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Thiès et Tivaouane : Deux départements en quête de performances (2/3)

23 Mai 2016
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Jadis locomotive du football régional, à la belle époque de l’Us Rail et du Cot, le département Thiès est aujourd’hui le dernier wagon du train. Il ne compte même pas un club dans le milieu professionnel, largué depuis longtemps par Mbour (3 clubs en L1, Stade, MPC et Diambars) et même par Tivaouane représenté en L2 par 2 équipes (Cayor Foot et Etics). Notre équipe de reporters a sillonné les départements de Thiès et de Tivaouane pour faire le point. Aujourd’hui, focus sur l’Etics de Mboro.

Etics, l’espoir d’un renouveau malgré tout…
(Mboro) L’Etics fait partie des équipes les plus anciennes en Ligue 2. Elle nourrit chaque année des ambitions pour la montée et est toujours citée parmi les favorites mais cale au dernier moment. Ce qui ne l’empêche de nourrir des ambitions. D’autant plus que les Industries chimiques du Sénégal (Ics) qui constituent sa principale mamelle reprennent des couleurs et aspirent à en faire une formation d’avenir. Avec une plus large implication des populations et des autorités locales.

L’Etics (Entente Taïba-Ics) fait partie, depuis 1984, du paysage footballistique sénégalais avec plusieurs grands noms qui ont eu à fait leurs armes là-bas comme joueurs, dirigeants ou techniciens. Ceux que l’on retient souvent, sont Joe Diop, premier entraîneur, Pape Bocar Mbaye, Moussa Soumah, Ibrahima Na Diallo ou encore Amara Traoré même si son passage n’a pas laissé une encre indélébile du côté de Mboro. Dans cette ville du département de Tivaouane (région de Thiès), la gestion au quotidien d’une équipe de foot relève d’un véritable parcours du combattant malgré les efforts fournis. Malgré la présence à ses côtés d’une grande entreprise de la trempe des Industries chimiques du Sénégal. A ses débuts sous la houlette de Joe Diop, Mbaye Mbengue, actuel coach adjoint et témoin de cette période faste, estime que « le club avait alors le meilleur effectif du Sénégal ». Ce qui ne lui avait cependant pas permis de remporter un trophée. Depuis, beaucoup de choses se sont passées avec les différentes péripéties qui ont amené le club à sa situation actuelle. Avec l’avènement du professionnalisme, il évolue toujours en Ligue 2 même si elle avait acquis, en 2010, son accession dans l’élite avant d’être rétrogradée administrativement au profit de l’Asc Dahra. Depuis, chaque année, l’Etics fait partie des prétendants sérieux à la montée dans l’élite à défaut de figurer parmi les favoris pour le titre. Mémoire vivante de la formation qu’il a intégrée depuis ses débuts d’abord comme secrétaire général adjoint, Moussa Fall, encore titulaire du poste, narre avec beaucoup de regrets, les différentes étapes qui ont conduit l’équipe à sa situation actuelle. Avec des présidents plus ou moins intéressés à la chose football mais dont l’action a eu des incidences sur la marche de l’équipe, du premier président Aziz Gueye à Momath Ba qui a cédé la place à Babacar Sow, actuel patron du club.

Le nouveau président a, selon lui, impulsé une telle dynamique que le club dispute chaque année le titre. « Lui qui, même si le financement de l’entreprise tarde, fait face au plus pressé en payant de sa poche les charges », soutient-il. Aussi, pour donner corps à son action à la tête de l’équipe, la formation a organisé dernièrement, la première édition de la ‘‘Grande Nuit de l’Etics’’. Une trouvaille de la direction pour « fêter l’Etics, les dirigeants, décorer les méritants et valoriser le travail fait par les uns et les autres », estime le Sg. Pour lui, l’option des nouveaux dirigeants est aussi de doter l’équipe d’un patrimoine à travers la construction d’un siège.
 
Un club qui se cherche encore une base affective
L’Etics, c’est l’équipe de Mboro ; mais elle est surtout et avant tout, une équipe d’entreprise : celle de des Industries chimiques du Sénégal (Ics). Ce qui fait qu’elle a subi les contrecoups de la crise qu’a subie cette entreprise, jadis fleuron du tissu industriel du Sénégal. L’équipe a aussi longuement pâti d’une certaine désertion de la population qui devait être sa première force.

Ce qui n’est pas toujours le cas, comme le reconnaissent en chœur, ses principaux responsables. L’objectif est désormais d’intéresser davantage les populations à ce qui se fait dans la formation. Et cela passe par une implication de la jeunesse du terroir. Et le premier à réagir a été l’entraîneur qui a favorisé la venue des joueurs locaux. Depuis sa prise de fonction en 2010, Souleymane Dieng soutient faire des différentes structures de formations de la ville, ses principaux réservoirs. « Avant, nous avions un ou deux joueurs issus de la localité. Mais maintenant, l’option que nous avons prise est d’insister sur les écoles de formation avec des jeunes qui intègrent de plus en plus l’équipe », a estimé l’ancien coach de Diakhao de Thiès, champion des phases nationales des Navétanes 2010. Selon lui, c’est peut-être une des raisons qui font que son équipe ne parvient pas à monter en Ligue 1. « Sur une trentaine de joueurs, la moitié est d’ici. On essaie de prendre les gosses, on en recrute beaucoup avec des déchets qu’il convient de rectifier au fil du temps.

Ce qui nous permet d’intéresser davantage la population à l’équipe ». Cette politique est encouragée par l’actuel président du club, Babacar Sow, comme l’a soutenu le secrétaire général du club. « On allait toujours prendre des joueurs ailleurs. Mais la politique impulsée par l’entraîneur et le président qui est aussi le responsable chargé de l’Environnement aux Ics, c’est détecter des talents de Mboro pour qu’ils intègrent l’équipe ».

Une option qui fait qu’actuellement, sur un groupe de performance de 37 joueurs, « 13 sont de la ville de Mboro dont 5 titulaires ». N’empêche que le public se fait désirer lors des différentes rencontres de l’équipe à domicile.

D’où l’appel du capitaine Philippe Diassy qui fait écho de ceux de son coach et de son secrétaire général qui voudraient voir la population coller à l’équipe qui défend ses couleurs.

Le terrain de Mboro, principal handicap...
  terrain mboroSi l’Etics est toujours cité parmi les potentiels meneurs de la saison, c’est en raison d’une certaine stabilité notée dans la gestion et dans l’encadrement technique qui est en place depuis quatre ans, si l’on se fie aux déclarations de son entraîneur. Souleymane Dieng qui est de retour à la tête de après une année à la tête de la Css est le principal artisan de la situation actuelle du club. Avec les moyens du bord, il parvient toujours à maintenir l’équipe à un certain niveau malgré le « terrain, qui est le principal handicap du club. Il n’y a pas d’amélioration depuis les débuts de la formation en 1984 », soutient-il. Du coup, c’est sur un terrain avec beaucoup de trous que les dirigeants ont remblayé avec du sable, que les joueurs évoluent. Une situation que déplore le capitaine d’équipe, Philippe Diassy qui soutient que le terrain ne favorise pas le jeu. « Nos meilleures performances sont enregistrées à l’extérieur où les terrains sont de meilleure qualité », estime-t-il. « C’est sur notre propre terrain que nous perdons le championnat », assène-t-il d’ailleurs. Aussi, les blessés se comptent à la pelle au sortir de leurs différentes rencontres si les meilleurs éléments ne choisissent pas tout bonnement de quitter le navire pour des cieux plus cléments. Pourtant, se targuent joueurs, encadreurs et dirigeants, l’Etics est l’une des rares équipes à faire un regroupement à la veille des matches. Après une nouvelle année ratée, le staff technique espère rebondir la saison prochaine. Mais concède Souleymane Dieng, le rythme imprimé par Teungueth Fc et Génération Foot cette année était intenable pour les autres équipes.

Il ajoute pourtant que l’environnement autour du club est « adéquat avec des dirigeants réceptifs qui appuient et un président qui n’a raté que deux matches en quatre ans de présidence ». Mais les résultats se font toujours désirer.

 

Reconversion des joueurs en employés : Un concept qui a fait tâche d’huile
Cheikh Ndoye EtticsLes Ics avaient, un moment, pris l’option de faire de leurs anciens joueurs des employés pour, en quelque sorte, récompenser leur fidélité à la formation. À la fin de leur carrière sportive, il n’était pas rare de voir des joueurs intégrer l’entreprise à diverses stations. Un modèle qui a inspiré la Sonacos, avec les joueurs qui avaient ensuite été intégrés dans l’entreprise une fois leur carrière sur le terrain terminée. « On leur faisait faire le test qui n’était en réalité qu’une formalité avant de les prendre », renseigne Moussa Fall. Pour lui, cette politique avait renforcé le sentiment d’appartenance à l’équipe. Aujourd’hui encore, il renseigne que d’anciens joueurs puis employés de la société ont encore leurs maisons dans la ville même s’ils sont issus d’autres localités du pays. Cette politique sociale a, en effet, permis de ‘‘recycler’’ beaucoup de joueurs qui se sont ensuite retrouvés dans l’entreprise.

Des anciens qui se font désirer
La force de l’équipe devrait être, en plus du public local, ses anciens pensionnaires avec la politique sociale mise en place à ses débuts qui en faisait presque des membres à vie du club.

ais le constat fait aussi bien dans le management de l’équipe qu’au sortir des témoignages de ceux qui s’activent encore autour de l’administration montre que ses anciens se font désirer.

Ce que regrette Cheikh Ndoye, ancien gardien de but de l’équipe, qui estime que « certains ont longtemps considéré que Mboro n’est pas une ville de football ». Une conviction qu’il botte en touche, soutenant qu’en ce qui le concerne, le football en général et l’Etics en particulier constituent sa vie. Ce qui explique ses divers allers et retours au gré des staffs techniques qui se sont succédé à la tête de l’équipe. « Je suis au service de l’équipe quelle que soit la situation. Que les choses aillent normalement ou pas, je serai toujours là », assure celui qui fait désormais office d’adjoint de Souleymane Dieng. Il appelle les anciens à qui « les Ics ont tout donné à venir rendre la monnaie en s’impliquant dans la gestion ». Ce qui serait être une motivation supplémentaire pour les actuels joueurs. Avec lui, Mbaye Mbengue est l’autre ancien toujours au service du club. Actuellement en charge d’une école de football en plus de son poste d’entraîneur adjoint de l’équipe, il révèle qu’il a existé une association qui regroupait les anciens, qui avait mené quelques actions de solidarité en faveur de quelques membres mais qui n’est plus fonctionnelle.

Mais, regrette-t-il, elle devrait permettre de constituer un groupe pour conseiller les dirigeants et les techniciens en charge de l’équipe. Pour le secrétaire général du club, la ‘‘Grande Nuit de l’Etics’’ avait pour, entre autres buts, d’honorer quelques anciens qui ont fait les beaux jours de la formation. Une façon pour les dirigeants de susciter à nouveau l’engouement autour du club qui a plus que jamais besoin de ces gens.

De nos envoyés spéciaux Ousseynou POUYE (Textes)
et Abdoulaye MBODJ (Photos)

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Last modified on mercredi, 25 mai 2016 07:30
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