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Actualités Internationales (2878)

Istorien et enseignant à l’Université de Cergy Pontoise, François Durpaire est un proche de Christiane Taubira qui a démissionné de son poste de ministre de la justice en France. Un scénario que l’historien n’avait pas prévu dans sa récente bande dessinée « La présidente » : « C’est un récit d’anticipation de l’arrivée au pouvoir en France de Marine Le Pen ». François Durpaire revient pour Le Soleil sur les raisons non avouables du départ de l’ancienne garde des Sceaux du gouvernement français.

Quelle analyse faites-vous de la démission de Christiane Taubira ?  
Il est intéressant de lire le Tweet de Christiane Taubira pour commenter sa démission du gouvernement : « Résister, c’est parfois rester. Résister, c’est savoir partir ». Elle ne part pas pour des vacances mais pour continuer la politique. Sous quelle manière, on ne sait pas encore. On connaît son opposition à la loi sur la déchéance de nationalité. C’est une réponse aussi à ceux qui se posaient la question de savoir pourquoi elle était restée au gouvernement malgré ses désaccords avec la ligne du Premier ministre  Manuel Valls et du président François Hollande.
Alors vous pensez que le point d’achoppement a été la déchéance de nationalité qui concerne potentiellement des franco africains…  Tout à fait. C’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase. La déchéance de nationalité est très parlante pour Christiane Taubira. C’est une loi inefficace. Aucun terroriste ne va renoncer à son projet d’attentats par peur de perdre sa nationalité. C’est une loi dangereuse pour Taubira car elle fait des catégories de citoyens. Il y aura des Français d’origine française qui auraient l’immunité nationale ; et des Français binationaux qui pourraient perdre leur nationalité en cas de crime. Personne ne soutient les terroristes. Ils ne sont pas en ligne de mire avec ce projet de loi mais les binationaux. Avec le récit d’anticipation mis en place dans ma bande dessinée « La Présidente » : Marine Le Pen devient présidente de la France. Elle pourrait étendre la déchéance de nationalité à tous les crimes. Sarkozy a déjà dit qu’il fallait l’étendre au délit de terrorisme. Mme Le Pen pourrait l’étendre à tous les Français d’origine. On l’a déjà étendu de ceux qui sont naturalisés aux binationaux. C’est mettre le doigt dans un engrenage qui va à rebours de ce qu’est l’histoire de la République française.

Que représentait Christiane Taubira dans le gouvernement ?
Elle avait une double popularité : très forte au sein de la gauche mais pas très élevée dans la société française. Taubira était la sixième ministre en termes de popularité. C’est dû aux attaques permanentes qu’elle a subies depuis son arrivée dans le gouvernement. Certains à droite disent que ces attaques sont liées à son idéologie de gauche. La réalité des choses est que les attaques ont commencé dès son arrivée au ministère de la justice et ont un contenu de racisme très fort. Elle a été comparée à un singe.

Est-ce que la France est prête à avoir des ministres régaliens noirs ?
Il y a une montée des xénophobies, des préjugés et un laisser-aller du racisme dans les sociétés occidentales. Cela s’explique par un monde globalisé et une prise de conscience en occident d’une désoccidentalisation du monde. Sur le plan démographique, il y a une inversion. Les occidentaux ne sont pas les plus nombreux sur terre. Il y a une crainte de perte d’identité culturelle. C’est ce qui fait la montée du racisme. On le voit actuellement aux Etats-Unis avec la montée dans les sondages et intentions de vote de Donald Trump. Je rappelle que ce dernier dit qu’il ne veut plus que les Hispaniques ou les musulmans entrent sur le territoire américain. Des extrêmes droites gouvernent dans des pays européens même sous forme de coalition. Il y a un racisme défensif, de crainte de perte d’identité culturelle. Militante indépendantiste de Guyane dans sa jeunesse, Christiane Taubira catalyse un certain nombre de haine. Sur les réseaux sociaux, il y a eu depuis sa nomination au ministère de la justice des milliers de propos racistes à son encontre.

Démissionnaire dans la vraie vie, quel rôle avez-vous donné au personnage de Christiane Taubira dans votre BD ?
Christiane Taubira y occupe le rôle qu’elle a joué dans la célébration en France du 10 mai. C’est une journée républicaine nationale de commémoration de l’abolition de l’esclavage et de la traite. C’est important de rappeler que Christiane Taubira, en 2001, a mis en place cette loi. Elle était à l’époque député de Guyane et s’était heurtée à l’opposition d’un parlement qu’elle a fini par retourner de son côté. C’est un moment politique qui la caractérise le mieux. Elle a réussi faire accepter à la France la reconnaissance de l’esclavage en crime contre l’humanité.

Entretien réalisé par Moussa DIOP,
Correspondant à Paris


L'Iran et la France ont proclamé hier "une relation nouvelle" lors d'une visite officielle à Paris du président iranien Hassan Rohani dominée par des accords économiques en milliards d'euros et des échanges diplomatiques sur la Syrie.
 "C'est un nouveau chapitre de nos relations qui s'ouvre aujourd'hui", a assuré lors d'une conférence de presse commune le président français François Hollande. "Oublions les rancœurs", avait déclaré dans la matinée M. Rohani, en appelant à une "relation nouvelle" et à profiter de "l'atmosphère positive" suscitée par la levée des sanctions contre son pays pour donner "un nouvel élan" aux relations bilatérales. Depuis la révolution islamique de 1979, les relations entre Téhéran et Paris ont traversé nombre de crises jusqu'à l'apaisement obtenu à la faveur d'un accord international en juillet sur le programme nucléaire iranien. A la faveur de la levée des sanctions internationales, l'Iran et ses 79 millions d'habitants s'ouvrent aux industriels occidentaux. "A nous Français de nous ruer (en Iran) et de ne pas perdre de temps", a résumé Pierre Gattaz, président du patronat français.
Un protocole d'accord pour l'acquisition par Téhéran de 118 avions du consortium européen Airbus a été conclu pour un montant évalué à 25 milliards de dollars. Le géant pétrolier Total a signé un contrat pour acheter à Téhéran "entre 150.000 et 200.000 barils par jour" de pétrole brut. L'Iran dispose des quatrièmes réserves mondiales d'or noir et exporte un peu plus d'un million de barils sur les 2,8 millions produits chaque jour.

- Avions, pétrole, voitures –
Le constructeur automobile français Psa Peugeot Citroën a officialisé son retour dans le pays, via une coentreprise avec l'entreprise Iran Khodro qui pourra investir jusqu'à 400 millions d'euros sur cinq ans. PSA espère produire à terme 200.000 véhicules par an.  Les géants de la construction Bouygues et Vinci, ainsi que le gestionnaire des aéroports de Paris ADP ont aussi signé des protocoles d'accord pour développer trois aéroports en Iran. De leur côté, la Société nationale des chemins de fer français (Sncf) et les chemins de fer iraniens (RAI) ont signé un protocole de coopération dans quatre domaines dont l'exploitation de gares et le développement de lignes à grande vitesse.
La question des droits de l'homme en Iran, qui a fait l'objet de manifestations sans grande mobilisation jeudi dans la capitale française, a été abordée lors des entretiens. Le président Hollande a ainsi souligné devant son homologue "l'attachement de la France aux droits de l'homme". "Nous avons parlé de tout, parce que c'est toujours la règle de conduite de la France", a-t-il précisé. France et Iran doivent ensemble "lutter contre le fanatisme, le terrorisme et l'extrémisme", notamment en partageant leurs renseignements, a affirmé de son côté le président iranien. "Nous devons être actifs dans ces domaines en échangeant nos informations du point de vue des renseignements", a-t-il ajouté.

AFP 


L'opposition nigérienne a annoncé hier avoir refusé de signer un "Code de bonne conduite" dans la perspective du scrutin présidentiel du 21 février, pour protester contre "la détention arbitraire", depuis plus d'un mois, d'une dizaine de ses militants.
Ce "Code" vise à favoriser des élections "apaisées" en encourageant les partis "à éviter toutes formes de violence" et à s'abstenir "d'actions susceptibles de compromettre le bon déroulement" du processus électoral.
Il a été signé mercredi au siège du gouvernement par les partis de la majorité au pouvoir et les non-affiliés, sous l'égide du National democratic institute, (NDI), une ONG américaine, d'après la télévision d'Etat du Niger.
Lors des élections générales de 2011, tous les partis avaient signé ce type de Code. "Nous ne pouvons pas signer ce code alors que nos camarades sont en prison, si on les libère aujourd'hui, nous sommes prêts à le signer", a expliqué jeudi le porte-parole de l'opposition, Ousseïni Salatou, sur des radios et télévisions locales. Fin décembre, l'opposition nigérienne avait dénoncé "des arrestations extrajudiciaires" de plusieurs de ses membres menées selon elle par la Direction générale de la sécurité extérieure (Dgdse), directement rattachée à la présidence de la République, pour "des raisons encore inconnues".
Elle a indiqué que la plupart des détenus sont des proches de l'opposant Hama Amadou, lui-même incarcéré depuis mi-novembre pour son implication dans un trafic présumé de bébés.
Selon le ministre de la Défense Mahamadou Karidjo, "dix civils" ont été arrêtés "pour vérification sur leur implication éventuelle" dans un coup d'Etat que le président nigérien Mahamadou Issoufou affirme avoir déjoué mi-décembre. "Certains de nos camarades font l'objet d'arrestations, d'emprisonnement et de harcèlements de toute nature", a relevé Seïni Oumarou, le chef de l'opposition et candidat à la présidentielle dans une lettre au Premier ministre Brifi Rafini datée du 26 janvier.
"Les conditions ne sont pas réunies pour des élections transparentes, crédibles et inclusives" et "la signature d'un Code de bonne conduite nous parait prématurée", a estimé M. Oumarou dans cette lettre transmise à l'Afp. Les militants détenus ont été "transférés" dans différentes prisons du pays, a indiqué Amadou Boubacar Cissé, autre opposant et candidat à la présidentielle où le président Issoufou briguera un second mandat, lors d'un rassemblement des opposants mercredi à Niamey.

 AFP


Le principal parti d'opposition à Zanzibar a annoncé hier qu'il boycotterait les nouvelles élections prévues le 20 mars sur l'archipel semi-autonome tanzanien après l'annulation du scrutin d'octobre en raison d'irrégularités.
"Nous n'allons pas participer à ces élections (...) et nous demandons aimablement aux habitants de Zanzibar, particulièrement ceux qui respectent l'Etat de droit et la démocratie, de boycotter aussi ces nouvelles élections", écrit le Front civique uni (Cuf) dans un communiqué publié à l'issue de deux jours de réunion. Le Cuf - un des principaux partis de l'opposition de Tanzanie, dont une large partie de la base est à Zanzibar - a estimé ces nouvelles élections inconstitutionnelles et répété avoir remporté celles du 25 octobre sur l'archipel, dont l'union avec le Tanganyika continental a donné naissance à la Tanzanie en 1964. "Les élections sont terminés, elles se sont tenues en 2015 et nous voulons récupérer notre victoire", a poursuivi le parti, dont le chef Seif Sharif Hamad, vice-président sortant de l'archipel, s'était déclaré dès le 26 octobre vainqueur de la présidentielle locale, alors qu'aucun résultat officiel n'avait été annoncé. La Commission électorale de Zanzibar (Zec) avait invalidé le 28 octobre l'ensemble des opérations de vote sur l'archipel et demandé un nouveau scrutin en raison de "violations du code électoral", dont des électeurs ayant voté plusieurs fois.


AFP 


Le second tour de l'élection présidentielle en Centrafrique - initialement prévu dimanche puis reporté en raison de problèmes d'organisation - et le 1er tour des législatives - scrutin annulé en raison de nombreuses irrégularités - auront lieu le 14 février, selon des décrets de la présidence de transition lus hier à la radio d'Etat. Le second tour de la présidentielle opposera les anciens Premiers ministres Anicet Georges Dologuélé et Faustin Archange Touadéra, arrivés en tête du premier tour le 30 décembre 2015. Les législatives, également organisées le 30 décembre dernier, avaient été annulées lundi par la Cour constitutionnelle en raison "de nombreuses irrégularités". Sur proposition de l'Autorité nationale des élections (Ane), chargée d'organiser ces scrutins déjà plusieurs fois reportés, la présidente de transition, Catherine Samba Panza, a de nouveau convoqué "le corps électoral centrafricain" le 14 février "en vue du 2è tour de l'élection du président de la République" et "en vue du 1er tour des élections législatives", indiquent deux décrets présidentiels.Ces scrutins doivent ramener la Centrafrique dans la normalité institutionnelle après trois années de violences intercommunautaires ayant plongé le pays - l'un des plus pauvres de la planète - dans une crise sans précédent.
Mercredi, l'ANE avait annoncé le report du second tour de la présidentielle.  "On ne peut pas faire l'élection dimanche, c'est impossible, nous annoncerons vite une nouvelle date", avait indiqué son rapporteur-général, Julius Ngouade Baba.

AFP 


La principale coalition d'opposants burundais, le Cnared, a regretté hier les "hésitations" de la communauté internationale et exhorté l'Union africaine (UA) à voter l'envoi d'une force d'interposition au Burundi contre le gré du président contesté Pierre Nkurunziza.
"Le risque de ces hésitations de la communauté internationale pour appuyer le peuple burundais, c'est la résurgence des mouvements armés et des rébellions", a averti Léonard Nyangoma, le président du Cnared, lors d'une conférence de presse à Bruxelles.
"S'il y a des hésitations au niveau de la communauté internationale, certainement le peuple burundais, en légitime défense, va s'organiser pour se défendre contre l'agression de Pierre Nkurunziza qui a déclaré ouvertement la guerre à son peuple", a prévenu M. Nyangoma. M. Nyangoma a appelé de ses vœux l'envoi d'une force de paix de l'Ua au Burundi, au sujet duquel les chefs d'Etat et de gouvernement africains doivent voter en fin de semaine lors d'un sommet à Addis Abeba.Le déploiement de la Mission africaine de prévention et de protection au Burundi (Maprobu) de l'UA est loin d'être acquis, notamment parce que le président Nkurunziza a promis de la "combattre" comme "une force d'invasion et d'occupation". Le Burundi a plongé dans la violence après la répression brutale en avril 2015 de manifestations contre un troisième mandat de M. Nkurunziza, réélu en juillet lors d'un scrutin boycotté par l'opposition. Depuis, les manifestations, un coup d'Etat manqué et une rébellion armée ont déjà fait plus de 400 morts et contraint à l'exil quelque 230.000 personnes, selon l'ONU, et suscité des craintes de voir le pays replonger dans des massacres interethniques entre Hutus et Tutsis. "La communauté internationale et l'Union africaine en particulier ne doivent pas tergiverser", a plaidé le Cnared dans un communiqué distribué à l'issue de la conférence de presse.

AFP 


Au moins quatre militaires maliens ont été tués hier dans deux attaques distinctes dans leur pays, à Tombouctou (nord-ouest) et près de Gao (nord), a appris l'AFP de sources militaires.  "Un militaire malien a été tué par balle lors d'une embuscade jeudi matin dans la périphérie de la ville de Tombouctou", a indiqué à l'AFP un officier de l'armée malienne dans cette ville. "Le militaire tué était au volant d'un véhicule qui allait ravitailler les troupes. Le tireur embusqué a pris la fuite après l'acte", a-t-on précisé de même source.
Par ailleurs, au moins trois militaires ont péri dans l'explosion d'un engin au passage de leur véhicule près de Gao, selon les mêmes sources.
"La tête de notre escorte a sauté sur une mine à 37 km (au sud-ouest) de Gao, vers Douentza. Nous déplorons la mort de trois de nos éléments", a déclaré à l'AFP le porte-parole de l'armée, le colonel Souleymane Maïga, imputant l'attaque à des auteurs "contre le processus de paix", sans autre indication. Selon un responsable du commandement militaire à Gao, "c'est un véhicule d'escorte qui accompagnait d'autres véhicules qui venaient du sud de Gao. Une mine très probablement posée peu avant le passage du convoi a tué les trois militaires qui étaient dans le véhicule de tête".
Confirmant l'information, une source de sécurité malienne a déclaré à l'AFP que deux autres militaires, membres de l'escorte se trouvaient "dans un état critique". Plusieurs groupes armés sont présents dans le nord du pays. Le nord du Mali était tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes jihadistes liés à Al-Qaïda. Ces groupes en ont été en grande partie chassés par une intervention militaire internationale lancée en janvier 2013 à l'initiative de la France, qui se poursuit actuellement.

AFP 


Béatrice StocklyAl-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) a revendiqué l'enlèvement d'une Suissesse le 7 janvier dans le nord-ouest du Mali et réclamé pour la relâcher l'élargissement de détenus jihadistes, la Suisse exigeant pour sa part hier sa libération "sans condition".

Béatrice Stockly est apparue sur une vidéo reçue mardi soir par l'agence privée mauritanienne Al-Akhbar, près de trois semaines après son enlèvement, le premier d'un ressortissant occidental au Mali depuis les journalistes français de RFI Ghislaine Dupont et Claude Verlon, assassinés par leurs ravisseurs le 2 novembre 2013 à Kidal (nord-est).

Dans une vidéo visionnée par l'Afp hier, revêtue d'un voile noir, elle précise avoir été enlevée le 7 janvier à Tombouctou, où elle vivait depuis des années, soulignant qu'elle s'exprime le 19 janvier, après l'attaque jihadiste de Ouagadougou qui a frappé la capitale burkinabè quatre jours plus tôt, revendiquée par Aqmi.

"Nous, Al-Qaïda au Maghreb islamique, revendiquons l'enlèvement de cette infidèle évangélisatrice, Béatrice Stockly, qui par son action a détourné beaucoup de l'islam", affirme en anglais un porte-parole cagoulé en tenue militaire, soulignant qu'il s'agit "de quelque chose dont même l'armée française est incapable dans cette cité ancienne".

Rappelant qu'elle a déjà été enlevée en 2012, lorsque Tombouctou était aux mains des groupes jihadistes, le porte-parole rappelle qu'à l'époque une des conditions de sa libération était "qu'elle ne revienne dans aucun pays musulman prêcher le christianisme", un engagement qu'elle n'a pas respecté, selon lui.

Malgré les mises en garde du gouvernement suisse, Mme Stockly, de tempérament rebelle selon ses proches, est revenue à Tombouctou en janvier 2013, dans le sillage de l'intervention militaire internationale déclenchée à l'initiative de la France qui a chassé les jihadistes contrôlant le nord du Mali depuis mars-avril 2012.

En échange de Mme Stockly, une quadragénaire, protestante convaincue qui ne faisait pas mystère de sa volonté évangélisatrice, Aqmi exige "la remise en liberté d'un certain nombre de ses combattants en prison au Mali et l'un de ses dirigeants, Abou Tourab, détenu à la Cpi" (Cour pénale internationale), à La Haye.

AFP


Cappucino AttakL'attaque jihadiste qui a fait 30 morts le 15 janvier à Ouagadougou a bien été menée par "trois assaillants", selon les premiers éléments de l'enquête, a déclaré hier la procureure burkinabè, précisant qu'une personne était encore en garde à vue. L'attaque jihadiste qui a fait 30 morts le 15 janvier à Ouagadougou a bien été menée par "trois assaillants", selon les premiers éléments de l'enquête, a déclaré hier la procureure burkinabè, précisant qu'une personne était encore en garde à vue.

"Les investigations menées jusqu'à ce jour renforcent la thèse des trois assaillants", a indiqué la procureure Maiza Sérémé lors d'une conférence de presse au Palais de justice de Ouagadougou. Ces trois assaillants ont été tués le 16 janvier au petit matin par les forces de sécurité.

De nombreux témoins avaient fait état de plusieurs jihadistes alors que le Premier ministre français Manuel Valls avait même indiqué, le 19 janvier devant l'Assemblée nationale française, qu'il y avait eu six assaillants, dont trois étaient encore en fuite. Ces déclarations avaient été infirmées par plusieurs sources concordantes (justice, sécuritaires, diplomatiques) qui soulignaient que les assaillants, "très mobiles", avaient aussi changé de vêtements pendant l'attaque.

Le groupe jihadiste Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), qui a revendiqué l'attaque, avait publié le 18 janvier les photos de trois hommes présentés comme ayant constitué le commando alors que le ministre burkinabè de l'Intérieur, Simon Compaoré, avait indiqué qu'il y avait eu trois assaillants.

Le Premier ministre français s'est "sans doute exprimé sur la base de premiers compte-rendus", corrigés par la suite, a-t-on déclaré de source proche du dossier. "Sur les trois assaillants, deux ont des traits sahéliens tandis que le troisième, de teint noir, présente des traits soudaniens", a affirmé hier la procureure, précisant que les recherches pour déterminer leurs nationalités se poursuivaient. Mme Sérémé a aussi indiqué qu'une personne était encore en garde à vue dans le cadre de l'enquête.

"Huit individus ont été interpellés depuis le 16 janvier, sept ont été élargis (libérés) pour insuffisance de preuves et une personne est en garde à vue pour des recoupements supplémentaires", a-t-elle dit  "Nous avons retrouvé un lien entre les assaillants et lui", a ajouté le capitaine de gendarmerie Youmandia Lompo, aux côtés de la procureure.

Il existe "une probabilité qu'il y ait eu contact entre au moins un des assaillants et l'individu qui est de nationalité burkinabè", a ajouté l'officier.

AFP


Centrafrique carteLe second tour de la présidentielle en Centrafrique, prévu dimanche, sera reporté à une date prochainement annoncée, en raison de problèmes organisationnels, a déclaré hier à l'Afp le rapporteur-général de l'Autorité nationale des élections (Ane).

"On ne peut pas faire l'élection dimanche, c'est impossible, nous annoncerons vite une nouvelle date", a affirmé Julius Ngouade Baba, joint par téléphone.

Les anciens Premiers ministres Anicet Georges Dologuélé et Faustin Archange Touadéra vont s'affronter pour la présidence, après être arrivés en tête du premier tour, le 30 décembre 2015. Une réunion, qui a eu lieu mardi à la Primature à Bangui, avec le gouvernement, l'Ane et des représentants de la communauté internationale, a retenu la date du 14 février, selon l'un des participants, mais cette date doit être confirmée officiellement. "Nous avons réalisé un travail technique, actuellement soumis aux diverses institutions. Lorsque tout le monde sera d'accord, nous annoncerons vite la nouvelle date", a expliqué hier le chef de l'Ane.

Les législatives, qui avaient eu lieu le 30 décembre en même temps que la présidentielle, ont été annulées lundi par la Cour constitutionnelle en raison "de nombreuses irrégularités".

AFP


Taubira bicLa ministre française de la Justice, Christiane Taubira, en désaccord avec l'exécutif sur un projet de déchéance de nationalité des auteurs d'actes de terrorisme, a remis sa démission au président François Hollande, a annoncé la présidence hier.

La démission de la ministre âgée de 63 ans, caution de gauche au gouvernement de Manuel Valls et honnie par la droite qui l'accuse de laxisme, intervient alors que le Premier ministre doit présenter aux députés le texte définitif du projet de réforme constitutionnelle sur l'état d'urgence et la déchéance de nationalité.

"Parfois résister c'est rester, parfois résister c'est partir (...). Pour le dernier mot à l'éthique et au droit", a commenté Christiane Taubira sur Twitter.

François Hollande et Christiane Taubira "ont convenu de la nécessité de mettre fin à ses fonctions au moment où le débat sur la révision constitutionnelle s'ouvre à l'Assemblée nationale, aujourd’hui (mercredi) en commission des lois", écrit l'Elysée dans un communiqué.

AFP


Vastes opérations policières, sécurité ostensiblement renforcée dans les hôtels, avertissements renouvelés aux ressortissants occidentaux à Dakar ou Abidjan: les Etats d'Afrique de l'Ouest rehaussent leur vigilance face à une menace jihadiste régionale devenue tangible depuis l'attentat du 15 janvier à Ouagadougou.
La police sénégalaise a annoncé, lundi, avoir mené pendant le week-end des opérations de sécurisation "dans un contexte spécial de prévention et de riposte à la menace terroriste", interpellant plus de 900 personnes, essentiellement pour vérification d'identité.
"L'alerte est prise très au sérieux", a affirmé à l'Afp une source de sécurité sénégalaise, faisant état de "simulations d'attaques notamment sur la Corniche" de Dakar, site de nombreux hôtels, où la sécurité a été augmentée depuis l'attentat contre un café-restaurant de la capitale burkinabè qui a fait 30 morts, en majorité étrangers. Une première alerte est venue en novembre de l'arrestation d'une dizaine de personnes, dont plusieurs imams, en raison d'"affinités avérées avec Aqmi (Al-Qaïda au Maghreb islamique) et l'Etat islamique" (Ei), selon cette source, précisant qu'elles sont accusées d'"apologie du terrorisme". "Le Sénégal est resté un îlot de stabilité dans un océan d'instabilité", souligne Bakary Sambe, enseignant-chercheur sur le radicalisme religieux à l'Université Gaston Berger de Saint-Louis (nord), en référence notamment au Mali, à l'est et, plus au sud, au groupe nigérian Boko Haram.
"Il est de plus en plus la zone de repli stratégique des organisations occidentales", comme après la crise ivoirienne de 2003, une "position privilégiée" qui, selon lui, l'expose "comme cible symbolique parce qu'en touchant le Sénégal, on touche à plusieurs intérêts". Spécialiste des questions de sécurité au Sahel et directeur du journal mauritanien « La Tribune », Mohamed Fall Oumère dit s'attendre à une extension des projets d'attentats "à des pays comme la Côte d'Ivoire, le Sénégal et la Mauritanie qui est épargnée depuis 2011 en raison de l'étau sécuritaire dont elle s'est entourée". "Il s'agit pour les jihadistes d'envoyer des messages de trois ordres", explique-t-il : "aux Français pour leur signifier que leur intervention (au Mali depuis 2013) n'a pas tout résolu. Aux pays alliés de Paris pour leur dire qu'ils restent dans la ligne de mire. Et à Daech (l'Ei en arabe, Ndlr) dans le cadre d'une concurrence qui malheureusement fera beaucoup de dégâts".

- Alliés des 'Croisés' –
Dans une interview au site mauritanien Al-Akhbar publiée en janvier, quelques jours avant l'attentat de Ouagadougou, un chef d'Aqmi menaçait les alliés des "Croisés", en allusion notamment au Burkina Faso, au Tchad, au Togo, au Sénégal et au Niger, qui forment le gros des troupes de l'Onu au Mali ou abritent des bases françaises ou américaines. "Nous voulons affirmer à tous les pays de la région alliés de la France et qui participent à cette guerre des Croisés contre la Oumma (communauté islamique) que nous ne ménagerons aucun effort pour les frapper, ainsi que les intérêts occidentaux chez eux, et l'avenir le démontrera", déclarait Yahya Abou El Hamame. Un ancien analyste du renseignement extérieur français, Yves Trotignon, qui a beaucoup travaillé sur le Sahel, a confié à l'Afp s'être attendu à ce que les jihadistes frappent à Niamey, la capitale du Niger, avant le Burkina Faso.   "Je ne pensais pas qu'ils attaqueraient Ouagadougou avant Niamey. Le Niger me semble très vulnérable, pour eux monter une opération à Niamey ne devrait pas être très difficile", a-t-il indiqué. Le ministre nigérien de l'Intérieur, Hassoumi Massaoudou, a fait état, la semaine dernière, de l'arrestation "il y a moins d'un mois" de personnes venues commettre à Niamey des attentats du type de celui de Ouagadougou.  "Nous avons des informations et des menaces à un rythme d'une menace pratiquement tous les deux mois", a-t-il affirmé à la radio Rfi.  Comme après l'attaque jihadiste du 20 novembre contre un grand hôtel de la capitale malienne Bamako (20 morts, dont 14 étrangers, outre les deux assaillants), les ambassades française et américaine à Dakar et Abidjan ont renouvelé leurs messages de prudence à leurs ressortissants, invités à "éviter les zones bondées". Même en Sierra Leone, au secteur touristique sinistré par l'épidémie d'Ebola et où les autorités "ne jugent pas crédibles les rumeurs de menaces d'attentat contre des hôtels", selon l'ambassade américaine, le dispositif a été renforcé dans les principaux établissements, avec police locale, gardes(privés et vidéosurveillance.

Par  Malick Rokhy BA avec les correspondants de l'AFP en Afrique de l'Ouest


Une vingtaine de personnes ont été interpellées au Burkina Faso après l'attaque vendredi d'un dépôt d'armes par des soldats de l'ex-Régiment de la sécurité présidentielle (Rsp), l'unité à l'origine d'un putsch raté en septembre, a-t-on appris hier de source militaire.

"Au total 19 personnes ont été arrêtées dont deux civils soupçonnés de complicité avec les assaillants", a déclaré à l'Afp un officier supérieur à l'Etat-major général des armées sous couvert d'anonymat, sans donner le nombre exact de soldats de l'ex-Rsp. Dans un précédent bilan communiqué dimanche, l'armée avait annoncé l'arrestation de 11 soldats de l'ancienne garde prétorienne de Compaoré ainsi que la mort d'un autre ex-Rsp tué samedi dans le sud du Burkina, lors d'échanges de tirs dans le cadre de la traque des auteurs de l'attaque. Une quinzaine de soldats étaient recherchés à la suite de cette opération sur un dépôt d'armes situé à l'ouest de Ouagadougou. Une autre source militaire a confié à l'Afp que les ex-Rsp ont bénéficié de soutiens d'autres militaires de l'armée loyaliste. Par ailleurs, les forces de défense ont publié hier les photos et les identités de 9 soldats de l'ex-Rsp qui "n'ont jamais rejoint leur poste d'affectation à la suite de la dissolution du régiment" après son putsch manqué de septembre. "Considérés comme déserteurs, ils pourraient avoir des liens avec les récents événements", indique un communiqué des forces de défense et de sécurité appelant "toute personne qui aurait des informations concernant ces individus" à les "communiquer".
Sans accuser ouvertement les autorités ivoiriennes, l'armée burkinabè soupçonne fortement les éléments déserteurs, dont la plupart ont trouvé refuge de l'autre côté de la frontière après le putsch manqué, de "bénéficier de soutiens en Côte d'Ivoire". "S'ils ne bénéficient pas de soutien, les Ivoiriens les laissent faire", a indiqué à l'Afp un haut responsable militaire précisant que sur la vingtaine de personnes arrêtées "6 déserteurs" jusque-là réfugiés en Côte d'Ivoire y figuraient.

 AFP 


Un nouveau gouvernement d'union nationale en Libye sera proposé dans un délai de dix jours après son rejet lundi par le Parlement reconnu en raison du nombre trop important de ministres, a annoncé hier un responsable. "A la demande du Parlement, (le Premier ministre désigné) Fayez el-Sarraj proposera une formation plus restreinte du gouvernement d'union nationale", a déclaré à l'Afp Fathi Ben-Issa, conseiller de ce gouvernement. Le Parlement basé à Tobrouk (est) a refusé lundi d'accorder sa confiance à ce gouvernement composé de 32 ministres censés représenter les différentes régions du pays plongé dans le chaos depuis la fin de la révolte qui mit fin au régime de Mouammar Kadhafi fin 2011. "Des 104 députés présents (...), 89 ont dit non", avait indiqué l'un d'eux, Ali al-Gaydi, à l'issue de la séance. Ils ont "rejeté ce gouvernement à cause du nombre des ministres" jugé trop élevé, a précisé son collègue el-Salhine Abdelnabi. M. Ben-Issa a précisé que le nouveau gouvernement sera annoncé dans les dix jours, comme l'ont demandé lundi les députés. Un vote positif est crucial pour qu'entre en fonction ce gouvernement conduit par M. el-Sarraj, un homme d'affaires tripolitain. Il doit représenter une étape importante dans l'application de l'accord politique conclu en décembre à Skhirat (Maroc) sous l'égide de l'Onu. La communauté internationale compte sur ce gouvernement pour luttplus efficacement contre la menace grandissante du groupe Etat islamique (Ei), implanté dans le nord du pays, et l'afflux de migrants en Europe via la Libye.

AFP 


Le procureur de la Cour pénale internationale (Cpi) doit accélérer son enquête sur les crimes commis par les troupes soutenant Alassane Ouattara lors de la crise post-électorale ivoirienne de 2010-2011, ont réclamé hier les avocats d'un millier de victimes présumées. Ceux-ci ont déposé plusieurs dossiers en ce sens à la Cpi, alors que s'ouvre demain le procès de l'ancien président ivoirien Laurent Gbagbo, 70 ans, qui avait refusé de quitter le pouvoir après la victoire électorale de M. Ouattara. Cinq ans après la crise qui avait fait plus de 3.000 morts en cinq mois de violences, "aucun membre des forces pro-Ouattara suspecté d'avoir commis ces graves crimes contre l'humanité n'a été poursuivi", affirme dans un communiqué l'avocate Habiba Touré, au nom d'un collectif de ses confrères. Les 1.073 victimes, dont 230 enfants, assurent avoir été ciblées du fait de leur appartenance au groupe ethnique Wê, présumé soutenir Laurent Gbagbo, selon Mme Touré. Au pouvoir depuis 10 ans, l'ancien président refuse en novembre 2010 de céder le pouvoir à M. Ouattara, reconnu vainqueur par l'Ue, les Etats-Unis et la France. M. Gbagbo est finalement arrêté en avril 2011 après plusieurs jours de bombardements de la force française Licorne. Des Ong ont également demandé que les supporters de l'actuel président soient jugés. Les partisans de Laurent Gbagbo le réclament aussi, en affirmant que la Cpi se fait l'instrument d'une "justice des vainqueurs". "Les victimes s'étonnent de l'inertie du Procureur de la Cpi, alors qu'elles continuent de subir de nouveaux crimes et les conséquences des exactions déjà subies", souligne Mme Touré...

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Centrafrique CarteLe premier tour des législatives en Centrafrique a été annulé hier en raison de "nombreuses irrégularités" par la Cour constitutionnelle, qui a confirmé l'affrontement au second tour de la présidentielle de deux anciens Premiers ministres, Anicet Georges Dologuélé et Faustin Archange Touadéra.

Ces deux scrutins, destinés à permettre à ce pays pauvre de sortir de trois ans de conflit armé et d'affrontements intercommunautaires, ont eu lieu le 30 décembre dernier dans un calme notable. Ils ont été marqués par une forte participation des électeurs malgré de nombreux problèmes logistiques.

"Les élections (législatives) du 30 décembre 2015 sont annulées et seront reprises (...) à cause de nombreuses irrégularités et l'implication des candidats dans ces irrégularités", a déclaré le président de la Cour constitutionnelle de transition, Zacharie Ndoumba, au cours d'une séance publique à Bangui. "Le Conseil national de transition (Cnt, assemblée législative) reste en place jusqu'à l'installation de l'assemblée nationale élue", a-t-il poursuivi, précisant que la Cour "a reçu 414 requêtes" de candidats mécontents.

Les législatives avaient été organisées dans les 140 circonscriptions du pays mais le matériel électoral et les nombreux bulletins de vote, acheminés souvent au dernier moment, n'avaient pas toujours pu atteindre les zones les plus reculées. "Dans certaines localités, des compatriotes ont voté uniquement pour la présidentielle parce que les bulletins de vote pour les législatives ne sont pas parvenus à temps", avait reconnu le rapporteur général de l'Autorité nationale des élections (Ane), Julius Ngouadé Baba.

Concernant le traitement des résultats des législatives, auxquelles s'étaient présentés plus d'un millier de candidats, "les procès-verbaux ne sont pas parvenus à 100% à l'Ane pour toutes les circonscriptions électorales". Et quand ils y sont parvenus, "certaines données n'ont pas pu être prises en compte, parce que les procès-verbaux et feuilles des résultats sont tout simplement inexploitables", avait-il déploré. Les nouvelles législatives doivent être organisées dans un délai de 60 jours. Cependant, ces délais dans le processus électoral sont régulièrement dépassés et les échéances souvent reportées.

Ainsi, le second tour de la présidentielle prévu le 31 janvier devrait être reporté au moins d'une semaine, selon des sources proches de l'Ane qui devrait très prochainement en confirmer la date. Deux anciens Premiers ministres, Anicet Georges Dologuélé et Faustin Archange Touadéra, s'affronteront après être arrivés en tête du premier tour, a confirmé hier à Bangui la Cour constitutionnelle.

M. Dologuélé a obtenu 268.952 voix, soit 23,74% des suffrages exprimés, et Faustin Archange Touadéra 215.000 voix (19,05%). Au total, sur près de 2 millions d'électeurs inscrits, 1.362.886 suffrages valides ont été exprimés.  La Cour, auprès de laquelle les candidats mécontents ont pu déposer des recours, a confirmé les résultats précédemment donnés par l'Ane.

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Fayez al-SarrajLes espoirs d'une sortie de crise en Libye ont été encore douchés lundi avec le rejet du gouvernement d'union nationale qui avait été formé il y a une semaine sous la pression de la communauté internationale.

Les députés du Parlement reconnu internationalement ont refusé d'accorder leur confiance à ce gouvernement d'union composé de 32 ministres censés représenter les différentes régions du pays.

"Des 104 députés présents aujourd'hui, 89 ont dit non", a indiqué à l'Afp l'un d'eux, Ali al-Gaydi, à l'issue de la séance du parlement réuni à Tobrouk (est). Ils ont "rejeté ce gouvernement à cause du nombre des ministres" et demandé qu'une équipe plus restreinte lui soit présentée, a précisé son collègue el-Salhine Abdelnabi, laissant ainsi la porte ouverte à un éventuel revirement du Parlement. Un vote positif est crucial pour qu'entre en fonction ce gouvernement conduit par l'homme d'affaires tripolitain Fayez el-Sarraj.

Il doit représenter une étape importante dans l'application de l'accord politique conclu en décembre à Skhirat (Maroc) sous l'égide de l'Onu entre les deux parties rivales qui se disputent le pouvoir. La communauté internationale compte sur ce gouvernement pour lutter plus efficacement contre la menace grandissante du groupe Etat islamique (Ei), actif dans le nord du pays, et l'afflux de migrants en Europe via la Libye. Il existe aujourd'hui de facto trois autorités en Libye: le gouvernement reconnu par la communauté internationale qui siège à Baïda et contrôle une partie de l'est; celui de "salut national" qui "gère" la capitale Tripoli et des régions de l'ouest, avec le soutien de milices dont certaines islamistes.

Le pouvoir du gouvernement d'union nationale est pour le moment "virtuel", en partie basé à Tunis et sans ressources. Mais bien qu'il n'ait pas d'existence légale, son conseil présidentiel scelle ses communiqués par le sceau "Etat de Libye - Gouvernement d'union nationale" et son Premier ministre désigné Fayez el-Sarraj est reçu à l'étranger, comme à Alger hier De profondes divergences sont apparues au sein des deux gouvernements rivaux sur l'appui à l'accord de Skhirat, conclu après des mois de complexes négociations menées par l'Onu.

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Hommage BFPlusieurs milliers de personnes ont rendu hommage hier à Ouagadougou aux victimes de l'attaque jihadiste du 15 janvier au Burkina Faso qui ont fait 30 morts et 71 blessés.

Au cours d'une cérémonie solennelle organisée à la Place de la révolution, le président Roch Marc Christian Kaboré a appelé ses compatriotes à "ne céder à aucune pression", "en dépit de la grande douleur" qui les frappe. "Nous devons montrer notre engagement déterminé et indéfectible à vivre dans un Burkina Faso de paix, de démocratie, de progrès économique et social", a déclaré M. Kaboré, dénonçant "des attentats terroristes d'une ampleur inédite". "Le peuple burkinabè est plus que jamais debout pour défendre son honneur et sa dignité et pour faire respecter son indépendance et sa liberté contre toutes les forces rétrogrades qui tenteraient de lui imposer leur diktat", a-t-il poursuivi.

Le 15 janvier, des jihadistes ont attaqué l'hôtel Splendid, le café-restaurant Cappuccino, l'hôtel Yibi et le bar Taxi-Brousse, tous situés sur l'avenue N'Krumah, la plus fréquentée de la capitale Ouagadougou. Ils ont fait 30 morts, majoritairement des Occidentaux, et 71 blessés.

Le même jour, une autre attaque à Tin-Akoff, au nord du pays s'était soldée par la mort de deux personnes, un gendarme et un civil alors qu'un couple d'Australiens a également été enlevé.

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TerrorismeUn imam rwandais, soupçonné de recruter des jeunes pour qu'ils rejoignent les rangs du groupe Etat islamique (Ei) en Syrie, a été abattu samedi alors qu'il tentait de s'échapper après avoir été arrêté, a indiqué la police rwandaise.

"C'est la première affaire" de recrutement présumé au Rwanda de jihadistes pour la Syrie, a déclaré lundi à l'Afp le porte-parole de la police, Celestin Twahirwa. Muhammad Mugemangango, imam adjoint de la mosquée du quartier de Kimiromko, à Kigali, avait été placé en garde à vue "sur des soupçons d'implication dans des activités terroristes", a expliqué la police dans un communiqué. De retour d'une perquisition de son domicile où il avait accompagné les policiers, "il a sauté du véhicule, essuyant immédiatement des tirs" de la police qui ont provoqué sa mort, selon le communiqué.

Muhammad Mugemangango était accusé "d'orienter les jeunes vers le jihad et de les recruter pour qu'ils rejoignent l'Etat islamique en Syrie", a poursuivi la police, précisant que l'enquête se poursuivait...

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SassouLe parti au pouvoir à Brazzaville a annoncé hier que le président congolais Denis Sassou Nguesso briguerait un troisième mandat lors de la présidentielle du 20 mars, comme le lui permet la nouvelle constitution entrée en vigueur en novembre.

M. Sassou Nguesso, qui cumule près de 32 ans à la tête du pays, a été investi candidat du Parti congolais du travail (Pct) à l'issue d'une réunion du comité central de cette formation. "Le comité central du Pct a validé la candidature du camarade Denis Sassou Nguesso comme candidat du parti à l'élection présidentielle du 20 mars 2016", selon un communiqué du parti lu à la presse à l'issue de la réunion.

La nouvelle constitution congolaise adoptée en octobre par un référendum boycotté par l'opposition permet au chef de l’État sortant, né en 1943, de se représenter, ce qui lui était interdit aux termes de la loi fondamentale adoptée en 2002.

AFP


Un responsable du principal parti de l'opposition en Guinée, condamné à perpétuité pour "atteinte à la sureté de l'Etat" puis récemment gracié par le président Alpha Condé, est rentré hier à Conakry après quatre ans d'exil en France, a constaté un journaliste de l'Afp.
" C'est un grand honneur pour moi de retrouver le pays qui m'a vu naître. Je suis très heureux de retrouver les hommes et les femmes, les amis qui m'ont accompagné et soutenu durant ces années d'exil", a déclaré, à l'aéroport de Conakry, Amadou Oury Bah, vice-président de l'Union des forces démocratiques de Guinée (Ufdg).Il a été accueilli par des parents et militants de l'Ufdg dont l'ex-Premier ministre Cellou Dalein Diallo, secrétaire général de cette principale formation de l'opposition en Guinée. "J'ai une pensée pieuse pour tous ceux qui n'ont pas pu être là parce que durant cette période, beaucoup sont morts, soit de maladie, soit dans les violences politiques", a déclaré M. Bah, après s'être recueilli dans un cimetière de Conakry où sont inhumés 67 partisans de l'opposition, tués, selon cette dernière, depuis 2011 lors de violences politiques dans la capitale.   "Au-delà de ma petite personne, c’est la Guinée qui est en jeu, l’avenir de notre pays. Nous avons l’obligation politique et morale d’œuvrer pour une véritable décrispation" pour qu'il n'y ait "plus d’exilés et de détenus politiques", a-t-il ajouté. Amadou Oury Bah avait été condamné à perpétuité par contumace pour "atteinte à la sûreté de l'Etat", en rapport avec l'attaque du domicile privé du président Condé le 19 juillet 2011 à Conakry. Il a bénéficié, en décembre 2015, d'une grâce présidentielle, après quatre ans d'exil en France.

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L'élection présidentielle au Tchad aura lieu le 10 avril, a annoncé, samedi soir, à N'Djamena, la Commission électorale nationale indépendante (Ceni).
Les candidats à la magistrature suprême pourront déposer leur dossier de candidature du 10 février au 29 février. Un éventuel second tour est prévu le 9 mai. L'actuel président Idriss Deby Itno, né en 1952 et au pouvoir depuis 25 ans après avoir renversé en 1990 Hissein Habré, doit être désigné comme candidat le 6 février par son parti, le Mouvement patriotique du salut (Mps). Il avait modifié en 2004 la Constitution qui limitait le nombre de mandats présidentiels à deux, avant de remporter les élections suivantes à une écrasante majorité.  
Deux candidats de l'opposition, Kassire Coumakoye et Malloum Yobode, se sont cependant déjà déclarés pour la prochaine présidentielle. Le Tchad, pays producteur de pétrole à la population très pauvre, connaît une actualité particulièrement agitée avec les attaques dans le bassin du lac Tchad des combattants du groupe islamiste nigérian Boko Haram. L'état d'urgence a été décrété dans cette région par les autorités de N'Djamena. Le pays est engagé militairement dans une coalition régionale (Nigeria, Cameroun, Niger, Tchad) contre Boko Haram, qui a chassé les islamistes des localités qu'ils tenaient dans le nord-est du Nigeria, mais qui n'arrive pas à empêcher les attentats-suicides dont sont avant tout victimes les civils. Traditionnellement allié de la France, l'ancienne puissance coloniale, le Tchad avait aussi envoyé ses troupes combattre les islamistes dans le nord du Mali en 2013 au moment de l'intervention militaire française Serval.  Et c'est à N'Djamena qu'est basée l'opération militaire française Barkhane qui lutte contre les jihadistes dans le Sahel.

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Onze soldats burkinabè, anciens membres du Régiment de sécurité présidentielle (Rsp), l'unité auteur d'un putsch raté en septembre, ont été interpellés après l'attaque vendredi d'un dépôt d'armes près de Ouagadougou, a déclaré hier l'armée burkinabè.

"Le bilan fait état de onze individus arrêtés, tous de l'ex-Rsp", l'ancienne garde prétorienne du président Blaise Compaoré chassé par la rue en octobre 2014 après 27 ans au pouvoir, a déclaré le commandant Mahamadi Bonkoungou, chef du Bureau des opérations interarmées de l'Etat-major générale des armées. "Les opérations sont toujours en cours", a-t-il ajouté devant la presse. L'attaque du dépôt d'armes et de munitions de l'armée à l'ouest de la capitale a été perpétrée par "une dizaine d'éléments de l'ex-Rsp dans la nuit de jeudi à vendredi aux environs de 04h00, occasionnant un blessé du côté des hommes de garde", a précisé le commandant Bonkoungou.
Selon l'état-major, les auteurs du raid n'ont pas réussi à s'emparer de munitions comme on l'avait cru dans un premier temps et sont partis avec "quelques kalachnikov et des RPG7", des lance-grenades anti-char.  Une quinzaine de soldats sont toujours recherchés dans le cadre de l'enquête, a indiqué le commandant Bonkoungou.
Il a appelé "la population à une collaboration", ajoutant "qu'immédiatement (après l'attaque) un dispositif a été mis en place pour renforcer la sécurité du site (...) et mener des recherches contre les auteurs de l'attaque".
L'armée a annoncé qu'elle ferait diffuser dans les médias les identités et les photos des suspects encore en fuite "afin d'inciter les populations à participer à leur arrestation".
Fort de quelque 1.300 hommes, le Rsp, unité d'élite de l'armée burkinabè, a été dissous pour avoir mené le 17 septembre un coup d'État contre le gouvernement de transition formé après la chute de M. Compaoré.

 AFP


Plusieurs milliers de manifestants ont défilé samedi dans les rues de Port-au-Prince pour réclamer le départ immédiat du président Michel Martelly, au lendemain de l'annulation pour "des raisons de sécurité" des élections prévues hier.

Nous exigeons désormais le départ de Michel Martelly et (du Premier ministre) Evans Paul et la formation d'un gouvernement de transition avant le 7 février pour faire aboutir le processus électoral en cours", a affirmé Assad Volcy, un responsable politique de l'opposition. Vendredi, à moins de 48 heures de l'ouverture des bureaux de vote, le président du Conseil électoral provisoire (Cep) a annoncé le report du second tour de la présidentielle et des législatives partielles initialement prévues dimanche.
Le président du Cep a justifié ce report sine die par "des raisons évidentes de sécurité". Une douzaine de bureaux électoraux ont été incendiés ou attaqués en province dans la nuit de jeudi à vendredi. Au premier tour du scrutin présidentiel le 25 octobre, le candidat du pouvoir, Jovenel Moïse, avait recueilli 32,76% des voix, contre 25,29% pour Jude Célestin, qui a qualifié ces scores de "farce ridicule".
Après un premier report des scrutins en raison des contestations de l'opposition, cette nouvelle annulation plonge Haïti dans l'incertitude. Les manifestants de l'opposition se disent confiants quant à la rapide formation d'un gouvernement intérimaire.

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Un dépôt d'armes et de munitions de l'armée burkinabè près de Ouagadougou a été attaqué hier par d'anciens membres du Régiment de sécurité présidentielle (RSP), l'unité auteur d'un putsch raté en septembre, a annoncé l'armée burkinabè dans un communiqué.

"Aux environs de 03H00 (locales et GMT), une tentative d'incursion n'ayant fait aucune victime a eu lieu au niveau du magasin d'armement de Yimdi", à 20 km à l'ouest de Ouagadougou, selon le communiqué qui ajoute que "les auteurs de cette tentative ont été identifiés comme des éléments récalcitrants de l'ex-RSP", selon le communiqué.  "Il y a eu une attaque de la soute (dépôt, ndlr) à Yimdi très tôt. Ceux qui l'ont fait sont des éléments de l'ex-RSP, ils ont pu ramasser des armes et des munitions et partir avec", a assuré à l'AFP une source au sein de l'armée burkinabè s'exprimant sous couvert d'anonymat.  "Ils ont emporté des caisses d'armes et de munitions. Nous sommes en train de faire le point", a indiqué la cette source. "Ils étaient une vingtaine. Ils ont ligoté certains des hommes qui étaient sur place avant de mener l'opération.
Pour l'instant, on compte un blessé parmi les soldats qui assurent la garde de la soute.  On a pu identifier quelques-uns d'entre eux et nous poursuivons les investigations", a confié une autre source militaire.Cette attaque survient alors que Ouagadougou a été la cible vendredi dernier d'une attaque jihadiste qui a fait 30 morts et que les forces de sécurité sont prioritairement mobilisées contre cette menace.  "Trois ex-éléments du RSP soupçonnés de complicité avec leurs camarades auteurs de l'attaque du dépôt d'armes burkinabè ont été interpellés dans le cadre des investigations et sont actuellement interrogés par la gendarmerie", a indiqué à l'AFP un gendarme. "On a pu en repérer quelques-uns. Il y a une opération en cours. La course-poursuite a commencé", a indiqué une source militaire à l'Etat-major des armées. "Il faut mettre la main sur ceux qui sont venus taper.  Il y a eu au moins une complicité parmi les éléments de garde", a ajouté cette source sous couvert de l'anonymat. Fort de quelque 1.300 hommes, le RSP, unité d'élite de l'armée burkinabè, était la garde prétorienne du président Blaise Compaoré, chassé par la rue fin octobre 2014 après 27 ans au pouvoir.
Le RSP a été dissous pour avoir mené le 17 septembre, sous la direction du général Gilbert Diendéré, un coup d'État contre le gouvernement de transition mis en place après la chute de M. Compaoré.

AFP



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