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Point de mire : Le prix de la stabilité

30 Mar 2018
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Dans le sillage des Printemps arabes de février 2011, les Egyptiens prirent d’assaut la rue et parvinrent, après 18 jours de manifestations intenses, à mettre fin au long règne de 29 ans de Hosni Moubarak, mais surtout de 29 ans d’Etat d’urgence suite à l’assassinat du président Anouar El Sadate et la menace islamiste qui planait sur ce pays au carrefour du Moyen-Orient, de l’Afrique et de l’Europe. L’armée, la seule alternative organisée, s’empare du pouvoir pour établir la transition. En un mois, les citoyens adoptent, par référendum, une réforme constitutionnelle pour une transition rapide vers un pouvoir civil élu au suffrage universel.

Les élections libres et transparentes organisées suite à cette réforme amènent au pouvoir les islamistes qui remportent la majorité aux législatives. Dans la même dynamique, le président Mohamed Morsi est élu par une courte majorité à l’issue d’un second tour à la présidentielle. Des pouvoirs exécutif et législatif qui bénéficient de toute la légitimité populaire pour sceller la réconciliation et gouverner ce pays clé du monde arabe. Les espoirs étaient énormes qu’un succès de ce régime islamiste démocratiquement installé au pouvoir allait être une réussite à suivre dans le monde arabe.

Mais, au contact de la réalité du pouvoir, le gouvernement se rend compte que gouverner un pays est différent de faire du social dans les quartiers populaires. Les pays environnants et leurs alliés qui craignaient une contamination ou une déstabilisation de leurs régimes réduisent au minimum leur coopération financière et économique et le tourisme, une des mamelles de l’économie égyptienne, tombe en chute libre.
Face aux problèmes, le président Morsi choisit le même durcissement qui a coûté le pouvoir à Hosni Moubarak en s’arrogeant la possibilité de légiférer par décret et d’annuler les décisions de justice.

Les populations, sentant que le pouvoir veut les ramener à la case départ, reprennent la rue et, saisissant la balle au rebond, divers responsables de l’opposition lancent une pétition qui recueille plus de 20 millions de signatures pour le départ du président.

L’armée remonte au créneau et lance un ultimatum au pouvoir pour trouver une solution à la crise,  mais se heurte à l’intransigeance du président qui se réfère à sa légitimité électorale.
Partisans du pouvoir et de l’opposition à puissance quasiment égale campent dans la rue et tiennent le pays en otage.

Ministre de la Défense et commandant en chef de l’armée, Abdel Fattah al-Sissi prend le pouvoir pour faire face aux forces du chaos. Il accorde une surpriorité à la sécurité nationale, mettant en avant que certains ne lui donnent pas d’alternative autre que la répression.

Quoi que l’on puisse en dire, il a réussi à rétablir la sécurité et surtout à protéger la minorité chrétienne, à relancer l’économie par de douloureuses mesures sociales, notamment par la suppression des subventions étatiques sur les denrées de premières nécessité...

Une bonne frange de la population égyptienne, consciente qu’il est l’artisan de la stabilité, a adhéré à sa politique de relance économique. En témoigne la souscription massive à l’emprunt populaire pour le doublement du canal de Suez qui rapportera au pays près de 14 milliards de dollars par an.

C’était le premier jalon d’un vaste projet de création d’une véritable vallée technologique de renommée internationale à travers la construction de ports, d’entrepôts et d’entreprises autour du canal pour relancer la croissance et créer de nouveaux emplois.

Cette réélection du président Sissi ne répond pas aux critères « démocratiques » voulus par d’autres que le peuple égyptien. Le plus important est qu’une bonne partie de ce peuple souverain ait compris que pour l’Egypte, situé à la croisée du Liban à peine stabilisé, d’Israël vivant sous la menace palestinienne et de la Libye en lambeaux, Abdel Fattah al-Sissi reste encore, pour de longue années, l’homme de la situation face à une opposition qui a montré ses limites et un extrémisme religieux résiduel.

Par  Alassane DIAWARA

Last modified on vendredi, 30 mars 2018 11:56
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