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International (2856)

Les quatre jihadistes présumés, dont trois ont été tués dans une opération, mardi, dans un quartier en périphérie sud-est de Ouagadougou, "projetaient une attaque" dans la capitale, a affirmé, hier, la procureure du Burkina Faso, Maïza Sérémé.

La procureure a aussi souligné un "lien entre les occupants de la villa et les assaillants des attaques terroristes du 2 mars 2018" ayant visé l’état-major général des armées et l’ambassade de France à Ouagadougou (8 morts et 85 blessés).

"Il est établi qu’ils (les jihadistes présumés) projetaient une attaque dans la capitale, courant juin, contre des cibles importantes", a déclaré Mme Sérémé au cours d'une conférence de presse, sans dévoiler ces cibles.

Trois jihadistes présumés ont été tués lors de l'assaut des forces de sécurité dans la nuit de lundi à mardi contre une villa de Ouagadougou. Un quatrième a été arrêté.  L'assaut a coûté la vie à un gendarme. Six personnes, dont quatre gendarmes, ont été blessées au cours de l'opération.
L’enquête a révélé "un lien" entre les jihadistes présumés tués ou arrêtés et l'attaque du 2 mars. "Une des plaques d’immatriculation trouvées dans la villa est celle du vélomoteur utilisé dans l’attaque de l’état-major général. Une autre plaque saisie renvoie à un véhicule aux caractéristiques identiques à celui de marque Nissan Almera qui a explosé au sein de l’état-major", a souligné la procureure.

"Un arsenal de guerre composé de fusils de type AK47 (kalachnikov), un fusil mitrailleur PKMS, deux pistolets automatiques, un revolver, 1097 cartouches de 7,62 et 28 chargeurs pour fusils AK47, des pains plastiques, des clous, des cordons détonants, des détonateurs, des grenades, des tenues militaires de l’armée burkinabè et de l’armée française ont été découverts dans la villa", a expliqué la procureure, détaillant les révélations, la veille, du ministre de la Sécurité, Clément Sawadogo. "Les premiers éléments de l’enquête font ressortir que les quatre individus qui occupaient la villa depuis le 10 mai 2018 sont de nationalité burkinabè et malienne", a-t-elle affirmé.

L’interrogatoire de la personne interpellée --un "Malien se présentant comme Cissé Mohamed"-- "n’a pas révélé grand-chose", car il était arrivé du Mali "deux ou trois jours" auparavant, a indiqué Mme Sérémé. Ces assaillants "appartiendraient au même groupe terroriste +Al Mourabitoune+", un des groupes composant le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Gsim), qui avait revendiqué l’attaque du 2 mars.

Selon la procureure, "le cerveau du groupe, Sawadogo Abdoulaye, alias Abdallah (un Burkinabè décédé dans l'assaut), jouait au recruteur. Ensuite, il formait les gens au Mali". "C’est vraiment quelqu’un de très impliqué dans le terrorisme, et il voulait installer le jihad au Burkina", a-t-elle ajouté. Elle a aussi précisé qu'il était impliqué dans "plusieurs attaques" menées sur le sol burkinabè dont celle de la brigade territoriale de gendarmerie de Samorogouan (ouest), perpétrée par une cinquantaine d’hommes en octobre 2015 et qui avait causé la mort de trois gendarmes.

AFP

Réduction du nombre des parlementaires, introduction d'une dose de proportionnelle aux législatives et limitation des mandats électifs : les points les plus emblématiques de la réforme des institutions françaises ont été adoptés, hier, en Conseil des ministres, prêts désormais à un parcours parlementaire.

La réforme promise par le président Emmanuel Macron ambitionne de réduire de 30 % le nombre des membres du Parlement pour aboutir à 404 députés (contre 577) et 244 sénateurs (contre 348). Elle prévoit une dose de 15 % de proportionnelle, réclamée par les "petits" partis, en vertu de l'équité, mais sévèrement critiquée par d'autres qui l'accusent d'augmenter automatiquement la représentation du parti d'extrême droite, le Front national. Enfin, la limitation à trois mandats pour les parlementaires et les présidents d'exécutifs locaux est aussi au menu, mais sera "très limitée", selon le gouvernement lui-même, ne concernant que des mandats identiques, complets et successifs, et notamment pas les maires des communes de moins de 9000 habitants, soit 97% des maires. "Il s'agit de réformes ambitieuses qui vont permettre de changer totalement notre panorama politique", a assuré le ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb, en présentant les deux projets de loi portant ces dispositions qui complètent le texte constitutionnel adopté deux semaines plus tôt et consacré à l'indépendance de la justice et aux pouvoirs du Parlement.

Elles ne font pourtant pas l'unanimité : l'opposition de droite comme celle de gauche ont ainsi critiqué les tailles dans les rangs parlementaires qui aboutiront, selon elles, à créer des députés "hors sol", "dans des circonscriptions Xxl".

AFP

Le Parlement mozambicain a voté, hier, à l'unanimité, une réforme de la Constitution décidée dans le cadre des discussions de paix engagées entre le président Filipe Nyusi et le défunt chef de l'ex-rébellion de la Renamo, Afonso Dhlakama.

"Aujourd'hui, nous approuvons une révision partielle de la Constitution de la République. Nous le devons à notre grand dirigeant, son Excellence Afonso Dhlakama", a déclaré la cheffe du groupe parlementaire de la Renamo, Ivone Soares.

Cette réforme prévoit particulièrement que les gouverneurs des dix provinces, jusque-là nommés par le seul gouvernement de Maputo, le seront, dès 2019, sur proposition du parti politique qui a remporté les élections provinciales. Elle constituait une revendication de longue date de M. Dhlakama et de son mouvement qui a remporté les dernières élections locales dans cinq des dix provinces du pays.

Le chef historique de la Résistance nationale du Mozambique (Renamo), qui a dirigé le mouvement pendant trente-neuf ans, est décédé le 3 mai, à l'âge de 65 ans, dans les montagnes de Gorongosa (centre) où il vivait retranché depuis 2015.

Ancienne guérilla transformée en parti politique à la fin de la guerre civile (1976-1992), la Renamo avait repris les armes en 2013 pour dénoncer la mainmise du parti au pouvoir, le Front de libération du Mozambique (Frelimo), sur le pays.

M. Dhlakama avait cependant entamé, depuis des mois, des discussions de paix avec le président Nyusi. Sa disparition soudaine a jeté un doute sur l'issue des négociations qui butent encore sur la question épineuse de l'intégration des "combattants" de la Renamo dans l'armée et la police mozambicaines. Le chef de l'Etat a promis de poursuivre les pourparlers avec la nouvelle direction de la Renamo.

AFP

Le président vénézuélien Nicolas Maduro a annoncé l'expulsion du chargé d'affaires américain à Caracas, plus haut représentant diplomatique des Etats-Unis, après l'imposition de nouvelles sanctions économiques par Washington au lendemain de sa réélection controversée dimanche.

"J'ai déclaré persona non grata le chargé d'affaires des Etats-Unis (Todd Robinson, ndlr), et j'annonce son départ dans les 48 heures", a déclaré le président socialiste dans un discours au Conseil national électoral. M. Maduro répliquait ainsi au décret signé, lundi, par son homologue américain, Donald Trump, et visant à réduire la capacité de Caracas à vendre ses actifs. "Je rejette toutes les sanctions contre la République bolivarienne du Venezuela, car elles font du mal, elles provoquent de la souffrance au peuple vénézuélien", a déclaré le chef de l'Etat, au pouvoir depuis 2013 et réélu dimanche pour un nouveau mandat jusqu'en 2025. Nicolas Maduro a également ordonné l'expulsion du numéro deux de la mission diplomatique (les deux pays n'ont plus d'ambassadeurs respectifs depuis 2010), Brian Naranjo, qu'il a accusé d'être le représentant à Caracas de la Cia. Les deux hommes "doivent quitter le pays dans les 48 heures en protestation et en défense de la dignité de la patrie vénézuélienne ; ça suffit les conspirations !" a lancé le président qui a accusé M. Robinson de mener un complot militaire contre lui, de vouloir détruire l'économie du pays et de promouvoir l'abstention lors du scrutin présidentiel de dimanche. "Nous allons présenter des preuves au pays de la conspiration dans le domaine militaire du chargé d'affaires des Etats-Unis et de son ambassade, de la conspiration dans le domaine économique et de la conspiration dans le domaine politique", a assuré M. Maduro, qualifiant M. Robinson de "conspirateur actif qui abuse et viole la loi internationale".

AFP -

 

Trois jihadistes présumés ont été tués au cours d'un assaut des forces de sécurité, dans la nuit de lundi à hier, contre une villa de Ouagadougou.

Un gendarme participant à l'opération a succombé à ses blessures peu après l'assaut. Les trois jihadistes étaient "en lien avec les attentats du 2 mars" qui ont tué huit personnes et blessé 85 dans la capitale burkinabè, a affirmé à la presse le ministre de la Sécurité, Clément Sawadogo.
Depuis ces attentats contre l’état-major général des armées et contre l’ambassade de France, tous les services de sécurité et de renseignement travaillaient "au coude à coude pour démanteler le réseau de présumés jihadistes ou terroristes", a expliqué le ministre.

"Dans la nuit du 21 au 22, à partir de 01h30 du matin, une opération de traque de ce groupe a été déployée pour mettre hors d’état de nuire ces éléments (...) en lien avec les attentats du 2 mars", a-t-il poursuivi. Les habitants de la maison avaient "un arsenal de combat qu’ils ont utilisé pour riposter contre nos hommes". "Donc, c’est clair que c’était véritablement des terroristes équipés pour exécuter des missions", a ajouté le ministre.

Selon lui, les présumés terroristes, dont les nationalités restent pour l'instant inconnues, "avaient des AK47, un PKMS (mitrailleuse), des grenades, des tenues militaires burkinabè et françaises". Un quatrième homme a été capturé. Un gendarme a succombé à ses blessures, quatre ont été blessés ainsi que deux civils habitant des maisons mitoyennes. Les forces de sécurité ont interpellé une trentaine de personnes.

AFP -

 

Les Palestiniens ont appelé, hier, la Cour pénale internationale à "ouvrir immédiatement une enquête" sur des crimes de guerre présumés envers les Palestiniens, après les manifestations dans la bande de Gaza au cours desquelles 62 Palestiniens ont été tués par des tirs israéliens.

Le ministre palestinien des Affaires étrangères, Riyad al-Maliki, s'est entretenu, durant une heure, avec la procureure de la Cpi, Fatou Bensouda, au siège de la cour à La Haye. Il s'agit d'une "étape importante et historique vers la justice pour le peuple palestinien qui continue de souffrir de crimes généralisés et systématiques", a-t-il déclaré aux journalistes à l'issue de cet entretien. A la demande des Palestiniens après la guerre de Gaza, à l'été 2014, la Cpi a lancé, en 2015, des investigations préliminaires sur des accusations de crimes de guerre en Israël et dans les territoires palestiniens. Mais, elle doit encore éventuellement décider l'ouverture d'une enquête.

"Cette étape vise à obtenir justice en recherchant les responsabilités", a déclaré M. Maliki. Selon lui, "les responsables de ces crimes, cités dans la demande, doivent rendre des comptes pour leurs actions sans délai supplémentaire".
L'initiative palestinienne intervient "en raison de l'intensité, du rythme et de la gravité des crimes contre notre peuple" y compris la prise pour cible de "manifestants non armés dans la bande de Gaza", a argué le ministre.

Le 14 mai, alors que les Etats-Unis inauguraient leur ambassade à Jérusalem, 62 Palestiniens ont été tués, durant des manifestations dans la bande de Gaza, par les tirs de soldats israéliens postés à la barrière séparant Israël de l'enclave palestinienne sous blocus. Depuis le 30 mars, des Palestiniens manifestent ainsi régulièrement pour le droit des réfugiés à revenir sur les terres de 1948, année de la création d'Israël, et contre le blocus imposé depuis plus de 10 ans par Israël sur l'enclave palestinienne. Au moins 118 Palestiniens ont été tués par les tirs des soldats israéliens depuis cette date.
Israël n'a cessé de proclamer que cette protestation massive était orchestrée par le mouvement islamiste palestinien Hamas qui gouverne la bande de Gaza et auquel il a livré trois guerres depuis 2008.

AFP -

 

Le président américain Donald Trump a affirmé, hier, que son sommet avec le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un, prévu le 12 juin, à Singapour, pourrait être reporté, tout en jugeant que ce dernier était "sérieux" dans sa volonté de dénucléariser son pays.

C'est la première fois que le locataire de la Maison Blanche évoque ouvertement un possible report de ce face-à-face historique dont il avait accepté le principe, le 8 mars, à la surprise générale, après des mois de surenchère verbale avec l'homme fort de Pyongyang. "Il est possible que ça ne marche pas pour le 12 juin", a dit M. Trump, assis dans le Bureau ovale au côté de son homologue sud-coréen, Moon Jae-in. "Si la rencontre n'a pas lieu, elle aura peut-être lieu plus tard", a-t-il ajouté, évoquant "certaines conditions", sans détailler.

M. Moon, de son côté, a opté pour une tonalité nettement plus optimiste, se disant convaincu que le sommet à venir serait "couronné de succès" et que M. Trump serait l'acteur central d'un "tournant historique" sur la péninsule.
Interrogé sur la réelle volonté du dirigeant nord-coréen, de près de 40 ans son cadet, de renoncer à l'arme nucléaire, le président américain a jugé que ce dernier était "très sérieux", tout en reconnaissant ne pouvoir prédire l'issue des négociations en cours. Washington exige une dénucléarisation "complète, vérifiable et irréversible", mais le Nord n'a pas véritablement dévoilé son jeu et envoyé des signaux parfois confus sur ce thème. Fait notable, M. Trump  a aussi laissé pointer son mécontentement vis-à-vis du président chinois Xi Jinping dont il a, par le passé, loué la fermeté sur le dossier nord-coréen.

Evoquant la deuxième visite de Kim Jong-un à Pékin, en l'espace de quelques semaines, il a relevé une différence de ton de la part de ce dernier après ce voyage à Pékin, principal allié de la Corée du Nord. "Les choses ont changé après cette rencontre et je ne peux pas dire que cela me rende très heureux", a-t-il expliqué. "Le président Xi est un joueur de poker de niveau mondial", a-t-il lancé, laissant entendre que le puissant dirigeant chinois jouait sur différents tableaux.

Lundi déjà, il s'était ouvertement inquiété que Pékin lâche trop de lest, trop vite. "La Chine doit continuer à être forte et étanche sur la frontière avec la Corée du Nord jusqu'à ce qu'un accord soit conclu", avait-il tweeté, évoquant une frontière devenue "bien plus poreuse récemment".

AFP

 

Le gouvernement malien a affirmé, hier, que "12 terroristes" ont été tués, samedi, dans une localité proche du Burkina Faso, lors d’un accrochage avec l'armée, mais des sources locales maintiennent que les personnes abattues, au nombre d'une quinzaine, étaient des "civils".

"Les Forces armées maliennes (Fama), sous contrôle opérationnel de la Force conjointe du G5 Sahel, lors d'une patrouille de sécurisation de la foire hebdomadaire de Boulkessy, ont été accrochées par des terroristes", a indiqué, dans un communiqué, le ministre de la Défense, Tièna Coulibaly. "Les Fama déplorent un mort, mais douze terroristes ont été neutralisés et des motos et des vélos leur appartenant détruits", selon le texte. "C'est un pure mensonge. Ce sont 15 de nos parents civils peuls, sonraï et burkinabés qui ont été massacrés par l'armée malienne", a affirmé à l'Afp Hamadou Diallo, un habitant de Bamako originaire de Boulkessy, après avoir parlé à des proches.

"Deux jeunes à moto ont attaqué et tué un militaire malien. Un renfort militaire est venu ensuite pour assassiner quinze civils. C'est ça la vérité", a-t-il ajouté.
Souleymane Diallo, originaire également de Boulkessy, affirme avoir reçu à son domicile de Bamako "une trentaine de personnes" venues présenter leurs condoléances "pour les 15 civils tués". Il a ainsi ajouté : "L'enterrement de nos parents a eu lieu (lundi) matin". Un chauffeur de camion local joint brièvement par l'Afp assure avoir "assisté au massacre de civils". "Ils sont venus (l'armée) ; ils ont tué des civils. Ce ne sont pas des terroristes", a-t-il expliqué.

"Nous avons, comme d'autres, appris que ce sont des habitants de la localité qui ont perdu la vie", a indiqué, dimanche, une source militaire africaine du G5 Saleh. "Nous avons la certitude qu'aucune arme de guerre ni de grenades n'ont été récupérées sur les plus de douze personnes tuées", a déclaré cette source.
La minorité peule de cette région soutient être systématiquement soupçonnée de collusion avec les groupes jihadistes. Elle avait déjà récemment accusé les forces de sécurité maliennes d'avoir commis des "exécutions sommaires" à son encontre.

AFP



Le Conseil de sécurité envisage de sanctionner six chefs de réseaux de trafiquants de migrants actifs en Libye, un processus qui serait une première pour l'Onu, mais qui reste dépendant d'une décision de la Russie, selon des documents obtenus, hier, par l'Afp.

"Le Conseil de sécurité étudie des sanctions contre six individus impliqués dans des trafics de migrants et d'êtres humains en Libye", a révélé l'ambassadrice américaine à l'Onu, Nikki Haley, lors d'une réunion consacrée à la Libye. "Nous regrettons que le Conseil de sécurité n'ait pas été en mesure de trouver un consensus sur la désignation" des individus concernés, a-t-elle ajouté sans citer de noms. "Il y a un soutien régional fort pour ces désignations. Et les preuves montrant l'implication de ces six personnes sont claires", a précisé la diplomate, espérant un accord rapide pour "dissuader" les trafiquants de migrants.

Proposées par les Pays-Bas, les sanctions --gel de comptes bancaires, interdiction de voyager-- visent deux Erythréens, Ermias Ghermay et Fitiwi Abdelrazak, ainsi que quatre Libyens, Ahmad Oumar al-Dabbashi, Musab Abu-Qarin, Mohammed Kachlaf et Abd al Rahman al-Milad, le chef d'une unité de garde-côtes. Le 8 mai, la Russie a toutefois demandé la suspension du processus de désignation de ces six personnes, affirmant avoir "besoin de davantage d'informations". Moscou a aussi réclamé un partage des "preuves abondantes" évoquées en provenance de "sources de confiance" qui accusent ces six individus. La Russie voudrait aussi savoir en quoi "le problème va être résolu sans s'attaquer (aussi) aux criminels des pays d'origine et de destination", notant que des documents parlent de réseaux "s'étendant à plusieurs pays européens et aux Etats-Unis".       

A l'appui de sa demande de suspension, la Russie souhaite également que la Libye soit associée au processus de désignation des personnes visées, jugeant que les accusations à leur encontre sont davantage de nature criminelle que liées à des violations des droits de l'Homme.

…et appelle à faire avancer le processus politique

Ghassan Salamé, envoyé spécial de l'Onu pour la Libye, a appelé, hier, les dirigeants libyens à faire avancer le processus politique pour tenir des élections "au plus tôt" dans ce pays, lors d'une réunion du Conseil de sécurité.

"Il est essentiel que le processus politique avance", a-t-il dit durant une liaison vidéo avec les 15 membres du Conseil, sans donner d'indications sur un calendrier électoral. "Alors que les élections devraient se tenir au plus tôt, les conditions adéquates sont nécessaires avec un nouveau cycle d'inscriptions électorales, un engagement à l'avance à respecter les résultats, des arrangements financiers et en matière de sécurité", a-t-il précisé. Ghassan Salamé a déploré que "les vues libyennes divergent radicalement" sur le projet de la nouvelle Constitution. "Alors que certains prônent d'organiser directement un référendum, d'autres ne sont pas d'accord avec le texte et demandent des amendements". Une partie pousse aussi à un "retour à la précédente Constitution ou réclame des garanties spécifiques, assurant qu'à défaut, elle s'opposera catégoriquement à l'organisation d'un référendum", a indiqué le responsable de l'Onu.

Sur ce, il a promis de dévoiler des propositions pour un référendum ou des élections nationales lors d'une prochaine rencontre avec le Conseil de sécurité, tablant toujours sur un scrutin en 2018.
"Le statu quo n’est pas acceptable et il appartient désormais aux acteurs politiques libyens de respecter la volonté populaire qui est favorable aux élections", a abondé, lors de la discussion, l'ambassadeur français François Delattre.
"Les dirigeants libyens doivent s'engager dans le processus électoral et à respecter la volonté du peuple libyen", a aussi dit son homologue américaine, Nikki Haley. "Depuis 2012, les Etats-Unis ont donné plus de 32 millions de dollars pour préparer les élections et rédiger une nouvelle Constitution", a-t-elle rappelé, exhortant les autres donateurs à fournir leur part aux organisateurs des élections.

Depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi, en 2011, la Libye peine à se relever et reste déchirée par des luttes de pouvoir. De même, elle est minée par une insécurité chronique. La Lybie est dirigée par deux autorités rivales : à Tripoli par le gouvernement d'union nationale (Gna) soutenu par la communauté internationale, et dans l'est par un cabinet parallèle appuyé par l'Armée nationale libyenne (Anl) autoproclamée par le général Khalifa Haftar.

AFP

 

Les Etats-Unis ont menacé l'Iran de sanctions "les plus fortes de l'Histoire" s’il ne se plie pas à leurs conditions draconiennes pour conclure un "nouvel accord" beaucoup plus vaste. Cela, après le retrait américain controversé du texte sur le nucléaire iranien.

"L'Iran n'aura plus jamais carte blanche pour dominer le Moyen-Orient", a déclaré, hier, le chef de la diplomatie américaine, Mike Pompeo, en présentant la "nouvelle stratégie" des Etats-Unis après la décision fracassante annoncée, le 8 mai, par Donald Trump. "Qui êtes-vous pour décider pour l'Iran et le monde ? L'époque de telles déclarations est révolue", a réagi le président iranien Hassan Rohani -- un modéré que le secrétaire d'Etat américain a tenu à mettre, dans son discours, sur le même plan que les durs du régime.

Mike Pompeo a toutefois affiché une possible ouverture à l'égard du régime iranien, se disant prêt à négocier avec lui un "nouvel accord" beaucoup plus vaste et beaucoup plus strict, pour qu'il "change d'attitude". "En échange de changements majeurs en Iran, les Etats-Unis sont prêts" à lever, à terme, leurs sanctions et à "rétablir l'ensemble des relations diplomatiques et commerciales". Mais, cela n'interviendra qu'après des "évolutions concrètes, prouvées et sur la durée" des douze conditions draconiennes présentées par le secrétaire d'Etat.

Sur le volet nucléaire, les demandes américaines vont bien au-delà de l'accord de 2015 : l'Iran doit reconnaître la dimension militaire passée de son programme ; cesser tout enrichissement d'uranium et fermer son réacteur à eau lourde ; donner aux inspecteurs internationaux accès sans conditions à tous les sites du pays. Téhéran, a-t-il poursuivi, doit aussi mettre fin à la prolifération de missiles balistiques et au développement et essais de missiles à capacité nucléaire. Enfin, la République islamique doit se retirer de Syrie où elle soutient le régime de Bachar al-Assad, cesser de soutenir des groupes "terroristes" (Hezbollah libanais, Jihad islamique palestinien, talibans afghans et Al-Qaïda), de s'ingérer dans les conflits ou les affaires de ses voisins (au Yémen, en Irak ou au Liban), ou d'en menacer d'autres, comme Israël ou l'Arabie saoudite, a énuméré Mike Pompeo. Ces douze conditions "peuvent sembler irréalistes", a reconnu Mike Pompeo, mais ce sont des demandes "basiques". "Au bout du compte, le peuple iranien devra faire un choix sur ses dirigeants", a-t-il lancé.

AFP

 

Avec près de 70% des suffrages exprimés, le chef de l'Etat sortant devance largement son adversaire Henri Falcón, qui n'en recueillerait que 21%. L'opposant annonce lui qu'il ne reconnaît pas les résultats du scrutin, marqué selon lui par des irrégularités, et demande un nouveau scrutin. Près de 20 millions d'électeurs étaient appelés aux urnes de cette présidentielle anticipée, dans un pays en proie à un chaos économique et sécuritaire depuis de nombreux mois.

Le Burundi s’acheminait vers une large victoire du oui au référendum constitutionnel de jeudi, qui pourrait permettre au président Pierre Nkurunziza de rester en poste jusqu’en 2034, selon les premiers résultats partiels publiés hier. Ces résultats sont ceux qui ont été envoyés à la Commission électorale (Ceni) pour 14 des 18 provinces du pays, soit environ 70 % des quelque 4,8 millions d'électeurs inscrits.
Le oui obtient des scores oscillant entre 50 et 85 % dans ces 14 provinces, pour certaines des bastions de l'opposition. Ces résultats ont été publiés par un collectif de 15 radios publiques et privées œuvrant sous l'égide du ministère en charge des médias. Dans la capitale, Bujumbura (ouest), et les provinces de Bujumbura rural (ouest) et de Bururi (sud), où le Cndd-Fdd, le parti au pouvoir, avait perdu tous les scrutins jusqu'ici, le oui obtient respectivement 53,9  %, 75,7 % et 51,9 %.
Le oui est également largement en tête dans les provinces de Kirundo (83,1 %), Muramvya (78,5 %), Rumonge (68,9 %), Bubanza (81,6 %), Mwaro (61,6 %), Ruyigi (72 %), Karuzi (83,7 %), Gitega (71,4 %), Makamba (66,5 %), Rutana (62,1 %) et Ngozi (84,2 %). Dans ces 14 provinces, le taux de participation est supérieur à 90 %, selon la même source. La Ceni n’a pas encore indiqué quand seraient communiqués les ré

sultats officiels. Mais, un de ses cadres a confié à l'Afp que cela pourrait avoir lieu samedi. Les tenants du non ont condamné la pression mise par les partisans du pouvoir sur les électeurs pour qu'ils votent en faveur de la réforme.

| AFP |

La Commission européenne a lancé, hier, la procédure officielle visant à activer la "loi de blocage" afin de contrecarrer les effets extraterritoriaux des sanctions américaines pour les entreprises européennes voulant investir en Iran, comme annoncé la veille par son président Jean-Claude Juncker.

Cette réglementation européenne avait été créée en 1996 pour contourner l'embargo sur Cuba, mais jamais utilisée, car la crise avait été résolue politiquement. Bruxelles espère pouvoir l'adapter d'ici le 6 août, lorsque les premières sanctions nouvellement décidées par les Etats-Unis prendront effet, explique la Commission dans un communiqué. "Nous devons maintenant agir", avait justifié M. Juncker, jeudi, à l'issue d'un sommet européen à Sofia où il a reçu le soutien "unanime" des chefs d'Etat et de gouvernement de l'Ue. Après le retrait des Etats-Unis de l'accord sur le nucléaire iranien (Jcpoa), les Européens se sont engagés pour le poursuivre.

"La levée des sanctions liées au nucléaire est une part essentielle du Jcpoa. L'Union européenne s'engage pour mitiger l'impact des sanctions américaines sur les entreprises européennes et prend des mesures pour maintenir la croissance du commerce et des relations économiques entre l'Ue et l'Iran qui ont débuté quand les sanctions ont été levées", souligne la Commission. Cette loi dite "de blocage" permet aux entreprises et tribunaux européens de ne pas se soumettre à des réglementations sur des sanctions prises par des pays tiers et stipule qu'aucun jugement décidé par des tribunaux étrangers sur la base de ces réglementations ne saurait s'appliquer dans l'Ue.

| AFP |

 

Les forces de l'ordre marocaines ont mené, jeudi et hier, des opérations de démantèlement de campements de migrants dans le nord du royaume, à proximité de l'enclave espagnole de Melilla, a-t-on appris de sources concordantes. Ces opérations sont menées de façon régulière, "presque quotidienne", dans le cadre de la prévention pour éviter tout assaut contre Melilla, selon les informations obtenues par l'Afp auprès des autorités. "Rien ne peut expliquer tout cet acharnement sauf le fait de servir aveuglement des politiques migratoires européennes contraires aux droits des migrants", s'est indigné, dans un communiqué, la section locale de l'Association marocaine des droits humains (Amdh) qui suit de près la situation des migrants clandestins. Ces migrants, pour la plupart d'origine subsaharienne, s'installent dans des campements de fortune en forêt dans les environs de la ville de Nador, en attendant une occasion de franchir la barrière surmontée de barbelés qui marque la frontière avec l'enclave espagnole. Leur espoir est de parvenir ensuite à franchir la Méditerranée pour arriver en Europe. Au Maroc, selon les Ong, les forces de l'ordre s'efforcent d'éloigner les migrants des frontières en les transférant vers différentes villes du pays, jusque dans le sud.

| AFP |

 

Le Conseil des droits de l'Homme de l'Onu a adopté, hier, une résolution pour envoyer une équipe internationale spécialisée dans les crimes de guerre enquêter sur les événements à Gaza.
Seuls deux des membres du Conseil, les Etats-Unis et l'Australie, ont voté contre la résolution, adoptée par 29 des 47 membres, 14 s'abstenant, parmi lesquels la Suisse, l'Allemagne et le Royaume-Uni. La résolution adoptée appelle à "envoyer de toute urgence une commission internationale indépendante", le niveau le plus élevé d'enquête prévu par le Conseil. L'équipe doit "enquêter sur les violations et mauvais traitements présumés (...) dans le contexte des assauts militaires menés lors des grandes manifestations civiles qui ont commencé le 30 mars 2018", y compris ceux qui "pourraient relever de crimes de guerre".

Le ministère israélien des Affaires étrangères a réagi aussitôt, rejetant ce vote d'un "organe à majorité automatique anti-israélienne dominé par l'hypocrisie et l'absurdité". "Israël rejette complètement la décision du Conseil des droits de l'Homme qui prouve, une fois de plus, qu'il s'agit d'un organe à majorité automatique anti-israélienne dominé par l'hypocrisie et l'absurdité", a affirmé le ministère dans un communiqué. Dans un communiqué à New York, l'ambassadrice américaine à l'Onu, Nikki Haley, a aussi dénoncé l'ouverture d'une enquête "sur la légitime défense d'un pays démocratique à sa propre frontière contre des attaques terroristes". "C'est un nouveau jour de honte pour les droits de l'Homme", a ajouté la diplomate qui dénonce régulièrement l'approche biaisée, selon elle, du Conseil des droits de l'Homme de l'Onu à l'égard d'Israël. Quelques 60 Palestiniens sont morts, lundi, sous les balles israéliennes alors qu'ils manifestaient dans la bande de Gaza contre le transfert de l'ambassade américaine de Tel-Aviv, à Jérusalem. Il s'agit de la journée la plus meurtrière du conflit israélo-palestinien depuis 2014.

Depuis le 30 mars, les Palestiniens manifestent le long de la frontière avec Israël pour le droit des réfugiés à revenir sur les terres de 1948, date de la création d'Israël. La mobilisation vise aussi le blocus israélien de la bande de Gaza. Elle a été amplifiée, lundi, par le transfert de l'ambassade américaine à Jérusalem qui ulcère les Palestiniens. Israël n'a cessé de proclamer que cette protestation massive était orchestrée par le Hamas, mouvement islamiste qui dirige la bande de Gaza et auquel il a livré trois guerres depuis 2008.

| AFP |

Les Burundais ont voté en nombre, hier, lors d'un référendum encadré de près par le régime, sur une vaste révision constitutionnelle destinée à renforcer le pouvoir du président Pierre Nkurunziza et à lui permettre de rester éventuellement en fonctions jusqu'en 2034.

Les Burundais ont afflué très tôt dans les 11 076 bureaux de vote, fortement incités en ce sens par les autorités. Un fort déploiement sécuritaire avait été prévu et aucun incident n'a été recensé. Quelque 4,8 millions d'électeurs étaient appelés à s'exprimer sur cette réforme qui consacre définitivement la dérive autocratique du pouvoir observée ces trois dernières années. Le comptage des bulletins a commencé dès la fermeture des bureaux à 16h00 (14h00 Gmt).
La Commission électorale (Ceni) a indiqué qu'elle publierait les résultats après avoir reçu tous les procès-verbaux, sans dire combien de temps cela pourrait prendre. De longues files ont été observées en différents endroits. Dans la province de Ngozi (nord), d'où est originaire M. Nkurunziza, plusieurs centaines de personnes sont arrivées avant l’aube au centre de vote d'une école primaire, a constaté un photographe de l’Afp.

Vêtu d'un survêtement bleu et coiffé d'un chapeau de cowboy orange, le président Nkurunziza a voté dès 06h45 sur sa colline natale de Buye, en compagnie de son épouse. Il a salué "l'engouement" de la population, venue participer "en masse" à ce référendum. Son responsable de la communication, Willy Nyamitwe, a lui aussi vanté, sur Twitter, l'entrain des Burundais, "impatients d'aller voter".
 Cet enthousiasme est cependant loin d'être spontané. Selon un cadre du parti au pouvoir, le Cndd-Fdd, ses membres avaient reçu pour consigne de se présenter très tôt aux urnes.
La coalition d'indépendants Amizero y'Abarundi (Espoir des Burundais), opposée à la réforme, a également accusé des responsables des bureaux de vote membres du Cndd-Fdd d'être entrés dans les isoloirs et d'avoir forcé les électeurs à voter oui.

| AFP |

Un Casque bleu mauritanien a été tué et huit blessés, hier matin, en Centrafrique, lors d'une attaque d'un convoi de l'Onu par des milices "antibalaka", a annoncé l'armée mauritanienne, en affirmant que "40 assaillants" avaient été tués.
"Une patrouille du bataillon mauritanien de maintien de la paix, chargée d'escorter un convoi onusien, a été attaquée, ce matin 17 mai 2018, par les milices antibalaka", au sud de la ville d'Alindao, dans le sud-est de la Centrafrique, a indiqué Nouakchott dans un communiqué. "Quarante assaillants" ont perdu la vie durant les combats, a ajouté l'armée mauritanienne. Les "antibalaka" sont des milices autoproclamées d'"autodéfense" peu organisées et implantées localement. C'est le troisième Casque bleu de la Mission de l'Onu dans le pays (Minusca, 10 000 soldats) tué en Centrafrique depuis le début de l'année. "Cette violence aveugle est inadmissible. Pourquoi s’attaquer à des Casques bleus dont la présence sur le sol centrafricain n’a d’autres objectifs que d’aider le pays à sortir de l’engrenage de la violence et contribuer au retour d’une paix et d’une stabilité durables en République centrafricaine ?" s'est insurgé, hier soir, le représentant spécial du secrétaire général de l'Onu en Rca, Parfait Onanga-Anyanga, dans un communiqué.

Selon le texte de l'Onu, les Casques bleus mauritaniens escortaient un convoi logistique, entre les villes de Kongbo et Alindao, quand ils ont été attaqués hier matin.
Parmi les huit blessés, tous évacués par la Minusca, cinq sont dans un état grave, selon l'Onu. La mission onusienne, présente dans le pays depuis 2014, tente de rétablir la sécurité dans un pays où l'Etat ne contrôle qu'une maigre partie du territoire national.

| AFP |

Les Européens ont annoncé, hier, leur première réplique concrète aux tentatives des Etats-Unis de Donald Trump d'isoler économiquement l'Iran, dans le sillage des pions avancés par les Russes et les Chinois pour maintenir leurs liens avec Téhéran.

Le retrait américain de l'accord sur le programme nucléaire iranien, accompagné du retour des sanctions américaines tant redoutées, fait brusquement planer des risques financiers considérables sur les entreprises voulant investir en Iran depuis la signature de ce document historique en 2015.

"Nous devons maintenant agir", a déclaré le président de la Commission européenne, Jean Claude Juncker, à l'issue d'un sommet des dirigeants européens avec leurs homologues des Balkans, à Sofia, éclipsé par le "front uni" que les Européens ont voulu afficher face à Washington.

"C'est la raison pour laquelle nous lançons le processus de la loi de blocage, le 'blocking status' de 1996, qui vise à neutraliser les effets extraterritoriaux des sanctions américaines", a-t-il déclaré devant la presse. "Nous devons le faire et nous le ferons demain matin à 10H30", a-t-il ajouté.

L'outil évoqué est un règlement européen datant de 1996, créé à l'origine pour contourner l'embargo sur Cuba et qu'il s'agit désormais d'adapter.
Il permet aux entreprises et aux tribunaux européens de ne pas se soumettre à des sanctions prises par des pays tiers. "Les conséquences indirectes de la décision américaine vont favoriser les positions russes et chinoises dans la région et avantager leurs entreprises", a relevé le président français Emmanuel Macron à Sofia, illustrant les craintes des Européens.

Mais, "nous n'allons pas déclencher une guerre commerciale avec les Etats-Unis sur l'Iran ou contre-sanctionner des entreprises américaines", a-t-il, par ailleurs, assuré.

| AFP |

 

Les Burundais ont voté en nombre, hier, lors d'un référendum encadré de près par le régime, sur une vaste révision constitutionnelle destinée à renforcer le pouvoir du président Pierre Nkurunziza et à lui permettre de rester éventuellement en fonctions jusqu'en 2034.

Les Burundais ont afflué très tôt dans les 11 076 bureaux de vote, fortement incités en ce sens par les autorités. Un fort déploiement sécuritaire avait été prévu et aucun incident n'a été recensé. Quelque 4,8 millions d'électeurs étaient appelés à s'exprimer sur cette réforme qui consacre définitivement la dérive autocratique du pouvoir observée ces trois dernières années. Le comptage des bulletins a commencé dès la fermeture des bureaux à 16h00 (14h00 Gmt).

La Commission électorale (Ceni) a indiqué qu'elle publierait les résultats après avoir reçu tous les procès-verbaux, sans dire combien de temps cela pourrait prendre. De longues files ont été observées en différents endroits. Dans la province de Ngozi (nord), d'où est originaire M. Nkurunziza, plusieurs centaines de personnes sont arrivées avant l’aube au centre de vote d'une école primaire, a constaté un photographe de l’Afp.

Vêtu d'un survêtement bleu et coiffé d'un chapeau de cowboy orange, le président Nkurunziza a voté dès 06h45 sur sa colline natale de Buye, en compagnie de son épouse. Il a salué "l'engouement" de la population, venue participer "en masse" à ce référendum. Son responsable de la communication, Willy Nyamitwe, a lui aussi vanté, sur Twitter, l'entrain des Burundais, "impatients d'aller voter".

Cet enthousiasme est cependant loin d'être spontané. Selon un cadre du parti au pouvoir, le Cndd-Fdd, ses membres avaient reçu pour consigne de se présenter très tôt aux urnes.
La coalition d'indépendants Amizero y'Abarundi (Espoir des Burundais), opposée à la réforme, a également accusé des responsables des bureaux de vote membres du Cndd-Fdd d'être entrés dans les isoloirs et d'avoir forcé les électeurs à voter oui.

| AFP |

L'Egypte, le Soudan et l'Ethiopie se sont mis d'accord pour créer un comité scientifique consacré au méga-barrage que construit l'Ethiopie sur le Nil Bleu, mettant ainsi un terme à des mois d'impasse dans leurs discussions, a annoncé, hier, un ministre éthiopien. Cette annonce intervient après une réunion des ministres des Affaires étrangères et de l'Irrigation ainsi que des responsables du renseignement des trois pays mardi à Addis-Abeba.

La réunion, qui s'est terminée mercredi à 03H00 du matin, s'est achevée sur une "note positive", a déclaré le ministre éthiopien de l'Energie, de l'Irrigation et de l'Electricité, Sileshi Bekele. "Nous avons réussi à trouver un certain nombre d'approches gagnant-gagnant", a-t-il déclaré à la presse à Addis-Abeba. De précédentes sessions de pourparlers s'étaient achevées sur un échec. L'Egypte craint que la construction du barrage de la Renaissance sur le Nil Bleu, entamée en 2012 et d'un coût de 4 milliards de dollars (3,2 milliards d'euros), n'entraîne une réduction du débit du fleuve dont elle dépend à 90 % pour son approvisionnement en eau.

Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a salué, mercredi, une "avancée" dans les discussions, affirmant avoir reçu l'assurance que "la part de l'Egypte ne sera pas affectée". "Nous voulons simplement transformer ces discours en procédures (...) de manière à ce que nous parlions d'engagements précis que nous devons tous mettre en œuvre et faire fonctionner", a-t-il dit.

Le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed avait assuré, le 3 mai, à Khartoum, après un entretien avec le président soudanais Omar el-Béchir, que son pays n'avait "aucune intention de nuire au Soudan ou à l'Egypte". Le Caire s'inquiète surtout de la vitesse à laquelle le réservoir du barrage serait rempli. Le comité scientifique sera composé d'experts indépendants provenant d'universités des trois pays et se concentrera sur le fonctionnement du barrage et la vitesse de remplissage du réservoir. Il doit achever ses travaux d'ici à trois mois.

| AFP |

 

Le Premier ministre guinéen Mamady Youla a présenté, hier, la démission de son gouvernement, deux mois après la promesse du président Alpha Condé de procéder à un "grand remaniement ministériel" après une série de grèves et de manifestations dont certaines meurtrières.

"Le Premier ministre Mamady Youla a présenté sa démission et celle de tout le gouvernement", a déclaré, devant la presse, le ministre d'Etat et porte-parole de la Présidence, Kiridi Bangoura.
Cette démission a été acceptée et le gouvernement sortant chargé "d’assumer la gestion des affaires courantes jusqu’à la mise en place d’un nouveau gouvernement". Le 8 mars, après des semaines de manifestations organisées par les syndicats d'enseignants pour réclamer des augmentations de salaires et par l'opposition pour contester le résultat des élections locales du 4 février, le chef de l'Etat avait été hué par des centaines de femmes pendant une cérémonie organisée à l'occasion de la Journée internationale des droits des femmes.

Alpha Condé avait promis de se mettre à l'écoute "de la majorité silencieuse" et de procéder ensuite à un "grand remaniement ministériel" afin de "mettre des ministres qui sont à l'écoute de la population et qui s'occupent de leurs programmes".

Le conflit dans l'enseignement a pris fin quelques jours plus tard, après un accord sur les salaires, mais l'opposition conteste toujours la victoire aux élections locales du 4 février du parti au pouvoir, le Rpg, face à l'Ufdg de l'ancien Premier ministre Cellou Dalein Diallo, principal opposant au président Alpha Condé.

Début avril, l'opposition avait suspendu ses manifestations de rue afin d'entamer un dialogue avec le pouvoir. Dénonçant le manque de volonté politique de la mouvance présidentielle, elle a, lundi, organisé une nouvelle journée "ville morte" à Conakry.

Après l'intervention, mardi, des ambassadeurs, notamment des Etats-Unis et de l'Union européenne, qui ont proposé une médiation, selon M. Diallo, l'opposition a annoncé, mercredi, une nouvelle "suspension" de ses manifestations tout en confirmant son boycott du "dialogue interguinéen" sur le contentieux électoral. Les deux mois de manifestations de l'après-scrutin, entachées de violences, avaient fait au moins douze morts.

| AFP |

AFP - "Nous verrons" : Donald Trump a réagi, hier, avec une grande prudence aux menaces de la Corée du Nord d'annuler son sommet à venir avec Kim Jong-un.

Après des mois de rapprochement et de détente diplomatique, Pyongyang a opéré, hier, un spectaculaire retour à sa rhétorique traditionnelle, évoquant la possibilité de remettre en cause le face-à-face historique prévu mi-juin à Singapour. "Rien ne nous a été notifié, nous n'avons rien entendu (...)  Nous verrons ce qui va se passer", a lancé, depuis le Bureau ovale, M. Trump qui, fait notable, s'est abstenu de tweeter sur ce dossier sensible au cours des dernières 24 heures. "Nous verrons", a répété le président septuagénaire qui ne cache pas, depuis plusieurs semaines, son enthousiasme et son optimisme sur l'issue de cette rencontre inédite avec l'homme fort de Pyongyang.
Pyongyang, qui a annulé une rencontre de haut niveau avec la Corée du Sud pour protester contre des exercices militaires annuels en cours entre Séoul et Washington, a haussé le ton par la voix de son ministre adjoint des Affaires étrangères, Kim Kye Gwan.

"Si les Etats-Unis tentent de nous mettre au pied du mur pour nous forcer à un renoncement nucléaire unilatéral, nous ne serions plus intéressés par un tel dialogue", a-t-il lancé.
Washington exige "la dénucléarisation complète, vérifiable et irréversible" de la Corée du Nord. Mais, pour l'heure, celle-ci n'a pas rendu publiques les concessions qu'elle propose, hormis des engagements envers la dénucléarisation de la "péninsule coréenne", une formule sujette à interprétation. Par le passé, Pyongyang a exigé le retrait des troupes américaines déployées au Sud pour protéger Séoul de son voisin, de même que la fin du parapluie nucléaire américain sur son allié. La Chine, plus proche allié de la Corée du Nord, a appelé à la tenue du sommet comme prévu.

 

La mission de l'Onu en Centrafrique, la Minusca, a affirmé, hier, avoir repris "le contrôle" de Bambari (centre) après l'attaque de plusieurs institutions de la ville, lundi et mardi, qui a fait huit morts, selon un communiqué.

"Après des attaques, la Minusca a rapidement rétabli le contrôle de la ville", a indiqué, dans le texte, le porte-parole de la mission onusienne, Vladimir Monteiro. "Bambari n’est pas tombée et nous n’allons pas laisser cette ville symbole du retour de l'autorité de l’Etat entre les mains de groupes armés", a-t-il ajouté.

Selon le communiqué, des hommes armés, "présumés affiliés" au groupe armé Union pour la paix en Centrafrique (Upc), ont attaqué, lundi soir et mardi matin, la gendarmerie de Bambari, le commissariat, ainsi que la base de la Minusca dans la ville. Huit personnes ont perdu la vie durant les combats, selon M. Monteiro. Des bases d'Ong et la paroisse catholique Saint-Jean ont aussi été attaqués, et un véhicule pick-up de l'Onu a été volé par les hommes armés qui ont ensuite paradé avec en ville, selon Ferdinand Delmas Nzapalainga, coordonnateur de la société civile de Bambari.

Mardi, l'Ong Médecins sans frontières (Msf) avait indiqué avoir pris en charge six personnes blessées. Bambari, à cheval entre plusieurs zones d’influences de groupes armés, jouissait jusqu'alors d'un calme relatif depuis l'intervention de la Minusca, début 2017, pour en déloger l'Upc qui en avait fait sa base.

Depuis, l'Onu avait fait de Bambari la vitrine de son intervention en Centrafrique, arguant que la ville était "sans arme ni groupe armé". Des initiatives intercommunautaires y ont vu le jour ces derniers mois.

AFP -

Plus de cinquante migrants originaires du Ghana et d'autres pays d'Afrique de l'Ouest ont été exécutés sommairement par une unité paramilitaire contrôlée par l'ex-président gambien Yahya Jammeh, ont affirmé, hier, Human rights watch (Hrw) et Trial international.

Les meurtres, qui remontent à juillet 2005, visaient des migrants clandestins - 44 Ghanéens et plusieurs Nigérians, Sénégalais et Togolais - arrêtés sur une plage de Gambie alors qu'ils tentaient de se rendre en Europe.

Ils étaient alors soupçonnés d'être des mercenaires venus renverser M. Jammeh, selon un communiqué de Hrw et Trial international qui s'appuient sur des entretiens menés, depuis deux ans, avec une trentaine d'anciens responsables de la sécurité gambienne. En l'espace d'une semaine, les "junglers", une unité officieuse de soldats choisis au sein de la garde nationale, notamment chargée de la protection du président, "ont exécuté sommairement huit migrant près de la capitale, Banjul, et les autres le long de la frontière sénégalaise", affirment les deux Ong.

Un rapport conjoint de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cedeao) et de l'Onu, jamais rendu public, avait conclu, à l'époque, que le gouvernement n'était pas "impliqué directement ou indirectement" dans les assassinats et les disparitions perpétrés par des "éléments incontrôlés" au sein des services de sécurité gambiens "agissant pour leur propre compte".

"Ces migrants ouest-africains n'ont pas été assassinés par des éléments incontrôlés, mais par un escadron de la mort qui recevait ses ordres directement du président Jammeh", a affirmé Reed Brody, conseiller juridique à Hrw, cité dans le communiqué.

"Les subordonnés de Jammeh ont ensuite détruit des éléments de preuve essentiels afin d'empêcher les enquêteurs internationaux de découvrir la vérité", a-t-il ajouté.
Martin Kyere, l'unique survivant ghanéen connu, a également raconté aux Ong comment son groupe de migrants avait été emmené dans la forêt, "à l'arrière d'un pick-up", les jambes "entravées" par des fils métalliques.

"J'ai pensé : +Nous allons mourir+", a expliqué le rescapé qui a finalement réussi à se libérer et à sauter du véhicule en marche pour s'évader. Il a ensuite aidé les autorités ghanéennes à identifier une grande partie des victimes et à localiser leurs familles.

"Le moment est maintenant venu de rendre justice aux victimes et à leurs familles", a déclaré Bénédict De Moerloose, de Trial international.
L'ouverture d'une enquête, par les autorités ghanéennes, pourrait déboucher sur une demande d'extradition de Jammeh, selon les deux Ong.

AFP -

L'opposition en Guinée a repris, hier, ses manifestations pour réclamer une révision des résultats des élections locales du 4 février en organisant une journée "ville morte" à Conakry, après l'échec d'un dialogue avec le pouvoir.

L'opposition, qui avait manifesté en février et mars, avant d'accepter, début avril, de dialoguer avec le gouvernement du président Alpha Condé, remet la pression après avoir annoncé, le 10, la suspension des pourparlers face au refus du pouvoir, selon elle, de trouver une solution au contentieux électoral. Les deux mois de manifestations de l'après-scrutin, entachées de violences, avaient fait au moins une douzaine de morts.
Hier, la circulation a été perturbée dans les communes de Matoto et Ratoma, les plus grandes agglomérations de la capitale, où des barricades ont été érigées, selon des correspondants de l'Afp. Les marchés de Madina et de Bonfi, poumons économiques de la ville, tournaient au ralenti. Elle conteste la victoire aux élections locales du 4 février du parti au pouvoir, le Rpg, face à l'Ufdg de l'ancien premier ministre Cellou Dalein Diallo, principal opposant au président Alpha Condé.

Selon l’opposition et les décomptes de la presse et des Ong de défense des droits l’Homme, 94 opposants ont été tués en Guinée, en majorité par balle, au cours de manifestations politiques depuis avril 2011.    

AFP

 


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