord du gouffre : cynisme, transhumance politique" comme alibi pour justifier ce jeu de dupe avec sa douce moitié qu'elle prend pour sa mère. Elle essaie de comprendre pourquoi son époux multiplie les conquêtes. “J'ai cherché des émotions en dehors de la famille, des senteurs”, rétorque Faly qui se plaît à entretenir le malentendu.
Pour sauver le couple, il faut changer d'attitudes culturelles. Le tandem se met dans une logique de parité : un couple ouvert, libre de mener une vie double. Faly veut casser les codes. Le lit s’ouvre à la parité. "Non, c'est contraire à nos valeurs", réplique Nogaye, un tantinet moralisatrice. Elle finit par accepter cette nouvelle règle. Elle adopte une nouvelle garde-robe, nouvelle démarche, un déhanchement en relief, une nouvelle silhouette. Nogaye se met dans un long monologue pour chercher à plaire. Car, “Faly ne touchait plus terre, il volait à coups de liaisons”. C’est la liberté du sexe.

Un couple ouvert
Nogaye change de domicile et trouve un autre homme, universitaire, économiste dans une université américaine. Faly lance une question indiscrète à Nogaye pour savoir s'ils l'ont déjà fait... Pas prête. “L'histoire est trop belle pour être brûlée d'un seul coup. Le couple ouvert des deux côtés occasionne des courants d'air”, répond Nogaye avec un sens très poussé de la répartie. Faly chante faux devant le professeur qui joue du piano comme un ange, de la guitare comme J. Hendrix.
Faly est pris à son propre jeu. Nogaye est devenue coquette, désirable. Faly est dégoûté par la tournure de la situation. Son épouse se transforme, s'améliore. Faly, incrédule, veut voir l'amant de Nogaye. Le mari cocu simule une tentative de suicide par le pistolet, l'immolation par le feu. Mélodrame. Pour le dissuader, Nogaye lui confie qu'elle a tout inventé. Le professeur n'existe pas. Alors, Faly s'est laissé attrapé comme un "con". Nogaye aussi. Il respire à plein poumons avec une joie charnelle. Le jeu de dupe est poussé jusqu'à son comble avec une interpretation bien à propos.
E. Massiga FAYE

Les dirigeants de l'Union africaine (Ua) ont décidé de soutenir la candidature du Rwanda pour diriger la Francophonie, lors de leur sommet à Nouakchott, a-t-on appris, hier lundi, auprès de responsables de pays membres de cette organisation.

« L'Union africaine a demandé à tous les membres de la Francophonie de soutenir la candidature du Rwanda » en la personne de la cheffe de la diplomatie rwandaise, Louise Mushikiwabo, à l'Organisation internationale de la Francophonie (Oif), a déclaré à l'Afp un responsable d'un pays francophone présent au sommet de Nouakchott. « Une décision d'un soutien collectif » en faveur de la candidature rwandaise a été prise lors du sommet de Nouakchott, a confirmé à l'Afp le chef de la diplomatie d'un autre pays membre de l'Oif.

La Francophonie s'est invitée au sommet de Nouakchott avec la candidature du Rwanda pour diriger l'Oif, après quatre ans de mandat de la Canadienne Michaëlle Jean, candidate à sa propre succession en octobre.

Avant l'ouverture du sommet de l'Ua à Nouakchott dimanche, le président du Rwanda, Paul Kagame, qui exerce la présidence tournante de l'Ua, avait fait savoir qu'il tenterait de s'assurer du soutien de ses pairs à la candidature de Mme Mushikiwabo. Paris appuie cette démarche, qui permettrait de ramener la direction de l'Oif en Afrique. Le prochain sommet de la Francophonie, devant désigner le futur chef de l'organisation, doit se réunir les 11 et 12 octobre en Arménie.

Le Premier ministre du Québec, Philippe Couillard, avait déclaré en mai son soutien à un deuxième mandat de Michaëlle Jean à la tête de l'Oif, expliquant qu'elle allait présenter un « plan précis » pour faire taire les critiques à son encontre. Le dirigeant libéral réagissait au soutien de la France, exprimé par le président Emmanuel Macron, à la candidature rwandaise.

Le Québec, qui est avec le Canada le deuxième contributeur de l'Oif, derrière Paris, avait exprimé ces derniers mois des réserves à l'égard de la gestion et du train de vie de Mme Jean.

Mme Jean, ex-gouverneure générale du Canada (représentante de la reine Elizabeth II, chef d'Etat en titre), et ancienne journaliste née en Haïti, a fait carrière au Canada.

Les médias québécois ont pointé ces derniers mois les dépenses, qualifiées de somptuaires, de la Francophonie pour Mme Jean et sa famille. La résidence officielle de la secrétaire générale de l'Oif a été rénovée pour 500.000 dollars canadiens (plus de 330.000 euros) et quatre chauffeurs sont mis à sa disposition, a rapporté notamment en mars le Journal de Montréal.

 (AFP)

 

La scène du Théâtre national Daniel Sorano a accueilli, mercredi dernier, la représentation  de la pièce « La Danse de la parité » écrite par Papa Samba Badji et mise en scène par Oumar Ciss.

« La liberté peut-elle nuire à la liberté ? » Ce propos trouve une résonance particulière au sein du couple formé par les comédiens Faly (Roger Sambou) et Nogaye (Ndèye Fatou Cissé) de la Troupe dramatique du Théâtre Daniel Sorano. Sur scène, le binôme a interprété, mercredi dernier, la pièce « La Danse de la parité » écrite par Papa Samba Badji, écrivain-dramaturge. Celui-ci s’est inspiré de « Couple ouvert à deux battantes », une œuvre de l’écrivain italien Dario Fo (1926-2016), Prix Nobel de littérature.

Dans son mot de bienvenue, le directeur général du Théâtre Sorano, Sahite Sarr Samb, a magnifié un projet qui témoigne de la vitalité de la cooperation culturelle entre l'Italie et le Sénégal. Sur la même ligne, la deuxième Secrétaire de l’Ambassade d’Italie a salué une “collaboration fructueuse”. Livia Satullo a remarqué “un sujet très actuel au Sénégal et dans le monde”. La diplomate mise sur la culture pour rapprocher deux peuples.
Sur les planches, la scène d’exposition donne à voir un couple dos-à-dos avec comme fond musical une chanson de Kiné Lam "Sëye" (le mariage). Cela fleure bon une tragicomédie à tout propos. L’épouse, Nogaye, a préparé un cocktail explosif, corrosif. S’ensuit un échange aigre doux avec son époux qui tente de la calmer. Elle a tenté de se jeter par la fenêtre. L'autre fois, elle a essayé avec un coup de pistolet. "Une vie entière ne suffit pas pour connaître une femme", lance Nogaye. L'époux, Faly, mène une vie intense en multipliant les conquêtes auprès d’autres femmes. Il ne désirait plus sa dulcinée.

Dans sa mise en scène, Oumar Ciss file cette métaphore assez subtile: "Le Sénégal est au bord du gouffre : cynisme, transhumance politique" comme alibi pour justifier ce jeu de dupe avec sa douce moitié qu'elle prend pour sa mère. Elle essaie de comprendre pourquoi son époux multiplie les conquêtes. “J'ai cherché des émotions en dehors de la famille, des senteurs”, rétorque Faly qui se plaît à entretenir le malentendu.

Pour sauver le couple, il faut changer d'attitudes culturelles. Le tandem se met dans une logique de parité : un couple ouvert, libre de mener une vie double. Faly veut casser les codes. Le lit s’ouvre à la parité. "Non, c'est contraire à nos valeurs", réplique Nogaye, un tantinet moralisatrice. Elle finit par accepter cette nouvelle règle. Elle adopte une nouvelle garde-robe, nouvelle démarche, un déhanchement en relief, une nouvelle silhouette. Nogaye se met dans un long monologue pour chercher à plaire. Car, “Faly ne touchait plus terre, il volait à coups de liaisons”. C’est la liberté du sexe.

Un couple ouvert
Nogaye change de domicile et trouve un autre homme, universitaire, économiste dans une université américaine. Faly lance une question indiscrète à Nogaye pour savoir s'ils l'ont déjà fait... Pas prête. “L'histoire est trop belle pour être brûlée d'un seul coup. Le couple ouvert des deux côtés occasionne des courants d'air”, répond Nogaye avec un sens très poussé de la répartie. Faly chante faux devant le professeur qui joue du piano comme un ange, de la guitare comme J. Hendrix.

Faly est pris à son propre jeu. Nogaye est devenue coquette, désirable. Faly est dégoûté par la tournure de la situation. Son épouse se transforme, s'améliore. Faly, incrédule, veut voir l'amant de Nogaye. Le mari cocu simule une tentative de suicide par le pistolet, l'immolation par le feu. Mélodrame. Pour le dissuader, Nogaye lui confie qu'elle a tout inventé. Le professeur n'existe pas. Alors, Faly s'est laissé attrapé comme un "con". Nogaye aussi. Il respire à plein poumons avec une joie charnelle. Le jeu de dupe est poussé jusqu'à son comble avec une interpretation bien à propos.

E. Massiga FAYE

 

Le professeur en fabrication au Lycée technique industriel  Maurice Delafosse, Mahamadou Sow, partage les secrets qui lui ont permis de transcender les barrières de prise de parole en public dans son ouvrage intitulé « Surpassez-vous ».

 « Surpassez-vous ». C’est le titre du livre de Mahamadou Sow, un professeur de fabrication au Lycée technique industriel Maurice de Delafosse. La teneur est l’expérience de l’auteur. L’envie d’aller au-delà de ses limites lui a permis de s’exprimer en public, de vaincre le stress, de maîtriser la prise de parole en public. Ce technicien célèbre dans « Surpassez-vous » la confiance en soi. Ce livre est un tissu de ficelles qui aident le lecteur « à transformer sa vie », « à s’épanouir dans tous les domaines », à transcender toute sorte de barrières. « Beaucoup d’entre nous sont prisonniers de leurs habitudes et de leurs attitudes. Par ignorance, nous vivons et avançons péniblement comme des engins dont le frein à main s’est engagé continuellement parce qu’on se met constamment les barrières », affirme Mahamadou Sow. Le partage de son expérience fonde la publication de l’ouvrage. Lorsqu’il était recruté comme professeur de fabrication au Lycée technique Maurice de la Fosse, l’enseignant avait toutes les peines du monde pour s’exprimer, pour communiquer et interagir. Il s’est alors résolu à surmonter ces contraintes. « Cette décision a commencé à germer à la suite de mon recrutement comme professeur de fabrication au Lycée technique industriel Maurice Delafosse. J’éprouvais une sorte d’insatisfaction en moi », raconte le technicien. Il est parvenu à faire sauter « les barrières insurmontables ». Aujourd’hui, l’enseignant veut partager les clés de sa réussite. « J’ai écrit ce livre pour aider les autres à transformer leur vie », résume l’auteur. Entre l’intention et l’action, il y a tout un fossé. L’enseignant a alors commencé à se donner les moyens d’atteindre ses objectifs. Le technicien en fabrication s’adonne à la lecture pour enrichir son vocabulaire, pour développer une estime en soi. « J’ai commencé à acheter des livres, à écouter des éléments audiovisuels pour voir des points qui pourraient m’aider à changer mes imperfections », dit-il.

L’enseignant devient, par la force des choses, un éternel apprenant pour ne pas reprendre sa formule. La lecture a mis à nu ses insuffisances. « Je me suis rendu compte que l’homme est un éternel apprenant », confesse le professeur en fabrication industrielle. La lecture va changer le cours de sa vie. Le développement personnel n’est pas souvent enseigné dans des écoles de formation. L’auteur relève toute l’importance de la valorisation des potentialités d’un individu lorsqu’il déclare : « Les experts définissent le développement personnel comme un ensemble de pratiques et techniques qui favorisent l’épanouissement humain. D’autres le considèrent comme des démarches entreprises de manière consciente afin d’améliorer la qualité de sa vie et de certains aspects de sa personnalité ». Le but ultime de la publication de « Surpassez-vous », c’est d’amener ceux qui trainent les lacunes de prise de parole en public à s’épanouir, à se libérer, à vaincre les handicaps. « Mon principal objectif est de vous motiver, d’éveiller en vous le feu de la persévérance, de proscrire en vous la peur et le découragement face aux épreuves », énumère Mahamadou Sow.  

Idrissa SANE

Le Festival des arts et savoir-faire traditionnels africains est un rendez-vous de la diversité culturelle sénégalaise. Cette année, les batteurs de mortiers « Safènes » constituaient l’attraction aux côtés des Peulhs « firdous » et les Bassaris.

La Maison de la Culture Douta Seck a accueilli, les 28 et 29 juin, derniers, la 10ème édition du Festival des arts et savoir-faire traditionnels africains communément appelé « Convergence culturelle des communautés ». Cette année, les organisateurs ont restreint le nombre de groupes participants « pour des raisons budgétaires ». Six groupes socio-ethnoculturels sont venus exposer leur savoir-faire et les spécificités culturelles de leurs terroirs. Pour le public présent sur les jardins de la Maison Douta Seck, l’attraction était, sans doute, les Sérères « safènes », avec leurs fameux batteurs de mortiers, une pratique millénaire. Les « Foulacoundas » ou Peulhs « firdous » ont aussi offert un joli spectacle. A noter également la présence des Bassaris et d’un corps de ballet multi-patrimoine, qui s’inspire et s’adapte des airs, chants et danses populaires appelés « téomak » (grande dame en sérère).

Selon Makhtar Ndiaye, manager général de l’Alliance culturelle africaine et président du comité d’organisation du festival, l’objectif est de permettre aux différents groupes ethno-socioculturels de se réapproprier leur patrimoine, de le mettre en valeur et en comparaison avec d’autres cultures. Autrement dit, favoriser un dialogue interculturel et un renforcement de la diversité des expressions artistiques culturelles du Sénégal. L’ambition est d’aller vers l’adaptation de ce patrimoine culturel au contexte de la mondialisation et au cadre législatif sénégalais qui est en train d’évoluer vers une professionnalisation.

Cette année, les organisateurs ont voulu innover avec un volet intellectuel visant à réfléchir sur comment accompagner le programme de collecte et de valorisation des expressions et des patrimoines par le ministère de la Culture et comment participer à l’animation du Musée des civilisations noires. « L’idée, c’est de réfléchir sur les types de partenariat possibles avec le Musée des civilisations noires en termes de pourvoi en objets, récits et animation pour donner vie à ce musée après l’inauguration », explique Makhtar Ndiaye.

Selon lui, ce festival, qui fête ses dix ans d’existence, a favorisé un foisonnement d’initiatives au niveau des communautés et un élargissement des courants d’actions. « Nous avons inspiré d’autres initiatives visant à valoriser le patrimoine culturel national. Nous avons formé un certain nombre de personnes au management des événements culturels et aux techniques chorégraphiques », se félicite M. Ndiaye.
 Pour Oumar Badiane, chef de la Division du patrimoine culturel immatériel au ministère de la Culture, le festival est « une quête de connaissance de tous les savoirs qui sont liés à nos traditions ». Il estime que les Tic peuvent jouer un grand rôle dans la collecte, la sauvegarde et la documentation du patrimoine culturel immatériel.

Seydou KA

 

La fondation du Forum d'Assilah dirigé par Mohamed Benaïssa, ancien ministre des Affaires étrangères du Maroc, a remis, vendredi 29 juin, à Assilah, au Maroc, le Prix africain 2018 de poésie Tchicaya U'tamsi, au poète sénégalais Amadou Lamine Sall.

Sur la photo, le Président de la République du Sénégal, présent au Forum d’Assilah, pose avec le poète lauréat.

Le directeur général de la Fondation Léopold Sédar Senghor, Raphaël Ndiaye (sur la photo), était également présent à Assilah.

Niarassi Jeannette a sorti un hymne dédié au Lions de la « Teranga ». Sa chanson intitulée « Aye Gaïndé nguène » est une invite à la persévérance.

Artiste musicienne, auteur et compositeur, Niarassi Jeannette vient de sortir une chanson dédiée à l’équipe nationale du Sénégal qui a disputé la Coupe du monde « Russie 2018 ». Sur conseil de son collègue Mamadou Kane, en collaboration avec l’Orchestre national du Sénégal. La chanson intitulée « Aye Gaïndé nguène » est un hymne, un « chant de motivation et d’encouragements » que l’artiste a dédié aux Lions de la « Teranga » pour les pousser à la victoire pour la coupe du monde mais également pour les échéances sportives à venir. « Par ma voix, mon objectif est de les inviter à se référer à notre symbole national qui est le lion, le roi de la jungle en démontrant ses qualités », explique-t-elle. Selon l’artiste, le lion est le roi de la forêt. Pour cela, elle invite les Lions, les citoyens sénégalais à épouser l’esprit de bravoure du lion et à toujours rester les maîtres de la jungle même dans les moments difficiles.  Niarassi Jeannette veut accompagner les Lions, à travers son chant, en leur donnant « l’envie d’avancer ». « Nous sommes des Lions, unissons nos idées, nos cœurs, nos forces et surtout nos courages pour pouvoir relever ensemble les défis de notre très cher Sénégal », appelle-t-elle tout en se réjouissant du soutien du président de la République, Macky Sall.

Dans son interprétation, Niarassi Jeannette chante ce lion qui a la force et la capacité à surmonter des épreuves dans la jungle.
Artiste musicienne, auteur compositeur autodidacte, N. Jeannette n’en est pas à sa première expérience musicale.

En décembre 2016, l’assistante administrative à la Délégation Wallonie-Bruxelles Sénégal a réalisé son album intitulé « Action de Grâce ». Il contient six titres en français qui parlent de l’Amour de Dieu.

Aliou Ngamby NDIAYE

Après l’entame à Dakar, c’est au tour de sa ville natale, Palmarin Diakhanoor (région de Fatick), d’accueillir les festivités marquant l’hommage de la diva Khady Diouf, ancienne pensionnaire de la compagnie du Théâtre national Daniel Sorano.

Le conseil municipal de Palmarin Diakhanor (région de Fatick) rend hommage à une de ses filles. Ancienne pensionnaire du Théâtre Daniel Sorano, la chanteuse Khady Diouf a été accueillie, hier, dans son terroir au travers de journées culturelles. Pour le maire de la ville et ancien ministre des Energies renouvelables du Sénégal, Louis Seck, « la motivation d’un tel événement repose sur le fait que Khady Diouf est un monument de la culture sénégalaise, plus précisément du chant traditionnel sérère. Elle a, en effet, porté partout dans le monde l’art musical sénégalais ».

C’est une native de Palmarin qui, pendant qu’elle est encore vivante, mérite l’hommage de ses sœurs et frères de sa ville natale et de l’ensemble du Sénégal », a soutenu le maire de Palmarin. Louis Seck d’ajouter que « Khady Diouf est comparable à ces ambassadrices discrètes, effacées parfois inconnues, et qui ont de par leurs chants fait connaître leur pays, leur village, leur organisation aux quatre coins du monde ».

Depuis l’entrée des Palmarins: de Ngallou à Diakhanoor son village natal en passant par Ngounoumane et Nguinth, Khady Diouf a eu droit à un véritable retour aux sources. Aussi bien avec tout son cachet populaire que traditionnel avec chants et danses réservé à tout étranger pour lui souhaiter la bienvenue qui arrive à Palmarin.

Aussi, la diva a eu droit au rappel de son enfance sérère symbolisée par une case qui symbolise l’environnement, l’espace de l’habitat sérère à Diakhanoor où, à l’époque il y avait que des cases dont l’intérieur était équipé de tout matériel (ustensiles, canaris matelas, etc..) utilisé pour les besoins familiaux comme nous l’a expliqué le maire Louis Seck.
Selon Louis Seck, tout Palmarin est mobilisé pour fêter une de ses illustres filles dont la notoriété a atteint les terroirs les plus reculés du pays et un écho admiratif au-delà de nos frontières, faisant de la langue sérère le véhicule d’une autre humanité transculturelle. Cela, avec son titre « Ndèye Wassanam » (maman pardonne-moi en sérère).

Récital de Coran, visite de la case « Khady Diouf », prestation des troupes invitées, cérémonie officielle et soirée culturelle sont au programme de la première journée à Diakhanoor. Aujourd’hui, l’agenda sera rythmé par des discours et témoignages sur la diva, la prestation de troupes et de l’Ensemble lyrique traditionnel de Sorano. Il est aussi prévu une décoration de Khady Diouf et de personnalités de Palmarin. Les journées seront clôturées dimanche avec le vernissage d’une exposition devant l’église après la messe.

Mohamadou SAGNE

 


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