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Influence du réchauffement climatique sur les conflits : L’Onu entame une discussion

12 Juil 2018
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AFP - Le réchauffement de la planète peut-il favoriser les conflits et est-ce au Conseil de sécurité de l'Onu de s'emparer du sujet ? Oui, répondent certains de ses membres, non rétorquent d'autres.

Ce "sujet sensible" a fait l'objet d'un vaste débat, hier, au sein de la plus haute instance de l'Onu. En soi, son organisation est déjà un "succès", estime son organisateur, la Suède, même si aucune déclaration consensuelle ni mesures concrètes n'étaient prévues.

Le dernier débat sur le lien climat et sécurité remonte à 2011 et l'Onu n'a abordé la question qu'à trois reprises dans son Histoire.

Les pays critiques, Russie et Chine, entre autres, craignent l'ingérence, la menace de sanctions, et sont davantage dans une logique de gestion de conflit pour le Conseil de sécurité.
"L'Onu doit respecter le principe de répartition des tâches", a ainsi fait valoir l'ambassadeur russe adjoint à l'Onu, Dmitry Polyanskiy. En reconnaissant que "les changements climatiques sont une menace majeure", il a rappelé que "le Conseil de sécurité ne disposait pas d'expertise" spécifique sur le sujet qualifié "d'abstrait". Selon lui, en parler "crée des illusions, c'est trompeur et dangereux".

Les partisans d'une gestion par le Conseil, notamment les Etats victimes d'ouragans, de manque d'eau, ou les Européens, dont la France où a été signé en 2015 un accord pour limiter à 2 degrés le réchauffement climatique, estiment qu'elle doit être inscrite à son agenda. Cette gestion ne peut être laissée uniquement à des instances subalternes ou à l'Assemblée générale, sans pouvoir contraignant, estiment-ils.

"On a besoin de solutions pour les gens sur le terrain" et "vous devez considérer les changements climatiques comme des risques sécuritaires", a lancé, lors du débat, Hindou Ibrahim, représentante de l'Ong International Indigenous Peoples' Forum on Climate Change. Sans notes, son discours se voulait percutant. La question ne devrait pas être de "survivre" mais de "vivre", a-t-elle asséné.

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