banner home page1

Pour vos insertions, contactez la Régie publicitaire de la SSPP Le Soleil

Culture (2401)

Dans « Bàmmeelu Kocc Barma », son dernier roman (en wolof), qu’il vient de présenter au public sénégalais, l’écrivain Boubacar Boris Diop se sert de la tragédie du naufrage du bateau « Le Joola » pour mettre en scène des personnages observateurs critiques de la société sénégalaise.

Ayant grandi entre la bibliothèque paternelle et les contes maternelles, dans la maison familiale à Thiès, Boubacar Boris Diop a découvert très tôt le poids des mots et leur puissance d’évocation. Mais ses logiques narratives viennent davantage des contes de la mère que des livres du père, confesse-t-il. Présentement à Dakar, il était hier à l’Université Cheikh Anta Diop pour parler de son dernier roman « Bàmmeelu Kocc Barma ». Le ton est donné dès le prologue : « Kafe bu naree neex bu baxee xeen » (ce qui signifie, littéralement, que le bon café se sent à son odeur)…

Pour Boris, la langue est à la fois matière et manière. Dans « Bàmmeelu Kocc Barma », il approfondit cette démarche avec une certaine « articulation » entre le politique et l’esthétique, relève Serigne Sèye, auteur d’une thèse sur l’œuvre de Boris. L’auteur use et abuse, dans ce roman, de ce que les spécialistes appellent l’amalgame littéraire, n’hésitant pas à mettre en scène des personnages fictifs et réels, mais aussi par la convocation de lieux ou faits réels (ici le naufrage du Joola) et imaginaires.

Quand il a eu le projet d’écrire ce livre, Boubacar Boris Diop s’est rendu au village natal de Kocc Barma, Keur Ndiongué Fall, où on lui a rapporté des propos de Kocc qu’il n’avait jamais entendu auparavant et qui sont d’une « réelle profondeur ». Mais le lecteur qui s’attendrait à lire un récit sur Kocc sera déçu ! C’est donc en visitant la tombe du sage wolof que l’auteur a eu l’inspiration de ce titre qui résume de façon allégorique, si l’on peut dire, le mal sénégalais. D’ailleurs, dira-t-il, « Kiné Gadjo [un des personnages principaux], c’est Kocc Barma au féminin ». Et cette coque du bateau au large de l’océan, avec tous ces corps, c’est le tombeau de l’identité sénégalaise, de tous nos péchés, constate, avec cynisme, Ngagne Demba, un autre personnage du roman.

La trame du roman s’articule, on l’a dit, autour du drame du « Joola ». Une tragédie qui aurait dû éveiller les consciences. Mais, hélas, que non. « Aux Etats-Unis, un pays d’environ 200 millions d’habitants, il y a un avant et un après 11 septembre 2011 [en référence aux attentats qui ont fait environ 3.000 victimes à New York et Washington]. Pour un petit pays comme le Sénégal, le naufrage du Joola, qui a fait 2.000 victimes, aurait dû laisser une marque indélébile sur notre mémoire collective », explique Boubacar Boris Diop. Pour mieux souligner le naufrage des consciences.

Pour Serigne Sèye, c’est sans doute le roman le plus moderne et le plus profond de Boubacar Boris Diop. Un roman « résolument tourné vers la mémoire », où les personnages marchent avec leur temps, une critique des mœurs politiques et une réflexion sur le métier de journaliste. En un mot, un roman qui parle de la complexité humaine, où un raté est peint de façon positive et quelqu’un qui réussit socialement (Ngagne Demba) de façon négative.

Militant des langues africaines
Pour susciter le débat autour du roman, l’Ecole doctorale Arts, cultures et civilisations (Arciv) de la Faculté des Lettres et Sciences humaines de l’Université Cheikh Anta Diop avait convié, ce jeudi, le public (composé essentiellement d’étudiants et d’universitaires) pour débattre du thème « Langue, esthétique et politique ». Une occasion de reposer le débat sur les langues nationales.

Connu pour sa démarche militante en faveur des langues africaines – d’où sa décision de ne plus écrire qu’en wolof – Boubacar Boris Diop n’a pas manqué de répéter, à cette occasion, que la question centrale demeure l’introduction de ces langues dans l’enseignement. « Ce qui manquait, c’est un corpus conséquent pour que cette littérature puisse entrer à l’université, dit-il. Aujourd’hui, des œuvres en wolof, ce n’est plus une curiosité ». « Le frein, c’est nous-mêmes. Si vraiment nous croyons à nos langues nationales, il faut aller vers ces belles œuvres comme le roman de Boris pour en faire un corpus dans l’enseignement », appuie Momar Cissé, linguiste et spécialiste de l’analyse du discours. Tout un débat.

Seydou KA

Organisé par l’association  « Premier pas »,  la 1ère  édition du festival international  Jeunes talents,  « Hip hop en couleurs » s’est tenue, du 10 au 13 mai 2018, au  centre  socio-culturel du Point E et à la Maison Douta Seck, avec la participation de plus de 100 jeunes artistes sénégalais et  de la sous-région. A l’issue, les 18 meilleurs jeunes ont été  sélectionnés pour  figurer dans une compilation de 18 chansons intitulée « la Relève ».

Ouverte le 10 mai, la 1ère  édition du festival internationalJeunes talents, « Hip hop en couleurs », a pris  fin le 13 mai  dernier par une grande finale sur  la  scène labélisée de la Biennale Dak’Art 2018 au site de l’ancien Palais de Justice. Organisé par l’association « Premier Pas » pour accompagner les jeunes artistes, le festival a vu  la participation de 100 jeunes artistes sénégalais et de la sous-région.

Selon Ogoula Latif Jean Rémy, partenaire du  festival, l’événement permet de découvrir les talents du hip hop  sénégalais et africains, de collaborer et de vivre avec l’art contemporain. A l’en croire, pendant trois  mois, le collaborateur Samba Diaité  a fait le tour du  Sénégal afin de donner la chance aux jeunes talents de hip hop de prouver leur savoir-faire et d’assurer la relève. « Ce qui nous a fascinés, lors de la présélection,  c’est il y avait  100 jeunes artistes rappeurs sénégalais  hip hop qui  se sont intéressés à la démarche. Et avec la première phase, nous avons  pu retenir 50 et lors de la 2ème étape, 30 artistes ont été sélectionnés et l’ensemble de ces 30 ont eu la chance de monter sur la scène  labélisée de la Biennale de l’art contemporain 2018  à Dakar pour disputer la finale de ce festival international Jeunes talents hip hop », a indiqué Ogoula Latif Jean Rémy. Précisant  qu’à l’issue de la finale, les 18 meilleurs artistes  ont bénéficié d’une compilation pour leur promotion et leur visibilité. Cette production musicale, intitulée « la Relève »,  est composée de 18 morceaux.

Maguette Guèye  DIEDHIOU

 

Quatorze journalistes de la Suisse et d’« Ailleurs » enquêtent, depuis lundi, sur le thème du changement climatique dans le cadre de la 12ème édition Eqda (En Quête D’Ailleurs).

Neuchâtel (Suisse)- « Il est temps d’agir ! ». Le fil conducteur de l’édition 2018 d’Eqda (En Quête D’Ailleurs) se déroule autour de la problématique du changement climatique. L’opération a été lancée, lundi à Lausanne, dans les locaux du Centre de formation au journalisme et aux médias (Cfjm). Dans une ambiance très confraternelle, sept journalistes venus d’ « Ailleurs » s’associent à autant de journalistes suisses pour enquêter en binômes sur les actions entreprises en Suisse et dans les pays partenaires pour limiter le réchauffement climatique ou s’y adapter. La première phase se matérialise au travers d’une série de reportages intensifs sur le territoire de la Confédération.
« Les Accords de Paris ont été adoptés en décembre 2015 par l’ensemble des 195 délégations à la 21ème conférence des Nations unies sur les changements climatiques. Ils prévoient que tous les pays, au nord comme au sud, prennent des mesures concrètes pour faire face à ces changements », rappelle un document transmis aux participants.

Le but d’Eqda 2018 est d’enquêter sur les actions concrètes entreprises en Suisse et dans les pays dont sont issus les partenaires d’Eqda 2018. Ces actions concernent aussi bien la limitation des émissions de gaz à effets de serre que l’adaptation à leurs effets (fonte des glaciers, montée des eaux, climat instable, réchauffement, etc.).

Prenant part à la cérémonie de lancement de cette édition, le président de l’Association Eqda, Christophe Chaudet, a souligné l’intérêt d’avoir des tandems pour faire vivre des échanges éditoriaux, culturels, humains, avec un regard sur le monde.`

Un regard sur le monde
Dans la pratique, Eqda permet à sept tandems de Suisse et « d’Ailleurs » d’enquêter en regard croisé sur les actions entreprises dans le pays de leur collègue. Chaque journaliste d’« Ailleurs » sera soutenu, durant cette semaine, par un collègue actif dans un média romand. Plus tard, les journalistes suisses se rendront à leur tour dans les pays des médias partenaires pour mener l’enquête, avec l’aide de leur partenaire. Les reportages des journalistes « d’Ailleurs » seront mis en ligne sur le site www.eqda.ch au fur et à mesure de leur sortie dans les médias respectifs. Les reportages des journalistes suisses seront publiés ou diffusés du 3 au 28 septembre 2018 par leur média, et simultanément sur le site d’Eqda.

Pour cette année, Léa Gloor, journaliste et responsable web d’Arcinfo (Neuchâtel), collabore sur le terrain avec Massiga Faye, du quotidien national Le Soleil (Sénégal). Anne Rey-Mermet, de La Liberté, fait la paire avec Sarker Nazmus Saquib du quotidien The Dhaka Tribune à Dhaka (Bangladesh). Clémence Vonlanthen, de La Télé Vaud-Fribourg, travaille avec Kavish Pultoo de la Mauritius Broadcasting Corporation basée à Port Louis (Maurice). Frédérique Bugnon, de

Radio Fribourg, tient son micro aux côtés de Laurent Tonegnikes de Radio Diaspora Fm à Cotonou (Bénin). Adrien Zerbini (Rts Radio) fait équipe avec Lucie Simone Haingoarisoa, de Radio Mapita à Fianarantsoa (Madagascar). Valérie Gilloz, de la Rts Tv, joint sa caméra à celle de Gérard Kailou Malam de Télé-Sahel (Ortn) à Niamey (Niger). Et Luigi Jorio, de swissinfo, s’associe à Miriam Telma Jemio du quotidien Pagina Siete à La Paz (Bolivie).

Depuis sa création, l’association soutenue financièrement par la Direction du développement et de la coopération (Ddc) et le Cfjm, a permis de réaliser plus de 200 reportages sur les Echanges inégaux (2007), L'Eau (2008), les Migrations (2009), La Ville (2010), l'Alimentation (2011), le Climat (2012), l'Humanitaire (2013), l'Equation migratoire (2014), la Mondialisation et la petite paysannerie (2015), le Numérique comme facteur de développement (2016) et Les enfants dans la cité (2017).

El H. Massiga FAYE (envoyé spécial)

 

Malgré tout ce qui a été dit, un voile de mystère entoure encore les fameux événements du 15 avril 1987 marqués par la révolte puis la radiation de 6.000 policiers sénégalais. « Observateur intéressé et victime concernée », l’ancien contrôleur général de la Police nationale, Satako Diop, rapporte sa version des faits dans son ouvrage intitulé « Fourches collines ».

« Ce qui est familier n’est pas toujours bien connu », disait Hegel. Faisant sienne ce constat du philosophe allemand, Satako Diop a pris la résolution de témoigner pour apporter sa part de vérité sur les fameux événements de 1987 et 1994 ayant à jamais marqué l’histoire de la Police sénégalaise. Dans « Fourches collines », il apporte, de l’intérieur, un éclairage très édifiant sur ces deux événements. Ancien contrôleur général de la Police nationale, l’auteur a occupé les plus hautes fonctions au sein de la Police. Il a été, tour à tour, conseiller chargé des questions de sécurité au ministère de l’Intérieur, puis à la Primature après une riche carrière aux quatre coins du pays. L’intitulé – « Fourches collines (Critique, autocritique et analyse d’une décimation) – annonce la couleur. Il s’agit d’un jeu de mots s’inspirant de l’expression « fourches caudines », la pire humiliation que des légions romaines eurent à subir, pour qualifier la purge entreprise par le « proconsul » Jean Colin, alors tout puissant ministre d’Etat.

1.246 policiers, sur un effectif de 6.265 furent suspendus de leurs fonctions puis radiés. Telle la réplique d’un tremblement de terre de forte magnitude, les rescapés de ce « naufrage » vivront, sept ans plus tard, un autre traumatisme, avec le massacre de six policiers le 16 février 1994. Deux événements marquant que se propose de restituer l’auteur à travers cette chronique, « déclassifiant » au passage un pan de la « flic story » sénégalaise de ces trente dernières années.

Le « malaise policier »
Dans un style alerte, mêlant littérature et histoire, Satako Diop apporte une contribution remarquable pour une meilleure compréhension des péripéties ayant marqué cette « mutinerie (d’avril 1987) qui a failli dégénérer ». Il « réhabilite » au passage la mémoire des victimes innocentes de cette tragédie. Son témoignage est basé, pour l’essentiel, sur une compilation de ses notes consignées au fil d’une carrière marquée, tout d’un coup, par « un brutal coup d’arrêt », il y a trente ans. A ces carnets intimes, s’ajoutent des témoignages recueillis auprès d’autres victimes, ainsi que des éléments d’investigations et des appréciations personnelles sur l’impact sécuritaire de la gestion de ces événements. Avec patience et obstination, l’auteur a su remonter aux origines du « malaise policier » ayant conduit aux drames de 1987 et 1994. Pour cela, il est allé fouiller dans les pages d’archives. Avec le recul, il voit dans l’affaire

Ibrahima Ndiaye – du nom de ce chef de poste au commissariat central de Kaolack, brièvement placé sous mandat de dépôt, en 1986, suite à la plainte d’un plaignant, lors d’une intervention – l’indice prémonitoire, le signe précurseur de la révolte policière un an plus tard.

Après la réaction musclée du pouvoir, Satako avait échappé au glaive de Colin. Comme tous les cadres des personnels de la Police, il avait dû se soumettre au « détecteur de mensonge » de Colin. Le détachement de Ziguinchor qu’il commandait était resté fidèle et avait « travaillé normalement » lors des événements. Mais l’officier de Police n’a jamais cessé de ressentir le poids de l’humiliation qu’a constitué cette radiation collective avant une réintégration « au cas par cas ». Une amertume qui transparaît dans sa plume, même s’il reste fidèle aux faits dans sa narration. Plus qu’un rappel des faits, l’ouvrage de Satako est une enquête à charge et à décharge.
« Dans la tragédie du 16 février 1994 – comme d’ailleurs lors des événements de 1987 – le directeur général de la Police est à blâmer davantage que le ministre de l’Intérieur, pour n’avoir pas pris les dispositions appropriées dès les premiers signes de tension précédant ces deux chocs traumatiques », écrit-il.

Concernant Jean Colin, le personnage principal du film des événements de 1987, il avait « peut-être raison sur la faillite du commandement dans la Police mais, dans cette affaire, c’est le système qu’il avait lui-même contribué à bâtir qui était en faillite ». Quant aux chefs de la Police, leur réactivité a été « nulle », sans négliger des « soupçons de sympathie » pour le Parti démocratique sénégalais (Pds) dans certaines franges de la Police à l’époque. En définitive, au-delà de la Police, ce livre est une chronique précieuse de l’histoire politique du Sénégal tout court.

Seydou KA

 

Météore des lettres haïtiennes, l'écrivain et intellectuel engagé Jacques Stephen Alexis, probablement assassiné en avril 1961 à 39 ans, est devenu mercredi le premier lauréat du prix Jean d'Ormesson pour son chef d’œuvre « L'espace d'un cillement » (Gallimard/L'imaginaire).

Le prix Jean d'Ormesson est un prix « qui ressemble (à Jean d'Ormesson), un prix qui célèbre les livres, la grande affaire de sa vie », avait expliqué sa fille Héloïse d'Ormesson en annonçant, début mars, la création de ce nouveau (et original) prix littéraire. « Ni l’époque, ni la langue, ni le genre n’entraveront le choix des douze jurés. Seuls leurs goûts, leur complicité et une certaine forme d’affinité élective guideront leur sélection », avait-elle prévenu.
« L'espace d'un cillement », paru en 1959, est un chef d’œuvre du « réalisme merveilleux », genre littéraire lancé par le Cubain Alejo Carpentier. Ce roman d'amour est porté par une écriture incandescente. Livre écrit au présent, chaque chapitre est découpé au rythme des cinq sens (la vue, l'odorat, l'ouïe, le goût et le toucher).

Tout se passe, le temps de la Semaine sainte, dans un bordel de Port-au-Prince, le « Sensation Bar », où se croise toute une humanité en souffrance. On suit Niña Estrellita, prostituée cubaine convoitée par les soldats américains (Les États-Unis ont occupé Haïti de 1915 à 1934). Il y a aussi El Caucho, militant syndicaliste, défenseur des opprimés, qui aimerait arracher Niña à la prostitution.
Le roman nous fait découvrir alternativement les pensées de l'un et de l'autre. Jacques Stephen Alexis avance par petites touches sensorielles (« le premier jour ils se verront »...). Ces deux-là vont devenir amoureux « l'espace d'un cillement ».

Le livre, sensuel et poétique, est aussi une ode à Haïti: ses odeurs, sa musique, sa rage de vivre.
Écrivain proche de Louis Aragon (un des auteurs préférés de Jean d'Ormesson) et d’Aimé Césaire, Jacques Stephen Alexis, né en 1922, a inspiré toute une génération d'écrivains dont le Canadien d'origine haïtienne Dany Laferrière, collègue de Jean d'Ormesson à l'Académie française et membre du jury présidé par Françoise d'Ormesson, épouse de l'auteur d'« Au plaisir de Dieu ».

Militant communiste, Jacques Stephen Alexis, par ailleurs médecin neurologue, fut de tous les combats révolutionnaires de la fin des années 1950 (il rencontra sur son chemin le Vietnamien Ho Chi Minh, le dirigeant chinois Mao Zedong, se lia d'amitié avec Ernesto Che Guevara) jusqu'à son probable assassinat après avoir été torturé par des sbires du dictateur François Duvalier à Haïti au printemps 1961.
L'an dernier, l'éditeur Zulma a retrouvé « par miracle » la suite, malheureusement inachevée, de « L'espace d'un cillement » qui a été publiée sous le titre « L'étoile Absinthe ».

(AFP)

Dans le cadre de la célébration du 11ème anniversaire de la disparition du grand cinéaste sénégalais, Sembène Ousmane, la deuxième édition de « Sembène à travers l’Afrique » offrira plus d’une centaine de projections, du 9 au 11 juin, au Sénégal et dans une trentaine de pays africains.

L’immortalité de Sembène Ousmane réside bien dans son œuvre. Pendant des décennies, celui qu’on considère comme le « père du cinéma africain » s’est engagé dans la plus grande ferveur pour une Afrique libre et fière de sa culture, de son héritage. L’homme, grâce à la magie de la cinématographie et de la littérature, cherchait à rehausser l’image du continent noir. La commémoration du 11ème anniversaire de son décès coïncide avec la deuxième édition de « Sembène à travers l’Afrique » prévue du 9 au 11 juin. L’événement va être ponctué par la projection du classique « Xala », un film considéré « comme l’une des plus grandes œuvres politiques du cinéma mondial » et celle d’un film documentaire « Sembene ! », suivi de débats.

Selon Samba Gadjigo, initiateur du projet, « cette commémoration est motivée par le désir non réalisé de Sembène Ousmane de son vivant, et 50 ans de travail continu, de restituer les histoires africaines aux Africains ». Il s’agit donc, selon lui, de célébrer la vie de ce cinéaste africain  et l’œuvre qu’il a laissée comme viatique et nourriture spirituelle. Mais également de rendre sa production accessible au plus grand public pour l’édification de son rêve panafricaniste.

Au Sénégal, 23 projections sont prévues à Dakar et dans les autres régions du pays. Dans le continent, une trentaine de pays vont diffuser 100 projections. L’initiative, « Sembène à travers  l’Afrique », produit par « Galle Ceddo Projects », fournit gratuitement les films de Sembène aux organisations partenaires dans les villes et villages du continent. Le projet a bénéficié, cette année et pour les quatre ans à venir, d’un soutien de la Fondation Frances Cassirer d’un montant de 110.000 dollars, soit près de 62 millions de FCfa.  

Lors de sa première édition, a soutenu Samba Gadjigo, « Sembène  à travers  l’Afrique », de concert avec des organisations africaines, a pu partager le film documentaire « Sembene! »  avec  38 pays africains  en y organisant 130 projections publiques gratuites. Aussi, a-t-il ajouté, plus de deux millions de Stream et de diffusions gratuites ont été réalisées dans quinze autres pays.

L’innovation pour cette présente édition sera surtout la projection du chef-d’œuvre de Sembène Ousmane, « Xala ». Un film qui est le portrait typique « du maillage complexe et contradictoire des traditions, des aspirations et des frustrations d’une culture qui a été déséquilibrée par le colonialisme et qui, une fois de plus, se renouvelle ». Pertinent par sa thématique et son approche historique, « Xala » est l’une des productions les emblématiques de Sembène Ousmane.  

Ibrahima BA

 

Les besoins des universités seront recueillis et pris en charge pour leur faire bénéficier, de façon optimale, du projet Smart Sénégal qui comporte une importante composante « e-Education ». Le directeur général de l’Adie, en tournée dans les universités sénégalaises, en a informé les différents recteurs ainsi que leurs collaborateurs.

Cheikh Bakhoum, en tournée dans les universités du pays, a d’ailleurs révélé qu’avec l’accès au câble sous-marin envisagé dans le cadre du projet Smart Sénégal, notre pays va augmenter sa bande passante au niveau international et améliorera considérablement sa connectivité.

Une connectivité dont l’Adie veut faire bénéficier davantage les universités, afin de répondre au besoin incontournable pour la qualité de l’Enseignement supérieur. Pour cela, l’Adie dit avoir « interconnecté l’ensemble des universités à l’intranet gouvernemental. Ainsi, les étudiants, le personnel universitaire et les dirigeants disposent d’une connectivité gratuite et d’autres services informatiques pour améliorer les conditions d’études et de travail dans l’espace universitaire ». Toutefois, avec l’augmentation du nombre d’étudiants, les besoins en connectivité dans les différents campus universitaires se sont accrus. D’ailleurs, renseigne un document de l’Adie, lors de leur audience avec le Chef de l’Etat, Macky Sall, les étudiants ont demandé un renforcement de la connectivité. Et pour une meilleure prise en charge de cette doléance, Cheikh Bakhoum, accompagné de ses collaborateurs, a initié une tournée dans les différentes universités du Sénégal.

La délégation de l’Adie s’est ainsi rendue le 31 mai et le 1er juin à l’Université Alioune Diop de Bambey, à l’Université de Thiès et à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis. Dans les différents sites visités, le directeur général de l’Adie et ses équipes ont pu faire l’état des lieux de la connectivité. « Pour l’essentiel, les universités sont connectées à la fibre optique et des mesures ont été prises afin de renforcer la connectivité wifi », informe le document de l’Adie.

La délégation se rendra également dans les Universités de Ziguinchor et Dakar, dernière étape de la tournée.

Omar DIOUF

La formation de futurs producteurs de contenus dans le secteur de l’audiovisuel en Afrique sub-saharienne est un des crédos de Canal+. La direction du groupe Canal+ International a lancé la deuxième édition de « l’Afrique au féminin », hier, à Abidjan, lors de la 4ème édition du Discop Africa.

Par le biais de Journalistes reporters d’images (Jri), le groupe Canal+ offre des séminaires de formation en écriture de scénarii, tournage, montage vidéo et utilisation des outils digitaux. A la fin de la formation, les sept Journalistes reporters d’images (Jri) vont produire chacun un reportage de société de treize minutes axé sur la place de la femme dans la société africaine.

Grace Loubassou, en charge du développement de « l’Afrique au féminin » déclare en ce sens que « le thème retenu, cette année, nous tenait à cœur… Il était important pour nous de féminiser nos métiers et plus particulièrement celui de réalisateur. Diversifier les regards pour diversifier les histoires et les récits que nous portons à l'écran ... ».

Selon David Mignot, directeur général de Canal+ Afrique, « cette initiative s’inscrit dans la volonté du Groupe de contribuer au développement des métiers de l’audiovisuel sur le continent africain à travers la formation de professionnels du cinéma et la mise en valeur de créations originales. ».

En partenariat avec Galaxie Africa et Cfi, le Groupe Canal+ va, pendant neuf mois, financer et former ces sept talents issus des pays francophones cités ci-dessus. Les productions seront diffusées en exclusivité lors de la 50ème édition du Fespaco (Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou), du 23 février au 2 mars 2019, puis à l’antenne à l’occasion de la journée de la Femme 2019.

Yaye Awa Ly Ngoné SARR (stagiaire)

Airbus, vient de lancer la sixième édition du concours « Fly your ideas ». Ce concours sur les technologies digitales novatrices invite la prochaine génération d’innovateurs à proposer et à développer leurs idées originales pour l’industrie aéronautique et spatiale.

Célébrant, tous les deux ans, la créativité et l'innovation dans le but de répondre à des défis concrets de l'industrie, la sixième édition du concours « Fly your ideas » a été officiellement lancée, lundi 5 juin. A l’initiative du leader mondial de l’aéronautique, Airbus, ce concours accueille des participants du monde entier, avec des équipes universitaires issues de toutes les disciplines : de l'ingénierie et des technologies de l'information au marketing et au design. Selon un communiqué, il offre aux étudiants l'occasion de donner libre cours à leur esprit pionnier en travaillant sur des technologies digitales novatrices aux côtés d'experts de l'industrie. Aussi, « Airbus recherche des idées susceptibles de révolutionner l'industrie aéronautique et spatiale au cours des décennies à venir et de créer un monde plus sûr, plus respectueux de l'environnement et mieux connecté ». Les inscriptions sont ouvertes à l’adresse : www.airbus-fyi.com.

Lancé depuis 2008, « Fly our ideas » a enregistré la participation de plus de 20.000 étudiants venus de 650 universités à travers 100 pays du monde. Il se déroule en trois étapes consécutives, chacune offrant aux équipes participantes l'occasion d'affiner le développement de leurs concepts avec le soutien de spécialistes et de mentors d'Airbus. « Outre l'opportunité de se rendre dans les locaux d'Airbus pour poursuivre le développement de leurs idées, six équipes finalistes au maximum s'affronteront pour se partager un prix de 45.000 euros et pour la chance de faire évoluer leur idée au sein de l'industrie », informe ce communiqué, ajoutant que l'édition 2019 demande aux équipes de relever l'un des défis suivants : Electrification, Services de données, Cybersécurité, Internet des objets, Intelligence artificielle, Réalité mixte.

Appuyé depuis 2012 par l’Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture, « Fly your Ideas » permet, selon son parrain, Marc Fontaine, Digital Transformation Officer d'Airbus, de «  nous rapprocher des innovateurs de l’ère digitale et d'orienter leur énergie et leur enthousiasme vers les formidables possibilités que nous entrevoyons au sein de notre propre transformation digitale ». La finale de l’édition de cette année se tiendra en 2019 et elle sera l’occasion pour les étudiants de présenter leurs idées devant un public d'experts de l'industrie.

Ibrahima BA

Renforcement des programmes régionaux, basculement de France 4 en numérique... La ministre de la Culture Françoise Nyssen a présenté hier ses premières pistes pour réformer l'audiovisuel public, des annonces sans grande surprise qui ont suscité l'inquiétude de syndicats et organisations du secteur.

« L'audiovisuel public doit dicter le tempo, prendre des risques, oser », a lancé la ministre devant les patrons de France Télévisions, Radio France, Arte France, France Médias Monde, TV5 Monde et l'Ina, les six groupes de l'audiovisuel public.

Le premier volet de cette réforme, dont le but est notamment de mieux répondre à l'évolution des usages des téléspectateurs (Svod, programmes à la demande...), se concentre sur le numérique « qui doit redoubler d'ambition », avec « un investissement supplémentaire de 150 millions d'euros d'ici 2022 » puis « de 100 à 150 millions d'euros par an après 2022 ». Cet effort se fera par un « redéploiement des moyens » et la mise en commun des projets, sachant que selon la presse, l'effort d'économies demandé au secteur oscillerait entre 250 et 500 millions d'euros d'ici 2022.

Sans donner de chiffres précis, l'entourage du ministère a indiqué qu' « un cadrage budgétaire avait été donné aux sociétés et qu'il serait communiqué dans les prochains jours ». Côté offres, dès mercredi, les groupes vont lancer une nouvelle plateforme de décryptage des fausses nouvelles hébergée sur le site de franceinfo. Puis une plateforme commune autour de la culture verra le jour fin juin, puis cet automne une offre d'éducation grand public (à destination des élèves, étudiants et enseignants) qui s'appuiera sur le site d'Arte Educ'Arte.

Trois fois plus de régional
Le plus ambitieux des projets communs est le lancement d'un média jeunesse pour tenter de reconquérir une tranche d'âge qui se détourne des médias traditionnels. « Nous allons bâtir un champion industriel du numérique pour reconquérir le jeune public », a assuré la ministre. France Télévisions devra libérer « au moins le canal hertzien » de sa chaîne jeunesse France 4, qui basculera sur le numérique à une date non précisée.

Delphine Ernotte, la patronne de France Télévisions, a précisé que l'offre pour enfants serait refondue autour « d'une marque unique », « une offre délinéarisée » (à la demande, ndlr) et « sans publicité », avec des programmes pour enfants maintenus sur les autres chaînes.

« Il ne s'agit plus aujourd'hui d'ajuster notre modèle à la marge » mais de le « refonder radicalement », a estimé la dirigeante rappelant qu'il fallait « moins peser sur les dépenses publiques », alors que son groupe devra réaliser le plus gros des économies.
Une réflexion sur un éventuel basculement au tout-numérique de France Ô, chaîne de France Télévisions dédiée aux outremers, va également être lancée. « Il n'y a pas de disparition programmée » de France Ô, a cependant assuré la ministre des Outre-mer Annick Girardin, estimant que la chaîne devait « être préservée ». « Supprimer des chaînes comme France 4 ou France Ô, c'est limiter la production audiovisuelle indépendante, supprimer des emplois dans le secteur des films d'animation », a regretté le syndicat FO de France TV. La Cgt dénonce de son côté « une réduction du périmètre du bouquet public que n'avait encore pas osé le pouvoir politique ».

Les députées communistes Marie-George Buffet et Elsa Faucillon ont promis qu'elles mèneraient « le combat à l'Assemblée pour contrer ce vaste plan social afin de défendre la pluralité et la qualité de l'information ».
France 3, qui diffuse actuellement deux heures de décrochages régionaux par jour, devra se recentrer sur la proximité et « tripler » ses programmes régionaux, et combiner ses forces avec les stations locales de Radio France. Des matinales communes France Bleu/France 3 seront testées dans deux régions à la rentrée, a indiqué la patronne de Radio France, Sibyle Veil. Les questions de gouvernance, de financement et ce qui concerne la régulation du secteur (transposition de la directive européenne Sma) feront l'objet de lois courant 2019.

Entre temps, une mission de concertation dirigée par Catherine Smadja, ex-haut cadre de la Bbc, devra approfondir les chantiers présentés lundi avec des premières conclusions mi-juillet.
Pour la société d'auteurs Sacd, la « suppression de France 4 est un signal aussi inquiétant qu'inédit » et les annonces concernant la création sont « salutaires mais minimales ».
Les annonces de lundi, « certes importantes et portées par des engagements forts, ne constituent pas la réforme d’ampleur à laquelle les professionnels s'attendaient », a regretté la Scam (Société civile des auteurs multimedia).

(AFP)

Pape Meïssa Guéye, coordonnateur du Syndicat national des travailleurs de la culture (Sntc) affilié à la Csa et initiateur du « Théâtre de la Rue », appelle la mairie de Guédiawaye à accorder une meilleure attention aux acteurs culturels du département.

Au cours de cette conférence de presse, Pape Meïssa Guèye, coordonnateur du Syndicat national des travailleurs de la culture (Sntc) a attiré l’attention sur la situation économique précaire des acteurs culturels du département de Guédiawaye. Selon M. Guèye, cette situation aurait pu être meilleure si le secteur culturel de la localité bénéficiait des mêmes appuis que les autres secteurs.

« Beaucoup de jeunes s’activent dans le secteur de la culture et le fait de laisser la situation pourrir n’aura pour conséquences que d’accroître la précarité qui sévit dans la famille culturelle de Guédiawaye », a martelé Pape Meïssa Guèye. Ce dernier a aussi profité de cette tribune pour fustiger ce qu’il considère comme un manque de considération à la famille culturelle de Guédiawaye.

« C’est aussi l’occasion pour nous d’attirer l’attention de l’opinion sur les déceptions répétitives subies en permanence par les acteurs culturels. C’est regrettable de constater que dans le département de Guédiawaye, la culture n’est pas appuyée et que les manifestions culturelles ne sont pas subventionnées. A vrai dire, la culture est le parent pauvre dans notre département, au grand dam des acteurs qui y évoluent », a indiqué l’initiateur du Théâtre de la rue.

« Aujourd’hui, nous venons de découvrir, à notre grande surprise, une demande de renseignements de prix à compétition restreinte pour l’organisation du festival de Guediawaye. Mais, jusqu’ici, aucune information claire et précise ne nous est encore parvenue. Cela fait partie des choses que nous dénonçons de vive voix », poursuit-il. Les responsables du Sntc appellent les autorités municipales à accorder une meilleure considération aux acteurs culturels.

Abdou DIOP  

 

Dans ce recueil composé de trente-cinq textes qu’il vient de publier aux éditions L’Harmattan et intitulé « Périple solaire », Moussa Seydou Diallo, journaliste au « Quotidien » et enseignant de formation, magnifie la femme et les terroirs qui l’ont vu naître et grandir. « Périple solaire », c’est aussi le récit poétique de chagrins d’amour, de souvenirs d’enfance et de ressentiments douloureux, de l’immigration clandestine… Mais aussi, un sentiment d’espoir que partage l’auteur pour la jeunesse « en quête de lendemains meilleurs ».

Par la magie des vers qu’il alterne à bien des occasions à l’aide de rimes croisées, embrassées ou quelquefois plates, le jeune poète ouvre son recueil « Périple solaire » avec une céleste reconnaissance, consacrant ainsi, son premier texte à « Allah » dont il magnifie la grandeur, la miséricorde… Témoin de sa foi. Grâce à « une adresse des poèmes », Moussa Seydou Diallo nous plonge, dans ce recueil de poésie, dans ses souvenirs d’enfance, nous rappelant sa terre natale, « Goudomp » qui a vu ses premiers pas d’enfance. Et ses vers, quasiment de même mesure, s’adaptent aisément au style musical.

La dédicace du jeune poète de ce recueil de poèmes à sa mère est révélatrice de son attachement à la condition de la femme et surtout de sa mère. Diallo ne manque pas d’ailleurs de la glorifier quand il dit : « A ma brave et infatigable mère, sous le soleil ardent comme sous l’ombre fraîche, je chante la mienne, Dado Diallo à qui je dédie ce recueil de mots pour panser ses maux, sécher ses larmes chaudes, saignant mon cœur d’émeraude ». Et l’auteur ne le fait pas moins bien quand il dit rendre « hommage à toutes les femmes du monde et singulièrement aux braves femmes sénégalaises ». Ainsi, Moussa S. Diallo se tourne naturellement, à la page 23, « Je t’écris », vers la femme, que ce soit sa mère protectrice ou cette autre surnommée « La Dame au chapelet » ; comme l’a fait remarquer la préfacière Andrée-Marie Diagne-Bonané, ou encore « Déesse noire » dont il chante la beauté « endiablée ». L’auteur manifeste ainsi « toute son affection et son attachement », comme l’aura aussi rappelé la préfacière, à celle qui lui a donné la vie.

Amour du terroir
Par une alternance de rimes féminines et masculines, il s’offre une certaine liberté à travers ce quatrain, en s’abreuvant dans ses souvenirs d’enfance, au travers des faits quotidiens d’alors. Des souvenirs qui sont la source de son inspiration pour nous faire revivre ses sensations et les images encore vivantes et fraîches dans sa mémoire. Et Moussa Diallo le réussit bien dans les poèmes « Bouillie matinale » ou encore dans ceux intitulés « Dans les herbes » et « Cascade », en nous invitant quelque part à sentir et pour ses concitoyens à se ressouvenir de ces paysages communs, saisissants et calmes du « Fouta » pour ne pas nommer Kédougou, situé à la lisière des contreforts du Fouta Djallon.

C’est dire aussi que l’auteur de « Périple solaire » chante le pays Bassari, son amour pour son terroir, ses terroirs peut-on dire ainsi que les chagrins d’amour, d’événements douloureux dont il a été témoin, victime ou coupable… Avant de manifester qu’il en est « Désolé » à l’image d’un des titres de ses poèmes.
Dans son avant-propos, l’ancien ministre de la Communication, ancien maire et actuel député de Kédougou, Moustapha Mamba Guirassy, en rappelant un des poèmes de l’auteur, « Ecrire pour exister », confie que c’est là « un recueil de poèmes qui célèbrent les terroirs de la belle région que nous avons en partage avec d’autres compatriotes : Kédougou, « La terre des hommes ».

L’auteur prend alors sur lui le courage d’écrire pour se « lâcher, pour panser ses plaies, aimer, admirer, témoigner et contempler ». Donc pour « exister » tout court. « Périple solaire », c’est, au-delà, le récit poétique de l’émigration clandestine, de passions personnelles auxquelles se livre le jeune poète, notamment à travers le poème « Rêve d’une dulcinée ». C’est aussi le récit des problèmes de société, de la question des enfants et surtout d’espoir, tout comme il le rappelle bien dans le poème « Demain ». Ainsi, « Demain est un autre jour, jour du soleil levant, l’aube d’un nouveau jour d’espoir… » pour l’auteur. Bref : « Demain, c’est le futur, l’avenir pour la jeunesse en quête d’un lendemain meilleur », insiste-t-il.

Amadou DIOP

 

Dans le cadre de la programmation « In » de la 13ème édition de la Biennale de l’art africain contemporain, la galerie Le Manège a déroulé le tapis rouge à l’artiste camerounais Pascale Marthine Tayou pour son projet « Bois céleste ». Prévue jusqu’au 31 octobre 2018, cette exposition est une installation de poutres de bois faisant écho à la thématique du Dak’Art : « l’heure rouge ».

Impressionnant. Le mot n’est pas de trop pour qualifier le projet « Bois céleste » de l’artiste camerounais Pascale Marthine Tayou. Pour la 13ème édition de la Biennale de l’art africain contemporain de Dakar, il a préféré surseoir à ses assemblages, ses dessins et ses sculptures, pour proposer une installation monumentale dans le cadre somptueux de la galerie Le Manège de l’Institut français de Dakar. Cette exposition inscrite dans la programmation « In » du Dak’Art, qui a vu la participation de 12 étudiants l’Ecole des Beaux-arts de Paris associés à ceux de l’Ecole des Arts de Dakar, est une forêt de pieux suspendus au plafond. Entre équilibre et rigueur, elle donne l’impression d’une secousse programmée dans le temps. Évalués à plusieurs dizaines, ces pieux à la pointe aiguë et colorée annoncent un péril. Mais ce danger semble parfois amoindri par la configuration de certains troncs qui sont moins pointus que d’autres et touchant à peine le sol. Offrant parfois une vision en contre prolongée, ces bois attachés au plafond, dans une dimension inégale, portent un message, une histoire. En effet, conformément à la conception de son auteur, ici, chaque pieu représente un être humain se trimbalant au milieu de ses pairs. Si « l’homme et le remède de l’homme », Pascale Marthine Tayou veut montrer également comment nous constituons un danger, une menace, pour nous-mêmes. Et l’actualité quotidienne liée aux guerres, au terrorisme et au changement climatique en est une parfaite illustration.

Autodidacte
Face à ces menaces faisant le quotidien de l’humanité, l’artiste appelle à un apaisement ; à revoir nos relations humaines, pour construire un monde de paix ponctué par le respect de l’autre et du droit de chaque citoyen. « Bois céleste » avec sa flotte d’épine traduit le ressenti d’un artiste engagé et déterminé à partager ses expériences. L’expo fait écho au thème de la 13ème édition du Dak’Art : « L’heure rouge ». Une thématique, qui selon Pascale Marthine, traduit « l’heure de la rénovation, du changement, de la transformation, des impossibles, l’heure des calembours sauvages et même d’une devinette osée… ».

Né en 1967 à Yaoundé, au Cameroun, Pascale Marthine Tayou vit et travaille en Belgique. C’est au début des années 1990 qu’il commence à connaître une aura internationale et davantage encore après sa participation à la Dokumenta 11 en 2002 et à la Biennale de Venise en 2005 et 2009. Reconnu pour ses œuvres construisant des « ponts entre les civilisations et révélant les liens ambigus entre l’homme et la nature », l’artiste a pris un double nom au féminin au début de sa carrière. Une façon de distancier « ironiquement » de l’idée « d’artiste démiurge, de la catégorisation homme/femme et de toute limitation géographique ou culturelle ». Autodidacte, Pascale Martine Tayou est un artiste prolifique touchant à plusieurs expressions artistiques dont le dessin, la photographie, la sculpture, le graffiti. Son exposition « Bois céleste » est à découvrir jusqu’au 31 octobre prochain à la galerie Le Manège, 89 rue Joseph Gomis.

Ibrahima BA

L’ambassade d’Italie au Sénégal œuvre pour le rapprochement entre les deux pays au travers de la culture. Une première expérience s’est matérialisée, récemment, avec une résidence artistique d’un mois entre le jazzman italien Paride Pignotti et le joueur de kora sénégalais, Noumoucounda Cissokho.

Le jazzman italien Paride Pignotti et le joueur de kora sénégalais, Noumoucounda Cissokho, ont récemment bouclé un mois de résidence artistique à Dakar. Paride a été sélectionné dans le cadre d’un projet lancé par l’Association des jazzmen italiens et soutenu directement par l’ambassade d’Italie à Dakar. Au cours de cette résidence, il a pris des cours de djembé (percussion).

Lors d’un entretien, Paride confie : « Je suis très marqué par l’hospitalité, la chaleur, cette générosité qui se dégage de la musique au Sénégal ». Sur la même ligne, le jazzman italien relève cette belle alchimie entre la musique et la danse. Ce qui, à ses yeux, donne des rythmes assez forts.

Paride et Noumoucounda se sont produits en concert dans certains clubs de la capitale comme l’« Endroit », « Bazoff », « Soleil Café ».

Sur scène, la collaboration entre les deux musiciens donne à écouter une orchestration aux accents jazzy. Le métissage musical est manifeste. Les notes de kora, guitare, percussions s’égrènent dans une belle fusion. Par moments, un invité vient poser sa voix dans une rythmique très enjouée. La complicité entre Paride et Noumoucounda est perceptible sur scène. Une monstration qui a fini de ravir une assistance qui en redemande. L’écriture musicale explore divers univers : profane, sacré.

Le deuxième secrétaire de l’ambassade d’Italie à Dakar, Livia Sattulo, informe que Paride va bientôt publier son premier album studio. Le disque est titré 43° Parallelo et il a été enregistré dans le TubeStudio de Fara Sabina (localité au centre de l’Italie) et son titre est inspiré par le parallèle qui passe par sa ville natale Grottammare. Il est composé de 8 singles dont 6 compositions originales (écrites par lui-même) et 2 « standards » de la tradition jazz.

« Le quatuor musical est formé par des musiciens très connus sur la scène jazz internationale que Paride a choisi dans le but de donner à son album la meilleure performance « esthétique » », explique L. Sattulo. La diplomate détaille : il s’agit de Seby Burgio au piano, Alberto Fidone à la contrebasse, Alessandro Marzi à la batterie et le special guest Nate Birkey, trompettiste américain.

Paride est titulaire d’une Maîtrise (2014-2016) en Jazz obtenu au Conservatoire « Santa Cecilia » de Rome, avec félicitations du jury. Il a soutenu une thèse intitulée « Influences musicales dans le processus de composition » avec le musicien Fabio Zeppetella.

En 2015, il participe au projet Erasmus pour un semestre au conservatoire royal de Bruxelles, où il entre contact avec de nouveaux univers et influences musicaux. Outre une formation musicale très étoffée, le jazzman italien se distingue également dans des concours de musique.

La même année, il gagne la bourse pour former le groupe des meilleurs étudiants du séminaire « Nuoro Jazz ».

En 2016, il figure parmi les 5 finalistes de la compétition nationale « Chicco Bettinardi » -Au début de ses activités de concert, il a collaboré avec de nombreux musiciens de la scène jazz italienne comme Massimo Moriconi, Giuseppe Bassi, Ettore Fioravanti, Mario Corvini, Danila Satragno, Eugenio Colombo, Jacopo Ferrazza et beaucoup d’autres.

E. Massiga FAYE

La choriste Daniela Ahanda vient de lancer sur le marché musical son premier single « Poser ». A 27 ans, cette étudiante camerounaise à l’Esp de l’Ucad peut être classée de modèle inspirant pour les jeunes talents. L’artiste, choriste de plusieurs chanteurs de renom, demeure convaincue que le culte du travail bien fait est la clé du succès.

Une jeune dame enracinée dans sa culture. Daniela Ahanda, étudiante en Master 2 de Ressources humaines à l’Ecole supérieure polytechnique de Dakar, rencontrée chez elle, vit dans la sobriété et la simplicité. Une image qui contraste avec les photos de la chanteuse publiées sur les réseaux sociaux. L’artiste choriste camerounaise, née en 1992, installée à Dakar depuis plus de 7 ans, garde bien la tête sur les épaules. Son intérieur renseigne sur le mode de vie qu’elle a adopté. Une croix accrochée sur le mur, un lit d’une place, une petite moquette et quelques petits objets de décoration ornent sa petite chambre louée dans un quartier assez calme de Dakar. Daniela ne semble pas être du genre à s’engouffrer dans des fantaisies alors que des photos sur les réseaux sociaux dévoilent des facettes d’une jeune provocatrice, sexy, aguichante.

« Ces photos révèlent ma vie d’artiste, je suis obligée de m’adapter aux règles du show-biz. Quand je dois m’afficher, il me faut être à la pointe de la mode, attirer le regard, susciter la curiosité mais je suis une casanière, j’aime rester dans mon coin, vivre tranquille. D’aucuns me reprochent cette posture car, dit-on, une artiste, c’est la visibilité », confie-t-elle.

La jeune chanteuse n’est pas également une habituée des boîtes de nuit. « Je n’aime pas trop ; c’est peut-être parce que j’ai toujours du mal à suivre la mouvance des artistes. » Elle a fait le choix de mener une vie bien rangée, assez équilibrée, d’autant plus qu’elle doit se consacrer à la préparation de son mémoire de fin d’études. « Je subis la pression de mon père qui tient à ce que je décroche mon Master 2, même s’il respecte mon choix de mener une carrière musicale », confesse l’artiste. Le papa, cadre dans une institution internationale, a toujours tenu à veiller scrupuleusement à son éducation, surtout que Daniela a perdu sa maman durant sa tendre enfance.

« THE VOICE » AFRIQUE FRANCOPHONE

Malgré son jeune âge, Daniela Ahanda s’est toujours inspirée de sa vision grande du futur mais aussi de l’héroïsme de ces femmes qui s’appuient sur le culte du travail pour atteindre le sommet. La détermination, la volonté de réussir, le courage ont toujours constitué ses armes pour ouvrir des portes du succès. Quand elle parle, on découvre une femme débordante d’ardeur. Ses yeux qui brillent dégagent une forte passion.

Ses débuts dans la musique témoignent d’ailleurs de ces fortes convictions qui l’ont toujours animée. Alors qu’elle était étudiante en Licence en Travail social communautaire, à Dakar, elle a tenu à monter sur scène lors d’un concert du rappeur sénégalais Didier Awadi. Elle a profité d’un « open-mic » pour son baptême de feu. Les belles vibrations sonores de Daniela Ahanda séduisent le public et captivent le rappeur Awadi qui lui proposera par la suite d’être sa choriste. C’était au mois de novembre 2014. Le début d’une belle carrière de choriste internationale.

Daniela Ahanda a alors le vent en poupe. Elle sera, par la suite, sollicitée par d’autres grandes célébrités. Elle est contactée par les chanteurs Wally Seck puis Sidiki Diabaté, tous subjugués par sa voix douce et angélique. « Mes mentors m’ont toujours témoigné leur confiance, ils m’ont fait comprendre que je pouvais aller très loin. D’ailleurs, je n’ai jamais caché cette forte envie de faire bouger les lignes, d’apporter ma touche et de pouvoir voler de mes propres ailes » ajoute-t-elle.

Deux ans plus tard, en 2016 plus précisément, elle est sélectionnée à la première édition du concours international de chant « The Voice » Afrique francophone qui se tient en Afrique du Sud. Ses espoirs de remporter la première place s’émoussent. Elle est recalée en quart de finale. Mais cela n’altère pas son désir d’aller de l’avant et de faire partie des voix féminines les plus écoutées dans ce monde. D’ailleurs, elle a toujours refusé de rester les bras croisés. Elle est allergique à la procrastination.

« Je me suis toujours dit qu’il faut créer des occasions d’avancer. Jamais je ne me suis mise à attendre les opportunités. Il nous faut les créer. Du coup, je vais toujours à la rencontre des modèles de réussite et je leur montre mon envie de travailler, c’est cette philosophie de la vie qui m’aide à progresser. Tout n’est pas rose, je rencontre des obstacles mais j’essaie toujours de me relever et d’évoluer », affirme-t-elle.

Single et carrière solo

Daniela qui cherche toujours à donner le meilleur d’elle parvient à élargir son horizon. Asalfo du groupe ivoirien Magic System et Lokua Kanza ont tenu à l’accompagner. Après un « featuring » avec le groupe béninois « Diamant Noir » et l’artiste rappeur Reezbo du groupe camerounais « Accent Grave », elle se décide à mener sa carrière solo, avec le lancement, le 25 mai dernier, de son single qui encourage les femmes à s’imposer dans toutes les sphères de la vie et notamment dans la vie de couple.

« J’ai profité d’une tournée en Côte d’ivoire pour faire part au responsable de la maison de production, Dave Voice, de mon intention de sortir un single. Il m’a prêté une oreille attentive et m’a offert la chance de concrétiser ce rêve », explique-t-elle. Un premier pas vers la réalisation de son album. « Pour l’heure, je fais avec les moyens de bord, je vais continuer à trimer dur pour récolter des fonds subséquents pour réaliser cet album », promet la chanteuse.
Et dans son single « Poser », Daniela Ahanda lance des messages forts pour le respect de la femme. « Mon single parle d’amour. J’encourage les femmes à être exigeante avec les hommes, à ne pas trop leur accorder des facilités, à les pousser à prendre leurs responsabilités et exiger leur droit de vivre leur amour », argumente-t-elle.

Daniela Ahanda qui est issue d’une famille assez prospère s’est toujours fixé des défis de performances, avec comme credo : gagner sa vie à la sueur de son front. Elle n’a jamais eu peur de l’inconnu. C’est aussi dû au soutien de son papa, très présent dans sa vie malgré la distance. « C’est mon grand ami », lâche-t-elle.
En quittant le Cameroun en 2010 pour le Mali, elle était d’ailleurs animée par une rage de réussir sa vie. Elle venait d’obtenir son bac et avait en tête l’idée de poursuivre des études de médecine. Mais elle change d’avis et choisit Dakar pour ses études. Une de ses tantes maternelles, cadre au système des Nations unies, y vivait avec sa petite famille, avant d’être affectée trois ans après au Canada.

Daniela qui tient à assumer ses ambitions, se retrouve alors seule à Dakar ; mais elle réussit à dissiper la mélancolie de la solitude, en cherchant de petits boulots. Elle décroche un stage dans une école bilingue en tant qu’auxiliaire de vie scolaire. « Les débuts n’ont pas été faciles, mais j’ai eu la chance de vite intégrer le milieu musical. » Une expérience qui l’a aussi aidée à se forger un mental fort, à mûrir et à prendre en charge son destin sur la base des capacités professionnelles. Aujourd’hui, elle se réjouit du fait que sa carrière musicale lui ait permis de mener une vie assez stable, de faire des rencontres enrichissantes durant des tournées à l’étranger. Daniela Ahanda qui pose aussi pour une styliste de renom, collabore avec un photographe, n’écarte pas l’idée de défiler pour de grandes marques de couture. Amoureuse du « pays de la Téranga », qui est aussi son petit « chez moi », elle souligne que l’effervescence musicale lui a permis de retrouver ses marques. « J’aime le côté calme et intègre du pays », confie-t-elle.


Par Matel BOCOUM

 

Ouverte le 05 mai dernier à Ross Béthio, la caravane de lecture publique et de spectacles, intitulée « La lecture en balade », a pris fin mardi, à Dakar. En sillonnant les régions de Louga, Kaffrine, Kaolack et Thiès, son objectif était de redonner goût à la lecture aux jeunes. Séances de conte, lecture spectacle et animations ont marqué la clôture au Centre culturel régional Blaise Senghor, à Dakar.

Après Ross Béthio, Louga, Kaffrine, Kaolack et Thiès, la caravane de lecture publique et de spectacles intitulée « La lecture en balade » a fait son dernier arrêt mardi, à Dakar. C’est dans la ferveur et l’effervescence que la caravane a été clôturée avec les élèves du collège Saint Pierre de Baobab, du Cem Abdoulaye Mathurin Diop, du lycée Blaise Diagne, John Kennedy qui ont pris d’assaut la salle de spectacle du Centre culturel Blaise Senghor. Ont également pris part à cette cérémonie, des enseignants, des autorités du Centre Blaise Senghor, de la Direction du livre et des artistes. Il s’agit notamment de Ibrahima Mbaye Sopé, Anne Marie d’Oliveira, Yacine Sané, Malcom’s entre autres qui ont tenu en haleine l’assistance à travers des spectacles de lecture, d’animations, des sketchs, pour inviter les jeunes à lire et leur redonner goût à la lecture.

Selon le manager général et fondateur de la Maison de l’oralité et du patrimoine Kër Leyti, Massamba Guèye, ils ont initié cette caravane de lecture publique et de spectacles en collaboration avec le Centre culturel Blaise Senghor et le Goethe Institut Sénégal pour permettre aux enfants d’avoir accès à la lecture. A l’en croire, ils ont voulu trouver une réponse à ce constat que les enfants, les jeunes ne lisent plus.

« Dès lors, nous nous sommes posé la question, est-ce qu’ils sont en contact avec le livre ; est-ce que la lecture est agréable à leurs yeux ? Et finalement, nous nous sommes dits, est-ce qu’il ne faut pas faire balader la lecture ? Au lieu de demander aux enfants de venir lire, il faut leur apporter la lecture. C’est ainsi que nous avons conçu, avec le Goethe Institut, le projet « La lecture en balade » qui rentre dans un projet global, « La Grande parole », a informé M. Guèye. Précisant que la caravane s’est déplacée à Ross Béthio, Louga, Kaffrine, Kaolack, Thiès et Dakar pour développer le goût de la lecture aux jeunes. Car, dit-il, un pays se construit sur le savoir, et le savoir est dans les livres.
Trois activités ont marqué cette caravane dans les localités précitées. Il s’agit de la prestation des artistes locaux, de la lecture par des autorités (gouverneur, maire ou encoure un chef d’établissement) de livre devant les élèves pour déclencher une stimulation. Sans compter les spectacles d’animation autour du livre et le dernier acte est l’équipement des bibliothèques en livres, encyclopédie etc.

Faire vivre le livre
Pour la clôture de la caravane de lecture publique et de spectacles, le Centre culturel régional de Blaise Senghor a été choisi par les organisateurs, parce qu’il polarise 20 établissements scolaires de Dakar. « Nous voulons faire connaître davantage à toutes ces écoles que le Centre culturel dispose d’une bibliothèque fonctionnelle et aussi leur montrer qu’il est agréable de lire à travers des spectacles d’animation autour du livre », a expliqué Massamba Guèye. D’après la directrice de la bibliothèque du Goethe Institut Sénégal, Bouya Fall, cette année en partenariat, ils ont travaillé à la vulgarisation du livre et de la lecture par ce programme innovant appelé « La Grande parole », avec comme slogan « Lire pour tous, lire partout ». Selon Mme Fall, le projet consiste à amener des lectures, spectacles aux populations au lieu d’attendre qu’elles viennent dans les salles. « C’est donc une démocratisation de l’accès aux droits culturels, pour faire vivre le livre par des prestations scéniques orales autour du livre et ainsi inciter les jeunes à beaucoup lire et leur faire comprendre que le livre est un outil important et indispensable pour une meilleure culture générale », a soutenu la directrice de la bibliothèque du Goethe Institut Sénégal.

Maguette Guèye DIEDHIOU

 

Dans le cadre de la 13 ème édition de la Biennale de l’art africain contemporain de Dakar, le Centre culturel Keur Meïssa de Liberté VI présente l’exposition « Eclosion ». Programmée dans le « Off » du Dak’Art, cette exposition regroupant près une dizaine d’artistes est un mélange de formes, de nuances et couleurs qui exaltent la créativité dans la diversité.

Peinture, sculpture, artisanat… à Keur Meïssa, l’exposition « Eclosion » fait une sublimation de la créativité humaine. Elle installe l’art au cœur des activités occupant l’homme dans son quotidien et qui l’humanise en perfectionnant ses sentiments et son rapport avec son prochain. Ce travail, à l’initiative du collectif « Has’Art » regroupant plusieurs artistes, se veut un message de foi traçant les sillons d’un avenir flamboyant. Entre nuances, formes et couleurs, chaque artiste a voulu présenter, dans la diversité, une certaine conception qu’il a sur des enjeux contemporains, des faits de sociétés, des croyances. Bref, une vision artistique de la chose, du monde. Dans sa sculpture, Diab Diop fait un clin d’œil au Mouridisme, Nfally Dédhiou parle de ses origines diolas ainsi qu’une partie de nos valeurs traditionnelles qu’on a l’habitude de perdre au contact de la modernité. Quant à l’artiste Idrissa Camara, il se sert de ses toiles pour replonger dans l’histoire de notre pays. La peinture figurative d’Amadou Moustapha Sambou, par de subtiles touches d’ombres et de taches de lumière, verse dans une superbe allusion au réel, à l’affectif, au mystique, à la sensibilité, à la sensualité, à l’esprit pur.

La jeune plasticienne, Marie Laure Faye, a voulu, elle, s’inscrire dans la continuité, en présentant un travail qui est la suite de son mémoire à l’Ecole nationale des arts sur l’habillement singulier et multicolore de Daara J Familly, l’un des groupes de rap majeurs au Sénégal. Ce qui est frappant et que l’artiste essaie de ressortir, ce sont ces jeux de formes dans l’habillement de Daara J familly qui a fait des émules, surtout au début des années 1990. Ses autres toiles : « Union », « Fécondité » sont centrés sur la place de l’homme dans la société mais aussi sa capacité et sa force à vaincre l’adversité et à se prendre en charge. Marie Laure Faye travaille sur le collage, le patchwork, en accordant une place de choix aux formes géométriques ; l’expression la plus simple de l’abstraction géométrique.

Rapports controversés

« Mon travail s’articule autour de l’abstraction géométrique pour faire découvrir un autre aspect des formes qui nous entourent dans une composition plastique différente et pleine de vibrations. L’articulation des formes naturelles et artificielles sous une riche structure graphique et chromatique nous renvoie parfois au rapport que l’homme a par rapport à son prochain, vecteur d’un développement humain et d’une cohésion sociale dans notre société », soutient-elle. De son côté, Patrick Mounaty Coly, connu pour la magie de ses compositions créant un univers de dialogue grâce à ses assemblages de fragments découpés de revues et de catalogues, offre une immersion inédite dans des réalités ordinaires qui passent souvent inaperçues. Ses œuvres traduisent une quête permanente de perfection. Ce qui permet d’observer une parfaite harmonie de couleurs, de figures et formes. Patrick excelle dans le collage qu’il pratique depuis 1993. En décidant de représenter un oiseau divisé en plusieurs parties, il montre à travers son œuvre « Diversité » que l’humain, pour atteindre la réussite, doit faire un cumul de connaissances, d’expériences positives et négatives.

Car, seul la foi en Dieu, en nous-mêmes, à l’avenir et au travail acharné, permet de bâtir la réussite. « Savoir vivre » montre comment des figures historiques comme Malcom X, Cheikh Amadou Bamba, Nelson Mandela ont dédié leur vie à l’humanité pour la perfectionner. Enfin, sa dernière toile « Nord-Sud » évoque les rapports souvent controversés entre l’Afrique et l’Europe. Les barrières que l’Occident a réussi à installer pour asseoir sa domination sur le continent.
L’exposition « Eclosion » est le fruit d’un programme de formation « Libert’Art » qui a regroupé 50 artistes. Elle regroupe aussi bien des artistes autodidactes que des sortants de l’Ecole nationale des arts. Parmi les autres participants à cette exposition, ouverte depuis le 9 mai dernier, figurent Salif Ly, Boubacar Ndaw, Issakha Gaye et Lucienne Imelda Biagui.

 

Mgr Benjamin Ndiaye, archèveque de Dakar
«L’art fait partie de la religion»

Accompagné par la secrétaire générale de la Biennale, Marième Bâ, l’Archevêque de Dakar, a visité, hier, l’exposition « Eclosion » du collectif « Has’Art ». Monseigneur Benjamin Ndiaye s’est félicité de la multiplicité des expressions ainsi que l’énergie qui se dégage à travers le travail des différents artistes. Selon lui, l’art permet de découvrir une dimension intérieure à laquelle on ne fait pas souvent attention. Il a insisté sur l’importance d’accorder une bonne place à l’éducation artistique pour mieux intéresser les jeunes à l’art qui fait partie de la religion et qui est le reflet de ce que l’homme vit. « La politique à sa place dans la vie quotidienne, mais l’art aussi à la sienne au sein de la société », a souligné Mgr Benjamin Ndiaye.

Ibrahima BA

 

Inauguré en 1997, le musée des Forces armées sénégalaises, sis au Boulevard de la République à Dakar, a pour vocation de transmettre à la génération actuelle et future la mémoire combattante de nos forces armées. Visite guidée.

Celui qui vient chercher le mystère ici, ne le verra pas. Le mystère ne se voit pas, il se sent. Au musée des Forces armées sénégalaises, tout est mis en scène pour susciter l’émotion chez le visiteur. Nous avons fait le voyage dans le temps en compagnie du sergent-chef Ismaïla Diatta, conservateur du mémorial de Thiaroye. Au rez-de-chaussée, nous sommes accueillis par le Monument de Reims, construit pour la première fois à Bamako, en janvier 1924. En juillet de la même année, une réplique a été construite à Reims en France. « Durant l’occupation allemande, la première chose qu’ont faite les troupes hitlériennes, c’est de raser ce monument qui glorifiait les Tirailleurs sénégalais et ont pris avec eux le matériau avec lequel il était construit ». A côté, on peut lire le célèbre poème de Léopold Sédar Senghor, lui-même ancien tirailleur et prisonnier de guerre dans lequel il vante la qualité de ses frères d’armes : « Vous n’êtes pas des pauvres aux poches vides sans honneur, mais je déchirerai les rires banania sur toutes les rues de France […] ». Des paroles qui résonnent encore pleines de sens. Il a quelque chose de touchant, ce tirailleur avec sa chéchia ! En montant les escaliers, nous tombons sur les spahis, les ancêtres de la gendarmerie et de la garde rouge. Ce corps aux qualités guerrières redoutables, dont l’origine remonte à l’empire ottoman, a été introduit au Sénégal par Faidherbe, qui était étonné et émerveillé de voir des Africains faire la guerre en cheval.

Petite histoire des spahis

« Au départ, ils étaient 21 spahis commandés par un Français, le lieutenant Petit », souffle notre guide. Entre 1997 et 2000, le musée propose au public une exposition intitulée « Des spahis à la Garde rouge ». Nous montons maintenant au premier étage et empruntons le « Couloir des origines ». Celle des Tirailleurs sénégalais. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, leur histoire remonte loin. Précisément au 13ème siècle. A leur arrivée à Gorée, les colons avaient recruté dans la population autochtone Lébou des laptots (matelots indigènes, parfois piroguiers, porteurs ou débardeurs), à qui ils ont appris le maniement des armes, pour sécuriser les comptoirs commerciaux. Plus tard, ces hommes serviront d’interprètes ou de dockers. Pour la petite histoire, ces laptots ne portaient pas de chaussures, parce que, dit-on, le colon n’était pas dans les dispositions de leur en payer. Selon une autre version, c’est parce qu’ils étaient plus à l’aise pieds nus. Quoi qu’il en soit, cette force autochtone va jouer son premier grand rôle en 1809, quand les Anglais ont pris le contrôle de Saint-Louis, la capitale de l’Aof. Avec le naufrage de la Méduse et du 16e Léger, envoyé pour reconquérir la colonie, Faidherbe propose à Napoléon 3 le recrutement, sur place, de combattants. C’est ainsi qu’est né le premier bataillon de tirailleurs sénégalais par le décret de Plombière (21 juillet 1857). La France va s’appuyer sur cette force durant toute la période coloniale et lors des deux guerres mondiales. Elle ne sera dissoute qu’après les indépendances.

La bataille de Pathe Badiane

Nous entrons maintenant dans la salle « Campagne du Sénégal » avec la reconstitution de la fameuse bataille de Pathé Badiane (appelée aussi Paoskoto). « Quand certains résistants (Maba Diakhou, Lat Dior et Alboury Ndiaye) ont analysé les causes de leurs défaites, ils ont tendu un piège aux Français », explique le sergent-chef Diatta. La suite de l’histoire est connue.

Après cette campagne haletante, nous prenons place dans la « Salle de recrutement ». On y voit Blaise Diagne, flamboyant dans son manteau et ses bottes « cirées par des Blancs ». De quoi impressionner ses frères noirs. Avec son fameux slogan (« en versant le même sang on gagnerait les mêmes droits »), il va convaincre ses frères africains - à commencer par les chefs religieux - à donner leurs fils pour participer à la guerre. Sur un objectif de 50.000, il parviendra a recruté 77.000 tirailleurs un peu partout en Afrique. Devisant dans un coin de la salle, Van Vollenhoven et Merleau-Ponty affichent leurs divergences sur la manière dont l’Afrique doit contribuer à la libération. Nous sommes en 1916-1917.

La chair à canon mobilisée, nous voici dans « l’horreur et l’enfer » des tranchées, avec ses odeurs nauséabondes, son gaz asphyxiant, les blessés, les morts. Nous sortons presque soulagés de cette ambiance apocalyptique qui, malgré une mise en scène réussie, peine à rendre compte ce qu’a vécu ce contingent de tirailleurs dans le Fort de Douaumont, près de Verdun, où ils sont restés dix-huit jours « en loques magnifiques », dira Clémenceau. Le visiteur peut aussi apercevoir le téméraire Sergent Malamine Camara, tenant tête, presque tout seul, à Stanley et ses 700 hommes, pour défendre la « souveraineté » française sur le Congo. Mme Tirailleur, dont on parle moins, a aussi sa place dans ce musée. « Jusqu’en 1913 et le débarquement du Maroc, ces braves dames ont joué un grand rôle sur le front, assurant notamment la fonction de logistique et de réconfort pour leurs maris », explique le sergent-chef Ismaïla Diatta. N’ayant reçu aucune formation militaire, elles ont payé un lourd tribut dans les conflits. 1919. Fin de la guerre. La France est libre. Parade militaire (blanchie pour l’occasion) sur les Champs Elysées. Rideau. Mais l’histoire ne s’arrête pas là.

10 000 élèves en visite chaque année

Inauguré en 1997, le musée des Forces armées conserve actuellement « toute la mémoire combattante » du Sénégal, explique le colonel Jean Paul Ntap, directeur des Archives et du Patrimoine historique des Forces armées, à laquelle est rattaché le musée, qui a pour mission de collecter, conserver et diffuser le patrimoine historique des forces armées.

Des résistants (Lat Dior, Maba Diakhou, Alboury Ndiaye, etc.) aux Forces armées actuelles en passant par les tirailleurs sénégalais. L’idée de créer ce musée a été lancée par le général Lamine Cissé. Le musée accueille actuellement trois expositions permanentes : une sur les tirailleurs sénégalais, une sur la salle koweïtienne en reconnaissance au sacrifice des 93 « Jambaars » tombés lors de la première guerre du Golfe en 1991 et une autre sur la symbolique nationale (le drapeau, l’hymne nationale, etc.) pour forger un citoyen modèle. A côté de ces expositions permanentes, il y a une exposition itinérante qui va vers les écoles et les populations dans le cadre du concept « armée-nation ».
Selon le colonel Ntap, ces dernières années, il y a un « rush » vers le musée, parce que les gens « veulent connaître leur histoire ». Les visiteurs sont constitués d’étrangers, de nationaux, surtout la population scolaire et estudiantine, de chercheurs, etc. Les écoles de formation militaires (l’Enoa, l’Ecole d’application d’infanterie) envoient aussi leurs élèves, chaque année, pour le rituel. « Actuellement, nous faisons beaucoup d’efforts sur les plus jeunes, parce qu’ils sont plus réceptifs et intéressés par l’histoire combattante du Sénégal. Nous travaillons en étroite collaboration avec les écoles et les centres de formation et nous recevons annuellement plus de 10.000 élèves », informe le colonel Ntap. En venant ici, on leur raconte « là où le Sénégal a commencé et là où il est » en matière de défense. Les visiteurs ressortent, généralement, « très émus » de cette petite enceinte où on leur apprend une histoire qui n’est pas forcément enseignée en détail dans les écoles.

 

Sergent-chef Ismaïla Diatta

Héraut de l’histoire militaire

Gorée avait son Joseph Ndiaye. Thiaroye a son Ismaïla Diatta. À 46 ans, la voix solennelle, le sergent-chef Ismaïla Diatta est un passionné de l’histoire militaire. Formé à l’Ecole du patrimoine africain à Porto Novo au Bénin où il sort avec une Licence professionnelle en conservation préventive dans les musées, archives et bibliothèques de l’Afrique subsaharienne, il a fait une spécialisation en protection du patrimoine culturel pendant un conflit armé à Rome en Italie (2011-2012). Par la suite, il fera des voyages d’étude et de perfectionnement en Allemagne, en Chine et dans d’autres pays africains.

« Ces voyages m’ont permis d’avoir quelques rudiments sur le scénario d’exposition », dit-il. Il est actuellement le conservateur du Mémorial de Thiaroye. Parallèlement, il enseigne un module sur la conservation et la restauration à l’Institut supérieur des arts et des cultures (Isac) de Dakar.

Par Seydou KA (textes) et Assane SOW (photos)

 

Pour une troisième édition consécutive, le musée Khelcom de Saly participe à la Biennale de l’art africain avec une exposition « Off ». La galerie de Mourtala Mbacké Diop, pour l’occasion, accroche les œuvres des artistes Mbida Fall, Djiby Ndiaye, Gora Mbengue, ainsi que ceux de leurs héritiers, dans une exposition dénommée « De père en fils ».

A l’entrée de la station balnéaire de Saly Portudal, le Musée Khelcom capte l’attention avec son architecture originale. Derrière les murs de l’enceinte, se déroule une exposition dans le cadre de la biennale Dak’Art 2018. Elle met en exergue des familles d’artistes, à savoir celles de Mbida Fall, Djiby Ndiaye, Gora Mbengue et leurs fils. Le Musée Khelcom veut ainsi jouer sa partition dans cette 13ème édition de la Biennale de l’art africain contemporain. Une trouvaille du directeur de l’établissement, Mourtala Mbacké Diop qui, à travers les enfants des artistes aujourd’hui disparus, veut magnifier le legs d’amis dont il est fasciné par les œuvres.

Dénommée « De père à fils », l’exposition montre la créativité de ces générations d’artistes qui ont marqué leur temps, et dont les enfants essaient de perpétuer l’œuvre. A travers plusieurs tableaux et figures, la créativité a trouvé son cadre d’expression dans cet établissement dont le bâtiment principal de deux niveaux réserve le rez-de-chaussée à l’exposition.

La productivité est magnifiée à travers l’exposé de ces œuvres. A base d’objets de récupération, les œuvres présentées traitent de scènes de la vie quotidienne sénégalaise et africaine mais également de l’imaginaire des auteurs. Par exemple, sur ce tableau, on voit un camion rempli de sacs d’arachide qui débordent ; une scène représentée en peinture huile et en fer. Des figurines en acrylique sur carton et des fresques dont le secret de l’interprétation revient à l’artiste, le répertoire est riche et varié.

En l’absence des artistes, c’est le galeriste qui fait office de guide. Tantôt pour magnifier le travail remarquable des auteurs, tantôt pour saluer le parcours qui a conduit des enfants à suivre les pas de leurs parents. Des paters aujourd’hui disparus dont les fils perpétuent le travers à travers leurs pinceaux. Ce qui a motivé le thème de l’exposition, selon M. Diop.  « A sa disparition, Gora Mbengue avait presque 80 ans et ses œuvres étaient faites, pour l’essentiel, sous-verre. Ses œuvres étaient également d’une spiritualité inspirée de Serigne Touba, de Seydi El Hadj Malick ainsi que de tout ce qui lui traversait l’esprit. Djiby Ndiaye était un ami et a produit de belles pièces. Je ne connais personnellement pas Mbida Fall, mais j’apprécie beaucoup son travail », a-t-il souligné. Ajoutant que « leurs enfants essaient de suivre leurs pas et font un travail exceptionnel. Pour Mbida Junior, il peint sur plexiglass. Ce que personne n’a jamais imaginé », s’est-t-il félicité.

Exposition à Milan

Des efforts des fils de ces peintres, que Mourtala Diop compte bien appuyer et dont il participe déjà à la promotion. Car avant cette initiative, il a entrepris de les amener à l’extérieur dans le cadre d’autres expositions. « J’ai demandé aux jeunes artistes de venir exposer leurs œuvres dans mon établissement. Je les ai d’abord appuyés pour exposer leurs créations à Milan, en Italie, où cette exposition se poursuit encore pour deux ou trois prochaines semaines ». Mourtala Diop a souligné que le travail est très apprécié par l’adjoint au maire de la ville de Milan qui veut ainsi s’en inspirer pour mettre en place un musée privé d’art africain qui n’existe pas encore là-bas. « On y travaille et on espère que cela se produira bientôt », confie le propriétaire du musée Khelcom de Saly.

Aujourd’hui, si le rez-de-chaussée du musée reçoit l’exposition temporaire et quelques œuvres pérennes, le premier étage du bâtiment accueille la collection du maître des lieux. Sur divers compartiments de la vaste pièce, des statues, des masques de diverses tribus d’Afrique centrale et de l’ouest qui datent du « 16ème au 19ème siècle » ainsi que des sculptures se côtoient. Des œuvres qui témoignent de l’amour de Mourtala Mbacké Diop pour l’art dans ses différentes expressions.

Ousseynou POUYE



L’équipe de jeunes Sénégalais, OwnLabs, lauréate du concours mondial d’innovation d’Ericsson, « Ericsson innovation awards », édition 2018, a présenté, hier à Dakar, sa solution innovante qui vise à remédier au manque de laboratoires scolaires en Afrique en proposant des cours de physique, chimie et de biologie en réalité virtuelle via un smartphone.

L’équipe gagnante du concours mondial d’innovation Ericsson, édition 2018, OwnLabs du Sénégal, a fait face à la presse, hier, pour présenter sa solution innovante. Une solution qui porte sur l’éducation et a pour but de pallier le manque de laboratoires scientifiques en Afrique. Il s’agit d’une application mobile, intégrant un laboratoire virtuel en physique, chimie et biologie, s’appuyant sur un casque de réalité virtuelle via un smartphone.
Mis au défi sur le thème « Comment trouver, valider et partager la vérité à l’ère des Technologies de l’information et de la communication ? », l’équipe OwnLabs du Sénégal, composée d’étudiants (Abdoul Khadre Diop, Mouhamadou Moustapha Diop, Serigne Mbacké Coly, Thierno Ibrahima Diop, Cheikh Alioune Diassé…) issus de l’Ecole supérieure polytechnique de Dakar et de l’Université de Ziguinchor, s’est imposée devant 1.444 équipes universitaires représentant 107 pays qui ont proposé des solutions innovantes.

C’est à l’issue de la grande finale de "Ericsson innovation awards" au Musée Nobel de Stocklom en Suède, que les jeunes Sénégalais ont reçu leur prix de 25.000 euros (plus de 16 millions de FCfa) devant les équipes des Etats-Unis, de l’Inde et de la Chine respectivement à la 2ème, 3ème et 4ème.

En conférence de presse hier, à Dakar dans les locaux d’Ericsson, les heureux gagnants ont fait part au public de l’importance et de l’intérêt de leur solution proposée lors de ce concours international d’innovation Ericsson.
Selon Abdou Khadre Diop, un des membres de l’équipe OwnLabs, ils ont proposé une solution qui permet de pallier le manque de laboratoires scientifiques dans les lycées, les collèges du Sénégal. A l’en croire, force est de constater que certains étudiants peuvent faire tout leur cursus scolaire sans au préalable faire une expérience de physique chimie ou de biologie. « De ce constat d’une éducation théorique, nous nous sommes dit pourquoi ne pas proposer quelque chose pour régler ce problème et nous avons réfléchi à une solution moins chère et quelque chose avec laquelle la personne pourra pratiquer des expériences, avoir un taux de compréhension accru, améliorer les notes des étudiants, etc. Et avec une fibre technologique, nous nous sommes dit que nous allons utiliser la réalité virtuelle et nous avons pensé à cette une application, OwnLabs, qui va utiliser la réalité virtuelle par un simple casque pour plonger l’utilisateur dans un environnement de laboratoire réel dans lequel il pourra faire des expériences, du programme qu’il n’arrive pas à pratiquer », a argué Abdou Khadre Diop.

1 440 compétiteurs
Précisant que ce fut difficile pour eux. Mais qu’ils ont pu tirer leur épingle du jeu. « Nous avons su travailler pour obtenir ce résultat, mais ce n’est qu’une étape. Notre objectif à long terme est d’impacter sur le quotidien des gens. Nous sommes dans une démarche de fédérer tous les acteurs autour du projet qui ont le même objectif, c’est-à-dire d’impacter la vie des élèves », a fait savoir Abdou Khadre Diop. Aussi, a-t-il souligné que l’application n’est pas encore téléchargeable. Mais dans trois mois, ils vont lancer une version gratuite qui permettra aux gens de pouvoir la télécharger, de tester le concept.

Présentant l’équipe gagnante du concours « Ericsson innovation awards 2018 », le vice-président Ericsson Afrique et Moyen-Orient, Nicolas Blixell, s’est dit fier des lauréats. « Cette année, malgré une concurrence accrue de plus de 100 pays et de 1.440 compétiteurs, les gagnants sont OwnLabs du Sénégal. Nous sommes fiers de les avoir désignés comme vainqueur », a dit M. Blixell.

Selon lui, ce qui est important avec ce concours, c’est que l’innovation arrive de partout dans le monde, les idées viennent de partout. Mais la différence ici avec OwnLabs, c’est qu’ils ont vraiment réalisé une application qui porte beaucoup d’intérêt en montrant avec leur casque, leur soft wear que ça marche. Les « Ericsson innovation awards » sont un concours annuel mondial qui offre aux étudiants du monde entier la possibilité de développer de nouvelles idées innovantes en collaboration avec des experts d’Ericsson.

Maguette Guèye DIEDHIOU

 

Ce sont au total 100 ordinateurs, 30 tablettes, des multiprises pour le branchement électrique, des rouleaux de câble réseaux, entre autres, qui ont été offerts à une dizaine de structures du secteur de l’Enseignement public et privé du Sénégal. A l’initiative du ministère de la Communication, des Postes et de l’Economie numérique, l’Ecole élémentaire Amadou Michel Diop de Kolda, le Cem de Dondal, le lycée de Saly Portudal, le Daara Mame Diarra Bousso de Porokhane… ont reçu ces lots de matériels informatiques conformément aux objectifs du Projet de promotion de l’éducation numérique (Ppen). Lequel se veut permettre l’accès aux outils et ressources numériques en ligne, le renforcement de la connectivité dans les 50 établissements visés par le projet, le renforcement des compétences du personnel enseignant ainsi que leur formation à l’utilisation et à l’exploitation pédagogique des Smartphones et des tablettes.

La finalité est de promouvoir « la diffusion du numérique dans l’éducation, la formation et l’alphabétisation des jeunes et des adultes ». Cela, en vue de s’inscrire dans la dynamique de la Stratégie Sénégal numérique 2025. « L’élargissement de l’accès, la recherche de la qualité et la réalisation de l’équité et de l’égalité demeurent encore pour le Sénégal une préoccupation forte dans l’élaboration de l’offre éducative. C’est ainsi que la Stratégie Sénégal numérique 2025 se propose, dans son Axe 4, de réaliser la diffusion du numérique dans les secteurs prioritaires parmi lesquels le secteur de l’éducation », a dit le secrétaire général du ministère de la Communication, des Postes et de l’Economie numérique.

D’après Souleymane Diallo, il s’agit de doter les établissements scolaires d’un paquet global de services numériques capables de booster la qualité et l’efficacité des enseignements/apprentissages. Mais aussi de permettre l’accès aux contenus éducatifs en ligne, de proposer, aux élèves et enseignants, particulièrement des zones desservies, une large gamme de ressources numériques pédagogiques permettant de renforcer les performances et rendements scolaires.
Pour un coût de 285 millions de FCfa pour la phase pilote, le Projet promotion de l’éducation numérique intervient dans l’équipement et la connectivité des structures éducatives, la dotation en ressources et contenus numériques éducatives ainsi que la formation et le renforcement des capacités du personnel enseignant et d’encadrement. « Avec la phase pilote qui bénéficie aux 14 régions du pays, l’ensemble du système éducatif a été touché ; allant du préscolaire à l’enseignement secondaire en passant par l’élémentaire, le moyen, l’alphabétisation et la formation professionnelle. Les structures cibles vont bénéficier de dotations en matériels informatiques composés d’ordinateurs, de tablettes et de smartphones », a avancé Souleymane Diallo. L’évaluation du Ppen est prévue en fin 2018.

Ibrahima BA

 

La Sonatel a procédé au lancement de la connexion 4G dans la commune de Tambacounda, mercredi dernier, en présence du gouverneur de la région. Une avancée qui met la commune de Tambacounda au même niveau que d’autres villes en matière de connectivité, selon El Hadj Bouya Amar.

Le groupe Sonatel vient de déployer la 4G à Tambacounda, après les villes de Dakar, Saly-Somone, Touba, Thiès, Tivaouane, la ville nouvelle de Diamniadio, Kaolack, Saint-Louis, Mékhé, Richard Toll, Ziguinchor. Selon le directeur de la Communication institutionnelle de la Sonatel, Abdou Karim Mbengue, qui s’exprimait devant plusieurs autorités administratives et coutumières de Tambacounda, depuis le lancement de la 4G, des centaines de sites techniques ont été déployés à travers le Sénégal.

Ainsi, le premier semestre 2018 est marqué par le renforcement de la couverture à Dakar et la mise en service de sites 4G à Porokhane, Médina Gounass, Sokone, Darou Moukhty, Popenguine et Vélingara. Mercredi, c’était le tour de Tambacounda, une ville carrefour sous-régionale, située entre le Mali, la Guinée et la Gambie ; mais aussi une ville touristique, cœur économique de la région naturelle du Sénégal Oriental.
Le réseau Internet mobile haut débit, attendu avec intérêt par les populations, va être d’une grande utilité pour l’une des régions les plus liées avec les pays frontaliers. De 2014 à 2018, selon M. Mbengue, l’opérateur historique a investi près de 10 milliards de FCfa dans cette région de l’Est du pays, en équipements techniques de réseaux mobiles 2G, 3G et 4G, mais aussi Transport Télécoms (IP et Transmission).
Cet investissement a permis à l’Etat du Sénégal d’être en avance sur les délais d’atteinte de ses objectifs du Programme d’urgence de modernisation des axes et territoires frontaliers (Puma) dans les régions de Tambacounda et Kédougou, à la grande satisfaction des populations.

Selon Abdou Karim Mbengue, le Groupe Sonatel, dans le cadre de sa Responsabilité sociétale d’entreprise (Rse), et à travers sa Fondation, a offert, en 2016, à la région de Tambacounda, une ambulance médicalisée d’une valeur de 40 millions de FCfa et dotée d’un équipement de dernière génération en partenariat avec l’association Action pour le développement du Sénégal Oriental.
Dans la même lancée, d’autres actions ont été entreprises entre 2015 et 2016 dans la région, notamment le financement de la formation de sages-femmes aux techniques de dépistage du cancer du sein, de séances de dépistage des cancers « féminins » (plus de 1.300 femmes consultées) et de consultations gratuites au profit de 500 personnes âgées.
Le volet culturel n’est pas en reste. En effet, la Fondation Sonatel, fidèle à sa vocation de participer au développement et au rayonnement du patrimoine culturel sénégalais, accompagne chaque année, depuis 2015, le Festival sous-régional Ondes d’intégration de Bakel à travers le soutien de l’Association Kafo Jiida Fm dans l’organisation.
                                

Pape Demba SIDIBE

 

À l’instar de la communauté internationale, le Sénégal a célébré, hier, la Journée internationale des Casques bleus. Une salle « Capitaine Mbaye Diagne » a été inaugurée, à cette occasion, au Musée des forces armées pour, à la fois, magnifier le courage de cet officier et apprécier à sa juste valeur la contribution du Sénégal aux opérations de maintien de la paix dans le monde. 

Le 29 mai 1948, le Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies autorisait la première opération de maintien de la paix pour la surveillance de la trêve au Moyen-Orient. Cette date a été choisie pour « honorer » le travail que font les casques bleus dans les différents théâtres de conflits, explique Damian Cardona, directeur du Centre d’information des Nations unies (Cinu) pour l’Afrique de l’Ouest. Pour la célébration de cette année, le Cinu, en collaboration avec le Musée des forces armées, a inauguré le vernissage d’une exposition qui explique le rôle des missions de maintien de la paix, la réalité des missions en Afrique et la contribution du Sénégal.

Une manière de saluer le rôle pionnier du Sénégal dans ce domaine. En effet, avec 3. 219 militaires et gendarmes déployés un peu partout dans le monde, le Sénégal est actuellement douzième sur les 123 pays contributeurs de troupes des Nations unies, et le premier contributeur de gendarmes et policiers. Depuis 1960, et l’envoi d’un premier contingent de 600 casques bleus au Congo, à aujourd’hui, ce sont environ 50.000 militaires, policiers et gendarmes sénégalais qui ont pris part à des missions de maintien de la paix. Cette détermination du Sénégal à contribuer au maintien de la paix se traduit également par le déploiement de moyens « modernes » comme les hélicoptères d’attaque et d’équipements à « haute valeur ajoutée » tels que les hôpitaux de campagne pour la bonne exécution des différentes missions, explique le général de brigade et chef d’Etat-major de l’armée de terre, Cheikh Wade.

Des missions plus « complexes »
Conformément aux résolutions 1325 et 1889 du Conseil de sécurité, ce dernier annonce que davantage de personnels féminins seront déployés dans les opérations de maintien de la paix.

Selon Damian Cardona, en dépit des « échecs et des problèmes énormes » notés dans certains cas (comme au Rwanda), que même l’Onu a reconnus, les missions de maintien de la paix continuent d’être « un outil important » pour la politique internationale. Et, pour le moment, rien ne remplace le grand travail qu’effectuent les plus de 100.000 hommes et femmes actuellement déployés dans les quatorze missions de maintien de la paix dans le monde.

Pour preuve, il cite des missions qui ont « énormément réussi » comme celle de la Namibie, du Mozambique et du Libéria, qui vient de fermer il y a juste deux mois, après deux passions de pouvoir réussies dans ce pays. Contrairement aux premières missions, dans les années 1960, avec des conflits mettant aux prises une armée régulière et une guérilla, les missions actuelles sont « énormément complexes ».

Ce sont des missions qui s’occupent de l’Etat de droit, de l’administration de justice, de la formation des nouveaux corps de police, qui aident à l’organisation d’élections, etc. Sans compter le fait que depuis quelques années, il y a une nouvelle forme de menace asymétrique (le terrorisme) dont un pays comme le Mali souffre beaucoup ».

Seydou KA

MÉDAILLE DAG HAMMARSKJÖLD : 4 « JAMBAAR » SÉNÉGALAIS DÉCORÉS À TITRE POSTHUME
Medaille D HammarskjoldL’engagement du Sénégal pour les missions de maintien de la paix dans le monde ne se fait pas sans risques. Le pays a payé un lourd tribut avec, à ce jour, 79 soldats et gendarmes qui ont sacrifié leur vie pour la cause de la paix et de la sécurité dans le monde, note le chef d’Etat-major de l’armée de terre, Cheikh Wade.

Pour saluer ce sacrifice, le Secrétaire général des Nations unies a décidé de décerner, cette année, la médaille Dag Hammarskjöld, du nom du second Secrétaire général des Nations unies, à titre posthume, au sergent-chef Abdoulaye Tamba, aux sergents Henri Dione, Macodé Guèye et au gendarme Waly Marone tombés, en 2017, au Darfour, au Mali et en Centrafrique. Les médailles seront remises à leurs familles, au siège des Nations à New York, en présence de l’ambassadeur du Sénégal à l’Onu, annonce M. Cardona.

S. KA

MUSEE DES FORCES ARMEES : UNE SALLE « CAPITAINE MBAYE DIAGNE » INAUGURÉE
« Homme d’honneur et de serment, qui ne recule ni devant la salve nourrie, ni devant le lion rouge subi ; homme fermement accroché aux vertus cardinales qui se fait pilier superbe, rempart magnifique quand tout tremble et s’écroule alentour ; ma passion c’est l’honneur, ma qualité c’est le courage et ma devise vaincre loyalement ou mourir dignement pour laisser un bon nom à la postérité ». À l’image du colonel Mandickou Guèye (8e promotion), tous les sortants de l’École nationale des officiers d’active (Enoa) ont en mémoire cette réplique de Niokhor, un personnage d’une pièce de théâtre intitulée « La bataille de Paoskoto », qu’ils apprennent par cœur. Issu de la 12e promotion de cette prestigieuse école, Mbaye Diagne a incarné ces valeurs jusqu’au bout.

Des qualités « intrinsèques de jambaar » qui ont justifié l’instauration d’une médaille « Capitaine Mbaye Diagne », en 2014, par le Conseil de sécurité de l’Onu. « C’est une distinction extrêmement rare, parce que jusqu’à présent, à l’exception de Mbaye Diagne, aucun autre casque bleu ne l’a obtenue », explique le colonel Jean Paul Ntap, directeur des Archives et du Patrimoine historique des Forces armées. Pour perpétuer la mémoire de ce « digne fils du Sénégal », l’armée vient d’inaugurer une salle à son nom au Musée des forces armées.

S. KA

L’engagement du Sénégal pour les missions de maintien de la paix dans le monde ne se fait pas sans risques. Le pays a payé un lourd tribut avec, à ce jour, 79 soldats et gendarmes qui ont sacrifié leur vie pour la cause de la paix et de la sécurité dans le monde, note le chef d’Etat-major de l’armée de terre, Cheikh Wade.

Pour saluer ce sacrifice, le Secrétaire général des Nations unies a décidé de décerner, cette année, la médaille Dag Hammarskjöld, du nom du second Secrétaire général des Nations unies, à titre posthume, au sergent-chef Abdoulaye Tamba, aux sergents Henri Dione, Macodé Guèye et au gendarme Waly Marone tombés, en 2017, au Darfour, au Mali et en Centrafrique. Les médailles seront remises à leurs familles, au siège des Nations à New York, en présence de l’ambassadeur du Sénégal à l’Onu, annonce M. Cardona.

S. KA

« Homme d’honneur et de serment, qui ne recule ni devant la salve nourrie, ni devant le lion rouge subi ; homme fermement accroché aux vertus cardinales qui se fait pilier superbe, rempart magnifique quand tout tremble et s’écroule alentour ; ma passion c’est l’honneur, ma qualité c’est le courage et ma devise vaincre loyalement ou mourir dignement pour laisser un bon nom à la postérité ». À l’image du colonel Mandickou Guèye (8e promotion), tous les sortants de l’École nationale des officiers d’active (Enoa) ont en mémoire cette réplique de Niokhor, un personnage d’une pièce de théâtre intitulée « La bataille de Paoskoto », qu’ils apprennent par cœur. Issu de la 12e promotion de cette prestigieuse école, Mbaye Diagne a incarné ces valeurs jusqu’au bout.

Des qualités « intrinsèques de jambaar » qui ont justifié l’instauration d’une médaille « Capitaine Mbaye Diagne », en 2014, par le Conseil de sécurité de l’Onu. « C’est une distinction extrêmement rare, parce que jusqu’à présent, à l’exception de Mbaye Diagne, aucun autre casque bleu ne l’a obtenue », explique le colonel Jean Paul Ntap, directeur des Archives et du Patrimoine historique des Forces armées. Pour perpétuer la mémoire de ce « digne fils du Sénégal », l’armée vient d’inaugurer une salle à son nom au Musée des forces armées.

S. KA


AVERTISSEMENT

La SSPP « Le Soleil » met en garde et interdit formellement aux responsables et gestionnaires de sites d’informations, établis au Sénégal ou ailleurs, de poster les articles publiés sur le portail Internet du « Soleil », à l’adresse www.lesoleil.sn. La SSPP « Le Soleil » ne tolérera aucune entorse à cette interdiction. Seule est permise la publication de liens directs pour rediriger l’internaute vers l’adresse www.lesoleil.sn

PARTENARIATS

Les gestionnaires de sites qui le souhaitent peuvent adresser une demande de partenariat avec la SSPP « Le Soleil » qui en définira les modalités et fixera les conditions d’utilisation des articles, photos, logos de son portail Internet. En cas de manquements, la SSPP « Le Soleil » se réserve le droit d’engager immédiatement des poursuites judiciaires envers les contrevenants, pour violation du respect des droits d’auteurs.