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Actualités Internationales (819)

Mise à mal par l'armée nigériane et des divisions internes, une faction du groupe jihadiste Boko Haram s'est repliée sur un mode opératoire régional proche de celui du groupe Etat islamique (EI) en multipliant les attaques au Niger et dans d'autres pays voisins, selon une étude publiée hier. Le centre international d'analyse du terrorisme, IHS Jane's Terrorism and Insurgency Centre (JTIC), a relevé 22 attaques du groupe au Cameroun, Tchad et Niger en 2014, et 62 en 2015, au moment où le groupe a prêté allégeance à l'EI.

Dans un rapport dévoilé hier, ce centre de recherche dénombre 41 attaques régionales à ce jour en 2016, prouvant que le groupe a renforcé ses velléités régionales, dictées, selon Matthew Henman, directeur de JTIC, par le groupe jihadiste international.  Boko Haram peut profiter des frontières « relativement poreuses » de la région, et plus particulièrement au sud-est du Niger, relève Roddy Barclay, autre consultant en sécurité pour Africa Practice. « Les frontières du Niger ne sont pas assez surveillées et côtoient directement les territoires les plus instables du nord-est du Nigeria », souligne l'analyste. 

L'attaque la plus meurtrière du groupe islamiste ces derniers mois s'est déroulée à Bosso, une ville au sud-est du Niger. En juin dernier, des troupes de Boko Haram ont attaqué un poste militaire et tué 26 soldats, et ont tenté de s'implanter dans cette ville frontalière stratégique dans la région du Sahel, avant d'être repoussées.

AFP

Le président du Front populaire ivoirien (FPI), Pascal Affi N'guessan, a, au nom de l'Alliance des forces démocratiques (AFD, coalition de l'opposition), annoncé, hier, à Abidjan des actions de masse pour « faire barrage au projet de nouvelle constitution ». Affi N'guessan qui animait une conférence de presse, a expliqué que ces actions de masse visent à sensibiliser « les Ivoiriens sur les enjeux et identifier les dangers qui guettent la cohésion nationale » avec l'élaboration de la nouvelle constitution.

« Nous sommes dans un processus pour s'opposer au projet de la nouvelle Constitution. Le lancement de la campagne de sensibilisation aura lieu le samedi 17 août par un meeting à Port-Bouët et prendra fin par un autre meeting le 8 octobre à Yopougon », a annoncé M. Affi, soutenant que « l'avenir de la nouvelle Constitution dépend des Ivoiriens » qui, selon lui, dans leur grande majorité, « ne veulent pas de ce projet ».

« Si nous laissons faire, nous sommes morts », a-t-il prévenu, soulignant que « la Côte d'Ivoire qui est à un tournant veut sortir des turbulences. C'est maintenant que nous devons nous lever pour que le pays marche sur ses deux pieds dans la fraternité, la solidarité et la paix », à émis Affi N'guessan. Selon lui, élaborer une Constitution, c'est « fonder une république et cela implique que nous soyons tous d'accord de l'opportunité, de la démarche et du fond ». Pascal Affi N'guessan a repris langue mercredi avec le comité des experts, après « le dégel des comptes de cadres importants du parti et la libération de certains prisonniers ».

APA

La Jamaïque a décidé, hier, de retirer sa reconnaissance de la pseudo "Rasd", a indiqué, hier, un communiqué du ministère marocain des Affaires étrangères et de la Coopération. « Dans un document officiel de son ministère des Affaires étrangères et du Commerce extérieur, en date du 14 septembre 2016, la Jamaïque déclare qu’elle a ‘‘décidé de retirer sa reconnaissance de la Rasd auto-proclamée », souligne la même source. Dans ce même document, remis au ministre délégué marocain auprès du ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, « la Jamaïque exprime son souhait sincère que sa position de neutralité et son soutien continu au processus onusien en cours enverront le message fort qu’elle se tient auprès de la communauté internationale dans son effort pour parvenir à une solution juste et pacifique à ce différend régional prolongé ». La décision de la Jamaïque de retirer sa reconnaissance de la pseudo « Rasd » -qu’elle avait reconnu en septembre 1979- sera dûment portée à la connaissance des Nations unies, ajoute le communiqué.

APA

Le dénouement de la crise post-électorale qui secoue le Gabon repose désormais sur la Cour constitutionnelle et son influente présidente, Marie-Madeleine Mborantsuo, sous haute pression pour valider ou non les résultats provisoires donnant le président sortant Ali Bongo Ondimba vainqueur.

« L'avenir du pays est entre ses mains », affirment aujourd'hui en chœur journaux et Gabonais de tous bords politiques, qui retiennent leur souffle en attendant le verdict de la Cour, attendu au plus tard le 23 septembre. La "Tour de Pise", comme la surnomme l'opposition, penchera-t-elle une nouvelle fois du côté du pouvoir pour mettre fin au bras de fer entre Ali Bongo et son rival, l'ex-baron du régime Jean Ping qui revendique lui aussi la victoire ?

En 2009, l'institution avait rejeté les 11 requêtes en annulation introduites par le principal opposant d'alors, André Mba Obame, et validé l'élection de M. Bongo qui a succédé à son défunt père Omar, resté 41 ans au pouvoir. « Sans illusions » et malgré de fortes réticences internes, le camp Ping a déposé le 8 septembre un recours pour demander un nouveau décompte des voix dans la province du Haut-Ogooué (sud-est), comme le réclamait de la communauté internationale, favorable à la « voie légaliste » pour sortir le pays de l'impasse.

C'est le fief familial de la famille Bongo, où le président a obtenu plus de 95% des voix avec un taux de participation proche de 100%, qui lui a permis de remporter la victoire d'une très courte tête (moins de 6.000 voix).

Au cœur de la tourmente, un nom est désormais sur toutes les lèvres : Marie-Madeleine Mborantsuo, aussi surnommée "3M", l'indéboulonnable présidente de la Cour constitutionnelle depuis plus de 20 ans, qui est régulièrement accusée par l'opposition de collusion avec le pouvoir. A 61 ans, elle cumule les titres - magistrat hors hiérarchie, commandeur de la légion d’honneur française - et les diplômes - DEA en droit constitutionnel de l'Université Paris II Panthéon Sorbonne, doctorat en droit à Aix en Provence.

- Choix cornélien –
Son parcours illustre bien la confusion entre business, famille et politique qui caractérise le "système Bongo" depuis plusieurs décennies: cette ancienne "Miss" du Haut-Ogooué, sa région natale, fut une des nombreuses liaisons d'Omar Bongo, qui lui a donné deux enfants et l'a placée à la tête de la Cour dès 1998. Certains médias gabonais lui prêtent un important patrimoine immobilier au Gabon et à l'étranger.

Quel que soit le sens dans lequel la présidente et les huit autres juges de la Cour tranchent le contentieux électoral, leur choix s'annonce d'ores et déjà cornélien.

La proclamation le 31 août des résultats provisoires du scrutin à un tour du 27 août avait déclenché des émeutes meurtrières et des pillages dans tout le pays. Chez les partisans de Ping, on promet déjà « qu'on ne se laissera pas faire : la seule option est qu'Ali dégage ». Sur neuf juges, trois - dont Mme Mborantsuo - ont été nommés par le chef de l'Etat, trois par le président du Sénat et trois par l'ancien président de l'Assemblée nationale Guy Nzouba Ndama, qui a basculé en début d'année dans l'opposition pour devenir un des principaux soutiens de Jean Ping.

Autre élément susceptible de brouiller les pistes: ces derniers mois, la presse gabonaise a fait état à plusieurs reprises d'un rapprochement supposé entre le courant de M. Nzouba Ndama et la présidente de la Cour, qui serait « tombée en disgrâce » auprès d'Ali Bongo. La magistrate a en tous les cas la lourde tâche de mettre en application un ouvrage dont elle est l'auteure : "La contribution des Cours constitutionnelles à l'Etat de droit en Afrique".

AFP

L’opposition guinéenne a rejeté le chronogramme électoral de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) fixant au 18 décembre prochain la tenue des élections locales, a-t-on appris hier de sources concordantes.

Une rencontre entre une délégation de l’opposition républicaine et le président de la Ceni, Bakary Fofana, prévue hier et qui devait être une occasion pour les opposants de lui notifier le rejet du chronogramme électoral a été reportée sine die. Dr Ibrahima Sory Diallo, président de la commission d’organisation des manifestations de l’opposition qui faisait partie de cette délégation, a déclaré à la presse que la Ceni devait donner des explications sur les raisons qui l’ont amenée à fixer un calendrier électoral, sans se référer aux acteurs politiques. Il parle de violation de principes et de lois organiques, déplorant ce qu’il a qualifié de « décision unilatérale » de la Ceni. Le chef de file de l’opposition, Cellou Dalein Diallo, a aussi mal pris le fait que la Ceni ait fixé la date du 18 décembre pour la tenue des élections communales, sans attendre que le dialogue inter guinéen ne soit lancé pour discuter de cette question. Le chef de file de l’opposition a été très amer contre l’institution chargée d’organiser les élections en Guinée, dans une déclaration faite à partir de Labé, principale agglomération de la Moyenne Guinée, où il séjourne en ce moment. La Ceni dans son planning électoral estimé qu’elle procédera au découplage des élections de districts et de quartiers avec celles des communales. Une proposition qui divise les acteurs politiques du pays.

APA

L'entreprise libyenne Lptci sera le quatrième opérateur de téléphonie mobile actif en Côte d'Ivoire, où le marché a atteint près de 100% de taux de pénétration, a annoncé hier le gouvernement ivoirien. Le conseil des ministres a « approuvé le choix de ce 4e opérateur et autorisé le gouvernement à finaliser le processus d’attribution de la quatrième licence de téléphonie mobile » a déclaré le ministre de l'Economie numérique, Bruno Koné, à l'issue du conseil.  Actuellement le groupe français Orange, le sud-africain Mtn et le groupe ivoiro-saoudien Atlantique Télécom, sont les principaux opérateurs de téléphonie sur le marché ivoirien. En Côte d'Ivoire, première puissance économique d'Afrique francophone, le nombre d’abonnés de la téléphonie mobile est passé de 16 millions à près de 25 millions en trois ans, de 2012 à 2015. Pendant cette période, le nombre d'abonnés à internet a explosé, passant de 200.000 à huit millions. Mtn et Orange ont renouvelé en décembre 2015 leur licence d'exploitation de téléphonie mobile pour 15 ans, en versant respectivement des acomptes de 75 milliards de FCfa (115 millions d'euros) et 50 milliards de FCfa (76 millions d'euros) à l'Etat ivoirien sur les 100 milliards (150 millions) exigés. La téléphonie mobile représente 8% du Pib ivoirien et le secteur est l'un des plus gros employeurs du pays. 

AFP

Trois ans de prison ferme ont été requis à l'encontre de l'ex-ministre français du Budget Jérôme Cahuzac pour fraude fiscale et blanchiment, l'accusation estimant que c'était le juste prix de la « trahison » dans cette retentissante affaire. L'accusation a également demandé une peine d'inéligibilité de cinq ans contre l'ex-étoile montante de la galaxie socialiste, ancien maire et ancien député, qui a « trahi tous ses serments » et fut à l'origine du pire scandale pendant le mandat présidentiel de François Hollande. Sur sa chaise, Jérôme Cahuzac n'a pas bougé, comme figé, les yeux baissés. La procureure Eliane Houlette a requis deux ans de prison ferme à l'encontre de son ex-femme Patricia Cahuzac, qui l'a « surpassé » dans « la dissimulation de ses avoirs au fisc ». « Le seul élément qui distingue vos situations, c'est que lui était ministre », a-t-elle lancé. L'ancien héraut de la lutte contre l'évasion fiscale est jugé depuis le 5 septembre devant le tribunal correctionnel de Paris pour ses comptes cachés à l'étranger, au côté de son ex-épouse et de leurs anciens conseillers, le banquier suisse François Reyl et l'homme d'affaires Philippe Houman.

AFP

Les groupes jihadistes du Sahel n'ont plus la capacité tactique de prendre une ville et de la contrôler, a assuré hier à Ouagadougou le nouveau commandant des forces françaises Barkhane, le général François-Xavier de Woillemont.

« Contrairement à l'impression qu'on peut avoir, les armées des pays du G5 (qui regroupe le Mali, la Mauritanie, le Tchad, le Niger et le Burkina Faso) et Barkhane remportent des succès importants contre les groupes terroristes », a déclaré l'officier français à l'issue d'un entretien avec le chef de l'Etat burkinabè Roch Marc Christian Kaboré.

« Les groupes terroristes n'ont plus de capacité tactique de prendre une ville et de la contrôler.
Au Sahel, il n'y a plus de groupes terroristes capables de mener des actions d'envergure. Ca ne veut pas dire que la question est réglée, ça veut dire que le travail, les actions des armées du G5 et l'action de Barkhane a porté leurs fruits », a-t-il ajouté à la presse. « Ils restent dangereux comme tous les terroristes du monde, mais ils n'ont plus ce qu'ils ont à un certain moment appelé +l'industrialisation+ du terrorisme, notamment dans le nord du Mali », a-t-il poursuivi.

A la question de savoir si les chefs militaires du Sahel et de Barkhane n'étaient pas inquiets devant l'apparition de nouveaux groupes armés comme celui de Peuls, dans le centre du Mali, qui pourraient se transformer en groupes terroristes, le général de Woillemont a répondu : « l'action militaire n'a de sens qu'au service d'une avancée politique, une avancée de la réconciliation et des accords de paix ».

Interrogé sur l'expansion de l'Etat islamique (EI) dans les pays du Sahel, notamment au Burkina Faso où l'organisation a revendiqué pour la première fois une attaque contre un poste de douane au cours de laquelle un douanier et un civil ont été tués le 1er septembre, le général de Woillemont a répondu que « l'expansion de l'EI (était) un phénomène mondial ».

« Partout où on les contrôle, où on les maîtrise, ils essaient de s'étendre », a-t-il déclaré. « On voit aussi dans cette lutte mondiale qu'au Sahel mais aussi en Syrie, en Libye, on est aussi capables de leur porter des coups extrêmement rudes », a-t-il indiqué. « Ils peuvent faire des actions très médiatisées quelque part mais nous vaincrons, nous gagnerons cette guerre même si par endroit on peut ressentir que ce sera long. Mais c'est l'union des volontés qui permettra de venir à bout de cet ennemi qui a des capacités de résilience », a conclu le général français.

AFP

L'ex-président israélien et prix Nobel de la paix Shimon Peres, 93 ans, a été hospitalisé en urgence, hier soir, près de Tel-Aviv, et placé sous anesthésie et assistance respiratoire à la suite d'un accident vasculaire cérébral, a indiqué son bureau dans un communiqué. 

L'ancien président a été hospitalisé à l'hôpital Tel-Hashomer à la suite d'un accident cérébral.
Après avoir indiqué que son état était "stable" et qu'il était "conscient", le bureau de M. Peres a rapporté un "changement dans son état". "Ses médecins ont décidé de l'anesthésier et de le placer sous assistance respiratoire afin de faciliter la suite du traitement. Dans quelques minutes, il subira un scanner afin d'évaluer plus précisément son état", a dit son bureau.

Des médias israéliens ont rapporté que M. Peres était dans un état grave. Les médias ont dépêché leurs journalistes sur place à Ramat Gan, près de Tel-Aviv. Tel-Hashomer est le plus grand hôpital israélien. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a rapidement réagi à la nouvelle de l'hospitalisation, survenue le jour anniversaire de la signature, à Washington, en 1993, des premiers accords d'Oslo dont M. Peres fut l'un des artisans.

Il avait été hospitalisé le 14 janvier après un accident cardiaque qualifié de mineur, qui avait nécessité la pose d'un cathéter pour élargir une artère. Il était ressorti de l'hôpital au bout de cinq jours. Mais il y était retourné en raison d'une arythmie. Un des artisans des accords de paix d'Oslo en 1993, Shimon Peres a reçu le prix Nobel de la Paix en 1994, conjointement avec l'ex-Premier ministre israélien Yitzhak Rabin et l'ex-président palestinien Yasser Arafat, tous deux décédés.

AFP

Sept soldats nigériens ont été tués et huit blessés entre jeudi et lundi par le groupe islamiste nigérian Boko Haram dans la région de Diffa (sud-est du Niger), frontalière du Nigeria, a indiqué hier soir l'armée nigérienne.

« Cinq membres des Forces de défense et de sécurité ont été tués » et « six autres blessés », lundi dernier dans une embuscade tendue vers 10H30 locales (9H30 GMT) par « des éléments du groupe terroriste Boko Haram », non loin de Toumour, à 75 km au nord de la ville de Diffa, selon un communiqué lu à la télévision d'Etat par le colonel Moustapha Ledru, porte-parole du ministère nigérien de la Défense.
« Deux soldats ont été tués » et « deux autres blessés » jeudi dernier lorsque leur véhicule de patrouille a sauté « sur un engin explosif improvisé » près de la localité de Baroua, a-t-il ajouté.

Selon le porte-parole, 30 combattants de Boko Haram ont été tués et deux autres capturés au cours « d'une opération de ratissage » lancée par les militaires nigériens et tchadiens présents dans la région.

D'importantes quantités d'armes et de munitions appartenant aux insurgés ont été également saisies, a-t-il noté.

Le 2 septembre, Toumour avait été déjà été victime d'un raid: cinq personnes avaient été tuées et deux blessées. L'attaque du 2 septembre était la première depuis près de trois mois.

Afp

Dans l’indifférence générale, sauf bien sûr celle des grands collectionneurs, le patrimoine culturel africain passe de mains en mains, voit sa valeur marchande croître de manière exponentielle, sans qu’aucune retombée financière, culturelle ou même politique ne vienne atténuer le sentiment de spoliation qui habite ses légitimes propriétaires.

Quatre-vingts objets d'art africain et océanien provenant des prestigieuses collections des Français Charles Ratton et Aristide Courtois, seront en effet dispersés lors de l'une des plus importantes ventes de la saison, les 15 et 16 décembre au célèbre « Drouot » à Paris. Ces objets remarquables réapparaissent après être restés dans l'ombre près d'un demi-siècle. C’est un événement de portée internationale. Sans l’Afrique et les Africains. Alors que c’est de leur propriété qu’il s’agit. Les arts premiers, ce sont les catégories culturelles selon les canons occidentaux et désignant les productions artistiques des sociétés dites « traditionnelles », « sans écriture » ou « primitives ». Par extension, le terme désigne communément la production artistique traditionnelle des cultures non-occidentales. Ces collectionneurs, qui se transmettent maintenant ce patrimoine de père en fils, ont pour la plupart un passé dans « les colonies ».

Charles Ratton, pour ne prendre que son exemple, baignant dans le milieu artistique des surréalistes français d’avant la deuxième guerre mondiale, et ayant très tôt mis pied en Afrique, s’était vu confier, par le musée d'ethnographie du Trocadéro, futur musée de l'Homme, la conception de l'une de ses premières expositions temporaires consacrée aux arts de la cour, bronzes et ivoires, du royaume du Bénin, « faisant entrevoir l'âge d'or d'une civilisation oubliée au milieu artistique et intellectuel parisien », comme le dit sa biographie officielle. En raison de son passé colonial, la France est, aujourd’hui, en première ligne dans cette vaste entreprise de spoliation des biens culturels des peuples autochtones d’Afrique et d’Indochine alors sous sa domination. Parmi les lots majeurs, une statue africaine Fang est estimée entre 195 et 325 millions de FCfa, tandis qu'un appui-tête en bois sculpté attribué à Luba Shankadi, célèbre sculpteur africain de l’époque précoloniale, pourrait atteindre 520 millions de FCfa.

Mémoire agressée
La vente proposera également de « très beaux lots » d'archéologie, dont un bas-relief égyptien du Nouvel-Empire, une tête d’Onuris aux yeux incrustés datant de la Troisième Période intermédiaire égyptienne et une idole cycladique en marbre datant du milieu du troisième millénaire avant JC. Le 27 juillet dernier, Patrice Talon, le président nouvellement élu du Bénin, a officiellement demandé à la France et à l’Unesco de lui restituer les biens culturels « pris au Bénin » pendant la colonisation. Une initiative prise en conseil des ministres. Dans une tribune cosignée en décembre 2013 dans « Le Monde », l’ancien président Nicéphore Soglo et Mme Aminata Traoré rappelaient qu’au musée du Quai Branly se trouvent « les récades royales de Béhanzin, le trône de Glélé, les portes sacrées du palais et plusieurs autres objets de grande valeur issus du pillage de 1894 ».
Ces enchères seront l'occasion de batailles entre les plus grands collectionneurs, mais derrière, il y a toute une Histoire qui change de mains, qui se dénature et qui se volatilise au détriment de ses légitimes propriétaires. La réappropriation de ces biens culturels est une étape dans la construction de ce que certains ont appelé « Renaissance africaine » en tout cas, cet élan destiné à reconstruire une Mémoire agressée depuis des siècles maintenant. Certes, cette « propriété » occidentale de nos biens peut être un gage de bonne conservation –les jihadistes du Nord Mali ont bien détruit des mausolées à Tombouctou-, mais le désir d’avenir qui taraude les élites culturelles africaines passe nécessairement par ce droit d’inventaire. Pour poser ensuite l’exigence de préemption. On ne saurait quand même vendre nos biens à l’insu de notre plein gré !

Samboudian KAMARA

Le président gabonais, Ali Bongo Ondimba, a participé, hier, à la prière de la Tabaski (Aïd), à la grande mosquée Hassan II de Libreville, en pleine crise politique après l'élection présidentielle du 27 août.

Le chef de l'Etat sortant est arrivé vers 09H30 (08H30) à bord d'une Mercedes bleu saphir rutilante, pour prier parmi des milliers d'autres fidèles, en ce jour de la « fête du mouton », assis sous les grandes voûtes ornées de mosaïques.

Installé en tailleur sur un coussin et vêtu d'un grand boubou blanc cousu de fils dorés, le président a écouté, les yeux fermés, le prêche de l'imam. Catholique né "Alain Bernard Bongo", il s'est converti à l'Islam durant sa jeunesse, en 1973, quand son défunt père, Omar, a embrassé cette religion. Le Gabon est un pays très majoritairement chrétien, mais où vivent de nombreux musulmans d'Afrique de l'Ouest et des pays voisins.

« Il est important pour nous de méditer sur la question de la foi, la profondeur de notre foi et à l'exemple du sacrifice d'Abraham, nous demander ce que nous sommes prêts à faire les uns pour les autres », a déclaré à la presse le président à la sortie de la mosquée, proche du palais présidentiel. « Comme tous les musulmans du monde, aujourd'hui, nous prions pour la paix. La paix est le bien le plus important et c'est ce que j'ai fait. J'ai prié pour la paix », a-t-il ajouté. M. Bongo a remporté d'une courte tête la présidentielle face à son rival Jean Ping, qui s'est proclamé "président élu", et a contesté les résultats officiels, qui avaient déclenché, la semaine dernière, des émeutes meurtrières et des pillages massifs dans tout le pays, pourtant peu habitué aux violences.

AFP

La justice française s'est concentrée hier sur le cas de trois femmes radicalisées soupçonnées d'avoir voulu préparer un attentat sous l'influence d'un jihadiste français du groupe Etat islamique (EI), connu pour avoir téléguidé des attaques depuis la zone irako-syrienne, selon les enquêteurs.

Inès Madani, 19 ans, Sarah H., 23 ans, et Amel S., 39 ans, ont été présentées lundi aux juges en vue d'être mises en examen (inculpées) après la découverte près de la cathédrale Notre-Dame de Paris, d'une voiture chargée de bonbonnes de gaz. Elles avaient été interpellées jeudi soir dans le sud-est de Paris par la police.

AFP

Les armes se sont tues en Syrie avec l'entrée en vigueur de la trêve Les armes se sont tues, hier soir, en Syrie avec l'entrée en vigueur d'une trêve initiée par Moscou et Washington, énième effort pour mettre un terme à cinq ans d'un conflit dévastateur. La trêve a débuté à 19H00 locales (16H00 Gmt), alors que l’opposition et la rébellion n'y ont pas encore donné leur accord formel et que prévaut le scepticisme sur le succès de ce nouveau cessez-le-feu.

Le régime, qui a donné son approbation à l'accord conclu, vendredi, par les Etats-Unis et la Russie, après des semaines de négociations, a annoncé le gel de ses opérations militaires « sur le territoire pendant sept jours, de lundi à 16H00 Gmt au 18 septembre à 21H00 Gmt ». Comme lors de la précédente trêve fin février, les groupes jihadistes Etat islamique (Ei) et Front Fateh al-Cham (ex-branche d'Al-Qaïda), qui contrôlent de vastes régions du pays, en sont exclus.

La Corée du Nord a demandé, dimanche dernier, à être reconnue par les Etats-Unis comme une puissance nucléaire militaire à part entière, après son cinquième essai nucléaire, auquel Washington, Tokyo et Séoul veulent riposter par la plus grande fermeté. En dépit de sanctions du Conseil de sécurité de l'Onu, sans cesse plus dures contre Pyongyang, la Corée du Nord a réalisé, vendredi, son plus puissant essai nucléaire. Celui-ci n'est intervenu que huit mois après le quatrième, raccourcissant considérablement un délai qui était en moyenne de trois ans entre les précédents tests. Pyongyang a, en outre, affirmé que l'engin testé vendredi était une tête susceptible d'être montée sur un missile.

Autant d'éléments qui ont amené de nombreux experts à réévaluer nettement le niveau de la menace nucléaire nord-coréenne. Dimanche, Pyongyang a balayé le concert de protestations internationales, en revendiquant une place dans le club très fermé des puissances nucléaires militaires et en se moquant de la "faillite" de la ligne du président Barack Obama sur la Corée du Nord.

 Hillary Clinton, soignée pour une pneumonie, reprendra la campagne cette semaine. La candidate en tête des sondages devra prouver aux Américains qu'elle n'a pas perdu la vigueur requise pour battre Donald Trump en novembre -et assumer les fonctions de présidente. Pour l'instant, la candidate démocrate à la Maison Blanche se repose chez elle, à Chappaqua, près de New York, ayant annulé ses déplacements d’hier et d’aujourd’hui. Son entourage tentait tant bien que mal de rattraper les dégâts d'un week-end noir. Deux incidents ont plongé la campagne de la démocrate dans la panique.

Le premier, vendredi soir, a pris la forme d'un discours d'Hillary Clinton, déjà malade secrètement de pneumonie, dans lequel elle qualifie négativement les électeurs de son adversaire. Le second incident concerne son malaise, pour cause de déshydratation, dimanche matin, à New York, lors d'une cérémonie d'hommage aux victimes des attentats du 11 septembre 2001. Un témoin l'a filmée, de dos, perdant l'équilibre, ses jambes semblant se dérober sous elle et incapable de monter à bord de son véhicule sans l'aide de deux gardes du corps. Quelques heures après, elle est apparue tout sourire, assurant qu'elle se sentait bien. C'est la dernière fois qu'elle a été vue en public.

AFP 

Le président gabonais, Ali Bongo Ondimba, a déclaré, hier en fin de journée, qu'il n'avait « pas exercé ni déclenché la violence »  post-électorale dans son pays, mettant en cause son rival Jean Ping, dans un entretien à l'Afp.

« Je n'ai pas exercé ni déclenché la violence », a déclaré le président sortant, affirmant que les émeutes meurtrières et les pillages massifs étaient dus à "un climat" que l'opposant Jean Ping « a créé lui-même » après « une campagne violente, de mensonges, de dénigrement ».
Pour le président Bongo, c'est un « climat qu'il a créé lui-même par rapport à la campagne qui a été la sienne. Une campagne violente, une campagne de mensonges, de dénigrement qui n'a pas fait honneur au pays ». « Donc, je ne m'inscris pas dans ce registre du tout », a-t-il ajouté. Reconnaissant qu’aucun dialogue direct n’a pas été entamé avec Jean Ping, le président a affirmé : « Ce n’est pas de ma faute. Moi je n’ai jamais refusé de discuter », a-t-il dit.

« J'ai voulu des élections démocratiques, j'ai voulu des élections transparentes, j'ai voulu un scrutin qui soit juste, je ne suis pas rentré en fraudes », a encore renchéri le président, sans autre précision.Toutefois, a-t-il concédé, « les résultats tels qu'ils ont été annoncés m'interpellent dans le sens où il y a un certain nombre de compatriotes, un grand nombre de compatriotes qui n'ont pas voté pour moi. Donc, je dois tenir compte de ce fait là et je vais gouverner en conséquence ». A propos du recours déposé par Jean Ping devant la Cour constitutionnelle sur la province du Haut-Ogooué, fief de la famille Bongo, où le président sortant a obtenu plus de 95 % des voix, il s'est dit « confiant », assurant que cela « permettrait de faire la lumière sur toutes les opérations électorales et sur la fraude massive que M. Ping a organisé » dans plusieurs provinces.
Interrogé sur l'éventuelle arrivée de renforts militaires français à Libreville, où la France dispose d'une base militaire, le chef de l'Etat a répondu : « Nous sommes en mesure de rétablir l'ordre dans notre pays et de maintenir la paix, nous sommes en mesure de pouvoir le faire ».

pingJean Ping fait monter la pression au lendemain de son recours
L'opposant Jean Ping a mis en garde, hier, la plus haute juridiction du Gabon après le recours qu'il a déposé contre la réélection d'Ali Bongo Ondimba, alors que le pays commence à battre le compte à rebours du verdict attendu d'ici deux semaines au plus. « Président élu, je le suis », a répété M. Ping, donné perdant d'une courte tête par les résultats officiels provisoires au profit du président sortant. L'opposant a mis en garde les neuf juges - nommés par le chef de l'Etat et les présidents de l'Assemblée nationale ainsi que du Sénat -, dont la décision sera sans appel. « Il ne fait aucun doute qu’en cas de non-respect de la réalité du vote des Gabonais par la Cour constitutionnelle, le peuple, qui n’aurait dans ce cas plus rien à perdre (...), prendra son destin en mains », a lancé M. Ping.
La Cour dispose d'un délai de quinze jours pour rendre son verdict. Le pays vit dans un calme tendu depuis l'éruption de violences meurtrières qui a suivi l'annonce, le 31 août, de la réélection d'Ali Bongo (manifestations, déploiement sécuritaire, émeutes, pillages...).

AFP

Trois militaires maliens ont été tués, hier, dans une embuscade tendue par des hommes armés non identifiés dans la région de Mopti (centre du Mali) où des assaillants s'étaient brièvement emparés d'une localité il y a une semaine, selon le gouvernement malien et des sources militaires. Cette embuscade intervient une semaine après la prise, sans combats, le 2 septembre, de Boni par des hommes armés demeurant non identifiés. L'armée malienne avait repris, le 3 septembre, le contrôle de Boni avec le soutien des forces de la Mission de l'Onu (Minusma) et le ministre de la Défense, Tièman Hubert Coulibaly, avait été limogé.

AFP

La découverte d'un véhicule piégé, dimanche dernier, à Paris, a débouché sur l'arrestation d'un « commando » de femmes jihadistes qui s'apprêtaient à commettre un nouvel attentat contre la France, déjà éprouvée par une série d'attaques meurtrières. Dans le cadre de l'enquête, ouverte ce week-end, trois femmes ont été interpellées, jeudi, dans la banlieue de Paris. « Téléguidées » par des jihadistes du groupe Etat islamique depuis la Syrie, elles avaient "un dessein : commettre un attentat", selon le procureur de Paris, François Molins.

AFP

L'opposant gabonais Jean Ping a finalement déposé, hier, un recours contre la réélection du président Ali Bongo, comme le lui suggérait la communauté internationale pour gagner du temps et calmer les esprits dans la violente crise post-électorale.

La Cour constitutionnelle, qui inspire de la défiance à des nombreux opposants, dispose désormais de 15 jours pour trancher le contentieux électoral, alors que MM. Bongo et Ping revendiquent tous deux la victoire à la présidentielle du 27 août.

Le recours de M. Ping demande le recomptage des voix bureau de vote par bureau de vote dans la province du Haut-Oogoué, fief des Bongo, où le président sortant a obtenu plus de 95 % des voix avec plus de 99 % de participation. Ce score lui a permis de l'emporter au niveau national d'une très courte tête d'environ 5.000 voix, selon les résultats officiels provisoires contestés par l'opposition. Une partie des opposants contestait l'opportunité d'un recours, comparant la Cour à la "Tour de Pise" qui penche toujours du côté du pouvoir. « M. Ping a respecté la légalité », a commenté son avocat. La France, ancienne puissance coloniale, a d'ailleurs clairement rappelé, hier, la position de la communauté internationale à ce sujet. L'avocat de M. Ping a fait état, au total, de trois autres recours mineurs, mais d'aucun de la part du président sortant, Ali Bongo.

M. Ping a annoncé son recours au dernier moment alors que la mission de l'Union africaine a été reportée sine die, selon le gouvernement. La mission de bons offices de chefs d'Etat africains qui devait arriver aujourd’hui a été reportée officiellement pour des raisons de calendrier. C'est toujours l'heure des bilans de l'éruption de violences enregistrés il y a une semaine au Gabon. Le ministre de l'Intérieur, Pacôme Moubelet-Boubeya, a, de son côté, déclaré qu'un policier déclaré mort, samedi, après avoir été blessé par des manifestants, était finalement toujours en vie. Le ministre répète qu'au total les violences n'ont fait que trois morts. Ce bilan est contesté par l'opposition, à commencer par M. Ping qui évoque plusieurs dizaines de morts.

AFP 

 

Un militant anti-esclavagiste mauritanien a dénoncé, hier, à Abidjan, « l'esclavage domestique » dans son pays et espère mobiliser les pays d'Afrique noire contre ce qu'il qualifie de « racisme d'Etat ». 

Il espère que la « société civile africaine va faire pression sur les gouvernements du continent, afin qu'ils puissent s'acquitter de leur devoir vis-à-vis des populations noires de Mauritanie comme ils se sont acquittés de leur devoir envers les populations noires en Afrique du Sud du temps de l'apartheid », a dit Biram Ould Dah Ould Abeid, président de l'Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste (Ira). « On assiste à un apartheid non écrit implanté en Afrique de l'Ouest contre les Noirs par une minorité en Mauritanie », a ajouté M. Abeid, libéré en mai sur décision de la Cour suprême après environ 18 mois de prison pour avoir dénoncé la survivance de pratiques.

M. Abeid, dont l'Ong n'est pas reconnue par l'Etat, a entrepris une tournée africaine qui l'a déjà conduit au Mali, au Sénégal et prochainement au Burkina et en Afrique du Sud pour obtenir l'appui des sociétés civiles africaines contre les « crimes esclavagistes » dans son pays. « 20 % de la population mauritanienne sont toujours des esclaves par ascendance qui sont attachés à la famille des maîtres, astreints à travailler sans repos et sans soins. Ils sont privés d'écoles, de mariage et de propriété », a-t-il dit. 
Cette tournée est également destinée à obtenir une « condamnation de la Mauritanie » lors de la session de la Commission africaine des droits de l'Homme et du peuple, prévue en octobre prochain à Banjul, en Gambie, a précisé M. Abeid, candidat malheureux à l'élection présidentielle de juin 2014. 13 militants anti-esclavagistes mauritaniens de l'Ira ont été condamnés, le 18 août, à des peines de 3 à 15 ans de prison par la Cour criminelle de Nouakchott.

Ils étaient accusés de « rébellion, usage de la violence, attaque contre les pouvoirs publics, attroupement armé et appartenance à une organisation non reconnue ». L'esclavage a officiellement été aboli en 1981 en Mauritanie, mais certaines de ses pratiques perdurent, une situation dénoncée avec véhémence par l'Ira. La situation a néanmoins évolué récemment, avec l'adoption, en août 2015, d'une nouvelle loi faisant de l'esclavage un « crime contre l'humanité », réprimé par des peines allant jusqu'à 20 ans de prison, contre cinq à dix ans auparavant.

AFP 

L’arrivée de la délégation de l’Union africaine, attendue aujourd’hui, à Libreville, pour une médiation de la crise gabonaise a été reportée « sine die », a annoncé France 24, citant le ministère gabonais des Affaires étrangères. Initialement attendue aujourd’hui, à Libreville, la délégation de l’Union africaine, annoncée ces derniers temps au Gabon, devrait comprendre le tchadien Idriss Déby et ses homologues du Congo, Denis Sassou Nguesso, et du Sénégal, Macky Sall.

Selon la Bbc citant un communiqué de l’Onu, la délégation de chefs d’Etat était attendue dans le cadre du « règlement de la crise politique » au Gabon. Elle devrait être accompagnée, d’après la présidence tchadienne, « des responsables de la Commission de l'Union africaine et des représentants des Nations unies ».

APA 

AFP - La candidate démocrate à l'élection présidentielle américaine Hillary Clinton a promis, hier, qu'elle travaillerait avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu pour préserver "l'avantage militaire" stratégique de l'Etat hébreu.  « Très rapidement après mon investiture, j'inviterai le Premier ministre (israélien) à Washington pour des réunions et j'enverrai mes chefs d'état-major et mes experts en matière de renseignements en Israël pour rencontrer leurs homologues », a-t-elle déclaré dans une interview diffusée, hier, par la chaîne de télévision israélienne Channel Two. « Ce que nous devons faire avant tout est de maintenir l'avantage militaire qualitatif » d'Israël, a-t-elle ajouté. Les Etats-Unis et Israël négocient, depuis plusieurs mois, les termes d'un nouveau programme d'aide militaire américaine à l'Etat hébreu sur 10 ans. Le programme, en vigueur actuellement, court jusqu'en 2018 et a une valeur de 2,7 milliards d'euros par an.

L'opposition ivoirienne s'est montrée satisfaite, hier, de « la reprise du dialogue » avec le pouvoir à l'issue d'une réunion du Cadre permanent du dialogue (Cpd), tout en réaffirmant ses positions sur « les prisonniers politiques » ou la nouvelle Constitution voulue par le président Alassane Ouattara.

« Le dialogue a repris », a dit le leader de l'opposition, Pascal Affi Nguessan, justifiant son retour au sein du Cpd par « des gestes » du pouvoir, dont le dégel des avoirs de 10 cadres de son parti, le Front populaire ivoirien (Fpi), fondé par l'ancien président Laurent Gbagbo, ainsi que la libération de « 9 prisonniers politiques ». L'opposition avait suspendu sa participation en février. 

AFP

BITAM - La tension est toujours perceptible entre partisans d’Ali Bongo Ondimba (particulièrement la communauté haoussa) et ceux de Jean Ping dans la commune de Bitam, département d’Oyem, dans la partie septentrionale du Gabon, bien que les forces de défense et de sécurité veillent au grain. Bastion politique de Jean Ping, ses militants reprochent aux Haoussa de toujours voter pour le parti au pouvoir. Après la publication des résultats, il y a eu plusieurs échauffourées entre les deux camps. Et le marché haoussa a été incendié, causant des pertes énormes.

Il est 10h lorsque notre hélicoptère décolle de l’aérodrome militaire de Libreville. Cap sur Bitam, à 700 km de la capitale gabonaise. Du haut, on peut admirer la vaste forêt luxuriante sur des milliers de km2. Les palmiers y ressemblent à des nains tellement les arbres sont géants. Traversée par de nombreux cours d’eau, cette belle forêt est, par endroits, agressée par l’activité humaine (coupe de bois). 

On peut aussi contempler les nombreuses montagnes ainsi que différents villages. Après 1h 40 de vol, nous atterrissons à l’aérodrome de Bitam. Puis, direction le marché haoussa de la commune qui a été, en grande partie, incendié, jeudi dernier, après la publication des résultats provisoires. Il est rouvert depuis dimanche, confie le chef major Lepoko Mata Rodrigue dont les hommes assurent la sécurité des personnes et des biens. 

Plusieurs magasins et entrepôts ont été totalement calcinés. Les murs sont noircis par le feu. Les toitures sont enlevées. Des enfants fouillent dans l’entrepôt calciné à la recherche d’une boîte de tomate concentrée ou de tout autre objet en bon état. « L’un des bâtiments comprenaient 15 comptoirs, dont le mien. Tout est partie en fumée », dit le commerçant Jean Pierre, propriétaire d’une mercerie, les larmes aux yeux. Fataliste, il ajoute : « On ne sait pas auprès de qui se plaindre, voire porter plainte. Peut-être que Dieu en a voulu ainsi ». L’heure est, à présent, au nettoyage et à la reconstruction.

Le vote favorable au Pdg, principal reproche
L’arrivée des journalistes crée automatiquement un attroupement. Dans la foule, des Haoussas, mais également des partisans de l’opposition, de l’Union nationale (le parti de Jean Ping) surtout, très excités. Le ton monte et devient plus menaçant. « Reconstruisez et nous allons tout brûler encore », lancent des jeunes aux Haoussas. La tension s’estompe un peu lorsque les journalistes ont commencé à interroger le député de l’Union nationale, Patrick Eyogo Edzan.

Ce dernier de démentir l’information donnée par une chaîne française selon laquelle Jean Ping aurait obtenu « 100 % » à Bitam. « Cela n’est pas vrai, nous avons obtenu 69,55 % contre 29 % pour Ali dans la commune de Bitam. Et dans le département de Ntem, nous avons recueilli 77,64 % des suffrages contre 21,26 % pour Ali », avance-t-il. Revenant sur l’incendie du marché, il précise que le soulèvement était « spontané ». « C’est à la suite de la publication des résultats, surtout avec le score fleuve attribué à Ali au Haut-Ogooué (sa province) qu’une marche de protestation a été organisée. Il y a eu des échauffourées entre les jeunes et les Haoussas dans un quartier. Comme représailles, ils sont venus brûler le marché de ces derniers », explique M. Edzan.

Selon lui, les populations reprochent à cette communauté « de toujours voter pour le pouvoir, le Parti démocratique gabonais (Pdg) ». « Ils (les Haoussas) ont leur bureau de vote dans leur quartier. Leurs dignitaires refusent que leurs jeunes votent pour l’opposition. Des consignes sont données à cet effet. Ce qui ne plait pas aux habitants d’ici », poursuit-il, demandant, comme son leader, le « recomptage bureau de vote par bureau de vote ». « Pour nous, Jean Ping est le président », souligne-t-il.

Le député Edzan estime que pour que la tension disparaisse, il faut qu’au sortir des élections, localement, « les gens se retrouvent, se parlent, car tout peut dégénérer et de manière violente. Les bureaux de vote pour Haoussa doivent disparaître. Ils doivent être disséminés », avertit-il. Mais les propos du député Edzan sont battus en brèche par la communauté haoussa. Leur chef et imam, Baba Toukour Oumar, entouré de ses parents après la prière de 14h, est formel. « A la base de tout cela, il y a le mépris, la haine », estime-t-il. Le chef Oumar informe que l’opposition, constituée en majorité de Fan (ethnie majoritaire de la zone), à chaque élection, s’en prend à sa communauté, rappelant que les premières attaques contre la communauté ont eu lieu en 1964, lors du coup d’Etat contre Léon Mba.

« Après le vote du samedi 27 août et la publication des résultats de notre bureau, ils ont tenté à plusieurs reprises de brûler la mosquée, surtout le jeudi dernier. Ils n’ont pas hésité à nous lancer des pierres dans la mosquée. Nous avons résisté. C’est à partir de ce moment qu’ils sont allés incendier le marché. Notre attitude a toujours été défensive et non offensive », explique-t-il. « N’a-t-on pas le droit d’exprimer une opinion contraire à la leur ? » s’interroge Baba Toukour Oumar. « Il y a du mépris et de la haine. Pourtant, nous sommes nés ici, nous avons été à l’école avec eux. Des familles sont là depuis plus de 3 générations », dit-il, indexant le « discours haineux et xénophobe du candidat Jean Ping ».

« Mépris et haine »
Dans le quartier, la peur et l’anxiété se lisent sur les visages. Les yeux sont rouges. Le manque de sommeil est passé par là. Baba Toukour Oumar reconnaît que la tension est vive dans Bitam. « Nous ne dormons plus du sommeil du juste. Nos jeunes veillent pour protéger le quartier », informe le chef de la communauté haoussa.
Baba Toukour Oumar de noter qu’« aucune consigne de vote contre Jean Ping n’a été donnée ». Pour preuve, fait-il remarquer, « sur une population haoussa estimée à 500 habitants, il y a eu environ 300 inscrits, 254 ont voté. Ali a obtenu 192 voix, Ping 50 et les autres candidats se partagent le reste. Comment ont-ils alors obtenu ces 50 voix ? » D’après Baba Toukour Oumar, les pertes au marché sont « énormes » même si une « évaluation n’est pas encore faite ». « Il n’y a qu’à voir l’ampleur des dégâts pour s’en convaincre », fait-il remarquer.
Alors que la population de Bitam continue de s’accuser mutuellement, les forces de défense et de sécurité veillent au grain. Les activités socioéconomiques reprennent progressivement. La gare routière, située non loin de l’aérodrome de la commune, qui n’est pas très loin de la frontière camerounaise, grouille déjà de monde au grand bonheur des voyageurs.

Un reportage de notre envoyé spécial Daouda MANE

Après cinq jours de silence : Le président Bongo contre-attaque
Le président gabonais Ali Bongo OndimbaLe président gabonais, Ali Bongo Ondimba, dont la réélection est violemment contestée par l'opposition, a contre-attaqué, hier, en martelant que la saisine de la Cour constitutionnelle est l'unique solution envisageable de sortie de crise.

La date limite des recours devant la Cour est fixée pour aujourd’hui dans l’après-midi.
Mais Jean Ping, le candidat de l'union de l'opposition, arrivé juste derrière Ali Bongo selon les résultats officiels, et qui s'est autoproclamé président élu, affirme que la Cour est totalement inféodée à la présidence.

Renvoyant dans les cordes les observateurs de l'Union européenne  qui ont fait état, mardi, d'une « anomalie évidente » dans les résultats du scrutin à un tour du 27 août, M. Bongo a jugé que « certains (d'entre eux) ont outrepassé leur mission ». S'exprimant sur la radio française Rtl, mais aussi sur Rfi et Europe-1, le président sortant a également balayé d'un revers de la main toute possibilité d'un recomptage des voix bureau de vote par bureau de vote. Ce recomptage est réclamé par l'opposition mais aussi par la France, ancienne puissance coloniale toujours influente dans ce petit pays pétrolier d'Afrique centrale. M. Bongo a répété qu'une telle disposition n'était pas prévue par la loi électorale et relevait exclusivement d'une décision de la Cour.

- Tacle pour l'opposition –
M. Ping n'avait pas annoncé, hier en fin de journée, s'il avait décidé ou non de saisir le tribunal. « Nous verrons », s'est borné à répondre son coordonnateur de campagne, René Ndemezo Obiang, à la presse qui l'interrogeait sur ce point. La date-butoir est aujourd’hui à 16H00 (15H00 Gmt). 
« Je ne peux pas violer la loi » qui donne compétence seulement à la Cour constitutionnelle pour ordonner un recomptage, a argumenté M. Bongo. « Mes adversaires le savent, ils ont fait voter cette loi. Et quand cette loi a été votée, je n'étais même pas au gouvernement alors que certains d'entre eux y étaient », a-t-il poursuivi. Il faisait référence à nombre de responsables de l'opposition, dont M. Ping, qui ont travaillé durant de longues années aux côtés de son père, Omar Bongo, décédé en 2009, après avoir dirigé le Gabon pendant 41 ans.
Il tacle d'ailleurs son rival à ce sujet : « Ce n'est pas à 74 ans que M. Ping va commencer une carrière de démocrate qu'il n'a jamais été ».

AFP

Deuxième session ordinaire du parlement: Mme Lucie Milebou Aubusson invite au sursaut patriotique
Mme Lucie Milebou AubussonLIBREVILLE - Initialement prévue le 1er septembre dernier, à l’Assemblée nationale, et reportée à cause de l’incendie de cette institution lors des manifestations après la proclamation des résultats provisoires de l’élection présidentielle, la 2è session ordinaire du Parlement s’est finalement tenue avant-hier, au siège du Sénat, à l’hémicycle Omar Bongo.

En présence du président de l’Assemblée nationale, Richard Auguste Onouviet, et du Premier ministre Daniel Ona Ondo, la présidente de la Haute chambre (Sénat), Mme Lucie Milebou Aubusson, évoquant les émeutes post-électorales, a dénoncé le « comportement ignoble et irresponsable d’une foule inconsciente dont l’œuvre est de détruire et qui met en péril l’unité de la Nation ». Elle a invité les uns et les autres au « dépassement et au sursaut patriotique ». Mme Aubusson a félicité les forces de défense et de sécurité, leur demandant de « rétablir l’ordre ».

S’agissant des candidats qui ont reconnu leur défaite, Mme Lucie Milebou Aubusson a qualifié leur geste de « patriotique ». Et de préciser : « Nous sommes tous dépositaires de la stabilité du Gabon, du respect de la différence de l’autre ». Elle a également magnifié la « main tendue » du président Ali Bongo Ondimba. Enfin, la présidente de la Haute chambre a plaidé pour « la neutralité » des partenaires étrangers « conformément aux usages diplomatiques ».

Auparavant, le président de l’Assemblée nationale a estimé que rien ne peut justifier l’incendie de l’Assemblée nationale. « Rien, je dis bien rien ne peut justifier l’incendie d’une institution comme l’Assemblée nationale », a martelé Richard Auguste Onouviet. Il a demandé aux députés de « continuer à servir le peuple », invitant aussi ses collègues à aller au siège de l’institution pour se rendre compte de l’ampleur des dégâts.

D. MANE, envoyé spécial

 


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