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Un troisième mandat pour Alassane Ouattara

05 Jui 2018
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«Inacceptable et irréalisable», selon l'opposition ivoirienne
AFP - Une coalition de l'opposition ivoirienne a affirmé, dimanche, à Abidjan, que l’idée d’un troisième mandat du président ivoirien Alassane Ouattara, dont le deuxième s'achève en 2020, est « anticonstitutionnelle, inacceptable et irréalisable », y voyant une « provocation ».

M. Ouattara a déclaré qu'il n'excluait pas un troisième mandat alors que la bataille pour sa succession a déjà commencé, dans un entretien à l'hebdomadaire Jeune Afrique.
« La nouvelle Constitution m’autorise à faire deux mandats à partir de 2020. Je ne prendrai ma décision définitive qu’à ce moment-là, en fonction de la situation de la Côte d’Ivoire. La stabilité et la paix passent avant tout, y compris avant mes principes », a déclaré M. Ouattara, interrogé sur la possibilité de se représenter.

« Cette déclaration désormais ouverte n’est que pure provocation contre le peuple ivoirien. L’idée d’un troisième mandat, le chef de l’Etat actuel le sait, est anticonstitutionnelle, inacceptable et irréalisable en Côte d’Ivoire », a dit le président de « Ensemble pour la démocratie et la souveraineté » (Eds), le Pr Georges Armand Ouégnin, dans un communiqué.
Eds est une coalition qui regroupe des partis politiques, des associations de la société civile et le Front populaire ivoirien (Fpi), le parti de l'ex-président Laurent Gbagbo. La plateforme, qui a été particulièrement active lors des protestations contre le nouveau Sénat dont l'élection a eu lieu en mars, demande surtout une nouvelle Commission électorale indépendante (Cei) avant tout nouveau scrutin et notamment avant la présidentielle de 2020.

Pour Eds, M. Ouattara « devrait donc se résoudre, dès maintenant, à la mise en place d’une Cei consensuelle pour des élections libres, justes et transparentes, élections auxquelles il ne peut se présenter en 2020, mais qui doivent être le gage d'une alternance démocratique et pacifique dans notre pays ».

Après avoir longtemps écarté cette possibilité, le président Ouattara estime désormais que le changement de Constitution de 2016, dont il est artisan, a remis tous les compteurs à zéro et que ses élections de 2010 et 2015 ne comptent pas.

Cette interprétation, qui est souvent diffusée par ses partisans, est largement remise en cause par l'opposition mais aussi par une grande partie de la communauté internationale.
De leur côté, certains observateurs estiment que le président utilise la « menace » de se représenter pour faire taire les querelles internes nées de la guerre de succession qui a déjà commencé.

 

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