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Le rapport de l'ex-Commission Dialogue, Vérité et Réconciliation (Cdvr) a été rendu public, mardi, lors d'une cérémonie de présentation présidée par le Premier ministre, Daniel Kablan Duncan en présence de membres du gouvernement, de diplomates et de représentants des organisations internationales.

C'est un document de 122 pages subdivisé en trois parties, « le contexte socio-historique, la création et les missions de la Cdvr ; le travail de la commission qui comprend les activités préparatoires, la recherche des causes profondes de la crise, les consultations nationales, les auditions; les recommandations », a expliqué Marcellin Doh Dibahi, conseiller technique au ministère de la Solidarité, de la Cohésion sociale et de l'Indemnisation des victimes.

Selon lui, pour trouver les causes des crises que le pays a connues, « la commission a procédé à des dialogues intercommunautaires et à des consultations de toutes les structures représentatives de la société ivoirienne ».

« Cette approche a permis de déterminer le repère historique à prendre en compte par la Cdvr c'est-à-dire la période allant de 1990 à 2011 », a précisé M. Doh.

Babacar Cissé, coordonnateur du Système des Nations Unies a salué « l'initiative » du gouvernement de rendre public ce rapport qui « permettra d'informer, de sensibiliser la communauté nationale et internationale sur les résultats des activités de la Cdvr ».

« Ce rapport offre une certaine possibilité d'explication du passé et permet de donner corps "au droit à la vérité" et sert aussi à promouvoir le pardon et la réconciliation », a indiqué M. Cissé, rappelant que son institution a octroyé un financement de plus d'un milliard de francs CFA « en appui aux activités de démarrage de la Cdvr ».

Pour Pr Mariatou Koné, ministre de la Solidarité, de la Cohésion sociale et de l'Indemnisation des victimes, ce rapport de la Cdvr est « un instrument de justice transitionnelle, pour informer l'opinion nationale et internationale afin qu'elle s'en approprie ».

« Les conclusions de ce rapport sont essentielles pour avoir une paix durable en Côte d'Ivoire », a-t-elle souligné, promettant une « une campagne de vulgarisation du rapport pour le traduire en différentes langues nationales ».

Quant au Premier ministre Kablan Duncan, il a analysé que « la nouvelle Constitution est en adéquation avec les recommandations du rapport ».

« Tous les moyens ne sont pas permis pour conquérir le pouvoir. Faisons de la politique saine », a conseillé M. Duncan, estimant que « ce rapport est un document qui permet d'opérer un exercice d'introspection car la paix est un bien précieux qu'il faut entretenir », a-t-il conclu.

Créée par l’ordonnance N°2011-167 du 13 juillet 2011, la Cdvr avait pour mission « d’œuvrer en toute indépendance à la réconciliation et au renforcement de la cohésion sociale entre toutes les communautés vivant en Côte d’Ivoire », à l'issue de la crise post-électorale de décembre 2010 à avril 2011, ayant fait près de 3000 morts.

La création de cette institution confiée à l'ex-Premier ministre Charles Konan Banny, fait partie des premières mesures prises par Alassane Ouattara dès son accession à la magistrature suprême. Le lundi 15 décembre 2014, la Cdvr a rendu officiellement son rapport au Président de la République lors d’une cérémonie, mettant ainsi un terme à ses activités.

Source : APAnews

Donald Trump a déclaré, hier, qu'il était prêt à accepter le verdict des urnes le 8 novembre s'il était "clair", dans son match contre la démocrate Hillary Clinton, après avoir déclaré, la veille, qu'il souhaitait entretenir le "suspense" par crainte de fraudes.

"Je verrai à ce moment-là", avait répondu Donald Trump mercredi, interrogé lors du troisième débat présidentiel pour savoir s'il accepterait le résultat de l'élection présidentielle, quel qu'il soit. Cette position risquait d'ébranler la confiance dans le processus démocratique américain et avait provoqué une polémique jusque dans son camp. Hier, en meeting à Delaware, dans l'Ohio, le candidat républicain a commencé par dire qu'il accepterait "totalement les résultats de cette grande et historique élection présidentielle si je gagne".Puis, il a ajouté : "J'accepterai un résultat clair de l'élection, mais je me réserve le droit de contester et de lancer une procédure de justice en cas de résultat douteux". Son équipe de campagne avait tenté peu auparavant d'expliciter ses propos. "Je suppose que Trump a voulu dire qu'il devait regarder (les résultats) pour voir s'il y a eu des fraudes" avant de se prononcer, a dit sa directrice de campagne, Kellyanne Conway, sur Msnbc.

Le président du parti républicain, Reince Priebus, avait assuré que le milliardaire allait "accepter les résultats de l'élection (...) à moins de fraudes massives".

Le colistier de Hillary Clinton, Tim Kaine, a qualifié, hier, sur Cnn, les propos de Trump "d'abomination", rappelant que "le transfert pacifique du pouvoir est un pilier de la démocratie de notre pays".Mme Clinton dont la cote dans les sondages est au plus haut depuis son investiture, en juillet, devait rester discrète hier, envoyant au front sa carte maîtresse, le couple Obama. L'écart entre les deux candidats se creuse en faveur de Hillary Clinton, qui recueille plus de 45 % des intentions de voix contre 39 % pour Donald Trump et 6,5 % pour le libertarien Gary Johnson.

AFP 

Le président Ali Bongo est « prêt à rencontrer » tous les candidats, y compris Jean Ping, qui s’étaient présentés contre lui lors de la présidentielle du 27 août dernier, a déclaré son porte-parole, soulignant que l’objectif recherché dans cette ouverture est de ne plus voir un Gabonais mourir « sous prétexte d’une revendication démocratique » dont « les mécanismes de résolution sont prévus par la loi et connus de tous », a notamment déclaré Alain-Claude Bilie-By-Nzé, hier soir, à la télévision nationale.

Le porte-parole du gouvernement, qui faisait référence au contentieux électoral en cours d'examen par la Cour constitutionnelle, s’en est toutefois pris aux « voix irresponsables (qui) s’élèvent à nouveau ». « Ces voix qui incarnent une violence politique jamais atteinte dans notre pays promettent une instabilité durable si le résultat de la Cour ne leur était pas favorable », a-t-il ajouté. « Le dessein avoué de ces gens, a-t-il déploré, est de faire encore plus de victimes, comme si le nombre de morts déjà enregistrés et le deuil qui frappe de nombreuses familles gabonaises ne sont pas déjà des morts de trop ».

Officiellement, les violences post-électorales au Gabon ont fait trois morts là où l’opposition parle d’au moins 50 personnes tuées. Ces violences ont été générées par l’annonce de la Commission électorale nationale donnant Ali Bongo gagnant de la présidentielle avec 49,80 % des voix contre 48,23 % des voix pour Jean Ping. Après des jours d’hésitation, ce dernier a fini par contester ce verdict auprès de la Cour constitutionnelle en mettant en cause le vote dans le Haut-Ogooué qui a été décisif dans la victoire de Ali Bongo. Saisie à la date limite du 8 septembre, la Cour constitutionnelle doit rendre un verdict définitif demain.

APA

L’opposition « pas intéressée »
L’appel au dialogue lancé par le président Ali Bongo à tous les candidats, y compris Jean Ping, qui s’étaient présentés contre lui lors de la présidentielle du 27 août dernier, n’a pas trouvé un écho favorable du côté des partisans de son principal challenger. « Comment envisager une telle rencontre, alors que la vérité des urnes n’est pas rétablie ? », a affirmé le porte-parole de Jean Ping, Jean-Gaspard Ntoutoume, lors d'une conférence de presse hier à Libreville.

Officiellement, les violences post-électorales au Gabon ont fait trois morts là où l’opposition parle d’au moins 50 morts. Ces violences ont été générées par l’annonce de la Commission électorale nationale donnant Ali Bongo gagnant de la présidentielle avec 49,80 pour cent des voix contre 48,23 pour cent des voix pour Jean Ping. Après des jours d’hésitation, ce dernier a fini par contester ce verdict auprès de la Cour constitutionnelle en mettant en cause le vote dans le Haut-Ogooué qui a été décisif dans la victoire d’Ali Bongo.

APA

Le catastrophisme a beau être improductif, rien n’invite à l’optimisme. Il n’y a jamais eu autant de réfugiés dans le monde depuis la seconde guerre mondiale que de nos jours. Le monde n’a jamais été aussi conflictuel. La violence est la norme dans biens d’espaces géographiques, mettant fin à l’illusion de la paix universelle après les guerres mondiales, génocides et drames humains qui ont conclu le 20ème siècle et ouvert le 21ème.

Les nouveaux modèles qui ont pris la place de l’antagonisme Ouest-Est s’essoufflent et étalent leur impuissance face à une nouvelle géopolitique débridée certes, mais qui a la marque d’une planification de la terreur pour atteindre des objectifs économiques ou hégémoniques. L’Onu, organisation construite en 1945 sur les décombres de l’Europe et la découverte de l’ampleur du fait nazi, pour la paix dans le monde et la fin des colonisations, n’arrive plus à se faire entendre, d’autres organisations –surtout gouvernementales- ayant pris son relais et actionné de nouveaux mécanismes qui font fi du droit international ; leur seule règle étant que les intérêts économiques et géostratégiques des grandes puissances soient préservés.

Et l’Afrique ? Elle devrait dire son mot à l’occasion du troisième Forum sur la paix et la sécurité de Dakar, prévu les 05 et 06 décembre prochains. L’assassinat, en 2011, du Guide libyen Mouammar Kadhafi, l’implication de l’ancien président français Nicolas Sarkozy et du Premier ministre anglais David Cameron dans la survenue du chaos dans l’ancienne Cyrénaïque sous l’égide d’une résolution de l’Onu et l’appui de l’Otan, - officiellement pour éviter « un massacre à Benghazi » -, a illustré jusqu’à la caricature le nouvel ordre qui met en priorité sur son tableau de bord la préservation des ressources surtout énergétiques.

L’enjeu énergétique
La fin annoncée du pétrole est grosse de dangers liés à la ruée vers les derniers sanctuaires de l’or noir. Autant la propriété des gisements (Croissant pétrolier en Lybie, en Irak et en Syrie), la sécurisation des « routes » du pétrole (oléoducs de la mer caspienne et de l’Oural, canaux et passages stratégiques comme le détroit d’Ormuz, le canal de Suez ou celui de Panama) que son exploitation (delta du Niger au Nigéria), vont de pair avec un accroissement des dépenses militaires et des conflits ouvertement armés ou latents centrés autour de l’accès à la manne.

Ensuite, vient comme deuxième explication de ce « conflit mondialisé » la confrontation entre deux civilisations « à bout de souffle », comme le souligne l’académicien franco-libanais Amin Maalouf dans « Le dérèglement du monde » (Grasset, mars 2009).  Pour lui, le dérèglement du monde tient moins à une « guerre des civilisations » qu’à l’épuisement simultané des deux ensembles culturels dont il se réclame lui-même, à savoir l’Occident et le monde arabe. Le premier, peu fidèle à ses propres valeurs ; le second, enfermé dans une « impasse historique ». Un diagnostic inquiétant, mais qui débouche sur une note d’espoir.

« La période tumultueuse où nous entrons pourrait nous amener à élaborer une vision enfin adulte de nos appartenances, de nos croyances, de nos différences, et du destin de la planète qui nous est commune », dit l’auteur des « Identités meurtrières », mais la chronique de ce qui se passe sous nos yeux place ce vœu dans les basses probabilités. Globalement, cela donne « la lutte contre le terrorisme » comme nouveau paradigme.

On voit que les droites populistes prennent le pouvoir ou s’en rapprochent en Europe ; que la crise migratoire est la cause d’une profonde remise en cause de l’idéal européen avec le Brexit ; mais qu’au fond, c’est un retour vers l’envoyeur, les Occidentaux étant obligés d’accueillir sur leur sol les réfugiés de pays en guerre par leur seule volonté.

La voix de l’Afrique
La stratégie qui maintenait les conflits armés en dehors de l’Europe et des Amériques s’affaisse, ouvrant des territoires jusqu’ici épargnés par la terreur à la violence, aux morts par dizaines de milliers, causant des déplacements de populations, des crimes ajustés sur des besoins bien spécifiques. Dans les faits, cela donne « la guerre contre le terrorisme » menée, par disons le monde « civilisé », contre les différents nébuleuses jihadistes, qu’elles se nomment Etat islamique en Syrie et en Irak, ou qu’elles s’identifient comme ses appendices à l’instar de Boko Haram autour du lac Tchad et des bandes armées qui sévissent dans la bande sahélo-saharienne, du Soudan au cap Gardafui, de l’Adrar au Tibesti. Sans omettre les vastes « no man’s lands » de non-Etat en Somalie et dans la proximité du golfe d’Aden sur la corne de l’Afrique où sévissent les Shebabs…

Plus grave, jamais le monde n’est aussi proche d’une déflagration nucléaire depuis la crise des missiles (Cuba 1962). La Corée du nord (dirigée par la dynastie despotique des Jung-ll, un des derniers régimes staliniens au monde) pointe désormais ses missiles plus loin que vers son jumeau du sud ; Pyongyang –membre de fait du club des puissances nucléaires- fait tomber maintenant ses ogives en mer du Japon, menaçant la péninsule sud-coréenne d’embrasement et accentuant au-delà le risque d’un conflit majeur avec l’Amérique qui assure la sécurité militaire de l’archipel nippon depuis 71 ans maintenant. Cette course aux armements, animée aussi bien par les grandes puissances que les nations émergentes, est nourrie par une industrie militaire qui exige de plus en plus de débouchés.

L’Afrique est au cœur de cette montée des périls sécuritaires. Le continent de l’avenir, fort de sa démographie, de ses espaces, de ses ressources naturelles et de son insertion dans l’économie de marché, est convoité. La conscience de cette réalité incite plus que tout à la synergie des efforts. 

Par Samboudian KAMARA

Le ministre guinéen de l'Administration du territoire et de la Décentralisation, le général Bouréma Condé, a invité hier, les acteurs politiques guinéens à participer aux travaux de démarrage du dialogue inter guinéen qui aura lieu aujourd’hui à Conakry. En plus des acteurs politiques, les représentants des partenaires étrangers du pays sont conviés à prendre part à ce dialogue où seront examinées les revendications de l’opposition.

Des revendications axées sur les préparatifs des élections locales et la refonte de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni). En prélude à cette concertation, l’opposition guinéenne s’est réunie récemment en plénière pour examiner la question liée à cette relance du dialogue. Bien que disposée à participer aux travaux, l’opposition pose tout de même des préalables, comme l’a souligné Aboubacar Sylla, son porte-parole. Le ministre de la Justice, Cheick Sako, qui était jusque-là président de ce cadre de dialogue, a été récusé par les opposants, qui le soupçonnent d’être partisan.

APA

Au moins 42 personnes sont mortes et 150 ont été secourues, hier, après le naufrage d'un navire de migrants en Méditerranée, près des côtes égyptiennes, point de départ d'un nombre grandissant de personnes pour une traversée périlleuse vers l'Europe. Les opérations de sauvetage se poursuivent pour retrouver d'autres éventuels passagers de cette embarcation de migrants qui a fait naufrage près de Rosette, sur la côte nord de l'Egypte, ont indiqué des responsables de la police.

Parmi les victimes figurent des migrants « égyptiens, soudanais, et d'autres nationalités africaines que nous ne pouvons pas encore déterminer », a indiqué Adel Khalifa, un responsable du ministère de la Santé. Selon le Haut-commissariat de l'Onu aux réfugiés, ces départs d'Egypte en bateau comptent pour environ 10 % des arrivées en Europe. Ce voyage comporte souvent plusieurs transferts périlleux en pleine mer sur des bateaux en mauvais état.

AFP

De violents bombardements ont, de nouveau, frappé Alep, l'épicentre du conflit syrien, très loin de New York où les discussions sur une relance de la trêve sont empoisonnées par les désaccords entre Russes et Américains.

Le Conseil de sécurité de l'Onu a débattu, hier, de la Syrie et l'échec de ce énième cessez-le-feu décrété le 9 septembre. Après le président Macky Sall, les chefs de la diplomatie américaine et russe, John Kerry et Sergueï Lavrov, parrains de la trêve, se sont exprimés durant cette réunion.

Mais, le climat de bonne volonté qu'ils affichaient il y a encore une semaine semble s'être évaporé avec la reprise des raids et des combats sur plusieurs fronts de la guerre. Ainsi, 24 heures après un raid meurtrier contre un convoi humanitaire de l'Onu, des bombes ont dévasté, dans la nuit de mardi à hier, un centre médical, tuant au moins quatre infirmiers et ambulanciers syriens, au sud d'Alep. Selon l'Organisation mondiale de la santé, la Syrie est le pays le plus dangereux pour les personnels soignants avec 135 attaques contre des centres médicaux en 2015.

A Alep, ville divisée entre loyalistes et rebelles, et principal front du conflit, des dizaines de frappes ont visé la métropole et ses environs dans la nuit, selon le correspondant de l'Afp et une Ong, deux jours après l'annonce, par l'armée, de la fin de la trêve dans le pays. Le journaliste de l'Afp dans la partie rebelle de la deuxième ville de Syrie a compté « au moins 100 » explosions de minuit jusqu'à 05H00 du matin (02H00 Gmt). L'Observatoire syrien des droits de l'Homme (Osdh) a également rapporté "des dizaines de raids" sur la métropole divisée et ses environs, sans fournir de bilan de victimes dans l'immédiat.

Pluie d'obus à Alep
A New York, en marge de l'Assemblée générale de l'Onu, le ton est encore monté, mardi, entre Russes et Américains sur la responsabilité de la frappe aérienne menée, la veille, près d'Alep, contre un convoi humanitaire organisé par l'Onu. La Maison Blanche a affirmé qu'elle tenait « le gouvernement russe pour responsable » de ce bombardement, soulignant que seuls Moscou ou le régime syrien pouvaient en être à l'origine.

Un responsable américain anonyme a même confié que selon « notre meilleure estimation (...) ce sont les Russes qui ont mené cette frappe » et que deux bombardiers russes SU-24 étaient sur la zone au même moment. Mais, la diplomatie russe a aussitôt condamné, « avec indignation et colère », des allégations « sans fondement et hâtives » faites par des « protecteurs de terroristes et de bandits ». Environ 20 personnes, dont un responsable du Croissant-Rouge, ont trouvé la mort dans cette attaque, la plus meurtrière en Syrie contre un convoi humanitaire depuis 2011. Le raid a entraîné la suspension de l'acheminement par camions de l'aide de l'Onu qui avait à peine démarré.

Présent à New York, un des principaux dirigeants de l'opposition syrienne, Riad Hijab, a dénoncé « la faiblesse totale » de la communauté internationale qui « n'a pas eu de gestion de la crise à la hauteur de la gravité de la situation » depuis le début du conflit. S'exprimant pour la dernière fois à la tribune des Nations unies, le président américain, Barack Obama, s'est borné à promettre de « poursuivre le difficile travail de la diplomatie » sur le conflit syrien.

AFP

La vie a repris un cours presque normal, hier, à Kinshasa, après deux journées de troubles ayant fait entre une trentaine et une centaine de morts, selon les bilans des protagonistes.

La police nationale a fourni un bilan global provisoire de 32 morts, civils ou membres des forces de l'ordre tués, pour beaucoup par balles, en 48 heures de pillages et d'affrontements entre forces de l'ordre et jeunes réclamant le départ du président Joseph Kabila.

Mais, pour l'Union pour la démocratie et le progrès social (Udps), parti d'opposition historique en République démocratique du Congo, ces violences, les pires qu'ait connues Kinshasa depuis janvier 2015, ont fait « plus de 100 morts ». Les affrontements ont éclaté, lundi matin, en marge d'une manifestation organisée par un « rassemblement » d'opposition constitué autour de l'Udps à trois mois de la fin du mandat de M. Kabila pour lui signifier son « préavis » et exiger son départ le 20 décembre. La Constitution interdit à M. Kabila, au pouvoir depuis 2001, de se représenter, mais le chef de l’État ne donne aucun signe de vouloir quitter son poste alors que le scrutin présidentiel apparaît désormais impossible à organiser dans les temps.

Morgue débordée
La situation a rapidement dégénéré pour tourner à l'émeute et au pillage de bâtiments publics (commissariats, tribunaux...) ou de biens privés. Les autorités et le « Rassemblement » se sont mutuellement renvoyé la responsabilité des violences. Dans un communiqué, la présidence de la République a accusé, hier, l'opposition d'avoir transformé la manifestation en « émeutes sanglantes ». Dans la capitale, la vie a commencé à reprendre ses droits hier. Les transports en commun ont fonctionné de nouveau, mais la circulation s'est révélée plus fluide qu'un jour normal dans cette mégapole pauvre de 10 millions d'habitants habituée aux embouteillages.

Les pompes à essence et les boutiques ont majoritairement rouvert. Les parents ont cependant préféré ne pas envoyer leurs enfants à l'école pour le troisième jour consécutif alors que l’on pouvait voir encore une présence inhabituelle de militaires en ville. Dans les quartiers sud de la capitale durement touchés par les violences, plusieurs habitants ont expliqué les débordements des jours précédents par l'exaspération d'une population excédée par une situation de misère quasi généralisée et sa volonté d'alternance politique à la tête de l’État.

AFP

Kinshasa a connu, hier, une deuxième journée de violences qui ont fait un nombre indéterminé de morts après les affrontements meurtriers de la veille, en marge d'une manifestation pour réclamer le départ du président Joseph Kabila en décembre et la tenue d'une présidentielle.

Ces violences surviennent en plein "dialogue national", tentative pour sortir la République démocratique du Congo de l'impasse électorale dans laquelle elle s'est fourvoyée, mais rejetée par la majeure partie de l'opposition, qui avait appelé à manifester lundi.

Renvoyant pouvoir et opposition dos à dos, l'Église catholique a condamné "fermement la violence d'où qu'elle vienne". La Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) a annoncé qu'elle suspendait sa participation au "dialogue national" en cours, "par respect pour les victimes", "pour faire le deuil et rechercher un consensus plus large".
Les appels au calme lancés, lundi soir, par la communauté internationale n'ont pas été entendus.
Selon des sources de sécurité privées, des sources diplomatiques et des habitants, une multitude d'affrontements entre forces de l'ordre et jeunes en colère a eu lieu pendant une grande partie de la journée dans les quartiers du centre et du sud de la capitale, les plus pauvres de cette mégapole de 10 millions d'habitant habituée à la misère. Comme la veille, plusieurs symboles de l'État, comme des postes de police, ont été attaqués. Il y a eu aussi plusieurs pillages.
Vers 19h30 (18h30 Gmt), le calme semblait être revenu dans la plus grande partie de la ville.

Les violences ont commencé, lundi matin, en marge d'une manifestation à l'appel d'un "Rassemblement" d'opposition constitué autour du vieil opposant Etienne Tshisekedi à trois mois et un jour de la fin du mandat de M. Kabila, pour lui signifier son "préavis". La marche a très rapidement dégénéré en affrontements avec les forces de l'ordre. L'opposition et le pouvoir se sont renvoyé la responsabilité des violences émaillées de pillages qui ont fait 50 morts, selon le Rassemblement, 17 (3 policiers et 14 "pillards"), selon les autorités.

Exactions' étatiques
Lundi, plusieurs bâtiments de partis de la majorité ont été incendiés. Dans la nuit de lundi à hier, dans ce qui a été perçu par l'opposition comme des "représailles", trois sièges de parti de l'opposition ont été incendiés, dont celui de l'Union pour la démocratie et le progrès social (Udps), la formation de M. Tshisekedi.Une journaliste de l'Afp y a vu deux corps carbonisés, deux autres personnes en train de brûler vives et un homme grièvement blessé à la tête allongé à terre.

Dans un message sur Twitter, Ida Sawyer, chercheuse de l'Ong Human Rights Watch (Hrw) récemment expulsée du Congo, écrit que son organisation a reçu "des rapports crédibles de 37 civils tués par (les) forces de sécurité" depuis lundi (dont 17 pour la seule journée d’hier) et de 6 policiers et un membre du parti présidentiel "tués par les manifestants".

Habituée des violences à caractère politique, la population de la capitale est restée massivement chez elle. Comme la veille, la plupart des boutiques sont restées closes et les écoles ont été désertées.
"Je ne peux pas sortir de chez moi", a déclaré à l'Afp un habitant du centre de la capitale, en début d'après-midi, expliquant qu'il y avait des tirs dans son quartier depuis le matin.
Selon la Constitution, le 20 septembre est la date limite pour convier les électeurs aux urnes pour la présidentielle, qui apparaît, aujourd'hui, impossible à tenir dans les temps.
La loi fondamentale interdit à M. Kabila, au pouvoir depuis 2001, de se représenter, mais celui-ci ne donne aucun signe de vouloir quitter son poste.

AFP 

Le gouvernement du Burundi est responsable de graves violations des droits systématiques et constantes, a conclu, hier, une mission d'enquête de l'Onu, mettant en garde contre de possibles "crimes contre l'humanité" et un "grand danger de génocide".

"Les experts ont constaté que des violations graves des droits de l'Homme ont été et sont commises principalement par des agents de l'Etat et ceux qui sont liés à eux", ont indiqué les trois enquêteurs dans un rapport, déplorant l'approche du gouvernement qui consiste "à nier automatiquement et en quasi-totalité" ces allégations.
"Ces violations graves sont systématiques et constantes et l'impunité est omniprésente", déplorent-ils, relevant que "le danger du crime de génocide est grand".
Ils affirment ne pas pouvoir exclure que certaines de ces violations graves des droits de l'Homme constituent des crimes contre l'humanité, et demandent des procédures judiciaires internationales indépendantes pour traduire les auteurs présumés en justice.

Les enquêteurs ont compilé une liste des auteurs présumés qui ont été nommés à plusieurs reprises par les victimes et les témoins comme responsables de violations graves des droits de l'Homme. Cette liste sera partagée avec les "mécanismes judiciaires pertinents".

- 564 exécutions -
D'après le rapport, en date du 30 août 2016, l'Onu a pu vérifier 564 cas d'exécutions depuis le 26 avril 2015. Une estimation "prudente", selon les enquêteurs.
Personne ne peut quantifier exactement toutes les violations perpétrées et qui continuent d'avoir lieu dans un "contexte aussi fermé et répressif" que celui du Burundi, expliquent-ils.

Selon la Fédération internationale des droits de l'Homme, plus d'un millier de personnes ont été tuées dans le cadre de la crise.
Le Burundi est plongé dans une grave crise émaillée de violences et de nombreux cas de torture depuis que le président Pierre Nkurunziza a annoncé, en avril 2015, sa candidature à un troisième mandat controversé, avant d'être réélu en juillet.

Ces violences ont poussé près de 300.000 personnes à quitter le pays, selon le Haut-commissariat de l'Onu pour les réfugiés.
Le rapport des enquêteurs de l'Onu, mandatés par le Conseil des droits de l'Homme des Nations unies, porte sur les violations et les abus des droits de l'Homme commis du 15 avril 2015 au 30 juin 2016.

Ils se sont rendus au Burundi du 1 au 8 mars et du 13 au 17 juin 2016. La dernière visite, prévue en septembre, n'a pas pu se tenir pour des raisons de sécurité.
La mission d'enquête a effectué un total de 227 interviews à Bujumbura, Makamba et Gigeta. Les enquêteurs ont également mené des visites en République démocratique du Congo, au Rwanda, en Tanzanie et en Ouganda afin d'interviewer, entre autres, 182 réfugiés.

- "Spirale descendante" -
Bien que la crise continue et même si le niveau de violence a manifestement diminué, poursuivent-ils, "le niveau global d'oppression et de contrôle de la société a augmenté", s'illustrant notamment par "la privation arbitraire de la vie, les disparitions forcées, les cas de torture et les détentions arbitraires à une échelle massive".
Le rapport appelle à un "engagement solide renouvelé de la communauté internationale", y compris des Nations unies et de l'Union africaine, pour éviter "la spirale descendante du pays".

Il appelle aussi le gouvernement du Burundi à arrêter immédiatement la perpétration des crimes ainsi que celles commises par d'autres entités dont les actions peuvent lui être attribuées, comme les Imbonerakure (milices pro-pouvoir).

Enfin, les enquêteurs jugent que le Conseil des droits de l'Homme devrait considérer si le Burundi peut rester membre de cet organisme onusien. Depuis la création du Conseil, il y a 10 ans, c'est la première fois qu'une organisation de l'Onu propose d'exclure un des membres du Conseil.
AFP


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